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De 18 % à 6 % : la Tunisie perd ses matheux avant même qu’ils ne partent

Dans une note stratégique, l’IACE soutient que la fuite des cerveaux commence bien avant l’aéroport. Il souligne qu’elle se joue dès l’orientation scolaire. Près de la moitié des candidats au baccalauréat relèvent de filières dites scientifiques. Ce qui donne l’illusion d’un vivier solide. Mais en réalité la section Mathématiques, principale voie vers l’ingénierie avancée, la recherche et l’intelligence artificielle, est passée de 18 % des bacheliers au début des années 2000 à environ 6 % de matheux aujourd’hui.

Ce recul ne traduit pas un désintérêt pour les sciences, indique l’IACE. Il résulte d’arbitrages rationnels : à seize ans, élèves et familles évitent une filière jugée plus risquée. Les inégalités territoriales aggravent la situation : seuls 277 lycées publics sur 600 ont présenté des candidats en Mathématiques en 2026.

Les effets apparaissent avec un décalage d’une dizaine d’années. À titre d’illustration, au concours d’entrée à l’École Polytechnique en 2025, un seul admis provenait du système éducatif tunisien, contre 22 sur 24 au Maroc. L’IACE précise que cet écart ne reflète pas une différence de potentiel, mais des viviers d’excellence constitués et accompagnés différemment.

A cet égard, l’institut recommande donc deux leviers. A savoir, tout d’abord de réformer l’orientation scientifique (information, accompagnement, valorisation des mathématiques avancées). Puis, il propose de réduire les inégalités territoriales (offre locale, mobilité, détection précoce des talents).

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Tourisme : la FTRT associe la gastronomie à la valorisation du patrimoine

La Fédération Tunisienne des Restaurants Touristiques (FTRT) annonce son partenariat avec « Carthage Event Shows 2026 ». Il est prévu du 23 octobre au 2 novembre 2026. L’événement aura pour thème : « L’épopée de Carthage : des plages du Nord aux portes du Sahara ». Cette initiative vise à promouvoir le tourisme culturel et saharien. De même, elle cherche à valoriser le patrimoine tunisien et à attirer davantage de visiteurs.

La FTRT met particulièrement l’accent sur la gastronomie tunisienne et les traditions culinaires comme levier d’attractivité touristique.

La fédération réaffirme également son soutien aux restaurants touristiques et aux professionnels du secteur. Ainsi que son engagement à renforcer les liens entre tourisme, culture et patrimoine. Et ce, afin de contribuer à la compétitivité et au rayonnement de la destination Tunisie.

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Hechmi Louzir au sein de la Commission du Lancet sur les menaces sanitaires mondiales

L’ancien directeur de l’Institut Pasteur Hechmi Louzir a rejoint  la Commission du Lancet sur les menaces sanitaires mondiales. Il précise, via sa page Fb : « Fier de siéger au sein de la Commission du Lancet sur les menaces mondiales pour la santé au XXIe siècle. Une initiative indépendante réunissant des experts de multiples disciplines pour analyser les risques qui façonneront la santé mondiale d’ici 2100. »

Pandémies, usage malveillant de l’intelligence artificielle, conflits conventionnels ou nucléaires, résistance aux antimicrobiens, obésité, dégradation de la santé mentale : ces menaces et bien d’autres peuvent affecter la santé de milliards de personnes. Notre rapport les compare à travers une métrique commune : la perte de santé qui pourrait encore être évitée par l’action publique.

Les résultats sont sans ambiguïté : l’obésité, le faible niveau d’instruction et les inégalités de revenus figurent parmi les menaces les plus lourdes, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud. « Mais ce constat porte aussi un message d’espoir. Réduire la pauvreté, investir dans l’éducation et encourager l’innovation restent des leviers à notre portée pour renforcer durablement la résilience des sociétés, alors même que l’aide internationale à la santé recule », poursuit-il.

