❌

Lese-Ansicht

L’essor de l’IA va-t-il creuser les inégalités entre pays, comme le redoute le FMI ?

La Chine, les Etats-Unis et l’Inde se disputent la tête de la course à l’intelligence artificielle ( IA) , au bénéfice de pays exportateurs de technologie comme le Japon, la Corée, Taïwan, le Mexique ou la Malaisie. Mais cette dynamique profite-t-elle à tout le monde ?

Cinq des dix premiers acteurs mondiaux de l’IA sont asiatiques, fournissant microprocesseurs haut de gamme, puces mémoire, équipements de fabrication et robotique. Le matériel dédié à l’IA et les produits technologiques associés représentent désormais plus d’un dixième du commerce mondial de marchandises, une part en constante progression selon Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

Lors de son discours prononcé à Singapour, quelques jours avant l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international à Bangkok, celle-ci a plaidé pour une coopération mondiale accrue dans ce domaine. Sans cela, l’essor de l’IA pourrait exacerber les inégalités entre les différents pays. Un appel qui se heurte toutefois à un obstacle de taille : Donald Trump ne veut pas entendre parler d’une quelconque régulation internationale.

Le FMI estime pourtant que l’IA, si elle est bien mise en oeuvre, pourrait générer au fil du temps jusqu’à un demi-point de pourcentage de croissance mondiale supplémentaire par an. Kristalina Georgieva illustre cette promesse par une comparaison frappante : passer de 3 % à 3,5 % reviendrait à ajouter à l’économie mondiale, sur une décennie, une économie de la taille de l’Asean. Pour tirer parti de ce pouvoir transformateur, elle insiste sur la nécessité de généraliser l’accès à l’IA dans le monde entier, ce qui exige selon elle de la coopération et des garde-fous réglementaires.

Mais ce boom intervient dans un monde où l’énergie est chère, et l’IA accroît un peu plus la demande. Les coûts progressent et entraînent par ricochet ceux des engrais, des denrées alimentaires et des composants industriels essentiels. Cette situation alimente l’inflation tout en freinant la croissance, qui jusqu’ici a plutôt bien résisté aux vents contraires, des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient aux tensions commerciales. L’Asie et l’Europe sont particulièrement touchés.

Résultat : les taux d’intérêt grimpent alors que les finances des gouvernements ne sont pas particulièrement saines. Les rendements des obligations souveraines à 10 ans des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Japon ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis respectivement 2007, 2009 et 1996, gonflant d’autant la facture de la charge de la dette. En France aussi, les taux sont au plus haut depuis 2008. Dans la zone euro, les écarts de rendement par rapport aux Bunds allemands continuent de se creuser, non seulement pour la France et l’Italie, mais aussi, dans une moindre mesure, pour l’Irlande, le Portugal et d’autres pays qui avaient réussi à réduire leur dette et leurs déficits après la crise de la zone euro.

Kristalina Georgieva déplore l’absence d’action décisive dans les économies avancées très endettées, où l’heure devrait selon elle être à des plans crédibles de consolidation budgétaire à moyen terme. Au cours des dix-sept dernières années, les taux d’intérêt sont restés inférieurs aux taux de croissance du PIB, mais ce différentiel est bien moins favorable aujourd’hui, les taux étant désormais supérieurs à la croissance dans les pays européens et aux Etats-Unis. Concrètement, cela signifie que l’accélération de la croissance nécessaire pour réduire le ratio dette publique sur PIB sans effort budgétaire semble hors de portée à court terme.

 

 

L’article L’essor de l’IA va-t-il creuser les inégalités entre pays, comme le redoute le FMI ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Assurance : le Lloyd Tunisien encaisse 236,1 MDT de primes

 Le Lloyd Tunisien a porté ses primes acquises non-vie à 236,1 millions de dinars en 2025, mais son résultat net passe de 8,4 à 7,3 millions de dinars. Les comptes seront soumis à l’assemblée générale ordinaire du 13 octobre 2026. Deux contrôles fiscaux sont en cours.

Hausse de l’activité, repli du bénéfice. Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 par la Société Tunisienne d’Assurances « Lloyd Tunisien » affichent des primes acquises non-vie de 236,1 millions de dinars, contre 207,3 millions un an plus tôt. Le résultat des activités ordinaires s’établit à 7,8 millions de dinars, contre 8,9 millions. Après un impôt de 0,55 million, le résultat net ressort à 7,3 millions.

