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L’essor de l’IA va-t-il creuser les inégalités entre pays, comme le redoute le FMI ?

La Chine, les Etats-Unis et l’Inde se disputent la tête de la course à l’intelligence artificielle ( IA) , au bénéfice de pays exportateurs de technologie comme le Japon, la Corée, Taïwan, le Mexique ou la Malaisie. Mais cette dynamique profite-t-elle à tout le monde ?

Cinq des dix premiers acteurs mondiaux de l’IA sont asiatiques, fournissant microprocesseurs haut de gamme, puces mémoire, équipements de fabrication et robotique. Le matériel dédié à l’IA et les produits technologiques associés représentent désormais plus d’un dixième du commerce mondial de marchandises, une part en constante progression selon Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

Lors de son discours prononcé à Singapour, quelques jours avant l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international à Bangkok, celle-ci a plaidé pour une coopération mondiale accrue dans ce domaine. Sans cela, l’essor de l’IA pourrait exacerber les inégalités entre les différents pays. Un appel qui se heurte toutefois à un obstacle de taille : Donald Trump ne veut pas entendre parler d’une quelconque régulation internationale.

Le FMI estime pourtant que l’IA, si elle est bien mise en oeuvre, pourrait générer au fil du temps jusqu’à un demi-point de pourcentage de croissance mondiale supplémentaire par an. Kristalina Georgieva illustre cette promesse par une comparaison frappante : passer de 3 % à 3,5 % reviendrait à ajouter à l’économie mondiale, sur une décennie, une économie de la taille de l’Asean. Pour tirer parti de ce pouvoir transformateur, elle insiste sur la nécessité de généraliser l’accès à l’IA dans le monde entier, ce qui exige selon elle de la coopération et des garde-fous réglementaires.

Mais ce boom intervient dans un monde où l’énergie est chère, et l’IA accroît un peu plus la demande. Les coûts progressent et entraînent par ricochet ceux des engrais, des denrées alimentaires et des composants industriels essentiels. Cette situation alimente l’inflation tout en freinant la croissance, qui jusqu’ici a plutôt bien résisté aux vents contraires, des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient aux tensions commerciales. L’Asie et l’Europe sont particulièrement touchés.

Résultat : les taux d’intérêt grimpent alors que les finances des gouvernements ne sont pas particulièrement saines. Les rendements des obligations souveraines à 10 ans des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Japon ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis respectivement 2007, 2009 et 1996, gonflant d’autant la facture de la charge de la dette. En France aussi, les taux sont au plus haut depuis 2008. Dans la zone euro, les écarts de rendement par rapport aux Bunds allemands continuent de se creuser, non seulement pour la France et l’Italie, mais aussi, dans une moindre mesure, pour l’Irlande, le Portugal et d’autres pays qui avaient réussi à réduire leur dette et leurs déficits après la crise de la zone euro.

Kristalina Georgieva déplore l’absence d’action décisive dans les économies avancées très endettées, où l’heure devrait selon elle être à des plans crédibles de consolidation budgétaire à moyen terme. Au cours des dix-sept dernières années, les taux d’intérêt sont restés inférieurs aux taux de croissance du PIB, mais ce différentiel est bien moins favorable aujourd’hui, les taux étant désormais supérieurs à la croissance dans les pays européens et aux Etats-Unis. Concrètement, cela signifie que l’accélération de la croissance nécessaire pour réduire le ratio dette publique sur PIB sans effort budgétaire semble hors de portée à court terme.

 

 

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TRIBUNE – De la donnée au crédit : quand la banque tunisienne passe à la précision

Dans une première tribune consacrée au renouvellement du business model bancaire tunisien, nous avons posé un constat simple: le cycle 2026-2030 ne peut être abordé avec les seuls réflexes du modèle bancaire traditionnel.

La banque tunisienne doit désormais développer trois capacités : transformer la technologie en efficacité, la donnée en décision et l’innovation en levier de souveraineté économique.

Dans un deuxième temps, nous avons examiné l’infrastructure nécessaire à cette transformation : désenclaver progressivement les Core Banking Systems par des architectures API-first et faire de la gouvernance de la donnée un enjeu stratégique. Car une banque ne peut prétendre décider plus vite, innover davantage ou mieux financer l’économie tunisienne si son patrimoine informationnel reste fragmenté, difficilement exploitable et insuffisamment gouverné. Mais une question demeure : que faire de cette capacité technologique et informationnelle une fois qu’elle est construite ? La réponse se trouve du côté de l’économie réelle tunisienne.

Le véritable test de la transformation numérique ne sera pas le nombre de plateformes déployées, d’applications développées ou de projets informatiques lancés. Il sera beaucoup plus concret : une PME accède-t-elle plus rapidement au financement ? Un entrepreneur dans une région de l’intérieur peut-il mieux faire reconnaître la viabilité de son projet ? Une banque peut-elle mieux distinguer une entreprise temporairement fragile d’une entreprise structurellement risquée ? Un investissement productif peut-il être identifié plus tôt et accompagné plus efficacement ?

La transformation numérique de la banque ne prendra véritablement son sens que lorsqu’elle permettra de répondre à ces questions. C’est là que se joue le passage de la donnée à la bancabilité.

De la banque de produits à la banque des besoins

Pendant longtemps, la relation bancaire tunisienne a été organisée autour d’une logique relativement simple : segmenter la clientèle, concevoir des produits standardisés et les distribuer à différentes catégories de clients. Cette logique reste nécessaire pour assurer la massification et l’efficacité commerciale. Mais elle montre ses limites lorsqu’il s’agit de financer une économie plus diverse, plus fragmentée et confrontée à des besoins de financement différenciés.

Une PME exportatrice de Bizerte, une entreprise touristique de Djerba, une société industrielle de Sfax, une jeune entreprise technologique du Grand Tunis ou un projet agricole de Kairouan ne présentent ni les mêmes cycles d’activité, ni les mêmes risques, ni les mêmes besoins de trésorerie. Les traiter uniquement à travers quelques catégories standardisées peut conduire à une perte d’information économique. Le modèle numérique permet d’aller plus loin.

L’exploitation maîtrisée des données transactionnelles, financières et relationnelles peut permettre à la banque de mieux comprendre la situation réelle de son client, ses flux, ses cycles d’activité, ses besoins de liquidité, sa capacité d’épargne ou encore les moments où une intervention financière peut être pertinente.

La banque peut alors progressivement passer d’une logique de produit à une logique de besoin. Il ne s’agit pourtant pas de transformer chaque interaction bancaire en opération de ciblage commercial. Une personnalisation réduite à multiplier les sollicitations ou les ventes croisées ne constituerait qu’une sophistication technologique du marketing traditionnel.

La véritable rupture consiste à faire en sorte que l’analyse permette de proposer une réponse financière plus pertinente, au moment où elle devient utile pour le client. Le produit bancaire devient ainsi progressivement la conséquence de l’analyse plutôt que son point de départ.

Pour un particulier, cela peut signifier une combinaison plus cohérente entre épargne, financement, paiement et prévoyance. Pour une PME, cela peut conduire à une proposition articulant financement du cycle d’exploitation, investissement, trésorerie, paiement ou couverture des risques. Mais cette personnalisation suppose une condition préalable : connaître suffisamment bien le client sans franchir la frontière entre connaissance utile et surveillance excessive. La valeur de la donnée bancaire ne peut donc être dissociée de la confiance qui autorise son utilisation.

La bancabilité devient une capacité à construire

C’est ici que le débat tunisien sur le financement des PME doit changer de perspective. Le problème ne se résume pas à l’existence ou non de ressources financières. Il existe en amont un autre enjeu : celui de la transformation d’une idée, d’une activité ou d’un projet en une proposition suffisamment structurée pour être analysée par un financeur.

La question est particulièrement sensible pour les PME, les jeunes entreprises et les projets situés dans les régions de l’intérieur. Une activité peut être économiquement viable sans disposer immédiatement de l’ensemble des informations, historiques et indicateurs attendus par un financeur. À l’inverse, un dossier parfaitement présenté ne garantit évidemment pas la viabilité économique du projet.

Entre les deux se trouve un espace d’ingénierie encore insuffisamment exploité : celui de la construction de la bancabilité. L’expérience tunisienne récente autour de l’accès des PME à des financements adaptés rappelle à cet égard une réalité fondamentale : entre le projet et le financement, il existe une chaîne d’ingénierie.

