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Trump conspué en Iran et en Amérique

Compte tenu du déclin de ses capacités cognitives, de ses maigres connaissances en matière de gouvernance politique et de stratégie militaire et des flagorneurs ignares qui gravitent autour de lui; il est peu probable que Donald Trump saisisse toute la gravité de la guerre qu’il a déclenchée et qui entre dans son deuxième mois.

En dépit de son caractère tragique, l’étendue des destructions, le nombre des victimes et les répercussions sur l’économie mondiale, le président américain Trump continue de gérer cette crise mondiale à la légère et par des mensonges qu’il débite quotidiennement au cours de très brèves rencontres avec la presse américaine.

Ses « buts » de la guerre changent aussi souvent qu’il change de chemises : élimination du programme nucléaire iranien et son industrie des missiles; renversement du régime et « libération » du peuple iranien. Pour les oublier tous et se concentrer sur un seul objectif : l’ouverture du détroit d’Ormuz.

La responsabilité de la « fermeture sélective » de cette voie d’eau vitale pour le transport de l’énergie et des fertilisants, incombe exclusivement à Trump et Netanyahu, les architectes diaboliques de cette grave crise mondiale.

Qui pourrait honnêtement jeter la pierre à l’Iran d’avoir décidé de se défendre par tous les moyens pour faire face à l’agression de deux puissances nucléaires contre ses élites gouvernantes, ses infrastructures, son peuple, son existence même en tant que pays?

Maintenant que l’objectif de la guerre américano-sioniste devient l’ouverture du détroit d’Ormuz, Trump ordonne à quelques milliers de soldats de débarquer en Iran. Tous les stratèges, y compris dans l’armée américaine, pensent que cette décision est insensée dans le sens où les soldats qui obéiraient aux ordres de Trump, seraient des cibles trop faciles pour l’artillerie iranienne.

Certains commentateurs vont plus loin et suggèrent l’idée terrifiante que Trump aurait la satanique idée de sacrifier à dessein les milliers de soldats américains. Et ce, afin que, si l’Iran les décime, il trouvera le prétexte d’utiliser la bombe nucléaire contre la République islamique…

Cette assertion est soutenue par la psychologie complexe du président américain dont le narcissisme, l’ego surdimensionné et la futile conviction qu’il est le roi de l’Amérique et l’empereur du monde, lui interdisent d’accepter une défaite dans la guerre insensée vers laquelle l’a poussé le chien enragé et génocidaire Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Alors qu’il était convaincu que les premiers bombardements allaient ouvrir la voie au peuple iranien pour renverser le gouvernement et se confondre en remerciements pour l’Amérique, Trump fut foudroyé par la réaction du peuple iranien qui, quotidiennement envahit les grandes villes pour exprimer son soutien à son gouvernement et crier à tue-tête : « Mort à l’Amérique, Mort à Israël ».

Mais les mauvaises surprises du président américain ne s’arrêtent pas là. Aux millions de manifestants iraniens, se sont joint des millions d’Américains samedi 28 mars « dans tous les Etats, toutes les villes et tous les comtés de l’Amérique », criant « No Kings in America » (pas de rois en Amérique), et conspuant Donald Trump pour le mal qu’il fait à son propre pays et au monde dans son ensemble.

Mais Trump n’est pas seulement face au désaveu du peuple qui l’a élu. Des responsables dans son administration se détachent du cercle des flagorneurs trumpistes, pour dire la vérité à leurs concitoyens.

Joe Kent, ancien directeur de la section antiterroriste de la NSA (National Secutity Agency) a remis sa démission qu’il a expliquée par le fait que « l’Iran ne posait aucune menace pour l’Amérique » et que « cette guerre a été décidée par Netanyahu qui a réussi à y engager Donald Trump. »

Un représentant au Congrès est allé plus loin : « Cela fait plus de quarante ans que Netanyahu cherche un président américain idiot pour lui faire sa guerre contre l’Iran. Il l’a finalement trouvé en la personne de Donald Trump. »

De son côté, l’ancienne responsable du service antiterroriste de l’armée américaine, dénonçant avec virulence le bombardement « prémédité » de l’école iranienne qui a causé la mort de 165 écolières, affirma dans un discours public : « Nous prétendons combattre le terrorisme, mais les terroristes, c’est nous. »

Une chose est sûre : Trump ne sera pas arrêté dans sa folie meurtrière par des discours ou des manifestations, mais par la destitution. Il le sera très probablement en novembre prochain quand les Républicains qui le soutiennent perdront les deux chambres. Mais d’ici là, comment sera le monde ?

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BCT : fin du crédit fonds de roulement, quelles parades pour les commerçants ?

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment interdit aux banques de financer le fonds de roulement des entreprises. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de régulations renforcées. Et ce, après la loi sur les chèques et l’interdiction des contrats à durée déterminée (CDD). Elle limite ainsi une fonction traditionnelle des banques : le financement du commerce par le crédit.

Walid Belhaj Amor, expert en développement économique, évoque via sa page officielle les derniers développements liés à cette décision de la BCT. « Cette décision soulève des interrogations sur les impacts potentiels, dans un contexte où les conséquences de la guerre ne sont pas publiquement débattues avec les acteurs économiques » affirme-t-il.

Parmi les effets attendus, on note :

  • Une précarisation accrue des petites structures.
  • Le renforcement des acteurs les plus solides.
  • La réduction de la concurrence.
  • Et le risque d’essor de la rente et de la contrebande.

En interdisant le crédit pour le fonds de roulement, cette mesure, estime Walid Belhaj Amor, pourrait ériger une barrière à l’entrée dans l’activité commerciale. Ce dont l’économie tunisienne ne semble pas avoir besoin actuellement.

Avant d’ajouter : « Du point de vue du ministère des Finances, elle pourrait entraîner une baisse des importations, donc de la consommation – principal moteur de la croissance actuelle –, et une réduction des recettes fiscales issues des droits de consommation et de la TVA. »

Cependant, des contournements possibles ont été identifiés, comme le crédit personnel. Un commerçant en bonne santé financière auprès de sa banque pourrait donc contracter un crédit personnel pour alimenter le compte courant de sa société et obtenir une autorisation d’importation.

Et de fournirt un autre exemple. A savoir celui des sociétés d’import-export. Dans ce cas, le commerçant pourrait externaliser l’opération auprès de telles sociétés.

