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PLF 2027 – Ridha Chkoundali : « Une dépendance dangereuse à l’égard du financement direct de la BCT »

Un déficit structurel d’environ 14,6 milliards de dinars et un quatrième recours consécutif à l’emprunt direct auprès de la Banque centrale. Dans un post Facebook publié le 16 octobre 2026, l’économiste et universitaire Ridha Chkoundali livre une première lecture très critique du projet de loi de finances 2027 (PLF 2027).

Le PLF 2027 prévoit des recettes d’environ 54,25 milliards de dinars (fiscales, non fiscales et dons) pour des dépenses de 68,89 milliards, d’où un déficit structurel considérable d’environ 14,6 milliards. L’économiste relève l’absence du document le plus important, à savoir les résultats d’exécution du budget de l’État au moins jusqu’à fin septembre 2026, ainsi que les hypothèses du budget 2027. Sans ces éléments, impossible de dire si l’État peut réellement mobiliser l’ensemble de ces recettes.

Ridha Chkoundali dénonce une dépendance dangereuse à l’égard du financement direct de la Banque centrale, voire une obéissance aveugle à celle-ci. Pour couvrir le déficit et rembourser les dettes, le projet recourt de manière excessive à l’endettement intérieur, à hauteur de 19,8 milliards de dinars. Plus grave, il sollicite pour la quatrième fois consécutive la Banque centrale, par un emprunt direct de 9,8 milliards, sans intérêt et sur 15 ans. Cette création monétaire, ou injection de liquidité au Trésor, sans contrepartie productive équivalente, comporte un risque inflationniste élevé, une érosion du pouvoir d’achat du dinar et un effet d’éviction du secteur privé, privé de la liquidité bancaire indispensable à l’investissement. Les équilibres financiers du budget sont donc fragiles, conclut l’économiste, car ils reposent sur des palliatifs monétaires et non sur la mobilisation de ressources réelles et durables.

Sur les grands objectifs affichés, l’équilibre régional, la création d’emplois et la dignité nationale, le texte prévoit 10 millions de dinars de crédits supplémentaires pour les régions les moins développées et plusieurs lignes de financement dédiées à l’emploi. Cette approche reste « fragmentaire et saisonnière » plutôt que structurelle : l’équilibre régional ne se construit ni avec des financements conjoncturels ni par un financement public limité, mais par des réformes profondes des infrastructures et l’attraction d’investissements productifs grâce à un véritable système d’incitations.

Côté emploi, la fonction publique et les établissements publics rattachés comptent 692 702 agents. L’État demeure ainsi le premier employeur, au prix d’une lourde charge budgétaire, faute d’un environnement d’investissement capable d’absorber les diplômés et de créer une richesse réelle, garante d’une « dignité effective » hors de la fonction publique ou du microcrédit.

Concernant la création et le financement des projets privés et collectifs, les lignes de financement se multiplient, sans efficacité selon l’économiste, au profit des entreprises émergentes, des petites entreprises, des étudiants porteurs de projets, des personnes en situation de handicap et des sociétés communautaires. Ces dernières ont déjà accumulé plus de 95 millions de dinars de crédits, indépendamment des dotations de cette loi.

L’accent mis sur les prêts sans intérêt et sans garanties bancaires aux sociétés communautaires (5 millions de dinars), comme sur les prêts sans intérêt aux entreprises émergentes, soulève de sérieuses interrogations sur le recouvrement et sur le sort des fonds publics, en l’absence d’études de faisabilité économique rigoureuses. Ridha Chkoundali redoute des créances irrécouvrables qui pèseraient sur des banques naissantes, la Banque tunisienne de solidarité et la Banque de financement des petites et moyennes entreprises.

Le projet comporte néanmoins des facilités positives : la prise en charge par l’État des cotisations sociales des créateurs de petites entreprises, selon un taux dégressif sur trois ans, et l’exonération de la retenue à la source pour les entreprises nouvellement créées et les auto-entrepreneurs. Un véritable bol d’air pour les porteurs de projets, à condition de simplifier les procédures administratives.

Sur l’« État social effectif », l’économiste parle de palliatifs financiers plutôt que d’un traitement de fond. L’État s’est substitué à plusieurs entreprises publiques en difficulté (Office des terres domaniales, chemins de fer, Transtu, Société nationale de cellulose et de papier alfa, Société tunisienne du sucre, Office de l’aviation civile et des aéroports) pour le paiement de leurs dettes envers la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale, et a effacé le principal de leurs dettes fiscales. Cette mesure offre à ces entreprises une bouée de sauvetage ponctuelle et préserve la Caisse nationale de sécurité sociale d’une faillite immédiate. Mais elle reporte directement la charge sur le Trésor public et la dette publique.

L’État social, souligne Ridha Chkoundali, ne se réalise pas seulement en éteignant avec l’argent public les dettes d’entreprises défaillantes. Il suppose d’améliorer les services essentiels (santé, transport, éducation) et d’offrir un filet de sécurité réel et durable, qui ne dépende pas de l’emprunt bancaire direct.

En matière de justice fiscale et sociale, l’économiste pointe des charges supplémentaires pour les classes moyennes et modestes. Le PLF 2027 accorde de larges exonérations fiscales et avantages douaniers aux entreprises, par exemple l’exonération des matières premières des secteurs du cuir et de l’ameublement ainsi que des intrants destinés à l’exportation. Parallèlement, le financement du fonds social et des services passe par le relèvement de la fiscalité indirecte et des taxes de consommation, avec un droit de voyage à l’étranger porté à 80 dinars et une taxe sur les jeux et concours portée à 60 %.

Enfin, pour la sécurité alimentaire, énergétique et hydrique, les avancées sont positives mais insuffisantes. Sur le plan agricole, 40 millions de dinars sont dédiés à la reconstitution du cheptel et 100 millions de dinars à des crédits saisonniers et d’investissement au profit des petits agriculteurs de la filière oléicole. Ces mesures, louables et orientées vers l’économie réelle, restent limitées face à la rareté des ressources en eau et aux effets du changement climatique.

Sur le plan énergétique et environnemental, l’exonération des batteries de stockage d’électricité des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que la réduction des droits sur les panneaux solaires à 10 %, constituent selon lui une avancée judicieuse et ambitieuse pour encourager la transition énergétique et alléger la facture des importations d’énergie.

