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Géopolitique-Mohsen Marzouk : « Ce n’est pas un jeu : tout le monde y perd »

Face à l’escalade des tensions Iran-États-Unis-Israël qui menace l’économie mondiale, l’analyste politique Mohsen Marzouk analyse la situation sur sa page Facebook. Pour lui, l’Amérique s’est enlisée dans un « marécage iranien » risquant d’entraîner la planète entière dans le chaos.

La fermeture potentielle du détroit d’Ormuz par où transite 20% des importations pétrolières mondiales déclencherait une crise économique planétaire. Une flambée des prix frapperait des centaines de millions de personnes, la Tunisie en tête avec sa facture énergétique déjà critique. Militairement, le Golfe tout entier pourrait devenir le théâtre d’une guerre interminable et dévastatrice.

« Ce n’est pas un jeu : tout le monde y perd. Ceux qui confondent cela avec un match de foot exigent de savoir qui gagne ou perd. Erreur fatale : ce n’est pas un jeu. Dans cette guerre d’agression coloniale abjecte, tout le monde y perd », tranche Mohsen Marzouk.

Le bilan des perdants 

Iran : infrastructures rasées.

Golfe : sécurité et économie en miettes.

Amérique : humiliation post-Afghanistan, domination mondiale compromise.

Israël : échec stratégique malgré l’alliance US.

Europe : paralysie énergétique sans leadership.

Russie : alliés abandonnés, faiblesse stratégique révélée.

Chine : étranglement économique préventif.

Il rappelle que les Américains cherchent une sortie honorable ; les Iraniens, traumatisés par l’assassinat de leur Guide suprême, exigent réparation. Même une survie iranienne serait une victoire pyrrhique sur des ruines. Israël, malgré sa rage libanaise, verrait un régime iranien debout comme une défaite majeure.

 

« Ayez du bon sens : c’est une catastrophe globale », insiste Marzouk. Refuser l’agression va de soi, mais la réalité exige nuance. En Tunisie ? « Y a-t-il ne serait-ce qu’un débat ? La voie souveraineté accrue face aux chocs régionaux est claire. Monde sauvage en vue : repensez tout, préparez-vous comme jamais ».

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Hédi Ben Nasr : « Les États-Unis n’ont pas tiré les leçons de l’histoire »

Depuis le 28 février 2026, la guerre entre l’Iran et les États-Unis est une réalité tangible. L’ancien ambassadeur et diplomate, Hédi Ben Nasr, en décrypte les ressorts géopolitiques profonds et ses conséquences économiques potentielles pour la Tunisie, dans une analyse qui replace le conflit dans le cadre plus large de la recomposition du système international.

Dans une interview à paraître dans le prochain numéro de L’Économiste maghrébin (n°941 – du 25 mars au 8 avril 2026, Hédi Ben Nasr situe le conflit bien au-delà d’une confrontation régionale. Pour lui, ce qui se déroule aujourd’hui reflète une mutation profonde de l’ordre mondial, dans sa transition de l’unipolarité vers la multipolarité. « Ce qui se passe actuellement ne concerne pas la Tunisie seule, mais englobe la structure du système international dans son avenir », déclare-t-il.

Au cœur de son analyse se trouve la position stratégique de la région de l’Asie occidentale et l’Afrique du Nord. Selon Ben Nasr, cette zone concentre les grandes voies maritimes mondiales, notamment le détroit de Bab-el-Mandeb, l’océan Indien, le canal de Suez, la mer Méditerranée et le détroit de Gibraltar, ce qui en fait, selon sa formule, « le nombril du globe habité ». Il y ajoute la dimension des ressources naturelles : hydrocarbures, gaz, et à l’horizon, les énergies alternatives dont le solaire. C’est sur ces richesses que se concentre, estime-t-il, l’intérêt des économies occidentales, qu’il présente comme moteur premier du conflit. Le conflit s’inscrit, selon lui, dans la vision stratégique que « l’Occident, sous la direction des États-Unis, a toujours poursuivie afin d’assurer la suprématie de sa position dans le monde ».

Ben Nasr replace cette confrontation dans une dynamique amorcée selon lui depuis le début de la deuxième décennie du siècle. Depuis lors, soutient-il, le monde vit un « affrontement Est-Ouest » qui n’est plus une guerre d’idéologies mais un conflit d’intérêts. La guerre opposant la Russie à l’Alliance atlantique, et non l’Ukraine, précise-t-il, en serait une facette parmi d’autres. Sur les États-Unis, il estime qu’ils « n’ont pas tiré les leçons de l’histoire », citant leurs engagements militaires au Vietnam, en Irak, en Syrie et au Yémen. Il évoque également ce qu’il décrit comme un glissement vers une vision du « Grand Israël », qui, selon lui, s’affranchit de la légitimité internationale pour puiser ses références dans les textes religieux. Il qualifie Israël d’« entité fonctionnelle » inscrite dans ce conflit global pour la domination.

Sur l’Iran, Ben Nasr adopte un regard qu’il qualifie lui-même de factuel. Il observe que quarante ans de sanctions ont conduit Téhéran à développer une industrie militaire et technologique autonome, à former des ingénieurs en grand nombre et à constituer des capacités humaines complètes. Il précise que ce constat n’est pas un éloge de l’Iran mais une lecture de la réalité, ajoutant que les actions de Téhéran dans la région s’inscrivent selon lui dans une stratégie à long terme.

Pour la Tunisie, Ben Nasr identifie l’énergie comme premier vecteur d’impact : importatrice nette, le pays serait directement exposé à la hausse des coûts énergétiques générée par le conflit dans le Golfe. Au-delà de l’énergie, il anticipe une contraction du commerce extérieur, des importations et des exportations à l’échelle mondiale. Il cite l’exemple des secteurs industriels tributaires de composants importés, dans un contexte où l’Allemagne, l’un des grands producteurs mondiaux d’automobiles, traversait déjà des difficultés avant le déclenchement des hostilités. Cette récession, selon Ben Nasr, ne serait pas l’apanage des seuls pays importateurs : les nations productrices de pétrole, notamment celles de la péninsule arabique, en subiraient également les effets. Face à l’ampleur des bouleversements en cours, Ben Nasr appelle à mesurer la vulnérabilité de la Tunisie dans un ordre international en pleine recomposition, dont les contours définitifs restent, à ce stade, encore incertains.

