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PLF 2027: 9,8 Mrds de dinars d’avances de la BCT, selon l’article 12

Le projet de loi de finances 2027 (PLF 2027) prévoit d’autoriser la Banque centrale de Tunisie (BCT) à consentir à la Trésorerie générale de Tunisie des facilités de financement d’un montant maximal de 9,8 milliards de dinars. Pour ce faire, il déroge à l’article 25 de la loi n° 2016-35 du 25 avril 2016 fixant le statut de la BCT.

Ces avances de la BCT seraient accordées sans intérêts et remboursables sur 15 ans, avec un différé de trois ans. Une convention entre le ministre des Finances et le gouverneur de la BCT en précisera les modalités de mobilisation et de remboursement.

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PLF 2027 : entre emprunt et soutien à l’innovation

Le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) prévoit des recettes de 54,28 milliards de dinars. Tandis que les dépenses s’élèvent à 68,895 milliards, entraînant un déficit de 14,6 milliards à financer principalement par l’emprunt intérieur. Inscrit dans le plan quinquennal 2026-2030, ce texte augmente les crédits pour les petits entrepreneurs, soutient l’huile d’olive et le cheptel, allège la fiscalité sur l’énergie solaire et les smartphones, tout en luttant contre le commerce parallèle. En contrepartie, plusieurs taxes sont augmentées : sur les alcools, les jeux et les voyages à l’étranger.

Dans le PLF 2027, les équilibres budgétaires reposent sur l’emprunt. Le budget de l’État pour 2027 est constitué de 54,28 milliards de dinars de recettes, dont 49,6 milliards proviennent des recettes fiscales, pour des dépenses de 68,895 milliards. Le déficit de 14,615 milliards s’inscrit dans un besoin de financement total de 28,122 milliards, couvert par 19,845 milliards d’emprunts intérieurs, 6,877 milliards d’emprunts extérieurs et 1,4 milliard de ressources de trésorerie. La Banque centrale  de Tunisie (BCT) pourrait également accorder jusqu’à 9,8 milliards de dinars de facilités sans intérêt, remboursables sur 15 ans avec un différé de trois ans. L’État pourra garantir jusqu’à 9 milliards de dinars de prêts.

Un soutien spécifique est prévu pour les petits porteurs de projets. Le fonds national de l’emploi finance plusieurs initiatives : 10 millions de dinars pour les start-up, 10 millions pour les petites entreprises en phase de démarrage, 20 millions de dinars de prêts sans intérêt (jusqu’à 10 000 dinars) pour les revenus modestes et 35 millions pour les sociétés communautaires. L’État prendra également en charge les cotisations sociales des jeunes entreprises créées en 2027 (100 % la première année, puis 75 % et 50 % par la suite). Les nouvelles entreprises bénéficieront d’une exonération d’impôt jusqu’en 2030. Et les auto-entrepreneurs auront une exonération de la retenue à la source.

Les recettes sociales seront financées par la consommation. Pour alimenter le compte de diversification de la sécurité sociale, le texte augmente les droits de consommation sur les boissons alcoolisées et relève la taxe sur les jeux et concours de 40 % à 60 %. De plus, la taxe sur les voyages à l’étranger passe de 60 à 80 dinars. Le fonds d’indemnisation des victimes sera renforcé par une contribution des assurés : 3 dinars par contrat individuel et 30 dinars pour une personne morale.

Concernant l’alimentation et l’agriculture, une ligne de 100 millions de dinars est ouverte pour les petits oléiculteurs, avec un compte spécial du Trésor dédié à la filière de l’huile d’olive. Jusqu’à 40 millions de dinars sont prévus d’ici 2030 pour la reconstitution du cheptel bovin.

Dans le secteur de l’énergie et de l’environnement, les batteries de stockage d’électricité seront exonérées de droits et de TVA à l’importation. Les droits sur les capteurs solaires seront réduits à 10 % et les travaux de mise à niveau environnementale des entreprises seront encouragés.

Pour les entreprises publiques, l’État renoncera aux pénalités fiscales de la Caisse nationale de retraite (CNRPS) et effacera une partie des dettes fiscales de l’Office de l’aviation civile et des aéroports. Il reprendra également les dettes de plusieurs entreprises publiques envers la CNRPS (comme l’Office des terres domaniales, la SNCFT, Transtu) ainsi que celles de la Société tunisienne du sucre envers la SNDP, en échange d’une augmentation de capital.

En ce qui concerne le numérique et le secteur parallèle, les droits de douane sur les smartphones seront réduits à 10 % et ceux sur les terminaux de paiement électronique à 0 %. L’enregistrement des mobiles hors première opération coûtera 20 dinars. Les plateformes de livraison devront transmettre au fisc, tous les six mois, la liste des vendeurs avec lesquels elles collaborent. Et ce, sous peine d’une pénalité de 5 % sur les transactions non déclarées.

Enfin, pour le logement et le social, le tarif réduit d’enregistrement s’appliquera à la première acquisition d’un logement, une seule fois par acquéreur. Les terrains des promoteurs publics pour le logement social seront exonérés de taxe locale entre 2026 et 2030.

Vous trouverez le lien en PDF l’intégralité du PLF 2027
مشروع-قانون-المالية-لسنة-2027 (1)

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Tunisie – Italie : à BIGTECH Africa, le talent tunisien au cœur d’un pont méditerranéen pour l’innovation

L’intelligence artificielle, l’innovation numérique, les startups et les investissements étaient au cœur de la troisième édition de BIGTECH Africa, inaugurée à la Cité de la Culture de Tunis par le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, en présence de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas et bien d’autres.

La manifestation BIGTECH AFRICA, qui s’est clôturée dans la journée du 14 octobre 2026, a réuni plus de 3 000 participants : représentants institutionnels, entreprises technologiques, investisseurs et experts venus de Tunisie ainsi que de nombreux pays africains et internationaux.

L’objectif est de renforcer le rôle du pays nord-africain comme plateforme régionale de l’innovation.
L’Italie est également l’un des protagonistes de cette édition avec l’Italian Innovation Hub, un espace promu par le Bureau ICE de Tunis et ICE Startup de Milan, en collaboration avec l’ambassade d’Italie. Son pavillon réunit, pour la première fois, les principales initiatives italiennes de soutien aux startups tunisiennes, dont Lab Innova for Africa, Terna Innovation Zone et Innovatech, ainsi que des associations spécialisées dans l’accélération des entreprises et l’accès aux capitaux.

