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BAD : les gouverneurs appellent à la réforme financière africaine

Les gouverneurs des pays membres du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont appelé à accélérer la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), lors des Assemblées annuelles tenues du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville, en République du Congo.

Réunis dans le cadre de la 61e Assemblée du Conseil des gouverneurs de la BAD et de la 52e du Fonds africain de développement, ils ont plaidé pour un renforcement de la coopération avec les banques multilatérales, les partenaires au développement et le secteur privé afin de mobiliser davantage de ressources pour soutenir la transformation structurelle du continent.

Les gouverneurs ont demandé à la Banque d’apporter un soutien rapide et adapté aux pays membres régionaux afin de préserver leur stabilité macroéconomique, protéger les populations vulnérables, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer l’accès durable à l’énergie.

Lire aussi : Sidi Ould Tah : « La BAD sera la banque de solutions de l’Afrique » 

Ils ont également exhorté la BAD à poursuivre ses efforts dans les domaines de la soutenabilité de la dette, de l’intégration régionale, des infrastructures, de l’industrialisation, de la gouvernance et de la mobilisation des ressources internes. Les questions liées à l’emploi des jeunes, à l’égalité des sexes, à l’action climatique et à la lutte contre la corruption ont aussi été mises en avant.

Les gouverneurs ont salué les performances financières et opérationnelles de la Banque en 2025, marquées par environ 8 milliards d’unités de compte d’approbations et 5,2 milliards de décaissements au profit de 50 pays africains à travers 200 projets.

Placées sous le thème du financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté, les Assemblées ont réuni plus de 3 000 participants.

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Sidi Ould Tah : « La BAD sera la banque de solutions de l’Afrique » 

« La Banque africaine de développement (BAD) restera le partenaire de premier plan de ses pays membres et sera la banque de solutions de l’Afrique ». C’e sont là les propos du président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, prononcés lors de la cérémonie de clôture des Assemblées annuelles de la Banque, organisées du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville (République du Congo).

« Notre ambition à la BAD est de devenir une banque très audacieuse, plus innovante, plus agile et plus proche des populations, une banque qui place l’emploi des jeunes et l’autonomisation de la femme au centre de son action et de devenir de véritable levier de transformation structurelle de l’Afrique et l’outil le plus privilégié de son intégration économique », a-t-il appuyé. « Nous allons intensifier notre coopération pour cibler des priorités absolues telles que l’autonomisation de la femme, l’emploi des jeunes, le soutien des Petites et moyennes entreprises (PME) et l’accès universel aux services essentiels ».

D’après le président de l’institution financière panafricaine, le développement ne se conçoit pas dans les bureaux et dans les salles de réunions mais au cœur des communités avec celle et ceux qui agissent tous les jours sur le terrain avec l’accompagnement de la société civile et la Diaspora.

L’Angola décaisse 6,5 millions d’euros en faveur du FAD

Il a annoncé par ailleurs la décision de la République de l’Angola relative à la contribution à hauteur de 6,5 millions d’euros à la dix-septième reconstitution du Fonds africain de développement (FAD-17). Cette contribution a-t-il dit porte désormais à 25 le nombre des Etats africains engagés dans le financement du FAD-17 pour un montant global dépassant 190 millions de dollars.

De son côté, le président du Conseil des gouverneurs représentant les pays membres du Groupe de la BAD, Ludovic Ngatse, a mis l’accent sur la nécessité du changement de la trajectoire de développement, faisant savoir que le conseil a approuvé et encouragé la mise en place des quatre points cardinaux pour renforcer la capacité de l’influence et d’impact de l’Afrique.

Il a souligné que les assemblées ne doivent pas être considérées comme un simple rendez-vous institutionnel de plus gravé dans le calendrier mais plutôt comme un moment de vérité et de responsabilité face aux urgences qu’ils s’agissent de déficit de financement, de défis climatiques, de la transformation structurelle de l’économie ou de l’urgence de la création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes.

« L’Afrique prouve chaque jour qu’elle ne manque ni de potentiel ni d’ambitions mais plutôt la culture de l’exécution et de l’impact », a-t-il avancé. Les orientations de Brazzaville devraient être immédiatement traduites en capital accessible, en infrastructures transformatrices et en progrès tangibles pour les populations africaines, a-t-il appuyé.

