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Boycott – Les faux arguments d’Adidas

Pour répondre à une menace de boycott, la firme aux trois bandes Adidas a avancé des arguments. Bien fallacieux. Voici pourquoi.

 

Disons-le sans ambages : il est difficile de croire –pour ne pas dire impossible de croire- que la firme Adidas spécialisée dans la fabrication d’articles sportifs ait diffusé une récente publicité montrant un ancien soldat israélien amputé d’une jambe dans le seul souci de promouvoir le service « Single Shoe » ; un programme qui permet « aux personnes amputées ou ayant des différences de membres d’acheter une seule chaussure pour la moitié du prix d’une paire complète ».

Il est en de même de l’autre argument présenté par la même firme, Adidas pour ne pas la nommer, après qu’elle s’est excusée d’avoir diffusé son message en affirmant notamment qu’il s’agissait d’une campagne « conçue et diffusée de manière autonome par son équipe en Israël et qu’elle ne découlait pas d’une directive ou d’une validation globale du siège mondial » !

Des explications qui ne tiennent pas la route. Des explications qui prennent, sans doute, les gens pour des imbéciles. Car, il ne faut pas être un spécialiste du monde de la publicité pour savoir que ce n’est pas bien vrai. Et ce, pour au moins deux arguments.

Un travail de propagande

Le premier est pourquoi avoir choisi parmi les personnes qui ont perdu une jambe lors d’un conflit –seulement- un ancien soldat israélien? Parce qu’on observe que le nombre des handicapés de ce type en Israël sont minimes si l’on se réfère aux statistiques disponibles dans le monde. D’ailleurs, les rapports officiels du ministère israélien de la Défense indiquent que le pays compte actuellement 1 061 amputés militaires au total (tous conflits confondus). Alors qu’ils sont, par contre, entre 4 500 et 5 000 cas d’amputations à Gaza, pour la seule guerre d’octobre 2023.

Evidemment la firme aux trois bandes pourrait dire aussi que le choix du soldat israélien s’imposait du fait que le message s’adressait aux Israéliens. Certes, mais pourquoi avoir choisi un ancien soldat et non pas un autre israélien blessé lors d’un accident de la route ou encore d’un accident domestique, par exemple ? On sait que les questions simples, notamment de par leur clarté et précision, nous orientent vers la réalité des faits. Nous pouvons dire, et sans aller plus loin, que le message ressemble comme deux gouttes d’eau à de la propagande et vise à s’appesantir sur le sort du soldat israélien Shalev Biton blessé du reste, en 2021, à Gaza.

Et la construction saute aux yeux. Le choix de Gaza n’est pas anodin. Dans la mesure où cela participe à ce travail de propagande. A l’heure où Israël intensifie ses attaques contre la bande de Gaza (250 décès enregistrés et confirmés par les hôpitaux locaux et la récupération de corps au cours de la période allant de la mi-août au début de septembre 2026), il y a de quoi s’interroger sur l’objectif de cette campagne d’Adidas qui ne peut que ressembler à une tentative de susciter un sentiment de bienveillance, d’affection ou d’approbation à l’endroit des attaques israéliennes.

Des appels en dehors d’Israël

La référence à « une campagne locale », ensuite, a tout faux. Comment croire que l’« antenne israélienne » ne coordonne pas ses campagnes avec la direction ? Comment croire que cette dernière n’ait pas, donc, un droit de regard sur ce qu’entreprend son « antenne » israélienne ? Difficile de croire que la direction lâche aussi facilement la bride sur le cou de son « antenne » ! L’image de la firme n’est-elle pas engagée dans chaque campagne qu’elle soit-elle « locale » ou « mondiale » du moment où une publicité porte le logo d’une entreprise ?

En outre, difficile de croire que l’on ne puisse pas saisir au niveau de la firme Adidas que l’on ne peut parler de « local » à l’heure d’internet et des radios et télévisions satellitaires. La preuve : les appels au boycott, qui ont fait céder Adidas, sont venus de nombreuses contrées du monde, se trouvant en dehors d’Israël, qui ont vu, donc, et analysé son message et ses effets malsains. Et non pas de l’intérieur d’Israël !

Et maintenant, une question que beaucoup posent : celui et ceux qui ont diffusé ce message ou tel autre du même type ne savent-ils pas qu’il ne peut que susciter des réactions de réprobation ? Pourquoi le font-ils, malgré tout ? Ne savent-ils pas qu’il y a, parmi les récepteurs, des personnes qui savent les tenants et aboutissants des campagnes diffusées ? En clair, ceux qui savent décrypter ce qu’ils voient ou lisent ? La réponse ne peut qu’être claire : ils s’en moquent pratiquement, croyant, dur comme fer, qu’ils trouveront preneurs ; des personnes qui tomberont dans le piège en mordant à l’hameçon. Ensuite, ils croient, également dur comme fer, qu’en notre ère de post-vérité, c’est à celui qui ruse le plus !

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La TIA consacre sa 25e session aux investissements et aux minéraux critiques

La Tunisia Investment Authority a consacré mercredi sa 25e session du Conseil Stratégique à deux dossiers : le modèle hongrois d’attractivité des investissements et le potentiel de la Tunisie dans les minéraux critiques, au moment où la demande mondiale pour ces ressources progresse.

La Tunisia Investment Authority (TIA) a tenu mercredi 9 septembre 2026 la 25e session de son Conseil Stratégique, présidée par Jalel Tebib. Les travaux ont porté sur le modèle hongrois d’attractivité des investissements et sur le potentiel d’investissement de la Tunisie dans les minéraux critiques.

La deuxième partie de la session a été consacrée à la présentation de la troisième note d’analyse stratégique de la TIA, intitulée « Minéraux critiques, potentiel d’investissement, état des lieux et perspectives pour la Tunisie ». Le document a été présenté par l’équipe du Pôle politique des investissements et des réformes de la TIA.

La note examine le potentiel d’investissement de la Tunisie dans un contexte de croissance de la demande mondiale en minéraux critiques, notamment le phosphate, le lithium et le cuivre. Elle présente un diagnostic du secteur ainsi que des perspectives pour la Tunisie, à partir d’expériences comparées en matière de réformes et de politiques publiques.

Selon la TIA, le document s’appuie sur une consultation d’experts et sur des échanges avec les membres du Conseil Stratégique. Il examine également l’impact potentiel de ce secteur sur d’autres filières prioritaires, notamment l’industrie automobile et l’intelligence artificielle.

Les discussions qui ont suivi la présentation ont porté sur les conclusions de la note. Les membres du Conseil et les experts présents ont notamment souligné la nécessité d’accélérer les réformes structurelles et de renforcer l’attractivité du cadre réglementaire applicable aux investissements dans les ressources minières.

La première partie de la session a été consacrée au retour d’expérience de la Hungarian Investment Promotion Agency (HIPA) sur l’attractivité des investissements en Hongrie.

Marcell Németh, directeur général adjoint de la HIPA, a présenté les grandes lignes du dispositif hongrois. Martina Almási, Partner Relations Manager au cabinet du CEO, en a ensuite détaillé le fonctionnement opérationnel ainsi que les réformes ayant contribué à l’amélioration du climat d’investissement en Hongrie.

Les échanges ont porté sur les leviers susceptibles de renforcer la compétitivité de la Tunisie.

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OCDE – PISA 2025 : la lecture décroche en France et dans le monde

Les performances en lecture des élèves de 15 ans connaissent un net recul dans la plupart des pays de l’OCDE. En France, le score tombe à 456 points, contre 474 en 2022, confirmant une dégradation qui touche également les mathématiques. L’essor des écrans, les difficultés de concentration et les nouveaux usages de l’intelligence artificielle alimentent les interrogations.

Publié le 8 septembre 2026, le rapport PISA 2025 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constitue l’une des évaluations internationales les plus larges jamais réalisées. Quelque 760 000 élèves de 15 ans, répartis dans 91 pays et économies, ont participé à cette édition.

Le constat est particulièrement sévère en matière de lecture. La moyenne des pays de l’OCDE atteint 466 points en 2025, contre 482 en 2022. Depuis 2015, le recul atteint 28 points, soit l’équivalent d’environ un an et demi d’apprentissage.

Selon l’OCDE, environ trois pays ou économies sur quatre disposant de données comparables ont enregistré une baisse significative des performances en lecture entre 2018 et 2025.

 

Lire aussi :PISA 2025 : l’Asie confirme sa domination, le Maroc à la peine et un Maghreb largement absent

 

Cette dégradation ne se limite d’ailleurs pas à la lecture. Les performances moyennes en mathématiques ont également fortement diminué, tandis que les résultats en sciences se sont davantage stabilisés sur la période récente. L’OCDE estime désormais qu’environ un élève de 15 ans sur cinq est en difficulté dans chacune des trois disciplines évaluées.

La France passe sous la moyenne de l’OCDE

La France n’échappe pas à cette tendance. Les élèves français obtiennent en 2025 un score de 456 points en compréhension de l’écrit, contre 474 points en 2022. Ce résultat place la France sous la moyenne de l’OCDE et parmi les niveaux les plus faibles jamais enregistrés par le pays dans l’enquête PISA.

Le recul français ne concerne pas uniquement la lecture. L’OCDE relève également une baisse des performances en mathématiques, tandis que le niveau en sciences reste globalement comparable à celui de 2022. Dans l’ensemble, les résultats français de 2025 figurent parmi les plus faibles mesurés par PISA.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant que les inégalités sociales continuent de peser fortement sur les performances scolaires. L’OCDE souligne que l’origine socioéconomique demeure un déterminant majeur des résultats des élèves.