Parmi elles figurent Fintech District, InnovUp et l’Italian Business Angels Network (IBAN), qui mettent à la disposition des jeunes entreprises innovantes leurs réseaux de compétences, d’investisseurs et de contacts internationaux. L’Hub accueille également une dizaine d’entreprises italiennes et tunisiennes bénéficiaires des programmes d’accompagnement, ainsi que des représentants de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), de la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie et du CIES Tunis.

Dans son discours d’ouverture, Sofiene Hemissi a invité les pays africains à dépasser la fragmentation des initiatives nationales afin de construire des partenariats technologiques et des marchés numériques intégrés, renforçant ainsi la souveraineté numérique du continent. Il a rappelé que, grâce au Startup Act, la Tunisie compte désormais plus de 1 500 startups labellisées, et a identifié l’intelligence artificielle, la recherche, les infrastructures numériques et la formation des compétences parmi les priorités de la stratégie nationale pour la période 2026-2030.

Le panel « A Bridge across the Mediterranean : Partnerships and Opportunities between the Italian and Tunisian Innovation Ecosystems » a mis en lumière, dans le cadre de l’événement BIGTECH Africa, les opportunités de coopération entre les écosystèmes d’innovation tunisien et italien.

Présent lors de cet événement, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie Alessandro Prunas a déclaré : « Le choix de l’Italie de participer à BIGTECH Africa avec le plus grand pavillon national témoigne de notre confiance et de notre volonté d’investir dans le talent tunisien. Aux startups tunisiennes, je souhaite adresser un message clair : l’Italie n’est pas seulement un marché proche, mais une base stratégique pour votre croissance et une porte d’accès à 450 millions de consommateurs européens. Notre objectif est de connecter les idées, les compétences et les capitaux entre les deux rives de la Méditerranée, afin de transformer ce potentiel en nouvelles opportunités de croissance et d’innovation, au bénéfice de toute la région méditerranéenne. »
Il convient de noter que l’Italie participe à cette principale manifestation dédiée à l’innovation à travers son pavillon l’Italian Innovation Hub, coordonné par l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE) à Tunis.

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PLF 2027 : ces secteurs qui vont bénéficier de la baisse de taxes

Le projet de loi de finances 2027 (PLF) transmis à l’ARP contiendrait des mesures portant sur l’énergie, l’industrie, le numérique, l’investissement, l’agriculture, l’emploi et le logement. Nous avons repris ses principales dispositions, telles que relayées par la plateforme « Énergie Plus ».

Le projet de loi de finances pour 2027 aurait été transmis à l’Assemblée des représentants du peuple dans les délais constitutionnels. Il devrait être examiné par le bureau de l’Assemblée, qui se réunira vendredi 16 octobre, avant un renvoi à la commission des finances et de la planification.

Le texte couvre plusieurs secteurs prioritaires. Dans l’énergie et l’industrie, il contiendrait notamment une taxe de 10% sur les panneaux solaires, l’exonération des batteries de stockage d’électricité, la réduction des droits de douane sur certains équipements et smartphones importés à 10%, ainsi que des avantages pour les équipements fabriqués localement et certaines matières premières importées.

Dans le numérique, le projet imposerait aux plateformes et entreprises de livraison de transmettre leurs données aux services fiscaux, instaurant une taxe de 20 dinars pour l’enregistrement d’un téléphone, hors première immatriculation, et exonèrerait les terminaux de paiement électronique des droits de douane et de la TVA.

Pour l’investissement, l’agriculture et l’exportation, le texte prévoit 40 millions de dinars pour préserver le cheptel bovin, une ligne de financement de 100 millions de dinars pour les petits agriculteurs et coopératives oléicoles, ainsi que la prise en charge par l’État de la moitié des primes d’assurance-export vers l’Afrique. Il prévoit en outre de soutiens aux startups, aux très petites entreprises (TPE) et aux porteurs de projets, notamment dans les régions défavorisées.

En matière sociale, le projet prévoit des prêts sans intérêt plafonnés à 10 000 dinars pour les catégories à revenus limités, un financement des projets des personnes en situation de handicap, des avantages pour le logement social et un allègement fiscal pour le premier achat d’un logement.

Le projet de loi comporte également des mesures pour la santé, les transports, la sécurité sociale et les entreprises publiques. Il s’agit notamment de la poursuite du soutien à la Pharmacie centrale de Tunisie, des avantages pour le transport maritime et aérien, ainsi que la prise en charge par l’État de certaines dettes d’entreprises publiques envers la CNSS et d’autres organismes.

Enfin, le PLF prévoit de nouvelles ressources pour la sécurité sociale à travers la révision de taxes sur l’alcool, les jeux, les loteries et les voyages à l’étranger, ainsi que des ajustements fiscaux et douaniers.

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Prix Nobel d’économie 2026 : l’inflation tunisienne, une crise d’offre et de confiance

L’expert en économie Ridha Chkoundali estime que le prix Nobel d’économie 2026 attribué à Robert Hall et Michael Woodford valide sa critique de la politique monétaire tunisienne. Il souligne que l’inflation en Tunisie ne provient pas principalement d’un excès de consommation, mais de chocs d’offre, de coûts de production élevés, de pénuries, de l’inflation importée et d’un déficit de confiance.

S’appuyant sur la théorie du revenu permanent, les anticipations rationnelles et la rigidité des prix, il soutient que la hausse des taux d’intérêt ne peut pas, à elle seule, résoudre une inflation d’origine structurelle. Elle risque même de réduire l’investissement et la production, aggravant ainsi la pénurie et les pressions inflationnistes.

Il appelle donc la Banque centrale de Tunisie à dépasser une approche centrée sur la restriction du crédit, pour privilégier la transparence, la crédibilité institutionnelle, la coordination des politiques publiques, la relance de l’offre productive, la réforme des circuits de distribution, la lutte contre les monopoles et un meilleur ciblage des soutiens sociaux.

D’ailleurs, il est souligner, à la suite du Comité Nobel, que Robert Hall (en 1978) et Michael Woodford (notamment avec son modèle néo-keynésien complet publié en 2003) ont démontré tous les deux que les décisions macroéconomiques ne peuvent pas être calculées sans comprendre le comportement individuel des ménages et des entreprises. Autrement dit, c’est pour leurs travaux sur les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique qu’ils ont été couronnés du prix Nobel d’économie en cette année 2026.