Sur le plan hydrique, les données ne font état d’aucun nouvel investissement structurel d’envergure à la hauteur des risques pesant sur les ressources disponibles.

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Festival international de l’oud : Tunis accueille le Trio Joubran en clôture

Du 16 au 24 octobre 2026, la médina de Tunis accueille la quatrième édition du Festival international de l’oud. Concours national réservé aux joueurs de 35 ans au plus, journée dédiée à l’oud tunisien et concert de clôture du Trio Joubran composent le programme.  

C’est le Trio Joubran qui fermera le rideau. Le 24 octobre 2026, dans la salle de l’Opéra de la Cité de la culture, à Tunis, il donnera le concert de clôture du Festival international de l’oud. La manifestation, dont c’est la quatrième édition, est organisée par le Club culturel Tahar Haddad et se tient depuis le 16 octobre dans la médina de la capitale.

Trois rendez-vous structurent le programme. Le premier est un concours national d’oud, ouvert aux instrumentistes tunisiens âgés de 35 ans au plus. Des prix en numéraire sont prévus pour les participants. Le deuxième est une journée consacrée à l’oud tunisien, qui comprend un atelier sur les spécificités de cet instrument, animé par l’artiste Ziad Mehdi, ainsi qu’un spectacle réunissant plusieurs joueurs d’oud tunisiens.

Le festival ne se limite pas à la célébration d’un instrument. Il soulève aussi la question de la place de l’oud dans le paysage musical actuel et celle de sa transmission d’une génération à l’autre. Pour la clôture, les organisateurs ont retenu le Trio Joubran. Ses concerts sont rares dans les festivals tunisiens et se jouent à chaque fois à guichet fermé. Sa musique illustre un langage contemporain qui n’a pas rompu avec les racines de l’oud. Le trio a bâti son projet autour de l’instrument, en faisant dialoguer trois oud à partir de la composition, de l’interaction et de l’improvisation. Son parcours, qui assume pleinement ses racines palestiniennes, associe la musique à la poésie et la voix à la mémoire. Dans ce domaine, la Tunisie a d’ailleurs son mot à dire. Le pays a donné au monde deux luthistes incontournables, Ali Sriti et Anouar Brahem, dont les noms rappellent le poids de la scène tunisienne dans l’univers de l’oud.

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Bourse de Tunis : neuf indices sectoriels sur douze progressent

Le bulletin officiel  du mercredi 14 octobre 2026 indique une hausse de 39,07 % du Tunindex depuis le début de l’année. Il rappelle aussi l’entrée d’ATL dans le Tunindex20 et la suspension de deux titres.

 Le Tunindex clôture à 18 705,42 points, en hausse de 0,42 % sur la journée et de 39,07 % sur l’année. Le Tunindex20 s’établit à 8 197,89 points, soit une progression de 0,58 % sur la séance et de 37,20 % depuis le 1er janvier. C’est ce qu’indique le bulletin officiel de la Bourse de Tunis. Neuf des douze indices sectoriels terminent en hausse. L’indice des produits ménagers et de soin personnel enregistre la plus forte progression quotidienne, à 1,77 %. Mais il reste le seul à reculer sur l’année, avec un repli de 5,44 %. Trois indices cèdent du terrain : les services aux consommateurs et la distribution perdent chacun 0,53 % et les assurances 0,24 %. Depuis le début de l’année, les services financiers affichent la meilleure performance, à 55,29 %, devant les assurances (50,77 %) et les banques (45,74 %).

Le Comité des indices boursiers, réuni le 25 septembre 2026, a modifié la composition du Tunindex20 à compter du jeudi 1er octobre 2026. Tunisie Leasing & Factoring quitte l’indice et ATL le rejoint, avec 32 500 000 titres admis, un flottant de 30 % et un facteur de plafonnement de 1.

Le bulletin précise par ailleurs les modalités de l’augmentation de capital de Smart Tunisie, décidée par l’assemblée générale extraordinaire du 29 avril 2026. Depuis le 1er octobre 2026, les 10 123 443 actions anciennes se négocient droits d’attribution détachés. Les 1 012 344 actions nouvelles gratuites sont attribuées à raison d’une pour dix anciennes. Elles seront négociables sur la même ligne de cotation que les anciennes. Les droits d’attribution se négocient sous le code SMT26, dans le groupe de cotation 32.

Deux titres restent suspendus. La cotation d’Aetech l’est depuis le jeudi 29 janvier 2026, à la demande du Conseil du marché financier. Celle d’UADH l’est depuis le mercredi 25 mars 2026, en application de l’article 68 de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994. La Bourse de Tunis invoque notamment le non-respect des obligations de publication d’informations financières, l’absence d’informations fiables sur les responsables et d’interlocuteurs, ainsi que l’absence d’éléments attestant une activité réelle. La reprise de la cotation d’UADH dépend de la régularisation de ces manquements.

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Fiscalité internationale : l’UE valide la « transparence » de la Tunisie

Le Conseil de l’Union européenne a adopté, le 9 octobre 2026, la mise à jour de sa « liste des juridictions non coopératives à des fins fiscales » sans y inclure la Tunisie.

Cette décision confirme la position de la Tunisie parmi les territoires coopératifs en matière de fiscalité. Le pays se classe ainsi dans la catégorie des juridictions ayant rempli l’ensemble de leurs obligations sans présenter d’engagement en suspens auprès des instances européennes.

Rappelons que l’historique de la Tunisie avec ce dispositif remonte à la création de la liste initiale par l’Union européenne en décembre 2017. Inscrite dans un premier temps sur la « liste noire » en raison de retards d’alignement de certains régimes fiscaux sur les normes européennes, la Tunisie en avait été retirée dès janvier 2018 à la suite d’engagements formels de réforme. Placé « sous suivi » au sein de la « liste grise », le pays avait mené les ajustements législatifs requis et obtenu sa sortie définitive de cette catégorie en mars 2019.

La décision adoptée lors de la révision semestrielle d’octobre 2026 maintient un total de huit juridictions sur l’Annexe I. La prochaine évaluation globale de la gouvernance fiscale par le Conseil de l’Union européenne est programmée pour le mois de février 2027.

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Souleymane Bachir Diagne à Tunis : l’hospitalité comme sursaut éthique et politique

Face à une époque qui multiplie les dispositifs d’inhospitalité et érige des remparts là où il faudrait construire des ponts, Souleymane Bachir Diagne plaide pour un sursaut éthique : l’hospitalité universelle.