La banque tunisienne peut avoir un rôle beaucoup plus important à jouer dans cette chaîne. Cela ne signifie évidemment pas qu’un algorithme pourrait décréter qu’un projet est « bancable ». La bancabilité demeure une appréciation financière, économique et humaine. La donnée peut réduire l’incertitude ; elle ne supprime ni le risque ni le besoin de jugement. Mieux connaître n’est pas garantir. Mieux scorer n’est pas décider seul. Et mieux analyser ne signifie pas financer sans discernement. L’enjeu est de rendre la décision plus informée, plus rapide et plus traçable.

La donnée comme infrastructure de bancabilité

C’est ici que les deux premières transformations – architecture et donnée – trouvent leur justification économique. Une banque tunisienne disposant de données fiables, réconciliées, accessibles et gouvernées peut progressivement construire des modèles permettant de mieux apprécier la réalité économique de ses clients. Pour une PME, cela peut signifier une lecture plus dynamique des flux, des encaissements, des paiements, des cycles d’exploitation, de la saisonnalité ou des besoins de trésorerie. Cela peut aussi permettre de mieux distinguer deux situations souvent confondues : l’absence d’information et l’absence de capacité de remboursement. Cette distinction est essentielle.

Une entreprise peut être difficile à évaluer parce que son information est incomplète, sans être nécessairement économiquement fragile. À l’inverse, une information abondante ne transforme pas un modèle économique fragile en projet viable. La donnée ne remplace donc ni l’analyse humaine, ni l’étude du projet, ni la connaissance du terrain. Elle permet en revanche d’enrichir considérablement cette analyse. Que se passe-t-il lorsque la donnée elle-même est incomplète, ancienne ou erronée ?

La réponse ne peut pas être de demander davantage de données à tout prix. Elle doit commencer par leur gouvernance : qualité, origine, réconciliation, traçabilité, mise à jour et contrôle des usages. Un modèle sophistiqué alimenté par une donnée médiocre ne produit pas une décision intelligente ; il industrialise simplement l’erreur. Pour les banques tunisiennes, la qualité de la donnée doit donc devenir un chantier aussi important que sa quantité.

La bancabilité cesse alors d’être uniquement un état présenté par le demandeur de crédit. Elle devient aussi une capacité que la banque peut contribuer à construire. Cette évolution est particulièrement importante pour les jeunes entreprises, les entrepreneurs des régions et les PME dont l’activité économique est réelle mais dont la capacité à produire une information financière immédiatement exploitable demeure limitée. Mais la technologie ne doit pas créer une nouvelle fracture. Une PME peu digitalisée ne doit pas devenir automatiquement une PME mal financée.

L’enjeu consiste précisément à croiser les sources d’information disponibles, à accompagner la formalisation et à conserver une capacité d’analyse humaine pour les situations que les modèles statistiques appréhendent mal. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de financer davantage. Il est de mieux identifier ce qui mérite de l’être et de mieux accompagner ce qui doit encore devenir finançable.

Vers la « banque de précision »

Cette transformation ouvre une nouvelle perspective sur le business model bancaire tunisien. Après la banque de masse et la segmentation traditionnelle, l’étape suivante pourrait être celle d’une banque capable de construire une proposition de valeur presque individualisée.

Une banque de précision ne signifie pas une banque qui surveille davantage ses clients. Elle signifie une banque qui exploite mieux, et de manière responsable, l’information dont elle dispose pour répondre plus précisément à leurs besoins. Pour le client, cette évolution pourrait se traduire par une relation moins fondée sur le catalogue de produits et davantage sur la résolution de situations financières concrètes.

Pour une PME, elle pourrait permettre de passer d’une offre standard de crédit à une véritable ingénierie financière : financement du besoin en fonds de roulement, investissement, trésorerie, paiements, accompagnement de la croissance ou couverture des risques. Mais cette ambition comporte un risque évident : celui de transformer la personnalisation en automatisation intégrale. Or, un client n’est pas la somme de ses transactions.

Un entrepreneur peut traverser une phase exceptionnelle. Une entreprise touristique peut connaître une forte saisonnalité. Une exploitation agricole dépendre d’un cycle climatique. Une activité industrielle être affectée temporairement par un choc externe. Une PME exportatrice subir une variation de ses marchés.

Un historique de données reflète le passé ; il ne préjuge pas mécaniquement de l’avenir. La banque de précision doit donc être une banque augmentée par la donnée, et non une banque remplacée par l’algorithme. L’intelligence artificielle peut détecter, rapprocher, prédire et alerter. Elle doit cependant rester inscrite dans une chaîne de décision gouvernée et responsable, particulièrement lorsque l’accès au financement est en jeu.

Valoriser la donnée sans vendre le client

La question de la valorisation de la donnée mérite également d’être précisée. La valorisation ne doit pas être comprise comme la vente des données personnelles des clients. La véritable valeur économique se situe d’abord dans la capacité de la donnée à produire de l’intelligence et de nouveaux services.

La chaîne de valeur pourrait être résumée ainsi : Donnée → connaissance → personnalisation → décision → valeur.

Une banque tunisienne peut valoriser sa donnée en améliorant ses décisions de crédit, en réduisant ses coûts opérationnels, en détectant plus rapidement les risques, en personnalisant ses offres ou en développant de nouveaux services à valeur ajoutée.

Dans les cadres juridiquement autorisés, des données correctement anonymisées ou agrégées peuvent également contribuer à construire des services analytiques destinés aux entreprises et aux écosystèmes économiques.

La question stratégique n’est donc pas : « Combien vaut notre base de données ? » Elle est plutôt : « Combien de valeur économique sommes-nous capables de créer à partir de données fiables, gouvernées et utilisées de manière responsable ? »

La monétisation ne constitue ainsi qu’une modalité éventuelle de la valorisation. Dans de nombreux cas, la valeur la plus importante sera indirecte : une meilleure décision de crédit, un meilleur accompagnement, une diminution des coûts, une réduction du risque ou une expérience client réellement utile. Autrement dit, la banque peut valoriser économiquement la donnée sans faire de la donnée personnelle elle-même une marchandise.

De l’intelligence client à l’intelligence économique

La transformation peut encore aller plus loin. Une banque dispose d’une vision privilégiée des flux économiques : entreprises, ménages, secteurs, territoires, investissement, consommation et commerce.

En Tunisie, cette capacité d’observation prend une importance particulière dans un contexte où la réduction de l’informalité, l’amélioration du financement de l’investissement productif, le développement régional et la meilleure orientation de l’épargne constituent des enjeux économiques majeurs. Une fois agrégée, anonymisée et correctement gouvernée, l’information bancaire peut contribuer à produire une forme d’intelligence économique utile à l’écosystème.

La banque pourrait ainsi progressivement devenir non seulement un intermédiaire financier, mais également une infrastructure d’information économique. Elle pourrait mieux identifier les secteurs en croissance, les besoins de financement émergents, les tensions de trésorerie, les opportunités régionales et les chaînes de valeur insuffisamment financées. Cette capacité peut contribuer à l’exécution du Plan de Développement 2026-2030.

Car un plan de développement ne se finance pas uniquement par des enveloppes budgétaires. Il nécessite aussi la capacité du système financier à identifier, sélectionner, accompagner et suivre les projets qui doivent transformer les orientations publiques en activité économique.

La donnée bancaire peut contribuer à cette chaîne d’exécution. Mais cette intelligence économique ne doit pas être confondue avec une prétention à tout prévoir. Les données bancaires décrivent une partie de l’économie ; elles n’en constituent pas une représentation exhaustive. Le véritable progrès ne consiste donc pas à faire parler davantage les données, mais à leur faire dire quelque chose de suffisamment fiable pour améliorer une décision réelle.

La personnalisation ne doit pas devenir une nouvelle discrimination

Si les modèles deviennent capables de différencier toujours plus finement les clients, une autre question apparaît : comment éviter que cette précision ne produise des exclusions invisibles ? Un modèle peut reproduire les biais contenus dans les données qui l’alimentent. Une décision statistiquement cohérente peut donc devenir économiquement contestable si elle pénalise systématiquement certaines catégories de clients ou certains territoires. La réponse réside dans la gouvernance : qualité des données, tests de biais, explicabilité, auditabilité, supervision humaine, traçabilité des décisions et possibilité de réexamen.

La banque de précision doit ainsi être aussi une banque de responsabilité. La technologie ne doit pas renforcer mécaniquement les asymétries existantes ; elle doit contribuer à les réduire.