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Il y a 63 ans, l’évacuation de Bizerte

En ce jour du 15 octobre 2026, la Tunisie célèbre le 63e anniversaire de l’évacuation de Bizerte, une date qui a fortement marqué l’histoire du pays. Le 15 octobre 1963, le dernier soldat français quittait le territoire tunisien.

Tout a commencé avec la crise dite de « Bizerte » en 1961, mais ses origines remontent à 1956. En effet, après l’indépendance de la Tunisie, en 1956, la présence de la base navale française à Bizerte constituait un sujet épineux entre les deux pays. À cette époque, le président Bourguiba souhaitait régler cette question au plus vite. C’est ainsi que, 5 ans plus tard, au printemps 1961, il demanda au président français Charles de Gaulle le retrait de l’armée française dans un délai « de l’ordre d’une année », ce qui rendit les relations entre les deux hommes de plus en plus difficiles, en particulier lorsque la Tunisie a soutenu les combattants algériens.

Quelques mois plus tard, le 17 juillet de la même année, le parti Néo-Destour, fondé par Habib Bourguiba, instaura un blocus de la base. Deux jours après, la France réagit en envoyant 700 soldats parachutistes, ce qui provoqua de violents combats entre les deux camps. A la suite de cela, la Tunisie suspendit ses relations diplomatiques avec la France et saisit le Conseil de sécurité des Nations unies. Et le 22 juillet, grâce à une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, des négociations aboutiront à un cessez-le-feu durant lequel le secrétaire d’État américain Dean Rusk (de 1961 à 1969), a joué un rôle important.

Cependant, ont enregistra de loures pertes en vie humaine : 1 300 morts du côté tunisien et 24 morts du côté français. Quelques semaines plus tard, la France quittera finalement Bizerte, le 15 octobre 1963, une date devenue jour de fête nationale en Tunisie, après de profondes négociations…

Et voilà qu’en ce jour de l’Histoire, comme chaque année, une grande majorité des Bizertins ont envahi le port, et ont entonné l’hymne national, tout en scandant “Yahya Bourguiba” Vive Bourguiba, et c’est Bahi Ladgham qui hissera le drapeau tunisien sur la base, et annonça au téléphone à Bourguiba: “Mission accomplie” (lire notre article : Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham).

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Interopérabilité : le gouvernement veut mettre fin aux documents redondants

La présidence du gouvernement a annoncé la poursuite des travaux pour achever la plateforme d’interopérabilité, destinée à permettre aux administrations publiques d’échanger automatiquement et de manière sécurisée les données entre leurs systèmes d’information. L’objectif est d’éviter aux citoyens et aux entreprises de fournir des documents ou informations déjà détenus par l’administration, conformément au décret gouvernemental n°2020-777 du 5 octobre 2020.

La Kasbah développe également une « nationale des procédures administratives », qui servira de guichet numérique unique. Cette démarche vise à simplifier les démarches, faciliter l’accès aux services publics, réduire leurs coûts et moderniser l’administration, dans le cadre du plan de développement 2026-2030.

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Oléiculture : un verger vieillissant et un manque de données freinent la filière

La filière oléicole dispose d’un potentiel considérable, mais elle reste freinée par des défis structurels majeurs : vieillissement du verger, faiblesse des rendements, manque de données fiables, hausse des coûts de production, difficultés d’accès au financement et dépendance envers les intermédiaires.

Rencontré en marge d’un événement, Mnaouer Sghaier, membre de l’UTAP, a souligné que le patrimoine oléicole tunisien affiche un âge moyen estimé à environ 57 ans, ce qui pèse directement sur la productivité. Le rendement moyen demeure faible, autour de 0,7 tonne à l’hectare, alors que certains pays concurrents atteignent près de 2 tonnes à l’hectare.

Cette situation s’explique notamment par le vieillissement des arbres, des pratiques culturales parfois inadaptées, les contraintes hydriques et l’insuffisance de la mécanisation. Selon les intervenants, la Tunisie ne peut plus se contenter de sa position historique sur le marché mondial : la modernisation du verger est désormais indispensable pour améliorer à la fois les rendements et la qualité de l’huile.

Un secteur sans données fiables

Le premier obstacle identifié est l’absence d’un système national actualisé d’information et de suivi. Le dernier recensement agricole remonte à 2004-2005, ce qui rend difficile l’établissement d’un état des lieux précis des superficies plantées, du nombre d’arbres, des variétés cultivées et du volume réel de production.

Il n’existe pas non plus de tableau de bord national permettant de suivre, en temps réel, l’état du verger, les variétés telles que Chetoui, Chemlali entre autres ni les besoins réels de la filière. Cette lacune complique l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données vérifiables et rend difficile l’évaluation des pertes, notamment après les coupures d’électricité ou les vagues de chaleur.

Des coûts de production en hausse

La mécanisation de la récolte reste insuffisante, alors que la main-d’œuvre devient à la fois plus coûteuse et moins disponible. Selon les régions et les périodes, le coût journalier peut atteindre entre 35 et 50 dinars.

L’absence de machines de récolte adaptées au contexte actuel fragilise davantage la filière. Certaines pratiques, comme l’usage de bâtons pour faire tomber les olives, peuvent également affecter la qualité du fruit et, par ricochet, celle de l’huile. Il estime que la Tunisie devrait développer des solutions technologiques propres, adaptées à la taille des exploitations et aux spécificités locales.

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Ridha Chkoundali : « Le relèvement des réserves obligatoires risque d’étrangler l’investissement privé »

Dans une analyse publiée sur sa page Facebook, l’expert en économie Ridha Chkoundali s’est interrogé sur les véritables implications du relèvement du coefficient de réserves obligatoires décidé par la Banque centrale de Tunisie. Selon lui, cette mesure, qui porte ce coefficient de 1% à 3% à compter du 1er novembre 2026, ne relève pas d’un simple ajustement technique : elle pourrait réduire la capacité des banques à financer l’investissement, fragiliser les PME et entrer en contradiction avec la politique de l’État en faveur des prêts d’honneur.

Après avoir maintenu son taux directeur autour de 7 %, la Banque centrale de Tunisie a publié, le vendredi 9 octobre 2026, la circulaire n° 2026-11 relative à la mise en œuvre de la politique monétaire. Celle-ci prévoit le triplement du coefficient de réserves obligatoires, qui passe de 1 % à 3 %. Ridha Chkoundali estime que cette décision soulève des questions essentielles sur les objectifs de la politique monétaire, ses effets sur le crédit bancaire et sa cohérence avec les choix économiques et sociaux de l’État.

