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La consommation de la grenade est bonne pour le cœur

La production tunisienne de grenades pour la saison 2026 est estimée à 98 000 tonnes, en hausse de 8 % par rapport aux 91 000 tonnes récoltées en 2025, selon les données du Groupement interprofessionnel des fruits (GIFruits). Ça tombe bien, puisque, selon Dr Faouzi Addad, la consommation de ce fruit qui mûrit en pareille saison de l’année est excellente pour la santé et pourrait même contribuer à diminuer la pression artérielle.

«S’il y a un fruit à mettre à l’honneur durant cette période, c’est bien la grenade (dite la pomme de Carthage). Ses petits grains rouges renferment des fibres et une remarquable diversité de polyphénols, notamment des anthocyanes. La grenade contient également des punicalagines, des composés étudiés pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires», écrit le professeur en cardiologie dans un post sur sa page Facebook, où il conseille la consommation de la grenade, de préférence sous forme de jus.  

Pourquoi la grenade intéresse-t-elle les cardiologues ? Réponse du Pr Addad dans le même post: «Plusieurs études suggèrent des effets favorables sur certains marqueurs du stress oxydatif et de l’inflammation, deux mécanismes impliqués dans les maladies cardiovasculaires et dans la rigidité artérielle.» Il ajoute : «Sa consommation, surtout étudiée sous forme de jus, pourrait aussi contribuer à diminuer la pression artérielle. Les résultats sont encourageants, même s’ils varient beaucoup d’une étude à l’autre.»

Bien entendu la consommation de la grenade ne fait disparaître les plaques d’athérosclérose ni ne remplace les traitements. «Son intérêt est de trouver sa place dans une alimentation favorable à notre santé», précise Pr Addad, qui conseille à ses patients de profiter de la saison pour consommer les grains de grenade,qu’il qualifie de «meilleur alliée pour votre cœur et vos artères». Il conseille, également, de la consommer «nature et sans sucre ajouté, plutôt que de grands verres de jus (riche en sucre)», afin de conserver les fibres.

«En salade ou avec un yaourt nature, elle apportera couleur, saveur et variété à votre assiette», conclut-il, comme pour vous mettre de l’eau à l bouche.

I. B.  

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Comment lutter contre la tuberculose de l’olivier signalée à Mahdia et Sfax  

Le Dr Noureddine Nasr, consultant international en développement agricole, a affirmé que la tuberculose de l’olivier, qui a fait l’objet récemment d’alertes phytosanitaires importantes dans les gouvernorats de Mahdia et de Sfax, n’est pas une maladie nouvelle, contrairement à ce qui est affirmé par certains sur les réseaux sociaux, précisant qu’il s’agit d’une maladie bactérienne connue de longue date dans le bassin méditerranéen.

Cette maladie causée par la bactérie Pseudomonas savastanoi n’a aucun lien, non plus, avec la cochenille du cactus, qui a ravagé des milliers d’hectares de figues de Barbarie ces dernières années en Tunisie, a-t-il ajouté, lors de son intervention sur la radio Diwan FM, ce dimanche 11 octobre 2026. La bactérie responsable de la maladie est associée aux oliviers et est présente dans plusieurs pays méditerranéens, notamment la Tunisie, la Grèce, l’Italie et la France, a-t-il encore précisé, soulignant que l’infection peut affecter la productivité des arbres.

L’expert international a appelé les agriculteurs à respecter un ensemble de mesures préventives pour protéger les oliveraies et limiter la propagation de l’infection entre les arbres, soulignant l’importance d’une intervention précoce et de l’adoption de pratiques agricoles saines.

Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité d’éviter l’achat et la plantation de vieux oliviers déracinés — connus localement sous le nom de «Zitoun El Koub» — signalant que le transfert d’arbres infectés peut contribuer à la propagation de la bactérie vers d’autres arbres dans d’autres.

Dr Nasr a également recommandé de s’approvisionner en plants exclusivement auprès de pépinières agréées et contrôlées par le ministère de l’Agriculture, tout en vérifiant les documents officiels et en évitant de traiter avec des pépinières informelles ou non autorisées.

Il a, ensuite, mis en garde contre les risques de transmission de la bactérie par le biais des outils de taille, préconisant d’attribuer des outils spécifiques à chaque ouvrier et de les désinfecter conformément aux recommandations techniques en vigueur.