Ainsi, « cette mesure, adoptée sans concertation apparente, pourrait produire des résultats incertains. Elle intervient alors que le pays fait face à une hausse des prix du pétrole et du fret, avec des marges de manœuvre budgétaires et sociales limitées. En l’absence de stratégie claire, la résilience reste la principale réponse. Ces dynamiques pourraient générer des coûts, entraînant de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt, et donc un surcoût global », conclut-il.

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CPG : l’UGTT sonne le tocsin

La Fédération générale des travailleurs des mines, affiliée à l’UGTT, a publié un communiqué. Il met  en cause la « responsabilité directe du gouvernement dans la détérioration accélérée de la Compagnie des phosphates de Gafsa ». Tout en avertissant que l’entreprise approche d’un « point de non-retour » menaçant l’un des piliers de l’économie tunisienne.

Le bureau exécutif de la Fédération dénonce l’absence de vision gouvernementale claire, des retards de paiement envers la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une dégradation des infrastructures et une production à ses niveaux les plus bas depuis des décennies. Il impute ces défaillances à un « choix politique suspect » visant, estime-t-il, à laisser le service public se dégrader progressivement.

La Fédération appelle le gouvernement et la présidence de la République à assumer leurs responsabilités. De même qu’à mettre en place un plan de sauvetage national d’urgence, avertissant que « le moment historique ne saurait tolérer davantage d’attentisme ».

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Ormuz à l’arrêt : l’Égypte sollicite le pétrole libyen

L’Égypte s’oriente vers l’importation d’au moins un million de barils de pétrole libyen par mois. Et ce, pour compenser l’arrêt des flux de pétrole brut koweïtien, suite à la fermeture de facto du détroit d’Ormuz.

Bloomberg affirme que cet accord fait suite à une demande de la compagnie pétrolière publique égyptienne General Petroleum Corporation auprès de la Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC).

De leur côté, des sources anonymes indiquent que l’information n’a pas encore été annoncée officiellement. Cependant, le nouvel accord prévoirait que la Libye, membre de l’OPEP, enverrait deux cargaisons par mois à l’Égypte, pour un total de 1,2 million de barils.

Cette décision intervient à un moment où l’Égypte, pays le plus peuplé du Moyen-Orient et important importateur de marchandises, subit une pression croissante sur sa facture énergétique. Et ce, en raison de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, qui entre dans sa cinquième semaine.

En effet, les raffineries égyptiennes dépendent en partie du pétrole koweïtien, entre un et deux millions de barils par mois. En plus d’environ un million de barils en provenance de Saudi Aramco…

L’Égypte consomme environ 12 millions de tonnes de diesel et 6,7 millions de tonnes d’essence par an. De même qu’elle est importatrice nette de gaz naturel. Le pays s’oriente actuellement vers une rationalisation de sa consommation. Ainsi, dès cette semaine, entrent en application des horaires de fermeture anticipée aux cafés et aux magasins.

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L’hégémonie israélienne au Moyen-Orient

L’intervention israélienne en Iran comme au Liban relève moins d’une opération de sécurisation que d’une manifestation de puissance. Il s’agit de faire la démonstration de sa suprématie militaire et de sa capacité hégémonique au Moyen-Orient, grâce au soutien renouvelé des Etats-Unis de Trump. L’occasion de penser le sens et les limites d’une telle hégémonie.

 

L’hégémonie dans les relations internationales 

L’hégémonie se conçoit dans la capacité d’une puissance à créer un « ordre » où sa domination internationale ou régionale est acceptée, repose sur le commandement/l’obéissance, l’intérêt ou encore le principe du gain. Autrement dit, un tel ordre, consensuel, est obtenu suivant divers modes, suivant différents types d’exercice de la puissance hégémonique. La période du système unipolaire de l’après-guerre froide illustre bien le consensus des Etats autour de l’ordre international conçu par la puissance hégémonique américaine. Une acceptation qui a permis un fonctionnement plus fluide du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris pour le vote de résolutions contraignantes.

Il n’empêche, l’exercice de l’hégémonie s’avère difficile au regard des différentes périodes de l’histoire des relations internationales. Si la fin de la guerre froide fut suivie d’un bref moment unipolaire caractérisé par l’« hyperpuissance américaine », l’avènement de la mondialisation a reposé la question de l’hégémonie. Le rapport entre hégémonie et mondialisation est ambivalent, voire paradoxal. D’un côté, la mondialisation rend difficile l’hégémonie; de l’autre, la mondialisation amplifie et durcit les compétitions et les dynamiques d’hégémonie.

 

Lire aussi — Trump : une nouvelle hégémonie des Etats-Unis ?

 

L’hégémonie israélienne

L’hégémonie israélienne repose sur l’indéfectible relation américano-israélienne. Celle-ci est attestée par une série d’indices. Tout d’abord, Israël est le premier destinataire de l’aide financière, civile et militaire étrangère par tête du budget américain. Ensuite, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, depuis des décennies, les Etats-Unis usent systématiquement de leur veto contre toute proposition de résolution condamnant les actions israéliennes (colonisation de territoires occupés, violation des conventions de Genève, opérations militaires contre les Palestiniens à Gaza ou contre des voisins arabes, comme le Liban).

Toujours sur le plan diplomatique, le 6 décembre 2017, le président D. Trump a reconnu Jérusalem capitale d’Israël et a décidé d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. Une décision confirmée par le président J. Biden, mais qui demeure isolée sur la scène internationale. La partie Est ou arabe de la « Ville sainte » (selon les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam) est en effet occupée et colonisée par Israël depuis 1967 (« guerre des Six jours »). Une annexion contraire au droit international.

Le soutien américain à Israël s’explique par des raisons d’ordre à la fois stratégique (sauvegarde des intérêts stratégiques que représentent l’accès et la sécurité des gisements pétroliers de la région) et immatériel (sentiment partagé par les deux peuples d’être liés, notamment à partir d’une lecture du monde d’inspiration biblique et mystique). Ce soutien a permis à Israël de s’imposer progressivement comme une sorte d’« hyperpuissance régionale ». Ainsi, ce petit pays (sur le plan de la superficie et du poids démographique) est doté de l’une des armées les plus puissantes et modernes au monde.

 

Lire également — Trump : une conception israélienne du monde

Il s’agit de l’unique puissance nucléaire dans la région (même si ce fait n’est toujours pas admis officiellement par les responsables israéliens). Nulle armée ou force paramilitaire de la région ne saurait représenter une menace conventionnelle sérieuse pour Israël.

