La romancière tunisienne Basma Omrani a remporté le Prix de la création littéraire en langue française du Prix Zoubeida Béchir 2026, décerné par le Centre de recherche, de documentation et d’information sur la femme (Credif), pour son roman ‘‘Sursis à volonté’’.
La distinction vient saluer un parcours littéraire encore récent, mais déjà marqué par une écriture qui s’intéresse aux zones de tension du réel, à l’absurde, à l’injustice et à ce qui reste enfoui derrière les apparences.
Née à Sfax en 1979, Basma Omrani est docteure en littérature générale et comparée et professeure de français. Elle vit actuellement à Paris. Son parcours universitaire et son rapport à la langue française accompagnent une démarche romanesque nourrie par l’observation du monde contemporain et de ses contradictions.
Avec ‘‘Sursis à volonté’’, son premier roman, l’écrivaine fait le choix d’une fiction qui cherche moins à contourner le réel qu’à le mettre à nu. Elle explique que le livre est né du désir d’exprimer «l’absurde, l’injuste et le refoulé» pour, en définitive, mieux dire le réel. Une démarche qui donne au roman sa matière et son point de départ.
L’attribution du Prix Zoubeida Béchir 2026 vient ainsi consacrer cette première œuvre et offrir à son autrice une reconnaissance importante dans le paysage littéraire tunisien de langue française.
À l’annonce du résultat, Basma Omrani a exprimé sa «profonde gratitude» aux membres du jury pour cette distinction. Elle a également rendu hommage au Credif pour son engagement en faveur de la culture et pour son travail de valorisation des écrits féminins.
Le Prix Zoubeida Béchir occupe une place particulière dans la reconnaissance de la création féminine tunisienne. En distinguant chaque année des œuvres portées par des femmes dans différents champs de la création et de la production intellectuelle, il contribue à leur donner une visibilité dans le paysage culturel national.
Avec ce Prix 2026, ‘‘Sursis à volonté’’ franchit une nouvelle étape dans son parcours. Pour Basma Omrani, cette distinction vient surtout confirmer la possibilité de faire de la littérature un espace de questionnement du réel, là où l’absurde, l’injustice et les non-dits trouvent une forme et une voix.
La réforme approuvée par le gouvernement fédéral allemand mercredi 12 août 2026 élargit les prérogatives des renseignements et leur attribue des pouvoirs opérationnels car jusque-là les services allemands ont adopté une posture défensive. Considérée comme le ventre mou des pays européens, l’Allemagne est souvent sujette à des opérations de déstabilisation russes comme des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires. À l’ère des guerres hybrides, cette réforme est considérée comme indispensable par les autorités allemandes pour protéger leur pays.(Le siège du BND à Berlin se verra conférer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Photographie : Michael Sohn/Reuters).
Imed Bahri
Selon la correspondante du Guardian à Berlin, Deborah Cole, le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi visant à lever de nombreuses restrictions imposées à ses services de renseignement depuis l’après-guerre, alors que le pays est sous le choc de deux attentats survenus en un mois et qui ont mis en lumière de graves failles de sécurité.
Ces modifications controversées, qui doivent encore être approuvées par le Parlement, répondent en grande partie à une liste de souhaits établie par les services de renseignement extérieurs et intérieurs, qui déplorent depuis longtemps le retard de l’Allemagne par rapport à ses alliés et à ses ennemis.
«Nous transformons nos services de renseignement en véritables services secrets», a déclaré le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt au journal Bild qui a qualifié cette réforme de «révolution» et d’«historique» en matière de sécurité. Il a ajouté : «Il est grand temps que nous nous positionnions pour être compétitifs et sur un pied d’égalité avec nos partenaires internationaux. Cela exige des capacités opérationnelles et des pouvoirs actifs pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d’État moderne et les groupes extrémistes.»
Un attentat à la voiture bélier perpétré fin juillet lors de la Gay Pride de Berlin par un individu qualifié comme islamiste connu des services de police a été suivi, la semaine dernière, de la découverte d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion-cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig, plaque tournante majeure du transport de matériel de défense.