Il a également conseillé de commencer par tailler les arbres sains avant de passer à ceux suspectés d’être infectés ou déjà atteints, tout en recommandant de retirer les branches et les chancres infectés et de les traiter selon les directives phytosanitaires officielles, en les brûlant immédiatement sur place, au pied de l’arbre, tout en évitant de les transporter sans précaution d’un champ à l’autre, afin de limiter les risques de propagation de l’infection.

Il convient, par ailleurs, de prêter attention au rôle de certains insectes dans la transmission de la bactérie, sachant que la rapidité de propagation de la maladie exige vigilance, suivi périodique de l’état des arbres et intervention dès l’apparition des symptômes.

Ces recommandations s’inscrivent dans le cadre d’un appel à renforcer la prévention et à protéger la récolte d’olives en Tunisie, en sensibilisant les agriculteurs aux modes de transmission de la maladie et en adoptant des méthodes de lutte fondées sur des directives techniques spécialisées.

I. B.

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Onze startups tunisiennes à la Maker Faire de Rome

Onze startups tunisiennes, issues de l’écosystème technologique national en plein essor, seront accompagnées par l’Agence ICE à la Maker Faire Rome — prévue du 23 au 25 octobre 2026 — dans le cadre de l’étape italienne du programme Lab Innova for Africa «Luca Attanasio».

Cette participation, selon les organisateurs, constitue le volet international d’un parcours initié en juin à Tunis ; elle vise à transformer la formation managériale en opportunités concrètes d’internationalisation, de partenariat et d’accès aux marchés européens.

La mission s’inscrit dans la 6e édition de Lab Innova for Tunisia Startup, promue par l’Agence ICE en collaboration avec le service commercial de l’ambassade d’Italie à Tunis, le ministère tunisien des Technologies de la communication, l’association Tunisian Startups et les principaux pôles technologiques du pays. Le programme a comporté une première phase de formation à Tunis, du 8 au 12 juin, ainsi qu’un voyage d’étude en Italie au mois d’octobre, incluant des activités à Rome et à Naples, outre la participation à la Maker Faire.

Rnforcement de l’écosystème des startups en Tunisie

En Tunisie, l’écosystème des startups s’est développé ces dernières années autour des technologies numériques, de l’intelligence artificielle, de la fintech, de la cybersécurité, de l’agritech, de la greentech, de l’internet des objets (IoT) et de la medtech. Ce sont précisément certains des secteurs ciblés par l’appel à candidatures 2026 de Lab Innova, aux côtés de l’énergie, de la mobilité, de la blockchain, du big data et des applications technologiques pour le textile et la mécanique. La dimension internationale constitue l’un des éléments centraux du programme.

Lab Innova for Africa a été lancé par l’ICE en 2019 avec pour objectif de renforcer les compétences technico-managériales des entreprises africaines et de favoriser leur accès aux marchés étrangers. Selon l’ICE, les différentes éditions organisées dans les pays africains ont impliqué plus de 800 entreprises, dont 137 en Tunisie, en comptant celles de la 6e édition actuellement en cours.

Pour les startups tunisiennes, le passage de la formation à la participation à un événement européen représente donc un atout majeur. La Maker Faire Rome, qui en est à sa 14e édition en 2026, réunit startups, entreprises, chercheurs, universités, établissements scolaires et investisseurs autour de technologies allant de l’intelligence artificielle à la robotique, de l’agritech à la cybersécurité, et de la fabrication numérique à l’électronique et à l’économie circulaire.

L’objectif affiché du programme tunisien est de renforcer les compétences managériales, de créer des réseaux entre startups, institutions et opérateurs économiques italiens et tunisiens, et de favoriser des parcours de croissance, d’internationalisation et de partenariat.

L’étape italienne devient ainsi une occasion de mettre les entreprises participantes en contact direct avec l’écosystème technologique italien ainsi qu’avec des partenaires industriels et commerciaux potentiels. Le choix de Rome revêt en outre une valeur symbolique et opérationnelle dans les relations économiques entre l’Italie et la Tunisie.

L’innovation technologique est en effet l’un des domaines dans lesquels la relation bilatérale peut évoluer, selon les acteurs du secteur, d’un rapport commercial et industriel traditionnel vers des formes de collaboration fondées sur le transfert de compétences, la recherche appliquée et la mise en place de filières technologiques partagées.

Une capacité accrue de développement à l’international

Par ailleurs, la présence tunisienne à la Maker Faire intervient à un moment où l’intelligence artificielle et la numérisation deviennent des éléments de plus en plus déterminants dans les stratégies de développement des deux pays.

