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La Banque africaine de l’énergie sera lancée fin juillet 2026

Le continent africain aura prochainement une banque dédiée à l’énergie. Et si l’on en croit l’APPO (African Petroleum Producers’ Organization ou Organisation des producteurs de pétrole africains en français) qui pilote ce projet stratégique en partenariat avec Afreximbank, la Banque africaine de l’énergie (AEB) sera lancée fin juillet 2026. Et sera basée à Abuja au Nigeria.

L’état d’avancement de cette future institution financière panafricaine a été examiné lundi 25 mai au Caire lors d’une réunion entre le secrétaire général de l’APPO, l’Algérien Farid Ghezali, et le président d’Afreximbank, George Elombi. En effet, dans un communiqué, l’APPO assure que les travaux préparatoires « vont bon train », confirmant la volonté des deux partenaires d’accélérer le déploiement opérationnel de la banque.

Basée à Abuja, au Nigeria, la Banque africaine de l’énergie ambitionne de devenir un levier majeur de financement des projets pétroliers et gaziers africains. Dotée d’une capitalisation initiale de 5 milliards de dollars, elle vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars lors de sa première phase de déploiement.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le retrait progressif des institutions financières occidentales du financement des hydrocarbures, sous l’effet des politiques de transition énergétique et des pressions climatiques. Face à ce désengagement, plusieurs pays africains cherchent à sécuriser leurs investissements énergétiques à travers des mécanismes de financement continentaux.

A l’horizon 2030, l’AEB prévoit de lever jusqu’à 15 milliards de dollars pour soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine : exploration, production, infrastructures de transport et distribution.

A rappeler que le Nigeria avait officiellement remis, en février dernier, le siège de la banque à Abuja à l’APPO et à Afreximbank, marquant une étape clé vers le lancement effectif de cette institution appelée à renforcer l’autonomie financière énergétique du continent.

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Croissance, IDE, transferts : l’espoir d’une Afrique résiliente

12 des 20 économies les plus dynamiques au monde se situent désormais en Afrique, un signal fort du repositionnement économique du continent dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement des échanges et la contraction de l’aide internationale.

C’est le constat que vient de dresser à Brazzaville par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, à l’occasion de la présentation des Perspectives économiques africaines 2026 dans le cadre de la tenue des Assemblées annuelles de l’institution financière panafricaine.

Selon la BAD, la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) africain devrait s’établie à 4,3 % en 2026 et pourrait atteindre 4,5 % en 2027. Une performance qui confirme la capacité de résilience des économies africaines malgré un contexte international instable et une pression persistante sur les finances publiques.

L’amélioration des indicateurs macroéconomiques se reflète également dans la progression du PIB par habitant, passé de 0,9 % en 2023 à 1,9 % en 2025, traduisant une reprise graduelle de la création de richesse individuelle sur le continent.

Les flux financiers ne sont pas en reste

La dynamique est également soutenue par une forte progression des flux financiers extérieurs. Les investissements directs étrangers (IDE) ont bondi de 75 % en 2024 pour atteindre 97 milliards de dollars. Tandis que les transferts de fonds de la diaspora ont augmenté de 14 %, à 186 milliards de dollars. Ces transferts deviennent désormais la première source de financement externe de l’Afrique, devant plusieurs mécanismes traditionnels d’aide au développement. Cependant, compte tenu des différents conflits dans le monde, notamment russo-ukrainien et américano-iranien, il y a fort à parier que les transferts de la diaspora vont nettement diminué en 2026 par rapport à leur niveau de 2025.

Autre indicateur encourageant : le recul de l’inflation. Celle-ci est passée de 21,8 % en 2024 à 13,6 % en 2025, sous l’effet du resserrement des politiques monétaires et d’une relative stabilisation des marchés. Toutefois, la BAD avertit que les risques inflationnistes demeurent élevés, notamment en raison de la hausse des coûts de l’énergie et des importations.

Malgré cette trajectoire positive, le continent reste confronté à des fragilités structurelles majeures, notamment un déficit chronique de financement des infrastructures, une faible industrialisation et des besoins croissants en capital humain. Et pour consolider la croissance, Sidi Ould Tah a appelé les États africains à intensifier les investissements productifs et à renforcer leurs capacités de financement interne.

Le président de la BAD a également plaidé pour une réforme plus ambitieuse de l’architecture financière africaine afin de réduire la dépendance à l’aide extérieure et de renforcer la souveraineté économique du continent. Selon lui, les perspectives démographiques, combinées à l’afflux de nouveaux investissements, constituent un levier stratégique pour inscrire l’Afrique dans une trajectoire de croissance durable et inclusive.

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Aux Assemblées de la BAD 2026, la Tunisie vend son concept « compter sur soi » aux Africains

La Tunisie a plaidé, mercredi à Brazzaville, pour une action africaine coordonnée et ambitieuse afin de financer le développement du continent, à l’occasion des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.

Intervenant lors du dialogue du Conseil des gouverneurs, Tarek Bouhlel, directeur général de la coopération africaine au ministère de l’Économie et de la Planification et gouverneur temporaire de la Tunisie auprès de la BAD, a appelé à « un changement de paradigme », basé sur le passage d’interventions fragmentées à une alliance africaine structurée et à grande échelle.

Selon lui, cette transformation nécessite un engagement politique clair des gouverneurs de la Banque ainsi qu’une réforme profonde de l’institution, notamment à travers une décentralisation accrue et un renforcement des effectifs opérationnels afin d’accélérer la préparation et l’exécution des projets.