Invité le 13 octobre 2026 à l’Institut français de Tunisie, le philosophe sénégalais et professeur à l’université Columbia aux Etats-Unis y a dévoilé les grandes lignes de son ouvrage à paraître dans 15 jours, L’Hospitalité, Affirmer l’humanité, devant un auditoire comptant notamment l’ambassadrice de France, Anne Guéguen, et le directeur de l’institut, Julien Chenivesse, lors d’une rencontre où la docteure en littérature française et poétesse, Ahlem Ghayaza, a orchestré les échanges avec le philosophe.

Cette prise de parole s’inscrit dans un contexte où l’empathie, traditionnellement considérée comme le sentiment le plus immédiat permettant de se mettre à la place d’autrui, se voit désormais critiquée. Le Pr Diagne pointe l’émergence aux États-Unis d’ouvrages remettant en cause cette notion depuis deux horizons distincts. Le premier, issu de la psychologie évolutionniste, affirme que l’empathie nous égare, dans la lignée des travaux de Paul Bloom avec Against Empathy. Parmi ces publications, Suicidal Empathy de Gad Saad a été salué par Elon Musk – par ailleurs d’origine sud-africaine -, qui voit dans une trop grande ouverture aux autres la menace majeure pour la civilisation occidentale. Le second courant adopte une rhétorique religieuse : dans The Sin of Empathy, Compassion and Its Counterfeits, le pasteur Joe Rigney dénonce les fautes d’empathie envers les migrants. Ces livres s’inscrivent dans une tendance mondiale à la banalisation de ces discours.

La sacralité du visage et la refondation du lien humain

En réponse à ces critiques qui réduisent l’empathie à une émotion irrationnelle, Souleymane Bachir Diagne rappelle que le terme a été créé au XIXe siècle en Allemagne dans le champ de la philosophie de l’art pour décrire l’immersion dans un paysage par la contemplation. Les papes François et Léon XIV sont d’ailleurs intervenus pour réaffirmer le sens de l’amour du prochain. À cette vision défigurée, le philosophe oppose la formule du Livre de la jungle, « nous sommes du même sang », expression d’une reconnaissance mutuelle présente dans toutes les cultures et qui sacralise l’autre comme un dieu déguisé. Chez les Grecs, l’hospitalité relevait de la protection de Zeus. Ce concept apparaît indispensable pour contrecarrer la fabrication de la figure repoussoir du migrant musulman, instrumentalistée à des fins électorales. Face aux traversées mortelles en Méditerranée devenue un cimetière marin, l’indignation surgit quand le corps d’un enfant s’échoue sur une plage, illustrant le « visage de l’autre » théorisé par Levinas. Les défis migratoires concernent l’humanité tout entière, qui doit s’affirmer en véritable acteur politique.

Pour un universel latéral et décolonial

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Cette démarche irrigue également sa vision des débats décoloniaux. Aucune culture ne peut se prétendre naturellement dépositaire de l’universel. La décolonisation ne doit pas être menée contre l’universel sous prétexte qu’il serait impérial, mais en son nom, pour faire advenir un universel latéral auquel toutes les cultures contribuent. Refusant l’ethnonationalisme du Sud global qui reprend le discours de l’extrême droite sous couvert d’anti-impérialisme, le professeur sénégalais Diagne maintient le terme d’universel face aux notions d’universalité ou de diversalité. Il rattache l’hospitalité universelle à Emmanuel Kant, pour qui la forme sphérique de la Terre contraint les hommes à habiter ensemble aux côtés du vivant, rejoignant les perspectives décoloniales contemporaines axées sur la mondialité et la conscience planétaire.

Dans De langue à langue. L’hospitalité de la traduction, paru en 2022 et traduit depuis en plusieurs langues, notamment en anglais par un de ses anciens étudiants, Diagne définit la traduction comme l’accueil dans sa langue de ce qui a été pensé dans une autre. Face à l’intelligence artificielle capable de traduire parfaitement, il alerte sur le risque de perdre le décentrement du bilinguisme cher à Paul Ricœur, qui définissait l’humain par sa capacité à parler la langue de l’autre. Le recours systématique à la machine risque d’enfermer chacun dans son identité, comme le montre le cas d’étudiants chinois réclamant le retrait de l’anglais de leurs examens.

Démocratie fragilisée et défis globaux pour l’avenir

Cette préoccupation s’inscrit dans un constat d’affaiblissement de la démocratie, attaquée par des régimes illibéraux et fragilisée par un scepticisme croissant. En Afrique, des dirigeants militaires, notamment au Burkina Faso, réutilisent l’idée que la démocratie ne serait pas faite pour le continent, tandis qu’aux États-Unis, la liberté d’expression, les droits des femmes et les universités sont remis en cause dans un contexte de montée du masculinisme.

Concernant les menaces d’une dictature cognitive, le professeur rappelle que la pensée exige de sortir des cadres établis. Si l’IA résout des problèmes par accumulation de données et s’approche de la création artistique, elle bouscule la distinction traditionnelle de l’humain fondée sur la raison et la parole, alarment ceux-là mêmes qui la développent.

Pour l’avenir, le philosophe identifie quatre enjeux prioritaires exigeant une action politique globale : l’environnement, la santé et sa communauté de destin face aux virus, les migrations face à l’échec du multilatéralisme, et l’intelligence artificielle, dont le cadre reste façonné depuis le Bureau ovale sous l’influence de milliardaires détenant des médias et véhiculant un discours d’extrême droite.

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Un Tunisien au Conseil consultatif de la Millennium Challenge Corporation

Le Tunisien Khaled Koubaa rejoint le Conseil consultatif de la Millennium Challenge Corporation (MCC), une agence gouvernementale américaine consacrée à la réduction de la pauvreté par le développement économique. Cette nomination intervient après son entrée, annoncée en décembre dernier, au Comité des sanctions du Groupe de la Banque mondiale.

La Millennium Challenge Corporation (MCC) compte désormais Khaled Koubaa parmi les membres de son Conseil consultatif. Fort d’une expérience dans les domaines du numérique et des politiques publiques, le Tunisien est appelé à participer aux travaux de cette instance, notamment sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle et à la gouvernance d’Internet.

