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Pourquoi les relations se sont-elles détériorées entre Londres et Tel Aviv ?

La Grande-Bretagne est sans aucun doute le géniteur d’Israël. Sans la sinistrement célèbre Déclaration Balfour qui a permis au mouvement sioniste de prendre pied en Palestine durant le mandat britannique, la création de l’État d’Israël n’aurait pas été possible en 1948. Pendant des décennies, il y a eu des hauts et des bas mais Londres est toujours resté un des principaux alliés d’Israël. Aujourd’hui avec le génocide à Gaza et la folie des colons en Cisjordanie, les relations se sont détériorées. De plus, la reconnaissance par le gouvernement travailliste de la Palestine en tant qu’État a fortement agacé Benjamin Netanyahu. Ce dernier ne manque plus une occasion pour attaquer la Grande-Bretagne.

Imed Bahri

Quelles sont les raisons de la détérioration des relations anglo-israéliennes, qui ont atteint leur point le plus bas depuis des décennies ?, se sont interrogés Neri Zilber et Jim Pickard dans le Financial Times. Le gouvernement du Premier ministre Andy Burnham pourrait même annoncer des sanctions en réponse à l’expansion illégale des colonies en Cisjordanie.

Netanyahu qualifie la Grande-Bretagne de «république islamique»

De plus, les propos de Netanyahu tenus dans un podcast de l’armée israélienne le mois dernier où il est allé jusqu’à qualifier la Grande-Bretagne de «première république islamique dotée de l’arme nucléaire», ont fortement déplu aux Britanniques. Downing Street a condamné ces propos, les qualifiant d’«inacceptables» et a déclaré que le gouvernement avait officiellement soulevé la question auprès d’Israël.

Les provocations ne se sont pas arrêtées là. Le fils de Netanyahu, Yaïr, a déclaré que les îles Malouines appartiennent à l’Argentine.

Ses propos témoignent d’une dégradation des relations bilatérales, conséquence de la guerre dévastatrice menée par Israël contre Gaza et exacerbée par les violences des colons et les projets du gouvernement d’étendre la construction de colonies illégales en Cisjordanie. Les analystes préviennent que les relations entre les deux alliés n’ont jamais été aussi mauvaises et devraient encore se détériorer. Un ancien responsable israélien, fin connaisseur des relations anglo-israéliennes, a déclaré : «La situation pourrait s’aggraver et personne ne pourra enrayer la dégradation». Le journal britannique ajoute qu’aucun dialogue n’a eu lieu entre les deux gouvernements depuis plus d’un an.

Netanyahu est confronté à des élections en octobre, tandis que Burnham tente de reconquérir les électeurs propalestiniens qui ont quitté le Parti travailliste pour le Parti vert. De ce fait, ni Netanyahu ni Burnham n’ont intérêt à faire des compromis.

Le FT indique que cette situation menace de compromettre les progrès réalisés ces dernières années en matière de renforcement des liens de renseignement et de défense, ainsi que le commerce bilatéral, qui atteint désormais 6,2 milliards de livres sterling par an.

Malgré la détérioration actuelle, les fluctuations des relations entre la Grande-Bretagne et Israël ne sont pas un phénomène nouveau. En témoignent la Déclaration Balfour de 1917, qui approuvait l’établissement d’un foyer national juif en Palestine et les violences perpétrées par la suite par des mouvements juifs extrémistes contre le mandat britannique dans les années 1940.

Après la participation de la Grande-Bretagne, aux côtés de la France et d’Israël, à l’agression tripartite de 1956 contre l’Égypte, les désaccords entre les deux alliés ont ressurgi au sujet du Liban et de la Cisjordanie.

En 1982, la Première ministre Margaret Thatcher a imposé un embargo de facto sur les armes à Israël en réponse à son invasion du Liban. L’ancienne Première ministre britannique aurait déclaré : «Je n’ai jamais eu affaire à un homme aussi dur», en parlant du Premier ministre israélien de l’époque, Menahem Begin.

