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Sihem Jebari est la nouvelle DG de l’Institut national de recherches en génie rural, eaux et forêts

Professeure de l’enseignement supérieur agricole, Sihem Jebari est désormais chargée des fonctions de directeur général de l’Institut national de recherches en génie rural, eaux et forêts (INRGREF), en vertu du décret n° 2026-157 du 23 juillet 2026, publié dans le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 24 juillet courant.

A noter au passage que l’Institut national de recherches en génie rural, eaux et forêts a été créé en 1996 par la loi des finances parue au JORT du 29 décembre 1995.

Ses missions consistent à contribuer à l’élaboration de la politique nationale de recherche dans les domaines des eaux, des forêts et du génie rural, à organiser et exécuter toute recherche scientifique en relation avec ces domaines et à participer à la protection, à la conservation et à la rationalisation de l’exploitation des ressources naturelles et de l’espace rural ainsi qu’au développement de la recherche scientifique et technique.

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Eau et électricité : les députés dénoncent le silence du gouvernement

Les députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont exprimé, lundi 27 juillet, leur indignation face au silence du pouvoir exécutif, durant la crise de coupures de l’eau et de l’électricité, pointant du doigt « la défaillance de la politique de communication du gouvernement », au cours de cette crise.

Le député Abderrazak Aouidat, représentant du bloc parlementaire « Al Khatt al watani assiyadi » (la Ligne nationale souveraine) a indiqué, lors d’une séance parlementaire organisée le 27 courant, que la perturbation au niveau de l’approvisionnement de l’eau potable est due à des coupures de l’électricité, lesquelles avaient duré plus d’une heure, dans plusieurs régions, ce qui a eu des répercussions négatives sur les catégories vulnérables de la population (personnes âgées, malades, enfants…) et sur les professionnels économiques (commerçants, industriels..).

Le député a attribué la crise à l’absence de programmes clairs et de stratégies appropriées au sein du pouvoir exécutif, soulignant que les coupures de l’électricité résultaient d’un pic de consommation, alors que la production électrique n’a pas augmenté. « La Tunisie n’a installé aucune nouvelle turbine électrique depuis 2019 », a-t-il noté, ajoutant que même la transition vers les énergies renouvelables demeure lente.

De son côté, le député Nabil Hamedi a estimé que la crise prouvait l’échec de la politique énergétique en Tunisie, appelant à élaborer une stratégie claire et efficace en la matière.

Pour sa part, le député Riadh Bilal a affirmé que la crise se présente comme une véritable épreuve pour la capacité de l’État à assurer des conditions d’une vie digne pour les Tunisiens, rappelant que l’eau et l’électricité sont deux droits primordiaux pour le citoyen. D’après lui, cette situation résulte de l’absence de l’investissement et de retards au niveau de réalisation de projets, pendant des années, ainsi que de la mauvaise gouvernance au sein des établissements publics.

Dégradation de la confiance des citoyens

Quant au député Tarek Rebai, il a fait état de la dégradation de la confiance des citoyens envers les institutions de l’État, face à l’accroissement des accusations de trahison, de haine et de division. Il a recommandé, dans ce cadre, d’informer le peuple de la réalité de la situation économique, de la crise de la dette, de la baisse du pouvoir d’achat et de la fragilité des équilibres économiques.

Un nombre de députés ont critiqué, aussi, l’absence de la communication avec les citoyens durant la crise, « ce qui avait aggravé le problème », selon le député Mohamed Zied Maher.

Fatma Msseddi, pour sa part, a proposé, quant à elle, d’organiser une séance d’audition pour interroger le gouvernement sur les problèmes de coupure de l’eau et de l’électricité. D’après elle, « on est passé d’un simple problème de dysfonctionnement technique à une crise de gouvernance, de communication et de prise de décision ».

Elle a rappelé, dans ce cadre, que l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques, rattaché à la Présidence de la République, avait mis en garde, dans une étude publiée depuis deux ans, contre la dégradation de l’indépendance énergétique, les retards d’investissement dans les réseaux électriques et l’absence d’un plan de gestion de crise.

Et d’ajouter que « l’étude avait présenté un ensemble de recommandations urgentes pour prévenir l’effondrement du système énergétique national, mais le gouvernement n’avait pris aucune mesure ».

De son côté, le député Ali Zaghdoud a condamné l’absence du gouvernement à cette séance, s’interrogeant sur la possibilité d’examiner au sein de l’ARP d’une crise nationale d’une telle ampleur sans la présence des responsables administratifs et politiques concernés. Il a réitéré, ainsi, que « le respect de l’ARP incarne évidemment le respect envers du peuple tunisien ».

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Les propos de Abdelmajid Tebboune sur la Tunisie font réagir la toile

Les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune ont suscité de vives réactions, y compris parmi d’anciens responsables et plusieurs citoyens.

L’ancien diplomate Ezzeddine Zayani a estimé que certains continuent de considérer la Tunisie comme un pays vulnérable, rappelant plusieurs épisodes marquants de son histoire, notamment l’attaque de Gafsa en 1980 et celle de Ben Guerdane en 2016.

Dans un post FB, il a souligné que la Tunisie avait démontré à plusieurs reprises sa capacité à faire face aux menaces, grâce à la mobilisation de ses forces et à la solidarité de sa population.

Il a également rappelé que la doctrine diplomatique tunisienne, héritée de Habib Bourguiba, repose sur le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, tout en rejetant toute forme de tutelle extérieure.

Une partie de son message visait aussi à appeler à davantage de lucidité face aux enjeux du moment, dans un contexte où les débats politiques et sécuritaires continuent d’alimenter les réactions sur les réseaux sociaux.

 

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Abdelmajid Tebboune avertit contre « l’instrumentalisation du terrorisme à l’encontre de la Tunisie »

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a assuré du soutien d’Alger envers la Tunisie en cas de menaces terroristes. Lors d’un entretien avec des représentants des médias, dont un extrait a été diffusé par la présidence, il a déclaré que « toute tentative d’utiliser le terrorisme pour faire pression sur la Tunisie serait sévèrement réprimée ». Tout en soulignant  que « celui qui veut amener le terrorisme aux côtés de la Tunisie ou menacer la Tunisie avec le terrorisme, nous lui détruirons la tente de ses parents ».