Lab Innova for Africa a été conçu comme un outil pour accompagner les entreprises africaines à fort potentiel du marché local vers le marché international, l’Italie constituant l’un des principaux points d’accès à l’écosystème européen. L’initiative a été déployée au fil des ans dans de nombreux pays africains, notamment le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, le Kenya, le Ghana, l’Éthiopie, le Rwanda et la Tunisie.

Pour Tunis, l’enjeu est désormais de transformer la croissance quantitative de l’écosystème des startups en une capacité accrue à se développer à l’échelle internationale. La participation à la Maker Faire constitue à cet égard un test concret : il s’’agit de mettre en pratique les compétences acquises lors de la formation, de présenter des produits et des solutions, de nouer des relations industrielles et d’identifier des investisseurs et des clients au-delà des frontières nationales.

I. B. (avec Nova News).

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Pieralisi va créer un Africa Excellence & Innovation Center en Tunisie

Renforcer la présence industrielle en Tunisie et transformer le pays en une plateforme régionale pour l’innovation, la formation et le transfert de technologies vers les marchés africains. Telle est la stratégie du groupe italien Pieralisi, spécialisé dans les machines d’extraction d’huile d’olive et les technologies de séparation industrielle, qui étudie la création en Tunisie d’un Africa Excellence & Innovation Center.

Ce projet a été au cœur des entretiens tenus à Tunis entre le PDG Aldino Zeppeli, l’ambassadeur d’Italie Alessandro Prunas et le directeur du bureau ICE, Bernard Prevete.

C’est ce que rapporte le journal spécialisé italien OlivoNews, édité par Pieralisi Maip elle-même, en précisant que l’initiative en est encore au stade de l’étude et du développement progressif.

Fort de 138 ans d’histoire industrielle et d’une présence bien établie sur le marché tunisien, le groupe originaire des Marches vise à renforcer sa structure locale, dirigée par Faten Zoghlami, en valorisant les compétences tunisiennes et en favorisant le transfert du savoir-faire italien.

Au-delà de la filière oléicole, Pieralisi s’intéresse aux applications de ses technologies dans l’industrie agroalimentaire, le traitement des eaux usées et la gestion des boues industrielles. Cette initiative s’inscrit dans une phase de forte croissance des exportations tunisiennes d’huile d’olive et de consolidation des échanges avec l’Italie, l’un des principaux marchés de destination de l’huile d’olive tunisienne.

Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture tunisien (Onagri), au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026 (de novembre à août), la Tunisie a exporté 381 200 tonnes d’huile pour une valeur de 4,78 milliards de dinars (environ 1,44 milliard d’euros), soit une augmentation de 50,8 % des volumes en glissement annuel. L’Italie a absorbé 19,8 % des exportations, se classant juste derrière l’Espagne (31,9 %). Le rôle du marché italien est encore plus marqué pour l’huile biologique tunisienne, dont il absorbe 39 % des quantités exportées, devançant ainsi l’Espagne et les États-Unis. Toutefois, la vente d’huile en vrac reste prédominante — représentant environ 85,5 % des exportations totales —, ce qui souligne la nécessité d’investissements accrus dans la transformation, le conditionnement et la valorisation de la production locale.

Le projet d’un pôle technologique Pieralisi en Tunisie se situe donc à la croisée de la coopération industrielle italo-tunisienne et des besoins de modernisation de la filière oléicole, grâce à des équipements plus performants, à la formation technique et au transfert de compétences. Une démarche que le groupe inscrit également dans le cadre des objectifs du Plan Mattei pour l’Afrique, tandis que l’ambassade d’Italie et l’ICE ont confirmé leur volonté de favoriser de nouvelles collaborations entre entreprises, investisseurs et centres de compétences des deux pays.

I. B. (avec ANSAmed).

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7e Congrès du SNJT | La presse tunisienne à la croisée des chemins

Ouvert samedi 10 octobre 2026 à Tunis, le 7e congrès électif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) se poursuit ce dimanche à un moment charnière où la profession fait face à d’importants défis liés à la liberté de la presse, à l’indépendance des médias et aux conditions difficiles d’exercice dans un contexte économique marqué par la récession.

Latif Belhedi

Ce 29e congrès de la profession doit aboutir au renouvellement du bureau exécutif pour le mandat 2026-2029, mais après avoir abordé les questions relatives à l’avenir du syndicat des journalistes et à sa capacité à accompagner les mutations du secteur, dans un contexte marqué par une accumulation de défis juridiques, professionnels, économiques et sociaux.

