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Sami Ben Rejeb appelle la Tunisie à diversifier ses approvisionnements énergétiques

Dans un monde où l’énergie est de plus en plus utilisée comme arme de pression géopolitique, la Tunisie ne peut plus se permettre de dépendre d’un seul fournisseur ou d’une seule source d’approvisionnement. Intervenant lors de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée aux « Tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée ce jeudi 22 octobre 2026 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).

L’expert en énergie Sami Ben Rejeb appelle à diversifier les sources et les pays fournisseurs afin de sécuriser l’approvisionnement du pays, protéger le pouvoir d’achat des citoyens et préserver la compétitivité des entreprises. “Il faut repenser notre approche énergétique en Tunisie”, nous affirme dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com. Selon lui, bien que le pays se situe en marge des conflits internationaux, il en subit directement les conséquences, notamment à travers la hausse des prix des hydrocarbures et des autres ressources énergétiques, ainsi que par les répercussions géopolitiques.

La solution, selon Sami Ben Rejeb, consiste à adopter une véritable stratégie de sécurité énergétique, fondée sur la diversification des pays fournisseurs et des sources d’énergie. L’objectif est de garantir l’approvisionnement des citoyens, même en cas de conflit, de panne technique ou de perturbation des flux d’importation. « Il faut assurer une énergie à coût abordable pour le commun des citoyens, mais aussi pour les industriels, afin qu’ils puissent produire et rester concurrentiels à l’échelle internationale », explique-t-il.

Réduire la dépendance au gaz algérien

Pour illustrer cette nécessité, Sami Ben Rejeb rappelle que la Tunisie dépend fortement du gaz naturel algérien, qui couvre environ les deux tiers de sa production d’électricité. « Il faut préserver cette relation de bon voisinage avec l’Algérie, mais aussi envisager la construction de stations d’importation de gaz naturel liquéfié », recommande-t-il. Cette option permettrait de diversifier les pays d’origine des approvisionnements et de sécuriser l’apport énergétique au-delà du gaz algérien.

Il cite, à titre d’exemple, le blackout survenu en Algérie durant l’été 2026, qui a directement contribué aux coupures d’électricité en Tunisie. « Il faut poursuivre cette logique pour que le citoyen dispose d’électricité durant toutes les saisons de l’année et 24 heures sur 24 », conclut-il.

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Hatem Atallah: « Dans un monde instable, la diplomatie est notre seule lucarne »

Aujourd’hui, la diplomatie a un rôle central à jouer sur l’échiquier mondial, et la question énergétique en est l’une des illustrations les plus évidentes. C’est le thème de la 9e édition du Forum de l’IACE, intitulée « Les tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée ce jeudi 22 octobre 2026 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).

Hatem Atallah, ancien ambassadeur, est revenu sur la notion d’interdépendance, qu’il considère comme la clé de toute négociation internationale.

L’interdépendance, condition d’un accord stable

“Dans le cadre d’un accord, chacune des deux parties doit trouver un bénéfice à y entrer”, explique Hatem Atallah. Selon lui, la violation du contrat doit également avoir un coût suffisamment élevé pour garantir la stabilité de l’accord.

“ Chacune des parties offre et obtient”, résume-t-il. En revanche, lorsqu’un accord porte sur un seul secteur, notamment lorsque l’une des parties est en déficit structurel  comme dans le cas du pétrole, du gaz ou du lithium, l’équilibre des forces est rompu. “ Il n’y a pas d’équilibre”, insiste l’ancien diplomate. Sa solution : privilégier des négociations multidimensionnelles, portant simultanément sur plusieurs secteurs.

Négocier avec l’Europe au-delà d’Elmed

Prenant l’exemple des relations entre la Tunisie et l’Europe, Hatem Atallah estime qu’il ne faut pas se limiter à la négociation du projet d’interconnexion électrique Elmed. “ Je négocie en même temps la question de la migration, de l’investissement, du commerce, des réformes, de la coopération scientifique, de l’innovation et de la recherche”, explique-t-il.

Cette approche permet, selon lui, de compenser les positions de faiblesse dans certains domaines par des atouts dans d’autres. “ Si je négocie un accord sur cinq secteurs, je peux être en déficit sur deux, mais en position de force sur les trois autres. Là, je crée l’équilibre”, développe-t-il.

Il rappelle que cette méthode s’inspire de l’un des principes fondamentaux de la technique de négociation de Henry Kissinger : « Il ne faut jamais négocier en silo ». 

La diplomatie ne se limite pas au ministère des Affaires étrangères

Hatem Atallah souligne également que la diplomatie ne relève pas uniquement du ministère des Affaires étrangères. “Elle représente l’État et la nation”, affirme-t-il. Elle devient ainsi un acteur clé des priorités stratégiques, notamment énergétiques.

Interrogé sur des projets tels qu’Elmed ou l’hydrogène vert, il estime que la négociation doit dépasser le cadre de l’accord lui-même. “ Il faut regarder au-delà de la personne qui est en face”, conseille-t-il.

Dans le dossier de l’hydrogène vert, il rappelle que l’Allemagne exerce une pression forte en arrière-plan, en raison de ses besoins de décarbonation industrielle. “ Je négocie avec les Italiens, mais j’ai un œil sur Berlin, parce que c’est là que cela se joue”, explique-t-il.

Selon lui, la Tunisie ne vend pas seulement une capacité technique de production d’hydrogène. Elle offre également à l’Europe, et principalement à l’Italie et à l’Allemagne, une forme de stabilité énergétique. En contrepartie, le pays peut bénéficier de technologies allemandes performantes, notamment dans l’industrie de l’hydrogène.

“ Dans une négociation, il faut toujours savoir qui est derrière, qui tire les ficelles et à qui cela profite”, résume Hatem Atallah. Cette lecture permet, selon lui, de mieux évaluer jusqu’où avancer et l’utilité réelle de chaque concession.

Un monde en rupture, entre destruction et reconstruction

Sur la situation internationale, l’ancien ambassadeur estime que le monde traverse une rupture profonde. “Un fossé s’élargit”, affirme-t-il, en référence notamment aux tensions sociales en France, à la montée de l’extrême droite et aux échéances électorales de 2027.

Pour lui, le modèle international fondé après la Seconde Guerre mondiale a montré ses limites. “On a pensé que la mondialisation allait résoudre tous les problèmes politiques. C’était faux”, estime-t-il. La libéralisation du commerce et la suppression des entraves n’ont pas produit les effets escomptés.

Aujourd’hui, ce modèle est remis en cause, sans qu’un système de remplacement soit clairement défini. “ Nous sommes dans une phase de destruction, pas encore de remplacement ni de construction”, analyse Hatem Atallah.

Il observe également une rupture générationnelle. Selon lui, les générations Z et Alpha ne se reconnaissent plus dans les solutions héritées des générations précédentes. “ On essaie de résoudre les problèmes de la génération Z avec des solutions qui appartiennent aux générations X et Y. Cela ne correspond plus à rien”, estime-t-il.

États-Unis et Chine : une compétition pour imposer un modèle

Face à ce désordre, deux blocs s’affrontent selon lui : le bloc occidental, mené par les États-Unis, et le bloc asiatique, porté principalement par la Chine. Chacun tente d’imposer son propre modèle au reste du monde.

“ La rivalité entre les États-Unis et la Chine n’est pas seulement une question d’accès aux marchés ou aux technologies. C’est une question de survie et de domination mondiale”, analyse-t-il.

Pour la Tunisie, qui n’a pas la capacité d’influencer directement cette confrontation, l’enjeu est de s’y préparer. “Nous devons créer des scénarios : si cela se passe ainsi, voici ce que je dois faire ; si cela se passe autrement, voici ma réponse », recommande Hatem Atallah. Il appelle à anticiper aussi bien les scénarios les plus favorables que les plus défavorables, y compris les chocs imprévus, les fameux “ cygnes noirs”.

En conclusion, Hatem Atallah livre une conviction : “Il faut faire confiance à la diplomatie et lui donner les moyens d’agir. Dans ce monde qui change pratiquement chaque jour, c’est notre seule petite lucarne par laquelle nous pouvons regarder”. 

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Mort d’une étudiante à Sfax : la colère monte, l’UGET décrète la grève

Une étudiante est morte dans un foyer universitaire à Sfax. En réaction, l’UGET appelle à une grève générale vendredi 23 octobre pour dénoncer l’absence de structures médicales permanentes dans les résidences universitaires.

Cette tragédie – parce qu’il faut l’appeler ainsi – remet brutalement sur la table une question essentielle : qui prend en charge les étudiants lorsque leur vie est en danger ? Rahma Dziri, étudiante à l’Institut supérieur des études technologiques (ISET) de Sfax, est décédée dans la nuit du mercredi 21 octobre, après un malaise au foyer universitaire de Sidi Mansour. Les circonstances de sa prise en charge soulèvent des interrogations sur la capacité des résidences universitaires à faire face aux urgences médicales.

Selon des messages relayés dans les groupes étudiants, l’ambulance serait arrivée une heure et demie après avoir été contactée. Ce délai présumé reste à vérifier. Mais il pose une question urgente : combien de temps faut-il attendre les secours lorsqu’une vie est en jeu ?

Face à ce drame, l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) a annoncé une grève générale dans les facultés et instituts supérieurs de Sfax pour vendredi 23 octobre. Le syndicat réclame des unités de santé permanentes dans les grandes résidences universitaires, dotées de personnel médical et d’équipements adaptés.