Abdelmajid Tebboune a situé cette prise de position dans le cadre des enjeux sécuritaires régionaux et des relations extérieures de l’Algérie, soulignant la proximité stratégique entre Alger et Tunis et l’importance de la stabilité tunisienne pour l’Algérie. Il n’a pas nommé d’organisation ou d’acteur précis. Dans le même entretien, il a également évoqué les relations avec la France, en affirmant que l’Algérie privilégie des relations basées sur le respect.

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Le brut russe, nouveau choix stratégique de la Chine

Les acheteurs chinois se précipitent pour s’approvisionner en pétrole brut russe ESPO, car les risques accrus pesant sur les flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient incitent les raffineurs à sécuriser leurs approvisionnements.

Toutes les cargaisons chargées en août au terminal de Kozmino, sur la côte pacifique russe, ont déjà été achetées. Tandis que plusieurs autres prévues pour septembre ont également changé de mains, rapporte Bloomberg, citant des négociants.

Le rythme des ventes est plus rapide que d’habitude, ont-ils déclaré, car un fort intérêt des acheteurs a fait chuter les prix de l’ESPO à une décote d’environ 1 dollar par baril par rapport au Brent ICE, contre une décote de 3 à 4 dollars il y a deux semaines.

Cet achat anticipé marque une rupture avec les pratiques commerciales habituelles de l’ESPO. Ce pétrole brut léger et doux — ainsi nommé en raison de sa relative liquidité et de sa faible teneur en soufre — nécessite environ une semaine de transport de Kozmino à la Chine. De ce fait, les acheteurs sont généralement peu incités à s’approvisionner beaucoup plus tôt. Bien que l’ESPO ne soit pas identique aux mélanges de pétrole brut du Moyen-Orient, il reste attractif pour les raffineurs chinois en raison de son prix bas et de son rendement élevé en diesel.

Cependant, les raffineurs semblent désormais disposés à payer un prix plus élevé afin de sécuriser leur approvisionnement. Car le conflit au Moyen-Orient crée une incertitude quant aux expéditions de pétrole en provenance du golfe Persique. « Les grandes compagnies pétrolières chinoises, menées par Unipec, achètent du pétrole brut russe ESPO depuis juillet, et les récents troubles au Moyen-Orient ont accéléré les achats pour août et septembre », a déclaré Emma Li, analyste en chef du marché chinois chez Vortexa Ltd…

Ces marchés stimulent déjà les exportations de pétrole russe vers la Chine. Les importations maritimes mensuelles devraient atteindre leur plus haut niveau depuis mars, date à laquelle le conflit au Moyen-Orient a commencé à perturber les approvisionnements pétroliers régionaux, relève la société d’analyse de données Kpler.

Par ailleurs, un projet de loi américain pourrait imposer des droits de douane aux principaux acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes, dont la Chine. Ce qui augmenterait encore l’incitation à acheter dans un avenir proche.

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Coupures d’électricité : une séance parlementaire sans le gouvernement

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a entamé, ce lundi 27 juillet 2026, une séance plénière consacrée aux coupures récurrentes d’électricité et aux interruptions de l’approvisionnement en eau qui les ont accompagnées. Et ce, dans un contexte marqué par des chaleurs fortes.  Les débats se sont ouverts en l’absence des représentants du gouvernement.

Le président de l’ARP, Brahim Bouderbala, a souligné que cette séance visait à examiner les difficultés rencontrées par le pays et à s’inspirer des expériences d’autres États. Et ce, afin d’engager des réformes de fond dans le secteur.

Plusieurs députés ont critiqué la gestion de cette crise par l’exécutif. 

Dans ce contexte, une large partie des députés a regretté l’absence des membres du gouvernement lors de cette séance; alors que l’exécutif avait été informé à l’avance de sa tenue. Mais aussi le manque de communication du gouvernement sur les causes des coupures récurrentes. 

Par ailleurs, notons à cet égard que les conséquences de ces délestages sont lourdes pour les citoyens. Il en va de même pour  les industriels et les acteurs économiques. 

Au cours des débats, la députée Fatma Mssedi a, pour sa part, appelé « le gouvernement à présenter des solutions ». 

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Orages annoncés : agriculteurs et pêcheurs appelés à la prudence

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime a appelé les agriculteurs et les pêcheurs à la plus grande vigilance. Et ce, en raison des prévisions de l’Institut national de la météorologie annonçant, pour l’après-midi de ce lundi, des cellules orageuses accompagnées de pluies parfois abondantes et de vents forts.

Les agriculteurs sont invités à sécuriser leurs équipements, machines et serres. De même qu’ils doivent protéger leurs troupeaux en les éloignant des zones à risque et éviter toute activité en plein champ pendant les orages.

Les pêcheurs sont, pour leur part, appelés à reporter leurs sorties en mer jusqu’à l’amélioration des conditions météorologiques. Ils sont amenés également à respecter les consignes des autorités maritimes et à vérifier leurs équipements de sécurité.

Le ministère recommande enfin à tous les intervenants des secteurs agricole et maritime de suivre les bulletins météorologiques. Tout en respectant les mesures préventives, afin de préserver les vies et les biens.

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Sidi Bou Saïd rejoint le patrimoine mondial : la Tunisie porte son total à dix sites classés

La Tunisie vient d’inscrire un dixième site sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, devenant ainsi le premier pays arabe et africain à atteindre ce cap. Une reconnaissance qui récompense des années de travail menées par les experts, les archéologues, les institutions spécialisées et les acteurs de la société civile engagés dans la préservation du patrimoine national.

Ce nouveau classement de l’Unesco met en lumière la richesse exceptionnelle du patrimoine tunisien. Le pays compte près de 50 000 sites archéologiques répertoriés, un chiffre qui témoigne de la densité et de la diversité de son héritage historique, sans même inclure les sites encore non découverts.

Ainsi la Tunisie arrive en tête du classement avec dix sites inscrits, le dernier étant Sidi Bou Saïd, validé en juillet 2026. Le Maroc suit après avec neuf sites inscrits principalement des médinas historiques et des sites archéologiques. L’Arabie saoudite se positionne juste derrière grâce à plusieurs sites majeurs reconnus. Tandis que l’Egypte, l’Algérie, la Jordanie et le  Liban complètent la liste des pays.
Graphique généré par l'IA
Graphique généré par l’IA

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La Tunisie dans le Top 6 africain de la connectivité numérique

La Tunisie confirme sa progression dans le paysage numérique africain. Le pays occupe la 6e place en Afrique en matière de connectivité numérique, révèle la dernière édition de l’Indice de développement des technologies de l’information et de la communication (IDI) publié par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Avec un score de 80,1 points sur 100, la Tunisie se situe largement au-dessus de la moyenne africaine, établie à 59 points. Cette performance traduit les avancées réalisées en matière d’accès aux services numériques, de couverture des réseaux et d’utilisation des technologies de communication.