Sir Malcolm Rifkind, ancien ministre des Affaires étrangères conservateur, a déclaré : «Globalement, les relations anglo-israéliennes ont toujours été étroites et constructives mais la Grande-Bretagne a parfois exprimé sa frustration face au gouvernement israélien et à sa politique, notamment en Cisjordanie. Cependant, lorsqu’Israël est attaqué par le Hamas ou le Hezbollah, le gouvernement britannique le soutient toujours».

La Grande-Bretagne a invoqué le droit d’Israël à la légitime défense suite à l’opération Déluge d’Al Aqsa le 7 octobre 2023 mais face à l’escalade de la riposte israélienne à Gaza, qui a dévasté le territoire, fait des dizaines de milliers de morts et engendré une catastrophe humanitaire, Londres a critiqué de plus en plus l’attitude israélienne dans ce conflit.

Des responsables britanniques, actuels et anciens, soulignent également le rôle joué par les forces britanniques pour protéger Israël des tirs répétés de roquettes et de drones iraniens en 2024.

La reconnaissance d’un État palestinien par Londres fâche Tel Aviv

Cependant, le prédécesseur de Burnham, Keir Starmer, a essuyé des critiques concernant la politique de son gouvernement à l’égard de Gaza, en particulier de la part de l’aile gauche de son parti.

Finalement, l’ancien Premier ministre a fait volte-face, suspendant certaines licences d’exportation d’armes vers Israël, interrompant les négociations sur un nouvel accord de libre-échange, imposant des sanctions à des ministres israéliens et reconnaissant un État palestinien.

Le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, député juif, a critiqué le gouvernement de Netanyahu et le projet E1, qui prévoit la construction d’environ 3 000 logements dans une zone traversant la Cisjordanie.

Mardi, M. Miliband a déclaré à la Chambre des communes : «La Grande-Bretagne n’acceptera pas que la solution à deux États soit compromise et nous agirons. J’annoncerai un ensemble complet de mesures dans les semaines à venir».

Israël envisage d’expulser des responsables britanniques, dont un amiral, du centre de coordination dirigé par les États-Unis pour la bande de Gaza, suite à la guerre, en réponse à d’éventuelles nouvelles sanctions que pourrait annoncer le Premier ministre Burnham. Signe de la détérioration des relations avec la plupart des pays européens, Israël a expulsé les représentants de l’Espagne et des Pays-Bas cette année et pourrait également cibler les représentants allemand et italien, selon que leurs capitales adoptent ou non une position aussi intransigeante que celle de Londres.

Interrogé la semaine dernière sur la possibilité d’exclure le Royaume-Uni et d’autres pays du centre de coordination de Gaza, un responsable israélien a déclaré sans ambages : «Israël entretient de bonnes relations avec l’Allemagne et l’Italie», sans mentionner le Royaume-Uni. Il revient désormais à Burnham de décider s’il convient d’imposer des sanctions.

Le FT rapporte qu’un embargo commercial sur les colonies est populaire auprès de l’opinion publique britannique : 50% y sont favorables et seulement 16% s’y opposent, tandis que le reste est indécis, selon un sondage YouGov.

Cependant, imposer des sanctions générales risque d’entraîner un boycott de facto du commerce avec Israël et pourrait également constituer une violation des lois américaines interdisant le boycott d’Israël, selon plusieurs sources proches du dossier.

De telles mesures pourraient profiter à Netanyahu avant les élections du 27 octobre, pour lesquelles les sondages indiquent une probable défaite, lui permettant ainsi d’attiser davantage les tensions parmi les électeurs israéliens.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a déclaré mardi dans une interview que les sanctions britanniques constitueraient une «ingérence dans la campagne électorale israélienne et pourraient se retourner contre eux», promettant une riposte israélienne similaire à toute action britannique.