Pour l’organisation estudiantine, l’heure n’est plus aux réactions de circonstance ni aux promesses formulées après chaque drame. Elle réclame des mesures concrètes, une prise en charge médicale rapide et des responsabilités clairement établies.

La mort de Rahma Dziri remet ainsi en lumière les failles présumées du dispositif de secours dans les foyers universitaires. Au-delà de l’émotion et de la mobilisation annoncée, une exigence s’impose : garantir aux étudiants des conditions de sécurité sanitaire à la hauteur des risques auxquels ils peuvent être confrontés.

Cette affaire risque donc de faire couler beaucoup d’encre, en tout cas pour un certain temps. Même si tout porte à croire que ce drame a toutes les chances se terminer comme un fait divers. Hélas !

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Nidhal Ouerfelli : « Il faut redessiner notre stratégie énergétique à la lumière des enjeux géopolitiques »

La Tunisie doit-elle attirer les grands data centers ? Énergie, eau, souveraineté : ces questions s’imposent désormais avec acuité. Face à un monde en mutation, dont les équilibres énergétiques restent incertains, de quelle marge de manœuvre la Tunisie dispose-t-elle pour diversifier ses solutions énergétiques et préserver son indépendance ? 

À l’occasion de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée à la géopolitique énergétique, Nidhal Ouerfelli, ancien ministre et expert en transition énergétique au CEA, analyse l’impact des data centers sur la demande mondiale d’électricité et d’eau, ainsi que la position de la Tunisie face à cet enjeu stratégique. Il convient de noter que le sujet des data centers a été évoqué dans le cadre de l’analyse de l’évolution de la demande mondiale d’électricité. Il précise à cet effet que la Tunisie ne dispose pas aujourd’hui des moyens énergétiques nécessaires pour accueillir de grands centres de données, mais peut valoriser sa position géostratégique pour devenir une plateforme énergétique régionale.  

Rencontré en marge de cet événement,  Nidhal Ouerfelli a souligné dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que : « Si la demande mondiale d’énergie progresse en moyenne de 1,3 à 1,5 % par an, celle de l’électricité croît environ deux fois plus vite, à près de 3 % annuellement. » Il estime que cette hausse est tirée par deux principaux vecteurs : le développement des véhicules électriques et l’expansion des data centers, ces infrastructures qui alimentent notamment l’intelligence artificielle, la simulation et le calcul de haute performance.

Nidhal Ouerfelli relève également qu’en 2025, le solaire a, pour la première fois, couvert une part des besoins énergétiques mondiaux supérieure à celle du charbon, du gaz naturel et du pétrole.

Des infrastructures très énergivores

Le marché mondial compte environ 11 400 data centers. Près de 40 % sont situés aux États-Unis. Tandis que le reste se répartit principalement entre la Chine et l’Europe. « Ce sont des infrastructures hyper-énergivores », souligne Nidhal Ouerfelli. D’ailleurs, il constate que l’ensemble des data centers consomme aujourd’hui un peu moins que la consommation annuelle d’électricité de la France. Soit davantage que la consommation de l’Arabie saoudite et environ 20 à 22 fois celle de la Tunisie. Ces centres nécessitent non seulement de grandes quantités d’électricité, mais aussi d’importantes ressources en eau pour le refroidissement. « Ils ont besoin de ce couple énergie-eau », résume-t-il.

Aux États-Unis, une partie de ces infrastructures est alimentée par le nucléaire. « On parle presque d’une centrale nucléaire pour un data center », indique l’expert, qui précise toutefois ne pas disposer du nombre exact de centrales concernées. Sur les quelque 11 400 data centers recensés dans le monde, environ 4 000 à 5 000 se trouvent aux États-Unis, pays qui bénéficie d’une capacité importante de production d’électricité nucléaire.

La Tunisie doit-elle attirer les grands data centers ?

Face à cette croissance de la demande, Nidhal Ouerfelli appelle la Tunisie à choisir ses axes de bataille. « Je ne vois pas véritablement d’opportunité autour de la mise en place de grands data centers en Tunisie, tout simplement parce que nous manquons d’énergie » affirme-t-il. Il souligne que cette contrainte ne concerne pas seulement la Tunisie, mais une partie de la région. 

Installer des infrastructures aussi énergivores dans un contexte de stress hydrique et de déficit énergétique n’apparaît donc pas comme une priorité. Il estime en revanche que le pays doit « oser la rupture » avec sa stratégie énergétique actuelle, en tirant parti de sa position géographique et géostratégique, de ses capacités de formation, de recherche et développement, ainsi que de sa proximité avec l’Europe, particulièrement l’Italie. Il cite également les ressources énergétiques des pays voisins : le gaz naturel algérien et le pétrole libyen.

Énergies renouvelables : une nouvelle dépendance à éviter

Nidhal Ouerfelli met aussi en garde contre une transition énergétique pensée uniquement sous l’angle climatique, sans intégrer la dimension géopolitique. « Le recours aux énergies renouvelables peut nous placer dans une autre forme de dépendance énergétique » prévient-il. Il ne s’agirait plus d’une dépendance aux ressources fossiles, mais aux matériaux stratégiques nécessaires à la fabrication des panneaux solaires, des éoliennes, des batteries et des véhicules électriques.

Or, poursuit-il, la Chine concentre aujourd’hui une part majeure du raffinage et de la transformation de ces matériaux critiques. « Sortir de la dépendance du pétrole et du gaz ne doit pas nous faire tomber dans une dépendance géopolitique aux matériaux critiques » alerte-t-il.

Pour l’expert, l’énergie reste avant tout une question de puissance. Après le pétrole, devenu un instrument géopolitique majeur lors des chocs pétroliers, le gaz s’impose désormais comme un levier d’influence internationale.

Nidhal Ouerfelli : « Si nous ne sommes pas à la table, nous serons au menu »

Concernant la Tunisie, Nidhal Ouerfelli estime que le pays dispose déjà de stratégies et de réflexions, notamment la stratégie énergétique adoptée en 2023. Le premier défi, selon lui, est l’exécution rapide. « Une stratégie se mesure à son taux d’exécution et non seulement à son adoption ou aux lois votées » insiste-t-il.

Le deuxième axe consiste, ajoute-t-il, à dépasser le statut de pays de transit du gaz et éventuellement, à l’avenir, de l’électricité pour devenir un véritable pays plateforme. Cela suppose d’investir dans l’énergie, de conclure des contrats de long terme, de contrôler les flux et de renforcer la souveraineté et l’indépendance énergétiques du pays. La diplomatie doit, dans ce cadre, jouer un rôle central. « Il faut une diplomatie agressive, au service de l’énergie et de l’intérêt national » affirme Nidhal Ouerfelli, citant l’exemple de l’Italie.

Son message final est clair : « Il faut redessiner notre stratégie énergétique à la lumière des enjeux géopolitiques et des risques qui en découlent : risques climatiques, dépendances, émissions de CO2 et nécessité de diversification. L’objectif principal doit rester la création de valeur économique et industrielle. Et si nous ne sommes pas autour de la table pour discuter et négocier, nous serons au menu. »

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TRIBUNE – De l’ambition territoriale à l’ingénierie du réel : sécuriser la faisabilité des grands projets

Dans une Tunisie confrontée à des contraintes budgétaires, financières et sociales considérables, la question n’est plus de savoir si nous pouvons multiplier les grands projets. Elle est de déterminer comment garantir qu’ils soient finançables, économiquement utiles, progressivement réalisables et effectivement livrables.

Les objections sont connues : dépendance financière, éléphants blancs, surcapacités logistiques et infrastructures sous-utilisées. Ces risques ne condamnent pas l’ambition. Ils imposent une méthode rigoureuse de démonstration et d’exécution.

Du projet décidé au projet démontré

Le changement de paradigme est simple à formuler, mais exigeant à mettre en œuvre : passer du projet décidé au projet démontré. Démontré sur les plans financier, économique, territorial et environnemental, mais aussi opérationnel. Une décision d’investissement ne constitue pas, à elle seule, une preuve de faisabilité.

Le port en eaux profondes d’Enfidha illustre cette exigence. En février 2026, un Conseil ministériel restreint a recommandé d’engager les procédures nécessaires à sa réalisation, en privilégiant une mise en œuvre progressive par tranches fonctionnelles afin de rechercher une viabilité économique et opérationnelle immédiate. En septembre, le ministre des Transports a annoncé une actualisation des études techniques dans un délai de trois mois. Ces annonces témoignent d’une volonté de relance, mais ne constituent pas une démonstration de rentabilité. Elles rendent au contraire indispensable une évaluation actualisée de la demande, des coûts, du financement et des conditions d’exploitation.

Avant tout engagement irréversible, chaque tranche devrait franchir cinq tests : une demande solvable, appuyée sur des flux commerciaux crédibles ; un modèle économique compatible avec les coûts d’exploitation ; un financement suffisamment sécurisé ; une répartition explicite des risques entre l’État, les partenaires privés et les usagers ; enfin, un impact territorial mesurable en matière d’emplois, de valeur ajoutée et d’investissements induits.

Le phasage ne doit pas se réduire à un découpage administratif des travaux. Il doit constituer un mécanisme de décision : chaque nouvelle tranche est engagée lorsque des conditions préalablement définies sont satisfaites. C’est ainsi que la progressivité devient un instrument de maîtrise des risques, plutôt qu’une simple modalité de réalisation.

