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Al-Soumoud | Deux manifestants du 19 septembre libérés

Les militants Adel Ben Ghazi et Moudhaffar Omar ont été remis en liberté, a annoncé le Comité de la flottille Al-Soumoud en Tunisie, dans la soirée de ce mardi 13 octobre 2026.

Une nouvelle accueillie avec soulagement par la société civile et les associations de défense des droits et des libertés, qui appellent à la libération des autres manifestants arrêtés lors de la marche du 19 septembre.

Le Comité affirme que cette libération apporte un souffle d’espoir, mais souligne toutefois que « le combat est loin d’être terminé », tout en appelant à s’unir pour exiger « la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des militants » arrêtés en marge du mouvement.

Y. N.

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Jendouba | Femme tuée et enterrée : Son collègue en garde à vue

Portée disparue depuis plus de deux semaines et faisant l’objet d’un appel à témoins, une femme a été retrouvée morte, enterrée dans une maison abandonnée à Jendouba Nord.

Les soupçons des enquêteurs se sont rapidement portés sur l’un de ses collègues de travail à la maison de jeunes de la région. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce dernier a avoué le meurtre. Après son crime, il avait enterré sa victime à plusieurs mètres de profondeur, indiquent différentes sources.

Un important dispositif regroupant la police, la Garde nationale et la Protection civile s’est immédiatement rendu sur place, en présence d’un représentant du Ministère public près le Tribunal de première instance de Jendouba, pour procéder à l’exhumation du corps.

La dépouille présentait d’importantes traces de violences et a été transférée au service médico-légal pour autopsie afin de déterminer les causes exactes du décès.

Quant au suspect, il a été placé en garde à vue tandis que l’enquête se poursuit.

Y. N.

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Fête de l’Évacuation | Tunisie : Grâce présidentielle pour 2288 détenus

Le président de la République, Kaïs Saïed, a décidé de gracier 2.288 détenus à l’occasion du 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation, célébrant chaque 15 octobre, le départ du dernier soldat français. .

C’est ce qu’indique un communiqué de la présidence de la République publié ce mardi 13 octobre 2026, en précisant que cette grâce présidentielle permet la libération immédiate de 1 573 d’entre eux.

Le président Kaïs Saïed a également décidé de faire bénéficier 424 autres prisonniers d’une libération conditionnelle.

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Du nouveau dans l’affaire de la chatte livrée aux chiens à Kasserine

Le Parquet de Kasserine a ordonné le placement sous mandat de dépôt de l’un des individus ayant livré une chatte à une meute de chiens à Kasserine.

C’est ce qu’a fait savoir l’association Rahma, citant l’avocate Ghada Hermassi, tout en précisant que le second suspect a été laissé en liberté et renvoyé devant le tribunal de Thala.

Suite aux informations relayées par Me Hermassi, les défenseurs des droits des animaux ont exprimé leur satisfaction et affirmé que cette affaire de maltraitance animale connaît un premier développement judiciaire marquant dans la région, avec l’incarcération du premier suspect à la prison civile de Kasserine.

Pour rappel, ces individus avaient intentionnellement jeté une chatte en gestation à des chiens et les avaient incités à l’attaquer, ne lui laissant aucune chance.

Soutenu par l’association Rahma et défendu par Me Hermassi, le propriétaire de la chatte a porté plainte, ce qui a permis l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Y. N.

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Prévisions météo | Des pluies orageuses annoncées pour cette nuit

​Selon l’Institut national de la météorologie (INM) la nuit sera marquée par un temps nuageux et par des pluies localement orageuses à l’extrême sud du pays.

Le vent soufflera fort près des côtes et sera faible à modéré sur les autres régions, ajoute l’INM en ajoutant que la mer restera agitée au nord et deviendra agitée à localement très agitée sur le reste du littoral.

Quant aux températures nocturnes, elles varieront entre 17°C et 22°C, se rafraîchissant autour de 14°C sur les hauteurs, ajoute la même source.

Y. N.

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Nouveau chapitre de la création numérique africaine

La deuxième cohorte du programme panafricain ‘‘Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs’’ tient sa première résidence du 12 au 17 octobre 2026 à Abidjan. Quatorze projets portés par de jeunes créateurs de Tunisie, de Côte d’Ivoire, du Bénin et des Comores bénéficieront d’un accompagnement destiné à transformer leurs idées en propositions créatives structurées et à préparer leurs premiers prototypes.

Après une première cohorte réunissant des porteurs de projets tunisiens, marocains et sénégalais, les ‘‘Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs’’ poursuivent leur démarche de coopération culturelle à l’échelle du continent. Cette deuxième cohorte inaugure une nouvelle étape du programme, avec un parcours de neuf mois consacré au développement de projets numériques dans les industries culturelles et créatives (ICC).

La résidence d’Abidjan réunit quatorze porteurs de projets autour d’un objectif commun : explorer les possibilités offertes par les outils numériques, tout en construisant des propositions artistiques ancrées dans les récits, les patrimoines et les réalités de leurs territoires.