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Tunisie – Marché automobile : les asiatiques en forte progression

Le marché automobile tunisien démarre l’année 2026 sur une note positive. Selon les données de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles (CNSCCA), les ventes de véhicules ont augmenté de 7,54 % durant les deux premiers mois de l’année, atteignant plus de 8 880 unités écoulées par rapport à la même période de 2025. Cette progression est notamment tirée par la forte dynamique des marques asiatiques et la croissance du marché parallèle.

Sur le circuit officiel, les constructeurs sud-coréens et japonais dominent largement les ventes, occupant les premières places du classement. Idem pour les marques chinoises qui enregistrent des croissances à trois chiffres, illustrant l’intérêt croissant des consommateurs pour des véhicules jugés à la fois technologiques et compétitifs.

À l’inverse, le segment des voitures populaires marque un léger recul, avec 1 103 unités vendues contre 1 149 un an plus tôt. Ce marché, dominé par une marque européenne, propose des modèles dont les prix varient entre 30 000 et 34 800 dinars.

Parallèlement, le marché parallèle poursuit son expansion, avec 4 515 véhicules écoulés depuis janvier, soit une hausse de 17,85 %. Dominé par les marques européennes, ce circuit séduit de plus en plus d’acheteurs prêts à contourner les réseaux officiels.

Dans le segment des véhicules utilitaires, une marque japonaise conserve sa position de leader avec plus de 31 % de parts de marché, enregistrant une hausse spectaculaire de 208 % de ses ventes, portée par la demande des professionnels.

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Israël prépare une extension massive de son opération terrestre au Liban

Israël envisage de lancer une offensive terrestre d’envergure dans le sud du Liban afin d’étendre considérablement ses opérations militaires contre le Hezbollah. C’est ce qu’ont indiqué des responsables israéliens et américains cités samedi 14 mars par le site d’information Axios.

L’objectif serait de prendre le contrôle de la zone située au sud du fleuve Litani et d’y démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah.

« Nous allons faire ce que nous avons fait à Gaza », a déclaré un haut responsable israélien, évoquant la stratégie consistant à détruire les bâtiments que l’armée israélienne considère comme des sites de stockage d’armes ou des positions de lancement d’attaques. Parallèlement, l’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation à destination des habitants de plusieurs zones du sud du Liban.

Toujours selon Axios, l’administration de Donald Trump soutiendrait l’objectif de désarmer le Hezbollah, tout en cherchant à limiter l’impact du conflit sur l’État libanais et à encourager d’éventuelles négociations directes entre Israël et le Liban en vue d’un cessez-le-feu.

À rappeler que depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sur le territoire libanais ont fait 773 morts, dont 103 enfants, et 1 933 blessés, selon les autorités libanaises.

Au total, l’armée israélienne affirme avoir mené plus de 1 100 frappes depuis le début de l’escalade, visant notamment environ 190 positions de la force d’élite al-Radwan du Hezbollah, ainsi que plus de 200 missiles ou lanceurs de missiles.

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Santé de Mojtaba Khamenei : spéculations et rumeurs

Invisible depuis son élection comme guide suprême le 8 mars, Mojtaba Khamenei aurait été touché par la même attaque qui a tué son père. Place aux spéculations les plus folles.

À peine nommé, déjà invisible : certains y voient une troublante symétrie entre, d’une part, l’Imam caché Muhammad al-Mahdi, lequel, selon la tradition chiite duodécimaine, est entré en occultation et dont l’âme flotte depuis sur le Barzakh – lieu de transition séparant la mort physique de la résurrection finale. Et, d’autre part, le hojjet al Islam, Mojtaba Khamenei, disparu mystérieusement depuis le 28 février.

En effet, Mojtaba Khamenei, 56 ans, qui a été désigné le 8 mars pour succéder à son père à la tête du régime, demeure introuvable. Une absence inquiétante qui alimente les spéculations les plus folles, fragilisant ainsi le message de continuité que le régime des mollahs cherche à vendre.

Dérive dynastique ?

Cette situation inédite est d’autant plus délicate que le rôle du Guide suprême est central dans l’architecture du pouvoir iranien. Il est aussi commandant en chef des forces armées et incarne l’autorité religieuse suprême du pays selon la doxa chiite du Wilayet al-Faqih.

Pourtant, son accession au pouvoir aura déjà suscité des critiques au sein même du système, certains y voyant une dérive dynastique incompatible avec les principes proclamés de la République islamique. Ajoutons à cela que sa nomination elle-même reste entourée de zones d’ombre. Officiellement, c’est l’Assemblée des experts qui choisit le Guide suprême. Mais plusieurs observateurs soulignent que les circonstances exactes de cette désignation demeurent inconnues. Rien ne permet de savoir précisément comment la décision a été prise ni si d’autres candidats ont été envisagés.

Ces mêmes observateurs soulignent en revanche qu’après la mort d’Ali Khamenei et l’élimination de plusieurs hauts responsables dans les frappes israélo-américaines, le régime devait impérativement éviter toute vacance du pouvoir. Or, désigner immédiatement un nouveau Guide suprême permettait d’envoyer un signal de stabilité, à la fois à la population iranienne et aux ennemis de l’Iran.

Spéculations

Le nouvel homme fort de l’Iran a-t-il été blessé à la suite de la frappe aérienne menée le 28 février par Israël et les États-Unis à Téhéran, dans le cadre de l’opération « Epic Fury » ?

Est-il isolé dans un lieu sécurisé ? A-t-il été exfiltré vers un pays sûr, de peur qu’il soit assassiné à son tour notamment par le Mossad israélien ? Que de questions sans réponses.

Officiellement, les autorités iraniennes affirment qu’il est « sain et sauf », mais aucune information précise n’a été fournie sur son état réel ni sur l’endroit où il se trouve. Selon l’ambassadeur d’Iran à Chypre, Mojtaba Khamenei aurait été touché aux jambes, aux mains et aux bras et pourrait être hospitalisé. D’autres sources évoquent des blessures plus légères, comme une fracture de la jambe ou des coupures au visage.

