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Usage de l’IA générative : la Tunisie dans le top 10 africain

La Tunisie figure parmi les pays africains les plus avancés dans l’adoption de l’intelligence artificielle générative en 2026. C’est ce qu’il ressort du rapport « Global AI Diffusion – Q1 2026 Trends and Insights », publié récemment par Microsoft.

Selon ce document, 13,5 % des Tunisiens âgés de 15 à 64 ans ont utilisé des outils d’IA générative comme ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot durant le premier trimestre de l’année en cours. Ce taux place la Tunisie au 8e rang africain, devant l’Algérie (13,2 %) et le Maroc (11,7 %), mais derrière la Libye.

Quant au classement continental, il est dominé par l’Afrique du Sud, où 23,1 % de la population utilise ces technologies, suivie par la Namibie (15,1 %), puis la Libye et le Gabon (15 %). L’Egypte et le Botswana occupent également des positions de tête avec 14,8 %. Tandis que le Sénégal atteint 13,9 %.

Le rapport de Microsoft mesure « la diffusion mondiale de l’IA générative à partir de données télémétriques anonymisées collectées entre janvier et mars 2026 ». Les statistiques tiennent compte notamment de la pénétration d’Internet, des appareils connectés et des systèmes d’exploitation utilisés dans chaque pays.

A l’échelle mondiale, l’usage de l’IA générative poursuit sa progression, passant de 15,1 % au premier trimestre 2025 à 17,8 % un an plus tard. Les Emirats arabes unis demeurent leaders mondiaux incontestés avec un taux d’adoption de plus de 70 %, devant Singapour, la Norvège, l’Irlande et la France.

Le rapport souligne toutefois l’existence de fortes disparités entre pays développés et pays du Sud. En effet, les pays du Nord affichent un taux moyen d’utilisation de 27,5 %, contre seulement 15,4 % pour les pays en développement. Microsoft explique cet écart par des infrastructures numériques insuffisantes, un accès limité à Internet et à l’électricité, ainsi qu’un déficit en compétences numériques. Autant de défis que la Tunisie et plusieurs pays africains devront relever pour accélérer leur transition technologique.

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Karim Hajjaji : Les Tunisiens à l’étranger sont un moteur stratégique pour l’investissement

La Tunisie continue d’attirer des investissements étrangers, mais la concurrence internationale devient de plus en plus intense, avertit Karim Hajjaji. Intervenant en marge du Forum de L’Économiste maghrébin 2026, il estime que le pays doit accélérer ses réformes pour améliorer son attractivité économique face à des concurrents régionaux particulièrement offensifs.

Selon lui, la simplification des procédures d’investissement constitue une priorité, tout comme le soutien aux initiatives locales, à l’innovation et aux entreprises nationales capables de devenir des relais de croissance. Il souligne également que la Tunisie ne devrait pas concentrer sa stratégie uniquement sur les investisseurs étrangers classiques.

Le responsable bancaire met particulièrement en avant le rôle stratégique de la diaspora tunisienne. Les Tunisiens résidant à l’étranger représentent, selon lui, un levier d’investissement stable et durable, capable de contribuer fortement à la création de richesse. Il rappelle que leurs transferts financiers dépassent déjà les recettes du tourisme et insiste sur leur attachement affectif au pays, qu’il considère comme un atout économique majeur.

Karim Hajjaji appelle également à davantage de flexibilité réglementaire, notamment concernant la convertibilité du capital, le rapatriement des dividendes et l’assouplissement de la réglementation des changes. Des mesures qu’il juge indispensables pour rassurer les investisseurs internationaux.

Enfin, il estime que la Tunisie doit mener un véritable travail de promotion économique à l’international. Citant l’exemple du Maroc, qu’il considère très performant en matière de marketing territorial, il affirme que la Tunisie dispose pourtant d’avantages compétitifs importants. Pour les valoriser, le pays doit, selon lui, offrir davantage de stabilité politique, un environnement financier et réglementaire plus ouvert et encourager l’émergence de PME innovantes capables d’attirer les investisseurs dès les premières phases de développement.

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Le Dictionnaire amoureux de la Tunisie, un acte d’espérance pour une terre millénaire

C’est un livre-hommage que la romancière Fawzia Zouari a consacré à la Tunisie : son Dictionnaire amoureux de la Tunisie, paru chez Plon et dont les éditions Cérès ont acquis les droits d’édition et de distribution en Tunisie, paraît à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance. L’écrivaine franco-tunisienne en retrace la genèse dans un entretien accordé à L’Économiste maghrébin.

Quatre années de travail au total, deux d’écriture et deux d’attente, pour un volume d’environ cinq cents pages qui constitue avant tout un hommage à une terre millénaire. Romancière, journaliste et essayiste, la lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie en 2016 y mobilise ses différentes expériences d’écriture sans céder à une nostalgie convenue. Elle décrit un exercice de liberté totale, qui finit par révéler son propre attachement à la Tunisie. Ce projet est né d’une proposition de l’éditeur, qui lui a confié un volume de la collection du Dictionnaire amoureux. Il avait d’abord hésité entre Frédéric Mitterrand et elle, avant que ce dernier ne tranche en sa faveur : « C’est Frédéric Mitterrand qui lui a dit : laisse Fawzia en parler », rapporte-t-elle. L’un comme l’autre auraient pu mener ce projet. L’éditeur, dont la famille a vécu en Tunisie, s’est engagé dans l’aventure avec enthousiasme. Deux années supplémentaires d’attente ont suivi la remise du manuscrit, la collection étant très sollicitée chez Plon. La publication a été programmée pour coïncider avec l’anniversaire de l’indépendance.