Le congrès se tient en présence de journalistes et de représentants de diverses organisations nationales.

Les 14 candidats en lice pour le nouveau bureau exécutif sont censés élaborer des propositions concrètes pour défendre les droits des journalistes, améliorer leurs conditions de travail et préserver l’indépendance de l’organisation ainsi que sa capacité à dialoguer et à négocier avec les autorités.

Les atteintes à la liberté de la presse au cœur des débats

La question des libertés et des garanties juridiques encadrant l’exercice du journalisme a dominé une partie des discours d’ouverture du congrès, dans un contexte marqué par l’incarcération de plusieurs professionnels du secteur, notamment quatre de ses figures les plus en vue : Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi.

Le président sortant du SNJT, Zied Dabbar, a, dans ce contexte, réclamé la libération immédiate des journalistes incarcérés ainsi que l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels du secteur. Selon lui, le paysage médiatique traverse une phase critique, marquée par l’emprisonnement de certains journalistes, les poursuites judiciaires visant d’autres, et l’exil forcé de certains de leurs confrères.

La liberté de la presse ne constitue pas un privilège professionnel réservé à une catégorie spécifique, mais un droit de la société à l’information, a souligné Dabbar, ajoutant que l’indépendance des médias demeure indissociable de celle du journaliste lui-même et de la garantie de ses droits professionnels et sociaux au sein d’entreprises viables et pérennes.

L’indépendance du syndicat ne signifie pas son isolement de son environnement civil et social ; elle exige au contraire l’élargissement des partenariats avec les organisations nationales et les instances de défense des droits, afin de préserver son rôle professionnel et de renforcer sa capacité à défendre ses adhérents, a encore précisé Dabbar.

Tout en appelant à la libération de toutes les personnes détenues pour des affaires d’opinion et à l’arrêt des poursuites liées à la liberté d’expression, à la divergence d’opinions, ainsi qu’à la liberté d’association et d’action syndicale, le Bâtonnier des avocats, Boubaker Bethabet, a estimé, pour sa part, que l’espace dévolu à la presse indépendante connaît un recul qui affecte la vie démocratique dans le pays.

Loin de toute logique de rupture ou d’escalade

Une presse libre et indépendante constitue l’un des piliers de la République fondée sur le respect de la Constitution et des lois, a souligné Bethabet, en réaffirmant la solidarité du barreau tunisien avec les journalistes dans la défense de leurs droits et des garanties nécessaires à l’exercice de leur métier.

C’est dans le contexte de cette solidarité agissante que s’inscrit, selon lui, la marche nationale pour la défense des droits et des libertés, qui sera organisée par une coordination d’organisations nationales, le 17 octobre courant.

Cette action soulève à nouveau la question des relations entre les institutions officielles et les structures professionnelles ; une relation qui, par nature, n’est pas exempte de divergences d’appréciation ou de points de vue, mais qui nécessite des canaux de dialogue réguliers permettant de traiter les problématiques juridiques et professionnelles, loin de toute logique de rupture ou d’escalade.

En effet, la défense de la liberté de la presse ne s’oppose pas, par essence, au respect des institutions de l’État et de l’État de droit ; elle implique plutôt la nécessité d’offrir des garanties claires pour l’exercice du journalisme, tout en respectant la responsabilité professionnelle et la déontologie du métier.

Ce 7e congrès des journalistes se tient dans un contexte où les revendications traditionnelles des journalistes — portant sur les salaires, la stabilité de l’emploi et la couverture sociale — se conjuguent à des problématiques plus vastes liées aux mutations numériques, à l’évolution des modes de consommation de l’information et aux difficultés économiques auxquelles sont confrontées plusieurs entreprises médiatiques.

Si certains au sein de la profession soulignent la nécessité d’une direction syndicale plus présente et plus influente, réduire les défis actuels aux seules personnalités des candidats ou à leur charisme individuel ou encore à leur positionnement politique risque de masquer une problématique plus profonde : celle de la capacité de l’organisation syndicale elle-même à moderniser ses méthodes de travail et à renouveler ses mécanismes de négociation et de communication avec sa base.