Certains médias évoquent même des scénarios plus graves, allant jusqu’à affirmer qu’il pourrait être plongé dans le coma. D’autres affirment qu’il serait simplement soigné dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité.

Même à l’étranger, l’incertitude persiste. Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il pensait que Mojtaba Khamenei était « probablement toujours en vie », tout en estimant qu’il était « affaibli ».

Enfin, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, est allé plus loin, assurant que le Guide suprême est « probablement défiguré ».

« Le pouvoir iranien n’est pas en bonne posture. Désespéré et caché, il se tapit dans la clandestinité. C’est ce que font les rats. Nous savons que le nouveau soi-disant dirigeant suprême est blessé et probablement défiguré. Il a publié une déclaration hier (jeudi 12 mars, ndlr), une déclaration plutôt faible, sans intervention vocale ni vidéo. (…) L’Iran regorge de caméras et d’enregistreurs vocaux, alors pourquoi une déclaration écrite ? Je pense que vous savez pourquoi. Son père est mort. Il a peur, il est blessé, il est en fuite, et il manque de légitimité. C’est le chaos pour eux », a-t-il affirmé.

Un discours musclé

Toujours est-il que, jeudi 12 mars, la télévision d’État iranienne a bien diffusé un premier message attribué à Mojtaba Khamenei. Mais celui-ci n’a pas été prononcé par le nouveau chef religieux : le  texte a été lu par une présentatrice, tandis qu’à l’écran apparaissait une simple image d’archive générée par IA du fils de l’ancien guide accompagnée d’un drapeau iranien. Ni vidéo récente, ni photographie, ni même enregistrement audio n’ont été fournis ; ajoutant du mystère au mystère.

Et que dit-il dans cette brève apparition ? Le nouveau guide suprême rend hommage à son père, figure emblématique de la République islamique depuis plus de trois décennies, qu’il décrit comme un « trésor éclatant » et une « figure historique éminente ».

Il a également évoqué les lourdes pertes subies par sa famille lors de l’attaque, affirmant avoir perdu non seulement son père, mais aussi son épouse, sa sœur, sa nièce et son beau-frère. Il a raconté avoir vu le corps de son père après sa mort, le décrivant comme « une montagne de ténacité » dont le poing restait serré malgré ses blessures.

Mais au-delà de cet hommage sentimental, le message se veut avant tout politique. Mojtaba Khamenei y promet que l’Iran ne cédera pas face aux États-Unis et à Israël et que le détroit d’Ormuz restera fermé tout en menaçant les pays voisins, qui hébergent des bases militaires américaines, de représailles.

Reste une hypothèse hautement spéculative : et si pour mieux brouiller les cartes, le régime des mollahs cherchait à focaliser les spéculations sur l’état de santé de Mojtaba pendant que d’autres candidats sont négociés en coulisses ?

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Téhéran promet de détruire les installations énergétiques associées aux États-Unis

L’armée iranienne a menacé de s’en prendre aux infrastructures énergétiques liées aux États-Unis au Moyen-Orient, affirmant qu’elles pourraient être « réduites en cendres » en cas d’escalade du conflit.

Dans une déclaration relayée vendredi 13 mars par les médias iraniens, le porte-parole du quartier général central Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardes de la révolution, a averti que toutes les installations pétrolières, économiques et énergétiques appartenant à des compagnies partiellement détenues par les États-Unis ou coopérant avec Washington dans la région pourraient être visées…

Cette mise en garde intervient après des frappes américaines menées vendredi contre l’île de Kharg, une plateforme stratégique pour l’industrie pétrolière iranienne située dans le Golfe. Selon l’agence Fars News, aucune infrastructure pétrolière n’a été touchée lors de cette attaque, malgré une quinzaine d’explosions entendues sur l’île.

Les frappes américaines visaient des sites militaires que le président américain Donald Trump a affirmé avoir « complètement détruits ».

Située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et 483 km du détroit d’Ormuz, l’île de Kharg abrite le principal terminal d’exportation de pétrole de l’Iran et constitue un maillon essentiel de ses ventes de brut sur les marchés internationaux.

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Le mirage de la victoire face à l’énigme stratégique iranienne

Dans les conflits contemporains, la supériorité militaire ne conduit pas automatiquement à une victoire politique. Le cas iranien en constitue une illustration particulièrement révélatrice. Depuis plusieurs décennies, frappes ciblées, pressions économiques et démonstrations de force ont été mobilisées pour contenir ou affaiblir la République islamique, avec l’idée qu’une accumulation de contraintes finirait par modifier son comportement ou fragiliser durablement son système.

Pourtant, l’expérience montre que cette logique produit souvent un effet inverse, puisque la pression extérieure tend à renforcer la cohésion interne du régime et à accélérer l’adaptation de ses structures politiques et militaires. Comprendre ce paradoxe suppose d’aller au-delà de la simple lecture du rapport de force militaire afin d’examiner les ressorts plus profonds de la stratégie iranienne, où la résilience, l’ambiguïté et la profondeur institutionnelle jouent un rôle déterminant.

Une guerre sans objectif clair

Malgré l’ampleur des frappes menées par les États-Unis et Israël, l’issue du conflit demeure incertaine. Cette impasse tient en grande partie à une ambiguïté stratégique persistante où les objectifs poursuivis oscillent entre plusieurs finalités sans qu’aucune ne s’impose réellement comme ligne directrice.

Tantôt il s’agit de neutraliser un programme nucléaire jugé menaçant, tantôt de modifier le comportement régional de Téhéran, tantôt encore d’affaiblir durablement le régime lui-même.

Or, la puissance militaire ne produit des résultats décisifs que lorsqu’elle sert un objectif politique clair. En l’absence de cette cohérence stratégique, même les opérations les plus sophistiquées tendent à produire des effets limités.

Dans le cas iranien, cette indétermination se heurte en outre à un système politique et militaire qui a été progressivement conçu pour absorber les chocs et survivre à des cycles prolongés de pression extérieure.