La branche automobile pèse 137,5 millions de dinars de primes nettes, contre 118,3 millions (+16 %). L’incendie bondit de 36 % et la grêle de 65 %. La branche groupe gagne 6 %, tandis que les risques divers et le transport reculent chacun de 2 %. En assurance vie, les primes acquises atteignent 3 millions de dinars, soit 21 % de plus qu’en 2024. Les sinistres réglés augmentent de près de 17 %, à 134 millions de dinars. La charge de sinistres non-vie progresse de près de 18 %, à 152,5 millions, et celle de l’assurance vie de plus de 30 %.

Un résultat technique non-vie en forte baisse

Le résultat technique non-vie tombe à 1,5 million de dinars, contre 4,4 millions en 2024. Le résultat technique vie monte à 1,2 million, contre 0,7 million. Les produits des placements s’élèvent à 36,3 millions de dinars (28 millions en 2024), pour des charges de 15,5 millions (12,4 millions).

Le total du bilan passe de 586,4 à 639,8 millions de dinars. Les placements nets atteignent 286,8 millions, soit 39,4 millions de plus. Les capitaux propres avant affectation reculent de 100,7 à 83 millions de dinars, les autres capitaux propres tombant de 22,5 à 5 millions. Les autres dettes grimpent de 109,7 à 164,1 millions, dont un compte courant d’associé de CFI de 62,5 millions, contre 48 millions.

La trésorerie de clôture est de 12,4 millions de dinars, contre 19 millions en 2024, soit une baisse de 6,6 millions. Le flux d’exploitation monte de 1,9 à 9,7 millions. Le flux de financement devient négatif, à 15,5 millions, après 11,3 millions en 2024. Il intègre 7,4 millions de dinars de dividendes et autres distributions, contre 0,08 million un an plus tôt.

 

 

L’article Assurance : le Lloyd Tunisien encaisse 236,1 MDT de primes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Classement mondial des géoscientifiques : un trio tunisien se distingue en 2026

Le professeur Younes Hamed, de la Faculté des sciences de Gafsa, domine le classement national Top 1000 Scholar 2026 en géologie et géophysique (2021-2025). Hakim Gabtni et Mohamed Soussi complètent le podium, classés 38e et 39e mondiaux.

Le classement international Top 1000 Scholar, qui porte sur la période 2021-2025, a livré son verdict pour l’année 2026 : trois chercheurs tunisiens figurent aux premiers rangs nationaux dans la catégorie des études géologiques et géophysiques. Cette liste évalue un millier de scientifiques à l’échelle mondiale.

Younes Hamed, professeur à la Faculté des sciences de Gafsa, occupe la première position nationale. Il devance Hakim Gabtni, du Centre de recherches et des technologies des eaux, classé deuxième au niveau national et 38e mondial. Mohamed Soussi, professeur de géologie à l’Université de Tunis El Manar, prend la troisième place nationale et le 39e rang mondial.

La présence de ces trois spécialistes parmi les quarante premiers mondiaux met en lumière la contribution des compétences tunisiennes au développement des sciences de la Terre, en particulier dans le domaine des ressources en eau souterraine. Elle illustre aussi le rôle des institutions académiques tunisiennes et du Centre de recherches et des technologies des eaux dans l’accompagnement de la recherche scientifique et le renforcement de son rayonnement international.

L’article Classement mondial des géoscientifiques : un trio tunisien se distingue en 2026 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Location-vente : un nouveau projet résidentiel confié à la SNIT à Fouchana

La Société nationale immobilière de la Tunisie (SNIT) est désignée pour réaliser un projet résidentiel à Fouchana, dans le gouvernorat de Ben Arous, au titre du programme de « location-vente ». Un arrêté de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, paru au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), prévoit une réalisation par marché public en formule « clé en main ».

C’est par un arrêté de la cheffe du gouvernement que la présidence du gouvernement a confié à la Société nationale immobilière de la Tunisie la réalisation d’un projet résidentiel dans la région de Fouchana, au gouvernorat de Ben Arous. Publié dans le dernier numéro du Journal officiel de la République tunisienne, le texte précise que l’ouvrage sera exécuté dans le cadre d’un marché public, selon la formule « clé en main ». Il indique que ce projet fait partie des mécanismes de mise à disposition de logements.

La décision s’inscrit dans le programme de « location-vente », que le ministère de l’Équipement et de l’Habitat a lancé dans le cadre du plan de développement 2026-2030. Le dispositif s’adresse aux ménages à revenus faibles et intermédiaires, qu’il entend aider à accéder à la propriété d’un logement décent. Son principe : le bénéficiaire règle des loyers mensuels, et ce paiement aboutit au transfert de la propriété du logement.

Le programme repose sur la construction de logements sociaux par des promoteurs immobiliers publics, parmi lesquels la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (Sprols). Ces opérateurs bénéficient d’un appui pour la mobilisation du foncier, la réalisation des études, les travaux d’aménagement et de construction, ainsi que l’accomplissement des procédures administratives requises.

