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Le choc du Moyen-Orient sur l’aviation africaine

La guerre au Moyen-Orient frappe durement les compagnies aériennes africaines. Certaines font déjà état de pertes dues aux annulations de vols et à la hausse des coûts opérationnels.

Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie aérienne du continent, annonce une perte de 137 millions de dollars en une seule semaine. C’est ce qu’indique un rapport de Business Insider publié le 11 mars.  A cet égard, la compagnie a suspendu ses vols vers dix destinations de la région du Moyen-Orient.

En outre, d’autres compagnies africaines d’aviation, comme Kenya Airways, Air Tanzania et RwandAir, pourraient connaître des difficultés opérationnelles similaires dans les semaines à venir. Et ce, notamment en raison de la hausse des prix du carburant d’aviation liée à l’augmentation du coût du pétrole.

Ce manque de vols vers les pays du Golfe incite certaines compagnies aériennes internationales à ajouter des services vers l’Asie et l’Afrique. Lesquels contournent les hubs du Moyen-Orient. Ainsi, la compagnie allemande Lufthansa a déclaré qu’elle proposait plusieurs vols supplémentaires, dont deux entre Francfort et Le Cap. Tout en évoquant une demande croissante pour des « vols long-courriers à court préavis ».

Enfin, les experts du secteur préviennent que le conflit pourrait faire grimper les coûts de l’aviation à l’échelle mondiale si la hausse des prix du pétrole persistait.

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Et si la grande bataille d’Ormuz éclatait ?

Imaginons un instant que l’étincelle jaillisse dans le détroit d’Ormuz. Ce ne serait pas une simple confrontation de flottes alignées à l’horizon, comme dans les récits classiques de batailles navales où le choc prendrait plutôt la forme d’une secousse géopolitique d’ampleur, face à laquelle la supériorité technologique des puissances occidentales se heurterait de front à l’inventivité d’une stratégie pensée pour contourner la force brute.

Conscient que l’affrontement direct en haute mer ne jouerait pas en sa faveur, l’Iran privilégierait probablement une logique bien différente de celle d’une bataille rangée. L’objectif ne serait pas tant de vaincre un adversaire sur le plan militaire classique que de démontrer l’émergence d’une puissance supra régionale dotée d’un ADN de combat asymétrique capable de bloquer l’artère énergétique la plus sensible de la planète.

Dans ce corridor maritime étroit circule environ un cinquième du pétrole mondial. L’idée serait donc d’en faire un goulot d’étranglement, un passage où chaque navire deviendrait une cible potentielle et où la simple incertitude suffirait à désorganiser le trafic.

La stratégie pourrait s’appuyer sur une saturation méthodique de l’espace maritime où des essaims de vedettes rapides surgissant par vagues, des mines intelligentes (4.0) difficilement détectables disséminées dans les eaux, et sur les côtes des batteries de missiles mobiles dissimulées dans un relief accidenté.

Dans un tel brouillard de guerre, la maîtrise technologique ne suffirait plus toujours à garantir la sécurité des opérations, puisque chaque tentative de neutralisation se heurterait à un dispositif conçu précisément pour rester insaisissable.

Très vite, la confrontation dépasserait probablement le simple théâtre maritime où les tensions pourraient se diffuser dans l’ensemble de la région, touchant les installations énergétiques, les bases militaires alliées et même l’espace numérique.

Des opérations cybernétiques visant les systèmes de navigation, les infrastructures logistiques ou les marchés énergétiques amplifieraient l’effet de paralysie. Ce ne serait plus seulement une bataille pour le contrôle d’un détroit, mais une crise systémique capable d’ébranler l’économie mondiale.

Dans un tel scénario, la conclusion aurait quelque chose d’amer pour tous les protagonistes auquel l’acteur disposant de la puissance militaire la plus écrasante pourrait certes infliger des destructions considérables; mais sans pour autant rétablir pleinement la fluidité du commerce maritime international.

À l’inverse, la stratégie asymétrique, même sans victoire militaire classique, pourrait atteindre son but en perturbant durablement les flux logistiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz deviendrait alors moins un champ de bataille qu’un point de rupture, un lieu où la puissance armée montre ses limites et où la pression économique finit par ramener les acteurs, malgré eux, vers la négociation.

 

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Par : Mahjoub Lotfi Belhedi

Stratège en réflexion IA

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Euro-Cycles propose un dividende de 0,700 dinar malgré un recul de ses résultats

Euro-Cycles SA a publié ses résultats annuels pour l’exercice 2025, arrêtés par son conseil d’administration le 12 mars 2026. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 99,47 millions de dinars, contre 119,63 millions un an auparavant, soit un recul de 16,85 %.

Le bénéfice net individuel s’établit à 8,43 millions de dinars, en retrait de 19,15 % par rapport aux 10,43 millions enregistrés en 2024. Au niveau consolidé, la baisse est plus prononcée : le résultat net du groupe ressort à 7,75 millions de dinars, contre 10,98 millions en 2024, soit une diminution de 29,36 %. Le groupe attribue cette dégradation accélérée à l’effondrement de 78 % du bénéfice de sa filiale Tunindustrie.

Malgré ces résultats en baisse, le conseil d’administration propose la distribution d’un dividende de 0,700 dinar par action. Les actionnaires sont convoqués à l’assemblée générale ordinaire annuelle le 18 juin 2026 au siège social de la société.

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« Fureur épique » à Téhéran et « rugissement du lion » iranien

C’est probablement la première fois dans l’histoire moderne qu’une guerre se déclenche non parce qu’il y a un danger imminent pour tel ou tel pays, mais pour réaliser « le rêve entretenu pendant 40 ans » par un psychopathe génocidaire, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Ce fou a donc fini par attirer la puissance militaire américaine à ses côtés dans l’unique but d’assouvir son désir satanique de détruire un pays de 92 millions d’âmes (plus de 10 fois la population israélienne) et une superficie de 1.650.000 km2 (plus de 75 fois la taille d’Israël).

Il n’aurait jamais réussi à déclencher le désastre que vit le monde depuis le 28 février, s’il y avait à la tête de l’Exécutif américain un homme doué d’un minimum de bon sens et des connaissances de base en matière de gestion politique et géostratégique de la grande puissance américaine.

L’extrême instabilité qui secoue le monde aujourd’hui est causée par la fâcheuse rencontre de deux facteurs explosifs : l’ignorance arrogante de Donald Trump et la folie destructrice de Benyamin Netanyahu. Le premier est soutenu par un cercle de flagorneurs aussi incompétents et ignares que lui. Tandis que le second est soutenu par un peuple mentalement instable qui jubilait face au génocide de Gaza et qui soutient aujourd’hui à 92 % la folle agression contre l’Iran.

Ayant baptisé leur agression « Fureur épique » et « Rugissement du lion », Trump et Netanyahu sont sous le choc de voir leurs noms de guerre s’appliquer plus aux défenseurs iraniens qu’aux agresseurs israélo-américains. Car, la réalité sur le terrain montre clairement la « fureur épique » avec laquelle l’Iran se défend et le « rugissement du lion » sorti des gorges des millions qui défilent quotidiennement dans les villes iraniennes, soutenant leurs dirigeants et conspuant les agresseurs.

C’est avec une « fureur épique » que l’Iran continue de détruire méthodiquement les bases militaires et les symboles économiques et financiers américains. C’est avec une fureur épique que l’Iran est en train de transformer Tel-Aviv en une nouvelle Gaza, même si les Israéliens tentent désespérément de cacher l’étendue des dégâts.

En plus des missiles et des drones de divers types et de différentes portées qui continuent d’endommager les intérêts américains et de pleuvoir sur Israël, l’Iran a recouru à une autre arme qui met le monde entier en émoi : la fermeture du détroit d’Ormuz. En fait, il s’agit d’une fermeture sélective visant « seulement les agresseurs et leurs alliés ».

Certes l’Iran est en train de subir des destructions énormes dans ses infrastructures et continue de compter ses morts. Mais il semble déterminé à supporter la souffrance « afin que cette guerre soit la dernière » qui le vise de la part de ses ennemis israélo-américains.