Les réserves obligatoires correspondent à la part des dépôts que les banques doivent conserver auprès de la Banque centrale. Leur relèvement contraint donc les établissements bancaires à immobiliser davantage de liquidités.

À titre d’exemple, pour un milliard de dinars de dépôts assujettis, le montant à constituer auprès de la Banque centrale passe de 10 millions à 30 millions de dinars, soit 20 millions de dinars supplémentaires. Cette contrainte ne signifie pas automatiquement une baisse équivalente des crédits, mais elle peut réduire la marge de manœuvre des banques dans leur politique de financement.

Une réponse inadaptée à une inflation par les coûts

Ridha Chkoundali estime que la Banque centrale semble vouloir utiliser cet instrument pour contenir les pressions inflationnistes évoquées dans son dernier communiqué, en s’inspirant de l’approche adoptée par les grandes banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne.

Or, souligne-t-il, la Banque centrale reconnaît elle-même que les risques d’inflation proviennent principalement de la hausse des coûts de production, de l’énergie et des matières premières, et non d’une surchauffe de la demande. Dans ce contexte, estime l’économiste, restreindre la liquidité bancaire ne permettra pas de lutter efficacement contre l’inflation.

Au contraire, cette politique risque de freiner l’octroi de crédits, de ralentir l’investissement privé et d’affaiblir la croissance économique, alors même que l’économie tunisienne a besoin de financements pour relancer la production et l’emploi.

Une contradiction avec les prêts d’honneur

Ridha Chkoundali relève également une apparente contradiction entre la décision de la Banque centrale et la politique de l’État consistant à promouvoir les prêts d’honneur sans intérêt.

D’un côté, l’État cherche à faciliter l’accès au financement des particuliers et des porteurs de projets afin de soutenir l’initiative économique. De l’autre, le relèvement des réserves obligatoires peut accroître la pression sur la liquidité des banques et réduire les ressources disponibles pour financer les autres activités productives.

Il reconnaî toutefois que les prêts d’honneur sont financés, selon le mécanisme annoncé, par des provisions liées aux bénéfices antérieurs des banques, tandis que les réserves obligatoires sont calculées sur les dépôts assujettis. Les ressources ne sont donc pas nécessairement les mêmes.

Mais, pour Ridha Chkoundali, cette distinction comptable ne supprime pas le risque de tension. Une banque tenue de financer des prêts sans intérêt, tout en immobilisant une part plus importante de ses ressources auprès de la Banque centrale, pourrait voir ses capacités de gestion de liquidité et d’allocation de crédit davantage limitées.

Les PME en première ligne

L’économiste met en garde contre les conséquences de ce resserrement sur les petites et moyennes entreprises. La combinaison d’une liquidité plus contrainte, des obligations de financement liées aux prêts d’honneur et d’une possible orientation des ressources vers le financement public pourrait intensifier la concurrence pour les fonds disponibles.

Dans ce scénario, les PME risquent d’avoir plus de difficultés à accéder au crédit d’investissement. Les conditions de financement pourraient également devenir plus coûteuses ou plus restrictives, si les banques décident de durcir leurs critères d’octroi ou de réorienter leurs ressources vers des emplois jugés moins risqués.

Pour Ridha Chkoundali, la politique de soutien à l’initiative économique à travers les prêts d’honneur risque alors de perdre une partie de son efficacité, en raison d’une politique monétaire plus restrictive.

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De 18 % à 6 % : la Tunisie perd ses matheux avant même qu’ils ne partent

Dans une note stratégique, l’IACE soutient que la fuite des cerveaux commence bien avant l’aéroport. Il souligne qu’elle se joue dès l’orientation scolaire. Près de la moitié des candidats au baccalauréat relèvent de filières dites scientifiques. Ce qui donne l’illusion d’un vivier solide. Mais en réalité la section Mathématiques, principale voie vers l’ingénierie avancée, la recherche et l’intelligence artificielle, est passée de 18 % des bacheliers au début des années 2000 à environ 6 % de matheux aujourd’hui.

Ce recul ne traduit pas un désintérêt pour les sciences, indique l’IACE. Il résulte d’arbitrages rationnels : à seize ans, élèves et familles évitent une filière jugée plus risquée. Les inégalités territoriales aggravent la situation : seuls 277 lycées publics sur 600 ont présenté des candidats en Mathématiques en 2026.

Les effets apparaissent avec un décalage d’une dizaine d’années. À titre d’illustration, au concours d’entrée à l’École Polytechnique en 2025, un seul admis provenait du système éducatif tunisien, contre 22 sur 24 au Maroc. L’IACE précise que cet écart ne reflète pas une différence de potentiel, mais des viviers d’excellence constitués et accompagnés différemment.

A cet égard, l’institut recommande donc deux leviers. A savoir, tout d’abord de réformer l’orientation scientifique (information, accompagnement, valorisation des mathématiques avancées). Puis, il propose de réduire les inégalités territoriales (offre locale, mobilité, détection précoce des talents).

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Tourisme : la FTRT associe la gastronomie à la valorisation du patrimoine

La Fédération Tunisienne des Restaurants Touristiques (FTRT) annonce son partenariat avec « Carthage Event Shows 2026 ». Il est prévu du 23 octobre au 2 novembre 2026. L’événement aura pour thème : « L’épopée de Carthage : des plages du Nord aux portes du Sahara ». Cette initiative vise à promouvoir le tourisme culturel et saharien. De même, elle cherche à valoriser le patrimoine tunisien et à attirer davantage de visiteurs.

La FTRT met particulièrement l’accent sur la gastronomie tunisienne et les traditions culinaires comme levier d’attractivité touristique.

La fédération réaffirme également son soutien aux restaurants touristiques et aux professionnels du secteur. Ainsi que son engagement à renforcer les liens entre tourisme, culture et patrimoine. Et ce, afin de contribuer à la compétitivité et au rayonnement de la destination Tunisie.

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Hechmi Louzir au sein de la Commission du Lancet sur les menaces sanitaires mondiales

L’ancien directeur de l’Institut Pasteur Hechmi Louzir a rejoint  la Commission du Lancet sur les menaces sanitaires mondiales. Il précise, via sa page Fb : « Fier de siéger au sein de la Commission du Lancet sur les menaces mondiales pour la santé au XXIe siècle. Une initiative indépendante réunissant des experts de multiples disciplines pour analyser les risques qui façonneront la santé mondiale d’ici 2100. »

Pandémies, usage malveillant de l’intelligence artificielle, conflits conventionnels ou nucléaires, résistance aux antimicrobiens, obésité, dégradation de la santé mentale : ces menaces et bien d’autres peuvent affecter la santé de milliards de personnes. Notre rapport les compare à travers une métrique commune : la perte de santé qui pourrait encore être évitée par l’action publique.

