Lese-Ansicht

Marché tunisien : le TUNINDEX fléchit, les assurances restent en tête

La Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis a publié jeudi 10 septembre 2026 son bulletin officiel . L’indice de référence TUNINDEX a clôturé à 19 090,19 points, en baisse de 0,32% sur la séance, portant sa performance depuis le début de l’année à +41,93%. Le TUNINDEX20, qui regroupe les vingt valeurs les plus liquides, a suivi la même tendance, reculant de 0,32% à 8 340,31 points, avec une hausse annuelle de 39,58%.

Parmi les douze indices sectoriels, celui des Produits Ménagers et de Soin Personnel a enregistré la plus forte baisse journalière avec -1,35%, alors qu’il reste le seul indice sectoriel en territoire négatif sur l’année (-3,40%). Les Biens de Consommation ont cédé 0,91% et l’Agro-alimentaire et Boissons 0,81%. À l’inverse, les indices des Services aux Consommateurs et de Distribution ont progressé chacun de 0,85%, tandis que l’indice des Assurances a gagné 0,26%, portant sa performance annuelle à 54,05%, la meilleure de toutes les catégories suivies.

Sur le marché principal, compartiment A, Tunisie Leasing et Factoring (TLS) s’est distinguée avec une clôture à 36,200 dinars contre un cours de référence de 35,010, une hausse d’environ 3,4% ayant atteint un plus haut de séance à 36,480 dinars. BIAT a terminé à 161,150 dinars contre 159,550 en référence. À l’inverse, la Banque Nationale Agricole (BNA) a clôturé à 21,300 dinars après un cours de référence de 21,440, et Ennakl Automobiles a également reculé. Sur le compartiment fixing, Monoprix a atteint son seuil de réservation à la hausse, sa clôture à 12,200 dinars dépassant le cours de référence de 11,680 dinars, tout comme Tunis Ré, dont le dernier cours de 13,790 dinars a dépassé la référence de 13,200 dinars.

Deux sociétés ont vu leurs titres modifiés à l’occasion d’opérations sur capital. À partir du 10 septembre 2026, les 18 327 705 actions anciennes d’OfficePlast sont négociables droits d’attribution détachés, ces droits étant cotés sous le code PLA26 (ISIN TN5LQNFSME78) au groupe de cotation 32. La société attribuera 3 665 541 actions nouvelles gratuites à raison d’une action nouvelle pour cinq anciennes. Une précédente augmentation de capital, réalisée le 8 septembre 2026, avait déjà admis 3 665 541 actions nouvelles souscrites sur la même ligne que les titres existants. Poulina Group Holding (PGH) est concernée par un mécanisme similaire depuis le 7 septembre 2026 : ses 180 003 600 actions anciennes se négocient droits détachés, sous le code PGH26 (ISIN TNLJGDWBLRV0), avant l’attribution de 9 000 180 actions gratuites à raison d’une action nouvelle pour vingt anciennes.

Le bulletin confirme le maintien de deux suspensions de cotation. Le titre AETECH reste suspendu depuis le 29 janvier 2026, à la demande du Conseil du Marché Financier. La suspension du titre UADH, effective depuis le 25 mars 2026 en application de l’article 68 de la loi n°94-117 du 14 novembre 1994, demeure également en vigueur. La Bourse de Tunis justifie cette dernière mesure par plusieurs manquements constatés chez cette société : non-respect des obligations de publication d’informations financières, absence d’interlocuteurs fiables parmi ses responsables, et défaut d’éléments prouvant une activité réelle. La reprise de la cotation d’UADH reste conditionnée à la régularisation de ces manquements.

Sur le marché hors cote, deux opérations de gré à gré programmées ont été recensées, sans contrepartie. La Société d’Investissement du Groupe STB Sicaf a proposé un bloc de 58 447 titres à 120,000 dinars, représentant 1,49% de son capital, par l’intermédiaire de STB Fin. Techno-Logika SA a de son côté proposé 692 titres à 100,000 dinars, représentant 4,33% de son capital, via Amen Invest. Ces deux offres restent valables jusqu’au 30 septembre et au 2 octobre 2026 respectivement.

Sur le marché obligataire, les Bons du Trésor Assimilables (BTA) et les emprunts d’entreprises cotés au groupe 21 n’ont enregistré aucune variation de cours notable, la plupart des lignes affichant des cours identiques à leur référence, à l’image du BTA 9,89% Juin 2033 ou du BTA 9,90% Décembre 2034, tous deux stables à 100,000%.

L’article Marché tunisien : le TUNINDEX fléchit, les assurances restent en tête est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Fournitures scolaires : le gouvernement resserre les contrôles avant la rentrée

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations indique avoir lancé, jeudi 10 septembre, une campagne nationale de contrôle des circuits de distribution des fournitures scolaires, une initiative qui intervient toutefois alors que la grande majorité des parents ont déjà effectué leurs achats pour la rentrée 2026-2027.

Menée par des équipes conjointes du Commerce, de l’Intérieur et de la Santé, elle vise officiellement à protéger la santé des élèves et à lutter contre les produits non conformes, mais son timing tardif interroge sur son efficacité réelle.

Les contrôles porteront sur l’origine des produits, l’étiquetage obligatoire, les factures d’achat et l’affichage des prix, avec une attention particulière aux fournitures imitant des denrées alimentaires et aux colles contenant des solvants organiques, des produits pourtant interdits depuis longtemps, ce qui pose la question de l’efficacité des contrôles menés en amont, avant leur mise en vente.

Si la campagne devrait donner lieu à des saisies et des poursuites contre les contrevenants, beaucoup de parents s’interrogent sur l’utilité d’un dispositif lancé après coup, une fois les cartables déjà remplis.

L’article Fournitures scolaires : le gouvernement resserre les contrôles avant la rentrée est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tourisme : plus de 5 500 croisiéristes font escale à La Goulette

Un paquebot de croisière transportant environ 5 500 touristes a accosté au port de La Goulette ce jeudi 10 septembre 2026. Pour acheminer les passagers vers les sites culturels et archéologiques de la capitale et de ses environs (Sidi Bou Saïd, Oudhna, Dougga, El Jem), 57 bus touristiques ont été mobilisés.

Cette escale s’inscrit dans un secteur en pleine reprise. Déjà 72 escales ont déjà été enregistrées depuis le début de l’année, avec une projection de 350 000 croisiéristes d’ici la fin de l’exercice. Le ministère du Tourisme vise le cap du million de passagers à l’horizon 2028.

Pour atteindre ces objectifs et étendre l’accueil à d’autres ports tunisiens, le département du Tourisme insiste sur la nécessité de moderniser la flotte de transport et de renforcer les infrastructures portuaires ainsi que les services logistiques.

Oui, vous avez bien lu « renforcer les infrastructures portuaires ». A qui s’adresse-t-il ainsi, à l’Etat ou aux privés?

L’article Tourisme : plus de 5 500 croisiéristes font escale à La Goulette est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Crise de l’eau en Tunisie : Mahdia en tête d’un été sous tension

La Tunisie a traversé cet été une grave crise d’approvisionnement en eau potable. En août 2026 seul, l’Observatoire Tunisien de l’Eau (Watchwater.tn) a comptabilisé 402 signalements liés à des problèmes d’accès à l’eau sur l’ensemble du territoire.

Ces alertes se répartissent ainsi : 361 interruptions et perturbations non annoncées de la distribution, 13 fuites et 4 atteintes à la qualité de l’eau distribuée. Mahdia arrive en tête des régions les plus touchées avec 41 signalements, devant Ben Arous (37), l’Ariana (36), puis Tunis et Sfax, à égalité avec 33 signalements chacune.  Cette situation, aggravée par une pénurie d’eau en bouteille, a nourri un malaise social qui s’est traduit par 24 mouvements de protestation à travers le pays au cours du même mois

L’article Crise de l’eau en Tunisie : Mahdia en tête d’un été sous tension est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Égypte : le rail sous le choc des accidents, les bailleurs sous pression

La répétition des accidents ferroviaires en Égypte ravive les interrogations sur l’efficacité des financements consacrés à la modernisation du réseau. La Banque mondiale a relevé à « élevé » le niveau de risque financier et de gestion associé à un prêt de 421,2 millions de dollars, alors que l’indicateur central de sécurité n’a enregistré aucune amélioration depuis le lancement du projet en 2021.

Les performances du réseau ferroviaire égyptien sont de nouveau au cœur des interrogations, alors que les accidents continuent de se produire malgré les programmes de modernisation financés notamment par des prêts internationaux.

Dans son dernier examen, publié en août 2026, la Banque mondiale a relevé à « élevé » le niveau de risque lié à la gestion financière et au crédit d’un projet destiné à améliorer la sécurité des chemins de fer égyptiens. Cette décision intervient après le constat que l’indicateur principal de sécurité n’avait pas progressé à la fin de 2025.

Lancé en août 2021, ledit projet porte entre autres sur la modernisation de la signalisation, l’amélioration de la gestion des actifs ferroviaires, le renforcement des dispositifs de sécurité et le développement des capacités de l’Autorité nationale des chemins de fer égyptiens.

