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Netanyahu, Trump et « la mafiosisation du monde »

A trois jours des élections, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, se déchaine en Cisjordanie qui est en train de subir le même sort que Gaza, mais à un rythme beaucoup plus lent. Ce déchainement contre la population palestinienne de Cisjordanie est l’ultime « atout » qu’il s’accorde pour accroître ses chances dans le scrutin du 27 octobre. Un scrutin d’une importance vitale pour lui : soit il gagne – et il échappera quatre années supplémentaires à la justice -, soit il perd – et il terminera ses jours en prison.

Le prétexte de Netanyahu est l’attaque d’activistes palestiniens à Hébron dans le sud de la Cisjordanie dans laquelle deux soldats israéliens ont été tués. C’était suffisant pour qu’il annule ses meetings électoraux et se déplace le vendredi 23 octobre dans cette ville où il annoncé : « Le ministre de la Défense et moi-même envisageons une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours » (juin 1967).

Pour deux soldats morts, le génocidaire a ordonné « le bouclage total » de la Cisjordanie et l’évacuation du quartier où habitaient les activistes qui les ont tués en vue de sa destruction. L’armée israélienne a donné juste cinq minutes aux habitants d’un immeuble de trois étages pour évacuer les lieux… Médias et réseaux sociaux ont diffusé les images du bulldozer qui s’activait à détruire l’immeuble avec ses meubles. Que peuvent emporter les habitants en cinq minutes !

Dans les minutes qui ont suivi l’attaque, l’information que deux soldats israéliens ont été tués à Hébron a fait le tour du monde. Qui sait que depuis le 7 octobre 2023, « au moins 1 113 Palestiniens ont été tués » dans la même ville par la soldatesque israélienne, selon un décompte de l’Agence France Presse ? Nul, et encore moins les Palestiniens, ne sera étonné de l’indifférence du monde à l’égard du déchainement du criminel de guerre et génocidaire Premier ministre israélien et de ses menaces de mener « une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours ».

Il n’a pas été inquiété quand il a transformé Gaza en un immense champ de ruines et a enterré des dizaines de milliers de ses habitants (bébés, enfants, jeunes et vieux) sous les décombres. Pourquoi le serait-il aujourd’hui quand la haine démentielle contre les Palestiniens qui l’étouffe se tourne vers la Cisjordanie ?

Mais avant que Netanyahu ne fasse de la Cisjordanie une carte électorale, la population palestinienne, de Ramallah au nord à Hebron dans le sud, en passant par Naplouse, Jénine et Tulkaram, a vu sa vie se transformer en enfer par les hordes de colons enragés.

Protégés par l’armée, les colons se déchainent quasi-quotidiennement en Cisjordanie. Leurs incursions criminelles visent les personnes, leurs habitations, leurs terres agricoles, leurs récoltes, leurs animaux… En un mot, ils font tout pour pousser la population palestinienne vers la rive est du Jourdain…

La question que tout un chacun se pose aujourd’hui est la suivante : que faut-il de plus pour que le génocide de Gaza et le nettoyage ethnique de Cisjordanie pour que les puissances occidentales se résolvent enfin à tenir en laisse le chien enragé qu’ils ont lâché en Palestine il y a près de huit décennies ? Cette question d’une importance vitale restera sans réponse pour une raison très simple : les élites gouvernantes de part et d’autre de l’Atlantique se soucient comme d’une guigne des Palestiniens et des horreurs qui leur sont infligées sur une base quotidienne.

Et quand il arrive à ces élites de réagir, leur réaction a toutes les caractéristiques d’une mauvaise blague. Une douzaine de pays européens et le Canada ont, le plus sérieusement du monde, annoncé fin septembre « l’interdiction d’importer les produits issus des colonies ». En d’autres termes, c’est la montagne qui accouche d’une souris…

Pour dire les choses autrement, dans ce monde où le seul droit qui vaille est celui de la force, les Palestiniens et les peuples à travers le monde qui souffrent des injustices et des pillages n’ont rien à attendre des élites gouvernantes occidentales. A voir ce qui se passe en France, en Belgique, en Italie et ailleurs en Europe, ces élites ne se soucient même pas des problèmes de leurs peuples. Comment s’étonner qu’elles restent de glace face au génocide, au nettoyage ethnique et autres horreurs ?

Il y a quinze ans, le juge anti-mafia, Roberto Scarpinato, parlait de « la mafiosisation du monde », un concept par lequel il décrit un phénomène où les méthodes des organisations criminelles se généralisent au sein du pouvoir politique et économique mondial.

Scarpinato estime aujourd’hui que « ce qui se pratiquait autrefois dans l’ombre et en secret par des mafias se produit désormais au grand jour, sans hypocrisie ni justification, selon la logique mafieuse « je veux ta maison, je veux ta terre, je veux tes biens. Si tu ne me les donnes pas, je te tue. »

C’est ce que fait Netanyahu en Palestine, au Liban et en Syrie. C’est ce que fait Trump au Venezuela et en Iran.

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Tribune – La réforme des banques publiques à l’épreuve de l’exécution du Plan 2026-2030

La réforme des banques publiques tunisiennes ne peut plus être appréciée à la seule aune des investissements informatiques, des nouveaux services numériques ou des opérations de restructuration financière. Son véritable critère de réussite réside dans sa capacité à améliorer durablement le financement de l’économie, la qualité du service rendu aux entreprises et aux citoyens, la maîtrise des risques et la performance des établissements.

 

Avec le Plan de développement 2026-2030, approuvé par la loi n° 2026-16 du 20 juillet 2026, la Tunisie dispose d’un cadre stratégique pluriannuel. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 14 octobre 2026 et transmis à la Commission des finances et du budget le 16 octobre, ouvre désormais une nouvelle séquence : celle de la traduction des orientations économiques en résultats vérifiables. Il demeure, à cette date, en cours d’examen parlementaire.

Dans cette perspective, la réforme des banques publiques constitue un chantier structurant. Elle engage simultanément la gouvernance, le modèle économique, les systèmes d’information, les compétences et la capacité des établissements à accompagner les priorités nationales de développement.

 

De la stratégie à une obligation de résultats

Le premier enjeu est de sortir d’une conception fragmentée de la réforme. Une banque peut renouveler son système informatique, dématérialiser ses procédures et multiplier les canaux digitaux sans améliorer sensiblement la qualité de ses décisions de crédit, ses délais de traitement ou sa capacité à financer les entreprises productives.

La transformation numérique ne constitue donc pas une finalité autonome. Elle doit servir une stratégie économique explicite, déclinée en objectifs mesurables et en responsabilités clairement établies.

Pour les banques publiques, cette exigence implique de rapprocher trois dimensions trop souvent traitées séparément : la performance financière, la qualité du service et la contribution au développement économique. La rentabilité demeure indispensable à la pérennité des établissements, mais elle doit être appréciée avec la qualité du portefeuille de crédits, le coût du risque, la mobilisation de l’épargne, l’efficacité opérationnelle et la capacité à financer des projets économiquement viables.

Cette approche suppose également de distinguer les missions commerciales des éventuelles missions d’intérêt général confiées aux banques. Lorsqu’une intervention répond à un objectif public spécifique, ses finalités, ses modalités de financement et ses résultats attendus doivent être identifiés. La transparence de ces engagements protège à la fois les établissements, les finances publiques et les bénéficiaires.

Qui pilote la réforme ?

La réussite d’une transformation de cette ampleur dépend d’abord de la clarté du dispositif de pilotage. L’État actionnaire fixe les orientations stratégiques relevant de ses prérogatives, précise les attentes en matière de performance et veille à la cohérence entre les objectifs assignés aux banques et les priorités du Plan 2026-2030. Le ministère des Finances, à travers les structures compétentes, doit assurer le suivi des participations publiques et contribuer à la coordination des objectifs fixés aux établissements concernés. Les conseils d’administration ont, pour leur part, la responsabilité de traduire ces orientations en stratégies bancaires cohérentes, d’approuver les plans d’affaires et les investissements structurants, de suivre les risques et d’évaluer les résultats des directions générales. Leur rôle ne peut se limiter à valider périodiquement des documents : il doit s’exercer dans le suivi effectif des engagements et dans l’examen des écarts entre objectifs et réalisations.

Les directions générales assurent ensuite l’exécution. Elles doivent transformer les orientations en programmes opérationnels, mobiliser les ressources nécessaires, organiser la conduite du changement et rendre compte des résultats. Cette répartition des rôles ne signifie pas que l’État actionnaire se substitue aux organes de gestion. Elle vise, au contraire, à établir une chaîne de responsabilité lisible, respectueuse des compétences de chaque acteur et des exigences de supervision bancaire.

La Banque centrale de Tunisie conserve ses prérogatives de supervision prudentielle et de contrôle du respect du cadre réglementaire. La réforme ne saurait donc confondre pilotage de l’actionnariat public, gestion bancaire et supervision prudentielle. L’enjeu est d’éviter deux écueils : des orientations stratégiques sans traduction opérationnelle et des projets internes dont les objectifs ne sont pas suffisamment reliés aux priorités économiques.

 

Des contrats d’objectifs à des engagements mesurables

La déclinaison opérationnelle de la réforme pourrait s’appuyer sur des contrats d’objectifs pluriannuels entre l’État actionnaire et les banques publiques, complétés par des plans de transformation approuvés et suivis par leurs conseils d’administration. Ces contrats devraient préciser les objectifs, les indicateurs, les échéances, les moyens mobilisés et les modalités de reddition des comptes. Ils devraient également établir une situation de référence permettant de comparer les progrès accomplis, plutôt que de se limiter à des engagements généraux.

Quatre dimensions méritent une attention particulière. La première concerne la performance financière et la solidité des établissements : rentabilité durable, évolution du coût du risque, qualité des actifs, maîtrise des charges et adéquation des fonds propres aux exigences applicables.

La deuxième porte sur le financement de l’économie réelle : évolution des financements accordés aux petites et moyennes entreprises, accompagnement de l’investissement productif, traitement des demandes de crédit et qualité du suivi des engagements. Les résultats doivent être appréciés en tenant compte du risque, de la viabilité des projets et des conditions de financement, et non au seul regard des volumes distribués.

La troisième concerne la qualité du service : réduction des délais de traitement, simplification des démarches, fiabilité des opérations, accessibilité des services et résolution des réclamations. Les indicateurs doivent être comparables dans le temps et, lorsque cela est pertinent, entre établissements.

La quatrième porte sur la transformation technologique et humaine : disponibilité des systèmes, maîtrise des risques opérationnels et cybernétiques, qualité des données, interopérabilité des applications, évolution des compétences et adoption effective des nouveaux processus.

Ces indicateurs devraient être associés à des cibles annuelles, à des responsables identifiés et à des mécanismes de correction. Un tableau de bord périodique, consolidé au niveau de l’actionnaire public tout en préservant les responsabilités propres à chaque banque, permettrait de suivre les réalisations, les retards et les mesures correctives. La publication d’une synthèse des résultats, dans le respect du secret bancaire et des informations commercialement sensibles, renforcerait la transparence et permettrait d’évaluer la réforme sur des éléments concrets.

 

Le numérique : un levier de transformation du modèle bancaire

La modernisation technologique ne produit des gains durables que lorsqu’elle transforme les processus de bout en bout. La mise à niveau des systèmes de banque centrale — ou Core Banking —, l’ouverture sécurisée des services par des interfaces de programmation (API), la fiabilisation des données et l’automatisation des opérations doivent être conçues comme les composantes d’une même architecture cible. Leur valeur dépend de leur capacité à réduire les ruptures de traitement, à améliorer la qualité de l’information et à accélérer les décisions.