Les résultats sont sans ambiguïté : l’obésité, le faible niveau d’instruction et les inégalités de revenus figurent parmi les menaces les plus lourdes, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud. « Mais ce constat porte aussi un message d’espoir. Réduire la pauvreté, investir dans l’éducation et encourager l’innovation restent des leviers à notre portée pour renforcer durablement la résilience des sociétés, alors même que l’aide internationale à la santé recule », poursuit-il.

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Cyberharcèlement des enfants : quand la violence en ligne dépasse l’écran

A moins d’un mois qui nous sépare de la Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyberharcèlement des enfants, l’UNICEF Tunisie révèle, via une étude récente, que 45 % des adolescents ayant participé à l’enquête « U-Report » ont déclaré avoir été victimes d’une forme de violence en ligne ou en avoir été témoins.

L’UNICEF précise également que 12 % des participants à l’enquête « U-Report » ont déclaré s’être absentés de l’école en raison de violences en ligne. Cette proportion est attribuée, dans le document, à l’enquête U-Report de 2021. Ses résultats doivent toutefois être lus avec prudence, compte tenu des limites méthodologiques de l’enquête, et ne sauraient être généralisés à l’ensemble des enfants et des adolescents tunisiens.

Ces indicateurs mettent aussi en lumière un autre défi : la méconnaissance des dispositifs de protection. Le document « Recommandations relatives à la révision du Code de protection de l’enfant », publié par l’UNICEF Tunisie en juillet 2026, relève ainsi que 80 % des participants à l’enquête U-Report de 2020 ignorent les mécanismes de signalement des violences dans l’espace numérique.

Ces données font apparaître deux dimensions du problème : l’impact de la violence numérique, susceptible de se répercuter sur la scolarité de l’enfant; et les obstacles qui peuvent l’empêcher de signaler les faits ou de solliciter de l’aide.

Par ailleurs, l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes, menée en 2022 et publiée par l’Institut national de la statistique en mars 2024, révèle que 37,1% des filles âgées de 15 à 17 ans ont été victimes d’au moins une forme de violence numérique au cours des 12 mois précédant l’enquête. Cet indicateur porte sur la violence numérique dans son acception large.

Ces chiffres éclairent différentes dimensions du phénomène, sans constituer pour autant une mesure unifiée de la prévalence du cyberharcèlement. Leur compréhension suppose d’examiner la nature du préjudice subi par l’enfant, ainsi que ses conséquences possibles sur sa santé mentale, son comportement et ses relations quotidiennes.

Une violence qui ne s’arrête pas à l’écran

La violence numérique peut prendre plusieurs formes : insultes, moqueries répétées, propagation de rumeurs, diffamation, menaces, diffusion de photos ou de vidéos d’un enfant sans son consentement, usurpation d’identité ou encore chantage.

La particularité de cette violence tient à la rapidité avec laquelle les contenus se diffusent et à leur capacité à atteindre un large public. L’auteur des faits peut, en outre, rester anonyme. L’enfant peut également éprouver des difficultés à se protéger de la source du préjudice : les abus peuvent en effet se déplacer des plateformes numériques vers le milieu scolaire et social, ou se poursuivre jusque dans le domicile familial.

Tout désaccord entre enfants ou tout commentaire insultant ne relève pas nécessairement du harcèlement, qui suppose généralement une répétition des faits. En revanche, les menaces, le chantage et les atteintes à la vie privée exigent une intervention, même lorsqu’ils surviennent dans le cadre d’un incident isolé, en raison de leur gravité et de l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’enfant.

Les répercussions de cette expérience ne se traduisent pas toujours par un récit direct des faits. Elles peuvent apparaître progressivement à travers des changements psychologiques et comportementaux. L’enfant peut ressentir de la peur, de l’anxiété, de la honte ou de la colère, et tendre à s’isoler, à s’éloigner de ses amis ou à délaisser les activités qu’il pratiquait habituellement. Des troubles du sommeil ou de l’appétit, une baisse des résultats scolaires, voire des plaintes somatiques sans cause organique identifiée, peuvent également apparaître.

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Djerba: Pierre Gassin clôt sa tétralogie photographique avec « RÉSILIENCE(S) »

L’Alliance Française de Djerba accueille, du 14 octobre au 29 novembre, 30 tirages en noir et blanc du photographe installé à Kerkennah. Une seconde étape, ouverte à deux peintres de l’île, suivra en décembre.

Le photographe Pierre Gassin présente à l’Alliance Française de Djerba, du 14 octobre au 29 novembre 2026, RÉSILIENCE(S), une série de 30 photographies en noir et blanc. Le vernissage aura lieu mercredi 14 octobre, de 18h à 20h. L’exposition, qui porte le sous-titre « Quelques gouttes de bonheur pour un océan de vie », est le quatrième et dernier volet d’Archéologie du présent, tétralogie que l’artiste mène depuis plusieurs années sur le Sud tunisien.

Le vivant plutôt que les ruines

Les images de Pierre Gassin montrent des enfants qui plongent, un cheval qu’on baigne en fin de journée, des voiles latines qui se croisent. Le photographe, qui vit à Kerkennah, les a prises à hauteur d’eau, à travers des scènes de vie quotidienne, populaires et partagées. Le propos : vivre coûte que coûte, choisir ses valeurs pour avancer avec sérénité, renouer avec un art de vivre ancestral.

Ce volet referme un cycle dont chaque étape avait son thème. Embarquement Sfax explorait la mémoire de la pierre et de l’eau, Cercinae la lumière et les voiles latines, Berbérités les fondations du monde berbère. Avec RÉSILIENCE(S), Pierre Gassin change d’approche, selon le communiqué de l’exposition : il laisse les ruines pour s’intéresser à la mémoire du vivant.

Un second acte avec deux peintres kerkenniens

L’exposition se prolonge du 2 décembre 2026 au 10 janvier 2027 avec Correspondances Insulaires. Pierre Gassin y présente une sélection resserrée de ses photographies et invite deux artistes de Kerkennah, Souheila Arous et Salah Ben Amor, à répondre à son travail par la peinture. Les organisateurs annoncent un dossier plus complet sur cette seconde étape.

