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Afef Jaafar: « La transition énergétique n’est plus un choix, c’est un impératif de résilience nationale »

La Tunisie n’a plus le temps d’attendre. C’est en substance le message de Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle s’exprimait, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste maghrébin dans le cadre du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ». Elle a dressé un état des lieux exhaustif et alarmant de la situation énergétique nationale.

Face à une forte dépendance aux hydrocarbures, à un déficit énergétique persistant, à des subventions devenues difficilement soutenables et à un environnement géopolitique instable, elle a présenté la stratégie nationale engagée par le ministère de l’Industrie tout en appelant à accélérer les réformes et les investissements afin de renforcer la souveraineté et la résilience énergétiques du pays.

La responsable a, dans ce cadre, souligné l’ampleur des défis auxquels la Tunisie est confrontée. Le mix électrique national dépend du gaz naturel à hauteur de 93 %, dont plus de la moitié est importée, tandis qu’un peu plus de 20 % seulement est produite localement. Les subventions énergétiques ont dépassé 7 000 milliards de dinars en 2025, soit environ 12 % du budget de l’État.

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À cette pression budgétaire s’ajoute un contexte international défavorable. Alors que les hypothèses retenues par les institutions financières internationales reposaient sur un baril à 63 dollars, les prix du pétrole repartent à la hausse. Or, chaque dollar supplémentaire par baril représente près de 160 millions de dollars additionnels en subventions et charges de compensation.

Afef Jaafar a également rappelé les exigences environnementales et climatiques croissantes auxquelles la Tunisie doit répondre sur la scène internationale, un point également évoqué par le modérateur du panel, Serge Degallaix.

Face à cette situation, elle a insisté sur l’urgence de la transition énergétique et climatique : « Il est impératif aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un choix, de passer vers la transition énergétique et climatique ». Dans cette perspective, le ministère a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers principaux.

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Le premier concerne la maîtrise de la demande énergétique afin d’éviter que la consommation n’augmente mécaniquement au même rythme que la croissance économique. L’objectif est d’améliorer significativement l’intensité énergétique. Le deuxième pilier porte sur le déploiement massif des énergies renouvelables, avec une cible de 35 % dans le mix électrique à l’horizon 2030 et de 50 % à l’horizon 2050. Le troisième vise à accompagner ces efforts par l’électrification des usages afin d’avancer vers la décarbonation et la neutralité carbone.

Quid du cadre réglementaire ?

Afef Jaafar a ensuite présenté le cadre juridique et réglementaire en vigueur. Elle a rappelé qu’une loi adoptée en 2015 encadre la production d’électricité renouvelable à travers trois régimes : l’autoproduction, les appels d’offres et les concessions.

Concernant l’autoproduction, plusieurs programmes d’efficacité énergétique ont déjà permis de stabiliser la demande. En basse tension, la puissance installée atteint 455 MW, principalement grâce au programme destiné aux ménages du secteur résidentiel. En moyenne tension, les capacités avoisinent 110 MW, portant le total de l’autoproduction à plus de 550 MW.

S’agissant des appels à projets, plusieurs initiatives ont permis d’installer environ 52 MW à ce jour. Ces projets restent toutefois de taille modeste, avec des capacités inférieures à 10 MW pour le photovoltaïque et à 30 MW pour l’éolien.

Le régime de concession concerne, quant à lui, les grands projets dépassant ces seuils. Sur ce segment, la Tunisie dispose actuellement de 200 MW installés. Un premier projet de 100 MW à Métlaoui est entré en service en décembre 2025. Deux autres projets de 50 MW chacun ont suivi en janvier puis en mars 2026, portant les capacités totales à 200 MW dans le cadre des concessions.

Par ailleurs, 200 MW supplémentaires dans le photovoltaïque ont déjà été attribués et attendent encore l’approbation du Parlement. Un projet éolien d’environ 77 MW se trouve dans la même situation.

La conseillère a souligné les efforts engagés par l’État, tant dans la maîtrise de la consommation énergétique que dans le développement des renouvelables, tout en estimant que le rythme actuel reste insuffisant. « Il va falloir que ça s’accélère », a-t-elle averti, au regard des contraintes structurelles du pays et des chocs liés au contexte géopolitique régional et international.

L’enjeu, a-t-elle insisté, est de renforcer durablement la résilience de la Tunisie et de réduire sa vulnérabilité énergétique. En conclusion, Afef Jaafar a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un impératif stratégique pour la souveraineté nationale et nécessite une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé, des banques et des partenaires internationaux.

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Espagne : Plus de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique

Le gouvernement espagnol vient de présenter un plan de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique. Et ce, principalement par le biais de subventions pour la rénovation des logements et l’adoption d’un abonnement quasi gratuit aux transports publics en Espagne.

« La révolution énergétique ne peut pas seulement profiter à ceux qui peuvent changer de voiture, installer des panneaux solaires sur le toit de leur maison ou rénover leur logement sans aide de l’État ». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Pedro Sanchez. « Cela doit profiter à tout le monde », a-t-il déclaré lors de la présentation de ce nouveau projet. Lequel sera cofinancé par l’Union européenne.