Une transformation progressive et mesurable

Toutes les banques tunisiennes disposent-elles des moyens financiers, humains et technologiques nécessaires ? La réponse ne peut certainement pas être un appel à multiplier les grands projets informatiques. Le risque serait de remplacer une dette technologique par une nouvelle accumulation de projets complexes, coûteux et difficilement maîtrisables. La transformation doit donc être progressive, modulaire et orientée vers des résultats mesurables.

Il ne s’agit pas de construire immédiatement la banque parfaite. Il s’agit de commencer par les cas d’usage où la donnée et l’automatisation produisent une valeur démontrable : réduction des délais de crédit, amélioration de la qualité des données, détection précoce des risques, automatisation de certaines tâches, meilleure connaissance des PME ou personnalisation de services réellement utiles.

L’approche API-first défendue dans la deuxième tribune prend ici tout son sens : elle permet d’ajouter progressivement des capacités sans imposer nécessairement une reconstruction totale du système bancaire. La transformation devient alors un processus d’ingénierie plutôt qu’un grand soir technologique.

De l’intelligence client à la souveraineté économique

Plus la banque tunisienne s’appuie sur la donnée et l’intelligence artificielle, plus les exigences de gouvernance deviennent importantes. La qualité des données, leur sécurité, leur confidentialité, la maîtrise des fournisseurs technologiques, l’explicabilité des modèles et la capacité à auditer les décisions deviennent des conditions de confiance. La souveraineté numérique ne consiste toutefois pas à tout produire localement. Elle consiste à conserver la capacité de comprendre, contrôler, auditer, reverser et sécuriser les fonctions critiques.

Pour la place bancaire tunisienne, cette question dépasse donc largement le périmètre des directions informatiques. La maîtrise des données financières, des architectures, des contrats technologiques, des compétences et des fonctions critiques participe directement à la capacité du système financier à accompagner les choix économiques du pays.

Une banque qui dépend d’une technologie externe mais conserve la maîtrise de ses données, de ses architectures, de ses contrats, de ses modèles et de ses compétences n’est pas dans la même situation qu’une banque qui externalise progressivement sa capacité de décision. La souveraineté devient ainsi une question de maîtrise des dépendances, autant que de localisation des infrastructures.

Le véritable test du cycle 2026-2030

Le cycle 2026-2030 offre ainsi au secteur bancaire tunisien une occasion de dépasser la seule transformation numérique. Le véritable objectif n’est pas d’avoir davantage d’applications, davantage de données ou davantage d’intelligence artificielle.

Il est de construire une chaîne cohérente : une infrastructure ouverte, une donnée gouvernée, une intelligence maîtrisée, une connaissance plus fine des clients, des produits mieux adaptés et un financement mieux orienté vers l’économie réelle.

C’est cette chaîne qui permettra de passer de la banque qui traite des transactions à la banque qui comprend les trajectoires économiques. Et c’est également à cette aune que devrait être mesurée la réussite de la transformation bancaire : non seulement par le nombre de projets numériques réalisés, mais par ce qu’ils permettent réellement d’améliorer.

Combien de temps avons-nous gagné dans l’accès au financement ? Combien de projets économiquement viables avons-nous réussi à rendre bancables ? Combien de PME avons-nous mieux accompagnées ? Combien d’entreprises des régions avons-nous réussi à mieux intégrer aux circuits de financement ? Combien de risques avons-nous mieux anticipés ? Combien de ressources avons-nous orientées vers l’investissement productif ?

Et surtout : quelle part de la transformation numérique se traduit réellement par une meilleure exécution des priorités économiques du pays ? La question centrale n’est finalement pas de savoir si la banque tunisienne sera numérique. Elle le sera. La véritable question est de savoir si elle saura transformer cette puissance numérique en intelligence financière, cette intelligence en propositions de valeur individualisées, et cette capacité d’analyse en financement concret de l’économie réelle.

Après avoir repensé son business model et modernisé son infrastructure, la banque tunisienne doit désormais franchir un troisième seuil : faire de la donnée non seulement un actif stratégique, mais un moteur de bancabilité, de création de valeur et de souveraineté économique.

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Maroc-Israël : les industriels de la défense renforcent leurs liens

La participation officielle d’Israël au « Marrakech Air Show 2026 » marque une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Rabat et Tel-Aviv. Huit entreprises israéliennes présentent leurs technologies de défense, tandis que des perspectives de partenariats industriels et de production locale sont évoquées.

L’industrie de défense israélienne fait son entrée officielle au Marrakech Air Show. Du 7 au 10 octobre, le salon aéronautique accueille pour la première fois un pavillon national israélien, accompagné d’une délégation de huit entreprises spécialisées dans les technologies militaires. Cette présence illustre l’approfondissement des relations sécuritaires et industrielles entre le Maroc et Israël, dont les relations diplomatiques ont été rétablies en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham.

La délégation israélienne est conduite par la direction de la coopération internationale de défense du ministère de la Défense, connue sous le nom de SIBAT. Parmi les participants figurent trois grands groupes du secteur : Elbit Systems, Israel Aerospace Industries (IAI) et Rafael Advanced Defense Systems…

Vers une production locale au Maroc

Au-delà de la présentation de matériels militaires, la coopération pourrait prendre une dimension industrielle plus importante. Des responsables du secteur ont évoqué des possibilités de fabrication locale, de développement conjoint de technologies et de transfert de savoir-faire. Cette orientation rejoint la stratégie marocaine visant à développer une industrie nationale de défense et à réduire progressivement sa dépendance aux importations. Le pays cherche à attirer des partenaires étrangers capables d’apporter des technologies, des compétences techniques et des capacités de production.

Le groupe Moroccan Military Industry (MMI), lié selon les informations disponibles à l’entreprise israélienne Elbit Systems, illustre déjà cette évolution. Il prévoit notamment de commencer en mars 2027 les livraisons de tourelles destinées à des véhicules blindés.

Un partenariat à dimension stratégique

La présence israélienne à Marrakech intervient dans un contexte d’élargissement des relations bilatérales, qui englobent désormais la coopération militaire, les échanges technologiques et les perspectives d’investissements industriels. Pour les entreprises israéliennes, le marché marocain constitue un débouché potentiel vers l’Afrique et d’autres marchés régionaux. Pour Rabat, les partenariats étrangers peuvent contribuer à renforcer les capacités nationales dans les systèmes de défense, les équipements autonomes et les technologies avancées.

Cette dynamique soulève également des enjeux politiques, compte tenu des critiques visant les exportations d’armements israéliens et du contexte régional. Elle confirme néanmoins que la relation entre Rabat et Tel-Aviv dépasse progressivement le cadre diplomatique pour prendre une dimension industrielle et technologique.

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Djerba: Pierre Gassin clôt sa tétralogie photographique avec « RÉSILIENCE(S) »

L’Alliance Française de Djerba accueille, du 14 octobre au 29 novembre, 30 tirages en noir et blanc du photographe installé à Kerkennah. Une seconde étape, ouverte à deux peintres de l’île, suivra en décembre.

Le photographe Pierre Gassin présente à l’Alliance Française de Djerba, du 14 octobre au 29 novembre 2026, RÉSILIENCE(S), une série de 30 photographies en noir et blanc. Le vernissage aura lieu mercredi 14 octobre, de 18h à 20h. L’exposition, qui porte le sous-titre « Quelques gouttes de bonheur pour un océan de vie », est le quatrième et dernier volet d’Archéologie du présent, tétralogie que l’artiste mène depuis plusieurs années sur le Sud tunisien.

Le vivant plutôt que les ruines

Les images de Pierre Gassin montrent des enfants qui plongent, un cheval qu’on baigne en fin de journée, des voiles latines qui se croisent. Le photographe, qui vit à Kerkennah, les a prises à hauteur d’eau, à travers des scènes de vie quotidienne, populaires et partagées. Le propos : vivre coûte que coûte, choisir ses valeurs pour avancer avec sérénité, renouer avec un art de vivre ancestral.

Ce volet referme un cycle dont chaque étape avait son thème. Embarquement Sfax explorait la mémoire de la pierre et de l’eau, Cercinae la lumière et les voiles latines, Berbérités les fondations du monde berbère. Avec RÉSILIENCE(S), Pierre Gassin change d’approche, selon le communiqué de l’exposition : il laisse les ruines pour s’intéresser à la mémoire du vivant.

Un second acte avec deux peintres kerkenniens

L’exposition se prolonge du 2 décembre 2026 au 10 janvier 2027 avec Correspondances Insulaires. Pierre Gassin y présente une sélection resserrée de ses photographies et invite deux artistes de Kerkennah, Souheila Arous et Salah Ben Amor, à répondre à son travail par la peinture. Les organisateurs annoncent un dossier plus complet sur cette seconde étape.