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Cyberharcèlement des enfants : quand la violence en ligne dépasse l’écran

A moins d’un mois qui nous sépare de la Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyberharcèlement des enfants, l’UNICEF Tunisie révèle, via une étude récente, que 45 % des adolescents ayant participé à l’enquête « U-Report » ont déclaré avoir été victimes d’une forme de violence en ligne ou en avoir été témoins.

L’UNICEF précise également que 12 % des participants à l’enquête « U-Report » ont déclaré s’être absentés de l’école en raison de violences en ligne. Cette proportion est attribuée, dans le document, à l’enquête U-Report de 2021. Ses résultats doivent toutefois être lus avec prudence, compte tenu des limites méthodologiques de l’enquête, et ne sauraient être généralisés à l’ensemble des enfants et des adolescents tunisiens.

Ces indicateurs mettent aussi en lumière un autre défi : la méconnaissance des dispositifs de protection. Le document « Recommandations relatives à la révision du Code de protection de l’enfant », publié par l’UNICEF Tunisie en juillet 2026, relève ainsi que 80 % des participants à l’enquête U-Report de 2020 ignorent les mécanismes de signalement des violences dans l’espace numérique.

Ces données font apparaître deux dimensions du problème : l’impact de la violence numérique, susceptible de se répercuter sur la scolarité de l’enfant; et les obstacles qui peuvent l’empêcher de signaler les faits ou de solliciter de l’aide.

Par ailleurs, l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes, menée en 2022 et publiée par l’Institut national de la statistique en mars 2024, révèle que 37,1% des filles âgées de 15 à 17 ans ont été victimes d’au moins une forme de violence numérique au cours des 12 mois précédant l’enquête. Cet indicateur porte sur la violence numérique dans son acception large.

Ces chiffres éclairent différentes dimensions du phénomène, sans constituer pour autant une mesure unifiée de la prévalence du cyberharcèlement. Leur compréhension suppose d’examiner la nature du préjudice subi par l’enfant, ainsi que ses conséquences possibles sur sa santé mentale, son comportement et ses relations quotidiennes.

Une violence qui ne s’arrête pas à l’écran

La violence numérique peut prendre plusieurs formes : insultes, moqueries répétées, propagation de rumeurs, diffamation, menaces, diffusion de photos ou de vidéos d’un enfant sans son consentement, usurpation d’identité ou encore chantage.

La particularité de cette violence tient à la rapidité avec laquelle les contenus se diffusent et à leur capacité à atteindre un large public. L’auteur des faits peut, en outre, rester anonyme. L’enfant peut également éprouver des difficultés à se protéger de la source du préjudice : les abus peuvent en effet se déplacer des plateformes numériques vers le milieu scolaire et social, ou se poursuivre jusque dans le domicile familial.

Tout désaccord entre enfants ou tout commentaire insultant ne relève pas nécessairement du harcèlement, qui suppose généralement une répétition des faits. En revanche, les menaces, le chantage et les atteintes à la vie privée exigent une intervention, même lorsqu’ils surviennent dans le cadre d’un incident isolé, en raison de leur gravité et de l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’enfant.

Les répercussions de cette expérience ne se traduisent pas toujours par un récit direct des faits. Elles peuvent apparaître progressivement à travers des changements psychologiques et comportementaux. L’enfant peut ressentir de la peur, de l’anxiété, de la honte ou de la colère, et tendre à s’isoler, à s’éloigner de ses amis ou à délaisser les activités qu’il pratiquait habituellement. Des troubles du sommeil ou de l’appétit, une baisse des résultats scolaires, voire des plaintes somatiques sans cause organique identifiée, peuvent également apparaître.

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Djerba: Pierre Gassin clôt sa tétralogie photographique avec « RÉSILIENCE(S) »

L’Alliance Française de Djerba accueille, du 14 octobre au 29 novembre, 30 tirages en noir et blanc du photographe installé à Kerkennah. Une seconde étape, ouverte à deux peintres de l’île, suivra en décembre.