La « lecture hâtive » gagne du terrain

Au-delà du recul des scores, l’enquête met en évidence une transformation des pratiques de lecture. Les adolescents sont de plus en plus exposés à des flux continus d’informations numériques, favorisant une consultation rapide des contenus plutôt qu’une lecture approfondie.

Cette évolution alimente les inquiétudes sur la capacité des jeunes à comprendre des textes complexes, à hiérarchiser l’information et à distinguer les sources fiables des contenus trompeurs.

L’OCDE relève notamment que moins de la moitié des élèves des pays membres déclarent vérifier systématiquement la crédibilité des sources d’information tout en privilégiant les données scientifiques par rapport au simple « bon sens ».

L’intelligence artificielle, nouvel enjeu scolaire

L’arrivée massive des outils d’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension au problème. L’OCDE met en garde contre une utilisation de l’IA qui remplacerait l’effort personnel plutôt que de renforcer l’apprentissage.

Les élèves utilisant fréquemment l’IA pour certaines tâches scolaires, notamment résumer des textes, rédiger ou effectuer des recherches, obtiennent des résultats plus faibles en sciences que ceux qui ne l’utilisent pas dans ce cadre. L’écart peut atteindre 20 points, soit environ une année de scolarité.

L’organisation ne préconise toutefois pas de bannir la technologie. Elle estime au contraire que l’IA et les outils numériques peuvent contribuer à améliorer l’apprentissage lorsqu’ils sont utilisés de manière ciblée et sous l’encadrement des enseignants.

Un avertissement pour les systèmes éducatifs

Le rapport PISA 2025 dépasse ainsi la seule question du niveau scolaire. Il pose celle de la capacité des systèmes éducatifs à préserver l’attention, la compréhension et l’esprit critique à l’heure de la multiplication des écrans et des outils numériques.

Pour l’OCDE, le redressement passe notamment par un enseignement davantage centré sur les fondamentaux, un investissement dans les enseignants, un accompagnement ciblé des élèves en difficulté et une implication accrue des familles.

Le recul de la lecture apparaît dès lors comme l’un des signaux les plus préoccupants de cette nouvelle édition de PISA : derrière une baisse statistique des scores se dessine une question plus profonde sur la capacité des jeunes générations à lire, comprendre, vérifier et penser dans un environnement saturé d’informations.

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GAFI : les restrictions de change, carburant involontaire de la finance parallèle

Un nouveau rapport du Groupe d’action financière (GAFI), publié en septembre 2026, met en lumière un paradoxe : les restrictions imposées sur les mouvements de devises, censées protéger les économies contre la fraude financière, peuvent en réalité alimenter les réseaux qu’elles cherchent à combattre. Le document se penche sur le blanchiment dit « professionnel », la banque clandestine et les systèmes de transfert informels de type hawala, relayé le site TWALA.

Lire aussi : La régularisation des infractions de change doit faire l’objet d’un avis préalable du GAFI

Des restrictions qui se retournent contre leur objectif

Selon l’organisme international, les limitations imposées aux flux de capitaux, y compris les contrôles de change décidés par les États, comptent parmi les principaux facteurs qui poussent, sans le vouloir, une partie des usagers vers des filières non réglementées. Quand l’accès aux services financiers classiques devient trop restreint, trop cher ou trop encadré administrativement, la demande se déplace naturellement vers des solutions parallèles.

L’Afrique du Nord est explicitement citée comme une zone où ce phénomène s’observe : la combinaison de contextes de conflit et de contrôles de change y aurait favorisé le développement de services informels de transfert d’argent, désormais partiellement connectés aux paiements mobiles, notent les rédacteurs de l’enquête.

L’écart entre taux officiel et taux parallèle, un moteur économique

Le rapport détaille aussi des montages où les opérateurs tirent profit directement de la différence entre le taux de change officiel et le taux du marché parallèle, en combinant arbitrage monétaire, commerce international et transferts informels.

Un exemple cité concerne le Venezuela : dans le cadre de l’« Operation Cymbal », des réseaux utilisaient des cartes bancaires et de fausses factures pour simuler l’achat de médicaments ou de vêtements jamais réellement livrés. Les dollars ainsi obtenus étaient rapatriés puis revendus sur le marché parallèle vénézuélien, le profit provenant intégralement de l’écart de change.

Le commerce extérieur reste l’un des vecteurs privilégiés de ces schémas : sur- ou sous-facturation, faux documents de transport, cargaisons fictives ou descriptions erronées de marchandises permettent de donner une façade commerciale légitime à des transferts de valeur entre pays. Les réseaux exploitent également l’ensemble des outils financiers modernes – comptes bancaires, fintechs, plateformes de paiement, portefeuilles numériques et cryptoactifs – qui servent de points d’entrée ou de sortie à des opérations dont le règlement final demeure clandestin.

Le cas tunisien

La Tunisie illustre bien la mécanique décrite par le GAFI. Le dinar reste une devise partiellement contrôlée par la Banque centrale de Tunisie : la sortie de devises est plafonnée et le taux de change officiel s’impose à l’ensemble des intermédiaires agréés, ce qui laisse subsister un marché parallèle offrant des taux nettement plus avantageux, malgré son caractère illégal.

Lire également : La Tunisie va-t-elle « réintégrer » la liste grise du GAFI?

Conscientes de l’ampleur de ces flux hors circuit officiel, les autorités ont engagé plusieurs chantiers ces derniers mois. Une proposition de loi sur la régularisation des infractions de change était en discussion à l’Assemblée des représentants du peuple au printemps 2026, avec l’objectif déclaré de capter une partie des liquidités circulant sur le marché parallèle en offrant aux détenteurs de fonds non déclarés la possibilité de les réintégrer dans des comptes bancaires officiels. Le dispositif viserait notamment les défauts de déclaration d’avoirs à l’étranger, le non-rapatriement de revenus en devises et la détention d’espèces en devises hors des circuits agréés.

Dans le même esprit d’assouplissement, la loi de finances 2026 a ouvert aux résidents tunisiens la possibilité d’ouvrir des comptes en devises auprès d’intermédiaires agréés, une mesure présentée comme un moyen de moderniser le Code des changes et de réduire l’attrait du marché noir – une orientation qui rejoint directement la recommandation du GAFI de rendre les circuits officiels plus accessibles plutôt que de se limiter à la répression.

Article en relation : GAFI : la sortie de la Tunisie de la liste noire favorise l’investissement

Vers une approche moins répressive et plus systémique

Plutôt que de contrôler chaque transaction isolément, le GAFI préconise de retracer l’ensemble de la chaîne de blanchiment, depuis la collecte des fonds jusqu’à leur réintégration dans l’économie légale. Cela suppose un croisement des données bancaires, douanières, fiscales et commerciales, ainsi qu’une coordination renforcée entre banques centrales, cellules de renseignement financier, douanes, police et régulateurs.

L’organisme met en garde contre les mesures de répression trop générales, susceptibles de pousser des utilisateurs légitimes vers l’informel et d’opacifier davantage les flux financiers. Sa recommandation centrale : rendre les circuits financiers officiels plus accessibles, moins coûteux et plus efficaces, afin de réduire l’attrait des réseaux clandestins.

En somme, tant que le circuit officiel restera plus onéreux ou plus contraignant que son alternative parallèle, cette dernière continuera de trouver preneur — les contrôles pouvant réprimer les opérateurs, mais rarement effacer l’avantage économique qui les fait prospérer.

Source : Rapport du GAFI, septembre 2026.

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Berlin : semaine cruciale pour le budget et la dette allemande

Le ministre des Finances et président du Parti social-démocrate allemand (SPD), Lars Klingbeil, vient de soumettre mardi 8 septembre au Parlement fédéral le projet de budget de l’État pour 2027. Les dépenses prévues s’élèvent à 555,4 milliards d’euros. Soit une légère augmentation par rapport à l’année en cours.

Les nouveaux emprunts s’élèvent à 118,7 milliards d’euros, contre 98 milliards en 2026. Ce montant n’inclut pas les prêts du Fonds spécial pour les infrastructures et la défense. Si ces derniers sont inclus, les emprunts du gouvernement allemand pour 2027 avoisineront les 200 milliards d’euros.

Le discours du ministre des Finances au Bundestag marque le début d’une semaine de délibérations cruciales. Jusqu’à vendredi, les députés examineront en détail les dépenses de chaque ministère, telles que prévues dans le projet de budget du gouvernement fédéral. L’intervention du chancelier Friedrich Merz, mercredi, est attendue avec impatience. D’autres délibérations suivront, le budget devant être adopté en décembre.

Alertes des agences de notation

Avant même le début des débats parlementaires, les agences de notation européennes et américaines alertent Berlin sur le fait que l’explosion de la dette entraîne une hausse significative des charges d’intérêts, c’est-à-dire du coût du refinancement. « Bien que l’Allemagne continue de bénéficier de conditions de financement relativement favorables, le service de la dette est alourdi par la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation des nouveaux emprunts », écrit Margaretha Wegner, analyste chez Fitch spécialisée sur l’Allemagne, dans l’édition dominicale du journal Die Welt.

De son côté, Julian Zimmermann, analyste au sein du cabinet européen Scope, prévient que « lorsque la part du budget consacrée au service de la dette augmente, les fonds disponibles pour d’autres priorités politiques diminuent. Cela accentue la pression pour stabiliser les finances publiques et réduire les déficits à long terme. »

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Cellcom : le bilan franchit les 34 millions de dinars en 2025

Cellcom SA a clôturé l’exercice 2025 avec un total de bilan de 34,1 millions de dinars, en hausse par rapport à 2024, et un résultat net de 566 000 dinars, selon les documents publiés à l’issue de son Assemblée Générale Ordinaire (AGO) tenue à son siège social.