La Tunisie a également insisté sur la nécessité de placer la jeunesse et la transformation démographique au cœur des priorités de la BAD. Selon Bouhlel, l’investissement dans la formation, l’entrepreneuriat, la digitalisation et le financement des micro, petites et moyennes entreprises permettrait de transformer le potentiel démographique africain en moteur de croissance.

Tunis considère par ailleurs que la souveraineté financière de l’Afrique constitue « un choix inéluctable ». Pour y parvenir, trois leviers sont jugés essentiels : le recours accru aux mécanismes de partage des risques, la création de plateformes d’investissement de grande envergure et une meilleure mobilisation des capitaux domestiques, régionaux et des transferts de la diaspora africaine.

La Tunisie estime enfin que la BAD dispose des moyens nécessaires pour piloter une nouvelle architecture africaine du développement, alignée sur les priorités nationales et régionales du continent.

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L’OTIC lance la Déclaration de Tunis pour dénoncer les abus dans les services de visas

L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) annonce le lancement de la « Déclaration de Tunis sur les droits du consommateur dans les services de visas et de mobilité internationale », une initiative portée par une coalition d’associations arabes et africaines visant à réformer un système jugé opaque, complexe et coûteux pour les citoyens.

Selon le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, cette déclaration constitue la première référence civile commune destinée à transformer les plaintes individuelles des demandeurs de visas en un mouvement organisé de revendication. L’objectif affiché est d’imposer davantage de transparence et d’équité dans les prestations liées aux visas et à la mobilité internationale.

Lotfi Riahi a dénoncé les conséquences de l’externalisation d’une partie des services consulaires à des sociétés intermédiaires privées. Il estime que cette pratique a multiplié les frais imposés aux usagers, allongé les délais d’attente et compliqué les démarches administratives à travers plusieurs plateformes numériques.

Le responsable a particulièrement critiqué le fait que les demandeurs perdent l’intégralité des frais engagés en cas de refus de visa, malgré l’absence de prestation effective. Face à cette situation, la coalition associative réclame une révision profonde du système actuel.

Parmi les principales revendications figurent le remboursement total ou partiel des frais en cas de refus, la séparation claire entre les frais administratifs obligatoires et les services optionnels, ainsi qu’une meilleure transparence concernant les motifs de rejet des demandes.

Les organisations signataires demandent également un encadrement plus strict des sociétés intermédiaires privées, avec des critères renforcés de contrôle et de responsabilité. Elles plaident aussi pour une meilleure protection des données personnelles et numériques des demandeurs.

Tout en rappelant le droit souverain des États à contrôler l’entrée des étrangers sur leur territoire, Lotfi Riahi a affirmé que cette mobilisation transfrontalière vise avant tout à construire un système « plus juste et plus humain ».

Dans ce cadre, des démarches sont déjà engagées pour créer un Observatoire africain des services de visas et de la mobilité. Cette structure indépendante aura pour mission de documenter les conditions réelles d’accès à ces services et de produire des indicateurs comparables entre les différents pays.

Cette initiative intervient après un communiqué publié par l’OTIC le 12 mai 2026, dans lequel l’organisation dénonçait déjà les abus des sociétés intermédiaires privées chargées du traitement des demandes de visa. L’OTIC y évoquait notamment des frais excessifs, une faible qualité de service et l’absence de concurrence effective, qualifiant la situation de « monopole déguisé » aux tarifs déraisonnables.

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Hajer Chekir : « La mobilité électrique est à la croisée de l’enjeu climatique, économique et de la modernisation du réseau »

Le véhicule électrique ne se limite plus à une mobilité décarbonée : il devient progressivement un maillon du système énergétique. C’est le constat présenté par Hajer Chekir, directrice commerciale de BYD Tunisie, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, dans le cadre du panel intitulé « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Pour la responsable de BYD, premier constructeur mondial de véhicules électriques devant Tesla, la mobilité électrique dépasse largement le simple remplacement de la voiture thermique. Elle représente une nouvelle approche de l’énergie. Un véhicule électrique permet de réduire les émissions de CO₂ de 2 à 3 tonnes par an par rapport à un modèle thermique équivalent, tout en diminuant les subventions publiques et la dépendance aux énergies fossiles, dans un contexte marqué par la hausse des prix du pétrole.

Hajer Chekir rappelle surtout qu’un véhicule électrique est avant tout une batterie mobile. Avec le développement massif des énergies renouvelables intermittentes, comme le solaire et l’éolien, la Tunisie aura besoin de capacités de stockage importantes. Les véhicules électriques peuvent ainsi stocker l’électricité lorsqu’elle est abondante puis la restituer au réseau afin d’équilibrer la demande lors des périodes de pointe. Cette technologie n’a plus rien de théorique : des projets pilotes sont déjà en cours en Australie et les expérimentations se multiplient à travers le monde.

Lire aussi : 27e Forum de L’Économiste maghrébin : Le «Dialogue Tunisie-UE n’est jamais clos»

Selon elle, la mobilité électrique répond à trois défis majeurs. Le premier est climatique, avec la décarbonation des transports. Le deuxième est économique, grâce à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures importés. Le troisième concerne la modernisation du réseau électrique tunisien. Le véhicule électrique ne servira plus uniquement à se déplacer, il deviendra aussi un outil actif au service du système énergétique.

La fiabilité des véhicules électriques n’est plus ç démontrer

Interrogée sur les difficultés liées à la réglementation et à la tarification, la directrice commerciale a estimé que la technologie ne constituait plus un frein. Les véhicules électriques ont désormais démontré leur fiabilité, leurs performances et leur rentabilité à l’usage. Les principaux défis concernent désormais la sensibilisation et l’accompagnement des consommateurs. Les clients doivent disposer d’informations claires sur les garanties des batteries, BYD propose des garanties dépassant 2 millions de kilomètres, sur l’autonomie et sur le coût total d’utilisation. Il s’agit de démontrer qu’il s’agit d’une solution fiable, simple, ეკონომique, écologique et de plus en plus accessible.