Le photographe Pierre Gassin présente à l’Alliance Française de Djerba, du 14 octobre au 29 novembre 2026, RÉSILIENCE(S), une série de 30 photographies en noir et blanc. Le vernissage aura lieu mercredi 14 octobre, de 18h à 20h. L’exposition, qui porte le sous-titre « Quelques gouttes de bonheur pour un océan de vie », est le quatrième et dernier volet d’Archéologie du présent, tétralogie que l’artiste mène depuis plusieurs années sur le Sud tunisien.

Le vivant plutôt que les ruines

Les images de Pierre Gassin montrent des enfants qui plongent, un cheval qu’on baigne en fin de journée, des voiles latines qui se croisent. Le photographe, qui vit à Kerkennah, les a prises à hauteur d’eau, à travers des scènes de vie quotidienne, populaires et partagées. Le propos : vivre coûte que coûte, choisir ses valeurs pour avancer avec sérénité, renouer avec un art de vivre ancestral.

Ce volet referme un cycle dont chaque étape avait son thème. Embarquement Sfax explorait la mémoire de la pierre et de l’eau, Cercinae la lumière et les voiles latines, Berbérités les fondations du monde berbère. Avec RÉSILIENCE(S), Pierre Gassin change d’approche, selon le communiqué de l’exposition : il laisse les ruines pour s’intéresser à la mémoire du vivant.

Un second acte avec deux peintres kerkenniens

L’exposition se prolonge du 2 décembre 2026 au 10 janvier 2027 avec Correspondances Insulaires. Pierre Gassin y présente une sélection resserrée de ses photographies et invite deux artistes de Kerkennah, Souheila Arous et Salah Ben Amor, à répondre à son travail par la peinture. Les organisateurs annoncent un dossier plus complet sur cette seconde étape.

Un parcours entre Paris et la Tunisie

Pierre Gassin a enseigné à l’université Paris VIII et dirigé pendant 22 ans IRIS, centre de formation professionnelle et galerie d’art à Paris. Il s’installe ensuite en Tunisie, où il passe huit ans à Sfax. Il y crée le Palais de la Photographie, dans le cadre de « Sfax, capitale de la culture arabe », et dirige des expositions collectives avec de jeunes photographes, dont Demain (2016) et Vestiges & Traces, présentée à la cathédrale de Sfax avec six artistes en résidence. Il réalise par ailleurs 90 % des photographies du magazine 1001 Tunisie.

Ses expositions personnelles se sont tenues à Sfax, Carthage, La Manouba et Ramla, ainsi qu’aux Rencontres internationales de Ghar el Melh en 2025. L’Alliance Française de Djerba avait déjà accueilli Berbérités à l’automne 2025. Photographe conventionné par l’AMVPPC, il préside l’association Centre Photographique du Maghreb et a ouvert la Galerie Gassin à Kerkennah en novembre 2023.

Il a également signé les photographies de Felouques, recueil de poèmes d’Ahlem Ghayaza (Éditions 55 et Orients Éditions, avec le concours de l’Institut Français de Tunisie), et de Dar & Borj, ouvrage de 300 pages piloté par Aida Zahaf (Med Ali Édition). Tunisiennes et Saveurs des Terroirs et Infiniment Khroumirie sont en cours de réédition. Ses sites pierregassin.com et pierokif.com viennent d’être lancés.

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Tunisie-Canada : la Conect mise sur l’aéronautique et l’innovation pour dynamiser la coopération économique

L’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Kofi Bilodeau, accompagné du conseiller commercial de l’ambassade, François Lasalle, a été reçu, le vendredi 9 octobre 2026, au siège de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). La délégation canadienne a été accueillie par le président de la Conect, Aslan Berjeb, le président de Conect International, Tarek Cherif, et la présidente du groupement professionnel « Innovation Act », Mariem Abdeljawed.

Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives de renforcement de la coopération économique entre la Tunisie et le Canada, ainsi que les opportunités de partenariat et d’investissement susceptibles d’être développées entre les entreprises des deux pays. Les échanges ont porté notamment sur l’aéronautique et l’innovation, deux secteurs identifiés comme porteurs de fort potentiel de collaboration. Les deux parties ont également évoqué d’autres domaines d’activité où les complémentarités entre opérateurs tunisiens et canadiens pourraient être valorisées.

L’accent a été mis sur la nécessité de consolider les liens entre les acteurs économiques des deux pays, de faciliter la mise en relation des entreprises et d’encourager l’émergence de nouveaux projets d’affaires.

Des secteurs à fort potentiel

Le secteur aéronautique figure parmi les créneaux prometteurs de la coopération tuniso-canadienne. Le Canada dispose d’une industrie aérospatiale développée, tandis que la Tunisie s’est progressivement imposée comme une plateforme régionale pour certaines activités industrielles et de services liées à ce secteur.

L’innovation constitue l’autre axe majeur des discussions. À travers son groupement professionnel « Innovation Act », la Conect entend accompagner le développement de l’écosystème technologique tunisien et favoriser les partenariats entre startups, entreprises, centres de recherche et investisseurs.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique entre Tunis et Ottawa. Les relations commerciales entre les deux pays concernent notamment l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, l’éducation, la formation professionnelle et l’aérospatiale.

Vers de nouvelles opportunités d’affaires

Pour la Conect, l’objectif est de transformer ces échanges en opportunités concrètes de coopération, en identifiant des projets communs et en facilitant l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés canadiens, ainsi que l’implantation d’entreprises canadiennes en Tunisie.

Cette rencontre entre la Conect et la représentation diplomatique canadienne ouvre ainsi la voie à une coopération plus structurée, axée sur l’innovation, l’industrie et le développement de partenariats d’affaires durables entre les opérateurs des deux pays.

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ZLECAf : la Tunisie face à l’équation africaine, paiement, logistique et transition verte

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) promet un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs. Pour la Tunisie, l’enjeu n’est plus de démontrer l’intérêt du continent, mais de lever les obstacles concrets qui empêchent encore les entreprises d’en saisir les opportunités. Paiements, coût logistique, financement et organisation de l’appui à l’export constituent aujourd’hui les principaux chantiers. À cela s’ajoute une dimension émergente : la transition énergétique et l’industrialisation verte, désormais au cœur de l’agenda continental.

La conjoncture internationale fragilisée par les tensions géopolitiques et le durcissement des règles d’accès aux marchés traditionnels pousse la Tunisie à diversifier ses débouchés. L’Afrique apparaît alors comme une évidence géographique et économique. Mais cette évidence se heurte encore à des réalités opérationnelles.

Foued Guedich, président de Taste Tunisia (Agrigold International), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, identifie deux freins majeurs : la logistique et le paiement.  « Ce sont les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains », estime-t-il.

Le problème du paiement est particulièrement parlant. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être réglé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est contraint d’acheter des devises fortes pour payer une facture, alors même que l’entreprise tunisienne a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer ou financer ses activités sur place.

Le PAPSS, une avancée encore inachevée

Le mécanisme PAPSS, mis en place sous l’égide de la ZLECAf, vise précisément à faciliter les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie l’a adopté, ce qui constitue une avancée institutionnelle importante. Mais, souligne Foued Guedich, l’adoption ne suffit pas : les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, doivent réellement le mettre en œuvre.

Or, à ce jour, les transactions restent limitées. Les établissements bancaires peuvent y voir une réduction de certaines commissions, alors que les opérateurs économiques y voient un outil indispensable pour fluidifier leurs échanges. Le défi est donc autant réglementaire que pratique : transformer une décision de la Banque centrale en service bancaire accessible, simple et compétitif pour les PME exportatrices.