Ormuz, le levier silencieux de la puissance iranienne

La question du détroit d’Ormuz illustre parfaitement la manière dont l’Iran transforme ses contraintes géographiques en instrument stratégique. Sur le plan militaire, Téhéran dispose de moyens crédibles pour perturber ou ralentir fortement la navigation dans ce passage vital pour le commerce énergétique mondial dont l’utilisation coordonnée de vedettes rapides, de drones suicides et de mines navales pourrait rapidement transformer cette étroite voie maritime en zone à haut risque.

Toutefois, la stratégie iranienne repose moins sur une déclaration formelle de fermeture que sur la création d’une incertitude permanente. En laissant planer la menace d’une perturbation sans proclamer officiellement un blocus, l’Iran peut exercer une pression économique et psychologique considérable tout en évitant d’assumer juridiquement la responsabilité d’une fermeture totale du détroit.

Les deux cadeaux stratégiques de Trump à Téhéran

Paradoxalement, la politique de pression maximale menée par l’administration Trump pourrait être interprétée par l’histoire comme ayant offert deux avantages stratégiques majeurs au régime iranien.

Le premier est d’ordre politique et institutionnel. La confrontation frontale avec Washington a contribué à resserrer les rangs à l’intérieur du système iranien et à marginaliser les courants plus pragmatiques qui prônaient l’ouverture. Ce contexte a facilité la consolidation d’une ligne dure au sommet de l’État et pourrait ouvrir la voie à l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants issus du cœur même de l’appareil révolutionnaire, notamment autour de la figure de Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien Guide suprême, dont l’ascension progressive symbolise la continuité et la fermeture du système.

Le second cadeau, potentiellement beaucoup plus déterminant, concerne l’évolution du programme nucléaire iranien. En détruisant les mécanismes de confiance qui encadraient ce programme dans un cadre essentiellement civil, la politique de sanctions et de confrontation a progressivement renforcé les arguments de ceux qui, à Téhéran, estiment que seule une capacité militaire crédible peut garantir la sécurité du pays. Si cette mutation venait à se confirmer, le programme nucléaire iranien pourrait passer d’un projet officiellement pacifique à une ambition stratégique militaire, une transformation qui redessinerait profondément la carte géopolitique du Moyen-Orient.

L’architecture hybride de la puissance militaire iranienne

Les annonces répétées de destructions massives des capacités militaires iraniennes ne reflètent qu’une partie de la réalité. Depuis plusieurs décennies, l’Iran a construit une architecture de défense fondée sur une structure hybride.

Une partie visible, composée d’installations conventionnelles relativement exposées, coexiste avec un réseau d’infrastructures souterraines et dispersées abritant des centres de production, des stocks et des plateformes de lancement de drones et de missiles.

Cette organisation est renforcée par la dualité du système militaire iranien, où les forces armées classiques opèrent aux côtés du Corps des Gardiens de la Révolution, dont la culture stratégique est profondément marquée par la guerre asymétrique et les tactiques de guérilla. Ce modèle privilégie l’endurance, la dispersion et la continuité plutôt que la supériorité technologique immédiate.

Au fond, les Iraniens d’aujourd’hui ne sont que la réincarnation historique, modernisée et organisée, de leurs ancêtres perses, héritant de la même capacité d’endurance et de résilience face aux épreuves du temps et de la guerre.

 

Par : Mahjoub Lotfi Belhedi

Stratège en réflexion IA

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L’Égypte instaure un visa de cinq ans pour les Marocains

Les Marocains pourront désormais se rendre plus facilement en Égypte, qui a annoncé la mise en place d’« un visa à entrées multiples valable cinq ans », ce qui leur permettra de séjourner jusqu’à 90 jours à chaque entrée dans le pays des Pharaons.

L’annonce a été faite par Ahmed Abdel-Latif, ambassadeur d’Égypte à Rabat. Selon lui, cette mesure vise à renforcer la mobilité entre les deux pays et à encourager le tourisme, les échanges économiques et les interactions culturelles, rapporte le site le360.ma.

Ce nouveau visa s’ajoute à d’autres facilités introduites récemment, comme la possibilité d’obtenir un visa à l’arrivée pour certains voyageurs marocains. Une exemption de visa préalable peut également s’appliquer aux titulaires de visas valides pour plusieurs destinations internationales, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni ou les pays de l’Espace Schengen, ajoute la même source. Il s’agit donc d’une importante opportunité pour les citoyens détenteurs du passeport marocain.

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Abir Moussi condamnée à 10 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Tunis

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a prononcé, vendredi 13 mars, une condamnation de dix ans de prison ferme contre Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL).

Peines confirmées en appel

Abir Moussi écope de neuf ans pour « tentative d’atteinte à la forme de l’État, incitation à l’attaque armée et troubles territoriaux » (article 72 du Code pénal), assortis de six mois pour traitement illégal de données personnelles et six mois pour entrave à la liberté du travail.

Quant à Meriem Sassi, elle est condamnée à un an au total : six mois pour données personnelles, six mois pour entrave au travail.

Récapitulatif judiciaire

En première instance (décembre 2025), Abir Moussi avait été sentenciée à 12 ans, Meriem Sassi à deux ans. Les faits reprochés datent du 3 octobre 2023 : interpellation de Moussi au bureau d’ordre de la Présidence, alors qu’elle déposait des recours contre des décrets-lois.

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Voici le montant de la Zakat el-Fitr en Tunisie

Pour l’année 1447 de l’Hégire, correspondant à l’année 2026, le montant de la Zakat el-Fitr est fixé à deux dinars (2 000 millimes). C’est ce qu’a annoncé, jeudi 12 mars 2026, le mufti de la République, Cheikh Hichem Ben Mahmoud, dans un communiqué.

À noter pour ceux qui ne le sauraient pas, la Zakat el Fitr est une aumône obligatoire qui doit être donnée, au plus tard, avant la prière de l’Aïd el-Fitr, au lever du soleil. Et toujours d’après le communiqué du mufti, il est également possible de s’acquitter de cette aumône un ou deux jours avant l’Aïd el-Fitr.