Lire également : Hajer Chekir: « La Tunisie pourrait devenir une vitrine internationale de la transition verte »

Le deuxième défi porte sur l’infrastructure de recharge. Les utilisateurs doivent pouvoir recharger leur véhicule à domicile, ce qui représente 80 % des usages, mais aussi sur les lieux de travail, les grands axes routiers, les centres commerciaux et dans les cafés. Avec la recharge rapide, certains véhicules peuvent désormais récupérer leur autonomie en cinq minutes, soit plus rapidement qu’un plein d’essence classique. La technologie ne constitue donc plus un obstacle.

Le troisième défi, sur lequel Hajer Chekir a salué les avancées de l’État tunisien, concerne le cadre réglementaire. Des incitations fiscales importantes ont déjà été instaurées : exonération des droits de douane et des droits de consommation, TVA réduite à 7 %, identique à celle des véhicules hybrides rechargeables, ainsi qu’exonération de la carte grise.

Ces mesures commencent à produire des résultats concrets. La Tunisie comptait 200 véhicules 100 % électriques en 2024, puis 500 en 2025. Le parc dépasse désormais 750 véhicules électriques. Les parts de marché des véhicules électrifiés ont franchi les 15 % durant les quatre premiers mois de 2026, contre seulement 5 % sur l’ensemble de l’année précédente.

En conclusion, Hajer Chekir appellera à une mobilisation collective pour réussir la transition énergétique. État, banques, constructeurs et entreprises énergétiques doivent agir conjointement afin d’accompagner l’essor de la mobilité électrique. Selon elle, celle-ci entre désormais dans une phase d’adoption de masse : ce n’est plus une perspective lointaine, mais une réalité déjà engagée, porteuse d’un modèle à la fois écologique et économiquement soutenable pour la Tunisie.

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Afef Jaafar: « La transition énergétique n’est plus un choix, c’est un impératif de résilience nationale »

La Tunisie n’a plus le temps d’attendre. C’est en substance le message de Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle s’exprimait, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste maghrébin dans le cadre du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ». Elle a dressé un état des lieux exhaustif et alarmant de la situation énergétique nationale.

Face à une forte dépendance aux hydrocarbures, à un déficit énergétique persistant, à des subventions devenues difficilement soutenables et à un environnement géopolitique instable, elle a présenté la stratégie nationale engagée par le ministère de l’Industrie tout en appelant à accélérer les réformes et les investissements afin de renforcer la souveraineté et la résilience énergétiques du pays.

La responsable a, dans ce cadre, souligné l’ampleur des défis auxquels la Tunisie est confrontée. Le mix électrique national dépend du gaz naturel à hauteur de 93 %, dont plus de la moitié est importée, tandis qu’un peu plus de 20 % seulement est produite localement. Les subventions énergétiques ont dépassé 7 000 milliards de dinars en 2025, soit environ 12 % du budget de l’État.

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À cette pression budgétaire s’ajoute un contexte international défavorable. Alors que les hypothèses retenues par les institutions financières internationales reposaient sur un baril à 63 dollars, les prix du pétrole repartent à la hausse. Or, chaque dollar supplémentaire par baril représente près de 160 millions de dollars additionnels en subventions et charges de compensation.

Afef Jaafar a également rappelé les exigences environnementales et climatiques croissantes auxquelles la Tunisie doit répondre sur la scène internationale, un point également évoqué par le modérateur du panel, Serge Degallaix.

Face à cette situation, elle a insisté sur l’urgence de la transition énergétique et climatique : « Il est impératif aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un choix, de passer vers la transition énergétique et climatique ». Dans cette perspective, le ministère a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers principaux.

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Le premier concerne la maîtrise de la demande énergétique afin d’éviter que la consommation n’augmente mécaniquement au même rythme que la croissance économique. L’objectif est d’améliorer significativement l’intensité énergétique. Le deuxième pilier porte sur le déploiement massif des énergies renouvelables, avec une cible de 35 % dans le mix électrique à l’horizon 2030 et de 50 % à l’horizon 2050. Le troisième vise à accompagner ces efforts par l’électrification des usages afin d’avancer vers la décarbonation et la neutralité carbone.

Quid du cadre réglementaire ?

Afef Jaafar a ensuite présenté le cadre juridique et réglementaire en vigueur. Elle a rappelé qu’une loi adoptée en 2015 encadre la production d’électricité renouvelable à travers trois régimes : l’autoproduction, les appels d’offres et les concessions.

Concernant l’autoproduction, plusieurs programmes d’efficacité énergétique ont déjà permis de stabiliser la demande. En basse tension, la puissance installée atteint 455 MW, principalement grâce au programme destiné aux ménages du secteur résidentiel. En moyenne tension, les capacités avoisinent 110 MW, portant le total de l’autoproduction à plus de 550 MW.

S’agissant des appels à projets, plusieurs initiatives ont permis d’installer environ 52 MW à ce jour. Ces projets restent toutefois de taille modeste, avec des capacités inférieures à 10 MW pour le photovoltaïque et à 30 MW pour l’éolien.

Le régime de concession concerne, quant à lui, les grands projets dépassant ces seuils. Sur ce segment, la Tunisie dispose actuellement de 200 MW installés. Un premier projet de 100 MW à Métlaoui est entré en service en décembre 2025. Deux autres projets de 50 MW chacun ont suivi en janvier puis en mars 2026, portant les capacités totales à 200 MW dans le cadre des concessions.