Un indicateur de sécurité toujours inchangé

L’un des principaux objectifs du programme était de réduire le risque de décès et de blessures graves sur le réseau. Or, l’indicateur mesurant ce risque est resté à 0,56 décès ou blessures graves par milliard de voyageurs-kilomètres, soit exactement son niveau de référence avant le lancement du projet. L’objectif fixé est de ramener cet indicateur à 0,44 d’ici mars 2027. Mais la dernière évaluation montre qu’à fin décembre 2025, aucune amélioration n’avait encore été enregistrée.

Le projet concerne notamment un axe ferroviaire de 763 kilomètres reliant Alexandrie, Le Caire et Nagaa Hammadi, dans le sud du pays. Certaines avancées sont toutefois enregistrées. Le taux de ponctualité des trains est passé de 75 % à 90 % en décembre 2025, dépassant l’objectif fixé. La mise en œuvre du système de gestion de la sécurité a également atteint 81 %, contre un objectif de 80 %. Mais ces progrès opérationnels ne se sont pas encore traduits par une baisse mesurable du principal indicateur de risque pour les passagers.

Le volet financier constitue une autre source de préoccupation. Le montant du prêt, après révision, atteint 421,2 millions de dollars, mais seulement 200,82 millions de dollars, soit 47,68 %, avaient été décaissés au moment de la dernière évaluation. Il reste donc 220,38 millions de dollars à mobiliser. Le projet doit actuellement arriver à échéance le 30 septembre 2027, ce qui réduit la marge de manœuvre pour utiliser la totalité des fonds dans les délais impartis. La Banque mondiale estime néanmoins que les objectifs de développement restent réalisables, malgré les retards accumulés.

Une succession d’accidents

Ces difficultés prennent une dimension particulière au regard des accidents enregistrés sur les lignes concernées depuis le lancement du projet. Les incidents recensés ces dernières années comprennent des collisions, des accidents impliquant des piétons et plusieurs déraillements de trains ou de wagons de marchandises. En octobre 2024, la collision entre une locomotive et l’arrière d’un train-couchettes entre Abou Qorqas et Minya avait notamment provoqué la chute de plusieurs éléments du train dans le canal d’Ibrahimiyah et fait trois morts.

Les incidents se sont poursuivis en 2025 avec plusieurs sorties de voie de wagons de marchandises et de trains de voyageurs. En 2026, des accidents impliquant des piétons ainsi que de nouveaux incidents ferroviaires ont encore été signalés dans plusieurs gouvernorats, notamment à Beni Souef, Sohag, Qena et Minya. Ces événements ne constituent pas, à eux seuls, une statistique exhaustive de l’ensemble des accidents du réseau. Ils illustrent néanmoins la persistance de risques que le programme financé par la Banque mondiale devait précisément contribuer à réduire.

Les statistiques officielles égyptiennes confirment par ailleurs que les accidents de véhicules et de trains font l’objet d’un suivi annuel par l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS).

L’article Égypte : le rail sous le choc des accidents, les bailleurs sous pression est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

TRIBUNE – Du slogan à l’ingénierie d’exécution : comment rendre le travail arabe commun vraiment opérationnel ?

Lors de son audience accordée au nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes, le président de la République a souligné « l’importance de renforcer le travail arabe commun et de consolider la coopération selon de nouvelles conceptualisations et des approches novatrices ». Ces mots résonnent juste. Mais ils posent immédiatement une question que la diplomatie arabe a trop longtemps esquivée : comment passe-t-on des « approches novatrices » à des réalisations mesurables ? La réponse n’est pas diplomatique. Elle est industrielle, technologique et financière.

 

La fin de l’ère des déclarations d’intention

Le modèle traditionnel de l’intégration régionale arabe a atteint ses limites opérationnelles. Les sommets se succèdent, les communiqués s’accumulent – et le commerce intra-arabe reste l’un des plus faibles au monde, oscillant autour de 10 à 15% des échanges totaux des pays membres, contre 60% pour l’Union européenne.

On objectera que ce déficit n’est pas technique mais politique, que les divisions entre États arabes, les rivalités régionales et les divergences idéologiques constituent le véritable obstacle, et qu’aucune ingénierie bancaire ou réglementaire ne peut suppléer à une volonté politique absente. Cette objection est partiellement juste. Mais elle conduit à une impasse : si l’on attend le consensus politique préalable pour engager l’intégration économique, on attendra indéfiniment. L’expérience européenne enseigne précisément que c’est l’intégration économique progressive, sectorielle et technique qui a créé les conditions d’un rapprochement politique, pas l’inverse. Les intérêts économiques convergents finissent par produire la volonté politique que les discours ne parviennent pas à susciter.

Ce n’est donc pas un déficit de bonne volonté qu’il faut diagnostiquer en premier. C’est un déficit d’ingénierie d’exécution, et c’est précisément celui-là qu’il est possible de traiter sans attendre un grand soir politique improbable.

 

Premier levier : l’interopérabilité bancaire et la souveraineté des données

Le commerce intra-arabe souffre d’un paradoxe structurel : des pays géographiquement voisins paient leurs échanges commerciaux en passant par des circuits financiers externes – en dollars, via des correspondants bancaires new-yorkais ou londoniens. Chaque transaction intra-arabe supporte ainsi des coûts de friction et des délais qui n’existent pas dans les zones d’intégration économique matures.

Certains argueront que la souveraineté des données est un luxe que des économies sous pression financière ne peuvent pas se permettre, que les priorités immédiates sont le service de la dette, l’équilibre budgétaire et la stabilité macroéconomique. Cet argument inverse la logique causale. Ce n’est pas parce qu’on est sous pression financière qu’on peut se permettre de confier ses données stratégiques à des infrastructures extérieures, c’est dans ces conditions de vulnérabilité que la dépendance technologique devient le plus coûteuse. Un État qui ne maîtrise pas ses données de paiement, ses registres fiscaux ou ses données industrielles dépend structurellement des acteurs qui les hébergent pour les décisions qui engagent sa souveraineté économique. La souveraineté des données n’est pas un luxe de pays riches, c’est une condition de négociation pour les pays qui ne le sont pas encore.

Développer des standards régionaux de compensation et de règlement transfrontaliers, construire des capacités de calcul et de stockage hébergées dans la région, développer des modèles d’intelligence artificielle entraînés sur des corpus arabes, tout cela n’exige pas d’attendre une hypothétique union politique. Cela exige des décisions techniques et des engagements financiers sectoriels que plusieurs pays arabes ont déjà les moyens d’assumer individuellement, et qui deviendraient exponentiellement plus puissants s’ils étaient mutualisés.

Deuxième levier : les corridors économiques comme ossature industrielle

La valorisation du Corridor Transsaharien illustre parfaitement la différence entre une vision géopolitique et une capacité d’exécution. Depuis que les travaux ont démarré à Adrar en juin 2026, la carte énergétique de la région se redessine.

 

Lire aussi : Train Tunis-Alger-Casablanca : la BAD relance le projet à 4 milliards de dollars, mais…

 

On fera remarquer, avec raison, que le tracé physique du TSGP ne passe pas par la Tunisie – que l’Algérie est l’opérateur, le Maroc le concurrent, et que la Tunisie observe depuis les coulisses une recomposition énergétique qui se structure sans elle. Cette observation est exacte. Elle est même le cœur du problème. Mais elle conduit à deux conclusions opposées : soit la Tunisie constate son absence et s’y résigne, soit elle comprend que les corridors physiques créent autour d’eux des besoins de services que le tracé géographique ne détermine pas. La certification carbone des flux énergétiques, la cybersécurité des infrastructures critiques, la maintenance prédictive des réseaux de transport, la traçabilité des données de production – ces segments à haute valeur ajoutée ne sont pas réservés aux pays traversés par le tuyau. Ils sont accessibles à ceux qui maîtrisent les compétences pour les fournir. Ce n’est pas le tracé du corridor qui détermine qui capte la valeur intellectuelle et technologique qu’il génère. C’est la capacité d’exécution.

La Tunisie peut devenir le pivot de certification et de services technologiques pour les corridors régionaux – à condition de cesser de penser sa position en termes de géographie physique et de commencer à la penser en termes de géographie des compétences.

 

Troisième levier : l’harmonisation réglementaire par les bacs à sable

L’une des entraves les plus concrètes à l’intégration économique arabe est la fragmentation réglementaire. Une fintech tunisienne qui veut opérer en Jordanie, un ingénieur logiciel saoudien qui veut déposer un brevet en Égypte, une startup marocaine qui veut lever des fonds aux Émirats — tous font face à des environnements juridiques hétérogènes qui découragent l’investissement transfrontalier.

On objectera que des bacs à sable réglementaires nationaux existent déjà dans plusieurs pays arabes – aux Émirats, à Bahreïn, en Arabie saoudite – et que leur existence n’a pas suffi à produire une intégration régionale. C’est vrai. Mais des bacs à sable nationaux juxtaposés ne constituent pas un bac à sable régional – de même que des marchés boursiers nationaux interconnectés ne constituent pas une union des marchés de capitaux. La différence n’est pas quantitative mais qualitative : un espace d’expérimentation véritablement régional permet à une entreprise de tester une solution sur plusieurs marchés simultanément avec un cadre juridique unifié, ce qu’aucune juxtaposition de dispositifs nationaux ne permet. C’est précisément cette couche d’interopérabilité réglementaire qui manque – et que ni les Émirats ni l’Arabie Saoudite ne peuvent créer seuls, parce qu’elle suppose un accord multilatéral que seule une institution régionale comme la Ligue arabe peut porter.

