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Faouzi Abderrahmane : « La baisse du chômage est un trompe-l’œil »

Alors que le taux de chômage s’est légèrement replié à 14,9 % selon les dernières statistiques de l’INS, cette baisse traduit-elle une véritable amélioration de la situation de l’emploi ou demeure-t-elle statistiquement marginale ? Éléments de réponse avec Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Ancien ministre de l’Emploi, Faouzi Abderrahmane appelle à relativiser cette baisse du taux de chômage annoncée par l’Institut national de la statistique (INS), passé de 15% à 14,9%. Car selon lui, « passer de 15% à 14,9%, cela peut tout simplement relever de la marge d’erreur inhérente aux statistiques de l’INS », estime-t-il. Et de rappeler que les données de l’INS sont publiées trimestriellement, soulignant l’importance particulière des statistiques du deuxième trimestre, généralement publiées en juillet. « La meilleure statistique est celle de mai, car l’échantillon y est plus important que durant les premier, troisième et quatrième trimestres. Les données du deuxième trimestre sont donc les plus fiables, notamment parce qu’elles permettent de disposer de chiffres régionaux », explique-t-il.

Pour l’ancien ministre, l’analyse de la situation de l’emploi ne doit pas se limiter à un indicateur conjoncturel. Elle doit prendre en considération l’ensemble des facteurs économiques, sociaux et institutionnels qui influencent le marché du travail.
 » Les moteurs de l’emploi sont au nombre de trois : le secteur public, le secteur privé et l’initiative individuelle. C’est le cas dans tous les pays du monde », affirme-t-il. Il précise que le secteur privé comprend différentes formes d’activité, allant de l’économie réelle à l’économie sociale et solidaire. Or, selon lui, ces trois moteurs sont aujourd’hui grippés en Tunisie. « Ils ne sont pas bloqués uniquement aujourd’hui. Ils le sont depuis plusieurs années, et les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à débloquer la situation »,  déplore-t-il.

Faouzi Abderrahmane considère que le chômage constitue le « réceptacle » des dysfonctionnements de l’ensemble des politiques publiques. Les difficultés liées à l’éducation, au développement régional, à l’investissement, à l’initiative privée, aux équilibres budgétaires ou encore aux investissements publics se répercutent directement sur l’emploi. « Il ne faut donc pas regarder l’emploi uniquement à travers les statistiques. Il faut également analyser tous les indicateurs qui l’entourent et qui expliquent la situation actuelle du marché du travail « , insiste-t-il.

Coupures d’eau et d’électricité : un symptôme de crise de gouvernance

L’ancien ministre établit également un lien entre les difficultés du marché de l’emploi et la dégradation des services publics, notamment les coupures récurrentes d’eau et d’électricité. « Ces perturbations sont devenues récurrentes. Elles traduisent l’incapacité du pouvoir exécutif à gérer le quotidien des citoyens », affirme-t-il.

Il critique une gouvernance qu’il juge trop marquée par une approche administrative. Selon lui, la présence de hauts cadres de l’administration à la tête de l’exécutif ne garantit pas nécessairement une capacité à conduire des politiques publiques adaptées aux réalités du pays. « L’administration produit parfois des décisions incohérentes, déconnectées de la réalité. Elle ne peut pas, à elle seule, gérer les affaires du pays »,  estime-t-il.

Évoquant le Plan quinquennal transmis par le gouvernement au Parlement, Faouzi Abderrahmane déplore l’absence, selon lui, d’un véritable débat politique. « Le texte a été adopté tel quel, sans modifications substantielles ni discussion de fond. Ce plan est davantage le produit de l’administration que celui d’une vision politique », déplore-t-il. Cette absence de vision stratégique, estime l’ancien ministre, expliquerait en partie les difficultés persistantes dans la gestion des affaires publiques, ainsi que l’incapacité à impulser une dynamique durable de création d’emplois.

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Investissements indiens : le train que la Tunisie ne doit pas rater

Les relations économiques entre la Tunisie et l’Inde ont connu une évolution notable au cours des dernières années. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens bilatéraux, donnant un nouvel élan à la coopération économique entre les deux pays. Pour dresser un état des lieux de la coopération tuniso-indienne, il convient de rappeler que l’Inde occupe une place de premier plan dans l’économie mondiale. À cet égard, nous avons interrogé Jalel Tebib, directeur général de la Foreign Investment Promotion Agency (FIPA Tunisia), sur l’état et les perspectives des relations économiques entre la Tunisie et l’Inde.