3 000 personnes et 81 pays…

A rappeler que les Assemblées annuelles sont l’événement statutaire le plus important de la BAD. Cette année, plus de 3 000 personnes prennent part à cet événement à Brazzaville, à savoir les dirigeants et les responsables politiques et économiques des 81 pays membres de l’institution, des responsables d’institutions financières et de développement, des groupes de réflexion, de la société civile, du secteur privé, des universitaires et des leaders d’opinion.

Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », les assemblées annuelles 2026 sont les premières pour Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement en septembre 2025.

La vision stratégique d’Ould Tah porte sur quatre points cardinaux. Il s’agit de l’amélioration de l’accès au capital (mobiliser les ressources financières de l’Afrique) et la réforme et la consolidation des systèmes financiers, des institutions et des talents du continent pour affirmer l’action mondiale de l’Afrique.

Les troisième et quatrième points portent sur l’exploitation de la transformation démographique pour le développement économique et la construction des infrastructures résilientes au climat et une forte valeur ajoutée aux ressources naturelles.

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Croissance, IDE, transferts : l’espoir d’une Afrique résiliente

12 des 20 économies les plus dynamiques au monde se situent désormais en Afrique, un signal fort du repositionnement économique du continent dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement des échanges et la contraction de l’aide internationale.

C’est le constat que vient de dresser à Brazzaville par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, à l’occasion de la présentation des Perspectives économiques africaines 2026 dans le cadre de la tenue des Assemblées annuelles de l’institution financière panafricaine.

Selon la BAD, la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) africain devrait s’établie à 4,3 % en 2026 et pourrait atteindre 4,5 % en 2027. Une performance qui confirme la capacité de résilience des économies africaines malgré un contexte international instable et une pression persistante sur les finances publiques.

L’amélioration des indicateurs macroéconomiques se reflète également dans la progression du PIB par habitant, passé de 0,9 % en 2023 à 1,9 % en 2025, traduisant une reprise graduelle de la création de richesse individuelle sur le continent.

Les flux financiers ne sont pas en reste

La dynamique est également soutenue par une forte progression des flux financiers extérieurs. Les investissements directs étrangers (IDE) ont bondi de 75 % en 2024 pour atteindre 97 milliards de dollars. Tandis que les transferts de fonds de la diaspora ont augmenté de 14 %, à 186 milliards de dollars. Ces transferts deviennent désormais la première source de financement externe de l’Afrique, devant plusieurs mécanismes traditionnels d’aide au développement. Cependant, compte tenu des différents conflits dans le monde, notamment russo-ukrainien et américano-iranien, il y a fort à parier que les transferts de la diaspora vont nettement diminué en 2026 par rapport à leur niveau de 2025.

Autre indicateur encourageant : le recul de l’inflation. Celle-ci est passée de 21,8 % en 2024 à 13,6 % en 2025, sous l’effet du resserrement des politiques monétaires et d’une relative stabilisation des marchés. Toutefois, la BAD avertit que les risques inflationnistes demeurent élevés, notamment en raison de la hausse des coûts de l’énergie et des importations.

Malgré cette trajectoire positive, le continent reste confronté à des fragilités structurelles majeures, notamment un déficit chronique de financement des infrastructures, une faible industrialisation et des besoins croissants en capital humain. Et pour consolider la croissance, Sidi Ould Tah a appelé les États africains à intensifier les investissements productifs et à renforcer leurs capacités de financement interne.

Le président de la BAD a également plaidé pour une réforme plus ambitieuse de l’architecture financière africaine afin de réduire la dépendance à l’aide extérieure et de renforcer la souveraineté économique du continent. Selon lui, les perspectives démographiques, combinées à l’afflux de nouveaux investissements, constituent un levier stratégique pour inscrire l’Afrique dans une trajectoire de croissance durable et inclusive.

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Aux Assemblées de la BAD 2026, la Tunisie vend son concept « compter sur soi » aux Africains

La Tunisie a plaidé, mercredi à Brazzaville, pour une action africaine coordonnée et ambitieuse afin de financer le développement du continent, à l’occasion des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.

Intervenant lors du dialogue du Conseil des gouverneurs, Tarek Bouhlel, directeur général de la coopération africaine au ministère de l’Économie et de la Planification et gouverneur temporaire de la Tunisie auprès de la BAD, a appelé à « un changement de paradigme », basé sur le passage d’interventions fragmentées à une alliance africaine structurée et à grande échelle.

Selon lui, cette transformation nécessite un engagement politique clair des gouverneurs de la Banque ainsi qu’une réforme profonde de l’institution, notamment à travers une décentralisation accrue et un renforcement des effectifs opérationnels afin d’accélérer la préparation et l’exécution des projets.

