L’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud, l’innovation industrielle, les startups, les investissements et la coopération technologiqueseront au cœur de la troisième édition de BigTech Africa, organisé par TPM Events sous le patronage du ministère des Technologies de la communication,qui se tiendrales 13 et 14 octobre2026à la Cité de la Culture de Tunis.
L’événement se veut une plateforme panafricaine dédiée à la transformation numérique, aux investissements et à la coopération technologique.
Selon TPM Events, l’édition 2026 table sur 4 000 participants qualifiés, 100 experts et intervenants, 40 investisseurs internationaux et des représentants de 20 pays, avec un programme comportant un millier de rencontres B2B.
Parmi les thèmes abordés figurent l’IA souveraine, la cybersécurité, le cloud africain, la GovTech, la FinTech, la GreenTech, l’Industrie 4.0 ainsi que la confrontation entre l’IA générative et la DeepTech industrielle.
L’ICE-Agenzia (Agence italienne pour le commerce extérieur) sera présente avec un «Punto Italia» (Espace Italie) dédié à la promotion de l’écosystème national de l’innovation ; y seront présentées des initiatives telles que Labinnova, Terna Innovation Zone et Innovatech, ainsi que les activités d’incubateurs et d’accélérateurs italiens. Cet espace prévoit également des temps forts consacrés à la formation, au réseautage et à la présentation de projets et de compétences issus du système italien.
Le 14 octobre, de 14h25 à 15h25, la scène principale («Main Stage ») accueillera une table ronde intitulée «L’Italie comme pont pour l’innovation Italie-Afrique : dialogue entre institutions, innovation en entreprise et écosystème des startups», modérée par Bernard Prevete, directeur du bureau de l’ICE à Tunis. Parmi les intervenants figurent notamment Paolo Anselmo (président de l’Italian Business Angels Network), Luigi Giorgi (Terna), Marco D’Angelo (InnovUp et beeco), Francesco Gavanna (Fintech District) et Viera Schioppetto (CIES). Le débat portera sur l’établissement de partenariats entre l’Italie et l’Afrique dans les domaines du mentorat, de l’investissement, de l’incubation et du transfert de compétences.
Cette présence italienne s’inscrit dans le cadre d’un événement visant à faire de Tunis un carrefour entre les écosystèmes technologiques africains, européens et internationaux, en favorisant la mise en relation d’institutions, d’entreprises, de startups, d’investisseurs et de centres d’innovation.
Pour l’Italie, BigTech Africa constitue ainsi une opportunité de renforcer la coopération économique et technologique avec la Tunisie et, plus largement, avec les marchés africains émergents dans le secteur de l’innovation numérique.
Des semaines décisives s’annoncent pour la filière halieutique tunisienne dans ses relations avec l’Union européenne (UE). Du 26 au 30 octobre 2026, la Tunisie participera à Rome à la 49e session de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), chargée de définir de nouvelles mesures de gestion des stocks et decontrôles européensdesquotas de crevettes rouges. Parallèlement, une délégation de l’UE est attendue en Tunisie le 16 novembre prochain; en prévision de cette visite, les contrôles et les travaux ont été intensifiés dans les ports de pêche de Sousse et de Hergla.
Le premier dossier concerne la crevette rouge dans le canal de Sicile. La recommandation CGPM/48/2025/9 a prorogé pour 2026 la période transitoire du plan pluriannuel de gestion dans les sous-zones 12 à 16, réduisant de 3 % les limites de capture pour la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea) et la crevette violette (Aristeus antennatus).
Les captures tunisiennes en question
Pour la Tunisie, la limite fixée pour 2026 concernant la crevette rouge géante est de 36 000 kilogrammes. Selon une note d’information du ministère italien de l’Agriculture, le quota était déjà épuisé le 15 mai, alors que les certificats de capture tunisiens enregistrés sur la plateforme européenne Catch atteignaient par la suite un total d’au moins 50 960 kilogrammes, soit 41,5 % au-delà du plafond autorisé. Le ministère italien (Masaf) a donc appelé les opérateurs italiens à ne pas accepter de lots issus de captures dépassant la limite internationale.
Les échanges se poursuivront également sur le plan scientifique. Une réunion technique consacrée à la préparation des données sur la crevette rouge de profondeur en Méditerranée centre-orientale est prévue du 9 au 11 novembre au siège de la FAO à Rome ; elle sera suivie, du 11 au 14 novembre, d’une réunion sur les stocks de Méditerranée centrale.
Le volet sanitaire constitue un autre dossier important, distinct de celui des quotas mais crucial pour l’accès au marché européen.
Selon Diwan FM, citant Samir Mhiri (responsable de la production animale au Commissariat régional au développement agricole de Sousse), une délégation de l’UE est attendue en Tunisie le 16 novembre. En amont de cette visite, les inspections dans les ports de Sousse et de Hergla ont été intensifiées afin de vérifier les conditions d’hygiène et de salubrité, ainsi que l’état des marchés de gros et des équipements.
À Sousse, des travaux sont en phase d’achèvement concernant les sols, le système d’évacuation des eaux usées, les chambres froides et l’installation de production de glace alimentaire.
A Hergla, le marché a repris son activité, mais la procédure d’agrément vétérinaire reste à finaliser. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une mise aux normes plus large de la filière tunisienne, conformément aux exigences sanitaires applicables aux produits destinés à l’exportation.
L’Italie, principal débouche des produits de pêche tunisiens
Les enjeux économiques sont considérables. Au cours des sept premiers mois de 2026, la Tunisie a exporté 18 400 tonnes de produits de la pêche pour une valeur de 422,3 millions de dinars (127 millions d’euros). L’Italie demeure le principal débouché, absorbant 34 % des exportations, suivie de l’Espagne avec 12 % ; ensemble, ces deux pays représentent 46 % des exportations tunisiennes de produits de la pêche.
Ces deux dossiers restent toutefois distincts : le différend concernant la crevette rouge porte sur les quotas de pêche, la durabilité des stocks et la traçabilité via le système Catch, tandis que la visite en Tunisie du 16 novembre concerne, selon les informations disponibles à ce jour, la conformité sanitaire et vétérinaire de la filière. Tous deux ont néanmoins une incidence sur la capacité de la Tunisie à maintenir un accès régulier de ses produits de la pêche au marché européen.
Renforcer le rôle des femmes dans la pêche méditerranéenne et valoriser leur contribution à la gestion durable des ressources marines ainsi qu’au développement des communautés côtières.Tel est l’objectif de «Women Together in Fisheries 2026», une initiative organisée en Tunisie du 5 au 7 octobre2026par le WWF Afrique du Nord en collaboration avec la Mediterranean Marine Initiative du WWF.
La rencontre a réuni à Tunis plus de 90 femmes actives dans le secteur de la pêche, venues de plus de dix pays méditerranéens, ainsi que des représentants et experts de la filière, pour échanger sur la pêche durable, l’autonomie économique, le changement climatique et la participation des femmes aux processus de décision.
Les travaux ont porté également sur les savoirs traditionnels liés à la pêche, le rôle des femmes dans la transformation et la commercialisation des produits de la pêche, les coopératives féminines et la gestion des ressources marines. Une partie du programme a par ailleurs été consacrée à l’économie bleue et aux possibilités de diversification des sources de revenus au sein des communautés côtières.
Une visite à Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte, le 6 octobre, a permis aux participantes de rencontrer des femmes impliquées dans les activités post-pêche et dans des coopératives locales. L’objectif était de confronter les expériences de terrain et d’identifier des solutions concrètes susceptibles d’être reproduites dans d’autres régions de la Méditerranée. La dernière journée, hier, a été consacrée à la la lutte contre la pollution plastique, à l’économie circulaire et à la possibilité de transformer les déchets en nouvelles activités économiques et sources de revenus.
Les femmes, on le sait, jouent un rôle essentiel tout au long de la chaîne de valeur de la pêche méditerranéenne, mais continuent de se heurter à des obstacles en matière d’accès aux financements, aux services et aux processus de décision. La rencontre de Tunis vise donc à renforcer un réseau méditerranéen de femmes du secteur, en faisant des expériences locales un levier pour des propositions opérationnelles visant ç rendre la pêche plus durable, inclusive et résiliente face au changement climatique.
Ahmed Néjib Chebbi a suspendu mercredi 7 octobre2026sa grève de la faim.Selon son fils Louay, l’administration pénitentiaire, qui dit prendre ses revendications au sérieux, s’est engagée à garantir aux détenus l’accès à une source d’information fiable. Après concertation avec sa famille,l’activiste politique a décidé d’une suspension temporaire, «en signe de bonne foi», en attendant de vérifier que ces engagements soient tenus.Face à la gravité de la situation, plus de cent cinquante personnalités de France, d’Europe, du Maghreb, du monde arabe, d’Afrique subsaharienne et du Canada ont signéla pétitionreproduite ci-dessousréclamant sa libération, celle de tous les détenu.e.s politiques et d’opinion, et le rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
À 82 ans, Ahmed Néjib Chebbi entame un de ses ultimes combats, mettant une fois encore sa vie en péril.
Voilà bientôt soixante ans que cet homme symbolise la résistance contre l’oppression.
Du temps de Bourguiba, il faisait partie des étudiants révoltés de mars 1968 emprisonnés pour «complot contre la sûreté de l’État». Le complot, hier comme aujourd’hui, c’est la traduction de la revendication démocratique en langage despotique.
Du temps de Ben Ali, il sera l’une des principales figures de la grande grève de la faim du 18 octobre 2005 pour les libertés, aux côtés de l’avocat Ayachi Hammami, son compagnon d’infortune aujourd’hui, et d’autres militants, de diverses sensibilités politiques.
Cible de la vindicte du régime issu du coup de force du 25 juillet 2021, le voilà de nouveau en prison, comme tant d’autres, pour les mêmes raisons : le rêve et le combat pacifique pour les libertés. Et le voilà de nouveau en grève de la faim pour la liberté.
Le nom d’Ahmed Néjib Chebbi, doyen des démocrates de ce pays, est devenu l’emblème de la longue résistance contre tous les autoritarismes depuis l’indépendance. Le recours à la grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention est un épisode de plus de cette résistance.
Dans la Tunisie d’aujourd’hui, tout se passe comme si la persécution permanente des opposant.e.s, en liberté provisoire ou entre quatre murs, est devenue le mode d’existence d’un règne de plus en plus ubuesque. Le recours récurrent à la grève de la faim, de la part des détenu.e.s politiques mettant les uns après les autres leurs vies en péril, apparaît comme l’ultime force des démunis.
Face à un régime qui travaille à effacer l’idée même de politique, cette arme ultime est l’affirmation de la pérennité de la lutte pour l’État de droit, la démocratie et les libertés.
Nous, signataires, appelons à la libération de Ahmed Néjib Chebbi et des détenu.e.s politiques et d’opinion, ainsi qu’au rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
Nejib Chebbi et les grévistes de la faim du Mouvement du 18 octobre 2005.
Houria Bouteldja, essayiste, militante politique franco-algérienne
Dylan Boutiflat, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste
Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières
Robert Bret, ancien sénateur communiste
Françoise Brié, présidente de la CLEF
Miloud Chaouch, militant associatif
Mohamed Chaouih, président de AMF
Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste
Khadija Chérif, militante féministe et des droits humains
Alya Chérif Chammari, avocate, militante des droits humains
Karim Cherkaoui, Maroc
Larbi Chouikha, universitaire
Patrice Coulon, militant des droits humains
Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste
Thomas Coutrot, économiste
Ahmed Dahmani, économiste, militant des droits humains, Algérie
Sara Daniel, journaliste
Lucile Daumas, retraitée
Michel Debon de Beauregard, syndicaliste, ancien vice-président de Solidarité laïque
Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures ».
Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche CNRS
Nacer Djabi, sociologue
Nadir Djermoune, architecte urbaniste
Moulay Ahmed Douraïdi, du Collectif marocain pour la démocratie des élections
Bernard Dreano, militant de la solidarité internationale
Françoise Duthu, militante écologiste
Dominique Eddé, écrivaine
Kacem El Basti, carrefour des initiatives, Maroc
Abderrazzak El Hannouchi, Coordinateur du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Baheyeddine El Hassen, écrivain et défenseur des droits humains, Egypte
Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)
Ihsane El Kadi, journaliste
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL)
Mireille Fanon-Mendes France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon
Jean-Marie Fardeau, militant associatif
Patrick Farbiaz, militant politique
Raouf Farrah, politologue, Algérie
Wahid Ferchichi, professeur en droit public, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis
Mohamed Cherif Ferjani, professeur honoraire de science politique, Université Lyon-2
Guillemette Fessy, militante écologiste
Souad Frikech, députée au Parlement marocain
Pierre Galand, sénateur honoraire, président de l’OMCT-Europe
René Galissot, historien, ancien enseignant à l’université d’Alger, ancien directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris-VIII, professeur émérite
Vincent Geisser, président du CIEMI
Jérôme Gleizes, universitaire
Alain Gresh, journaliste, Fondateur des journaux en ligne Orient XXI et Afrique XXI
Pierre Henry, président de France Fraternités.
Jean-Claude Heyraud, militant écologiste.
Ahmet Insel, universitaire, militant turc en exil
Kamel Jendoubi, ancien président Euromed-Droits
Abdelkebir Jmaiai, militant associatif, défenseur des droits humains, Maroc
Aïssa Kadri, universitaire
Irina Karamarkovic, artiste, militante féministe et antiraciste, Graz (Autriche)
Meryem Kendsi, artiste peintre
Pierre Khalfa, économiste
Abdellatif Laâbi, écrivain
Youssef Laaraj,président du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta, Maroc
Kamal Lahbib, président de l’Observatoire marocain des libertés publiques
Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile de France
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Mohamed Leghtas, animateur de radios associatives, Maroc
Gilles Lemaire, militant écologiste
Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP
Michael Lowy, sociologue
Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO)
Ziad Majed, professeur universitaire
Sofiane Makhloufi, président du CRLDHT
Gilles Manceron, historien
Marc Mangenot, sociologue, économiste
Fadoua Maroub, SG de l’ARMCDH, Maroc
Gustave Massiah, militant altermondialiste, membre fondateur du Forum social mondial
Roland Mérieux, secrétaire national de l’Après
Fabienne Messica, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Umit Metin, militant des droits humains
Ali Mezghani, professeur agrégé en droit privé à la faculté des sciences juridiques de Tunis et à la Sorbonne
Amharref Mhamed, Association Aïn Bechar-Taza, Maroc.
Khadija Mohsen Finan, universitaire
Patrick Mony, défenseur des droits des migrants, GISTI
Dominique Noguères, avocate, membre de la LDH
Mohamed Nouhi, IMDH, Maroc
Mbark Outcharraft, président Forum Iffous pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Aïssa Rahmoune, SG de la FIDH
Najat Razi, AMDF, Maroc
Hamadi Redissi, professeur en sciences politiques
Hassan Remaoun, historien
Soumicha Riyaha, Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF)
Fabrice Riceputi, historien
Joël Roman, philosophe
Pierre Rousset, militant associatif
Khadija Ryadi, coordinatrice de la CMODH, lauréate du prix de l’ONU en matière des droits de l’Homme
Lana Sadeq, Forum Palestine Citoyenneté
Bakary Sambe, universités Gaston Berger à Saint louis au Sénégal
François Sauterey, coprésident du MRAP
Jamila Sayouri, Adala pour le droit à un procès équitable, Maroc
Pinar Selek, sociologue, Turquie
Haoues Seniguer, professeur des universités, Université Paul-Valéry (Montpellier)
Ghislaine Seze, présidente de DSFAS
Catherine Simon, journaliste
Danielle Simonnet, députée
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Hamouda Soubhi, président du Forum marocain des alternatifs Sud
Latifa Soufiani, Espace Associatif Maroc
Benjamin Stora, historien
Simone Susskind, ancienne députée bruxelloise et sénatrice fédérale
L’été 2026 restera sans doute comme un moment particulièrement difficile pour le système énergétique tunisien. Les coupures et les délestages qui ont affecté les citoyens, les entreprises et les services publics ont rappelé, avec brutalité, le déficit énergétique croissant dont souffre le pays depuis une vingtaine d’années.Nul ne souhaite revivre ce qui s’est passé, tant la sécurité énergétique constitue aujourd’hui une question de souveraineté nationale et l’un des fondements de la stabilité économique et sociale.Mais derrière cette épreuve, une autre réalité mérite d’être saluée avec force : la mobilisation spontanée et désintéressée de 22 ingénieurs et experts de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens(OIT), qui ont choisi de mettre leur expérience, leurs compétences et leur disponibilité au service du pays.
Taoufik Halila& Mohamed Ferid Herelli *
Réunis bénévolement durant leurs périodes de vacances et de repos, ces professionnels ont consacré leur temps et leur énergie à analyser la situation, à croiser les données disponibles et à élaborer une feuille de route énergétique 2026-2035, destinée à contribuer à la prévention d’une nouvelle crise et à donner aux décideurs des outils d’orientation et d’anticipation. Cette démarche mérite un hommage particulier.
Dans une période où les urgences quotidiennes auraient pu justifier l’attentisme ou le repli sur soi, ces 22 experts ont fait le choix de la responsabilité collective. Leur contribution ne se limite pas à un document technique. Elle traduit une conviction essentielle : l’expertise tunisienne, lorsqu’elle se rassemble autour de l’intérêt général, peut apporter des réponses concrètes aux grands défis du pays.
Il convient donc de remercier chaleureusement et de rendre hommage à chacun des membres de cette équipe pour cet effort bénévole, mais également pour l’esprit qui l’a animé : celui du service, de la compétence et de la responsabilité.
Été 2026 : un signal d’alarme qu’il faut transformer en décision
L’analyse réalisée montre que les difficultés rencontrées en 2026 ne peuvent être considérées comme un simple accident conjoncturel.
La Tunisie fait face depuis plusieurs années à une marge de sécurité énergétique insuffisante. La forte dépendance de la production électrique au gaz naturel, les contraintes d’approvisionnement, les retards de certains investissements structurants, les limites du réseau électrique et l’évolution continue de la demande constituent autant de facteurs qui rendent le système vulnérable lors des périodes de pointe.
Le problème n’est donc pas uniquement de produire davantage d’électricité. Il faut également être capable de prévoir, transporter, distribuer, financer, entretenir et piloter cette énergie avec suffisamment d’anticipation.
La crise de 2026 doit ainsi être considérée non comme une fatalité, mais comme un avertissement. Elle nous oblige à passer d’une logique de réaction à une véritable culture de l’anticipation, de la prédiction et de la prévention. Cette culture doit concerner aussi l’ensemble des responsables et des administrateurs des différents secteurs économiques et sociaux du pays, afin que chacun puisse mieux anticiper les risques, prévenir les crises et contribuer à la résilience nationale.
C’est précisément dans cette perspective que la contribution des 22 experts prend toute sa valeur.
Mohsen Gharsi, président de l’OIT.
Des recommandations qui doivent désormais devenir des décisions
La feuille de route proposée ne doit pas rester un document supplémentaire sur les étagères de l’administration. Sa véritable utilité résidera dans sa capacité à se traduire rapidement en décisions, en responsabilités clairement identifiées et en actions mesurables.
1. Anticiper les situations de tension et communiquer avant les coupures : la gestion de la demande doit devenir un élément essentiel de la politique énergétique.
Lorsqu’une situation de tension se profile, il est indispensable d’informer les consommateurs suffisamment tôt. Une communication claire, directe et proactive permettrait notamment de mobiliser les grands consommateurs industriels, sanitaires et commerciaux, afin de les sensibiliser aux mesures à prendre et de favoriser une réduction maîtrisée de leur consommation.
Des SMS d’alerte ciblés pourraient être adressés aux grands consommateurs lorsque le système s’approche a une situation critique, en leur demandant temporairement de réduire leur consommation selon des modalités préalablement définies.
Cette réduction volontaire ou contractuelle de la demande devrait intervenir avant d’en arriver aux coupures.
Il ne s’agit pas de pénaliser les consommateurs, mais de créer une véritable solidarité énergétique et de donner à chacun la possibilité de contribuer à la stabilité du réseau.
La communication doit ainsi devenir un véritable outil de gestion du système, et non intervenir uniquement lorsque la crise est déjà installée.
2.Mobiliser et encourager davantage le secteur privé dans les investissements énergétiques : la sécurité énergétique de la Tunisie nécessitera des investissements importants que les ressources publiques ne pourront pas toujours financer à elles seules
Le secteur privé doit donc être davantage associé aux nouveaux projets de production, de stockage, d’énergies renouvelables et, plus largement, aux infrastructures énergétiques nécessaires au pays.
Cette ouverture doit toutefois s’effectuer dans un cadre rigoureux : conventions transparentes, responsabilités clairement définies, rentabilité raisonnable, mécanismes de contrôle et protection de l’intérêt national.
L’objectif n’est pas de transférer la responsabilité du secteur public au secteur privé, mais de créer une complémentarité efficace et rationnelle entre les deux.
La Tunisie dispose d’investisseurs, d’entreprises et de compétences capables de participer à cet effort. Encore faut-il leur offrir un cadre stable, lisible et suffisamment attractif pour permettre aux projets de se concrétiser dans les délais prévus.
3. Fixer des délais impératifs et rendre chacun responsable de leur respect : l’expérience des dernières années montre que le retard d’un projet énergétique peut avoir des conséquences considérables sur l’équilibre général du système.
Chaque projet stratégique devrait donc être accompagné d’un calendrier précis, réaliste et opposable, depuis les études jusqu’à la mise en service.
Tout retard doit être immédiatement identifié, expliqué ; présenté et communiqué aux parties concernées. Lorsqu’un calendrier ne peut plus être respecté, un plan B doit être activé sans attendre que le problème devient critique.
La règle est simple : un projet stratégique ne doit jamais être considéré comme acquis tant qu’il n’est pas effectivement réalisé et opérationnel.
Cette culture du délai, du suivi et de la responsabilité constitue l’une des conditions essentielles de la crédibilité de toute feuille de route énergétique.
4.Réhabiliter les démarches de management par la qualité :un autre enseignement important doit être tiré de cette crise : la nécessité de revenir aux principes fondamentaux des Systèmes de Management de la Qualité (SMQ).
Ces démarches ont malheureusement perdu de leur visibilité au fil des années, alors qu’elles constituent des outils précieux pour maîtriser les processus, documenter les décisions, identifier les risques, corriger les dysfonctionnements et assurer la traçabilité des responsabilités.
Dans un secteur aussi stratégique que l’énergie, les procédures ne doivent pas être perçues comme une contrainte administrative.
Elles constituent au contraire une barrière de sécurité.
Il est donc nécessaire de réhabiliter les procédures, les audits, les indicateurs de performance, les actions correctives et le retour d’expérience.
Une organisation qui apprend de ses erreurs est une organisation qui renforce progressivement sa résilience.
Investir dans les capacités, mais aussi dans les compétences
La question énergétique ne peut pas être réduite aux mégawatts installés. Derrière chaque centrale, chaque ligne électrique, chaque poste de transformation et chaque infrastructure gazière se trouvent des femmes et des hommes capables de concevoir, d’exploiter, de maintenir et de sécuriser ces équipements.
Le renouvellement des compétences doit donc être considéré comme un investissement stratégique au même titre que les infrastructures.
La Tunisie doit anticiper les départs à la retraite, renforcer la formation spécialisée, attirer de nouveaux talents et organiser le transfert de connaissances entre les générations. La compétence humaine est une capacité de production à part entière.
Une trajectoire énergétique qui doit conjuguer réalisme et ambition
La Tunisie doit poursuivre le développement des énergies renouvelables et diversifier son bouquet énergétique. Mais cette ambition doit toujours être accompagnée d’une analyse rigoureuse de la capacité du réseau à absorber les nouvelles productions.
Le développement des énergies renouvelables (ENR), des capacités de stockage, des interconnexions et des nouvelles capacités de production doit être planifié et mis en œuvre comme un ensemble cohérent et intégré.