Par ailleurs, 200 MW supplémentaires dans le photovoltaïque ont déjà été attribués et attendent encore l’approbation du Parlement. Un projet éolien d’environ 77 MW se trouve dans la même situation.

La conseillère a souligné les efforts engagés par l’État, tant dans la maîtrise de la consommation énergétique que dans le développement des renouvelables, tout en estimant que le rythme actuel reste insuffisant. « Il va falloir que ça s’accélère », a-t-elle averti, au regard des contraintes structurelles du pays et des chocs liés au contexte géopolitique régional et international.

L’enjeu, a-t-elle insisté, est de renforcer durablement la résilience de la Tunisie et de réduire sa vulnérabilité énergétique. En conclusion, Afef Jaafar a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un impératif stratégique pour la souveraineté nationale et nécessite une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé, des banques et des partenaires internationaux.

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Echange de voeux entre Kaïs Saïed et Abdelfettah Sissi à l’occasion de l’Aïd el‑Idha

Cet après‑midi, mercredi 27 mai, le président de la République  Kaïs Saïed a eu un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Abdelfattah Sissi ; les deux chefs d’État se sont adressé des vœux à l’occasion de l’Aïd el‑Idha.

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Kaïs Saïed et Abdelmadjid Tebboune s’entretiennent à l’occasion de l’Aïd el‑Idha

Cet après‑midi, mercredi 27 mai, le président de la République  Kaïs Saïed a eu un entretien téléphonique avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune ; les deux chefs d’État se sont adressé des vœux à l’occasion de l’Aïd el Idha. Telle est l’annonce du communiqué de la présidence de la République.

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RNE lance le « coffre-fort électronique » pour les entreprises

À partir du 1er septembre 2026, le Registre national des entreprises (RNE) met à la disposition de toutes les entreprises immatriculées au registre un service de compte dédié à l’entreprise sous l’appellation «coffre-fort électronique». Ce service donnera la possibilité au représentant légal de consulter gratuitement, de manière sécurisée et à tout moment, l’ensemble des contrats et documents déposés par l’entreprise.

Le coffre électronique de l’entreprise est perçu comme étant un compte numérique unique et sécurisé, ouvert automatiquement pour chaque entreprise inscrite au Registre national des entreprises sur la base de l’identifiant unique de l’entreprise (la patente). La plateforme permet notamment un accès permanent et gratuit (24h/24 et 7j/7), avec la possibilité d’accéder instantanément et continuellement à toutes les données et dossiers de l’entreprise, en plus de l’extraction de copies numériques à tout moment.

Elle permet également le dépôt et la mise à jour numériques ainsi que l’accomplissement de toutes les opérations administratives à distance, dont  la mise à jour des données, le dépôt des contrats et le dépôt des procès-verbaux de réunions, via le mécanisme de l’identité numérique. D’après le RNE, la plateforme est actuellement accessible pour une activation facultative, avant de devenir officiellement obligatoire à partir du 1er septembre 2026.

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En Afrique du Nord, la croissance ralentira à 4% en 2026 (Rapport)

La croissance en Afrique du Nord, estimée à 4,4 % en 2025, devrait ralentir à 4 % en 2026, selon le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA 2026), présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (du 25 au 29 mai 2026).

Le PEA, rapport annuel phare du Groupe de la BAD, souligne que la croissance devrait s’établir à 4,2 % en 2027, sous réserve d’un apaisement des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz devraient affecter les exportations de la région vers le Moyen-Orient, augmenter le coût des intrants pour les engrais et faire grimper les coûts de l’énergie pour les importateurs nets de produits pétroliers tels que l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, selon les explications du PEA.

Et d’ajouter que le secteur touristique de la sous-région pourrait également subir l’impact négatif de la guerre au Moyen-Orient en raison de la baisse des arrivées de touristes en provenance des pays du Golfe.

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Industrie en Afrique : la Tunisie dans le top 5 manufacturier

La Tunisie a figuré dans le top cinq des principaux pays africains manufacturiers en occupant le quatrième rang de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IAA), dans sa deuxième édition publiée, lundi, par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à l’occasion de ses Assemblées annuelles qui se tiennent du 25 au 29 mai 2026, à Brazzaville, en République du Congo.

Selon ce rapport, le Maroc occupe le premier rang, tandis que l’Egypte occupe la troisième place, suivi de la Tunisie et de l’île de Maurice successivement aux quatrième et cinquième places.

L’Afrique du Sud est le seul pays subsaharien à rivaliser avec les pays d’Afrique du Nord, en occupant la deuxième place, a fait ressortir le même rapport.

L’IIA 2025 a fait ressortir que quelque 41 des 54 pays africains ont amélioré leurs scores en matière d’industrialisation et que 26 des 54 pays se situent au-dessus de la moyenne calculée pour l’ensemble du continent. La plupart des pays de la région du Nord de l’Afrique figurent parmi les pays les mieux classés (avec un score supérieur à la moyenne africaine), à l’exception de la Libye et de la Mauritanie.

En effet, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est accusent encore un retard par rapport à l’Afrique du Nord et à l’Afrique australe, où se trouvent les principaux pôles industriels du continent, à savoir l’Afrique du Sud, l’Égypte et les pays du Maghreb.

D’après le rapport, l’industrialisation reste la voie la plus prometteuse pour permettre à l’Afrique de mener à bien sa transformation structurelle, de créer des emplois productifs à grande échelle, de diversifier ses exportations, de renforcer sa résilience économique et d’assurer sa prospérité à long terme.

