À l’exception du ramassage quotidien des ordures, nos municipalités ne font, pratiquement, rien d’autre. On le sait bien, il y a beaucoup de contraintes comme l’absence de responsables à leur tête, l’absence d’élections à la suite de la dissolution des conseils, etc.
La Presse — Mais, malgré tout, les habitants des différentes cités constatent une défaillance notoire à tous les niveaux. Les activités routinières, quoique louables en elles-mêmes, ne parviennent pas à cacher les carences qui caractérisent l’action des collectivités locales dans leur ensemble.
Découpage territorial
À cela s’ajoute le rôle qui incombe aux autres élus issus des conseils locaux ou régionaux. Où sont-ils ? Que font-ils ? Ne peuvent-ils pas être utiles ?
En fait, qui parmi la masse des citoyens connaît ceux qu’il aurait élus et qui sont censés le représenter ? À quelque niveau qu’on se situe, ces personnes sont inconnues du large public. Il ne les a jamais vues sur le terrain, elles ne l’ont jamais contacté ni de près ni de loin.
Car une fois confirmés dans leurs sièges, ces gens deviennent invisibles, insaisissables.
Personne n’est en mesure de vous indiquer où on peut les trouver. Les municipalités, par exemple, ne mettent pas à la disposition des citoyens un service pour recueillir les doléances ou les signalements.
Et, quand bien même vous tiendriez bon pour obtenir une audience auprès d’un “responsable” vous n’êtes jamais sûr que votre intervention va aboutir.
Tout bien réfléchi, le citoyen ne parvient pas à s’expliquer les dysfonctionnements qu’on relève au niveau de toutes les activités routinières de propreté et d’hygiène dans les cités.
Avec le nouveau découpage territorial en 5 districts et les subdivisions en imadats, délégations, communes, gouvernorats, etc. on a du mal à se retrouver dans cet imbroglio.
Chacun se demande où trouver l’élu local, régional, municipal ou national. (350 municipalités, plus de 260 délégations et plus de 2.000 imadats).
Pourtant, on doit attendre des résultats de la part de ceux qu’il aurait choisi à travers des élections qui ont coûté plusieurs milliards de millimes à la communauté. Un tel découpage est de nature à mettre à la disposition des décideurs un tableau de bord exhaustif de l’état des lieux. En somme, un topo global de la situation.
Manque de civisme
C’est pourquoi chacun juge que c’est à ces représentants qu’il aurait délégué ses pouvoirs et donné carte blanche pour le servir et servir la région où il réside.
En retour, on ne voit pas grand-chose se passer. Par exemple, l’action municipale est réduite à sa plus simple expression. C’est-à-dire le ramassage des ordures. Pas plus.
Quant aux autres actions comme l’entretien des routes, leur nettoyage, l’éclairage public (des lampadaires restent éteints pendant des années sans qu’on daigne remplacer les ampoules grillées), elles sont quasiment nulles.
Certes, le tableau n’est pas idyllique malgré le dynamisme de certains responsables locaux ou régionaux.
En gros, nos édiles ou élus locaux ou régionaux donnent l’impression qu’ils sont aux abonnés absents.
Le citoyen, lui, reste démuni malgré sa bonne volonté et celle d’un grand nombre de concitoyens.
Les nombreuses associations civiles ne marquent leur présence qu’à travers des manifestations pour “faire le buzz” ou à travers des pages sur Facebook. Par contre, rien de vraiment concret sur le terrain.
Tout cela ne doit pas nous faire oublier la responsabilité des habitants de ces cités eux-mêmes. On n’a pas l’intention de passer sous silence le manque de civisme d’une bonne partie d’entre eux et le laisser-aller qui les caractérise.
Quand on voit le comportement de quelques-uns qui jettent leurs déchets n’importe où et d’autres qui s’en débarrassent en les posant devant la maison des voisins, on ne peut que s’en offusquer.
Réduction du nombre de conteneurs
Les municipalités elles-mêmes peuvent être à l’origine de ces agissements inacceptables. En effet, des responsables municipaux, croyant peut-être bien faire, réduisent le nombre de conteneurs. Les habitants, privés de ces services, vont se débrouiller chacun à sa manière. Plusieurs zones dans une cité sont ainsi privées de conteneurs sans que la municipalité apporte des solutions de rechange (le ramassage porte-à-porte par exemple).
Sait-on que de telles mesures (suppression des points de collecte des ordures dans les cités) sont susceptibles de créer des situations chaotiques et de donner des résultats inverses ?
Mais il n’y a pas que ce volet auquel les municipalités devront faire face. On pense aux étals anarchiques qui ne vont pas disparaître de sitôt et la multiplication des dépassements (construction de kiosques sur les trottoirs) et occupation de ces trottoirs. Au vu et au su de tous à tel point qu’on se demande s’il n’y a aucune autorité.
Pour être plus ou moins honnête, la responsabilité de ce laisser-aller n’incombe pas uniquement aux structures municipales. D’autres intervenants ont, également, leur part de responsabilité à l’instar des nombreux élus dont nous avons parlé ainsi que les habitants.
Sur un autre plan, on ne doit pas oublier le manque d’équipements dont souffrent les municipalités ou la bonne gouvernance.
En effet, la plupart de nos municipalités utilisent des moyens limités et ne disposent pas de la mécanisation nécessaire qui pourrait leur faciliter la tâche. Les méthodes en vigueur sont traditionnelles. Dans le meilleur des cas, on dispose de camions-bennes et de tractopelles.
Mais, malheureusement, l’usage qui est fait de ces tractopelles cause d’énormes dégâts. Les conducteurs de ces engins les manipulent sans ménagement au point de laisser des trous dans le sol ou de détruire des canalisations ou des câbles souterrains et même démolir des murs !