Fondée en 2004, la MCC est une agence du gouvernement américain dont la mission consiste à combattre la pauvreté en favorisant la croissance économique. Elle intervient à travers le financement de programmes de développement dans des pays partenaires.

Son Conseil consultatif rassemble des profils issus de différents horizons, notamment des experts, des dirigeants d’entreprise et des spécialistes. Leur rôle consiste à orienter les réflexions de l’agence concernant ses investissements, ses partenariats économiques et l’intégration des nouvelles technologies.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Khaled Koubaa entend particulièrement contribuer aux échanges portant sur la place des technologies dans les dynamiques de croissance économique et d’inclusion. Son expertise couvre notamment la gouvernance d’Internet, l’intelligence artificielle et les politiques publiques.

Cette désignation fait suite à une autre nomination au sein d’une institution internationale. En décembre dernier, le Groupe de la Banque mondiale avait annoncé son entrée au Comité des sanctions.

Le parcours professionnel de Khaled Koubaa comprend également des responsabilités exercées chez Google et Meta. Il a, par ailleurs, siégé au conseil d’administration de l’ICANN, organisme chargé de la coordination de ressources indispensables au fonctionnement d’Internet.

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Location-vente en Tunisie : 1000 logements par an face à un besoin de 200 000

Au rythme prévu de 1 000 logements par an, il faudrait 200 ans pour couvrir la demande nationale. C’est ce que relève la Chambre des promoteurs immobiliers, qui propose quatre réformes.

Le projet gouvernemental de location-vente de logements, salué dans son principe pour raviver un mécanisme ayant fait ses preuves dans les années 1970, se heurte à des lacunes légales et opérationnelles majeures. Lesquelles risquent de paralyser son efficacité. C’est le constat de Hechmi Miliani, trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, dans une déclaration au journal L’Économiste Maghrébin. Il estime que le dispositif actuel ne permettra pas de résoudre la crise structurelle du logement sans une révision législative approfondie, menée en concertation avec les professionnels du secteur.

Pour M. Miliani, le principal frein est l’attribution exclusive du programme à la SNIT et à la SPROLS, qui font déjà face à d’importantes difficultés internes. Le besoin national est estimé à 200 000 logements, mais ces structures prévoient une capacité de production limitée à 1 000 unités par an, soit 5 000 logements sur cinq ans. Selon son calcul, il faudrait donc 200 ans pour absorber la demande actuelle, au point que les candidats, leurs enfants et leurs petits-enfants n’en bénéficieraient pas de leur vivant. Il déplore aussi la démarche du ministère de l’Équipement, qui consiste à réaliser une phase d’essai étalée jusqu’en 2027-2028, et plaide au contraire pour l’adoption immédiate d’une vision stratégique globale.

La Chambre propose d’abord d’ouvrir le programme aux promoteurs privés, sous réserve d’appliquer le même cahier des charges que le secteur public. Cela permettrait de produire de 25 000 à 30 000 logements par an et d’atteindre 90 000 unités en trois ans. Elle suggère ensuite de segmenter l’offre en trois standings, social, intermédiaire et amélioré, afin d’adapter les logements aux différents niveaux de revenus, du SMIG à des salaires de 5 000 dinars. Et ce, tout en garantissant des implantations géographiques adaptées aux attentes de la classe moyenne.

Lire aussi — Immobilier tunisien : Hechmi Miliani démonte le mythe des 800 000 logements invendus

 

Sa troisième proposition consiste à accorder aux ménages de la classe moyenne un prêt direct, au taux préférentiel de 3 % et plafonné à 400 000 dinars. Il serait financé par le fonds FOPROLOS, qui accumule 380 millions de dinars par an grâce aux contributions patronales. M. Miliani rappelle que le coût du crédit bancaire constitue le principal obstacle à l’accès à la propriété : un emprunt de 200 000 dinars coûte au final 484 000 dinars au souscripteur.

Enfin, la Chambre préconise la création d’une interface financière intermédiaire entre les promoteurs et les citoyens pour assurer le recouvrement des loyers. Elle éviterait aux entreprises publiques comme la SNIT de dépêcher des agents pour collecter directement des mensualités de 400 dinars.

Pour étayer son diagnostic sur la crise du secteur, le trésorier détaille l’envolée des coûts de production enregistrée depuis 2010. Le coût de revient du mètre carré bâti est passé de 150 dinars en 2010 à 350 dinars aujourd’hui. Cette augmentation s’explique par le renchérissement des matériaux et de la main-d’œuvre : le sac de ciment est passé de 6,5 à 17 dinars, le prix du fer a été multiplié par cinq ou six, la journée d’un ouvrier qualifié est passée de 25 à 80 dinars, et celle d’un ouvrier non qualifié de 10 dinars à une fourchette de 30 à 35 dinars. Sur le plan foncier, il est désormais impossible de trouver du terrain à bâtir à moins de 2 000 dinars le mètre carré.

Pour appuyer ses mises en garde contre les risques d’échec réglementaire, M. Miliani rappelle l’expérience du programme « Premier Logement », déployé entre 2018 et 2025. Sur l’enveloppe de 200 milliards de millimes allouée par l’État, seuls 65 milliards ont été consommés, et 135 milliards ont été réintégrés au budget public. Le programme s’est soldé par la vente de seulement 2 000 à 2 500 logements en sept ans, en raison de conditions d’emprunt inadaptées aux revenus réels des citoyens.

 

Lire également — Le mécanisme du crédit « Premier logement » n’a pas connu le succès escompté (N. Snoussi)

 

Le trésorier précise que le secteur privé ne redoute aucune concurrence de la part du projet public de location-vente. Les bénéficiaires visés par des loyers publics de l’ordre de 180 dinars par mois constituent, selon lui, un segment de clientèle totalement distinct de celui desservi par les promoteurs privés.

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Tunisie : le premier recensement agricole numérique lancé lors de la campagne 2026-2027

La Tunisie s’apprête à franchir une étape décisive dans la gestion de son patrimoine rural. Elle va réaliser le premier recensement général agricole intégralement numérisé de son histoire.