Le dispositif vise aussi à alléger la charge que représente l’achat d’un logement pour les ménages ciblés. Ceux-ci peuvent en régler la valeur par des mensualités adaptées à leurs moyens, au lieu de recourir exclusivement aux crédits immobiliers classiques. Il tend, en outre, à renforcer le rôle social de l’État en matière de logement.

Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, quelque 5 000 logements doivent être construits par ce biais entre 2026 et 2030, pour un coût estimatif avoisinant 750 millions de dinars.

Pour encadrer l’accès à ces logements, le ministère s’emploie à mettre en place une plateforme numérique d’inscription. Elle doit simplifier les démarches et garantir la transparence ainsi que l’égalité des chances entre les candidats, parallèlement à l’avancement des projets résidentiels.

Le texte relatif au projet de Fouchana ne mentionne ni le nombre de logements envisagés, ni leur coût, ni les délais de livraison. Il ne donne pas non plus de précisions sur l’ouverture des candidatures pour ce projet.

L’article Location-vente : un nouveau projet résidentiel confié à la SNIT à Fouchana est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

L’article Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Vacances d’hiver : le tourisme tunisien réclame le 1er janvier

La Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien (FIPT) demande de prolonger les vacances d’hiver 2026-2027 jusqu’au 1er janvier 2027, au lieu du 14 au 27 décembre fixé par le ministère de l’Éducation. Dans un communiqué publié le vendredi 9 octobre 2026, l’organisation estime que ce calendrier prive les familles et les professionnels des offres de fin d’année.

Cette décision menace l’activité du tourisme intérieur, dont le pic coïncide habituellement avec les congés scolaires. Agences de voyages, hôtels, structures d’hébergement alternatif et restaurants en subiraient les conséquences, tout comme les emplois dans les régions.

La FIPT propose d’instaurer une rotation des vacances scolaires entre les cinq régions. Une telle mesure répartirait mieux la demande, notamment dans les régions de l’intérieur, allégerait la pression sur les établissements, limiterait la hausse des prix et améliorerait l’exploitation des capacités d’hébergement.

Des vacances plus longues étaleraient par ailleurs l’emploi saisonnier, très présent dans le secteur, au lieu de le concentrer sur quelques semaines, ce qui stabiliserait les revenus des travailleurs.

Inscrites dans une approche participative, ces propositions appellent au dialogue entre le ministère et les acteurs du tourisme, afin que le calendrier scolaire tienne compte des enjeux sociaux, économiques et touristiques.

L’article Vacances d’hiver : le tourisme tunisien réclame le 1er janvier est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Alkimia : les pertes bondissent de 23 %, les passifs dépassent 420 MDT

Le groupe Alkimia a enregistré une perte nette de 54,6 millions de dinars en 2025, malgré une progression de ses revenus de 2,1 %. Ses capitaux propres consolidés affichent un solde négatif de 244,7 MDT.

Le groupe Alkimia a clôturé l’exercice 2025 sur une perte nette part du groupe de 54,6 millions de dinars tunisiens (MDT), contre 44,4 MDT en 2024, soit une aggravation de 23 %. Ses revenus consolidés ont atteint 172 MDT, contre 168,5 MDT un an auparavant. Dans le même temps, le total des passifs a grimpé à 420,2 MDT, contre 384,4 MDT à fin 2024, tandis que les actifs ont reculé à 175,5 MDT, contre 194,4 MDT.

Ces chiffres figurent dans les états financiers consolidés arrêtés au 31 décembre 2025, qui seront soumis à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire convoquée le 8 octobre 2026. La situation des fonds propres s’est également détériorée. Les capitaux propres consolidés sont passés d’un déficit de 190,1 MDT en 2024 à un solde négatif de 244,7 MDT en 2025. Les dettes fournisseurs ont atteint 209,5 MDT, contre 199,6 MDT un an plus tôt. Les concours bancaires et autres passifs financiers ont augmenté à 44,4 MDT, contre 40,3 MDT. À l’inverse, les emprunts non courants ont diminué à 26,9 MDT, contre 30,5 MDT en 2024.

Des charges financières en hausse

Les charges financières nettes se sont établies à 28,7 MDT, contre 25,8 MDT en 2024. Les charges d’intérêts ont progressé à 27,8 MDT, contre 25,6 MDT. Tandis que les pertes de change ont atteint 0,93 MDT, contre 0,14 MDT. Les produits des placements ont augmenté à environ 647 000 dinars, contre 218 000 dinars lors de l’exercice précédent. La perte par action s’est élevée à 13,836 dinars, contre 11,248 dinars en 2024. Le capital social du groupe s’élève à 39,47 MDT, réparti en 3 947 253 actions d’une valeur nominale de 10 dinars chacune.

