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PLF 2027 : un besoin de financement de 28,1 milliards de dinars

Le projet de budget de l’État pour 2027 met en lumière un déséquilibre budgétaire persistant et une forte dépendance à l’endettement. Avec un besoin de financement de 28,122 milliards de dinars, principalement couvert par l’emprunt intérieur, la pression sur le système financier tunisien devrait rester élevée, ce qui risque de limiter les ressources disponibles pour soutenir l’économie réelle.

Les grandes lignes du projet de loi de finances (PLF 2027) montrent une trajectoire budgétaire particulièrement contraignante. En raison de l’insuffisance des recettes par rapport aux dépenses, du poids du déficit et des échéances de remboursement de la dette, l’État devra mobiliser d’importantes ressources pour maintenir l’équilibre de sa trésorerie.

Le budget prévoit des recettes totales de 54,280 milliards de dinars, contre des dépenses de 68,895 milliards de dinars. L’écart entre ces deux agrégats révèle un déficit budgétaire de 14,615 milliards de dinars, soit environ 8,5 % à 9 % du PIB estimé. Les recettes fiscales, évaluées à 49,6 milliards de dinars, constituent la principale source de financement du budget. Cependant, malgré leur poids, elles ne suffisent pas à couvrir les dépenses de l’État, notamment celles liées au fonctionnement, aux transferts et à l’investissement. Cette situation illustre un déséquilibre structurel qui limite les marges de manœuvre budgétaires et entraîne un recours accru à l’endettement.

Besoin de financement du Trésor

Au-delà du déficit budgétaire, le principal défi réside dans le besoin de financement du Trésor, estimé à 28,122 milliards de dinars. Ce montant représente près du double du déficit affiché et constitue un révélateur des contraintes financières auxquelles l’État sera confronté en 2027. Cette différence s’explique notamment par le remboursement du capital des emprunts arrivant à échéance. Autrement dit, les ressources à mobiliser ne serviront pas uniquement à couvrir le déficit de l’exercice, mais également à honorer les engagements financiers contractés au cours des années précédentes.

La gestion de la dette devient ainsi un enjeu central de la politique budgétaire. Une part significative des financements recherchés sera allouée au refinancement des échéances, ce qui réduit la capacité de l’État à diriger davantage de ressources vers de nouveaux projets et des investissements productifs.

Dépendance marquée aux ressources intérieures

La structure prévisionnelle du financement révèle une dépendance marquée aux ressources intérieures. Sur les 28,122 milliards de dinars nécessaires, l’emprunt intérieur devrait représenter 19,845 milliards de dinars, soit environ 70,5 % du besoin total. Cette orientation place le système bancaire et l’épargne nationale au cœur du financement de l’État. Bien qu’elle permette de mobiliser des ressources sur le marché domestique, elle soulève également des questions sur la disponibilité du crédit pour les entreprises et les ménages.

En effet, lorsque les besoins de financement publics absorbent une part importante des ressources bancaires, les entreprises privées peuvent rencontrer davantage de difficultés pour accéder au crédit ou en supporter un coût plus élevé. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet d’éviction, constitue un risque pour l’investissement privé, la création d’emplois et la croissance économique.

L’emprunt extérieur est estimé à 6,877 milliards de dinars, soit environ 24,4 % du besoin de financement total. Ce montant reste nettement inférieur à celui prévu pour l’endettement intérieur. Cette répartition souligne le rôle déterminant du marché domestique dans la couverture des besoins de l’État et met en exergue l’importance des conditions d’accès aux financements extérieurs, qu’ils proviennent des marchés internationaux ou de partenaires bilatéraux et multilatéraux. La mobilisation effective de ces ressources dépendra notamment des conditions financières, des accords conclus et du calendrier de décaissement.

À ces deux principales sources s’ajoutent 1,4 milliard de dinars de ressources de trésorerie, représentant près de 5 % du besoin global. Cette contribution demeure limitée par rapport aux montants à mobiliser et offre une marge de manœuvre relativement réduite pour faire face aux tensions de liquidité en cours d’année.

En définitive, le PLF 2027 met en lumière une double contrainte : financer le déficit courant et assurer le remboursement des dettes arrivant à échéance. Avec un besoin de financement de 28,122 milliards de dinars, l’enjeu ne se limite pas à la soutenabilité des comptes publics. Il concerne également la capacité du système financier à répondre simultanément aux besoins de l’État et à ceux du secteur productif.

La forte sollicitation du marché intérieur pourrait accentuer les arbitrages entre financement public et crédit à l’économie, tandis que les ressources extérieures et les réserves de trésorerie restent déterminantes pour diversifier les sources de financement. La question centrale sera donc celle de la soutenabilité de cette trajectoire : comment couvrir les besoins de financement de l’État tout en préservant les capacités de crédit, l’investissement privé et les perspectives de croissance ?