La digitalisation d’un processus inefficace ne fait souvent que déplacer sa complexité vers un autre canal. Il convient donc de revoir les circuits de décision, les responsabilités opérationnelles et les contrôles avant de généraliser l’automatisation. L’exploitation des données peut également améliorer la connaissance des entreprises, le suivi des risques et l’évaluation des besoins de financement. Les outils analytiques et, lorsque leur usage est justifié et maîtrisé, les solutions d’intelligence artificielle peuvent contribuer à la détection des anomalies, à l’analyse des dossiers et à la personnalisation des services. Leur déploiement doit toutefois s’accompagner de contrôles, de traçabilité, de sécurité et d’une supervision humaine adaptée.

La souveraineté numérique représente ici un enjeu de gouvernance autant que de technologie. La localisation et les conditions d’hébergement des données, la maîtrise des accès, la réversibilité des solutions, la dépendance aux fournisseurs et la continuité des activités doivent être évaluées au regard des exigences légales, prudentielles et opérationnelles applicables. L’objectif n’est pas de privilégier une solution par principe, mais de garantir la maîtrise des risques et la capacité de la banque à conserver le contrôle de ses fonctions critiques.

Enfin, aucun programme numérique ne peut réussir durablement sans investissement dans le capital humain. Les compétences informatiques, la maîtrise des données, la gestion des risques, la conduite du changement et la formation des équipes commerciales doivent évoluer au même rythme que les outils.

 

Le financement de l’économie, critère décisif

La réforme des banques publiques prend tout son sens lorsqu’elle améliore la capacité de financement des projets productifs. Cela suppose de mieux articuler l’analyse du risque bancaire avec les caractéristiques des entreprises, leurs perspectives d’activité et leurs besoins réels. La qualité des informations financières, l’accompagnement des PME, la simplification des procédures et le suivi des crédits constituent des leviers complémentaires.

Les banques publiques ne peuvent cependant se substituer à l’ensemble des instruments de politique économique. Le financement d’un projet doit reposer sur une évaluation rigoureuse de sa viabilité, de ses risques et de ses perspectives de remboursement. Lorsqu’une politique publique poursuit un objectif particulier, les mécanismes de soutien correspondants doivent être clairement définis et leur coût rendu lisible.

Une réforme efficace doit ainsi permettre de concilier trois exigences : soutenir l’investissement productif, préserver la solidité des banques et améliorer l’accès au financement dans les territoires et les secteurs qui en ont besoin. La performance ne se mesure donc pas uniquement au nombre de crédits accordés ou au volume des investissements numériques. Elle se mesure aussi à la capacité des financements à contribuer à la création de valeur, à la pérennité des entreprises et à une meilleure allocation des ressources.

 

Le PLF 2027, une étape dans une trajectoire pluriannuelle

Le projet de loi de finances pour 2027 doit être replacé dans une trajectoire qui dépasse l’exercice budgétaire annuel. Le Plan 2026-2030 appelle un suivi régulier des politiques, programmes et projets de développement. La réforme des banques publiques devrait s’inscrire dans cette logique de continuité, avec des objectifs cohérents d’une année à l’autre et une évaluation des résultats obtenus.

Il importe, à cet égard, de distinguer les mesures effectivement inscrites dans les textes adoptés des dispositions encore proposées dans le projet de loi de finances. L’examen du PLF 2027 doit permettre d’identifier les leviers budgétaires et réglementaires mobilisables, sans présumer de l’adoption définitive de ses dispositions.

L’enjeu est de construire une méthode d’exécution. Celle-ci devrait associer une situation de référence, des objectifs annuels, un calendrier de réalisation, des responsabilités clairement réparties et un dispositif d’évaluation permettant de corriger les écarts. Les projets technologiques devraient être suivis selon leurs coûts, leurs délais, leurs risques et leurs bénéfices effectivement constatés, plutôt qu’au seul regard de leur livraison technique.

Un bilan périodique de la réforme permettrait ainsi de distinguer les moyens engagés des résultats obtenus, et les réalisations ponctuelles des transformations réellement durables. La réforme des banques publiques ne se résume finalement ni à une opération de restructuration ni à un programme informatique. Elle exige une gouvernance cohérente, une exécution disciplinée, des compétences adaptées et une évaluation fondée sur des résultats vérifiables. La modernisation numérique crée des capacités ; la gouvernance organise leur mobilisation ; l’exécution transforme ces capacités en valeur économique.

C’est à cette dernière étape que se mesurera la contribution effective des banques publiques aux ambitions du Plan 2026-2030.

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Le budget santé d’Algérie s’élèvera à 8,2 milliards de dollars en 2027

Le gouvernement algérien prévoit d’allouer 8,2 milliards de dollars au secteur de la santé en 2027. Le projet budgétaire prévoit la réalisation et la modernisation d’infrastructures hospitalières, ainsi que la création de plus de 28 000 postes.

L’Algérie prévoit de renforcer les moyens consacrés à son système de santé. Le budget du secteur devrait atteindre 8,2 milliards de dollars en 2027, contre environ 7,5 milliards en 2026, rapporte L’Expression citant les données publiées par l’agence de presse officielle APS. Le projet de budget prévoit notamment de nouveaux investissements hospitaliers, l’acquisition de médicaments et d’équipements médicaux, ainsi que le recrutement de personnels supplémentaires…

Plus de deux milliards de dollars seraient consacrés aux programmes de prévention et de soins. L’enveloppe destinée à l’achat de médicaments et de fournitures médicales auprès de la Pharmacie centrale des hôpitaux atteindrait 1,3 milliard de dollars, en progression de près de 53 % sur un an. Une partie des crédits doit financer l’achat de vaccins, de sérums et de réactifs de laboratoire.

La lutte contre le cancer figure elle aussi parmi les priorités budgétaires. Le dispositif prévoit un renforcement des financements destinés aux traitements, ainsi que des mesures visant à faciliter l’importation d’équipements de radiothérapie, l’approvisionnement en pièces de rechange et le transfert de technologies médicales. L’objectif vise à améliorer la prise en charge des patients et de réduire les délais d’attente.

Des défis de mise en œuvre

Au-delà des montants annoncés, la mise en œuvre des projets et la répartition des moyens entre les régions restent des enjeux majeurs. Lors des débats parlementaires, des députés ont demandé une accélération des chantiers, un meilleur approvisionnement des hôpitaux en équipements et une coordination renforcée entre les administrations concernées.

Ils ont également souligné le manque de médecins radiologues dans certains établissements et la nécessité de développer les services de proximité afin de limiter la pression sur les hôpitaux des grandes villes.

Le gouvernement mise ainsi sur l’investissement, le recrutement et la modernisation de la gestion pour améliorer les services de santé. Les résultats dépendront toutefois de la capacité à exécuter les programmes, à assurer la disponibilité des médicaments et à répartir plus équitablement les ressources sur l’ensemble du territoire.

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Taux d’intérêt à long terme : anatomie d’un trend haussier

Une hausse de l’ordre de 100 points de base a touché les taux longs de tous les grands pays de l’OCDE. Un marché obligataire lourdement déstabilisé par les craintes liées aux tensions sur le prix du pétrole, les risques inflationnistes qui en résultent et les niveaux alarmants de la dette publique. La hausse des taux longs américains risque d’atteindre 6% pour la première fois en 26 ans.

La France, quant à elle, emprunte, aujourd’hui, à des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la Grèce (13 octobre 2026 : 4,83% sur l’OAT française à 10 ans contre 4,36% pour l’obligation grecque de même maturité) !? Dérapage budgétaire oblige.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des taux. Les anticipations inflationnistes alimentées par les tensions géopolitiques et leurs retombées sur le cours des hydrocarbures, la hausse de la facture des frets maritimes et la flambée des prix des produits alimentaires sont autant de facteurs qui nourrissent les anticipations inflationnistes et poussent les taux longs à la hausse.

 

L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement.

 

La montée des besoins de financement alourdit la dette. Le recours croissant aux marchés financiers, soit pour servir la dette, soit pour financer la transition écologique, génère une dégradation des ratios d’endettement et davantage de tensions sur les taux d’intérêt.

L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement. Les investisseurs du secteur sont prêts à avaler toutes les couleuvres de la hausse des taux d’intérêt, du moment que les gains de productivité débouchent sur des niveaux de rentabilité élevée.

Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser. Cerise sur le gâteau, un contexte bourré d’incertitudes, obligeant les investisseurs à exiger une prime (un spread) majorant les taux d’intérêt pour accepter de prêter à long terme. De ce fait, davantage de montée des taux et de durcissement des conditions de financement pour les économies piégées dans les méandres de la soutenabilité de la dette.

 

Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser.

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Cette tribune est parue dans le numéro 956 de L’Economiste Maghrébin du 21 octobre au 4 novembre 2026.

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L’édito de Hédi Mechri : Tunisair, entre atterrissage en catastrophe et improbable décollage!

Tunisair, qui défraie actuellement la chronique, est un cas d’école gravé dans le marbre. Sa chute est plus brutale et plus rapide que ne le fut son indéniable ascension. Elle a été dès sa naissance, dans la foulée de la proclamation de l’Indépendance, la figure emblématique du pays. Elle rayonnait en dépit de la modicité de sa flotte comparée aux mastodontes mondiaux qui sillonnaient l’univers. Elle était tout à la fois une légende vivante, le symbole d’affirmation d’un sentiment national et la démonstration de notre volonté d’évoluer dans la cour des grands. Un vrai pari sur l’avenir qui a tenu toutes ses promesses, au point de tourner en dérision les thèses qui vantaient à l’époque les vertus des économies d’échelle et l’hégémonie de l’effet taille. Tunisair était l’illustration du « small is beautiful » dès lors qu’il y a un pilote dans l’avion.

 

Tunisair était l’illustration du « small is beautiful » dès lors qu’il y a un pilote dans l’avion … Au fil des ans, elle s’est structurée de telle sorte qu’elle pouvait se comparer aux majors sur tous les plans. La ponctualité dans les dessertes qui préparaient et anticipaient l’ouverture du pays sur le monde ne souffrait aucune défaillance.

 

La compagnie nationale a vu défiler des patrons de grande envergure qui ont porté haut et fort l’étendard des couleurs nationales. Elle rivalisait avec les meilleurs entre ciel et terre. Au fil des ans, elle s’est structurée de telle sorte qu’elle pouvait se comparer aux majors sur tous les plans. Et pour cause ! La ponctualité dans les dessertes qui préparaient et anticipaient l’ouverture du pays sur le monde ne souffrait aucune défaillance. Le département technique pour réparation et maintenance était crédité de tous les labels de qualité. Les services à bord faisaient l’objet d’une attention particulière tout à l’honneur de la compagnie. À terre, le handling, sans être un modèle du genre, était dans les normes, sans susciter ressentiments et reproches des passagers. C’était il y a… une éternité !

 

La compagnie a connu par le passé quelques hoquets, traversé des zones de turbulence pour en ressortir aussitôt plus déterminée à poursuivre son ascension. Elle avait un projet d’avenir digne de son passé, un plan de développement à l’égal de l’ambition du pays. Elle affichait haut et fort sa volonté d’aller chercher la croissance là où elle se trouve, en accompagnant notamment les acteurs économiques en quête de nouveaux marchés, celui du tourisme en tête. 

 

Bravant les obstacles, sûre et conquérante, elle était victime de son propre succès qui ne semblait pas avoir de limites. L’euphorie du moment était, à l’évidence, mauvaise conseillère, qui a nui à sa mobilité et à son agilité en forçant sur le recrutement de personnel sans qu’on y prenne garde en raison de l’éclat de ses états financiers et des opportunités de développement.