Des évolutions contrastées selon les produits

Les ventes de STPP ont reculé de 10,4 %, passant de 74,2 MDT en 2024 à 66,5 MDT en 2025. À l’inverse, le carbonate de sodium (Na2CO3) a enregistré une progression de 40,5 %, avec des revenus de 33,9 MDT, contre 24,1 MDT un an auparavant. Le sulfate de sodium a généré 32 MDT, contre 33,4 MDT en 2024. Les revenus du MAP se sont établis à 32,1 MDT, contre 32,7 MDT lors de l’exercice précédent. Enfin, Alkimia Commerciale, filiale intégrée au périmètre de consolidation, a réalisé 4,37 MDT de revenus, contre 2,28 MDT en 2024. Les données de l’exercice précédent ont été retraitées en conséquence.

L’article Alkimia : les pertes bondissent de 23 %, les passifs dépassent 420 MDT est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Société de transport du Sahel : une perte nette de 11,32 MDT en 2021

La Société de transport du Sahel a clôturé l’exercice 2021 sur un déficit net de 11,32 millions de dinars, contre 5,99 millions de dinars en 2020. Ses états financiers, arrêtés au 31 décembre 2021, font également apparaître un recul des revenus d’exploitation, passés de 56,52 millions à 50,596 millions de dinars.

 Les comptes de la Société de transport du Sahel (STS) pour l’exercice 2021 font ressortir une dégradation du résultat net par rapport à l’année précédente. En effet, l’entreprise a enregistré une perte de 11 322 836 dinars, alors que son déficit s’établissait à 5 999 298 dinars en 2020. 

Cette évolution intervient dans un contexte de diminution des revenus d’exploitation. Ceux-ci se sont élevés à 50 596 000 dinars en 2021; contre 56 520 000 dinars un an auparavant. C’est ce qu’il ressort des données figurant dans les états financiers de la société. Les charges d’exploitation et les autres postes comptables détaillés dans les documents financiers accompagnent cette évolution du résultat annuel. Les comptes présentent également les différentes composantes des produits et des charges, ainsi que la situation patrimoniale de la Société de transport du Sahel, à la clôture de l’exercice.

L’article Société de transport du Sahel : une perte nette de 11,32 MDT en 2021 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

ESG et finance climatique : Coris Holding vise l’accréditation du Fonds vert

D’abord imposée par un partenaire financier, la durabilité est désormais au cœur de la transformation de Coris Holding. C’est ce qu’a exposé son responsable durabilité, Isham Boris Sonny, lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, le 8 octobre 2026 à Tunis.

 Le groupe bancaire transforme son modèle d’affaires pour y intégrer pleinement la finance verte et la finance climatique. Cette évolution s’accompagne d’une stratégie climat, d’une candidature à l’accréditation du Fonds vert pour le climat et de projets de produits financiers encore à l’étude. Deux obstacles freinent toutefois la démarche : l’absence de cadre réglementaire bancaire et les difficultés liées aux données.

Tout est parti de la filiale du Burkina Faso. Un financement obtenu auprès d’un partenaire international s’est accompagné d’une question inattendue : l’établissement disposait-il d’une politique environnementale et sociale ? Le sujet a surpris, une banque n’étant pas habituée à parler d’environnement. Le partenaire a expliqué qu’un établissement financier doit suivre et gérer les risques environnementaux et sociaux de ses clients, qui peuvent l’affecter directement. Il a accompagné la filiale dans la rédaction de cette politique.

Le financement obtenu, le document a été rangé dans un tiroir, son intérêt n’apparaissant pas fondamentalement. À la clôture du financement, l’évaluation a révélé que la politique n’avait pas été appliquée. Seule la liste d’exclusion, qui recense les activités à ne pas financer en raison de leurs impacts négatifs importants sur l’environnement et la société, était respectée. Pour Isham Boris Sonny, ce constat a marqué une première prise de conscience : l’établissement ne tenait pas un engagement qu’il avait pris.

Lire aussi — ESG et logistique : anticiper ou payer le prix de la conformité

La politique a été ressortie, analysée, puis adaptée au contexte local afin d’être réellement applicable. Chaque demande de financement est désormais confrontée à la liste d’exclusion, puis soumise à une catégorisation environnementale et sociale en trois niveaux : « A » pour un risque élevé, « B » pour un risque moyen et « C » pour un risque faible. Les dossiers classés A ou B donnent lieu à une diligence environnementale. Son résultat détermine l’accompagnement proposé au client pour atténuer ses risques.

