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Lisbonne veut taxer les profits exceptionnels dans le secteur énergétique

Le gouvernement du Portugal se prépare à instaurer une taxe sur les profits exceptionnels des entreprises du secteur énergétique, dans un contexte de hausse des prix liée aux tensions géopolitiques internationales.

Le ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento, a annoncé, mercredi 5 mai, qu’un projet de loi sera prochainement soumis au Parlement, s’inspirant des mesures adoptées lors de la crise énergétique de 2022.

Cette initiative intervient après une démarche conjointe lancée le 3 avril 2026 par cinq pays européens – Portugal, Allemagne, Espagne, Italie et Autriche – appelant à une taxation des profits exceptionnels au niveau de l’Union européenne.

Cependant, faute de consensus à Bruxelles, la Commission européenne a laissé chaque État agir individuellement, poussant Lisbonne à avancer seule sur ce dossier.

Malgré la situation de minorité parlementaire du gouvernement, le texte a de fortes chances d’être adopté avec le soutien du Parti socialiste, qui avait lui-même introduit une mesure similaire par le passé.

Cette initiative s’inscrit dans un retour des politiques de taxation exceptionnelle en Europe, utilisées comme levier pour amortir les chocs énergétiques. Mais elle relance aussi le débat : entre justice sociale et risque de freiner l’investissement énergétique, notamment dans la transition vers les renouvelables.

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La récolte céréalière 2026 s’annonce positive

La campagne céréalière en Tunisie s’annonce globalement positive, avec environ 950 000 hectares récoltables sur 991 000 hectares emblavés, grâce à des conditions climatiques favorables marquées par une bonne répartition des pluies. Les superficies semées ont atteint 971 000 hectares (87 % du programme), principalement concentrées dans le nord. La production est dominée par le blé dur et l’orge.

Les pluies abondantes ont limité le recours à l’irrigation, tandis que le taux de remplissage des barrages (68 %) est jugé satisfaisant. Toutefois, certaines zones ont subi des dégâts localisés (grêle, sécheresse, conditions climatiques).

En termes de préparation, des actions préventives contre les incendies sont en cours, notamment le nettoyage des abords des champs. Le parc de moissonneuses compte 2 750 machines, dont une partie nécessite maintenance. Des efforts sont également engagés pour améliorer les centres de collecte et assurer la disponibilité des intrants.

Enfin, un programme national prévoit des journées d’information, des campagnes de réglage des machines et des actions de sensibilisation. La saison précédente avait enregistré près de 11,9 millions de quintaux de céréales collectées.

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Zied Dabbar élu vice-président de la FIJ lors du congrès du centenaire à Paris

Le 6 mai, Zied Dabbar, vient d’être élu  vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ),lors du Congrès mondial du centenaire de la Fédération, qui s’est tenu à Paris.  Cette élection marque une étape importante pour le président du SNJT.

En outre, Nasser Abu Bakr, président du syndicat des journalistes palestiniens, lui aussi vient d’être élu est premier vice-président de la FIJ.

Pour sa part,  Zuliana Lainez Otero, journaliste péruvienne et présidente de l’Asociación Nacional de Periodistas del Perú (ANP), a été élue présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Elle est la première femme d’Amérique latine et des Caraïbes à prendre la tête de la plus grande organisation mondiale de journalistes.

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Louis Logodin : « Célébrons une Méditerranée qui tisse des liens »

Et si l’art réconciliait une Méditerranée fracturée ? La Saison Méditerranée 2026 (15 mai-31 octobre) s’ouvre en beauté  à Marseille avec les ministres français de la Culture et des Affaires étrangères. Cinq pays phares, Tunisie, Égypte, Liban, Maroc, Algérie, irriguent la France de centaines de projets artistiques pluridisciplinaires, avant un clap de fin tunisien à la Biennale El Jaou. Pari audacieux : forger de nouveaux imaginaires, booster les liens franco-maghrébins et honorer les diasporas, au cœur des tensions régionales. Louis Logodin, attaché culturel à l’IFT, passe en revue ce programme riche en art. Interview.

Quels sont les enjeux de la Saison Méditerranée de cette édition qui s’étale du 15 mai au 31 octobre 2026?

L’ouverture aura lieu le 15 mai à Marseille, avec un week-end en présence de la ministre de la Culture et du ministre des Affaires étrangères français. On mobilise aussi les représentations des pays prioritaires : la Tunisie, l’Égypte, le Liban, le Maroc et l’Algérie.
Très concrètement, deux appels à projets lancés l’année dernière ont recensé des centaines de projets artistiques pluridisciplinaires : livres, spectacles vivants, arts visuels, coopérations universitaires, arts-sciences, art numérique, etc. Dès le 15 mai, ces projets se dérouleront dans toute la France, avec un temps fort à Marseille. Ensuite, on remontera vers le nord : Olfa Feki, commissaire tunisienne, pour une grande expo à Lille ; focus danse tunisienne dans un festival contemporain près de Paris avec les Ateliers de Paris ; temps forts musicaux avec des artistes tunisiens à Nantes…

L’enjeu est de créer de nouveaux imaginaires méditerranéens via les arts et la culture, en lien avec ces cinq pays. Cela rend hommage aux coopérations bilatérales existantes, les dynamise, les valorise et s’adresse aux diasporas en France. Initialement prévue en simultané en France et dans ces pays, des complications financières ont conduit à un démarrage en France, avec une clôture dans les cinq pays. En Tunisie, fin octobre, lors de la Biennale El Jaou : expositions, grand concert (nom tenu secret avant annonce). Parallèlement, on labellise des projets pour incarner la saison via la coopération franco-tunisienne quotidienne.