C’est dans ce contexte que, fort de sa puissance militaro-technologique et du soutien inconditionnel de la première puissance mondiale, Israël est en passe d’imposer une pax israeliana au Moyen-Orient. Le choix de « la paix par la force » est la preuve de la préférence israélienne pour l’affaiblissement et de la fragmentation de son voisinage arabo-persique.

Il n’empêche, derrière la force d’Israël, la séquence risque de se clore à nouveau par une conclusion implacable : son incapacité à ériger une région pacifiée sur la base d’accords politiques.

Une pacification seule à même de faire face à des défis globaux d’une ampleur sans précédent : de la transition énergétique aux effets du dérèglement climatique pour une région caractérisée par la rareté de l’eau, la désertification avancée et les températures extrêmes.

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Leith Ben Becher : « Il aurait fallu davantage de clarté et de concertation autour des mesures de la BCT »

La nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations non prioritaires suscite des interrogations sur ses effets réels sur l’approvisionnement et sur le marché parallèle.

Joint par téléphone, Leith Ben Becher, agriculteur fondateur de SYNAGRI (Syndicat national des agriculteurs de Tunisie) estime que la circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations de produits dits non prioritaires ne devrait pas, en l’état, fragiliser l’approvisionnement en produits de consommation courante. Il estime que la mesure vise surtout certaines catégories de fruits frais ou secs, ainsi que d’autres produits importés jugés non essentiels, sans remettre en cause la sécurité alimentaire nationale.

En tant qu’agriculteur, il précise que cette mesure n’a pas d’impact direct sur son secteur. Il n’a pas non plus relevé d’interdiction ni de restriction concernant les activités agricoles, d’autant qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une interdiction totale. Les pièces détachées ne semblent pas explicitement concernées. En revanche, la mesure pourrait compliquer l’activité de certains professionnels, comme les restaurateurs, les traiteurs ou les pâtissiers.

Sur le fond, il juge cette décision problématique à la fois sur le plan juridique et institutionnel. À ses yeux, la Banque centrale n’est pas dans son rôle de fixer ce type de restrictions, qui relèveraient plutôt du gouvernement et du ministère du Commerce.

Il s’interroge aussi sur l’efficacité réelle d’une telle mesure. La question que beaucoup se posent est simple : est-il nécessaire d’appliquer une telle circulaire aujourd’hui ? Est-elle opportune, au regard des contraintes du moment ?

À cette interrogation, il répond que la décision pose problème à deux niveaux. Le premier est un niveau que l’on pourrait qualifier de philosophico-politico-juridique. S’il s’agit d’interdire l’importation de tel ou tel produit, il faut rappeler que la Tunisie est liée par des engagements internationaux avec l’Union européenne, les pays africains, les pays du Maghreb et d’autres partenaires encore. On ne peut donc plus procéder à ce type de limitation de manière aussi directe.

Certains objecteront qu’il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’une limitation. En pratique, cependant, la différence est souvent minime. La vraie question est donc la suivante : est-ce vraiment à la Banque centrale de prendre ce genre de décision ? Ne revient-il pas plutôt à l’autorité gouvernementale, notamment au ministère du Commerce, d’édicter ce type de normes ou de listes restrictives ? À son sens, la Banque centrale n’a pas vocation directe à fixer de telles restrictions.

Cela nous amène au second point : cette limitation est-elle réellement pertinente ? Au-delà de la question des compétences réglementaires, est-elle réellement opportune ? Ne risque-t-elle pas, au contraire, d’encourager certaines dérives, notamment le commerce illégal ou la contrebande, alors même que l’État cherche justement à les combattre ?

Alors que le pays  dispose de 106 jours de réserves en devises. Sans être spécialiste, on comprend bien qu’en limitant l’importation de framboises séchées, par exemple, on ne soutiendra pas durablement la monnaie nationale ni les réserves en devises.

La mesure est jugée peu opportune, car elle risque de perturber un marché déjà très encadré, notamment celui des véhicules à usage personnel. Leith Ben Becher estime qu’il aurait mieux valu adopter des politiques favorisant le commerce et les exportations, plutôt que des restrictions susceptibles de freiner l’activité économique et d’être mal perçues à l’étranger.

Il souligne aussi que la Tunisie devrait davantage miser sur ses secteurs exportateurs, comme l’agroalimentaire, le textile, la restauration et l’hôtellerie. Il estime aussi que limiter certaines importations tout en demandant l’augmentation des exportations manque de cohérence économique.

Il précise : « Ce sont des décisions d’un autre temps. Personnellement, en tant qu’agriculteur et représentant d’autres agriculteurs, j’estime qu’il aurait été préférable d’adopter des mesures qui stimulent le commerce et renforcent nos exportations dans plusieurs secteurs, notamment le textile, l’habillement, la restauration et l’hôtellerie; mais aussi les exportations de produits agricoles et agroalimentaires phares, comme l’huile d’olive, les produits de la pêche ou les produits transformés. »

Il rappelle que La Tunisie dispose d’un véritable savoir-faire dans plusieurs secteurs, mais que celui-ci reste insuffisamment valorisé. Selon ce point de vue, il serait préférable de soutenir davantage les filières exportatrices plutôt que d’adopter des mesures susceptibles d’être mal perçues à l’étranger. D’autant qu’il serait incohérent de réclamer plus d’exportations tunisiennes tout en limitant, par souci d’économie à court terme, les exportations des autres vers la Tunisie.

Leith Ben Becher conclut que cette décision a des effets bien plus larges qu’une simple mesure technique. Car elle touche directement les consommateurs, les professionnels et les acteurs économiques. Il avertit surtout qu’en voulant encadrer certaines importations, on risque de pousser une partie du commerce vers le marché parallèle et les circuits informels. Il conclut : « Et c’est bien là le danger : alors qu’on pensait bien faire; on peut finir par transférer la demande vers des circuits informels. »

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Fonderies d’aluminium du Golfe à l’arrêt : choc pour l’économie mondiale

L’Iran a revendiqué dimanche 29 mars la responsabilité des attaques contre deux des plus grandes usines d’aluminium au monde, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis. Ravivant ainsi les craintes que la guerre au Moyen-Orient, qui entre dans son deuxième mois, n’ait de graves conséquences pour l’économie mondiale.

Les Gardiens de la révolution d’Iran ont confirmé dans un communiqué diffusé par les médias d’État iraniens avoir lancé des attaques de missiles et de drones qui ont endommagé les usines Aluminium Bahrain (ALBA) et Emirates Global Aluminium (EGA).