 

La Tunisie : de membre à concepteur

On pourra enfin soulever une objection de fond : la Tunisie est sous pression financière, sous tension diplomatique avec certains partenaires européens, et en position de demandeur vis-à-vis de ses créanciers internationaux. Dans ces conditions, prétendre jouer un rôle de « concepteur » d’une architecture régionale arabe relève-t-il du réalisme ou de l’illusion ?

La question est légitime. Mais elle repose sur une confusion entre puissance financière et puissance intellectuelle. La Tunisie ne prétend pas financer l’intégration arabe – elle n’en a pas les moyens. Elle prétend en concevoir certaines architectures – et pour cela, ses moyens sont réels. Son capital humain en ingénierie des systèmes, en droit bancaire international, en cybersécurité et en transformation digitale constitue un actif que peu de pays arabes possèdent à cette échelle relative. La Belgique n’est pas la plus grande puissance économique de l’Union européenne – elle en abrite néanmoins les institutions centrales, précisément parce que la capacité institutionnelle ne se réduit pas à la taille de l’économie.

La Tunisie peut jouer ce rôle. Mais elle doit pour cela arriver aux tables de négociation avec des propositions techniques précises – pas avec des déclarations générales sur « l’importance de la coopération arabe ».

 

Ce que « novatrices » doit vraiment vouloir dire

La réussite des « nouvelles conceptualisations » souhaitées par le président de la République ne se mesurera ni au nombre de sommets organisés ni à la longueur des communiqués officiels. Elle s’évaluera à la capacité des États membres à exécuter des projets structurants, à retenir leurs talents et à garantir leur indépendance décisionnelle.

L’intégration arabe a produit suffisamment de textes fondateurs, de chartes ambitieuses et de déclarations solennelles. Ce dont elle manque, ce n’est pas un nouveau slogan, c’est une première réalisation concrète qui prouve que le passage à l’acte est possible. Un système de règlement transfrontalier qui fonctionne. Un bac à sable réglementaire qui accueille effectivement des startups de trois pays différents. Un centre de données souverain qui héberge effectivement des administrations de plusieurs États membres.

Une seule réalisation concrète vaut plus que dix déclarations d’intention. C’est à ce prix que le travail arabe commun cessera d’être une rhétorique pour devenir un véritable actif stratégique.

Et ce prix a un nom : l’ingénierie d’exécution. Pas les approches novatrices – les réalisations mesurables.

L’article TRIBUNE – Du slogan à l’ingénierie d’exécution : comment rendre le travail arabe commun vraiment opérationnel ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Maître artisan de la mémoire musicale tunisienne, Ismaïl Nsir, tire sa révérence 

Le ministère des Affaires culturelles a annoncé dans un poste FB, jeudi 10 septembre 2026, le décès d’Ismaïl Nsir, dont il « déplore avec une grande tristesse et une profonde douleur » la perte. Il s’agit d’une figure incontournable de la fabrication et de la restauration d’instruments de musique et de phonographes anciens.

Expert rattaché au Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Saïd, Ismaïl Nsir a consacré sa carrière à la sauvegarde du patrimoine sonore et artisanal de la Tunisie. À la croisée de la lutherie, de la mécanique ancienne et de la préservation historique, son savoir-faire rare faisait de lui une référence du secteur.

A cet égard, le département des Affaires culturelles assure que le « défunt était considéré comme l’un des plus grands spécialistes dans son domaine, s’étant illustré par une contribution professionnelle et artistique remarquable et exemplaire ».

Que Dieu l’accueille dans son Infinie Miséricorde!

L’article Maître artisan de la mémoire musicale tunisienne, Ismaïl Nsir, tire sa révérence  est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

BCE : hausse des taux face au choc énergétique, la Tunisie sous pression

Pour contrer les pressions inflationnistes mondiales alimentées par le conflit au Moyen-Orient, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 10 septembre, de relever ses trois taux directeurs de 25 points de base.

Ainsi, à compter du 16 septembre 2026, le taux de dépôt passera à 2,50 %, le refinancement à 2,65 % et la facilité de prêt marginal à 2,90 %. Un durcissement de la politique de la BCE qui risque d’alourdir encore la facture énergétique et le coût de la dette pour des pays vulnérables comme la Tunisie.

Par cette décision, Francfort entend ramener l’inflation vers son objectif de 2 % à moyen terme. Alors que la flambée des prix s’annonce plus longue que prévu à l’échelle internationale, rapporte la presse européenne.

Des prévisions d’inflation revues à la hausse

Dans ses dernières projections, la BCE table sur une inflation moyenne de :

  • 3 % en 2026 (inchangée par rapport aux estimations de juin);

  • 2,5 % en 2027 (revue à la hausse);

  • 2,1 % en 2028 (revue à la hausse).

Hors énergie et alimentation, l’inflation sous-jacente s’établirait à 2,5 % en 2026. Du côté de la croissance en zone euro, les prévisions ont été légèrement rehaussées à 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028, témoignant d’une relative résilience.

Quel impact pour la Tunisie ?

Si cette décision vise l’économie européenne, ses répercussions indirectes risquent de peser lourdement sur la Tunisie :

  • Renchérissement des importations : le choc énergétique mentionné par la BCE alimente directement la hausse des cours des hydrocarbures, creusant le déficit commercial tunisien et accentuant les tensions sur le réseau électrique national.

  • Pression sur l’Euro et le Dinar : le resserrement monétaire européen renforce la monnaie unique, risquant de renchérir les importations tunisiennes libellées en euros et d’alimenter l’inflation importée.

  • Coût du crédit et partenariats : la hausse des taux renchérit les conditions de financement sur les marchés internationaux et pourrait ralentir la demande globale des principaux partenaires commerciaux de la Tunisie (France, Italie, Allemagne).

Lire l’article de feu Tahar El Almi : Ce que la politique monétaire européenne coûte à la Tunisie

Estimant que les risques restent élevés quant aux prix de l’énergie, la BCE a précisé qu’elle maintiendrait une approche au cas par cas pour ses prochaines réunions. Et ce, tout en continuant de réduire la taille de son bilan (arrêt des réinvestissements des programmes APP et PEPP).

L’article BCE : hausse des taux face au choc énergétique, la Tunisie sous pression est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Équipements médicaux : les fournisseurs excédés exigent le paiement de leurs créances

La Chambre syndicale nationale des entreprises des équipements médicaux, relevant de l’UTICA, hausse le ton. Réunis en début de semaine en assemblée générale, les professionnels du secteur exigent l’accélération du recouvrement des créances dues par les établissements publics de santé. Ils réclament aussi la levée sans délai des garanties bancaires en suspens. Des dossiers qui, estiment-ils, s’enlisent depuis trop longtemps.

Lors de cette assemblée, en présence des entreprises adhérentes, le bureau exécutif de la Chambre a passé au crible les travaux de la commission mixte instaurée avec le ministère de la Santé. Il a aussi dressé un état des lieux sans concession de la situation du secteur.

Le constat est alarmant. Les entreprises relevant du secteur des équipements médicaux dénoncent des difficultés financières persistantes. Lesquelles étranglent leur trésorerie et compromettent leur capacité à financer leurs importations et à constituer des stocks suffisants. Conséquence directe et déjà visible : des pénuries d’équipements et de dispositifs médicaux commencent à se faire sentir sur le terrain.

Face à cette situation, la Chambre ne se contente plus de constater : elle exige des solutions concrètes et rapides. Le recouvrement des impayés et la régularisation des situations financières en suspens ne sont plus négociables. Il y va de la survie des entreprises, du respect de leurs engagements et, surtout, de la continuité de l’approvisionnement des structures de santé publiques, martèle-t-elle.

La Chambre réaffirme sa disponibilité au dialogue avec le ministère de la Santé et l’ensemble des parties prenantes. Mais le message est on ne peut plus clair : la coordination ne peut plus servir d’alibi à l’inaction. Sans paiement rapide des créances, c’est la stabilité de tout un secteur stratégique – et l’accès des patients aux équipements de santé – qui est en jeu.

L’article Équipements médicaux : les fournisseurs excédés exigent le paiement de leurs créances est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

UGTT : la grève générale maintenue, la libération des syndicalistes exigée

La Commission administrative nationale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) est décidée à mettre en exécution la grève générale entérinée par le 26ᵉ congrès ordinaire de la centrale syndicale. C’est ce qu’annonce un communiqué publié à l’issue de sa réunion, mercredi 9 septembre 2026.

La Commission administrative de l’UGTT a par ailleurs réclamé la mise en place d’un plan d’urgence de sauvetage économique et social comportant « la protection du pouvoir d’achat, la lutte contre le monopole, la spéculation et la corruption, le soutien aux entreprises et établissements publics ainsi que le sauvetage des secteurs vitaux ». En plus d’une priorité accrue accordée à l’emploi et au développement régional.

L’instance syndicale a également appelé à protéger le système de subvention et des services publics et à garantir ce qu’elle a qualifié de droit des Tunisiens à la santé, à l’éducation, au transport, à l’eau, à l’électricité et à l’emploi.

Lire aussi — Réunion urgente entre la LTDH, l’Ordre des avocats et l’UGTT : vers une grève générale ?

