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Ooredoo Tunisie célèbre l’inauguration du projet « Water for All » à Kairouan

Dans le cadre de son programme de responsabilité sociétale « Tounes T3ich », Ooredoo Tunisie, en partenariat avec l’Association Carthage Horizon, a célébré l’inauguration de son projet « Water for All » à Kairouan, marquant une nouvelle étape concrète dans son engagement en faveur des communautés locales et d’un impact social durable à travers la Tunisie.

Développé en réponse à un besoin réel identifié au sein de la communauté locale, ce projet permet à 250 familles de bénéficier d’un accès amélioré et durable à l’eau, à travers une solution concrète contribuant directement à l’amélioration de leurs conditions de vie quotidiennes.

Le projet a notamment porté sur la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures hydrauliques au niveau de la station Hendi El Zitouna – Station de pompage n°2, afin de faciliter l’accès à l’eau pour les habitants de la zone et d’apporter une solution durable adaptée aux besoins locaux.

La cérémonie d’inauguration a réuni des représentants d’Ooredoo Tunisie et de l’Association Carthage Horizon, ainsi que des acteurs locaux et des habitants de la région, afin de célébrer l’aboutissement de ce projet et les efforts collectifs ayant permis sa concrétisation.

À cette occasion, Eyas Assaf, Directeur Général d’Ooredoo Tunisie« À travers Tounes T3ich, nous nous engageons à soutenir des initiatives qui répondent à des besoins réels et qui génèrent un impact positif et durable au profit des communautés locales à travers la Tunisie. L’accès à l’eau est un besoin essentiel, et nous sommes particulièrement fiers que le projet “Water for All” contribue aujourd’hui à améliorer concrètement le quotidien de 250 familles à Kairouan. Cette réalisation illustre toute la valeur de notre collaboration avec l’Association Carthage Horizon et les acteurs locaux pour transformer nos engagements en résultats concrets au bénéfice de la communauté. »

Le projet « Water for All » reflète pleinement l’approche portée par Tounes T3ich : être à l’écoute des besoins des communautés locales, travailler aux côtés de partenaires engagés et mettre en œuvre des projets concrets capables de générer un impact positif et durable sur le terrain.

À travers Tounes T3ich, Ooredoo Tunisie poursuit le développement et le soutien d’initiatives autour de ses principaux axes de responsabilité sociétale, notamment la santé, l’éducation, l’environnement et le bien-être social, avec des projets conçus pour répondre aux besoins spécifiques des différentes communautés à travers le pays.

La réussite du projet « Water for All » à Kairouan vient ainsi renforcer l’engagement d’Ooredoo Tunisie en faveur d’actions responsables et durables, tout en soulignant l’importance de la collaboration avec la société civile et les acteurs locaux pour créer un impact positif, concret et durable au profit des communautés à travers la Tunisie.

Lien de la vidéo de couverture de l’action : https://www.facebook.com/share/v/1BvAmnvDDd/

 

Ooredoo Tunisie – Tounes T3ich

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Aram Belhaj : les économies africaines face au choc du conflit au Moyen-Orient

Le conflit au Moyen-Orient constitue un choc économique dont les effets dépassent largement les frontières de la région. Dans la note de politique publique consacrée à l’évolution des réponses africaines au conflit, Aram Belhadj, Senior Fellow au Global Institute for Transitions en Tunisie, et ses coauteurs analysent les conséquences observées dans huit économies africaines. Leur principal constat est que, si le choc initial sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement commence à s’atténuer, ses effets sur l’inflation, les finances publiques et le pouvoir d’achat continuent de se faire sentir.

L’analyse rappelle que la crise s’est rapidement transmise aux marchés mondiaux. Le prix du Brent est passé d’environ 72,5 dollars le baril fin février 2026 à près de 118 dollars fin mars, enregistrant sa plus forte hausse mensuelle jamais observée. La fermeture du détroit d’Ormuz a fortement perturbé les flux pétroliers et provoqué un choc majeur sur l’offre mondiale. Le marché s’est ensuite partiellement stabilisé, avec une baisse importante des prix de l’énergie et des engrais en juin. Mais la reprise des hostilités en juillet a montré que cette accalmie restait fragile.

Pour l’Afrique, la vulnérabilité est particulièrement importante en raison de la dépendance de plusieurs pays aux importations de pétrole, d’engrais et d’autres produits stratégiques. Le détroit d’Ormuz représente un point de passage essentiel du commerce mondial : près de 34 % du commerce maritime mondial de pétrole brut y transitait en 2025. Les perturbations ont également affecté le transport maritime via le canal de Suez, obligeant de nombreux navires à emprunter la route du cap de Bonne-Espérance, avec des délais supplémentaires pouvant atteindre 10 à 14 jours.

L’un des principaux enseignements concerne toutefois le décalage entre la baisse des prix internationaux et leur transmission aux consommateurs. Dans plusieurs pays, les prix à la pompe ont diminué plus lentement que les cours internationaux. Le Botswana a enregistré les baisses les plus importantes; tandis que le Nigeria, la Sierra Leone et le Kenya ont connu une transmission plus limitée. La Tunisie fait figure d’exception : les prix administrés des carburants n’avaient pas été augmentés pendant la phase initiale du choc. Ce qui a protégé les consommateurs d’un ajustement ultérieur. Pour autant, les coûts de production et les hausses de prix antérieures continuent de se diffuser progressivement dans l’économie.

L’inflation reste ainsi l’un des principaux effets différés de la crise. Alors que les prix internationaux commençaient à reculer, l’inflation a continué d’augmenter dans plusieurs pays. Le Nigeria a atteint 15,93 % en mai, avec une inflation alimentaire proche de 17 %. La Sierra Leone est montée à 12,69 %, le Botswana à 10,7 %. Tandis que le Kenya a atteint 6,4 %. En Tunisie, la progression a été beaucoup plus modérée, passant de 5 % à 5,3 %. Cette relative résistance constitue, selon l’analyse, un indicateur important de la capacité d’une économie diversifiée à absorber un choc externe.

La question des engrais est particulièrement préoccupante. Leur prix a bondi de 53,7 % en mars avant de se replier; mais les conséquences sur l’agriculture apparaissent avec retard. Les hausses des coûts des intrants peuvent se transmettre aux prix alimentaires plusieurs mois après le choc énergétique. La crise risque donc de continuer à peser sur la sécurité alimentaire durant la campagne agricole 2026/2027, même en cas de stabilisation du conflit.

Les réponses gouvernementales sont, elles aussi, confrontées à une contrainte majeure : la réduction de l’espace budgétaire. Les mesures d’urgence mises en place pour protéger les ménages subventions, réductions fiscales, plafonnement des prix ou soutien au transport  commencent progressivement à être retirées. La Sierra Leone réduit ses subventions; tandis que le Kenya prolonge certaines mesures fiscales sur les carburants. En Tunisie, la Banque centrale a maintenu son taux directeur à 7 %; alors que les autorités ont restreint certaines importations, retardé des recrutements dans les entreprises publiques et commencé à appliquer une taxe sur la richesse prévue par la loi de finances.

Le cas tunisien apparaît comme particulièrement instructif. Contrairement aux pays producteurs de pétrole, la Tunisie ne bénéficie pas d’une rente énergétique lorsque les cours augmentent. Sa résilience repose plutôt sur la diversification de son économie. Les produits manufacturés et les services représentent 94,1 % de ses exportations. Le tourisme a progressé d’environ 5 %, les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont apporté près de 1,5 milliard de dollars et les exportations d’huile d’olive ont augmenté de 55 %. Mais cette résilience demeure fragile : chaque dollar supplémentaire du prix du pétrole pourrait accroître le déficit des subventions d’environ 164 millions de dinars. Le déficit commercial a atteint environ 10,4 milliards de dinars au premier semestre 2026 et la dette publique dépasse 80 % du PIB.

Pour Aram Belhadj et les autres auteurs, la leçon fondamentale est donc structurelle : la meilleure protection contre les chocs extérieurs reste la transformation économique. Les pays exportateurs de pétrole comme la Libye et le Nigeria ont bénéficié d’un effet d’aubaine, mais ces gains risquent de ne pas profiter durablement aux populations si les revenus supplémentaires servent principalement à financer les dépenses courantes. À l’inverse, la diversification tunisienne offre un amortisseur plus durable.