Ceux-ci sont englués jusqu’aux genoux dans le bourbier qu’ils ont eux-mêmes créé. Si la disparition depuis une semaine de Netanyahu de la scène continue d’alimenter les rumeurs persistantes sur sa mort; son complice Trump ne sait plus quoi dire ni quoi faire pour sortir du piège dans lequel il est fatalement pris.

En l’absence d’une issue de sortie qui lui permettrait de sauver un tant soit peu la face, le président américain se réfugie dans sa propre réalité fantasmagorique. Un jour il assure avoir « totalement détruit le régime terroriste à Téhéran militairement et économiquement ». Le lendemain il se déchaine contre l’Otan « qui subira de mauvaises conséquences, si elle ne vient pas aider à sécuriser le trafic dans le détroit d’Ormuz ».

Signe d’une totale déconnection avec la réalité : il menace d’ « annuler sa visite à Pékin en avril, si Xi Jinping n’envoie pas sa marine pour aider à l’ouverture du détroit ». Provocant sans doute d’énormes éclats de rire en Chine…

Qu’il en soit conscient ou non, Trump s’est mis et a mis son pays et le monde avec dans une impasse aussi dangereuse qu’inextricable. Pourtant, il continue de tendre l’oreille aux flagorneurs et incompétents qui lui gravitent autour.

Il serait dans une bien meilleure posture, s’il écoutait les stratèges qui lui donnent une vue exacte de la réalité. Une réalité brillamment décrite par la commentatrice militaire Patricia Marins : « L’Iran mène une guerre asymétrique quasi parfaite, absorbant les attaques, rendant stratégiquement inutilisables les bases environnantes, détruisant les radars et maintenant le contrôle du détroit d’Ormuz, tout en préservant sa capacité de lancement de missiles ».

Elle poursuit : « Les États-Unis et Israël se trouvent dans une situation extrêmement difficile car ils ne connaissent qu’un seul type de guerre : la destruction par la force brute. Ils font maintenant face à un Iran stratégiquement bien positionné qui combat selon ses propres conditions et son propre calendrier.

Jusqu’à présent, l’Iran a montré très peu de ce que je sais de son arsenal. Il possède encore plus de 20 modèles de drones aquatiques qu’il n’a même pas encore mis à l’eau. Ils n’ont pas suffisamment étudié l’Iran et l’ont gravement sous-estimé. L’Iran est un leader mondial en matière de missiles et de drones, au même titre que la Russie et la Chine.

Je vois l’Iran très déterminé à poursuivre la guerre, ce qui pose un énorme problème aux Américains. Ils doivent maintenant composer avec le marché mondial, la pression des pays du Golfe, les tensions politiques internes, l’inflation et les complications avec la Chine et la Russie. C’est le conflit entre la puissance de feu brute et la stratégie. »

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Foued Ghorbali : « La guerre contre l’Iran réveille les blessures profondes des Tunisiens »

Alors que les frappes se multiplient au Proche-Orient et que le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis redessine les équilibres régionaux, la société tunisienne ne reste pas indifférente. Loin d’une lecture uniforme, elle mobilise des registres multiples et parfois contradictoires : la solidarité avec la Palestine comme boussole morale; la méfiance envers toutes les puissances en présence; et un pragmatisme tranquille face aux compromis de la vie quotidienne.

Pour démêler ces perceptions, L’Economiste Maghrébin a rencontré Foued Ghorbali, enseignant-chercheur en sociologie. Notre invité déconstruit les raccourcis d’une lecture binaire et révèle la complexité d’une société qui juge ce conflit à la fois lointain sur la carte et viscéralement proche dans son imaginaire collectif.

 

Ce conflit implique l’Iran, Israël et les États-Unis, trois puissances aux idéologies très différentes. Comment la société tunisienne perçoit-elle ce conflit ? Est-elle vraiment concernée ou est-ce un conflit lointain ?

En Tunisie, ce conflit n’est généralement pas lu de manière purement diplomatique ou militaire. Il est d’abord perçu à travers un registre moral : beaucoup de Tunisiens l’interprètent en fonction d’une hiérarchie de l’injustice. Dans cette lecture, Israël concentre une forte réprobation, non seulement comme État, mais aussi comme symbole d’une violence jugée durable contre les Palestiniens. Les médias tunisiens et une grande partie de l’espace public ont largement relayé cette condamnation, tout en dénonçant le biais pro-israélien des médias occidentaux.

Il existe ensuite un registre géopolitique. Une partie de l’opinion voit l’Iran non pas d’abord à travers son régime ou son identité chiite, mais comme un acteur qui défie Israël et, plus largement, l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas une adhésion profonde au modèle iranien. C’est plutôt une lecture stratégique du type : « L’ennemi de mon ennemi peut devenir, ponctuellement, un point d’appui symbolique ». La perception de l’Occident, en particulier des États-Unis, est ici décisive : l’image américaine en Tunisie s’est nettement dégradée avec la guerre à Gaza, du fait du soutien accordé à Israël.

Il faut aussi souligner un registre identitaire et civilisationnel. Pour beaucoup, ce qui se joue n’est pas seulement un affrontement entre États, mais une séquence de plus dans une histoire régionale où la Palestine reste le cœur émotionnel et politique. Autrement dit, le conflit est perçu comme lointain sur la carte, mais proche dans les imaginaires collectifs. C’est ce qui explique que la société tunisienne se sente concernée, même sans implication directe.

Enfin, il y a un registre pragmatique : certains Tunisiens restent méfiants envers tous les acteurs du conflit. Ils rejettent Israël, critiquent l’Occident pour son double standard; mais ils n’idéalisent pas pour autant l’Iran, qu’ils voient aussi comme une puissance poursuivant ses propres intérêts. Donc, la perception tunisienne n’est pas binaire : elle est à la fois morale, géopolitique, identitaire et pragmatique. C’est précisément cette pluralité de registres qui permet de comprendre pourquoi ce conflit, bien que lointain, produit en Tunisie une si forte intensité symbolique.

Y a-t-il une fracture au sein même de la société tunisienne entre ceux qui soutiennent l’axe de résistance iranien et ceux qui le rejettent ?

Je ne parlerais pas d’une fracture nette, au sens d’une division stable et structurée de la société tunisienne entre « pro-Iran » et « anti-Iran ». Sociologiquement, la réalité est plus nuancée : il existe plutôt des lignes de différenciation, des sensibilités concurrentes, parfois très visibles dans l’espace public, mais qui ne recoupent pas entièrement des camps fixes.

D’abord, il faut souligner un point essentiel : en Tunisie, le consensus le plus fort ne porte pas sur l’Iran, mais sur le rejet d’Israël et le soutien à la cause palestinienne. C’est à partir de ce noyau commun que les divergences apparaissent. La question n’est donc pas : « Etes-vous pour ou contre l’Iran ? » Mais plutôt : comment interprétez-vous le rôle de l’Iran dans la région ?

Une première sensibilité considère l’Iran comme un acteur de résistance, non pas parce qu’elle adhère à son modèle politique ou religieux, mais parce qu’elle voit en lui une puissance qui défie Israël et l’ordre régional soutenu par les États-Unis. Dans cette lecture, l’Iran peut bénéficier d’une légitimité politique indirecte.

Une deuxième sensibilité adopte une position plus critique : elle refuse de transformer l’opposition à Israël en soutien automatique à Téhéran. Pour ces Tunisiens, l’Iran reste un État avec ses propres intérêts, sa logique de puissance et parfois ses propres formes d’autoritarisme. Ils rejettent donc ce qu’ils perçoivent comme une fausse alternative entre hégémonie occidentale et influence iranienne.

Enfin, il existe une troisième posture, plus diffuse, faite de pragmatisme et de méfiance généralisée : elle consiste à considérer que toutes les puissances régionales instrumentalisent la cause palestinienne à des degrés divers. Ainsi, plus qu’une fracture binaire, la société tunisienne est traversée par des lectures concurrentes d’un même conflit. Le clivage réel oppose moins des identités fixes que des manières différentes d’articuler solidarité, souveraineté et lucidité géopolitique.