La découverte d’un attachement révélé par l’écriture

Aucun projet personnel préconçu ne présidait à l’écriture. L’autrice de Ce pays dont je meurs est entrée dans ce travail sans a priori, s’interrogeant sur sa légitimité dans un tel exercice. Le principe même du genre a levé ses hésitations : il ne s’agissait ni d’objectivité historique ni de rigueur anthropologique, mais d’un regard libre sur ce qui lui tient à cœur. Cette liberté lui a permis de mobiliser ses différentes approches : certains sujets relevaient de la documentation, d’autres d’une démarche journalistique d’enquête, d’autres encore d’un regard littéraire et subjectif. Le Kef, dont elle est originaire, ne pouvait être abordé que depuis cette expérience vécue. C’est au fil de l’écriture qu’elle découvre cet attachement : « Je commençais à écrire et je me rendais compte qu’en écrivant je redécouvrais mon attachement à ce pays. »

Un récit destiné au monde, au-delà des frontières

Interrogée sur le récit tunisien, celui d’un pays qui a donné son nom à un continent, doté de la première constitution et berceau d’une des premières figures féminines fondatrices d’empire, elle refuse l’idée d’un récit limité aux seuls Tunisiens. Il s’agit au contraire de dépasser les représentations réductrices, souvent limitées à des plages et à Carthage. « Quelqu’un demande à un Américain ce que c’est que la Tunisie, il répond : des plages et Carthage. » Le livre s’inscrit contre cette image réductrice et rappelle la profondeur historique et culturelle du pays.

L’autrice ne se situe pas dans une posture d’analyse sociologique, mais dans une démarche de transmission et de valorisation. Elle cherche à faire connaître la Tunisie au-delà de ses frontières, en rappelant ce que ce territoire a apporté à l’histoire mondiale. Aucun sujet n’a été volontairement écarté : la révolution de 2011, événement récent mais structurant, trouve naturellement sa place.

Une Tunisie loin des clichés touristiques

Le dictionnaire s’éloigne des images de carte postale. Il ne se réduit ni aux plages ni aux symboles folkloriques. Sidi Bou Saïd, par exemple, n’est pas présenté comme un décor touristique, mais comme un lieu porteur d’une tradition spirituelle liée au soufisme. L’autrice part de son expérience vécue, elle qui vient du Kef, et non d’un lieu vitrifié pour le tourisme. « Derrière cette image de carte postale, il y a une histoire millénaire. Ce petit pays a joué un rôle majeur dans l’histoire mondiale. » Cette profondeur historique structure l’ensemble de l’ouvrage, pensé pour durer et être relu dans le temps, indépendamment des évolutions du pays.

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance, Fawzia Zouari refuse toute posture militante ou tout jugement sur l’actualité. Installée entre plusieurs pays, elle revendique une distance qui lui permet d’écrire hors de toute position politique. Le livre s’inscrit dans une temporalité longue, celle de l’histoire. « C’est cet héritage ancien qui continue de structurer le pays et sur lequel s’appuie son rapport au monde. » .Elle conclut sur une idée d’espérance : « Toujours. Il faut espérer dans ce pays. Le ciel y est serein. Quelles que soient les périodes traversées, la Tunisie donne une forme de sérénité. C’est cette profondeur historique qui nourrit la fierté. »

 

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La Tunisie réalisera une croissance de 2,1% en 2026 et 2,8% en 2027 (BAD)

La croissance du PIB de la Tunisie devrait atteindre 2,1% en 2026 et 2,8% en 2027, selon le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA 2026), présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui ont lieu du 25 au 29 courant.

Pour sa part, l’inflation devrait se situer à 5,7% en 2026 avant de décroître à 5,4 % en 2027, selon les prévisions de la BAD dans son rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».

A rappeler au passage que l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5% en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS). Durant les trois premiers mois de 2026, la Tunisie a réalisé une croissance de 2,6 % en glissement annuel, par rapport à la même période de 2025.

Ceci étant, il est à noter que le budget de l’Etat repose sur une série d’hypothèses, dont un taux de croissance à hauteur de 3,3%, durant toute l’année 2026, s’appuyant sur un prix du baril de pétrole à 63 dollars.

« Perspectives économiques en Afrique » (PEA), rapport annuel phare du Groupe de la Banque, examine de quelle manière l’Afrique peut mobiliser des capitaux à grande échelle pour renforcer sa résilience, accélérer sa transformation structurelle et financer ses ambitions de développement dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, de resserrement des conditions financières mondiales et de besoins croissants en matière de financement du développement.

Son lancement a réuni des dirigeants mondiaux, des décideurs politiques, des partenaires au développement, des investisseurs, des représentants de la société civile et des dirigeants du secteur privé pour discuter des perspectives économiques et des priorités de financement de l’Afrique.

Il offre une plateforme pour présenter ces conclusions et recommandations à un large public international et façonner le débat politique sur la mobilisation efficace et le déploiement efficient des capitaux, selon la BAD.

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Banques tunisiennes : Karim Hajjaji plaide pour des « champions nationaux »

Le secteur bancaire tunisien souffre encore d’une trop grande fragmentation, estime Karim Hajjaji, Global Chief Operating Officer Corporate & Investment Banking.

En marge de sa participation à la 27ème édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Karim Hajjaji a appelé à davantage de rapprochements entre les établissements bancaires, qu’ils soient publics ou privés, afin de faire émerger de véritables « champions nationaux » capables de soutenir plus efficacement l’économie tunisienne.

Il souligne à cet égard que le poids du secteur public dans le financement reste encore trop important. Il estime que les banques tunisiennes gagneraient à diversifier davantage leurs lignes de crédit, notamment en direction des PME et des TPE, considérées comme des moteurs essentiels de création d’emplois et de richesse nationale.