Des récits locaux aux nouvelles formes de création

Les projets sélectionnés dessinent un paysage créatif où les frontières entre patrimoine, narration, transmission et innovation technologique deviennent des espaces d’expérimentation.

En Tunisie, Rewya, de Nijed Baker, prend pour point de départ l’expérience des coupures d’eau à Gafsa pour interroger les dimensions culturelles, historiques et émotionnelles de cette ressource à travers le jeu vidéo.

The Musician’s Path, porté par Mohamed Ali et Mohamed Hedi Kechiche, propose quant à lui une exploration interactive du patrimoine musical tunisien, en associant narration vidéoludique, apprentissage musical et rencontre avec des musiciens contemporains.

Avec Traces of Memories, Nada Ben Lagha s’intéresse à la mémoire de La Goulette et à la préservation d’un patrimoine architectural disparu à travers un projet transmédia.

En Côte d’Ivoire, CinéManiac, imaginé par Van Zroh Noël, entend raconter l’histoire du cinéma ivoirien et africain à travers des séries documentaires numériques. D’autres propositions explorent l’animation 3D inspirée des récits et mythes ou cherchent à faciliter la promotion musicale des artistes indépendants.

Les projets béninois investissent notamment la valorisation des danses traditionnelles, la mémoire des cours d’eau, les patrimoines africains et la diffusion des œuvres audiovisuelles.

Du côté des Comores, Ce Que Vaut le Geste, porté par Mohamed Kassim, propose une enquête numérique sur les savoir-faire artisanaux, en prenant la fabrication de la kofia comme point de départ pour rendre visibles le temps, les gestes et les transmissions qui se cachent derrière la valeur marchande d’un objet.

Cette diversité témoigne d’une volonté de faire du numérique un espace de création et de circulation des imaginaires, plutôt qu’un simple outil de diffusion. Les projets mobilisent des formats variés tels que les jeux vidéo, les expériences immersives, les plateformes numériques, le podcast, l’animation, webtoons et créations transmédias, pour renouveler les manières de raconter et de partager les cultures africaines.

De l’idée au prototype : un accompagnement à plusieurs dimensions

La résidence d’Abidjan constitue la première étape opérationnelle de cette nouvelle cohorte. Son programme articule une immersion dans les Industries Culturelles et Créatives, des ateliers d’idéation et de storytelling, un travail sur la proposition de valeur et le modèle économique, ainsi que des séances de mentorat individualisé.

Les participants sont également amenés à développer leurs fiches de projet, à expérimenter le prototypage et à confronter leurs propositions aux regards des autres porteurs de projets. Le parcours prévoit notamment un laboratoire de projets croisés, consacré à la critique constructive, au partage des connaissances et à l’amélioration collective des propositions.

Cet accompagnement mobilise cinq mentors entre universitaires et spécialistes de l’entrepreneuriat culturel et les ICC; Souhir Mkaouar, Asma Saayed, Tarek Lamouchi, Fares Khiari et Emira Ben Saâd. L’enjeu est d’articuler les dimensions artistiques, techniques et entrepreneuriales des projets, afin de mieux préparer leur développement au-delà de la résidence.

La semaine doit se conclure le 17 octobre par une session de présentation des projets, permettant aux participants de formaliser une première version de leur pitch et de définir les prochaines étapes de leur parcours.

Construire des coopérations au-delà des frontières

Porté par l’Association du Multimédia et de l’Audiovisuel (Amavi), en partenariat avec Africadoc en Côte d’Ivoire et l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (Adac) au Bénin, le programme s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud qui mise sur la circulation des compétences et la mise en réseau des jeunes créateurs.

Son ambition dépasse ainsi la formation individuelle. En réunissant des porteurs de projets issus de quatre pays, les Ateliers Sud-Sud cherchent à favoriser les échanges entre des expériences culturelles différentes, à ouvrir de nouvelles possibilités de collaboration et à accompagner l’émergence de projets capables de trouver leurs publics.

À Abidjan, cette deuxième cohorte ouvre un espace de travail commun où les idées peuvent être mises à l’épreuve, reformulées et transformées en prototypes. Une étape décisive pour des projets qui cherchent à faire dialoguer les récits de leurs territoires avec les possibilités offertes par les technologies numériques, tout en explorant les conditions concrètes de leur développement.

 Communiqué.

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Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite

Une série d’attaques de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière menée par les Houthis yéménites a frappé l’aéroport international roi Khaled de Riyad samedi 10 octobre 2026 faisant 13 morts et 309 blessés. L’aéroport est fermé jusqu’à nouvel ordre, les écoles de la capitale ont basculé en enseignement à distance et plusieurs entreprises du centre d’affaires de Riyad ont mis leur personnel en télétravail. Les attaques n’ont pas épargné le reste du Royaume, l’aéroport de Dammam et des installations énergétiques du géant pétrolier Aramco ont aussi été visés. Ces frappes et leurs conséquences écornent l’image de l’Arabie Saoudite et peuvent compromettre la concrétisation des objectifs de diversification et de modernisation de l’économie saoudienne, priorité du prince héritier Mohammed ben Salmane surtout que pour le moment, aucune issue au conflit ne se profile.