À travers ce programme, on note une forte mobilisation tunisienne. Quel travail peut-on mener aujourd’hui sur la coopération artistique franco-tunisienne, qui ne cesse d’évoluer ? À l’heure actuelle,  on parle d’immersion virtuelle et d’autres innovations. Comme le disait Héraclite, « rien ne dure sauf le changement ».

Oui, les artistes s’adaptent aux contextes, enjeux sociétaux et médiums. Au début des années 2000, on parlait du « nouvel art » multimédia, mais les artistes innovent toujours avec leurs outils. Pour la coopération franco-tunisienne, l’enjeu est de la faire vivre : soutien aux partenaires tunisiens via l’envoi de pros pour repérage en France ; artistes tunisiens pour formation ou créations françaises ; accueil d’artistes français en Tunisie, comme au programme de la villa Salammbô pour résidences. La Tunisie inspire et booste le soft power tunisien chez les créateurs français.

L’art évolue, on modernise l’image de la France via des artistes contemporains aux pratiques novatrices : une France inclusive, diverse, actuelle. Une attention particulière aux diasporas tunisiennes en France : on les invite en Tunisie pour des concerts, spectacles, résidences. Ce sont les premiers ambassadeurs de notre coopération culturelle.

Le mot de la fin.

J’espère que la Saison Méditerranée touchera les publics français et tunisiens. Malgré la complexité politique et les actualités méditerranéennes qui nous dépassent, l’art et la culture célèbrent les liens entre pays. Célébrons-les en conscience de ce qui se passe dans nos mers.

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Minerais critiques : le G7 enclenche la bataille contre la dépendance à la Chine

Le G7 intensifie ses efforts pour sécuriser l’approvisionnement en minerais critiques, essentiels aux industries de défense, aux technologies numériques et à la transition énergétique.

Sous l’impulsion de la présidence française en 2026, une réunion ministérielle a été organisée début mai afin de préparer le sommet des dirigeants prévu en juin, rapporte ‘Capital’. L’objectif est clair : réduire la dépendance des économies occidentales vis-à-vis de la Chine, qui domine largement la production et le raffinage de ressources stratégiques comme le lithium, le cobalt ou les terres rares.

Toutefois, des divergences existent au sein du groupe. Certains pays européens privilégient des stocks nationaux plutôt qu’un système commun, et se montrent réticents à une initiative dominée par les États-Unis.

En parallèle, la France cherche à reconstruire une filière complète des terres rares sur son territoire, avec l’ambition de couvrir d’ici 2030 une part significative des besoins européens.

Cette mobilisation s’inscrit dans une compétition géopolitique mondiale accrue autour des ressources minières, devenues indispensables à la transition énergétique et aux technologies avancées. Le G7 tente ainsi de bâtir une alternative crédible à l’hégémonie chinoise, tout en sécurisant ses chaînes de valeur industrielles.

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Affaire des passeports falsifiés : 20 ans de prison pour Bhiri et 30 ans pour le fils de Ghannouchi

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, mardi, des jugements de première instance dans l’affaire connue médiatiquement sous le nom de « l’affaire des passeports et nationalités falsifiés ».

Les peines prononcées varient entre 11 et 30 ans de prison et concernent notamment l’ancien ministre de la Justice et dirigeant du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri, ainsi que d’autres accusés.

Selon une source judiciaire citée, mercredi, par l’agence Tunis Afrique Presse, les accusations retenues portent notamment sur la facilitation, par quelque moyen que ce soit et même sans contrepartie, de la sortie légale d’une personne du territoire tunisien à partir des points de passage, dans le but de commettre l’une des infractions terroristes. Les charges incluent également l’usage de sceaux de l’autorité publique au détriment des droits et intérêts d’autrui, en lien avec des crimes terroristes, ainsi que la détention et l’utilisation de documents falsifiés.

Noureddine Bhiri et Fethi Beldi condamnés à 20 ans de prison

Les jugements de première instance ont condamné Noureddine Bhiri et l’ancien responsable sécuritaire Fethi Beldi à 20 ans de prison.

Mouadh Khreiji, fils du président du mouvement Ennahdha, ainsi que trois autres accusés en fuite, ont été condamnés à 30 ans de prison avec exécution immédiate. Deux autres accusés ont, pour leur part, écopé de 11 ans de prison.

La cour a également décidé de soumettre l’ensemble des accusés à une surveillance administrative pour une durée de cinq ans.

Hamadi Jebali retiré du dossier

Dans le même dossier, le tribunal a décidé de radier le nom de l’ancien dirigeant d’Ennahdha, Hamadi Jebali, ancien chef du gouvernement, ainsi que deux autres accusés, du dossier de l’affaire.

Cette décision intervient en raison d’un pourvoi en cassation visant la décision de la chambre d’accusation, selon la même source judiciaire.

Une enquête ouverte en octobre 2021

Les faits remontent, selon un communiqué officiel publié par le Tribunal de première instance de Tunis le 4 janvier 2022, au 7 octobre 2021. À cette date, le ministère public avait reçu une demande d’autorisation d’ouverture d’une enquête judiciaire, émanant du chef de la sous-direction des recherches dans les crimes terroristes, les crimes organisés et les atteintes à la sûreté du territoire national.

Cette demande faisait état d’informations selon lesquelles un ressortissant syrien et son épouse, également syrienne, auraient obtenu deux cartes d’identité nationale et deux passeports tunisiens.