Selon les données arrêtées au 31 décembre, le total des actifs de Cellcom s’établit à 34,1 millions de dinars tunisiens en 2025, contre 32,1 millions en 2024. Les actifs non courants reculent légèrement, passant de 2,3 à 2,2 millions de dinars, sous l’effet notamment de la baisse des immobilisations financières nettes, qui s’établissent à 1,7 million de dinars contre 1,9 million un an plus tôt. À l’inverse, les immobilisations corporelles nettes progressent légèrement, à environ 386 000 dinars contre 378 000 dinars.

Les actifs courants augmentent de 29,8 à 31,9 millions de dinars. Cette évolution s’explique en grande partie par la hausse des stocks nets, qui passent de 6,4 à 8 millions de dinars, et par celle des créances clients et comptes rattachés nets, de 13 à 13,6 millions de dinars. Les autres actifs courants nets progressent également, de 8,9 à 9,7 millions de dinars. En revanche, les liquidités et équivalents de liquidités chutent de 1,5 million à environ 611 000 dinars.

Des capitaux propres en hausse, un endettement courant en progression

Après affectation du résultat, le total des capitaux propres de Cellcom atteint 6,2 millions de dinars en 2025, contre 6,7 millions en 2024, la comparaison directe étant affectée par un retraitement pro forma des données 2024 (5,6 millions de dinars) mentionné dans les notes du document. Le capital social demeure inchangé à 4,5 millions de dinars, tout comme les réserves légales, à environ 827 000 dinars, et les primes d’émission, à 5,6 millions de dinars.

Le résultat net de l’exercice 2025 ressort à environ 566 000 dinars, contre 852 000 dinars pour l’exercice 2024, selon le tableau de variation des capitaux propres joint au document.

Du côté du passif, les engagements non courants progressent de 697 000 dinars à 840 000 dinars, tirés par la hausse des emprunts, de 225 000 à 358 000 dinars. Les passifs courants augmentent de 24,7 à 27,1 millions de dinars. Cette hausse résulte principalement de la progression des concours bancaires, de 12,3 à 16,2 millions de dinars, et des autres passifs courants, de 1,2 à 3 millions de dinars, tandis que les dettes fournisseurs et comptes rattachés diminuent de 11,2 à 7,9 millions de dinars. Au total, les passifs de la société s’élèvent à 27,9 millions de dinars en 2025, contre 25,4 millions en 2024.

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Trump interdit l’importation de certains produits canadiens aux Etats-Unis

Donald Trump a intensifié son différend commercial avec le Canada, en interdisant l’importation de certains produits canadiens aux États-Unis et en augmentant les droits de douane sur d’autres.

Cette annonce fait suite à l’imposition par Ottawa de nouveaux droits de douane sur les importations américaines en réponse aux droits de douane supplémentaires annoncés par Washington le 22 août sur les importations canadiennes. Les produits canadiens interdits d’importation aux États-Unis comprennent les boissons alcoolisées, les produits laitiers et les motos de grosse cylindrée. Cette interdiction entrera en vigueur le 29 septembre, conformément à un décret présidentiel.

De plus, à compter du 15 septembre, des droits de douane supplémentaires de 50 % seront imposés sur une gamme de produits, allant des matelas aux voiturettes de golf, en passant par les bateaux à moteur. En revanche, certains produits canadiens seront exemptés des droits de douane supplémentaires, bien que la liste soit nettement plus courte. Le papier toilette en fait partie.

Pour justifier l’interdiction d’importer des boissons alcoolisées canadiennes, Trump a cité le boycott des boissons alcoolisées américaines par les Canadiens. Depuis l’an dernier, les vins américains et autres boissons alcoolisées ont disparu des rayons des magasins dans la plupart des provinces canadiennes. Les Canadiens ont ainsi voulu exprimer leur mécontentement face aux nouveaux tarifs douaniers américains, mais aussi face aux propositions répétées de Trump de faire du Canada le 51e État des États-Unis.

Pari

Le ministre canadien des Relations avec les États-Unis, Dominique LeBlanc, a déclaré à X qu’Ottawa « examinait » ces mesures « injustifiées ». Tout en ajoutant qu’il était en contact avec le représentant au commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer. « Lorsque les États-Unis seront prêts au dialogue, notre gouvernement travaillera de bonne foi et de manière constructive à la création de relations commerciales plus sûres et mutuellement avantageuses qui respectent pleinement la souveraineté canadienne », a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a averti que la stratégie de son gouvernement visant à réduire la dépendance envers les États-Unis aurait des « coûts » économiques à court terme. Mais il prend un risque économique considérable. Près de 60 % des importations canadiennes proviennent des États-Unis et environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées à ce voisin.

Dans le même temps, Trump a annoncé l’exclusion des entreprises canadiennes du programme de contrats gouvernementaux américains, selon un message publié sur Truth Social.

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Maroc : Synhelion officialise son usine solaire de carburants à Tan-Tan

Un terrain réservé, une filiale créée localement et désormais un protocole d’accord signé avec plusieurs départements ministériels marocains : le projet industriel porté par l’entreprise suisse Synhelion dans le sud du Maroc franchit une nouvelle étape.

L’accord, conclu le 8 septembre 2026, engage la société avec les ministères de l’Industrie et du Commerce, de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi que de l’Investissement, sous la houlette de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE).

L’usine visée doit s’implanter dans la province de Tan-Tan, au sein de la région de Guelmim-Oued Noun. Sa capacité de production est fixée à 100 000 tonnes de carburants renouvelables chaque année, comprenant du carburant d’aviation de synthèse, du diesel et de l’essence à destination du secteur des transports. Pour fabriquer ces carburants, Synhelion s’appuie sur son procédé Sun-to-Liquid, qui transforme l’énergie solaire en combustibles liquides. L’entreprise met en avant le caractère « drop-in » de sa production : ces carburants seraient utilisables directement dans les moteurs et infrastructures existants, sans modification technique majeure.

Sur le plan financier, l’enveloppe évoquée reste celle communiquée par Synhelion dès février 2025, lorsque l’entreprise avait dévoilé son intention d’investir environ un milliard de dollars au Maroc. Ce montant, à ce stade, n’a pas été arrêté de façon définitive par le protocole signé cette semaine : il correspond toujours à l’estimation initiale du projet, dont le financement devait alors reposer sur une combinaison de prêts bancaires, de fonds propres et d’un possible soutien public. Le calendrier de construction et les caractéristiques finales de l’installation restent des points que les prochaines étapes du projet devront préciser.

Depuis l’annonce initiale, plusieurs jalons ont été franchis par l’entreprise suisse. Synhelion a mis en place sa structure locale, Synhelion Morocco, obtenu le statut Casablanca Finance City et sécurisé un terrain à Tan-Tan pour l’implantation de son site. Le protocole d’accord signé avec l’État marocain marque ainsi le passage d’une phase d’étude de marché à une préparation plus opérationnelle du projet.

Le choix du Maroc s’appuie, selon Synhelion, sur l’importance des ressources renouvelables disponibles dans la région ciblée et sur les conditions jugées propices à la structuration d’une chaîne de valeur locale autour des carburants renouvelables. Ce projet s’inscrit également dans la stratégie marocaine de développement d’une filière liée à l’hydrogène vert et à ses dérivés, parmi lesquels l’ammoniac, le méthanol et les carburants de synthèse.

Synhelion dispose déjà d’un site de référence en Allemagne, l’installation DAWN, en fonctionnement depuis 2024, qui a précédé le développement d’unités commerciales de plus grande envergure comme celle prévue à Tan-Tan. En 2025, le cofondateur et directeur général de l’entreprise, Gianluca Ambrosetti, avait indiqué que l’objectif à terme était d’atteindre un coût de production d’environ un dollar par litre, afin de rendre ces carburants compétitifs face aux combustibles conventionnels, en particulier dans le secteur aérien.

Selon les données communiquées par Synhelion, ses carburants permettraient de réduire jusqu’à 100 % les émissions nettes de CO₂ par rapport aux carburants fossiles. Ce résultat variant en fonction du procédé et des intrants utilisés.

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En Chine, l’inflation repart à la hausse, alimentée par le pétrole et l’IA

L’inflation refait surface en Chine, expliquée par la hausse des prix de l’énergie et la demande croissante de produits liés à l’intelligence artificielle.

L’indice des prix à la consommation en Chine a progressé de 0,8 % en août sur un an, annonce ce mercredi le Bureau national des statistiques. Cette hausse, conforme aux prévisions des analystes, est plus marquée que celle de juillet (0,5 %) et constitue la première augmentation de l’inflation depuis avril.

Parallèlement, l’indice des prix à la production progresse de 3,8 %, contre 3,5 % en juillet. Il dépasse les prévisions qui tablaient sur une hausse de 3,6 %. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, atteint 1 %, enregistrant ainsi sa première hausse en quatre mois.

D’après Dong Liujuan, statisticienne au Bureau national des statistiques, les prix de l’énergie ont contribué à hauteur de 0,28 point de pourcentage à la hausse annuelle de l’indice des prix à la consommation. Parallèlement, les prix de certains produits alimentaires ont commencé à augmenter en raison de facteurs saisonniers et des conditions météorologiques, avec des hausses mensuelles pour les légumes frais, les œufs et le porc.

Cette évolution survient quelques mois seulement après que la Chine est sortie d’une période de déflation historique. Alors que son économie continue de faire face à une faible demande des consommateurs et à un ralentissement de la croissance.

Le pétrole et le Moyen-Orient

Par ailleurs, les pressions inflationnistes pourraient s’intensifier davantage en raison de la crise géopolitique au Moyen-Orient. La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran a ravivé les craintes de perturbations plus graves du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, affectant l’approvisionnement en pétrole, en gaz et en autres matières premières.