La Commission administrative pointe également la persistance des perturbations touchant des services essentiels — eau, électricité, médicaments et produits de première nécessité — sans oublier la crise durable de l’emploi et du développement.

Sur le plan syndical, la centrale dénonce ce qu’elle qualifie d’atteinte au travail syndical et de ciblage des militants en raison de leur activité et de la défense de leurs mandants, réclamant la libération des personnes détenues à ce titre et l’arrêt des poursuites engagées contre l’ensemble d’entre elles, précise le texte.

Enfin, l’instance administrative se dit solidaire des mouvements de protestation menés par des travailleurs des secteurs des mines, des banques, du transport, du transport des hydrocarbures, de l’environnement, ainsi que de l’enseignement secondaire et de base. Tout en affirmant son soutien de principe aux mobilisations des diplômés et autres chômeurs.

L’article UGTT : la grève générale maintenue, la libération des syndicalistes exigée est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’Algérie veut moderniser ses ports et simplifier l’investissement

L’Algérie engage une nouvelle réorganisation de ses ports commerciaux, avec l’objectif de spécialiser chaque infrastructure dans certains secteurs et de mieux répartir les flux d’importation et d’exportation.

L’Algérie veut revoir en profondeur l’organisation de ses ports commerciaux. Le président Abdelmadjid Tebboune a chargé le gouvernement d’élaborer un dispositif permettant de spécialiser les différents ports dans des activités ou secteurs déterminés, afin de mieux répartir les opérations d’importation et d’exportation et de dynamiser les échanges commerciaux.

La décision a été prise le 9 septembre lors d’une réunion gouvernementale consacrée au secteur de l’investissement, en présence notamment des ministres des Finances, de l’Industrie, du Commerce, de l’Agriculture et du Travail, ainsi que de représentants des Douanes et de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement.

Dans ce nouveau schéma, le port de Mostaganem, dans l’ouest du pays, sera exclusivement dédié aux opérations d’importation réalisées par les entreprises et établissements publics. L’objectif est de répartir plus efficacement l’activité portuaire entre les différentes infrastructures nationales.

Cette idée de spécialisation n’est toutefois pas nouvelle. Elle avait été avancée dès août 2022 par l’ancien ministre des Transports, Abdallah Moundji, dans le cadre d’une réflexion visant à réorganiser le trafic maritime commercial et à répartir les activités entre les ports selon une logique plus équilibrée.

Pour les autorités algériennes, la spécialisation doit notamment permettre de corriger les déséquilibres actuels entre les ports. Certaines infrastructures concentrent une part importante du trafic, tandis que d’autres restent sous-exploitées. Cette situation contribue à la congestion portuaire et entraîne des coûts supplémentaires liés à l’attente prolongée des navires au large.

La réforme vise ainsi à réduire les temps d’attente, améliorer la fluidité des opérations et optimiser les capacités existantes, plutôt que de faire reposer l’amélioration du commerce extérieur uniquement sur la construction de nouvelles infrastructures.

Cette orientation intervient alors que l’Algérie cherche plus largement à renforcer ses infrastructures logistiques et à moderniser la gestion de ses ports. Des mesures précédentes avaient notamment porté sur l’extension des horaires de travail dans plusieurs grands ports commerciaux afin de fonctionner en continu, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Le foncier industriel au cœur de la réforme

La réforme portuaire s’accompagne d’une autre mesure destinée à soutenir l’investissement : le lancement immédiat d’un recensement national du foncier industriel. Le gouvernement veut disposer d’une base de données précise sur les terrains disponibles et ceux déjà affectés à des projets industriels. L’objectif est de mieux connaître les réserves foncières mobilisables et de les intégrer dans une véritable cartographie nationale de l’investissement.

Selon des données présentées au Parlement en avril dernier par l’ancien ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, le portefeuille foncier industriel comptait 1 675 terrains disponibles, représentant une superficie totale supérieure à 3 100 hectares. Parmi eux, 1 427 terrains étaient destinés à l’investissement industriel.

Depuis 2022, la gestion du foncier industriel a été progressivement retirée aux autorités locales au profit de l’Agence nationale du foncier industriel, avec l’ambition de réduire les délais d’accès aux terrains nécessaires à la réalisation des projets.

Le « guichet unique » doit devenir opérationnel

Autre volet de la réforme : l’activation effective du « guichet unique » destiné aux investisseurs. Abdelmadjid Tebboune a demandé sa mise en service effective d’ici à la fin septembre 2026, afin de réduire les procédures administratives et de faciliter la réalisation des projets.

Le président algérien a également ordonné l’accélération de la numérisation des procédures d’investissement, en coordination notamment avec les services fiscaux, les Domaines de l’État et les Douanes.

La digitalisation de l’administration économique constitue depuis plusieurs années l’un des axes majeurs de la politique gouvernementale. Mais sa mise en œuvre a rencontré des résistances. En février 2025, Tebboune avait évoqué l’existence de blocages au sein de certaines administrations et accusé des intérêts financiers de s’opposer à la numérisation de plusieurs services économiques. Une commission d’enquête avait alors été chargée d’identifier les responsables de ces entraves.

Avec la spécialisation des ports, le recensement du foncier industriel et la généralisation du guichet unique, Alger cherche donc à agir simultanément sur trois maillons essentiels de la chaîne économique : la logistique, le foncier et les procédures administratives. L’enjeu est de réduire les coûts et les délais qui pèsent encore sur le commerce extérieur et l’investissement, tout en améliorant l’utilisation des infrastructures existantes.

L’article L’Algérie veut moderniser ses ports et simplifier l’investissement est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

IA : le monde arabe promet encore une fois de « ne plus être spectateur »

À Hammamet, la Ligue arabe a réuni mercredi 9 septembre ses représentants pour la deuxième édition du sommet « L’intelligence artificielle vers l’avenir 2026 ». Au menu : grands discours, bonnes intentions et vocabulaire technocratique bien rodé, mais toujours aucune feuille de route contraignante.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, en visite officielle hors du Caire pour l’occasion, a appelé les organisations arabes à cesser d’être de simples « usagers passifs » de la révolution de l’IA. L’objectif affiché : renforcer les capacités des pays membres, moderniser les mécanismes d’action régionale et préparer la jeunesse arabe aux mutations technologiques. Un programme ambitieux, mais qui reprend presque mot pour mot les priorités énoncées lors de sommets précédents sur le numérique, sans indicateurs de résultats ni calendrier précis.

Côté tunisien, le ton se veut tout aussi volontariste. Le directeur général du CERT, Haider Herragi, s’exprimant au nom du ministre des Technologies de la communication, a qualifié l’intégration de l’IA de « choix souverain » et d’« enjeu national ». Tout en plaidant pour une régulation éthique commune et une coordination des politiques régionales. Des formules qui sonnent juste sur le papier, mais qui peinent à masquer l’absence, à ce jour, d’un cadre juridique tunisien clair sur l’intelligence artificielle. Un vide que plusieurs acteurs du secteur dénoncent depuis des mois.

Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Mohamed Ben Ayed, a quant à lui dressé la liste habituelle des secteurs que l’IA est censée transformer : services publics, éducation, santé, sécurité alimentaire, climat. Une énumération qui a le mérite de couvrir tous les champs possibles, mais qui reste, comme souvent dans ce type de rencontres, plus incantatoire qu’opérationnelle.

Reste la question de fond : pendant que les États-Unis, la Chine et l’Europe investissent massivement dans les infrastructures, les talents et la recherche en IA, le monde arabe continue d’organiser des sommets sur « comment ne pas prendre de retard ». Le risque est réel que ces rencontres, aussi bien intentionnées soient-elles, ne débouchent une fois de plus que sur des déclarations de principe – pendant que le fossé technologique, lui, continue de se creuser.

L’article IA : le monde arabe promet encore une fois de « ne plus être spectateur » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tribune d’Elyes Kasri : « La Tunisie face aux tracés frontaliers imposés par l’accord frontalier de 1970 »

Tribune d’Elyes Kasri — Souveraineté confisquée et brèche doctrinale : la Tunisie face aux tracés frontaliers imposés par l’accord frontalier de 1970.

Il est des silences dans l’histoire officielle qui pèsent plus lourd que les traités eux-mêmes. Au cœur du grand désert saharien, là où les dunes cachent autant de secrets que de richesses, une frontière terrestre a été actée le 16 avril 1970. 

Pour les juristes, c’est le traité de Bir Romane. Pour une frange de plus en plus large de la société tunisienne, c’est le récit d’une blessure intime, d’un abus de faiblesse caractérisé et d’une strangulation géopolitique qui frappe cet accord d’une illégitimité historique et juridique absolue.

1. L’ambiance psychologique de 1970 : une Tunisie assiégée et un Sphinx affaibli 

Cet accord a été signé le 6 janvier 1970 à Tunis par Habib Bourguiba Jr, Ministre des Affaires Etrangères de la République Tunisienne et Abdelaziz Bouteflika, Ministre des Affaires Etrangères de la République Algérienne Démocratique et Populaire. 

Toutefois, pour comprendre le sacrifice de 1970, il faut quitter la froideur des textes juridiques et s’imprégner de l’atmosphère crépusculaire qui règne alors à Tunis. Le pays est psychologiquement exsangue. L’échec dramatique de l’expérience collectiviste d’Ahmed Ben Salah vient de fracturer l’économie et la confiance nationale. Au sommet de l’État, le drame est humain avant d’être politique. 

