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Bassem Loukil placé en détention

Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier aurait ordonné, dans la soirée de mercredi 14 octobre, le placement en détention de l’homme d’affaires Bassem Loukil, soupçonné de « blanchiment d’argent, corruption financière et infractions à la réglementation des changes ». C’est ce que rapporte un confrère de la place, qui ajoute que « l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie s’inquiète de cette décision et appelle à la révision du mandat de dépôt ».

Président directeur général du groupe Loukil et ancien représentant de la marque Citroën en Tunisie, Bassem Loukil a été placé en détention à l’issue de son « interrogatoire par le juge d’instruction ». L’enquête porte notamment sur des soupçons d’entente en vue de blanchir de l’argent, d’exploitation de fonctions publiques à des fins d’avantages indus et de violations de la législation des changes.

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Dans un communiqué, l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie aurait demandé que l’instruction se poursuive en état de liberté, toujours selon la même source. Il met en garde contre les conséquences économiques et sociales de telles procédures, qui peuvent affecter les entreprises, les salariés et les partenaires commerciaux avant même qu’un jugement définitif ne soit rendu.

L’Observatoire insiste sur le respect de la présomption d’innocence, la précision des accusations et l’individualisation des responsabilités. Il dénonce également le risque d’ »instrumentalisation des affaires économiques à des fins de pression politique », tout en rappelant que « les faits de corruption ou de blanchiment avérés doivent être sanctionnés par une justice indépendante et dans le cadre d’un procès équitable ».

L’Observatoire appelle ainsi à la révision de la décision de détention et au respect des droits de la défense. « À ce stade, Bassem Loukil reste présumé innocent : le mandat de dépôt constitue une mesure de détention préventive et non une condamnation ».

Affaire à suive.

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L’ancien patron MENA de la Banque mondiale, Ferid Belhaj, rejoint le think tank washingtonien MEI

Ferid Belhaj, qui a dirigé de 2018 à 2024 les opérations de la Banque mondiale dans la région MENA, vient de rejoindre le Middle East Institute (MEI). A savoir un centre de réflexion basé à Washington. Il y intervient en qualité de Senior Fellow.

Les travaux de Ferid Belhaj porteront sur l’économie, la gouvernance, les réformes institutionnelles et les capacités de l’État, ainsi que sur les enjeux géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Cette nomination prolonge un parcours construit entre institutions internationales et centres de recherche consacrés aux politiques publiques de la région.

Vingt-huit ans à la Banque mondiale

Un peu d’histoire tout d’abord. Ferid Belhaj entre à la Banque mondiale en 1996 comme conseiller juridique principal. Il y occupera ensuite de nombreuses fonctions de responsabilité : direction des activités de l’institution dans le Pacifique, représentation auprès des Nations unies à New York, supervision des opérations au Maroc.

De 2012 à 2017, il pilote l’action de la Banque au Moyen-Orient, couvrant notamment le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et l’Iran. Il est alors impliqué dans les initiatives d’appui aux pays touchés par les conflits, dans la réponse à la crise des réfugiés syriens et dans les efforts de reconstruction.

Il devient ensuite chef de cabinet du président du Groupe de la Banque mondiale, avant d’être nommé vice-président pour la région MENA, poste qu’il occupe jusqu’en 2024.

Une expertise au service de l’analyse régionale

Au MEI, Ferid Belhaj intègre un environnement de recherche dédié à l’étude des politiques et des mutations du Moyen-Orient. Ses analyses se concentreront sur les questions économiques, les réformes de l’État et les recompositions géopolitiques de la région.

Il est par ailleurs Senior Fellow au Policy Center for the New South, think tank basé au Maroc, et professeur associé à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Ces engagements illustrent la poursuite de son activité dans la recherche et l’analyse depuis son départ de la Banque mondiale.

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Coficab : le groupe Elloumi investit 17 M€ au Portugal

Le groupe tunisien Elloumi poursuit son expansion internationale avec un investissement de 17 millions d’euros (M€) dans une troisième usine de sa filiale Coficab à Guarda, au centre du Portugal. Prévue pour entrer en production en 2028, cette nouvelle unité sera dédiée à la transformation du cuivre et renforcera les capacités industrielles du groupe tunisien.

Au-delà de l’automobile, Coficab entend conquérir de nouveaux marchés, notamment les énergies renouvelables, la robotique, l’automatisation industrielle et les centres de données.

Cette expansion s’inscrit dans une dynamique de croissance : Coficab Portugal prévoit un chiffre d’affaires de 547 millions d’euros en 2026, contre 435 millions en 2025, soit une progression attendue de 26 %. Un nouveau cap pour le groupe tunisien, qui consolide ainsi son empreinte industrielle à l’international.

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Viande rouge : aïe, bientôt 80 dinars le kilo ?!

Déjà autour de 60 dinars le kilo, l’agneau pourrait atteindre 80 dinars à l’approche du Ramadan (en février). Une perspective alarmante pour les ménages tunisiens, dont le pouvoir d’achat est déjà fortement érodé.

La filière des viandes rouges traverse une crise profonde, marquée par la pénurie, le recul de la production locale et la hausse des coûts de l’élevage. D’ailleurs, Yahia Nasr, président de la Chambre nationale des bouchers, juge la situation « très critique » et appelle à renforcer rapidement l’approvisionnement du marché en viandes réfrigérées.

La viande bovine n’est pas épargnée : le kilo se vend entre 45 et 50 dinars chez les bouchers. Pour éviter une nouvelle flambée, le responsable préconise notamment l’importation de 3 000 à 4 000 veaux destinés à l’abattage avant Ramadan, une opération qui exige d’anticiper les délais de quarantaine sanitaire.

De son côté, Amor Ben Amor, président de la commission de l’agriculture et de la sécurité alimentaire à l’ARP, réclame un recensement du cheptel et des mesures pour soutenir les éleveurs, confrontés à la sécheresse, au coût élevé des aliments pour bétail et aux pénuries de médicaments vétérinaires. Il alerte également sur les risques liés aux médicaments de contrebande et à l’abattage clandestin.

Entre urgence d’approvisionnement et réformes structurelles, le défi est immense. À l’approche du Ramadan, une nouvelle hausse des prix ferait peser une charge supplémentaire sur des familles déjà étranglées par le coût de la vie. À 80 dinars le kilo, l’agneau risque de devenir un luxe pour une grande partie des Tunisiens.

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