
Par Saïd Masmoudi(*) - Pendant longtemps, la nuit n'a jamais été pensée comme une ressource. Elle était ce vide entre deux journées, un temps mort que l'on éclairait, que l'on domestiquait, que l'on faisait disparaître sous les lumières artificielles du progrès. Plus les territoires se développaient, plus ils perdaient leur obscurité. Et avec elle, sans vraiment s'en rendre compte, ils perdaient aussi une partie de leur lien au monde.
Aujourd'hui, une bascule s'opère. Dans un monde saturé de bruit, de vitesse et de lumière, l'obscurité redevient rare. Regarder un ciel étoilé, contempler la Voie lactée – ces expériences simples sont devenues exceptionnelles. Plus de ...