Ce conflit est souvent présenté comme géopolitique, mais beaucoup le vivent comme religieux. En tant que sociologue, comment distinguez-vous les deux dimensions ?

En tant que sociologue, je dirais qu’il faut distinguer la logique du conflit et la manière dont il est vécu. La logique du conflit est d’abord géopolitique : les États agissent selon des calculs de puissance, de sécurité, d’influence régionale et d’équilibre stratégique. L’Iran, Israël ou les États-Unis ne se déterminent pas principalement à partir de convictions religieuses, mais à partir d’intérêts, de rapports de force et d’objectifs de puissance.

En revanche, au niveau des sociétés, ce même conflit est souvent perçu à travers des catégories religieuses. Pourquoi ? Parce que les populations ne lisent pas les crises internationales avec les instruments de la diplomatie, mais avec des références culturelles, morales et symboliques qui leur sont socialement disponibles. La religion devient alors non pas nécessairement la cause du conflit, mais un langage de son interprétation.

Autrement dit, ce qui est géopolitique dans sa structure peut devenir religieux dans sa réception sociale. Quand une partie de l’opinion parle de chiites, de sunnites, de guerre de civilisation ou de défense de lieux sacrés, elle exprime une mise en sens collective du conflit, pas forcément sa réalité stratégique profonde.

Il faut donc éviter deux erreurs symétriques : dire que ce conflit est purement religieux serait réducteur, mais dire que la religion n’y joue aucun rôle serait tout aussi faux. La religion intervient surtout comme ressource symbolique de mobilisation, comme vocabulaire émotionnel et identitaire, et parfois comme instrument de légitimation politique.

Donc la bonne distinction, sociologiquement parlant, consiste à dire ceci : les États font de la géopolitique; tandis que les sociétés vivent souvent cette géopolitique à travers des cadres religieux, moraux et identitaires.

L’Iran est chiite, la majorité arabe est sunnite. Cette fracture religieuse freine-t-elle ou, au contraire, disparaît-elle face à l’ennemi commun perçu ?

Je dirais que cette fracture religieuse ne disparaît pas complètement, mais qu’elle cesse souvent d’être centrale lorsqu’un ennemi commun est perçu comme plus menaçant ou plus injuste. Sociologiquement, il faut éviter deux simplifications : dire que le clivage sunnite chiite détermine tout serait faux; dire qu’il ne compte plus du tout le serait aussi.

Dans de nombreux contextes arabes, et en Tunisie en particulier, la question palestinienne et le rejet d’Israël produisent un effet de rehiérarchisation symbolique. Autrement dit, face à un conflit où Israël apparaît comme l’adversaire principal, la différence confessionnelle avec l’Iran peut passer au second plan. L’Iran n’est alors pas d’abord regardé comme un acteur chiite, mais comme un acteur qui s’oppose à Israël et, plus largement, à une domination régionale soutenue par les États-Unis.

C’est ce qui permet, ponctuellement, une forme de tolérance politique envers l’Iran, sans adhésion profonde à son modèle. Des analyses récentes sur le Maghreb parlent d’ailleurs de réactions indignées face aux attaques contre l’Iran, mais en même temps prudentes à l’égard de Téhéran.

Mais cette suspension du clivage confessionnel reste partielle et circonstancielle. La mémoire du clivage sunnite chiite, la méfiance envers l’influence iranienne et l’image autoritaire du régime iranien continuent d’alimenter des réserves.

En d’autres termes, l’ennemi commun ne supprime pas la fracture ; il la neutralise partiellement dans certains moments de forte polarisation régionale. Donc, la bonne réponse sociologique est la suivante : la fracture religieuse ne disparaît pas, mais elle devient souvent secondaire lorsque domine un registre plus puissant, celui de la solidarité politique avec la Palestine, du rejet d’Israël ou de la contestation de l’hégémonie occidentale. Le confessionnel reste présent en arrière-plan, mais il n’est pas toujours le principe organisateur principal des perceptions.

Des Tunisiens vivent à Dubaï ou au Qatar, pays qui hébergent des bases militaires américaines. Comment vivent-ils cette contradiction au quotidien, dépendre économiquement d’un système qu’ils rejettent politiquement ?

La contradiction existe, mais elle ne doit pas être dramatisée de manière abstraite. Dans la vie quotidienne, elle est souvent gérée, déplacée ou compartimentée plutôt que vécue comme un conflit permanent de conscience.

D’abord, il faut éviter d’homogénéiser les Tunisiens installés à Dubaï ou au Qatar. Beaucoup ne sont pas engagés politiquement de façon intense. Leur existence est principalement organisée autour du travail, de la stabilité du séjour, de la famille et des obligations économiques. Dans ce cadre, la présence de bases américaines dans le pays de résidence est connue, mais elle n’est pas forcément au centre de leur expérience quotidienne. Les migrants vivent d’abord dans des structures sociales concrètes, pas dans des abstractions géopolitiques.

Ensuite, lorsque cette contradiction est ressentie, elle est souvent traitée sur un mode pragmatique. Travailler dans un pays allié des États-Unis ne signifie pas adhérer à toute son orientation stratégique. Beaucoup distinguent entre l’ordre politique global et leur propre trajectoire de vie. Ils peuvent critiquer les États-Unis, Israël ou certaines guerres, tout en considérant que leur présence dans le Golfe répond avant tout à une nécessité matérielle et familiale.

Il faut aussi ajouter que cette contradiction n’est pas spécifique aux Tunisiens : elle est une caractéristique plus générale des sociétés mondialisées. Des individus peuvent dépendre économiquement d’un système qu’ils contestent moralement ou politiquement. Cela ne relève pas nécessairement de l’hypocrisie, mais d’une dissociation ordinaire entre convictions et conditions d’existence.

Enfin, l’idée d’un rejet politique uniforme doit elle-même être nuancée. Tous ne lisent pas la guerre contre l’Iran de la même façon et tous ne se situent pas dans une opposition explicite aux États du Golfe. Le plus juste, sociologiquement, est donc de parler non d’une contradiction absolue, mais d’un ajustement quotidien entre contraintes économiques, réserves morales et pragmatisme migratoire.

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Boom des exportations : la Tunisie triple ses ventes de chaussures au Brésil

Les exportations tunisiennes de chaussures vers le Brésil ont enregistré une progression spectaculaire au cours des deux premiers mois de 2026, avec une hausse de 216,3 % en volume, selon des données publiées par l’Association brésilienne des industries de la chaussure (Abicalçados) et relayées par l’Agence de presse arabe brésilienne.

Le Brésil a importé 3 416 paires de chaussures tunisiennes en janvier et février 2026, contre seulement 1 080 paires sur la même période en 2025. En valeur, ces importations ont atteint 64 400 dollars, soit une augmentation de 236,1 %. Le prix moyen par paire s’est établi à 18,85 dollars, en hausse de 6,3 % par rapport aux 17,74 dollars enregistrés l’année précédente.
Les chaussures tunisiennes occupent un positionnement intermédiaire au sein des importations brésiliennes : leur tarif moyen dépasse celui des produits indonésiens (17,58 dollars) et chinois (2,54 dollars), mais reste bien en deçà des articles en provenance des États-Unis (37,94 dollars) et d’Italie (245,56 dollars).

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Standard and Poor’s relève la perspective de la note souveraine de la Guinée

L’agence de notation Standard & Poor’s a relevé la perspective de la note souveraine de la République de Guinée, selon des informations rapportées par Radio France Internationale (RFI). Cette décision s’appuie notamment sur l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques du pays.

Pour justifier cette révision, l’agence met en avant un déficit budgétaire contenu, un niveau d’endettement maîtrisé ainsi que des recettes publiques en progression. Dans son analyse, Standard & Poor’s souligne également la contribution déterminante du secteur minier, qui devrait continuer à soutenir une croissance économique solide dans les années à venir.

La Guinée mise en particulier sur l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou « iron ore project », situé dans le sud-est du pays et considéré comme l’un des plus importants au monde. Lancée en novembre dernier, l’exploitation de cette mine devrait générer, entre autres, plusieurs milliers d’emplois directs.