Le « Combattant Suprême », Habib Bourguiba, n’est plus que l’ombre de lui-même. Épuisé, le corps brisé par de lourdes pathologies vasculaires et des crises dépressives sévères, il vit sous sédation médicale. Confié aux soins de spécialistes mondiaux, dont le célèbre professeur français Jean Bernard et le psychiatre Julian de Ajuriaguerra, le Zaïm subit de lourdes interventions chirurgicales et de longues cures de sommeil. Éloigné du pouvoir, isolé dans une clinique en Suisse pour une interminable convalescence, il laisse derrière lui une Tunisie orpheline, flottant dans l’angoisse généralisée d’une régence provisoire (menée par Bahi Ladgham puis Hédi Nouira) obsédée par la succession.

C’est précisément dans cette faille temporelle, ce moment de vulnérabilité absolue de la nation tunisienne, que l’Algérie de Houari Boumédiène choisit de frapper. 

Parfaitement informés par leurs services de l’état de défaillance physique de Bourguiba, les généraux d’Alger déploient une diplomatie de la terreur. L’Algérie — surarmée, grisée par son armée de libération aguerrie (l’ANP) et un boom pétrolier naissant — orchestre un véritable chantage au chaos.

2. Le reniement du GPRA et l’arme juridique de l’Estoppel 

C’est le reniement total d’une dette historique. Le regretté Doyen Lazhar Bououni avait lui-même mis en lumière ce reniement flagrant d’un précédent accord majeur : celui du 20 juillet 1961, signé solennellement à Tunis avec le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) de Ferhat Abbas. 

Par ce texte, l’Algérie combattante reconnaissait explicitement le bien-fondé des revendications tunisiennes sur la Borne 233 et ses 20 000 km² sahariens. C’était la juste contrepartie du soutien indéfectible, de l’asile et des immenses sacrifices consentis par la Tunisie pour la révolution algérienne (comme à Sakiet Sidi Youssef). 

En foulant aux pieds cet engagement moral et juridique dès l’indépendance, l’Algérie de Boumediene a transformé l’accord de 1970 en un acte de pure spoliation.

C’est ici que l’analyse juridique du Doyen Bououni devient d’une redoutable efficacité technique en invoquant un principe cardinal du droit international public : l’estoppel.

Derrière ce terme se cache une règle d’équité : un État ne peut pas se contredire au détriment d’un autre (l’interdiction de souffler le chaud et le froid). L’application de l’estoppel soulevée par Le Doyen Bououni est ici flagrante :

  1. L’attitude d’origine : en signant l’accord de 1961, le GPRA — qui incarnait légalement la future Algérie souveraine — a officiellement acté la légitimité des revendications tunisiennes.
  2. Le sacrifice de bonne foi : forte de cette promesse, la Tunisie a accepté de payer le prix fort pour la liberté algérienne (bases arrière, accueil de l’ALN, tragédie de Sakiet Sidi Youssef).
  3. Le reniement : en 1970, en usant de la contrainte pour imposer le tracé colonial, l’Algérie a commis une violation frontale de l’estoppel. Elle s’est contredite de mauvaise foi, tirant profit des sacrifices tunisiens avant de refermer le piège une fois l’indépendance acquise. Profitant de la sédation du père de la nation tunisienne, Alger dicte ses termes : ce sera le tracé colonial amputant la Tunisie des richissimes gisements d’hydrocarbures d’El Borma, ou l’instabilité militaire permanente.

3. Le hold-up énergétique d’El Borma et l’amputation du prolongement saharien 

Il convient ici de lever un malentendu géographique majeur pour mesurer l’étendue exacte du préjudice. Si le traité de 1970 n’a pas rayé de la carte l’intégralité de l’espace saharien tunisien (préservant le cœur du Sud tunisien à Tozeur, Kebili ou Tataouine), il a méthodiquement amputé sa profondeur stratégique méridionale et ses gisements d’hydrocarbures capitaux.

Le cœur du litige porte sur un quadrilatère hautement stratégique de près de 20 000 km² : le célèbre « prolongement saharien » ou « Bec de Canard ». Ce territoire s’étend à l’extrême Sud-Ouest, entre Bir Romane, Fort Saint (la borne 220) et surtout la fameuse Borne 233 (Garet El Hamel, située juste au sud de Ghadamès).

L’enjeu n’était pas qu’une simple étendue de sable, mais un véritable hold-up énergétique. En 1959, la découverte du gigantesque gisement d’hydrocarbures d’El Borma change la donne géopolitique. C’est précisément pour s’accaparer cette immense richesse que l’Algérie a tout fait pour repousser la frontière tunisienne vers le Nord. 

En forçant la Tunisie à renoncer à la Borne 233 pour la figer arbitrairement à la Borne 222, Alger a scindé le gisement d’El Borma en deux, confisquant sa plus grande partie. Ce déplacement forcé des lignes a directement privé la Tunisie d’une autonomie énergétique durable et de milliards de dollars de revenus.

4. Le spectre de Tripoli : le piège se referme à l’Est 

Pour noircir encore le tableau psychologique de cette année 1970, un coup de tonnerre retentit à l’Est. Quelques mois plus tôt, le 1er septembre 1969, un jeune capitaine de 27 ans renverse la monarchie libyenne. L’avènement du bouillonnant Mouammar Kadhafi à Tripoli plonge la diplomatie tunisienne dans une terreur panique.

L’atmosphère est électrique. Aux portes de la Tunisie surgit un régime imprévisible, messianique, gorgé de pétrodollars et exalté par un nationalisme arabe agressif. Kadhafi, imprévisible et provocateur, multiplie les coups d’éclat et menace l’équilibre précaire de la sous-région.

La Tunisie se retrouve prise dans une mâchoire géopolitique infernale : à l’Ouest, le colosse militaire algérien qui resserre son étreinte ; à l’Est, le volcan libyen prêt à déborder. 

Pris de court par la folie naissante du régime de Tripoli et l’agressivité d’Alger, les négociateurs tunisiens paniquent. Pour Tunis, il devient vital de fermer au plus vite le front occidental avec l’Algérie, à n’importe quel prix, pour ne pas être pris en étau si le jeune Kadhafi décidait de marcher sur les frontières tunisiennes. Ce climat de peur systémique a achevé de paralyser la volonté tunisienne.

5. Du Sahara à la mer : l’effet domino sur le plateau continental et le Champ Bouri 

Cette capitulation territoriale à l’Ouest face à l’Algérie a eu un effet domino immédiat et désastreux sur la frontière maritime orientale de la Tunisie. En acceptant de figer le point terminal de la frontière terrestre à Ras Ajdir sous la double pression de ses voisins, la Tunisie s’est présentée affaiblie et stratégiquement bridée face aux ambitions maritimes de Tripoli.

Ce tracé terrestre contraignant a lourdement compromis les droits tunisiens sur la délimitation de ses eaux territoriales et de son plateau continental en mer Méditerranée. 

Lors du mémorable différend qui a opposé la Tunisie et la Libye devant la Cour internationale de Justice (CIJ) en 1982, la position tunisienne s’est retrouvée lourdement viciée par la configuration des frontières de terre. L’arrêt de la CIJ a entériné une ligne de délimitation maritime oblique qui a littéralement amputé la Tunisie de ses droits légitimes sur des zones hautement stratégiques.

La conséquence directe de ce tracé tronqué est la perte des droits souverains sur le champ pétrolifère de Bouri, le plus grand gisement de pétrole en mer Méditerranée. Situé dans une zone de chevauchement historique où la Tunisie pouvait légitimement prétendre à la souveraineté maritime, le champ Bouri est ainsi tombé exclusivement dans l’escarcelle libyenne. 

L’asphyxie territoriale subie au Sahara en 1970 s’est transformée en une spoliation énergétique majeure au large du golfe de Gabès, privant l’économie tunisienne de dizaines de milliards de dollars de revenus pétroliers et gaziers.

6. L’alibi d’Addis-Abeba face au naufrage des promesses africaines 

Aujourd’hui, plus de soixante ans après son adoption en 1964 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) au Caire, le dogme de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation s’effondre sous le poids de ses propres échecs. 

Utilisé par Alger comme un alibi commode pour sacraliser ses gains territoriaux coloniaux, ce principe n’a jamais réussi à effacer son péché originel. Conçu pour éviter les guerres interétatiques, ce bouclier juridique n’a tenu aucune de ses promesses de paix, de sécurité, de prospérité ou de démocratie. Le constat est implacable en Afrique, et particulièrement saignant au Maghreb ainsi que dans la bande sahélo-saharienne. 

Loin d’avoir pacifié les relations, le maintien aveugle de ces frontières artificielles a cristallisé les rancœurs, nourri le séparatisme, et transformé de vastes régions en zones d’instabilité chronique et de conflits asymétriques permanents. L’argument juridique algérien n’est plus une garantie de stabilité, mais le voile politique posé sur un héritage impérialiste injuste.

7. Frontières de fait vs frontières légitimes : le droit imprescriptible à la restitution 

C’est ici que s’impose une distinction fondamentale, indispensable à la clarté du combat mémoriel tunisien : la ligne de démarcation absolue entre les frontières d’usage établies de fait et les frontières historiquement légitimes, sujettes à réclamation et demande de restitution.