Karim Hajjaji a relevé également les nombreux défis réglementaires auxquels le secteur devra faire face dans les prochaines années, notamment avec l’entrée en vigueur de normes internationales telles qu’IFRS 9 et Bâle III.

Ces réformes imposent, précise-t-il, des investissements importants pour renforcer la gestion des risques, moderniser le suivi des crédits et améliorer la gouvernance interne des banques, en particulier les fonctions de contrôle et de gestion des risques.

Au-delà du cadre réglementaire, Karim Hajjaji insiste sur l’urgence de la transformation digitale du secteur. Il estime que l’expérience client peut être considérablement améliorée grâce à la digitalisation des services bancaires et à la modernisation des systèmes informatiques, dont certains deviennent aujourd’hui obsolètes.

L’intelligence artificielle constitue aussi un enjeu stratégique majeur, ajoute-t-il. Cette mutation nécessite des investissements dans les talents, notamment des ingénieurs, statisticiens et spécialistes des technologies de l’information. Des investissements qui pourraient être soutenus, insiste-t-il, par les gains d’efficacité générés par la modernisation du secteur bancaire.

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Été 2026 : l’Algérie assure l’électricité de la Tunisie

L’Algérie a confirmé la poursuite de ses exportations d’électricité vers la Tunisie durant l’été 2026. Et ce, malgré les tensions sur la demande interne en période de pic. Les deux parties ont également évoqué un projet de centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1 400 MW en Tunisie, actuellement au stade de discussion.

Cette annonce a été faite lors d’une réunion qui se tenait dimanche 24 mai 2026, à Alger, entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et une délégation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, STEG, conduite par son PDG, Fayçal Trifa, en présence de responsables de Sonelgaz.

À cette occasion, la partie algérienne a confirmé la poursuite des exportations d’électricité vers la Tunisie durant l’été 2026. Cette période correspond traditionnellement à une forte demande énergétique dans les deux pays.

Les autorités algériennes ont indiqué que ces livraisons seront maintenues malgré les contraintes liées aux pics de consommation sur le réseau national, en raison de l’importance accordée à la continuité de l’approvisionnement de la Tunisie.

Les échanges ont également porté sur le projet d’interconnexion électrique tripartite entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Ce projet est présenté comme un axe de développement destiné à renforcer les échanges d’énergie et la stabilité des réseaux électriques dans la région.

Des orientations ont été données afin de renforcer la coordination entre Sonelgaz et la STEG, notamment pour l’accompagnement technique et la gestion des besoins énergétiques.

La délégation tunisienne a pour sa part présenté l’état de la coopération avec Sonelgaz et exprimé l’intérêt de la Tunisie pour l’expertise algérienne dans le secteur de l’énergie. Elle a également souligné la nécessité de poursuivre le développement de la coopération bilatérale.

Les deux parties ont conclu la réunion en réaffirmant leur volonté de poursuivre la concertation et de développer les projets communs dans le secteur de l’énergie, notamment en matière d’interconnexion électrique et de production.

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Assurances en Tunisie : le chiffre d’affaires du secteur dépasse 1,4 milliard de dinars

Le secteur des assurances en Tunisie a enregistré une croissance soutenue au premier trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires global en hausse de 10,5 %. Il atteint 1,401 milliard de dinars; contre 1,2685 milliard un an auparavant. C’est ce que révèlent les données du Comité général des assurances (CGA).

Dans le même temps, les indemnisations versées aux assurés ont fortement progressé de 18,4 %, pour s’établir à 585,4 millions de dinars; contre 494,4 millions de dinars au premier trimestre 2025.

L’assurance-vie s’est distinguée comme principal moteur de cette croissance. Son chiffre d’affaires a augmenté de 16,2 %, passant de 282,5 à 328,2 millions de dinars. Cette branche représente désormais 23,4 % des primes nettes du secteur.

L’assurance non-vie demeure toutefois dominante avec 76,6 % du marché et un volume d’affaires de 1,073 milliard de dinars, en progression de 8,8 %. L’assurance automobile conserve la première place avec 553 millions de dinars de primes. Soit 39,5 % du marché total. Suit l’assurance maladie qui atteint 222 millions de dinars (+16,4 %) et porte sa part de marché à 15,8 %.

Les autres segments affichent également des évolutions positives. Ainsi, l’assurance incendie progresse de 5,8 % à 157,6 millions de dinars. Le transport augmente de 8,2 % à 29,7 millions de dinars. Tandis que l’assurance agricole enregistre une hausse de 14,7 %. Bien qu’elle reste marginale avec 2,7 millions de dinars de primes.

De son côté, la Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Re) voit son chiffre d’affaires se stabiliser à 77,3 millions de dinars, en légère hausse de 1,2 %.

Sur le volet des indemnisations, l’assurance-vie affiche la plus forte progression avec une hausse de 45,1 %, à 172,3 millions de dinars, représentant près de 29,4 % des indemnisations totales du secteur. Les indemnisations de l’assurance non-vie ont, quant à elles, augmenté de 10 % pour atteindre 413,1 millions de dinars, dont 226,8 millions liés à l’automobile et 139,8 millions à l’assurance maladie, en hausse de 17,6 %.

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L’Église sonne l’alarme : l’IA menace l’humanité

Dans sa première encyclique, intitulée « Magnifica humanitas », le pape alerte sur l’impact d’une technologie considérée comme un défi anthropologique à l’humanité, s’inscrivant de plain-pied dans les débats en cours sur l’utilisation de l’IA.