Toujours selon Standard & Poor’s, le démarrage de la production et l’afflux d’investissements étrangers associés ont déjà contribué à renforcer les réserves de change de la Guinée, qui dépassaient 4 milliards de dollars à la fin de l’année 2025.

Une dépendance aux ressources minières

Malgré ces perspectives positives, l’agence de notation appelle à la prudence. La principale force de l’économie guinéenne pourrait également constituer sa principale fragilité. Le pays demeure très dépendant de ses ressources minières, lesquelles représentent près de 90 % des recettes en devises.

Standard & Poor’s souligne par ailleurs plusieurs défis structurels susceptibles de freiner une amélioration durable de la note souveraine. Parmi eux figurent le faible niveau de développement, avec un PIB par habitant d’environ 3 000 dollars, mais aussi d’importants besoins sociaux et des insuffisances persistantes en matière d’infrastructures.

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90 % du bénéfice reversé aux actionnaires : Attijari Bank joue la carte de la fidélisation

Attijari Bank a dégagé un bénéfice net de 232,1 millions de dinars au titre de l’exercice 2025. Il est quasi identique à celui de l’exercice précédent (232,4 MDT). C’est ce qu’annonce un communiqué publié à l’issue de la réunion du Conseil d’Administration qui se tenait le 20 février 2026.

Si la performance opérationnelle reste stable, c’est la politique de distribution qui retient l’attention. Le Conseil d’Attijari Bank propose de verser 4,200 dinars par action; contre 5 dinars l’exercice précédent. Soit un recul de 16 % du dividende unitaire. Ce repli s’explique par une augmentation significative du nombre de titres. En effet, le capital de la banque est passé de 42 à 50 millions d’actions; à savoir : une hausse de 19 %.

Par ailleurs, l’enveloppe totale de dividendes distribuée reste en réalité constante à 210 millions de dinars. Ce qui représente près de 90,5 % du résultat net. Un taux de distribution particulièrement élevé qui témoigne de la volonté de la banque de maintenir la rémunération de ses actionnaires à un niveau soutenu.

Au final, les états financiers individuels et consolidés ont été soumis aux Commissaires aux Comptes. Et ce, conformément aux procédures en vigueur. Les actionnaires sont convoqués en Assemblée Générale Ordinaire le vendredi 10 avril 2026 au siège social de la banque. A l’ordre du jour, notamment, l’approbation des comptes et la distribution des dividendes.

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Refus de visa : le député Marouane Ziane veut mettre fin au jackpot des prestataires

Le député Marouane Ziane, membre du Conseil national des régions et des districts, a déposé une initiative législative. Elle imposerait aux sociétés intermédiaires de visa le remboursement de 50 % de leurs honoraires à tout demandeur tunisien dont le dossier est rejeté.

Le contexte est alarmant. Chaque année, plus d’un Tunisien sur cinq essuie un refus de visa, principalement vers l’espace Schengen. Pourtant, les prestataires conservent aujourd’hui l’intégralité de leurs frais, quelle que soit l’issue de la procédure. Des milliers de citoyens subissent ainsi des pertes financières sans aucun recours.

La proposition va bien au-delà du simple remboursement partiel. Elle impose d’abord une séparation claire entre les droits consulaires versés aux ambassades et les commissions facturées par les opérateurs privés. Elle introduit ensuite un encadrement strict des centres de collecte opérant en Tunisie. Elle renforce enfin les mécanismes de contrôle de leurs prestations.

Cette initiative répond à une demande sociale forte. De nombreux citoyens dénoncent depuis longtemps l’opacité tarifaire de certains prestataires et le poids financier des procédures de visa.

Marouane Ziane a donc publiquement appelé les institutions concernées à soutenir cette proposition. Il la présente comme un outil de transparence et de rééquilibrage dans un secteur jusqu’ici peu régulé.

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Tunisie : une accalmie apparente dans un monde économique sous tension

Dans un monde où les marchés financiers oscillent entre espoir de détente monétaire et inquiétudes géopolitiques persistantes, les économies émergentes avancent sur une ligne de crête. La Tunisie ne fait pas exception à cette règle.

Alors que l’économie mondiale tente de sortir progressivement d’un cycle d’inflation élevée et de politiques monétaires restrictives, les marges de manœuvre des pays à revenu intermédiaire restent étroites. La volatilité des marchés de l’énergie, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes liées à l’évolution du commerce international continuent de peser sur les perspectives économiques globales.

Dans ce contexte, les indicateurs monétaires et financiers tunisiens arrêtés au 13 mars 2026 offrent un éclairage intéressant sur l’état réel de l’économie nationale : celui d’une stabilisation relative, mais encore fragile, reposant sur des équilibres précaires et des moteurs de croissance insuffisamment renouvelés.

Une détente monétaire prudente dans un environnement incertain

L’un des faits marquants de la conjoncture monétaire récente est la détente progressive de la politique monétaire tunisienne.

Le taux directeur de la Banque centrale s’établit désormais à 7 %, contre 8 % à la même période de l’année précédente. Le taux du marché monétaire s’inscrit dans la même dynamique, à 6,99 %, confirmant la transmission relativement efficace de la politique monétaire.

Cette baisse des taux reflète une évolution notable de l’environnement inflationniste et une volonté des autorités monétaires de soutenir progressivement l’activité économique. Après plusieurs années de resserrement monétaire destiné à contenir l’inflation et à stabiliser le dinar, l’économie tunisienne semble entrer dans une phase plus équilibrée.

Cependant, cette détente reste prudente. Les banques centrales du monde entier avancent avec précaution, conscientes que la bataille contre l’inflation n’est pas totalement gagnée. Dans ce contexte, la Banque centrale de Tunisie cherche avant tout à préserver la stabilité financière tout en évitant un ralentissement excessif du crédit et de l’investissement.

Une liquidité bancaire toujours dépendante de la Banque centrale

Malgré cette détente monétaire, la structure du marché monétaire tunisien révèle une dépendance persistante du système bancaire à l’égard des injections de liquidité de la Banque centrale.

Le volume global du refinancement bancaire atteint près de 10,9 milliards de dinars. Certes, ce niveau reste inférieur aux 13,3 milliards enregistrés un an auparavant, mais il demeure élevé au regard des standards historiques.

Les appels d’offres de la Banque centrale continuent ainsi de représenter une source essentielle de financement pour les banques. Les opérations d’open market, dont l’encours dépasse encore 3,8 milliards de dinars, illustrent cette nécessité permanente d’injecter de la liquidité dans le système financier.

Cette situation s’explique en grande partie par la structure même de l’économie tunisienne. L’insuffisance de l’épargne financière, la forte demande de financement du secteur public et l’importance de la circulation fiduciaire contribuent à maintenir une pression permanente sur la liquidité bancaire.

L’expansion de la monnaie fiduciaire : symptôme d’une économie duale

Parmi les indicateurs les plus révélateurs de l’économie tunisienne figure la progression continue des billets et monnaies en circulation.

Au 12 mars 2026, la circulation fiduciaire atteint près de 27,9 milliards de dinars, contre environ 23,3 milliards à la même période de l’année précédente. Cette hausse de plus de 4,6 milliards de dinars en un an constitue un signal significatif.

Elle reflète à la fois l’importance de l’économie informelle et une certaine préférence des agents économiques pour la liquidité. Dans un contexte d’incertitudes économiques et sociales, les ménages et certaines entreprises privilégient les transactions en espèces, perçues comme plus flexibles et moins contraignantes.

Cette évolution n’est toutefois pas sans conséquences. Elle réduit les dépôts bancaires disponibles pour financer l’économie et accentue la dépendance du système bancaire aux refinancements de la Banque centrale.

En d’autres termes, la croissance de la monnaie fiduciaire constitue à la fois un indicateur de vitalité économique informelle et un facteur de fragilisation du système financier formel.

Des finances publiques toujours sous pression

Les finances publiques continuent de constituer l’un des principaux défis de l’économie tunisienne.

Le solde du compte courant du Trésor s’établit à un peu plus de 1,1 milliard de dinars, en baisse par rapport à l’année précédente. Cette évolution reflète la persistance d’importants besoins de financement budgétaire.