Et d’ajouter que dans un environnement économique mondial en rapide évolution, marqué par un réalignement géopolitique, des bouleversements technologiques, une transition climatique ainsi qu’une restructuration des chaînes d’approvisionnement, l’urgence pour l’Afrique de s’industrialiser n’a jamais été aussi grande.

Malgré l’intérêt croissant des décideurs politiques et le regain d’intérêt pour la politique industrielle à l’échelle du continent, la transformation industrielle de l’Afrique reste incomplète, a fait remarquer la même source.

Bien que la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière ait augmenté régulièrement en termes absolus, passant de 285 milliards de dollars en 2020 à 351 milliards de dollars en 2025, le continent continue de représenter moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.

La valeur ajoutée de l’industrie manufacturière par habitant de l’Afrique reste inférieure aux niveaux d’avant 2014, ce qui montre que la croissance industrielle ne s’est pas encore traduite par une transformation structurelle généralisé, selon le rapport.

Le défi de l’industrialisation de l’Afrique ne réside plus dans la conception de stratégies, mais dans leur mise en œuvre efficace à plus grande échelle. Le continent recèle des fondements démographiques, géographiques et institutionnels ainsi que des ressources nécessaires à l’industrialisation.

Toutefois, la réalisation de son potentiel dépendra d’une meilleure coordination des politiques, des institutions plus efficaces, d’une coopération régionale plus étroite et des investissements soutenus à long terme.

Le rapport a recommandé de favoriser la transition d’initiatives de production isolées à des écosystèmes industriels intégrés, ancrés dans des chaînes de valeur régionales, des plateformes industrielles stratégiques, des infrastructures de production et une compétitivité fondée sur l’innovation afin de parvenir à l’industrialisation en Afrique.

Cette transition exige une coordination plus forte des politiques, une intégration régionale plus poussée, une participation accrue du secteur privé et des investissements nettement plus importants dans les secteurs productifs, selon la même source.

Publié pour la première fois en novembre 2022, l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) vise à suivre les tendances de l’industrialisation à travers l’Afrique.

Cette deuxième édition de l’Indice 2025 de l’IIA fournit une évaluation exhaustive du développement industriel dans les 54 pays africains sur la période 2010-2024.

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Olfa Chammari: Financer la transition exige une ingénierie de confiance

En abordant les thèmes de la Transition énergétique, mais aussi la  manière d’accélérer le passage vers une économie bas-carbone , la question qui se pose est la suivante : quels sont les enjeux liés à la sécurité énergétique, à la diversification du mix énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone. C’est le ton du  troisième panel de la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les défis énergétiques et aux perspectives de transition écologique en Tunisie.  Le thème de ce panel : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone », ce débat a examiné les enjeux liés à la sécurité énergétique, à la diversification du mix énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone.

Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion, a abordé la transition climatique sous l’angle du financement. Son message est clair : les besoins sont trop importants pour qu’une seule source de financement puisse suffire. La transformation énergétique, l’adaptation au changement climatique et la modernisation des infrastructures agricoles exigent des montages complexes, combinant crédit, garantie, assurance, subvention et accompagnement technique.

Elle insiste sur un point central : la transition ne sera possible que si les investisseurs, les banques et les bénéficiaires ont confiance dans les dispositifs proposés. Il ne suffit pas de créer des enveloppes financières ; il faut aussi construire une ingénierie capable de sécuriser les projets, de réduire les risques et de rendre les financements accessibles à ceux qui en ont le plus besoin.

Olfa Chammari voit dans la Caisse des dépôts et consignations (CDC) un acteur potentiel d’impulsion et de structuration. Pour elle, ce type d’institution peut jouer un rôle d’agrégateur, en aidant à mobiliser des ressources publiques et privées autour de projets à fort impact. L’enjeu n’est pas seulement de financer, mais de catalyser un écosystème.

Lire aussi : Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

Elle a mis l’accent sur l’accompagnement technique. Beaucoup de projets échouent non par manque d’intention, mais parce qu’ils sont insuffisamment préparés ou mal structurés. La finance climatique doit donc aller de pair avec du conseil, de l’expertise et un suivi dans la durée. C’est cette combinaison qui permet de transformer une ambition environnementale en projet viable.

En somme, Olfa Chammari défend une vision très pragmatique de la transition : pour qu’elle fonctionne, il faut des outils financiers adaptés, des institutions solides et une architecture de confiance capable de relier les besoins du terrain.

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Recul de l’aide au développement en Afrique (Rapport)

Au début du conflit au Moyen-Orient, fin février 2026, la plupart des pays africains menaient déjà une politique monétaire relativement restrictive, ce qui pourrait leur offrir une marge de manœuvre supplémentaire pour l’assouplir lorsque les pressions inflationnistes actuelles s’atténueront.

Toutefois, les pays importateurs nets de pétrole pourraient être confrontés à une forte hausse de leur facture d’importation en raison des prix élevés du pétrole, lit-on dans le rapport les « Perspectives économiques en Afrique 2026″ (PEA 2026) présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo lors des  Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement..

La montée des tensions géopolitiques devrait entraîner une baisse des flux d’aide publique au développement vers l’Afrique, ce qui accroît les risques à court terme pesant sur le financement extérieur mondial.

Le choc actuel sur les chaînes d’approvisionnement mondiales pourrait affaiblir les conditions du marché du travail dans le Moyen-Orient, région qui accueille 14 % des migrants africains, représentant ainsi un risque pour les transferts de fonds vers l’Afrique.