 

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Blanchiment, terrorisme, prolifération : le CMF renforce l’arsenal réglementaire

Le Conseil du Marché Financier (CMF) a organisé, jeudi, une rencontre consacrée à la présentation du nouveau règlement fixant les mesures d’application dans le domaine de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.

D’après un communiqué, publié vendredi 13 mars 2026 par le Conseil, la rencontre a constitué une opportunité pour présenter les principales innovations introduites par ledit texte juridique, notamment l’adoption de l’approche fondée sur les risques comme référence centrale pour la mise en œuvre des mesures préventives et de contrôle, ainsi que le renforcement des exigences en matière de gouvernance interne et de gestion des risques au sein des institutions soumises à la supervision du CMF.

À cette occasion, le CMF a réaffirmé son engagement à veiller au respect, par les institutions placées sous sa supervision, des obligations légales et réglementaires relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération, et ce, dans le cadre de l’effort national visant à consolider la prévention de ces crimes.

Il a réitéré, également, sa détermination d’améliorer le cadre réglementaire et d’accompagner les professionnels du marché, afin de soutenir l’intégrité et la transparence du marché financier tunisien, ce qui permettra de renforcer la confiance des investisseurs.

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Bourse de Tunis : euphorie hebdomadaire du Tunindex

Alors que les principales places boursières mondiales ont subi des pertes massives durant la semaine du 9 au 13 mars 2026, la Bourse de Tunis, elle, a terminé au cours de la même semaine sur une progression de 3,1 %, l’indice de référence Tunindex clôturant à 15 413,59 points. Sachant toutefois qu’il a perdu 0,55 % à la clôture de vendredi.

C’est ce qui ressort de l’analyse hebdomadaire publiée vendredi par Tunisie Valeurs.

L’activité du marché s’est également intensifiée, avec un volume global d’échanges atteignant 60,7 millions de dinars (MDT). Six transactions de bloc ont contribué à cette dynamique, générant des flux de 7,1 MDT et portant sur les titres Délice Holding (deux transactions pour 2,7 MDT), TPR (deux transactions pour 2,5 MDT) et Maghrebia Vie (deux transactions pour 2 MDT).

Sur le plan des performances boursières, l’action STIP s’est hissée en tête du palmarès hebdomadaire. Le titre du fabricant de pneus a bondi de 29,5 % à 7,160 dinars, dans un volume d’échanges toutefois très limité, d’environ 3 mille dinars.

Le titre SOTUVER figure également parmi les principales progressions de la semaine, avec une hausse de 7,6 % à 16,840 dinars, tout en générant un volume d’échanges soutenu de 3,7 MDT.

À l’inverse, l’action UADH a accusé la plus forte baisse de l’indice, reculant de 10,2 % à 0,440 dinar, pour un volume d’échanges très limité de 9 mille dinars.

Le titre Unimed a également évolué à la baisse, cédant 3,2 % à 8,810 dinars, dans un volume hebdomadaire de 2,6 MDT.

Enfin, l’action Amen Bank s’est distinguée comme la valeur la plus active de la semaine. Le titre de la banque liée au groupe PGI Holding a progressé de 5 % à 60,700 dinars, tout en générant des échanges totalisant 5,9 MDT.

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Industrie des compléments alimentaires: le plaidoyer de la CONECT

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) appelle à l’adoption d’un cadre législatif pour réglementer l’industrie des compléments alimentaires. L’organisation présente ce secteur comme porteur pour l’économie et la santé publique, mettant en avant les perspectives de création d’emplois, d’investissement et de prévention sanitaire. C’était lors d’une audition devant la Commission parlementaire de la santé.

Toutefois, cette position reflète également les intérêts des industriels du secteur, représentés par le groupement professionnel affilié à la CONECT. Si l’encadrement juridique peut contribuer à limiter les dérives et à renforcer la protection des consommateurs, la démarche vise aussi à structurer et à légitimer un marché en expansion.

L’organisation patronale insiste ainsi sur la nécessité d’associer les professionnels à l’élaboration d’une éventuelle réglementation et de soutenir la production locale.

Cette intervention souligne donc un double enjeu : d’une part, la régulation d’un secteur encore peu structuré, et, d’autre part, la volonté des acteurs industriels d’influencer les futures règles afin de favoriser le développement de cette filière en Tunisie.

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Le boom des voyages hors saison : quatre tendances qui révolutionnent le tourisme

La volonté croissante des voyageurs venant de marchés lointains de visiter l’Europe en dehors de la haute saison estivale s’impose comme l’une des tendances émergentes les plus importantes du tourisme.

D’après une enquête récente de la Commission européenne du tourisme, publiée par Capital, les visiteurs en provenance des marchés long-courriers semblent de plus en plus ouverts à l’idée de voyager en dehors de la haute saison.

L’étude, menée auprès d’un échantillon de 3 000 voyageurs provenant de six marchés clés hors d’Europe (Australie, Brésil, Canada, Chine, Japon et États-Unis), a révélé que les visiteurs recherchent des destinations moins fréquentées, une plus grande authenticité dans leurs expériences et un rythme de voyage plus lent.

L’étude met notamment en évidence une volonté croissante des visiteurs d’explorer des destinations moins connues. Cette tendance est également liée à l’essor du tourisme lent. Les voyageurs semblent plus enclins à passer plus de temps sur place.

Parallèlement, les visiteurs recherchent de plus en plus d’expériences authentiques. Cette tendance alimente la demande pour des hébergements plus intimistes, des commerces locaux et des expériences qui permettent aux voyageurs de s’immerger dans le quotidien des destinations.

 

Cette tendance alimente la demande pour des hébergements plus intimistes, des commerces locaux et des expériences qui permettent aux voyageurs de s’immerger dans le quotidien des destinations.

 

La tendance vers des options de transport plus durables est également particulièrement marquée. De plus en plus de voyageurs déclarant utiliser le train, les transports en commun ou d’autres options à faibles émissions lors de leurs voyages en Europe.

Malgré cette dynamique positive, l’étude souligne un léger décalage entre les intentions et les comportements réels. Si 53 % des voyageurs déclarent vouloir voyager hors saison, seuls 49 % le font effectivement. Un écart similaire est constaté pour les destinations moins connues.