À cette question, Jalel Tebib a souligné : « Comme je l’ai indiqué, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la coopération Sud-Sud entre la Tunisie et ses partenaires de différentes régions du monde. Certes, nous entretenons des relations privilégiées avec nos partenaires traditionnels, notamment nos voisins, mais nous sommes également dans l’obligation de diversifier nos partenaires économiques, en particulier en nous tournant vers des sources non traditionnelles, telles que la Chine, le Japon et l’Inde. Cette opération de promotion vise justement à renforcer le partenariat avec l’Inde. »

Il part du constat que la présence actuelle des entreprises et des partenaires économiques indiens en Tunisie se limite à seulement trois sociétés. Cela ne reflète nullement l’importance de l’Inde dans l’économie mondiale. « Vous savez que l’Inde est quasiment un continent, avec d’importantes capacités d’investissement à l’étranger. De nombreuses entreprises et de nombreux groupes indiens ont investi massivement en Europe, aux États-Unis et en Afrique. La Tunisie doit donc pouvoir bénéficier de cet élan d’investissement à l’international. Les chiffres actuels restent limités, mais les perspectives sont très prometteuses », a-t-il ajouté.

“ Nous avons récemment récompensé, dans le cadre du Tunisia Investment Forum, une entreprise indienne implantée à Sfax, opérant dans le secteur des composants automobiles et des logiciels dédiés à la mobilité. Il s’agit d’une véritable success-story qu’il faudrait reproduire, aussi bien pour les entreprises indiennes que pour les opérateurs internationaux. Nous espérons qu’à partir de ce type de réussite, nous pourrons attirer davantage d’entreprises indiennes en Tunisie.”

Et d’ajouter: “ Par ailleurs, une autre société indienne opérant dans le secteur de l’aéronautique devrait prochainement s’implanter dans notre pays. Avec ces nouvelles implantations, nous pensons pouvoir doubler, d’ici la fin de l’année, le nombre d’entreprises indiennes présentes en Tunisie. À travers ce type de rencontres avec nos partenaires; l’UTICA, la CONECT et l’ensemble des acteurs concernés, nous ne pouvons qu’espérer attirer davantage d’investissements internationaux, notamment en provenance de l’Inde et d’autres marchés.”
Ces investissements devraient également contribuer à la création d’emplois. Peut-on avancer une estimation du nombre de postes qui pourraient être créés ?

Et de poursuivre: « Certainement. D’ici la fin de l’année, nous prévoyons la création d’au moins un millier de nouveaux emplois liés aux investissements indiens en Tunisie ».

Un millier de postes d’emploi en Tunisie ?

La FIPA a publié un bilan faisant état d’une hausse des investissements étrangers par rapport à l’année précédente. Comment expliquez-vous cette évolution ? Jalel Tebib a répondu: « Cette hausse confirme la dynamique positive de l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs étrangers. Dans un contexte régional et international particulièrement difficile, marqué par de nombreux défis, l’ensemble des pays a enregistré un ralentissement des investissements étrangers. Malgré cette conjoncture, la Tunisie poursuit sa progression. Nous espérions attirer davantage d’investissements, mais nous restons, pour le moment, conformes aux prévisions établies pour l’année. Nous avons fixé un objectif de 4 milliards de dinars et nous avons déjà atteint la moitié de ce montant ».
Et de conclure : « Je pense donc que nous pouvons facilement atteindre, d’ici la fin de l’année, les objectifs escomptés, soit 4 milliards de dinars ».

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Mobilisation à Tunis sur fond de crise sociale

Jeudi 20 août 2026, plusieurs organisations de la société civile ont manifesté à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, laquelle dégradation a pour nom, entre autres, coupures d’eau et d’électricité, pénuries de médicaments.

Organisée à l’appel de « Nafas », un mouvement citoyen civil indépendant, la marche a réuni un nombre important de participants, lesquels réclamaient des solutions concrètes à la crise économique et sociale. Ils demandent aussi la préservation des libertés publiques, des droits politiques et des acquis sociaux.

Plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile ont livré leur analyse sur place. C’est le cas de Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui est revenu sur les slogans et le contexte politique : « La dernière fois, les slogans n’étaient pas uniquement ceux de l’organisation. Les jeunes ont scandé leurs propres slogans, qui ont même dépassé ceux de l’organisation ».

Selon lui, « les gens sont excédés par la situation actuelle. Ils estiment que les choses ne peuvent pas rester comme elles sont. Il faut un changement ». Il ajoute que « ce pouvoir politique s’est isolé de ses propres institutions, du gouvernement et du parlement. Cet isolement isole aussi le pays par rapport à son environnement régional et international. Nous perdons beaucoup d’occasions sur le plan socio-économique ».

Blocage socio-économique et absence de dialogue

Et l’ancien d’estimer que « le pays est bloqué sur le plan socio-économique. Il n’y a pas d’investissements ». Évoquant le système des entreprises communautaires, il juge qu’« il ne représente rien » et qu’« il n’est pas capable de créer de la richesse. C’est une économie de la pauvreté, pas une économie de création de richesse ».

Il note aussi qu’« à aucun moment dans l’histoire du pays, on n’est arrivé à une situation où il y a aussi peu de discussion. Même lors des grandes crises, il y a toujours eu des communications  et dialogue », ajoute-t-il.

Foued Mouakhar:  » Privilégier l’intérêt national »

Foued Mouakhar, dirigeant du PDL, rappelle son appel à « privilégier l’intérêt national ». « Nous voulons contribuer à élever la parole de vérité. Nous avons des causes communes : le système républicain, les droits, les libertés, l’État de droit, les institutions, la justice, la séparation et l’indépendance des pouvoirs. Quiconque va dans ce sens, nous marchons avec lui », déclare-t-il.

Pour lui, « l’important est que ces milliers de voix s’expriment et parviennent jusqu’au pouvoir ». « Si le pouvoir dit : “Faites ce que vous voulez, et faisons ce que nous voulons”, cela n’est pas de la démocratie. C’est une neutralisation de la démocratie. Nous ne pouvons pas étouffer les voix. Chacun est libre d’exprimer son opinion. C’est cela le plus important », affirme-t-il.

Nafaâ Laribi: « Les choses vont de mal en pire »

De son côté, Nafaa Laribi, membre du comité de défense d’Abir Moussi, note que c’est la troisième mobilisation après juin et le 25 juillet 2026. « On a encore plus de coupures d’électricité, encore plus de pénuries d’eau. La mise en bouteille de l’eau minérale et des eaux de source est en difficulté. On fait face à une pénurie d’essence et de carburant. Les choses vont de mal en pire », observe-t-il.

Interrogé sur l’impact de la manifestation, il répond : « La société civile et l’opposition sont présentes. L’essentiel est d’être toujours là, de faire pression, de lever haut nos principes et nos revendications, et de ne pas laisser le terrain vide ».

Houssem Hami, coordinateur de la coalition Soumoud, estime que « les Tunisiens tiennent bon ». « Ils ont lancé un message clair : assez de l’injustice, de l’échec et de l’absurde dans la gestion des affaires publiques », dit-il.

« Jeunesse, femmes, régions disent non à l’injustice et non à l’échec. Les citoyens sont épuisés par les coupures d’eau et d’électricité, par le manque de médicaments et par la hausse des prix. C’est la situation elle-même qui les pousse à descendre dans la rue », précise-t-il.

Et de conclure : « Nous avons proposé de nous rassembler autour du minimum commun : la citoyenneté. Les citoyens ont répondu, ainsi que les partis politiques et les organisations de la société civile. Nous sommes sur la bonne voie pour obtenir un changement réel dans la vie quotidienne et au niveau des droits et des libertés. La situation en Tunisie est la pire depuis des décennies : dégradation sociale, régression des libertés. C’est pourquoi nous nous réunissons pour définir les moyens d’agir et exiger un changement »

Eau, électricité, médicaments, coût de la vie, libertés : la mobilisation de jeudi met en lumière un ensemble de dossiers qui structurent, cet été, le mécontentement d’une partie de la société tunisienne. 