Le PPP et les incitations fiscales ne remplacent pas la viabilité

La première erreur serait de croire qu’un grand projet devient soutenable parce qu’il est présenté en partenariat public-privé (PPP) ou associé à des mécanismes d’encouragement fiscal. Les instruments budgétaires et fiscaux peuvent contribuer à mobiliser l’investissement, mais ils ne suppriment ni le coût du capital ni les risques économiques sous-jacents. Ils peuvent modifier leur répartition et leur financement sans faire disparaître leur coût collectif.

Le PLF 2027, déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 14 octobre et transmis le 16 octobre 2026, constitue à ce stade un projet en cours d’examen parlementaire. Il s’inscrit dans le contexte des orientations économiques du Plan 2026-2030, mais ses mesures budgétaires et fiscales doivent être appréciées selon leur contenu précis et leur impact attendu. Aucun mécanisme d’encouragement ne saurait, à lui seul, démontrer la viabilité d’un investissement structurant.

Trois dimensions doivent être distinguées. La rentabilité financière mesure la capacité du projet à générer les flux nécessaires à son exploitation et à son financement. L’évaluation socio-économique apprécie les bénéfices collectifs, les externalités et les coûts supportés par la société. La soutenabilité budgétaire mesure l’exposition de l’État, y compris ses garanties, ses engagements conditionnels et les paiements susceptibles de peser sur les budgets futurs. Ces trois évaluations sont complémentaires. Un projet peut présenter un intérêt collectif sans être directement rentable pour son exploitant. Inversement, une opération attractive pour un investisseur peut imposer des engagements excessifs aux finances publiques ou aux usagers. La décision doit donc reposer sur une appréciation explicite de ces différentes dimensions.

La question centrale devient alors celle du partage effectif des risques. L’État doit assumer les responsabilités qui relèvent de lui : cadre réglementaire, coordination institutionnelle, infrastructures collectives et maîtrise des conditions d’aménagement. Le partenaire privé doit apporter une contribution démontrable en capitaux, en expertise, en technologie ou en capacité d’exploitation. Le transfert contractuel d’un risque n’est toutefois pas synonyme de transfert réel : une garantie publique ou une obligation de paiement peut maintenir une exposition importante pour les finances de l’État.

Les incitations fiscales doivent, elles aussi, être appréciées à l’aune de leur efficacité. Leur pertinence dépend des investissements supplémentaires qu’elles déclenchent, des emplois durables qu’elles contribuent à créer et de la valeur ajoutée produite, au regard de leur coût budgétaire. Elles doivent accélérer des projets dont la viabilité a été démontrée, et non compenser indéfiniment les faiblesses d’un modèle économique incertain.

Un port ne vaut que par ce qu’il fait vivre derrière lui

Une infrastructure ne devient pas économiquement pertinente parce qu’elle est qualifiée de stratégique. Un port en eaux profondes n’a de sens que s’il s’insère dans un système productif capable de générer des flux réguliers : industrie, agriculture à valeur ajoutée, plateformes logistiques, transformation, commerce et exportation.

Le risque est celui du grand équipement isolé : une infrastructure coûteuse dont les capacités restent insuffisamment utilisées faute de clients, de marchandises, de connexions efficaces ou d’activités complémentaires. La question ne doit donc pas être seulement : combien coûtera le port ? Elle doit être : quelle valeur ajoutée supplémentaire le système logistique et productif pourra-t-il générer par dinar investi ?

Dans le cas d’Enfidha, la démonstration devra intégrer la compétitivité par rapport aux autres plateformes portuaires méditerranéennes, les perspectives de trafic, les engagements commerciaux susceptibles de soutenir la demande et les coûts complets d’accès au marché. Les connexions ferroviaires et routières, les disponibilités foncières, les équipements logistiques et les contraintes environnementales doivent être évalués conjointement. La performance du port dépendra de celle de toute la chaîne de transport et de production.

Cette approche vaut également pour les nouvelles centralités territoriales. Créer une zone industrielle ou déplacer administrativement une activité ne suffit pas à faire émerger un pôle économique. Une centralité se construit lorsque des fonctions complémentaires se concentrent progressivement sur un même territoire : production, énergie, logistique, transformation, formation, services et accès aux marchés.

Le grand projet cesse alors d’être une destination en soi. Il devient l’épine dorsale d’un écosystème productif. Sa réussite se mesure moins à la superficie aménagée ou aux capacités nominales installées qu’à l’activité effectivement générée, aux entreprises implantées, aux flux traités et à la valeur ajoutée créée.

La donnée comme instrument d’exécution

La faisabilité d’un grand projet ne dépend pas uniquement de la qualité de ses études initiales. Elle repose également sur la capacité de l’État à coordonner, dans la durée, les décisions administratives, foncières, budgétaires, techniques et contractuelles dont sa réalisation dépend.

Le 14 octobre 2026, la Présidence du gouvernement indiquait que les travaux de mise en place de la plateforme nationale d’échange de données entre structures publiques adhérentes se poursuivaient. Son utilité pour les investissements structurants dépendra notamment de son articulation avec les dispositifs de suivi des projets publics. L’enjeu est de relier les informations administratives, foncières, budgétaires et opérationnelles utiles à la décision.

Cette articulation ne se décrète pas par la seule interconnexion technique : elle suppose des référentiels communs, des responsabilités clairement attribuées, des données régulièrement actualisées et des mécanismes d’alerte débouchant sur des décisions effectives.

Un retard peut résulter d’un blocage extérieur au chantier lui-même : autorisation manquante, procédure foncière inachevée, raccordement non réalisé ou financement non mobilisé. Encore faut-il identifier rapidement la cause, déterminer l’acteur responsable et suivre la résolution du problème.

C’est ici que la donnée devient un instrument d’ingénierie d’exécution. Un tableau de bord utile ne se contente pas d’afficher un taux d’avancement. Il met en évidence les écarts, documente les risques, signale les dépendances critiques et facilite les arbitrages. Cela suppose des référentiels communs, des données régulièrement actualisées, des responsabilités clairement attribuées et des mécanismes d’alerte reliés à des décisions effectives.

L’évaluation doit également dépasser le volume de crédits engagés et le nombre de projets annoncés. Les indicateurs pertinents sont les délais réels de réalisation, les écarts entre coûts prévisionnels et coûts constatés, les emplois durables créés, les volumes effectivement transportés, les investissements privés déclenchés et la valeur ajoutée produite. Définis avant le lancement, ces indicateurs doivent être suivis pendant toute la durée de vie du projet.

Le véritable blindage : une gouvernance de l’exécution

Reste la condition décisive : qui livre, dans quels délais et sous quelle responsabilité ? Un grand projet peut disposer d’études de qualité, d’un financement annoncé et d’un statut stratégique, puis échouer faute de coordination administrative, de maîtrise foncière ou de capacité de pilotage. L’ingénierie du réel exige une architecture d’exécution clairement définie : un responsable de projet identifiable, une répartition explicite des responsabilités, un calendrier assorti de jalons vérifiables, un mécanisme d’arbitrage rapide et une évaluation indépendante des coûts et des risques.

Cette architecture doit organiser des décisions, et non simplement produire des rapports. Chaque jalon important doit permettre de vérifier que les conditions techniques, financières, commerciales et territoriales restent réunies. Les écarts significatifs doivent déclencher une analyse et, si nécessaire, une révision du calendrier, du périmètre ou du modèle économique.

Un projet qui dérape doit pouvoir être redimensionné. Un projet qui ne trouve pas son marché doit pouvoir être reconfiguré. Un projet performant peut être accéléré. Cette capacité de correction ne traduit pas un renoncement à l’ambition : elle protège les ressources publiques contre la poursuite automatique d’engagements devenus insuffisamment justifiés.

La souveraineté de l’État ne consiste pas à terminer coûte que coûte tous les projets annoncés. Elle consiste aussi à savoir lesquels méritent d’être poursuivis, lesquels doivent être transformés et lesquels doivent être abandonnés lorsque les conditions de leur pertinence ne sont plus réunies.

C’est à ce niveau que se joue la crédibilité du Plan 2026-2030. La Tunisie ne manque ni de projets ni d’idées. Elle doit renforcer sa capacité à transformer les décisions d’investissement en réalisations utiles, soutenables et mesurables.

L’enjeu est d’apprendre à industrialiser l’ambition par l’exécution.

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Publication des indicateurs d’activité trimestriels de la BIAT au 30 septembre 2026

La BIAT, Banque Internationale Arabe de Tunisie publie ses indicateurs d’activité trimestriels arrêtés au 30 septembre 2026 qui font ressortir les résultats suivants : 

 

  • Un PNB de 1 236,1 millions de dinars ;
  • Des charges opératoires de 558,1 millions de dinars ;
  • Des encours de dépôts de 23 517,6 millions de dinars ;
  • Des encours de crédits nets de 13 324,4 millions de dinars ;
  • Un coefficient d’exploitation de 45,2 %.

 

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2026, la BIAT a poursuivi son développement en s’appuyant sur la confiance de sa clientèle, la mobilisation de ses équipes et la diversification de ses leviers de croissance. Les performances enregistrées traduisent sa capacité à conjuguer croissance, maîtrise des équilibres financiers et accompagnement durable des acteurs économiques.

La BIAT a confirmé son rôle d’acteur financier de référence en Tunisie en prenant part à des opérations syndiquées d’envergure au cours de l’année 2026. Ces interventions traduisent sa capacité à mobiliser son expertise au service des besoins de financement de l’économie et témoignent de sa contribution au développement de l’activité entrepreneuriale et à la promotion d’une croissance plus inclusive.

Le modèle de développement de la BIAT et la pertinence de ses orientations stratégiques ont été consacrés par plusieurs distinctions internationales. La banque s’est ainsi vu décerner le titre de « Meilleure banque en Tunisie 2026 » par Euromoney, récompensant sa performance globale, sa capacité d’innovation et la robustesse de son organisation.