Le gouvernement de coalition impopulaire de Friedrich Merz, composé de centres-droit et de centre-gauche, est sous pression pour démontrer sa capacité à moderniser le pays afin d’assurer la sécurité de ses citoyens, tout en préservant les droits et principes inscrits dans la Loi fondamentale allemande.
Le niveau de menace a considérablement augmenté
Les plans de réforme des services de renseignement étaient en préparation depuis des mois et ont fait l’objet de nombreux ajustements avant d’être présentés au gouvernement mercredi dernier.
Le Service fédéral de renseignement extérieur (BND), qui a fêté ses 70 ans cette année et est dirigé par l’ancien ambassadeur en Ukraine, Martin Jäger, se verra octroyer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émergentes émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, avec moins d’obstacles et grâce à l’intelligence artificielle (IA).
Les autorités allemandes affirment que le niveau de menace a considérablement augmenté depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, des agents liés à Moscou ayant prétendument mené à plusieurs reprises des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires.
M. Jäger a déclaré que «l’Allemagne devait être en mesure de montrer à ses adversaires qu’elle est capable de faire de même, afin que l’autre camp en subisse également les conséquences».
Jusqu’à présent, le BND a principalement adopté une posture défensive, se limitant essentiellement à la collecte d’informations et disposant de peu de pouvoirs opérationnels.
Selon le projet de loi, qui compte plus de 700 pages, les services de renseignement allemands seront autorisés à manipuler ou à supprimer des données, une pratique connue sous le nom de hack back (contre-piratage), méthode de riposte aux cyberattaques.
Parmi les autres possibilités figurent la modification des instructions de fabrication des armes ou leur neutralisation lors de leur production.
Assouplissement des règles de protection des données
Les paiements en ligne versés à des agents subalternes employés ponctuellement par des gouvernements étrangers pourraient être bloqués afin de prévenir les attaques.
Le recours à la force par les services de renseignement à l’étranger restera interdit. Cependant, les agents pourront plus fréquemment porter des armes pour leur légitime défense sans autorisation explicite.
La loi, que le gouvernement espère voir entrer en vigueur le 1er janvier 2027, assouplirait les règles de protection des données, largement critiquées pour leur caractère excessif et contre-productif.
Le BND et l’Office de protection de la Constitution (BfV), organe de surveillance de la sécurité intérieure, seront autorisés à collecter, stocker et analyser davantage d’informations et ce, plus longtemps grâce à l’IA. Il sera également plus facile d’obtenir l’autorisation d’effectuer des recherches en ligne et de surveiller le domicile de personnes suspectées d’infractions.
L’Allemagne renforcera également le contrôle du BND et du BfV par un conseil indépendant, en plus des pouvoirs déjà conférés à la commission parlementaire de contrôle du renseignement.
Bien que les réformes soient largement perçues comme nécessaires et attendues depuis longtemps, certains responsables politiques ont mis en garde contre des excès.
Accès élargi aux images de vidéosurveillance publique
La commissaire fédérale à la protection des données, Louisa Specht-Riemenschneider, a déclaré que son ministère serait privé de tout pouvoir de contrôle sur le BND et a critiqué l’accès élargi aux images de vidéosurveillance dans les espaces publics, en Allemagne comme à l’étranger.
Konstantin von Notz, porte-parole du parti écologiste d’opposition s’est dit favorable à un renforcement des pouvoirs du BND mais a toutefois estimé que le projet de loi était «excessif». Il a notamment critiqué les pouvoirs accordés au BfV, qu’il a jugés difficiles à concilier avec le principe de séparation des pouvoirs entre les services de renseignement et la police, une leçon tirée des pages les plus sombres de l’histoire allemande.
Ce texte législatif pourrait faire l’objet de recours en justice de la part de ses détracteurs.
Face à une incertitude géopolitique croissante et aux doutes concernant le rôle des États-Unis comme garant de sa sécurité, l’Allemagne s’est également lancée dans un vaste programme de réarmement. Merz a pris ses fonctions l’année dernière en promettant de faire des forces armées allemandes, la Bundeswehr, l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe.