 

Bravant les obstacles, sûre et conquérante, elle était victime de son propre succès qui ne semblait pas avoir de limites. L’euphorie du moment était, à l’évidence, mauvaise conseillère, qui a nui à sa mobilité et à son agilité en forçant sur le recrutement de personnel sans qu’on y prenne garde…

 

L’onde de choc de la révolution de décembre 2010-janvier 2011 fut le point de bascule, effaçant d’un coup tous les efforts et tentatives de stabilisation et de restructuration. Tunisair était livrée à elle-même et dut subir une déferlante revendicative d’une puissance inouïe. Qui l’a plongée dans le rouge vif, dans la zone de tous les dangers. Depuis, la compagnie ne s’est jamais remise de ce traumatisme qui l’a clouée au sol. L’apocalypse now : une armada de salariés pour une flotte réduite à moins d’une dizaine d’appareils. Une hypertrophie d’effectif par avion comparé aux normes mondiales. De quoi faire couler le Titanic. Le staff managérial n’a plus la main sur l’entreprise, partie à la dérive sans que les nouveaux maîtres de la scène politique, à l’incompétence avérée et assumée, s’en soucient ou  s’en alarment.

 

Depuis, c’est la descente aux enfers. La compagnie n’a plus la force pour décoller de nouveau, écrasée sous le poids du sureffectif, des déficits et de l’endettement. La pandémie de Covid-19, qui a mis en 2021-2022 l’économie sous cloche, n’a fait que précipiter son déclin.

Ironie de l’histoire : la société, qui naguère affichait des résultats d’exploitation à faire pâlir d’envie les entreprises, a sombré au fond des abîmes. Elle n’était plus en capacité de payer ses fournisseurs et ses créanciers, au point qu’un grand nombre de ses avions étaient cloués au sol faute de maintenance. Tunisair était à l’agonie, étranglée par les déficits et privée de liquidités, abîmée par des prestations de services peu dignes d’une compagnie de son rang, du moins celui qui était de sien.

 

Ironie de l’histoire : la société, qui naguère affichait des résultats d’exploitation à faire pâlir d’envie les entreprises, a sombré au fond des abîmes. Elle n’était plus en capacité de payer ses fournisseurs et ses créanciers, au point qu’un grand nombre de ses avions étaient cloués au sol faute de maintenance.

 

Figure de proue et fierté nationale dans un passé pas très lointain, Tunisair traîne au plus bas du tableau du classement mondial. Elle est devenue la risée de tout le monde et la honte du pays, qui s’offusque et s’indigne de ses déboires. Elle est tombée dans un état comateux, de mort cérébrale, entraînant dans sa chute l’activité touristique tout en écornant l’image du pays, qui ne se porte pas mieux du reste. 

Chronique d’une mort annoncée. Il n’y avait pourtant aucune fatalité à l’échec. Mais c’était sans compter l’arrogance, l’irresponsabilité et l’hégémonie des syndicats ouvriers qui se sont arrogé le pouvoir de décision face au détachement et à l’éclipse de l’État, devenu le champ clos de luttes politiques pour le pouvoir. À l’évidence, l’État est de retour, laissant les syndicats sans voix, sans que cela provoque un choc salutaire et le redressement de l’entreprise qui n’en finit pas de s’interroger sur sa propre destinée. Ni privatisation partielle ou totale ni restructuration sous la houlette de l’État, qui remettra la compagnie sur une nouvelle orbite, une nouvelle trajectoire de croissance. Au lieu de quoi, l’inaction domine et s’érige en règle de conduite. La détérioration se lit dans les statistiques : le mal s’aggrave et le coût du redressement est de plus en plus inaccessible.

 

Privée d’oxygène et en mal de respiration, la compagnie n’est même plus en mode de survie dans un marché qui lui offre pourtant la possibilité de développement. Et ce n’est pas le moindre de nos paradoxes quand on sait que des prétendants de réputation mondiale multipliaient les signaux, pour une prise de participation stratégique conséquente dans le capital de la compagnie. Tunisair fut privée des moyens et des leviers financiers de son développement. On lui a coupé les ailes et éloigné l’idée de faire de la Tunisie, au regard de son positionnement géostratégique, un hub mondial dans la galaxie du transport aérien.

 

D’autres voies de redressement sont possibles et même souhaitables sous l’égide de l’État si tant est qu’il en ait les moyens, l’envie, la volonté, l’ambition et les compétences pour entreprendre une opération de sauvetage d’envergure. Dans les faits, hélas, on ne voit nulle trace d’audace, d’imagination, de projection dans le futur, et moins encore d’une vision à long terme qui puisse conforter un tel scénario. À croire que c’est même l’immobilisme ambiant, le climat délétère, les hésitations permanentes, le ni-ni, ni privatisation ni renflouement public, et l’absence d’une ligne de partage du management de la  compagnie qui l’ont poussée vers le bas. 

 

La direction se mure dans le silence et la tutelle est aux abonnés absents face à la grande indignation et colère des passagers qui ont eu le tort de choisir le pavillon public.

 

 

La tutelle s’est emparée du pouvoir de décision. Elle ne peut à elle seule conduire le changement, fût-ce avec l’improbable implication du staff managérial du reste aux responsabilités limitées. Elle serait mieux inspirée de fixer un cap et d’en confier la direction à des dirigeants dont c’est le métier. Ils savent conduire en toute indépendance, sans aucune forme d’interférence, le changement et mener les transformations qui redonnent vie et dynamisme à une entreprise en péril. Rien de plus qu’un pacte de confiance, un contrat-programme et une obligation de moyens et de résultat.

 

En attendant, le mal empire. Et plus grave encore, les résignations coupables, les manquements les plus scandaleux et les fautes les plus condamnables finissent par se banaliser. En l’an XVI de la révolution, Tunisair normalise avec la médiocrité, l’indifférence, le mépris de la clientèle et des citoyens-contribuables. Elle renie les valeurs qui furent les siennes et qui l’ont portée, en leur temps, sur les fonts baptismaux.

Face à ce qui semble inévitable, le personnel se résigne. Il ne peut rien invoquer qui puisse justifier des retards de plusieurs heures, ou des annulations subites de plusieurs vols. La direction se mure dans le silence et la tutelle est aux abonnés absents face à la grande indignation et colère des passagers qui ont eu le tort de choisir le pavillon public. Ni excuses ni indemnisations. Et rien en perspective qui puisse calmer l’indignation et la colère des passagers soumis à une terrible violence.

 

À qui la faute ? Qui doit endosser la responsabilité d’un tel désordre qui coûte cher à la collectivité ? Celui qui dirige sans vraiment diriger ou l’instance qui supervise, contrôle et assume ? L’enjeu est énorme : au-delà des pertes financières, de l’indignation et de la réprobation des passagers, de la dégradation de l’image du pays dans le monde, c’est notre soft power et notre souveraineté qui sont dans la balance. Tunisair, c’est si triste de le dire, donne à penser qu’elle n’a plus la maîtrise de ses vols sans que cela déclenche des mesures d’urgence. On achève bien les chevaux. 

 

Tunisair perd sa légitimité en continuant à nous voler notre temps, et l’espoir de celles et ceux qui se battent pour donner de la Tunisie l’image qui doit être la sienne après qu’elle a été fortement abîmée par celle-là même qui l’avait portée au sommet. La compagnie nationale n’était pas créée à cet effet. Cela ne faisait pas partie de son ADN. Alors changer ou périr, l’honneur du pays est à ce prix.

 

En économie comme ailleurs, il arrive un moment où il faut couper les branches mortes pour ne pas contaminer le reste. Tunisair perd sa légitimité en continuant à nous voler notre temps, et l’espoir de celles et ceux qui se battent pour donner de la Tunisie l’image qui doit être la sienne après qu’elle a été fortement abîmée par celle-là même qui l’avait portée au sommet. La compagnie nationale n’était pas créée à cet effet. Cela ne faisait pas partie de son ADN. Alors changer ou périr, l’honneur du pays est à ce prix.

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Cet éditorial est paru dans e magazine L’Economiste maghrébin, numéro 956 du 21 octobre au 4 novembre 2026, sous le titre « Changer« .

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Brésil : Lula et Bolsonaro face à face

Les sondages montrent que le président de gauche Lula da Silva et son rival de droite Bolsonaro sont quasiment à égalité, la décision devant se jouer lors du dernier débat.

Il ne reste qu’une journée avant le second tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 25 octobre, qui opposera le président sortant de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, au candidat populiste de droite, Flavio Bolsonaro. Les deux candidats sont au coude à coude dans les intentions de vote. Si trois sondages réalisés la semaine dernière donnaient une légère avance à Bolsonaro, l’institut PonteDataa enregistré vendredi 23 octobre 50 % des intentions de vote pour les deux candidats. On s’attend donc à un duel aussi serré qu’il y a quatre ans, lorsque Lula da Silva l’avait emporté avec 50,9 % des voix face au père de Flavio Bolsonaro, JairMessiasBolsonaro, actuellement emprisonné pour tentative de coup d’État.

Le centre se rétrécit

Flavio Bolsonaro avait remporté à la surprise générale le premier tour des élections le 4 octobre, avec 47 % des voix contre 45 %. Dans le même temps, son camp de droite a raflé de nombreux sièges au Congrès, principalement aux dépens des partis du centre modéré. Les sondages publiés la semaine suivant le premier tour donnaient même à Bolsonaro une avance de six points. La semaine dernière, cependant, Lula est parvenu à reprendre l’ascendant grâce à des rassemblements de masse à travers le pays, mais aussi en renouvelant sa présence sur les réseaux sociaux. Bolsonaro, à l’inverse, avait limité sa campagne aux manifestations de rue, fort de sondages favorables. Ce choix s’est avéré erroné. Il mobilise désormais lui aussi ses partisans pour des rassemblements dans tout le pays, à l’approche du second tour.

La rivalité entre la gauche, proche de Lula da Silva, et l’extrême droite, menée par Bolsonaro, façonne la vie politique brésilienne depuis une décennie. Cette polarisation est responsable de la disparition des partis centristes et de l’absence d’une alternative, d’une troisième voie, comme le souligne le politologue Marco Aurelio Nogueira dans un entretien avec DW. « La polarisation entre Lula et le bolsonarisme a paralysé la vie politique brésilienne et tout ce qui n’appartenait ni à l’un ni à l’autre camp a disparu. ». Cette situation est exacerbée par les réseaux sociaux. « Les algorithmes se nourrissent des conflits et valorisent la contestation. » Face à ces contradictions, il n’y a pas de place pour une troisième voie.

Le… modéré Bolsonaro

Le fait que Flavio Bolsonaro, contrairement à son père en 2022, ait pu vaincre Lula da Silva, âgé de près de 81 ans, le 25 octobre, Nogueira l’attribue à la présence plus apaisée du sénateur de 45 ans. « JairMessiasBolsonaro était une personnalité rude et rhétoriquement agressive. Flavio Bolsonaro, en revanche, apparaît plus modéré et renouvelle l’image esthétique du bolsonarisme. Il communique avec habileté, publie des vidéos de qualité et aborde également les questions liées au travail, comme l’instauration de la semaine de cinq jours. »

En promettant de réduire la durée légale du travail, Lula da Silva a récemment marqué des points dans la campagne électorale. Alarmé par la progression de Lula dans les sondages, Flavio Bolsonaro a abandonné son opposition et a voté la semaine dernière en faveur de la semaine de cinq jours. Il semble également moins radical sur le plan fiscal.