Imed Bahri

Selon l’analyse du magazine britannique The Economist intitulée «L’Arabie saoudite est de plus en plus assiégée», le Royaume dispose de peu d’options face aux attaques meurtrières en provenance du Yémen et semble pris au piège. L’attaque visant l’aéroport international de Riyad était la plus sanglante jamais perpétrée par les Houthis.

Samedi, des témoins oculaires ont rapporté que des missiles avaient touché directement le terminal 3, réservé aux vols intérieurs, provoquant l’effondrement d’une partie de sa toiture. Au moins 13 personnes ont été tuées —saoudiens et résidents étrangers— et 309 autres ont été blessées, certaines se trouvant dans un état critique. L’aéroport reste fermé jusqu’à nouvelle ordre et la date de sa réouverture n’a pas encore été précisée.

Le lendemain, dimanche, les Houthis ont lancé une nouvelle attaque contre le terminal 4 cette fois-ci, provoquant un incendie. Cette attaque, la plus grave subie par le Royaume depuis plus d’une décennie, survient à peine deux semaines avant que le pays n’accueille une importante conférence sur l’investissement. Elle soulève des questions quant aux capacités de défense aérienne saoudiennes et à l’avenir de la guerre au Yémen, un conflit qui s’est récemment ravivé après une trêve de plusieurs années.

The Economist affirme que les Houthis contrôlent toujours la majeure partie du Yémen, malgré la campagne aérienne menée par l’Arabie saoudite en 2015 visant à les évincer du pouvoir. Si le cessez-le-feu de 2022 a gelé les lignes de front, la guerre plus large dans le Golfe, déclenchée par les États-Unis et Israël en février, a rendu cette trêve manifestement intenable. À l’approche de l’été, les deux camps se préparaient à reprendre les combats.

Les Houthis contrôlent la côte sud-ouest du Yémen

Le mois dernier, les Houthis ont lancé une offensive leur permettant de prendre rapidement le contrôle d’une grande partie de la côte sud-ouest du Yémen, y compris la ville portuaire de Mokha.

Les Saoudiens et leurs alliés yéménites (forces armées dépendant du gouvernement internationalement reconnu) ont entamé une contre-offensive ce mois-ci mais leur progression a été lente. S’ils ont reconquis une bande côtière, ils semblent marquer le pas aux abords de la localité de Dhubab, située à 40 kilomètres au sud de Mokha.

Comme c’est souvent le cas au Yémen, les campagnes militaires démarrent avec vigueur mais s’enlisent rapidement dans une impasse.

Parallèlement, les Houthis continuent de tenter d’encercler Taëz, la troisième plus grande ville du Yémen et bastion de la résistance anti-houthie. Ils ont également repris leurs attaques de missiles et de drones contre les infrastructures saoudiennes, notamment les raffineries de pétrole et les bases militaires.

Les Houthis ont fait des aéroports une cible privilégiée, avertissant les voyageurs d’éviter l’espace aérien saoudien. Au cours des trois dernières semaines, ils ont multiplié les attaques d’envergure croissante contre l’aéroport de Riyad. Une attaque au missile, survenue le 8 octobre, a fait trois morts —dont un pilote— et a entraîné la destruction d’un avion appartenant à une compagnie aérienne saoudienne publique. Si les compagnies aériennes étrangères ont annulé des centaines de vols, les autorités saoudiennes ont maintenu l’aéroport ouvert jusqu’à l’attaque sanglante de samedi dernier. 

The Economist souligne que l’incapacité des Saoudiens à intercepter les missiles reste inexpliquée alors même qu’ils disposent de systèmes de défense aérienne sophistiqués, notamment des batteries Thaad et Patriot de fabrication américaine.

Toutefois, comme c’est le cas dans de nombreux pays de la région, ils s’inquiètent de l’épuisement de leurs stocks de missiles intercepteurs après près de huit mois de guerre.

Quelques heures avant la dernière attaque, les organisateurs de la conférence annuelle Future Investment Initiative (Initiative pour l’investissement futur), prévue le 26 octobre, ont déclaré qu’ils comptaient toujours maintenir l’événement. Cet événement annuel, organisé par le prince héritier et surnommé le «Davos du désert», attire généralement l’élite du monde de la finance et des affaires, son annulation serait donc source d’embarras.

Cependant, on ignore combien de dirigeants d’entreprises souhaiteront y assister, ni même comment ils rejoindront le Royaume. Les déplacements aériens vers d’autres villes pourraient ne pas être une option envisageable, les Houthis ayant également pris pour cible l’aéroport de Dammam, situé à quatre heures de route à l’est de la capitale, Riyad.

Le gouvernement saoudien confronté à une guerre prolongée

Les Houthis dirigent de main de fer les zones sous leur contrôle. Ils financent leur machine de guerre grâce à des taxes et des redevances exorbitantes qui pèsent lourdement sur une population déjà épuisée. Si une décennie de guerre a appauvri le Yémen, ils restent prêts et capables de poursuivre le combat.