Les tracés juridiques imposés qui segmentent aujourd’hui le tissu géographique maghrébin — terrestres comme maritimes — ne sont que le produit d’un rapport de force dissymétrique figé à une époque de vulnérabilité institutionnelle. 

Ils incarnent une frontière imposée, subie, issue directement du découpage colonial que les puissances régionales voisines ont cyniquement exploité à leur profit. 

En contrepartie, la frontière historiquement légitime s’articule autour des réalités territoriales précoloniales, des titres ancestraux de souveraineté et, de façon impérative, sur la reconnaissance contractuelle expresse formulée par le GPRA en 1961 pour la zone saharienne.

Cette légitimité historique ne saurait s’éteindre sous l’effet du temps ou des ratifications forcées. Elle érige ces espaces spoliés, qu’il s’agisse du secteur terrestre d’El Borma ou de la souveraineté bafouée sur le plateau continental et le champ Bouri, en objets d’une réclamation permanente et d’une demande légitime de restitution. 

Entériner le statu quo équivaudrait à légitimer l’arbitraire historique. Pour la Tunisie, l’analyse rigoureuse séparant les tracés de fait de sa frontière légitime constitue le premier jalon de résistance pour maintenir vivante la revendication de son intégrité territoriale et maritime originelle.

8. Le choc des doctrines : l’Ordre légal face au sursaut de la Vérité 

C’est ici que la rigueur juridique et la conscience historique convergent pour ébranler les fondements de ces spoliations. Le combat mémoriel tunisien ne s’appuie pas sur des récriminations abstraites, mais sur un corpus doctrinal universitaire solide, forgé au lendemain même des accords par les plus éminents juristes de la nation.

D’un côté, la doctrine de Lazhar Bououni, monument du droit international tunisien, apporte un éclairage technique dévastateur pour la légitimité des accords. 

En décortiquant l’asymétrie des forces, la violation de l’estoppel face à l’accord GPRA de 1961 et l’opportunisme lié à la santé défaillante du chef de l’État, il a mis en lumière un vice de forme et de consentement originel majeur. En théorisant cette ingratitude géopolitique et cette contrainte caractérisée qui violent l’essence même du droit des traités, Bououni a lui-même ouvert une brèche juridique et doctrinale, offrant une fenêtre scientifique pour frapper d’illégitimité l’ordre territorial imposé.

À ses côtés, la contribution pionnière de Mohamed Ben Salem s’avère tout aussi capitale pour les chercheurs. Dans son travail de référence intitulé « L’affaire de la borne 233 », rédigé à chaud au début des années 1970 à la Faculté de Droit de Tunis, Ben Salem livre une autopsie juridique brute de la capitulation territoriale subie par la Tunisie. 

Son apport majeur réside dans le dépouillement méthodique des pièces d’archives et des minutes de négociations, cartographiant textuellement les droits de souveraineté historique de la Tunisie. En démontrant comment les tracés militaires coloniaux ont été cyniquement instrumentalisés par Alger pour couper la Tunisie de son prolongement saharien, Ben Salem a fourni l’arsenal scientifique nécessaire pour déconstruire le dogme de l’intangibilité des frontières. Son œuvre prouve que l’accord de 1970 n’était pas un compromis de voisinage, mais une spoliation de fait imposée par la force.

De l’autre côté, on assiste aujourd’hui au réveil d’une tendance patriote-souverainiste croissante au sein de l’intelligentsia et de l’opinion publique tunisienne. Portée par des analystes, des historiens et des figures diplomatiques, cette école de pensée s’engouffre dans la brèche ouverte par Bououni et Ben Salem. Elle refuse désormais le dogme stérile imposé en 1964.

Pour ce courant patriote-souverainiste en pleine expansion, le diagnostic est sans appel : un tracé né du reniement de la parole donnée à l’Ouest, ayant mené à l’amputation de nos richesses marines à l’Est, est entaché d’une illégitimité historique. 

Cette mouvance rappelle que la Tunisie ne doit plus accepter le complexe d’infériorité ou l’alignement systématique sur les diktats régionaux au nom d’un statu quo qui a échoué à stabiliser la région. 

S’appuyant sur ces failles doctrinales incontestables, elle plaide pour une réévaluation lucide et digne de nos choix stratégiques et réaffirme que la demande de restitution territoriale et la réévaluation de nos droits maritimes restent des droits souverains inaliénables.

9. Conclusion : face au nouveau monde, le sursaut de la vigilance mémorielle 

Qu’ils s’accaparent les sables d’El Borma ou les eaux du champ Bouri, le constat historique est le même : la Tunisie a été spoliée de ses richesses vitales par des abus de faiblesse cyniques au moment le plus critique de son histoire moderne. Les vices techniques et moraux de ces tracés imposés en font des œuvres de contrainte, non de justice.

Reste une leçon gravée dans le sable du Sahara et sur les flots de la Méditerranée : en géopolitique, la vulnérabilité d’un jour se paie en territoires et en ressources pour des générations. 

Aujourd’hui, nous assistons à la gestation en cours d’un nouvel ordre mondial qui s’érige précisément sur les décombres de l’ordre né des cendres des marchandages territoriaux de l’ère coloniale, des équilibres obsolètes des deux guerres mondiales et de la guerre froide. Dans ce monde en pleine effervescence et en profonde recomposition, les cartes se redistribuent.

Pour la Tunisie, il ne s’agit plus de subir, mais d’anticiper. Par une vigilance mémorielle inflexible, la nation doit se tenir prête à saisir les opportunités de cette reconfiguration globale pour recouvrer ses droits historiques extorqués dans des circonstances défavorables et sous la menace armée. 

Cette brutalité des rapports de force, que Tunis avait tenté de conjurer en cédant en 1970, n’a d’ailleurs pas tardé à prendre corps de manière sanglante lors de l’attaque de Gafsa en janvier 1980, rappelant cruellement que les concessions territoriales n’achètent jamais la paix face à des voisins hégémoniques. 

À l’heure où les équilibres régionaux du Maghreb et du Sahel tanguent à nouveau, la Tunisie doit s’en souvenir, rejeter les complexes du passé, distinguer le fait du droit, et oser regarder son histoire en face pour réclamer ce qui lui revient de droit.

ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE SCIENTIFIQUE TRIANGULAIRE

(Textes officiels, thèses et ouvrages imprimés opposables aux thèses négationnistes)

1- Le Compromis frontalier Bourguiba-Abbas du 20 juillet 1961

  • Émissions et archives imprimées tunisiennes :

– Secrétariat d’État aux Affaires Étrangères (Tunisie). « Communiqué officiel conjoint tuniso-algérien sur les frontières sahariennes, signé à Tunis le 20 juillet 1961 [par le Président Habib Bourguiba et le Président du Conseil Ferhat Abbas] », Journal Officiel de la République Tunisienne (Édition imprimée – Débats et Documents), n° 34, juillet 1961.

– Sayah, Mohamed. Histoire du mouvement national tunisien : Le Nouvel État (1956-1964), Tunis, Éditions Dar El Amal (Édition imprimée), 1983, tome II, pp. 240-248. (Contient la transcription intégrale des procès-verbaux d’audience et des échanges textuels de juillet 1961 constatant le droit de la Tunisie sur la Borne 233).

– Archives Nationales de Tunisie (ANT). Fonds Premier Ministère / Direction des Affaires Étrangères, Série : Contentieux territoriaux et frontières sahariennes (1956-1961), Registre d’abornement, Carton n° 14.

  • Écrits imprimés d’historiens et d’acteurs d’État algériens (Preuves de mauvaise foi) :

– Abbas, Ferhat (Président du GPRA). Autopsie d’une guerre : L’Aurore, Paris, Éditions Albin Michel (Édition imprimée), 1980, pp. 312-315. (Dans cet ouvrage imprimé de mémoires, Ferhat Abbas lui-même atteste avoir formellement signé ce compromis territorial avec Bourguiba en 1961 pour sceller l’alliance stratégique, reconnaissant le bien-fondé du tracé tunisien passant par la Borne 233).

– Harbi, Mohammed. Les Archives de la Révolution Algérienne, Paris, Éditions Jeune Afrique (Édition imprimée), 1981, pp. 410-412. (Recueil de documents papier reproduisant les minutes des débats internes du CNRA à l’été 1961 relatifs à l’accord de Tunis).

– Malek, Redha. L’Algérie à Évian : Histoire des négociations secrètes (1956-1962), Alger, Éditions ANEP (Édition imprimée), 2002, pp. 215-218. (Analyse des tensions entre la diplomatie civile du GPRA et l’aile militaire du FLN au sujet de la rétrocession promise du prolongement saharien tunisien).

  • Expertises doctrinales et sources tierces (Internationales) :

– Flory, Maurice. « La recherche d’un règlement au différend frontalier algéro-tunisien », Annuaire de l’Afrique du Nord (Édition imprimée), Paris, Éditions du CNRS, tome V, 1966, pp. 135-144. (Étude juridique neutre publiée avant le traité de 1970, certifiant le caractère obligatoire du compromis de 1961).

– Chaker, Mustapha. « Le contentieux territorial saharien entre la Tunisie et l’Algérie », Revue Générale de Droit International Public (RGDIP), Paris, Éditions A. Pedone (Édition imprimée), tome LXX, n° 2, 1966, pp. 325-350.