Le débat crucial

Les attaques personnelles autour de la question de savoir qui est le plus corrompu ont depuis longtemps laissé les électeurs froidement indifférents, explique le politologue Nogueira. « Les scandales et les accusations mutuelles sont incessants. De ce fait, leur impact sur la campagne électorale est globalement neutre. L’électeur moyen fait la sourde oreille et n’accorde plus beaucoup d’importance à ces accusations au moment de choisir son candidat. »

Le premier débat entre les deux candidats a eu lieu dimanche. Aujourd’hui, vendredi, à deux jours du second tour, Lula et Bolsonaro s’affrontent pour la deuxième fois. L’issue du débat de dimanche dépendra peut-être de leur comportement : selon les experts, la clé sera de garder son sang-froid, le contenu passant probablement au second plan.

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L’Arabie saoudite met le cap sur les routes alternatives à Ormuz

Le groupe pétrolier saoudien Aramco étudie une augmentation de la capacité de son oléoduc Est-Ouest, qui pourrait atteindre 10 millions de barils par jour, contre environ 7 millions actuellement. Cette stratégie vise à sécuriser les exportations du royaume face aux perturbations des routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient.

Saudi Aramco envisage de renforcer les capacités de son oléoduc Est-Ouest afin de pouvoir acheminer jusqu’à 10 millions de barils de pétrole brut par jour vers la mer Rouge. Son directeur général, Amin Nasser, indique que le groupe menait des études techniques pour augmenter les capacités de transport et examiner d’autres itinéraires d’exportation. L’oléoduc relie les zones de production de l’est de l’Arabie saoudite au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Sa capacité actuelle avoisine 7 millions de barils par jour, dont environ 2 millions destinés aux raffineries saoudiennes. Le projet d’extension doit permettre au royaume de réduire sa dépendance aux expéditions transitant par le détroit d’Ormuz, particulièrement exposé aux tensions régionales.

Cette infrastructure est devenue un axe essentiel pour maintenir les exportations saoudiennes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Les perturbations du trafic maritime et les attaques visant des installations énergétiques ont souligné la vulnérabilité des principales voies d’approvisionnement mondiales.

Diversifier les routes d’exportation

L’augmentation de capacité s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des approvisionnements. Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, avait déjà évoqué, le 12 octobre, la possibilité de porter la capacité d’acheminement par oléoducs vers des destinations situées hors du Golfe à 10 millions de barils par jour dans un délai de deux à trois ans.

À plus court terme, le royaume envisage également de convertir temporairement un gazoduc pour transporter du pétrole brut. Cette opération pourrait ajouter environ 1,2 million de barils par jour en sept à huit semaines, avec un potentiel d’augmentation supplémentaire moyennant des investissements. Cette solution resterait toutefois temporaire, le gazoduc devant retrouver sa fonction initiale avant la période estivale de forte demande de gaz.

Aramco étudie parallèlement d’autres itinéraires d’exportation et le développement de capacités de stockage à l’étranger. L’objectif est de maintenir les livraisons aux clients internationaux en cas d’interruption d’une route maritime ou d’une infrastructure.

Un marché toujours sous tension

Les efforts saoudiens interviennent alors que les perturbations du conflit ont fortement entamé les stocks mondiaux de pétrole. Amin Nasser estime que la crise a entraîné la perte d’environ 3 milliards de barils d’approvisionnement brut et que la reconstitution des réserves pourrait prendre du temps, même après une normalisation de la situation.

Le dirigeant anticipe par ailleurs une hausse de la demande mondiale d’environ 3 millions de barils par jour à la fin du conflit, sous l’effet de la reprise de la consommation et du renouvellement des stocks.

L’extension de l’oléoduc pourrait offrir davantage de souplesse aux exportations saoudiennes, mais elle ne supprimerait pas les risques pesant sur les infrastructures et les routes maritimes. Sa portée dépendra notamment des délais de réalisation, des investissements nécessaires et de l’évolution de la sécurité régionale.

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La Turquie abaisse son taux directeur à 36 %, une première…

La Banque centrale de Turquie vient d’abaisser son taux directeur de 37 % à 36 %, réduisant pour la première fois depuis janvier le coût de son principal instrument monétaire.

Le Comité de politique monétaire, présidé par Fatih Karahan, a réduit de 100 points de base le taux des opérations de pension à une semaine (repo). Le taux de prêt au jour le jour a également été ramené de 40 % à 39 %, tandis que le taux d’emprunt au jour le jour est passé de 35,5 % à 34,5 %. La décision était largement anticipée par les marchés. Selon les données officielles, l’inflation annuelle en Turquie est revenue à 29,7 % en septembre, son niveau le plus faible depuis novembre 2021, contre 31,5 % en août.

La Banque centrale estime que les dernières données sur les prix et les indicateurs avancés confirment le ralentissement de la tendance sous-jacente de l’inflation. Les statistiques d’activité signalent également une demande intérieure toujours faible, tandis que les répercussions des chocs d’offre sur les prix domestiques restent limitées.

L’institution demeure toutefois prudente. Les tensions géopolitiques continuent de maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés, ce qui constitue un risque de hausse pour l’inflation. Elle affirme vouloir conserver une politique monétaire restrictive jusqu’à l’établissement de la stabilité des prix…

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, en février dernier, l’institution avait suspendu ses réductions de taux et utilisé des instruments de financement plus coûteux pour contenir les pressions sur la livre et les prix. Elle avait rétabli son taux directeur de référence à la fin août, tout en maintenant une approche prudente.

Une crise financière en toile de fond

La décision intervient également dans un contexte de turbulences sur le marché turc des fonds d’investissement. Les autorités ont ordonné la liquidation de 131 fonds, représentant environ 20 milliards de dollars d’actifs, après une crise qui a affecté des centaines de milliers d’investisseurs.

Pour atténuer les tensions de liquidité, la banque centrale avait augmenté les financements par opérations de pension et assoupli certaines limites de crédit destinées aux petites et moyennes entreprises. Le ministre des Finances, Mehmet Şimşek, a indiqué que les remboursements aux investisseurs concernés demeuraient limités au regard du nombre de personnes affectées.

Cette crise ajoute une contrainte à la conduite de la politique monétaire : la banque centrale doit soutenir la liquidité et limiter les risques de contagion, sans relancer les pressions inflationnistes.

Un assouplissement sous surveillance

La baisse du taux directeur marque une reprise prudente de l’assouplissement monétaire, mais ne signifie pas que la lutte contre l’inflation est achevée. La trajectoire des prix de l’énergie, l’évolution de la livre turque et la stabilité du système financier resteront déterminantes pour les prochaines décisions.

La Banque centrale indique qu’elle continuera à ajuster le rythme et l’ampleur de ses décisions en fonction des données, avec un objectif d’inflation de 5 % à moyen terme. Le maintien de conditions monétaires restrictives, malgré la réduction du taux directeur, doit permettre de poursuivre la désinflation sans compromettre davantage l’activité économique.

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Zone euro : ralentissement de l’activité économique en octobre

L’activité économique dans la zone euro a ralenti en octobre, selon les données préliminaires de S&P Global publiées vendredi 23 octobre, car l’affaiblissement de la demande, la hausse des coûts de l’énergie et les pressions inflationnistes croissantes ont limité la dynamique de croissance du secteur privé.

L’indice PMI composite a reculé à 51,9 points, contre 53,1 points en septembre, atteignant son plus bas niveau en quatre mois. Malgré ce ralentissement, l’activité économique est restée en expansion pour le quatrième mois consécutif, même si elle a connu sa plus faible croissance sur la période.

Dans le secteur des services, l’indice correspondant a chuté à 51,7 points, contre 53,0 le mois précédent, atteignant ainsi son plus bas niveau en deux mois. Parallèlement, l’indice de production manufacturière s’est établi à 52,4 points, contre 53,6, tandis que l’indice PMI manufacturier a reculé à 52,4 points, contre 52,9, son niveau le plus bas du trimestre.

Dans le même temps, les nouvelles commandes ont progressé pour le quatrième mois consécutif, mais à un rythme nettement plus lent, témoignant de la prudence des entreprises et de la faible croissance de la demande. Les nouvelles commandes à l’exportation ont continué d’augmenter pour le troisième mois consécutif, après une longue période de contraction qui a duré près de quatre ans et demi.

La situation de l’économie française est particulièrement préoccupante, l’activité du secteur privé s’étant contractée à nouveau après une reprise temporaire en septembre. À l’inverse, l’Allemagne et le reste de la zone euro ont maintenu des taux de croissance positifs, bien qu’inférieurs à ceux du mois précédent.

L’économiste en chef de S&P Global Market Intelligence, Chris Williamson, a déclaré que les données étaient cohérentes avec une croissance trimestrielle du PIB d’environ 0,3 %, mais a souligné que la dynamique économique montrait des signes d’affaiblissement.

Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie a accéléré l’augmentation des coûts des intrants, notamment dans le secteur manufacturier, tandis que l’emploi est resté globalement stable. Les entreprises semblent moins optimistes quant aux perspectives pour l’année prochaine, la combinaison d’une inflation persistante et d’un ralentissement de la croissance alimentant les inquiétudes concernant les prochaines décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

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Collaborer avec l’industrie sans sacrifier la science : le double impact, mode d’emploi à inventer

Loin d’être une double contrainte, la collaboration entre science et industrie peut produire, de façon systématique, des bénéfices dans les deux sphères. C’est l’enseignement central que le Pr Pascal Le Masson (MINES ParisTech-PSL) a tiré de son ouvrage Science et Société à l’aune du double impact.

Pascal Le Masson a présenté son livre, le 20 octobre 2026 à Tunis, dans l’amphithéâtre de la Business School, lors du cycle « Science et Société » organisé par le Centre de Recherche Collaborative et d’Innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group. Deux séries de résultats étayent cette thèse : un lien avec l’industrie figure dans l’histoire de nombreux travaux couronnés par le prix Nobel, et les thèses menées en partenariat avec une entreprise ne sacrifient pas la production scientifique.

Pour l’industriel, s’associer à la science semble synonyme de lenteur, d’exigence de publication et de résultats peu opérationnels. Pour le scientifique, devoir en plus se rendre utile à l’industrie est une charge sans garantie de gain. Les laboratoires de l’École des Mines laissaient pourtant entrevoir une autre réalité. Selon Pascal Le Masson, travailler avec l’industrie y fait naître des idées originales et des énigmes nouvelles, étrangères à la science normale comme à la science à la mode. Les partenaires industriels, eux, n’attendent pas des solutions, mais des connaissances surprenantes dont ils règlent ensuite les détails d’application. Restait à savoir si cet échange gagnant-gagnant était exceptionnel. L’ouvrage entend montrer qu’il peut être systématique et qu’il faut en comprendre le fonctionnement.

Des ferments lactiques à CRISPR

Le chercheur l’illustre par l’histoire des « ciseaux ADN » CRISPR-Cas9, qui ont valu à Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna le prix Nobel en 2020. La représentation spontanée y voit une science fondamentale dont les applications découlent en cascade. Quentin Plantec, dont la thèse porte sur ce sujet, raconte une autre histoire, qui commence en amont.

À l’origine, une entreprise produit des ferments lactiques, ceux des yaourts et des fromages. Un ferment de qualité ne fait pas « tourner » le lait, ce qui suppose qu’il ne soit pas attaqué par des virus de bactéries, les bactériophages. En étudiant de longues lignées bactériennes, l’entreprise repère des comportements de résistance qu’elle ne parvient pas à interpréter et s’adresse à un laboratoire scientifique.