Un ancien responsable israélien a ajouté que d’autres gouvernements, notamment en Europe, sont exaspérés par Netanyahu et attendent tous l’issue des élections.

Toute sanction pourrait prendre des mois à se frayer un chemin à travers la bureaucratie britannique, retardant potentiellement sa mise en œuvre jusqu’après les élections israéliennes. Cependant, les analystes et les experts des relations anglo-israéliennes ont averti que la crise est bien réelle et pourrait prendre du temps à se résoudre, quel que soit le prochain gouvernement israélien.

Un connaisseur des relations bilatérales a déclaré : «Les relations entre les deux alliés semblent avoir touché le fond». Il a ajouté que rétablir ces relations exigerait un long cheminement de part et d’autre.

Lors de sa campagne pour la direction du Parti travailliste en 2015, Burnham avait promis que son premier voyage à l’étranger en tant que chef du parti serait en Israël. À l’époque, Burnham avait perdu face à Jeremy Corbyn. Cet échec en 2015 l’avait conduit à quitter la politique nationale pour se tourner vers la politique locale, devenant plus tard maire du Grand Manchester avant de revenir au premier plan national.

Cette année, en prenant la tête du parti travailliste et en devenant Premier ministre, il a adopté une position très différente, présentant ses excuses pour le manque de critiques du Parti travailliste concernant l’offensive israélienne à Gaza mais aussi n’annonçant aucune visite officielle en Israël et n’envisageant pas d’en faire une dans un avenir proche.

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Attayar appelle les Tunisiens à «ne pas se taire face à l’injustice»

Le parti du Courant démocrate (Attayar) a publié, le jeudi 3 septembre 2026 à Tunis, le communiqué suivant, traduit de l’arabe et intitulé «Quiconque ose les innocenter est leur complice…», reprenant ainsi une célèbre déclaration du président de la République, Kaïs Saïed, au sujet des personnalités accusées dans l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État 1 ».

La confirmation par la Cour de Cassation de l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État» confirme une fois de plus que la justice, au lieu d’être un rempart protégeant les droits et consolidant la confiance envers les institutions de l’État, s’est transformée en un simple instrument docile au service du règlement de comptes politiques et de la réduction au silence de toute voix dissidente.

Ce procès, entaché dès le premier jour de violations procédurales flagrantes et graves — au cours duquel les détenus ont été privés des garanties les plus élémentaires d’un procès équitable — n’a jamais été un procès pour «complot». Il a été, et demeure, un procès politique par excellence, visant à mettre au pas quiconque a osé s’opposer au coup d’État et à l’accaparement du pouvoir.

Le Courant démocrate condamne avec la plus grande fermeté la transformation de l’approche sécuritaire et judiciaire en une méthode constante de gestion des affaires du pays ; une approche où la justice et les services de sécurité sont sollicités pour traiter, par la répression et l’intimidation plutôt que par le dialogue et la réforme, des crises politiques, économiques et sociales à répétition.

Loin de protéger l’État comme le croit le pouvoir en place, cette démarche en érode les institutions, vide de sa substance le concept d’État de droit et transforme la justice en un bras exécutif au service d’une volonté politique unique.

Notre parti réaffirme son engagement total à soutenir tous les détenus politiques ainsi que leurs familles ; il appelle également l’ensemble des forces démocratiques, les défenseurs des droits humains et la société civile à unir leurs rangs pour défendre l’indépendance de la justice et préserver les droits, les libertés et la dignité des Tunisiennes et des Tunisiens.

Conscient de la gravité de la situation, le Courant démocrate exhorte les Tunisiennes et les Tunisiens à ne pas rester silencieux face à l’injustice qui gangrène le pays et à la violation des conditions élémentaires d’une vie digne. Il les appelle à descendre dans la rue et à manifester pacifiquement pour défendre leurs droits, leurs libertés et leur dignité ; car aujourd’hui, le silence équivaut à une complicité avec l’autoritarisme, et le soulèvement pacifique et citoyen contre l’injustice constitue un devoir national et civique, bien au-delà d’un simple choix politique. En effet, quelle que soit sa durée, l’autoritarisme ne saurait résister à la volonté des peuples d’accéder à la liberté, à la justice et à la dignité.