La Tunisie a également insisté sur la nécessité de placer la jeunesse et la transformation démographique au cœur des priorités de la BAD. Selon Bouhlel, l’investissement dans la formation, l’entrepreneuriat, la digitalisation et le financement des micro, petites et moyennes entreprises permettrait de transformer le potentiel démographique africain en moteur de croissance.

Tunis considère par ailleurs que la souveraineté financière de l’Afrique constitue « un choix inéluctable ». Pour y parvenir, trois leviers sont jugés essentiels : le recours accru aux mécanismes de partage des risques, la création de plateformes d’investissement de grande envergure et une meilleure mobilisation des capitaux domestiques, régionaux et des transferts de la diaspora africaine.

La Tunisie estime enfin que la BAD dispose des moyens nécessaires pour piloter une nouvelle architecture africaine du développement, alignée sur les priorités nationales et régionales du continent.

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En Afrique du Nord, la croissance ralentira à 4% en 2026 (Rapport)

La croissance en Afrique du Nord, estimée à 4,4 % en 2025, devrait ralentir à 4 % en 2026, selon le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA 2026), présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (du 25 au 29 mai 2026).

Le PEA, rapport annuel phare du Groupe de la BAD, souligne que la croissance devrait s’établir à 4,2 % en 2027, sous réserve d’un apaisement des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz devraient affecter les exportations de la région vers le Moyen-Orient, augmenter le coût des intrants pour les engrais et faire grimper les coûts de l’énergie pour les importateurs nets de produits pétroliers tels que l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, selon les explications du PEA.

Et d’ajouter que le secteur touristique de la sous-région pourrait également subir l’impact négatif de la guerre au Moyen-Orient en raison de la baisse des arrivées de touristes en provenance des pays du Golfe.

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Recul de l’aide au développement en Afrique (Rapport)

Au début du conflit au Moyen-Orient, fin février 2026, la plupart des pays africains menaient déjà une politique monétaire relativement restrictive, ce qui pourrait leur offrir une marge de manœuvre supplémentaire pour l’assouplir lorsque les pressions inflationnistes actuelles s’atténueront.

Toutefois, les pays importateurs nets de pétrole pourraient être confrontés à une forte hausse de leur facture d’importation en raison des prix élevés du pétrole, lit-on dans le rapport les « Perspectives économiques en Afrique 2026″ (PEA 2026) présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo lors des  Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement..

La montée des tensions géopolitiques devrait entraîner une baisse des flux d’aide publique au développement vers l’Afrique, ce qui accroît les risques à court terme pesant sur le financement extérieur mondial.

Le choc actuel sur les chaînes d’approvisionnement mondiales pourrait affaiblir les conditions du marché du travail dans le Moyen-Orient, région qui accueille 14 % des migrants africains, représentant ainsi un risque pour les transferts de fonds vers l’Afrique.

Ces tendances renforcent la nécessité pour les pays africains de réduire leur dépendance à l’égard des sources externes et d’explorer les opportunités nationales de mobilisation de ressources pour financer leur développement.

Mobiliser des capitaux à grande échelle pour favoriser le développement

Le document souligne que la mobilisation de financements du développement à grande échelle est impérative pour que l’Afrique puisse mener son propre programme de développement.

Le rapport a, dans ce sens, identifié des options politiques concrètes susceptibles de mobiliser des capitaux à grande échelle en vue d’une croissance accélérée et résiliente. Il a recommandé également des réformes visant à renforcer et à consolider l’architecture financière de l’Afrique afin que le continent puisse affirmer son autonomie dans un monde de plus en plus fragmenté.

Dans ce cadre la BAD a appelé dans son rapport à renforcer la gestion stratégique de la politique monétaire et de la politique de change afin d’atténuer l’impact de chocs multiples, dans le cadre de ses recommandations politiques à court terme.

Les banques centrales africaines doivent mettre en œuvre des politiques monétaires et de change prudentes, adaptées pour ancrer les anticipations d’inflation à long terme, a ajouté la même source.

Le rapport a préconisé de mettre en œuvre des politiques budgétaires prudentes pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, afin de réduire les coûts des entreprises et d’alléger les pressions sur les ménages pauvres et les autres ménages vulnérables.

Il a recommandé également de renforcer la capacité à attirer et à retenir les flux financiers extérieurs. Il a cité dans ce cadre la nécessité d’accroître la capacité d’absorption, en particulier dans les secteurs émergents, tels que les centres de données et les énergies renouvelables afin d’assurer une part plus importante du financement mondial des investissements.