Léon XIV a tenu à présenter le texte lui-même, soulignant l’importance du document qu’il a rendu public, lundi 25 mai, lors d’une conférence de presse. Pour la première fois, un pape est apparu, au Vatican, devant les journalistes pour présenter un document à la plus haute valeur magistérielle, l’encyclique Magnifica humanitas, ou « Magnifique humanité » en français, sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’intelligence artificielle (IA).

Publié lundi, ce premier grand écrit du pape américain avait été signé le 15 mai. La date, symbolique, en dit long sur la tradition dans laquelle Robert Prevost souhaite inscrire Magnifica humanitas et sur l’impact qu’il aimerait lui donner. En effet, le 15 mai 1891, soit cent trente-cinq ans plus tôt, le pape Léon XIII jetait les bases de la doctrine sociale de l’Eglise catholique dans une encyclique, Rerum novarum (« Des choses nouvelles »). A savoir, une réflexion pensée comme un guide pour les chrétiens face à la révolution industrielle en cours à l’époque.

Plus d’un siècle plus tard, Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à son prédécesseur, estime, à son tour, devoir offrir au monde une réflexion sur une révolution industrielle et cognitive d’ampleur, celle de l’IA.

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La Tunisie décroche l’argent au World Food Gift Challenge 2026 en Crète

« Terroirs de Tunisie », produit représentant le Cap Bon, a remporté le 2ème prix du concours international de l’IGCAT; et ce, lors de la cérémonie du 21 mai 2026.

Le produit « Terroirs de Tunisie », porté par la région du Cap Bon (Région Mondiale de la Gastronomie 2028), a obtenu la médaille d’argent du World Food Gift Challenge 2026. Son organisation relevait de l’Institut International de Gastronomie, Culture, Arts et Tourisme (IGCAT) au Creta Maris Resort, en Crète.

La distinction a été décernée à l’issue d’une évaluation conduite le 19 mai par un jury de six experts internationaux, présidé par l’Argentin Omar Valdez, membre du Conseil d’administration de l’IGCAT. Les produits en compétition ont été jugés sur leur goût, leur design, leur durabilité, leur ancrage territorial, leur créativité, leur narration et leur innovation.

Cette 7e édition du concours a rassemblé plus de 40 cadeaux gastronomiques et artisanaux issus de régions de gastronomie reconnues à travers le monde. C’est l’huile d’olive vierge extra Ziro Sitia (Crète) qui a remporté le 1er prix. Tandis que le couteau Bow Knife de Kenosis (Banat, Roumanie) se classait à la 3ème place.

Au final la participation de Cap Bon s’inscrit dans le cadre de son label de Région Mondiale de la Gastronomie 2028, décerné par l’IGCAT. Lequel vise à valoriser les producteurs artisanaux locaux et à promouvoir la diversité alimentaire et culturelle des territoires.

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Tunis : capitale mondiale de l’IA et de la santé le 8 juin

La Tunisie accueillera, le 08 juin 2026, la première édition du THE BRIDGE AI & HEALTHCARE Summit, un événement international réunissant entrepreneurs, startups, investisseurs, médecins, experts et représentants des compétences tunisiennes à l’étranger autour d’une vision commune : construire l’avenir de l’innovation sanitaire et numérique en Tunisie et en Afrique.

Cette rencontre stratégique constituera une plateforme de connexion entre innovation, investissement et technologies de la santé, et marquera également le lancement officiel du projet “The Bridge”, premier incubateur et accélérateur reliant la Tunisie et l’Europe dans les domaines de la santé, de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, initié en partenariat avec l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) et l’Association des médecins tunisiens dans le monde (AMTM).

Le projet ambitionne de soutenir les startups et les projets innovants à travers des programmes d’incubation et d’accélération spécialisés, un accompagnement assuré par des experts nationaux et internationaux, un accès à des investisseurs et partenaires européens, ainsi que le développement de réseaux de coopération entre la Tunisie, l’Europe et l’Afrique, précise un communiqué de l’ONE.  

Le sommet proposera un programme riche comprenant des conférences de haut niveau, des panels sectoriels, des compétitions Pitch Battle, des rencontres B2B, des espaces networking, ainsi qu’un Village des Startups réunissant des dizaines de jeunes entreprises innovantes tunisiennes et africaines.

Plusieurs thématiques stratégiques seront au cœur des échanges, notamment l’intelligence artificielle appliquée à la santé, la télémédecine, les technologies médicales et la biotechnologie, le financement alternatif et le crowdfunding (ou financement participatif), ainsi que le soutien aux compétences tunisiennes à l’international et à l’investissement dans l’écosystème HealthTech.

À travers cette initiative, THE BRIDGE ambitionne de renforcer le positionnement de la Tunisie comme hub régional de l’innovation dans les secteurs de la santé et de la technologie, en favorisant l’accès au financement, le transfert de compétences, l’investissement et les partenariats internationaux.

L’événement devrait accueillir entre 400 et 600 participants venant de Tunisie et de l’étranger, avec la présence d’institutions financières, de fonds d’investissement, d’universités, de partenaires internationaux ainsi que de représentants des secteurs public et privé.

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Houssem Eddine Jebabli: La Tunisie a démontré sa capacité à gérer le dossier de la migration irrégulière

«L’État tunisien a démontré sa capacité à gérer plusieurs dossiers complexes, en particulier celui de la migration irrégulière», a déclaré vendredi, le 22 mai, le porte-parole officiel de la Direction générale de la Garde nationale, Houssem Eddine Jebabli.

Dans une déclaration accordée aux médias en marge de l’organisation d’un vol de rapatriement de 243 migrants irréguliers de nationalité ivoirienne, au départ de l’aéroport Tunis-Carthage, Jebabli a indiqué que la majorité des migrants est entrée sur le territoire tunisien par les frontières terrestres, tandis que des réseaux de passeurs les ont acheminés, que ce soit à bord de voitures, de camions ou même à pied.