Ces tendances renforcent la nécessité pour les pays africains de réduire leur dépendance à l’égard des sources externes et d’explorer les opportunités nationales de mobilisation de ressources pour financer leur développement.

Mobiliser des capitaux à grande échelle pour favoriser le développement

Le document souligne que la mobilisation de financements du développement à grande échelle est impérative pour que l’Afrique puisse mener son propre programme de développement.

Le rapport a, dans ce sens, identifié des options politiques concrètes susceptibles de mobiliser des capitaux à grande échelle en vue d’une croissance accélérée et résiliente. Il a recommandé également des réformes visant à renforcer et à consolider l’architecture financière de l’Afrique afin que le continent puisse affirmer son autonomie dans un monde de plus en plus fragmenté.

Dans ce cadre la BAD a appelé dans son rapport à renforcer la gestion stratégique de la politique monétaire et de la politique de change afin d’atténuer l’impact de chocs multiples, dans le cadre de ses recommandations politiques à court terme.

Les banques centrales africaines doivent mettre en œuvre des politiques monétaires et de change prudentes, adaptées pour ancrer les anticipations d’inflation à long terme, a ajouté la même source.

Le rapport a préconisé de mettre en œuvre des politiques budgétaires prudentes pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, afin de réduire les coûts des entreprises et d’alléger les pressions sur les ménages pauvres et les autres ménages vulnérables.

Il a recommandé également de renforcer la capacité à attirer et à retenir les flux financiers extérieurs. Il a cité dans ce cadre la nécessité d’accroître la capacité d’absorption, en particulier dans les secteurs émergents, tels que les centres de données et les énergies renouvelables afin d’assurer une part plus importante du financement mondial des investissements.

A moyen et à long termes, le PEA a mis l’accent sur la nécessité de diversifier le mix énergétique et les marchés de l’énergie en Afrique, en accélérant les investissements dans les énergies renouvelables et le gaz, afin de renforcer la sécurité nationale.

Il s’agit également de renforcer l’intégration régionale et les échanges commerciaux afin de se prémunir contre les chocs mondiaux récurrents et de réduire la dépendance aux importations en plus de renforcer la compétitivité commerciale.

Perspectives économiques en Afrique (PEA) est le rapport annuel phare du Groupe de la Banque. Il offre une plateforme pour présenter ces conclusions et recommandations à un large public international et façonner le débat politique sur la mobilisation efficace et le déploiement efficient des capitaux, selon la BAD.

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L’inflation restera inférieure à 5% dans vingt-six pays africains en 2026

Les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA), qui examinent les performances économiques récentes du continent et ses perspectives à moyen terme a souligné que la flambée des prix mondiaux du pétrole et du gaz attise les pressions inflationnistes à travers l’Afrique. En fait, l’inflation devrait s’établir en moyenne à 10,4 % en 2026, avant de reculer à 8,9 % en 2027.

Ces chiffres ont été dévoilés mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement.

Bien que l’inflation moyenne en 2026 reste élevée, le taux prévu représente une baisse substantielle par rapport aux 13,7 % enregistrés en 2025 et s’explique par l’augmentation de la production agricole et les effets bénéfiques de la politique monétaire restrictive menée au cours des mois précédents.

Malgré cela, l’inflation en 2026 devrait rester inférieure à 5 % dans 26 pays, d’après la même source. Au 28 avril 2026, les monnaies de 27 pays s’étaient dépréciées face au dollar américain par rapport au niveau de référence du 27 février dernier.

Les banques centrales africaines ont abaissé leurs taux d’intérêt en 2025, ce qui signale une amélioration générale des perspectives d’inflation à moyen terme. Entre janvier 2025 et mars 2026, les taux directeurs ont été réduits en moyenne de 1,33 point de pourcentage.

Cela a donné lieu à des taux directeurs corrigés de l’inflation, s’établissant en moyenne à 2,8 % en termes réels, a fait ressortir le PEA 2026.

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De l’importation à l’exportation : le pari réussi de l’Éthiopie sur le blé

L’Éthiopie s’impose désormais comme l’un des géants mondiaux dans la culture du blé. Avec une récolte record de 33,1 millions de tonnes en 2025-2026, le pays intègre le Top 10 mondial et devient un symbole africain de souveraineté alimentaire, comme le rapporte site Afrique.le360.ma.

En effet, longtemps dépendante des importations, l’Éthiopie a accéléré sa transformation après les chocs du Covid-19 et de la guerre Russie-Ukraine (depuis 2022), qui avaient provoqué une flambée historique des prix du blé sur le marché mondial.

Avant 2021, et selon les chiffres disponibles, Addis-Abeba dépensait près de 1 milliard de dollars par an pour importer cette céréale essentielle. Mais en quelques années, le pays a inversé la tendance grâce à une stratégie agricole ambitieuse inscrite dans son « Plan de développement 2021-2030 ».

Résultat des courses : la production nationale est passée de 5,4 millions de tonnes en 2020 à 33,1 millions de tonnes aujourd’hui, soit une multiplication par six en cinq ans, ajoute la même source.

Plus de 8 millions d’hectares consacrés au blé

Cette progression spectaculaire a permis à l’Éthiopie non seulement d’atteindre l’autosuffisance dès 2021-2022, mais aussi d’exporter ses surplus vers des pays voisins comme le Soudan ou le Kenya. La consommation locale est estimée à environ 8 millions de tonnes, bien en dessous de la production actuelle.

Le principal moteur de cette réussite réside dans l’expansion des surfaces irriguées. Les cultures de blé irrigué sont passées de 5 000 hectares en 2018 à 3,8 millions d’hectares en 2025-2026. Au total, le pays consacre désormais plus de 8,2 millions d’hectares à cette céréale stratégique.