Dans ce contexte, le gouvernement saoudien est confronté à une guerre prolongée, marquée par des attaques répétées contre les aéroports et les infrastructures énergétiques, ce qui compromet ses plans de diversification économique et sape la concrétisation de la vision 2030 de Mohammed ben Salmane.

Pour autant, des analystes politiques sur les réseaux sociaux saoudiens insistent sur le fait que le pays se battra jusqu’à remporter une victoire décisive sur les Houthis. Les sources de The Economist ayant récemment rencontré les dirigeants du Royaume affirment que le prince héritier est déterminé à reconquérir les territoires perdus au profit des Houthis le mois dernier. Un responsable occidental a déclaré : «Je ne sais pas s’ils ont des objectifs clairs au-delà de cela».

L’Arabie saoudite a obtenu un certain soutien international ce mois-ci en activant des accords de défense commune signés en août avec le Pakistan et la Turquie. Le Pakistan a déployé des milliers de soldats en Arabie saoudite, bien qu’il affirme ne pas vouloir participer à la guerre au Yémen. Le Royaume-Uni a envoyé un avion ravitailleur en vol et la France a promis d’envoyer des troupes pour protéger un important terminal pétrolier sur la mer Rouge. Donald Trump a rejeté à plusieurs reprises les demandes du prince Mohammed ben Salmane de mener des frappes aériennes américaines mais le président américain a laissé entendre qu’il pourrait reconsidérer la question après l’attaque de samedi contre l’aéroport de Riyad. Néanmoins, aucune de ces mesures ne s’avérera décisive face aux Houthis.

L’autre option consiste à conclure un accord mais les Houthis en exigeront un prix élevé. Ils s’attendront à des gains économiques, à la levée du blocus saoudien sur l’espace aérien yéménite et à d’autres concessions. Cela créerait un précédent dangereux : les Houthis comprendraient que les attaques contre les infrastructures civiles constituent une forme efficace de chantage. 

Après plus d’une décennie de guerre, les Saoudiens ne disposent clairement plus de bonnes options et il n’y a pas de voie de sortie à l’horizon, du moins pour l’instant.

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L’UPR appelle à participer massivement à la marche du 17 octobre à Tunis

Dans un communiqué publié hier, lundi 12 octobre 2026, l’Union Populaire Républicaine (UPR), dont le secrétaire général et ancien candidat à la présidentielle, Dr Lotfi Mraihi est incarcéré depuis le 3 juillet 2024, annonce sa participation à la marche populaire et citoyenne du 17 octobre 2026 à Tunis, à laquelle a appelé une coordination de la société civile, dont l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH).

«Réaffirmant notre engagement indéfectible en faveur des valeurs d’émancipation et de démocratie, et conscients de notre responsabilité nationale en cette conjoncture délicate, nous annonçons notre participation active à la marche du 17 octobre», lit-on dans le communiqué de l’UPR.

«Cette participation vise à faire face à la situation périlleuse et à la grave érosion du système des droits et libertés ; elle exprime également notre rejet des politiques du fait accompli, du musellement des voix, des restrictions imposées au pluralisme et de la confiscation de la volonté de la société civile et politique», ajoute l’UPR, qui exprime, par ailleurs, «son rejet catégorique des décrets modifiant la loi électorale, lesquels témoignent manifestement d’une volonté de domestiquer l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) et de l’aligner sur les organismes inféodés au pouvoir, privant ainsi les prochaines échéances électorales des normes minimales d’intégrité et de crédibilité».

Il fait part aussi de «son rejet du décret portant abrogation de la loi sur les collectivités locales, en raison de l’atteinte qu’il porte aux fondements de la démocratie participative et aux acquis de la décentralisation» et exprime «sa solidarité totale et inconditionnelle avec les diplômés de l’enseignement supérieur dans leur attachement légitime à leurs revendications sociales, et condamnation de la politique d’indifférence et de mépris opposée par les autorités à ces revendications».

Tout en exprimant, également, sa solidarité avec tous les détenus politiques, les professionnels des médias et les prisonniers d’opinion, l’UPR réitère son exigence de libération immédiate de tous les détenus politiques et prisonniers d’opinion, au premier rang desquels figurent le Dr Lotfi Mraihi, condamné à 6 ans de prison pour des soupçons de blanchiment d’argent et de transfert illégal de biens à l’étranger, et le Dr Leila Kallel, directrice exécutive du de l’UPR, condamnée dans la même affaire à 3 ans de prison, entre autres.

L’UPR appelle enfin toutes les forces vives, les organisations de défense des droits humains et les consciences libres à participer massivement à la marche du 17 octobre, «afin de faire entendre la voix de la vérité et de défendre l’État de droit et la citoyenneté.»