Il a précisé que les opérations de retour volontaire ont débuté au début du mois de juillet de l’année dernière, deux semaines après la mise en place d’un camp dans la délégation d’El Amra, gouvernorat de Sfax, à l’initiative du ministère de l’Intérieur.

Ce programme, a-t-il ajouté, s’inscrit dans une approche humanitaire en faveur des migrants irréguliers originaires d’Afrique subsaharienne, rappelant qu’il a permis le retour de plus de 4 000 d’entre eux vers leurs pays d’origine.

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Ebola et Hantavirus : la Tunisie renforce la vigilance aux frontières

La Tunisie renforce son dispositif de vigilance sanitaire au niveau des aéroports, des ports et des passages frontaliers terrestres, dans le cadre d’une approche préventive visant à réduire les risques liés aux risques épidémiologiques internationaux, notamment les virus Ebola et Hantavirus.

Dans ce contexte, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a présidé, vendredi le 22 mai 2026, une réunion de coordination consacrée au suivi des dernières évolutions de la situation épidémiologique mondiale et à l’examen des indicateurs liés à la circulation de plusieurs virus émergents.

La réunion a rassemblé des représentants des ministères de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et du Transport, ainsi que de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA), en plus de cadres du ministère de la Santé et de plusieurs experts du domaine sanitaire et sécuritaire.

Un échange à distance a également eu lieu avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, permettant de partager les dernières données disponibles sur la situation sanitaire mondiale et de souligner l’importance d’une coordination internationale rapide et efficace en cas d’alerte sanitaire.

Cela dit en passant, l’OMS a élevé Ebola comme « risque maximum pour la santé publique en RDC ».

À l’issue des discussions et de l’analyse des données scientifiques disponibles, les participants ont estimé que le risque de propagation internationale des virus Ebola et Hantavirus demeure faible à ce stade, tout en insistant toutefois sur la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation, notamment auprès des voyageurs, sur les modes de transmission et les mesures de prévention.

Lire aussi: Tunisie : les autorités sanitaires rassurent sur le Hantavirus

Le ministre de la Santé, Mustafa Ferjani, a, pour sa part, souligné que la Tunisie suit de près l’évolution de la situation sanitaire mondiale et privilégie une approche proactive fondée sur la surveillance précoce et la prévention.

Il a également été décidé de renforcer les dispositifs de contrôle sanitaire aux points d’entrée du territoire national, avec une application rigoureuse des protocoles en vigueur, afin de garantir une détection rapide et une intervention efficace en cas de besoin, tout en préservant la sécurité sanitaire du pays.

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Ooredoo Tunisie et le ministère de la Santé unissent leurs efforts

Le directeur général de Ooredoo Tunisie, Eyas Assaf, accompagné de l’équipe de direction de l’entreprise, a rencontré, vendredi 22 mai, le ministre de la Santé, Dr Mustapha Ferjani, afin de féliciter le ministère pour la récente distinction internationale obtenue par la Tunisie : la certification officielle de l’Organisation mondiale de la santé déclarant la Tunisie exempte du trachome, l’une des principales causes de cécité évitable dans le monde.

Lire aussi : L’OMS certifie l’élimination du trachome en Tunisie 

Cette distinction a été remise à Genève par le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, en reconnaissance des années d’efforts continus menés par les professionnels de santé tunisiens, les équipes de terrain et les institutions sanitaires à travers toutes les régions du pays.

Lors de cette rencontre, Ooredoo Tunisie a salué cette réalisation nationale majeure, reflet de l’engagement historique de la Tunisie en faveur de la prévention, de l’accès équitable aux soins, de la proximité sanitaire et de la protection de la dignité des citoyens.

Cette réunion a également permis d’échanger autour des perspectives futures de collaboration entre Ooredoo Tunisie et le ministère de la Santé pour soutenir des initiatives nationales à fort impact dans le domaine de la santé et de la santé digitale.

Dans ce cadre, Ooredoo Tunisie a annoncé son soutien à l’Initiative nationale de chirurgie de la cataracte organisée sous l’égide du département de la Santé en partenariat avec l’association “One Day One Dream“ (ODOD). Cette initiative vise à redonner la vue à des patients démunis souffrant de cataracte et de cécité évitable dans plusieurs gouvernorats tunisiens.

À travers un engagement de trois ans dans le cadre de son programme sociétal « Tounes T3ich », Ooredoo Tunisie soutiendra ladite initiative, dans une démarche visant à renforcer l’accès aux soins, contribuer à la lutte contre la cécité évitable et redonner espoir et dignité aux populations vulnérables à travers les différentes régions du pays.

À cette occasion, Eyas Assaf, directeur général de Ooredoo Tunisie, a déclaré : «Ooredoo Tunisie est fière d’accompagner le ministère de la Santé dans le soutien des priorités nationales de santé et des initiatives qui améliorent concrètement la vie des citoyens. La reconnaissance de la Tunisie par l’Organisation mondiale de la santé constitue une fierté nationale et un hommage au dévouement des professionnels de santé tunisiens. À travers notre soutien à l’initiative nationale de chirurgie de la cataracte, nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’inclusion sociale, de l’équité en santé et d’un avenir meilleur pour tous les Tunisiens».

De son côté, le ministre de la Santé, Dr Mustapha Ferjani, a salué cette collaboration et souligné l’importance des partenariats public-privé dans le soutien des efforts nationaux en matière de santé et dans le renforcement de l’accès aux soins de qualité dans toutes les régions du pays.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le renforcement de la collaboration entre Ooredoo Tunisie et le Ministère de la Santé, autour d’une vision commune fondée sur l’innovation, l’inclusion, la prévention et le développement durable du secteur de la santé.