La note préconise ainsi six orientations :

  • Une politique monétaire fondée sur différents scénarios;
  • Une meilleure transmission des baisses de prix aux consommateurs;
  • Le développement régional de la production d’intrants stratégiques;
  • La mise à l’abri des recettes exceptionnelles liées aux matières premières;
  • Le renforcement de l’architecture financière africaine;
  • Et, surtout, l’accélération de la diversification économique.

L’objectif est de réduire la dépendance aux ressources naturelles et aux fournisseurs extérieurs.

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FDA : 20 références ZYN autorisées comme produits du tabac à risque modifié

La FDA délivre des autorisations de produit du tabac à risque modifié (MRTP) pour 20 références de sachets de nicotine ZYN. La décision de la FDA fait de ZYN le premier sachet de nicotine à bénéficier d’autorisations MRTP permettant, aux États-Unis et dans les conditions prévues par ces autorisations, de communiquer sur une réduction de certains risques par rapport à la cigarette.

 Philip Morris International a annoncé aujourd’hui que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a délivré des autorisations de produit du tabac à risque modifié (Modified Risk Tobacco Product – MRTP) pour 20 références de sachets de nicotine ZYN.

Il s’agit des premières autorisations MRTP jamais accordées à des sachets de nicotine. Elles permettent à PMI U.S. de communiquer, pour les produits ZYN concernés et conformément aux termes des autorisations délivrées par la FDA, le message suivant :

« Utiliser ZYN à la place des cigarettes réduit le risque de cancer de la bouche, de maladies cardiovasculaires, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique. »

« La décision de la FDA constitue une étape importante pour les plus de 45 millions de consommateurs majeurs de nicotine aux États-Unis », a déclaré Stacey Kennedy, Directrice générale de PMI U.S.

« Cette décision garantit aux adultes concernés l’accès à une information exacte et fondée sur la science, notamment aux données validées par la FDA indiquant que le passage  de la cigarette à ZYN réduit le risque de certaines maladies liées au tabagisme telles que les maladies cardiovasculaires et le cancer du poumon », a-t-elle ajouté.

« Plus largement, elle confirme l’approche scientifique de l’agence consistant à évaluer les produits selon leur profil de risque et à communiquer ses conclusions de manière transparente. »

En janvier 2025, ZYN est devenu le premier sachet de nicotine autorisé à la vente aux États-Unis à l’issue d’un examen scientifique rigoureux. Avec la décision annoncée aujourd’hui, PMI détient désormais des autorisations MRTP pour ZYN, certaines versions des dispositifs et consommables IQOS ainsi que huit produits de snus General, confirmant ainsi son statut de leader et d’innovateur dans le secteur.

 

À propos des sachets de nicotine

Les sachets de nicotine, tels que ZYN, délivrent la nicotine par absorption buccale. Ils ne nécessitent ni combustion du tabac ni inhalation de fumée. Ce qui peut réduire l’exposition à certaines substances nocives et potentiellement nocives par rapport aux produits du tabac combustibles tels que les cigarettes.

 

Philip Morris International : un acteur engagé pour un avenir sans fumée

Philip Morris International (PMI) est l’un des principaux groupes internationaux de biens de consommation. L’entreprise œuvre activement à la construction d’un avenir sans fumée et fait évoluer son portefeuille d’activités afin d’y intégrer, à long terme, des produits au-delà des secteurs du tabac et de la nicotine.

Son portefeuille actuel se compose principalement de cigarettes et de produits sans fumée, notamment des produits à tabac chauffé, des sachets de nicotine et des produits de vapotage. Ces produits sont commercialisés dans plus de 105 marchés et étaient utilisés par plus de 43 millions de consommateurs majeurs dans le monde au 31 décembre 2025, dont un grand nombre ont abandonné la cigarette ou réduit significativement leur consommation.

L’activité sans fumée a représenté 43 % du chiffre d’affaires net total de PMI au premier trimestre 2026.

Depuis 2008, PMI a investi plus de 16 milliards de dollars dans le développement, la validation scientifique et la commercialisation de produits innovants sans fumée destinés aux adultes qui, autrement, continueraient à fumer, avec pour objectif de mettre un terme à la vente de cigarettes.

Ces investissements ont notamment permis de développer des capacités scientifiques de premier plan dans les domaines de la toxicologie préclinique, de la recherche clinique et comportementale ainsi que des études post-commercialisation.

À l’issue d’un examen scientifique rigoureux, la FDA a autorisé la commercialisation du snus General et des sachets de nicotine ZYN de Swedish Match, ainsi que de certaines versions des dispositifs et consommables IQOS de PMI, une première dans chacune de leurs catégories respectives.

Certaines versions d’IQOS, les produits General Snus et ZYN ont également obtenu les premières autorisations MRTP jamais délivrées dans leurs catégories respectives par la FDA.

D’après communiqué

 

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Tribune Elyes Kasri — Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité

SOUVERAINETÉ TUNISIENNE SÉQUESTRÉE : Des complicités impérialistes aux reniements postcoloniaux : autopsie doctrinale d’une asphyxie géographique et d’un chantage énergétique désamorcé

I. LE PARADOXE DU LOGICIEL POSTCOLONIAL ET LA TRAGEDIE DU REFOULEMENT DE LA MÉMOIRE NATIONALE

La géopolitique de l’Afrique du Nord contemporaine demeure prisonnière d’un des plus grands paradoxes de l’histoire du droit international public : la sacralisation de la carte coloniale par des États neufs qui ont pourtant fondé l’intégralité de leur légitimité historique sur une geste anticoloniale intransigeante.

Par une tribune parue dans le numéro 952 de son magazine, , intitulée « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité » (Elyes Kasri), L’Économiste Maghrébin a brisé une chape de plomb mémorielle soigneusement entretenue par les appareils de propagande et les nécessités de la realpolitik.
L’article démontre avec une clarté clinique comment le principe du respect des frontières existantes au moment de l’accession à l’indépendance (uti possidetis juris), élevé au rang de dogme par l’Organisation de l’Unité Africaine lors du sommet du Caire en juillet 1964, a opéré un véritable « blanchiment diplomatique » des spoliations territoriales du XIXe.

Pour la Tunisie, ce principe n’a jamais été un gage de paix ou d’équilibre, mais le verrou juridique destiné à pérenniser une asphyxie géographique méthodique.
Entre la signature du traité du Bardo en 1881 et les arbitrages maritimes de la fin du XXe siècle, l’espace souverain de la Tunisie précoloniale a été rogné à l’Ouest par la France au profit de sa colonie de peuplement algérienne, amputé au Sud par les exigences ottomanes et balkanisé à l’Est face à la Libye par les arrangements diplomatiques de la puissance protectrice.
Face à ce bilan, l’opinion publique tunisienne souffre d’une amnésie téléguidée par les gouvernants successifs, soucieux de ne pas indisposer de puissants voisins jaloux de leur héritage colonial et n’hésitant pas à utiliser tous les moyens d’intimidation y compris la force armée, et par une rhétorique lénifiante de la « fraternité maghrébine » qui dissout les droits historiques dans l’émotion politique.
Ce corpus a pour ambition de poser les fondements d’une réappropriation mémorielle et d’un plaidoyer juridique rigoureux. Il s’adresse aux chercheurs, aux diplomates et à la conscience nationale pour démontrer que l’architecture actuelle des frontières de la Tunisie n’est pas un fait de la nature, mais le produit d’une contrainte historique abusive, ouvrant la voie à une contestation légitime des traités asymétriques hérités du siècle dernier.

II. LE PREMIER CYNISME COLONIAL : LA CONVENTION DE 1910 ET L’ASPHYXIE OCCIDENTALE PAR LA LIGNE WINCKLER

Le dépeçage territorial de la Tunisie trouve sa source dans le traitement différencié que la France coloniale imposait à ses possessions d’Afrique du Nord.
Si la Tunisie n’était qu’un protectorat, un État tiers conservant sa souveraineté nominale sous l’autorité du Bey et régi par le droit des traités internationaux, à l’inverse, l’Algérie était découpée en départements français, intégrée organiquement et définitivement au domaine de la République.

Dès lors que l’exploration géologique a laissé entrevoir les richesses minérales et caravanières du Sahara central, le choix de Paris fut dicté par une pure rationalité patrimoniale : tout territoire rattaché à l’Algérie devenait une propriété éternelle de la métropole ; tout territoire laissé à la Tunisie demeurait grevé du statut d’autonomie beylicale et susceptible d’échapper un jour au contrôle direct de la France.
Ce calcul géopolitique se matérialise lors de la Convention frontalière de Tripoli du 19 mai 1910, conclue entre la France, agissant au nom de la Tunisie, et la Sublime Porte ottomane, alors souveraine de la Libye.