La structure de la dette intérieure révèle également une transformation progressive. L’encours des bons du Trésor à court terme a fortement diminué. Tandis que celui des bons du Trésor assimilables a considérablement augmenté, dépassant désormais 32,8 milliards de dinars.

Cette évolution traduit une stratégie de gestion de la dette visant à allonger la maturité moyenne des emprunts publics afin de réduire les risques de refinancement à court terme.

Toutefois, elle souligne également l’ampleur de la mobilisation de l’épargne nationale au profit du financement du budget de l’État, au détriment potentiel du financement de l’investissement productif.

Les devises : un pilier essentiel de la stabilité macroéconomique

Dans ce paysage économique contrasté, les entrées de devises jouent un rôle stabilisateur déterminant.

Les recettes touristiques cumulées dépassent 1,16 milliard de dinars au début du mois de mars 2026, confirmant la dynamique de reprise du secteur. Le tourisme demeure ainsi l’un des principaux moteurs de génération de devises pour l’économie nationale.

Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger poursuivent également leur progression, atteignant près de 1,7 milliard de dinars. Ces flux financiers constituent depuis plusieurs années l’un des amortisseurs les plus solides de la balance des paiements.

Grâce à ces entrées, les avoirs nets en devises de la Banque centrale atteignent environ 25,4 milliards de dinars, soit l’équivalent de 107 jours d’importations.

Ce niveau de réserves contribue à renforcer la crédibilité financière du pays et offre une marge de manœuvre appréciable pour absorber d’éventuels chocs externes.

Un dinar relativement résilient face aux fluctuations internationales

Dans un contexte mondial caractérisé par une forte volatilité des devises, le dinar tunisien fait preuve d’une relative résilience.

Face au dollar, la monnaie nationale s’est légèrement appréciée sur un an. Alors qu’elle reste globalement stable vis-à-vis de l’euro. Cette évolution traduit un équilibre relativement maîtrisé sur le marché des changes.

Cette stabilité repose en grande partie sur les entrées régulières de devises issues du tourisme et des transferts des expatriés, mais également sur la gestion prudente de la politique monétaire par la Banque centrale.

Cependant, cet équilibre demeure fragile. Toute détérioration de la balance des paiements ou tout choc externe significatif pourrait rapidement exercer une pression à la baisse sur le dinar.

Les perspectives : une stabilisation fragile à transformer en croissance durable

À court terme, l’économie tunisienne semble évoluer dans une phase de stabilisation relative. La détente monétaire, la reprise du tourisme et la solidité des transferts des expatriés constituent des éléments de soutien importants.

Mais cette stabilisation reste précaire. Les déséquilibres structurels — faiblesse de l’investissement productif, importance de l’économie informelle, pressions budgétaires persistantes — continuent de limiter le potentiel de croissance.

À moyen terme, la véritable question pour l’économie tunisienne n’est pas seulement celle de la stabilité macroéconomique, mais celle de la transformation du modèle de croissance.

La compétitivité industrielle, la modernisation du système financier, l’intégration dans les chaînes de valeur internationales et l’amélioration du climat d’investissement seront autant de facteurs déterminants pour enclencher une dynamique de croissance plus robuste.

Dans un environnement mondial devenu plus exigeant, les économies capables de combiner stabilité macroéconomique et réformes structurelles seront celles qui attireront les capitaux et créeront les emplois de demain.

Pour la Tunisie, l’enjeu des prochaines années sera donc de transformer la fragile accalmie actuelle en véritable trajectoire de redressement économique.

Dans l’économie mondiale contemporaine, la stabilité n’est jamais une fin en soi : elle n’est que la condition préalable à la prospérité durable.

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (13/03/2026), données prix Brent / marché pétrolier (143/03/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG).

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Banques tunisiennes et intégration de l’IA : le back‑office au cœur d’une transformation inévitable

L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un levier majeur de transformation. D’abord adoptée dans les grandes entreprises technologiques, elle redéfinit les compétences et les modes de travail. Dans des groupes comme Amazon ou Google, l’usage de l’IA est devenu un critère de performance et un facteur d’employabilité.

Cette dynamique touche progressivement le secteur bancaire. En Tunisie, où 76 % des établissements considèrent la digitalisation comme prioritaire, l’IA représente un enjeu stratégique, notamment pour le back‑office des banques tunisiennes, selon un site web de la place.

Le back‑office : terrain idéal pour l’IA

Le back‑office regroupe le traitement des transactions, la gestion documentaire, le suivi comptable, le reporting et la conformité réglementaire. Ces tâches répétitives et normées sont parfaitement adaptées à l’automatisation.

À l’international, près de 85 % des banques ont adopté ou prévoient d’adopter l’IA, même si seulement 22 % l’utilisent pleinement dans toutes leurs activités (gitnux.org).

Les applications principales incluent :

  • détection de fraude (64 % des banques) ;
  • conformité réglementaire (AML/KYC) ;
  • optimisation des opérations internes.

Contraintes propres au contexte tunisien

Pour les banques publiques tunisiennes, la transformation digitale reste encadrée par :

  • des structures administratives lourdes;
  • des contraintes sociales et statutaires;
  • des systèmes d’information anciens ;
  • des validations humaines obligatoires pour certaines opérations.

Ces facteurs expliquent pourquoi l’adoption de l’IA sera progressive plutôt que disruptive.

Cadre national : le plan 2026‑2030

La transformation numérique est un axe majeur du plan de développement 2026‑2030. L’État tunisien a lancé 192 projets digitaux pour moderniser l’administration et intégrer l’IA dans les services publics (admin-wibrain.noqta.tn)

Objectifs principaux :

  • expansion des paiements électroniques et services en ligne;
  • développement d’un portail unifié de services administratifs;
  • intégration de l’IA pour renforcer efficience, sécurité et transparence.

Pour les banques, ces initiatives montrent que l’État considère la digitalisation et l’IA comme des leviers de compétitivité et de gouvernance, alignant le secteur bancaire public et privé avec les priorités nationales.

Gains d’efficacité

L’IA automatise la reconnaissance de documents, l’extraction de données et la génération de rapports. Selon des études récentes, elle peut réduire les délais de traitement et améliorer la fiabilité des opérations, tout en permettant aux collaborateurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée (allaboutai.com).

Les banques commencent aussi à expérimenter l’IA générative pour synthétiser des rapports complexes, améliorant l’efficience du back‑office.

Humain et IA : une complémentarité

Contrairement à certaines prévisions internationales, l’IA ne supprimera pas massivement les emplois dans le back‑office tunisien. Morgan Stanley estime que 200 000 emplois bancaires pourraient être impactés en Europe d’ici 2030, principalement dans le back et middle-office (ft.com).

En Tunisie, la stabilité sociale, les contraintes réglementaires et la responsabilité juridique garantissent que l’IA transforme les métiers plutôt qu’elle ne les remplace : les collaborateurs deviennent superviseurs et analystes des systèmes automatisés.

Compétences et formation

L’intégration réussie de l’IA nécessite des collaborateurs capables de comprendre, piloter et vérifier les résultats des systèmes automatisés. Dans les banques publiques, où la formation continue est encore limitée, une stratégie de montée en compétence est indispensable pour maximiser l’efficacité de l’IA.

Dépendance technologique

La plupart des solutions d’IA sont développées par des fournisseurs étrangers. Ce qui soulève des enjeux stratégiques :

  • coûts élevés ;
  • cybersécurité ;
  • protection des données sensibles.

Renforcer l’infrastructure et les compétences locales est essentiel pour garantir une adoption sûre et efficace.

Mutation progressive mais inévitable

L’intégration de l’IA dans le back‑office des banques tunisiennes est déjà en marche. L’IA transforme les métiers et impose une adaptation progressive9: montée en compétence des équipes, ajustements organisationnels et conformité réglementaire.

Cette évolution déterminera la capacité du secteur bancaire tunisien à rester compétitif, innovant et résilient dans un paysage financier en mutation, tout en s’alignant avec les ambitions nationales de transformation digitale.

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La guerre en Iran menace l’économie égyptienne, avertit Fitch

L’agence d’analyse économique Fitch Solutions pense que l’économie de l’Égypte figure parmi les marchés émergents les plus vulnérables aux répercussions économiques du conflit en Iran et de l’escalade militaire au Moyen-Orient.