Alors que les amateurs des citadines électriques ont les yeux rivés sur les futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, une petite inconnue venue de Chine commence à faire parler d’elle en Europe. Son nom : Dongfeng Box, une citadine 100 % électrique qui ne paye pas de mine, mais qui commence déjà à bousculer les habitudes du marché automobile européen, avec des commodités, des performances et des prix défiant toute concurrence.Elle est déjà la voiture électrique la plus immatriculée en Tunisie en 2026.
Habib Glenza, à Lodz.
Ce modèle est le premier véhicule de la marque chinoise Dongfeng commercialisé en Europe, sur le très stratégique segment B, celui des Clio, 208 et bientôt Renault 5 électrique. Et il ne se contente pas d’exister : il dépasse déjà en ventes des rivales comme la Fiat Grande Panda sur le marché espagnol, avec un rapport prix/équipement qui fait réfléchir. Et quand on regarde son tarif et ce qu’il offre de série, on comprend pourquoi Renault et Peugeot ont une nouvelle raison de s’en méfier.
La citadine électrique chinoise bouscule le segment B
Le Dongfeng Box est une petite berline à hayon 100 % électrique, pensée d’abord pour la ville et les trajets périurbains. Sous son capot, on trouve une batterie LFP de 42,3 kWh qui alimente un moteur de 70 kW, soit 95 ch, pour un couple de 160 Nm envoyé aux roues avant. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h en 10,6 s et une vitesse de pointe de 140 km/h, des valeurs en phase avec une utilisation quotidienne tranquille. L’autonomie homologuée atteint 310 km selon le cycle WLTP.
La gamme Box est presque figée, avec très peu d’options en dehors des couleurs. Dongfeng mise sur la stratégie du «tout de série» pour son électrique abordable. Résultat, cette petite citadine chinoise arrive en concessions espagnoles avec un équipement qui ferait rougir plus d’une compacte :
– multiples airbags frontaux, latéraux et rideaux ;
– jantes alliage de 17 pouces et projecteurs full LED avec feux de jour LED ;
– tableau de bord numérique de 5 pouces et écran tactile central de 12,5 pouces avec USB, Bluetooth et radio numérique ;
– climatisation automatique, vitres électriques, accès et démarrage sans clé, verrouillage centralisé à distance ;
– sellerie en simili-cuir, accoudoir central avant, sièges avant chauffants, ventilés et à réglages électriques ;
– volant multifonction en cuir réglable en hauteur ;
– régulateur de vitesse adaptatif avec limiteur, aide au démarrage en côte ;
– capteurs de stationnement avant et arrière, caméra de vision 360° ;
– alerte de franchissement de ligne, alerte de trafic arrière transversal, surveillance de la pression des pneus ;
– système d’appel d’urgence e-Call.
Sur une citadine électrique, voir des sièges ventilés, une caméra 360° ou un régulateur adaptatif proposés d’office reste assez rare. C’est justement ce cocktail d’autonomie correcte, de prestations de confort et d’aides à la conduite qui commence à attirer des clients en Europe, là où les modèles européens misent plus souvent sur des packs et des options payantes.
Le prix sous 20 000 € inquiète Renault et Peugeot
Le vrai séisme pour les constructeurs européens vient du prix. En tarif catalogue, le Dongfeng Box est affiché à 27 265 € sur le marché espagnol, hors promotions. Les offres repérées actuellement appliquent un rabais qui atteint 8 890 €, ce qui ramène le prix de vente à 18 375 €.
Autrement dit, une citadine électrique bien équipée, avec plus de 300 km d’autonomie WLTP, passe sous la barre des 18 500 €.
La remise reste soumise à conditions, avec mention de disponibilité limitée et de financement obligatoire, et n’a pas de valeur contractuelle, mais le signal envoyé au marché est clair.
À ce niveau de tarif réel, le Dongfeng Box se retrouve frontalement face aux futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, mais aussi aux Citroën ë-C3 et Fiat Grande Panda électrique, dans un segment B qui s’électrifie à toute vitesse. Le fait qu’il surpasse déjà la Fiat Grande Panda en immatriculations en Espagne montre que des clients sont prêts à tenter l’aventure avec une marque chinoise quand le rapport prix/équipement s’envole. Les premiers crash-tests européens ont toutefois attribué au modèle une note de 3 étoiles, un point faible dont les constructeurs français ne manqueront pas de se servir pour défendre leurs citadines, même si la pression exercée par un tel ticket d’entrée sur le marché de l’électrique reste bien réelle.