Mécanisation, semences à haut rendement, irrigation intensive et culture jusqu’à trois fois par an ont également permis de doubler les rendements moyens, passés de 2 à 4 tonnes par hectare.

Dans un continent qui importe encore plus de 65 % de ses besoins en blé, l’expérience éthiopienne démontre qu’une politique agricole cohérente peut réduire durablement la dépendance alimentaire africaine.

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Sidi Ould Tah : « L’Afrique ne manque pas d’idées, mais trop de projets n’atteignent pas la bancabilité »

« L’Afrique ne manque pas d’idées, mais trop de projets n’atteignent pas la bancabilité et seul un projet sur dix atteint le bouclage financier ». Ce sont là les propos du président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, qui s’exprimai lors des Assemblées annuelles de l’institution financière africaine à Brazzaville au Congo (du 25 au 29 mai 2026).

Ould Tah a souligné, à ce propos, qu’il est primordial de transformer ces portefeuilles projets en actifs investissables. Beaucoup de PME africaines restent enfermées dans ce que certains appellent le « missing middle » : trop grandes pour la microfinance, mais trop petites ou trop risquées pour les systèmes bancaires commerciaux, a-t-il expliqué.

C’est pour cette raison qu’est intervenue la récente décision de la Banque d’augmenter sa participation dans l’Agence africaine d’assurance, du commerce et de l’investissement (ATIDI) à 14 %, faisant d’elle son principal actionnaire. Ceci a-t-il avancé reflète le type d’architecture africaine de partage du risque qui doit être renforcé.

Transition démographique

Sur un autre plan, le président de la BAD a souligné que la transition démographique de l’Afrique doit également être abordée avec davantage de réalisme économique et d’ambition. Pendant longtemps, les discussions sur l’emploi des jeunes ont principalement été traitées comme des questions sociales, bien qu’il s’agit fondamentalement d’un défi structurel et économique, a-t-il encore dit.

Le défi n’est donc pas simplement de créer davantage d’emplois, il s’agit plutôt  de construire des économies plus productives, a-t-il appuyé. Il a mis l’accent, à cette occasion, sur la nécessité de dépasser les interventions fragmentées pour construire de véritables écosystèmes de production, de financement et d’innovation.

La Banque doit de plus en plus se positionner non seulement comme une institution de financement, mais comme une institution catalytique, une plateforme capable de réduire les risques, de mobiliser davantage de capitaux, de connecter investisseurs africains et internationaux, et de transformer des opportunités dispersées en investissements bancables.

La Banque a été créée dans une autre époque, où le financement du développement reposait principalement sur les prêts souverains, les infrastructures publiques et les relations traditionnelles d’aide, a rappelé le président de l’institution panafricaine. « Aujourd’hui, a-t-il ajouté, le développement est de plus en plus façonné par les capitaux privés, la technologie, l’intégration régionale, les dynamiques démographiques et la compétition géopolitique ».

Il a fait savoir que « l’approche de la banque reposera de plus en plus sur le partenariat entre capitaux publics et privés, entre institutions africaines elles-mêmes, entre investisseurs domestiques et internationaux et entre l’Afrique et ses partenaires mondiaux »

Et Sidi Ould Tah d’ajouter: « La BAD doit désormais porter sur l’ensemble de l’écosystème de croissance: infrastructures, intégration régionale, connectivité numérique, compétences, financements à long terme, clusters industriels et chaînes de valeur liées à la transformation africaine… Toutefois, la BAD ne peut pas et ne doit pas agir seule. Cet effort devra être porté par l’ensemble des institutions financières africaines à savoir banques de développement, banques commerciales, fonds de pension, caisses de dépôts, fonds souverains, banques centrales, compagnies d’assurance, fonds de private equity et institutions des marchés de capitaux ».

« Des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente »

Pour le président de la République du Congo, Denis-Sassou Nguesso, « le financement du développement de l’Afrique requiert désormais des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente. Les besoins sont immenses et concernent les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, le numérique, la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la protection de l’environnement, et la création d’emplois ».

Toujours selon le chef de l’Etat congolais, ces exigences du développement nécessitent des réponses nouvelles, audacieuses et adaptées. Il a mis l’accent sur la nécessité d’approfondir les marchés financiers, renforcer les institutions régionales, développer les instruments de garantie, de partage des risques et de financement mixte afin de mobiliser davantage l’épargne africaine et les capitaux internationaux au service de projets structurants.

« L’enjeu n’est donc pas seulement de trouver plus de ressources, il s’agit aussi de mieux les orienter, de mieux les gérer et de les consacrer à des investissements capables de transformer durablement les conditions de vie de nos populations », affirme Nguesso.

Tirer profit du capital humain et des ressources naturelles

De son côté, la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Selma Malika Haddadi, a souligné l’impératif de mobiliser les ressources financières internes de l’Afrique, procéder à la refonte de l’architecture financière et tirer profit du capital humain et des ressources naturelles. Elle a souligné la nécessité d’axer les efforts au-delà des mécanismes de financements traditionnels pour saisir de nouveaux outils et des nouvelles sources de financements au sein des pays africains.

Haddadi a fait savoir qu’un éventail de sources financières est disponible, citant à titre d’exemple les envois de fonds de la Diaspora, les obligations vertes, ainsi que les actifs financiers numériques qui restent sous exploités.

Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », les Assemblées annuelles 2026 sont les premières pour Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement en septembre 2025.