I. B.

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Citron pressé | Boualem Sansal ou l’arroseur arrosé

De la polémique sur l’immigration à la récupération politique de son image, le parcours médiatique de l’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal interroge les rapports entre littérature, pouvoir et instrumentalisation des figures intellectuelles. Derrière la célébration d’un écrivain présenté comme un symbole absolu de la liberté se dessine une question essentielle : où s’arrête l’admiration sincère d’un auteur et où commence son exploitation politique ? Question que l’écrivain doit du reste se poser à lui-même…

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À force de renier ses principes, on finit par se confronter aux conséquences de ses propres choix. Le temps finit parfois par rendre à chacun le fruit de ses actes. Dans un récent entretien, l’écrivain Boualem Sansal se lamentait de l’accueil qui lui est désormais réservé à Paris après son feuilleton éditorial et ses déclarations fracassantes, résumant son quotidien par cette formule : «C’était matin et soir, j’étais l’ingrat et le salaud». L’ironie est le désespoir de ceux que le spectacle du monde a cessé de faire rire.

Voilà un homme qui découvre, feignant la surprise, des qualificatifs que le peuple algérien lui attribue pourtant depuis des années. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les Algériens qui le pointent du doigt, mais ses propres soutiens du microcosme parisien.

En se retournant contre le système qui l’a médiatiquement fabriqué après avoir renié la patrie qui l’a nourri et formé, Sansal fait face au miroir de ses propres turpitudes. L’instrument de l’extrême droite française est en train de réaliser, à ses dépens, qu’un mercenaire idéologique n’a pas d’amis : il n’a que des utilisateurs.

La fabrication d’une icône par une droite en manque de symboles

À Paris, le monde politique et les médias confondent trop souvent les enjeux électoraux avec la valeur littéraire d’un écrivain.

Dès qu’un auteur instrumentalise les thèmes incandescents de l’époque — l’autoritarisme, le fanatisme et les fractures géopolitiques —, une partie du complexe médiatique s’empresse de lui tailler un costume sur mesure : celui du «martyr absolu». C’est ainsi que s’est écrite la saga de Boualem Sansal, ou l’histoire stupéfiante d’un esprit aux prophéties apocalyptiques métamorphosé en icône nationale par une droite en quête de symboles.

Invité régulier des plateaux télévisés, l’écrivain n’a jamais hésité à surenchérir sur le lexique de l’extrême droite. Lors d’un entretien diffusé dans l’émission Les Conversations en mai 2024, alors que son interlocuteur évoquait prudemment la question de l’immigration, l’auteur coupait court pour imposer sa vision des choses : «Vous parlez d’immigration, mais c’est une invasion !» En qualifiant les flux migratoires de «colonisation à l’envers» et en affirmant sur CNews ou dans les colonnes du Figaro que la France perdait une guerre culturelle face à un projet de conquête, l’écrivain offrait sur un plateau d’argent la caution rêvée aux tenants du choc des civilisations.

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment faire d’un écrivain jusque-là peu connu du grand public une star de dimension mondiale ? Le secret de cette élévation médiatique réside notamment dans la ferveur des campagnes politiques françaises. À l’approche d’échéances électorales majeures, la droite s’est disputé sa présence. Bruno Retailleau affichait fièrement son amitié avec lui et l’invitait à son premier meeting, dans une mise en scène qui a viré au fiasco. En cherchant à ériger une figure au discours si particulier en «faiseur de présidents», ce courant politique a rejoué le mythe de Frankenstein : il a façonné sa propre créature médiatique, un avatar idéologique nourri de surenchères, qui a fini par échapper à ses géniteurs.

Cet affaissement éthique et la dérive du débat public — où la course aux voix et le règne de l’image ont fini par banaliser la xénophobie et ériger des provocateurs en modèles de franc-parler — n’étaient en réalité que les signes avant-coureurs de cette séquence. C’est précisément dans cette brèche que s’engouffre l’intelligence cynique de Boualem Sansal : celle d’un auteur qui a su trouver sa place dans un écosystème médiatique avide de figures clivantes et de symboles politiques, échangeant une caution idéologique contre une visibilité et des dividendes considérables.

De l’intellectuel d’œuvre à l’intellectuel de plateau

Poussé sur le devant de la scène médiatique, Sansal y est resté non pas en raison de la profondeur d’une œuvre — car une simple succession de romans ne compose pas nécessairement une œuvre véritable —, mais parce qu’il s’est installé en symbiose parfaite avec une époque qui a fait de l’exclusion et du discours identitaire son terrain de prédilection. Nous assistons à une perversion des valeurs capable de transformer la moindre posture en événement de première importance.

L’époque est bien révolue où un intellectuel se définissait d’abord par la rigueur de son travail, par une création exigeante qui fondait sa légitimité lorsqu’il intervenait dans les affaires du siècle. Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre ou Pierre Bourdieu furent tous des créateurs qui ne devaient leur renommée qu’à leur talent, à la force de leurs écrits et à l’indépendance de leur pensée.

Aujourd’hui, peu importe la valeur ou la nullité d’une production : ce sont les médias, et la télévision en premier lieu, qui consacrent les intellectuels, décident qui l’est et qui ne l’est pas, modifiant radicalement leur statut. Il ne s’agit plus d’écrire les livres les plus substantiels pour être reconnu, mais d’être le plus visible possible, d’occuper l’antenne et les unes des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Grâce aux réseaux de connivence parisiens, l’auteur s’assure une place au soleil.