– Secrétariat des Nations Unies. « Exchange of Notes constituting an agreement on border questions between Tunisia and the Provisional Government of the Algerian Republic, signed at Tunis on 20 July 1961 », United Nations Treaty Series (Recueil imprimé des Traités de l’ONU), New York, vol. 412, p. 302.

2- Thèses universitaires et Traités de délimitation (1970-1982)

  • Travaux juridiques de référence :

– Bououni, Lazhar. La frontière tuniso-algérienne : contribution à l’étude des frontières africaines. Thèse de Doctorat d’État en Droit public, Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, 1980, 542 p.

– Bououni, Lazhar. « L’accord du 6 janvier 1970 entre la Tunisie et l’Algérie relatif au tracé de la frontière : un exemple de règlement d’un conflit territorial », Revue tunisienne de droit (Édition imprimée), Faculté de droit de Tunis, vol. III, n° 2, 1972, pp. 45-78.

– Ben Salem, Mohamed. L’affaire de la borne 233 (ou Le contentieux saharien et l’affaire de la borne 233). Mémoire de Diplôme d’Études Supérieures (DES) en Droit public, Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, 1972, 185 p.

  • Instruments juridiques officiels et de jurisprudence :

– République Tunisienne : « Loi n ; 70-5 du 12 février 1970, portant ratification de l’accord sur le tracé de la frontière algéro-tunisienne entre Bir Romane et la frontière libyenne signé à Tunis le 6 janvier 1970 ». Journal Officiel de la République Tunisienne (Edition imprimée en langue française) n :7, 10-13 février 1970. 

– Gouvernement de la République Algérienne. « Décret n° 70-22 du 19 février 1970 portant ratification de l’accord sur le tracé de la frontière algéro-tunisienne entre Bir Romane et la frontière libyenne, signé à Tunis le 6 janvier 1970 », Journal officiel de la République algérienne (Édition imprimée), 9e année, n° 19, 21 février 1970, pp. 214-216.

– Cour internationale de Justice. Affaire du Plateau continental (Tunisie/Jamahiriya arabe libyenne) : Arrêt du 24 février 1982, Recueil des arrêts, avis consultatifs et ordonnances, La Haye, Éditions de la CIJ, 1982, 158 p. (Conséquences maritimes de Ras Ajdir et perte du champ Bouri).

  • Géopolitique générale et Cartographie historique :

– Flory, Maurice. « L’accord frontalier algéro-tunisien du 6 janvier 1970 », Annuaire de l’Afrique du Nord (Édition imprimée), Paris, Éditions du CNRS, tome IX, 1971, pp. 241-253.

– Stora, Benjamin et Snégaroff, Thomas. France-Algérie, anatomie d’une déchirure. Paris, Éditions Les Arènes, 2024, 230 p. (Atlas cartographique imprimé prouvant l’expansionnisme saharien du génie militaire colonial français au détriment de la Régence de Tunis).

– Belhedi, Amor. « Le Sud tunisien : Espace, frontière et développement », Revue tunisienne de géographie (Édition imprimée), Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, n° 18, 1989, pp. 57-89.

L’article Tribune d’Elyes Kasri : « La Tunisie face aux tracés frontaliers imposés par l’accord frontalier de 1970 » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis

L’Algérie a annoncé, jeudi, la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis.

Selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, cette décision intervient après que « tous les moyens susceptibles de préserver les relations bilatérales » ont été épuisés.

L’article L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Real Madrid installe son premier programme éducatif via le football en Tunisie

Plus de 200 enfants âgés de 5 à 17 ans participeront, dès ce mois de septembre, à un nouveau programme éducatif basé sur le football à Carthage. L’initiative, portée par la Fondation Real Madrid en partenariat avec Galactys Sport, marque la première implantation du club madrilène en Tunisie.

Le projet a été officiellement présenté à la Ciudad Real Madrid, en présence de Roberto Carlos, ambassadeur du Real Madrid, et de Yasmine Loueti, représentante de Galactys Sport, partenaire local de l’opération. Cette rencontre a permis de détailler le contenu et les objectifs de ce nouvel Educational Football Program.

Le dispositif s’appuie sur la méthodologie propre à la Fondation Real Madrid, qui utilise le football comme support pédagogique pour promouvoir des habitudes de vie saines et favoriser le développement global des jeunes participants. À travers la pratique sportive, les élèves seront amenés à travailler des valeurs telles que le respect, le travail en équipe, l’égalité et la motivation par l’effort.

Ce lancement acte l’arrivée de la Fondation Real Madrid en Tunisie et consolide sa présence en Afrique du Nord. Les travaux préparatoires, menés en collaboration avec Galactys Sport, ont débuté en mai 2026. Au cours des mois suivants, les infrastructures destinées à accueillir les activités sportives ont été aménagées, afin que tout soit opérationnel pour le coup d’envoi de cette première saison.

L’article Real Madrid installe son premier programme éducatif via le football en Tunisie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Iran : les conseillers de Trump redoutent une guerre prolongée

Alors que Donald Trump assure publiquement que la guerre contre l’Iran prendra fin immédiatement après les élections américaines de mi-mandat, plusieurs de ses principaux conseillers redoutent en privé un scénario beaucoup plus long.

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’apprête à franchir le cap des sept mois, bien au-delà de l’objectif initial fixé par Donald Trump: six semaines. Selon le Wall Street Journal, cité par Reuters, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et d’autres hauts responsables ont discuté avec Trump de l’hypothèse d’une poursuite du conflit au-delà du 20 janvier 2029, date prévue pour l’investiture du prochain président américain.

Ces évaluations reposeraient notamment sur la capacité de Téhéran à continuer de résister à la pression américaine malgré les sanctions, le blocus naval et les opérations militaires.

Le président américain continue pourtant d’afficher sa confiance dans une résolution rapide du conflit. Mercredi 9 septembre, Donald Trump a déclaré que la guerre devrait se terminer « immédiatement après » les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026.

Selon lui, l’Iran chercherait à prolonger le conflit afin d’influencer le scrutin américain, mais ne disposerait plus des moyens de résister durablement à la pression exercée par Washington. Trump a également reconnu que des négociations restaient possibles, tout en précisant qu’elles ne constituaient pas actuellement la voie privilégiée par son administration. Cette position contraste donc fortement avec les évaluations rapportées par le Wall Street Journal.

Le facteur électoral

La durée du conflit est devenue un enjeu politique majeur pour Donald Trump et le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat. La hausse des prix de l’essence et du diesel, directement liée aux perturbations provoquées par le conflit et aux tensions autour du détroit d’Ormuz, pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des Américains. Le Brent a ainsi dépassé 100 dollars le baril cette semaine, pour la première fois depuis juillet.

Cette situation complique la position de la Maison Blanche : prolonger la guerre risque d’alimenter le mécontentement électoral, tandis qu’une sortie précipitée du conflit pourrait être présentée comme un recul stratégique.

Le contrôle et la sécurisation du détroit d’Ormuz constituent désormais l’un des principaux points de confrontation. L’Iran a récemment attaqué plusieurs navires dans la région, tandis que les États-Unis ont intensifié leurs opérations navales et détruit plusieurs pétroliers iraniens. Ces affrontements ont fortement réduit les flux d’hydrocarbures transitant par cette voie maritime stratégique.

Le risque d’une crise durable dépasse ainsi largement le cadre militaire. Une perturbation prolongée du trafic dans le Golfe pourrait maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés, alimenter l’inflation mondiale et compliquer les décisions des grandes banques centrales.

Le spectre d’une « guerre sans fin »

Cette perspective inquiète également d’anciens responsables américains. A l’instar de l’ancien secrétaire à la Défense, Leon Panetta, qui estime que le conflit pourrait se prolonger d’au moins six mois et risquer de devenir une nouvelle « guerre sans fin » au Moyen-Orient, comparable par certains aspects aux interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

Le problème stratégique de Washington est donc de plus en plus évident : la pression économique et militaire n’a pas encore contraint Téhéran à accepter les conditions américaines, tandis que les deux camps semblent disposer de suffisamment de ressources pour maintenir une confrontation prolongée.

L’article Iran : les conseillers de Trump redoutent une guerre prolongée est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Comment OpenAI dit avoir dompté Navier-Stokes

En coordonnant 10 000 agents IA pendant 88 heures, OpenAI dit avoir percé l’un des sept problèmes du millénaire, celui de Navier-Stokes. L’opération, dont la facture grimpe à plusieurs millions de dollars, est aussitôt contestée par deux chercheurs qui soupçonnent l’entreprise d’avoir puisé dans leurs travaux.

Fini le modèle unique auquel on soumet une requête soigneusement calibrée : OpenAI vient d’illustrer une autre voie, celle d’un essaim d’intelligences artificielles travaillant de concert. C’est par ce biais que l’entreprise affirme avoir résolu l’équation de Navier-Stokes, qui décrit le comportement des fluides depuis 1822 et compte parmi les sept problèmes mathématiques du millénaire.

Le dispositif a mobilisé simultanément 10 000 agents, répartis en groupes chargés chacun d’explorer une hypothèse différente, sur une durée totale de 88 heures. Durant cette fenêtre, le trafic généré en interne a atteint 2,7 millions d’échanges, pour une consommation de 130 milliards de tokens. La dernière étape — la traduction de la démonstration dans Lean, le langage utilisé pour la formalisation mathématique — a été confiée au modèle GPT-6 Astra, qui a bouclé cette tâche en 17 heures.