Pour le bureau politique

Le secrétaire général

Hichem Ajbouni

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Tunisie | La santé de Wael Naouar se dégrade rapidement

Selon l’avocat Rafed Rabbeh, qui lui a rendu visite hier, jeudi 3 septembre 2026, à la prison de Mornaguia où il est incarcéré depuis mars, le militant de gauche Wael Naouar se porte très mal. Le militant propalestinien de la «Flotilla of Resilience» observe une grève de la faim depuis 18 jours pour protester contre ce qu’il considère comme une injustice.

«Je témoigne, devant Dieu et devant tous, que son état est très critique : ses taux sanguins et sa glycémie sont instables et préoccupants ; il a perdu 19 kilos et ne pèse plus que 56 kg ; son visage est extrêmement pâle», a écrit Me Rabbeh dans un commentaire Facebook posté à la suite de la visite. «Il souffre de douleurs abdominales, de maux de tête et de douleurs aux reins, accompagnés de fièvre et de rétention urinaire. Il est sujet à de fréquents vertiges, au point de ne plus pouvoir dormir par peur. Malgré cela, il reste déterminé à poursuivre sa grève jusqu’à ce que sa situation soit régularisée», a-t-il ajouté.

Wael Naouar continue de crier son innocence et qualifie le procès qui lui est intenté de «guet-apens» judicaire qui lui aurait été tendu suite à sa participation à la «Flottille internationale Soumoud».

Wael Naouar a été arrêté, en mars 2026, par les autorités tunisiennes aux côtés d’autres militants. Les accusations portées contre lui et son épouse, Jawaher Channa, libérée le 23 avril, concernent des soupçons d’infractions financières liées à la gestion des dons et au financement de la caravane d’aide internationale pour la Palestine. La prolongation de sa grève de la faim pour protester contre son incarcération suscite de vives inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains quant à la dégradation critique de son état de santé.

I. B.

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Tunisie-Affaire du complot | Amnesty dénonce une «injustice»

Amnesty International a condamné, dans un communiqué publié jeudi 3 septembre 2026 sur sa page Facebook, la décision de la Cour de cassation de Tunis de confirmer les «jugements iniques» rendus par la Cour d’appel dans l’affaire dite du «complot contre l’Etat». L’organisation estime que cette décision consacre une dangereuse tendance à instrumentaliser le système judiciaire pour cibler les opposant·e·s et les voix critiques pacifiques, ainsi que pour réduire au silence les opinions dissidentes.

«Depuis ses débuts, cette affaire a été entachée de violations graves des garanties d’un procès équitable, dans le cadre de poursuites fondées sur des accusations à motivation politique ayant abouti à de lourdes peines de prison à l’encontre de figures de l’opposition, d’avocats et de défenseurs des droits humains», a écrit l’Ong dans son communiqué intitulé «Confirmation des jugements de ‘‘complot’’ : Le pouvoir se venge de ses opposants». Elle a ajouté : «La phase de cassation aurait dû constituer une occasion de réparer cette injustice et de mettre un terme à une procédure judiciaire arbitraire, plutôt que de se transformer en une nouvelle étape consacrant cette situation».

Amnesty International appelle les autorités tunisiennes «à annuler ces condamnations et ces peines iniques, à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, et à mettre fin à l’utilisation du système judiciaire comme outil pour réprimer l’opposition et intimider les voix critiques.»