Il ne suffit pas d’annoncer des capacités supplémentaires : il faut s’assurer qu’elles pourront être raccordées, transportées, équilibrées et exploitées dans les meilleures conditions garantissant la stabilité du système dans sa globalité.
Parallèlement, les projets structurants de long terme doivent être préparés dès maintenant afin de ne pas reproduire les retards qui ont contribué à fragiliser le système.
La diversification des sources d’énergie doit également être considérée comme un objectif de souveraineté, afin de réduire progressivement les vulnérabilités liées à une trop forte dépendance à une seule source ou à un seul fournisseur.
2027 : transformer l’inquiétude en confiance
L’objectif le plus immédiat doit désormais être clairement identifié : préparer l’été 2027 dès maintenant.
Il ne faut pas attendre le retour des fortes chaleurs pour commencer à agir.
Les capacités disponibles, les besoins prévisionnels, les travaux de maintenance, les projets susceptibles d’être opérationnels, les capacités d’importation, l’état du réseau et les moyens de gestion de la demande doivent faire l’objet d’un suivi régulier et transparent.
Un tableau de bord national pourrait permettre de mesurer l’avancement réel des actions prioritaires et d’identifier suffisamment tôt les éventuels écarts.
Chaque difficulté doit avoir son scénario alternatif. Chaque projet critique doit avoir un calendrier. Chaque calendrier doit avoir un responsable. Et chaque risque identifié doit faire l’objet d’une mesure préventive.
C’est à ce prix que la Tunisie pourra retrouver progressivement une marge de sécurité suffisante.
Un hommage qui doit devenir un engagement collectif
Le travail réalisé bénévolement par les 22 ingénieurs experts de l’OIT constitue finalement bien plus qu’une contribution technique. Il porte un message clair :
Ce message est celui d’une Tunisie qui possède encore les compétences, l’expérience et les femmes et les hommes capables de relever ses grands défis, à condition de savoir les écouter, les mobiliser et transformer leur expertise en décisions.
Ces 22 experts ont consacré leurs vacances et leur temps de repos à une cause qui dépasse leurs intérêts personnels : contribuer à éviter que les difficultés de l’été 2026 ne se reproduisent.
À leur travail doit maintenant répondre une mobilisation institutionnelle à la hauteur de l’enjeu.
Pour que l’été 2027 soit celui de la maîtrise et non celui de la crainte
L’été 2026 doit rester dans notre mémoire non pas comme le symbole d’un échec définitif, mais commele moment où la Tunisie a pris pleinement conscience de la nécessité de changer de méthode.
Nous disposons aujourd’hui des enseignements tirés de la crise, des analyses des experts et d’une feuille de route permettant de mieux identifier les priorités. Il faut désormais passer de l’analyse à l’action, tout en tirant pleinement parti des nouvelles technologies numériques et de l’intelligence artificielle.
.Si les décisions sont prises suffisamment tôt, si les investissements sont accélérés, si les projets sont suivis avec rigueur, si le secteur privé est mobilisé dans un cadre transparent, si les consommateurs sont associés à la gestion de la demande et si les procédures de qualité retrouvent toute leur place, l’été 2027 peut être radicalement différent de celui de 2026.
Il ne s’agit pas de promettre qu’aucune difficulté ne surviendra.
Il s’agit de faire en sorte que, lorsque la difficulté se présente, nous soyons prêts à y répondre avant qu’elle ne devienne une crise.
Et c’est aussi le meilleur hommage que nous puissions leur rendre : faire de leur travail bénévole le point de départ d’une nouvelle culture énergétique fondée sur l’anticipation, la responsabilité, la transparence et l’action.
C’est également l’occasion de prendre acte du fait que cette initiative, portée sous l’égide de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, pourrait constituer un modèle et une source d’inspiration pour accompagner et soutenir d’autres secteurs et activités économiques du pays.
*Conseillers du Doyen de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens(OIT).
Partie le 27 septembre2026de Menzel Bouzaiane, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en direction du palais présidentiel de Carthage, la marche des diplômés chômeurs réclament l’application de la loi n° 18 du 22 décembre2025 relative au recrutement exceptionnel dans fonctionetles entreprises publiques,des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi, s’est terminée en queue de poisson sans que les marcheurs n’aient pu obtenir satisfaction.
Latif Belhedi
La mobilisation, qui comptait initialement 23 personnes, a progressivement rallié de nouveaux participants en cours de route. Selon le comité de coordination, le nombre de participants a dépassé les 120 personnes, incluant des chômeurs venus d’autres gouvernorats ainsi que des membres de leurs familles ayant choisi de les accompagner.
«Nous voulons l’application de la loi, pas une rencontre avec le président», a déclaré à la presse Nesma Mahfoudhi, l’une des coordinatrices de la marche, résumant ainsi la position des participants.
Un emploi offert sur un plateau d’argent
La revendication porte sur l’ouverture de la plateforme numérique prévue par la réglementation, la définition d’un calendrier de recrutement et le lancement de la première tranche avant la fin de 2026, le recrutement devant se faire sur une période maximale de trois ans et selon des critères prenant notamment en compte l’âge — avec une priorité accordée aux personnes de plus de 40 ans —, l’année d’obtention du diplôme, la situation sociale et le principe d’un seul bénéficiaire par famille.
A leur arrivée aux portes de Tunis, après une marche de quelque 300 kilomètres à pieds, marquée par une grande fatigue et des problèmes de santé – plusieurs participants ayant dû recevoir des soins lors des différentes étapes -, les marcheurs ont été empêchés d’avancer davantage et sommés de rentrer au bled les mains vides. L’une des marcheuses, qui s’est montrée intraitable dans la défense de ce qu’elle considère comme un droit, a été arrêtée.
«Votre appel a été entendu par le président de la république», leur a-t-on dit, et des mesures seront prises bientôt pour accélérer l’application de la loi n° 18/2025, qui engage le gouvernement à recruter les diplômés chômeurs par tranches. Mais comme ils se sont lassés des promesses non tenues et qu’ils traînent leur détresse depuis plusieurs années, certains depuis 15 ans et plus, les diplômés chômeurs de Menzel Bouzaiane, l’un des berceaux de la révolution de 2011, rechignent à donner foi à la nouvelle promesse. Et le malaise reste entier. Le malentendu aussi. Car toute cette affaire est né d’un malentendu qu’il va être difficile de lever.
En effet, les membres de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui sont derrière la «Marche de la dignité», pensent, sans doute à tort, qu’un diplôme ouvre automatiquement la voie à un recrutement dans la fonction publique qui, de ce point de vue, devient un droit inaliénable. Or, on le sait, cela est totalement faux. Un diplôme, quel qu’il soit, est à peine une ligne dans un CV, un indicateur de mérite parmi d’autres. Un emploi ne s’offre pas, il se mérite, par la motivation, le talent, l’expérience et la confiance que l’on inspire à l’employeur.
Un diplômé ne doit donc pas dormir sur ses lauriers et attendre un hypothétique emploi dans la fonction publique qui risque de ne jamais venir : son diplôme ne vaut rien s’il n’est pas complété par des formations, des acquis, des savoir-faire… C’est ce que les responsables auraient dû expliquer à ces jeunes diplômé(e)s dont certain(e)s sont presque quinquagénaires. Et non succomber à un populisme de mauvais aloi, dicté par des calculs électoralistes, en leur faisant miroiter la perspective d’un emploi offert sur un plateau d’argent.
Une loi populiste qui n’aurait pas dû être promulguée
Disons les choses clairement et sans détour : la fameuseloi n° 18/2025, qui a été défendue par tous les partis politiques et les organisations de la société civile, y compris l’UGTT, la centrale ouvrière, et portée par le président Kaïs Saïed, n’aurait jamais dû être promulguée parce qu’elle est inapplicable dans un pays faisant face à une grave crise financière et dont le déficit budgétaire continue de se creuser sur fond d’endettement, intérieur et extérieur, d’inflation structurelle et de croissance économique atone peinant à atteindre 1,5 ou 2 %.
Cette loi est d’autant plus inapplicable, également, que la fonction publique en Tunisie emploie plus de 700 000 salariés – là où des pays d’une même grandeur démographique se contenteraient de 200 000 ou 300 000. Près du tiers de ces salariés sont payés d’ailleurs pour ne rien faire, des employés fantômes percevant des salaires fictifs et protestant régulièrement pour exiger des augmentations salariales. Beaucoup d’entre eux ont du reste un second emploi, réel celui-là, dans la contrebande et le marché parallèle qui nuit à l’économie nationale et grève les recettes de l’État par l’évasion fiscale.
Au lieu de faire de vagues promesses et de prendre des engagements solennels qu’il n’est pas en mesure de respecter, l’État aurait dû jouer, plus efficacement et avec plus de détermination, le rôle qui est censé être le sien dans la gestion des affaires publiques : mettre en place les conditions requises pour impulser l’investissement, la croissance, la création de richesses et d’emplois, seul moyen pour réduire le déficit budgétaire, l’endettement et le chômage structurel qui touche, bon an mal an, autour de 15% de la population active.
A notre connaissance, l’humanité n’a pas inventé d’autres moyens pour sortir du sous-développement, de la pauvreté et de la dépendance de l’aide étrangère qui sont aujourd’hui le lot des Tunisiens soixante-dix ans après leur indépendance. Et c’est dommage…
Environ45 % des Tunisiens ne sont pas propriétaires de leur logement et l’acquisition d’un logement est devenue un « rêve impossible» poureux, en raison dela forte hausse des prix de l’immobilier ces dernières années, le prix du logement le moins cherdans le paysoscillant actuellement entre 350 000 et 400 000 dinars.
C’est ce qu’a déclaré le trésorier de la Chambre des promoteurs immobiliers, Hachemi Meliani, lors de son intervention mercredi 7 octobre 2026 dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, estimant que le ralentissement du rythme des ventes immobilières contribue à la hausse des loyers, une situation qu’il a qualifiée de « socialement néfaste ».
La formule de location-accession est une bonne idée et une solution au problème du logement, mais elle doit être revue et ses mécanismes de mise en œuvre améliorés afin de la rendre plus attractive et en faciliter l’adoption et la mise en œuvre par les candidats à l’achat d’un logement, a expliqué le professionnel de l’immobilier, ajoutant que l’annonce par des entreprises publiques de la construction de 1 200 logements ne saurait résoudre la crise du logement dans le pays, car la demande du marché est autrement plus importante et les promoteurs privés sont prêts à construire des logements selon les mêmes conditions que celles appliquées par les organismes publics.
Selon lui, ses collègues sont capables de fournir entre 25 000 et 30 000 logements par an, à condition que les conditions et le cadre appropriés soient réunis.
Il a également appelé à revoir certains aspects législatifs régissant le secteur, expliquant que le promoteur immobilier ne peut actuellement percevoir les loyers directement auprès des citoyens ; il a ainsi proposé l’adoption d’un autre mécanisme, tel que le recours aux banques, afin de permettre aux promoteurs de recouvrer leurs créances et de financer de nouveaux projets de logements.
Par ailleurs, M. Meliani a révélé qu’entre 5 000 et 6 000 biens immobiliers restent invendus en Tunisie, signalant la présence de quelque 3 372 promoteurs immobiliers dans le pays, dont seuls 700 sont réellement actifs. Les autres, on l’imagine, survivent en tirant le diable par la queue.
L’Espérance de Tunis a annoncé, hier soir, mardi 6 octobre 2026, le décès de son ancien joueur Bayram Dhaouadi, âgé de 18 ans, sans donner plus de précision sur les circonstances de son décès à un si jeune âge. Aujourd’hui, on en sait un peu plus après les clarifications apportées par l’ancien député Majdi Karbai qui réside en Italie dans un poste Facebook publié ce matin, mercredi 7 octobre.
Bayram Dhaouadi, né en 2008, a perdu la vie à Rome, la capitale italienne : il a été retrouvé mort avec des blessures suspectes, vraisemblablement causées par une arme blanche, a-t-il indiqué.