Une veille menée sur d’autres marchés a montré que la durabilité allait au-delà de la gestion des risques liés aux financements et engageait aussi des questions de responsabilité. La filiale a alors élaboré une politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) autour de cinq axes : l’éthique, les clients, l’environnement et le climat, les collaborateurs, ainsi que les communautés au sein desquelles elle évolue.

Les autres filiales étant confrontées aux mêmes enjeux, ces sujets ont été portés au niveau de la holding par souci de cohérence. Une fonction durabilité y a été créée et positionnée de manière stratégique. Elle s’inscrit dans le plan stratégique 2025-2027, dont la durabilité constitue un axe fort. Isham Boris Sonny situe à ce stade le début de la transformation réelle du groupe. Le changement climatique, sujet nouveau et technique pour les équipes, a conduit le groupe à se faire accompagner, convaincu qu’il ne pourrait réussir seul. L’enjeu est de le traiter sous l’angle des risques comme des opportunités. Sur le premier volet, l’évaluation de l’exposition du portefeuille aux risques climatiques est en cours. Sur le second, une stratégie climat a été développée et se concentre désormais sur trois domaines : la transition énergétique, l’agriculture durable, ainsi que les villes, la mobilité et les infrastructures durables.

Le Fonds vert de l’ONU en point de mire

Coris Holding a également engagé un processus d’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat, que son responsable présente comme le plus gros fonds climatique international. La candidature a été soumise le mois dernier. Le groupe espère obtenir l’accréditation en 2027, afin d’accompagner les économies des pays où il est présent. Le groupe affiche l’ambition de lancer, vraisemblablement en 2027, un produit de finance verte. Une réflexion est par ailleurs en cours sur les green bonds. Convaincu qu’il devait lui-même se montrer exemplaire avant de formuler des attentes envers ses clients, Coris Holding a commencé à travailler sur la quantification de ses émissions de gaz à effet de serre. L’exercice, reconnaît l’intervenant, n’est pas simple, et le groupe entend se conformer aux standards internationaux.

Au final, Isham Boris Sonny identifie deux défis. Le premier est l’absence, à ce stade, de réglementation bancaire encadrant ces sujets sur son marché, contrairement à d’autres. Il sait qu’elle viendra, mais aucun texte n’existe pour l’instant. Le second concerne les données, dont la disponibilité et la qualité posent de réelles difficultés, aussi bien en interne qu’en externe.

L’article ESG et finance climatique : Coris Holding vise l’accréditation du Fonds vert est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Sahar Mechri à l’African ESG Summit : « La durabilité est devenue un argument de compétitivité »

À Tunis, le 8 octobre 2026, Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, a ouvert la quatrième édition de l’African ESG Summit. Son constat est direct : le risque climatique « s’est conjugué au présent » cet été. Et la preuve environnementale devient désormais un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises.

Après trois éditions consacrées à une menace abordée « au futur », la responsable a affirmé que les acteurs économiques n’ont plus à entendre le risque en conférence : ils l’ont vécu sur le terrain. Rappelant que le sommet vise à outiller les entreprises plutôt qu’à répéter l’existence des périls, elle a souligné que le prix, la qualité et le délai ne suffisent plus. « Il y en a désormais un quatrième, la preuve en est », a-t-elle insisté, en articulant son propos autour de trois axes : la valeur, la donnée et la traçabilité.

Sahar Mechri estime en effet que la durabilité n’est pas « un geste pour la planète que l’on ferait à perte », mais un argument de compétitivité. Elle précise qu’une entreprise capable de prouver son empreinte carbone protège ses parts de marché, accède plus facilement aux financements verts et conserve sa place dans des chaînes de valeur en pleine recomposition. Elle souligne aussi qu’il ne s’agit plus d’une simple exigence européenne, citant la Chine, le Brésil et le Nigeria, qui adoptent à leur tour des normes de reporting de durabilité.

La donnée, « monnaie d’échange »

Pour la responsable, la donnée est devenue une monnaie d’échange dans les chaînes de valeur. Les grands donneurs d’ordre, engagés sur des objectifs climatiques, dépendent directement des chiffres de leurs fournisseurs et de la traçabilité de leurs produits. En Europe, huit entreprises sur dix intègrent déjà des critères ESG dans la sélection de leurs partenaires, faisant de leurs achats le premier levier de réduction des émissions indirectes. Sahar Mechri y voit non une contrainte subie, mais un pouvoir de négociation : le fournisseur qui maîtrise ses données « ne subit plus le cahier des charges », il le discute.

La troisième conviction, qu’elle juge la plus décisive, tient en une formule : « Demain, on ne vous questionnera plus. On vous classera. » S’appuyant sur la directive européenne sur le devoir de vigilance révisée cette année, elle rappelle que les donneurs d’ordre concentreront leurs contrôles là où le risque est le plus probable. Faute de données publiées, « ce sont des moyennes qui parleront à votre place », au détriment des champions sectoriels du textile, du cuir ou de l’agroalimentaire. Si le risque n’est pas maîtrisé, les sanctions sont claires : l’absence de contrats ou la suspension des relations d’affaires. La traçabilité devient ainsi la véritable carte de visite des exportateurs.