Ce projet d’envergure nationale vise à constituer une base de données géoréférencée et exhaustive du secteur agricole. L’objectif est triple : moderniser la planification publique, optimiser la gouvernance des projets de développement et orienter en priorité les investissements vers les petites et moyennes exploitations ainsi que vers les sociétés communautaires. Face aux contraintes climatiques et à la pression sur les ressources naturelles, ces nouvelles données doivent aussi renforcer la résilience de l’appareil productif. La campagne agricole 2025-2026 sert de période de référence. La collecte sur le terrain s’étalera sur l’exercice 2026-2027 et devra se terminer avant le début de la saison 2027-2028. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche présentera le calendrier officiel lors d’une conférence de presse prévue le 30 octobre 2026.

Les données collectées auprès des exploitations agricoles

L’exploitation agricole reste l’unité de base du recensement. Les enquêteurs examineront la structure foncière, le profil de la main-d’œuvre et le parc d’équipements. Ils recenseront également la répartition des grandes cultures et de l’arboriculture, ainsi que l’accès au crédit et à l’assurance. Les opérations s’appuieront essentiellement sur les moyens humains et logistiques du ministère, avec le soutien des agents des Commissariats régionaux au développement agricole. Des formations spécialisées en géographie numérique, en analyse statistique et en systèmes d’information sont déjà dispensées au personnel de terrain. L’opération repose sur un partenariat technique entre l’Institut national de la statistique, l’Office des céréales et l’opérateur Tunisie Télécom. Équipés de tablettes tactiles, les agents saisiront directement les données sur le terrain. Ces informations seront transmises chaque soir vers une plateforme centrale de contrôle. Les autorités rappellent que toutes les informations collectées sont protégées par le secret statistique le plus strict. Seuls des résultats agrégés seront rendus publics.

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Crise de l’eau en Tunisie : plus de 220 alertes citoyennes recensées en septembre

L’Observatoire tunisien de l’eau a comptabilisé 227 signalements citoyens liés à des perturbations d’approvisionnement durant le mois de septembre 2026. C’est ce que font ressortir les données publiées mardi dans sa dernière édition de la Carte de la Soif.

Les interruptions brutales et non annoncées de la distribution représentent la quasi-totalité des incidents recensés, avec 197 cas répertoriés sur l’ensemble du territoire. Le rapport fait également état de 18 alertes concernant des fuites d’eau sur le réseau. On répertorie également 10 mouvements de protestation d’usagers réclamant leur droit à l’eau et deux signalements relatifs à une détérioration de la qualité de l’eau distribuée.

Sur le plan géographique, le gouvernorat de Ben Arous figure en tête des zones les plus touchées avec 32 signalements. Les gouvernorats de Médenine et de Bizerte arrivent en deuxième position avec 28 alertes chacun. Suivent Tunis avec 16 signalements et Gafsa avec 13 cas répertoriés.

Lancé en 2016 à l’initiative de l’association Nomad 08, l’Observatoire tunisien de l’eau est une plateforme citoyenne collaborative. Elle a pour objectif de documenter les défaillances du réseau hydraulique. De même, elle défend le droit universel d’accès à l’eau potable.

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Travail au Canada : l’ATCT cherche des profils tunisiens qualifiés

Opportunités de recrutement au Canada pour les compétences tunisiennes : candidatures ouvertes jusqu’au 16 octobre 2026 via l’ATCT.

La Société Tunisienne de Coopération Technique (ATCT) a annoncé la disponibilité de nouvelles opportunités de recrutement au profit des compétences tunisiennes pour travailler au Canada dans les secteurs de la santé, de l’enseignement, de la petite enfance et des métiers techniques.

Des entreprises canadiennes souhaitent intégrer des candidats répondant aux critères de qualification et d’expérience requis. Et l’agence invite les personnes intéressées à s’inscrire via le formulaire électronique dédié avant le 16 octobre 2026.

Les spécialités recherchées dans la santé englobent les directeurs de soins, les chefs de services hospitaliers, les responsables de cliniques, les aides-soignants, les assistants en soins et les préposés aux bénéficiaires.

Dans le secteur de l’éducation, les postes concernent les enseignants du secondaire, du primaire, du préscolaire et les éducateurs de la petite enfance.

Pour les métiers techniques, les besoins portent sur les charpentiers-menuisiers de construction, les maçons, ainsi que les mécaniciens d’ateliers, d’équipements industriels et d’engins lourds.

Par ailleurs, notons que les conditions de candidature exigent une expérience professionnelle d’au moins deux ans dans la spécialité, un diplôme universitaire ou un brevet professionnel adapté au poste, la maîtrise du français et de l’anglais, avec une préférence pour les titulaires d’un test de compétence linguistique de type « TEF » ou « TCF ».

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STIP : l’AGO affecte le bénéfice 2025 de 4,68 millions de dinars aux résultats reportés

L’Assemblée générale ordinaire de la Société Tunisienne des Industries de Pneumatiques (STIP), spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des pneumatiques, a décidé, le 15 septembre 2026, d’affecter l’intégralité du bénéfice 2025, soit 4,68 millions de dinars, aux résultats reportés, qui restent négatifs, à 88,5 millions de dinars.

Aucune dotation à la réserve légale ni aux autres réserves n’a été prévue et aucun dividende ne sera distribué. La résolution a été adoptée à l’unanimité des actionnaires présents ou représentés.

Au 31 décembre 2024, les résultats reportés s’élevaient à moins 93,2 millions de dinars. L’ajout du bénéfice de l’exercice clos le 31 décembre 2025 ramène les pertes cumulées à 88,5 millions de dinars, montant qui constitue les résultats reportés de la société à cette date.

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« Naza » : des soldats israéliens témoignent sur Gaza dans un documentaire projeté dans 50 pays

Réalisé par Rachel Szor et Yuval Abraham, le film documentaire « Naza » donne la parole à 24 soldats israéliens sur les dommages collatéraux à Gaza. Il sera projeté en salles les 12 et 13 octobre, puis diffusé en ligne.

 Le documentaire « Naza » sort exceptionnellement en salles dans 50 pays, dont la France, les 12 et 13 octobre. Il sera ensuite diffusé en ligne et pourra être visionné gratuitement en novembre sur le site du Guardian. Signé Rachel Szor et Yuval Abraham, le film dénonce les crimes commis contre les civils à Gaza par l’armée israélienne. Son titre désigne les « dommages collatéraux » dans le jargon militaire israélien. Présenté à la Mostra de Venise en septembre, il y a reçu un Prix spécial du jury, après 25 minutes d’applaudissements d’un public debout.