Ils indiquent que ces attaques étaient une réponse aux frappes israélo-américaines contre deux aciéries iraniennes. Tout en faisant référence aux liens de ces entreprises avec des sociétés militaires et aérospatiales américaines. « Grâce aux investissements et aux participations d’entreprises américaines, ces deux sociétés jouent un rôle important dans l’approvisionnement des industries militaires qui fournissent l’armée américaine », ont déclaré les Gardiens de la révolution dans leur communiqué.

De son côté, ALBA, qui possède l’une des plus grandes usines d’aluminium au monde, a déclaré lundi 30 mars qu’elle évaluait les dégâts causés par ces attaques iraniennes contre ses installations.

Quant à Emirates Global Aluminium (EGA), elle a également signalé d’importants dégâts suite à des attaques de missiles et de drones iraniens. EGA a précisé aujourd’hui que son usine de Tawila, à Abou Dhabi, l’une de ses deux unités aux Émirats arabes unis, a subi des « dégâts majeurs » et que six personnes ont été blessées.

Dans ce contexte, la plupart des producteurs d’aluminium du Golfe, qui représentent environ 9 % de l’offre mondiale, ont interrompu leurs livraisons aux marchés mondiaux par leurs canaux habituels depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran; et ce, en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz.

A cet égard, notons que les deux entreprises sont des fournisseurs majeurs du secteur aérospatial mondial. EGA produisant des alliages de haute qualité utilisés par des géants de l’aviation tels que Boeing et Airbus.

Les attaques contre les fonderies s’inscrivent dans une offensive iranienne plus large contre les infrastructures économiques critiques du Golfe, qui a ciblé les raffineries de pétrole, les ports commerciaux, les aéroports et les voies maritimes…

Pour sa part, l’usine d’Al Tawilah d’EGA a produit 1,6 million de tonnes métriques de métal en fusion en 2025. La société possède également une raffinerie d’alumine adjacente à El Tawilah qui a produit l’année dernière 2,4 millions de tonnes de matière première d’aluminium.

L’industrie sidérurgique de Bahreïn déclare un cas de force majeure

Enfin, Foulath Holding, la société mère de BahrainSteel, a également déclaré un cas de force majeure dans ses activités, en raison des problèmes engendrés par la guerre.

Sachant que les États-Unis importent 10 % de leur aluminium primaire des pays du Golfe, soit 171 400 tonnes. Les Émirats arabes unis sont leur troisième fournisseur après le Canada et l’Afrique du Sud.

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Phosphate : la Tunisie décroche un prêt de 52 millions de dollars

La Tunisie mise sur la modernisation de son réseau ferroviaire pour redonner de l’élan à sa filière phosphate, fortement pénalisée par des contraintes logistiques persistantes.

Ainsi la commission des Finances de l’ARP a approuvé un prêt de 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 51,9 millions de dollars, via le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), destiné à financer des infrastructures ferroviaires liées au transport du phosphate.

Ce financement s’inscrit dans un programme plus large de réhabilitation du réseau en deux phases. La première phase  prévoit le renouvellement de 190 km de voies sur plusieurs lignes stratégiques, dont la ligne 21. La seconde phase comprend la réhabilitation de 415 km supplémentaires, la modernisation des tunnels et des gares, ainsi que l’installation d’un nouveau système de signalisation.

L’enjeu est de taille. Car il faut rappeler que les difficultés de transport ont fortement réduit la capacité de production et d’exportation du secteur, la CPG n’ayant exploité qu’environ 40 % de ses capacités en 2025.

Le projet devrait aussi soutenir l’activité de la SNCFT, dont une part importante des revenus dépend du transport du phosphate. Reste toutefois à sécuriser les financements complémentaires et à maîtriser les délais d’exécution.

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Quadrilatère au Pakistan : projet pour le détroit d’Ormuz sur le modèle du canal de Suez

Le Pakistan a accueilli dimanche 29 mars des pourparlers avec la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite dans le cadre de ses efforts de médiation pour mettre fin à la guerre en Iran. Les premières discussions ont porté sur des propositions visant à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation, selon des sources proches du dossier.

Les ministres des Affaires étrangères des trois puissances régionales ont atterri à l’aéroport d’Islamabad pour les pourparlers, alors que l’Iran a averti les États-Unis de ne pas lancer d’attaque terrestre et que les prix mondiaux du pétrole ont grimpé en flèche. Selon cinq sources proches du dossier qui se sont confiées à Reuters, les pays réunis au Pakistan ont soumis des propositions à Washington concernant le trafic maritime et l’ouverture du détroit d’Ormuz, dans le cadre d’efforts plus larges visant à stabiliser les flux maritimes.

Environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait chaque jour par le détroit d’Ormuz, mais l’Iran a effectivement bloqué le trafic maritime à cet endroit en réponse aux frappes aériennes américano-israéliennes qui ont débuté il y a un mois.

Propositions pour l’ouverture d’Ormuz

Le Pakistan qui, comme la Turquie, partage une frontière avec l’Iran, a mis à profit ses liens étroits avec Téhéran et Washington pour devenir un acteur diplomatique clé dans ce conflit, aux côtés d’Ankara et du Caire. Des propositions, notamment celles de l’Égypte, avaient été transmises à la Maison Blanche par le Pakistan avant la réunion de dimanche et prévoyaient des redevances similaires à celles du canal de Suez. Deux autres sources pakistanaises ont indiqué que la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite pourraient former un consortium pour gérer le flux de pétrole transitant par cette voie navigable et ont invité le Pakistan à y participer.

La proposition de création d’un consortium de gestion conjointe a été discutée avec les États-Unis et l’Iran, selon les sources. Une première source pakistanaise a indiqué que le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est en contact régulier avec le vice-président américain J.D. Vance.

De son côté, une source diplomatique turque a indiqué qu’Ankara avait pour priorité d’obtenir un cessez-le-feu. « Garantir le passage sûr des navires pourrait constituer une mesure importante pour instaurer la confiance dans ce dossier », a déclaré une personne, qui a souhaité garder l’anonymat…

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Riadh Sidaoui : « L’Iran, nouveau Vietnam pour les États-Unis ? »

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’installe dans la durée, le politologue tunisien Riadh Sidaoui décrypte, dans une déclaration à L’Economiste Maghrébin, une escalade aux conséquences potentiellement mondiales. Entre guerre totale, enjeu pétrolier et risque d’enlisement militaire, il met en garde contre des choix stratégiques lourds de dangers.