L’analyse de l’institution, publiée lundi 16 mars 2026, indique que plusieurs facteurs rendent l’économie égyptienne particulièrement exposée à une aggravation des tensions régionales, notamment la dépendance du pays aux importations énergétiques et sa forte sensibilité aux fluctuations du commerce maritime. Environ 10 % des importations égyptiennes transitent par le détroit d’Ormuz, contre environ 3,4 % des exportations. Ce qui expose le pays à d’éventuelles perturbations du trafic maritime.

Une perturbation prolongée dans cette zone stratégique pourrait entraîner une hausse des coûts du transport et de l’énergie. Cela accentuerait les pressions inflationnistes déjà élevées dans le pays.

Le rapport souligne également que l’instabilité géopolitique pourrait provoquer une sortie de capitaux des marchés émergents, les investisseurs cherchant des actifs plus sûrs. Ce phénomène risquerait de peser sur la monnaie égyptienne et sur les flux financiers vers les marchés obligataires et boursiers du pays.

Dans un contexte de forte dette publique et d’inflation persistante, une prolongation du conflit pourrait donc compliquer davantage la gestion macroéconomique du pays. Les autorités égyptiennes devront notamment surveiller l’évolution des prix de l’énergie, des flux d’investissement et de la stabilité du taux de change.

Plus largement, la guerre en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz provoquent déjà des turbulences sur les marchés financiers internationaux et renforcent les risques économiques pour plusieurs économies émergentes dépendantes des importations d’énergie.

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Congés d’Aïd el-Fitr et reprise des horaires d’hiver : les détails officiels

À l’occasion de l’Aïd el-Fitr, les agents de l’État, les collectivités locales et les établissements publics à caractère administratif profiteront de trois jours fériés : les 20, 21 et 22 mars 2026.

Le travail reprendra le lundi 23 mars selon l’horaire d’hiver. A savoir :
– Du lundi au jeudi : 8h30-12h30 et 13h30-17h30.
– Le vendredi : 8h00-13h00 et 14h30-17h30.

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ORient ; ORmuz ; OR noir …

Spectatrice désabusée de la situation mondiale, j’avoue ne plus très bien comprendre où nous allons. J’avais essayé de m’informer et de me cultiver en suivant les émissions spéciales diffusées depuis le début de cette guerre. Guerre ? Ce mot est normalement utilisé lorsque deux pays se battent l’un contre l’autre. Or, dans ce cas précis, un pays a décidé de bombarder un autre, persuadé que tout serait réglé en quelques jours.

Je dois avouer que je n’éprouve pas une sympathie particulière pour les mollahs chiites, ayant été plutôt formée à l’école occidentale et à ses valeurs d’ouverture. Mais la manière dont cette action a été menée m’a interpellée, et j’ai essayé de comprendre le pourquoi et le comment de cette situation.

Cela d’autant plus que les acteurs médiatiques et politiques semblaient présenter une particularité troublante : un niveau d’incompétence médiatico-politique parfois élevé, souvent lié à une méconnaissance manifeste de l’histoire et de la géographie de la région. Dans ces conditions, je me suis demandé à quoi avait servi d’inventer l’intelligence artificielle, qui semble prendre une place de plus en plus importante dans notre vie.

De ce fait, je suis allée poser à l’IA une série de questions simples. Ses réponses ont eu au moins l’avantage d’être parfois plus claires que celles des médias occidentaux, dont l’alignement et l’aveuglement frisent l’incompréhension

  1. Pourquoi les États-Unis ont-ils lancé cette guerre contre l’Iran ? Y a-t-il un lien avec l’affaire Epstein ?

Washington aurait justifié l’opération par plusieurs objectifs : frapper les capacités nucléaires, balistiques et navales iraniennes, sécuriser le trafic autour du détroit d’Ormuz et, plus largement, affaiblir, voire déstabiliser, le régime iranien.

Concernant l’affaire Epstein, aucune preuve solide ne permet d’affirmer que cette guerre aurait été déclenchée à cause de cette affaire. S’agit-il plutôt de soupçons ou d’interprétations politiques ? Seul Epstein savait !

  1. L’Occident a-t-il été surpris par la réaction de l’Iran ?

Oui, en partie. L’Occident semble avoir sous-estimé les capacités militaires de l’Iran, qui continue de frapper par missiles, drones, milices alliées, attaques maritimes et pressions sur l’économie mondiale. La surprise porte surtout sur la capacité de ce pays à rester redoutable dans une logique de guerre asymétrique.

  1. Combien de temps cette guerre peut-elle durer ?

La réponse honnête est simple : personne ne le sait réellement. Les messages américains ont souvent été contradictoires. En face, l’Iran parle d’une guerre d’usure qui pourrait durer longtemps. Quant aux alliés des USA touchés par le conflit, qui ont subi des dégâts humains, économiques et infrastructurels considérables, certains pourraient ne jamais retrouver leur intégrité initiale. Certains États risquent d’en sortir durablement affaiblis, voire mutilés, sur le plan territorial ou institutionnel : la carte du MO risque d’être redessinée…

  1. Que deviendrait Israël si les États-Unis ne lui assuraient plus leur protection ?

Sans l’appui américain, la situation d’Israël deviendrait nettement plus difficile bien que les USA restent de loin son principal soutien stratégique et militaire. Cependant, sur la carte mouvante du Moyen-Orient, les certitudes excessives sont rarement de mise. Une guerre peut modifier les rapports de force, les zones d’influence et parfois même les régimes. Elle peut redessiner des frontières. Cependant affirmer qu’Israël disparaîtrait serait toutefois une conclusion hâtive; mais son avenir reste incertain, voire maussade.

  1. À quoi aura servi cette guerre, en fin de compte ?

À ce stade, le bilan provisoire apparaît sombre. Certes, certaines capacités militaires iraniennes ont peut-être été affaiblies. Mais de nombreuses analyses soulignent l’absence d’un objectif politique clair et crédible permettant d’envisager une sortie de crise. Cette guerre pourrait au contraire engendrer des situations imprévues : peut-être un Iran affaibli mais plus radical, un Israël encore plus dépendant de ses alliances et engagé dans un état de guerre permanent, des voisins arabes plus vulnérables, et des États-Unis eux-mêmes davantage exposés et fragilisés.

En conclusion, faut-il rappeler que le Moyen-Orient produit environ 40 % du pétrole mondial, dont près de 20 % transitent par le célèbre détroit d’Ormuz. En attendant que l’humanité invente une autre source d’énergie abondante et bon marché, une question géopolitique fondamentale demeure : qui organise réellement le Moyen-Orient ?

Les candidats potentiels ne sont pas nombreux.

D’abord les États-Unis, qui entendent jouer un rôle central dans l’ordre mondial et qui assurent notamment à Israël une aide sécuritaire annuelle d’environ 3,8 milliards de dollars.

Ensuite l’Europe, qui a historiquement contribué à la naissance d’Israël mais qui, aujourd’hui, a perdu une grande partie de son influence politique, devenant un acteur secondaire et fragmenté, ainsi que les pauvres pays arabes du Golfe qui, eux, sont largement dépendants de la puissance américaine pour leur sécurité.

Enfin et surtout, un acteur longtemps sous-estimé, l’Iran : ce pays, héritier de la Perse millénaire, a développé patiemment ses capacités technologiques, militaires et industrielles, formant sa population et développant son industrie. Cette montée en puissance commence aujourd’hui à inquiéter l’Occident qui a eu l’habitude de découper les pays, par où il passe, en morceaux mais n’a jamais réussi à disloquer ce grand pays qui, en plus de sa topographie, dispose d’un atout géographique inestimable : le détroit d’Ormuz. De ce fait, les États-Unis se retrouvent aujourd’hui confrontés à cette contrainte stratégique qu’ils semblent avoir sous-estimée.

D’où cette question très simple : Pourquoi les Américains n’ont-ils pas consulté leurs ordinateurs avant de se lancer dans cette guerre ?

Moi, je les ai consultés avant de rédiger ce papier !