Dans cet échange de bons procédés, Sansal apporte aux médias la caution dont ils ont besoin pour leurs polémiques, tandis que les médias entretiennent sa réputation et le couronnent roi. Mais cette dépendance servile à l’égard de ceux qui l’ont fait roi — et qui peuvent du jour au lendemain le précipiter dans les oubliettes — se répercute sur la nature même de sa production. Tout se fait au détriment de la rigueur, du sérieux et de la vérité historique.

Faute d’innover et de créer, ces figures de plateau se distinguent toutes par un silence assourdissant sur les tragédies réelles du monde contemporain, qu’il s’agisse des massacres en Palestine, du drame du Soudan ou du blocus subi par Cuba. On assiste au contraire à leur alignement inconditionnel sur les politiques d’occupation, à leur soutien inlassable et inconditionnel à Israël et aux États-Unis, à leur dénigrement permanent du Sud Global et à leur obsession anti-immigrés. À chacun son fonds de commerce idéologique : pour peu qu’il soit rentable, son détenteur peut se permettre n’importe quelle fantaisie, jusqu’à soutenir qu’un raciste n’est qu’un humaniste persécuté.

Le prisme colonial : du ressentiment au reniement

Pour comprendre la mécanique de Sansal, il faut analyser le cadre mental dans lequel il s’est enfermé. Nous faisons face à une forme de racisme idéologique, tout aussi pernicieux que le racisme biologique. Il s’agit du logiciel propre aux esprits coloniaux et impérialistes : «Tu dois penser comme moi, adopter mes dogmes, sinon tu es considéré comme l’ennemi.»

Un esprit libre et véritablement universaliste sait travailler sur ce qui rassemble les êtres humains tout en acceptant ce qui les sépare. L’esprit colonial, lui, rejette viscéralement la différence. Si vous ne pensez pas comme lui, si vous ne validez pas ses obsessions, vous ne serez jamais le bienvenu. C’est ce fascisme identitaire qui caractérise aujourd’hui le discours de Sansal et qui est en train de subir un choc violent face au principe de réalité.

On peut légitimement s’interroger sur la trajectoire psychologique de l’écrivain : s’agit-il d’une naïveté politique sidérante, d’un aveuglement tragique sur les signaux et les marqueurs idéologiques qui l’entourent ? Ou alors, plus simplement, faut-il admettre que Sansal est irrémédiablement tombé, par le biais de ses frustrations et de ses ressentiments pathologiques, dans la sphère la plus réactionnaire ? Les notions d’«extrême droite», de neutralité ou de clairvoyance politique semblent désormais frappées d’un flou artistique absolu dans son esprit, masquant à peine un alignement total sur des dogmes xénophobes.

En diabolisant systématiquement les musulmans et les immigrants sous le qualificatif d’«envahisseurs», Sansal a tenté d’appliquer la stratégie classique du bouc émissaire. Mais ce principe politique comporte une règle d’or : il n’est jamais payant à long terme. Il finit toujours par se retourner contre son propre initiateur. En s’attaquant avec la même hargne aux voix laïques et progressistes qui dénonçaient ses amalgames, Sansal s’est définitivement aliéné ses soutiens historiques.

L’imposture du «Voltaire» autoproclamé face au miroir d’Émile Zola

Tant que Sansal servait les intérêts de ses promoteurs, ses courtisans les plus zélés n’hésitaient pas à le parer de vertus philosophiques indues, allant jusqu’à le qualifier grotesquement de «Voltaire algérien». Quelle insulte à l’esprit des Lumières et à l’honnêteté intellectuelle ! Voltaire, Sartre ou Beauvoir ont marqué l’Histoire en choisissant d’écouter leur conscience au détriment de la raison d’État ou des opportunismes de carrière. Sansal, lui, n’est qu’un pamphlétaire aux indignations sélectives.

Où est la conscience de ce prétendu «Voltaire» face aux tueries de masse perpétrées à Gaza ? Lors de son voyage en Israël en 2012, balayant les critiques relatives à l’occupation, Sansal déclarait toute honte bue : «Ma liberté de penser et de parler passe avant toute chose… Je suis venu avec joie et je reviendrai.» Plus tard, au micro de la radio Kan Reshet Bet, il scellait cette sélectivité morale en affirmant, sans le moindre mot pour la tragédie palestinienne : «Mon amitié avec Israël est ce que le régime algérien ne pouvait pas supporter», réduisant ainsi un conflit d’occupation à une simple «guerre civile». Ce refus de voir la souffrance des opprimés trahit une faillite morale absolue.

Comment ne pas éprouver une vive indignation en songeant, par contraste, au sort d’Émile Zola ? Candidat malheureux à dix-neuf reprises à l’Académie française, le titan du naturalisme et l’auteur de ‘‘J’accuse… !’’ a payé son engagement en faveur d’Alfred Dreyfus au prix de la haine, des menaces et de l’exil. Son combat demeure l’un des exemples les plus marquants du courage intellectuel. Un siècle plus tard, les institutions déroulent le tapis rouge devant un «athée mystique à double visage» dont la seule arme est l’amalgame anti-laïque et la provocation marchande.