L’IDI évalue principalement deux dimensions : la connectivité universelle et la connectivité efficace. La Tunisie affiche un résultat particulièrement élevé dans le second volet, avec un score de 90,8 points; tandis que le pilier de la connectivité universelle obtient 69,5 points.

Parmi les facteurs ayant contribué à ce classement figurent la large couverture des réseaux mobiles et la forte adoption des équipements numériques. La couverture de la population par les réseaux mobiles 3G atteint ainsi près de 99 %; tandis que le taux de possession d’un téléphone mobile s’élève à 90,9 %.

Ces indicateurs témoignent d’un niveau d’équipement élevé et d’une intégration progressive du numérique dans les usages quotidiens des Tunisiens, qu’il s’agisse des services administratifs, de la communication ou des activités économiques.

Toutefois, des défis persistent, notamment en matière d’accessibilité financière. Le coût des services de télécommunication et d’Internet demeure un facteur susceptible de limiter l’accès régulier au numérique pour une partie de la population, en particulier dans un contexte marqué par les pressions sur le pouvoir d’achat.

À l’échelle africaine, le classement est dominé par le Maroc, qui arrive en tête avec 89,2 points, suivi de Maurice (89,1 points), de l’Algérie (87,8 points) et de l’Afrique du Sud (86,4 points). La Tunisie se positionne ainsi parmi les pays africains les mieux avancés en matière d’infrastructures et d’usages numériques.

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Tunisie – Egypte : renforcement des relations bilatérales et coordination sur la Libye

Le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger Mohamed Ali Nafti s’est entretenu par téléphone avec son homologue de l’Egypte Badr Abdel Aaty, sur la situation de  l’accélération des développements dans la région. Il a présenté les efforts déployés pour favoriser la désescalade, contenir les tensions et soutenir la sécurité ainsi que la stabilité régionales.

S’agissant du dossier libyen, Mohamed Ali Nafti a salué les résultats de la réunion des ministres des Affaires étrangères du mécanisme trilatéral des pays voisins de la Libye, tenue au Caire, en Egypte, en mai dernier. Il a souligné l’importance de maintenir la régularité de cette instance, qu’il a qualifiée de cadre essentiel pour coordonner les positions des pays voisins, soutenir l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye, préserver ses institutions nationales et renforcer sa sécurité ainsi que sa stabilité.

Au cours de cet entretien, les deux ministres ont réaffirmé le caractère privilégié des relations bilatérales entre la Tunisie et l’Égypte, mettant en avant les liens historiques et fraternels qui unissent les deux pays. Ils se sont également félicités des progrès notables enregistrés dans les relations bilatérales.

Les deux responsables ont, en outre, salué la tenue de la 18ᵉ session de la Haute Commission mixte tuniso-égyptienne, organisée au Caire, ainsi que les résultats obtenus à cette occasion. Ceux-ci témoignent de la volonté commune des deux parties de hisser leur coopération bilatérale à un niveau supérieur. Ils ont insisté sur la nécessité d’assurer le suivi de la mise en œuvre des décisions prises lors de cette session et de capitaliser sur les accords conclus afin de renforcer la coopération économique, commerciale et en matière d’investissement entre les deux pays. 

Pour sa part, M. Abdel Aaty a enfin réaffirmé l’engagement de l’Égypte à consolider davantage les relations avec la Tunisie dans l’ensemble des domaines de coopération.

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L’activité économique de la zone euro rebondit de manière inattendue

L’activité du secteur privé de la zone euro s’est améliorée en juillet, retrouvant son niveau d’avant la guerre en Iran.

En particulier, les données préliminaires, publiées dimanche 26 juillet, de l’indice composite des directeurs d’achat (PMI) compilé par S&P Global montrent qu’il est passé de 50 en juin à 51,9 en juillet. C’est la première fois depuis mars que l’indice dépasse 50, le niveau qui sépare les zones de croissance et de contraction.

Les deux plus grandes économies de la région ont également affiché des résultats supérieurs aux attentes, selon l’enquête. L’indice allemand a bondi de manière inattendue au-dessus de 50 (51,2 contre 49,5). Mettant ainsi  fin à un trimestre de contraction. Tandis que le repli de l’activité économique en France a été le plus faible depuis février (49,6 contre 47,2).

« Le mois de juillet a été marqué par une reprise de l’activité économique dans la zone euro », déclare Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence. « Toutefois, la volatilité du contexte géopolitique actuel ne permet pas de savoir si cette embellie se maintiendra » poursuit-il.

Avec la remontée des prix du pétrole et l’intensification des inquiétudes concernant le transport maritime, « il existe un risque de nouveau ralentissement de l’économie. Et ce, si les pressions inflationnistes augmentent à nouveau en raison des perturbations de l’approvisionnement, notamment dans le secteur de l’énergie », avertit encore M. Williamson.

Cependant, pour l’instant, l’enquête apporte de bonnes nouvelles concernant l’inflation. Les pressions sur les coûts ayant fortement diminué pour atteindre leur niveau le plus bas depuis le début de la guerre. Ce qui a contribué à contenir l’inflation des prix de vente de tous les biens et services. « Cela limitera la pression exercée sur la BCE quant à un besoin immédiat de nouvelles hausses de taux », souligne l’économiste en chef de S&P Global Market Intelligence.

A cet égard, notons que les indices PMI sont scrutés de près par les marchés, car leur publication en début de mois peut révéler des tendances et des points d’inflexion dans l’économie. Cependant, mesurant l’ampleur des variations de la production plutôt que leur profondeur, les enquêtes auprès des entreprises sont souvent difficiles à corréler directement avec le PIB trimestriel.

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ARTES : le chiffre d’affaires chute de 26,73 % au premier semestre 2026

La société ARTES a vu son chiffre d’affaires reculer de 26,73 % au terme du premier semestre 2026, à 134,252 millions de dinars. Et ce, contre 183,242 millions de dinars un an plus tôt, soit une baisse de 48,990 millions de dinars. Les immatriculations des marques Renault et Dacia, distribuées par le groupe, ont également diminué sur la période.