Un parcours entre Paris et la Tunisie

Pierre Gassin a enseigné à l’université Paris VIII et dirigé pendant 22 ans IRIS, centre de formation professionnelle et galerie d’art à Paris. Il s’installe ensuite en Tunisie, où il passe huit ans à Sfax. Il y crée le Palais de la Photographie, dans le cadre de « Sfax, capitale de la culture arabe », et dirige des expositions collectives avec de jeunes photographes, dont Demain (2016) et Vestiges & Traces, présentée à la cathédrale de Sfax avec six artistes en résidence. Il réalise par ailleurs 90 % des photographies du magazine 1001 Tunisie.

Ses expositions personnelles se sont tenues à Sfax, Carthage, La Manouba et Ramla, ainsi qu’aux Rencontres internationales de Ghar el Melh en 2025. L’Alliance Française de Djerba avait déjà accueilli Berbérités à l’automne 2025. Photographe conventionné par l’AMVPPC, il préside l’association Centre Photographique du Maghreb et a ouvert la Galerie Gassin à Kerkennah en novembre 2023.

Il a également signé les photographies de Felouques, recueil de poèmes d’Ahlem Ghayaza (Éditions 55 et Orients Éditions, avec le concours de l’Institut Français de Tunisie), et de Dar & Borj, ouvrage de 300 pages piloté par Aida Zahaf (Med Ali Édition). Tunisiennes et Saveurs des Terroirs et Infiniment Khroumirie sont en cours de réédition. Ses sites pierregassin.com et pierokif.com viennent d’être lancés.

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Le dollar canadien chute après des pertes d’emplois surprises

Le dollar canadien s’est affaibli après une baisse inattendue et marquée de l’emploi, qui a renforcé les inquiétudes concernant l’économie du pays et réduit les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada ce mois-ci.

Le dollar américain s’échangeait à environ 1,4280 dollar canadien, en hausse de 0,37%, selon le dernier instantané de marché ‘Invest’ disponible vendredi 9 octobre. L’économie du Canada a perdu 68 300 emplois en septembre, selon Statistique Canada, dépassant largement les prévisions des économistes qui tablaient sur un gain de 9 200 postes. Ce recul fait suite à une perte de 41 700 emplois en août… Le taux de chômage est passé de 6,4 à 6,5%.

Ce rapport a compliqué les perspectives de politique monétaire de la Banque du Canada à l’approche de sa réunion du 28 octobre. Un marché du travail en détérioration pourrait dissuader les décideurs d’augmenter les taux d’intérêt, même si les risques persistants d’inflation et la hausse des prix de l’énergie demeurent des préoccupations. Les investisseurs chercheront à déterminer si ce recul de l’emploi signale une dégradation plus large de la dynamique économique.

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Tunisie-Canada : la Conect mise sur l’aéronautique et l’innovation pour dynamiser la coopération économique

L’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Kofi Bilodeau, accompagné du conseiller commercial de l’ambassade, François Lasalle, a été reçu, le vendredi 9 octobre 2026, au siège de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). La délégation canadienne a été accueillie par le président de la Conect, Aslan Berjeb, le président de Conect International, Tarek Cherif, et la présidente du groupement professionnel « Innovation Act », Mariem Abdeljawed.

Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives de renforcement de la coopération économique entre la Tunisie et le Canada, ainsi que les opportunités de partenariat et d’investissement susceptibles d’être développées entre les entreprises des deux pays. Les échanges ont porté notamment sur l’aéronautique et l’innovation, deux secteurs identifiés comme porteurs de fort potentiel de collaboration. Les deux parties ont également évoqué d’autres domaines d’activité où les complémentarités entre opérateurs tunisiens et canadiens pourraient être valorisées.

L’accent a été mis sur la nécessité de consolider les liens entre les acteurs économiques des deux pays, de faciliter la mise en relation des entreprises et d’encourager l’émergence de nouveaux projets d’affaires.

Des secteurs à fort potentiel

Le secteur aéronautique figure parmi les créneaux prometteurs de la coopération tuniso-canadienne. Le Canada dispose d’une industrie aérospatiale développée, tandis que la Tunisie s’est progressivement imposée comme une plateforme régionale pour certaines activités industrielles et de services liées à ce secteur.

L’innovation constitue l’autre axe majeur des discussions. À travers son groupement professionnel « Innovation Act », la Conect entend accompagner le développement de l’écosystème technologique tunisien et favoriser les partenariats entre startups, entreprises, centres de recherche et investisseurs.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique entre Tunis et Ottawa. Les relations commerciales entre les deux pays concernent notamment l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, l’éducation, la formation professionnelle et l’aérospatiale.

Vers de nouvelles opportunités d’affaires

Pour la Conect, l’objectif est de transformer ces échanges en opportunités concrètes de coopération, en identifiant des projets communs et en facilitant l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés canadiens, ainsi que l’implantation d’entreprises canadiennes en Tunisie.

Cette rencontre entre la Conect et la représentation diplomatique canadienne ouvre ainsi la voie à une coopération plus structurée, axée sur l’innovation, l’industrie et le développement de partenariats d’affaires durables entre les opérateurs des deux pays.

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Zied Dabbar : « Libérez les journalistes et mettez fin aux poursuites »

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a appelé à la libération immédiate des journalistes détenus et à l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels des médias.

Lors de l’ouverture du septième congrès du SNJT, il a dressé un constat préoccupant de la situation de la presse en Tunisie, évoquant des journalistes emprisonnés, d’autres confrontés à des condamnations judiciaires et certains contraints de quitter le pays.

Zied Dabbar a notamment demandé la libération de Mourad Zeghidi, Zied El Heni, Mohamed Youssefi et Borhen Bsaies. Il a également exprimé son soutien aux familles des journalistes détenus, soulignant les souffrances liées à l’attente et à l’incertitude.

Le président du syndicat a assuré que le SNJT continuerait à défendre ses membres, quelles que soient les circonstances. Il a également insisté sur l’importance de préserver l’indépendance du syndicat, tout en renforçant les alliances avec les organisations nationales, les syndicats et les associations de défense des droits humains.

Selon lui, la liberté de la presse constitue un droit de la société et non un privilège réservé aux journalistes. Il a rappelé que l’indépendance des médias repose notamment sur celle des journalistes, qui nécessite la garantie de leurs droits professionnels et sociaux ainsi que des conditions de travail au sein d’organisations médiatiques viables.

En conclusion, Zied Dabbar a réaffirmé la volonté du SNJT de rester un espace ouvert à la diversité des opinions et de poursuivre son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la dignité des journalistes, indépendamment des changements de direction et des échéances syndicales.

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Assurance : le Lloyd Tunisien encaisse 236,1 MDT de primes

 Le Lloyd Tunisien a porté ses primes acquises non-vie à 236,1 millions de dinars en 2025, mais son résultat net passe de 8,4 à 7,3 millions de dinars. Les comptes seront soumis à l’assemblée générale ordinaire du 13 octobre 2026. Deux contrôles fiscaux sont en cours.

Hausse de l’activité, repli du bénéfice. Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 par la Société Tunisienne d’Assurances « Lloyd Tunisien » affichent des primes acquises non-vie de 236,1 millions de dinars, contre 207,3 millions un an plus tôt. Le résultat des activités ordinaires s’établit à 7,8 millions de dinars, contre 8,9 millions. Après un impôt de 0,55 million, le résultat net ressort à 7,3 millions.

La branche automobile pèse 137,5 millions de dinars de primes nettes, contre 118,3 millions (+16 %). L’incendie bondit de 36 % et la grêle de 65 %. La branche groupe gagne 6 %, tandis que les risques divers et le transport reculent chacun de 2 %. En assurance vie, les primes acquises atteignent 3 millions de dinars, soit 21 % de plus qu’en 2024. Les sinistres réglés augmentent de près de 17 %, à 134 millions de dinars. La charge de sinistres non-vie progresse de près de 18 %, à 152,5 millions, et celle de l’assurance vie de plus de 30 %.

Un résultat technique non-vie en forte baisse

Le résultat technique non-vie tombe à 1,5 million de dinars, contre 4,4 millions en 2024. Le résultat technique vie monte à 1,2 million, contre 0,7 million. Les produits des placements s’élèvent à 36,3 millions de dinars (28 millions en 2024), pour des charges de 15,5 millions (12,4 millions).