Face à ces défis, les travaux de la journée, axés sur la décarbonation, la traçabilité et le financement, entendent apporter des réponses opérationnelles. Loin d’un simple lieu de constat, l’événement vise à faire émerger des solutions concrètes portées par les PME et startups locales, notamment à travers les rencontres B2B et la remise des Sustain’Awards. Revendiquant l’absence de chiffres d’affichage, Sahar Mechri a rappelé que l’édition précédente avait généré 60 transactions issues de 149 rendez-vous qualifiés. Elle a enfin mis en avant la dimension sociale de la valeur, illustrée par le hackathon mené avec STAR Assurances autour du sport comme levier d’inclusion.

L’article Sahar Mechri à l’African ESG Summit : « La durabilité est devenue un argument de compétitivité » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

ESG et logistique : anticiper ou payer le prix de la conformité

Au panel « Chaîne de valeur, traçabilité, logistique : les nouvelles règles d’accès aux marchés »  dans le cadre de la quatrième édition de African ESG Summit, qui se tenait ce 8 octobre 2026, les intervenants plaident pour l’anticipation, la fin des kilomètres à vide, un tissu économique structuré et un cahier des charges sur l’énergie et les bornes de recharge. L’électrification des flottes est rentable, si le mix énergétique est en partie renouvelable et l’infrastructure au rendez-vous.

Les intervenants ont décrit des donneurs d’ordre européens en quête de données et d’attestations. De même, ils ont souligné le coût de cette conformité, l’absence de stratégie claire en Tunisie et le rôle de l’électrification des flottes. La modératrice Douja Gharbi, CEO de RedStart Tunisie, a ouvert les échanges en rappelant la nouvelle édition d’un indice de capacité productive couvrant 195 économies, où la Tunisie occupe le 99e rang mondial, le 5e africain et le 1er nord-africain, avec des points forts dans les TIC, le changement structurel, l’énergie et le capital humain, et un point faible dans le transport.

Pour Famke Schaap, consultante Sustainability & Supply chains chez Hyacint Consult, basée à Bruxelles, la pression sur les données est devenue, même en Europe, une charge administrative. Les entreprises européennes demandent à leurs partenaires des informations issues du reporting de durabilité, comme le nombre d’employés, ainsi que des preuves d’actions. Dans la logistique, la demande porte à la fois sur les émissions et sur les efforts pour les réduire.

Elle l’a illustré par un cas suivi lors d’une longue collaboration avec Samsung Electronics : en 2023 et 2024, Carrefour a poussé le groupe à rendre compte non seulement de son impact, mais aussi de ses réductions d’émissions, auprès de l’initiative Science Based Targets. La mise en place du management et des processus a pris environ deux ans, sous une pression devenue commerciale, l’absence de reporting faisant courir au groupe le risque de perdre sa place sur le marché. Samsung Electronics effectue désormais ce reporting.

Travaillant surtout avec des entreprises de la tech et des minerais comme le cobalt, Famke Schaap observe que les exigences climatiques, environnementales et sociales sont reportées vers l’amont de la chaîne. Les mines utilisent beaucoup de transport routier au pétrole, si bien que les émissions du scope 3 sont les plus lourdes dans les pays d’où l’Europe s’approvisionne. Constatant un intérêt croissant pour un travail commun en faveur des énergies renouvelables, elle a demandé s’il existait en Tunisie des partenariats où des entreprises européennes financent de telles améliorations. Tout en rappelant que, selon la législation européenne, les PME ne doivent pas être affectées de manière disproportionnée.

Une chaîne logistique émettrice, des coûts à la charge des entreprises

Nabgha Salem, PDG de Vectorys, a détaillé la chaîne entre la Tunisie et l’Europe : enlèvement chez le client, traversée vers Marseille ou Gênes, passage par un entrepôt de cross-docking, puis livraison, chaque maillon contribuant aux émissions. Vectorys investit depuis une quinzaine d’années dans des caisses mobiles pouvant voyager sur navire puis sur train, pour éviter de longs trajets de tracteurs. Depuis 2024, les navires ont mis en place un système de réduction de leur soufre. Ce qui passe par des taxes et impose de choisir les armateurs au meilleur taux. Les clients européens de Vectorys réclament des attestations annuelles de réduction du taux de carbone liées à ses flux.