D’une durée de 80 minutes, « Naza » repose sur les témoignages de 24 militaires issus d’unités d’élite. Filmés de nuit sur des toits de Tel-Aviv, le visage dissimulé, ils décrivent les méthodes employées par les forces armées israéliennes à Gaza pour repérer les cibles et évaluer les risques de dégâts collatéraux. Les deux réalisateurs affirment vouloir briser le mur du silence, alors que plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis les attaques du 7 octobre 2023.

Pour Yuval Abraham, interrogé par le quotidien britannique, cette diffusion mondiale relève d’un impératif moral : « Bien sûr, nous voulons que le monde entier voie ce film. Mais ceux qui ont le plus besoin de le voir, ce sont les Israéliens, les Américains qui financent tout cela, les Allemands, tant d’Européens qui contribuent aux rapports de force permettant que cela continue, que les tueries à Gaza continuent. Donald Trump parle d’envoyer encore plus d’armes à Israël, sans conditions. Nous avons le devoir, surtout comme citoyens du pays qui fait cela, de tout faire pour aider ceux qui s’efforcent d’y mettre fin. »

En Israël, le film a suscité des réactions hostiles des autorités. Le gouvernement entend déchoir les deux réalisateurs de leur nationalité israélienne pour « trahison ». Benyamin Netanyahu a comparé la production du film à des « dizaines de missiles » tirés sur Israël. L’armée, de son côté, dément les accusations formulées dans le documentaire. À ce jour, aucune salle israélienne n’a accepté de le programmer. Sur les réseaux sociaux, une campagne de désinformation s’appuie par ailleurs sur un faux documentaire « Naza », créant la confusion.

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Gabès : une route coupée à Chatt Essalem après de nouvelles émanations imputées au GCT

Des riverains ont bloqué une route à Chatt Essalem dans la nuit du 10 au 11 octobre 2026, après des signalements d’émanations suffocantes autour du complexe du Groupe chimique tunisien.

Une route a été fermée par des habitants de Chatt Essalem, à Gabès, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre 2026. Les riverains protestent contre de nouvelles émanations gazeuses, qu’ils rattachent aux activités du Groupe chimique tunisien (GCT), et réclament des autorités qu’elles y mettent fin. Ils parlent d’une catastrophe environnementale persistante. Le mouvement a suivi des alertes de militants locaux, dont le collectif Stop Pollution, faisant état d’émanations suffocantes dans les zones voisines du complexe. L’ampleur de ces rejets et leur composition exacte restent à établir.

La colère des habitants s’inscrit dans une crise environnementale et sanitaire vieille de plusieurs décennies. Depuis des années, ils mettent en cause l’impact des unités du GCT sur leur cadre de vie et leur santé. Les signalements de gaz et les cas d’intoxication présumée ravivent régulièrement la contestation dans la région.

Des écoles situées près du complexe ont connu plusieurs incidents : des élèves ont eu des malaises, des difficultés respiratoires ou des évanouissements. Pour les habitants, ces épisodes font de la pollution une urgence sanitaire. Ils demandent des mesures concrètes pour protéger les populations riveraines. Les mobilisations se sont multipliées. En juin 2026, le collectif Stop Pollution et des acteurs de la société civile avaient manifesté à Gabès et à Tunis, sous le slogan « Le peuple exige le démantèlement des unités ». Ils réclamaient l’arrêt des activités industrielles jugées polluantes. Le dossier a été porté devant les autorités nationales, et une commission présidentielle a été mise en place. Les habitants mobilisés estiment toutefois que ces démarches n’ont pas apporté de réponse à la hauteur de la situation.

Sur le terrain judiciaire, la justice avait rejeté en février 2026 une demande en référé visant l’arrêt immédiat des unités polluantes du GCT. Elle avait jugé le préjudice invoqué insuffisamment établi, une décision contestée par les défenseurs de l’environnement. Habitants et militants écologistes attendent depuis longtemps une intervention effective des pouvoirs publics contre les nuisances industrielles. Leur revendication ne se limite plus à la dénonciation des émanations : ils exigent désormais des mesures garantissant leur droit à un environnement sain.

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Conseillers fiscaux : la FTAPME demande au président de l’ARP de se récuser

La Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME) invite Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et avocat de profession, à se récuser à titre préventif sur le texte encadrant la profession de conseiller fiscal.

On évoque des chevauchements avec les prérogatives des avocats et réclame que l’existence d’un éventuel conflit d’intérêts soit vérifiée. C’est par voie de communiqué que la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME) a formulé sa demande. Elle souhaite que Brahim Bouderbala s’écarte, par précaution, de l’examen du projet de loi sur l’organisation de la profession de conseiller fiscal. Selon l’organisation, ce métier présente des zones de recoupement avec celui d’avocat, dont le président du Parlement est lui-même issu.

Dans son texte, la Fédération soutient que la responsabilité publique oblige les responsables concernés à placer l’intérêt général au-dessus de leurs intérêts personnels ou professionnels. Elle demande au président de l’Assemblée de « lever la main » sur ce dossier, le temps que les instances compétentes établissent si sa situation relève des règles applicables en matière de déclaration d’intérêts et de récusation. Elle estime que ce contexte justifie des garanties supplémentaires de transparence.

L’organisation tient cependant à apporter une précision : appartenir à une profession ne prouve pas, en soi, l’existence d’un conflit d’intérêts. Elle assure ne cibler aucune personne en particulier et décrit son initiative comme une mesure de prévention destinée à préserver la neutralité du processus législatif.

Le dossier porte sur le projet de loi n°13 de 2023 relatif à la profession de conseiller fiscal, déposé au Parlement le 10 juillet 2023. D’après la Fédération, il rencontre depuis d’importantes difficultés, sur fond de désaccords entre les représentants des avocats et les partisans d’un encadrement du métier de conseiller fiscal.

La FTAPME affirme que les responsables successifs de l’Ordre national des avocats ont fait connaître leur opposition au projet, par des communiqués et des courriers adressés notamment au ministère des Finances, à la présidence du gouvernement et aux structures parlementaires compétentes. Elle inclut Brahim Bouderbala parmi eux, à l’époque où il exerçait des responsabilités au sein de l’Ordre. Pour l’organisation, les prérogatives des conseillers fiscaux recoupent sur certains points celles des avocats, et la réglementation de cette nouvelle profession pourrait redessiner la frontière entre les deux métiers.