En tant qu’institution élue, le syndicat ne saurait voir sa présence dépendre d’une personnalité spécifique, quels que soient le parcours syndical ou l’expérience professionnelle de celle-ci. L’un des enjeux majeurs de ce congrès réside sans doute dans la consolidation d’un syndicat qui tire sa force de ses membres, de ses structures et de ses programmes, plutôt que de la quête permanente d’une figure de référence chargée, à elle seule, de porter le poids de la défense du secteur.

Les enjeux pour le nouveau bureau exécutif

Les discours d’ouverture du congrès ne se sont pas limités aux revendications spécifiques des journalistes ; ils ont également abordé des questions sociales et civiles plus larges, témoignant ainsi de l’ancrage du syndicat au sein d’un réseau de relations unissant diverses organisations professionnelles et nationales.

Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a évoqué, lors de son intervention, la marche nationale sociale et pacifique prévue pour le 17 octobre, en soulignant que cette initiative intervient dans un contexte marqué, selon lui, par le refus du pouvoir exécutif d’ouvrir la voie à la négociation, tout en insistant sur l’importance d’unir les efforts des organisations ainsi que des structures civiles et sociales pour défendre les droits, les libertés et les revendications communes.

Selmi a précisé que cette marche se tiendra dans le cadre d’un front civil et social regroupant diverses organisations, instances et associations, en précisant qu’il ne s’agit pas d’un front politique, bien que cela n’exclue pas, selon ses dires, la participation de partis politiques aux actions programmées.

Les revendications syndicales ne se limitent plus aux seuls aspects professionnels et sectoriels, mais englobent désormais des questions d’intérêt général telles que les libertés individuelles et publiques, la liberté d’expression, de presse, d’organisation et de manifestation pacifique, ainsi que le droit à l’emploi et à une vie décente.

Ces déclarations remettent au premier plan une question qui a accompagné le syndicat à diverses étapes de son histoire : comment préserver l’indépendance de ses décisions professionnelles tout en s’inscrivant dans des alliances civiles et sociales partageant certaines de ses revendications ?

Il ne s’agit pas nécessairement de choisir entre ouverture et isolement, mais plutôt d’évaluer la capacité de la future direction à définir ses priorités et à préserver la spécificité de l’action syndicale dans le secteur de la presse, sans pour autant se couper des enjeux d’intérêt général qui affectent, directement ou indirectement, l’exercice de la profession.

Par ailleurs, le volet social demeure l’un des principaux défis qui attendent le nouveau bureau exécutif, notamment en ce qui concerne les conditions de travail au sein des établissements médiatiques publics et privés, la régularité du versement des salaires, l’amélioration de la couverture sociale et la résolution des situations de précarité de l’emploi, sans oublier l’adaptation aux mutations imposées par les médias numériques.

Le futur bureau sera également appelé à développer ses relations avec les différentes institutions et structures officielles du secteur des médias, en privilégiant le dialogue et la clarté des revendications, afin de défendre les intérêts des journalistes tout en tenant compte des difficultés économiques et organisationnelles auxquelles sont confrontées les entreprises employeuses.

Ces responsabilités ne semblent pas liées à un candidat en particulier ; elles exigent plutôt un travail collectif et un programme réalisable, capable de définir les priorités et de distinguer les revendications urgentes des réformes nécessitant un processus de négociation plus long.

En attendant le verdict des urnes ce dimanche, l’enjeu majeur de ce septième congrès réside dans la capacité du syndicat à sortir de cet événement plus soudé et mieux organisé, et à transformer les revendications en acquis concrets et durables pour les journalistes.

 (Avec Diwan).

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Les dessous de l’accord Trump-Poutine sur la livraison du diesel russe 

Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre 2026 qu’après une discussion très fructueuse avec son homologue russe, Vladimir Poutine s’était engagé à fournir plusieurs millions de tonnes de diesel pour le marché américain et mondial, sur plusieurs mois. L’accord prévoit la fourniture immédiate de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000.000 de tonnes immédiatement après.

Habib Glenza, à Lödz.

«Selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 tonnes de diesel», a écrit l président américain sur son réseau Truth Social.

«Les prix du diesel pour les Américains et pour le monde vont baisser rapidement dans des proportions record ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Trump.

Le président américain sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis, et le Parti républicain, handicapé par le bilan économique mitigé de Trump, redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections.