Logistique et barrières invisibles

La question logistique constitue le second verrou. Zied Jaouadi, vice-président de la Chambre des sociétés de commerce international de l’UTICA et de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie, relève que la Tunisie affiche l’un des coûts logistiques les plus élevés de la Méditerranée. Le problème ne se limite pas aux ports tunisiens : de nombreuses liaisons vers l’Afrique nécessitent deux ou trois transbordements, ce qui alourdit les délais, les coûts et les risques.

À cela s’ajoutent les barrières non tarifaires. Foued Guedich rappelle que l’accès à l’Union européenne ne se résume plus aux droits de douane : les exigences liées à l’empreinte carbone et aux normes environnementales s’appliquent dès l’entrée des conteneurs. Cette tendance protectionniste renforce l’intérêt d’une stratégie africaine, mais exige aussi des entreprises tunisiennes qu’elles montent en gamme et anticipent les nouvelles règles du commerce international.

Financement et accompagnement : le maillon manquant

Pour Zied Jaouadi, le premier défi du secteur privé reste l’accès au financement. Avec des taux d’intérêt élevés, le coût du crédit pèse particulièrement sur les PME exportatrices, souvent fragiles et peu capitalisées. Le deuxième défi est logistique. Le troisième, plus structurel, concerne la réforme des organismes d’appui à l’exportation, notamment les chambres de commerce et les centres de promotion des exportations.
Son constat est net : il faut passer d’une logique de promotion à un accompagnement de long terme du développement exportateur. Cela suppose des services plus proches des entreprises, une meilleure connaissance des marchés africains, un appui juridique et commercial, ainsi qu’un suivi après l’implantation.

La solution proposée est l’implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux. Ce modèle permettrait de disposer de stocks sur les marchés africains, de réduire la dépendance aux transbordements et de mieux répondre à la demande locale. Encore faut-il que le financement suive et que les entreprises pensent les flux dans les deux sens : vendre, mais aussi acheter. Cette approche permettrait d’optimiser les flux financiers et de consolider la présence tunisienne en Afrique.

La transition verte, nouveau champ de la ZLECAf

La ZLECAf ne se limite toutefois pas au commerce des marchandises. La transition énergétique occupe une place croissante dans son agenda. Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la ZLECAf, souligne le lancement de l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII).

L’objectif est de fédérer banques multilatérales, banques commerciales et investisseurs afin de financer des projets verts réellement bancables. La question dépasse la seule production d’énergies renouvelables : elle touche aux minéraux critiques, à la transformation locale et aux chaînes de valeur industrielles. L’exemple des véhicules électriques est révélateur : des pays comme la Zambie et la République démocratique du Congo, riches en cobalt, doivent pouvoir transformer leurs ressources au lieu de les exporter brutes.

Un protocole continental sur l’industrialisation et la politique commerciale est en préparation. Il devra intégrer la transition énergétique, les minéraux critiques et, à terme, un cadre harmonisé pour les énergies renouvelables.

Une opportunité à condition d’agir

La Tunisie dispose d’atouts pour devenir un acteur crédible dans cette dynamique : position géographique, savoir-faire industriel, expérience à l’export et intérêt croissant pour les marchés africains. Mais les promesses de la ZLECAf ne se concrétiseront pas par les seuls accords commerciaux.

Il faut activer le PAPSS, réduire les coûts logistiques, faciliter le financement des PME, réformer l’accompagnement à l’export et encourager les implantations directes. Il faut également préparer les entreprises aux exigences de la transition verte, via la mise en place des outils pratiques du commerce:  payer, transporter, financer et s’implanter  ne seront pas réellement opérationnels.

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Foued Guedich : « Le paiement interafricain est la clé pour dynamiser nos exportations »

Le potentiel du marché africain est immense pour les exportateurs tunisiens, mais son exploitation reste entravée par des difficultés logistiques et, surtout, par les dysfonctionnements du système de paiement. Foued Guedich président de Taste Tunisia (Agrigold international), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, livre à L’Economiste Maghrébin son analyse de cette question.