Le décès de Bayram a constitué un choc immense pour sa famille, pour son entourage sportif et pour tous ceux qui l’ont connu ; il a également suscité une profonde tristesse et une grande douleur au sein de la communauté tunisienne, tant en Italie qu’en Tunisie.
À cet égard, Majdi Karbai a tenu à apporter une précision importante : «La vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux — montrant l’agression d’un jeune homme dans une ruelle en Italie au moyen d’une ‘‘seringue’’, selon les termes du commentateur — ne concerne pas Bayram Dhaouadi ; il n’existe aucun lien entre cette vidéo et les circonstances de son décès», a-t-il expliqué, tout en exhortant les internautes à ne pas diffuser des informations sans source fiable ni vérification officielle ou à leur donner, car «la diffusion d’images, de vidéos ou d’informations erronées dans de telles circonstances risque d’accroître la souffrance de la famille et d’induire l’opinion publique en erreur», a-t-il ajouté, en promettant de chercher des informations plus précises sur les circonstances du décès de Bayram Dhaouadi auprès des personnes qui suivent l’affaire de près.
«En ces circonstances difficiles, la meilleure attitude à adopter est de respecter la dignité du défunt et les sentiments de sa famille, d’attendre des informations fiables de la part des autorités compétentes et de ne pas transformer les réseaux sociaux en une source d’informations non vérifiées», conclut-il
L’autre jour, en naviguant sur le Web, histoire de«tuer» le temps (une expression courante chez nous mais qui est à mon avis la plus stupide qui puisse exister puisque le temps est par définition la ressource la plus rare de la vie et que chaque heure et chaque minute que nous vivons ne se renouvelleront pas et sont perdues à jamais), je suis tombé sur une information qui m’a fait tiquer : selon le World Happiness Report 2026, publié par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford avec Gallup et le réseau des Nations Unies, la Tunisie est classée au 105e rang sur 147 pays avec un indice global de bonheur de 4,798/10 , alors que la Finlande où l’hiver dure pourtant six mois par an avec des températures qui descendent jusqu’à-15 C° ou -30 C°, arrive au premier rang et ce depuis plusieurs années consécutives, avec un indice global de bonheur de 7,764/10.
Dr. Sadok Zerelli *
Certes il y a des pays où les habitants se déclarent plus malheureux que nous, tels que le Maroc (112e) ou l’Égypte (139e) mais c’est une maigre consolation lorsqu’on sait qu’à côté de chez nous, l’Algérie nous surclasse de loin et arrive, on ne sait par quel miracle, à la 83e position.
Intrigué par ces résultats, j’ai poussé ma recherche plus loin pour essayer de comprendre comment cet indice du bonheur dans un pays est calculé et quelle est sa valeur scientifique si jamais il en a une.
Modalités de calcul et signification
Il s’est avéré que le rapport utilise une question appelée «Cantril Ladder» : on demande aux personnes de situer leur vie sur une échelle de 0 à 10, de la pire vie possible à la meilleure vie possible. Le classement 2026 utilise la moyenne des réponses recueillies entre 2023 et 2025.
Pour expliquer les différences entre pays, six grands facteurs sont étudiés :
1. PIB par habitant — niveau matériel et économique;
2. soutien social — possibilité de compter sur des proches en cas de difficulté;
3. espérance de vie en bonne santé;
4. liberté de choisir sa vie;
5. générosité — notamment le fait de donner à des œuvres caritatives;
6. perception de la corruption — confiance dans les institutions et les entreprises.
Le rapport précise une chose très importante : ces six facteurs ne sont pas additionnés pour fabriquer le classement. Le classement est directement fondé sur l’évaluation que les personnes donnent de leur propre vie. Les six facteurs servent principalement à expliquer pourquoi les évaluations diffèrent d’un pays à l’autre.
Pour la Tunisie, le chiffre 4,798/10 est assez parlant : il signifie que l’évaluation moyenne de leur vie par les Tunisiens est inférieure au milieu de l’échelle.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que les Tunisiens sont «malheureux» au sens psychologique. Le bonheur dépend aussi de dimensions que le classement ne saisit pas complètement : famille, amitié, sentiment d’appartenance, sécurité, espoir dans l’avenir, dignité, sentiment d’être utile, liberté réelle, confiance dans l’avenir, etc.
Définition du bonheur
Chacun(e) peut avoir sa propre définition du concept de bonheur. Pour moi, je distinguerais d’abord bonheur et satisfaction. Quelqu’un peut être très satisfait de sa vie parce qu’il possède une bonne situation, une famille, une sécurité matérielle et de bonnes institutions, tout en ressentant intérieurement un grand vide. Inversement, quelqu’un qui connaît des difficultés matérielles peut connaître de véritables moments de bonheur grâce à l’amour, à l’amitié, à la solidarité ou simplement à la beauté d’un moment.
Cette distinction étant faite, le bonheur est pour moi un état intérieur dans lequel une personne peut regarder sa vie, avec ses joies, ses pertes, ses regrets et ses incertitudes, et se dire : «Malgré tout, ma vie mérite d’être vécue.»
Il comporte, à mes yeux, plusieurs dimensions :
–le plaisir : les petits moments agréables, un repas, une musique, un paysage, un rire;
–l’amour et les liens : avoir quelqu’un avec qui partager ce que l’on ressent;
–le sens : sentir que son existence n’est pas complètement vaine;
–la liberté intérieure : pouvoir penser et choisir sans être entièrement prisonnier du regard des autres;
– la paix avec soi-même : accepter progressivement ce que l’on a été, ce que l’on n’a pas réussi à être et ce que l’on ne sera jamais;
–la gratitude : savoir encore voir ce qui est beau au milieu de ce qui ne l’est pas;
–l’espérance : avoir une raison de se lever demain, même petite.
Ma conception du bonheur rejoint celle des plus grands philosophes, tels qu’Épicure qui dit en substance : je n’ai pas besoin de beaucoup de choses pour être heureux : l’amitié, la tranquillité, quelques plaisirs simples et l’absence de souffrance peuvent suffire, ou Spinoza qui va encore plus loin : le bonheur n’est pas simplement quelque chose que nous recevons ; c’est quelque chose que nous comprenons et construisons intérieurement. Plus nous comprenons pourquoi nous sommes ce que nous sommes et pourquoi nous désirons ce que nous désirons, plus nous devenons libres.
Mon expérience du bonheur avec Karen Polenski
Pour illustrer mon propos et la définition que j’ai donnée du bonheur, je voudrais partager avec les lecteurs et lectrices l’expérience personnelle et réelle que j’ai vécue en la matière.
Lorsque j’étais enseignant-invité (Visiting Scholar) au Massashuttes Institut of Technology (MIT) à Boston aux USA, durant l’année universitaire 1983-1984, j’avais fait la connaissance, parmi d’autres enseignants, de Professor Keren Polensky, une vieille fille d’une cinquantaine d’années, qui a consacré toute sa vie à la recherche et à la publication d’un grand nombre d’articles et de livres sur les modèles de planification régionale.
Nous avions sympathisé parce qu’elle s’intéressait beaucoup à la Tunisie, un pays dont elle n’avait jamais entendu parler, et me posait beaucoup de questions sur notre modèle de planification régionale, notre stratégie de développement, notre niveau de vie, nos habitudes et traditions, etc.
Quelques mois après mon retour des USA, je l’avais invitée à venir découvrir la Tunisie, ce qu’elle accepta avec plaisir.
Je me rappelle qu’elle était arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, habillée d’un vieux jean et d’une vieille veste et ayant un sac à dos comme seul bagage.
Je lui avais proposé de faire le circuit touristique classique : visite des souks de la médina, de Sidi Bou Saïd, des ruines de Carthage, du musée du Bardo, etc., ce qu’elle refusa tout net, et m’informa qu’elle était venue uniquement pour découvrir les oiseaux de la Tunisie !
En fait, il s’était avéré qu’elle était une passionnée du «bird-watching», une passion, comme la chasse ou la pêche chez nous, très en vogue parmi les intellectuels américains.
Elle m’avait demandé de la balader en voiture dans les campagnes des différentes régions de notre pays, ce que nous avions fait pendant toute la semaine de son séjour.
Je la vois encore, assise à côté de moi, un gros livre répertoriant toutes les espèces d’oiseaux dans le monde entier, avec leur nom et photo, observant le ciel avec de grosses jumelles et me criant de temps à autre subitement : «Stop, Stop, please !»
Je donnais un coup de frein sec en croyant que j’allais écraser un chien ou un chat et me mettais sur le bas-côté de la route. Elle se mettait alors à rechercher frénétiquement le nom de l’oiseau qu’elle venait de voir avec ses jumelles et, lorsqu’elle le trouvait, elle sautillait de joie comme une petite fille ou comme si elle avait obtenu le Prix Nobel d’économie !
Je me rappelle qu’après son départ, très heureuse d’avoir vu et identifié un grand nombre d’oiseaux, je m’étais donné une belle gifle en me disant : «Imbécile de Sadok, tu cherches partout le bonheur sans l’avoir jamais trouvé, alors qu’il est si facile à atteindre : il suffit de lever les yeux vers le ciel !»
Cette expérience avec Karen Polensky m’a prouvé que le bonheur n’est pas dans l’amour avec un petit «a» ou un grand «A», ni dans un compte bancaire bien garni, ni d’habiter dans une grosse villa, ni de rouler dans une voiture Mercedes, ni de porter une montre Rolex, ni de posséder un iPhone, etc. : le bonheur est en chacun de nous et il appartient à chacun de nous de le chercher au fond de lui-même et non pas dans les biens matériels ou dans la compagnie des autres.
En conclusion, je n’irais pas jusqu’à recommander aux Tunien(ne)s de devenir amateur(ce)s de «Bird-watching», car se balader seul(e))s dans les champs d’oliviers de Sfax ou de tomates du Cap Bon avec un gros livre sous le bras et des jumelles braquées sur le ciel et sauter de temps à autre de joie pour avoir reconnu une espèce d’oiseau comporte un risque très élevé de se faire embarquer dans l’Isusu du premier paysan qui passe par là et de se retrouver interné à l’hôpital Razi à Manouba !
Mais, la recherche du bonheur mérite de prendre ce risque, non ?
Une sentence historique contre le club de football de Manchester City -propriété de Cheikh Mansour Ben Zayed Al-Nahyan, frère de l’émir d’Abou Dhabi et président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed- a mis les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et les Émirats sous une forte pression alors que des investissements de l’État du Golfe se chiffrant en milliards de livres sterling sont désormais menacés. Au cœur de cette tempête se trouve le puissant Khaldoon Al Mubarak, l’homme de confiance de la famille Al-Nahyan qui est à la fois président de Manchester City et président du fonds Mubadala, principal investisseur émirati au Royaume-Uni. Les enjeux sont énormes.
Imed Bahri
Bloomberg indique qu’au cours des cinq dernières années, les Émirats ont injecté plus de 30 milliards de livres sterling (39,7 milliards de dollars) dans des secteurs britanniques clés, notamment la défense, les sciences de la vie et la technologie. Si les deux pays tiennent à préserver leur partenariat financier —un sommet sur l’investissement étant d’ailleurs prévu ce mois-ci—, le sentiment de frustration s’est accru de part et d’autre en raison des retombées de l’affaire Manchester City.
Le club britannique (communément appelé Man City) a été reconnu coupable de 114 des 115 chefs d’accusation formulés par la Premier League à son encontre, à l’issue d’une enquête de quatre ans.
Des infractions de 1,2 milliard de dollars
Selon les conclusions d’une commission indépendante publiées mardi, le club a artificiellement gonflé ses résultats financiers de plus de 900 millions de livres sterling (1,2 milliard de dollars). Les sanctions envisagées incluent un retrait de points, de lourdes amendes financières voire l’exclusion du club de la Premier League.
Ce verdict porte un coup dur à une stratégie de soft power (puissance douce) déployée sur 18 ans, pilotée au plus haut niveau par le propriétaire de Manchester City, le cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan, frère du président émirati. Sous la présidence de Khaldoon Al Mubarak, homme de confiance de Mansour ben Zayed, les propriétaires émiratis ont réussi à remporter huit titres de Premier League et à transformer Manchester City en une puissance footballistique mondiale.