Un parcours entre Paris et la Tunisie

Pierre Gassin a enseigné à l’université Paris VIII et dirigé pendant 22 ans IRIS, centre de formation professionnelle et galerie d’art à Paris. Il s’installe ensuite en Tunisie, où il passe huit ans à Sfax. Il y crée le Palais de la Photographie, dans le cadre de « Sfax, capitale de la culture arabe », et dirige des expositions collectives avec de jeunes photographes, dont Demain (2016) et Vestiges & Traces, présentée à la cathédrale de Sfax avec six artistes en résidence. Il réalise par ailleurs 90 % des photographies du magazine 1001 Tunisie.

Ses expositions personnelles se sont tenues à Sfax, Carthage, La Manouba et Ramla, ainsi qu’aux Rencontres internationales de Ghar el Melh en 2025. L’Alliance Française de Djerba avait déjà accueilli Berbérités à l’automne 2025. Photographe conventionné par l’AMVPPC, il préside l’association Centre Photographique du Maghreb et a ouvert la Galerie Gassin à Kerkennah en novembre 2023.

Il a également signé les photographies de Felouques, recueil de poèmes d’Ahlem Ghayaza (Éditions 55 et Orients Éditions, avec le concours de l’Institut Français de Tunisie), et de Dar & Borj, ouvrage de 300 pages piloté par Aida Zahaf (Med Ali Édition). Tunisiennes et Saveurs des Terroirs et Infiniment Khroumirie sont en cours de réédition. Ses sites pierregassin.com et pierokif.com viennent d’être lancés.

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Tunisie-Canada : la Conect mise sur l’aéronautique et l’innovation pour dynamiser la coopération économique

L’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Kofi Bilodeau, accompagné du conseiller commercial de l’ambassade, François Lasalle, a été reçu, le vendredi 9 octobre 2026, au siège de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). La délégation canadienne a été accueillie par le président de la Conect, Aslan Berjeb, le président de Conect International, Tarek Cherif, et la présidente du groupement professionnel « Innovation Act », Mariem Abdeljawed.

Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives de renforcement de la coopération économique entre la Tunisie et le Canada, ainsi que les opportunités de partenariat et d’investissement susceptibles d’être développées entre les entreprises des deux pays. Les échanges ont porté notamment sur l’aéronautique et l’innovation, deux secteurs identifiés comme porteurs de fort potentiel de collaboration. Les deux parties ont également évoqué d’autres domaines d’activité où les complémentarités entre opérateurs tunisiens et canadiens pourraient être valorisées.

L’accent a été mis sur la nécessité de consolider les liens entre les acteurs économiques des deux pays, de faciliter la mise en relation des entreprises et d’encourager l’émergence de nouveaux projets d’affaires.

Des secteurs à fort potentiel

Le secteur aéronautique figure parmi les créneaux prometteurs de la coopération tuniso-canadienne. Le Canada dispose d’une industrie aérospatiale développée, tandis que la Tunisie s’est progressivement imposée comme une plateforme régionale pour certaines activités industrielles et de services liées à ce secteur.

L’innovation constitue l’autre axe majeur des discussions. À travers son groupement professionnel « Innovation Act », la Conect entend accompagner le développement de l’écosystème technologique tunisien et favoriser les partenariats entre startups, entreprises, centres de recherche et investisseurs.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique entre Tunis et Ottawa. Les relations commerciales entre les deux pays concernent notamment l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, l’éducation, la formation professionnelle et l’aérospatiale.

Vers de nouvelles opportunités d’affaires

Pour la Conect, l’objectif est de transformer ces échanges en opportunités concrètes de coopération, en identifiant des projets communs et en facilitant l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés canadiens, ainsi que l’implantation d’entreprises canadiennes en Tunisie.

Cette rencontre entre la Conect et la représentation diplomatique canadienne ouvre ainsi la voie à une coopération plus structurée, axée sur l’innovation, l’industrie et le développement de partenariats d’affaires durables entre les opérateurs des deux pays.

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ZLECAf : la Tunisie face à l’équation africaine, paiement, logistique et transition verte

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) promet un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs. Pour la Tunisie, l’enjeu n’est plus de démontrer l’intérêt du continent, mais de lever les obstacles concrets qui empêchent encore les entreprises d’en saisir les opportunités. Paiements, coût logistique, financement et organisation de l’appui à l’export constituent aujourd’hui les principaux chantiers. À cela s’ajoute une dimension émergente : la transition énergétique et l’industrialisation verte, désormais au cœur de l’agenda continental.

La conjoncture internationale fragilisée par les tensions géopolitiques et le durcissement des règles d’accès aux marchés traditionnels pousse la Tunisie à diversifier ses débouchés. L’Afrique apparaît alors comme une évidence géographique et économique. Mais cette évidence se heurte encore à des réalités opérationnelles.

Foued Guedich, président de Taste Tunisia (Agrigold International), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, identifie deux freins majeurs : la logistique et le paiement.  « Ce sont les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains », estime-t-il.

Le problème du paiement est particulièrement parlant. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être réglé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est contraint d’acheter des devises fortes pour payer une facture, alors même que l’entreprise tunisienne a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer ou financer ses activités sur place.

Le PAPSS, une avancée encore inachevée

Le mécanisme PAPSS, mis en place sous l’égide de la ZLECAf, vise précisément à faciliter les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie l’a adopté, ce qui constitue une avancée institutionnelle importante. Mais, souligne Foued Guedich, l’adoption ne suffit pas : les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, doivent réellement le mettre en œuvre.

Or, à ce jour, les transactions restent limitées. Les établissements bancaires peuvent y voir une réduction de certaines commissions, alors que les opérateurs économiques y voient un outil indispensable pour fluidifier leurs échanges. Le défi est donc autant réglementaire que pratique : transformer une décision de la Banque centrale en service bancaire accessible, simple et compétitif pour les PME exportatrices.

Logistique et barrières invisibles

La question logistique constitue le second verrou. Zied Jaouadi, vice-président de la Chambre des sociétés de commerce international de l’UTICA et de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie, relève que la Tunisie affiche l’un des coûts logistiques les plus élevés de la Méditerranée. Le problème ne se limite pas aux ports tunisiens : de nombreuses liaisons vers l’Afrique nécessitent deux ou trois transbordements, ce qui alourdit les délais, les coûts et les risques.