Les opérations de délimitation sur le terrain furent confiées au commandant français Winckler. Sous couvert de fixer les limites des tribus nomades de la Jeffara, Winckler dévia arbitrairement la ligne de démarcation vers l’Est.
Ce tracé purement artificiel amputa la Tunisie de dizaines de milliers de kilomètres carrés de son hinterland saharien naturel, déplaçant le point de contact final vers ce qui deviendra la Borne 233.
Les portions territoriales ainsi arrachées à la Régence de Tunis furent immédiatement incorporées administrativement aux Territoires du Sud de l’Algérie française, rattachés aux Départements des Oasis. C’est ce tracé impérialiste précis qui privera plus tard la Tunisie de la pleine souveraineté sur les immenses nappes d’hydrocarbures de la région d’El Borma.

III. LE DEUXIÈME FRONT DE L’AMPUTATION : LE MARCHANDAGE ITALIEN ET LE TRAITÉ FRANCO-LIBYEN DE 1955

L’asphyxie de la frontière orientale tuniso-libyenne répond au même cynisme de la puissance protectrice, combinant balkanisation territoriale et concessions diplomatiques majeures faites sur le dos de la Tunisie. Au début du XXe siècle, la France doit composer avec les convoitises coloniales de l’Italie en Méditerranée. Pour obtenir le feu vert de Rome lors de l’établissement du protectorat français au Maroc, Paris conclut des accords diplomatiques secrets, notamment les accords Barrère-Prinzetti de 1902.

Lors de la négociation de la convention de 1910, la France s’autolimita délibérément au Sud-Est de la Tunisie, coupant les routes d’extension de la Régence vers Ghadamès et figeant le terminal côtier à Ras Jedir.
Paris offrait ainsi une frontière saharienne élargie et stabilisée à la future Libye italienne, que Rome envahit dès 1911 lors de la guerre italo-turque. Ainsi, la Tunisie beylicale se retrouvait doublement spoliée : réduite à l’Ouest pour enrichir l’Algérie française, et bloquée au Sud-Est pour satisfaire le troc franco-italien.

Le processus de dépeçage se prolongea de manière critique à la veille de l’indépendance tunisienne. En août 1955, alors que la France négocie les accords d’autonomie interne avec Tunis, elle signe secrètement à Tripoli un Traité d’amitié et de bon voisinage avec le Royaume de Libye du roi Idris.
La France, qui occupait militairement la province stratégique du Fezzan depuis 1943, cherche à tout prix à y maintenir ses bases aériennes et à obtenir des permis de recherche pétrolière pour ses compagnies.

Pour complaire à Tripoli, la diplomatie française valide une délimitation des confins sahariens et maritimes extrêmement restrictive pour la Tunisie. Paris s’abstient volontairement de faire valoir les titres juridiques historiques de la Régence de Tunis sur son plateau continental. C’est ce renoncement français majeur de 1955 qui servira de fondement technique et de piège légal lors du grand contentieux maritime des années 1980.

IV. LE CORPUS DES ENGAGEMENTS CONTRACTUELS DU GPRA ET LE CRI DU CŒUR DU BARDO

À son indépendance en 1956, la Tunisie hérite d’une frontière saharienne mutilée. Face à la guerre de libération algérienne, Habib Bourguiba fait le choix d’une solidarité maghrébine active, transformant le territoire tunisien en base arrière politique et militaire pour le Front de Libération Nationale et l’Armée de Libération Nationale.

Ce soutien de géant, payé au prix fort par le peuple tunisien lors du massacre de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958, s’articule autour d’un pacte juridique clair : l’Algérie indépendante devra réparer les injustices des tracés coloniaux. L’autorité officielle représentant la révolution est alors le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. C’est avec cette entité légitime que la Tunisie signe deux accords contraignants.

– Le premier est le Procès-verbal du 6 janvier 1959 : signé secrètement à Tunis, ce document acte la reconnaissance par les dirigeants algériens du caractère arbitraire des frontières sahariennes tracées par l’armée française. Le GPRA s’y engage formellement à ouvrir des négociations de rectification territoriale dès la proclamation de l’indépendance.

– Le second document est la Déclaration Commune du 26 juillet 1961 : alors qu’à Évian, la France tente de détacher le Sahara de l’Algérie en raison de ses richesses en hydrocarbures, Bourguiba fait pression en réclamant les droits sahariens de la Tunisie. Pour obtenir l’appui vital de Tunis, le président du GPRA, Ferhat Abbas, co-signe un protocole diplomatique majeur.
La clause textuelle de cet accord est irréfutable : le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne reconnaît d’une part que le tracé actuel des frontières sahariennes résulte d’arbitrages coloniaux abusifs et d’autre part, s’engage à réviser d’un commun accord avec le Gouvernement Tunisien les revendications légitimes de ce dernier dès la proclamation de l’indépendance. Ce corpus écrit démontre de manière définitive qu’Alger avait validé l’inopposabilité des frontières coloniales à la Tunisie.

Conscient des réticences qui commençaient à poindre chez certains cadres militaires de l’ALN hébergés à Tunis, Habib Bourguiba prononce devant l’Assemblée constituante réunie au Bardo, le 5 février 1959, un discours d’une vive force dramatique. Ce texte, le plus émouvant de sa doctrine maghrébine, dénonce par avance l’ingratitude d’un voisin que la Tunisie porte à bout de bras :
« Notre peuple souffre, notre peuple saigne, et nous partageons notre pain quotidien avec nos frères algériens que nous protégeons et abritons au péril de notre propre sécurité. Sakiet Sidi Youssef en est le témoignage éternel inscrit dans le sang de nos enfants. Malgré cela, lorsque nous évoquons nos droits légitimes sur notre propre Sahara, spolié par l’administration coloniale, nous percevons une surdité douloureuse chez ceux-là mêmes que nous portons à bout de bras. Il est déchirant de constater que la fraternité des combats s’arrête là où commencent les frontières tracées par l’oppresseur. Je le dis avec une profonde tristesse : si l’Algérie indépendante venait à s’approprier les injustices territoriales de la France en nous opposant une fin de recevoir, ce ne serait pas seulement un reniement de la parole donnée, ce serait une blessure inguérissable infligée à l’âme tunisienne. La Tunisie ne demande l’aumône de personne, elle réclame la restitution de son dû, au nom de la justice et du sang versé en commun ».

V. LE PROCESSUS DE RENIEMENT GÉOPOLITIQUE ET LE DOUBLE JEU MULTILATÉRAL

L’accession de l’Algérie à la souveraineté en juillet 1962 balaie instantanément les engagements contractuels civils du GPRA. Le clan militaire d’Oujda, dirigé par Houari Boumédiène, écarte Ferhat Abbas et installe Ahmed Ben Bella à la présidence.
Face aux diplomates tunisiens qui exigent l’application des accords de 1959 et 1961, Ben Bella choisit la carte de la temporisation psychologique. L’Algérie traverse alors une crise interne majeure et fait face aux revendications territoriales du Maroc sur Tindouf.

Lors de ses tête-à-tête avec Bourguiba, Ben Bella prononce cette formule de diversion morale : « Mon frère Habib, ne nous poignardez pas dans le dos alors que l’encre de notre indépendance est encore fraîche et que nos martyrs ne sont pas tous enterrés. Laissez-nous stabiliser le pouvoir, consolider la révolution, et je vous jure que nous réglerons la question des frontières dans la fraternité, loin des tracés coloniaux ». Bourguiba cède à cette rhétorique affective, commettant l’erreur d’accorder un moratoire verbal sans garanties.

Le reniement formel s’articule lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine au Caire en juillet 1964. Ébranlée par la Guerre des Sables contre le Maroc, l’Algérie déploie son appareil diplomatique pour faire sacraliser le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.
Le cynisme doctrinal est absolu : le régime algérien, qui tire sa légitimité du combat anticolonial, s’approprie le tracé impérialiste de la Ligne Winckler de 1910 et de la Borne 233 pour exclure la Tunisie du partage.

Lorsque la Tunisie découvre le gisement géant d’El Borma en 1964, l’Algérie déploie ses forces armées pour sécuriser la majeure partie du bassin sédimentaire. Affaiblie par la santé déclinante de son leader, la Tunisie est acculée à ratifier le Traité de délimitation frontalière finale du 16 avril 1970.