 

IBTISSEM

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Israël à court de missiles face aux frappes iraniennes alerte Washington

Israël a averti les États-Unis qu’il disposait désormais de réserves critiques de missiles intercepteurs. Et ce, alors que la guerre contre l’Iran met fortement sous pression son système de défense antimissiles.

Selon des responsables américains cités par des médias internationaux, les stocks d’intercepteurs destinés à neutraliser les missiles balistiques ennemis ont été largement entamés par l’intensité des frappes iraniennes. L’ampleur et la fréquence des attaques ont obligé les systèmes de défense israéliens à tirer un nombre élevé de projectiles pour protéger le territoire et les infrastructures stratégiques.

Les autorités israéliennes ont informé Washington de la situation, reconnaissant que leurs capacités d’interception à longue portée pourraient devenir insuffisantes si le conflit se prolongeait. Les responsables américains indiquent toutefois que les États-Unis ne connaissent pas la même pénurie, même si la guerre suscite des inquiétudes sur l’usure des stocks d’armements sophistiqués.

Cette tension sur les réserves était en partie anticipée. Selon un responsable américain, Washington était conscient depuis plusieurs mois que l’État hébreu disposait de capacités limitées en missiles intercepteurs, notamment après les précédentes confrontations militaires avec Téhéran.

La pression s’est accentuée avec l’évolution des attaques iraniennes, certaines intégrant des munitions multiples ou fragmentées. Ce qui oblige les systèmes de défense à tirer davantage d’intercepteurs pour neutraliser chaque menace.

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Jeunesse, écologie, innovation : la saison Méditerranée 2026 unit les deux rives

Portée par l’Institut français, la Saison Méditerranée 2026 se tiendra du 15 mai au 31 octobre 2026 dans toute la France, avec Marseille en ville d’ouverture. Cet événement célèbre la vitalité et la créativité des cultures méditerranéennes à travers plus de 200 rendez-vous : expositions, spectacles, concerts, résidences d’artistes, rencontres professionnelles et débats.

Conçue en partenariat étroit avec des institutions des deux rives de la Méditerranée – notamment la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, le Liban et l’Égypte –, la programmation explore des thèmes clés comme la jeunesse et les mobilités, les récits et mémoires partagés, la transition écologique et sociale, ou encore l’innovation artistique et numérique. Elle repose sur un réseau de 29 projets labellisés, issus de deux appels à projets qui ont généré des centaines de candidatures, dont 101 impliquant la Tunisie.

En France : une place centrale pour la Tunisie

Tout au long de 2026, des événements mettront la Tunisie à l’honneur :
Un focus chorégraphique lors des June Events à l’Atelier de Paris, en lien avec l’association Al Badil.
Une exposition d’art contemporain à la Gare Saint-Sauveur de Lille, commissariée par Olfa Feki, avec une dizaine d’artistes tunisiens.

Un focus danse à Chaillot – Théâtre national de la Danse, en partenariat avec le Ballet de l’Opéra de Tunis.
Un week-end arabo-andalou au Festival de Saint-Denis, avec le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes et le Festival d’El Jem.

En Tunisie : une clôture festive à l’automne 2026

La Saison s’achèvera simultanément au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Liban et en Égypte. À Tunis, un focus photographique et musical accompagnera ou chevauchera la Biennale Jaou de la Fondation Kamel Lazaar, avec expositions et concerts.

À l’Institut français de Tunisie : des temps forts dès le printemps

Spectacle de danse GOAL – Fantaisie pour passement de jambes par VIADANSE (Centre chorégraphique national de Bourgogne-Franche-Comté), du 24 au 28 avril à Tunis et Sousse.
Tournée de l’ensemble Mosaïc à Tunis, Sousse et Sfax, du 5 au 8 mai.

Production et transmission de l’opéra Didon et Énée, avec le Ballet et l’Orchestre de l’Opéra de Tunis et la compagnie Les Épopées.

Cet espace vivant favorise les échanges d’œuvres, d’artistes et d’idées. Pour plus d’informations, consultez le site de l’Institut français ou les partenaires officiels.

Avec communiqué

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L’or recule face à la hausse du dollar

Les prix de l’or ont reculé sur les marchés internationaux, pénalisés par la remontée du dollar et la diminution des anticipations de baisse des taux d’intérêt aux États-Unis, dans un contexte de flambée des prix de l’énergie liée aux tensions au Moyen-Orient.

Le métal précieux a perdu près de 2 % lors des échanges ce lundi matin, l’once tombant autour de 5 080 dollars. Tam,ndis que les contrats à terme américains sur l’or ont également enregistré un repli.

La hausse du dollar, stimulée par l’augmentation des prix du pétrole et par les craintes d’une inflation plus persistante, a pesé sur l’or. En effet, la montée de la devise américaine rend le métal jaune plus coûteux pour les investisseurs utilisant d’autres monnaies.

Dans le même temps, la progression des rendements des obligations américaines renforce le coût d’opportunité de la détention d’or, un actif qui ne génère pas de rendement. Cela réduit son attractivité, surtout lorsque les marchés anticipent un maintien prolongé de taux d’intérêt élevés.

Les marchés surveillent également l’évolution du conflit au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l’énergie. La hausse du pétrole, qui alimente les craintes inflationnistes, diminue la probabilité d’une baisse rapide des taux par la Réserve fédérale américaine.

Du côté des autres métaux précieux, l’argent, le platine et le palladium ont également évolué de manière contrastée au cours de la séance, reflétant la volatilité actuelle des marchés des matières premières.

L’argent a reculé de 1,2 % sur le marché au comptant, à 79,57 dollars l’once. Le platine a progressé de 0,8 % à 2 042,98 dollars et le palladium a gagné 1 % à 1 566,91 dollars.

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Kaouther Ben Hania signe la seule nomination africaine aux Oscars

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania figure parmi les nominés aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international avec The Voice of Hind Rajab. Le long métrage est la seule production africaine à avoir atteint la liste finale cette année.

Sept pays du continent avaient soumis un film à l’Académie. Aucun autre n’a franchi l’étape de la nomination. L’Égypte était représentée par Happy Birthday de Sarah Goher, Madagascar par Disco Afrika: A Malagasy Story de Luck Razanajaona, le Maroc par Calle Málaga de Maryam Touzani, le Sénégal par Demba de Mamadou Dia, l’Afrique du Sud par The Heart is a Muscle d’Imran Hamdulay et l’Ouganda par Kimote de Hassan Mageye.

Un récit entre documentaire et fiction

Le film revient sur les derniers instants de Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans tuée le 29 janvier 2024 à Gaza alors qu’elle était coincée dans un véhicule sous les tirs de l’armée israélienne.  Dans un entretien accordé au quotidien canadien The Globe and Mail, Kaouther Ben Hania explique avoir choisi de préserver la spontanéité des réactions des acteurs en limitant les prises. Ceux-ci ont entendu pour la première fois la voix de la fillette et le contenu des échanges au moment du tournage, via leurs oreillettes.

Parcours international

Présenté en compétition à la Mostra de Venise à l’été 2025, le film a remporté le Grand Prix du jury le 6 septembre. Sa projection a également donné lieu à une ovation debout de 23 minutes et 50 secondes, dépassant le record établi en 2006 par Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.

Parmi les producteurs exécutifs figurent les réalisateurs oscarisés Alfonso Cuarón et Jonathan Glazer, ainsi que les acteurs Brad Pitt, Joaquin Phoenix et Rooney Mara.

Cette nomination constitue la troisième pour Kaouther Ben Hania aux Oscars, après L’Homme qui a vendu sa peau en 2020 et Les Filles d’Olfa en 2023. Elle devient ainsi la première réalisatrice arabe et africaine à totaliser trois nominations à la cérémonie. Pour cette édition, The Voice of Hind Rajab est en compétition avec The Secret Agent (Brésil), It Was Just an Accident (France), Sentimental Value (Norvège) et Sirāt (Espagne).