Cette reconnaissance est venue s’ajouter au trophée de « Meilleure Banque sur le marché de change en Tunisie » attribué par Global Finance. Obtenue pour la sixième année consécutive, cette distinction met en lumière l’expertise de la banque dans les métiers du change et son accompagnement des entreprises opérant à l’international.

La BIAT a également reconduit sa certification au standard international MSI 20000 pour la quinzième année consécutive. Cette reconnaissance témoigne de la qualité de sa gestion financière, de la rigueur de sa gouvernance et de sa capacité à inscrire sa performance dans la durée selon les meilleurs standards internationaux.

Parallèlement, la banque poursuit ses efforts de transformation et de modernisation, tant au niveau de ses agences bancaires qu’au niveau de l’accompagnement digital, offrant ainsi à ses clients des solutions plus simples et adaptées à l’évolution des usages. L’amélioration continue de l’expérience client, l’enrichissement des services digitaux et le développement de nouvelles solutions demeurent au cœur de ses priorités.

À travers ces réalisations, la BIAT confirme sa capacité à créer de la valeur durable pour ses clients, ses collaborateurs et l’ensemble de ses parties prenantes. Forte de son expertise et de sa solidité financière, elle poursuit son ambition de contribuer activement au développement du pays.

Source : communiqué 

 

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Dette publique : la Grèce se désendette, mais…

La Grèce poursuit son désendettement, à rebours de la tendance observée dans la zone euro, sa dette étant passée de 143,5 % à 140,8 % du produit intérieur brut (PIB) entre le premier et le deuxième trimestre 2026.

À l’échelle de la zone euro, la tendance est inverse. Le ratio de la dette publique a atteint 88,8 % du PIB fin juin, contre 88,4 % au premier trimestre et 87,3 % un an auparavant. Dans l’ensemble de l’Union européenne, il s’est établi à 82,9 %, contre 82,5 % au trimestre précédent et 81,4 % au deuxième trimestre 2025.

Le ratio d’endettement de la Grèce a diminué de 11,2 points de pourcentage en un an. En valeur absolue, la dette publique grecque s’élevait à environ 358,6 milliards d’euros fin juin, contre 368,6 milliards un an auparavant. Cette amélioration ne suffit toutefois pas à faire perdre à Athènes sa première place parmi les pays les plus endettés de l’Union. L’Italie se rapproche nettement, avec une dette équivalant à 139,9 % du PIB, soit seulement 0,9 point de moins que la Grèce. La France occupe la troisième position, à 119,1 %, devant la Belgique, à 110,2 %, et l’Espagne, à 101,4 %…

Des trajectoires budgétaires divergentes

La dynamique grecque contraste avec celle de plusieurs grandes économies européennes. Les ratios d’endettement ont augmenté dans quinze États membres entre le premier et le deuxième trimestre 2026; tandis que dix pays ont enregistré une baisse. Les hausses trimestrielles les plus marquées ont été observées en Pologne, au Portugal et en Lettonie. La dette publique de la zone euro représentait ainsi près de 14 438 milliards d’euros à la fin juin, selon Eurostat. Dans l’ensemble de l’Union européenne, elle atteignait environ 15 951 milliards d’euros.

Malgré la baisse rapide de son ratio, la Grèce reste donc confrontée à un niveau d’endettement exceptionnellement élevé. Son évolution favorable constitue néanmoins un contraste avec la remontée de la dette dans la zone euro et souligne les différences de trajectoire budgétaire entre les États membres.

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Riz importé : le ministère du Commerce fixe les prix

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a fixé les prix de vente du riz étuvé et du riz basmati importés par des opérateurs privés, à différents stades de la distribution. Ces tarifs sont entrés en vigueur le 20 octobre 2026.

Selon une décision du ministre du Commerce et du Développement des exportations datée du 12 octobre 2026, le prix du riz étuvé est fixé à 3,500 dinars le kilogramme au stade de l’approvisionnement ou du conditionnement, à 3,650 dinars au prix de gros et à 3,900 dinars au prix de vente au public.

Pour le riz basmati, les tarifs sont établis à 6,500 dinars le kilogramme au stade de l’approvisionnement ou du conditionnement, à 6,650 dinars au prix de gros et à 6,900 dinars au détail.

La décision impose également à tous les importateurs de riz de déposer, avant toute opération d’importation, leurs dossiers juridiques et techniques auprès des services centraux du ministère chargés du Commerce, conformément aux conditions requises. Les modalités peuvent être consultées au siège du ministère, sur son site web ou sur ses pages officielles.

Le ministère précise enfin que toute infraction aux dispositions de cette décision fera l’objet de constatations, de poursuites et de sanctions conformément aux lois et réglementations en vigueur.

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Écrivain ou machine ? L’édition francophone face à « C’était ça ou mourir »

Un romancier peut-il encore se dire seul auteur de son livre quand l’IA a servi dans son processus de création ? La question agite l’édition francophone depuis que le compte X Balance ton Claude a accusé « C’était ça ou mourir » de reposer sur un recours massif à l’intelligence artificielle. Le Goncourt a écarté le roman de Thélyson Orélien. Mercredi 21 octobre, son éditeur Boréal a annoncé la fin de leur collaboration.

« Le livre a été écrit par moi. » Thélyson Orélien l’affirme au quotidien français Libération, tout en reconnaissant avoir utilisé l’intelligence artificielle « dans le processus de création », pour des « recherches historiques ». L’écrivain dit avoir tout expliqué à des proches, mais doute désormais d’être cru : « Je ne pense pas que ma parole vaille quelque chose ». Il poursuit : « Ce que je suis en train de vivre, c’est énorme, cela a dépassé le cadre littéraire, cela va trop loin. »

Une analyse externe aux conclusions limitées

Tout s’est déroulé en deux temps. Boréal explique avoir d’abord proposé à Thélyson Orélien de l’aider à réunir un dossier. Ce dossier devait retracer son processus de création et établir son innocence. L’exercice n’a rien tranché. L’écrivain a ensuite annoncé qu’il ne fournirait aucun autre élément. La maison d’édition affirme ne pas vouloir jouer auprès de ses auteurs et autrices « un rôle d’enquêteur ». Selon elle, « cette situation extraordinaire » lui imposait toutefois « la nécessité de ne pas en rester là ».

Elle a donc rassemblé l’ensemble des versions de travail du roman. Elle a commandé une analyse externe approfondie. Cette semaine, celle-ci a révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents. Boréal en reconnaît les limites : « Nous ignorons toujours dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création de C’était ça ou mourir, et sans doute n’aurons-nous jamais de réponse définitive à cet égard. » Pour l’éditeur, la question fondamentale est celle de « la confiance entre auteurs et éditeurs ». Le compte X Balance ton Claude a déclenché l’affaire. Il affirmait avoir identifié un recours massif à l’IA dans le roman. Ces accusations ont secoué le monde de l’édition francophone. Pendant des semaines, elles ont alimenté les interrogations sur l’avenir du métier d’écrivain.

Goncourt et Renaudot : deux décisions opposées

À la fin de septembre, l’académie Goncourt a écarté le roman de sa sélection. Elle mettait en avant des « plagiats », que Thélyson Orélien a depuis reconnus. Elle citait aussi « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi ». Selon elle, ces analyses mettaient « en évidence le fait que C’était ça ou mourir est, selon toute vraisemblance, très largement le produit d’une intelligence artificielle ».

Le prix Renaudot, en revanche, a conservé l’ouvrage parmi les neuf titres de sa deuxième sélection. L’annonce de cette sélection remonte au 7 octobre. Best-seller de la rentrée, le roman a vu ses ventes continuer de progresser malgré la polémique. La semaine dernière, l’auteur, âgé de 38 ans, avait rompu son silence. Il assurait qu’aucun outil d’intelligence artificielle n’avait créé la moindre phrase de son roman. « C’est une calomnie et une hérésie », avait-il déclaré. Il disait avoir eu recours « çà et là à des outils pour des recherches, s’agissant notamment des idiomes étrangers ». Il ajoutait : « Ce roman, je l’ai écrit moi-même. Il vient de mes blessures et de celles des autres migrants. »

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Égypte : plus de 1 milliard de dollars de capitaux étrangers sortis en trois jours

Les sorties de capitaux étrangers à court terme se sont accélérées sur le marché de la dette publique en Égypte, atteignant 1,13 milliard de dollars en trois séances. Selon les données de la Bourse égyptienne, les investisseurs arabes et étrangers ont enregistré mercredi 21 octobre des ventes nettes de 376,4 millions de dollars sur le marché secondaire des titres de dette publique.

Ce mouvement prolonge les sorties observées en début de semaine en Égypte. Les ventes nettes avaient atteint 245 millions de dollars mardi et 505 millions lundi. Ces retraits interviennent après deux semaines de flux positifs, durant lesquelles les investisseurs arabes et étrangers avaient réalisé des achats nets de 328,5 millions de dollars, puis de 1,2 milliard de dollars la semaine précédente.

Les mouvements de septembre avaient déjà révélé des stratégies divergentes entre investisseurs arabes et étrangers. Sur l’ensemble du mois, les achats nets des investisseurs arabes avaient atteint 1,528 milliard de dollars, tandis que les investisseurs étrangers avaient enregistré des ventes nettes de 826,5 millions de dollars. Au total, les deux catégories d’investisseurs avaient affiché des achats nets de 702 millions de dollars.