A cet égard, le prix du pétrole brut Brent avoisine les 100 dollars le baril ce mercredi. Et ce, suite à l’attaque américaine contre des pétroliers iraniens près de l’île de Kharq, l’un des principaux centres d’exportation de pétrole brut d’Iran.

Ainsi, la hausse des prix internationaux de l’énergie crée un problème supplémentaire pour la Chine, car les entreprises doivent faire face à des coûts de production plus élevés. Tandis que la faiblesse de la demande des consommateurs limite leur capacité à répercuter pleinement la hausse des coûts sur les prix finaux.

L’explosion de l’intelligence artificielle

Outre l’énergie, un autre facteur contribuant à la hausse des prix est la demande explosive de semi-conducteurs et de produits électroniques, liée à d’énormes investissements dans l’intelligence artificielle.

Le prix de certaines puces a augmenté jusqu’à 700 % en un an. Alors que des hausses importantes sont également enregistrées pour les métaux non ferreux, comme le cuivre, les marchés anticipant une éventuelle augmentation des droits de douane américains sur les importations de métaux travaillés.

La demande engendrée par le développement de l’intelligence artificielle commence également à se répercuter sur les prix des produits de consommation. Les prix des tablettes, des ordinateurs et des téléphones portables ont augmenté de plus de 10 % par an, reflétant le cycle d’investissement mondial créé autour de l’intelligence artificielle.

Les prix de l’or ont également augmenté. La hausse des cours internationaux le mois dernier a alimenté l’inflation dans la catégorie « biens et services divers », qui inclut les bijoux. Cette catégorie a progressé de 7,3 % sur un an. Tandis que le prix des bijoux en or a augmenté de 34 %.

L’indice des prix à la production a continué de refléter principalement les hausses des prix des matières premières et des produits finis, impactés par la flambée des coûts du pétrole et des semi-conducteurs. Les secteurs du charbon, des métaux, de l’énergie, de la chimie et de l’électronique ont enregistré des augmentations significatives de leurs prix à la production.

Il convient de souligner en particulier la hausse des prix départ usine des biens de consommation durables, qui ont augmenté de 1,2 % en août , enregistrant ainsi le taux de croissance le plus rapide depuis que ces données sont disponibles (1996).

Selon les estimations de Bloomberg Economics, la hausse de l’inflation en Chine en août semble principalement due à des tensions sur l’offre plutôt qu’à une demande accrue. Les pressions inflationnistes restent donc concentrées sur un segment relativement restreint de l’économie, l’énergie, l’électronique et les matières premières jouant un rôle prépondérant.

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Une panne informatique sème le chaos dans les aéroports britanniques

Après une journée de chaos dans les aéroports britanniques, le trafic aérien reste perturbé mercredi 9 septembre à la suite d’une importante panne technique ayant affecté le système de contrôle aérien du Royaume-Uni.

La défaillance, survenue mardi 8 septembre, a touché le système de traitement des données de National Air Traffic Services (NATS), l’organisme chargé du contrôle de la circulation aérienne britannique. Elle a provoqué des restrictions importantes dans plusieurs grands aéroports, notamment Heathrow, Gatwick, Manchester et Birmingham.

Selon les données de Flight Radar24, environ 1 300 vols ont été annulés mardi. Tandis que des centaines d’autres ont subi des retards. Pour ce mercredi, au moins 177 vols avaient déjà été supprimés; alors que les compagnies aériennes s’efforçaient de repositionner leurs appareils et leurs équipages.

NATS a indiqué avoir identifié le problème et mis en place une solution permettant au système de reprendre progressivement son fonctionnement.

Les autorités et les professionnels du secteur soulignent que l’incident ne correspond pas exactement aux précédentes perturbations majeures ayant frappé le contrôle aérien britannique. La panne de mardi est liée à un problème technique du système de traitement des données de vol de NATS. Alors que l’incident de 2023 avait notamment affecté le traitement automatique des plans de vol et provoqué une paralysie beaucoup plus large du trafic aérien.

Cette nouvelle défaillance ravive néanmoins les interrogations sur la robustesse des infrastructures britanniques de contrôle aérien. En 2024, l’autorité britannique de l’aviation civile avait déjà demandé à NATS de revoir ses dispositifs de secours après l’incident de 2023.

L’Autorité britannique de l’aviation civile a annoncé qu’elle examinerait les circonstances de la panne et déterminerait si des mesures supplémentaires étaient nécessaires.

Si le système de contrôle aérien fonctionne désormais normalement, les conséquences de la panne pourraient donc se prolonger plusieurs jours. Le déplacement des avions et des équipages, ainsi que l’accumulation des retards et des annulations, rendent en effet le retour à un programme normal particulièrement difficile…

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Industrie cosmétique : l’urgence d’une réforme pour sauver le Made in Tunisia

Le Made in Tunisia cosmétique a toutes les cartes en main pour devenir une marque de confiance, synonyme d’innovation et de qualité. Encore faut-il que l’État accompagne cette ambition par des réformes structurelles urgentes.

Les derniers chiffres de décembre 2025 fournis par la CONECT montrent que le secteur cosmétique représente aujourd’hui un chiffre d’affaires de près de 1,6 milliard de dinars et génère environ 10 000 emplois directs. Derrière ces chiffres se cache une industrie freinée par un environnement fiscal, réglementaire et logistique de plus en plus contraignant.

Joints par nos soins, des industriels du cosmétique disent faire face à une pression fiscale lourde, à savoir un droit de consommation de 25 % appliqué sur plusieurs catégories de produits (parfums, soins de la peau, maquillage), qu’ils soient importés ou fabriqués localement. Il en va de même des droits de douane élevés sur les matières premières et les emballages importés; alors que la plupart des intrants ne sont pas disponibles localement. Et un monopole d’importation de matière première stratégique, qui limite le choix qualitatif, alourdit les procédures et renchérit les coûts.

Le virage du naturel : une ambition, mais un parcours du combattant

Au-delà de ce diagnostic, la tendance mondiale est claire : l’Europe et les États-Unis s’orientent massivement vers le naturel et le bio. En Tunisie, la volonté est là, mais les obstacles sont nombreux. Sollicitée par la rédaction de leconoministemaghrebin.com, Alya Belkhodja, présidente du groupement professionnel des industriels des produits cosmétiques (CONECT) et gérante de Moline, revient sur la difficulté d’accès à des matières premières naturelles certifiées, la plupart des fournisseurs étant à l’étranger.

Elle rappelle que le processus de certification long (pouvant aller jusqu’à 10 mois) et coûteux, nécessite des audits et un suivi rigoureux. Elle souligne l’absence d’un cadre juridique définissant et encadrant les notions de « naturel » et de « bio », contrairement à d’autres marchés. Ce qui fait que cette situation rend l’export vers l’Europe particulièrement difficile. Alors même que les exigences en matière de certification naturelle y sont devenues la norme.

Le poids d’une fiscalité « punitive »

Le premier coupable de cette hémorragie porte un nom : le droit de consommation. Instauré en 2018, cette taxe de 25 % frappe les codes tarifaires 3303 et 3304, c’est-à-dire les parfums, les soins de la peau, le maquillage et les écrans solaires. « Une crème hydratante ou un écran solaire ne sont pas des produits de luxe » insiste Alya Belkhodja. Ce sont des biens de première nécessité, surtout sous notre climat.

Dans un monde où le  » clean beauty » et le « naturel certifié » sont devenus des standards, la Tunisie accuse un retard structurel. « La tendance mondiale est claire : l’Europe et les États-Unis s’orientent à 100 % vers le naturel » constate Alya Belkhodja. « Tandis que chez nous, obtenir une certification comme Ecocert, c’est un parcours du combattant » ajoute-t-elle.

Les raisons ? Un accès difficile à des matières premières naturelles certifiée. Car il faut rappeler que le  processus de certification long (jusqu’à 10 mois) et coûteux, nécessitant des audits rigoureux. Et surtout, l’absence d’un cadre juridique  définissant et encadrant les notions de « naturel » et de « bio ».

Génération Alpha : quand le fossé culturel rencontre le marché du travail

Au-delà des aspects fiscaux et réglementaires, le secteur fait face à un défi humain, révélateur d’une mutation sociétale plus large. « Recruter des jeunes diplômés, c’est devenu un casse-tête » confie une gérante d’usine. « Ils sont brillants, curieux, mais ils ne tiennent pas deux mois. Dès qu’on leur parle de responsabilité, de rigueur, de processus, ils se sentent étouffés. »

Le phénomène, baptisé « génération Alpha », dépasse largement les frontières du cosmétique. « C’est un gap générationnel, » Alya Belkhodja. « Ces jeunes ont grandi avec les réseaux sociaux, l’instantanéité, le zapping. Ils ne conçoivent pas de rester huit heures dans un bureau ou un laboratoire. Ils veulent du sens, de la flexibilité, mais sans engagement. »

Conséquence : les entreprises peinent à trouver des profils expérimentés, dont le coût salarial est élevé. « Un ingénieur qui touche 3 000 dinars nets me coûte au minimum 4 500 dinars par mois, charges comprises, transporte et téléphone non inclus » détaille une industrielle. « Et encore, ce n’est pas suffisant pour le retenir » constate-t-elle.

Deux visions de la marque : marketing viral vs construction durable

Dans l’écosystème cosmétique, deux philosophies s’affrontent. D’un côté, les marques « influenceuses », qui misent tout sur le marketing digital, les campagnes virales et les collaborations avec des stars des réseaux sociaux. De l’autre, les marques  » bâtisseuses », qui privilégient la recherche, la qualité des formules, la confiance et la fidélité des clients sur le long terme.

Pour Alya Belkhodja, on ne cherche pas le gain rapide. On construit une industrie, une réputation, une relation de confiance avec les clients.