Selon des sources proches du dossier, des responsables émiratis ont averti le gouvernement britannique que la sévérité de la sanction pourrait affecter la volonté des Émirats de s’engager dans des investissements britanniques importants à l’avenir. Ces mêmes sources, ayant requis l’anonymat en raison du caractère confidentiel des informations, ont ajouté que les responsables émiratis estiment que les mesures prises par la Premier League ont un impact sur les relations bilatérales entre les deux pays.
En revanche, des responsables du gouvernement britannique sont également frustrés par l’attitude de leurs homologues émiratis face à ce scandale, selon d’autres personnes informées de la situation.
Ces responsables estiment que certaines parties au sein de l’État du Golfe devaient nécessairement être au courant de l’ampleur des infractions commises par Manchester City, alors même qu’elles affirmaient qu’il n’y avait aucune irrégularité, selon les sources ayant requis l’anonymat pour évoquer des délibérations secrètes.
Divisions au sein du gouvernement britannique
Le scandale a également provoqué des divisions au sein même du gouvernement britannique. Les déclarations d’Andy Burnham, actuel Premier ministre et ancien maire de Manchester, remerciant les propriétaires de Manchester City pour leurs investissements ont suscité la colère de certains membres de son gouvernement qui souhaitent que la procédure reste indépendante de toute ingérence gouvernementale.
Un porte-parole du gouvernement britannique a refusé de commenter, tandis que le ministère émirati des Affaires étrangères n’a pas répondu à une demande de commentaire formulée par Bloomberg.
Cette frustration mutuelle survient à un moment charnière pour les relations entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis. Le partenariat d’investissement actuel est au cœur des discussions en amont du sommet d’Abou Dabi prévu à Londres plus tard ce mois-ci alors que les responsables britanniques cherchent à obtenir davantage d’engagements d’investissement.
En vertu de l’accord initial d’une durée de cinq ans, le fonds souverain émirati Mubadala s’était engagé à investir 10 milliards de livres sterling (13,3 milliards de dollars) dans plusieurs secteurs de l’économie britannique toutefois, le montant total des investissements a atteint près de 30 milliards de livres sterling.
Cela ne représente qu’une infime partie des engagements d’investissement mondiaux d’Abou Dabi. En effet, l’émirat, qui abrite des fonds souverains gérant des actifs d’une valeur supérieure à 2 000 milliards de dollars, prévoit d’investir 1 400 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis et s’est également engagé à investir 46 milliards de dollars en Allemagne.
La commission a constaté que la majeure partie de la somme de 949,9 millions de livres sterling, enregistrée par Manchester City au titre d’accords de sponsoring avec des entités d’Abou Dabi entre les saisons 2009-2010 et 2017-2018, provenait du groupe Abu Dhabi United (ADUG), propriété de Mansour ben Zayed et actionnaire majoritaire de la société City Football Club qui possède Manchester City.
La coopération en matière de défense occupe une place centrale dans les pourparlers entre le Royaume-Uni et les Émirats, une nécessité accrue par les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran ainsi que par l’instabilité plus large au Moyen-Orient.
Le Royaume-Uni a apporté un soutien militaire aux Émirats après que les attaques américaines et israéliennes contre la République islamique ont poussé Téhéran à riposter contre les alliés de Washington dans le Golfe. Bien que les deux parties conviennent que les discussions sur la défense sont bien plus importantes que le football, le verdict sévère contre Man City a introduit une tension politique dans les négociations.
Il subsiste également des points de friction plus anciens, notamment le rôle présumé des Émirats dans la guerre civile soudanaise et la tentative de rachat du journal britannique The Telegraph par les Émirats qui a finalement échoué.
Les responsables tentent désormais d’apaiser les tensions suscitées par cette affaire.
Dans une interview accordée la semaine dernière à un média britannique, Burnham a remercié le City Football Group, propriétaire de Manchester City, pour ses investissements dans la ville de Manchester.
Burnham a déclaré : «Je serais très inquiet si nous les perdions. Ils ont été un partenaire formidable dans la construction du Manchester moderne».
Cette relation revêt une importance particulière pour Burnham ainsi que pour d’autres personnalités politiques britanniques de premier plan. Peu après son entrée en fonction en tant que Premier ministre en juillet, Burnham s’est entretenu avec le chef de l’État des Émirats, le cheikh Mohammed ben Zayed.
La ville de Manchester a constitué l’un des points de contact entre eux, Burnham ayant été maire de la ville avant d’accéder à la tête du gouvernement.
Les investissements massifs des Émirats dans des projets de réaménagement urbain dans l’est de Manchester ont contribué à renforcer le poids politique de Burnham durant son mandat de maire.
Des responsables du gouvernement britannique ont indiqué, en privé, que les enquêtes menées par la Premier League échappent au contrôle du gouvernement, étant donné que la réglementation du sport et les questions judiciaires ne relèvent pas du pouvoir exécutif.
Manchester City a réagi au verdict : «Le club conteste les accusations portées par la Premier League et dispose d’un ensemble complet de preuves irréfutables étayant toutes ses positions».
Avis de tempête sur le football anglais
Manchester City a été l’un des instruments les plus efficaces des Émirats pour projeter leur soft power. Depuis son rachat par cheikh Mansour, le club est sorti de l’ombre de son rival local, Manchester United, surpassant ce dernier —historiquement plus titré— pour devenir un prétendant permanent aux titres de champion.
Le club a également attiré une série de stars du football de premier plan, notamment Sergio Agüero, Kevin De Bruyne et l’actuel attaquant Erling Haaland.
La Premier League n’a pas encore précisé les sanctions envisagées mais une condamnation menace de provoquer d’importantes perturbations au sein du championnat et dans le football anglais en général.
Par ailleurs, le palmarès de Manchester City sur la période visée par l’enquête pourrait ouvrir la voie à des demandes d’indemnisation de la part de clubs rivaux voire de supporters.
Bien qu’aucune autorité de poursuite pénale ne semble actuellement envisager d’engager des poursuites au pénal, la falsification de comptes constitue une infraction en Angleterre et au Pays de Galles, passible d’une peine d’emprisonnement. Parallèlement, les auditeurs du club pourraient faire l’objet d’une enquête de la part du Financial Reporting Council*. Aucune des autorités de régulation concernées n’a répondu aux demandes de commentaire formulées par Bloomberg.
Le Royaume-Uni a toujours mis en avant ses relations d’investissement avec les Émirats. Un peu plus d’une semaine avant le verdict concernant Manchester City, Burnham a publié une vidéo à l’intention de son million d’abonnés sur TikTok, on l’y voyait au volant d’une voiture de sport McLaren, déclarant avec fierté : «Voici le son de la Grande-Bretagne qui renoue avec la fabrication».
Ces propos de Burnham coïncidaient avec l’annonce par McLaren Automotive d’un projet d’investissement de 500 millions de livres sterling au Royaume-Uni, s’inscrivant dans le cadre d’un engagement plus large de l’actionnaire de la société l’Imad Holding, un fonds souverain lié au gouvernement d’Abou Dabi.
Toutefois, les récentes déclarations du Premier ministre soutenant les propriétaires de Manchester City ont suscité le mécontentement de législateurs locaux.
On craint que ces propos ne compromettent la législation visant à garantir l’indépendance opérationnelle de l’autorité de régulation indépendante du football (Independent Football Regulator), chargée de statuer sur l’affaire impliquant Manchester City, selon Bloomberg.
Downing Street a par la suite publié un communiqué affirmant que Manchester City n’était pas «au-dessus des règles». Avis de tempête sur le football anglais…
* Financial Reporting Council (FRC) est l’organisme indépendant de régulation du Royaume-Uni chargé de superviser la gouvernance d’entreprise, l’information financière, l’audit et la profession actuarielle.
Les grandes applications enseignent l’anglais et l’espagnol. L’appli Dialect existe pour les langues qu’on hérite, celles que les grandes plateformes ignorent. Ahcène Bensalama est l’un des deux créateurs de Dialect, l’appli pour apprendre la langue de ses parents, celle qu’on parle vraiment à la maison. Le tunisien en fait partie, enregistré par une voix native.
«On l’a faite pour ceux qui ont grandi loin de la Tunisie et qui veulent parler le tunisien de leur famille. On apprend cinq minutes par jour, avec des cartes, des quiz et un parcours qui avance petit à petit», explique-t-il.
L’appli enseigne 19 langues d’origine, dont beaucoup sont absentes de Duolingo, Babbel et Rosetta Stone : les darija maghrébines, le kabyle, le wolof, le tamoul, etc.
Des voix 100 % natives sur 10 d’entre elles et une mémorisation par répétition espacée. Cinq minutes par jour suffisent pour l’apprentissage des bases, explique encore le jeune développeur.
Le tunisien, rappelons-le, est une langue sémitique (afro-asiatique), variété d’arabe maghrébin ; vocabulaire à substrat berbère (environ 8-9 % du lexique) et emprunts au français, à l’italien, au turc et à l’espagnol. Il est parlé par 11,5 millions de locuteurs dont 10 % en dehors de la Tunisie, correspondant à la diaspora. C’est à ces derniers essentiellement que Dialect s’adresse.
N’attendez pas d’avoir un accident vasculaire cérébral pour réaliser un bilan de prévention cardiovasculaire qui, réalisé plus tôt, aurait pu vous épargner une telle issue, conseille Dr Faouzi Addad, professeur de cardiologie dans le post Facebook que nous reproduisons ci-dessous.
Dr Faouzi Addad *
Elle se sentait en bonne santé. Ses artères racontaient une autre histoire.
Voilà ce qu’un chirurgien vasculaire a retiré de la carotide — l’une des principales artères qui irriguent le cerveau — d’une patiente de 62 ans après un accident vasculaire cérébral : une volumineuse plaque d’athérosclérose.
Ni diabète ni hypertension connus. Une bonne santé apparente. Pourtant, cet AVC aurait pu lui laisser un handicap à vie. À 62 ans, elle n’avait jamais réalisé de bilan de prévention cardiovasculaire. On pense toujours que cela n’arrive qu’aux autres.
L’étude React, récemment publiée dans le New England Journal of Medicine, a retrouvé une athérosclérose silencieuse chez 57,1 % des 16 808 participants âgés de 18 à 70 ans, sans maladie cardiovasculaire connue. Un chiffre qui concerne la population étudiée, mais qui rappelle combien cette maladie peut évoluer sans symptômes.
Dès la quarantaine, parlez avec votre médecin de votre risque cardiovasculaire, et plus tôt en cas d’antécédents familiaux précoces ou de facteurs de risque : tabac, cholestérol élevé, hypertension, diabète…
Mesure de la tension, bilan lipidique, glycémie et antécédents constituent le point de départ.
Pensez à faire évaluer votre risque cardiovasculaire avec votre médecin, même si vous vous sentez en bonne santé. Selon votre profil, une recherche d’athérosclérose silencieuse pourra être proposée.
N’attendez pas que vos artères se manifestent pour vous en occuper. Le premier symptôme peut déjà être un accident.
Originaire de Sers (Kef), née en 1964 à Makthar (Siliana), Amel Mokhtar est romancière et nouvelliste. Après des études universitaires, elle rejoint en 1985, le journalisme. Elle publie en 1993, son premier roman, «‘ala nakhabi al-hayat» (Toast à la vie) à Dar Al-Adab, à Beyrouth, suivi de «Al-korsi al-hazzaz» (La chaise à bascule), en 2003, roman censuré pour immoralité, puis finalement mis en distribution. Il révèle une écriture audacieuse, dénonçant les retors de la société, transgressant les interdits et les tabous. Son œuvre, qui compte d’autres romans, comme «Maestro», 2006 ou «La fumée du palais», 2013, ainsi que des recueils de nouvelles, est aujourd’hui largement reconnue et récompensée de différents prix et distinctions littéraires.