La reprise des sorties en octobre souligne la volatilité de ces capitaux, souvent désignés comme des « fonds chauds » en raison de leur mobilité et de leur sensibilité aux variations des rendements et des risques financiers.

Le dollar sous pression

Ces retraits interviennent dans un contexte de tensions sur le marché des changes en Égypte. La hausse des cours du pétrole, les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et l’évolution des anticipations concernant les taux d’intérêt américains renforcent l’attrait du dollar et peuvent inciter les investisseurs à réduire leur exposition aux marchés émergents.

La pression sur la livre égyptienne est également alimentée par les besoins en devises liés aux importations et au service de la dette extérieure. La baisse des investissements étrangers dans les titres publics peut accroître la demande de dollars lorsque les investisseurs convertissent en devises le produit de leurs ventes.

Toutefois, les sorties enregistrées sur le marché secondaire de la dette ne signifient pas, à elles seules, que l’ensemble de ces montants a quitté immédiatement le pays. Leur effet sur les réserves et le taux de change dépend notamment des opérations de conversion, des autres flux de devises et des interventions des banques.

La poursuite de ces mouvements sera donc un indicateur important pour évaluer la résistance du marché égyptien aux chocs extérieurs, après le retour temporaire des capitaux observé au cours des deux premières semaines d’octobre.

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BTE : le produit net bancaire en hausse de 20 % à fin septembre 2026

Un produit net bancaire de 62,724 MDT, en hausse de 10,456 MDT sur un an : la BTE affiche à fin septembre 2026 une progression nette, nourrie par ses revenus de portefeuille et par la cession d’une participation.

La Banque de Tunisie et des Emirats (BTE) a dégagé un produit net bancaire (PNB) de 62,724 millions de dinars (MDT) au 30 septembre 2026. Il était de 52,268 MDT un an plus tôt, soit une hausse de 20,0 %. Ces chiffres figurent dans ses indicateurs d’activité du troisième trimestre 2026, publiés sur la base de données provisoires.

Les produits d’exploitation bancaire atteignent 137,865 MDT, contre 129,378 MDT à fin septembre 2025. Cela représente une hausse de 8,487 MDT (6,6 %). Cette évolution s’explique principalement par les revenus du portefeuille commercial et d’investissement. Ils s’élèvent à 28,414 MDT, contre 18,246 MDT, soit une hausse de 10,168 MDT (55,7 %). La banque précise que cette progression résulte notamment d’une plus-value de 5,9 MDT réalisée sur la cession d’une participation.

Les autres composantes sont plus contrastées. Les intérêts ressortent à 86,855 MDT, contre 86,558 MDT, soit une hausse de 0,3 %. En revanche, les commissions en produits reculent à 19,499 MDT contre 20,094 MDT, une baisse de 3,0 %. Quant aux gains nets sur opérations de change, ils passent de 4,480 MDT à 3,097 MDT, soit une baisse de 30,9 %.

Des charges d’exploitation en baisse, des charges opératoires en hausse

Côté dépenses, les charges d’exploitation bancaire ont baissé de 1,967 MDT (2,6 %). Elles s’établissent à 75,142 MDT, contre 77,109 MDT. Dans le détail, les intérêts encourus affichent une baisse de 2,1 %, à 72,704 MDT. De même, les commissions encourues reculent de 14,7 %, à 2,437 MDT. À l’inverse, les charges opératoires se sont élevées à 49,400 MDT, contre 45,360 MDT, soit une hausse de 4,040 MDT (8,9 %). Les frais de personnel progressent de 5,7 %, à 34,797 MDT. Les charges générales augmentent, elles, de 17,3 %, à 14,603 MDT, soit une hausse de 2,153 MDT. Sur le seul troisième trimestre 2026, le PNB s’établit à 19,089 MDT, contre 17,433 MDT au troisième trimestre 2025. Par ailleurs, les produits d’exploitation bancaire du trimestre atteignent 45,463 MDT, contre 43,602 MDT.

L’encours net des crédits s’élève à 1 214,879 MDT au 30 septembre 2026. Il était de 1 063,200 MDT un an auparavant, soit une hausse de 151,678 MDT (14,3 %). De leur côté, les dépôts de la clientèle atteignent 1 393,017 MDT, contre 1 258,198 MDT. La hausse est de 134,820 MDT (10,7 %).

Les dépôts à terme portent cette progression. Ils augmentent de 137,070 MDT (20,1 %), à 820,305 MDT. Les dépôts d’épargne enregistrent aussi une hausse de 12,7 %, à 231,601 MDT, soit 26,133 MDT de plus. En revanche, les dépôts à vue accusent une baisse de 25,417 MDT (9,5 %), à 241,714 MDT. Les autres produits financiers baissent également de 2,966 MDT (2,9 %), à 99,397 MDT.

Portefeuille-titres, ressources spéciales et capitaux propres

Le portefeuille-titres totalise 370,503 MDT, contre 317,932 MDT, soit une hausse de 52,571 MDT (16,5 %). Le portefeuille de titres d’investissement progresse de 85,426 MDT (36,0 %), à 322,774 MDT. Le portefeuille de titres commerciaux, lui, baisse de 32,855 MDT (40,8 %), à 47,728 MDT.

Les emprunts et ressources spéciales sont en baisse de 15,9 %, à 55,149 MDT contre 65,538 MDT. Parmi eux, les encours d’emprunts obligataires reculent de 19,3 %, à 33,938 MDT contre 42,067 MDT. Les encours de lignes de crédits diminuent de 9,0 %, à 19,350 MDT contre 21,271 MDT.

Enfin, les capitaux propres s’établissent à 29,585 MDT, en baisse de 2,1 % par rapport aux 30,226 MDT de fin septembre 2025. Ils étaient de 29,054 MDT au 31 décembre 2025.

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Hatem Atallah : « La diplomatie, un acteur clé de nos priorités stratégiques et énergétiques »

Hatem Atallah, ancien ambassadeur, est intervenu lors de la pré-session consacrée au thème « Les tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée par l’IACE (Institut arabe des chefs d’entreprise) lors de la 9ème édition du Forum de l’IACE, ce jeudi 22 octobre 2026 à son siège.

L’ancien diplomate juge nécessaire de « prendre les choses telles qu’elles sont et de travailler sur cette base pour défendre nos intérêts et préserver notre marge de souveraineté nationale ». Cette souveraineté, ajoutera-t-il, repose, en premier lieu, sur la capacité du pays à déterminer ses choix et ses orientations fondamentales.

Hatem Atallah a également rappelé que la transition énergétique soulève des interrogations géopolitiques majeures. Les Européens, « nos partenaires et voisins directs les plus proches », cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à accélérer leur décarbonation. C’est, a-t-il expliqué, leur objectif, leur vision et la stratégie qu’ils sont contraints de suivre. « Le risque pour la Tunisie, c’est de se retrouver face à des projets qui répondent davantage à la demande extérieure qu’aux besoins nationaux, qu’il s’agisse des besoins domestiques ou de la maîtrise des coûts de l’énergie », s’inquiète-t-il.

 

Lire aussi : Géopolitique énergétique : Nidhal Ouerfelli alerte sur un choc d’offre historique en 2026   

Il a conclu que si la diplomatie, les relations internationales et la géopolitique mondiale influencent les choix du pays, elles ne sont pas les seuls facteurs déterminants. « Il y a aussi la réalité intérieure, les contraintes budgétaires, les dimensions sociales, les contraintes environnementales et d’autres éléments à prendre en compte dans l’établissement de ces choix ».

Et de conclure: « C’est précisément dans cette détermination des choix que s’exerce la souveraineté nationale. La diplomatie demeure, dans ce contexte, l’acteur principal sur le plan extérieur, non seulement pour la mise en œuvre de la stratégie du pays, mais aussi pour le conseil et l’orientation, afin que chaque étape franchie réponde aux priorités nationales tout en anticipant les difficultés et les évolutions géopolitiques possibles ».

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Investissements allemands : 300 MDT en 2025 et 75 000 emplois en Tunisie

Les investissements allemands en Tunisie ont atteint près de 300 millions de dinars (MDT) en 2025. Pour 2026, l’objectif annoncé par Jalel Tabib, directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA-Tunisia), est de porter les investissements à 4 milliards de dinars. Avec environ 325 entreprises implantées dans le pays et plus de 75 000 emplois, l’Allemagne figure parmi les principaux partenaires économiques de la Tunisie.

À l’occasion des 70 ans des relations tuniso-allemandes, Jalel Tabib a souligné le poids de cette coopération, notamment dans l’industrie, et évoqué de nouveaux projets susceptibles de renforcer la présence allemande en Tunisie.

Des investissements passés de 30 à près de 300 millions de dinars

Les investissements allemands ont progressé au fil des années. Selon Jalel Tabib, les flux annuels, qui se situaient auparavant autour de 30 millions de dinars, sont passés à 60 millions, puis à 100 millions, avant d’atteindre environ 200 millions de dinars ces dernières années. En 2025, ils ont avoisiné les 300 millions de dinars, d’après les chiffres avancés par le directeur général de la FIPA-Tunisia. Le stock cumulé des investissements allemands en Tunisie s’élève, quant à lui, à près de 1,3 milliard de dinars, selon la même source. Il table sur 4 milliards de dinars cumulés pour l’année 2026. Il estime que le rythme de progression des investissements permet d’envisager l’atteinte de cet objectif, voire le dépasser.

A noter au passage que quelque 325 entreprises allemandes sont implantées en Tunisie, qui emploient plus de 75 000 personnes. Ces chiffres témoignent de l’ancrage de ce partenariat dans le tissu économique tunisien.