Appel aux décideurs : trois réformes urgentes

Face à cette situation, les industriels ont un message clair adressé aux décideurs économiques et législatifs :

  • Supprimer le droit de consommation de 25 % sur les produits de soins de la peau, requalifiés en biens de première nécessité.
  • Alléger la fiscalité sur les matières premières importées, en alignant les droits de douane sur les standards internationaux (0–5 %).
  • Mettre en place un cadre réglementaire spécifique au secteur cosmétique, incluant une définition légale des cosmétiques naturels et bio, et une ouverture à la concurrence pour l’importation de l’alcool.

Nous avons les compétences, les équipements et les laboratoires nécessaires pour produire des produits de qualité dans un circuit formel » martèle Alya Belkhodja. « Le Made in Tunisia a toutes les cartes en main pour devenir une marque de confiance, synonyme d’innovation et d’excellence. Mais il faut que l’État nous donne les moyens de jouer à armes égales. »

Pendant que les industriels  multiplient les appels à la réforme, « le consommateur tunisien est pris en otage, conclut Alya Belkhodja. Il mérite des produits sûrs, de qualité, à des prix accessibles. Mais tant que le cadre fiscal et réglementaire restera aussi lourd, le circuit parallèle continuera de gagner du terrain » conclut-elle.

Reste une question : le Made in Tunisia cosmétique résistera-t-il encore longtemps à cette triple pression fiscale, réglementaire et générationnelle ? Les industriels ont les compétences, les équipements et la volonté.

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60 milliards au bilan de la BCT : ce que cachent vraiment les chiffres

Au 20 août 2026, le bilan de la Banque centrale de Tunisie (BCT) s’établit à environ 60 milliards de dinars (60 006 526 144 dinars exactement). C’est ce que révèle l’état comptable publié au JORT n°90 du 8 septembre. Près de la moitié de cette somme, environ 30 milliards de dinars (29 995 796 610 dinars), correspond aux billets et monnaies en circulation.

La monnaie fiduciaire domine le passif de l’institut d’émission tunisien. Les billets et pièces en circulation s’élèvent à environ 30 milliards de dinars (29 995 796 610 dinars), soit près de 50 % de l’ensemble du bilan de la BCT arrêté au 20 août 2026 et publié au Journal officiel de la République tunisienne du 8 septembre.

Ce bilan total atteint environ 60 milliards de dinars (60 006 526 144 dinars). À l’actif, deux postes concentrent l’essentiel des montants : les avoirs en devises, pour environ 25 milliards de dinars (25 118 326 394 dinars), et les facilités accordées à l’État, à hauteur d’environ 18,65 milliards de dinars (18 650 000 000 de dinars). À eux seuls, ces deux postes pèsent près de 73 % du bilan.

Des avoirs extérieurs à mettre en regard d’un passif en devises

En ajoutant à ces avoirs en devises trois autres lignes — environ 1,6 milliard de dinars d’or (1 586 063 266 dinars), environ 480 millions de dinars au titre de la position de réserve auprès du FMI (482 202 406 dinars) et environ 76 millions de dinars de disponibilités en droits de tirage spéciaux (75 954 540 dinars) —, les principaux actifs extérieurs inscrits au bilan totalisent environ 27,3 milliards de dinars, soit un peu plus de 45 % du total.

Ce chiffre ne peut cependant se lire indépendamment du passif. Face aux environ 25 milliards de dinars d’avoirs en devises figurent notamment environ 10,5 milliards de dinars d’engagements en devises envers les intermédiaires agréés (10 484 005 583 dinars), environ 2,9 milliards de dinars classés en autres engagements en devises (2 908 600 000 dinars) et environ 110 millions de dinars logés sur des comptes de non-résidents en devises (109 806 702 dinars). Ces trois lignes cumulées atteignent environ 13,5 milliards de dinars, hors allocations de droits de tirage spéciaux.

Rien dans le document ne permet de soustraire mécaniquement ce montant des avoirs bruts pour en déduire des « réserves nettes » : la nature, les échéances et les caractéristiques de ces engagements ne sont pas précisées par le seul état comptable. Le rapprochement établit néanmoins qu’une part importante des avoirs en devises trouve une contrepartie au passif.

L’écart est particulièrement marqué s’agissant des droits de tirage spéciaux : la BCT n’inscrit qu’environ 76 millions de dinars de disponibilités et emplois en DTS à l’actif, contre environ 1,1 milliard de dinars d’allocations de DTS au passif (1 092 319 439 dinars). Les disponibilités ne représentent ainsi qu’environ 7 % du montant des allocations. Le document ne fournit aucune explication à cet écart.

18,65 milliards pour l’État, mais aussi des dépôts de l’État à la BCT

Le deuxième grand poste de l’actif concerne l’État : environ 18,65 milliards de dinars de facilités lui sont accordées, soit environ 31 % du bilan. Une ligne distincte fait apparaître une avance d’environ 2,3 milliards de dinars (2 279 760 513 dinars), en contrepartie de la participation tunisienne au FMI. Ensemble, ces deux montants forment environ 21 milliards de dinars — un encours arrêté à une date donnée, que le bilan ne permet pas à lui seul de situer dans une évolution dans le temps.

À l’inverse, l’État dispose lui-même de fonds logés à la Banque centrale : environ 1,65 milliard de dinars sur le compte central du gouvernement (1 648 527 372 dinars) et environ 2,37 milliards de dinars sur des comptes spéciaux (2 371 871 726 dinars), soit environ 4 milliards de dinars au passif. Ces sommes éclairent les créances de la BCT sur l’État sans pour autant s’y soustraire directement, leur nature juridique et leurs fonctions pouvant différer.

Politique monétaire : plus de 10 milliards mobilisés auprès des banques

Vis-à-vis du système bancaire, la BCT enregistre environ 6,5 milliards de dinars de facilités accordées aux banques dans le cadre de ses opérations de politique monétaire (6 496 millions de dinars), ainsi qu’environ 3,85 milliards de dinars de titres acquis via des opérations d’open market (3 845 847 599 dinars) — un instrument spécifique de politique monétaire, distinct d’un simple crédit bancaire. Ces deux lignes cumulent environ 10,3 milliards de dinars. En miroir, le passif comprend environ 550 millions de dinars d’engagements envers les banques liés à ces opérations, et environ 700 millions de dinars de comptes courants des banques et établissements financiers (697,747 millions de dinars).

Écarts de change, capital et autres lignes

Le bilan fait également apparaître environ 4,5 milliards de dinars d’écarts de conversion et de réévaluation (4 479 533 812 dinars), un montant supérieur au cumul des comptes du gouvernement à la BCT évoqués plus haut. Le document ne détaille pas la répartition de cette ligne entre les différents mécanismes de change.

Le capital de l’institution, quant à lui, reste fixé à 6 millions de dinars. Avec environ 2,07 milliards de dinars de réserves (2 070 514 823 dinars) et un montant négligeable d’autres fonds propres (84 814 dinars), l’ensemble des fonds propres avoisine environ 2,1 milliards de dinars, soit environ 3,5 % du bilan — un rapport capital/bilan qui ne se compare pas directement à celui d’une banque commerciale, une banque centrale n’étant pas soumise aux mêmes règles prudentielles.

D’autres lignes complètent ce tableau sans en modifier la hiérarchie : environ 1,7 milliard de dinars de comptes courants en dinars détenus par des organismes étrangers (1 684 millions de dinars), ainsi que des comptes d’attente et de régularisation représentant environ 1 milliard de dinars à l’actif (978,3 millions de dinars) et environ 1,7 milliard au passif (1 727 millions de dinars).

Quatre masses à retenir

Au total, quatre grandes masses structurent ce bilan : environ 27,3 milliards de dinars d’actifs extérieurs, environ 18,65 milliards de facilités identifiées comme accordées à l’État, environ 30 milliards de billets et monnaies en circulation et des engagements en devises d’environ 13,5 milliards auxquels s’ajoute séparément environ 1,1 milliard d’allocations de DTS.

Ces presque 60 milliards de dinars ne représentent donc ni une réserve immédiatement mobilisable, ni une somme disponible pour la dépense publique. Ils correspondent à l’ensemble des actifs détenus par la Banque centrale de Tunisie et à leurs contreparties au passif, tels qu’arrêtés au 20 août 2026.

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Entre 2020 et 2024, près de 160 000 entreprises ont fermé

La crise sanitaire déclenchée en 2020 a laissé une empreinte profonde et durable sur l’économie tunisienne. Entre le déclenchement de la pandémie et l’année 2024, ce sont 159 304 entreprises privées qui ont définitivement fermé leurs portes.

 

Loin de s’être cantonné à la seule période de confinement sanitaire, ce choc s’est mué en une crise d’usure économique. Les données révèlent la fragilité d’un tissu entrepreneurial dominé par des structures individuelles sans amortisseur financier, balayées au fur et à mesure que les mesures d’urgence s’estompaient et que la crise macroéconomique s’installait.

Au plus fort des restrictions sanitaires en 2020, le nombre de radiations est resté artificiellement contenu à 20 714 unités, un niveau historiquement bas favorisé par le ralentissement de l’appareil judiciaire, les délais administratifs et les moratoires bancaires. L’effet de rattrapage ne s’est pas fait attendre. Après une remontée à 29 481 fermetures en 2021, l’année 2022 a connu un point de rupture absolu avec 59 430 cessations d’activité recensées. Ce pic s’explique par l’épuisement des liquidités des entreprises à la fin des aides exceptionnelles et la forte poussée inflationniste post-conflit ukrainien. Si le rythme a décéléré en 2023 (34 751) et en 2024 (14 928), le coût global pour le tissu productif formel demeure considérable.