I. B.

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Tunisie – Affaire du complot | Les verdicts confirmés en cassation

Le suspense était très mince et ceux qui s’attendaient à un miracle en ont finalement eu pour leur frais : comme attendu par beaucoup d’accusés et de leurs avocats, la Cour de cassation a confirmé, jeudi 3 septembre 2026, les peines, particulièrement lourdes, allant de 2 à 35 ans de prison ferme, prononcées par la Cour d’appel, le 28 novembre 2025, dans l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’Etat».

La Coordination des familles des détenus politiques, qui a parlé de «verdict inique au terme d’un procès politique entaché de nombreux vices juridiques», va tenir une conférence de presse aujourd’hui, vendredi 4 septembre, à 10h30, au siège du Parti républicain (10, rue Eve Nohelle, au centre-ville de Tunis).

La conférence sera consacrée à l’examen des derniers développements liés à ce procès et aux violations qui, selon la défense, l’ont entaché depuis l’arrestation des premiers prévenus, en février 2023. Ce sera aussi l’occasion pour jeter la lumière sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’affaire et présenter les prochaines étapes et actions envisagées.

I. B.

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Tendre pensée pour «mes» enfants de Kasserine 

Pour les enfants de Kasserine, malmenés par la vie et ignorés par les faiseurs de pluies et de beau temps, qui grandiront avec dans le cœur l’amertume et la colère de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

Olfa Rhymy Abdelwahed *

J’ai passé le plus clair de ma vie à observer mes élèves. A jauger leurs regards. A essayer de sonder leurs âmes et comprendre ce qui s’y planque, dans un souci de les protéger, d’abord, et de les accompagner ensuite. Et j’ai cette tendresse spéciale pour mes élèves de bac maths que j’ai eu la chance d’enseigner l’année dernière aussi. Des élèves sérieux, studieux, silencieux. Un silence qui relève de la concentration plus que de la tristesse. Des élèves réservés et timides à qui je dis toujours que l’élément le plus turbulent de leur classe c’est la prof. J’arrive parfois à arracher un sourire. Je leur sors alors mon ultime blague-dicton : «Et Dieu dans sa colère pour punir les humains, créa les mathématiciens».

La maman remplace parfois l’enseignante

J’ai aussi cette habitude ou réflexe de regarder dans leurs trousses en faisant semblant de chercher un stylo. C’est malhonnête, je sais. Mais la maman surgit des fois en plein cours pour remplacer l’enseignante. Je n’ai jamais rien trouvé que des crayons.

Un jour, pendant que j’expliquais la leçon, j’ai remarqué que mes élèves faisaient passer un sac gonflé vers leurs camarades du fond de la classe. J’ai demandé avec fermeté de me dire ce qu’il y avait dans ce sac qui était tellement précieux jusqu’à les faire sortir de leur application naturelle. L’un d’eux, le plus courageux, a balbutié : «Un ballon Madame. Nous jouons au ballon après le cours dès que nous trouvons le temps et un terrain de fortune. D’ailleurs les jumeaux évoluent au sein de l’Avenir sportif de Kasserine (ASK).»

Les jumeaux que je n’arrive toujours pas à différencier lèvent la tête ensemble et me regardent avec un sourire pas timide cette fois, ni de complaisance. Un sourire heureux.

Je les vois tous les jours, sous tous climats, quelle que soit la saison comme des petits soldats, seuls ou en bataillons, le torse gonflé à bloc, le dos droit, la silhouette menue souvent frêle. La démarche déterminée, le regard vif. La posture presque martiale. C’est qu’ils vont jouer au foot. C’est qu’ils vont s’éclater. C’est qu’ils vont pouvoir rêver. C’est qu’ils vont pouvoir oublier, s’accrocher, se voir naître des ailes et voler… C’est qu’ils vont vivre.

Dans une ville, Kasserine, où tout est délabrement, pauvreté et désespoir, ces enfants ont inventé leur plan B.

La vie a eu l’idée de me faire rapprocher encore un peu de ce milieu à travers mon fils passionné de foot et de son papa, ancien joueur et fervent adepte du beau jeu.