Riadh Sidaoui estime que les États-Unis et Israël ont engagé une guerre totale contre l’Iran, visant à la fois ses installations nucléaires, ses infrastructures industrielles et civiles. Il souligne toutefois que les infrastructures énergétiques constituent une ligne rouge, en raison de la menace iranienne de riposter en ciblant les installations pétrolières et gazières dans toute la région du Golfe.

Le politologue explique que cette menace confère à l’Iran un levier stratégique majeur, en particulier via le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial. Il précise que toute perturbation majeure pourrait entraîner une flambée des prix du baril, susceptible d’atteindre des niveaux critiques pour l’économie mondiale et américaine.

Selon lui, cette variable énergétique constitue le principal facteur susceptible de freiner l’escalade américaine, d’autant que les marchés financiers ont déjà réagi négativement à la hausse des prix de l’énergie.

Une guerre controversée jusque dans le camp occidental

Le politologue tunisien affirme que ce conflit ne correspond ni aux intérêts du peuple américain ni à ceux de son économie, mais qu’il s’inscrit avant tout dans la stratégie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il considère que ce dernier a réussi à entraîner Donald Trump dans une confrontation que les précédentes administrations américaines avaient évitée.

Riadh Sidaoui souligne l’existence de critiques au sein même des États-Unis, y compris dans le camp républicain, notamment parmi les partisans du mouvement « Make America Great Again », qui rejettent une guerre jugée étrangère aux Américains.

Il ajoute que plusieurs alliés occidentaux, y compris le Royaume-Uni et la France, ont exprimé des réserves quant à la légalité de cette guerre, perçue comme non conforme au droit international. Il  juge qu’une opération terrestre constituerait une erreur majeure pour Washington. Notre invité  rappelle que, depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont connu des échecs répétés dans ce type d’engagements, citant les guerres de Corée, du Vietnam, d’Afghanistan et d’Irak.

Il souligne encore que si les États-Unis disposent d’une supériorité aérienne indéniable, les opérations au sol se sont souvent soldées par des pertes importantes et des retraits contraints. Il estime qu’une intervention en Iran exposerait l’armée américaine à un scénario comparable, voire plus complexe.

Le politologue insiste sur les spécificités iraniennes : un territoire vaste, une population de plus de 90 millions d’habitants, une armée déterminée et des forces paramilitaires prêtes à mener des actions de type guérilla. Il évoque également un soutien logistique extérieur, notamment de la Chine et de la Russie. Dans ces conditions, il considère qu’une guerre terrestre pourrait marquer la fin politique de Donald Trump.

Le facteur géographique et humain, clé du conflit

Riadh Sidaoui souligne que la géographie iranienne, notamment ses zones montagneuses, constitue un avantage stratégique pour les forces locales, familières du terrain. Il rappelle que les échecs américains passés s’expliquent en grande partie par cette asymétrie.

Il insiste également sur la capacité de mobilisation de l’Iran, qui pourrait aligner plusieurs millions de combattants déterminés à défendre leur territoire, renforçant ainsi le risque d’enlisement. Le politologue identifie deux scénarios principaux. Le premier, qu’il qualifie de rationnel, verrait Donald Trump proclamer une victoire stratégique et accepter une désescalade, sous l’influence des institutions militaires américaines.

Le second scénario, jugé plus dangereux, serait celui d’une escalade chaotique, alimentée par l’influence israélienne, avec un durcissement du conflit et un risque accru de déstabilisation régionale. Riadh Sidaoui souligne que les menaces iraniennes sur les infrastructures énergétiques régionales pourraient provoquer une explosion des prix du pétrole, mettant en difficulté l’économie américaine et mondiale.

Notre invité précise que les frappes ont affaibli les courants modérés en Iran, renforçant les factions les plus radicales, notamment au sein des Gardiens de la révolution. Il considère que cette évolution réduit les marges de compromis et durcit la posture iranienne.

Dans ce contexte, un retrait du traité de non-prolifération nucléaire marquerait, selon lui, une escalade majeure, traduisant un basculement stratégique du régime.

L’île de Kharg, un enjeu stratégique central

Le politologue explique que cette île constitue une infrastructure vitale pour l’économie iranienne, assurant plus de 70 % des exportations de pétrole du pays. Elle abrite également des installations militaires et logistiques essentielles. Il souligne que toute tentative de contrôle de cette île exposerait les forces américaines à des attaques depuis les côtes iraniennes, transformant potentiellement l’opération en piège militaire.

Au final, Riadh Sidaoui considère que l’Iran conserve un levier stratégique déterminant à travers le contrôle du détroit d’Ormuz et la menace sur les marchés pétroliers. Et d’ajouter que cette réalité pourrait contraindre Washington à revoir sa stratégie, face au risque d’une crise économique globale. Le politologue conclut que, dans ce conflit, la variable énergétique pourrait s’avérer plus décisive que la puissance militaire elle-même.

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Nouvelle escalade au Moyen-Orient : le pétrole franchit les 115 dollars

Les prix du baril du pétrole ont fortement augmenté lundi 30 mars, portés par une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient après l’entrée en scène des rebelles houthis du Yémen contre Israël. Le Brent a dépassé les 115 dollars le baril, poursuivant une hausse spectaculaire entamée depuis plusieurs semaines. Tandis que le brut américain WTI a lui aussi franchi les 100 dollars.

Plus précisément, le prix du pétrole brut Brent a bondi de 3,09 dollars, soit 2,74 %, à 115,66 dollars le baril après avoir clôturé en hausse de 4,2 % vendredi. Le West Texas Intermediate américain s’établissait à 102,56 $ le baril, en hausse de 2,92 $, soit 2,93 %, après un gain de 5,5 % lors de la séance précédente.

Cette flambée s’explique par l’élargissement du conflit entre l’Iran, Israël, les Etats-Unis mais aussi leurs alliés, faisant craindre des perturbations majeures de l’approvisionnement mondial.

En effet, durant le week-end, les Houthis, soutenus par l’Iran, ont lancé des attaques contre Israël, marquant une extension géographique du conflit vers la mer Rouge et le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, axe clé du transport pétrolier mondial.

Parallèlement, la fermeture du détroit d’Ormuz — par où transite environ 20 % du pétrole mondial — accentue les tensions sur les marchés énergétiques…

Face à ces risques, certains producteurs, notamment en Arabie saoudite, ont commencé à réorganiser leurs flux d’exportation pour limiter les perturbations. Mais les analystes redoutent qu’une intensification militaire, voire une intervention terrestre américaine, ne provoque une nouvelle envolée des prix.