D’après les éléments rapportés par le tribunal, ces deux personnes auraient obtenu des certificats de nationalité délivrés par la direction générale des affaires judiciaires au ministère de la Justice, sur la base de passeports tunisiens délivrés par l’ambassade de Tunisie à Vienne en 1982 et 1984.

Le même communiqué indiquait qu’un ancien consul à Vienne aurait, par le passé, accordé des passeports tunisiens à des ressortissants étrangers contre des sommes d’argent, dont les deux documents concernés, et que des poursuites pénales avaient déjà été engagées à ce sujet.

Des documents délivrés sous différents départements ministériels

L’enquête judiciaire a été ouverte le 7 octobre 2021 par le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis, qui a chargé la sous-direction spécialisée de poursuivre les investigations.

Un premier rapport a été transmis au ministère public le 9 décembre, suivi d’un rapport complémentaire le 20 décembre. Ce dernier aurait fait état de nouveaux éléments indiquant que les certificats de nationalité tunisienne suspectés d’être falsifiés auraient été délivrés au ressortissant syrien et à son épouse durant la période où Noureddine Bhiri dirigeait le ministère de la Justice.

Concernant les passeports et les certificats de résidence, les documents auraient été obtenus durant la période où Ali Larayedh était à la tête du ministère de l’Intérieur, avec l’intervention présumée de l’ancien responsable sécuritaire Fethi Beldi.

Le rapport mentionnait également que le bénéficiaire de la nationalité, du passeport et de la résidence aurait été visé par des affaires terroristes commises à l’étranger.

Le pôle antiterroriste saisi du dossier

Le 22 décembre 2021, au vu des premiers éléments recueillis et des soupçons portant sur l’implication de l’un des suspects dans des infractions terroristes commises hors du territoire tunisien, le ministère public a décidé de transmettre le dossier au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.

Le 24 décembre, le représentant du ministère public a ouvert une information judiciaire contre les bénéficiaires des documents suspectés d’avoir été falsifiés, ainsi que contre toute personne que l’enquête pourrait révéler.

Les poursuites portent notamment sur l’orientation, l’organisation, la facilitation, l’aide, l’intermédiation et la contribution, par quelque moyen que ce soit, à l’entrée ou à la sortie légale ou clandestine d’une personne du territoire tunisien, dans le but de commettre l’une des infractions terroristes. Elles concernent également la fabrication ou la falsification de cartes d’identité nationale, de passeports ou d’autres documents au profit de personnes en lien avec des crimes terroristes, ainsi que l’incitation à ces actes.

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Creative Tunisia : comment 6 ans ont suffi à rebâtir l’artisanat tunisien de fond en comble

Dix nouveaux marchés étrangers conquis, 2 000 artisans encadrés, 350 collections inédites — le programme Creative Tunisia s’est achevé le 5 mai 2026 avec un bilan qui, sur 6 ans, aura profondément réorganisé un secteur longtemps resté atomisé. Financé conjointement par l’Union européenne et la Coopération italienne, mis en œuvre par l’ONUDI entre 2019 et 2026 en partenariat avec l’Office national de l’artisanat, le dispositif a suivi une logique de chaîne de valeur complète, des matières premières brutes jusqu’à la mise sur le marché du produit transformé.  

Sur le volet commercial, la directrice générale de l’artisanat, Leïla Meslati, a souligné que 200 entreprises avaient franchi les portes des marchés internationaux en participant à des foires et salons spécialisés. Pour prolonger cette dynamique, une exposition itinérante a été conçue afin de promouvoir le savoir-faire tunisien à l’étranger sur une base durable.

Le représentant de l’ONUDI en Tunisie, Lassaad Ben Hassine, a estimé que le programme avait rempli ses engagements sur 3 axes sociaux : l’autonomisation économique des femmes, l’intégration des jeunes dans l’économie créative et le rééquilibrage entre régions. Il a par ailleurs mis en avant la mutation structurelle accomplie, le secteur étant passé d’une multitude de producteurs isolés à un écosystème cohérent et connecté aux circuits de distribution.

40 structures nouvelles, 6 pôles territoriaux

Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a rappelé que 40 entreprises avaient vu le jour dans le sillage du projet, tandis que 200 autres avaient amélioré leurs performances techniques. 6 pôles d’innovation ont été implantés dans des zones aux réalités économiques contrastées : Tunis-Douar Hicher, Mahdia, Gabès, Gafsa, Kasserine et Sidi Bou Saïd. Ces centres proposent des services de formation, de design, d’accompagnement entrepreneurial et d’incubation de projets.

Le programme a par ailleurs ciblé des filières enracinées dans leurs territoires : le kilim du Kef, le textile traditionnel du Sahel, les poteries de jardin de Moknine, l’alfa de Kasserine et les fibres végétales de Gabès. 11 réalités économiques locales, dont la céramique, la broderie et les fibres naturelles, ont été structurées en modèles reproductibles, conçus pour être transposés dans d’autres contextes régionaux. Au total, 17 groupements économiques ont bénéficié du soutien du dispositif, qui aura accompagné 200 entreprises artisanales et soutenu le développement de 350 collections nouvelles en l’espace de 6 exercices.

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Pétrole : même après la réouverture d’Ormuz, la production mettra des mois à se rétablir

Selon un rapport de S&P Global Energy publié le 5 mai, la réouverture du détroit d’Ormuz – axe stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial – ne suffira pas à rétablir rapidement les niveaux de production.

Même dans un scénario de désescalade et de reprise du trafic maritime, il faudrait au moins sept mois pour que la production pétrolière retrouve pleinement son niveau d’avant-crise. Cette estimation reflète l’ampleur des perturbations causées par le conflit au Moyen-Orient déclenché fin février 2026.