ARTES a publié ses indicateurs d’activité relatifs au deuxième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires de la société est ainsi passé de 183,242 millions de dinars au 30 juin 2025 à 134,252 millions de dinars au 30 juin 2026.

Sur le plan commercial, ARTES, qui commercialise les marques Renault et Dacia, a enregistré 2 772 immatriculations au 30 juin 2026, contre 3 631 unités à la même date en 2025. Ce recul représente 859 véhicules, soit 23,65 %.

La trésorerie nette de la société s’est également contractée. Elle est passée de 80,989 millions de dinars au 30 juin 2025 à 74,673 millions de dinars au 30 juin 2026. Soit une baisse de 6,316 millions de dinars.

À l’inverse, les produits financiers ont progressé de 7,014 millions de dinars au 30 juin 2026 par rapport à la même période de l’exercice 2025. Cette évolution résulte d’un effet combiné entre une hausse des dividendes distribués par les sociétés du groupe et une diminution des produits sur placements à court terme. Cette dernière découlant directement de l’application de la circulaire de la BCT n° 2026-4 du 26 mars 2026.

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La Banque centrale de Russie abaisse son taux directeur à 14 %

La Banque centrale de Russie a poursuivi son cycle d’assouplissement de sa politique monétaire, en procédant à une réduction limitée de son taux directeur de 25 points de base, afin de donner un peu de répit aux entreprises confrontées aux conditions économiques les plus difficiles depuis le début de la guerre en Ukraine.

La Banque centrale de Russie a abaissé son taux directeur de 14,25 % à 14 % vendredi 24 juillet, une décision largement anticipée par le marché. Dans sa déclaration, elle souligne que les risques inflationnistes continuent de l’emporter sur les risques déflationnistes à moyen terme. Ce qui impose une baisse plus progressive des taux d’intérêt. Elle précise que la réduction temporaire des capacités de production dans certains secteurs, conjuguée à une politique budgétaire plus expansionniste, justifie une approche plus prudente.

Cette décision reflète l’inquiétude croissante des autorités russes face au ralentissement de l’économie. Les attaques ukrainiennes de plus en plus fréquentes en profondeur sur le territoire russe ayant augmenté les coûts de production et fait grimper les prix du carburant, suite aux frappes répétées de drones sur des raffineries de pétrole.

La Banque centrale de Russie a également revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour la fin de l’année. Elle estime désormais qu’elle se situera entre 6 % et 7 %, contre une prévision précédente de 4,5 % à 5,5 %.

Dans le même temps, elle a revu à la baisse ses estimations de croissance de l’économie russe en 2026, à 1 %, contre une prévision précédente de 0,5 % à 1,5 %…

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Lula : les nouveaux droits de douane américains sont une « erreur stratégique »

Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a qualifié les nouveaux droits de douane américains d’injustes et d’« erreur stratégique » dans une tribune publiée dimanche 26 juillet dans le Washington Post.

Il a averti que cela nuirait au partenariat bilatéral entre les deux pays et entraînerait une hausse des coûts pour les consommateurs américains. « Ce mois-ci, le gouvernement américain a imposé de nouveaux droits de douane sur le Brésil allant de 12,5 % à 37,5 %, ignorant des dizaines de réunions entre nos équipes et les arguments techniques solides ainsi que les documents que j’ai personnellement remis au président Donald Trump », écrit Lula.

Lula a fait remarquer que ces nouveaux droits de douane interviennent suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler les droits de douane de 50 % imposés l’année dernière. Tout en ajoutant que les prix des produits alimentaires, des chaussures, des textiles, des meubles, des pièces automobiles et de nombreux autres produits augmenteront pour les consommateurs américains…

Le président brésilien souligne que cela se produit malgré l’excédent commercial des États-Unis avec le Brésil en biens et services, qui s’élève à 428 milliards de dollars sur 15 années consécutives, et que les exportations brésiliennes vers les États-Unis avaient atteint leur niveau le plus bas depuis 1997.

Et Lula d’avertir : « À moyen terme, ces droits de douane perturberont les chaînes d’approvisionnement actuellement très intégrées, et les entreprises brésiliennes choisiront des partenaires d’autres pays plutôt que des fournisseurs américains ». D’ailleurs, il assure pour qui veut l’entendre que « le destin du Brésil est déterminé par les Brésiliens seuls, sans ingérence ni subjugation étrangère ».

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Tunisie : un positionnement perfectible dans le Financial Secrecy Index 2026

À l’échelle mondiale, sur 141 juridictions passées au crible par le Tax Justice Network dans son Financial Secrecy Index 2026, la Tunisie se classe au 102e rang. Ce positionnement met en lumière les points faibles en matière de transparence financière malgré quelques avancées ponctuelles sur certains volets réglementaires.

Avec un score FSI de 71 sur 100 (valeur FSI pondérée : 0–2 018), la Tunisie présente un profil contrasté. Des dispositions favorables à la transparence existent, notamment autour de l’obligation de publication des comptes et des rapports pays par pays pour certaines entités, mais elles cohabitent avec d’importantes zones d’ombre qui facilitent l’opacité.

Plusieurs indicateurs soulignent les vulnérabilités les plus critiques. Le secret bancaire demeure élevé (indicateur 1). Tandis que la transparence sur la propriété immobilière est particulièrement faible (indicateur 6 : 70), ouvrant la porte aux achats en liquide  via le secteur immobilier. L’administration fiscale affiche par ailleurs des carences en matière de conformité (indicateur 12 : 80). Ce qui fragilise la capacité de l’État à détecter et taxer les revenus complexes et les patrimoines importants.

Le pays affiche aussi des lacunes structurelles sur la transparence des entités juridiques. Les dispositifs d’enregistrement et d’accès public aux bénéficiaires effectifs sont quasi inexistants pour certaines structures (indicateurs 2, 3 et 5 = 0). Alors que la réglementation relative aux sociétés en commandite simple et aux sociétés à responsabilité limitée révèle une forte opacité (indicateurs 7 et 8 = 100). Paradoxalement, les obligations de dépôt et de publication des comptes annuels sont bien notées (indicateur 9 : 100), tout comme l’exigence ded rapports pays par pays pour certaines multinationales (indicateur 10 : 100).

