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Sale temps pour Giorgia Meloni « trahie » par sa majorité au Parlement

Une partie de la majorité s’est révoltée contre Giorgia Meloni, désormais très contestée, y compris par son propre camp. De quoi enclencher une crise politique majeure en Italie ?

 

Séisme politique à Rome. La droite italienne s’est réveillée sous le choc ce mercredi 15 juillet. Dans leurs éditions, plusieurs quotidiens conservateurs n’ont pas ménagé leurs mots, dénonçant tour à tour une « haute trahison », une « chasse aux traîtres », une « majorité qui se fissure », voire un gouvernement devenu minoritaire « à cause des femmes ». En ligne de mire : Giorgia Meloni.

Défection

À l’origine de cette tempête politique, le projet de réforme électorale baptisé « Stabilicum » par la coalition de droite et d’extrême droite, mais ironiquement rebaptisé « Melonellum » par l’opposition. Cette dernière accuse la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, d’avoir élaboré une loi électorale « taillée sur mesure » pour sécuriser sa réélection en 2027 tout en renforçant son emprise sur les institutions.

Sauf que le plus embarrassant pour la cheffe du gouvernement est toutefois venu de son propre camp : contre toute attente, c’est une fronde interne à la majorité qui a finalement fait capoter cette réforme : au moins une trentaine de députés de droite ont fait défection, enterrant l’amendement à une voix près, et révélant au grand jour les fractures d’une coalition que Giorgia Meloni s’efforçait jusqu’ici de présenter comme soudée.

Pourtant, les principaux partenaires de la coalition de Meloni, la Ligue et Forza Italia, avaient déclaré qu’ils soutiendraient la mesure, mais celle-ci a été rejetée par 188 voix contre 187, indiquant ainsi une défection au sein de la majorité au pouvoir.

Ce revers parlementaire s’inscrit dans une série de difficultés pour le gouvernement Meloni. En mars 2026, la coalition de droite avait déjà essuyé une défaite cuisante lors d’un référendum sur la réforme de la justice.

Pour les observateurs politiques, les prochains mois seront déterminants pour évaluer si le gouvernement parvient à ressouder sa coalition ou si les défections se multiplient à l’approche des échéances électorales de 2027. D’autant plus que l’Italie, troisième économie de la zone euro, traverse une période de tensions politiques accrues. La stabilité gouvernementale de Meloni, arrivée au pouvoir en octobre 2022, est désormais questionnée.

Un revers historique

En effet, la Chambre des députés a infligé mardi 14 juillet un premier revers à la majorité, juste avant les élections générales prévues l’année prochaine. Et ce, en rejetant, à bulletin secret, un aspect clé de la réforme des règles de vote portée par Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. Ce texte prévoyait de réintroduire le vote préférentiel dans les circonscriptions plurinominales, un dispositif vivement critiqué par l’opposition, qui y voit une remise en cause du principe de parité entre les femmes et les hommes.

Sachant qu’aujourd’hui, le système électoral italien repose sur un modèle mixte : une partie des parlementaires est élue au scrutin uninominal majoritaire à un tour, l’autre à la représentation proportionnelle, aussi bien à la Chambre des députés qu’au Sénat. La réforme envisagée marquerait un changement de cap en instaurant un scrutin intégralement proportionnel, assorti d’une prime majoritaire accordant un bonus de sièges dans les deux chambres à la coalition dépassant le seuil de 40 % des suffrages.

Faut-il rappeler à ce propos que le gouvernement Meloni, le deuxième plus durable de l’histoire de la République italienne, est issu de la loi électorale de 2017, un système hybride associant scrutin majoritaire uninominal à un tour et représentation proportionnelle. Or, aux yeux de ses détracteurs, modifier ce texte n’a guère de justification. « Le véritable enjeu réside dans la prime majoritaire. Si une coalition franchit le seuil de 42 % des suffrages, elle bénéficierait de 70 sièges supplémentaires à la Chambre des députés et de 35 au Sénat. Cette réforme traduit avant tout la volonté de Giorgia Meloni de concentrer les pouvoirs entre ses mains ». C’est ce que déplore le porte-parole du mouvement citoyen Participation Active, une coalition d’organisations de la société civile engagée dans la défense des droits électoraux.