À cela s’ajoutent les barrières non tarifaires. Foued Guedich rappelle que l’accès à l’Union européenne ne se résume plus aux droits de douane : les exigences liées à l’empreinte carbone et aux normes environnementales s’appliquent dès l’entrée des conteneurs. Cette tendance protectionniste renforce l’intérêt d’une stratégie africaine, mais exige aussi des entreprises tunisiennes qu’elles montent en gamme et anticipent les nouvelles règles du commerce international.

Financement et accompagnement : le maillon manquant

Pour Zied Jaouadi, le premier défi du secteur privé reste l’accès au financement. Avec des taux d’intérêt élevés, le coût du crédit pèse particulièrement sur les PME exportatrices, souvent fragiles et peu capitalisées. Le deuxième défi est logistique. Le troisième, plus structurel, concerne la réforme des organismes d’appui à l’exportation, notamment les chambres de commerce et les centres de promotion des exportations.
Son constat est net : il faut passer d’une logique de promotion à un accompagnement de long terme du développement exportateur. Cela suppose des services plus proches des entreprises, une meilleure connaissance des marchés africains, un appui juridique et commercial, ainsi qu’un suivi après l’implantation.

La solution proposée est l’implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux. Ce modèle permettrait de disposer de stocks sur les marchés africains, de réduire la dépendance aux transbordements et de mieux répondre à la demande locale. Encore faut-il que le financement suive et que les entreprises pensent les flux dans les deux sens : vendre, mais aussi acheter. Cette approche permettrait d’optimiser les flux financiers et de consolider la présence tunisienne en Afrique.

La transition verte, nouveau champ de la ZLECAf

La ZLECAf ne se limite toutefois pas au commerce des marchandises. La transition énergétique occupe une place croissante dans son agenda. Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la ZLECAf, souligne le lancement de l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII).

L’objectif est de fédérer banques multilatérales, banques commerciales et investisseurs afin de financer des projets verts réellement bancables. La question dépasse la seule production d’énergies renouvelables : elle touche aux minéraux critiques, à la transformation locale et aux chaînes de valeur industrielles. L’exemple des véhicules électriques est révélateur : des pays comme la Zambie et la République démocratique du Congo, riches en cobalt, doivent pouvoir transformer leurs ressources au lieu de les exporter brutes.

Un protocole continental sur l’industrialisation et la politique commerciale est en préparation. Il devra intégrer la transition énergétique, les minéraux critiques et, à terme, un cadre harmonisé pour les énergies renouvelables.

Une opportunité à condition d’agir

La Tunisie dispose d’atouts pour devenir un acteur crédible dans cette dynamique : position géographique, savoir-faire industriel, expérience à l’export et intérêt croissant pour les marchés africains. Mais les promesses de la ZLECAf ne se concrétiseront pas par les seuls accords commerciaux.

Il faut activer le PAPSS, réduire les coûts logistiques, faciliter le financement des PME, réformer l’accompagnement à l’export et encourager les implantations directes. Il faut également préparer les entreprises aux exigences de la transition verte, via la mise en place des outils pratiques du commerce:  payer, transporter, financer et s’implanter  ne seront pas réellement opérationnels.

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Foued Guedich : « Le paiement interafricain est la clé pour dynamiser nos exportations »

Le potentiel du marché africain est immense pour les exportateurs tunisiens, mais son exploitation reste entravée par des difficultés logistiques et, surtout, par les dysfonctionnements du système de paiement. Foued Guedich président de Taste Tunisia (Agrigold international), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, livre à L’Economiste Maghrébin son analyse de cette question.

Il estime que le paiement interafricain constitue aujourd’hui le principal chantier à activer pour concrétiser les promesses de la ZLECAf. Tout en précisant: «  La conjoncture internationale actuelle pousse la Tunisie à se tourner davantage vers l’Afrique. Le continent représente un potentiel considérable, mais son exploitation se heurte encore à deux obstacles majeurs : la logistique et le paiement. Ce sont, à mon sens, les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains, dans un contexte international fragilisé par les tensions géopolitiques. »

Sur les barrières non tarifaires

Il souligne à cet effet: « La situation est très différente de celle que nous connaissons avec l’Union européenne. Au-delà des droits de douane, il existe aujourd’hui des barrières non tangibles, comme les exigences liées à l’empreinte carbone. Ces mécanismes ne se voient pas directement au moment du dédouanement, mais ils s’appliquent dès l’entrée d’un conteneur dans l’Union européenne. La tendance générale est clairement protectionniste. »

Sur l’intérêt des échanges interafricains, Foued Guedich met l’accent sur l’importance de mettre en place des outils concrets, en particulier des mécanismes de paiement interafricains. 

Sur le problème du franc CFA

Citant l’exemple de  la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, deux marchés subsahariens importants pour la Tunisie.  Foued Guedich revient sur les réelles difficultés de paiement. Il indique: « La Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être payé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est ainsi contraint d’acheter des euros pour régler sa facture à un Tunisien. Or, paradoxalement, l’exportateur tunisien a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer, payer des commissions ou financer ses activités sur place. Le système bancaire tunisien ne permet pas aujourd’hui d’effectuer ces transactions en franc CFA. »

Sur le mécanisme PAPSS

« Il existe pourtant un dispositif mis en place sous l’égide de la ZLECAf : le PAPSS, qui permet les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie a adopté ce mécanisme, ce qui constitue une avancée importante. Mais son adoption ne suffit pas : encore faut-il que les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, le mettent réellement en œuvre. C’est là que se situe le problème. À ce jour, les transactions restent limitées et nous revenons, en quelque sorte, à la case départ. », poursuit-il. 

Sur les solutions à mettre en œuvre

« L’adoption du PAPSS par la Banque centrale doit désormais s’accompagner d’un effort pour convaincre les banques de l’appliquer. Certes, cela réduira certaines commissions et certains gains pour elles, mais l’enjeu est essentiel pour les opérateurs économiques, exportateurs comme importateurs. Faciliter les paiements, c’est fluidifier les exportations tunisiennes vers l’Afrique ». C’est l’un des points sur lesquels Foued Guedich demande à ce que l’on se concentre en priorité.