C’est à partir de ces éléments qu’elle soulève la question d’un possible conflit d’intérêts et sollicite le retrait préventif du président de l’ARP. Elle s’appuie notamment sur l’article 24 de la loi n°46 de 2018 relative à la déclaration des biens et des intérêts, à la lutte contre l’enrichissement illicite et à la prévention des conflits d’intérêts, dont elle conteste la formulation et la portée. 

Au-delà de ce cas, la Fédération demande des règles mieux définies en matière de déclaration d’intérêts et de récusation des responsables publics, ainsi que des garanties d’égalité entre les professions concernées. Elle met en garde contre des dispositions qui, selon elle, pourraient favoriser l’exclusion ou un monopole professionnel sans justification objective.

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La TRAPSA reste hors Bourse, son rôle stratégique en cause

La TRAPSA restera hors Bourse, pour l’instant : le ministère met en avant son rôle stratégique et la sécurité de l’approvisionnement énergétique national. Son plan 2026-2030 prévoit deux nouveaux bassins de 35000 m³ et de 5000 m³.

La Compagnie des transports par pipelines au Sahara (TRAPSA) ne sera pas cotée en Bourse à ce stade. C’est ce qu’indique le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, pour qui cette option n’est actuellement pas envisagée. Il justifie son exclusion par la spécificité de l’entreprise et son rôle stratégique, ainsi que par l’impératif d’assurer la continuité du service public et la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays.

Ces éléments figurent dans une réponse écrite transmise au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, qui assure également la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Le document répondait à une question de la députée Fatma Mseddi portant sur la gouvernance, la rentabilité et la situation financière de la société.

Entreprise publique de catégorie « A », la TRAPSA relève de la convention tuniso-française de 1958 et de la loi de 1985. Elle intervient dans le transport, le stockage et le chargement de pétrole brut, et propose aussi des services pétroliers et maritimes. Son modèle économique s’appuie sur des contrats assortis de tarifs révisés à intervalles réguliers, de façon à refléter l’évolution des coûts d’exploitation et des indicateurs économiques. Plusieurs accords ont récemment été actualisés.

Le plan de développement 2026-2030 de la société comprend un vaste programme de modernisation de ses infrastructures. Il couvre la maintenance du pipeline, des équipements maritimes et des installations de stockage, ainsi que la réalisation de deux nouveaux bassins, d’une capacité respective de 35000 m³ et de 5000 m³.

Selon le ministère, ces investissements serviront aussi à renforcer les dispositifs de sécurité, à protéger l’environnement, à numériser les activités et à assurer le contrôle public des opérations.

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L’essor de l’IA va-t-il creuser les inégalités entre pays, comme le redoute le FMI ?

La Chine, les Etats-Unis et l’Inde se disputent la tête de la course à l’intelligence artificielle ( IA) , au bénéfice de pays exportateurs de technologie comme le Japon, la Corée, Taïwan, le Mexique ou la Malaisie. Mais cette dynamique profite-t-elle à tout le monde ?

Cinq des dix premiers acteurs mondiaux de l’IA sont asiatiques, fournissant microprocesseurs haut de gamme, puces mémoire, équipements de fabrication et robotique. Le matériel dédié à l’IA et les produits technologiques associés représentent désormais plus d’un dixième du commerce mondial de marchandises, une part en constante progression selon Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

Lors de son discours prononcé à Singapour, quelques jours avant l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international à Bangkok, celle-ci a plaidé pour une coopération mondiale accrue dans ce domaine. Sans cela, l’essor de l’IA pourrait exacerber les inégalités entre les différents pays. Un appel qui se heurte toutefois à un obstacle de taille : Donald Trump ne veut pas entendre parler d’une quelconque régulation internationale.

Le FMI estime pourtant que l’IA, si elle est bien mise en oeuvre, pourrait générer au fil du temps jusqu’à un demi-point de pourcentage de croissance mondiale supplémentaire par an. Kristalina Georgieva illustre cette promesse par une comparaison frappante : passer de 3 % à 3,5 % reviendrait à ajouter à l’économie mondiale, sur une décennie, une économie de la taille de l’Asean. Pour tirer parti de ce pouvoir transformateur, elle insiste sur la nécessité de généraliser l’accès à l’IA dans le monde entier, ce qui exige selon elle de la coopération et des garde-fous réglementaires.

Mais ce boom intervient dans un monde où l’énergie est chère, et l’IA accroît un peu plus la demande. Les coûts progressent et entraînent par ricochet ceux des engrais, des denrées alimentaires et des composants industriels essentiels. Cette situation alimente l’inflation tout en freinant la croissance, qui jusqu’ici a plutôt bien résisté aux vents contraires, des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient aux tensions commerciales. L’Asie et l’Europe sont particulièrement touchés.

Résultat : les taux d’intérêt grimpent alors que les finances des gouvernements ne sont pas particulièrement saines. Les rendements des obligations souveraines à 10 ans des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Japon ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis respectivement 2007, 2009 et 1996, gonflant d’autant la facture de la charge de la dette. En France aussi, les taux sont au plus haut depuis 2008. Dans la zone euro, les écarts de rendement par rapport aux Bunds allemands continuent de se creuser, non seulement pour la France et l’Italie, mais aussi, dans une moindre mesure, pour l’Irlande, le Portugal et d’autres pays qui avaient réussi à réduire leur dette et leurs déficits après la crise de la zone euro.

Kristalina Georgieva déplore l’absence d’action décisive dans les économies avancées très endettées, où l’heure devrait selon elle être à des plans crédibles de consolidation budgétaire à moyen terme. Au cours des dix-sept dernières années, les taux d’intérêt sont restés inférieurs aux taux de croissance du PIB, mais ce différentiel est bien moins favorable aujourd’hui, les taux étant désormais supérieurs à la croissance dans les pays européens et aux Etats-Unis. Concrètement, cela signifie que l’accélération de la croissance nécessaire pour réduire le ratio dette publique sur PIB sans effort budgétaire semble hors de portée à court terme.

 

 

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Assurance : le Lloyd Tunisien encaisse 236,1 MDT de primes

 Le Lloyd Tunisien a porté ses primes acquises non-vie à 236,1 millions de dinars en 2025, mais son résultat net passe de 8,4 à 7,3 millions de dinars. Les comptes seront soumis à l’assemblée générale ordinaire du 13 octobre 2026. Deux contrôles fiscaux sont en cours.