Il estime que le paiement interafricain constitue aujourd’hui le principal chantier à activer pour concrétiser les promesses de la ZLECAf. Tout en précisant: «  La conjoncture internationale actuelle pousse la Tunisie à se tourner davantage vers l’Afrique. Le continent représente un potentiel considérable, mais son exploitation se heurte encore à deux obstacles majeurs : la logistique et le paiement. Ce sont, à mon sens, les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains, dans un contexte international fragilisé par les tensions géopolitiques. »

Sur les barrières non tarifaires

Il souligne à cet effet: « La situation est très différente de celle que nous connaissons avec l’Union européenne. Au-delà des droits de douane, il existe aujourd’hui des barrières non tangibles, comme les exigences liées à l’empreinte carbone. Ces mécanismes ne se voient pas directement au moment du dédouanement, mais ils s’appliquent dès l’entrée d’un conteneur dans l’Union européenne. La tendance générale est clairement protectionniste. »

Sur l’intérêt des échanges interafricains, Foued Guedich met l’accent sur l’importance de mettre en place des outils concrets, en particulier des mécanismes de paiement interafricains. 

Sur le problème du franc CFA

Citant l’exemple de  la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, deux marchés subsahariens importants pour la Tunisie.  Foued Guedich revient sur les réelles difficultés de paiement. Il indique: « La Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être payé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est ainsi contraint d’acheter des euros pour régler sa facture à un Tunisien. Or, paradoxalement, l’exportateur tunisien a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer, payer des commissions ou financer ses activités sur place. Le système bancaire tunisien ne permet pas aujourd’hui d’effectuer ces transactions en franc CFA. »

Sur le mécanisme PAPSS

« Il existe pourtant un dispositif mis en place sous l’égide de la ZLECAf : le PAPSS, qui permet les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie a adopté ce mécanisme, ce qui constitue une avancée importante. Mais son adoption ne suffit pas : encore faut-il que les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, le mettent réellement en œuvre. C’est là que se situe le problème. À ce jour, les transactions restent limitées et nous revenons, en quelque sorte, à la case départ. », poursuit-il. 

Sur les solutions à mettre en œuvre

« L’adoption du PAPSS par la Banque centrale doit désormais s’accompagner d’un effort pour convaincre les banques de l’appliquer. Certes, cela réduira certaines commissions et certains gains pour elles, mais l’enjeu est essentiel pour les opérateurs économiques, exportateurs comme importateurs. Faciliter les paiements, c’est fluidifier les exportations tunisiennes vers l’Afrique ». C’est l’un des points sur lesquels Foued Guedich demande à ce que l’on se concentre en priorité.

Et de conclure: « Au-delà du paiement, il y a les aspects douaniers et logistiques, qui sont tout aussi déterminants. La ZLECAf a le mérite d’avoir posé les bases d’un mécanisme continental, mais ces dispositifs doivent maintenant être effectivement appliqués pour que la Tunisie puisse avancer et saisir les opportunités du marché africain. »

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Rising Star Award : Sebio récompensée pour son innovation au service de la santé des femmes

Au-delà de la reconnaissance, cette cérémonie a mis en avant le potentiel des jeunes entreprises africaines à développer des solutions innovantes, durables et exportables. Sebio a notamment illustré la capacité des startups à transformer les défis environnementaux et sociaux en opportunités économiques.

Fondée par Tianasoa Avotriniaina Liane Andriambelozaka, Sebio est une startup malgache engagée dans l’économie circulaire. Elle conçoit et commercialise des protections hygiéniques féminines à base de fibres naturelles, offrant une alternative plus saine et plus durable aux produits traditionnels. Son modèle associe ainsi santé des femmes, réduction des déchets et valorisation de matériaux naturels.