La trahison éditoriale et la qualification juridique

Le cynisme marchand a fini par achever le personnage. Après avoir bénéficié de la mobilisation de son éditeur historique Gallimard et de soutiens européens pour sa libération, Sansal a cédé aux sirènes financières en rejoignant les écuries Grasset (groupe Hachette-Bolloré) contre un chèque mirobolant d’un million d’euros. Ce marchandage a suscité la désillusion de ses soutiens, jusque dans les rangs du Parlement belge et de l’Académie royale de Belgique, où ses pairs lui ont infligé un réquisitoire mémorable sur sa déchéance éthique.

Au-delà de la faillite morale, les propos répétés de Sansal relèvent d’une responsabilité civique et légale. Classer les êtres humains, désigner des communautés entières (musulmans, immigrants) sous le sceau de l’«invasion» ou de la menace constitue une forme intolérable de discrimination.

En droit français, de tels dérapages dépassent la simple liberté d’opinion :

  • L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.
  • L’article 225-1 du Code pénal définit et réprime sévèrement les discriminations portées aux droits fondamentaux des individus.

Cet homme irresponsable ne saurait se draper plus longtemps dans le manteau de la laïcité. Il s’agit désormais d’informer les esprits éclairés et les vrais défenseurs des libertés que cet auteur n’est qu’un agitateur anti-laïque, dont les amalgames tombent sous le coup des principes civiques les plus élémentaires.

Le syndrome du citron pressé et le verdict de la postérité

Le vent tourne en France et l’autorité usurpée de Boualem Sansal s’émousse irrémédiablement. La dénonciation est désormais lancée, et elle se poursuivra de bouche à oreille, sur la toile et dans les médias indépendants.

Sansal est définitivement devenu semblable à ce citron que l’on presse jusqu’à la dernière goutte pour alimenter les polémiques des plateaux télévisés. Une fois totalement asséché, il sera mis au rebut par ceux-là mêmes qui l’ont instrumentalisé.

Traité de «salaud» et d’«ingrat» par le Tout-Paris littéraire et politique qu’il a tenté de berner, il subit aujourd’hui un juste retour des choses. L’arroseur est arrosé. L’Histoire retiendra qu’à force de nourrir son ego de contrevérités, d’amalgames répréhensibles et de reniements, Boualem Sansal aura fini par s’isoler totalement : rejeté par la patrie qu’il a trahie, méprisé par le système qui l’a utilisé, et condamné par la conscience des hommes libres.

* Médecin algérien au Canada.

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Intersection | «Riadh Ben Fadhel a droit à un procès équitable»  

L’homme politique Riadh Ben Fadhel, coordinateur général du parti Al-Qotb, a comparu hier, lundi 12 octobre 2026, devant la chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, dans le cadre de l’affaire dite des «biens confisqués» du clan de l’ancien président Ben Ali, près de trois ans après son arrestation le 14 novembre 2023 et son incarcération à la prison civile de Mornag.

Cette comparution fait suite au report de l’audience précédente, tenue le 28 septembre 2026, dans un contexte suscitant une vive inquiétude quant au maintien de la détention provisoire au-delà des délais légaux maximaux.

«Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur le respect des garanties fondamentales d’un procès équitable, au premier rang desquelles figure le droit à être jugé dans un délai raisonnable, sans atermoiements ni reports injustifiés. Elle suscite également la crainte que cette détention prolongée ne se transforme en une peine privative de liberté effectivement subie avant même le prononcé d’un jugement définitif», écrit l’Association Intersection pour les droits et les libertés dans un communiqué, où elle «réitère son soutien inconditionnel à Riadh Ben Fadhel et appelle à garantir le respect de ses droits ainsi que toutes les garanties d’un procès équitable, conformément à la Constitution tunisienne et aux engagements internationaux de l’État tunisien en matière de droits humains.»

Intersection se dit d’autant plus préoccupée que ce procès intervient «dans un contexte marqué par une restriction croissante de l’espace politique et par des poursuites à l’encontre des acteurs et actrices politiques». Tout en réitérant son «refus catégorique de toute instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour gérer les différends politiques ou pour éliminer des adversaires politiques», elle insiste également sur «la nécessité de garantir l’indépendance et l’impartialité de la justice, ainsi que le respect des garanties juridiques assurant qu’aucune atteinte ne soit portée aux droits et libertés en raison d’activités politiques.»

Parmi ces garanties fondamentales d’un procès équitable, Intersection cite «la présomption d’innocence, le droit à la défense et le droit à être jugé dans un délai raisonnable», ainsi qu’une justice indépendante et impartiale, pilier essentiel pour la protection des droits et libertés.

I. B.

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Une guerre nucléaire entre la Russie et l’Otan est-elle inéluctable ?

Un document envoyé à l’Otan par la Russie, examiné par Reuters, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’Otan si l’Alliance Atlantique tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.

Habib Glenza, àLödz, Pologne.