Traduite de l’arabe et présentée parTahar Bekri
Je l’ai rencontré par hasard. Cela aurait pu être passager comme toute rencontre fortuite entre un homme et une femme qui se connaissent superficiellement. Sauf que le destin planifiait à sa manière et selon ses scénarios. Le destin fixa cet instant afin qu’il devienne le début d’une histoire d’une passion enflammée, puis un mariage réussi, selon les critères sociaux.
A cet instant exactement, quelqu’un m’appela au téléphone, me disant que cet homme était ton époux attendu. Peut-être m’en étais-je moquée, car j’ai cru que cela m’habitait à cause de ma mère qui insistait tout le temps et sans relâche, pour que je me dépêche de me marier, considérant qu’une fille qui dépasse la vingtaine, sans se marier est une vieille fille aux yeux de la société.
J’avais dépassé vingt-cinq ans mais je n’avais pas ressenti que j’étais une vieille fille, comme ils le disent. J’étais une fille joyeuse, allante, aimant la vie jusqu’à la folie. Le mariage n’était pas, quel que fût son prix, parmi mes objectifs. Mon premier objectif et le plus important était de réussir au travail, quant à mon second objectif, c’était de conserver au sein de l’institution du mariage, une passion folle. Je savais pertinemment que ce que je visais était parmi les équations difficiles, plutôt, impossibles dans la vie. Je considérais les expériences qui reconnaissaient la mort de la passion et de l’amour comme des expériences incomplètes ou bancales. Je m’assois sur le siège d’un spectateur roi qui a une haute confiance en lui-même et ses capacités. Je persistais alors sur le fait que je n’épouserais qu’un bel homme, de mon niveau culturel et de mes idées. Ainsi, nous échangerions une passion de légende. Après cela, il me sera possible de parier et de gagner le pari de conserver la flamme de la passion, entre moi et mon mari, jusqu’au dernier moment que durera notre mariage.
Quand le téléphone me chuchota que ce bel homme était mon époux attendu, j’ai cru que c’était une autre feinte du destin. Sauf que ce dernier, cette fois-ci, était sérieux, plutôt même, généreux envers moi et m’avait fourni tout ce que je désirais : me marier. J’ai épousé un bel homme cultivé, un artiste, je me suis mariée dans la fournaise d’une histoire vraie.
Au début du voyage-mariage, sur lequel ont passé dix ans, j’étais enthousiaste jusqu’à me vanter de mes hautes capacités, magiques, à vaincre, probablement, l’institution du mariage.
A chaque occasion et à chaque rencontre avec des amis, je me vantais et insistais sur ma réussite d’avoir conservé nos sentiments enflammés, même après le mariage. Tant que mon mari croyait en mon idée et se distinguait par sa mentalité ouverte et libre, il m’a aidée et m’aidera à gagner le pari afin que notre passion reste enfiévrée.
Puis les fatigues involontaires commencèrent. Je suis tombée enceinte, ce que nous attendions ardemment. Arrivèrent ainsi des fatigues que je ne m’imaginais absolument pas. Tout ce que nous entendons des autres passe sans signification, jusqu’à ce que nous le vivions par nous-mêmes et posions nos pieds sur la braise. A ce moment-là et c’est seulement à ce moment, que nous nous rappelons les expériences des autres et nous les comprenons.
Les fatigues de la grossesse changent le caractère, perturbent tous les sentiments clairs puis nous dépassons l’étape et nous fêtons le nouveau-né. Le mariage commence à étendre ses barreaux solides que nous avons pensés, au début, en or, J’avais cru, personnellement, que c’étaient des barreaux d’une passion enflammée qui ne s’éteindraient jamais.
Peu à peu, le cercle des barreaux gouverne et révèle que nous sommes de vrais prisonniers de l’institution du mariage qui bénéficie de ses propres lois très spécifiques et de ses jugements excessifs envers l’homme. Souvent, les époux plongent dans les échanges d’accusations, à cause du manque de conviction, de satisfaction du choix de l’autre ou du manque de parité et l’absence de sentiments de l’un envers l’autre. Mais dans la situation que je vis, où il n’y a pas de possibilité d’accrocher les erreurs sur le porte-manteau de l’autre, dans cette situation de parité et de passion, je me demande où se trouve la faille, après avoir reconnu à moi-même, d’abord, que j’ai perdu le pari et que, ce qui reste de notre passion enflammée, ce sont des sentiments silencieux et bridés, qui n’ont pas le moindre droit de s’exprimer devant l’encombrement des sujets et des dossiers ouverts à étudier et à discuter dans le partenariat du mariage!
Avec les jours et les années, le mariage, qu’au début, tous croient un havre d’amour, se transforme en un contrat d’une vraie société, au sens économique profond du terme. Nous réglons les problèmes d’un point de vue matériel, économique, lié à la balance économique, mondialiste. Nous discutons d’affaires diverses, et quand nous nous taisons un peu, il nous traverse l’esprit d’ouvrir les pages de notre histoire et de lire ensemble des extraits de poésie, comme nous le faisions au début de notre mariage, de voir un film au cinéma ou de pousser notre analyse de l’être humain. Nous découvrons soudain que nous sommes tous deux fatigués, nous réalisons ainsi, soudainement, que nous sommes épuisés, lui, se plaint d’un torticolis et moi, de maux de tête ou de dos. Nos regards se brisent et chacun de nous s’enfuit vers lui-même et se recroqueville sur ses vraies douleurs, c’est-à-dire, l’incapacité d’irriguer la plante fanée en son profondeur, reportant cela à demain, espérant d’autres circonstances plus souples pour une telle discussion, espérant un sentiment réel de puissance et de désir. Mais le lendemain ne sera pas meilleur, le tourbillon court et tourne d’une rapidité qui ne s’arrête pas et s’il s’arrête, c’est définitivement, pour la dernière scène d’adieu
Cette nuit, alors que nous nous préparons en silence pour fêter le dixième anniversaire de notre mariage, j’ai pensé proposer à mon mari la séparation, afin que chacun de nous retrouve sa liberté humaine. Au dîner, je lui ai dit : «J’ai une proposition à l’occasion de cet heureux anniversaire», il sourit et dit : «Moi aussi, j’ai une proposition». La curiosité m’a incité à connaître sa proposition avant de présenter la mienne. Il insista pour m’entendre la première. Notre entêtement finit par reporter cela à demain. J’étais persuadée qu’il allait me proposer la même proposition à laquelle j’ai pensée
Au lit, pendant que j’étais entre sommeil et éveil, j’ai essayé pour la dernière fois de le pousser à avouer sa proposition. Sa voix enfouie dans le sommeil me parvint : «Demain, je te dirai tout».
Affinity Partners, société de capital-investissement de Jared Kushner -financier et gendre du président américain Donald Trump- est le principal actionnaire dans Phoenix Financial, une entreprise financière israélienne investissant massivement dans plusieurs secteurs de l’industrie militaire israélienne. En même temps, M. Kushner agissait comme émissaire et négociateur officieux pour le plan de paix à Gaza de son gendre le président Donald Trump.
Imed Bahri
C’est ce qu’a révélé une enquête de Allegra Goodwin, Katie Polglase et Majlie de Puy Kamp publiée par CNN le 1er octobre 2026, soulignant un conflit d’intérêts concernant le gendre de Trump, et son rôle de négociateur pour la paix à Gaza.
En effet, Kushner est le négociateur clé concernant le conflit à Gaza et en même temps, sa société de capital-investissement Affinity Partners détient une participation majoritaire dans une entreprise israélienne basée à Tel Aviv Phoenix Financial qui investit dans l’industrie militaire israélienne et qui fournit des armes et des équipements (dont des drones et engins de démolition) à l’armée israélienne notamment dans la guerre de Gaza.
Ce qui est également révélé par CNN c’est que Kushner a échappé à tout examen minutieux de ce potentiel conflit d’intérêts en opérant en tant qu’envoyé bénévole, plutôt qu’en acceptant un poste gouvernemental qui aurait exigé la divulgation de sa situation financière. Il s’est ainsi assuré un double rôle inédit au sein de l’administration Trump conjuguant activités commerciales lucratives et politique très sensible en pleine guerre dévastatrice.
La guerre à Gaza enrichit le gendre du président US
CNN s’est appuyé sur la législation israélienne en matière de transparence financière pour retracer certains investissements de Phoenix Financial, une société basée à Tel-Aviv dont le groupe d’investissement de Kushner a doublé la participation l’année dernière, peu avant le retour de Trump à la Maison-Blanche. Kushner a par la suite qualifié Phoenix Financial de «meilleur investissement» pour Affinity.
Ces registres —qui ne couvrent qu’une infime partie des actifs de Phoenix— révèlent que la société a investi des centaines de millions de dollars dans Elbit Systems, le principal fournisseur d’armement en Israël. Selon l’enquête de CNN, Phoenix détient également des parts dans au moins huit autres entreprises fournissant à l’armée israélienne des équipements allant des drones aux navires de guerre, en passant par des engins de démolition.
L’enquête a révélé que la valeur des actions de ces neuf entreprises a connu une forte croissance l’année dernière, plusieurs d’entre elles indiquant que la guerre à Gaza avait stimulé la demande pour leurs services et leurs activités.
Bien qu’Affinity Partners ne détienne pas de parts directes dans ces sociétés, elle réalisera des bénéfices considérables à mesure que Phoenix engrangera elle-même des profits.
Depuis le printemps 2025, Kushner s’est imposé comme une voix influente dans la politique américaine au Moyen-Orient. Il a conseillé Trump, a voyagé à travers le monde pour négocier avec des dirigeants —dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu— et a même dévoilé des plans visant à reconstruire la bande de Gaza pour en faire un pôle touristique mondial. Kushner a joué un rôle dans l’accord de cessez-le-feu conclu l’année dernière à Gaza, bien que les raids israéliens contre la population n’aient pas cessé depuis lors.
Si l’enquête de CNN n’a trouvé aucune preuve indiquant que les actions de Kushner en tant que diplomate aient directement influencé les investissements examinés, sa société a réalisé d’importants gains grâce à son investissement dans Phoenix. Elle a vendu un quart de sa participation en juillet pour plus de 340 millions de dollars, soit un rendement supérieur à cinq fois le prix d’achat initial des actions.
Affinity, société détenue en totalité par Kushner, demeure le principal actionnaire de Phoenix avec une participation de 7,4% qui est évaluée à plus d’un milliard de dollars en juillet.
Kushner a évoqué ouvertement ses investissements et son rôle de médiateur de paix, estimant que le profit financier constitue la meilleure voie vers une paix durable.
«Peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !»
«Lorsque l’on réunit un Arabe et un Israélien, la première chose dont ils discutent, ce sont les opportunités commerciales. Ils oublient tout le reste et réalisent alors qu’ils ont beaucoup de points communs», a déclaré Kushner dans l’émission No Priors en septembre dernier. Il a ajouté: «Les investisseurs du Moyen-Orient regardent désormais Israël en se disant: Attendez une minute, peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !». Difficile d’être plus cynique quand on mélange business et guerre !
Toutefois, les critiques soulignent que les liens financiers de Kushner, conjugués à son rôle officieux de représentant influent de la Maison-Blanche dans une région déchirée par la guerre, soulèvent des questions quant à savoir s’il agit dans l’intérêt des contribuables ou dans son propre intérêt.
Cynthia Brown, conseillère principale en éthique auprès de l’organisation Citizens for Responsibility and Ethics (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique) à Washington, a déclaré : «Il y a toujours des personnes qui tirent profit de la guerre ou des politiques gouvernementales, la différence est que les bénéficiaires ne devraient pas être ceux qui prennent les décisions nécessaires à l’élaboration de ces politiques or c’est précisément ce qui se passe ici !».
S’adressant à CNN, l’avocat de Kushner a affirmé que son client «n’a jamais participé aux décisions de la société d’investissement Phoenix ni ne les a orientées», ajoutant qu’il «n’a joué aucun rôle dans la décision d’acheter, de conserver ou de vendre l’une des neuf entreprises mises en lumière par CNN et qu’il n’a jamais siégé au conseil d’administration de Phoenix Financial. Toute insinuation selon laquelle le travail diplomatique de Jared aurait influencé les investissements de Phoenix dans les entreprises que vous avez mentionnées, ou inversement, est erronée».