La fermeture partielle du détroit, contrôlé par l’Iran, a en effet provoqué l’arrêt ou le ralentissement de nombreuses installations pétrolières, une chute brutale des exportations du Golfe et une désorganisation logistique majeure dans toute la chaîne énergétique.

Même après une réouverture, plusieurs facteurs continueront de freiner la reprise : les dommages aux infrastructures énergétiques, les contraintes de sécurité pour le transport maritime et l’embouteillage massif de navires en attente dans le Golfe.

Les experts soulignent également que la remise en marche des installations ne peut être immédiate : le redémarrage des capacités d’extraction, de raffinage et d’exportation se fera progressivement, dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante.

Plus largement, cette crise confirme la vulnérabilité structurelle du marché pétrolier mondial, fortement dépendant de ce corridor stratégique où transite habituellement près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.

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Protéger l’ « or jaune » : les enjeux de la campagne nationale de récolte céréalière

Faire face au stress hydrique et à la sécheresse, c’est tout l’enjeu de notre bataille d’aujourd’hui et de demain. Car qui dit eau, dit agriculture. Le secteur agricole est essentiel pour notre pays et pour son économie. Mais aujourd’hui, il se retrouve menacé. Alors quels sont les défis à relever?

Une campagne nationale vient d’émerger lors d’une session ministérielle. Son objectif est de protéger la récolte céréalière pendant la période de moisson. Avec pour importance principale de réduire les pertes de grains. Sachant que celles-ci peuvent dépasser les 15 % en cas de mauvais réglage des moissonneuses-batteuses. Autre intérêt : l’amélioration de la qualité du produit final.

Elle prévoit l’entretien et le réglage d’au moins 1 300 machines avant et pendant la récolte. A cet égard, un accent sera particulièrement mis sur la prévention des incendies et la formation des conducteurs. Et dans ce cadre, l’action est menée en coordination entre plusieurs structures publiques et professionnelles. Et ce, pour assurer une moisson plus efficace et moins risquée.

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Giuseppe Perrone : « Creative Tunisia est l’un des projets les plus réussis de l’UE en Tunisie »

Salué comme l’un des projets de coopération « les plus réussis » de l’Union européenne en Tunisie, le programme Creative Tunisia entre dans une nouvelle phase. Son financement se poursuit et s’élargit désormais à la diaspora tunisienne. L’annonce a été faite le 5 mai 2026 à Tunis par l’Ambassadeur de l’UE, Giuseppe Perrone, en marge de la clôture de la première phase du programme.

La première phase du programme Creative Tunisia s’est officiellement achevée ce mardi au Palais des Congrès de Tunis. Mais le projet ne s’arrête pas là. Dans une déclaration aux médias, l’Ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a annoncé que la mise en œuvre d’une deuxième phase est déjà engagée, avec une ambition renforcée : associer pleinement la diaspora tunisienne au développement du programme.

Cette deuxième phase prévoit l’implication de la diaspora à trois niveaux distincts : le financement, le réseautage et le renforcement des capacités. L’objectif affiché est de réaliser une « montée en gamme » des capacités tunisiennes dans les domaines de l’artisanat, du tourisme et de l’offre culturelle. Et ce, afin de déclencher, selon les termes du diplomate, « une dynamique de croissance véritable et durable ».

Dressant le bilan de la première phase, Giuseppe Perrone a qualifié les résultats d’« effectivement marquants » et le programme de l’un des projets « les plus réussis » dans l’approche de coopération de l’Union européenne envers la Tunisie.

Financé par l’UE, Creative Tunisia repose sur une approche qu’il a décrite comme « intégrée et holistique », articulée autour du soutien à l’artisanat, de la diversification de l’offre touristique et de la valorisation du patrimoine culturel.

Ainsi, le programme a pour vocation de déclencher un processus de croissance durable à l’échelle locale, notamment par la création d’emplois au bénéfice des jeunes et des femmes impliqués dans le projet.

Par ailleurs le principal défi identifié par l’Ambassadeur est désormais la pérennisation de ces acquis : permettre aux bénéficiaires de consolider leurs projets et leurs entreprises pour produire des résultats « encore plus positifs dans les années à venir ».

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Le gouvernement lance le concours externe pour des contrôleurs d’État assistants

Dans le numéro 45 du Journal officiel de la République tunisienne, du 5 mai 2026, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a publié un arrêté fixant les modalités d’organisation d’un concours externe pour le recrutement de « contrôleurs d’État assistants au sein du Corps des contrôleurs d’État à la présidence du gouvernement ».

Le concours est ouvert par décision de la cheffe du gouvernement, laquelle précise le nombre de postes ouverts, la date de clôture des candidatures ainsi que la date et le lieu du concours.

Ce concours est ouvert aux candidats titulaires d’un doctorat ou d’un master en droit, en économie, en gestion ou en comptabilité, ou de diplômes équivalents. L’arrêté prévoit aussi des conditions particulières pour les titulaires du diplôme d’études supérieures en révision comptable, qui doivent justifier d’une ancienneté d’au moins trois ans dans un cabinet d’expert-comptable inscrit au tableau de l’Ordre des experts-comptables de Tunisie.

Le concours se déroulera en deux étapes : la première consiste en l’évaluation des dossiers des candidats; alors que la seconde étape comprend un entretien oral devant le jury du concours afin d’évaluer les qualifications scientifiques et les activités professionnelles. Les résultats finaux sont établis sur la base de coefficients déterminés, soit un coefficient 11 pour le dossier et un coefficient 22 pour l’entretien oral.