Sur le plan international, la coopération reste insuffisante. L’échange automatique d’informations affiche une note moyenne (indicateur 18 : 50), l’échange d’informations sur demande est quasi absent (indicateur 19 : 0). Et la coopération juridique internationale est très limitée (indicateur 20 : 10). 

Autres points préoccupants : l’imposition des revenus de capital semble insuffisante (indicateur 14 : 100). Car les statistiques publiques essentielles ne sont pas toujours publiées de manière exhaustive (indicateur 15 : 60). De même que les régimes de « visas dorés » présentent des risques d’abus (indicateur 13 : 38). La transparence concernant les décisions fiscales anticipées et les contrats dans les industries extractives reste limitée (indicateur 16 : 30).

En conclusion, la Tunisie affiche un paysage hybride : des progrès relatifs en matière de publication comptable coexistent avec des faiblesses structurelles, secret bancaire, manque de transparence immobilière et coopération internationale limitée. Lesquels continuent d’exposer le pays aux risques d’évasion fiscale, de blanchiment et d’utilisation de véhicules juridiques opaques.

Ainsi, pour améliorer durablement son classement, des réformes ciblées sont nécessaires. Tout d’abord, cela passe par la mise en place d’un registre public des bénéficiaires effectifs. Ensuite, il faudrait renforcer l’échange d’informations internationales. Enfin, l’amélioration des capacités de l’administration fiscale est essentielle.

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Elections de mi-mandat : les étranges manœuvres de la Maison Blanche

Les vieux qui ont vu le film de Jean-Luc Godard « Made in USA » à sa sortie en 1966 se rappellent peut-être de la fameuse scène électorale dans un bureau vote. La scène montre deux flics l’air menaçant, lunettes noires, qui posent une question aux électeurs qui défilent dans le bureau de vote : « Pour qui tu vas voter ? ». Répondant à la question, le premier annonce le nom d’un parti qui devrait être de droite. Les flics lui répondent : « Tu as droit à 20 bulletins », et ils lui tendent 20 bulletins qu’il dépose dans l’urne. Le suivant, annonçant que sa voix ira à un parti de gauche, se voit répondre : « Tu as droit à un demi-bulletin ». Le flic déchire le bulletin en deux et lui tend la moitié que le pauvre électeur, interloqué, dépose dans l’urne…

On ne peut pas ne pas avoir cette étrange scène en tête, quand on suit les manœuvres qui se trament déjà à Washington en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain dans le fol espoir de prévenir la défaite de Trump, annoncée par pratiquement tous les sondages d’opinion.

En effet, ce qui se trame à ce niveau dans les coulisses de la Maison Blanche et du Pentagone est inquiétant, si l’on en croit nombre de commentateurs américains, dont le célèbre Seymour Hersh qui vient de tirer la sonnette d’alarme dans un article publié sur son Substack le 23 juillet et intitulé : « The plot against the Midterms » (Le complot contre les élections de mi-mandat).

Mais il faut rappeler tout d’abord le discours prononcé le 16 juillet 2026 par Trump dans lequel, après avoir rappelé « les fraudes massives en faveur de Biden » lors des élections de 2020, il a insinué que la même chose se préparerait pour l’automne prochain à travers … « les ingérences de la Chine ».

Etrangement et à l’étonnement général, Trump a affirmé, comme d’habitude sans preuve aucune, que « des documents montrent que, sur plusieurs années, à partir de l’élection de 2020, la Chine a mené ce qui apparaît comme la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’histoire, aboutissant à l’acquisition illicite par Pékin de 220 millions de fichiers d’électeurs américains »! Que faut-il comprendre par-là sinon que si Trump gagne, l’élection est régulière, s’il perd, c’est la faute de la Chine…

 

Tout porte à croire que Trump s’évertue à faire entrer le doute dans la tête des électeurs que les prochaines élections ne seront pas régulières en cas de défaite du parti républicain. Mais si Trump s’active en pointant du doigt la Chine, ses collaborateurs s’activent sur le terrain.

 

Tout porte à croire que Trump s’évertue à faire entrer le doute dans la tête des électeurs que les prochaines élections ne seront pas régulières en cas de défaite du parti républicain. Mais si Trump s’active en pointant du doigt la Chine, ses collaborateurs s’activent sur le terrain.

Durant sa très longue carrière, Seymour Hersch a réussi à avoir un vaste réseau de contacts haut placés dans les différentes administrations qui lui communiquent des informations de première main qu’il exploite jusqu’à ce jour. Dans son article du 23 juillet, Hersch écrit : « La Maison Blanche est en train de contrecarrer les efforts du gouvernement fédéral visant à garantir des élections légitimes en tentant de saisir illégalement des bulletins de vote, des machines à voter et du matériel électoral, en truquant les cartes électorales et en ciblant des organisations de défense des droits des électeurs ».

Pourquoi cette frénésie des Républicains de vouloir gagner les élections de novembre par tous les moyens ? Parce qu’une perte de majorité dans les deux chambres du Congrès au profit du parti démocrate impliquera très probablement la destitution de Trump par la procédure d’impeachment.

Le « Campain Legal Center » (CLC) qui veille à l’intégrité des élections a averti dans un rapport publié récemment : « Nous devons être lucides quant à l’issue des élections de mi-mandat. Trump et ses alliés préparent le terrain pour de futures subversions électorales en érodant progressivement la confiance du public dans le processus électoral et en plaçant des fidèles au sein du gouvernement, capables d’annuler des résultats légitimes ».

 

Les responsables électoraux de la Maison Blanche savent que la saisie des bulletins de vote n’est pas politiquement viable et envisagent désormais de déployer des troupes pour surveiller les bureaux de vote dans les États où la compétition est féroce, dans l’espoir de dissuader certains électeurs de se rendre aux urnes…

 

Mais Seymour Hersch rapporte des informations plus inquiétantes encore que lui ont livré ses contacts hauts placés : « Les responsables électoraux de la Maison Blanche savent que la saisie des bulletins de vote n’est pas politiquement viable et envisagent désormais de déployer des troupes pour surveiller les bureaux de vote dans les États où la compétition est féroce, dans l’espoir de dissuader certains électeurs de se rendre aux urnes. Le plan actuel prévoit le déploiement d’unités du Corps des Marines dans les zones à forte concentration de minorités, notamment dans des États comme le Texas ou la Géorgie. L’idée est que certains Hispaniques et autres citoyens de couleur rebroussent chemin à la vue de soldats américains et s’abstiennent de voter ».