Une présence africaine limitée

Par ailleurs, l’actrice britanno-nigériane Wunmi Mosaku est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation d’Annie dans Sinners de Ryan Coogler. Le film, situé dans le Mississippi ségrégationniste des années 1930, a obtenu 16 nominations aux Oscars, un record pour cette édition. Dans un entretien accordé au média OkayAfrica, l’actrice explique que la préparation du rôle l’a amenée à renouer avec une partie de ses origines culturelles. Elle souligne également avoir suivi plusieurs années de cours de yoruba, un apprentissage qui s’est intensifié dans les mois précédant le tournage. Wunmi Mosaku concourt face à Amy Madigan pour Weapons, Teyana Taylor pour One Battle After Another et à Inga Ibsdotter Lilleaas et Elle Fanning pour Sentimental Value.

La présence africaine aux Oscars reste néanmoins limitée. Même dans la catégorie du meilleur film international, les nominations sont majoritairement dominées par les productions européennes. Dans les catégories masculines d’interprétation, aucun acteur né sur le continent africain ne figure parmi les nominés cette année.

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La vigilance s’impose

Le pire était à craindre et le pire s’est produit sans qu’on y prenne garde à force de nous polariser sur nos points de friction tuniso-tunisiens. Les frappes américano-israéliennes sur l’Iran au mépris du droit international rappellent celles, de triste souvenir, de l’effondrement de l’Irak. Elles ont provoqué une déflagration mondiale dont on a peine à mesurer les conséquences. Même prétexte fallacieux, même narratif mensonger. Seule certitude : le droit de la force s’est substitué à la force du droit. L’empire américain, sur le déclin, est devenu l’otage d’Israël, plus sûr et plus dominateur que jamais, assuré de surcroît de la complicité européenne. Donald Trump, en maître absolu du monde, n’a jamais fait mystère de son désir de détruire l’Iran. La question était de savoir quand, à quel jour de la semaine et à quelle heure, pour ne pas paniquer les marchés financiers, il déclenchera le pire scénario de l’horreur, la destruction massive de l’Iran.

Le pays des mollahs, qui n’est pas dupe des manœuvres israélo-américaines, laissait entendre qu’en cas d’agression, il s’en prendrait aux bases américaines, qu’il étendrait le brasier à l’ensemble de la région. Et qu’il fermerait le détroit d’Ormuz par où transitent 20% des exportations mondiales de pétrole et d’engrais chimiques. Dans cette guerre asymétrique, l’Iran se sert du choc pétrolier comme seule arme de dissuasion, avec pour principal effet : un vrai désastre économique en perspective.

« Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production ».

 

Les marchés ont réagi aussitôt. Les banques centrales se font déjà moins accommodantes pour prévenir les risques d’inflation. Au quatrième jour de la guerre, le prix du baril a bondi de 60 à plus de 90 dollars. Il n’est pas exclu, il est même probable qu’il s’élève à des niveaux jamais atteints, au grand dam des pays importateurs de carburant. La fermeture du détroit d’Ormuz va contraindre les navires à un détour par la corne de l’Afrique, avec les conséquences que l’on devine. Allongement de la durée de livraison, envol des coûts de transport et des frais d’assurance. A quoi s’ajoute la désorganisation du commerce mondial, au grand désarroi des pays à faibles revenus, voire à revenus intermédiaires, enlisés pour beaucoup dans les sables mouvants de l’endettement. Les répercussions sur l’ensemble des secteurs d’activité sont instantanées, mécaniques. L’envolée du prix du carburant se propage partout et touche tous les produits.

La Tunisie, déjà sous haute pression budgétaire, n’y échappe pas. Elle serait même plus durement impactée par l’explosion des prix du pétrole, en l’absence de stock stratégique qui lui permette d’atténuer le choc pétrolier en attendant une détente sur les marchés. Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production. De 100 000 barils par jour – c’est proche de l’autosuffisance -, on est tombé à près de 20 000 barils/jour. Notre dépendance énergétique n’a jamais été aussi grande. Elle explique à elle seule une grande partie de l’étendue des déficits jumeaux – budget de l’Etat et balance commerciale. Le solde des échanges extérieurs qui était au rouge va passer au rouge vif. D’autant que dans la foulée, il faut s’attendre à une hausse généralisée à l’import du cours des matières premières, des prix des céréales et des biens de consommation.

« L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale ».

L’inflation, à peine relativement maitrisée (5% en 2025), repartira de nouveau à la hausse. Et peut-être aussi le taux directeur de la BCT, gardien de la stabilité des prix. Le spectre de la récession pourrait être de retour. L’hypothèse d’une croissance pas loin de zéro (+2.5 % en 2025) parait assez probable si le conflit perdure. Les effets se font déjà sentir au sein de l’UE, notre principal partenaire, de surcroît en butte aux nouveaux droits dé douane américains. On sait ce qui nous attend en retour. Car quand l’UE éternue, la Tunisie a une poussée de fièvre, du fait de nos interactions et de notre interdépendance.

Les nuages qui planaient sur l’économie nationale se sont à peine dissipés que, déjà, il faut nous préparer à une nouvelle cure d’austérité et craindre une rechute de la production, de l’emploi et des revenus. L’éclaircie aura été de très courte durée. L’Etat social tant promis ne sera pas pour aujourd’hui et sans doute aussi pas pour demain. Si la guerre livrée contre l’Iran s’éternise sans qu’il y ait un cessez-le-feu et dans l’hypothèse où le prix du pétrole s’envole à n’en pas finir, il est à craindre que des jours sombres se profilent à l’horizon. Une nouvelle flambée des prix sur fond de stagnation économique – stagflation – pourrait alourdir le climat social, déjà hautement inflammable en raison de la dégradation de l’emploi et du pouvoir d’achat. Les pénuries et files d’attente pourraient refaire leur apparition, si rien n’est fait pour les prévenir. Elles seraient d’une tout autre échelle et d’une tout autre gravité que ce que nous avons connu jusque-là. L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale. Il faut nous préparer, en prévision de l’Aïd al Adha – qui est déjà dans tous les esprits -, à davantage de sobriété et sans doute même de sacrifice.

« Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays ».

 

On aurait souhaité un meilleur scénario de la géopolitique sans tensions mondiales, à l’heure de la mise en œuvre du plan de développement 2026-2030. L’Etat sera confronté à des choix cornéliens entre les dépenses de fonctionnement et les investissements d’avenir qui seraient une fois de plus – et sans doute davantage que par le passé – renvoyés aux calendes grecques, sous le poids de l’urgence et de la dictature de l’immédiat. Ce qui sonnera définitivement le glas de l’investissement et de la croissance. Nécessité fait loi : c’est peut-être le moment de nous réconcilier avec le FMI, de renouer le fil des discussions, de conclure un accord, de faire taire nos divergences qui n’en sont pas.

Nous nous sommes appliqués à faire du FMI sans le FMI, de manière tout aussi brutale, sans profiter des facilités de financement auxquelles on aurait eu droit. Négocier avec le FMI sur des bases saines, s’engager dans un processus de réformes structurelles que nous jugeons nous-mêmes utiles, nécessaires et in – contournables, faire entendre notre voix dans le concert des nations, n’a rien d’humiliant. C’est même le contraire. L’honneur est sauf, la dignité préservée et notre souveraineté jamais égratignée ou limitée. C’est d’une certaine manière un véritable point de passage sans lequel on ne peut, ni aujourd’hui ni demain, compter sur nous-mêmes. Au-delà des facilités de paiement et de financement du FMI à des conditions concessionnelles aux effets salutaires sur les comptes de la nation assez abîmés, sa caution nous ôte une épine du pied. Elle rassurera les marchés, les organismes financiers et jusqu’aux Etats frères et amis qui nous boudent ou font mine de s’en désintéresser. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays.

L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif. Car cela se saurait et nous vaudra l’hostilité des marchés et des bailleurs de fonds institutionnels. Le recours au financement intérieur – via surtout l’Institut d’émission -, au nom du compter-sur-soi, n’aura pas un meilleur effet. L’état de santé de l’économie et de la société pourrait même empirer. Une chose est sûre : il ne résiste pas aux ondes de choc dévastatrices de l’apocalypse qui ravage le Moyen-Orient. La vigilance s’impose.

« L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif »..

Cet édito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n°940 du 11 au 25 mars 2026.

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