De nouveaux projets allemands à l’étude

D’ailleurs, la dynamique pourrait se poursuivre avec de nouveaux investissements. Dans ce cadre, le DG de la FIPA assure avoir récemment reçu deux entreprises allemandes. L’une d’elles étudie la possibilité de lancer un projet d’envergure en Tunisie, dont la confirmation pourrait intervenir dans les prochaines semaines ou mois. L’autre entreprise s’intéresse également aux possibilités d’investissement dans notre pays… Les secteurs qui intéressent ces entreprises comprennent entre autres les composants automobiles, l’électronique et les produits céramiques. Dans ce dernier domaine, le responsable évoque l’intérêt d’entreprises historiques, dont certaines comptent plus de deux siècles d’activité dans leur pays d’origine.

En tout cas, la concrétisation de ces projets permettrait, affirme Jalel Tabib, de renforcer le tissu industriel tunisien et de diversifier les investissements allemands. Leur réalisation reste toutefois conditionnée aux décisions finales des entreprises concernées.

L’industrie, mais aussi les services et l’agroalimentaire

Si l’industrie demeure un secteur central de la coopération tuniso-allemande, Jalel Tabib appelle à élargir les perspectives d’investissement à d’autres activités. Les services technologiques, les télécommunications et le tourisme présentent des possibilités de développement, tout comme l’agriculture et la transformation agroalimentaire. Ces secteurs pourraient contribuer à diversifier les investissements étrangers et à créer davantage de valeur en Tunisie.

L’objectif est d’attirer des capitaux qui mobilisent les compétences locales, créent des emplois et renforcent les capacités productives du pays. L’industrie conserve néanmoins une place particulière, notamment en raison de son potentiel d’emploi pour les jeunes diplômés.

La Tunisie, une plateforme industrielle tournée vers l’Europe

La position de la Tunisie dans les chaînes de valeur européennes constitue un autre atout pour attirer les investisseurs allemands, comme le rappelle le DG de la FIPA-Tunisia, qui ajoute que le pays figure parmi les principaux exportateurs africains de produits industriels vers l’Allemagne. Première puissance industrielle européenne, le pays représente un marché important pour les entreprises tunisiennes. L’implantation de ses groupes industriels en Tunisie permet en outre de développer des activités de production destinées aux marchés européens.

Dans ce cadre, Jalel Tabib cite notamment les extensions récemment inaugurées par des entreprises industrielles allemandes à Béja. Ces développements représentent un potentiel en matière d’emplois et d’exportations, ainsi que de recettes en devises pour la Tunisie. Pour étayer ses dires, il évoque l’exemple d’une entreprise allemande implantée à Sousse et à Monastir depuis plus de trente ans, illustrant la continuité de certains investissements étrangers dans notre pays.

Pour la Tunisie, l’enjeu est de consolider ces implantations, d’accompagner leur développement et d’attirer de nouveaux projets afin de renforcer ses capacités industrielles et exportatrices.

Un partenariat à consolider pour atteindre les objectifs de 2026

La célébration des 70 ans de relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Allemagne intervient alors que la FIPA-Tunisia mise sur la poursuite de la dynamique des investissements. Les 300 millions de dinars enregistrés en 2025 et les 75 000 emplois créés par les entreprises allemandes en Tunisie dans le pays témoignent du poids de cette relation économique.

L’objectif annoncé de 4 milliards de dinars pour 2026 souligne l’ambition de la FIPA-Tunisia. Son atteinte dépendra cependant de la concrétisation des projets actuellement à l’étude et de la capacité de la Tunisie à maintenir son attractivité face à la concurrence d’autres destinations.

Au-delà des montants investis, le développement de cette coopération repose sur la consolidation des activités industrielles, la diversification sectorielle et le renforcement des exportations et de l’emploi en Tunisie.

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UBCI : le produit net bancaire progresse de 11,1 % à fin septembre 2026

L’UBCI accélère. À fin septembre 2026, son produit net bancaire (PNB) a progressé de 11,1 % sur un an, avec une hausse de 13,3 % au seul troisième trimestre. Portée par une collecte optimisée et une croissance des crédits supérieure à la moyenne des banques cotées, elle aborde la dernière ligne droite de l’exercice sur des bases renforcées.

Des revenus en nette progression

Au 30 septembre 2026, le produit net bancaire cumulé s’établit à 289,1 MDT, en hausse de 11,1 %, soit 28,9 MDT de revenus supplémentaires. Les produits d’exploitation bancaire progressent de 8,7 %, à 460,4 MDT, un rythme nettement supérieur à celui des charges d’exploitation bancaire (+4,9 %, à 171,3 MDT). Cette performance repose sur trois leviers complémentaires. La marge d’intérêt, qui demeure le socle des revenus avec la moitié du PNB, ressort à 144,6 MDT (+2,3 %). Les commissions nettes gagnent 10,6 %, à 50,1 MDT, reflet de l’intensification de la relation clientèle et du développement des services. Enfin, les revenus du portefeuille-titres progressent de 28,2 %, à 94,4 MDT.

Une discipline de coûts qui porte ses fruits

Les charges opératoires, à 190,6 MDT, n’augmentent que de 4,9 %, soit un rythme plus de deux fois moins rapide que celui des revenus. La hausse des frais de personnel (+8,1 %), qui traduit l’investissement continu de l’UBCI dans son capital humain, est en partie absorbée par le recul des charges générales d’exploitation (−1,7 %). Il en résulte un effet de ciseaux positif de 6,2 points, gage d’une efficacité opérationnelle renforcée.

Une dynamique commerciale soutenue

Les dépôts de la clientèle atteignent 4 300,5 MDT, en hausse de 8,6 % sur un an, soit 340 MDT de ressources supplémentaires. Les dépôts à vue (+9,1 %) et d’épargne (+9,0 %), qui en constituent 80,3 %, traduisent la confiance renouvelée de la clientèle. Les encours nets de crédits à la clientèle s’inscrivent pour leur part en hausse de 5,9 %, à 3 864,1 MDT, et de 9,9 % depuis l’ouverture de l’exercice. Cette dynamique, nettement supérieure à la moyenne pondérée des banques cotées (2,1 % à fin septembre 2026), illustre l’engagement de la banque aux côtés de ses clients.

Des ressources longues diversifiées auprès des bailleurs de fonds

Pour allonger la maturité de ses ressources, la banque a mobilisé auprès de bailleurs de fonds deux lignes de ressources spéciales, pour 95 MDT, dédiées au financement des PME et à la finance durable. Avec les deux emprunts subordonnés émis en 2025 pour 120 MD, qui confortent ses fonds propres réglementaires, les emprunts et ressources spéciales atteignent 263,3 MDT, multipliés par près de six en un an. Les capitaux propres, hors résultat de la période, progressent de 7,6 %, à 563,3 MDT.

Au terme de ces neuf mois, l’UBCI confirme la solidité de son modèle et la confiance que lui témoignent ses clients. Elle poursuit le déploiement de son plan stratégique et son engagement en faveur du financement de l’économie tunisienne.

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L’Égypte rejette l’accord maritime entre la Libye et la Turquie

L’Égypte a rejeté la ratification par le Parlement libyen de l’Est d’un mémorandum d’entente maritime conclu en 2019 entre la Libye et la Turquie. Le Caire estime que cet accord porte atteinte à ses droits souverains en Méditerranée orientale.

Dans un communiqué publié mercredi 21 octobre, le ministère égyptien des Affaires étrangères a qualifié le mémorandum de « nul et non avenu », réaffirmant son opposition à toute mesure susceptible de remettre en cause les limites maritimes revendiquées par l’Égypte.

Les autorités égyptiennes considèrent que l’accord contrevient aux principes du droit international de la mer ainsi qu’aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, notamment celles relatives à la délimitation des zones économiques exclusives et des plateaux continentaux. Le Caire a également indiqué se réserver le droit de protéger ses intérêts et ses droits maritimes conformément au droit international.

Un revirement du Parlement libyen

La réaction égyptienne intervient au lendemain d’un vote unanime de la Chambre des représentants basée dans l’est de la Libye. Mardi, celle-ci a approuvé le mémorandum de délimitation maritime signé en novembre 2019 par la Turquie et le gouvernement libyen d’entente nationale alors dirigé par Fayez al-Sarraj, établi à Tripoli.

Cette décision marque un revirement important. Le Parlement de l’Est avait auparavant rejeté l’accord et adopté, en 2020, des résolutions hostiles aux ententes conclues avec Ankara, allant jusqu’à préconiser la rupture des relations politiques avec la Turquie.

A rappeler que la Libye demeure divisée entre des pouvoirs rivaux, malgré les efforts internationaux visant à stabiliser le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Une crise régionale aux enjeux énergétiques

L’accord de 2019 définit des zones de juridiction maritime entre la Turquie et la Libye en Méditerranée orientale, une région stratégique pour l’exploration des hydrocarbures et les revendications territoriales concurrentes. La Grèce, l’Égypte et Chypre contestent depuis plusieurs années ce mémorandum. Athènes estime notamment que la délimitation ne respecte pas les droits maritimes auxquels ses îles peuvent prétendre en vertu du droit international.

L’Union européenne a, elle aussi, maintenu son opposition à l’accord, estimant qu’il porte atteinte aux droits souverains de pays tiers et ne respecte pas le droit de la mer. La Turquie défend au contraire la légalité du mémorandum et affirme qu’il protège les intérêts des deux signataires. Ankara a minimisé les objections étrangères, faisant valoir que l’accord relève de décisions prises par deux États souverains.