J’ai vu grandir les coéquipiers de mon fils. Et j’ai vu grandir leurs passions et leurs talents avec eux. J’ai vibré avec eux au téléphone à chaque victoire et j’ai pleuré à chaque défaite.

Je connais aussi les bleus de leur âme

Je connais qui maitrise la technique du contrôle, du drible, de la conduite de balle, naturellement. Je connais qui parmi eux est rapide et explosif, capable d’accélérer et d’éliminer l’adversaire. Je sais qui a cette intelligence au jeu et sait se placer et prendre les bonnes décisions. Qui a de la confiance à en revendre et qui en manque. Je sais qui n’a pas peur de demander le ballon et celui qui hésite toujours à franchir le pas. Je connais les créatifs et les craintifs. Ceux qui apprennent vite et ceux qui prennent leurs temps. Je connais qui a une vision du jeu et qui sait lire les espaces et anticiper et qui est plutôt dans le show. Je les connais tous bien à travers les discussions de mon mari et de mon fils.

Je connais aussi quelques bleus de leur âme à peine sorties de l’enfance. Je ne veux, ni peux, m’y attarder.

J’ai vu à quel point ils étaient solidaires et à quel point ils étaient sensibles aux peines de chacun. Je sais qu’il y en a qui pendant le déplacement garde son déjeuner pour que son coéquipier interne qui va trouver la cantine du lycée fermée puisse l’avoir comme diner. Je sais qu’ils se font des confidences qu’ils ne font à personne d’autre. Et qu’ils dorment sur les épaules les uns des autres en rentrant le soir des déplacements…

Je sais que le traumatisme de la perte foudroyante de l’un leurs camarades, Khaled, est toujours là vive et très douloureuse. Je sais qu’ils n’en guériront jamais car personne ne les a aidés à la surmonter.

Ils ont la malchance d’être nés ici

Ces enfants pleins de talents, portés par des rêves, animés par des ambitions légitimes pour beaucoup, débordants de qualités humaines et sportives, n’iront pas plus loin. Ils n’iront pas plus loin car ils sont tout simplement des «ici istes», comme disait si bien un humouriste français. Ils ont la malchance d’être nés ici. Dans les contrées du mépris, de l’abandon. Dans une ville pauvre. La plus pauvre dans un pays qui dans leurs petites têtes, en tout cas, les renie, leur est hostile et ne les aime pas.

J’ai écrit, d’abord pour mes élèves de bac maths qui ont tous eu le bac et laissé tomber le foot qui leur donnait un vrai sourire.

J’ai écrit ensuite pour les enfants de Kasserine pour leur dire que nous sommes fiers d’eux, de leurs médailles et de leurs mental de guerriers. Que nous les aimons tous.

J’ai écrit surtout pour Khaled pour lui dire que son dernier match était héroïque, magistral (ya baba !) comme seuls les derniers matchs peuvent l’être… et qu’il manquera toujours à l’équipe.

Ces enfants, malmenés par la vie et ignorés par les faiseurs de pluies et de beau temps, grandiront avec dans le cœur l’amertume et la colère de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

* Enseignante.

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Avantages et inconvénients du développement de l’énergie éolienne en Tunisie  

La Tunisie, qui fait face à un déficit énergétique dépassant 60% et continue d’importer une bonne partie de ses besoins en pétrole et gaz, projette, dans le cadre de sa stratégie de développement des énergies renouvelables, de produire 2 000 mégawatts (MW) d’énergie éolienne d’ici 2030, ce qui représentera 36 % de sa capacité renouvelable totale. Il convient cependant de garder présent à l’esprit que l’installation de parcs éoliens peut avoir un impact négatif sur l’environnement, que cette technologie pose des problèmes de maintenance et d’entretien et que l’énergie qu’elle produit ne peut (encore) être stockée. Est-ce vraiment une solution pour la Tunisie ?  (Photo: Parc éolien de Haouaria, Nabeul, Cap Bon).

