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25 Juillet : pour une République qui éclaire vraiment

A chaque 25 juillet, la Tunisie célèbre sa République. Cette date commémore l’abolition de la monarchie en 1957 et l’instauration d’un régime qui incarne la souveraineté du peuple et l’émancipation nationale.

 

Mais cette année, la fête résonne étrangement presque comme un miroir inversé de l’état du pays. Des millions de Tunisiens vivent au rythme des coupures d’électricité. Cette situation n’est pas une simple fatalité climatique ou technique. Elle est le symptôme criant d’une maladie plus profonde, celle d’un secteur public qui a besoin d’une refonte et, surtout, de moyens.

La promesse républicaine de 1957 était celle d’une émancipation totale. Aujourd’hui, la dépendance énergétique et la vétusté d’une bonne partie des infrastructures de la STEG rappellent que les grands projets d’avenir ont souvent été sacrifiés au profit de la gestion des affaires courantes. La récente vague de chaleur et les délestages, qui ont paralysé l’économie, ont mis à nu la fragilité du modèle. La République ne remplit plus totalement son premier contrat social, celui d’assurer les besoins vitaux de ses citoyens.

La question des entreprises publiques est centrale. Pour les plus importantes d’entre elles, les pertes cumulées sont colossales. C’est le résultat de décennies de mauvaise gestion et d’un manque criant de gouvernance. Ces institutions, censées être les moteurs du développement, sont devenues des gouffres financiers. La réforme n’est plus une option, c’est une urgence vitale. Le 25 juillet doit sonner l’heure d’une prise de conscience générale et du lancement effectif des efforts pour mettre fin à cette gabegie. Il ne s’agit pas de brader le patrimoine national, mais de le sauver.

La réforme doit être radicale car elle touche aux fondements mêmes du pacte républicain. Pour la majorité de ces entreprises, un programme de restructuration est déjà prêt, incluant des contrats-programmes, un renforcement des conseils d’administration, une lutte acharnée contre la corruption et la fusion des structures aux compétences limitées. Le chantier est immense, mais des signaux positifs existent, comme la reprise d’activité de certaines entités à l’instar de la Société tunisienne de sucre. C’est la preuve que la réhabilitation est possible si elle s’accompagne d’une volonté politique ferme et d’une rupture avec les pratiques du passé.

La fête de la République ne peut plus être une simple commémoration historique. Elle doit devenir le catalyseur d’une refondation de toutes les entreprises publiques. L’épisode des coupures d’électricité a sonné le réveil. Il est temps que la République, dans sa substance, éclaire enfin la Tunisie du 21ème siècle.

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La grande mutation des voies pétrolières face au péril iranien est lancée

Au-delà des tensions récurrentes dans le détroit d’Ormuz, le secteur de la logistique pétrolière s’apprête à vivre des transformations structurelles majeures.

 

Soucieux de sécuriser leurs rentes financières face aux risques géopolitiques, les pays exportateurs cherchent à diversifier leurs voies d’acheminement. C’est précisément dans cette optique que l’Irak et la Syrie ont officialisé un accord visant à réhabiliter un oléoduc stratégique, ouvrant ainsi une nouvelle voie de contournement pour l’or noir.

 

Renaissance de l’axe Bagdad-Damas

Bagdad et Damas ont signé cet accord lors d’un sommet de la Chambre de commerce à Washington portant sur les investissements américains en Irak. Les Américains ont capté une marge réelle pour augmenter la production de pétrole et réduire les dépendances vis-à-vis de voisins hostiles.

L’oléoduc s’étend de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, jusqu’à la côte méditerranéenne de la Syrie, avec une capacité nominale de 700 000 barils par jour. Il est fermé depuis qu’il a été endommagé lors de l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003.

Lire aussi : L’Irak confie la relance de Kirkouk aux majors américaines

L’Irak, deuxième plus grand producteur de pétrole de l’OPEP, a lourdement souffert des perturbations du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz pendant la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Bagdad dépend de sa ville portuaire méridionale de Bassora, sur le golfe Persique, en raison des options limitées d’oléoducs pour acheminer son pétrole vers les marchés mondiaux. La production de pétrole de l’Irak a chuté de plus de 50 % pour atteindre environ 1,9 million de barils par jour en juin, contre environ 4,2 millions de barils par jour en février.

 

Quid de la menace d’infrastructure globale ?

Plusieurs États du Golfe souhaitent étendre la capacité de leurs oléoducs afin de réduire leur dépendance à l’égard d’Ormuz. Les Émirats arabes unis construisent un deuxième oléoduc vers le port de Fujaïrah, sur le golfe d’Oman, ce qui doublerait leur capacité d’exportation en dehors du détroit. L’Arabie saoudite envisage d’étendre de 2 millions de barils par jour son oléoduc menant à la mer Rouge.

Mais si les oléoducs peuvent servir de couverture contre les risques géopolitiques dans le détroit d’Ormuz, ils ne résolvent pas la menace sous-jacente que fait peser l’Iran sur les infrastructures énergétiques de la région. Le problème n’est pas la voie navigable. Les derniers mois ont montré que l’Iran peut utiliser des armes pour attaquer les installations de chargement, les stations de pompage, les stations d’arrivée, ces terminaux ainsi que les unités de stockage de ces oléoducs.

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