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Tunisie – Le mobile money peut mobiliser 5 milliards de dinars d’épargne informelle

La Tunisie accuse un retard dans l’adoption du paiement mobile, malgré un taux de pénétration mobile supérieur à 80 % et une infrastructure numérique solide. C’est ce que souligne une note publiée vendredi 13 mars par l’Association des économistes tunisiens (ASECTU).

Selon l’association, le développement du mobile money pourrait mobiliser jusqu’à 5 milliards de dinars d’épargne informelle et augmenter le PIB de près de 7 % d’ici 2030.

L’ASECTU indique par ailleurs qu’aujourd’hui, seuls 36 % des Tunisiens possèdent un compte bancaire formel, contre plus de 70 % au Maroc et en Égypte, ce qui laisse une large part de la population, notamment les jeunes, les femmes et les habitants des zones rurales, en marge du système financier, regrette l’association. La stagnation de la bancarisation, combinée à la baisse des financements multilatéraux depuis 2022, accentue la nécessité de mobiliser l’épargne nationale, estime-t-elle.

L’analyse de Chedlia Farhat souligne que l’adoption du paiement mobile dépend avant tout des usages quotidiens, de la présence de points d’accès physiques et de règles claires protégeant les consommateurs. Les expériences africaines montrent que la technologie seule ne suffit pas : il faut une stratégie complète incluant interopérabilité, sécurité et engagement des fintechs locales.

Mais ce n’est pas une fatalité. En effet, l’ASECTU assure que si la Tunisie veut réussir, elle devra réformer son cadre réglementaire, créer des « sandbox » fintech et établir un standard national de paiement mobile. Un leadership institutionnel fort, coordonnant Banque centrale, ministère des Finances et secteur privé, est essentiel pour renforcer la confiance des usagers et accélérer l’inclusion financière.

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L’IA au service de la Tunisie : les conditions d’une adoption réussie

La Tunisie vient de présenter son projet de Plan de développement 2026-2030 avec l’intelligence artificielle en bandoulière — et pour la première fois de son histoire, elle a utilisé l’IA pour construire le plan lui-même. Signal fort de maturité technologique ? Incontestablement. Mais ce même projet révèle en creux une lacune que personne ne veut nommer clairement : la Tunisie n’a toujours pas de cadre juridique spécifique à l’IA, pas d’organe de gouvernance interministérielle et un taux de 20 000 cyberattaques annuelles qui progresse sans discontinuer. Déployer l’IA sans gouverner l’IA, c’est construire un gratte-ciel sur des fondations de sable. Il est temps de le dire.

 

Le paradoxe le plus dangereux de la transformation digitale tunisienne

Dans ma tribune du 12 mars 2026, j’identifiais le paradoxe tunisien dans sa dimension économique : un pays premier en Afrique en densité de développeurs, deuxième dans le monde arabe en maturité de l’IA, mais incapable de transformer ce capital humain en levier structurel de croissance inclusive.

 

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Il existe un second paradoxe, plus silencieux et plus dangereux : la Tunisie déploie l’IA dans ses institutions publiques – 18 projets d’IA identifiés dans le programme de transformation digitale 2025-2026 – sans avoir construit le cadre institutionnel pour les gouverner, les sécuriser et les contrôler.

Ce n’est pas une critique de principe. C’est un constat factuel. La loi organique 2004-63 sur la protection des données personnelles date d’une époque où ChatGPT n’existait pas. Le Code du numérique contient des dispositions utiles mais parcellaires. Il n’existe à ce jour aucun texte spécifique régissant l’usage de l’intelligence artificielle dans la sphère publique tunisienne – lacune documentée par l’UNESCO et par les travaux de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES). Et pourtant, l’État déploie.

 

Une menace cyber qui ne pardonnera pas l’improvisation

Avant de parler de gouvernance de l’IA, parlons d’une réalité que les communiqués officiels euphémisent régulièrement : la Tunisie est sous attaque numérique permanente.

Les chiffres publiés par l’Agence nationale de cybersécurité sont sans équivoque : plus de 20 000 cyberattaques recensées entre 2024 et 2025, ciblant des institutions publiques, des entreprises privées et des organisations de la société civile. Une attaque toutes les 39 secondes. Plus de 413 000 incidents de sécurité déclarés par le tunCERT en 2024. Et le plus alarmant : les ransomwares ont progressé de 140 % entre 2023 et 2024, passant de 15 411 à 37 076 cas.

Ce contexte n’est pas une toile de fond abstraite. C’est la réalité dans laquelle la Tunisie s’apprête à déployer des systèmes d’intelligence artificielle dans ses administrations publiques, son système financier, ses infrastructures énergétiques et ses services de santé. Toute stratégie d’IA publique qui ne commence pas par une réponse à cette réalité n’est pas une stratégie – c’est une communication.

 

La Tunisie s’apprête à déployer des systèmes d’intelligence artificielle dans ses administrations publiques, son système financier, ses infrastructures énergétiques et ses services de santé. Toute stratégie d’IA publique qui ne commence pas par une réponse à cette réalité n’est pas une stratégie – c’est une communication.

 

L’ANCS, créée par le décret-loi n° 2023-17 en remplacement de l’ANSI, a engagé des réponses structurées : les labels de certification G-cloud et N-cloud pour l’hébergement souverain des données publiques constituent une avancée réelle. Mais la stratégie nationale de cybersécurité 2020-2025 arrive à échéance. Son renouvellement pour la période post-2025 n’est pas encore formalisé. Et aucun référentiel national de sécurité spécifique aux systèmes d’IA n’existe à ce jour.

Comparativement, la France s’est dotée d’un Référentiel Général de Sécurité adapté à l’IA, et le règlement européen AI Act impose des exigences de sécurité contraignantes pour les systèmes à haut risque. La Tunisie, elle, improvise.

 

L’architecture institutionnelle : ce qui existe, ce qui manque, ce qu’il faut construire

Soyons précis, car le débat sur la gouvernance de l’IA en Tunisie souffre trop souvent d’un excès de généralité qui masque les problèmes réels.