Ce renoncement aux droits de la Tunisie précoloniale trouve son prolongement maritime face à la Libye. Porté devant la Cour Internationale de Justice, le différend sur la délimitation du plateau continental débouche sur l’arrêt du 24 février 1982. La Cour valide un tracé largement calqué sur les lignes de concessions techniques issues du traité de 1955, attribuant à la Libye le contrôle exclusif du champ pétrolifère de Bouri, le plus productif de la Méditerranée.

En mars 2023, le président Kaïs Saïed dénoncera publiquement cette sentence historique, rappelant que la Tunisie n’a reçu que des miettes d’un bassin d’hydrocarbures dont un partage équitable aurait suffi à assurer l’indépendance financière et la prospérité du domaine national.

VI. LE RAPPORT DE FORCE INVERSÉ : DÉCONSTRUCTION DU CHANTAGE ÉNERGÉTIQUE AUTOUR DU TRANSMED

Pour pérenniser ce statu quo frontalier asymétrique, d’aucuns agitent régulièrement le spectre de la vulnérabilité énergétique tunisienne, notamment via l’axe du gazoduc TRANSMED, reliant l’Algérie à l’Italie en traversant le territoire national.
Selon cette vulgate, la Tunisie devrait s’abstenir de toute revendication mémorielle ou territoriale sous peine de voir ses vannes coupées unilatéralement par Alger. L’analyse technique et systémique des flux démontre que cette menace est une illusion rhétorique : un chantage gazier sur le TRANSMED causerait l’effondrement immédiat du régime algérien lui-même.

Depuis la reconfiguration mondiale des approvisionnements énergétiques post-2022, le TRANSMED est devenu un actif hautement stratégique surveillé par les puissances occidentales. Le gaz transitant par le sol tunisien sécurise le tissu industriel de l’Europe du Sud. Toute tentative d’Alger d’interrompre ou de manipuler ce flux sous prétexte de pressions politiques sur Tunis provoquerait une réponse diplomatique et financière immédiate de l’Italie et de l’Union européenne, isolant définitivement l’Algérie sur la scène internationale.

De surcroît, le pipeline constitue avant tout la jugulaire économique de l’État rentier algérien. Le budget de l’Algérie est maintenu sous perfusion par l’exportation de gaz. Tarir le TRANSMED équivaudrait, pour Alger, à couper sa propre artère financière en se privant instantanément de ses flux de devises essentiels. Sans ces revenus gaziers, le pouvoir algérien se retrouverait incapable de financer la paix sociale intérieure, assurée par de coûteux programmes de subventions de première nécessité pour contenir l’insurrection populaire. Le chantage au gaz est donc inapplicable : Alger ne peut l’utiliser sans déclencher sa propre implosion intérieure. La Tunisie, pivot géographique incontournable du transit, détient un levier d’interdépendance majeur qu’elle doit apprendre à faire valoir.

VII. L’ANALYSE DOCTRINALE DES COMMIS DE L’ÉTAT TUNISIEN

La dénonciation de cette asphyxie territoriale et énergétique n’est pas une construction contemporaine ; elle a été documentée avec rigueur par les plus hauts commis de la République Tunisienne.
L’apport de l’éminent constitutionnaliste et juriste tunisien, le professeur Lazhar Bououni (1948-2017), ancien ministre de la Justice, reste fondamental pour contester la légitimité des accords frontaliers.
Dans ses recherches universitaires publiées au sein de la Revue Tunisienne de Droit, il démontre que l’Algérie a violé de manière flagrante le principe de l’estoppel en droit international public. Un État ne peut adopter une posture qui contredit ses engagements antérieurs lorsque celle-ci lèse un tiers.
L’Algérie a accepté l’aide vitale de la Tunisie sur la base de la promesse écrite de réviser les frontières en 1959-1961, pour ensuite rejeter sa propre signature en invoquant la résolution de l’OUA de 1964. Pour M. Bououni, le traité de 1970 est entaché d’un vice de consentement moral fondamental, signé sous la contrainte d’un rapport de force militaire asymétrique. Il applique la même rigueur critique à l’arrêt de la CIJ de 1982, soulignant la mauvaise foi méthodologique de la partie adverse.

Le témoignage de Driss Guiga, figure de proue de l’appareil sécuritaire de Bourguiba (1947-2026), apporte la validation factuelle de ce préjudice. Nommé ministre de l’Intérieur au lendemain de l’attaque de Gafsa en janvier 1980 — où un commando armé s’était infiltré via la frontière occidentale —, M. Guiga inspecte personnellement les confins algéro-tunisiens.
Dans ses mémoires parus en octobre 2024, il consigne un constat sans appel : le tracé imposé par Alger en 1970 a privé la Tunisie de ses défenses naturelles sahariennes, créant une frontière artificielle, vulnérable et difficile à sécuriser. Il dénonce l’usage de cette asymétrie géographique par Alger comme un levier d’influence permanent visant à brider les orientations souveraines de Tunis.

VIII. CONCLUSION : POUR UN SOUVERAINISME MESURÉ ET SCIENTIFIQUE

La réévaluation mémorielle de l’asphyxie territoriale de la Tunisie n’est ni un appel au chauvinisme acrimonieux ni une tentative de déstabilisation des équilibres maghrébins. C’est un acte de salubrité intellectuelle nécessaire.
Tant que l’opinion publique tunisienne acceptera le récit biaisé de frontières fraternelles intangibles, la Tunisie restera en position de faiblesse doctrinale structurelle, contrainte de subir les asymétries économiques et sécuritaires imposées à ses dépens.

En s’appuyant sur les archives de 1910, les engagements écrits du GPRA de 1961, l’analyse de la convention maritime de 1955 et l’interdépendance réelle du réseau TRANSMED, ce corpus démontre que les droits de la Tunisie sur son espace demeurent imprescriptibles au regard de la vérité historique. Le combat pour la souveraineté de demain commence par le refus de l’amnésie d’aujourd’hui.

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CORPUS BIBLIOGRAPHIQUE ET ARCHIVISTIQUE DE RÉFÉRENCE :
Sources Primaires et Actes Internationaux :
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Documents diplomatiques français (1871-1914), Imprimerie Nationale, Paris. (Correspondance de 1902-1911 sur les accords territoriaux franco-italiens).
• Régence de Tunis & Empire Ottoman, Convention finale de délimitation de la frontière entre la Tunisie et la Tripolitaine, Tripoli, 19 mai 1910.
• Winckler (Commandant), Rapport topographique et cartographique sur la délimitation de la frontière méridionale de la Tunisie, Service géographique de l’Armée, Paris-Tunis, 1911.
• Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, Procès-verbal de la conférence bilatérale secrète sur les confins sahariens occidentaux, Tunis, 6 janvier 1959.
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Traité d’amitié et de bon voisinage entre la France et la Libye, Tripoli, 10 août 1955.
• Abbas (Ferhat) et Bourguiba (Habib), Déclaration commune tuniso-algérienne sur la révision des frontières sahariennes, Tunis, 26 juillet 1961.
• Organisation de l’Unité Africaine, Résolution AHG/Res. 16(I) sur l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, Le Caire, 17-21 juillet 1964.
• Cour Internationale de Justice, Affaire du Plateau continental (Tunisie/Jamahiriya arabe libyenne), Arrêt du 24 février 1982.
• République Tunisienne, Journal Officiel de la République Tunisienne, Décret n° 70-170 du 20 mai 1970, portant ratification du traité frontalier tuniso-algérien.
Travaux Académiques et Littérature Géopolitique
• Abbas (Ferhat), Autopsie d’une guerre : L’Aurore, Éditions Albin Michel, Paris, 1980.
• Bououni (Lazhar), Le régime juridique des frontières sahariennes : Éléments pour une étude du contentieux frontalier tuniso-algérien, Revue Tunisienne de Droit, Volume XIV, n° 2, Tunis, 1982.
• Bououni (Lazhar), L’arrêt de la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental tuniso-libyen : une lecture critique, Revue Tunisienne de Droit, Tunis, 1983.
• Despois (Jean), La Tunisie : ses régions, Éditions Armand Colin, Paris, 1961.
• Flory (Maurice), « La notion de frontière en Afrique du Nord », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1965.
• Grimaud (Nicole), La politique extérieure de l’Algérie (1962-1978), Éditions Karthala, Paris, 1984.
• Guiga (Driss), Sur le chemin de Bourguiba : mémoires d’un acteur clé de l’histoire tunisienne, Éditions de L’Économiste Maghrébin, Tunis, octobre 2024.
• Kasri (Elyes), « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité », L’Économiste Maghrébin, n° 952, août-septembre 2026 [INDEX].
• Maltese (S.), Le TRANSMED et la sécurité de l’approvisionnement gazier de l’Europe du Sud, Revue de l’Énergie, Milan/Paris, 2022.
• Martel (André), Les frontières tunisiennes (1881-1911) : Textes et cartes, Université de Tunis, 1965.
• Martel (André), « Le différend frontalier tuniso-algérien (1956-1970) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, Tome XVIII, Paris, 1971.
• Martel (André), « La frontière tuniso-libyenne : de la zone mouvante à la ligne Winckler », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1966.
• Rainero (Romain H.), Les Italiens dans la Tunisie coloniale : ambitions et réalités d’une présence, Éditions Économica, Paris, 1982.