Les chercheurs préviennent qu’ils ne résoudront pas son problème, mais l’anomalie les intéresse, car les théories de l’immunité prévoyaient que cela ne devait pas fonctionner ainsi. Leur étude révèle que l’ADN de la bactérie contient des marqueurs CRISPR, entre lesquels s’intercalent des séquences très inhabituelles, variables d’une lignée à l’autre. Ce sont des fragments découpés dans l’ADN des virus attaquants, conservés puis réintégrés dans le génome bactérien. Il s’agit d’une immunité acquise, apprise au contact du virus, qui permet ensuite à la bactérie de lui résister.

Pour la science, la publication correspondante a été bien plus citée, et pendant très longtemps, que celles de Charpentier et Doudna. L’industriel a pu en retour optimiser la résistance de ses bactéries et obtenir des ferments de bien meilleure qualité, grâce à une assurance qualité fortement accrue, le tout bien avant le prix Nobel.

Ce qui intéresse Pascal Le Masson, ce sont les conditions de ce double gain. À aucun moment les deux parties ne se sont entendues sur un objectif commun : les scientifiques visaient l’immunologie et la reconnaissance académique, l’industriel la qualité de sa production. Il a suffi de s’accorder pour discuter, des objectifs divergents pouvant coexister. Les connaissances apportées par l’industriel surprenaient et enrichissaient les scientifiques, tandis que celles des scientifiques offraient à l’industriel des pistes originales à exploiter. Selon le chercheur, les théories de la conception permettent de rendre compte de ce résultat contre-intuitif.

Les prix Nobel : un lien avec l’industrie plus fréquent qu’attendu

Pour savoir si ce cas est isolé, Quentin Plantec a soumis l’hypothèse à deux tests opposés. Le premier porte sur la recherche dite fondamentale, avec une épreuve volontairement exigeante : les prix Nobel. Le doctorant a pris tous les prix décernés depuis l’origine en physique, en chimie et en médecine, jusqu’à 2016. Pour chacun, il a recherché si l’article princeps, rédigé alors que son auteur était encore peu connu, avait été produit en lien avec l’industrie, puis il a compté ces cas décennie par décennie.

Contre toute attente, ces prix ne relèvent pas du passé. On cite volontiers IBM ou General Electric, mais comme un phénomène propre au milieu du XXe siècle. Or, depuis le début du siècle, une part significative des prix Nobel est obtenue en lien avec une collaboration industrielle. Pour Pascal Le Masson, la recherche à double impact est présente sans qu’on en ait toujours conscience, et elle contribue au moins en partie à expliquer ces distinctions. Une première communication en tirait une provocation : collaborer avec l’industrie serait une nouvelle recette pour obtenir le prix Nobel.

Les thèses CIFRE : l’industrie n’empêche pas la science

Le second test prend le chemin inverse avec une recherche réputée très appliquée, celle des thèses relevant du mécanisme  Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE). Dans ce dispositif français, le doctorant est embauché par une entreprise et travaille avec un laboratoire académique, dans un cadre tripartite. Une thèse sur dix lancée en France est une thèse CIFRE, soit un quota d’environ 2000 par an, pour un dispositif peu coûteux et discret dans le budget de l’État. Selon Pascal Le Masson, les travaux de Quentin Plantec, parmi d’autres, ont contribué à souligner son intérêt, et le nombre de thèses CIFRE augmente régulièrement depuis quelques années. Il précise avoir travaillé de près avec la directrice de l’agence qui le gère.

L’étude repose sur un échantillon de 613 thèses CIFRE, dont le doctorant a examiné, à l’arrivée, l’impact industriel et l’impact scientifique. L’hypothèse de départ était une corrélation négative : des thèses scientifiques qui publient mais déposent peu de brevets, des thèses appliquées riches en brevets mais pauvres en publications, et peut-être quelques thèses intermédiaires.

Les résultats infirment ce schéma et dessinent trois groupes. Le premier réunit des thèses surtout académiques, peu productrices d’applications, ce qui n’étonne pas le chercheur : les entreprises, notamment les groupes industriels très scientifiques, ne s’intéressent pas aux seules applications. Le deuxième regroupe des thèses à fort impact industriel, matérialisé par des brevets. Il n’existe pas de relation entre le degré d’implication industrielle d’une thèse et son volume de publications : ces thèses publient autant que les autres. Le troisième, de l’ordre de 10 à 15 % des thèses, associe collaboration industrielle et excellentes publications, ce que Pascal Le Masson qualifie de double impact intensif. Un même dispositif produit ainsi des profils très divers. Le chercheur y voit une boîte à outils riche, que les acteurs configurent selon leurs préoccupations, là où l’on supposait un modèle pauvre de recherche impliquée.

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Caisses noires, espionnage, pétrodollars : le gendre de Trump au cœur d’un scandale explosif

Selon une enquête explosive publiée par Vanity Fair, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, aurait été au cœur d’un réseau financier aux ramifications diplomatiques sensibles. Des accusations graves, que ses avocats rejettent catégoriquement et qui restent à ce stade à établir.

 

Tous les ingrédients d’un véritable roman d’espionnage sont réunis dans ce dossier explosif : des comptes secrets de près de deux milliards de dollars alimentés par les princes du Golfe, un iPhone piraté par Moscou et, au cœur de cette intrigue, un bénéficiaire de premier plan, à savoir Jared Kushner, l’époux de la fille chérie de Donald Trump, la belle Ivanka…

Selon un livre à paraître aux États-Unis, intitulé « Princes et voleurs : le plan secret de Jared Kushner et Mohammed ben Zayed pour remodeler le Moyen-Orient », dont le magazine américain Vanity Fair a publié jeudi 22 octobre quelques extraits particulièrement savoureux, les services de contre-espionnage néerlandais seraient parvenus à pirater l’iPhone personnel de Jared Kushner grâce à un transfuge russe. L’exploitation des conversations aurait mis au jour des éléments troublants : entre 2017 et 2018, le gendre de Donald Trump, alors conseiller parmi les plus proches du président et émissaire spécial au Moyen-Orient durant son premier mandat, aurait eu accès à des comptes bancaires secrets transférés via l’Azerbaïdjan et alimentés à hauteur de près de deux milliards de dollars par l’émir d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane. Ainsi que par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume wahhabite, Mohammed ben Salmane (MBS).

Toutefois, il faut souligner que ces allégations reposent sur des sources anonymes, et aucun document bancaire ni autre preuve publique n’a été présenté permettant une vérification indépendante. Donc, la prudence est de mise.

L’ombre d’Israël

Toujours selon Matthew Cole, auteur de l’ouvrage attendu en librairie le 27 octobre, dont cette enquête aura nécessité quatre années de travail, les espions néerlandais observent notamment Jared Kushner se connecter à un premier compte bancaire domicilié aux Émirats arabes unis chez First Abu Dhabi Bank, présidée par Tahnoon ben Zayed, frère du président émirati, Mohammed ben Zayed al-Nahyane émirati MBZ.

Le mécanisme financier décrit est complexe. A partir de 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auraient injecté quelque 750 millions de dollars sur ce compte, en transitant par une banque azerbaïdjanaise, dans un pays régulièrement mis en cause pour des affaires de blanchiment d’argent.

Officiellement, le compte appartient à la fondation caritative émiratie Watani Al Emarat. Jared Kushner, alors chargé notamment du dossier israélo-palestinien et des relations avec les monarchies du Golfe, n’en serait pas le propriétaire, mais disposerait d’une autorisation lui permettant d’effectuer des transactions. Matthew Cole décrit ce compte comme une slush fund, autrement dit une caisse noire qui aurait servi à financer des opérations diplomatiques officieuses au Moyen-Orient.

Rappelons à ce propos que le président émirati Mohammed ben Zayed a noué très tôt des liens étroits avec l’entourage de Donald Trump. En décembre 2016, soit un mois avant l’investiture du président américain, il rencontre Jared Kushner à New York. Les deux hommes entretiennent ensuite des échanges réguliers sur WhatsApp, avec une ambition commune : redessiner les équilibres au Moyen-Orient en favorisant notamment un rapprochement entre Israël et les monarchies du Golfe. Une stratégie qui se concrétisera en 2020 avec la signature des accords d’Abraham.

Toujours selon l’enquête de Matthew Cole, le président émirati aurait dans un deuxième temps versé plus d’un milliard de dollars, toujours via l’Azerbaïdjan, sur un second compte destiné à Jared Kushner, avec des fonds déposés chez la Banque centrale d’Israël sur le conseil de Benyamin Netanyahou, un ami intime de la famille Kushner.

Autre allégation explosive. D’après l’ouvrage, Jared Kushner, le dirigeant des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auraient initialement discuté de la création d’un fonds de plus de dix milliards de dollars. Parmi les objectifs évoqués figuraient l’annulation de l’accord sur le nucléaire iranien, la promotion de la position de ben Salmane et un accord israélo-palestinien. Cette idée a finalement été abandonnée et les fonds ont été transférés sur des comptes distincts.

Déni

Les avocats du gendre de Donald Trump nient catégoriquement et dénoncent même « des accusations scandaleuses et catégoriquement fausses […] complètement délirantes ». Ils attaquent notamment le manque de preuves matérielles de l’article, qui ne présente, au-delà des affirmations de sources anonymes, « aucun relevé bancaire, aucun justificatif de virement, aucun numéro de compte, aucune date de transaction ni aucun autre élément vérifiable », ont-ils déploré.

Du pain béni pour les démocrates

Si les révélations de Matthew Cole venaient à être confirmées, Jared Kushner pourrait s’exposer à des poursuites pour corruption, si des contreparties étaient établies, ou pour avoir agi au profit d’une puissance étrangère sans en avoir informé les autorités américaines.

De quoi alimenter les investigations des démocrates au Congrès, qui s’intéressent déjà aux liens financiers du gendre de Donald Trump avec les monarchies du Golfe et à ses éventuels conflits d’intérêts. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates pourraient, s’ils reprenaient le contrôle de la Chambre des représentants, convoquer Jared Kushner pour l’interroger sous serment. Affaire à suivre.

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Ezzeddine Zayani : « La contestation lycéenne en France rebat les cartes de la campagne présidentielle »

Entre un désordre mondial de plus en plus instable et une France traversée par la colère lycéenne et les tensions politiques, les points de rupture se multiplient. L’ancien diplomate Ezzeddine Zayani décrypte, dans cet entretien, une crise aux multiples facettes, sociale, économique et identitaire et ses possibles répercussions sur les Tunisiens résidant en France.

Interview. 

Comment analysez-vous ce qui se passe en France ces dernières semaines, entre les manifestations lycéennes, les violences et la mobilisation… ?

Je dirais, sans exagérer, qu’il s’agit d’une crise à multiples facettes. Il y a ce que nous voyons, mais aussi ce qui est larvé, caché, ce que l’on cherche à laisser dans l’opacité. Il faut rappeler également que le mouvement lycéen est d’abord né de revendications légitimes : des établissements dignes de ce nom, des conditions d’études correctes et la défense d’une école publique accessible. C’est d’abord le refus de l’abandon de quelque chose qui a fait la puissance de la France : l’éducation gratuite et de qualité.  

Plus encore, cette colère serait également liée à la dégradation des services publics, à la crise économique et à l’endettement de l’État français. Les lycéens dénoncent notamment le manque de moyens, les professeurs non remplacés, les classes surchargées et les inégalités scolaires entre territoires. Ce qui fait que la contestation lycéenne en France va sans doute rebattre les cartes de la campagne présidentielle de 2027. 

Certains y voient une récupération politique du mouvement lycéen, notamment par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Partagez-vous cette lecture ?

 Absolument. Il y a eu, à mon avis, un véritable hold-up de cette manifestation lycéenne. C’est une aubaine pour ceux qui cherchent à faire autre chose que d’aboutir sereinement aux revendications des lycéens. De ce fait, l’approche de l’élection présidentielle de 2027 explique en grande partie cette instrumentalisation.