Un très juteux «bénévolat au service de l’intérêt public»
Toutefois, Kushner a déclaré au magazine Forbes, en septembre dernier, qu’il entretenait un «dialogue très actif» avec le groupe financier israélien et qu’il rencontrait régulièrement ses dirigeants et échangeait avec eux au sujet de l’entreprise, des tendances générales du marché et des opportunités stratégiques potentielles. Il a néanmoins précisé que ses échanges avec la direction de Phoenix avaient considérablement diminué depuis qu’il s’était «davantage investi dans le bénévolat au service de l’intérêt public et dans les efforts diplomatiques».
Certaines des participations de Phoenix Financial dans des entreprises liées à l’armée israélienne existaient déjà avant que la société de Kushner n’en devienne le principal actionnaire. D’autres participations notamment dans une entreprise fabriquant des fusées électroniques pour des obus* utilisés à Gaza et dans une autre produisant des pièces détachées pour des chars israéliens ont été acquises ultérieurement. Phoenix s’est abstenue de commenter ce qui semblait être des incohérences dans la classification de certains de ses rapports publics.
Deux experts-comptables judiciaires israéliens ont examiné les registres séparément et ont conclu, malgré ces incohérences, que les dossiers analysés par CNN correspondaient bien à des actifs de Phoenix Financial. Ces actifs incluent des investissements que CNN a identifiés comme ayant été réalisés par Phoenix dans des entreprises liées à l’armée. Les experts ont souligné que les documents ne reflétaient qu’une partie du portefeuille de Phoenix, excluant les actifs détenus dans des comptes de retraite, les participations dans des entreprises via des fonds communs de placement, les obligations d’entreprises ainsi que d’autres titres financiers.
Bien que Phoenix n’ait pas commenté les conclusions de CNN, un porte-parole de l’entreprise a indiqué qu’elle était «soumise à une réglementation et que la valeur pour les actionnaires découlait principalement de la performance opérationnelle plutôt que des rendements des investissements».
En tant que société privée, Affinity Partners —tout comme Kushner— n’est pas tenue par la loi américaine de divulguer ses investissements. Kushner a révélé en mars qu’Affinity Partners avait investi dans 28 entreprises à ce jour mais l’ampleur de sa participation dans Phoenix par rapport à ses autres investissements demeure floue.
Un porte-parole de la Maison-Blanche a rejeté les inquiétudes concernant un éventuel conflit d’intérêts entre les rôles de bénévole et d’homme d’affaires de Kushner, qualifiant ces allégations de «propos vains propagés par les démocrates à l’encontre du président Trump, de sa famille et de son administration depuis une décennie».
Toutefois, les démocrates ont cherché à ouvrir de nouvelles enquêtes sur les activités de Kushner dans la région, des investigations susceptibles de s’intensifier s’ils venaient à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat.
Dans une lettre adressée à Kushner en avril annonçant une enquête de la commission judiciaire de la Chambre, le représentant démocrate Jamie Raskin a qualifié la dualité des rôles de Kushner de «décision inconciliable et totalement contraire à l’éthique» affirmant qu’elle «plane sur la politique étrangère américaine depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche en 2025».
En 2023, la société Affinity Partners a décidé de réaliser son premier investissement en Israël en acquérant une participation de 15% dans Shlomo Group, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules et le crédit, pour un montant de 150 millions de dollars. L’année suivante, Affinity Partners a acheté une participation de 4,95% dans Phoenix Financial pour 128,5 millions de dollars. Phoenix figure parmi les plus grands groupes financiers d’Israël et propose des services incluant l’assurance, les retraites et la gestion d’actifs. Affinity Partners a ensuite presque doublé sa participation dans Phoenix cinq jours avant la prestation de serment de Trump, devenant ainsi le principal actionnaire de l’entreprise. Kushner a qualifié cet investissement de pari sur la solidité de l’économie israélienne.
Le renouvellement du pari d’Affinity Partners sur Phoenix est intervenu dans un contexte d’intensification de la guerre israélienne à Gaza, conflit dans lequel Kushner a rapidement joué un rôle clé de médiateur. Toutefois, contrairement au premier mandat de Trump, durant lequel il était haut conseiller à la Maison-Blanche et avait contribué à l’élaboration d’accords majeurs tels que les Accords d’Abraham, Kushner a cette fois-ci évité d’assumer un rôle officiel.
* Une fusée électronique pour obus est un dispositif de mise à feu placé à l’avant d’une munition d’artillerie qui utilise des composants électroniques pour déclencher l’explosion de la charge.
Vient de paraître aux éditions Arcadia, à Tunis, ‘‘La genèse de la création de la Banque centrale de Tunisie et du dinar – Le rôle de la France et du FMI’’, de l’économiste Sadok Rouai, qui revient sur une période déterminante de l’histoire financière de la Tunisie : la création de la BCT et de la monnaie nationale.
L’auteur propose une relecture de ce qui a souvent été résumé à la «bataille du dinar», en s’intéressant aux négociations complexes qui ont accompagné la construction de la souveraineté monétaire tunisienne. Il met notamment en lumière les pressions exercées par la France ainsi que le soutien technique apporté par le Fonds monétaire international (FMI) dans la mise en place des réformes monétaires.
Fondé sur des archives et des reconstitutions financières, l’ouvrage entend renouveler la lecture des origines du dinar tunisien et de la BCT, en montrant une souveraineté monétaire construite progressivement, dans un contexte de contraintes et de négociations.
Économiste, diplômé de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Tunis et titulaire d’un Diplôme d’études supérieures bancaires de l’Institut technique de banques à Paris, Sadok Rouai a débuté sa carrière à la BCT, où il a notamment travaillé aux départements des études, des relations internationales et de la supervision bancaire.
En 1987, il rejoint le FMI, où il exercera pendant plus de trois décennies comme conseiller principal auprès d’un administrateur.
Avec ce nouveau livre, l’auteur met ainsi son expérience des institutions financières tunisiennes et internationales au service d’une plongée dans les origines de la souveraineté monétaire de la Tunisie.
Entrelaçant archives familiales, roman épistolaire et chronique urbaine, le nouvel ouvrage bilingue ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’ d’Alfonso Campisi (professeur à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba), éclaire un chapitre méconnu de l’histoire tuniso-italienne, une sorte demémoire retrouvéede la Médina de Tunis à travers le vécu d’une italienne de de Tunisie.
Il est des récits où l’histoire intime rencontre la grande Histoire. C’est le pari réussi de l’universitaire et essayiste Alfonso Campisi dans son nouvel ouvrage bilingue (français-italien), ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’, publié aux éditions Hkeyet. Une immersion historique et un éclairage précieux sur la Tunisie cosmopolite de la première moitié du XXe siècle.
Au centre de cette sorte de roman épistolaire se dresse une figure féminine d’exception : Lucia Campisi, arrière-grand-tante de l’auteur. Installée dès 1908, au 98 rue Bab Souika, elle s’impose comme l’une des premières femmes pharmaciens de Tunisie, bravant les conventions de son époque pour mettre son savoir au service de la collectivité.
Une chronique vibrante de Tunis depuis 1900. Au fil des lettres, l’ouvrage dépasse la simple biographie pour offrir un portrait saisissant de Tunis au début du XXᵉ siècle. Le quartier de Bab Souika y est dépeint avec finesse et nostalgie : un territoire haut en couleur où la vie quotidienne réunissait Tunisiens musulmans et juifs, Siciliens, Italiens et Français dans un vivre-ensemble authentique.
L’officine de Lucia Campisi n’était pas seulement un lieu de soins, mais un véritable lieu de vie, témoin privilégié des mutations sociales, sanitaires et politiques de la Régence de Tunis au gré des décennies.
En ouvrant son officine au n° 98 de la rue Bab Souika, Lucia fait le pari de la proximité. Tenant à distance les intrigues politiques de l’époque, elle s’impose par son professionnalisme, son humanité et sa maîtrise des langues, et fait de sa pharmacie un lieu d’entraide entre Tunisiens, Siciliens, Maltais et Grecs.
À travers cette figure d’exception, Alfonso Campisi retrace l’émancipation d’une femme en avance sur son temps et rend hommage à la communauté sicilienne de Tunisie, à son intégration et à sa fidélité envers une terre que Lucia n’a plus jamais quittée.
L’auteur présentera son livre et assurera une séance de dédicace le dimanche 11 octobre à 17h à Dar El Jeld, dans la médina de Tunis.
La troisième édition d’ArtiCrea, salon professionnel dédié à l’artisanat d’art et au design tunisiens, se tient du 5 au 11 octobre 2026 au Palais des expositions du Kram, à Tunis, avec la participation de plus de 150 entreprises artisanales. Le programme prévoit des rencontres professionnelles et des ateliers sur les tendances, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique et la protection des créations.
Organisée par l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat), en collaboration avec la Société des foires internationales de Tunis et la Fédération nationale de l’artisanat, la manifestation vise à renforcer les liens entre producteurs, designers, importateurs et acheteurs tunisiens et étrangers, ainsi qu’à ouvrir de nouveaux canaux de commercialisation et d’exportation. L’objectif, expliquent les organisateurs, est de transformer la valeur culturelle traditionnelle de l’artisanat tunisien en une valeur économique accrue.
Le programme d’ArtiCrea comprend des rencontres professionnelles et des ateliers portant sur le design, l’innovation, les tendances, les procédures d’exportation, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique ainsi que la protection des dessins, modèles et marques. L’accent est ainsi mis, au-delà de la simple exposition des produits, sur la capacité des entreprises artisanales à être compétitives sur les marchés internationaux.
160 millions de dinars d’exportation en 2025
L’artisanat représente encore une part relativement modeste des exportations tunisiennes, mais offre des marges de croissance particulièrement importantes. En 2025, les exportations du secteur ont atteint environ 160 millions de dinars, contribuant à hauteur d’environ 2 % aux exportations totales du pays.
Selon l’Onat, le secteur compte quelque 2 500 entreprises, dont 650 exportatrices, et emploie directement des centaines de milliers d’artisans.
La répartition géographique des ventes révèle toutefois une particularité qui le distingue des exportations manufacturières tunisiennes dans leur ensemble. Si les États-Unis constituent l’un des principaux marchés pour l’artisanat tunisien, l’Europe demeure, globalement, la principale zone de destination. La diversification géographique figure donc parmi les priorités de l’Onat, notamment à travers la participation à des salons internationaux et la recherche de nouveaux débouchés en Afrique ainsi que sur d’autres marchés extra-européens. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Tekaya, avait déjà souligné, en 2025, la nécessité de conquérir de nouveaux marchés africains.
Le secteur de 4 à 5% au produit intérieur brut
Le potentiel de développement apparaît particulièrement significatif si l’on considère le poids de l’artisanat dans l’économie tunisienne. Ce secteur contribue à hauteur de 4 à 5 % environ au produit intérieur brut et génère chaque année des milliers d’emplois, tout en étant fortement implanté dans les régions de l’intérieur.
La Tunisie considère ainsi l’artisanat non seulement comme une filière culturelle et touristique, mais aussi comme un levier de développement régional et d’inclusion économique.
Pour 2026, les autorités ont fixé un objectif particulièrement ambitieux : porter les recettes d’exportation de l’artisanat à 500 millions de dinars, soit plus de trois fois la valeur atteinte en 2025. Il s’agit d’un objectif qui reste à réaliser mais qui met en évidence l’ampleur du pari fait sur l’internationalisation du secteur. Les premiers signes pour 2026 sont toutefois positifs. Le programme national «Easy Export» a été renforcé ; il permet aux artisans, aux microentreprises, aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux start-ups d’utiliser le réseau postal pour leurs expéditions internationales. Le Fonds de promotion des exportations (Foprodex) prend en charge 50 % des frais de transport des colis destinés à l’étranger.