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À Tunis, une mobilisation citoyenne contre la crise du quotidien

Jeudi 20 août 2026, plusieurs organisations de la société civile ont appelé à manifester à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, notamment les coupures d’eau et d’électricité ainsi que les pénuries de médicaments. Organisée à l’appel de « Nafas », un mouvement citoyen civil indépendant, la mobilisation a réuni une foule importante venue réclamer des solutions concrètes à la crise économique et sociale et défendre les libertés publiques, les droits politiques et les acquis sociaux.

Le rassemblement a débuté à la place de la République, au Passage. Les participants ont ensuite marché en direction de l’avenue Habib Bourguiba,  jusau’au théâtre municipal. Des organisations de la société civile, des militants et des citoyens ont répondu à l’appel pour dénoncer la détérioration continue des conditions de vie et réclamer des mesures urgentes face à la crise que traverse le pays.

Sur les pancartes et dans les slogans, les mêmes préoccupations revenaient : la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, les coupures d’eau et d’électricité, les pénuries de médicaments et la dégradation des services publics. Les manifestants ont également dénoncé le recul des libertés et appelé les autorités à présenter des solutions concrètes à une situation sociale devenue, selon eux, insoutenable.

Nous y reviendrons..

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Tunisie–Inde: la CONECT mise sur un partenariat durable pour stimuler les investissements

Les relations économiques entre la Tunisie et l’Inde ont  évolué au cours des dernières années. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens bilatéraux, donnant un nouvel élan à la coopération économique entre les deux pays.

Les échanges tuniso-indiens portent sur plusieurs secteurs clés, notamment la fintech, les technologies de l’information et l’ingénierie logicielle. Les entreprises indiennes peuvent ainsi s’appuyer sur les compétences et le talent tunisiens pour développer et renforcer leurs activités.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé un conseil d’affaires permanent réunissant les deux organisations patronales tunisiennes et indiennes. Cette nouvelle structure vise à consolider les relations économiques entre la Tunisie et l’Inde, à faciliter le rapprochement entre les entreprises et à favoriser l’émergence de projets d’investissement communs.

À travers la création de ce conseil d’affaires qui vient d’être signé jeudi 20 août 2026 à Tunis, les deux pays entendent inscrire leur coopération dans la durée. Au-delà de l’augmentation des échanges commerciaux, l’enjeu consiste désormais à transformer les opportunités identifiées dans les secteurs du numérique, de l’agriculture, de l’industrie et des services en projets concrets.

Pour la Tunisie, il s’agit également de se positionner comme une plateforme d’accès aux marchés africains et européens. De son côté, l’Inde pourrait renforcer sa présence dans la région grâce à des partenariats avec les entreprises tunisiennes et à une coopération élargie dans des secteurs à forte valeur ajoutée.

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Dr Devyani Khobragade: « élargir les secteurs de coopération »

La Tunisie et l’Inde souhaitent franchir une nouvelle étape dans leur coopération économique. À travers le renforcement des échanges et la diversification des partenariats, les deux pays cherchent à stimuler l’investissement dans plusieurs secteurs stratégiques. 

Les échanges tuniso-indiens portent sur plusieurs secteurs clés, notamment la fintech, les technologies de l’information et l’ingénierie logicielle. Les entreprises indiennes peuvent ainsi s’appuyer sur les compétences et le talent des ingénieurs tunisiens afin de développer et de renforcer leurs activités.

Organisé par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), en collaboration avec la Confédération des industries indiennes (CII), l’ambassade d’Inde en Tunisie et plusieurs structures tunisiennes officielles, le forum constitue une occasion importante de consolider les relations économiques entre les deux pays.

Des secteurs complémentaires

Peu avant le coup d’envoi du forum, nous avons rencontré l’ambassadrice de l’Inde en Tunisie, Dr Devyani Khobragade. Interrogée sur les échanges entre les deux pays et leur impact sur les économies respectives, elle a déclaré: «  Comme je l’ai indiqué précédemment, nos deux pays disposent de nombreux secteurs d’activité complémentaires. Nous bénéficions également, de part et d’autre, de ressources humaines hautement qualifiées et de personnes talentueuses. Nous devons mieux les valoriser.Nous avons aussi des opportunités dans des secteurs traditionnels tels que les phosphates, le tourisme et l’agriculture. Toutefois, nous devons mettre en place les mécanismes nécessaires. Nous essayons notamment de négocier un accord commercial préférentiel entre les deux pays, afin de réduire les droits de douane applicables aux différents produits et secteurs tunisiens et indiens. Cela devrait contribuer à accroître les échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Inde. ». 