L’Espagne est en première ligne face au réchauffement climatique, avec des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes. Elles sont déjà présentes au printemps; mais aussi des automnes et des hivers plus humides qu’auparavant.

Plus précisément, 4,7 milliards d’euros du « plan social pour le climat » seront principalement alloués à la rénovation énergétique des logements et des quartiers. Tandis que 4,3 milliards d’euros seront investis dans la mobilité. Avec notamment l’adoption d’un abonnement saisonnier spécial permettant une utilisation quasi gratuite des transports publics.

L’approbation de ce plan requiert toutefois une majorité au Parlement, dont ne dispose pas le gouvernement actuel. « Nous avons besoin du soutien de tous les groupes parlementaires », y compris de l’opposition de droite et d’extrême droite, a ajouté aujourd’hui M. Sanchez. Car les ressources du Fonds social européen pour le climat nécessitent l’intégration des directives européennes dans le droit national et le respect de la réglementation européenne.

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Nafaâ Baccari : la transition énergétique devient un levier stratégique pour la Tunisie

La Tunisie a réalisé des économies significatives sur ses importations de gaz grâce à l’intégration progressive des énergies renouvelables dans son mix énergétique. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Baccari.

S’exprimant à l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante », Nafaâ Baccari a souligné que ces efforts ont permis d’éviter des coûts estimés à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale avait atteint près de 14 milliards d’euros en 2019.

Plus d’un million de ménages équipés en solaire

Parmi les avancées majeures, le DG de l’ANME a mis en avant le développement du programme de chauffage solaire de l’eau sanitaire, qui a permis d’équiper plus d’un million de foyers tunisiens en systèmes solaires thermiques. Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’indépendance énergétique du pays et à réduire la consommation des énergies fossiles.

Il a également annoncé la poursuite et l’élargissement de plusieurs programmes destinés aux ménages, notamment en matière de production d’électricité via des installations photovoltaïques sur les toitures, ainsi que des mécanismes de subvention liés aux économies d’énergie générées par les politiques publiques.

Toujours dans le même ordre d’idées, il est à noter que, dans le cadre des politiques d’efficacité énergétique, un projet de modernisation de l’éclairage public prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique. Ce programme devrait permettre de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.

Le projet, dont le financement a été finalisé récemment, devrait démarrer en 2027, en attendant la mobilisation de financements complémentaires pour achever son extension.

Décarbonation, déchets et mobilité au cœur des priorités

Le directeur général de l’ANME a également insisté sur les grandes priorités de la prochaine phase de transition énergétique, notamment la décarbonation du secteur industriel, la valorisation énergétique des déchets, le développement de la mobilité durable et l’électrification progressive des usages.

Il a également évoqué la nécessité d’accompagner les collectivités locales dans la mise en place de plans de transition énergétique, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.

Enfin, Nafaâ Baccari a rappelé que la Tunisie s’oriente vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des énergies renouvelables, dans une dynamique de transition « juste et inclusive ».

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Mosquées vertes en Tunisie : 92 % d’économies d’énergie

Abdelkader Baccouche, directeur de la performance énergétique dans le secteur du bâtiment à l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), a indiqué que le programme des mosquées constitue aujourd’hui l’un des projets les plus avancés en matière de maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics.

Les avancées de la transition énergétique dans le bâtiment ont été mises en lumière. Et ce, en marge d’une rencontre stratégique de haut niveau sur l’avenir du secteur de la construction durable, organisée par la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CCITF), sur le thème : « Quelles visions stratégiques et innovations pour le bâtiment durable de demain ? »

L’intervenant a souligné que le programme des “mosquées vertes” a permis d’obtenir des résultats particulièrement significatifs, avec des économies d’énergie dépassant 92 % dans plusieurs mosquées pilotes. Ce qui confirme l’efficacité des solutions techniques intégrées mises en place.

Cette performance repose sur une approche globale combinant l’installation de systèmes photovoltaïques, la modernisation de l’éclairage par des technologies LED à faible consommation, ainsi que l’optimisation des équipements de climatisation. Le dispositif intègre également des systèmes intelligents de gestion et de suivi de la consommation énergétique en temps réel.

Les premières expérimentations, menées notamment dans certaines mosquées du gouvernorat de Tozeur, ont permis de réduire fortement la dépendance au réseau électrique traditionnel. Avec un objectif progressif visant à améliorer l’autonomie énergétique des lieux de culte.

En outre, le même responsable précise que les résultats obtenus ouvrent la voie à une généralisation du programme à l’échelle nationale, couvrant environ 6 500 mosquées. Et ce, dans le cadre d’une stratégie visant à étendre les solutions d’efficacité énergétique aux bâtiments publics.

Il a enfin estimé que cette dynamique s’inscrit dans une transformation plus large du modèle énergétique national, fondée sur des projets structurants, reproductibles et à fort impact, capables d’accélérer concrètement la transition énergétique tout en réduisant la charge énergétique supportée par l’État.

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