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Le dollar recule face aux espoirs d’un accord entre Washington et Téhéran

Le dollar américain a reculé ce mercredi 6 mai face aux principales devises, suite à un regain d’optimisme quant à un possible accord entre les États-Unis et l’Iran.

Cette baisse intervient alors que les signaux politiques se multiplient en faveur d’une désescalade : Donald Trump a évoqué des progrès vers un accord global; tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé que les objectifs militaires américains avaient été atteints.

Dans ce contexte, les investisseurs ont réduit leur exposition au dollar, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période de crise, au profit d’actifs plus risqués. Résultat : l’euro, la livre sterling et les devises liées aux matières premières ont progressé; le yen japonais s’est fortement apprécié…

Ce mouvement reflète un changement de perception des marchés : la perspective d’un accord réduit le risque géopolitique, notamment autour du détroit d’Ormuz. Ce qui diminue l’attrait du dollar.

Parallèlement, les prix du pétrole ont légèrement baissé, signe d’un apaisement anticipé des tensions. Et ce, même si les analystes restent prudents face à une situation encore fragile.

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Tunisair affiche une hausse de 9 % de son trafic passagers au premier trimestre 2026

Tunisair, a publié ses indicateurs d’activité relatifs au premier trimestre 2026, faisant ressortir une progression du trafic passagers et une amélioration des principaux indicateurs opérationnels par rapport à la même période de 2025.

Le nombre de passagers transportés, toutes activités confondues, s’élève à 540 651 au terme du premier trimestre 2026, en hausse de 9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de remplissage atteint 75,8 %, contre 74,3 % au premier trimestre 2025, enregistrant un gain de 1,5 point.

Les heures de vol progressent de 4 % sur la période, avec 12 103 heures enregistrées; contre 11 681 au premier trimestre 2025. Le coefficient de chargement s’établit à 66,4 %, en amélioration de 0,2 point par rapport à la même période de l’année précédente.

Sur le plan financier, les dépenses de carburant affichent une légère baisse, résultant d’une diminution des quantités consommées et d’une évolution favorable de la parité dollar-dinar. L’endettement de la compagnie est en revanche en hausse, en raison de la mise en place de nouveaux crédits contractés en 2025 et au début de l’année 2026.

La part de marché de Tunisair s’établit à 24,5 % au premier trimestre 2026, contre 24,2 % durant la même période de l’année précédente. Soit une progression de 0,3 point.

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Automobile : Visteon projette d’élargir sa présence industrielle en Tunisie

Le groupe américain Visteon, conduit par son vice-président exécutif Joao Paulo Ribeiro, serait sur le point de se renforcer en Tunisie et d’y lancer de nouveaux projets industriels. Ce qui pourrait engendrer des créations d’emplois et l’extension de ses activités.

Des échanges ont eu lieu lors d’une réunion tenue mardi 5 mai au siège du ministère de l’Industrie, en présence du ministre de l’Équipement et de l’Habitat – qui assure l’intérim du portefeuille de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie -, Slah Zouari. Ils ont mis en exergue la contribution de Visteon au développement de l’industrie des composants automobiles en Tunisie.

Le ministre a insisté sur l’importance d’intégrer davantage de technologies avancées dans le tissu industriel national. Et ce, tout en valorisant les compétences locales et une main-d’œuvre qualifiée, considérées comme des atouts majeurs pour ce secteur stratégique.

De son côté, le représentant du groupe, Joao Paulo Ribeiro, a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à développer des solutions innovantes dans les composants électroniques intelligents destinés à l’industrie automobile. Il a également confirmé la perspective de nouveaux projets d’expansion dans le pays au cours des prochaines années. Traduisant ainsi la confiance du groupe dans le potentiel industriel tunisien.

A cet égard, notons que l’entreprise Visteon, implantée en Tunisie depuis 2005, est spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes électroniques pour véhicules. Avec, notamment, des solutions de climatisation et d’éclairage fournies à de grandes marques internationales. Elle emploie actuellement plus de 500 personnes dans le pays, avec un taux d’encadrement d’environ 40 %.

À l’échelle mondiale, le groupe dispose de 14 sites de production et de 18 centres de recherche et développement, pour un effectif de plus de 10 000 employés. Sa présence en Tunisie s’inscrit donc dans une stratégie globale axée sur l’optimisation industrielle et l’innovation technologique. Dans un contexte de transformation rapide du secteur automobile vers des solutions électroniques avancées.

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Magasin Général redresse la barre avec 5,3 MD de bénéfice

Le conseil d’administration de la Société Magasin Général, réuni le 30 avril 2026, a arrêté les états financiers individuels et consolidés de l’exercice 2025, faisant ressortir un retour à l’équilibre au niveau de l’entité mère avec un bénéfice net de 5,3 millions de dinars, et a décidé de convoquer l’assemblée générale ordinaire pour le vendredi 5 juin 2026.

Sur le plan individuel, la société affiche un chiffre d’affaires hors taxes de 1,16 milliard de dinars au 31 décembre 2025, contre 1,04 milliard de dinars à la même date en 2024. Soit une progression de 11,48 %. Le résultat net d’exploitation s’établit en territoire bénéficiaire à 5,3 millions de dinars, inversant ainsi la tendance observée l’exercice précédent, qui avait enregistré un déficit de 3,7 millions de dinars.

Au niveau consolidé, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dinars au 31 décembre 2025, contre 1,1 milliard de dinars au 31 décembre 2024, en hausse de 9,36 %. Le résultat consolidé demeure déficitaire à hauteur de 6,4 millions de dinars, en nette amélioration par rapport au déficit de 10,1 millions de dinars enregistré en 2024.