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Stockage d’électricité : la batterie, nouvelle infrastructure stratégique de l’industrie tunisienne

Quand le courant saute, c’est toute la chaîne qui s’arrête. Après les coupures de l’été, Sadok Besbes, président du groupement professionnel des Énergies Renouvelables à CONECT Tunisie appelle à un changement de logique : passer du simple « secours en cas de coupure » à la résilience énergétique, avec le duo photovoltaïque et batteries comme pivot. À condition que le cadre réglementaire et fiscal suive.

Pour éviter que les coupures d’électricité vécues durant l’été ne se reproduisent, notamment dans le secteur industriel, le stockage d’électricité doit désormais être considéré comme une composante stratégique de la sécurité énergétique.

Pour l’industrie, les coupures ne représentent pas seulement une interruption de l’alimentation électrique : elles peuvent provoquer l’arrêt des chaînes de production, la détérioration de produits, des pertes de matière première, des redémarrages coûteux et une baisse importante de la productivité. Le développement de solutions photovoltaïque + batteries de stockage peut apporter une réponse concrète. L’énergie solaire produite durant la journée peut être stockée et utilisée lors des coupures ou pendant les périodes de pointe.

Pour les industries sensibles, des systèmes correctement dimensionnés peuvent assurer la continuité des équipements essentiels pendant plusieurs heures, en complément, si nécessaire, des moyens de secours traditionnels. Mais le stockage ne doit pas être considéré uniquement comme une solution de secours. Il permet également à l’industriel de maximiser son autoconsommation photovoltaïque, réduire sa puissance appelée, gérer les pics de consommation et optimiser sa facture énergétique. À terme, les batteries industrielles pourront également participer à la flexibilité du réseau électrique.

Pour accélérer leur déploiement, il est nécessaire, d’après Sadok Besbes de mettre en place un cadre réglementaire et tarifaire adapté au stockage, avec notamment une clarification du statut des batteries, des règles de raccordement et une fiscalité qui ne pénalise pas les projets. Des mécanismes d’incitation pourraient également être envisagés pour les industries stratégiques ou fortement exposées aux interruptions.

La Tunisie doit donc passer progressivement d’une logique de « secours en cas de coupure » à une logique de résilience énergétique. Le photovoltaïque, le stockage et la gestion intelligente de la consommation doivent devenir des outils complémentaires au renforcement du réseau et des capacités de production.

Pour l’industrie tunisienne, la batterie ne doit plus être considérée comme un simple équipement de secours, mais comme une véritable infrastructure énergétique stratégique.

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L’Ordre national des avocats appelle à participer à la marche nationale du 17 octobre 2026

Le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie participe largement à la marche nationale organisée demain, le 17 octobre 2026, à partir de 11 heures du matin, devant la Cour de l’UGTT. Et ce, en coordination avec les organisations qui ont annoncé, le 3 septembre dernier, des principes clairs.C’est ce qu’a révélé le bâtonnier Boubaker Bethabet via une vidéo diffusée sur sa page fb.  

Il part du constat que ce sont des principes dont la profession d’avocat est fière d’avoir toujours été en première ligne pour les défendre : des principes qui unissent et ne divisent pas, qui rassemblent et ne séparent pas. Ils défendent l’État de droit, l’indépendance de la justice et le respect des droits du citoyen dans leur globalité, droits politiques, économiques et sociaux; ainsi que leur exercice effectif, dans le cadre d’un engagement des autorités à les respecter et à veiller à leur protection.

Il a rappelé également que les avocats ont exprimé leur choix de réformer la profession et ses institutions et de faire aboutir ses revendications légitimes, selon une méthode fondée sur le dialogue et le respect des principes de la profession. Et notamment la défense de l’indépendance de la justice et des éléments essentiels d’un procès équitable, afin de préserver les droits de tous.

Cependant, cet effort de la profession d’avocat tunisienne s’est heurté à un refus du dialogue, à des tentatives de porter atteinte à son unité, ainsi qu’à des campagnes de dénigrement et d’incitation contre les avocates et les avocats, à chaque occasion, dans le but de porter atteinte à leur réputation et à l’estime qu’ils suscitent au sein de la société.

Cette situation n’est pas vécue uniquement par la profession d’avocat tunisienne : la plupart des secteurs la vivent également dans leurs luttes pour des revendications légitimes. Aujourd’hui, les efforts de la société civile s’unissent pour défendre le droit de la société à vivre dans la dignité et son droit au travail, dans la liberté garantie par la Constitution, les conventions internationales et les lois en vigueur, poursuit le bâtonnier.

Il convient de noter que cette marche vise à défendre tous ces principes, les droits de la société et les valeurs de la République, sous les drapeaux et les couleurs du drapeau tunisien uniquement et sous le slogan central : “Travail, liberté, dignité”.

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