 

L’hémorragie des travailleurs indépendants

Le profil des entreprises qui ont mis la clé sous la porte montre qu’il ne s’agit pas d’un démantèlement de grandes industries, mais de l’anéantissement massif du micro-entrepreneuriat. Les exploitants individuels sous statut de *personne physique représentent 91,2 % des radiations (145 357 fermetures). Ce déséquilibre se reflète encore plus nettement dans les effectifs déclarés. 96,6 % des entreprises disparues (153 921 structures) n’employaient aucun salarié. À l’inverse, les PME employant 10 salariés et plus ne comptent que pour 250 cas au total sur les cinq années, illustrant la résistance relative du capital structuré face à l’extrême vulnérabilité des petits commerçants et artisans isolés.

 

Le commerce et les services de proximité en première ligne

La structure sectorielle des fermetures met en avant les activités dépendantes des flux quotidiens de consommation et du pouvoir d’achat des ménages. Le secteur du commerce et de la réparation automobile et motocycles concentre, à lui seul, 75 135 sorties, soit 47,2 % du total, dont plus de 61 500 dans le seul commerce de détail. En deuxième position, la branche transports et entreposage totalise 20 612 disparitions (12,9 %). L’industrie manufacturière arrive en troisième position (15 330 sorties, soit 9,6 %), suivie de l’hôtellerie et de la restauration (10 201 fermetures, 6,4 %) et du BTP (8 159 sorties, 5,1 %).

Le régime onshore et les promoteurs tunisiens concentrent respectivement 98,2 % et 99,1 % des cessations d’activité. Les entités offshore ont traversé la tempête sans vague majeure de liquidations. Le fait d’avoir un marché extérieur qui affiche une demande est un garant de continuité d’activité, contrairement au marché local fortement impacté par un pouvoir d’achat effrité.

 

Les grands pôles au cœur de la tourmente

La répartition géographique des fermetures montre que le Nord-Est polarise plus de 42,4 % des sorties d’entreprises (67 660), tiré par le gouvernorat de Tunis qui compte à lui seul 21 754 cessations d’activité, suivi par Nabeul (11 012), Ben Arous (9 598) et l’Ariana (9 508). Le Centre-Est regroupe quant à lui 22,3 % des fermetures (35 457 fermetures), réparties entre Sfax (13 446), Sousse (9 905) et Monastir (7 392). Les régions de l’intérieur et du Sud, bien que moins pourvues en unités formelles, enregistrent des pertes importantes dans leurs centres urbains tels que Médenine (8 769 sorties) et Kairouan (5 993 sorties).

 

Les statistiques de la période 2020 – 2024 montrent que le choc pandémique et les tensions inflationnistes n’ont pas seulement suspendu l’activité économique. C’est vrai que sur la même période, 213 997 entreprises ont vu le jour, mais ce n’est pas nécessairement dans les mêmes domaines et qui demandent une main d’œuvre ayant les mêmes compétences. In fine, cette situation a poussé des dizaines de milliers de petits indépendants hors du circuit officiel, alimentant la précarisation du travail et le repli vers le secteur informel.

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OfficePlast et PGH : deux augmentations de capital prennent effet à la BVMT

L’indice de référence de la Bourse de Tunis, le Tunindex, a clôturé en baisse de 0,53 % mardi, à 19 329 points, selon le bulletin officiel n°8917 publié par la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT). Sur un an, l’indice affiche toutefois une progression de 43,71 %. L’indice Tunindex20, qui regroupe pour sa part les 20 valeurs les plus liquides de la cote, a lui aussi reculé, de 0,64 %, à 8 457 points, portant sa hausse annuelle à 41,53 %.

La quasi-totalité des indices sectoriels de la BVMT a terminé la séance dans le rouge. Le secteur des industries a le plus reculé, avec une baisse de 0,75 %. Les banques ont perdu 0,66 %, les sociétés financières 0,63 %, les assurances 0,48 % et les services financiers 0,43 %. Seuls les secteurs de la distribution et des services aux consommateurs ont progressé, chacun de 0,07 %. L’indice des produits ménagers et de soin personnel, en léger repli de 0,05 % sur la journée, reste le seul à afficher un solde négatif sur un an, avec une baisse de 1,4 %.

Sur le marché principal des titres de capital, la banque BIAT a terminé la séance stable, à 161,5 dinars. Amen Bank a cédé une demi-unité, à 90,5 dinars. Tandis que la BNA a reculé de 560 millimes, à 22,8 dinars. Tunisie Leasing et Factoring a perdu près de 3 %, à 35,02 dinars. À l’inverse, plusieurs titres ont profité d’une réservation à la hausse, dont Sotumag, qui a grimpé à 23,59 dinars, et l’emprunt obligataire de la BTE, qui a progressé à 6,46 %.

La Bourse a par ailleurs annoncé deux opérations liées à des augmentations de capital. Les actions nouvelles d’OfficePlast issues de l’augmentation de capital décidée en avril sont négociables depuis le 8 septembre, sur la même ligne que les actions existantes. Les droits d’attribution de Poulina Group Holding, à raison d’une action nouvelle pour 20 anciennes, sont quant à eux négociables depuis le 7 septembre, sous le code PGH26.

Le bulletin rappelle également la suspension de la cotation de deux titres. Celui d’Aetech est suspendu depuis le 29 janvier 2026 à la demande du Conseil du Marché Financier. Celui d’UADH est suspendu depuis le 25 mars 2026, la Bourse de Tunis invoquant des manquements aux obligations de publication financière et l’absence d’interlocuteurs fiables au sein de la société. La reprise de sa cotation dépend de la régularisation de ces manquements.

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BYD, ou l’électrique chinois à la conquête de l’Afrique à travers la Tunisie?

La Tunisie veut transformer sa position stratégique en levier d’attraction pour les investissements chinois. L’automobile électrique, les infrastructures énergétiques et le transfert technologique figurent parmi les pistes évoquées avec le géant chinois BYD.

La diplomatie économique tunisienne poursuit ses efforts pour attirer davantage d’investissements chinois. Une rencontre tenue mardi 8 septembre 2026 à Pékin entre Adel Larbi, ambassadeur de Tunisie en Chine, et Ivan Cao, directeur régional de BYD pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a permis d’examiner les perspectives de développement du constructeur chinois en Tunisie, indiquent des médias locaux.

Organisé au siège de la mission diplomatique tunisienne dans la capitale chinoise, l’entretien a porté sur les atouts du pays et les opportunités susceptibles d’intéresser les groupes chinois désireux de développer leurs activités dans la région.

Parmi les principaux arguments avancés, souligne-t-on, figure la position géographique de la Tunisie, à proximité des marchés européens, arabes et africains. Une implantation dans le pays pourrait ainsi offrir aux investisseurs une base industrielle et commerciale leur permettant de rayonner au-delà du marché tunisien pour concerner l’Afrique du Nord mais aussi l’Europe.

L’électromobilité au cœur des discussions

Le secteur automobile apparaît comme l’un des domaines présentant le plus fort potentiel de coopération sino-tunisienne. L’expérience acquise par la Tunisie dans la fabrication de composants automobiles – avec des entreprises européennes -, associée à l’existence d’une main-d’œuvre qualifiée, constituent un atout pour attirer de nouveaux projets industriels.

A cet égard, le ministère des Affaires étrangères de la Migration et des Tunisiens à l’étranger confirme qu’Ivan Cao a exprimé l’intérêt de BYD pour l’exploration des opportunités d’investissement et de création d’entreprises en Tunisie.

Les échanges ont également dépassé le simple cadre de la production automobile. Le développement des infrastructures électriques et la coopération technologique dans les domaines de l’énergie électrique et des énergies alternatives ont également été abordés.

Pour la Tunisie, l’enjeu est de profiter de l’essor mondial de la mobilité électrique afin de renforcer son tissu industriel et de se positionner sur de nouvelles chaînes de valeur.

De son côté, BYD cherche à une implantation éventuelle d’activités en Tunisie qui pourrait offrir un accès privilégié à plusieurs marchés régionaux. Et ce, tout en s’appuyant sur les compétences déjà disponibles dans l’industrie automobile.

Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement économique tuniso-chinois. Reste désormais à transformer l’intérêt exprimé en projets industriels concrets, capables de générer des investissements, des emplois et du transfert de technologies.

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Lazhar Sta tire sa révérence : la fin d’un parcours entrepreneurial

L’homme d’affaires Lazhar Sta, fondateur de Carthage Cement, est mort ce mardi 8 septembre 2026 dans l’un des hôpitaux de Tunis. Sa fille, Amina Sta, a annoncé la nouvelle dans la matinée.

Avec lui disparaît l’un des noms les plus emblématiques et les plus disputés du monde des affaires tunisien depuis le début des années 2000. Diversifié et résolument multisectoriel, le parcours entrepreneurial de Lazhar Sta s’était bâti sur des fondations solides. Dans le secteur du bâtiment, sa holding Bina Corp lui avait permis de s’imposer parmi les leaders des matériaux de construction.

Dans les médias, il avait su prendre des participations stratégiques dans plusieurs stations de radio comptant parmi les plus écoutées du pays.

En 2010, alors qu’il occupe la direction générale de Carthage Cement, Lazhar Sta orchestre l’entrée de la société à la Bourse de Tunis — une opération saluée comme historique. Avec cette disparition, la Tunisie perd de ses capitaines d’industrie les plus prometteurs.

Au-delà de sa carrière d’entrepreneur, Lazhar Sta avait également mené un long parcours syndical : entré très tôt dans les rangs de l’UTICA, il y avait siégé à plusieurs reprises au bureau exécutif national, où il s’était notamment illustré par des contributions marquantes sur les dossiers dont il avait la charge. C’est ce double héritage, entrepreneurial et syndical, que l’organisation patronale a tenu à saluer dans un communiqué publié ce mardi, présentant à sa famille et à ses proches ses condoléances les plus sincères.