Ce qui existe : le MTC (ministère des Technologies de la communication) assume un rôle de pilotage stratégique et finalise, depuis novembre 2024, une stratégie nationale d’IA dont l’adoption formelle se fait toujours attendre. L’ANCS est l’autorité de référence pour la sécurité des systèmes. L’Association tunisienne d’intelligence artificielle (ATIA) et les pôles universitaires (ENIT, ENSI, Université de Tunis El Manar) constituent un vivier d’expertise technique indépendante. Ces fondations existent mais restent insuffisantes.

Ce qui manque : un organe de coordination transversal à l’échelle interministérielle. En l’absence d’un équivalent du AI Safety Institute britannique ou d’une autorité de régulation algorithmique à la française, chaque ministère déploie l’IA selon ses propres logiques, sans coordination, sans audit partagé, sans redevabilité commune. Le résultat prévisible : multiplication non coordonnée des initiatives, dépendance croissante à des solutions externes non certifiées, et opacité totale sur les décisions produites par des algorithmes qui affectent des milliers de citoyens.

 

En l’absence d’un équivalent du AI Safety Institute britannique ou d’une autorité de régulation algorithmique à la française, chaque ministère déploie l’IA selon ses propres logiques, sans coordination, sans audit partagé, sans redevabilité commune.

 

Ce qu’il faut construire, et vite : un Comité interministériel de gouvernance de l’IA, co-présidé par le MTC et la présidence du gouvernement; un référentiel national de sécurité des systèmes d’IA élaboré sous l’égide de l’ANCS; et un cadre juridique unifié qui remplace le patchwork actuel de textes parcellaires par un corpus cohérent adapté aux enjeux de l’IA.

 

Le contrôle : la question politique que personne ne pose

La gouvernance de l’IA pose une question qui dépasse la technique. Elle est politique, et il faut avoir le courage de la formuler clairement : l’État tunisien est-il prêt à accepter la transparence que l’IA impose ?

Car déployer l’IA dans l’administration, c’est accepter de documenter les données utilisées, de justifier les décisions automatisées, de permettre leur contestation par les citoyens, et d’ouvrir ses systèmes à des audits indépendants. C’est l’exact opposé de la culture administrative de l’opacité qui prévaut encore dans trop d’institutions.

Le Défenseur des droits français alertait en novembre 2024 sur les risques que fait peser l’algorithmisation de l’administration sur les droits des usagers, recommandant des décisions compréhensibles, accessibles et justifiables.

En Tunisie, deux signaux récents méritent d’être soulignés. D’une part, la Cour des comptes a engagé, fin 2025, un processus structuré d’intégration de l’IA – en commençant par la sensibilisation avant le déploiement, modèle de conduite du changement à généraliser. D’autre part, le Conseil de la presse a adopté en février 2026 une charte nationale pour l’IA dans le journalisme, avec un système de gradation des usages et une obligation de transparence. Premier cadre éthique sectoriel du genre en Tunisie.

Ces initiatives sont réelles et prometteuses. Elles restent isolées, sectorielles, non coordonnées. Il manque l’essentiel : un cadre de contrôle à trois niveaux – contrôle interne dans chaque institution, contrôle externe par des organes indépendants et contrôle citoyen avec droit de recours effectif. Sans ce triptyque, l’IA publique tunisienne sera aussi peu redevable que les administrations qu’elle est censée moderniser.

 

Ce que le projet de Plan 2026-2030 révèle malgré lui

Le projet de Plan de développement 2026-2030, examiné en Conseil ministériel le 2 décembre 2025 et en attente de transmission au Parlement pour adoption formelle, contient une information que ses rédacteurs n’ont probablement pas voulu mettre en évidence, mais qui constitue le diagnostic le plus honnête de l’état de la transformation digitale tunisienne : sur les 138 projets programmés pour 2025-2026, 99 concernent la modernisation des services administratifs, 18 portent sur l’IA… et seulement 12 concernent la cybersécurité et la confiance numérique.

Traduction : pour chaque projet de sécurité, il y a huit projets de déploiement. La Tunisie court plus vite qu’elle ne sécurise. Elle déploie plus vite qu’elle ne gouverne. Elle innove plus vite qu’elle ne contrôle. Ce déséquilibre n’est pas fatal — mais il est urgent de le nommer pour le corriger.

Et le fait que ce projet de plan attende encore son adoption parlementaire aggrave le constat : la Tunisie déploie ses 18 projets d’IA dans un double vide – sans cadre juridique spécifique à l’IA, et sans plan de développement formellement approuvé pour les inscrire. Ce n’est pas de l’audace. C’est de la fragilité institutionnelle.

 

Et le fait que ce projet de plan attende encore son adoption parlementaire aggrave le constat : la Tunisie déploie ses 18 projets d’IA dans un double vide – sans cadre juridique spécifique à l’IA, et sans plan de développement formellement approuvé pour les inscrire. Ce n’est pas de l’audace.

 

Le Maroc a engagé 750 millions de dollars dans « Digital Morocco 2030 » avec des axes clairs, des enveloppes budgétaires identifiées et un pilotage institutionnel dédié. L’Estonie a construit sa réputation non sur la vitesse de déploiement, mais sur la robustesse de son cadre de sécurité et de transparence (le même X-Road qui sécurise ses données gouvernementales depuis vingt ans). Le Rwanda a fait de la gouvernance de la donnée un axe stratégique national avant de lancer ses projets d’IA publique. La Tunisie, elle, improvise dans l’urgence, sans filet.

 

Quatre conditions pour que l’IA publique tunisienne ne soit pas un désastre annoncé

L’objectif n’est pas de freiner la transformation digitale. C’est précisément l’inverse : une gouvernance solide est la condition sine qua non pour que les 18 projets d’IA deviennent 180, que les 138 projets de modernisation produisent des résultats durables et que la Tunisie transforme enfin son capital humain exceptionnel en architecture institutionnelle à sa hauteur. Pour cela, quatre conditions s’imposent.