Appel à la démission

Rappelons enfin que Giorgia Meloni a promis, mercredi 15 juillet, de maintenir sa réforme électorale en dépit des défections au sein de sa coalition, au lendemain d’un revers parlementaire qui a vu sa propre coalition la rejeter lors d’un vote secret.

Pour sa part, l’opposition qui y voit un signe de fragilité de la majorité à moins d’un an des élections générales, a immédiatement salué le résultat du vote.

Pour les partis de gauche et du centre qui accusent la Première ministre de tenter de modifier les règles électorales à son avantage pour se maintenir au pouvoir, cette défaite démontre que Meloni ne contrôle plus totalement sa majorité parlementaire ; certains ont même appelé à sa démission. Mais c’est mal connaître la pugnacité de la Dame de fer italienne !

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Plan iranien visant à assassiner Trump : à qui profiterait le crime ?

Le renseignement israélien aurait informé Washington d’un nouveau complot iranien visant à assassiner Donald Trump. Menace réelle ou manœuvre destinée à pousser le président américain à poursuivre ses frappes contre la République islamique ?

 

Donald Trump est-il réellement confronté à une menace réelle contre sa sécurité, ou s’agit-il d’une sournoise manœuvre israélienne destinée à torpiller l’accord de paix laborieusement négocié entre Washington et Téhéran mais jugé par le gouvernement Netanyahou contraire aux « intérêts vitaux de l’Etat hébreu ? Et ce, dans l’espoir d’entraîner encore une fois le président américain dans une nouvelle aventure militaire contre le régime des mollahs.

Lire aussi : Netanyahu échoue à saboter l’accord de paix irano-américain

Scepticisme

Toujours est-il que selon la presse américaine, Tel-Aviv aurait transmis à Washington des informations émanant de ses services de renseignement et qui « prouvent » que le pouvoir iranien a ourdi un nouveau plan visant à assassiner le milliardaire républicain pour venger l’assassinat de plusieurs hauts responsables iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne le 28 février. Sachant que depuis des années, l’Iran a ouvertement juré de venger l’assassinat de Qassem Soleimani, un haut général du Corps des gardiens de la révolution tué par Washington en 2020, sous le premier mandat de Donald Trump.

D’autre part, des appels à la mort de Trump ont été scandés lors des grandioses funérailles d’Ali Khamenei, qui se sont déroulées du 4 au 9 juillet où de nombreux participants ont brandi des pancartes appelant à la mort de Donald Trump et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Toutefois, ces informations sont à prendre avec des pincettes. Selon CNN, citant des sources proches des renseignements américains, le rapport israélien a été accueilli avec scepticisme à Washington, car perçu « comme un élément d’une stratégie israélienne plus large visant à influencer les décisions de Donald Trump concernant l’Iran ».

Ce scepticisme quant à la véracité des sources israéliennes est justifié par la méfiance du président octogénaire envers Benyamin Netanyahou sur fond de divergences majeures quant à la poursuite de la guerre contre l’Iran.

Réactions en arc-en-ciel

Comment le locataire de la Maison Blanche a-t-il réagi à ces menaces supposées qui pèsent sur son auguste personne ?

D’abord, en relativisant dans un premier temps la portée de ces révélations : « Non, non. Israël n’a rien trouvé de tel. Je suis en tête de liste depuis longtemps. C’est la vie, vous savez », a-t-il confié au quotidien conservateur le New York Post.

Ensuite, en exhibant son statut de victime patentée : « Ils veulent éliminer le dirigeant américain, c’est-à-dire moi. Je figure sur toutes les listes. J’ai vu ce matin que je suis sur chacune de leurs listes. Jusqu’ici, j’ai eu un peu de chance, je suppose, mais cela ne durera peut-être pas très longtemps », a-t-il encore ajouté.