Le total du bilan passe de 586,4 à 639,8 millions de dinars. Les placements nets atteignent 286,8 millions, soit 39,4 millions de plus. Les capitaux propres avant affectation reculent de 100,7 à 83 millions de dinars, les autres capitaux propres tombant de 22,5 à 5 millions. Les autres dettes grimpent de 109,7 à 164,1 millions, dont un compte courant d’associé de CFI de 62,5 millions, contre 48 millions.

La trésorerie de clôture est de 12,4 millions de dinars, contre 19 millions en 2024, soit une baisse de 6,6 millions. Le flux d’exploitation monte de 1,9 à 9,7 millions. Le flux de financement devient négatif, à 15,5 millions, après 11,3 millions en 2024. Il intègre 7,4 millions de dinars de dividendes et autres distributions, contre 0,08 million un an plus tôt.

 

 

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La Tunisie parmi les pays prioritaires de la coopération espagnole

La Tunisie figure parmi les pays prioritaires du sixième Plan directeur de coopération de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement. Cette orientation ouvre de nouvelles perspectives de partenariat entre les deux pays, notamment dans le développement durable, la transition écologique et l’inclusion économique et sociale.

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a salué cette décision lors d’une cérémonie organisée vendredi soir à l’occasion de la fête nationale espagnole, soulignant le potentiel de développement des relations bilatérales.

L’Espagne occupe la quatrième place parmi les partenaires commerciaux de la Tunisie au sein de l’Union européenne, ainsi que parmi les investisseurs étrangers dans le pays. Le ministre a appelé à mieux exploiter ces atouts afin de renforcer et de diversifier les échanges économiques et commerciaux.

Il a également insisté sur l’importance de consolider les liens entre les secteurs privés des deux pays, notamment à travers le Conseil d’affaires tuniso-espagnol et la Chambre tuniso-espagnole de commerce et d’industrie, ainsi que d’explorer les possibilités offertes par les initiatives espagnoles destinées à l’Afrique et au monde arabe.

Les perspectives de coopération concernent également la gestion des ressources en eau, l’agriculture face aux défis climatiques, le tourisme durable et la valorisation du patrimoine. Le ministre a enfin souligné l’intérêt de renforcer les échanges universitaires, de faciliter la mobilité étudiante et de mobiliser les compétences tunisiennes établies en Espagne, notamment dans les technologies de l’information, l’intelligence artificielle, la recherche scientifique et les énergies durables.

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Classement mondial des géoscientifiques : un trio tunisien se distingue en 2026

Le professeur Younes Hamed, de la Faculté des sciences de Gafsa, domine le classement national Top 1000 Scholar 2026 en géologie et géophysique (2021-2025). Hakim Gabtni et Mohamed Soussi complètent le podium, classés 38e et 39e mondiaux.

Le classement international Top 1000 Scholar, qui porte sur la période 2021-2025, a livré son verdict pour l’année 2026 : trois chercheurs tunisiens figurent aux premiers rangs nationaux dans la catégorie des études géologiques et géophysiques. Cette liste évalue un millier de scientifiques à l’échelle mondiale.

Younes Hamed, professeur à la Faculté des sciences de Gafsa, occupe la première position nationale. Il devance Hakim Gabtni, du Centre de recherches et des technologies des eaux, classé deuxième au niveau national et 38e mondial. Mohamed Soussi, professeur de géologie à l’Université de Tunis El Manar, prend la troisième place nationale et le 39e rang mondial.

La présence de ces trois spécialistes parmi les quarante premiers mondiaux met en lumière la contribution des compétences tunisiennes au développement des sciences de la Terre, en particulier dans le domaine des ressources en eau souterraine. Elle illustre aussi le rôle des institutions académiques tunisiennes et du Centre de recherches et des technologies des eaux dans l’accompagnement de la recherche scientifique et le renforcement de son rayonnement international.

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Tunisie : les dépenses publiques appelées à changer de priorité

La Tunisie entend réorienter ses dépenses publiques vers les secteurs prioritaires et les activités les plus rentables, dans le cadre des réformes engagées par le ministère des Finances pour améliorer l’efficacité de la gestion budgétaire.

Cette orientation a été annoncée par le chef de cabinet du ministère des Finances, Zouhaier Attallah, lors du quatrième Forum financier arabe de la distinction de Sharjah en finances publiques, organisé les 6 et 7 octobre à Tunis, sur le thème de la résilience financière et de la durabilité budgétaire.

S’exprimant au nom de la ministre des Finances, Mechket Salama Khaldi, le responsable a souligné que la Tunisie était parvenue à résister aux crises sanitaires, aux catastrophes naturelles et aux turbulences internationales, tout en maintenant une croissance positive et en contenant l’inflation, le déficit et l’endettement à des niveaux jugés acceptables.

Le ministère entend poursuivre ses réformes à court et à moyen terme, notamment à travers le renforcement de la bonne gouvernance, l’amélioration de la transparence et de l’efficacité des politiques publiques, ainsi que la consolidation des principes de responsabilité et de reddition des comptes dans la gestion des deniers publics.

Organisé en partenariat avec l’Organisation arabe pour le développement administratif et le Département central des finances de Sharjah, le forum a également permis d’échanger sur les expériences arabes en matière de gestion financière et de transformation numérique.

En marge de cette rencontre, des ateliers consacrés à la quatrième édition de la distinction de Sharjah en finances publiques pour le cycle 2026-2027 ont présenté les catégories du prix, les critères d’évaluation et les modalités de candidature

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Golfe du Mexique : 72 % de la production pétrolière gelée en raison de l’ouragan Isaias

Les compagnies énergétiques américaines s’orientent vers une suspension généralisée de la production de pétrole et de gaz dans le golfe du Mexique, alors que l’ouragan Isaias se dirige vers les côtes de Floride.

Plus précisément, les producteurs ont cessé vendredi 9 octobre de pomper environ 1,5 million de barils de pétrole et 1,3 milliard de pieds cubes de gaz naturel par jour, contre. Selon le Bureau américain de la sécurité et de l’application des réglementations environnementales/Administration des minéraux marins, ces quantités représentent près de 72 % de la production pétrolière et 59 % de la production de gaz naturel dans le golfe du Mexique.

Dans le même temps, les autorités ont évacué le personnel de 129 plateformes de production — un nombre correspondant à 35 % du total des 371 installations habitées de la région — ainsi que de huit foreuses flottantes à position fixe.

Le secteur offshore fédéral du golfe du Mexique produit environ 2 millions de barils de pétrole (environ 15 % de la production nationale totale des États-Unis) et une moyenne de 2,1 milliards de pieds cubes de gaz naturel par jour, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Isaias, le premier ouragan de la saison 2026 dans l’Atlantique, s’est intensifié en catégorie 3 et se déplace vers le nord-nord-est. Le Centre national des ouragans (NHC) prévoit que le phénomène devrait s’affaiblir une fois qu’il aura touché terre.

L’ouragan pourrait affecter la production pétrolière du golfe du Mexique à hauteur d’environ 7,2 millions de barils, selon le cabinet de conseil Earth Science Associates. Ce dernier a revu à la baisse ses prévisions initiales, qui tablaient sur 9 millions de barils, suite au déplacement de la trajectoire de la tempête plus à l’est.

D’après le modèle des sciences de la Terre, les entreprises les plus exposées à ce phénomène sont BP, Chevron, ENI, Murphy Oil et Shell. Shell a annoncé jeudi soir avoir terminé l’évacuation des installations d’Appomattox, Mars, Ursa, Olympus et Vito, tout en maintenant la production à l’arrêt sur les quatre dernières. De son côté, Chevron a évacué la majeure partie de son personnel du golfe du Mexique, conservant quatre plateformes opérationnelles et suspendant l’activité sur les cinq autres.

« Sur nos installations terrestres, nous continuons à mettre en œuvre les protocoles établis de préparation aux tempêtes et nous surveillons de près la trajectoire prévue de l’ouragan », a déclaré Chevron dans un communiqué vendredi.

Par ailleurs, le cabinet d’analyse Energy Aspects estime que des raffineries d’une capacité totale d’environ 500 000 barils par jour se trouvent sur la trajectoire des intempéries, notamment les installations de Pascagoula, dans le Mississippi.

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La CPI dans le viseur de Washington, Trump à la manœuvre ?

Le gouvernement américain a annoncé, vendredi 9 octobre, des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), et ce, quelques heures après que l’ancienne juge sud-africaine, Navi Pillay, a été récompensée du prix Nobel de la paix. Une simple coïncidence ?