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SelectUSA 2026 : la Tunisie bien représentée au sommet de l’investissement à National Harbor

L’ambassade des États-Unis à Tunis a apporté son soutien à une délégation de 11 entreprises tunisiennes qui prend part au Sommet SelectUSA aux États-Unis. Il se tient à National Harbor, dans le Maryland, du 3 au 6 mai 2026. Ce sommet offre à ces entrepreneurs dynamiques l’occasion de nouer de nouveaux contacts et d’explorer des opportunités commerciales et d’investissement aux États-Unis.

Cette année, trois femmes entrepreneures tunisiennes, membres de la délégation et représentant Spiraw et Sotetel, ont été sélectionnées pour participer au programme de mentorat annuel « Select Global Women in Tech », qui sera lancé lors du sommet. Depuis 2022, plus de 50 entrepreneurs tunisiens, issus de secteurs aussi variés que les jeux vidéo, la robotique, l’ingénierie logicielle, le codage, la mode en ligne et les technologies vertes, ont participé aux sommets d’investissement SelectUSA, où ils ont permis à leurs entreprises d’accéder à un niveau supérieur.

Organisé par le Département américain du Commerce, le Sommet SelectUSA sur l’investissement constitue un guichet unique pour les entreprises souhaitant s’implanter aux États-Unis. Il offre également aux organismes de développement économique l’occasion de rencontrer directement des entreprises internationales afin de faciliter la conclusion d’accords d’investissement. Depuis sa création, le SelectUSA Investment Summit a attiré des dizaines de milliers d’entreprises et de représentants du développement économique, générant plus de 250 milliards de dollars de nouveaux projets d’investissement, soutenant plus de 125 000 emplois à travers les États-Unis et ses territoires. La précédente édition a enregistré des chiffres records, avec plus de 5 500 participants, dont des organismes de développement économique représentant 54 États et territoires américains, ainsi que plus de 2 700 investisseurs privés provenant de plus de 100 pays, dont la Tunisie.

Les entreprises tunisiennes suivantes feront partie de la délégation SelectUSA de cette année :
AquaDeep
Bouraoui Group
Digital Cook
El Kanaouet
Fluoink Nanotechnologies
Mare Custos
SmartMed SA
Sotetel
SOTUPRIN HGE
Spiraw by Food4Future
WaterSec (Istidama)

D’après communiqué

 

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Tunisie – L’impérieuse transition durable vers les énergies propres

Les données présentées, lors d’une séance de la Commission de l’investissement et de la coopération internationale, au sein du Conseil national des régions et des districts (CNRD), ont révélé que la situation énergétique en Tunisie, incite à la conclusion d’accords de concession pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, notamment, l’énergie solaire.

De même, les chiffres présentés par le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, indiquent que les ressources nationales en énergie primaire ont  baissé, passant de 8,3 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2010 à environ 3,4 millions de TEP en 2025.

Parallèlement, la consommation a gardé un  niveau élevé, atteignant 9,7 millions de TEP. Ce déséquilibre a entraîné un déficit énergétique estimé à environ 6,3 millions de TEP. Soit près de 65 % des besoins nationaux.

La balance commerciale énergétique a, également, enregistré un déficit de plus de 11 milliards de dinars en 2025. Tandis que les subventions énergétiques ont augmenté à plus de 7 milliards. Ce qui reflète une pression sur les finances publiques.

Dans ce contexte, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, ont affirmé que le recours aux accords de concession pour les projets d’énergie solaire n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Cette démarche vise à réduire la dépendance au gaz naturel. Lequel constitue la principale source de production d’électricité en Tunisie. Et ce, d’autant plus que son coût est élevé par rapport à l’énergie solaire à coût compétitif.

Ces accords visent à attirer des investissements privés pour la réalisation de centrales photovoltaïques avec des contrats à long terme. Tout en contribuant à la réduction des coûts de production, à la diminution des importations énergétiques et à l’amélioration des équilibres financiers.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une vision nationale visant à renforcer la sécurité énergétique et à réaliser une transition durable vers les énergies propres.

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Économie bas carbone : la Tunisie active ses instruments financiers

La Tunisie intensifie ses efforts pour structurer des instruments de financement vert adaptés à son contexte économique, notamment les obligations vertes. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, qui s’exprimait lors de la cinquième édition du CSR Power Forum 2026, tenue les 5 et 6 mai à Tunis. Il souligne que la transition vers une économie bas carbone dépend étroitement de la mobilisation du secteur financier.

Le ministre a insisté sur le caractère stratégique de la décarbonation, qu’il considère comme un levier de compétitivité, d’attractivité et de résilience. A cet égard, il précise que la Tunisie fait face à un choix déterminant pour orienter son modèle de développement vers une croissance inclusive et durable. Dans cette optique, plusieurs réformes ont été engagées ces dernières années, notamment l’intégration progressive de la budgétisation sensible au climat, visant à faire du budget de l’État un outil de pilotage de la transition écologique.

Parmi les initiatives en cours figure l’élaboration de la troisième Contribution Déterminée au niveau national (CDN3.0), destinée à accélérer la transition bas carbone. Le gouvernement a également introduit des incitations fiscales dans les lois de finances pour stimuler les investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ainsi que les secteurs de l’économie verte, bleue et circulaire. En parallèle, des mécanismes de financement comme le Fonds de transition énergétique ont été mobilisés pour soutenir les projets industriels via des subventions, des crédits complémentaires et des prises de participation, rapporte l’agence TAP.