Les exportations de pétrole brut saoudien redirigées du détroit d’Ormuz vers le port de Yanbu en mer Rouge ont atteint 4 658 millions de barils par jour la semaine dernière, selon les données de la société d’analyse Kpler.

A rappeler enfin que depuis le début du conflit, le 28 février 2026, le pétrole a enregistré une hausse exceptionnelle, dépassant déjà les niveaux observés lors de précédentes crises majeures, signe d’une inquiétude croissante des marchés face à une guerre régionale prolongée.

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Nabil Fahmi, le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe

Le diplomate égyptien Nabil Fahmi a refait surface sur la scène arabe après l’annonce, dimanche, de l’approbation unanime par les ministres arabes des Affaires étrangères au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, en succession d’Ahmed Aboul Gheit, en fonction depuis mars 2016 et dont le mandat prendra fin en juin prochain.

Nabil Fahmi devrait prendre ses fonctions le 1er juillet 2026 pour un mandat de cinq ans.

Qui est Nabil Fahmi? 

Nabil Fahmi est né en 1951 dans l’État de New York, alors que son père, Ismaïl Fahmi, exerçait des fonctions diplomatiques aux États-Unis. Ce dernier deviendra plus tard ministre égyptien des Affaires étrangères en 1973, avant de démissionner en 1977 pour protester contre la visite du président Anouar el-Sadate à Jérusalem.

Nabil Fahmi a entamé sa carrière au sein de l’appareil d’État égyptien en 1974, au bureau du président Anouar el-Sadate. Il a ensuite occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment auprès des Nations unies, avant d’être nommé ambassadeur d’Égypte au Japon de 1997 à 1999, puis aux États-Unis de 1999 à 2008.

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Tunisie – L’illusion du calme : quand les chiffres rassurent plus qu’ils ne guérissent

À première vue, les indicateurs monétaires et financiers arrêtés au 27 mars 2026 offrent un tableau presque apaisé de la conjoncture tunisienne. Les soldes s’améliorent, les réserves en devises se renforcent, les taux se stabilisent. L’économie semble respirer. Mais cette respiration est-elle le signe d’une guérison ou simplement celui d’une économie maintenue sous assistance, dans un équilibre précaire ? Car derrière la mécanique apparente des chiffres se cache une réalité plus complexe : celle d’un système financier qui s’ajuste, sans pour autant se transformer en profondeur. Une économie qui tient, mais qui peine encore à se réinventer.

 

Le redressement du solde du compte courant du Trésor, à 2 235,9 MDT, constitue indéniablement l’un des signaux les plus positifs de cette photographie conjoncturelle. L’amélioration est nette, aussi bien en variation journalière qu’en glissement annuel. Elle traduit un effort de gestion plus rigoureux, probablement soutenu par une meilleure mobilisation des recettes et un pilotage plus fin des dépenses.

Mais cette amélioration, pour significative qu’elle soit, ne doit pas masquer la réalité structurelle des finances publiques tunisiennes. Le Trésor continue de fonctionner dans une logique de flux tendus, dépendant étroitement des ressources de court terme et de l’appui du système bancaire. Ce que révèlent ces chiffres, ce n’est pas une transformation du modèle budgétaire, mais plutôt une optimisation conjoncturelle de ses marges de manœuvre. Une respiration, certes, mais encore loin d’un rééquilibrage durable.

 

Banques et liquidité : une dépendance qui persiste

Le système bancaire, quant à lui, affiche une amélioration relative de sa liquidité, avec un solde du compte courant ordinaire en hausse à 391,7 MDT. Ce mouvement est renforcé par une augmentation du volume global du refinancement, qui atteint 11 683,9 MDT. Mais cette apparente détente doit être interprétée avec prudence. En réalité, elle confirme surtout la dépendance persistante des banques tunisiennes à la liquidité fournie par la Banque centrale. Le refinancement reste le pilier invisible du système bancaire, révélant une intermédiation encore fragile et peu autonome.

La baisse annuelle du volume de refinancement, de plus de 3 milliards de dinars, est certes un signal encourageant. Elle suggère un début de normalisation. Mais elle s’accompagne d’une tension latente, visible dans le recours accru à la facilité permanente de prêt à 24 heures, qui bondit en variation journalière. Le marché interbancaire lui-même illustre cette dualité : actif mais instable, dynamique mais fragmenté. La liquidité circule, mais elle circule avec précaution.

 

Le dilemme monétaire : soutenir sans relâcher, freiner sans casser

Dans ce contexte, la Banque centrale évolue sur une ligne de crête particulièrement étroite. Le maintien du taux directeur à 7 %, combiné à un taux du marché monétaire à 6,99 %, traduit une volonté claire de stabilisation. La baisse de 50 points de base sur un an marque une inflexion prudente, presque timide, vers un assouplissement monétaire.

Mais cette orientation reste contrainte. L’inflation, bien que moins explosive, n’est pas totalement maîtrisée. Le dinar demeure vulnérable. Et l’environnement international impose une discipline monétaire accrue. Ainsi, la Banque centrale ne peut ni relâcher significativement sa politique, au risque de raviver les tensions inflationnistes et de fragiliser la monnaie, ni durcir davantage les conditions financières, au risque d’asphyxier une économie déjà affaiblie. Ce dilemme est au cœur de la conjoncture actuelle : comment soutenir une économie fragile sans compromettre sa stabilité ?

 

L’économie du cash : symptôme d’un mal plus profond

L’augmentation spectaculaire des billets et monnaies en circulation, qui atteignent 28 448 MDT sur un an, constitue un indicateur souvent sous-estimé, mais fondamental.

Elle révèle une réalité persistante : la domination du cash dans les échanges économiques tunisiens. Une domination qui traduit à la fois la défiance envers le système bancaire, l’ampleur de l’économie informelle et l’incertitude des agents économiques. Dans un tel contexte, la politique monétaire perd en efficacité. Les canaux de transmission traditionnels – crédit, taux d’intérêt, intermédiation bancaire – se trouvent partiellement contournés. Autrement dit, une partie significative de l’économie échappe aux instruments classiques de régulation. Et tant que cette dualité persistera, les marges de manœuvre des autorités resteront limitées.

 

Le front extérieur : une accalmie précieuse mais fragile

C’est sans doute du côté des équilibres extérieurs que les signaux les plus encourageants apparaissent. Les avoirs nets en devises atteignent 25 112,9 MDT, soit l’équivalent de 106 jours d’importation. Cette amélioration renforce la capacité du pays à faire face à ses engagements extérieurs et réduit les risques immédiats de crise de balance des paiements.