Habib Glenza

L’énergie éolienne est encore peu développée en Tunisie qui compte aujourd’hui deux parcs éoliens : le premier à Sidi Daoud (Nabeul, Cap Bon), mis en service par la Steg dès 2000, avec une capacité totale d’environ 54,5 MW ; et le second à Kchabta et Metline (Bizerte), également réalisé par la Steg avec une puissance globale de 190 MW. Le pays a en projet un troisième parc éolien à El Fahs (Zaghouan) de 75 MW qui sera construit grâce à une subvention japonaise et a identifié plusieurs sites où des parcs similaires pourraient être érigés : à Jebel Tbaga (Gabès) avec un gisement de 600 MW, Jebel Abderrahmane (Nabeul, 400 MW), Beni Khedache (Médenine, 500 MW) et Zaghouan (200 MW).

Bien qu’étant considérée comme une énergie renouvelable, l’impact environnemental des éoliennes nécessite une attention particulière. L’une des préoccupations majeures est la perturbation des habitats naturels.

L’impact environnemental des éoliennes

Les éoliennes peuvent nuire aux oiseaux et aux chauves-souris. De nombreuses études ont montré que les oiseaux migrateurs sont particulièrement vulnérables, surtout lorsqu’ils passent près des parcs éoliens. La mortalité d’oiseaux due aux collisions avec les pales des turbines pose un problème qui requiert des solutions innovantes comme l’intégration de détecteurs de vol ou l’évitement de zones de forte concentration ornithologique.

Un autre aspect de l’impact environnemental concerne la pollution visuelle des éoliennes. La présence de grandes structures métalliques peut défigurer des paysages naturels. Cela soulève des préoccupations chez les résidents locaux et les défenseurs de l’environnement. Des études d’impact visuel sont donc souvent exigées lors de la planification de nouveaux projets éoliens.

À la fin de leur cycle de vie, les éoliennes posent également un défi en matière de gestion des déchets. Les pales, souvent fabriquées en matériaux composites, ne sont pas toujours faciles à recycler. Les entreprises doivent développer des méthodes efficaces de démantèlement et de recyclage pour réduire cet impact. Ces défis font partie intégrante de la planification durable pour l’avenir des énergies renouvelables.

Le bruit que provoquent les éoliennes est une autre préoccupation courante parmi les communautés vivant à proximité des parcs éoliens. En phase de fonctionnement, le bruit généré par les éoliennes peut être perçu comme dérangeant, notamment lors des nuits calmes où le son peut porter sur de longues distances.

Il existe une grande variabilité dans la perception du bruit éolien. Certains résidents s’y habituent, tandis que d’autres trouvent qu’il affecte leur qualité de vie. Des études ont montré que le bruit peut causer du stress, ce qui amène certains gouvernements à mettre en place des régulations strictes quant à la distance minimale à respecter entre les éoliennes et les habitations.

Pour atténuer cet inconvénient, plusieurs innovations ont été développées, comme l’amélioration du design des pales, qui permet de réduire le bruit aérodynamique. De plus, les chercheurs travaillent sur des systèmes de contrôle qui ajustent les conditions de fonctionnement des éoliennes en fonction des conditions météorologiques, minimisant ainsi l’impact sonore lors des périodes sensibles.

Le coût d’entretien et la rentabilité posent question

Le coût d’entretien des éoliennes est un élément crucial à considérer pour évaluer la viabilité des projets éoliens. Bien que le coût d’installation initial soit un investissement à long terme dans des énergies propres, les frais d’entretien et de fonctionnement doivent également être pris en compte.

Les éoliennes nécessitent généralement une maintenance régulière pour garantir leur efficacité, ce qui peut engendrer des coûts non négligeables. Les propriétaires de parcs éoliens doivent budgétiser pour le personnel qualifié, les pièces de rechange et les inspections régulières. Dans de nombreux cas, l’investissement dans la technologie de surveillance peut aider à prévoir les problèmes avant qu’ils ne deviennent coûteux.