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Liberté d’investissement 2026 : la Tunisie signe son pire score depuis 1995

Le classement 2026 de l’indice de liberté d’investissement, établi par The Global Economy à partir des données de la Heritage Foundation, dessine une Afrique à deux vitesses. Sur une moyenne mondiale de 53 points, le Maroc s’impose comme le meilleur élève continental avec 80 points (17e mondial). Un record historique porté par une progression continue depuis 2024. Maurice suit avec 70 points, malgré un léger recul par rapport aux 80 points affichés entre 2019 et 2023.

Le trio sahélien Burkina Faso, Mali et Niger obtient des scores honorables (65, 65 et 55) grâce notamment à la stabilité monétaire du franc CFA. Mais ces performances masquent des droits de propriété très dégradés, parfois inférieurs à 20 points, assurent les auteurs du classement.

La Tunisie, elle, est malheureusement totalement absente de ce top 20 – et pour cause : le pays s’enfonce dans le classement général de liberté économique. Selon l’édition 2026 de l’indice de la Heritage Foundation, la Tunisie a obtenu son plus mauvais score et son plus mauvais rang depuis 1995, année de son Accord d’association avec l’Union européenne. Le pays affiche un score de 48,1 points sur 100 et se classe 156e sur 176 pays, une note en baisse d’un point sur un an. Ce score relègue désormais notre pays dans la catégorie des économies dites « réprimées », au 11e rang sur 14 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord.

Le gap…

Cette dégringolade s’inscrit dans une trajectoire longue : le pays est passé de la 44e place mondiale en 2010 à la 156e en 2026, un basculement attribué à « une intervention étatique croissante, à des faiblesses institutionnelles et à des freins persistants sur l’investissement ». Sur le seul sous-indicateur de “liberté d’investissement“, celui qui structure le classement africain analysé plus haut, la Tunisie plafonnait déjà à 30 points lors de l’édition précédente. Un niveau qui l’aurait placée loin derrière le dernier du top 20 africain (le Burundi, à 50 points).

Le contraste avec le Maroc est frappant : les deux pays maghrébins, longtemps comparés, empruntent désormais des trajectoires opposées. Là où Rabat a gagné 15 points depuis 2019 pour atteindre un record; Tunis a perdu près de huit points sur la même période et glisse chaque année un peu plus vers le bas du classement mondial.

Les causes avancées rejoignent celles identifiées pour d’autres pays du classement africain, en l’occurrence : des lourdeurs administratives, une insécurité juridique, de la corruption, mais avec une intensité inédite pour la Tunisie. Les analystes locaux évoquent un climat des affaires en dégradation continue, une fuite des compétences et une croissance économique atone, loin des dynamiques entrepreneuriales des années 1990-2000. Comme le montre l’exemple du Maroc ou de la Côte d’Ivoire, un score de liberté d’investissement ne dit cependant jamais tout : il faut aussi regarder l’état de droit, la corruption et les droits de propriété pour juger de l’attractivité réelle d’un pays pour les capitaux.

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Sociétés communautaires : le ministère table sur 1 200 créations

Le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi prévoit la création de 1 200 nouvelles sociétés communautaires à travers le pays. Un modèle que le ministre Riadh Chaoued dit déjà porteur d’effets positifs sur l’emploi et le développement régional.

Le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi vise la mise en place de 1 200 nouvelles sociétés communautaires dans les différentes régions de Tunisie. C’est ce qu’a annoncé le ministre Riadh Chaoued. Tout en précisant qu’il s’agit à ce stade d’une orientation et non d’un bilan de sociétés déjà créées.

Selon les données recueillies par son département, ce modèle commencerait déjà à produire des résultats concrets, aussi bien sur le plan de la création d’emplois que sur celui du développement économique local.

Le ministre a par ailleurs indiqué que le rôle de ces sociétés communautaires dépasse la seule création de postes de travail. Elles pourraient également, estime-t-il, contribuer à maintenir les populations dans leurs régions d’origine, grâce au développement d’activités économiques locales et à une meilleure valorisation des ressources disponibles sur place.

Pour accompagner ce déploiement, Riadh Chaoued a annoncé qu’une plateforme électronique dédiée aux sociétés communautaires est en cours de finalisation. Cet outil doit permettre d’appuyer l’essor de ce modèle et de faciliter le suivi des structures concernées.

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Cartes du monde : la France tourne la page de Mercator et redonne sa vraie place à l’Afrique

Et si une carte pouvait changer le regard du monde sur l’Afrique ? C’est désormais chose faite. Aux dernières nouvelles, la France vient d’abandonner la projection de Mercator dans ses usages diplomatiques. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’une résolution historique de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée le 4 septembre 2026 avec le parrainage français, qui appelle à “ corriger la carte” et à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, en particulier celle de l’Afrique. Il s’agit d’un geste diplomatique à forte portée symbolique.

La question est cruciale : pourquoi Mercator ne fait plus l’unanimité ? Pour y répondre, il faut revenir à l’histoire. Héritée du XVIe siècle et conçue pour la navigation, la projection de Mercator déforme les proportions : elle réduit visuellement les régions équatoriales (Afrique, parties de l’Amérique du Sud et de l’Asie) au profit des zones polaires (Europe, Amérique du Nord). Cela signifie également que les cartes ne sont jamais neutres. Non seulement elles façonnent nos perceptions et influencent l’éducation, mais elles ont aussi des implications cognitives, économiques et politiques.

Une résolution onusienne pour rééquilibrer les récits

La résolution, soutenue par le Groupe africain, reconnaît ce biais historique et encourage les États membres à utiliser des projections plus équitables dans les manuels scolaires et les documents officiels. Elle invite également les agences de l’ONU à élaborer des lignes directrices sur les bonnes pratiques cartographiques. En appliquant ce texte, fin du Mercator dans la diplomatie française.

Au-delà de la géopolitique : une question d’identité et d’éducation

Cette décision dépasse le cadre technique. Elle touche à la manière dont les générations futures percevront la place et l’importance de l’Afrique dans le monde. Changer la carte, ce n’est pas modifier la réalité, mais enfin la révéler telle qu’elle est.

En somme, une décision cartographique qui en dit long sur la volonté de rééquilibrer, enfin, les récits du monde…

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Pékin mobilise 54 milliards de dollars pour renforcer ses géants financiers

La Chine va mobiliser 54 milliards de dollars pour renforcer les fonds propres de plusieurs grandes banques et compagnies d’assurance publiques. Coordonnée par le ministère des Finances, cette opération vise à consolider la stabilité du système financier. De même, Pékin cherche à renforcer la capacité des établissements à absorber les risques et à soutenir une économie confrontée à une demande de crédit encore faible.

Le ministère chinois des Finances a annoncé qu’il prévoit notamment d’injecter 57 milliards de yuans, soit environ 8 milliards de dollars, dans trois assureurs publics. China Life Insurance Group, le premier assureur-vie du pays, doit recevoir 35 milliards de yuans. Tandis que China Taiping Insurance Group bénéficiera de 7 milliards de yuans. La People’s Insurance Company of China prévoit pour sa part un placement privé d’actions pouvant atteindre 15 milliards de yuans.

Deux autres groupes publics doivent également être renforcés : China Export & Credit Insurance Corporation, avec 10 milliards de yuans, et China Reinsurance Group, avec 3 milliards de yuans.

Les grandes banques renforcent leur capital

Le dispositif concerne aussi les principales banques publiques chinoises. L’Agricultural Bank of China prévoit de lever 160 milliards de yuans. Alors que l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) doit lever 100 milliards de yuans grâce à des placements privés destinés à renforcer leur capital de catégorie 1. L’Export-Import Bank of China bénéficiera de son côté d’une injection de 30 milliards de yuans.