Poursuivant son propos, l’ambassadrice de l’Inde en Tunisie a ajouté : « Nous œuvrons également à la conclusion d’un traité bilatéral d’investissement entre les deux pays. Celui-ci devrait favoriser les investissements dans les deux sens et ouvrir la voie à une coopération dans différents secteurs, notamment les technologies, l’intelligence artificielle et bien d’autres domaines. »

La délégation de la Confédération des industries indiennes, la CII, comprend des représentants de plusieurs secteurs, notamment l’industrie minière, les technologies de l’information et de la communication, la fintech ainsi que les technologies agricoles.

Elle compte également des entreprises spécialisées dans l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction routière, les infrastructures et les matériaux de construction destinés à l’exportation. Une grande diversité d’entreprises est donc représentée à l’occasion de ce forum. 

Promouvoir le leadership féminin

Interrogée sur les possibilités de coopération entre la Tunisie et l’Inde en matière de leadership féminin, l’ambassadrice a souligné l’importance de cette question pour les deux pays. Tout en déclarant: « Le leadership féminin est très important pour des pays comme l’Inde et la Tunisie, qui disposent d’un niveau d’éducation élevé chez les femmes. Je suis très heureuse de constater que la Tunisie se classe au deuxième rang dans le domaine de la formation des femmes dans les disciplines STEM, c’est-à-dire les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques. »

C’est également un plaisir pour moi de me trouver dans un pays qui accorde une grande importance à l’énergie féminine et au principe du féminin divin. Nous devons donc faire fructifier ces complémentarités. J’ai l’intention de mettre en relation les délégations de femmes entrepreneures venues d’Inde avec les associations de femmes entrepreneures en Tunisie. »

Et de poursuivre: «  Des échanges ont déjà eu lieu par le passé avec des chambres de commerce et d’industrie regroupant des femmes entrepreneures, mais nous devons encore renforcer cette coopération. J’espère également voir davantage d’associations tunisiennes de femmes entrepreneures représentées ici aujourd’hui. » 

Ainsi, au-delà des échanges commerciaux, la coopération tuniso-indienne entend s’étendre à de nouveaux domaines, notamment les technologies, l’investissement, l’agriculture et l’entrepreneuriat féminin. Le renforcement des partenariats entre les deux pays devrait permettre de transformer les complémentarités existantes en projets concrets et durables.

 

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Aslan Berjeb: « Il faut booster les échanges tuniso-indiens »

Les relations économiques entre la Tunisie et l’Inde ont connu une évolution remarquable au cours des dernières années. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens bilatéraux, donnant un nouvel élan à la coopération économique entre les deux pays.

Les échanges tuniso-indiens portent sur plusieurs secteurs clés, notamment la fintech, les technologies de l’information et l’ingénierie logicielle. Les entreprises indiennes peuvent ainsi tirer parti des compétences et du talent des ingénieurs tunisiens afin de développer et de renforcer leurs activités.

Organisé par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), en collaboration avec la Confédération des industries indiennes (CII), l’ambassade d’Inde en Tunisie et plusieurs structures tunisiennes officielles, le forum constitue une occasion importante de consolider les relations économiques entre les deux pays. À cette occasion, le président de la CONECT Aslan Berjeb  a annoncé que le forum bilatéral se tiendra régulièrement, tous les six mois, alternativement en Tunisie et en Inde.

Quel rôle l’économie jouera-t-elle dans le renforcement des échanges entre les deux pays ? Quels sont les projets concrets envisagés pour stimuler l’investissement bilatéral ?

Diversifier les échanges

À l’occasion du coup d’envoi du Tunisia-India Business Forum, Aslan Berjeb, président de la CONECT, est revenu sur l’importance de diversifier les échanges entre la Tunisie et l’Inde.

 » La Tunisie entend, bien entendu, consolider ses relations historiques avec l’Union européenne ainsi qu’avec les pays frères et amis. Toutefois, elle souhaite également s’ouvrir à d’autres destinations, parmi lesquelles figure naturellement l’Inde », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que l’Inde est  « une puissance économique, numérique et industrielle »,   soulignant que la CONECT avait organisé cet événement en partenariat avec le CII, présenté comme l’une des principales organisations patronales et industrielles indiennes.