Même si l’énergie éolienne restera disponible tant que la terre tournera, elle continuera à subir des fluctuations naturelles. L’intensité du vent varie, donc le rendement de l’énergie produite par les éoliennes varie également.

Alors que l’approvisionnement peut être insuffisant en cas de calme plat, le réseau peut être surchargé en cas de vents très forts. Dans ce dernier cas, il faut même dépenser de l’énergie pour freiner les éoliennes. Ce freinage permet d’éviter les dommages dus à une surcharge. Le manque de constance est l’un des principaux inconvénients de l’énergie éolienne. La production d’énergie par ce biais ne constitue donc qu’une mesure d’appoint.

Les éoliennes sont plus rentables lorsqu’elles sont construites là où le vent souffle le plus fort. Il s’agit principalement des zones proches des côtes, de la haute mer et des montagnes.

Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que l’installation d’éoliennes dans ces régions est plus coûteuse que dans les plaines, par exemple. C’est pourquoi des subventions publiques sont souvent nécessaires pour couvrir les coûts de construction d’éoliennes dans des endroits rentables. Cependant, une fois que celles-ci sont en place et qu’elles commencent à fonctionner, les coûts sont amortis en peu de temps.

Les éoliennes produisent la plupart de l’électricité dans des régions très ventées, par exemple en mer ou en montagne. Mais dans ces régions, la construction des installations est particulièrement coûteuse et n’est souvent réalisable qu’avec des tarifs de rachat fixes.

La problématique du stockage de l’énergie produite

Actuellement, l’énergie éolienne doit être immédiatement transformée en courant électrique transportable afin de pouvoir être consommée. Si l’énergie n’est pas utilisée, elle s’évapore. Le stockage de l’énergie éolienne représente toujours un défi majeur que les scientifiques et les ingénieurs ne parviennent pas à relever à l’heure actuelle.

Il existe certes la possibilité de stocker l’énergie dans une centrale de pompage-turbinage, mais celles-ci ne peuvent pas être installées partout en raison de leur structure compliquée et sont souvent critiquées, surtout en raison de leur inefficacité. Actuellement, des chercheurs tentent de stocker l’énergie du vent sous forme d’hydrogène et de méthane, c’est-à-dire sous forme de gaz.

Face aux inconvénients des éoliennes, des innovations technologiques sont en cours pour maximiser l’efficacité et réduire les impacts négatifs. L’intégration de solutions hybrides, qui combinent à la fois l’énergie éolienne et solaire, représente un potentiel énorme pour l’avenir des énergies renouvelables.

Les éoliennes offshore, souvent installées en mer loin des côtes, s’avèrent être une solution de choix, offrant des vents plus puissants et constants. Ces installations, bien qu’elles soient plus coûteuses à mettre en place, sont souvent davantage acceptées par le public en raison de leur éloignement des zones habitées et de leur moindre impact visuel. De plus, les avancées technologiques dans la construction de ces dispositifs permettent d’optimiser leur fonctionnement

En conclusion, on pourrait dire que l’installation de l’énergie solaire avec stockage est la meilleure solution, pour un pays comme la Tunisie qui jouit en moyenne de 200 jours de soleil, tant sur le plan du coût de l’investissement, de la maintenance préventive et curative du système que sur le plan du remplacement des panneaux solaires. Bref, cette technologie a pris le dessus sur toutes les énergies renouvelables dans tous les pays du monde. En Pologne, les hôpitaux, les écoles, les fermes agricoles, les industries agroalimentaires, manufacturières et lourdes, les kiosques à carburants et autres, utilisent l’énergie photovoltaïques avec stockage, devenant ainsi autonomes, donc plus de coupures ou autres inconvénients.

Certes, l’investissement coûte cher, mais la facture de l’électricité est presque nulle.

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