Les Assemblées annuelles sont l’événement statutaire le plus important de la BAD. Cette année, plus de 3 000 personnes prennent part à cet événement à Brazzaville, à savoir les dirigeants et les responsables politiques et économiques des 81 pays membres de l’institution, des responsables d’institutions financières et de développement, des groupes de réflexion, de la société civile, du secteur privé, des universitaires et des leaders d’opinion.

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Ebola : déjà 900 cas suspects

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo aurait touché plus de 900 cas, dont 101 infections confirmées à ce jour, a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Kinshasa a déclaré l’épidémie le 15 mai, marquant ainsi la 17e crise d’Ebola enregistrée dans le pays depuis l’identification du virus en 1976…

Dans un message publié dimanche 24 mai sur X, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que les violences et les déplacements massifs de population dans la province d’Ituri (épicentre de l’épidémie) compliquent gravement les efforts déployés pour contenir le virus. « Près de 5 millions de personnes vivent en zone de conflit. Aujourd’hui, une personne sur quatre a besoin d’aide humanitaire et une personne sur cinq est déplacée à l’intérieur de son propre pays », a écrit Tedros, avertissant que la situation a « gravement » entravé les efforts visant à étendre le traçage des contacts et à détecter les infections suffisamment tôt pour fournir des soins de soutien.

L’OMS et ses partenaires continuent d’opérer dans certaines des zones les plus instables et difficiles d’accès de l’Ituri, où les communautés sont confrontées non seulement à Ebola, mais aussi à une crise sanitaire plus large impliquant de multiples maladies, a-t-il ajouté.

A noter que des scientifiques britanniques accélèrent actuellement le développement d’un vaccin expérimental basé sur une technologie mise au point pendant la pandémie de Covid-19. Selon les chercheurs, ce vaccin pourrait être prêt pour des essais cliniques d’ici quelques mois, même si son efficacité reste encore inconnue.

Alors que l’OMS a relevé le risque lié à l’épidémie actuelle d’Ebola de « élevé » à « très élevé » en République démocratique du Congo, il reste faible au niveau international.

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Espagne : Plus de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique

Le gouvernement espagnol vient de présenter un plan de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique. Et ce, principalement par le biais de subventions pour la rénovation des logements et l’adoption d’un abonnement quasi gratuit aux transports publics en Espagne.

« La révolution énergétique ne peut pas seulement profiter à ceux qui peuvent changer de voiture, installer des panneaux solaires sur le toit de leur maison ou rénover leur logement sans aide de l’État ». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Pedro Sanchez. « Cela doit profiter à tout le monde », a-t-il déclaré lors de la présentation de ce nouveau projet. Lequel sera cofinancé par l’Union européenne.

L’Espagne est en première ligne face au réchauffement climatique, avec des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes. Elles sont déjà présentes au printemps; mais aussi des automnes et des hivers plus humides qu’auparavant.

Plus précisément, 4,7 milliards d’euros du « plan social pour le climat » seront principalement alloués à la rénovation énergétique des logements et des quartiers. Tandis que 4,3 milliards d’euros seront investis dans la mobilité. Avec notamment l’adoption d’un abonnement saisonnier spécial permettant une utilisation quasi gratuite des transports publics.

L’approbation de ce plan requiert toutefois une majorité au Parlement, dont ne dispose pas le gouvernement actuel. « Nous avons besoin du soutien de tous les groupes parlementaires », y compris de l’opposition de droite et d’extrême droite, a ajouté aujourd’hui M. Sanchez. Car les ressources du Fonds social européen pour le climat nécessitent l’intégration des directives européennes dans le droit national et le respect de la réglementation européenne.

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Sénégal : un économiste à la Primature

Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a nommé, lundi 25 mai 2026, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre, trois jours après le limogeage de Ousmane Sonko et la dissolution du gouvernement.

L’annonce a été faite à la télévision nationale sénégalaise RTS. Âgé de 60 ans, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo est un économiste reconnu, ancien responsable de la branche sénégalaise de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il va désormais former une nouvelle équipe gouvernementale dans un contexte marqué par une crise politique et de fortes tensions économiques.

Le départ d’Ousmane Sonko, annoncé le 22 mai 2026, intervient après plusieurs mois de désaccords avec le président Bassirou Diomaye Faye. Les deux hommes, longtemps alliés au sein du parti PASTEF, divergeaient notamment sur la gestion de la dette publique, les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) et l’orientation économique du pays.

Lire aussi — Sénégal : le “couple“ Diomaye Faye-Ousmane Sonko vole en éclats

Figure centrale de la vie politique sénégalaise, Ousmane Sonko avait joué un rôle déterminant dans l’élection de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024. Et ce, après avoir lui-même été empêché de se présenter à la présidentielle à la suite d’une condamnation judiciaire. Nommé Premier ministre le 2 avril 2024, il incarnait alors la ligne dite de « rupture » portée par le PASTEF.

Au fil des mois, les relations entre les deux dirigeants se sont cependant détériorées. En mars 2026, Sonko avait publiquement averti qu’il pourrait faire basculer le PASTEF dans l’opposition si le président s’éloignait du programme politique du parti.

L’arrivée d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo à la tête du gouvernement est perçue par plusieurs observateurs comme une volonté du président Faye de rassurer les partenaires financiers et de restaurer une forme de stabilité institutionnelle. Alors que les équilibres politiques internes demeurent fragiles. A noter également qu’il est perçu proche à la fois d’Ousmane Sonko et de Diomane Faye. Ce qui pourrait être important pour l’avenir du pays, étant donné que le désormais ancien PM devrait être élu, mardi 26 mai, comme nouveau président du Parlement sénégalais.

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