Le Tunisien Anis Zayana vient d’être nommé ambassadeur du Conseil international des directeurs et hôteliers (CIDH, Malaga, Espagne) en Ouganda. Fort de plus de 30 années d’expérience internationale dans l’hôtellerie, Anis Zayana dirige actuellement le Lake Victoria Granada Hotel à Entebbe.
«Je considère cette nomination comme une responsabilité et une opportunité de contribuer au développement du leadership hôtelier, au partage des connaissances, au renforcement des réseaux professionnels et à la promotion du tourisme en Ouganda et en Afrique de l’Est», a déclaré l’hôtelier tunisien.
«Sa vaste expérience professionnelle et son engagement envers le secteur de l’hôtellerie renforcent la vision internationale du CIDH, un réseau mondial réunissant des dirigeants et des professionnels attachés au leadership, au partage des connaissances ainsi qu’au développement du tourisme et de l’hôtellerie», a noté le CIDH, dans le communiqué de nomination signé parprésidé par son président Vicente Romero Jiménez. II a ajouté : «À une époque où l’innovation, la collaboration et les connexions à l’échelle mondiale revêtent une importance croissante, l’arrivée de professionnels expérimentés issus de pays et de cultures variés continue d’enrichir notre communauté et de consolider notre présence internationale.» Et de conclure : «Merci, Anis, d’avoir choisi le CIDH comme espace de mise en relation, d’échanges professionnels et de nouvelles opportunités.»
L’UEFA devrait examiner un incident survenu mercredi soir, 12 août 2026, en Pologne, à l’issue du match entre le GKS Katowice et l’Hapoël Tel-Aviv en Ligue Europa Conférence. Des vidéos et des photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs supporters du club polonais effectuant des saluts nazis en direction de la tribune occupée par les supporters israéliens.
Les faits se sont produits après la rencontre, disputée dans un contexte déjà particulièrement tendu. Les supporters de l’Hapoël avaient bénéficié de mesures de sécurité renforcées, la rencontre ayant été classée à haut risque en raison notamment de la réputation violente d’une partie des ultras de Katowice. Les autorités polonaises avaient également pris des dispositions pour séparer les deux groupes de supporters.
Avant même le match, l’UEFA avait averti les deux clubs qu’elle ne tolérerait pas de banderoles ou de messages offensants et qu’une interruption de la rencontre pouvait être décidée en cas d’incident. Cette mise en garde est intervenue alors que les tensions étaient déjà fortes autour de la venue du club israélien en Pologne.
Selon les images publiées après la rencontre, plusieurs supporters polonais ont toutefois provoqué les fans israéliens en effectuant des gestes assimilés au salut hitlérien. L’UEFA doit désormais déterminer la nature exacte des faits et décider s’ils constituent une infraction à son règlement disciplinaire. En cas de qualification comme comportement raciste ou discriminatoire, le GKS Katowice pourrait faire l’objet de sanctions.
L’incident intervient dans un climat déjà chargé autour des rencontres entre clubs israéliens et polonais. Ces dernières semaines, plusieurs épisodes avaient ravivé les tensions, notamment autour de banderoles et de déclarations politiques liées à Israël et à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, qui reste très vive dans les deux camps.
En acceptant qu’un pays asiatique, Israël en l’occurrence, un Etat violent et génocidaire, participe à ses compétitions, au mépris de la logique géographique et géopolitique, l’UEFA a eu tort de sous-estimer les conséquences d’une telle décision ? N’est-elle pas en train de raviver les ressentiments nés de la douloureuse mémoire de la Seconde guerre mondiale et d’alimenter ainsi l’antisémitisme dont l’Europe a toujours été, historiquement, le berceau ? Et d’ailleurs, l’UEFA peut-elle reprocher aujourd’hui aux supporters de politiser le football lorsque c’est elle qui, par une telle décision, a introduit la politique en football ? Il faut avoir de la suite dans es idées…
Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a exprimé, dans un communiqué publié le 13 août 2026, sa profonde indignation après la mort de Lassoued Dhoui, ressortissant tunisien né le 14 janvier 1996, décédé le 10 août 2026 au Centre de permanence pour les rapatriements (CPR) de Palazzo San Gervasio, en Italie (Photo). Tout en adressant ses condoléances à la famille de la victime, l’association tunisienne basée en France exige «vérité, justice et établissement des responsabilités.»