A moyen et à long termes, le PEA a mis l’accent sur la nécessité de diversifier le mix énergétique et les marchés de l’énergie en Afrique, en accélérant les investissements dans les énergies renouvelables et le gaz, afin de renforcer la sécurité nationale.

Il s’agit également de renforcer l’intégration régionale et les échanges commerciaux afin de se prémunir contre les chocs mondiaux récurrents et de réduire la dépendance aux importations en plus de renforcer la compétitivité commerciale.

Perspectives économiques en Afrique (PEA) est le rapport annuel phare du Groupe de la Banque. Il offre une plateforme pour présenter ces conclusions et recommandations à un large public international et façonner le débat politique sur la mobilisation efficace et le déploiement efficient des capitaux, selon la BAD.

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L’inflation restera inférieure à 5% dans vingt-six pays africains en 2026

Les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA), qui examinent les performances économiques récentes du continent et ses perspectives à moyen terme a souligné que la flambée des prix mondiaux du pétrole et du gaz attise les pressions inflationnistes à travers l’Afrique. En fait, l’inflation devrait s’établir en moyenne à 10,4 % en 2026, avant de reculer à 8,9 % en 2027.

Ces chiffres ont été dévoilés mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement.

Bien que l’inflation moyenne en 2026 reste élevée, le taux prévu représente une baisse substantielle par rapport aux 13,7 % enregistrés en 2025 et s’explique par l’augmentation de la production agricole et les effets bénéfiques de la politique monétaire restrictive menée au cours des mois précédents.

Malgré cela, l’inflation en 2026 devrait rester inférieure à 5 % dans 26 pays, d’après la même source. Au 28 avril 2026, les monnaies de 27 pays s’étaient dépréciées face au dollar américain par rapport au niveau de référence du 27 février dernier.

Les banques centrales africaines ont abaissé leurs taux d’intérêt en 2025, ce qui signale une amélioration générale des perspectives d’inflation à moyen terme. Entre janvier 2025 et mars 2026, les taux directeurs ont été réduits en moyenne de 1,33 point de pourcentage.

Cela a donné lieu à des taux directeurs corrigés de l’inflation, s’établissant en moyenne à 2,8 % en termes réels, a fait ressortir le PEA 2026.

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Sidi Ould Tah : « L’Afrique ne manque pas d’idées, mais trop de projets n’atteignent pas la bancabilité »

« L’Afrique ne manque pas d’idées, mais trop de projets n’atteignent pas la bancabilité et seul un projet sur dix atteint le bouclage financier ». Ce sont là les propos du président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, qui s’exprimai lors des Assemblées annuelles de l’institution financière africaine à Brazzaville au Congo (du 25 au 29 mai 2026).

Ould Tah a souligné, à ce propos, qu’il est primordial de transformer ces portefeuilles projets en actifs investissables. Beaucoup de PME africaines restent enfermées dans ce que certains appellent le « missing middle » : trop grandes pour la microfinance, mais trop petites ou trop risquées pour les systèmes bancaires commerciaux, a-t-il expliqué.

C’est pour cette raison qu’est intervenue la récente décision de la Banque d’augmenter sa participation dans l’Agence africaine d’assurance, du commerce et de l’investissement (ATIDI) à 14 %, faisant d’elle son principal actionnaire. Ceci a-t-il avancé reflète le type d’architecture africaine de partage du risque qui doit être renforcé.

Transition démographique

Sur un autre plan, le président de la BAD a souligné que la transition démographique de l’Afrique doit également être abordée avec davantage de réalisme économique et d’ambition. Pendant longtemps, les discussions sur l’emploi des jeunes ont principalement été traitées comme des questions sociales, bien qu’il s’agit fondamentalement d’un défi structurel et économique, a-t-il encore dit.

Le défi n’est donc pas simplement de créer davantage d’emplois, il s’agit plutôt  de construire des économies plus productives, a-t-il appuyé. Il a mis l’accent, à cette occasion, sur la nécessité de dépasser les interventions fragmentées pour construire de véritables écosystèmes de production, de financement et d’innovation.

La Banque doit de plus en plus se positionner non seulement comme une institution de financement, mais comme une institution catalytique, une plateforme capable de réduire les risques, de mobiliser davantage de capitaux, de connecter investisseurs africains et internationaux, et de transformer des opportunités dispersées en investissements bancables.