Avec communiqué

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Tunisie : Ces chantiers dormants qui pourraient sauver l’économie

Des gisements de phosphates inexploités, des parcs solaires financés mais en attente, des ports à moderniser, des quartiers entiers à bâtir : la Tunisie dispose d’un portefeuille considérable de grands projets planifiés depuis des décennies, dont la réalisation a été sans cesse repoussée. Dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) fait de leur déblocage urgent une condition sine qua non de la reprise économique. La crise peut devenir le déclencheur que le pays attendait.

La Tunisie dispose d’un sous-sol qui n’a jamais été pleinement mis en valeur. Les gisements de phosphates de Sra Ouertane et d’autres sites du sud-ouest du pays constituent des réserves considérables dont l’exploitation génèrerait des emplois, des devises et des recettes fiscales dans des régions parmi les plus défavorisées du pays. Dans le secteur des hydrocarbures, le golfe de Gabès et le champ pétrolier et gazier de Ghdamès, partagé avec les pays voisins, recèlent un potentiel productif qui reste largement sous-exploité faute de décisions d’investissement. Ce sont des projets pour lesquels des études ont été réalisées, des fonds ont été mobilisés, et des emprunts extérieurs ont été contractés et sont encore en cours de remboursement, sans que les chantiers n’aient été véritablement lancés.

Les énergies renouvelables : l’opportunité est déjà là

Le secteur des énergies renouvelables représente peut-être l’opportunité la plus immédiatement saisissable. Une nouvelle dynamique s’installe grâce à des investissements directs étrangers qui ont déjà sécurisé leur marché local par des contrats avec la STEG, la société nationale d’électricité. La perspective d’exporter de l’énergie solaire vers l’Italie via la liaison sous-marine ELMED donne à ces projets une dimension stratégique régionale qui les rend particulièrement attractifs pour les financeurs internationaux. L’IACE souligne que cette filière pourrait à terme permettre à la Tunisie de réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures tout en générant des recettes en devises, deux objectifs devenus prioritaires dans le contexte de la crise iranienne.

L’urbanisme et la logistique, moteurs d’emploi durables

Au-delà des ressources naturelles, l’IACE identifie plusieurs grands projets d’urbanisme dont la réalisation est depuis longtemps inscrite dans les agendas de planification mais demeure en attente de feux verts définitifs. Les projets Lac Sud à Tunis, Sebkhat Ben Ghayada à Mahdia et Taparura à Sfax, ainsi que les programmes de logements sociaux des jardins de Tunis et de Manouba, représentent un potentiel considérable en matière d’emplois dans la construction et de résorption de la crise du logement urbain. Dans le secteur de la logistique, les projets portuaires d’Enfida, l’extension du port de Radès et les ports secs pour conteneurs constituent des infrastructures structurantes pour l’ensemble de l’appareil exportateur tunisien.

La Commission des Grands Projets, outil dormant à réveiller d’urgence

Pour transformer ces projets en réalité, l’IACE appelle à l’activation immédiate de la Commission des Grands Projets, instituée par le décret 2024-497 mais restée sans activité réelle depuis sa création. Cette commission est conçue pour créer une dynamique d’investissement combinant initiative publique et partenariats public-privé, en surmontant les blocages administratifs et interministériels qui paralysent les grands chantiers depuis des années. De même, la commission de restructuration des entreprises publiques, dotée d’une ligne spécifique de 100 millions de dinars pour 2026, devra adopter un agenda précis pour assainir les entreprises publiques qui constituent souvent un frein plutôt qu’un levier pour les projets d’investissement. La crise, conclut l’IACE, peut être une opportunité à condition que les décideurs transforment l’urgence en impulsion réformatrice plutôt qu’en paralysie.

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Bourse en fête, économie en peine : le paradoxe tunisien qui inquiète

La Bourse de Tunis a progressé de 34 % en 2025, puis de 19 % sur les seuls quatre premiers mois de 2026. Pendant ce temps, la croissance économique s’effondre et les entreprises peinent à accéder au crédit. Ce divorce entre la finance et l’économie réelle est l’un des signaux d’alarme les plus inquiétants que relève l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie : quand les investisseurs fuient vers la spéculation, c’est toute la machine productive qui se grippe.

Dans une économie en bonne santé, la progression des indices boursiers reflète la hausse des bénéfices des entreprises cotées, l’anticipation d’une croissance future et la confiance des investisseurs dans le tissu productif. Ce n’est pas ce qui se passe en Tunisie. L’IACE est explicite sur ce point : la flambée de l’indice boursier traduit une réorientation des investisseurs vers les opérations de spéculation, au détriment de l’investissement productif. La raison est mécanique : lorsque l’État absorbe la quasi-totalité des liquidités disponibles dans le système bancaire pour financer son déficit de 16 milliards de dinars, les capitaux privés cherchent des placements alternatifs. La bourse, l’immobilier et d’autres actifs spéculatifs deviennent alors les seuls refuges disponibles.

Le même phénomène est observable dans les données de refinancement bancaire publiées par la Banque centrale de Tunisie : le refinancement des banques a baissé de 18 % sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, tandis que l’acquisition de bons du Trésor par le système bancaire a augmenté de 26 % sur la même période. Autrement dit, les banques prêtent moins aux entreprises et achètent davantage de dette publique, un arbitrage financièrement rationnel à court terme mais économiquement destructeur à long terme.

La déconnexion qui fragilise le dinar

Cette déconnexion entre finance et économie réelle a une autre conséquence que l’IACE identifie clairement : l’excédent de liquidités qui ne trouve pas à s’investir dans la production ne disparaît pas. Il alimente une vague inflationniste supplémentaire, au-delà de celle directement provoquée par la hausse des prix internationaux. Une partie se dirige vers la consommation de biens importés, ce qui aggrave le déficit commercial et accélère l’érosion des réserves de change. Une autre partie alimente la spéculation immobilière, faisant grimper les prix des logements dans un pays où l’accès à la propriété est déjà hors de portée pour une grande partie de la population.