Elle estime que la Tunisie est « très loin », faute de stratégie claire, ce qui touche les moyens, l’infrastructure et toute la chaîne de valeur, avec des coûts pour l’entreprise. Elle voit un contraste entre le business et l’exigence environnementale : les navires mettent 24 à 36 heures pour rejoindre l’Europe, mais il est demandé de faire de l’express et des livraisons en 48 heures. Elle a rapporté le cas d’un tracteur resté allumé une journée dans un port pour embarquer.

Transporteur, elle aide les exportateurs par le conseil : plus l’opération est planifiée et anticipée, plus le taux de carbone baisse, notamment en évitant les kilomètres à vide, qui sont une perte pour le client comme pour le transporteur. D’après la PDG, la sensibilité des clients dépend de la taille de l’entreprise et de la présence de partenaires étrangers exigeant la conformité ESG, une démarche « pas encore très répandue ». Les entreprises qui exportent régulièrement sont concernées, l’exigence étant entrée dans leur quotidien. Pour les autres, sans politique ni stratégie d’État, l’avancée sera difficile, les entreprises pensant d’abord à leur survie.

Traçabilité des fournisseurs et conformité

Interrogé sur les exigences imposées aux fournisseurs et transporteurs, l’intervenant a indiqué que l’objectif n’était pas encore atteint, mais que son entreprise demandait la traçabilité des fournisseurs, surtout sur l’authenticité de la matière, et cherchait des fournisseurs plus proches, sans se limiter au prix. À ses yeux, l’empreinte n’est pas que carbone, mais environnementale. Et le tissu économique tunisien doit encore être structuré. La traçabilité classique est renforcée par les exigences du CMF, la société étant cotée en Bourse et tenue de matérialiser sa matérialité ESG. Les fournisseurs étant dictés par le groupe, aucun problème culturel ne se pose face aux nouveaux critères, l’image de la franchise de marques premium devant être respectée.

Les actions de la SFBT

Oussama Ghariani, Directeur Supply Chain du Groupe SFBT, a mis en avant la lutte contre les kilomètres à vide, avec des camions et des circuits optimisés. Le groupe privilégie la durabilité à long terme, même quand les camions coûtent plus cher, et dispose de sociétés de transport internes. Les efforts sur la consommation d’énergie et d’eau passent par la maintenance, les processus et la technologie du matériel, et sont menés avec la direction technique du groupe et d’autres cabinets d’études. Un objectif exigeant est fixé à trois ans. Sans communiquer d’indicateur exact, le directeur a évoqué des baisses d’au moins 15 à 18 % par rapport à la consommation passée.

Il affirme que les entreprises tunisiennes en sont à la conformité minimale; alors que l’Europe encourage ses entreprises et que la Chine le fait davantage encore. Il a cité Porsche, qui aurait quitté le pôle ESG de Volkswagen pour s’allier à un partenaire chinois, faute de moyens de relever le défi des émissions de CO2 au sein du groupe allemand.

L’électrification : rentabilité, frein d’infrastructure, mesures publiques

Interrogé sur la rentabilité de l’électrification des véhicules utilitaires, Mohamed Chedli El Fahem, Deputy CEO de BYD Tunisie, l’a jugée très rentable pour les livraisons et les flottes B2B; et ce, à condition que le mix énergétique comporte du renouvelable. La Chine repose désormais à 80 % sur le renouvelable. Tandis que l’Europe exige des produits importés une empreinte carbone maîtrisée. Ce qui pousse les écosystèmes des pays exportateurs, a-t-il précisé.

Sur l’autonomie vers le sud, il a expliqué que les bornes s’installent avec des moyens propres et que l’écosystème n’est pas au top. Selon lui, il manque un cahier des charges incitant à investir dans la production d’énergie et les bornes. Cela constitue donc un frein. Des partenaires pétroliers fournissent l’électricité gratuitement aux clients. Côté public, il a cité des droits de douane ramenés à zéro, une taxe baissée de 19 % à 7 % et une subvention du véhicule électrique de l’ordre de 40 %. Il reste du chemin, notamment pour investir dans l’énergie et la stocker, maillon présenté comme le plus important pour une logistique compétitive et pour faire de la Tunisie une plateforme d’export.

Avant toute vente, BYD propose aux clients B2B un audit du parc, un calcul du coût total de possession (carburant, entretien, taux d’exploitation) et une mesure des émissions de CO2, indicateur suivi par l’entreprise, a-t-il décrit. Le groupe annonce chaque mois, à l’échelle mondiale, les millions de tonnes de CO2 évitées, avec pour vision de faire baisser la température du monde d’un degré. La transition peut être graduelle : pour un périmètre de 200 kilomètres, le Deputy CEO estime que 80 % des flux peuvent être couverts avec des bornes installées sur les lieux de travail et au domicile. Au-delà de 300 kilomètres par jour, BYD conseille pour l’instant l’hybride rechargeable, en attendant que l’infrastructure soit au point. L’électrique fait gagner 80 % du budget énergétique, contre 50 % pour l’hybride rechargeable conclut-il.