 

De toute évidence, le président américain a du mal à accepter que le prix Nobel de la paix lui passe une fois encore sous le nez. Comme l’an dernier, Donald Trump – qui aura déclenché une guerre contre l’Iran et fait capturer le président du Venezuela, Nicolas Maduro, par les forces spéciales américaines, a une nouvelle fois assuré qu’il méritait la distinction « pour avoir réglé huit conflits », un chiffre largement fantaisiste – s’est indigné vendredi de n’avoir pas reçu le prix Nobel de la paix, en disant qu’il n’avait « jamais entendu parler » de la lauréate annoncée plus tôt dans la journée, en l’occurrence Navi Pillay.

« Les États-Unis, représentés par moi-même, votre président, auraient dû recevoir le prix Nobel de la paix, mais cela n’a pas été le cas », a dit le président américain pendant un meeting à Syracuse (nord-est des États-Unis). « C’est une tache indélébile sur la Norvège et les gens qui ont pris cette décision honteuse et embarrassante. Le prix Nobel de la paix a été discrédité à jamais par une poignée d’idéologues radicaux qui sont contre la démocratie et qui sont en réalité des ennemis de la civilisation », a-t-il ajouté.

En effet, à peine quelques heures de l’attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay, figure emblématique de la lutte contre l’apartheid et juriste sud-africaine ayant présidé la commission d’enquête de l’Onu sur Gaza qui a conclu l’année dernière qu’Israël avait commis un génocide à travers le territoire palestinien occupé, les États-Unis viennent d’imposer des sanctions à la Cour pénale internationale. Et ce, dans un contexte de pression accrue de Donald Trump sur la Cour, après que celle-ci a émis en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour « des crimes de guerre à Gaza ».

« L’Histoire jugera ce moment »

En réponse, la Cour pénale internationale, créée en 2002 pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide, et qui compte 125 États membres à l’exception des États-Unis et d’Israël, a vivement rejeté les sanctions, les qualifiant « d’attaque contre l’État de droit et les fondements mêmes de l’ordre juridique international » et a averti que « l’Histoire jugera ce moment ».

Réaction immédiate de la part du Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, dans un communiqué : « Ces sanctions – les dernières en date d’une série de mesures de représailles contre la CPI et son personnel pour le travail qu’ils accomplissent chaque jour afin de faire progresser l’obligation de rendre des comptes pour les violations les plus graves des droits de l’homme – sont inacceptables ».

Pour sa part, l’Union européenne a déploré des sanctions « profondément regrettables », se disant « prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail », a indiqué la Commission dans un communiqué.

Enfin, les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont déclaré vendredi “rester unis“ derrière la CPI face aux sanctions américaines : « Nous, États parties soussignés au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, réaffirmons notre soutien constant et indéfectible à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la CPI ».

À l’inverse, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a salué les sanctions, qualifiant la Cour de « péril mortel pour les démocraties respectueuses du droit ». « La CPI n’est pas un tribunal. C’est une entité politique », a-t-il dénoncé, lui-même visé depuis 2024 par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.

Rubio : « Un tribunal voyou »

Washington justifie ces sanctions par sa volonté de « défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale », selon un communiqué publié par le département d’État. « Ils veulent plus de pouvoir et le veulent à nos dépens », a insisté le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qualifiant au passage la CPI de «tribunal voyou».

« Le président Trump ne permettra jamais à la Cour pénale internationale de poursuivre des Américains. C’est pourquoi, aujourd’hui, les États-Unis imposent des sanctions à la Cour pénale internationale. Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI », a affirmé Rubio, appelant les alliés des États-Unis membres de la Cour à « la remettre à sa place. S’ils ne le font pas, les États-Unis poursuivront leur campagne visant à démanteler la CPI, brique par brique, jusqu’à ce que les Américains ne soient plus menacés ».

Prévues pour entrer en application dans 180 jours, à moins qu’un accord ne soit conclu d’ici là, ces sanctions entraîneront l’interdiction de toute transaction financière avec la CPI, afin de «la couper de ses ressources et réduire sa capacité à opérer», selon le secrétaire d’État.

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Location-vente : un nouveau projet résidentiel confié à la SNIT à Fouchana

La Société nationale immobilière de la Tunisie (SNIT) est désignée pour réaliser un projet résidentiel à Fouchana, dans le gouvernorat de Ben Arous, au titre du programme de « location-vente ». Un arrêté de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, paru au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), prévoit une réalisation par marché public en formule « clé en main ».

C’est par un arrêté de la cheffe du gouvernement que la présidence du gouvernement a confié à la Société nationale immobilière de la Tunisie la réalisation d’un projet résidentiel dans la région de Fouchana, au gouvernorat de Ben Arous. Publié dans le dernier numéro du Journal officiel de la République tunisienne, le texte précise que l’ouvrage sera exécuté dans le cadre d’un marché public, selon la formule « clé en main ». Il indique que ce projet fait partie des mécanismes de mise à disposition de logements.

La décision s’inscrit dans le programme de « location-vente », que le ministère de l’Équipement et de l’Habitat a lancé dans le cadre du plan de développement 2026-2030. Le dispositif s’adresse aux ménages à revenus faibles et intermédiaires, qu’il entend aider à accéder à la propriété d’un logement décent. Son principe : le bénéficiaire règle des loyers mensuels, et ce paiement aboutit au transfert de la propriété du logement.

Le programme repose sur la construction de logements sociaux par des promoteurs immobiliers publics, parmi lesquels la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (Sprols). Ces opérateurs bénéficient d’un appui pour la mobilisation du foncier, la réalisation des études, les travaux d’aménagement et de construction, ainsi que l’accomplissement des procédures administratives requises.

Le dispositif vise aussi à alléger la charge que représente l’achat d’un logement pour les ménages ciblés. Ceux-ci peuvent en régler la valeur par des mensualités adaptées à leurs moyens, au lieu de recourir exclusivement aux crédits immobiliers classiques. Il tend, en outre, à renforcer le rôle social de l’État en matière de logement.

Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, quelque 5 000 logements doivent être construits par ce biais entre 2026 et 2030, pour un coût estimatif avoisinant 750 millions de dinars.

Pour encadrer l’accès à ces logements, le ministère s’emploie à mettre en place une plateforme numérique d’inscription. Elle doit simplifier les démarches et garantir la transparence ainsi que l’égalité des chances entre les candidats, parallèlement à l’avancement des projets résidentiels.

Le texte relatif au projet de Fouchana ne mentionne ni le nombre de logements envisagés, ni leur coût, ni les délais de livraison. Il ne donne pas non plus de précisions sur l’ouverture des candidatures pour ce projet.

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Trump annonce un accord avec Poutine pour importer du diesel russe

Donald Trump annonce un accord avec Vladimir Poutine portant sur plus de 4,8 millions de tonnes de diesel russe, avec des premières livraisons annoncées immédiatement. Cette décision marque un changement notable dans la politique américaine à l’égard de Moscou.

Donald Trump a annoncé, vendredi 9 octobre 2026, un accord avec le président russe Vladimir Poutine destiné à accroître les approvisionnements en diesel des marchés américain et international. Selon le président américain, la Russie doit fournir plus de 300 000 tonnes dans l’immédiat, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes supplémentaires dans la période suivante.

À ces volumes s’ajouteraient trois millions de tonnes, dont la livraison dépendrait notamment de l’état des raffineries russes. Le total annoncé dépasse ainsi 4,8 millions de tonnes, sans que le calendrier précis de l’ensemble des expéditions ni leurs modalités commerciales aient été entièrement détaillés. Trump a présenté cet accord comme un moyen de faire baisser rapidement les prix du diesel aux États-Unis et sur les marchés internationaux. Il intervient à quelques semaines des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, alors que la hausse des carburants alimente les inquiétudes des ménages, des agriculteurs et des transporteurs.

Un assouplissement des sanctions américaines

L’annonce s’accompagne d’une décision du département américain du Trésor autorisant temporairement certaines opérations portant sur du diesel d’origine russe. La dérogation permet notamment la vente, la livraison et l’importation de cargaisons concernées, dans les conditions définies par la licence américaine, jusqu’en avril 2027. Cette mesure contraste avec la politique de restriction des achats d’énergie russe menée par Washington depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Elle intervient également après le renforcement récent du dispositif américain de sanctions visant Moscou et ses revenus énergétiques.

L’administration Trump justifie cette inflexion par la nécessité d’accroître rapidement l’offre disponible. La guerre contre l’Iran et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont réduit les approvisionnements en produits raffinés et contribué à la hausse des prix. Le diesel est particulièrement sensible à ces tensions en raison de son rôle dans le transport routier, l’agriculture et une grande partie de l’activité industrielle.