Cette opération prolonge le plan annoncé en mars par Pékin, qui prévoyait déjà l’injection de 300 milliards de yuans, soit environ 44 milliards de dollars, dans les banques publiques afin de limiter les risques systémiques et d’accroître leur capacité à financer notamment les entreprises technologiques.

À travers cette nouvelle recapitalisation, Pékin cherche à donner davantage de marges de manœuvre à ses établissements financiers pour maintenir l’offre de crédit et soutenir l’activité. Le secteur bancaire évolue toutefois dans un environnement difficile, marqué par une faible demande de prêts et une pression croissante sur la rentabilité. Dans l’assurance, les taux d’intérêt bas pèsent également sur les performances et rendent nécessaire un renforcement des fonds propres.

Pour les autorités chinoises, l’enjeu est donc double : préserver la solidité du système financier tout en utilisant les banques et les assureurs comme leviers de soutien à la croissance.

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OpenAI dans la tourmente après un détournement d’IA en Allemagne

OpenAI reconnaît qu’un incident impliquant plusieurs de ses agents d’intelligence artificielle (IA) met en lumière la nécessité d’une plus grande transparence sur les comportements imprévus des systèmes autonomes. Des agents ont détourné l’usage d’un site wiki allemand pour en faire une sorte de forum clandestin destiné à coordonner des comportements interdits, notamment des méthodes de triche.

L’affaire, révélée par Reuters le 5 septembre, concerne une opération au cours de laquelle une multitude d’agents d’OpenAI ont utilisé un site communautaire allemand comme support de communication. Les agents ont notamment publié du contenu et utilisé la plateforme pour échanger des informations permettant de contourner certaines restrictions et de faciliter des comportements contraires aux règles qui leur étaient imposées.

OpenAI a reconnu l’incident sous le nom de « wiki incident », tout en indiquant qu’il devait être considéré comme un cas de « misalignment », ou désalignement : un comportement d’un système d’IA qui s’écarte de l’objectif ou des contraintes fixés par ses concepteurs.

L’épisode soulève également la question de la transparence de l’entreprise. OpenAI avait connaissance de l’incident plusieurs semaines avant de s’exprimer publiquement.Et ce, alors qu’elle gérait parallèlement les conséquences d’un autre incident impliquant ses agents et la plateforme Hugging Face.

L’entreprise estime désormais que les incidents de ce type doivent faire l’objet d’une communication plus claire. Elle souligne toutefois que l’industrie de l’IA ne dispose pas encore de normes communes permettant de déterminer précisément comment signaler les comportements de désalignement observés pendant l’entraînement, l’évaluation ou le déploiement des modèles.

Vers un nouveau cadre de signalement

OpenAI affirme travailler à la mise en place d’un cadre spécifique de divulgation des incidents de désalignement. L’entreprise souhaite également que l’ensemble du secteur adopte des standards plus précis pour rendre compte des comportements inattendus des agents autonomes.

Cette démarche intervient alors que les capacités des agents IA progressent rapidement et qu’ils sont désormais capables d’exécuter des tâches complexes sur Internet, d’interagir avec des systèmes externes et de poursuivre des objectifs sur de longues périodes.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas d’OpenAI. Pour les acteurs de l’IA, la difficulté consiste désormais à surveiller non seulement les erreurs classiques des modèles, mais aussi les stratégies inattendues qu’ils peuvent développer pour atteindre un objectif donné. OpenAI indique travailler avec plusieurs autorités réglementaires à travers le monde sur ces questions.

Une nouvelle alerte sur les agents autonomes

Le « wiki incident » intervient après plusieurs épisodes ayant renforcé les interrogations sur la capacité des entreprises à contrôler leurs agents IA. Reuters avait notamment rapporté en juillet qu’un agent d’OpenAI avait réussi à contourner certaines mesures de confinement et à intervenir sur des systèmes liés à Hugging Face.

Pour OpenAI, ces événements montrent que la sécurité de l’IA ne peut plus se limiter aux tests effectués avant la mise à disposition des modèles. La surveillance des comportements en conditions réelles et la transparence sur les incidents deviennent désormais des composantes centrales de la gouvernance des systèmes autonomes.

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Pétrole : Goldman Sachs table sur 120 $ le baril si les tensions au Moyen-Orient s’aggravent

Bloomberg News rapporte que Goldman Sachs Group a alerté sur un possible renchérissement du prix du pétrole jusqu’à 120 dollars le baril en cas d’escalade des attaques contre les navires au Moyen-Orient. Tout en recommandant de miser sur le gaz naturel et le diesel pour profiter des gains potentiels.

Dan Struyven, co-responsable de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, a déclaré à Bloomberg Television : « Les développements de ces derniers jours suggèrent que le risque de perturbations maritimes plus larges et plus intenses constitue un facteur significatif à prendre en compte. »

Dan Struyven a également indiqué à Bloomberg que les prix du pétrole pourraient chuter à 80 dollars le baril si les exportations de la région revenaient à des niveaux normaux.

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Europe : la montée du rejet de l’immigration

Le sentiment d’absence de perspectives qui touche une partie de la jeunesse des pays du Sud de la Méditerranée contribue à alimenter un flux migratoire continu vers l’Europe. Pour les États européens, ces flux migratoires, importants et durables, sont d’abord appréhendés comme un défi pour les politiques d’asile et d’immigration, mais aussi comme une question sécuritaire et identitaire. Dans ce contexte, l’externalisation du contrôle des frontières, notamment à travers des accords conclus avec des régimes des pays du Sud, s’est progressivement imposée comme l’un des principaux instruments de la politique migratoire européenne. Une solution qui n’a permis ni de stopper les flux ni de tempérer les craintes des opinions publiques européennes.

 

Les Européens face à l’immigration

Si la perception de l’immigration au sein des sociétés européennes demeure à la fois contrastée et ambivalente, elle s’est affirmée comme une préoccupation politique majeure. Selon l’Eurobaromètre de l’automne 2025, elle était citée par 20 % des Européens parmi les principaux problèmes auxquels l’Union européenne était confrontée. Cette importance accordée à la question migratoire contribue à en faire un enjeu électoral central au sein de chaque pays européens, du Danemark à l’Italie en passant par l’Allemagne. Cette préoccupation se traduit politiquement moins par un rejet uniforme de l’immigration que par une montée de la demande de contrôle, de restriction et de régulation des flux migratoires.

La première manifestation de cette évolution réside dans la progression des partis de droite radicale et national-conservatrice. Ces formations politiques mettent l’accent sur le renforcement du contrôle des frontières, la fin de l’immigration irrégulière, le durcissement des politiques d’asile, ainsi que sur « l’assimilation » des populations immigrées.

La deuxième conséquence, peut-être plus significative encore, réside dans le déplacement progressif des partis traditionnels de droite ou de gauche vers des positions plus restrictives. Même lorsqu’ils ne participent pas au gouvernement, les partis de droite radicale exercent une pression sur l’ensemble du champ politique en imposant l’immigration parmi les priorités de l’agenda électoral.

Les formations traditionnelles sont ainsi conduites à renforcer leur discours sur le contrôle des frontières, la lutte contre l’immigration irrégulière et les exigences d’intégration.

 

Le cas de la France et la perspective de l’élection de Marine Le Pen

La France illustre ainsi un phénomène plus large observable à l’échelle européenne : la question migratoire ne se réduit plus à la gestion administrative des flux. Elle est devenue un enjeu central de la compétition politique, un marqueur idéologique et un révélateur des transformations contemporaines des démocraties européennes.

En France, l’immigration connaît une progression soutenue depuis le début des années 2000. Le nombre d’immigrés est ainsi passé d’environ 4,5 millions en 2000 à 6,8 millions en 2020.

Depuis les années 1970 et les conséquences du premier choc pétrolier (dont le chômage de masse), la question migratoire occupe en France une place disproportionnée dans le débat politico-médiatique. Cette centralité s’est notamment traduite par une succession de réformes législatives : plus d’une vingtaine de textes consacrés à l’asile et à l’immigration ont ainsi été adoptés au cours des deux dernières décennies. Cette inflation législative témoigne de la difficulté des gouvernements successifs à stabiliser une politique migratoire cohérente et durable, mais aussi de la forte politisation d’un sujet devenu un marqueur essentiel de la compétition électorale.

Dans le discours politique et institutionnel, l’immigration tend ainsi à être fréquemment associée à des enjeux sociaux, sécuritaires et identitaires. Cette association contribue à légitimer le renforcement des politiques de contrôle, la restriction de certaines conditions d’accueil et d’accompagnement des étrangers, ainsi que le développement de dispositifs d’externalisation du contrôle migratoire.