L’article ESG et logistique : anticiper ou payer le prix de la conformité est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Mina Achir, la voix de Midnight Pin qui refuse les étiquettes

Cheveux rose vif, voix traversée d’électricité, une salle comble qui ne la lâche pas. À peine descendue de scène, Mina Achir, chanteuse de Midnight Pin, se confie sur la nuit, sur la Palestine, et sur la liberté de ne rien devoir prouver.

Guichets fermés aux Journées musicales de Carthage et voici que le groupe tunisien Midnight Pin poursuit son exploration d’un rock alternatif qui mêle les langues et les influences. Sa vocaliste, Mina Achir, Algérienne installée à Tunis, revient pour l’Économiste Maghrébin sur la naissance de la formation, sur Geno-Suite, sur ses inspirations et sur ses projets.

Bien qu’épuisée, elle accepte de répondre alors que des dizaines de fans l’entourent encore, réclamant selfies et échanges. Quelques instants plus tôt, sur scène, elle semblait en parfaite symbiose avec le public, se livrant sans retenue. Haut noir sans manches, bijoux discrets, carré long à la frange épaisse : une allure sobre dont le rose vif des cheveux fait toute l’expressivité, à l’image de l’univers du groupe.

C’est le 6 octobre, au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture à Tunis, que Midnight Pin a présenté son répertoire. L’aventure remonte à 2014, quand la chanteuse et auteure-compositrice-interprète a fondé le groupe avec le guitariste chanteur Saif Eddine Ncib. D’abord cantonnée aux reprises, la formation s’est peu à peu tournée vers la composition originale. Cette étape a soudé ses membres et leur a permis de porter un message à travers leurs propres morceaux. Un premier album est sorti en 2023, affirmant une identité qui mêle l’arabe et l’anglais. Ce mélange est né naturellement. Seïf écrivait en arabe, littéraire ou en derja, tandis que Mina Achir écrivait en anglais. En confrontant leurs textes, ils ont constaté qu’ils abordaient des thèmes proches depuis des angles complémentaires : la langue comptait moins que le message.

Le nom du groupe prolonge cette démarche. Il naît d’un rapport intime à la nuit et à la musique, perçue comme un moyen d’évasion. Minuit marque aussi un passage entre la nuit et le jour, un commencement comme une fin, une boucle qui reflète la façon dont le groupe conçoit sa musique, sans se laisser enfermer dans un style. Il passe ainsi de la bossa nova au R&B et à d’autres registres, et chaque chanson est pour Mina Achir l’occasion de se redécouvrir.

Geno-Suite, écrire face à ce qui bouleverse

Cette envie de dire ce qui touche les membres du groupe prend un relief particulier dans Geno-Suite, mini-album de quatre titres profondément marqué par ce qui se passe en Palestine. Mina Achir confie avoir été si affectée qu’elle ne pouvait se taire : les quatre chansons sont nées de cette douleur.
Face à l’injustice ou au massacre, elle réagit d’abord en être humain, et l’écriture lui sert à traduire ce qu’elle ressent. À ses yeux, l’alternative n’est pas une obligation idéologique car chacun reste libre de décider ce que sa musique laisse transparaître.

Son oreille s’est formée dans l’enfance, au rythme des goûts de son père, avec Pink Floyd parmi ses premières références, aux côtés d’artistes de la pop et du rock. David Bowie et Jeff Buckley l’ont marquée, tandis que plusieurs groupes rock ont façonné son goût pour les distorsions, l’énergie et les textures sonores. Elle apprécie aussi Gorillaz pour sa façon de créer. Cette richesse irrigue Midnight Pin, pensé comme une création vivante, capable d’évoluer sans se perdre.

Vers un public plus large

Le groupe prépare de nouvelles chansons, dont l’une, au titre évoquant « le néant », a été jouée lors du concert. D’autres festivals tunisiens sont envisagés. Midnight Pin aimerait surtout conquérir un public plus large et, pourquoi pas, se produire à l’étranger pour représenter l’Afrique du Nord.

Mina Achir revendique avec fierté ce statut de groupe nord-africain attaché à ses racines et à son héritage, tout en assumant une musique contemporaine et ouverte. Pour elle, l’enjeu n’est pas de choisir mais de faire dialoguer : les racines et l’ouverture, l’arabe et l’anglais, le rock et ses voisins, l’intime et le monde.

L’article Mina Achir, la voix de Midnight Pin qui refuse les étiquettes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