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Géopolitique énergétique : Nidhal Ouerfelli alerte sur un choc d’offre historique en 2026   

À l’occasion de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée à la géopolitique énergétique, Nidhal Ouerfelli, ancien ministre et expert en transition énergétique au CEA, a dressé un tableau alarmant du paysage énergétique mondial. Il a notamment souligné la vulnérabilité des approvisionnements liée à leur concentration autour du détroit d’Ormuz.

L’expert n’a pas manqué de souligner que l’année 2026 est marquée par le plus grand choc d’offre de l’histoire énergétique. Pour en expliquer l’ampleur, il a rappelé qu’un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Ormuz. Ensuite, il a mis en avant la concentration des capacités de réserve de l’OPEP en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït, soulignant ainsi le poids stratégique de cette région dans l’équilibre énergétique mondial.

Alors quid de l’ énergie dans le bassin méditerranéen à l’horizon 2050 ?

Pour Nidhal Ouerfelli, l’objectif à l’horizon 2050 consiste à tripler la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la Méditerranée, avec une progression un peu plus marquée sur la rive sud que sur la rive nord. Et concernant la rive sud, le gaz reste présent dans le mix énergétique. Le stockage devrait jouer un rôle essentiel, car on ne peut pas s’appuyer sur une production électrique intermittente et variable sans disposer de capacités de gaz, de stockage et de pilotabilité en secours. Il faudrait donc une capacité de stockage d’électricité d’environ 10 %. Tout cela nécessite à l’échelle de la Méditerranée, estime-t-il, des investissements très importants. La mise en place de ce scénario (horizon 2050) requiert, selon le scénario plus bas, 3 700 milliards d’euros, tandis que les scénarios de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie évoquent jusqu’à 6 800 milliards d’euros d’investissements nécessaires pour atteindre cet objectif. C’est également un défi majeur.
D’ où la question : qu’est-ce qui nous conduit à cette transition énergétique, ou plutôt à cette nécessité de transition ? “Elle nous renvoie à une autre difficulté. L’objectif initial était de sortir du pétrole et du gaz, notamment pour éviter les conflits et les tensions géopolitiques liés à ces énergies. Or, on se retrouve aujourd’hui dans une configuration différente.
Ce schéma de l’AIE, publié en septembre dernier, montre les besoins énergétiques liés au transport et à la production. J’en ai retenu deux exemples. Pour répondre à cet objectif, la construction d’un véhicule électrique nécessite aujourd’hui, en moyenne, environ dix fois plus de ressources critiques et de métaux rares ou nouveaux matériaux ».
Il poursuit l’explication: « De même, en ce qui concerne les besoins en matières premières, exprimés en kilogrammes par mégawatt de capacité : pour une centrale à gaz, on se situe autour d’une centaine de kilos ; pour le pétrole et le nucléaire, un peu plus. Tandis que pour construire un parc éolien, il faut environ 5 000 kilos, soit 5 tonnes par mégawatt. Pour l’éolien, les besoins en matières premières sont donc environ quatre à six fois supérieurs, notamment en lithium, en manganèse, en cuivre, en cobalt et autres métaux”.
Cette réflexion sur la transition énergétique, avec la sortie progressive du pétrole, du charbon et du gaz au profit des énergies renouvelables et bas carbone, fait apparaître un autre constat : les ressources existent à l’échelle mondiale, mais les capacités de raffinage de ces minerais et matériaux critiques se concentrent essentiellement dans un seul pays, la Chine. Et d’ajouter : “Nous passons donc d’une dépendance géopolitique liée à la production et au transport des énergies fossiles à une nouvelle forme de dépendance, celle liée cette fois aux capacités de raffinage des matériaux indispensables à la production d’énergie et d’électricité. Il y a ainsi une nouvelle centralisation, de nature différente, autour d’un pays qui domine aujourd’hui le raffinage de ces matériaux critiques”.

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TotalEnergies Marketing Tunisie et Dauphine Tunis : un partenariat au service de l’employabilité

TotalEnergies Marketing Tunisie et Dauphine Tunis ont signé une convention de partenariat visant à renforcer les liens entre l’enseignement supérieur et le monde de l’entreprise, à travers des initiatives en faveur de l’expérience professionnelle, de l’insertion des étudiants et du partage d’expertise.

Une cérémonie organisée sur le campus de Dauphine Tunis a marqué la signature de cette convention, en présence d’Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de Dauphine Tunis, et d’Ouafa Kourdaa, présidente-directrice générale de TotalEnergies Marketing Tunisie.

À travers cet accord, les deux partenaires réaffirment leur volonté commune de multiplier les opportunités de rapprochement entre la formation académique et l’expérience professionnelle, afin d’accompagner les étudiants dans la construction de leur parcours et leur insertion dans le monde du travail.

« Nous partageons avec TotalEnergies une même exigence d’excellence et des valeurs communes. Ce partenariat permet à nos étudiants de mieux se projeter dans le monde de l’entreprise, de découvrir ses réalités et de construire plus concrètement leur avenir professionnel », souligne Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de Dauphine Tunis.

Le partenariat prévoit notamment le développement d’opportunités de stage destinées aux étudiants de Dauphine Tunis, ainsi que la participation de TotalEnergies Marketing Tunisie au programme Ujobs et au dispositif de bourses « Égalité des chances ». Il permettra également de favoriser le partage d’expertise grâce à la contribution de cadres de l’entreprise à des séminaires, des conférences et des ateliers consacrés aux métiers, offrant ainsi aux étudiants l’occasion de mieux appréhender les réalités et les enjeux du monde professionnel.

« À travers l’accueil de stagiaires, la participation à des projets académiques et le partage de notre expertise, nous souhaitons contribuer à la formation des talents de demain et leur offrir de nouvelles opportunités de développement professionnel », déclare Ouafa Kourdaa, Présidente-directrice générale de TotalEnergies Marketing Tunisie.

Un volet consacré à la formation continue complète cet accord, avec la conception et la mise en œuvre d’actions de formation adaptées aux besoins des professionnels et des organisations.

Au-delà de ces initiatives, cette convention témoigne d’une conviction partagée par Dauphine Tunis et TotalEnergies Marketing Tunisie : la formation prend pleinement son sens lorsqu’elle s’accompagne d’opportunités concrètes, favorise les rencontres entre les acteurs académiques et économiques et donne aux étudiants les moyens de préparer leur avenir professionnel.

D’après communiqué

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Vers une reprise des négociations entre Moscou, Washington et Kiev

Le président russe Vladimir Poutine a accepté le principe de négociations tripartites avec les États-Unis et l’Ukraine en vue de mettre fin à la guerre. Et ce, suite à une rencontre, mercredi 21 octobre à Saint-Pétersbourg, avec Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Donald Trump.

Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, affirme que les discussions pourraient reprendre autour du 10 novembre, éventuellement à Abou Dhabi. Il s’agirait de relancer un format de négociation entre les trois pays, interrompues depuis février.

De son côté, un responsable américain cité par Reuters indique que ces échanges ont enregistré des avancées dans l’élaboration d’un cadre de paix, et ont porté notamment sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, la reconstruction économique après la guerre et l’architecture de sécurité européenne.

Pour sa part, Zelensky s’est dit favorable à une reprise rapide des négociations, avec l’objectif de préparer une éventuelle rencontre entre lui-même, Poutine et Trump. Malgré cette ouverture, les divergences fondamentales demeurent. Moscou continue d’exiger le contrôle de la région de Donetsk et s’oppose à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Le conseiller du Kremlin a par ailleurs estimé que les propositions examinées à Oslo ne répondaient pas pleinement aux attentes russes, tout en reconnaissant qu’elles pouvaient constituer un pas dans la bonne direction.

Les discussions se déroulent dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Kiev. Donald Trump presse Zelensky d’accepter un accord. Tandis que les autorités ukrainiennes ont récemment exprimé des inquiétudes concernant le partage de renseignements militaires et l’accès aux systèmes de communication satellitaire utilisés par leurs forces.

Un geste de bonne volonté envers Washington

La rencontre a également été marquée par la libération de Stephen Hubbard, un ancien enseignant américain de 74 ans. Arrêté en avril 2022 dans l’est de l’Ukraine, il avait été condamné en Russie à six ans et dix mois de prison pour des accusations liées à une activité de mercenaire, qu’il contestait par l’intermédiaire de son avocat.

Au-delà du dossier ukrainien, le président russe s’est dit disposé à examiner une reprise des relations économiques avec les États-Unis. Il a également évoqué la possibilité d’aider Washington à traiter ses différends avec l’Iran, en s’appuyant sur les relations entretenues par Moscou avec Téhéran.

La reprise éventuelle des négociations constitue ainsi un signe d’ouverture, mais pas encore la preuve d’un rapprochement substantiel. Les prochaines semaines devront montrer si les initiatives diplomatiques peuvent déboucher sur un cadre acceptable pour les trois parties, alors que les combats et les désaccords territoriaux continuent de peser sur toute perspective de règlement.

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Jusqu’à 100 000 emplois : Nizar Yaïche propose de faire du solaire tunisien une source d’électricité pour l’Europe

Lors d’une rencontre consacrée aux 70 ans du partenariat tuniso-allemand, Nizar Yaïche a défendu une nouvelle approche de la coopération industrielle avec l’Europe. Au cœur de sa proposition : un corridor d’électricité verte alimenté par le solaire tunisien, dont la capacité pourrait atteindre 100 GW à terme et qui générerait, selon ses estimations, entre 80 000 et 100 000 emplois.