 » Il s’agit d’une véritable opportunité pour booster les relations tuniso-indiennes. Si l’on considère la moitié pleine du verre, ces relations peuvent être qualifiées de prometteuses, même si elles restent encore limitées. Avec des échanges commerciaux estimés à 521 millions de dollars, l’objectif est d’atteindre plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. C’est notre premier défi  » a-t-il expliqué.

Le deuxième défi consiste, selon lui, à diversifier les secteurs de coopération. « L’Inde est une puissance dans de nombreux domaines. Les entreprises indiennes sont déjà présentes en Tunisie à travers trois ou quatre investissements, ce qui reste peu. Cependant, il existe également des partenariats qui ne nécessitent pas nécessairement d’investissements directs », a-t-il précisé.

Des secteurs à fort potentiel

Aslan Berjeb a indiqué que plusieurs secteurs offrent des opportunités de coopération entre les deux pays, notamment l’agriculture, le dessalement de l’eau de mer et l’irrigation intelligente.

« Il existe également des perspectives importantes dans les technologies de l’information et de la communication, le numérique et l’intelligence artificielle. Une entreprise indienne implantée à Sfax et inaugurée l’année dernière emploie déjà plus de 800 ingénieurs. C’est un chiffre important « , a-t-il souligné.

D’autres secteurs présentent également un potentiel considérable, notamment l’industrie automobile et le textile. « Il s’agit donc d’une multitude de secteurs. Je pense que c’est la première étape pour stimuler les investissements et donner un nouvel élan à la coopération économique », a-t-il ajouté.

Le président de la CONECT a, par ailleurs, insisté sur l’importance de la création d’un conseil d’affaires tuniso-indien permanent.

« L’élément le plus important aujourd’hui n’est pas uniquement la tenue de cet événement. C’est aussi le conseil d’affaires que la CONECT va signer avec ses partenaires du CII. Il s’agira d’une structure permanente de collaboration, d’investissement et d’échange, qui permettra d’établir une relation durable et mutuellement bénéfique entre les deux parties », a-t-il affirmé.

Un mécanisme de rapprochement durable

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les mécanismes qui pourraient être mis en place dans le cadre de ce conseil d’affaires, Aslan Berjeb a expliqué que les deux organisations patronales auront pour mission d’identifier les secteurs nécessitant un rapprochement entre les entreprises.

« Les deux organisations patronales se réuniront régulièrement et mobiliseront leurs ressources afin d’identifier les secteurs qui ont besoin d’un véritable “matchmaking” entre les entreprises tunisiennes et indiennes. Des rencontres B2B sont organisées cet après-midi, mais cette dynamique se poursuivra également dans le cadre du conseil d’affaires, car celui-ci s’inscrit dans la durée »,  a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Un événement permet certes d’échanger des cartes de visite et de nouer de premiers contacts. Toutefois, le conseil d’affaires constitue une plateforme durable, destinée à assurer un suivi régulier et à transformer ces contacts en projets concrets. »

La Tunisie, une plateforme régionale

S’agissant de l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs indiens, Aslan Berjeb a estimé que la première étape consistait à mieux se connaître.

« Nous devons d’abord apprendre à nous connaître. Nos mentalités professionnelles sont radicalement différentes. Nous devons comprendre nos méthodes de travail respectives. Jusqu’à présent, nous étions principalement tournés vers l’Europe, les États-Unis et le Moyen-Orient, et, dans une moindre mesure, vers l’Afrique. L’Inde représente donc un nouvel environnement, avec une approche et une culture des affaires différentes », a-t-il expliqué.

En conclusion, Aslan Berjeb  a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les partenaires indiens et de valoriser les atouts de la Tunisie. Tout en ajoutant:   » Il faut booster les échanges tuniso-indiens ».

 » Les partenaires indiens sont très humbles. Nous échangeons avec de véritables géants économiques qui font preuve d’une grande humilité. Il est donc essentiel de comprendre leur manière de travailler et de savoir leur présenter la Tunisie comme une plateforme non seulement vers l’Afrique, mais aussi vers l’Europe. Ils en sont conscients. Je pense que nous pouvons réaliser de très belles choses avec eux. « 

 

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