Inquiet, mais nullement étonné de l’état de déchéance politique et morale de l’Amérique d’aujourd’hui, Seymour Hersch conclut avec amertume : « Nous avons un président de plus en plus déséquilibré qui déclenche des guerres inutiles, plonge le pays dans des crises financières et cherche à instrumentaliser l’armée et le corps des Marines à des fins politiques. Malgré cela, il est accueilli à bras ouverts et flatté par les élus de son parti ».

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Accalmie entre Washington et Téhéran après deux semaines d’escalade militaire

L’ambassadeur américain auprès des Nations unies a confirmé la cessation des attaques contre l’Iran, affirmant que le président Donald Trump laissait place au dialogue.

« Cela ouvre la voie à des discussions », a déclaré Mike Waltz sur Fox News Sunday, sans préciser la nature de ces discussions, après une accalmie des hostilités entre les États-Unis et l’Iran durant le week-end.

Ainsi, le Pentagone a suspendu les bombardements de cibles iraniennes après 13 nuits de frappes. Tandis que l’Iran a annoncé avoir interrompu ses attaques contre ses voisins du Golfe; et ce, parce que les États-Unis ont cessé de bombarder son territoire. « Ces deux dernières nuits, les Américains ont cessé leurs attaques. Notre stratégie étant essentiellement fondée sur la riposte, nous avons également suspendu nos opérations », a déclaré Mohammad Akraminia dans une interview à la télévision d’État…

Ceci étant, Trump a déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité de bombardements à plus grande échelle, soulignant qu’il laissait pour le moment place au dialogue.

Le New York Times, citant deux sources proches du dossier, indique que le gouvernement américain s’inquiète de la diminution des stocks de systèmes de défense antimissile Patriot et d’autres équipements de défense protégeant les États du Golfe, pris pour cible par l’Iran en représailles aux attaques américaines. Le journal fait également état de craintes d’une nouvelle escalade du conflit.

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Décryptage – Le crépuscule de l’OPEP : quand le pétrole cesse d’obéir aux règles

Il arrive que les grands bouleversements de l’histoire ne s’annoncent ni par le fracas des armes ni par les déclarations solennelles des chefs d’État. Ils surgissent parfois dans la sobriété d’un communiqué, presque anodin, dont les véritables conséquences ne se révèlent qu’avec le temps. Le retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole appartient à cette catégorie d’événements. À première vue, il ne s’agit que du départ d’un membre. En réalité, c’est une page qui se tourne pour l’une des organisations les plus influentes de l’économie contemporaine.

 

Pendant plus de soixante ans, l’OPEP a façonné le destin énergétique de la planète. Elle a traversé les chocs pétroliers, les crises financières, les récessions mondiales et les guerres du Golfe. Elle a souvent été critiquée, parfois redoutée, mais rarement ignorée. Aujourd’hui, pourtant, ce qui semblait constituer son principal atout – la discipline collective – apparaît comme sa plus grande fragilité. Car derrière le départ d’Abou Dhabi se cache une question bien plus vaste : dans un monde où les rivalités géopolitiques s’intensifient, où chaque État cherche à défendre avant tout ses propres intérêts, existe-t-il encore une place pour les grands mécanismes de coopération ?

 

Quand chacun choisit sa propre route

L’OPEP est née d’une conviction simple : les producteurs de pétrole seraient plus forts ensemble que séparément. Pendant des décennies, cette logique a fonctionné. Les États acceptaient de limiter volontairement leur production afin de préserver un équilibre profitable à tous. Les sacrifices consentis par chacun étaient compensés par des prix plus élevés et des recettes plus stables.

Mais les équilibres d’hier ne résistent pas toujours aux réalités d’aujourd’hui. Les Émirats arabes unis ont profondément changé. Leur économie s’est diversifiée, leurs ambitions se sont mondialisées et leurs capacités de production se sont considérablement accrues. Après avoir investi des sommes colossales pour développer leurs infrastructures pétrolières, continuer à respecter des quotas devenait de plus en plus difficile à justifier.

 

Lire aussi: Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP

 

Pourquoi investir des milliards dans de nouveaux gisements pour ensuite laisser une partie de cette production sous terre ?

La question est moins idéologique qu’économique. Elle traduit le glissement progressif d’une logique de solidarité vers une logique de souveraineté. Autrefois, préserver le cartel était une priorité. Désormais, chaque pays commence par défendre son propre intérêt. Cette évolution dépasse largement le seul marché pétrolier. Elle illustre un mouvement qui traverse aujourd’hui les relations internationales : le retour en force des stratégies nationales.

Le choix d’Abou Dhabi n’est évidemment pas intervenu par hasard. Depuis plusieurs semaines, le Moyen-Orient vit au rythme d’une confrontation dont personne ne mesure véritablement l’issue. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, les menaces sur le détroit d’Ormuz, les attaques contre les infrastructures énergétiques et les incertitudes qui pèsent sur les routes maritimes ont profondément transformé les équilibres du marché mondial.  Dans un tel climat, les décisions qui auraient provoqué une onde de choc en temps normal passent presque inaperçues. L’histoire économique montre souvent que les grandes réformes naissent au cœur des crises. Lorsque les marchés sont déjà désorientés, lorsqu’ils absorbent quotidiennement des informations inquiétantes, une rupture supplémentaire devient presque invisible.

Les Émirats l’ont parfaitement compris. Leur départ ne modifie guère la crise actuelle. En revanche, il pourrait profondément remodeler le paysage énergétique lorsque les tensions finiront par s’apaiser. Le jour où les flux pétroliers retrouveront leur rythme normal, Abou Dhabi sera libre d’augmenter sa production sans attendre l’accord de quiconque. C’est cette liberté retrouvée qui constitue le véritable enjeu.

 

Le casse-tête saoudien

Le départ des Émirats place désormais l’Arabie saoudite dans une position inconfortable. Depuis toujours, Riyad incarne le pilier central de l’OPEP. Son influence repose autant sur l’importance de ses réserves que sur sa capacité à orienter les décisions du cartel. Mais cette influence devient aujourd’hui plus difficile à exercer. Si le royaume continue de réduire sa production pour soutenir les prix, il verra progressivement ses voisins conquérir les parts de marché qu’il abandonne. S’il ouvre largement les robinets afin de défendre ses positions commerciales, il provoquera lui-même une baisse des prix qui amputera ses propres recettes. Jamais peut-être les intérêts économiques de l’Arabie saoudite n’auront été aussi contradictoires.