La Banque a été créée dans une autre époque, où le financement du développement reposait principalement sur les prêts souverains, les infrastructures publiques et les relations traditionnelles d’aide, a rappelé le président de l’institution panafricaine. « Aujourd’hui, a-t-il ajouté, le développement est de plus en plus façonné par les capitaux privés, la technologie, l’intégration régionale, les dynamiques démographiques et la compétition géopolitique ».

Il a fait savoir que « l’approche de la banque reposera de plus en plus sur le partenariat entre capitaux publics et privés, entre institutions africaines elles-mêmes, entre investisseurs domestiques et internationaux et entre l’Afrique et ses partenaires mondiaux »

Et Sidi Ould Tah d’ajouter: « La BAD doit désormais porter sur l’ensemble de l’écosystème de croissance: infrastructures, intégration régionale, connectivité numérique, compétences, financements à long terme, clusters industriels et chaînes de valeur liées à la transformation africaine… Toutefois, la BAD ne peut pas et ne doit pas agir seule. Cet effort devra être porté par l’ensemble des institutions financières africaines à savoir banques de développement, banques commerciales, fonds de pension, caisses de dépôts, fonds souverains, banques centrales, compagnies d’assurance, fonds de private equity et institutions des marchés de capitaux ».

« Des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente »

Pour le président de la République du Congo, Denis-Sassou Nguesso, « le financement du développement de l’Afrique requiert désormais des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente. Les besoins sont immenses et concernent les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, le numérique, la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la protection de l’environnement, et la création d’emplois ».

Toujours selon le chef de l’Etat congolais, ces exigences du développement nécessitent des réponses nouvelles, audacieuses et adaptées. Il a mis l’accent sur la nécessité d’approfondir les marchés financiers, renforcer les institutions régionales, développer les instruments de garantie, de partage des risques et de financement mixte afin de mobiliser davantage l’épargne africaine et les capitaux internationaux au service de projets structurants.

« L’enjeu n’est donc pas seulement de trouver plus de ressources, il s’agit aussi de mieux les orienter, de mieux les gérer et de les consacrer à des investissements capables de transformer durablement les conditions de vie de nos populations », affirme Nguesso.

Tirer profit du capital humain et des ressources naturelles

De son côté, la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Selma Malika Haddadi, a souligné l’impératif de mobiliser les ressources financières internes de l’Afrique, procéder à la refonte de l’architecture financière et tirer profit du capital humain et des ressources naturelles. Elle a souligné la nécessité d’axer les efforts au-delà des mécanismes de financements traditionnels pour saisir de nouveaux outils et des nouvelles sources de financements au sein des pays africains.

Haddadi a fait savoir qu’un éventail de sources financières est disponible, citant à titre d’exemple les envois de fonds de la Diaspora, les obligations vertes, ainsi que les actifs financiers numériques qui restent sous exploités.

Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », les Assemblées annuelles 2026 sont les premières pour Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement en septembre 2025.

Les Assemblées annuelles sont l’événement statutaire le plus important de la BAD. Cette année, plus de 3 000 personnes prennent part à cet événement à Brazzaville, à savoir les dirigeants et les responsables politiques et économiques des 81 pays membres de l’institution, des responsables d’institutions financières et de développement, des groupes de réflexion, de la société civile, du secteur privé, des universitaires et des leaders d’opinion.

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La Tunisie réalisera une croissance de 2,1% en 2026 et 2,8% en 2027 (BAD)

La croissance du PIB de la Tunisie devrait atteindre 2,1% en 2026 et 2,8% en 2027, selon le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA 2026), présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui ont lieu du 25 au 29 courant.

Pour sa part, l’inflation devrait se situer à 5,7% en 2026 avant de décroître à 5,4 % en 2027, selon les prévisions de la BAD dans son rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».

A rappeler au passage que l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5% en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS). Durant les trois premiers mois de 2026, la Tunisie a réalisé une croissance de 2,6 % en glissement annuel, par rapport à la même période de 2025.

Ceci étant, il est à noter que le budget de l’Etat repose sur une série d’hypothèses, dont un taux de croissance à hauteur de 3,3%, durant toute l’année 2026, s’appuyant sur un prix du baril de pétrole à 63 dollars.

« Perspectives économiques en Afrique » (PEA), rapport annuel phare du Groupe de la Banque, examine de quelle manière l’Afrique peut mobiliser des capitaux à grande échelle pour renforcer sa résilience, accélérer sa transformation structurelle et financer ses ambitions de développement dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, de resserrement des conditions financières mondiales et de besoins croissants en matière de financement du développement.