Hausse de l’activité, repli du bénéfice. Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 par la Société Tunisienne d’Assurances « Lloyd Tunisien » affichent des primes acquises non-vie de 236,1 millions de dinars, contre 207,3 millions un an plus tôt. Le résultat des activités ordinaires s’établit à 7,8 millions de dinars, contre 8,9 millions. Après un impôt de 0,55 million, le résultat net ressort à 7,3 millions.

La branche automobile pèse 137,5 millions de dinars de primes nettes, contre 118,3 millions (+16 %). L’incendie bondit de 36 % et la grêle de 65 %. La branche groupe gagne 6 %, tandis que les risques divers et le transport reculent chacun de 2 %. En assurance vie, les primes acquises atteignent 3 millions de dinars, soit 21 % de plus qu’en 2024. Les sinistres réglés augmentent de près de 17 %, à 134 millions de dinars. La charge de sinistres non-vie progresse de près de 18 %, à 152,5 millions, et celle de l’assurance vie de plus de 30 %.

Un résultat technique non-vie en forte baisse

Le résultat technique non-vie tombe à 1,5 million de dinars, contre 4,4 millions en 2024. Le résultat technique vie monte à 1,2 million, contre 0,7 million. Les produits des placements s’élèvent à 36,3 millions de dinars (28 millions en 2024), pour des charges de 15,5 millions (12,4 millions).

Le total du bilan passe de 586,4 à 639,8 millions de dinars. Les placements nets atteignent 286,8 millions, soit 39,4 millions de plus. Les capitaux propres avant affectation reculent de 100,7 à 83 millions de dinars, les autres capitaux propres tombant de 22,5 à 5 millions. Les autres dettes grimpent de 109,7 à 164,1 millions, dont un compte courant d’associé de CFI de 62,5 millions, contre 48 millions.

La trésorerie de clôture est de 12,4 millions de dinars, contre 19 millions en 2024, soit une baisse de 6,6 millions. Le flux d’exploitation monte de 1,9 à 9,7 millions. Le flux de financement devient négatif, à 15,5 millions, après 11,3 millions en 2024. Il intègre 7,4 millions de dinars de dividendes et autres distributions, contre 0,08 million un an plus tôt.

 

 

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Classement mondial des géoscientifiques : un trio tunisien se distingue en 2026

Le professeur Younes Hamed, de la Faculté des sciences de Gafsa, domine le classement national Top 1000 Scholar 2026 en géologie et géophysique (2021-2025). Hakim Gabtni et Mohamed Soussi complètent le podium, classés 38e et 39e mondiaux.

Le classement international Top 1000 Scholar, qui porte sur la période 2021-2025, a livré son verdict pour l’année 2026 : trois chercheurs tunisiens figurent aux premiers rangs nationaux dans la catégorie des études géologiques et géophysiques. Cette liste évalue un millier de scientifiques à l’échelle mondiale.

Younes Hamed, professeur à la Faculté des sciences de Gafsa, occupe la première position nationale. Il devance Hakim Gabtni, du Centre de recherches et des technologies des eaux, classé deuxième au niveau national et 38e mondial. Mohamed Soussi, professeur de géologie à l’Université de Tunis El Manar, prend la troisième place nationale et le 39e rang mondial.

La présence de ces trois spécialistes parmi les quarante premiers mondiaux met en lumière la contribution des compétences tunisiennes au développement des sciences de la Terre, en particulier dans le domaine des ressources en eau souterraine. Elle illustre aussi le rôle des institutions académiques tunisiennes et du Centre de recherches et des technologies des eaux dans l’accompagnement de la recherche scientifique et le renforcement de son rayonnement international.

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Location-vente : un nouveau projet résidentiel confié à la SNIT à Fouchana

La Société nationale immobilière de la Tunisie (SNIT) est désignée pour réaliser un projet résidentiel à Fouchana, dans le gouvernorat de Ben Arous, au titre du programme de « location-vente ». Un arrêté de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, paru au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), prévoit une réalisation par marché public en formule « clé en main ».

C’est par un arrêté de la cheffe du gouvernement que la présidence du gouvernement a confié à la Société nationale immobilière de la Tunisie la réalisation d’un projet résidentiel dans la région de Fouchana, au gouvernorat de Ben Arous. Publié dans le dernier numéro du Journal officiel de la République tunisienne, le texte précise que l’ouvrage sera exécuté dans le cadre d’un marché public, selon la formule « clé en main ». Il indique que ce projet fait partie des mécanismes de mise à disposition de logements.

La décision s’inscrit dans le programme de « location-vente », que le ministère de l’Équipement et de l’Habitat a lancé dans le cadre du plan de développement 2026-2030. Le dispositif s’adresse aux ménages à revenus faibles et intermédiaires, qu’il entend aider à accéder à la propriété d’un logement décent. Son principe : le bénéficiaire règle des loyers mensuels, et ce paiement aboutit au transfert de la propriété du logement.

Le programme repose sur la construction de logements sociaux par des promoteurs immobiliers publics, parmi lesquels la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (Sprols). Ces opérateurs bénéficient d’un appui pour la mobilisation du foncier, la réalisation des études, les travaux d’aménagement et de construction, ainsi que l’accomplissement des procédures administratives requises.

Le dispositif vise aussi à alléger la charge que représente l’achat d’un logement pour les ménages ciblés. Ceux-ci peuvent en régler la valeur par des mensualités adaptées à leurs moyens, au lieu de recourir exclusivement aux crédits immobiliers classiques. Il tend, en outre, à renforcer le rôle social de l’État en matière de logement.

Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, quelque 5 000 logements doivent être construits par ce biais entre 2026 et 2030, pour un coût estimatif avoisinant 750 millions de dinars.

Pour encadrer l’accès à ces logements, le ministère s’emploie à mettre en place une plateforme numérique d’inscription. Elle doit simplifier les démarches et garantir la transparence ainsi que l’égalité des chances entre les candidats, parallèlement à l’avancement des projets résidentiels.

Le texte relatif au projet de Fouchana ne mentionne ni le nombre de logements envisagés, ni leur coût, ni les délais de livraison. Il ne donne pas non plus de précisions sur l’ouverture des candidatures pour ce projet.

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Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

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