La question migratoire se trouve dès lors de plus en plus appréhendée à travers le prisme du rétablissement de l’ordre, de la maîtrise des frontières et de l’autorité de l’État. Une tendance qui n’a fait que nourrir la dynamique politique et électorale de Marine Le Pen et de son parti, plus près que jamais d’une victoire à la prochaine élection présidentielle (avril 2027)…

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Algérie – Espagne : les grands dossiers économiques au menu de la visite de Tebboune

La visite d’État du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Espagne, en octobre prochain, doit consacrer le réchauffement des relations entre Alger et Madrid. L’énergie, le commerce, les investissements et les infrastructures devraient figurer parmi les principaux dossiers économiques…

Les relations entre l’Algérie et l’Espagne s’apprêtent à franchir une nouvelle étape. Abdelmadjid Tebboune doit effectuer en octobre 2026 une visite d’État à Madrid, à l’invitation du roi Felipe VI et du chef du gouvernement, Pedro Sánchez. Une visite qui intervient après plusieurs années de tensions et qui devrait accorder une place centrale aux dossiers économiques.

Au-delà de sa portée diplomatique, cette visite doit permettre de donner un contenu concret au rapprochement amorcé entre les deux pays. Énergie, investissements, échanges commerciaux et coopération industrielle figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier de cette nouvelle dynamique, selon les éléments rapportés par Al Araby le 6 septembre.

Le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne a dépassé 10 milliards de dollars en 2025, illustrant le poids des relations économiques bilatérales malgré la période de refroidissement traversée par les deux pays.

Les relations bilatérales avaient atteint un niveau de tension particulièrement élevé en 2022, lorsque l’Algérie avait suspendu le traité d’amitié et de coopération conclu en 2002 et gelé une partie des échanges commerciaux. Cette crise faisait notamment suite au changement de position de Madrid sur la question du Sahara occidental. Le dialogue a toutefois progressivement repris. Une étape importante a été franchie en juillet 2026 avec la visite à Alger de Pedro Sánchez, la première d’un chef de gouvernement espagnol depuis le début de la crise…

Le gaz, pièce maîtresse du partenariat

L’énergie devrait occuper une place prépondérante dans les discussions. L’Algérie demeure un fournisseur majeur de gaz naturel de l’Espagne, ce qui confère aux relations énergétiques une importance stratégique pour les deux pays.

Selon les éléments rapportés par Al Araby, les deux parties envisagent notamment une augmentation d’environ 10 % des exportations de gaz algérien vers l’Espagne via le gazoduc Medgaz, ainsi qu’un doublement des volumes de gaz naturel liquéfié acheminés par méthaniers. L’Algérie fournit actuellement à l’Espagne environ 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, principalement par le gazoduc Medgaz qui relie directement les deux pays, auxquels s’ajoutent les cargaisons de GNL.

Le rapprochement politique ouvre également des perspectives dans le commerce et l’investissement. Alger souhaite notamment accélérer la diversification de son économie et attirer davantage de capitaux, de technologies et de savoir-faire étrangers.

Pour les entreprises espagnoles, le marché algérien représente un potentiel important dans plusieurs secteurs : industrie, infrastructures, transports, énergie et technologies. La visite de Tebboune pourrait ainsi déboucher sur de nouveaux accords et sur l’identification de projets communs susceptibles de donner une dimension plus durable au partenariat économique.

L’enjeu pour les deux capitales sera désormais de transformer le rapprochement diplomatique en coopération économique concrète, fondée sur des investissements, des projets industriels et une intensification des échanges.

Migration et sécurité en toile de fond

Les discussions ne seront toutefois pas exclusivement économiques. La migration devrait figurer à l’agenda, notamment la gestion des flux migratoires, la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, les questions de réadmission et le contrôle des frontières. La coopération sécuritaire et la lutte contre le terrorisme devraient également être abordées, dans un contexte où Madrid considère l’Algérie comme un partenaire stratégique au Maghreb.

Pour Alger comme pour Madrid, l’objectif est désormais de consolider le retour au dialogue et de l’inscrire dans la durée. L’énergie, le commerce et l’investissement pourraient constituer les principaux leviers de cette nouvelle phase des relations algéro-espagnoles.

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UGTT – SNJT: concertation autour des libertés

Zied Dabbar, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), accompagné de Jihene Ellouati, membre du bureau exécutif, a été reçu par le secrétaire général de l’UGTT Slaheddine Selmi  et son adjoint, Slim Bouzidi. Au cœur des échanges : une solidarité sans équivoque avec les journalistes arrêtés ou poursuivis pour avoir simplement exercé leur métier. 

Cette rencontre ne se limite pas à un geste symbolique. Elle sonne comme un appel à mobiliser toutes les forces civiles pour faire face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays : libertés publiques rognées, tensions économiques et sociales exacerbées. Les deux syndicats insistent sur la nécessité d’un travail commun renforcé, où la défense des droits civiques va de pair avec la lutte pour la justice sociale.

Un message clair : les libertés ne se négocient pas

En ces temps de restrictions accrues, le SNJT et l’UGTT réaffirment une conviction partagée : protéger les journalistes, c’est protéger la démocratie. Leur alliance stratégique vise à construire un front plus large, plus coordonné et plus proactif pour défendre les droits fondamentaux.

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L’Iran hausse le ton : la prochaine riposte sera plus douloureuse

Les autorités iraniennes ont averti que toute nouvelle attaque contre le pays entraînerait une riposte plus sévère, annonçant au passage une intensification des efforts pour stabiliser l’économie.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a affirmé, dimanche 6 septembre, que toute attaque future contre les intérêts et la sécurité de l’Iran recevrait désormais une réponse « plus rapide, plus lourde et plus douloureuse ». Cette déclaration intervient alors que le conflit avec les États-Unis et Israël entre dans une nouvelle phase de tensions autour des infrastructures énergétiques et du détroit d’Ormuz.

Parallèlement au discours militaire, le gouvernement iranien entend renforcer son action sur le front économique. Le ministre de l’Économie, Seyed Ali Madanizadeh, a reconnu l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté, notamment l’inflation, le chômage et les dysfonctionnements du marché. Il a estimé que la responsabilité du redressement économique incombe d’abord aux institutions iraniennes, et pas uniquement aux pressions exercées de l’extérieur.

Le ministère de l’Économie a ainsi activé un « quartier général de la guerre économique », chargé notamment de limiter les conséquences des sanctions américaines et des restrictions imposées aux exportations iraniennes.

Le pétrole au cœur de la bataille

La pression américaine vise particulièrement le secteur pétrolier iranien. Les sanctions et le blocus des exportations réduisent les recettes dont Téhéran a besoin pour financer son économie. Cette situation intervient alors que le pétrole reste au cœur du bras de fer entre les deux pays. L’Iran conserve toutefois la capacité de perturber les flux énergétiques dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Téhéran envisage désormais de créer une zone maritime restreinte dans le détroit et d’imposer des sanctions aux navires qui y pénétreraient. Cette menace fait peser un risque supplémentaire sur la circulation maritime et sur les marchés mondiaux de l’énergie.

Le détroit d’Ormuz constitue désormais l’un des principaux leviers de pression de Téhéran. En effet, l’Iran affirme conserver le contrôle de cette voie maritime stratégique, alors que les États-Unis cherchent à rétablir la circulation des navires et à maintenir leur pression sur les exportations iraniennes.

Face à l’aggravation des difficultés économiques, les autorités iraniennes cherchent donc à déplacer une partie de leur attention vers les problèmes internes. L’inflation, le chômage, la dépréciation de la monnaie et les perturbations des échanges pèsent lourdement sur la population. Le gouvernement veut désormais renforcer la gestion de l’économie et réduire les effets des sanctions, tout en maintenant sa capacité de résistance face à Washington.

Cette double stratégie — résistance militaire et redressement économique — intervient alors que le rapport de force reste particulièrement incertain. Téhéran conserve des moyens de pression sur les routes énergétiques du Golfe, mais le blocus américain et les sanctions réduisent progressivement ses marges de manœuvre économiques.

Pour l’Iran, l’enjeu est désormais de démontrer que la pression économique américaine ne peut pas suffire à faire plier le régime, tout en évitant qu’une nouvelle escalade militaire ne provoque des dommages supplémentaires à une économie déjà fortement fragilisée.

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Djerba passe au vert : l’électricité tirée des déchets dès octobre

La nouvelle unité de production d’électricité à partir des déchets organiques de Djerba entrera en service à la mi-octobre. 