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Fitch reconduit le « B- » de la Tunisie et pointe des besoins de financement toujours élevés

L’agence Fitch Ratings a confirmé  la note de défaut émetteur à long terme de la Tunisie à « B- », assortie d’une perspective stable, tout en pointant une dette publique qui devrait atteindre 85 % du PIB en 2026.

Fitch Ratings a maintenu inchangée sa notation souveraine de la Tunisie, fixée à « B- » avec perspective stable, selon un communiqué publié par l’agence. Cette décision confirme la note attribuée fin janvier 2026, date à laquelle le pays avait également été retiré de la liste des États sous observation et s’était vu attribuer une note de recouvrement « RR4 ».

Selon Fitch, cette appréciation repose sur plusieurs atouts structurels : un PIB par habitant et des indicateurs de développement humain supérieurs à ceux de pays comparables, une économie diversifiée dotée d’une main-d’œuvre qualifiée, ainsi qu’une position extérieure jugée résiliente face aux chocs externes. L’agence tempère toutefois ce constat en soulignant le poids d’une dette publique élevée, des déficits budgétaires persistants et une vulnérabilité des finances publiques liée à l’ampleur des subventions, à quoi s’ajoutent d’importants besoins de financement.  

La hausse des prix de l’énergie devrait creuser le déficit commercial tunisien, entraînant selon Fitch un déficit courant porté à 3,9 % du PIB en 2026. Les exportations d’huile d’olive, en progression de 44 % sur un an au premier semestre 2026, ainsi qu’une performance solide du compte des services, viennent toutefois en partie compenser cette dégradation.

L’agence anticipe un recul de ce déficit sous la barre des 2,5 % du PIB en 2027 et 2028, en misant sur une baisse des cours internationaux du pétrole, un niveau qui rejoindrait la médiane de 2,4 % observée pour les pays notés « B » sur la même période. Fitch souligne néanmoins que le solde courant tunisien reste très exposé à un choc pétrolier prolongé.

Les réserves internationales du pays devraient reculer en 2026, à hauteur de 3,3 mois de paiements extérieurs courants, avant de se reconstituer progressivement à partir de 2027 pour atteindre 3,7 mois en 2028, un niveau qui demeurerait inférieur à la médiane de 4,1 mois des pays notés « B ». Par ailleurs, les investissements directs étrangers nets ont progressé à 2 % du PIB en 2025, portés notamment par les énergies renouvelables et le secteur manufacturier ; l’agence relève que ces flux ont fait preuve d’une certaine résistance face aux turbulences politiques et externes.  

La dette publique devrait croître légèrement pour atteindre 85 % du PIB en 2026, avant de se stabiliser jusqu’en 2028, un niveau très supérieur à la médiane de 55 % projetée pour les pays notés « B » à cette échéance. Fitch note qu’environ 40 % de cette dette est libellée en devises étrangères, exposant les comptes publics à un risque de change.

 Les besoins de financement budgétaire, hors refinancement de la dette à court terme, devraient diminuer progressivement tout en restant élevés, à 13,5 % du PIB en 2028, contre une médiane de 8,9 % pour les pays notés « B ». Ces besoins ont jusqu’ici été en partie couverts par la Banque centrale de Tunisie, qui a octroyé des financements à taux zéro de 7 milliards de dinars en 2024 (4,4 % du PIB), puis un montant équivalent en 2025 (4,1 % du PIB) ; le projet de loi de finances 2026 table à son tour sur un financement de 11 milliards de dinars, soit 6,1 % du PIB attendu. Fitch estime que cette forme d’appui monétaire pourrait s’arrêter en 2027, faute d’échéances extérieures importantes à rembourser cette année-là. Le financement intérieur net devrait dans le même temps bondir, de 1,7 % du PIB en 2026 à 6,5 % en 2027, une évolution que l’agence juge susceptible de peser davantage sur le secteur financier domestique.

D’après le Fonds monétaire international, cité par Fitch, la monnaie tunisienne s’est appréciée de 24 % en termes effectifs réels entre 2019 et 2025, sous l’effet conjugué d’un taux de change nominal resté globalement stable et d’une inflation plus forte en Tunisie que chez ses principaux partenaires commerciaux. En mai 2026, la Banque centrale a restreint l’accès au financement de certaines importations jugées non essentielles, dans le but de contenir la demande en devises et de préserver ses réserves. Fitch juge que la baisse prévue des besoins de financement extérieur en 2027-2028, conjuguée à une inflation maîtrisée, devrait limiter le risque d’un décrochage brutal du dinar — sans pour autant faire disparaître les tensions qui pèsent sur la monnaie nationale.

Fitch prévoit une inflation moyenne de 5,7 % en 2026, puis un repli à 5 % jusqu’en 2028 — nettement en deçà de la moyenne de 8,3 % constatée entre 2022 et 2024. Cette modération tiendrait pour bonne part au fait que les subventions publiques aux carburants absorberont l’essentiel du renchérissement du pétrole sur les marchés internationaux ; de bonnes conditions météorologiques pendant la saison de croissance printanière limiteraient par ailleurs les risques d’envolée des prix alimentaires à court terme. L’agence table sur une croissance réelle moyenne du PIB proche de 2 % entre 2026 et 2028.

Fitch relève enfin que de récents épisodes de canicule ont perturbé la distribution d’eau et d’électricité dans le pays. Ces difficultés, conjuguées à un chômage élevé, auraient contribué à des mouvements de protestation dans plusieurs grandes villes. L’agence juge le risque politique limité, mais estime plus significatif le risque budgétaire, le gouvernement pouvant selon elle être poussé à étoffer certaines aides sociales et les embauches dans la fonction publique.

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TRIBUNE – Tunisie–Royaume-Uni : du soutien aux startups à la souveraineté technologique

La venue à Tunis, le 17 septembre prochain, d’une délégation britannique de haut niveau consacrée à l’innovation et à l’entrepreneuriat, constitue un signal intéressant pour l’écosystème tunisien. 

Organisée dans le cadre d’une initiative britannique dédiée aux entrepreneurs et faisant suite à la deuxième participation consécutive de la Tunisie à la London Tech Week, cette rencontre témoigne de l’intérêt croissant porté aux potentialités de notre écosystème entrepreneurial.

 

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Mais au-delà des rencontres institutionnelles, des séances de networking et de l’accès potentiel aux investisseurs, une question plus structurante mérite d’être posée : que voulons-nous réellement construire à travers cette relation avec le Royaume-Uni ? Car l’enjeu ne devrait pas être seulement d’attirer davantage de capitaux vers nos startups. Il est aussi de transformer cet intérêt international en capacités technologiques durables, en emplois qualifiés, en propriété intellectuelle et en entreprises capables de se projeter sur les marchés internationaux.

 

Du financement à la capitalisation

Le Royaume-Uni dispose de l’un des principaux pôles européens du financement technologique et du capital-risque. Pour les startups tunisiennes, cette profondeur financière représente une opportunité considérable. Mais l’enjeu est de dépasser la logique classique de recherche de financement. Il s’agit de construire des passerelles permettant à nos entreprises d’accéder aux fonds, aux accélérateurs, aux réseaux commerciaux et aux marchés britanniques. Et ce, tout en conservant en Tunisie une part significative de la création de valeur.

Autrement dit, le capital doit devenir un accélérateur de capacité et non simplement une source de financement. Une startup qui lève des fonds à l’étranger mais dont les fonctions stratégiques, les centres de décision et la propriété intellectuelle quittent progressivement le pays ne constitue pas nécessairement un succès du point de vue de la souveraineté économique.

Le véritable indicateur doit donc être plus exigeant : combien de capital international permettons-nous d’attirer, mais surtout combien de valeur technologique parvenons-nous à créer et à retenir ?

 

De la sous-traitance à la co-innovation

La Tunisie dispose depuis plusieurs années d’un écosystème favorable à l’entrepreneuriat innovant, notamment à travers le Startup Act. Mais cette dynamique doit désormais franchir un nouveau palier. La sous-traitance technologique peut créer des emplois et générer des revenus. Elle ne doit cependant pas constituer l’horizon ultime de notre politique numérique.

L’objectif devrait progressivement être de passer :

  • de l’exécution à la conception ;
  • de la prestation à la solution ;
  • du service à la propriété intellectuelle ;
  • de l’outsourcing à la co-innovation.

 

Cette évolution est particulièrement pertinente dans des domaines où les intérêts des deux écosystèmes peuvent converger : intelligence artificielle, cybersécurité, FinTech, logiciels industriels, technologies énergétiques et services numériques à forte valeur ajoutée.

L’enjeu n’est pas de demander un transfert unilatéral de technologie. Il est de construire des projets communs, dans lesquels les compétences tunisiennes et britanniques produisent ensemble des solutions susceptibles d’être commercialisées sur plusieurs marchés. C’est ainsi que la coopération peut progressivement passer d’une relation de fournisseur–client à une relation de partenaires technologiques.

 

La diaspora comme infrastructure de connexion

Cette stratégie doit également intégrer une ressource souvent sous-estimée : la diaspora tunisienne au Royaume-Uni. La diaspora peut devenir une véritable infrastructure de connexion technologique entre les deux écosystèmes. Elle peut faciliter l’accès aux investisseurs, aux universités, aux entreprises, aux réseaux professionnels et aux marchés, tout en permettant aux compétences tunisiennes établies à l’étranger de contribuer à des projets développés depuis la Tunisie.