La France insoumise, le Parti socialiste, la droite et l’extrême droite cherchent chacun à se positionner. Les dés sont jetés, chacun connaît les visées de l’autre. La droite tente d’exploiter cette situation extrêmement difficile pour démontrer qu’elle est capable de maintenir l’ordre. 

La droite et l’extrême droite ont-elles réussi à imposer l’idée que les violences seraient le fait de Maghrébins, d’Arabes ou d’immigrés en situation irrégulière ?

A priori, non. Il n’y a pas eu un déferlement vers Marine Le Pen. Ce qui est remarquable, c’est que La France insoumise n’a pas baissé les bras et a tenu bon. Médiapart a rapporté les propos d’un commissaire des services de renseignement affirmant avoir reçu une consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon, tandis que des policiers contestaient l’attribution des violences à LFI. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a, pour sa part, accusé les Insoumis d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » en dénonçant une instrumentalisation des services de renseignement.

 Ce démenti de Médiapart a eu un effet considérable. Il y a encore des garde-fous : les gens du pouvoir ne peuvent plus commercialiser certaines manipulations comme avant. 

François Hollande et Dominique de Villepin ont-ils joué un rôle dans ce basculement ?

 Oui. J’ai suivi la déclaration de François Hollande, qui s’est élevé contre cette façon d’accuser gratuitement La France insoumise. Et Dominique de Villepin a montré, une fois de plus, que c’est le sage qui parle. Quand le sage parle, les autres doivent écouter.  Selon lui, ces réactions constituent “un coup de semonce important. On ne peut pas, dans une véritable démocratie, accuser sans preuves. La démocratie n’est pas encore perdue”.

Pourquoi l’extrême droite insiste-t-elle autant sur l’islam, l’immigration et l’origine des casseurs ?

Parce qu’elle veut faire campagne avec cela. Elle veut faire passer dans les esprits des électeurs, surtout les plus âgés, l’idée que les casseurs sont des Maghrébins, des Arabes ou des immigrés en situation irrégulière. Or, ce n’est pas si simple. A mon humble avis, je pense que les Français ne sont plus disposés à absorber « n’importe quoi ».

 

L’extrême droite veut faire campagne avec cela. Elle veut faire passer dans les esprits des électeurs, surtout les plus âgés, l’idée que les casseurs sont des Maghrébins, des Arabes ou des immigrés en situation irrégulière.

 

La crise française est-elle donc davantage économique et sociale qu’identitaire ?

 Oui. La crise véritable de la France ne se situe pas au niveau de ces tartes à la crème : islam, immigration, Arabes. Elle est au niveau de l’endettement, du pouvoir d’achat et des choix économiques, notamment liés aux conséquences de la guerre en Ukraine. Ce sont des erreurs que l’on a essayé de camoufler par des vidéos, des annonces et des déclarations complètement fausses. 

Pensez-vous que ce mouvement va s’essouffler, notamment avec les vacances scolaires ?

Peut-être. Les autorités comptent beaucoup sur cet élément : les vacances, mais aussi peut-être l’apaisement grâce à ce que le gouvernement propose. La preuve, on parle de 3 500 enseignants contractuels affectés pour parer au manque et aux vacances de postes. 

Avec l’approche des échéances électorales et la montée de l’extrême droite, n’y a-t-il pas une inquiétude pour les Tunisiens vivant en France ?

 Il faut faire très attention. Ceux qui n’ont pas la nationalité française doivent rester neutres et ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la France. En revanche, les binationaux ont le droit de s’exprimer sur leur pays d’adoption, mais dans la légalité, jamais en tant que casseurs. La France aura toujours besoin d’une Tunisie qui regorge de compétences, et nous avons besoin d’eux. Il faut retrouver l’équilibre qui existait du temps de De Gaulle et de Chirac.

 

La France aura toujours besoin d’une Tunisie qui regorge de compétences, et nous avons besoin d’eux. Il faut retrouver l’équilibre qui existait du temps de De Gaulle et de Chirac.

 

Quel rôle jouent les médias français dans ce climat de tension, notamment après les tirs de Trappes et La Verrière vendredi 23 octobre ?

Le rôle des médias français est particulièrement délicat dans une période de forte tension. La manière dont un fait divers ou un acte criminel est relayé peut contribuer à éclairer l’opinion publique, mais aussi, involontairement ou non, à nourrir un climat de peur et de méfiance. Ce qui s’est passé le 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière est d’abord un drame humain. Un homme de 39 ans a ouvert le feu depuis sa voiture, causant la mort d’une personne et blessant cinq autres, dont une enfant de 12 ans. D’ailleurs, le Parquet national antiterroriste s’est saisi du dossier, évoquant des assassinats en relation avec un mobile potentiellement raciste.

À ce stade, la prudence s’impose. Tant que l’enquête n’a pas permis d’établir l’ensemble des faits et des motivations, il est important d’éviter toute généralisation. Un acte criminel, aussi grave soit-il, ne doit pas être transformé en accusation contre une communauté, une origine ou une religion.

Certains médias sont régulièrement critiqués pour une couverture jugée trop axée sur la sécurité et l’identité. Il appartient toutefois à chacun d’apprécier le traitement de l’information. L’essentiel est de rappeler que les médias ont une responsabilité : informer avec rigueur, respecter la présomption d’innocence et distinguer clairement entre un individu, un acte et une communauté.

 

Je l’espère. Il y a deux signaux très importants. Le premier, ce sont les élections de mi-mandat (midterms, ndlr) du 3 novembre aux États-Unis. Leurs résultats seront très importants,

 

Dans un contexte électoral tendu, cette rigueur est encore plus nécessaire. La France a besoin d’un débat apaisé, fondé sur les faits, et non d’amalgames susceptibles d’alimenter les peurs et les divisions.

Ce désordre mondial va-t-il s’estomper pour laisser place à un nouvel ordre mondial, ou est-il encore trop tôt pour le dire ?

 Je l’espère. Il y a deux signaux très importants. Le premier, ce sont les élections de mi-mandat (midterms, ndlr) du 3 novembre aux États-Unis. Leurs résultats seront très importants, car ils dévoileront un autre visage de cette Amérique.

Ces élections de mi-mandat renouvelleront les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat. Les manifestations dans les grandes universités américaines seront-elles suivies dans les urnes ? C’est le premier signal que nous devons suivre de près. Le second, ce sont les élections en Israël. Si les Israéliens veulent la paix, ils devront sanctionner Netanyahou. Une fois cela fait, peut-être nous pourrons nous remettre à espérer et retrouver un certain optimisme. 

L’article Ezzeddine Zayani : « La contestation lycéenne en France rebat les cartes de la campagne présidentielle » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

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24 octobre : le développement ne se finance pas sans que l’on s’y intéresse

En 1972, l’Assemblée générale des Nations Unies a instauré la Journée mondiale d’information sur le développement (résolution 3034(XXVII)). L’idée tient en une phrase : le développement n’avance que si les citoyens, et d’abord les jeunes, en comprennent les enjeux. Elle est célébrée chaque 24 octobre, comme la Journée des Nations Unies, et l’actualité lui donne aujourd’hui un poids particulier.

L’aide publique au développement des pays du Comité d’aide au développement de l’OCDE a reculé de 23,1 % en 2025, la plus forte baisse jamais enregistrée. Elle devrait encore diminuer de 6,9 % en 2026, et les principaux bailleurs ont programmé des réductions au moins jusqu’en 2028. Derrière ces pourcentages, il y a des dispensaires, des écoles et des programmes humanitaires qui ralentissent. 

La Tunisie n’est pas à l’écart de ce mouvement. Elle a reçu 1,23 milliard de dollars d’aide publique au développement nette en 2023, dont 170 millions alloués par les États-Unis, selon les données de la Banque mondiale. Cette aide reste fortement concentrée autour d’un nombre limité de partenaires, si bien que le repli d’un seul grand bailleur se ressent vite sur les projets de terrain. Le texte de l’ONU rappelle que des millions de personnes restent sous-alimentées, sans instruction ou au chômage, et que le développement échoue si les privilèges indus et les écarts extrêmes de richesse persistent. Mobiliser l’opinion n’est donc pas un exercice de communication. Les pays riches doivent expliquer pourquoi l’effort est commun, et les pays en développement doivent dire ce qu’il apporte et ce qu’il coûte. Cette tâche revient d’abord aux acteurs nationaux : écoles, médias, institutions.

Le savoir est l’autre terrain de cette inégalité. Dans le monde, environ 2,2 milliards de personnes restent hors ligne, surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En Tunisie, 85,9 % des 10-70 ans utilisent Internet, mais les écarts sont nets : 99,2 % chez les 18-24 ans contre 54,1 % chez les 60-70 ans, 23 % chez les personnes non scolarisées, et 69,1 % chez celles gagnant au plus 600 dinars contre 95,9 % à partir de 2 500 dinars. La géographie compte aussi : l’accès à Internet atteint 85,6 % à Ben Arous, mais 59,7 % à Sidi Bouzid. Et 73,9 % des ménages n’ont pas d’ordinateur, un taux qui atteint 90,2 % en milieu rural.

Pour l’ONU, la réponse passe par la recherche, des technologies adaptées à chaque pays, des infrastructures, des compétences et des transferts de technologie à des conditions convenues d’un commun accord.

Alors que l’aide recule, informer sur le développement devient plus nécessaire que jamais : une opinion qui ne comprend pas l’enjeu ne soutiendra pas l’effort.

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La Russie devrait maintenir son taux directeur à 14 %

La Banque centrale de Russie devrait maintenir son taux directeur à 14 %, pour la deuxième réunion consécutive, alors que les frappes ukrainiennes contre ses raffineries continuent de perturber l’approvisionnement en carburants et d’alimenter les pressions inflationnistes.

Selon une enquête de Bloomberg (publiée le 23 octobre) auprès de onze économistes, la quasi-totalité des analystes anticipent un statu quo monétaire. Un seul prévoit une réduction de 25 points de base. La décision intervient alors que l’institution cherche à ramener l’inflation vers son objectif de 4 %, dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie et la persistance d’anticipations inflationnistes élevées.

Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes ont ramené l’activité de raffinage à des niveaux particulièrement bas et provoqué des tensions sur l’approvisionnement en carburants. Certaines installations récemment remises en service ont de nouveau été endommagées, retardant le rétablissement des capacités de production.

La hausse des prix de l’essence se répercute sur les transports routiers et la logistique, augmentant les coûts supportés par les entreprises. Elle risque également d’entraîner des hausses de prix dans d’autres secteurs, si les ménages et les entreprises anticipent une inflation durablement plus élevée.

Selon les données du ministère russe de l’Économie, l’inflation annuelle était estimée à 7,15 % au 19 octobre, au-dessus de la fourchette de 6 à 7 % retenue par la banque centrale pour la fin de l’année. Les anticipations d’inflation des ménages ont légèrement reculé en octobre, à 13,2 %, mais demeurent élevées.

Natalia Milchakova, analyste chez Freedom Finance Global, estime que les conséquences des frappes de drones sur les raffineries ne peuvent être ignorées et que la hausse des prix des carburants continuera probablement d’alimenter les anticipations inflationnistes.

Un arbitrage difficile pour la Banque centrale

Le maintien d’un taux directeur élevé vise à freiner la demande, à contenir les anticipations de hausse des prix et à éviter que les augmentations initiales ne se diffusent durablement à l’ensemble de l’économie. Cette politique renchérit toutefois le crédit pour les entreprises et les ménages.