Un effet sur les prix qui reste incertain

Les analystes se montrent toutefois prudents sur les conséquences de l’accord. L’arrivée de nouvelles cargaisons russes pourrait détendre certaines tensions régionales, mais elle ne garantit pas une augmentation équivalente de l’offre mondiale disponible. Une partie des volumes exportés par la Russie pourrait simplement être redirigée vers les États-Unis au détriment d’autres acheteurs, lesquels devraient alors trouver des fournisseurs de remplacement. Dans ce scénario, l’effet net sur les prix internationaux serait limité.

La situation est d’autant plus complexe que les perturbations au Moyen-Orient affectent les capacités d’approvisionnement en produits raffinés. Même si les livraisons russes reprennent, le rétablissement des flux ne suffira pas nécessairement à compenser les volumes manquants ni à ramener rapidement les prix à leurs niveaux antérieurs au conflit. L’incertitude porte également sur la capacité de la Russie à honorer les quantités annoncées. Les attaques ukrainiennes contre des infrastructures pétrolières russes ont affecté le fonctionnement de certaines raffineries et contribué aux restrictions imposées par Moscou sur les exportations de diesel. Le vice-premier ministre russe Alexandre Novak a indiqué que les restrictions à l’exportation seraient levées plus tôt que prévu, tout en affirmant que les besoins du marché intérieur seraient couverts.

Kiev dénonce un soutien économique à Moscou

L’accord a provoqué une réaction vivement critique du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Celui-ci estime que la reprise des ventes de produits pétroliers russes risque de procurer de nouvelles ressources financières à Moscou alors que la guerre en Ukraine se poursuit. Cette annonce intervient au moment où des responsables ukrainiens, américains et européens participent à des discussions sur les perspectives d’un règlement du conflit. Elle risque de compliquer les relations entre Washington et Kiev, déjà marquées par des divergences sur les objectifs militaires et les conditions d’un éventuel cessez-le-feu.

Pour l’administration américaine, la priorité affichée est de soulager le marché des carburants et de réduire les coûts supportés par les consommateurs et les entreprises. Pour l’Ukraine et plusieurs critiques de l’accord aux États-Unis, l’assouplissement des restrictions énergétiques pourrait toutefois affaiblir la pression économique exercée sur la Russie.

Un marché toujours sous tension

L’accord Trump-Poutine illustre les arbitrages auxquels sont confrontés les pays importateurs lorsque la sécurité des approvisionnements entre en conflit avec leurs objectifs diplomatiques et leurs régimes de sanctions. Son efficacité dépendra de la rapidité des livraisons, de la capacité des raffineries russes à fournir les volumes promis et de l’évolution des perturbations au Moyen-Orient. À court terme, les cargaisons supplémentaires pourraient offrir un répit à certains acheteurs. Elles ne constituent cependant pas, à elles seules, une garantie de baisse durable des prix du diesel.

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À Carthage, les citernes de la Mâalga : un trésor antique délaissé au potentiel économique considérable

Monument exceptionnel de l’ingénierie hydraulique romaine, les citernes de la Mâalga, à Carthage, constituent un patrimoine historique majeur dont le potentiel touristique et économique reste à valoriser. Construit au IIᵉ siècle après J.-C. pour répondre aux besoins en eau de la région, cet ensemble monumental témoigne du savoir-faire des civilisations antiques et pose aujourd’hui la question de la préservation et de la mise en valeur des richesses archéologiques tunisiennes.

Situées à Carthage, explique la chercheuse Houda Boubaker à MSB, les citernes de la Mâalga forment un ensemble de quinze réservoirs, dont la capacité totale est estimée à 60 000 m³ d’eau. Alimentées par un aqueduc acheminant l’eau depuis la région de Zaghouan sur environ 130 kilomètres, elles illustrent l’ampleur des infrastructures hydrauliques développées durant l’époque romaine. Leur construction, généralement située au IIᵉ siècle après J.-C., est associée au règne de l’empereur Hadrien, dans un contexte où l’approvisionnement en eau constituait un enjeu majeur pour les populations urbaines.

Au-delà de leur valeur archéologique, ces citernes représentent un potentiel important pour le tourisme culturel. Leur intégration dans des circuits patrimoniaux mieux structurés pourrait contribuer à enrichir l’offre touristique tunisienne, à prolonger les visites du site de Carthage et à générer des retombées économiques pour les acteurs locaux. Leur valorisation permettrait également de mieux faire connaître au public un patrimoine dont l’importance dépasse les frontières nationales, affirme la chercheuse.

Cette ambition s’inscrit dans l’histoire exceptionnelle de Carthage, ancienne capitale de la civilisation punique, fondée en 814 av. J.-C. par la princesse Elyssa, également connue sous le nom de Didon, venue de Tyr, en Phénicie. Devenue l’une des grandes puissances de la Méditerranée antique, la cité s’est imposée comme un centre majeur du commerce et des échanges maritimes, rappelle-t-elle. Sa rivalité avec Rome, notamment pour la maîtrise des routes commerciales et des espaces stratégiques de la Méditerranée, a donné lieu aux célèbres guerres puniques.

La renommée de Carthage a traversé les siècles. Au XIIᵉ siècle, le géographe et historien arabe Al-Idrissi évoquait déjà les vestiges de l’ancienne cité, alors largement ruinée. Au fil du temps, ses ruines ont servi de carrière de matériaux pour différentes constructions, contribuant à la disparition d’une partie de son héritage monumental. Les citernes de la Mâalga, quant à elles, ont traversé les siècles et demeurent un témoignage remarquable de cette histoire.

Aujourd’hui, souligne Houda Boubaker, l’enjeu est de transformer ce patrimoine en un véritable levier de développement culturel et économique, sans compromettre son intégrité historique. La protection, l’entretien, l’accessibilité et la promotion des citernes pourraient leur donner une place plus importante dans le paysage touristique tunisien.

Préserver la Mâalga ne consiste donc pas seulement à sauver des vestiges du passé : c’est aussi faire le choix d’investir dans un patrimoine vivant, capable de renforcer l’attractivité de Carthage et de contribuer au rayonnement culturel et économique de la Tunisie.

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ZLECAf : la Tunisie face à l’équation africaine, paiement, logistique et transition verte

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) promet un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs. Pour la Tunisie, l’enjeu n’est plus de démontrer l’intérêt du continent, mais de lever les obstacles concrets qui empêchent encore les entreprises d’en saisir les opportunités. Paiements, coût logistique, financement et organisation de l’appui à l’export constituent aujourd’hui les principaux chantiers. À cela s’ajoute une dimension émergente : la transition énergétique et l’industrialisation verte, désormais au cœur de l’agenda continental.

La conjoncture internationale fragilisée par les tensions géopolitiques et le durcissement des règles d’accès aux marchés traditionnels pousse la Tunisie à diversifier ses débouchés. L’Afrique apparaît alors comme une évidence géographique et économique. Mais cette évidence se heurte encore à des réalités opérationnelles.

Foued Guedich, président de Taste Tunisia (Agrigold International), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, identifie deux freins majeurs : la logistique et le paiement.  « Ce sont les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains », estime-t-il.

Le problème du paiement est particulièrement parlant. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être réglé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est contraint d’acheter des devises fortes pour payer une facture, alors même que l’entreprise tunisienne a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer ou financer ses activités sur place.

Le PAPSS, une avancée encore inachevée

Le mécanisme PAPSS, mis en place sous l’égide de la ZLECAf, vise précisément à faciliter les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie l’a adopté, ce qui constitue une avancée institutionnelle importante. Mais, souligne Foued Guedich, l’adoption ne suffit pas : les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, doivent réellement le mettre en œuvre.

Or, à ce jour, les transactions restent limitées. Les établissements bancaires peuvent y voir une réduction de certaines commissions, alors que les opérateurs économiques y voient un outil indispensable pour fluidifier leurs échanges. Le défi est donc autant réglementaire que pratique : transformer une décision de la Banque centrale en service bancaire accessible, simple et compétitif pour les PME exportatrices.

Logistique et barrières invisibles

La question logistique constitue le second verrou. Zied Jaouadi, vice-président de la Chambre des sociétés de commerce international de l’UTICA et de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie, relève que la Tunisie affiche l’un des coûts logistiques les plus élevés de la Méditerranée. Le problème ne se limite pas aux ports tunisiens : de nombreuses liaisons vers l’Afrique nécessitent deux ou trois transbordements, ce qui alourdit les délais, les coûts et les risques.