Des soupçons de récupération d’informations propriétaires

Cette annonce s’accompagne toutefois d’une controverse qui touche directement à la confiance que les entreprises peuvent accorder aux fournisseurs de services d’IA. Tristan Buckmaster, de NYU, et Levent Alpöge, qui travaille chez Anthropic, planchaient de leur côté sur une démonstration similaire en s’appuyant sur Codex, l’outil d’OpenAI. Or le chemin de résolution emprunté par le système d’OpenAI présentait, selon ces deux universitaires, une proximité frappante avec leurs propres pistes de travail, jusqu’alors non publiées — au point de les amener à se demander si leurs éléments de recherche n’avaient pas été exploités à leur insu.

OpenAI a répondu directement à cette accusation par la voix de Sébastien Bubeck, l’un de ses chercheurs : « Pour être clair, nous n’avons pas utilisé leurs prompts ou leurs résultats pour diriger nos modèles ou nos agents ». L’entreprise affirme n’avoir eu accès à aucun contenu utilisateur nominatif, sans pouvoir néanmoins garantir qu’aucun élément anonymisé, issu de l’usage courant de ses produits, n’ait indirectement nourri l’entraînement global de ses modèles. Pour les responsables sécurité, cet épisode rappelle l’enjeu des clauses de non-réutilisation dans les contrats d’entreprise, à l’heure où des équipes de R&D partagent quotidiennement du code et des données sensibles avec ces outils.

Une opération hors de prix pour la plupart des entreprises

Reste la question du coût. Mark Chen, responsable de la recherche chez OpenAI, a qualifié l’exercice de jalon important auprès de l’AFP : « C’est une étape significative de la recherche IA. C’est la promesse qu’il va devenir possible de répondre à d’autres questions parmi les plus complexes ». Il chiffre néanmoins la dépense totale à plusieurs millions de dollars — un montant qui, à lui seul, borne pour l’instant les usages envisageables de ce type d’architecture. Pharmacie, science des matériaux, logistique à grande échelle : les directions informatiques devront évaluer secteur par secteur si la puissance de calcul mobilisée trouve une contrepartie suffisante.

L’article Comment OpenAI dit avoir dompté Navier-Stokes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Réunion urgente entre la LTDH, l’Ordre des avocats et l’UGTT : vers une grève générale ?

Nous croyons savoir que des représentants de la LTDH, de l’Ordre des avocats de Tunisie et de l’UGTT sont actuellement réunis à huis clos.

Il semblerait que cette réunion soit relative à la conjoncture actuelle dans le pays. L’hypothèse du déclenchement d’une grève générale dans les prochaines semaines n’est pas à exclure

L’article Réunion urgente entre la LTDH, l’Ordre des avocats et l’UGTT : vers une grève générale ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Trump promet 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire des républicains

Donald Trump a promis de verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si les républicains conservent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat lors des élections de mi-mandat du 3 novembre. Baptisée « Trump dividend », cette proposition pourrait coûter environ 1 350 milliards de dollars et nécessiterait l’approbation du Congrès.

Donald Trump a placé les élections américaines de mi-mandat au cœur de son offensive politique en promettant une importante distribution d’argent aux électeurs. Lors du premier grand rassemblement national organisé par le Parti républicain spécifiquement en vue des midterms, mercredi 9 septembre à Dallas, le président américain a annoncé qu’il souhaitait verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si son parti conservait le contrôle des deux chambres du Congrès.

Trump a présenté cette mesure comme un « dividende » versé aux Américains, en référence au partage des bénéfices d’une entreprise avec ses actionnaires. Mais il n’a fourni ni calendrier précis, ni mécanisme définitif de financement. Selon les estimations disponibles, une telle opération représenterait environ 1 350 milliards de dollars si elle concernait quelque 270 millions d’adultes américains.

Une promesse au coût colossal

Le montant annoncé place immédiatement la proposition au centre du débat budgétaire. Le coût potentiel de 1 350 milliards de dollars représente une somme considérable dans un pays confronté à une dette publique supérieure à 40 000 milliards de dollars et à un déficit budgétaire annuel qui demeure très élevé.

La Maison-Blanche n’a pas encore présenté de dispositif législatif détaillé permettant de financer ces paiements. De son côté, le vice-président JD Vance a laissé entendre que les Américains les plus aisés pourraient être exclus du dispositif et que les recettes douanières pourraient contribuer à son financement. Mais les recettes issues des droits de douane seraient très loin, à elles seules, de couvrir une facture potentielle de plus de 1 000 milliards de dollars.

La proposition devrait en outre obtenir l’aval du Congrès. Trump ne dispose pas, à lui seul, du pouvoir de déclencher une telle distribution de fonds publics. Sa promesse relève donc pour l’instant davantage de l’engagement électoral que d’un programme budgétaire concrètement arrêté.

Un pari électoral assumé

Cette annonce intervient à moins de deux mois des élections du 3 novembre 2026, au cours desquelles l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants et environ un tiers du Sénat seront renouvelés.

Trump cherche ouvertement à faire de ces élections un référendum sur sa présidence. Lors de son discours de Dallas, il a demandé aux électeurs de considérer qu’il figurait lui-même sur les bulletins de vote et a promis de multiplier les déplacements dans les États et circonscriptions disputés au cours des semaines précédant le scrutin.

Cette stratégie traduit aussi la volonté du président de reprendre l’initiative alors que les républicains sont confrontés à plusieurs difficultés politiques. Les inquiétudes concernant le coût de la vie, la guerre avec l’Iran et la popularité en baisse de Trump constituent autant de facteurs susceptibles de peser sur le vote de novembre.

Une nouvelle version du « chèque Trump »

La promesse de 5 000 dollars rappelle une précédente proposition du président. Trump avait déjà évoqué l’idée d’un « dividende tarifaire » de 2 000 dollars, qui n’avait finalement pas été mis en œuvre. La nouvelle promesse est toutefois d’une ampleur nettement supérieure. Elle intervient au moment où Trump cherche à présenter sa politique commerciale et les droits de douane comme une source de revenus permettant de redistribuer une partie des gains aux Américains.

Au-delà de sa faisabilité économique et juridique, le « dividende Trump » constitue surtout un nouvel instrument de campagne. À travers cette promesse spectaculaire, le président américain cherche à transformer les midterms en un choix direct entre son administration et les démocrates, tout en donnant à ses électeurs une incitation financière particulièrement visible à se rendre aux urnes.

L’article Trump promet 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire des républicains est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Pétrole : le Brent franchit à nouveau le seuil des 100 dollars

Le Brent pour livraison novembre a progressé de 3,29 dollars, soit 3,4 %, pour clôturer à 101,21 dollars le baril, après avoir atteint 101,58 dollars en séance. Le WTI américain a gagné 3,02 dollars, soit 3,25 %, à 96,05 dollars. Les deux références ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis le 22 mai 2026. Le Brent avait déjà brièvement dépassé les 100 dollars en juillet, avant de retomber sous ce seuil.

Depuis le début du mois de septembre, les cours ont fortement accéléré. Le Brent affiche désormais une progression d’environ 25 % depuis le début du mois d’août et de plus de 60 % depuis le début de l’année.

Cette nouvelle flambée intervient après une série d’attaques visant des navires et des infrastructures énergétiques. L’Iran a annoncé avoir attaqué dix navires à proximité du détroit d’Ormuz, tandis que les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens. Parallèlement, les rebelles houthis, alliés de Téhéran, ont mené des attaques contre des installations énergétiques en Arabie saoudite…

Des stocks mondiaux de plus en plus sollicités

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les stocks mondiaux ont diminué d’environ 400 millions de barils depuis le début de l’année. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à la fin de 2026.

La production pétrolière du Moyen-Orient est également fortement affectée. Les capacités mises à l’arrêt dans la région ont atteint 6,7 millions de barils par jour en août, contre 5 millions en juillet. L’EIA estime que les interruptions devraient encore représenter en moyenne 5,7 millions de barils par jour au quatrième trimestre. Elle ne prévoit pas un retour complet de la production et des exportations régionales aux niveaux d’avant-guerre avant le deuxième trimestre 2027.

Face à cette dégradation des perspectives, l’EIA a relevé mercredi ses prévisions de prix, et table désormais sur un prix moyen du Brent de 91 dollars le baril en 2026, soit près de 5 % de plus que sa précédente estimation. Le WTI est attendu en moyenne à 84,65 dollars.

Ces prévisions ont toutefois été établies avant la dernière aggravation des tensions. Elles pourraient donc encore être révisées si les attaques contre les navires et les infrastructures énergétiques se poursuivent…

Le marché face au risque d’une crise prolongée

La question centrale pour les marchés est désormais la durée des perturbations. Tant que le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz restera fortement réduit et que les infrastructures énergétiques de la région seront exposées aux attaques, la prime géopolitique devrait rester élevée.

À court terme, l’évolution des cours dépendra donc moins de la demande mondiale que de la capacité des États-Unis et de l’Iran à éviter une nouvelle extension du conflit et à rétablir la circulation normale des hydrocarbures dans le Golfe.

L’article Pétrole : le Brent franchit à nouveau le seuil des 100 dollars est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