
L'appréciation que les Tunisiens ont du régime beylical - à ses origines, à tout le moins - demeure, malgré la multiplication d’études scientifiques, tronquée par un préjugé tenace : celui d’un Etat héritier de la conquête ottomane, donc «étranger», plaqué sur une société locale maintenue à l’écart, et appuyé sur la caste des mamelouks, dignitaires de statut servile de souche européenne. Cette vision appelle bien des correctifs.
Avant l’avènement, en 1705, de la dynastie des beys husseïnites, non seulement leurs prédécesseurs mouradites (1631-1702) mais même les deys, c’est-à-dire les gouvernants issus du corps militaire conquérant des janissaires, ne ...