Cette contradiction intervient au moment où le royaume finance l’immense chantier de sa transformation économique. La Vision 2030 mobilise des ressources considérables. Villes futuristes, infrastructures touristiques, industries nouvelles, intelligence artificielle : autant de projets qui exigent des revenus pétroliers abondants. Le paradoxe est saisissant. Plus Riyad souhaite préparer l’après-pétrole, plus il demeure dépendant… du pétrole.

La fin d’un stabilisateur mondial ?

Au-delà des rivalités régionales, c’est peut-être le fonctionnement même du marché pétrolier qui entre dans une nouvelle phase. Pendant longtemps, l’OPEP a joué le rôle d’amortisseur. Lorsque l’économie mondiale ralentissait, le cartel réduisait sa production afin d’éviter un effondrement des prix. Lorsque la demande repartait, il augmentait progressivement son offre pour limiter les tensions. Ce mécanisme était imparfait, parfois contesté, mais il introduisait une certaine prévisibilité. Si cette capacité de coordination s’affaiblit, les marchés pourraient redevenir beaucoup plus nerveux.

Les périodes de pénurie risquent d’être plus brutales. Les phases de surproduction pourraient être plus longues. Les investisseurs devront composer avec une volatilité accrue, où les prix varieront davantage au gré des crises géopolitiques que des fondamentaux économiques. Les premières victimes seront probablement les pays producteurs les plus fragiles, dont les budgets dépendent presque exclusivement des revenus pétroliers. Mais les importateurs n’y gagneront pas forcément non plus. Car une forte volatilité complique les décisions d’investissement, alimente l’inflation et accroît les incertitudes pour les entreprises comme pour les ménages. 

Le paradoxe d’un pétrole qui finance sa propre disparition

Les Émirats offrent aujourd’hui l’un des exemples les plus fascinants des contradictions de notre époque. Ils construisent des centrales solaires géantes, investissent dans l’hydrogène, développent l’intelligence artificielle et affichent des ambitions climatiques élevées. Dans le même temps, ils consacrent des centaines de milliards de dollars à augmenter leur capacité de production pétrolière.

Cette apparente contradiction répond en réalité à une logique simple : produire davantage aujourd’hui afin de disposer des ressources financières nécessaires pour préparer demain. Le pétrole est appelé à financer l’économie qui lui succédera. Mais cette stratégie repose sur une hypothèse fragile : celle d’un pétrole durablement rentable. Si une concurrence accrue entre producteurs entraîne une baisse prolongée des prix, les recettes diminueront précisément au moment où les investissements de diversification devront être les plus importants. Autrement dit, le pétrole pourrait ne plus être capable de financer sa propre succession.

 

La Tunisie face à un nouvel ordre énergétique

Vue depuis Tunis, cette évolution peut sembler lointaine. Elle ne l’est pas. Chaque variation importante du prix du baril finit par se retrouver dans les comptes publics, les coûts de production des entreprises, les dépenses des ménages et les équilibres de la balance commerciale.

La Tunisie ne maîtrise ni les conflits du Golfe, ni les choix stratégiques de l’OPEP. En revanche, elle peut agir sur sa propre vulnérabilité. Chaque mégawatt produit grâce aux énergies renouvelables, chaque programme d’efficacité énergétique, chaque réduction de la dépendance aux hydrocarbures constitue une manière de reprendre une part de souveraineté économique. Le véritable enjeu n’est plus seulement environnemental. Il devient géopolitique, budgétaire et même social.

 

L’histoire ne s’arrête jamais

Il serait excessif d’annoncer aujourd’hui la disparition de l’OPEP. Les grandes organisations internationales ne meurent presque jamais en une seule journée. Elles s’effacent progressivement, au rythme des désaccords qui s’accumulent et des intérêts nationaux qui reprennent le dessus.

Le retrait des Émirats n’est donc sans doute pas la fin du cartel. Il est peut-être plus significatif encore : il marque la fin d’une certitude. Pendant longtemps, les producteurs avaient accepté de partager une part de leur souveraineté pour défendre un intérêt commun. Désormais, l’équation s’inverse. La liberté nationale semble offrir davantage de perspectives que la discipline collective. C’est peut-être là que réside la véritable portée historique de cette décision. Elle dépasse largement le pétrole. Elle raconte un monde où les institutions multilatérales peinent à contenir la montée des stratégies nationales, où la coopération cède progressivement la place à la compétition et où chaque puissance cherche moins à construire un ordre commun qu’à préserver sa propre marge de manœuvre.

Ainsi, derrière les fluctuations du baril se dessine une transformation plus profonde de l’économie mondiale. Le pétrole restera encore longtemps une richesse stratégique, mais il devient surtout le miroir d’un nouvel équilibre international : un monde plus fragmenté, plus imprévisible, où la souveraineté redevient la monnaie la plus précieuse.

 

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Dr. Tahar El Almi,

Économiste-Economètre Universitaire

Professeur Associé.

Président-Fondateur de l’IAEF (ONG)

Institut Africain d’Economie Financière

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Pénuries d’eau : les grandes surfaces rationnent les bouteilles

Les bouteilles d’eau – dénommée « eau minérale » – disparaissent peu à peu des rayons des grandes surfaces. Dans plusieurs enseignes, les stocks sont presque épuisés et certaines limitent désormais le nombre de packs vendus par client. D’autres sont complètement vides, comme nous l’avons constaté dans l’une des plus grandes enseignes à Tunis (voir photos).

Cela tombe vraiment mal : canicule accompagnée de coupures de courant répétitives du réseau public. Ce qui, par ricochet, pousse les Tunisiens à consommer – ou de vouloir consommer – davantage, et à constituer de réserves – par peur de manque…

Explication de la SONEDE : ces perturbations sont dues aux pannes sur le réseau, à des difficultés d’approvisionnement dans certaines régions, mais surtout par les nombreuses coupures d’électricité qui paralysent les stations de pompage. Résultat : le retour de l’électricité ne signifie pas un rétablissement immédiat de la distribution d’eau, les réservoirs devant être remplis avant un retour à la normale.