Kaliningrad, ville connue jusqu’en 1946 sous le nom de Königsberg en allemand, est une ville importante de l’oblast de Kaliningrad, une enclave russe située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Située à environ 663 kilomètres à l’ouest du territoire principal de la Russie, Kaliningrad est la deuxième plus grande ville du district fédéral du nord-ouest de la Russie, après Saint-Pétersbourg, la troisième de la région baltique et la septième de la mer Baltique. Sa population s’élevait à 490 449 habitants en 2021. 

Königsberg était, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la grande ville la plus orientale d’Allemagne. Elle a été lourdement endommagée par les bombardements alliés en 1944 lors de la bataille de Königsberg en 1945 ; elle fut ensuite annexée par l’Union soviétique le 9 avril 1945 : les accords de Potsdam de 1945 la placèrent sous l’administration de Moscou. La ville a été rebaptisée Kaliningrad en 1946 en l’honneur du dirigeant bolchévique russe Mikhaïl Kalinine.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique, elle est gouvernée comme le centre administratif de l’oblast de Kaliningrad, le plus occidental de la Russie que, depuis la chute de l’URSS, la Pologne et l’Allemagne cherchent à récupérer.

Un port russe stratégique sur la mer Baltique

Ville portuaire baltique, elle s’appelait Królewiec et appartenait au royaume de Pologne entre 1454 à 1425. Sous le nom de Königsberg, elle devint successivement capitale de l’Ordre Teutonique, du duché de Prusse (1525-1701) et de la Prusse orientale. Elle resta la ville du couronnement de la monarchie prussienne, même si la capitale fut transférée à Berlin en 1701. 

On comprend que cette ville, désormais appelée Kaliningrad, soit aujourd’hui au centre des tensions entre la Russie et l’Otan, qui n’ont cessé de croître depuis le début du conflit russo-ukrainien en février 2022. Un document récent a révélé que la situation pourrait être bien pire qu’il n’y paraît.

Ce document examiné par Reuters, envoyé à l’Otan par la Russie, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’alliance si l’Otan tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.

Mark Rutte et Vladimir Poutine jouent à se faire peur.

Le document en question accusait l’Otan de mener une «politique dangereuse et irresponsable» ayant engendré un «risque élevé de déclenchement d’un conflit armé direct». Il avertissait également que la Russie frapperait l’Otan en cas de conflit de ce type.

Selon Reuters, le document affirmait : «La Russie frapperait d’emblée les centres de décision des États membres de l’alliance», ce qui signifie vraisemblablement que la Russie est prête à faire la guerre pour Kaliningrad.

Si un conflit éclatait entre la Russie et l’Otan, Moscou serait prêt à frapper l’Alliance avec toutes les armes de son arsenal. Cela inclut les armes nucléaires, selon un document russe secret. 

Reuters a rapporté que cet avertissement souligne les inquiétudes croissantes en Russie quant à la menace que représente l’Otan pour Kaliningrad. Cependant, le plus haut responsable de l’Alliance ne s’est pas laissé intimider par cette menace russe.

Réponse de l’Otan aux menaces russes

Lors du sommet Défense et Espace d’Euronews à Bruxelles le 30 septembre drnier, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a été interrogé sur la lettre de la Russie et sur la réalité de la menace d’utiliser des armes nucléaires pour défendre Kaliningrad. Il a répondu que, selon lui, cette menace était infondée.

«Poutine sait qu’il ne pourra jamais gagner contre l’Otan, donc je ne prends pas cela très au sérieux, mais bien sûr nous devons répondre et lui faire comprendre que l’Otan est une alliance défensive et qu’il faut arrêter la guerre en Ukraine et mettre fin aux menaces nucléaires, car cela n’est pas utile», a poursuivi Rutte, selon la transcription de ses propos par l’Otan. «L’Otan est bien plus forte que la Russie, il est donc impossible que celle-ci puisse nous vaincre», a poursuivi le secrétaire général de l’Otan.

Cependant, Poutine n’a pas tenu compte de cet avertissement. Le 1er octobre, le président russe a de nouveau mis en garde publiquement l’Occident sur les limites que la Russie était prête à franchir pour défendre Kaliningrad, déclarant devant un auditoire du Club Valdaï à Moscou que la Russie était prête à utiliser toutes les armes de son arsenal.

«Les exercices en mer Baltique se sont enchaînés ainsi que les tentatives d’arraisonnement de nos navires. Tout cela constitue une escalade. Et puis nous avons commencé à entendre des déclarations concernant la région de Kaliningrad», a déclaré Poutine à propos de la situation, selon CNN.

«Si une attaque directe devait avoir lieu contre la Fédération de Russie, en l’occurrence Kaliningrad et éventuellement d’autres territoires, la question de l’utilisation de toutes les armes de notre arsenal serait inévitablement et systématiquement abordée. C’est inévitable», a ajouté Poutine.

La guerre est-elle imminente ? Il est encore difficile de savoir si la situation dans la région baltique continuera de se détériorer, mais il est clair que les tensions entre la Russie et l’Otan semblent atteindre un nouveau point de rupture, et cette situation pourrait éventuellement mener à un conflit. Si les deux parties ne cessent pas de bomber le torse et de jouer à se faire peur mutuellement.

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