Ce que cela révèle sur la structure de l’économie

Au fond, ce paradoxe boursier est le symptôme d’un problème plus profond que la crise iranienne n’a pas créé mais qu’elle amplifie : l’absence de projets d’investissement productif suffisamment attractifs et sécurisés pour mobiliser l’épargne privée locale. Le code des changes restrictif, la lenteur des procédures administratives, l’incertitude juridique et la faiblesse du climat des affaires font que les investisseurs tunisiens préfèrent la rente spéculative à l’entrepreneuriat. C’est précisément ce cercle vicieux que l’IACE appelle à briser par des réformes structurelles dont la mise en œuvre ne peut plus attendre.

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Habib Abid : la Tunisie, leader régional en protection de la biodiversité

À l’occasion d’une journée de travail organisée, vendredi 22 mai 2026, par le ministère de l’Environnement, pour célébrer la « Journée mondiale de la biodiversité » et présenter la « Stratégie nationale et le Plan d’action pour la biodiversité 2025-2030″, Habib Abid, ministre de l’Environnement, a mis en garde contre l’aggravation des effets du changement climatique sur les écosystèmes tunisiens.

Ceci étant, il a affirmé que la Tunisie figure parmi les premiers pays de la région en matière de protection des espaces naturels, avec 41 parcs nationaux et réserves naturelles, ainsi que 46 sites d’importance majeure pour la conservation des oiseaux. Il a également souligné l’existence de vastes zones humides d’importance internationale, s’étendant du nord du pays jusqu’au Sahara tunisien.

Revenant sur les efforts de reboisement engagés depuis l’indépendance, Habib Abid a indiqué que la superficie forestière est passée de 300 000 à 1,2 million d’hectares aujourd’hui, grâce notamment au travail de la Direction générale des forêts et au soutien des différents partenaires institutionnels.

Le ministre a toutefois insisté sur les conséquences de plus en plus visibles des dérèglements climatiques. Selon lui, la sécheresse prolongée, observée durant les sept ou huit dernières années, a provoqué la mortalité de plusieurs espèces forestières incapables de résister à des périodes répétées de stress hydrique.

Il a également évoqué la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, citant notamment les glissements de terrain, les pluies torrentielles et la hausse inhabituelle du niveau des vagues en Méditerranée entre le 19 et le 21 janvier dernier par exemple, avec des vagues atteignant entre 6 et 14 mètres de hauteur. « Nous commençons à observer davantage de catastrophes naturelles », a-t-il averti, soulignant que ces phénomènes ont un impact direct sur la biodiversité et les ressources naturelles du pays.

Par ailleurs, Habib Abid a aussi mis en lumière l’augmentation spectaculaire des incendies de forêt. Alors que les surfaces touchées ne dépassaient auparavant pas les 500 à 600 hectares par an, elles atteignent désormais entre 2 000 et 3 000 hectares annuellement, soit une multiplication par cinq ou six.

Face à cette situation, il a affirmé que la Tunisie mise désormais sur des stratégies d’adaptation intégrées. La nouvelle stratégie nationale de la biodiversité ainsi que la stratégie du secteur forestier prennent en compte les enjeux climatiques dans l’ensemble des politiques publiques. Le ministre a expliqué que cette approche implique plusieurs ministères, notamment ceux de la Santé autour du concept « One Health », l’Éducation à travers les clubs environnementaux présents dans près de 440 écoles, mais aussi du Transport, de l’Énergie, de la Culture et de l’Équipement.

Dans ce cadre, le ministère de l’Environnement travaille notamment sur la valorisation des déchets ménagers pour produire de l’électricité et des combustibles alternatifs destinés aux cimenteries, afin de réduire les importations de charbon pétrolier. Selon Habib Abid, les énergies renouvelables pourraient couvrir jusqu’à 35 % des besoins nationaux à l’avenir, y compris à travers les projets de valorisation énergétique des déchets.

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Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

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Choc pétrolier : comment la guerre en Iran fait dérailler le budget de l’État tunisien

16  milliards de dinars de déficit attendu en 2026, soit 8,5 % du PIB; contre 11 milliards prévus dans la loi de finances initiale. C’est l’alerte chiffrée que lance l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises dans sa note « Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie ». La guerre en Iran fait exploser les subventions carburant et entraîne les finances publiques tunisiennes dans une zone de danger inédite.

Le budget de l’État tunisien pour 2026 avait été construit sur un prix du baril de pétrole à 63,3 dollars. Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, ce prix a bondi à 100 dollars, un niveau comparable à celui atteint en pleine crise ukrainienne de 2022. Le rapport sur le budget de l’État 2026 établit que chaque dollar de hausse au-delà de la prévision initiale engendre un besoin de financement supplémentaire d’environ 164 millions de dinars au titre de la compensation des hydrocarbures. Sur la base d’un prix à 100 dollars, l’écart représente donc un surcoût brut de 6 milliards de dinars, dont un tiers seulement pourrait être absorbé par les opérateurs publics comme l’ETAP sur financement bancaire.

À ce choc pétrolier s’ajoute un effet sur les céréales importées, dont les prix subissent historiquement environ 35 % de la hausse du prix du pétrole en raison du coût des engrais azotés à base de gaz naturel.

En intégrant l’effet sur les subventions céréalières et les autres produits alimentaires subventionnés, le déficit budgétaire prévu passerait ainsi de 11 milliards de dinars à 16 milliards de dinars. Soit 8,5 % du PIB pour l’ensemble de l’année 2026.