Lire aussi: Mobilisation à Tunis sur fond de coupures d’électricité et d’eau

Certains diront que nous avons de la change “que“ seulement l’eau et l’électricité qui nous font défaut, rappant qu’en 2024 et 2025 tout ou presque nous manquaient, même l’huile d’olive ou les pâtes alimentaires alors que la Tunisie est l’un des premiers producteurs mondiaux.

Le rationnement mis en place par certaines enseignes permet de ralentir les achats massifs, mais il souligne surtout les limites d’un système fragilisé, disons-le à bout de souffle. Dans ce cas, tant que les perturbations de l’alimentation en eau et les délestages électriques se poursuivront, les rayons d’eau embouteillée devraient rester sous tension.

Autrement dit, il va falloir prendre notre mal en patience… et peut-être même se préparer au pire. Le climat de tension est tel qu’un voisin de mon quartier, livreur, raconte avoir été intercepté sur la route entre Tabarka et Tunis. À Béja, des habitants lui auraient ordonné de leur vendre son chargement d’eau, faute de quoi ils menaçaient de se servir eux-mêmes, par la force.

Lire également : Coupures d’électricité en Tunisie : l’industrie au bord de la rupture, les consommateurs appelés en renfort

Par ailleurs, à quelque chose malheur est bon, dit l’adage français: il ne vous a pas échappé que les poissons sont devenus plus abordables que d’habitude… à cause des coupures de courant.

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Pourquoi la Jordanie est désormais dans la ligne de mire de l’Iran ?

Une série d’attaques iraniennes ont visé les forces militaires des États-Unis présentes en Jordanie, causant plusieurs morts du côté américain. Du coup, le royaume hachémite, un allié précieux de Washington, se retrouve ainsi au cœur de la tourmente.

 

Relativement épargnée depuis le début de l’escalade régionale, la Jordanie est désormais dans la ligne de mire de l’Iran. Le royaume hachémite, qui accueille plusieurs bases aériennes américaines stratégiques, apparaît de plus en plus comme une cible potentielle des Gardiens de la révolution.

« On assiste à un renforcement significatif de la présence militaire américaine en Jordanie, souligne un analyste politique. Il est donc logique de penser que Téhéran cherche à frapper plus durement les installations où les forces américaines se sont renforcées depuis le 28 février. Dans ce contexte, la Jordanie est devenue une cible de premier plan ». En effet, mercredi 15 juillet, une première attaque a visé un bâtiment résidentiel de la base aérienne King Faisal, blessant cinq militaires américains. La deuxième a touché une base dans l’est de la Jordanie, endommageant plusieurs hélicoptères Blackhawk américains.

Vendredi 17 juillet, une attaque iranienne contre la base aérienne de Muwaffaq Salti à Azraq a tué deux soldats américains, un troisième étant toujours porté disparu, selon des responsables américains. Cette attaque, qui a fait quatre autres blessés parmi les soldats et endommagé plusieurs hélicoptères, était la quatrième de la semaine contre les forces américaines en Jordanie.

Dimanche 19 juillet, la Jordanie a évacué l’aéroport international et le port d’Aqaba, ville côtière, à la suite d’une « menace précise et crédible », a indiqué l’ambassade américaine sur place. La défense aérienne jordanienne a ensuite abattu trois missiles iraniens qui visaient le pays, a déclaré l’armée jordanienne, tandis qu’un quatrième s’est écrasé dans une zone inhabitée.

La Jordanie, une base américaine avancée ?

Comment expliquer que la Jordanie soit aujourd’hui dans le viseur de Téhéran ? C’’est avant tout en raison de son statut de principal allié militaire des États-Unis au Moyen-Orient. Militairement, près de 4 000 soldats américains sont actuellement déployés sur le territoire jordanien, ce qui en fait le plus important contingent militaire étranger présent dans le royaume. Or, depuis que le roi Abdallah II a signé un accord de défense autorisant les forces américaines à accéder librement à plusieurs bases militaires jordaniennes, sans passer par un vote du Parlement, Washington s’appuie plus que jamais sur ces installations pour soutenir ses opérations au Moyen-Orient, faisant de la Jordanie une pièce maîtresse de son dispositif militaire.

Si la Jordanie s’est imposée comme l’un des principaux points d’appui des forces armées américaines au Moyen-Orient, c’est notamment parce qu’elle compte parmi les rares pays arabes à autoriser avec une grande souplesse les opérations militaires américaines depuis son territoire.

Un pays sous perfusion

Sur le plan économique, la dépendance d’Amman envers Washington est tout aussi marquée. Dépourvue de ressources énergétiques qui font la richesse des monarchies du Golfe, la Jordanie bénéficie d’une aide américaine ininterrompue depuis les années 1950. Celle-ci a triplé en quinze ans pour atteindre 1,45 milliard de dollars en 2025, conformément au protocole d’accord signé en 2022 qui garantit au royaume une assistance économique et militaire annuelle sur sept ans. La Jordanie figure ainsi parmi les premiers bénéficiaires de l’aide américaine dans le monde. Amman a également été l’un des principaux bénéficiaires de l’aide économique et militaire américaine.

Changement de stratégie

Cela explique qu’au cours de la première phase du conflit, Téhéran ait concentré ses représailles sur Israël ainsi que sur les États du Golfe apportant un soutien direct aux opérations américaines. La Jordanie semblait alors relativement préservée en raison de son éloignement géographique de l’Iran, plus important que celui de pays comme Bahreïn ou le Koweït ; ce qui réduisait en effet, du moins en théorie, son exposition aux capacités de frappe iraniennes.

Mais cette logique est désormais remise en cause. La détérioration progressive du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran ouvre une nouvelle séquence du conflit et conduit l’Iran à revoir sa stratégie de riposte. Désormais, le choix des cibles ne dépend plus uniquement de leur proximité géographique, mais de leur importance dans l’architecture militaire américaine au Moyen-Orient.

Au final, en visant le royaume hachémite, une monarchie alliée d’Israël mais composée d’une population majoritairement d’origine palestinienne, Téhéran cherche à s’adresser à la rue jordanienne par-dessus la tête de ses dirigeants. Vendredi 24 juillet, les Gardiens de la révolution ont appelé les Jordaniens à s’en prendre aux intérêts des « Américains agressifs et hostiles à l’Islam », et à exiger leur départ. Le message est clair.

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