Le jury, composé de Ghazi Saddem, Startup Advisor, Innovation Consultant et Ecosystem Builder ; de Nour Boumaiza, Program Manager au sein de la Fondation Friedrich Naumann ; de Maya Jerbi, Présidente de la Fondation Orange Tunisie et Manager RSE ; ainsi que de Faten Aissi, Director of Global Partnerships, a salué la qualité des pitches présentés, la clarté des propositions de valeur et la cohérence des modèles économiques des entreprises candidates.

Pour Tianasoa Avotriniaina Liane Andriambelozaka, fondatrice de Sebio, cette distinction revêt une importance particulière. Reconnue pour son engagement citoyen, la lauréate a  salué les organisateurs pour la récompense, l’accompagnement, la bienveillance et la qualité des échanges tout au long de cette quatrième édition de l’African ESG Summit.

Elle a également souligné l’apport des rendez-vous B2B, qu’elle considère comme particulièrement précieux pour les startups à la recherche de partenaires, de clients et de nouvelles opportunités de développement.

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African ESG Summit : Arij Mejdi, de Kumulus Water, lauréate des Momentum Startups Awards

La remise des Momentum Startups Awards a constitué l’un des temps forts de cette quatrième édition de l’African ESG Summit, organisée par le magazine Managers dans la journée du jeudi 8 octobre 2026 à l’hôtel Sheraton. 

Au-delà de la reconnaissance, cette cérémonie a mis en lumière le potentiel des jeunes entreprises africaines à proposer des solutions innovantes, durables et exportables. Kumulus a notamment illustré la capacité des startups à transformer des défis environnementaux et sociaux en opportunités économiques.

Le jury, composé de Ghazi Saddem, Startup Advisor, Innovation Consultant et Ecosystem Builder ; Nour Boumaiza, Program Manager au sein de la Fondation Friedrich Naumann ; Maya Jerbi, Présidente de la Fondation Orange Tunisie et Manager RSE ; et Faten Aissi, Director of Global Partnerships, a salué la qualité des pitches présentés, la capacité des jeunes entreprises à synthétiser leur proposition de valeur ainsi que la cohérence de leurs modèles économiques.

Pour Arij Mejdi, Head of Sales MENA Region de Kumulus Water, ce moment a été particulièrement marquant. La lauréate est montée sur scène au son de We Are the Champions, avant de remercier les organisateurs pour l’invitation, l’accompagnement, la bienveillance et la qualité des échanges.

Elle a également souligné l’importance des rendez-vous B2B, qu’elle considère comme particulièrement précieux pour les startups en quête de partenaires, de clients et d’opportunités de développement.

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African ESG Summit : les entreprises africaines appelées à anticiper les exigences climatiques européennes

À l’occasion de la quatrième édition de l’African ESG Summit, organisé par Managers, Gérard Sié Kambiré, Managing Partner d’ESG Sustainable Finance et expert ivoirien des risques climatiques, a appelé les entreprises exportatrices africaines à intégrer les risques climatiques et les nouvelles exigences environnementales européennes dans leur stratégie. 

Rencontré lors de cet événement, Gérard Sié Kambiré souligne que la conformité à ces dispositifs constitue désormais une condition essentielle pour préserver l’accès au marché européen et renforcer la bancabilité des entreprises africaines. Il a souligné que les risques climatiques ne doivent plus être considérés comme des risques futurs ou exceptionnels, mais comme des facteurs à intégrer dans la gestion globale des entreprises.

En Côte d’Ivoire, comme en Tunisie, les cadres prudentiels spécifiques à la gestion des risques climatiques restent encore en développement. La BCEAO participe toutefois aux initiatives internationales visant à encourager les banques centrales à intégrer les stress tests climatiques et les risques environnementaux dans la supervision du secteur financier.

“Les risques traditionnels reposent principalement sur des données historiques. Aujourd’hui, les entreprises doivent également travailler sur des trajectoires et des scénarios plausibles afin d’anticiper les conséquences du changement climatique”, nous a-t-il expliqué.