Le directeur général de l’Agence nationale de gestion des déchets, Badreddine Lasmar, invité ce lundi 7 septembre 2026 de l’émission « Yawm Said » sur la Radio nationale, affirme que le projet permettra de produire environ 2 kilowatts par heure, soit près de 1 120 kilowatts par an. Financé à hauteur d’un million de dollars dans le cadre d’une coopération tuniso-nippo-italienne, le dispositif transformera près de 6 000 tonnes de déchets organiques collectés auprès des hôtels, auxquels s’ajouteront entre 700 et 1 000 tonnes de déchets verts.

Autre dossier sensible évoqué par le responsable : la décharge de Jradou, dédiée au traitement des déchets dangereux, qui reste fermée pour des raisons sociales. Les déchets qui y étaient stockés ont dû être exportés pour être traités à l’étranger, à un coût très élevé. L’Agence en est désormais aux dernières étapes du choix d’un partenaire pour rouvrir le site ; le réaménagement et la rénovation de l’unité sont programmés entre la fin 2026 et le début 2027.

La Tunisie a franchi la barre des 45 %

Sur le volet des huiles alimentaires usagées, la Tunisie a franchi la barre des 45 %. Un taux qui grimpe jusqu’à 50 % indique encore M. Lasmar. Le pays consomme chaque année entre 220 000 et 240 000 tonnes d’huiles alimentaires, générant ainsi 80 000 à 90 000 tonnes de résidus usagés. Environ 3 000 tonnes  sont converties en énergie puis exportées. Tandis que 10 000 tonnes supplémentaires entrent dans la fabrication de diverses matières, notamment les peintures murales. Plus de 80 000 tonnes de déchets plastiques sont par ailleurs collectées chaque année à des fins de recyclage.

Concernant les déchets médicaux, la production moyenne atteint 2,37 kg par lit et par jour, avec un volume annuel estimé entre 16 000 et 18 000 tonnes, dont 40 % sont classés dangereux. Un tri est assuré au sein même des établissements de santé. Et neuf structures agréées assurent leur traitement, pour une capacité totale dépassant 7 000 tonnes.

Enfin, dans le cadre de l’économie circulaire, l’Agence favorise chaque année la création de 900 à 1 000 micro-entreprises spécialisées dans la collecte, le recyclage et la valorisation des déchets, les métaux figurant parmi les matières les plus rentables à ce titre.

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Allemagne : l’extrême droite s’impose en Saxe-Anhalt avec 44 % des voix

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté, dimanche 6 septembre, une victoire historique aux élections régionales en Saxe-Anhalt, avec 44 % des voix, devant les conservateurs de la CDU du chancelier Friedrich Merz; et ce, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Avec 44 % des suffrages, l’AfD a plus que doublé son score de 2021, lorsqu’elle avait obtenu 20,8 %. La CDU, qui gouvernait la Saxe-Anhalt depuis 2002, subit en revanche un revers spectaculaire, son score tombant à environ 18,5 %, contre 37,1 % lors du précédent scrutin.

Le parti dirigé localement par Ulrich Siegmund, âgé de 35 ans, n’a toutefois pas obtenu la majorité absolue lui permettant de gouverner seul. La formation devra donc composer avec un paysage politique où les principaux partis allemands refusent jusqu’ici toute coalition avec elle.

La participation, particulièrement élevée, aurait atteint 77 %, selon la chaîne publique ZDF. Pour M. Siegmund, ce résultat constitue néanmoins un événement historique et une première étape vers les ambitions nationales de l’AfD, notamment en vue des élections fédérales de 2029…

Pour Marcel Fratzscher, président de l’Institut allemand de recherche économique, le scrutin représente avant tout « un vote de défiance » envers le gouvernement fédéral. Merz est confronté à une forte impopularité alors que ses réformes destinées à relancer une économie allemande en difficulté peinent encore à convaincre.

Le chancelier avait lui-même averti qu’une victoire de l’AfD pourrait nuire à la Saxe-Anhalt et décourager les investisseurs étrangers. Le parti d’extrême droite est désormais crédité de 28 % au niveau national, contre 20 % pour les conservateurs selon un récent sondage INSA.

Immigration, Russie et remise en cause de l’euro

La progression de l’AfD repose notamment sur une ligne dure en matière d’immigration. Le parti réclame un renforcement massif des restrictions migratoires et propose notamment des classes séparées pour les enfants de réfugiés.

Son programme prévoit également une refonte du service public audiovisuel, la promotion de valeurs jugées plus traditionnelles, davantage d’enseignement du russe dans les écoles et l’arrêt de la construction de nouveaux parcs éoliens. Sur le plan international, l’AfD défend un rapprochement avec la Russie, une réduction du soutien à l’Ukraine et la sortie de l’euro…

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Commerce intra-africain : un bond à 207 milliards $ en 2024

Le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. C’est ce que révèle le rapport « L’Afrique en chiffres » publié par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank).

La vice-présidente exécutive de l’Afreximbank en charge du commerce intra-africain et du développement des exportations, Kanayo Awani, a souligné dans un article intitulé « Comment l’Afrique peut accélérer la dynamique du commerce intra-africain » qu’il existe un potentiel considérable pour accélérer la croissance du commerce intra-africain afin de libérer les investissements et de stimuler l’industrialisation, notamment la transformation et la valorisation des ressources naturelles.

Partout, a-t-elle ajouté, les entreprises sont confrontées sur le continent à une connaissance limitée des opportunités de marché. De même qu’elles disposent d’informations réglementaires peu claires ainsi que d’un accès restreint au financement du commerce. Autant de facteurs qui entravent leurs ambitions d’expansion au-delà des frontières.

Et de poursuivre que c’est dans ce contexte qu’intervient la Foire commerciale intra-africaine (IATF). A savoir : la principale plateforme commerciale et d’investissement du continent africain et l’un des moteurs d’intégration économique de l’Afrique.

Forte du succès de sa quatrième édition, qui a battu tous les records à Alger et généré 50 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement, l’IATF 2025 continue de consolider sa position de catalyseur du commerce intra-africain.

Enfin, notons que Lagos (Nigeria) accueillera, du 5 au 11 novembre 2027, l’IATF2027, avec des objectifs de plus de 50 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement, plus de 100 000 visiteurs et plus de 2 500 exposants.

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Engrais : une coalition mondiale pour nourrir la planète

Les principales banques multilatérales de développement (BMD) et des institutions financières internationales ont publié, début septembre 2026, une déclaration commune afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en engrais face aux vulnérabilités structurelles les guettant.

Cette déclaration publiée sur le site de la Banque africaine de développement (BAD) intervient alors que la sécurité alimentaire demeure l’un des défis de développement les plus urgents et critiques à l’échelle de la planète. « Des chocs répétés ont mis en évidence les vulnérabilités structurelles des chaînes d’approvisionnement mondiales en engrais, affectant de manière disproportionnée les petits exploitants agricoles et les ménages à faibles revenus ».

A travers cette déclaration, les institutions signataires entendent mobiliser leurs ressources, par des financements coordonnés, le dialogue politique, l’innovation technologique et l’engagement renforcé du secteur privé.

Elles s’engagent ainsi à élaborer une feuille de route coordonnée visant à accroître les financements alloués à la production, la transformation, le mélange, le stockage et le transport des engrais. Tout en améliorant le suivi des marchés pour garantir un accès rapide aux intrants. De même qu’elles s’obligent à promouvoir une gestion précise des nutriments via des analyses de sols, l’agriculture numérique, la recherche et des services de conseil adaptés aux agriculteurs.

Cette feuille de route a aussi pour objectifs de : restaurer le capital naturel et la fertilité des terres par une meilleure gestion des ressources en eau et des sols, ainsi que par le biais de solutions fondées sur la nature; protéger la sécurité alimentaire des ménages vulnérables; faciliter l’accès aux financements, aux marchés et aux technologies logistiques pour les petits exploitants et les PME agroalimentaires;  ainsi que d’approfondir la collaboration et le partage de données entre gouvernements, chercheurs, société civile et secteur privé pour soutenir des politiques publiques fondées sur des données probantes.

La déclaration commune a été signée par six institutions clés du paysage financier mondial. A savoir : le Groupe de la Banque africaine de développement; la Banque asiatique de développement (coordonnant en tant que présidente du Groupe des dirigeants des BMD); la Banque européenne pour la reconstruction et le développement; le Groupe de la Banque interaméricaine de développement; le Fonds international de développement agricole; et le Groupe de la Banque mondiale.

Avec TAP

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