Malgré ces avancées, Samir Abdelhafidh a reconnu que des défis subsistent, notamment en matière de mobilisation des financements, de développement de projets structurants et de renforcement des capacités techniques. Il a appelé à une mobilisation collective impliquant l’État, les entreprises, sociétés financières et les partenaires internationaux, ainsi qu’au renforcement des dispositifs de suivi des émissions et à l’instauration progressive de mécanismes de tarification carbone.

De son côté, l’économiste Abdelkader Boudriga relativise la problématique du financement, estimant que le principal enjeu réside dans la structuration et l’orientation des flux de capitaux. D’ailleurs, ajoute-t-il, l’absence de transformation des architectures financières limite l’efficacité des fonds disponibles.

Enfin, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a souligné que le coût de l’inaction climatique dépasse celui des investissements nécessaires à la transition. Au final, il a plaidé pour une implication accrue du secteur privé dans un écosystème favorable.

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DECRYPTAGE – Quand le monde retient son souffle au passage d’un détroit

Il arrive que l’économie mondiale se joue dans un espace si étroit qu’il en devient presque invisible sur une carte. Le détroit d’Ormuz est de ceux-là. Quelques kilomètres d’eau, à peine, mais par lesquels transite une part décisive de l’énergie qui alimente usines, transports et foyers à l’échelle planétaire. Lorsqu’il se ferme, ce n’est pas seulement un couloir maritime qui disparaît : c’est une respiration qui se coupe. Et avec elle, une certitude que l’on croyait acquise – celle d’un monde fluide, interconnecté, capable d’absorber tous les chocs.

Huit semaines après le début du conflit, les chiffres commencent à raconter une autre histoire. Un déficit de près de 10 % de l’offre pétrolière mondiale, des stocks qui s’érodent, des délais logistiques qui s’allongent. Et pourtant, en surface, les marchés semblent impassibles, presque insouciants. Les indices boursiers progressent, les investisseurs temporisent, comme si la crise appartenait encore au registre de l’hypothétique.

Ce décalage n’est pas seulement une anomalie conjoncturelle. Il dit quelque chose de plus profond sur notre époque : une tendance à confondre la stabilité des écrans avec celle du réel.

L’illusion d’une économie désincarnée

Depuis plusieurs décennies, la mondialisation financière a donné naissance à une économie où les flux monétaires semblent avoir pris le pas sur les flux physiques. Les capitaux circulent à la vitesse de la lumière, les décisions d’investissement se prennent en millisecondes, et les modèles prédictifs prétendent anticiper l’imprévisible.

Dans cet univers, les marchés peuvent, pendant un temps, ignorer les signaux faibles. Ils peuvent même, paradoxalement, prospérer dans l’incertitude. Mais comme le rappelait Hyman Minsky (1), les phases d’euphorie contiennent en elles-mêmes les germes de leur propre retournement. Plus un système paraît stable, plus il devient fragile.

La fermeture du détroit d’Ormuz agit précisément comme ce point de bascule. Elle réintroduit brutalement la matérialité dans un système qui avait fini par l’oublier. Le pétrole n’est pas une abstraction. Il doit être extrait, transporté, raffiné. Et lorsqu’un maillon de cette chaîne se rompt, c’est l’ensemble qui vacille.

Ce retour du réel est d’autant plus saisissant qu’il intervient dans un contexte déjà fragilisé. L’économie mondiale sort à peine des séquelles de la pandémie de COVID-19, qui avait déjà révélé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. Les leçons de cette crise semblaient claires. Pourtant, elles ont été partiellement oubliées.

L’Europe, une puissance fatiguée face au choc énergétique

Dans cette configuration, la zone euro apparaît comme particulièrement exposée. Non pas tant par sa dépendance directe au détroit, mais par la faiblesse de ses marges de manœuvre. La croissance y est hésitante, l’industrie en recomposition et la demande intérieure contrainte par des années de politiques prudentes.

C’est ici que les débats économiques prennent tout leur sens. Depuis longtemps, une ligne de fracture oppose les partisans d’une discipline budgétaire stricte à ceux qui, dans la lignée de John Maynard Keynes (2), plaident pour un soutien actif de la demande. Or, face à un choc d’offre énergétique, ces débats se compliquent. Relancer la demande dans un contexte de hausse des coûts peut alimenter l’inflation, mais ne rien faire risque d’accentuer la contraction.

Des économistes contemporains comme Olivier Blanchard (3) ont montré que la réponse dépend largement des conditions initiales. Et celles de l’Europe sont préoccupantes : une inflation certes modérée, mais révélatrice d’une demande insuffisante, et une croissance trop faible pour absorber un choc externe.

Dans ce contexte, la Banque centrale européenne se retrouve dans une position délicate. Maintenir les taux, comme cela semble probable, revient à reconnaître implicitement que la politique monétaire ne peut pas, à elle seule, compenser un choc réel. C’est une forme d’impuissance assumée.

Le pétrole, ou la mémoire des crises passées

L’histoire économique est jalonnée de chocs pétroliers. Chaque fois, ou presque, ils ont été suivis d’un ralentissement significatif de l’activité. Les années 1970 en restent l’exemple le plus marquant, mais des épisodes plus récents confirment cette relation étroite entre énergie et croissance.

Pourquoi cette récurrence ? Parce que le pétrole n’est pas un bien comme les autres. Il est au cœur de presque tous les processus productifs. Lorsqu’il devient rare ou cher, il agit comme une taxe invisible sur l’ensemble de l’économie.