Les Etats-Unis n’ont pas d’amis mais des intérêts 

L’homme d’État britannique Lord Palmerston avait dit à la Chambre des Communes en 1848 : «Nous n’avons pas d’alliés éternels, ni d’ennemi perpétuel. Seuls nos intérêts sont éternels et perpétuels». Le Général de Gaulle l’a paraphrasé en déclarant, dans les années soixante du siècle dernier, que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Et il avait raison dans la mesure où c’étaient les Etats-Unis qui avaient demandé aux pays européens de boycotter les hydrocarbures russes au lendemain de l’intervention militaire russe en Ukraine le 24 février 2022. Aujourd’hui, c’est le président américain qui demande aux Européens et aux Américains d’acheter le diesel russe, pour faire baisser les prix.   

La Russie étant frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère des Finances américain a, dans la foulée, précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui, a dénoncé une décision indigne et faible. «Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible», a déclaré le président ukrainien au média américain Axios, faisant allusion au 74e anniversaire du président russe. «Cela ne fait que renforcer la position de Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense», a-t-il aussi déclaré à la presse, regrettant que l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride ait «simplement servi de façade» pour cet accord avec Moscou.

L’annonce de Trump coïncide avec la reprise des discussions en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.

«Les discussions à Miami sont constructives», déclare Witkoff

A Miami, la délégation ukrainienne a rencontré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain qui agit en qualité de médiateur informel, en présence de représentants européens. Witkoff a évoqué sur X des «discussions constructives».

Les échanges ont notamment porté sur «des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe», a précisé l’émissaire.

Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine, dont au moins 30 jeudi dans une frappe qui a touché deux bus à Kramatorsk, dans l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines.

Les récents bombardements russes ont aussi causé des dommages considérables au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi le président ukrainien. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.

En effet, «les habitants de Kiev et d’autres grandes villes pourraient être plongés dans l’obscurité et affronter un froid extrême cet hiver si ces attaques ne cessent pas immédiatement», a-t-il prévenu.

C’est là, on l’a compris, le dernier souci de Trump, qui n’a qu’une seule idée en tête : se rapprocher de la Russie pour la neutraliser en perspective d’une confrontation à venir avec la Chine qu’il sait inévitable. Quant à l’Ukraine, et avec elle la stupide Europe, elles iront en enfer !

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Le poème du dimanche | ‘‘ L’honneur des poètes ’’

Les éditions Minuit, engagées pleinement dans la résistance au nazisme et à l’occupation de la France, pendant la seconde guerre mondiale, se placent du côté de la littérature, voix de liberté et de lutte pour la dignité humaine.

Elles publient une anthologie de poètes en Europe qui ont refusé la soumission à l’ennemi ou la complicité avec lui. «Le volume a été achevé d’imprimer sous l’oppression à Paris, le 1er mai 1944», dit le texte.

Préfacé par Louis Aragon, l’ouvrage contient des écrits en prison, de déportés, des poèmes d’Europe, de Grèce, de Pologne, de Hollande, de Belgique, de Norvège, d’Italie, de Bulgarie, de Yougoslavie, etc. et, bien sûr, de France, où des pseudonymes, des surnoms ont été utilisés.

De nombreux poètes écrivaient et publiaient dans la clandestinité. Parmi eux, Robert Desnos, Louis Aragon, Michel Leiris, Paul Eluard, André Frénaud, Jean Tardieu, Pierre Seghers, Jean Cassou, etc.

Des poèmes ont paru anonymes, aussi. Au moment où un mauvais vent, brun et menaçant souffle sur l’Europe, il nous a semblé bon de le rappeler.

Tahar Bekri

‘‘Avis’’ – Jean de Haut (Paul Eluard

La nuit qui précéda sa mort

Fut la plus courte de sa vie

L’idée qu’il existait encore

Lui brûlait le sang aux poignets

Le poids de son corps l’écoeurait

Sa force le faisait gémir

C’est tout au fond de cette horreur

Qu’il a commencé à sourire

Il n’y avait pas UN camarade

Mais des millions et des millions

Pour le venger il le savait

Et le jour se leva pour lui

1942

Mon pays – Anne (Edith Thomas)

Mon pays, doux pays gris

dont les bois et les prairies

s’enfoncent à l’horizon

mon pays dans la prison

de l’Europe ensevelie :

de l’Europe qui périt

au long des jours et des nuits,

sous le sourd martèlement

des bottes qui pesamment

s’en vont jusqu’à l’infini

mon pays quand donc la vie

reviendra dans les sarments ?

Quand cessera le tourment

de l’Europe ensevelie ?

L’honneur des poètes, Europe, Ed. Minuit, 1944 .

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