À cela s’ajoutent les barrières non tarifaires. Foued Guedich rappelle que l’accès à l’Union européenne ne se résume plus aux droits de douane : les exigences liées à l’empreinte carbone et aux normes environnementales s’appliquent dès l’entrée des conteneurs. Cette tendance protectionniste renforce l’intérêt d’une stratégie africaine, mais exige aussi des entreprises tunisiennes qu’elles montent en gamme et anticipent les nouvelles règles du commerce international.

Financement et accompagnement : le maillon manquant

Pour Zied Jaouadi, le premier défi du secteur privé reste l’accès au financement. Avec des taux d’intérêt élevés, le coût du crédit pèse particulièrement sur les PME exportatrices, souvent fragiles et peu capitalisées. Le deuxième défi est logistique. Le troisième, plus structurel, concerne la réforme des organismes d’appui à l’exportation, notamment les chambres de commerce et les centres de promotion des exportations.
Son constat est net : il faut passer d’une logique de promotion à un accompagnement de long terme du développement exportateur. Cela suppose des services plus proches des entreprises, une meilleure connaissance des marchés africains, un appui juridique et commercial, ainsi qu’un suivi après l’implantation.

La solution proposée est l’implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux. Ce modèle permettrait de disposer de stocks sur les marchés africains, de réduire la dépendance aux transbordements et de mieux répondre à la demande locale. Encore faut-il que le financement suive et que les entreprises pensent les flux dans les deux sens : vendre, mais aussi acheter. Cette approche permettrait d’optimiser les flux financiers et de consolider la présence tunisienne en Afrique.

La transition verte, nouveau champ de la ZLECAf

La ZLECAf ne se limite toutefois pas au commerce des marchandises. La transition énergétique occupe une place croissante dans son agenda. Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la ZLECAf, souligne le lancement de l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII).

L’objectif est de fédérer banques multilatérales, banques commerciales et investisseurs afin de financer des projets verts réellement bancables. La question dépasse la seule production d’énergies renouvelables : elle touche aux minéraux critiques, à la transformation locale et aux chaînes de valeur industrielles. L’exemple des véhicules électriques est révélateur : des pays comme la Zambie et la République démocratique du Congo, riches en cobalt, doivent pouvoir transformer leurs ressources au lieu de les exporter brutes.

Un protocole continental sur l’industrialisation et la politique commerciale est en préparation. Il devra intégrer la transition énergétique, les minéraux critiques et, à terme, un cadre harmonisé pour les énergies renouvelables.

Une opportunité à condition d’agir

La Tunisie dispose d’atouts pour devenir un acteur crédible dans cette dynamique : position géographique, savoir-faire industriel, expérience à l’export et intérêt croissant pour les marchés africains. Mais les promesses de la ZLECAf ne se concrétiseront pas par les seuls accords commerciaux.

Il faut activer le PAPSS, réduire les coûts logistiques, faciliter le financement des PME, réformer l’accompagnement à l’export et encourager les implantations directes. Il faut également préparer les entreprises aux exigences de la transition verte, via la mise en place des outils pratiques du commerce:  payer, transporter, financer et s’implanter  ne seront pas réellement opérationnels.

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Les VE d’occasion gagnent des parts de marché en Europe

Les véhicules électriques d’occasion gagnent constamment des parts de marché sur les principaux marchés européens (Espagne, Autriche, France, Allemagne, Suisse et Royaume-Uni) et deviennent un segment important du marché de l’occasion. Leur popularité devrait continuer de croître dans les années à venir.

Les données publiées par JD Power montrent qu’en Espagne, en août dernier, les modèles électriques âgés de deux à quatre ans se sont vendus en moyenne en 66,1 jours, contre 28,9 jours à la même période l’année précédente. Au Royaume-Uni, ce délai était de 27,9 jours et en Allemagne, de 43,7 jours.

Le problème majeur pour cette catégorie de véhicules réside dans la valeur résiduelle. En Allemagne, un véhicule électrique de trois ans affichant 60 000 kilomètres au compteur conserve 38,3 % de sa valeur, contre 34,2 % au Royaume-Uni. Contrairement à la croissance du marché des véhicules électriques d’occasion, les perspectives pour les véhicules thermiques d’occasion sont moins optimistes. Sur les marchés suivis par JD Power, le délai de vente d’une voiture diesel a augmenté, principalement en août.

Un élément clé de cette situation réside dans le prix élevé et constant des carburants, qui incite les consommateurs à se tourner vers la mobilité électrique. Par ailleurs, on trouve sur le marché européen d’excellentes voitures électriques d’occasion, offrant une grande autonomie, un équipement complet et des technologies de pointe.

Bien sûr, le marché des voitures électriques d’occasion en Espagne reste encore modeste, avec environ 23 400 immatriculations au cours des huit premiers mois de 2026. En incluant les hybrides rechargeables, la part de marché des véhicules électriques d’occasion atteint 4,8 %. La situation est similaire dans plusieurs pays européens.

L’analyse du marché révèle que les véhicules électriques d’occasion récents se vendent relativement vite. Ce qui est certain, c’est qu’avec le temps et l’expiration des contrats de leasing en Europe, des opportunités d’acquérir des voitures électriques à des prix très abordables se présenteront.

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Foued Guedich : « Le paiement interafricain est la clé pour dynamiser nos exportations »

Le potentiel du marché africain est immense pour les exportateurs tunisiens, mais son exploitation reste entravée par des difficultés logistiques et, surtout, par les dysfonctionnements du système de paiement. Foued Guedich président de Taste Tunisia (Agrigold international), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, livre à L’Economiste Maghrébin son analyse de cette question.

Il estime que le paiement interafricain constitue aujourd’hui le principal chantier à activer pour concrétiser les promesses de la ZLECAf. Tout en précisant: «  La conjoncture internationale actuelle pousse la Tunisie à se tourner davantage vers l’Afrique. Le continent représente un potentiel considérable, mais son exploitation se heurte encore à deux obstacles majeurs : la logistique et le paiement. Ce sont, à mon sens, les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains, dans un contexte international fragilisé par les tensions géopolitiques. »

Sur les barrières non tarifaires

Il souligne à cet effet: « La situation est très différente de celle que nous connaissons avec l’Union européenne. Au-delà des droits de douane, il existe aujourd’hui des barrières non tangibles, comme les exigences liées à l’empreinte carbone. Ces mécanismes ne se voient pas directement au moment du dédouanement, mais ils s’appliquent dès l’entrée d’un conteneur dans l’Union européenne. La tendance générale est clairement protectionniste. »

Sur l’intérêt des échanges interafricains, Foued Guedich met l’accent sur l’importance de mettre en place des outils concrets, en particulier des mécanismes de paiement interafricains. 

Sur le problème du franc CFA

Citant l’exemple de  la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, deux marchés subsahariens importants pour la Tunisie.  Foued Guedich revient sur les réelles difficultés de paiement. Il indique: « La Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être payé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est ainsi contraint d’acheter des euros pour régler sa facture à un Tunisien. Or, paradoxalement, l’exportateur tunisien a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer, payer des commissions ou financer ses activités sur place. Le système bancaire tunisien ne permet pas aujourd’hui d’effectuer ces transactions en franc CFA. »

Sur le mécanisme PAPSS

« Il existe pourtant un dispositif mis en place sous l’égide de la ZLECAf : le PAPSS, qui permet les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie a adopté ce mécanisme, ce qui constitue une avancée importante. Mais son adoption ne suffit pas : encore faut-il que les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, le mettent réellement en œuvre. C’est là que se situe le problème. À ce jour, les transactions restent limitées et nous revenons, en quelque sorte, à la case départ. », poursuit-il. 

Sur les solutions à mettre en œuvre

« L’adoption du PAPSS par la Banque centrale doit désormais s’accompagner d’un effort pour convaincre les banques de l’appliquer. Certes, cela réduira certaines commissions et certains gains pour elles, mais l’enjeu est essentiel pour les opérateurs économiques, exportateurs comme importateurs. Faciliter les paiements, c’est fluidifier les exportations tunisiennes vers l’Afrique ». C’est l’un des points sur lesquels Foued Guedich demande à ce que l’on se concentre en priorité.

Et de conclure: « Au-delà du paiement, il y a les aspects douaniers et logistiques, qui sont tout aussi déterminants. La ZLECAf a le mérite d’avoir posé les bases d’un mécanisme continental, mais ces dispositifs doivent maintenant être effectivement appliqués pour que la Tunisie puisse avancer et saisir les opportunités du marché africain. »

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Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

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