Un financement qui étouffe l’économie privée

Cette impasse budgétaire de 16 milliards de dinars devra être financée principalement par la Banque centrale de Tunisie et le système bancaire. Les emprunts extérieurs nets étant limités à environ 4 milliards de dinars comme lors des années précédentes. Les emprunts intérieurs nets de l’État atteindraient ainsi 12 milliards de dinars. Ce qui nécessiterait une croissance de la masse monétaire au sens large de 8,3 %.

Or, ce niveau de création monétaire atteint précisément le plafond communément admis pour financer l’ensemble de l’économie, sur la base d’une croissance nominale du PIB 2026 de 8 %, soit 2 % de croissance réelle et 6 % d’inflation. Ce qui reste pour financer les entreprises et les ménages est donc quasiment nul.

L’IACE avertit que cet excédent de liquidités ne trouvant pas à s’investir dans l’économie productive pourrait alimenter deux phénomènes parallèles et néfastes : d’un côté, la spéculation financière et immobilière, de l’autre, une nouvelle vague inflationniste aggravée par un niveau de réserves de change insuffisant pour absorber la pression importatrice.

La question brûlante des subventions

Au cœur de la problématique budgétaire se trouve la question des subventions énergétiques. L’IACE juge qu’un ajustement progressif des prix locaux est nécessaire pour alléger les charges de l’État, tout en protégeant les ménages les plus vulnérables via des mécanismes de compensation adaptés. Cette démarche paraît techniquement réalisable pour l’électricité et le gaz naturel, grâce aux systèmes de tarification progressive qui permettent de faire payer davantage les gros consommateurs. En revanche, elle se révèle bien plus délicate pour les produits pétroliers raffinés et le gaz en bouteille, massivement consommés par les classes moyennes et aisées, dont la résistance politique à toute hausse de prix constitue un obstacle de taille.

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2026, pire que 2022 ? La Tunisie a-t-elle encore une marge ?

Une note intitulée Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, a été publiée au printemps 2026 par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE). Son diagnostic est sans appel : guerre en Iran, guerre commerciale américaine, ralentissement européen — la Tunisie subit un triple choc simultané qui menace de ramener sa croissance à 1 % seulement en 2026. Soit à peine de quoi absorber sa croissance démographique.

Depuis février 2022, le monde traverse une ère de turbulences structurelles sans équivalent récent. L’invasion de l’Ukraine avait d’abord ébranlé les marchés de l’énergie et des céréales à l’échelle planétaire. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en novembre 2024, avec sa politique tarifaire erratique, avait ajouté une couche d’incertitude commerciale inédite. Puis la guerre en Iran, déclenchée fin février 2026, est venue frapper un système mondial déjà sous tension.

Pour la Tunisie, petite économie ouverte dépendante de ses importations d’hydrocarbures et de céréales, la confluence de ces trois chocs représente un défi d’une ampleur comparable à celui de 2022, mais dans un contexte de marges de manœuvre encore plus étroites.

L’IACE souligne que ce contexte n’est pas qu’une succession de crises conjoncturelles. Il traduit une rupture profonde avec l’ordre économique mondial qui prévalait sous l’égide de l’OMC. Les grandes puissances ont toutes renoué avec le protectionnisme industriel : l’Inflation Reduction Act aux États-Unis; les plans de souveraineté industrielle en Europe; les subventions massives aux entreprises publiques chinoises. Le monde se fragmente en deux blocs, le camp occidental d’un côté, les BRICS+ de l’autre, et la Tunisie doit apprendre à naviguer entre les deux.

Une économie déjà fragilisée avant le choc

La croissance tunisienne connaît un ralentissement continu depuis 2011, aggravé successivement par la pandémie de Covid-19 à partir de 2020, puis par les répercussions de la guerre en Ukraine en 2022 et 2023. Un timide rebond s’était amorcé en 2024 avec 1,6 % de croissance, grâce notamment à de bonnes conditions climatiques qui avaient propulsé la valeur ajoutée agricole de 9 %, puis de 10 % en 2025, contribuant à hauteur d’un point de PIB. Ce sursaut agricole avait permis d’atteindre 2,5 % de croissance en 2025. Mais les institutions internationales, qui anticipaient 2,1 % pour 2026 avant la crise iranienne, devront réviser significativement leurs projections.

La note de l’IACE redoute une stagnation aux alentours de 1 % par an en 2026 et 2027. Trois mécanismes expliquent cette contraction. Tout d’abord la flambée des prix internationaux du pétrole et des céréales pèse directement sur les finances publiques et le pouvoir d’achat. Ensuite, les perturbations des routes maritimes renchérissent les coûts logistiques. Enfin le ralentissement de la croissance européenne pénalise les exportateurs tunisiens qui dépendent massivement de ce marché.

Adapter la stratégie à la nouvelle donne

Face à cette nouvelle donne géopolitique, l’IACE préconise que la Tunisie adopte une stratégie de diversification de ses partenariats commerciaux et politiques.

Concrètement, cela signifie maintenir la coopération historique avec les institutions occidentales comme la Banque mondiale et le FMI. Et ce, tout en exploitant la position géographique du pays pour exporter vers l’Europe de l’énergie solaire et de l’hydrogène vert. En parallèle, la Tunisie devrait renforcer ses partenariats techniques avec des puissances émergentes comme la Turquie et la Corée du Sud. De même qu’il est nécessaire qu’elle s’ouvre davantage à la coopération avec la Chine, via des instruments financiers dédiés aux infrastructures.

Dans un monde fragmenté, la neutralité active et la diversification des alliances constituent la meilleure couverture de risque pour un petit pays ouvert.

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