 

Première condition — Adopter sans délai la stratégie nationale d’IA et transmettre le projet de Plan au Parlement. ** L’un et l’autre attendent leur adoption formelle. Chaque mois de retard supplémentaire est un mois pendant lequel des projets publics d’IA se déploient sans cadre de référence ni légitimité institutionnelle. Ce n’est pas de la prudence, c’est de la procrastination stratégique dont la Tunisie ne peut plus se permettre le luxe.

 

Deuxième condition — Créer l’organe de gouvernance interministérielle manquant.** Un Comité interministériel de gouvernance de l’IA, co-présidé par le MTC et la présidence du gouvernement, avec mandat explicite de validation des projets IA publics, d’encadrement des données et de suivi de conformité. La gouvernance de l’IA ne peut pas être l’affaire d’un seul ministère.

 

Troisième condition — Ériger le Security by Design en norme contraignante. ** L’ANCS doit élaborer, en partenariat avec le secteur privé et les universités, un référentiel national de sécurité des systèmes d’IA applicable à tout projet public selon son niveau de criticité. Et la certification G-cloud/N-cloud doit devenir obligatoire pour tout projet IA porté par une institution publique, sans exception.

 

Quatrième condition — Instituer la transparence algorithmique comme droit civique. ** Tout système d’IA utilisé dans une décision administrative individuelle doit être documenté, son fonctionnement explicable, et son résultat contestable devant un agent humain habilité. Ce n’est pas une contrainte imposée à l’innovation – c’est la condition pour que les citoyens fassent confiance aux institutions qui les servent.

La Tunisie a déjà prouvé qu’elle pouvait innover. InstaDeep, vendue 636 millions d’euros, 1 450 startups labellisées, deuxième rang africain sur l’AI Talent Readiness Index… le capital est là. Ce qui manque n’est pas le talent. C’est l’architecture institutionnelle pour le valoriser de manière durable, souveraine et responsable. Le projet de Plan 2026-2030 est peut-être la dernière occasion d’aligner les deux. Il serait dommage de la rater, non par manque d’ambition, mais par excès d’impatience.

 

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Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent aucune autorité publique ni institution. Elles reflètent la seule appréciation personnelle de l’auteur.

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La Tunisie au Salon du tourisme de Prague 2026

La Tunisie participe à la 34ᵉ édition du Salon du tourisme de Prague, qui se tient du 12 au 14 mars 2026, grâce au bureau de l’Office national du tourisme tunisien en République tchèque. Le pays saisit cette occasion pour présenter ses différentes destinations touristiques.

Ainsi, cette année, l’accent est mis sur Tabarka, avec la reprise des vols directs entre Prague et Tabarka dès juin 2026, après plus de 11 ans d’interruption, pour faciliter l’accès à cette destination côtière.

Avec plus de 300 exposants et environ 25 000 visiteurs attendus, le Salon constitue une vitrine majeure pour la Tunisie afin de renforcer sa présence sur le marché tchèque et favoriser la coopération touristique et culturelle entre la Tunisie, la Tchéquie et les pays voisins.

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Création d’une banque postale en Tunisie : les scénarios envisagés

Jeudi, la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et des districts (Cnrd) a tenu une séance d’audition consacrée à la stratégie de la Poste Tunisienne pour la période 2026–2030. Lors de cette réunion, les représentants du ministère des Technologies de la communication et de la Poste tunisienne ont notamment présenté le projet de création d’une banque postale.

Selon les responsables de la Poste, cette idée répond à une demande croissante des citoyens. Beaucoup d’entre eux se plaignent en effet du coût élevé des services proposés par les banques traditionnelles.

Toutefois et en réponse aux questions des députés, les représentants de la Poste ont précisé que la création d’une banque postale ne signifie pas forcément l’octroi de crédits sans intérêts ou à des taux plus bas que ceux du marché. Ils ont expliqué que l’institution devra préserver son équilibre financier et générer des bénéfices pour assurer la continuité de ses activités.

Trois scénarios sont actuellement à l’étude pour concrétiser ce projet. Le premier consisterait à transformer complètement la Poste Tunisienne, avec toutes ses structures et son personnel, en banque postale. Cette option est jugée difficile et n’est pas retenue pour le moment.

Le deuxième scénario prévoit de transformer seulement une partie des activités de la Poste en banque spécialisée dans les services financiers, afin de préserver les autres services postaux.

Enfin, la troisième possibilité serait de racheter une banque déjà existante pour entrer dans le secteur bancaire à travers une structure déjà opérationnelle.

Les représentants du ministère ont indiqué que les deux dernières options restent envisageables, à condition de réunir les conditions juridiques et financières nécessaires. Ils ont également précisé que la future banque postale sera soumise aux mêmes règles que les autres banques, tout en se distinguant par sa gestion et par des tarifs potentiellement plus accessibles.

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TotalEnergies interrompt sa production de pétrole et de gaz dans le Golfe persique

La société française TotalEnergies a interrompu sa production de pétrole et de gaz au Qatar, en Irak et sur le plateau continental des Émirats arabes unis.

TotalEnergies a déclaré, dans un communiqué publié le 12 mars : « En réponse aux demandes de certains de nos actionnaires et aux questions concernant l’état de nos opérations au Moyen-Orient, notre production a été arrêtée ou est en cours d’arrêt au Qatar, en Irak et dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis. Ce qui représente environ 15 % de notre production totale. »

Et l’entreprise d’ajouter : « L’impact des arrêts de production au Qatar sur nos échanges de GNL se limite à environ deux millions de tonnes ». Tout en soulignant que sa production terrestre aux Émirats arabes unis, qui s’élève à environ 210 000 barils par jour, n’a pas été affectée par le conflit.

TotalEnergies annonce le même jour le redémarrage de la production du champ pétrolier de Mabruk en Libye, dans lequel la compagnie détient une participation de 37,5 %.

Le champ Mabruk est situé onshore, dans la concession C17, à environ 130 km au sud de Syrte. La production du champ avait été arrêtée en 2015. La construction d’une nouvelle unité de production d’une capacité de 25 000 barils par jour a été lancée en mai 2024. Cette unité a été mise en service le 28 février 2026, moins de deux ans après le lancement du projet.

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