Lassoued avait été placé dans ce CPR quelques jours avant son décès et présentait, selon les premières informations, des fragilités psychiques. Une question s’impose : comment une personne vulnérable a-t-elle pu être maintenue en rétention sans que sa santé et sa sécurité soient garanties ?
Cette mort survient dans un centre déjà visé par de graves dénonciations. Une enquête judiciaire a notamment porté sur des mauvais traitements et l’administration de psychotropes, dont du Rivotril. Une inspection de décembre 2025 signalait encore des déficiences dans la prise en charge médicale et psychiatrique, un recours massif aux psychotropes, ainsi que des insuffisances concernant les évaluations psychiatriques et la prévention du risque suicidaire.
Toute la lumière doit être faite sur l’état de santé de Lassoued, les examens réalisés, les médicaments éventuellement administrés et les raisons de son maintien en rétention.
Wissem, Ezzedine, Rabii, Lassoued : combien encore ?
Cette mort n’est pas isolée. Wissem Ben Abdellatif, 26 ans, est mort en 2021 après son passage par un CPR. Ezzedine Anani, 44 ans, est mort dans un CPR en 2022. Rabii Farhat est décédé en 2025 en prison après un passage par un CPR.
À chaque mort, quelques réactions, puis le silence. Nous refusons cette banalisation : les migrant·es ne sont pas des statistiques d’expulsion, mais des êtres humains titulaires de droits.
Où sont les autorités tunisiennes ?
Le silence des autorités tunisiennes est particulièrement préoccupant. Quand ont-elles été informées ? Quelles démarches ont-elles entreprises auprès de l’Italie ? La famille a-t-elle été informée et accompagnée ? Ont-elles demandé les résultats de l’autopsie et de l’enquête ?
Il est inadmissible que des journalistes et militant·es aient dû lancer des appels sur les réseaux sociaux pour retrouver la famille de Lassoued. La faible couverture médiatique tunisienne interroge également sur l’autocensure et l’affaiblissement du journalisme indépendant. Le silence institutionnel et médiatique contribue à banaliser ces morts.
Jusqu’à 18 mois de rétention
Nous dénonçons également l’allongement de la rétention administrative en Italie, qui peut désormais atteindre, dans certaines conditions, 18 mois. Une telle privation de liberté, sans condamnation pénale, peut avoir des conséquences dévastatrices, notamment pour les personnes psychiquement vulnérables.
La responsabilité est d’abord italienne : Lassoued était privé de liberté sous le contrôle de l’État italien, qui avait l’obligation de protéger sa vie et sa santé. Elle est aussi européenne : les politiques de l’UE renforcent la rétention, les expulsions et l’externalisation des frontières.
Enfin, depuis le mémorandum UE-Tunisie de juillet 2023, les autorités tunisiennes coopèrent étroitement avec cette politique. La Tunisie ne peut faciliter les expulsions et rester silencieuse lorsque ses ressortissants meurent dans les structures de rétention.
Nous demandons
– une enquête indépendante et transparente et l’établissement de toutes les responsabilités ;
– toute la lumière sur l’état psychique, les soins et les traitements reçus par Lassoued ;
– des explications sur les suites données aux alertes concernant Palazzo San Gervasio ;
– une assistance consulaire et juridique effective à sa famille ;
– l’abandon de l’allongement de la rétention administrative pouvant atteindre 18 mois et, plus largement, une refonte profonde des politiques migratoires italiennes et européennes fondées sur l’enfermement, l’expulsion et l’externalisation du contrôle des frontières vers des pays tiers.