Les entreprises russes réclament un assouplissement monétaire afin de réduire le coût de leurs emprunts, de préserver leurs marges et de relancer leurs investissements. Mais une baisse prématurée des taux pourrait compliquer le ralentissement de l’inflation, alors que les perturbations de l’offre énergétique continuent de peser sur les prix.

La gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, doit s’exprimer lors d’une conférence de presse après la publication de la décision. L’institution devra notamment évaluer la persistance du choc énergétique, l’évolution des anticipations d’inflation et les effets des conditions monétaires restrictives sur l’activité économique…

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Fret pétrolier : l’Asie contre-attaque face à l’envolée des tarifs

Les tarifs du transport maritime de pétrole atteignent des niveaux records, avec des revenus dépassant un million de dollars par jour pour les superpétroliers VLCC dans le golfe Persique.

Face à cette flambée, la Chine, Taïwan et la Corée du Sud cherchent à réduire leurs coûts en limitant leurs achats de brut, en privilégiant des navires de plus petite taille et en recourant davantage aux contrats d’affrètement à long terme.

Selon des données de Signal Ocean, les importations chinoises de pétrole brut devraient s’établir entre 9,2 et 9,3 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2026, contre une moyenne de 11,6 millions en 2025. Les données d’octobre font déjà état d’un ralentissement des arrivées, dans un contexte de prix du Brent supérieurs à 100 dollars le baril et de coûts de transport pouvant atteindre 40 dollars par baril.

Dans le même temps, les raffineurs d’autres pays asiatiques recherchent des solutions alternatives pour transporter le pétrole afin de limiter leur exposition aux tarifs de fret élevés des VLCC. Un cas typique est celui de la compagnie pétrolière d’État taïwanaise CPC qui, selon des négociants, a acheté la semaine dernière six cargaisons de pétrole pour le transport par Aframax, au lieu d’utiliser deux ou trois VLCC, comme c’est généralement le cas.

Ce choix témoigne de la tendance à privilégier les pétroliers de plus petite taille, malgré des taux de fret qui restent particulièrement élevés dans cette catégorie…  Les raffineries sud-coréennes suivent également une stratégie similaire, utilisant une combinaison d’affrètements sur le marché spot, de navires avec des contrats à long terme et de navires Aframax plus petits.

L’exemple de SK Energy, la plus grande entreprise de raffinage de Corée du Sud, illustre bien les coûts auxquels les importateurs sont encore confrontés.

Le prochain pari sur le marché du fret

L’évolution de la situation en Asie crée une nouvelle réalité pour le marché des pétroliers, qui a enregistré ces derniers mois des taux de fret sans précédent. Le 8 octobre, l’indice journalier équivalent à l’affrètement à temps des VLCC (TCE) du Baltic Exchange avait atteint un niveau record de 937 767 dollars par jour, tandis que les taux de fret pour des expéditions spécifiques en provenance du Golfe persique ont maintenant dépassé 1 million de dollars.

La faible disponibilité actuelle de navires demeure un facteur clé soutenant le marché. Cependant, la prudence des raffineurs chinois, les solutions de transport alternatives proposées par d’autres importateurs asiatiques et l’attente des affréteurs pourraient affecter la demande de nouvelles cargaisons.

La question cruciale est de savoir si ces mesures seront suffisamment longues et importantes pour limiter la pression sur les capacités disponibles.

À l’heure actuelle, aucun signe de correction générale des tarifs des VLCC n’est visible. Cependant, les premières réactions des principaux acheteurs de pétrole indiquent que leur capacité à absorber les coûts de transport élevés n’est pas illimitée.

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Campagne céréalière : 110 000 tonnes d’ammonitrate programmées à l’importation

La Tunisie prévoit d’importer environ 110 000 tonnes d’ammonitrate pour répondre aux besoins de la campagne des grandes cultures 2026-2027. Le stock disponible s’élève actuellement à 69 000 tonnes, tandis que les préparatifs se poursuivent pour assurer l’approvisionnement des agriculteurs en engrais et en semences.

Ces données ont été présentées jeudi par des représentants du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime, lors d’une séance d’audition devant la commission de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et hydrique et de la Pêche au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), consacrée aux préparatifs des campagnes céréalière et des dattes.

Sur les 69 000 tonnes d’ammonitrate disponibles, 63 000 tonnes sont stockées au centre de Kabolâat et 6 000 tonnes à l’usine de Gabès.

1,458 million d’hectares programmés pour les grandes cultures

Pour la campagne 2026-2027, les superficies prévues pour les grandes cultures atteignent 1,458 million d’hectares, dont 77 000 hectares consacrés aux céréales irriguées.

Concernant les semences sélectionnées, environ 232 000 quintaux avaient été mis à la disposition des régions de production entre août et le 16 octobre 2026, sur un programme prévisionnel de 492 000 quintaux de semences subventionnées.

Les besoins en semences contrôlées d’orge sont estimés à 100 000 quintaux, alors que les quantités disponibles ne dépassent pas 12 000 quintaux.

La préparation des terres se poursuit également. Le taux d’avancement des labours profonds atteint 64 %, contre 55 % pour le premier labour de reprise et 17 % pour le deuxième.

Renforcer l’approvisionnement et l’encadrement agricole

Le ministère entend sécuriser les besoins de la campagne et renforcer l’accompagnement technique des agriculteurs. Le programme prévu comprend des ateliers régionaux, des journées d’information sur le terrain et des formations destinées aux agriculteurs et aux techniciens.

Un programme national de rationalisation de la fertilisation des grandes cultures est également prévu afin de mieux adapter les apports aux besoins des sols. En parallèle, une plateforme numérique consacrée à la collecte et à la gestion des échantillons de sol à l’échelle nationale est en cours de préparation. Les analyses ont déjà été achevées dans 17 gouvernorats.

Les autorités prévoient aussi d’accélérer les semis sur les superficies céréalières programmées, d’étendre les surfaces bénéficiant d’une irrigation d’appoint dans les régions du Nord et d’affiner l’évaluation des besoins en semences ordinaires contrôlées d’orge.

L’accélération des procédures d’octroi des crédits saisonniers figure également parmi les priorités, afin de permettre aux agriculteurs de recevoir les semences sélectionnées dans les délais requis.

Les députés alertent sur les pénuries et les pertes de récolte

Lors des débats, plusieurs députés ont soulevé les difficultés liées au manque de semences sélectionnées et de produits phytosanitaires, ainsi qu’aux retards de distribution. Ils ont également pointé l’insuffisance de l’encadrement agricole et mis en garde contre les répercussions de ces contraintes sur la production.

Les élus ont appelé à renforcer l’accompagnement des agriculteurs, à leur fournir des informations actualisées et à multiplier les possibilités de formation. Ils ont aussi plaidé pour une stratégie intégrée de lutte contre les maladies des cultures, fondée notamment sur une meilleure exploitation des résultats de la recherche scientifique afin de protéger la santé végétale.

Les pertes de céréales ont également été évoquées. Selon les interventions des députés, elles pourraient atteindre 30 %, notamment en raison du vieillissement du parc de moissonneuses-batteuses. Les élus ont ainsi demandé le renouvellement des équipements de récolte.

Lutter contre la spéculation sur les semences et les engrais

Les représentants du ministère ont appelé à intensifier les contrôles sur le terrain, en coordination avec les différentes parties concernées, afin de lutter contre les pratiques spéculatives et la vente de semences et d’engrais à des prix illégaux.

Ils ont également souligné la nécessité de faciliter l’obtention, par les agriculteurs, des attestations requises pour leur approvisionnement en ammonitrate.

En réponse aux préoccupations exprimées, les représentants du ministère ont réaffirmé leur volonté de renforcer la formation des agriculteurs, notamment pour adapter la fertilisation aux caractéristiques des sols, et de mobiliser davantage les résultats de la recherche scientifique au service de l’amélioration des pratiques agricoles.

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Unimed : résultat net de 8,82 MDT au premier semestre 2026, en baisse de 15,2 %

Le bénéfice net d’Unimed recule de 15,2 % au premier semestre 2026, à 8,82 MDT (millions de dinars). Le résultat d’exploitation progresse pourtant de 15,6 %.

L’Unité de Fabrication de Médicaments (Unimed), société pharmaceutique basée à Kalaa Kébira (Sousse), a enregistré un résultat net de 8 819 217 dinars tunisiens. Un an plus tôt, il s’élevait à 10 406 100 dinars. Les revenus reculent de 10,8 %, à 64 492 396 dinars contre 72 322 191 dinars. Le résultat par action ressort à 0,276 dinar, contre 0,325 dinar.

Le résultat d’exploitation progresse de 15,6 %, à 20,61 MDT contre 17,84 MDT. En revanche, le résultat des activités ordinaires avant impôt baisse de 18,7 %, à 12,45 MDT contre 15,30 MDT. Les autres pertes ordinaires passent de 0,10 MDT à 6,57 MDT. Les notes aux comptes y rangent une perte définitive de 4,4 MDT issue d’un contrôle fiscal, après un accord avec l’administration. Elles mentionnent aussi une perte de 1,8 MDT sur la mise au rebut de stocks (1 726 631 dinars dans le tableau des flux de trésorerie). Les amendes et pénalités, inscrites sur une ligne distincte, s’élèvent à 376 581 dinars. Enfin, l’impôt sur les sociétés s’établit à 3,63 MDT, contre 4,90 MDT.

L’export recule de 39 %

Les ventes à l’export baissent de 39 %, à 13,28 MDT contre 21,77 MDT. La société attribue ce recul principalement à un client important de la sous-traitance. Ce client n’a pas renouvelé ses commandes au cours de la période. À l’inverse, les ventes locales progressent de 1,3 %, à 51,21 MDT contre 50,56 MDT.

Les dotations aux amortissements et aux provisions s’établissent à 2,45 MDT, contre 10,36 MDT un an plus tôt. Ce poste inclut une reprise nette de 2,57 MDT sur les provisions pour risques et charges. Au premier semestre 2025, une dotation de 2,63 MDT avait été comptabilisée. Par ailleurs, la provision pour risques divers, classée en passifs non courants, s’élève à 7,05 MDT. Elle était de 9,62 MDT au 31 décembre 2025.

Capitaux propres et bilan

Les capitaux propres atteignent 100,11 MDT au 30 juin 2026, contre 111,29 MDT au 31 décembre 2025. L’assemblée générale ordinaire du 17 juin 2026 a décidé une distribution de 20 MDT. Celle-ci a été versée en septembre 2026. Le bilan de fin juin affiche 20 020 825 dinars de dividendes à payer. Le total du bilan est de 192,48 MDT, contre 195,16 MDT fin 2025. De leur côté, les emprunts non courants s’élèvent à 14,34 MDT, contre 17,59 MDT.

Les flux de trésorerie d’exploitation atteignent 15,15 MDT, contre 3,89 MDT un an plus tôt. Les acquisitions d’immobilisations ont mobilisé 2,20 MDT. Le solde net des flux d’investissement est un décaissement de 2,04 MDT. Le financement se solde, lui, par un décaissement net de 11,01 MDT. Il combine 16,72 MDT d’emprunts encaissés et 27,73 MDT de remboursements. Au final, la trésorerie de clôture s’établit à 8,25 MDT. Elle était de 6,15 MDT au 31 décembre 2025 et de 16,71 MDT au 30 juin 2025.

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Huile d’olive : l’État mobilise 150 millions de dinars pour acheter la production nationale

Un Conseil ministériel restreint, présidé vendredi par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, au palais du gouvernement à la Kasbah, a adopté une série de mesures pour soutenir la filière oléicole durant la campagne 2026-2027. Au programme : le financement des achats d’huile d’olive tunisienne, des crédits bonifiés aux petits agriculteurs, le soutien au stockage et le renforcement des exportations d’huile conditionnée.