L’objectif est de dépasser les modèles traditionnels de coopération et de sous-traitance pour bâtir de grands projets communs, capables de répondre aux besoins des deux partenaires tout en renforçant la création de valeur en Tunisie.

Nizar Yaïche s’exprimait lors d’une intervention consacrée au diagnostic général de l’industrie tunisienne, organisée par la Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS) Tunisie et la CONECT dans le cadre de la célébration des 70 ans des relations tuniso-allemandes. L’énergie, et plus particulièrement le solaire, occupe une place centrale dans sa vision.

Du solaire tunisien à l’électricité européenne

Le corridor envisagé démarrerait avec une capacité de 5 à 5,5 GW, avant de monter progressivement en puissance sur dix à vingt ans pour atteindre 100 GW. Le principe consiste à exploiter le potentiel solaire du territoire tunisien, notamment dans les régions désertiques, pour produire de l’électricité renouvelable, la convertir, la stocker puis l’acheminer vers l’Europe par des câbles électriques, notamment via l’Italie.

Selon Nizar Yaïche, 3 à 4 % de la superficie du désert tunisien pourraient suffire à produire 100 GW avec les technologies envisagées. Il s’agit d’un potentiel à développer progressivement, au rythme des avancées technologiques, notamment en matière de stockage et de conversion de l’énergie.

La priorité serait toutefois accordée aux besoins énergétiques de la Tunisie, les excédents étant destinés à l’exportation. Le projet pourrait ainsi contribuer à réduire le déficit énergétique national et à renforcer la sécurité d’approvisionnement, tout en offrant à l’Europe une source supplémentaire d’électricité renouvelable.

Nizar Yaïche affirme que les premières études de faisabilité auxquelles il se réfère concluent à la faisabilité technique, financière et économique du projet. Sa concrétisation reste néanmoins tributaire de la poursuite des études, de la structuration des investissements et de la définition des modalités de réalisation.

Jusqu’à 100 000 emplois annoncés

Au-delà de la production d’électricité, Nizar Yaïche met en avant les retombées économiques potentielles du corridor. Il estime que le projet pourrait générer entre 80 000 et 100 000 emplois, tout en ayant des effets positifs sur les finances publiques, le déficit commercial, l’accès à l’eau et l’agriculture.

Une infrastructure de cette envergure pourrait également favoriser le développement d’activités industrielles connexes, notamment dans la fabrication d’équipements énergétiques, les technologies de stockage et les services d’exploitation des réseaux.

Pour l’Europe, le projet représenterait une source d’approvisionnement supplémentaire et un levier pour accélérer la transition énergétique. Pour la Tunisie, il pourrait stimuler le développement industriel, à condition que ses retombées dépassent la seule production d’électricité pour se traduire par des investissements, des emplois qualifiés et une création de valeur durable.

ELMED, une première étape à valoriser

Le projet s’inscrirait dans le prolongement des connexions électriques entre les deux rives de la Méditerranée, notamment ELMED, l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, dont la capacité prévue est de 600 MW.

Pour Nizar Yaïche, ELMED constitue une première étape importante, mais ne saurait suffire à elle seule. Il appelle à anticiper son utilisation et à préparer les investissements complémentaires afin de valoriser la production solaire à mesure que les infrastructures de transport seront disponibles.

L’enjeu est de coordonner la production, le stockage, la conversion et le transport de l’électricité plutôt que de développer ces éléments séparément. Selon lui, cette approche permettrait de mieux rentabiliser les investissements et de préparer une montée en puissance des exportations.

Passer de la sous-traitance à la coproduction

Au-delà du solaire, Nizar Yaïche défend une refonte plus large des relations industrielles entre la Tunisie et l’Europe. Il plaide pour la complémentarité et la coproduction, plutôt que pour un modèle dans lequel les entreprises tunisiennes interviennent principalement comme sous-traitantes dans des chaînes de valeur conçues ailleurs.

Cette évolution suppose de construire des projets communs qui tiennent compte des capacités, des besoins et des intérêts de chaque partenaire. Elle implique également une approche différenciée, adaptée aux écarts de taille économique et industrielle entre la Tunisie et l’Union européenne, dans le respect de la souveraineté de chacun.

Le financement constitue un autre enjeu central. Nizar Yaïche préconise des mécanismes qui n’alourdissent ni la dette publique ni l’endettement des entreprises, mais renforcent leurs fonds propres, leur capacité d’investissement et leur solidité financière.

Il évoque notamment la création de sociétés de projet dédiées et le recours à des contrats d’achat d’électricité à long terme. Ces mécanismes permettraient, selon lui, de structurer le financement sans exercer de pression supplémentaire sur les finances publiques ou les banques nationales. Leur mise en œuvre nécessiterait toutefois des négociations approfondies et une répartition claire des risques entre les partenaires.

Plus largement, il appelle à évaluer les projets à l’aune de leur capacité à transformer l’économie, et pas seulement du nombre d’emplois annoncés ou des montants investis. L’énergie, les compétences, l’innovation et les chaînes de valeur doivent ainsi s’inscrire dans une même stratégie industrielle.

Un partenariat à construire sur le long terme

La concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité de la Tunisie et de ses partenaires européens à dépasser les mécanismes habituels de financement et de coopération. Elle nécessitera une coordination étroite entre les infrastructures énergétiques, les politiques industrielles, le développement des compétences et les objectifs de création de valeur.

Le prochain cycle budgétaire européen, à partir de 2028, représente à cet égard une échéance importante pour défendre de nouveaux projets et inscrire la coopération tuniso-européenne dans la durée.

À travers cette proposition solaire, Nizar Yaïche défend une ambition qui dépasse les exportations d’électricité : faire de la Tunisie non plus seulement une base de production pour les entreprises européennes, mais un partenaire contribuant à la sécurité énergétique, à l’innovation et au développement de nouvelles chaînes de valeur industrielles.

 

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Le FMI prévoit une contraction de 1,3 % au Moyen-Orient et l’Afrique du Nord 

Le Fonds monétaire international (FMI) annonce une baisse de 1,3 % de la production économique au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Pakistan (MOANAP) en 2026, sous l’effet des perturbations dues à la guerre contre l’Iran.

Le Fonds prévoit une contraction de 1,3 % en 2026 de l’activité économique au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Pakistan (MOANAP), ce qui marque un net retournement par rapport à 2025, année durant laquelle la région avait enregistré une croissance de 3,3 %. Le FMI anticipe toutefois un rebond à 6,6 % en 2027, à condition que le conflit s’apaise au début de l’année et que les échanges commerciaux retrouvent progressivement leur normalité.

Présentant ces perspectives lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale de l’institution, a souligné que le choc économique variait considérablement d’un pays à l’autre. Les économies directement touchées par la guerre subissent les pressions les plus fortes, tandis que plusieurs pays importateurs de pétrole ont jusqu’ici fait preuve d’une meilleure résistance.

Contrairement aux précédentes crises énergétiques, qui avaient généralement favorisé les économies exportatrices d’hydrocarbures grâce à la hausse des prix, le conflit actuel pénalise également les producteurs du Golfe. Les perturbations de la production et la fermeture du détroit d’Ormuz ont réduit les volumes disponibles à l’exportation et désorganisé les chaînes d’approvisionnement.

Les excédents budgétaires accumulés avant la guerre, le recours à des itinéraires maritimes alternatifs, les ajustements de la demande et le prélèvement sur les stocks ont jusqu’ici amorti une partie du choc. Mais ces mécanismes de protection s’amenuisent. La diminution des réserves disponibles et la réduction des capacités de production inutilisées exposent désormais les marchés à de nouvelles flambées des prix en cas de perturbation supplémentaire. Même dans l’hypothèse d’une reprise en 2027, la production des pays exportateurs directement affectés pourrait rester inférieure aux niveaux envisagés avant le conflit, prévient le FMI.

Les importateurs résistent, mais restent vulnérables

Les économies importatrices de pétrole de la région ont globalement mieux résisté aux premières conséquences de la crise. Leur situation demeure néanmoins exposée à la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, aux coûts du transport et aux incertitudes financières internationales. Pour ces pays, le renchérissement des importations peut alourdir la facture énergétique, accentuer les tensions inflationnistes et compliquer la gestion des finances publiques. Les économies dépendantes des transferts de leurs ressortissants à l’étranger, du tourisme ou des financements extérieurs restent également sensibles à une dégradation prolongée de la conjoncture régionale.

Face à ces risques, Jihad Azour recommande aux gouvernements de préserver la stabilité des prix, de reconstituer des marges de manœuvre budgétaires et de renforcer leur capacité à absorber de futurs chocs. L’indépendance des banques centrales et les réformes structurelles destinées à stimuler la productivité et l’emploi figurent également parmi les priorités.

L’Asie centrale sur une trajectoire différente

Le FMI distingue la situation du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord de celle du Caucase et de l’Asie centrale. Pour ce dernier ensemble, l’institution de Bretton Woods prévoit une croissance de 5,2 % en 2026, puis de 5 % en 2027, après 6,2 % en 2025. L’inflation devrait continuer à ralentir, malgré des niveaux encore élevés dans certaines économies.

L’ampleur de la contraction attendue dans la région Moyen-Orient–Afrique du Nord–Pakistan dépendra donc directement de la durée du conflit, de la reprise de la production énergétique et de la réouverture des routes commerciales. Le rebond prévu en 2027 reste conditionnel : une nouvelle perturbation des infrastructures ou des échanges pourrait compromettre la reprise et prolonger les tensions sur les prix et les finances publiques.

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