 

La question n’est donc plus uniquement celle du retour des compétences. Elle est aussi celle de leur circulation. Un ingénieur tunisien installé à Londres peut contribuer à une entreprise tunisienne sans nécessairement revenir s’y installer. Un chercheur peut participer à un programme de R&D commun. Un entrepreneur peut ouvrir simultanément des marchés en Tunisie et au Royaume-Uni. La mobilité peut ainsi devenir un instrument de souveraineté plutôt qu’un simple indicateur de fuite des cerveaux.

 

De l’écosystème startup à la plateforme euro-africaine

Le rapprochement avec le Royaume-Uni ouvre également une dimension géoéconomique. La Tunisie ambitionne de se positionner comme une plateforme reliant l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique. Dans cette perspective, la technologie peut devenir l’un des principaux vecteurs de cette ambition. Il ne s’agit pas de proclamer que la Tunisie est déjà un hub technologique régional. Il s’agit de construire les conditions qui lui permettraient de le devenir.

Cela suppose de connecter trois éléments :

Capital britannique +Talents et startups tunisiens + Marchés africains et méditerranéens + Solutions technologiques exportables.

La Tunisie pourrait ainsi progressivement passer du rôle de territoire d’exécution à celui de territoire de conception, d’intégration et d’exportation de solutions technologiques.

 

Le véritable transfert de technologie : la capacité de produire

C’est probablement ici que se situe le cœur du sujet. Le transfert de technologie ne devrait pas être mesuré uniquement par le nombre de logiciels importés, de contrats signés ou de centres de services implantés. Il devrait être évalué à partir d’une question beaucoup plus simple :

Quelles nouvelles capacités la coopération permet-elle de créer en Tunisie ?  Des ingénieurs mieux formés ? Des laboratoires communs ? Des brevets ? Des produits exportables ? Des startups capables de changer d’échelle ? Des compétences en IA et cybersécurité ? Des entreprises tunisiennes intégrées aux chaînes technologiques internationales ?

C’est cette capacité cumulative qui transforme une coopération économique en actif stratégique.

Passer des intentions aux projets

La prochaine étape devrait donc être très concrète. Chaque partenariat stratégique devrait pouvoir être évalué à travers quelques indicateurs simples :

  • Montant des investissements mobilisés ;
  • Nombre de projets de R&D conjoints ;
  • Emplois technologiques créés en Tunisie ;
  • Propriété intellectuelle développée localement ;
  • Startups accompagnées vers l’international ;
  • c
  • Chiffre d’affaires export généré ;
  • Nombre de compétences tunisiennes connectées aux projets ;
  • Marchés africains et méditerranéens effectivement ouverts.

 

Cette approche permettrait d’éviter un écueil classique de la diplomatie économique : confondre la multiplication des rencontres avec la multiplication des résultats. Une coopération internationale n’est véritablement stratégique que lorsqu’elle produit des capacités nouvelles et mesurables.

 

De l’attractivité à la souveraineté technologique

Le partenariat tuniso-britannique offre ainsi une opportunité qui dépasse largement le financement des startups. La Tunisie peut chercher à attirer des capitaux, des investisseurs et des technologies. Mais elle doit simultanément veiller à ce que cette ouverture contribue à renforcer son propre écosystème productif et technologique.

La souveraineté technologique ne signifie pas l’autarcie. Elle signifie être capable de choisir, de concevoir, d’intégrer, de maîtriser et, lorsque cela est possible, de produire les technologies stratégiques dont dépend notre développement. Le Royaume-Uni peut apporter du capital, des réseaux, des marchés, des compétences et une profondeur technologique considérable.

La Tunisie, de son côté, peut apporter ses talents, son agilité entrepreneuriale, sa proximité avec l’Europe et l’Afrique et sa capacité à devenir un terrain de conception et d’expérimentation. Le véritable enjeu est donc de transformer ces complémentarités en capacité commune.

La réussite de cette coopération ne se mesurera pas seulement au nombre de startups tunisiennes rencontrées à Tunis, ni au montant des financements mobilisés.

Elle se mesurera à une question beaucoup plus stratégique : après le partenariat, la Tunisie sera-t-elle technologiquement plus capable qu’avant ?  Si la réponse est oui, alors nous ne parlerons plus simplement de soutien aux startups.

Nous parlerons de co-innovation, de création de valeur et, progressivement, de souveraineté technologique.

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L’UNICEF mise sur l’Afrique connectée : plus de 1 000 écoles tunisiennes concernées

L’UNICEF a ouvert un appel d’offres d’envergure (RFPS-NYH-2026-503940) pour la fourniture de services de connectivité Internet managés aux écoles et établissements accueillant des enfants dans 54 pays africains. La Tunisie figure parmi les pays concernés, avec un déficit de connectivité qui toucherait encore un millier d’écoles.

Ce marché s’inscrit dans le programme Giga, porté par l’UNICEF et l’Union internationale des télécommunications (UPI). Son objectif est de connecter jusqu’à 500 000 écoles et établissements de santé en Afrique d’ici 2030. Après une phase de manifestation d’intérêt close en mars 2026, l’agence onusienne a ouvert un appel d’offres compétitif. Tout en abandonnant les marchés pays par pays au profit d’un achat groupé à l’échelle continentale. Lequel est piloté comme une centrale d’achat pour le compte des gouvernements participants.

Le cas tunisien

Les annexes techniques du dossier précisent que la Tunisie compterait 7 348 écoles recensées, dont 6 344 déjà connectées et 1 004 non connectées. Une bonne partie d’entre elles situées dans les 4 749 écoles répertoriées en zone rurale. Le dossier fait aussi état de 2 340 établissements de santé recensés. A cet égard, le pilotage du volet tunisien reviendrait au ministère de l’Éducation.

Dans ce cadre, les prestataires peuvent soumissionner séparément ou conjointement sur trois lots :

  • La connectivité Internet proprement dite (six niveaux de service, du basique au très haut débit, avec supervision centralisée et API de monitoring);
  • Le réseau interne aux établissements (câblage, Wi-Fi, helpdesk);
  • Et, là où l’électricité fait défaut, des solutions d’alimentation complémentaires.

Un contrat pensé sur le long terme

Par ailleurs, le montage prévoit un accord-cadre de services (LTA-S) de cinq ans renouvelable. Les entreprises présélectionnées ne signent pas immédiatement de contrat d’exécution. Car, elles seront ensuite mises en concurrence pays par pays, une fois les besoins précisés avec les gouvernements. Le modèle est donc celui d’un service entièrement managé. Les équipements restant la propriété du prestataire pendant toute la durée du contrat, maintenance et remplacement à sa charge, sous SLA contraignant.

En outre, pour les opérateurs, intégrateurs réseau et fournisseurs d’énergie tunisiens, ce marché pluriannuel, adossé à des institutions comme la Banque mondiale, Smart Africa et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), constitue une opportunité rare de se positionner sur un programme structurant. Ainsi, les entreprises intéressées sont invitées à consulter l’avis officiel et l’ensemble des documents contractuels sur le portail des marchés des Nations unies (UNGM).

Le potentiel en Tunisie (chiffres officiels de l’Annexe G) :

                                             Nombre

Écoles recensées             7 348

dont déjà connectées    6 344

dont non connectées    1 004

Écoles en zone rurale     4 749

Établissements de santé    2 340.

———————-

*Article rédigé sur la base d’un dossier d’appel d’offres transmis par un partenaire du secteur, recoupé avec les informations publiques de l’UNICEF sur son initiative continentale de connectivité scolaire.

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PISA 2025 : l’Asie confirme sa domination, le Maroc à la peine et un Maghreb largement absent

Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2025) dessinent le portrait d’une crise internationale des apprentissages. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les publie ce 8 septembre.

L’évaluation menée auprès de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays révèle un recul généralisé des performances, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Les scores moyens de l’OCDE y atteignent leur niveau le plus bas depuis la création du test. Ce déclin global coïncide avec un impact notable de l’usage intensif des écrans et des outils numériques sur la concentration et les capacités de raisonnement approfondi.

Dans ce paysage assombri, l’Asie réaffirme une suprématie incontestée. Singapour domine largement le classement mondial, suivi de près par les régions chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, particulièrement performantes en sciences et en mathématiques. Le Japon, la Corée, Taipei chinois, Macao ainsi que l’Estonie et le Royaume-Uni complètent ce groupe de tête. Ils creusent un écart béant avec le bas du tableau où le Rwanda ferme la marche en sciences avec 317 points.

Le Maroc se situe pour sa part dans la partie inférieure du classement avec des résultats préoccupants. Les élèves marocains obtiennent 358 points en sciences, 343 points en mathématiques et 369 points en lecture. Ils accusent une baisse significative par rapport à 2022 avec respectivement 7, 18 et 10 points perdus. Ces chiffres placent le royaume chérifien nettement en dessous des moyennes internationales. Ils témoignent également de difficultés profondes dans l’ensemble des compétences fondamentales.

La Tunisie absente du classement

Sur le plan régional, la situation marocaine constitue le seul point d’ancrage d’une analyse maghrébine. Il s’avère en effet impossible d’établir un classement comparatif entre les cinq pays de la région pour cette édition 2025. Car seul le Maroc a pris part aux évaluations actuelles. L’Algérie et la Tunisie, qui avaient participé à des éditions antérieures comme celle de 2015, tout comme la Libye et la Mauritanie, ne disposent d’aucun résultat cette année. Cette absence n’est donc pas à interpréter comme un classement en queue de peloton; mais plutôt simplement comme une absence de données évaluables.

Ce nouvel exercice de PISA agit comme un signal d’alarme pour l’ensemble des gouvernements. Tandis que l’Asie consolide son modèle éducatif, la majorité des pays occidentaux et émergents se retrouvent face à une double urgence. A savoir : stopper la détérioration des acquis de base et garantir un accès équitable à un apprentissage de qualité.

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