Cette dynamique repose largement sur deux moteurs essentiels : les recettes touristiques, en progression à 1 310 MDT, et les revenus du travail à l’étranger, qui atteignent 1 930,1 MDT. Ces flux constituent de véritables amortisseurs macroéconomiques.

Mais cette accalmie reste fragile. Elle dépend de facteurs externes – conjoncture internationale, stabilité géopolitique, attractivité touristique — sur lesquels la Tunisie a peu de prise. Par ailleurs, le service de la dette extérieure, bien qu’en baisse annuelle, demeure élevé et continue de peser sur les réserves. La question de la soutenabilité de la dette reste donc entière.

 

Le dinar : entre répit tactique et fragilité structurelle

Le comportement du dinar reflète parfaitement cette situation intermédiaire. Face au dollar, la monnaie tunisienne montre des signes de résistance, avec une légère appréciation annuelle. Cette évolution est favorable, notamment dans un contexte de pressions sur les prix de l’énergie.

Mais face à l’euro, partenaire commercial majeur, le dinar s’inscrit dans une trajectoire plus fragile. Cette dépréciation relative renchérit le coût des importations et alimente les tensions inflationnistes. Ces mouvements traduisent une réalité structurelle : le dinar reste une monnaie sensible, fortement exposée aux déséquilibres internes et aux chocs externes.

 

Une dette domestique en mutation silencieuse

L’évolution des bons du Trésor révèle une transformation stratégique importante. La chute spectaculaire de l’encours des bons à court terme, conjuguée à une forte hausse des bons assimilables, traduit une volonté de réallonger la maturité de la dette. Une stratégie rationnelle, visant à réduire les risques de refinancement immédiats.

Mais cette mutation n’est pas sans coût. Elle implique une charge d’intérêt potentiellement plus élevée et renforce la dépendance de l’État vis-à-vis du système bancaire domestique. Ce basculement silencieux redessine les équilibres financiers internes, tout en posant la question de la capacité du marché à absorber durablement cette dette.

 

L’ombre du contexte international : une contrainte permanente

La Tunisie évolue dans un environnement mondial incertain, marqué par une croissance molle, des tensions géopolitiques persistantes et des politiques monétaires encore restrictives. Les grandes économies avancées hésitent entre désinflation et ralentissement. Les flux de capitaux se font plus sélectifs. Les coûts de financement restent élevés.

Dans ce contexte, les marges de manœuvre des économies émergentes se réduisent. L’accès au financement extérieur devient plus complexe, plus coûteux, plus conditionné. Pour la Tunisie, cela signifie une dépendance accrue aux ressources internes et une nécessité urgente de restaurer la confiance des investisseurs.

 

À court terme : une stabilisation sous surveillance

À horizon immédiat, la situation apparaît relativement stabilisée. Les indicateurs monétaires sont maîtrisés, les réserves en devises confortables, les taux contenus. Mais cette stabilité reste conditionnelle. Elle repose sur un équilibre délicat, susceptible d’être remis en cause par le moindre choc externe ou interne. La vigilance s’impose donc. Plus que jamais.

 

À moyen terme : l’impératif de transformation

Au-delà de la conjoncture, la véritable question est celle du modèle économique. La Tunisie peut-elle continuer à fonctionner avec une économie duale, une forte dépendance au refinancement, un poids élevé de l’informel et une croissance atone ?

La réponse est clairement non. Les indicateurs actuels offrent une fenêtre d’opportunité. Mais sans réformes structurelles — fiscales, financières, productives — cette accalmie restera temporaire. Il ne s’agit plus seulement de stabiliser, mais de transformer.

 

In fine, entre répit et responsabilité

Les données du 27 mars 2026 racontent une histoire subtile : celle d’une économie qui tient, mais qui hésite encore à changer. La Tunisie bénéficie aujourd’hui d’un répit. Mais ce répit n’est pas une victoire. Il est une responsabilité. Car dans les équilibres fragiles se cachent souvent les urgences les plus profondes. Et dans les périodes d’accalmie se jouent, parfois, les décisions les plus décisives.

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (27/03/2026), données prix Brent / marché pétrolier (27/03/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG).

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120 000 euros pour un excès vitesse de 29 km/h…

Deux chiffres : 29 km/h et 120 000 euros.

L’événement se passe en Finlande. Le premier chiffre indique un excès de vitesse sur un parcours limité à 30 km/h de la part d’un conducteur, un certain Anders Wiklöf, âgé de 79 ans.

Le second chiffre concerne une amende qu’il a reçue pour ce dépassement, elle s’élève à 120 000 euros. Oui, vous avez bien lu : on ne s’est trompé de deux ou trois 0 de plus c’est bien cent-vingt mille euros.

Cependant, en Finlande mais aussi en Suède, « le montant des amendes est calculé en fonction des revenus du contrevenant », rapportent nos confrères de 20Minutes.

Ceci étant, cette décision s’explique par « la réglementation en vigueur dans le pays pour les excès de vitesse de plus de 20 km/h, rappelle le journal finlandais, Nya Äland. « Dans ce cas, il n’existe aucun plafond pour le montant de l’amende. Celle-ci est calculée en fonction des revenus du contrevenant. Un calcul est effectué pour relever le revenu net mensuel (moins 255 euros), qui est ensuite divisé par 30 pour obtenir le montant du jour-amende, lui-même réduit de moitié », ajoute le journal.

Pour mieux comprendre le phénomène – et essayer de suggérer qu’une pareille loi soit adoptée chez nous en Tunisie-, le média poursuit l’explication : « En fonction de la gravité de l’infraction commise, un nombre de jours-amendes est fixé par les autorités. Pour les usagers millionnaires comme Anders Wiklöf, la note peut donc vite grimper ».

Mais ce dernier, philosophe et qui n’est pas à son premier essai (près de 400 000 versés au Trésor public finlandais en 13 ans), a accepté la sanction : « Si j’ai commis une erreur, je l’accepte et il n’y a rien d’autre à dire », a-t-il confié, « tout en s’estimant chanceux de ne pas avoir perdu son permis de conduire. Ce qui aurait pu être le cas s’il avait atteint les 60 km/h », selon le site français.