Dans le cas actuel, un élément aggrave encore la situation : le décalage temporel. Même en cas de réouverture rapide du détroit, plusieurs semaines seront nécessaires pour rétablir les flux. Ce délai crée une zone d’incertitude où les entreprises, les investisseurs et les États doivent prendre des décisions sans visibilité claire.

Peu à peu, le marché lui-même change de nature. La question n’est plus seulement celle du prix, mais celle de l’accès. Peut-on livrer ? Peut-on produire ? Peut-on tenir les délais ? Ce glissement est fondamental. Il marque le passage d’une économie d’abondance relative à une économie de contraintes.

La Tunisie, entre exposition et vulnérabilité

Pour la Tunisie, ces dynamiques globales prennent une dimension très concrète. Loin des abstractions macroéconomiques, ce sont des équilibres quotidiens qui sont en jeu.

Le premier impact est immédiat : la facture énergétique. Une hausse des prix du pétrole se traduit directement par une pression sur les finances publiques et sur les réserves en devises. Dans un pays où l’équilibre extérieur est déjà fragile, cette évolution peut rapidement devenir problématique.

Mais l’effet le plus profond est sans doute celui qui touche la vie quotidienne. Lorsque les coûts énergétiques augmentent, ils se diffusent dans l’ensemble des prix : transport, alimentation, production industrielle. L’inflation qui en résulte n’est pas une abstraction statistique. Elle se traduit par une érosion du pouvoir d’achat, par des arbitrages plus contraints, par une inquiétude diffuse.

À cela s’ajoute la dépendance à la conjoncture européenne. Si la zone euro entre en récession, les exportations tunisiennes en pâtiront, tout comme le tourisme. Ce double choc – interne et externe – crée un effet de ciseau particulièrement difficile à gérer.

Enfin, il ne faut pas négliger le facteur financier. Comme l’a souligné Raghuram Rajan (4), les périodes d’incertitude globale tendent à détourner les capitaux des économies émergentes. Pour la Tunisie, cela signifie un accès plus difficile au financement, à un moment où les besoins sont pourtant importants.

Des marchés en sursis, une réalité qui s’impose

Face à ces tensions, les marchés financiers continuent, pour l’instant, de faire preuve d’un optimisme mesuré. Mais cet optimisme ressemble de plus en plus à une parenthèse.

L’idée d’un “rallye de soulagement” en fin de cycle est séduisante. Elle suppose que le pire est derrière nous, que les tensions vont se résorber, que l’économie mondiale saura s’adapter. Mais elle repose sur une hypothèse fragile : celle d’un retour rapide à la normale.

Or, tout indique que cette normalité est en train de se transformer. Les chocs d’offre se multiplient, les tensions géopolitiques persistent et les marges de manœuvre des politiques économiques se réduisent.

Dans ce contexte, le marché obligataire, souvent plus prudent, envoie des signaux différents. Il suggère que les risques sont loin d’être pleinement intégrés. Comme souvent, il pourrait avoir raison avant les autres.

Réapprendre la contrainte, repenser la souveraineté

Au fond, la crise actuelle nous oblige à réapprendre une leçon ancienne : l’économie n’est pas un système abstrait. Elle est ancrée dans des réalités physiques, géographiques, humaines.

Pour la Tunisie, cette prise de conscience peut être une opportunité. Elle invite à repenser les priorités : réduire la dépendance énergétique, renforcer les capacités locales, diversifier les partenaires économiques.

Ces choix ne sont pas simples. Ils impliquent des coûts, des arbitrages, des réformes. Mais ils sont sans doute nécessaires dans un monde où les certitudes d’hier s’effritent.

In fine, l’épreuve du réel comme moment de vérité

La fermeture du détroit d’Ormuz n’est pas seulement un événement géopolitique. C’est un test. Un test pour les économies avancées, confrontées à leurs propres fragilités. Un test pour les économies émergentes, exposées à des chocs qu’elles ne contrôlent pas. Un test, enfin, pour les marchés, appelés à réconcilier leurs anticipations avec la réalité.

Dans cette épreuve, une chose devient claire : la stabilité ne peut plus être pensée comme une donnée acquise. Elle doit être construite, patiemment, dans un environnement incertain.

Et peut-être est-ce là, finalement, la véritable leçon de cette crise : nous rappeler que derrière les chiffres, les courbes et les indices, il y a un monde réel, fait de contraintes et de dépendances, que l’on ne peut indéfiniment ignorer sans en payer le prix.

 

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Références :

(1) Hyman Minsky (1919-1996) : était un économiste américain post-keynésien, célèbre pour ses travaux sur la fragilité des systèmes financiers et les crises de la dette. Sa théorie phare, l’hypothèse d’instabilité financière, soutient que « la stabilité engendre l’instabilité » : de longues périodes de prospérité encouragent les investisseurs à prendre des risques excessifs, menant inévitablement à un effondrement.

(2) John Maynard Keynes (1883-1946) : est largement considéré comme l’économiste le plus influent du XXe siècle et le père de la macroéconomie moderne. Son œuvre a radicalement transformé la compréhension du rôle de l’État dans l’économie, en particulier lors des crises.

(3) Olivier Blanchard (né en 1948) : est l’un des macroéconomistes les plus influents au monde. Ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) de 2008 à 2015, il est aujourd’hui chercheur senior au Peterson Institute for International Economics (PIIE) et professeur émérite au MIT.

(4) Raghuram Rajan (né en 1963) : est un économiste de renommée mondiale, reconnu pour avoir prédit la crise financière de 2008 dès 2005. Actuellement professeur de finance à la Chicago Booth School of Business, il reste une figure centrale du débat économique global en 2026.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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