Et de conclure: « Au-delà du paiement, il y a les aspects douaniers et logistiques, qui sont tout aussi déterminants. La ZLECAf a le mérite d’avoir posé les bases d’un mécanisme continental, mais ces dispositifs doivent maintenant être effectivement appliqués pour que la Tunisie puisse avancer et saisir les opportunités du marché africain. »

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Rising Star Award : Sebio récompensée pour son innovation au service de la santé des femmes

Au-delà de la reconnaissance, cette cérémonie a mis en avant le potentiel des jeunes entreprises africaines à développer des solutions innovantes, durables et exportables. Sebio a notamment illustré la capacité des startups à transformer les défis environnementaux et sociaux en opportunités économiques.

Fondée par Tianasoa Avotriniaina Liane Andriambelozaka, Sebio est une startup malgache engagée dans l’économie circulaire. Elle conçoit et commercialise des protections hygiéniques féminines à base de fibres naturelles, offrant une alternative plus saine et plus durable aux produits traditionnels. Son modèle associe ainsi santé des femmes, réduction des déchets et valorisation de matériaux naturels.

Le jury, composé de Ghazi Saddem, Startup Advisor, Innovation Consultant et Ecosystem Builder ; de Nour Boumaiza, Program Manager au sein de la Fondation Friedrich Naumann ; de Maya Jerbi, Présidente de la Fondation Orange Tunisie et Manager RSE ; ainsi que de Faten Aissi, Director of Global Partnerships, a salué la qualité des pitches présentés, la clarté des propositions de valeur et la cohérence des modèles économiques des entreprises candidates.

Pour Tianasoa Avotriniaina Liane Andriambelozaka, fondatrice de Sebio, cette distinction revêt une importance particulière. Reconnue pour son engagement citoyen, la lauréate a  salué les organisateurs pour la récompense, l’accompagnement, la bienveillance et la qualité des échanges tout au long de cette quatrième édition de l’African ESG Summit.

Elle a également souligné l’apport des rendez-vous B2B, qu’elle considère comme particulièrement précieux pour les startups à la recherche de partenaires, de clients et de nouvelles opportunités de développement.

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African ESG Summit : Arij Mejdi, de Kumulus Water, lauréate des Momentum Startups Awards

La remise des Momentum Startups Awards a constitué l’un des temps forts de cette quatrième édition de l’African ESG Summit, organisée par le magazine Managers dans la journée du jeudi 8 octobre 2026 à l’hôtel Sheraton. 

Au-delà de la reconnaissance, cette cérémonie a mis en lumière le potentiel des jeunes entreprises africaines à proposer des solutions innovantes, durables et exportables. Kumulus a notamment illustré la capacité des startups à transformer des défis environnementaux et sociaux en opportunités économiques.

Le jury, composé de Ghazi Saddem, Startup Advisor, Innovation Consultant et Ecosystem Builder ; Nour Boumaiza, Program Manager au sein de la Fondation Friedrich Naumann ; Maya Jerbi, Présidente de la Fondation Orange Tunisie et Manager RSE ; et Faten Aissi, Director of Global Partnerships, a salué la qualité des pitches présentés, la capacité des jeunes entreprises à synthétiser leur proposition de valeur ainsi que la cohérence de leurs modèles économiques.

Pour Arij Mejdi, Head of Sales MENA Region de Kumulus Water, ce moment a été particulièrement marquant. La lauréate est montée sur scène au son de We Are the Champions, avant de remercier les organisateurs pour l’invitation, l’accompagnement, la bienveillance et la qualité des échanges.

Elle a également souligné l’importance des rendez-vous B2B, qu’elle considère comme particulièrement précieux pour les startups en quête de partenaires, de clients et d’opportunités de développement.

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African ESG Summit : les entreprises africaines appelées à anticiper les exigences climatiques européennes

À l’occasion de la quatrième édition de l’African ESG Summit, organisé par Managers, Gérard Sié Kambiré, Managing Partner d’ESG Sustainable Finance et expert ivoirien des risques climatiques, a appelé les entreprises exportatrices africaines à intégrer les risques climatiques et les nouvelles exigences environnementales européennes dans leur stratégie. 

Rencontré lors de cet événement, Gérard Sié Kambiré souligne que la conformité à ces dispositifs constitue désormais une condition essentielle pour préserver l’accès au marché européen et renforcer la bancabilité des entreprises africaines. Il a souligné que les risques climatiques ne doivent plus être considérés comme des risques futurs ou exceptionnels, mais comme des facteurs à intégrer dans la gestion globale des entreprises.

En Côte d’Ivoire, comme en Tunisie, les cadres prudentiels spécifiques à la gestion des risques climatiques restent encore en développement. La BCEAO participe toutefois aux initiatives internationales visant à encourager les banques centrales à intégrer les stress tests climatiques et les risques environnementaux dans la supervision du secteur financier.

“Les risques traditionnels reposent principalement sur des données historiques. Aujourd’hui, les entreprises doivent également travailler sur des trajectoires et des scénarios plausibles afin d’anticiper les conséquences du changement climatique”, nous a-t-il expliqué.

Pour accompagner cette transition, Gérard Sié Kambiré estime que les gouvernements doivent accorder une attention particulière aux PME, qui sont les plus vulnérables, mais disposent rarement des ressources nécessaires pour recruter des spécialistes ou mettre en place des départements dédiés à la gestion des risques. Il préconise la mobilisation de fonds concessionnels et de mécanismes internationaux de financement climatique afin d’aider ces entreprises à renforcer leurs capacités.

Il insiste également sur la nécessité de faire de la gestion des risques une véritable culture d’entreprise. Celle-ci doit être intégrée à l’ensemble des processus internes, depuis la première ligne de défense jusqu’aux fonctions de contrôle et d’audit, y compris dans les PME qui ne disposent pas nécessairement d’une structure formelle de gestion des risques.

Évoquant sa participation à la quatrième édition de l’African ESG Summit, il a salué la qualité de l’organisation, le dynamisme des échanges et l’engagement collectif des participants en faveur d’une transformation durable des économies africaines.

« J’ai été marqué par l’énergie collective et par la volonté de promouvoir un modèle d’exportation durable. Je souhaite m’inspirer de cette expérience dans le cadre du Sommet de la finance durable d’Abidjan, prévu en mars 2027 « , a-t-il déclaré.

Pour la prochaine édition, Gérard Sié Kambiré recommande d’élargir la participation à d’autres pays africains, notamment le Togo et le Ghana, afin de faire de la Tunisie un véritable hub africain de l’ESG. Il a également insisté sur l’importance de renforcer la participation des femmes, qu’il considère comme des actrices essentielles de la transformation économique du continent.

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