Enfin, en ayant recours à l’unique logique qu’il connaît : la loi de Talion. Ainsi, a-t-il menacé de « détruire complètement » l’Iran en cas de tentative d’assassinat contre lui, affirmant que « Mille missiles sont prêts à être tirés et braqués sur la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met sa menace à exécution », a-t-il écrit dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Et ce n’est pas tout. Dans une nouvelle mise en garde à Téhéran, Trump a affirmé que les États-Unis « anéantiraient et détruiraient complètement l’ensemble du territoire iranien », s’il était visé.

Rien de surprenant de la part d’un homme qui a déjà menacé d’effacer de la carte la civilisation iranienne. En effet, le 7 avril dernier, Donald Trump lançait cette mise en garde glaçante : « Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître ». Une déclaration d’autant plus saisissante qu’elle émanait du dirigeant d’un pays qui s’apprêtait à célébrer les 250 ans de son indépendance, et qui évoque sans détour l’anéantissement d’une civilisation vieille de plus de 5 000 ans !

Faut-il pour autant prendre l’imprévisible président américain au sérieux ? Dans une énième volte-face, il a déclaré vendredi 10 juillet avoir accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en affirmant que le cessez-le-feu prévu par l’« accord-cadre » conclu entre les deux pays en juin « avait désormais pris fin ».

Un accord fragile

Pour rappel, les deux pays belligérants étaient à deux doigts de conclure un accord de paix historique susceptible de mettre fin aux hostilités. En effet, cet accord-cadre prévoyait une cessation des hostilités entre Washington et Téhéran. Les États-Unis s’engageaient à lever leur blocus naval de l’Iran, tandis que Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz et réaffirmer qu’il « ne cherchera pas à se procurer ni à développer des armes nucléaires ». Le mémorandum accordait par ailleurs aux deux parties un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Mais une série de frappes de représailles menées cette semaine par les deux camps menace désormais de compromettre les efforts en vue de conclure un accord final.

Pour quelle raison ? Au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz, a été de facto fermé par les autorités iraniennes provoquant ainsi de fortes perturbations sur les marchés de l’énergie et entraînant une nouvelle riposte militaire américaine.

Retour à la case départ. Au Proche-Orient, la paix n’est manifestement pas pour demain.

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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ?

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que le cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

 

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin. Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants ; sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, le 28 février dernier.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump, mercredi 8 juillet, depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

 

Lire aussi : Iran–États-Unis : le cessez-le-feu vole en éclats, Trump relance l’escalade militaire

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne, mardi 7 juillet, contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, et abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer des navires commerciaux, quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times. L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité de paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique ; alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités. Et ce, d’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies (OMI) ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Ou les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ? 

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin.

Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants. Sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump mercredi 8 juin depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie. Et ce, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier  que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades  ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne mardi 7 juillet contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg. Il s’agit du principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles, et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont ensuite annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. De même qu’ils affirment avoir abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer ces navires commerciaux quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times.

L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité à paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique. Et ce, alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités.

D’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Où les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khaminei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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Quand la FIFA se plie aux désidératas de M. Trump ! 

Décidément, sous l’ère Trump, la politique chevauche allégrement la planète du sport roi. Le président américain a reconnu avoir appelé le patron de la FIFA pour exiger un réexamen du carton rouge infligé à l’attaquant vedette de l’équipe américaine, Folarin Balogun. Sidérant.

 

Incompréhensible, injustifiable, honteuse, choquante. La presse internationale n’a pas eu de mots assez durs pour décrire la décision encore jamais vue dans l’histoire de la Coupe du monde et qui a été prise par la FIFA de réintégrer l’attaquant américain Folarin Balogun expulsé lors de la rencontre ayant opposé la sélection américaine à la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Et ce, suite au coup de fil scandaleux du président américain Donald Trump au président de la FIFA Gianni Infantino pour annuler le carton rouge du joueur fautif.