Selon un communiqué de la présidence du gouvernement, ces mesures visent à accompagner l’ensemble de la filière, de la récolte à la commercialisation, en passant par la transformation et le stockage, tout en préservant la qualité du produit et en renforçant sa compétitivité sur les marchés internationaux.

150 millions de dinars pour les achats d’huile d’olive

Sur le volet du financement, l’État prévoit de soutenir l’Office national de l’huile (ONH) dans l’achat de la production nationale, à travers un financement mobilisé auprès des banques publiques et privées, à hauteur de 150 millions de dinars. Cette enveloppe doit permettre à l’Office de jouer son rôle de régulation du marché et de soutenir les agriculteurs et les producteurs.

Les petits agriculteurs bénéficieront également de crédits à des conditions préférentielles, pour un montant total de 20 millions de dinars, accordés par l’intermédiaire de la Banque tunisienne de solidarité (BTS). Ils seront, par ailleurs, prioritaires pour l’octroi des subventions destinées à l’acquisition d’équipements de récolte mécanique.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit également la création d’une ligne de financement de 100 millions de dinars sur la période 2027-2030. Gérée par la Banque nationale agricole (BNA), elle permettra d’accorder des crédits saisonniers et d’investissement à des taux préférentiels aux petits agriculteurs et aux opérateurs de la filière oléicole.

Jusqu’à 60 000 tonnes d’huile d’olive à stocker

Pour soutenir les prix et contribuer à l’équilibre du marché, l’ONH pourra, si nécessaire, mettre en œuvre un programme de stockage portant sur des quantités pouvant atteindre 60 000 tonnes d’huile d’olive. Le stockage sera assuré auprès des opérateurs du secteur pendant trois mois, avec une prime de stockage et une prime supplémentaire destinée aux agriculteurs, dans la limite d’une enveloppe globale de 20 millions de dinars.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit également la mise en place d’un mécanisme permanent de financement du stockage, à travers la création d’un compte spécial du Trésor baptisé « Compte de la filière huile d’olive ». Celui-ci financera les primes de stockage ainsi que l’entretien des entrepôts et des citernes de l’ONH.

Davantage de soutien aux exportations d’huile conditionnée

Le gouvernement entend également renforcer la valeur ajoutée des exportations tunisiennes. Les aides au transport maritime et aérien accordées aux exportateurs d’huile d’olive par le Fonds de promotion des exportations seront maintenues en 2027. La subvention au transport maritime de l’huile conditionnée passera ainsi de 50 % à 60 %.

Un programme spécifique sera, en outre, élaboré pour accompagner les jeunes entreprises exportatrices d’huile d’olive conditionnée. Il devra les aider à renforcer leurs capacités techniques et commerciales et à préparer des stratégies d’accès aux marchés étrangers.

Une stratégie nationale de communication et de promotion sera également mise en place afin de faciliter l’accès à de nouveaux marchés porteurs, d’intensifier les négociations commerciales et de mieux exploiter les cadres de coopération africains et internationaux.

Le programme prévoit aussi d’accroître les exportations d’huile d’olive conditionnée et biologique, avec l’objectif de doubler les volumes actuels. Le gouvernement entend notamment encourager les hôtels et les restaurants à utiliser de l’huile d’olive tunisienne conditionnée et commercialisée sous une marque. De son côté, l’ONH sera chargé de promouvoir des quantités d’huile conditionnée à des prix tenant compte des coûts de production et du pouvoir d’achat des consommateurs.

Un accompagnement renforcé des petits agriculteurs

Au-delà des mesures financières et commerciales, le gouvernement prévoit d’intensifier les programmes de formation et d’accompagnement technique des agriculteurs, notamment en matière de qualité, de taille des oliviers, de lutte contre les maladies et de mécanisation.

Les banques publiques et privées sont appelées à assurer les financements nécessaires aux petits agriculteurs durant les différentes étapes de la campagne, de la récolte à la commercialisation, en passant par la transformation et le stockage. La Banque centrale de Tunisie interviendra également auprès des établissements bancaires afin de faciliter l’accès des petits agriculteurs au financement et de favoriser le rééchelonnement de leurs dettes.

Enfin, les textes réglementaires seront révisés pour maintenir la prime destinée à encourager l’exportation d’huile d’olive conditionnée, en y intégrant les emballages d’une capacité supérieure à trois litres et allant jusqu’à cinq litres.

Les mesures annoncées comprennent également l’amélioration des accords conclus avec les partenaires économiques, la réalisation d’une étude stratégique sur les perspectives de développement de la filière oléicole et l’élaboration d’un plan de restructuration de l’Office national de l’huile.

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Europe : vie chère, salaires et logement alimentent une vague de colère sociale

De la France à l’Albanie, en passant par la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Belgique, les mobilisations sociales se multiplient en Europe. Derrière des revendications parfois différentes, une même inquiétude se dessine : la dégradation du pouvoir d’achat, la difficulté d’accéder au logement et le sentiment d’un déclassement social…

En Italie, la colère a gagné le transport routier. Depuis la mi-octobre, des transporteurs manifestent contre l’envolée du prix du gazole et l’augmentation des coûts d’exploitation, jugés incompatibles avec la rentabilité de leurs entreprises. Les blocages de routes et d’accès portuaires dans le sud du pays ont perturbé la distribution des marchandises, provoqué des pénuries dans certains supermarchés et compliqué l’approvisionnement de plusieurs secteurs industriels. Face à cette pression, le gouvernement de Giorgia Meloni a approuvé, jeudi 22 octobre, de nouvelles aides aux transporteurs, aux agriculteurs et aux pêcheurs. Les mouvements ont commencé à s’atténuer en Sicile et en Calabre, sans que le conflit soit pour autant définitivement réglé.

Les manifestations des dernières semaines ont pris des formes diverses, allant des rassemblements pacifiques aux affrontements avec les forces de l’ordre et aux dégradations de biens publics et privés. En France, en Italie et en Belgique, plusieurs mobilisations contre la vie chère ont été émaillées de violences. En Grèce, étudiants, enseignants, élèves et fonctionnaires sont également descendus dans la rue le mercredi 21 octobre pour dénoncer le coût de la vie.

À Thessalonique, une banderole résumait le rapprochement entre les mobilisations française et grecque : les mêmes difficultés et les mêmes préoccupations sociales, malgré des contextes nationaux différents.

Le pouvoir d’achat au cœur des tensions

La hausse des prix alimentaires, de l’énergie et des dépenses courantes continue de peser sur les budgets des ménages. Même lorsque l’inflation ralentit, les prix ne reviennent généralement pas à leur niveau antérieur. Les revenus les plus modestes, qui consacrent une part importante de leurs ressources aux dépenses indispensables, sont particulièrement exposés.

Selon des données d’Eurostat analysées par Euronews, les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées dans l’Union européenne ont augmenté de 34 % entre août 2021 et août 2026. Dans le même temps, le pouvoir d’achat du salaire minimum brut, mesuré à travers la quantité de nourriture qu’il permet d’acheter, a diminué de 6 % à Malte, de 5 % en Espagne et de 4 % en France.

Cette comparaison ne prend toutefois en compte ni les impôts, ni les loyers, ni l’ensemble des dépenses des ménages. Elle illustre néanmoins les difficultés rencontrées par une partie des salariés pour maintenir leur niveau de vie…

Le logement, facteur majeur de mécontentement

Dans de nombreuses villes européennes, la hausse des loyers et des prix immobiliers rend l’accès au logement particulièrement difficile pour les jeunes et les ménages modestes. Les coûts du crédit immobilier accentuent les difficultés des accédants à la propriété, tandis que les locataires disposent de moins de ressources pour faire face aux autres dépenses.

Au Portugal et en Espagne, les collectifs de défense du droit au logement réclament des mesures contre la flambée des loyers et une amélioration de l’offre accessible. En Italie, les protestations associent également les préoccupations liées aux prix à des revendications sur les salaires, les services publics et les conditions d’éducation.

En France, les mobilisations mettent en avant le coût de la vie, les moyens accordés aux services publics et les difficultés rencontrées par les étudiants. En Belgique, des rassemblements ont également dénoncé les dépenses liées à l’éducation et les conditions de travail.

Des mouvements distincts, une défiance commune

Si ces mobilisations partagent des préoccupations économiques, elles ne constituent pas pour autant un mouvement européen unifié. Les revendications, les organisations à l’origine des rassemblements et les réponses des gouvernements varient d’un pays à l’autre.

Les violences observées dans certaines villes ont conduit les autorités à renforcer les mesures de sécurité. Les blocages des transporteurs italiens soulignent, de leur côté, la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement lorsque les entreprises ne parviennent plus à absorber la hausse de leurs coûts. Dans les deux cas, les pouvoirs publics sont confrontés à une même difficulté : répondre à des revendications économiques pressantes sans aggraver les contraintes budgétaires ni désorganiser davantage l’activité.

Les tensions ont également des répercussions sur les marchés financiers. En France, la hausse des rendements obligataires et l’élargissement de l’écart avec les taux allemands reflètent notamment les inquiétudes des investisseurs face aux finances publiques et à l’instabilité politique. L’Italie et la Belgique connaissent également des tensions sur leurs marchés obligataires.

La multiplication des manifestations souligne ainsi la difficulté des gouvernements européens à concilier contraintes budgétaires, maîtrise de l’inflation et attentes sociales. Pour les ménages comme pour les entreprises de transport, l’enjeu dépasse désormais le seul ralentissement de la hausse des prix : il s’agit de préserver une capacité réelle à se loger, à consommer, à travailler et à maintenir des activités économiquement viables.

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Intermat Paris 2027 : la CCITF réunit les acteurs tunisiens de la construction, le 3 novembre, à Tunis

Une matinée d’échanges consacrée aux enjeux du secteur et aux opportunités de coopération à l’échelle africaine.

La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), représentante officielle du réseau Promosalons en Tunisie, organise le mardi 3 novembre 2026, à Tunis, une rencontre dédiée aux enjeux et perspectives du secteur de la construction et des infrastructures. L’événement coïncide avec la présentation du salon Intermat Paris 2027.

Un plateau d’intervenants institutionnels et professionnels

La matinée s’ouvrira sur un mot de bienvenue de Khelil Chaibi, président de la CCITF. Elle réunira des représentants du ministère de l’Équipement et de l’Habitat et de la Fédération nationale des entrepreneurs de bâtiment et des travaux publics (FNEBTP). Guillaume Schaeffer, directeur d’Intermat, et Laura Sanchez, directrice de la communication du salon, participeront également à la rencontre.

Au programme

Les échanges s’articuleront autour de plusieurs axes :

  • Intermat Paris 2027 : présentation de ce salon international de référence des solutions et technologies durables pour la construction, ainsi que de ses temps forts ;
  • African Summit 2027 : perspectives d’investissement, grands projets d’infrastructures et opportunités de développement sur le continent africain ;
  • Infrastructures en Tunisie : enjeux, priorités et perspectives pour les acteurs du secteur à travers les grands projets en cours ;
  • Innovation, décarbonation et performance : les nouvelles dynamiques qui transforment les métiers de la construction et des travaux publics ;
  • Retours d’expérience : témoignages d’acteurs tunisiens du secteur.

Favoriser la coopération

Entreprises, institutions, organisations professionnelles et experts seront réunis autour des grands défis de la filière. Cette rencontre ambitionne de favoriser les échanges, de mettre en lumière les opportunités du marché tunisien et d’explorer de nouvelles perspectives de coopération et de développement à l’échelle africaine.

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