Moralité : imaginez un seul instant qu’on applique pareille loi en Tunisie non seulement dans le domaine de la conduite mais aussi dans d’autres domaines de la vie…

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CCITF : Speed Dating B2B entreprises-startups

La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), organise le 19 mai 2026 un « Speed Dating B 2 B à Tunis, dédié à la mise en relation entre entreprises et startups. « Favoriser des connexions à forte valeur ajoutée autour de besoins concrets, de solutions innovantes et de nouvelles opportunités de collaboration commerciale », c’est l’objectif de cette rencontre professionnelle.

Au programme, figurent des « Pitchs startups » (présentation) et des sessions de « Speed Dating B2B » qui sont destinés aux entreprises à la recherche de solutions adaptées à leurs enjeux ou une startup souhaitant présenter son offre à des interlocuteurs qualifiés.

Pour ce faire, la CCITF indique avoir mis à la disposition des entreprises, qui désirent participer à cette rencontre, un formulaire Entreprises : urlr.me/edCBfN et un formulaire Startups : urlr.me/yBuZ9d.

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Disparition d’un bâtisseur : Othman Ben Arfa n’est plus

Figure majeure de l’énergie en Tunisie et ancien PDG de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), Othman Ben Arfa est décédé samedi 28 mars 2026.

Ingénieur de formation, il laisse l’empreinte d’un dirigeant rigoureux qui a marqué durablement le développement énergétique national.

À la tête de la Steg entre 2002 et 2011, il a piloté la modernisation du réseau électrique, soutenu l’intégration du gaz naturel et accompagné l’extension des infrastructures pour répondre à une demande croissante. Il a également favorisé l’ouverture internationale de l’entreprise et amorcé des réflexions sur les énergies renouvelables.

Entré à la Steg en 1967, il y a gravi tous les échelons après des études d’électrotechnique aux États-Unis, contribuant dès ses débuts à des projets techniques stratégiques.

Après la Révolution tunisienne de 2011, il s’est exilé en France dans un contexte politique tendu.

Décoré de l’Ordre de la République, ancien sportif accompli, il demeure une référence pour plusieurs générations d’ingénieurs tunisiens.

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Perenco : l’outsider discret devenu pilier pétrolier au Gabon et en Tunisie

Perenco est une entreprise pétrolière un peu particulière. Discrète, familiale, loin des grands groupes cotés en Bourse, elle a pourtant réussi à devenir un acteur majeur au Gabon. Son secret ? Une stratégie simple mais efficace : reprendre des champs pétroliers vieillissants, que les grandes compagnies délaissent, et leur redonner vie.

Cela dit aux passage, on a suivi son parcours en Tunisie, étant donné qu’elle communiquait beaucoup avec les médias, ce qui malheureusement ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Lire aussi: ARP : prolongation des permis d’exploitation du groupe Perenco

Au Gabon, elle aurait progressivement pris de l’ampleur jusqu’à dépasser TotalEnergies, devenant ainsi le premier producteur de pétrole du pays, avec environ 100 000 barils par jour. Une réussite construite avec patience, loin des projecteurs, comme le rapporte gabonactu.com.

Mais Perenco ne se limite plus au pétrole. L’entreprise développe aussi des projets gaziers et cherche à devenir un véritable acteur de l’énergie. Elle investit dans des infrastructures, produit du gaz et travaille à réduire le gaspillage, notamment en limitant le torchage.

Au-delà du Gabon, Perenco est également présente en Tunisie, où elle participe à l’exploitation de ressources énergétiques, contribuant à l’économie locale. Cette présence montre une volonté d’ancrage durable dans les pays où elle opère.

Concrètement, l’entreprise est impliquée dans l’exploration et la production d’hydrocarbures, aussi bien onshore qu’offshore. Ces dernières années, Perenco a élargi ses actions en Tunisie, en investissent dans de nouveaux projets énergétiques (y compris le solaire) mais aussi en menant des initiatives sociales et environnementales, comme des programmes de reboisement ou des actions en faveur des communautés locales. Et par les temps qui courent, devrait être plus visible sur le sol tunisien.

Au fond, Perenco, c’est l’histoire d’une entreprise qui avance à son rythme, en s’adaptant, tout en restant proche des réalités du terrain et des besoins des populations.

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Football : Lamouchi réunnit ses débuts à la tête des Aigles de Carthage

Sabri Lamouchi n’a pas raté sa première à la tête de l’Equipe nationale de Tunisie de football, en signant une courte mais combien précieuse victoire (1-0) face à l’équipe d’Haïti de football. C’était dimanche 29 mars à 1 heure du matin (heure de Tunisie). Il s’agit d’un match amical disputé au Canada. L’unique but de la rencontre a été marqué dès la 7ème minute par Sebastien Tounekti sur une passe d’Ismail Gharbi

Même s’il s’agit d’un match amical, il demeure reste encourageant pour le nouveau coach des Aigles de Carthage, Sabri Lamouchi, dont c’était donc le premier test à la tête de la sélection.

Toutefois, on attend maintenant une autre rencontre avec un calibre plus relevé que celui des Haïtiens, pour nous faire une plus d’idée sur les capacités de Lamouchi à conduire loin la sélection nationale.

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Décès de l’ancien président algérien, Lamine Zeroual

Liamine Zéroual, ancien président de l’Algérie, est décédé samedi 28 mars 2026 à Alger à l’âge de 84 ans, des suites d’une longue maladie. Dans ce cadre, les autorités algériennes ont décrété un deuil national en hommage à cette figure majeure de l’État, dont la disparition marque un tournant symbolique dans l’histoire politique du pays.

Chef de l’État entre 1994 et 1999, il avait pris les rênes du pouvoir en pleine « décennie noire », une période de violences aiguës. En effet, élu en 1995 lors d’un scrutin pluraliste, il s’était attaché à rétablir progressivement les institutions tout en menant une politique mêlant lutte contre le terrorisme et initiatives de dialogue, rappellent les médias algériens.

Son choix de ne pas se représenter en 1999 constitue l’un des faits les plus marquants de son parcours. En se retirant volontairement de la vie politique, il avait contribué à ouvrir une nouvelle séquence institutionnelle, illustrant une approche singulière de l’exercice du pouvoir.

Avant son accession à la présidence, Liamine Zéroual était un ancien officier de l’armée et un moudjahid de la guerre de libération. Après son départ, il s’était fait discret, restant en retrait de la scène publique tout en conservant une réputation d’intégrité.

Sa trajectoire demeure étroitement liée à une période critique durant laquelle l’Algérie tentait de préserver son unité et de reconstruire ses institutions face à une crise profonde.

Que son âme repose en paix.

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