Son lancement a réuni des dirigeants mondiaux, des décideurs politiques, des partenaires au développement, des investisseurs, des représentants de la société civile et des dirigeants du secteur privé pour discuter des perspectives économiques et des priorités de financement de l’Afrique.

Il offre une plateforme pour présenter ces conclusions et recommandations à un large public international et façonner le débat politique sur la mobilisation efficace et le déploiement efficient des capitaux, selon la BAD.

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Assemblées annuelles de la BAD : à Brazzaville, l’Afrique en quête de financements massifs

Les Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) s’ouvrent lundi 25 mai à Brazzaville, en République du Congo, avec, au centre des discussions, la mobilisation de ressources financières à grande échelle pour soutenir le développement économique du continent africain.

Prévue du 25 au 29 mai, cette 61e édition des Assemblées de la BAD et la 52e du Fonds africain de développement réuniront plus de 3 000 délégués, dont des chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, responsables d’institutions financières internationales et représentants du secteur privé.

Dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations géopolitiques et économiques, la BAD évalue les besoins de l’Afrique à plus de 400 milliards de dollars par an pour accélérer sa transformation structurelle et renforcer sa résilience face à la fragmentation croissante des flux financiers internationaux.

Les travaux porteront notamment sur la consolidation de la souveraineté financière du continent, le développement de systèmes bancaires plus autonomes, ainsi que l’attraction de capitaux nationaux et étrangers pour soutenir une croissance durable.

Les participants examineront également les moyens de valoriser le potentiel démographique africain comme moteur d’innovation économique, tout en intégrant la biodiversité et les crédits carbone dans les stratégies de développement durable.

Ces Assemblées seront marquées par la première présentation officielle du rapport financier et des résultats de développement par Sidi Ould Tah, élu, rappelons-le, en mai 2025 pour succéder à Akinwumi Adesina après deux mandats à la tête de l’institution.

Lire aussi: Présidence de la BAD : le Mauritanien Sidi Ould Tah succède à Adesina avec 76,18 % des voix

Selon les dernières projections de la BAD, la croissance moyenne du PIB réel africain devrait atteindre 4,2 % en 2025, contre 3,5 % l’année précédente, avant de progresser à 4,3 % en 2026 puis à 4,5 % en 2027.

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Aid Al Adha: les banques appelées à garantir le retrait d’argent des DAB

La Banque centrale de Tunisie (BCT) appelle les banques et la Poste Tunisienne à prendre les mesures nécessaires pour garantir la continuité des opérations de retrait d’argent des Distributeurs automatiques de billets (DAB) et des services de paiement électronique, durant la période de l’Aïd al-Adha.

L’institut d’émission met l’accent, dans une note publiée, le 21 mai 2026, sur la nécessité d’assurer le chargement des DAB et de garantir la disponibilité technique des plateformes électroniques, afin de garantir la continuité des services financiers sans interruption pendant la période de l’aïd.

La BCT appelle également à prendre les dispositions nécessaires pour traiter, dans les plus brefs délais, toute panne ou interruption de service.

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Plus de 6 milliards de dinars de la BAD investis en Tunisie

« La BAD est un partenaire historique de la Tunisie depuis 1968 ». Ces mots sont ceux de Malinne Blomberg, directrice régionale de la Banque africaine de développement (BAD) en Tunisie, qui s’exprimait sur les ondes d’une radio. En tant que tel, elle a financé et finance encore plusieurs projets dans le pays, entre autres dans les domaines de l’agriculture, du transport et des infrastructures routières, de l’énergie et de la transition énergétique, sans oublier de l’eau et de l’assainissement, avec un portefeuille de 6,2 milliards de dinars.

Par secteur et toujours précise Malinne Blomberg, les financements de la BAD ont contribué à la modernisation de plus de 70 % du réseau routier tunisien. Soit environ 4 000 km d’autoroutes et entre 2 000 et 3 000 km de pistes rurales.

Quant au secteur de l’eau, l’institution financière a participé, aux côtés du gouvernement tunisien, au financement de 268 stations de production d’eau et de 35 stations d’épuration. C’est ainsi que, dans les zones rurales, des dizaines de milliers de personnes ont pu bénéficier d’un meilleur accès aux services d’eau courante.

La directrice régionale de la BAD a promis que l’institution financière africaine poursuivra son accompagnement de la Tunisie à travers de nouveaux projets axés sur le développement durable, la résilience climatique et l’amélioration des infrastructures. Et ce, pour soutenir la croissance économique et renforcer l’inclusion sociale dans les différentes régions du pays.

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