Pour accompagner cette transition, Gérard Sié Kambiré estime que les gouvernements doivent accorder une attention particulière aux PME, qui sont les plus vulnérables, mais disposent rarement des ressources nécessaires pour recruter des spécialistes ou mettre en place des départements dédiés à la gestion des risques. Il préconise la mobilisation de fonds concessionnels et de mécanismes internationaux de financement climatique afin d’aider ces entreprises à renforcer leurs capacités.

Il insiste également sur la nécessité de faire de la gestion des risques une véritable culture d’entreprise. Celle-ci doit être intégrée à l’ensemble des processus internes, depuis la première ligne de défense jusqu’aux fonctions de contrôle et d’audit, y compris dans les PME qui ne disposent pas nécessairement d’une structure formelle de gestion des risques.

Évoquant sa participation à la quatrième édition de l’African ESG Summit, il a salué la qualité de l’organisation, le dynamisme des échanges et l’engagement collectif des participants en faveur d’une transformation durable des économies africaines.

« J’ai été marqué par l’énergie collective et par la volonté de promouvoir un modèle d’exportation durable. Je souhaite m’inspirer de cette expérience dans le cadre du Sommet de la finance durable d’Abidjan, prévu en mars 2027 « , a-t-il déclaré.

Pour la prochaine édition, Gérard Sié Kambiré recommande d’élargir la participation à d’autres pays africains, notamment le Togo et le Ghana, afin de faire de la Tunisie un véritable hub africain de l’ESG. Il a également insisté sur l’importance de renforcer la participation des femmes, qu’il considère comme des actrices essentielles de la transformation économique du continent.

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El Niño et les risques climatiques : la Tunisie appelée à renforcer la prévention

Les études et les observations actuelles montrent que l’océan Indien pourrait être fortement exposé aux effets d’El Niño, un phénomène climatique caractérisé par un réchauffement inhabituel des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique. Ce phénomène peut perturber les régimes de vents, de précipitations et de températures dans plusieurs régions du monde, notamment autour de l’océan Indien.

Dans ce contexte, les pays riverains des océans Pacifique et Indien sont appelés à renforcer leur préparation face aux risques liés aux fortes vagues, à la houle et, dans certaines zones, à la submersion marine.

Quelle pourrait être l’incidence d’El Niño sur la Tunisie ? Située en Méditerranée, la Tunisie n’est pas directement exposée au phénomène, et ses effets sur le pays ne peuvent pas être déterminés avec certitude. Ils dépendent notamment de la saison et de l’interaction d’El Niño avec d’autres phénomènes atmosphériques et océaniques. El Niño ne permet donc pas, à lui seul, de prévoir une saison sèche ou particulièrement pluvieuse en Tunisie. Toutefois, ses effets indirects pourraient contribuer à accentuer certaines situations extrêmes, telles que les vagues de chaleur, les précipitations intenses ou les crues soudaines. Le réchauffement des eaux méditerranéennes pourrait également aggraver les épisodes de fortes pluies et de houle lorsqu’ils se produisent

Des stations et des organismes scientifiques installés en Méditerranée suivent déjà l’évolution des vagues, de la houle, de la température de l’eau et du niveau de la mer. Le renforcement de la surveillance et de la prévision marine constitue ainsi une priorité pour mieux anticiper les risques liés au changement climatique.

À l’issue du lancement de l’atelier national consacré à l’accès de la Tunisie aux financements climatiques, organisé à l’Académie diplomatique, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a déclaré aux médias : “Pour le moment, aucun phénomène immédiat ne menace la Tunisie. Mais la prudence demeure nécessaire. Il faut améliorer les systèmes d’alerte, renforcer le suivi scientifique et privilégier la prévention afin de mieux se préparer aux effets possibles d’El Niño et du changement climatique”.

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