Stupéfait par cette ingérence sans précédent, Josep Blatter, l’ex-dirigeant suisse qui a présidé la FIFA de 1998 à 2015, date à laquelle il a fini par être poussé à la démission par une cascade d’affaires, a rappelé dans un message posté sur X que « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants ».

Entourloupette juridique

Rembobinage des faits. Lors de la rencontre de la sélection américaine contre la Bosnie-Herzégovine mercredi dernier comptant pour le 16e de finale de la Coupe du Monde, l’arbitre brésilien décida-après visionnage de l’action à la vidéo (VAR)-d’expulser l’attaquant américain Folarin Balogun pour avoir asséné une violente semelle sur la jambe du défenseur Tarik Muharemovic, écrasant son tendon d’Achille. Ainsi, le joueur fautif écopa d’un carton rouge direct pour un geste jugé dangereux, bien que les avis divergent sur son intentionnalité. Or selon l’article 10.5 du règlement de la FIFA, le carton rouge signifie la suspension automatique d’un match sans possibilité d’appel.

Coup de théâtre : la FIFZ dépoussière un vieux texte de son arsenal juridique de ses tiroirs. A savoir l’article 27 du Code disciplinaire qui permet à l’instance judiciaire de « suspendre totalement ou partiellement l’exécution d’une sanction disciplinaire ».

Traduction : le joueur américain expulsé est suspendu, mais autorisé à jouer lundi pour le huitième de finale de la Coupe du monde de football contre la Belgique. Admirez l’entourloupette judiciaire que les responsables de la FIFA auront tirée de leurs chapeaux !

Ingérence

Comment cette entorse criarde au règlement de la FIFA a-t-elle été possible ? Comment expliquer « ce revirement soudain, sans précédent dans l’histoire moderne de la Coupe du monde, alors que le tournoi battait son plein » et qui « a immédiatement déclenché une polémique sur l’ingérence politique et l’intégrité sportive », s’interroge la presse américaine ?

C’est que, entre temps, Donald Trump, a appelé Gianni Infantino pour exiger le réexamen de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, l’arme offensive numéro 1 du pays organisateur. Ironie de l’histoire : le joueur qu’il a défendu est un citoyen américain en vertu du droit du sol, un principe constitutionnel qu’a contesté en vain le président des États-Unis jusqu’à la Cour suprême.

Comme les désirs du Prince sont des ordres et contre toute attente, la FIFA a annoncé, dimanche, revenir sur la suspension du meilleur buteur de la sélection américaine avec trois buts au compteur dans ce Mondial.

« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice », a un peu plus tard posté le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social.

« Tout ce que j’ai fait, c’est de demander une révision parce que je ne pensais pas que c’était une faute […] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision » a-t-il ajouté.

Pour rappel, Donald Trump et son ami Gianni Infantino ont tous deux reconnu avoir discuté du carton rouge infligé à un joueur américain, mais ont démenti, bien entendu, que l’annulation de la suspension résultait de pressions politiques.

Le caniche de Trump

« Gianni Infantino a passé près d’une décennie à courtiser Trump, qui le qualifie d’ « ami » et l’a régulièrement reçu dans le Bureau ovale », note le Wall Street Journal.

« M. Infantino s’efforce depuis des années de s’attirer les faveurs de M. Trump », abonde le New York Times, qui rappelle que, « l’année dernière, la FIFA a créé et décerné à M. Trump le Prix de la paix de la FIFA, alors que le président américain menait une campagne publique – qui s’est soldée par un échec – pour remporter le prix Nobel de la paix ».

« La non-suspension de l’attaquant américain n’a pas fini de faire parler .Depuis que le foot est foot, la FIFA prétend vendre de l’équité. En levant la suspension du meilleur buteur de l’US Soccer Team à la veille d’un huitième de finale contre la Belgique, la très peu vénérable institution vient de mettre son impartialité en solde », titrait le quotidien bruxellois, Le Soir.

No comment.

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