Le programme entre dans une phase d’expansion territoriale : selon le directeur général de la Poste tunisienne, Yassine Friâa, le système a démarré avec 11 guichets uniques et a déjà permis l’adhésion de 71 entreprises, avec plus de 6 000 colis expédiés. L’objectif est d’étendre le service à toutes les régions d’ici l’année prochaine.
La capacité commerciale réelle du secteur reste à atteindre
La directrice générale de l’Onat, Leila Msellati, a par ailleurs souligné que «la valeur officielle des exportations ne reflète pas entièrement la capacité commerciale réelle du secteur, car une partie des produits artisanaux atteint les marchés étrangers via des canaux qui ne sont pas pleinement pris en compte par les statistiques». Selon Mme Msellati, le renforcement de l’accompagnement et des incitations à l’exportation «peut donc générer un effet multiplicateur significatif».
C’est précisément sur cet écart entre le potentiel et les exportations enregistrées que se concentre la stratégie d’internationalisation soutenue par la coopération européenne, et notamment italienne. Le projet «Creative Tunisia», financé par l’Union européenne (UE) et l’Agence italienne de coopération au développement (AICS) et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Onat entre 2019 et 2026, a soutenu 17 groupements économiques, accompagné plus de 2 000 artisans, aidé 200 entreprises artisanales à accéder aux marchés internationaux, développé 350 nouvelles collections et ouvert dix nouveaux marchés étrangers.
Le projet a misé avant tout sur le passage d’une production traditionnelle à des produits capables de rivaliser sur le marché international grâce au design, à l’innovation, à la qualité et à l’organisation des filières.
La directrice générale de l’Onat a souligné que, «malgré la demande internationale pour les produits artisanaux tunisiens, il reste nécessaire de renforcer les chaînes de valeur : une étape décisive pour transformer la notoriété du produit en exportations structurelles».
L’Onat renforce la présence des produits tunisiens dans les salons internationaux. Après avoir participé à la Foire de Marseille, qui s’est achevée aujourd’hui, l’organisme a annoncé sa participation à Artigiano in Fiera à Milan, du 5 au 13 décembre, ainsi qu’au salon Ambiente en Allemagne en janvier 2027, dans le cadre de sa stratégie de promotion de l’artisanat sur les marchés d’exportation.
Une plateforme commerciale et créative
ArtiCrea 2026 marque ainsi une phase de transition pour le secteur, passant du statut de vitrine du patrimoine tunisien à celui de plateforme commerciale et créative. La présence d’acheteurs et d’importateurs étrangers, l’intégration du design et le recours au numérique témoignent d’une volonté de façonner un artisanat tunisien plus identifiable et compétitif, capable de s’insérer dans les chaînes de valeur internationales.
Pour la Tunisie, l’enjeu consiste désormais à transformer ce patrimoine de savoir-faire et d’identités territoriales en une augmentation structurelle des exportations. Dans une économie où plus de sept exportations sur dix sont destinées à l’Europe, le renforcement des filières artisanales peut constituer un levier de diversification des exportations, de développement régional et de création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le musicien espagnol Dani de Morón, l’un des guitaristes flamencos les plus reconnus et influents de sa génération, donnera un concert le samedi 10 octobre 2026, à 15h00, au Théâtre des Jeunes Créateurs, à la Cité de la culture de Tunis, et ce dans le cadre des Journées musicales de Carthage, qui se tiennent du 3 au 10 octobre, véritable espace de rencontre entre les scènes musicales tunisienne, méditerranéenne, arabe, africaine et européenne.
Originaire de Morón de la Frontera, l’un des hauts lieux de la tradition de la guitare flamenca, Dani de Morón s’est formé dans l’entourage de la grande maîtresse du baile Matilde Coral. Il a depuis développé une remarquable carrière aux côtés de grandes figures du flamenco telles que José Mercé, Antonio Canales, Concha Buika et Patricia Guerrero, et a notamment accompagné Paco de Lucía lors de sa tournée Cositas Buenas, une expérience qui a contribué à renforcer sa projection internationale.
Lauréat de deux Giraldillos de la Bienal de Flamenco de Sevilla et nommé aux Latin Grammy Awards 2018 dans la catégorie «Meilleur album de flamenco», Dani de Morón développe un langage musical personnel, à la croisée de la tradition flamenca, du jazz et des musiques du monde.
Son concert à Tunis sera l’occasion de découvrir une guitare flamenca à la fois profondément enracinée dans sa tradition et ouverte à de nouveaux horizons musicaux.
Ce concert, organisé avec le soutien de l’ambassade d’Espagne et de la délégation de l’Union européenne en Tunisie, vise à renforcer les échanges culturels et les liens entre les scènes européennes et tunisiennes.
Le Tunisia Africa Business Council (TABC) conduira, du 6 au 11 octobre 2026, une mission économique multisectorielle en Guinée à laquelle participent 30 chefs d’entreprise tunisiens issus de plusieurs secteurs stratégiques. Le but est de donner une nouvelle impulsion aux relations économiques tuniso-guinéennes en favorisant l’émergence de partenariats concrets, d’opportunités d’investissement et de projets conjoints, dans un contexte marqué par l’accélération des grands programmes de développement de la Guinée.
La délégation tunisienne regroupe des entreprises représentant les secteurs des infrastructures et du BTP, de l’énergie, des industries électrique, pharmaceutique et agroalimentaire, de l’enseignement supérieur, du tourisme, des technologies, de la santé et des services. Son objectif : mettre en valeur le savoir-faire des entreprises tunisiennes et leur capacité à contribuer à la réalisation de projets complexes et structurants.
Durant quatre jours, la délégation participera à un programme combinant rencontres institutionnelles de haut niveau, réunions B2B et B2G et rencontres ciblées «door-to-door» avec des entreprises et décideurs guinéens.
Une journée sera notamment consacrée à des rencontres B2B à Conakry, afin de favoriser la mise en relation directe entre entreprises tunisiennes et guinéennes, d’identifier des complémentarités et de faire émerger des opportunités de coopération et de partenariat.
Simandou 2040 et perspectives de coopération
Cette mission intervient dans un contexte économique particulièrement important pour la Guinée, marqué par la dynamique Simandou 2040 et par l’ambition du pays d’accélérer son développement économique, industriel et infrastructurel.
Les besoins qui en découlent ouvrent des perspectives dans de nombreux domaines : infrastructures, énergie, eau et assainissement, industrie et transformation locale, habitat, technologies, santé, ingénierie et services spécialisés.
Pour les entreprises tunisiennes, cette nouvelle dynamique constitue une opportunité de valoriser leur expertise, nouer des alliances avec des partenaires guinéens et se positionner sur des projets à forte valeur ajoutée, dans une logique de partenariat durable et de transfert de savoir-faire.
L’un des temps forts de la mission : l’organisation d’un workshop par le consortium Tunisien Tucad consacré à la structuration et au financement des projets en partenariat public-privé (PPP). Il réunira acteurs publics, entreprises, experts et partenaires autour des conditions nécessaires pour transformer les projets prioritaires en projets structurés, finançables et réalisables.
Les échanges porteront notamment sur les modèles de PPP, les mécanismes de financement, les garanties, la mobilisation des investisseurs et des partenaires techniques, ainsi que sur les possibilités d’implication du secteur privé tunisien dans les projets de développement guinéens.
Une participation active à Focia 2026
La mission sera également marquée par la participation de la délégation tunisienne à la 3ᵉ édition du Forum pour la croissance inclusive en Afrique (Focia 2026), qui se tiendra le 10 octobre au Noom Hotel Conakry. Ce sera une nouvelle occasion de présenter les compétences tunisiennes, d’élargir les réseaux de partenariat et d’échanger avec les acteurs publics et privés autour des enjeux de transformation locale, d’industrialisation et de création de valeur en Afrique.
À travers cette mission, le TABC entend aller au-delà d’une démarche classique de prospection commerciale. L’ambition est de faire évoluer les relations économiques tuniso-guinéennes vers une approche fondée sur le partenariat, l’investissement, la co-construction, le co-développement et la réalisation conjointe de projets, en encourageant notamment les alliances entre entreprises tunisiennes et guinéennes. Il s’agit de construire une présence tunisienne plus structurée et durable en Guinée et de contribuer à l’émergence de partenariats économiques africains créateurs de valeur, d’investissement et de développement partagé.
Il est à rappeler que, malgré le louable activisme du TABC et des institutions publiques de promotion économique, les exportations tunisiennes vers le continent africain ne représentent «que» 10 % des échanges globaux du pays (soit près de 6,5 à 6,8 milliards de dinars), tandis que la part spécifique vers l’Afrique subsaharienne se limite à environ 3 % (1,6 milliard de dinars). Souhaitons bon vent au TABC qui ambitionne de doubler les exportations nationales vers le continent pour atteindre 13 milliards de dinars d’ici 2030.
Le Groupement interprofessionnel des dattes (GID) a élaboré un programme de promotion pour la saison 2026-2027 visant à renforcer le positionnement des dattes tunisiennes sur les marchés traditionnels et à consolider leur présence sur les marchés porteurs, tout en stimulant la consommation de dattes et de leurs dérivés sur le marché local.
C’est ce qu’a indiqué Kais Ben Arfa, son directeur général, dans une déclaration à l’agence Tap, en précisant que ce programme prend en compte plusieurs défis auxquels est confrontée la filière des dattes, notamment le changement climatique et ses répercussions sur la production et la productivité, l’intensification de la concurrence sur les marchés internationaux, ainsi que la hausse des coûts de production, de transport et de logistique.
Le programme vise, également, à assurer un suivi continu de la bonne préparation et du bon déroulement des campagnes d’exportation, ainsi qu’à coordonner l’action des différents intervenants et professionnels, afin de garantir le succès de la campagne et de renforcer la compétitivité du produit tunisien.
La Tunisie a enregistré des résultats records à l’exportation : les recettes ont dépassé, pour la première fois, le seuil du milliard de dinars, grâce à la commercialisation d’environ 160 000 tonnes de dattes — principalement la variété «Deglet Nour», mondialement réputée.
Points de vente du producteur au consommateur
M. Ben Arfa a souligné que le marché local constitue également un axe majeur du nouveau programme de promotion. Il s’agit de poursuivre l’initiative lancée par le Groupement lors des saisons précédentes, consistant à installer des points de vente du producteur au consommateur dans plusieurs gouvernorats du pays ; une démarche qui, selon lui, «a été très bien accueillie tant par les agriculteurs que par les consommateurs».
Le Groupement prévoit de mettre en place des espaces de vente directe de dattes du producteur au consommateur en deux phases : la première immédiatement après la saison de production et la seconde peu avant le mois de Ramadan. L’objectif est de proposer des dattes aux consommateurs à des prix abordables, de rapprocher le produit des citoyens et d’encourager sa consommation.
Selon M. Ben Arfa, le programme élaboré prévoit également une participation aux diverses manifestations locales, régionales et nationales liées au secteur, ainsi que la mise en œuvre de campagnes publicitaires et promotionnelles visant à stimuler la consommation de dattes sur le marché tunisien et à mieux faire connaître le rôle du Groupement dans le développement de la filière et le soutien aux professionnels.
Par ailleurs, le responsable a indiqué que le nouveau programme ne se limite pas aux dattes fraîches, mais accorde une importance croissante aux produits dérivés de la datte, considérés comme un créneau prometteur pour la création de valeur ajoutée et la diversification de l’offre tunisienne sur les marchés extérieurs.
À cet égard, le Groupement prévoit de participer au Salon international de l’industrie agroalimentaire en Afrique (Ifsa 2027) afin de faire connaître les produits dérivés de la datte — ainsi que leurs spécificités et leur qualité — et d’établir de nouvelles relations avec des opérateurs et des acteurs des marchés internationaux.
M. Ben Arfa a expliqué que l’orientation vers le développement des exportations de dérivés de dattes s’inscrit dans la stratégie du groupement visant à diversifier les produits et les marchés, notamment dans un contexte de demande mondiale croissante pour des produits alimentaires naturels et sains.
Les données publiées indiquent qu’il existe des opportunités pour développer les exportations de divers dérivés de dattes tunisiennes — tels que la pâte de dattes, le sirop de dattes et la poudre de dattes — en particulier sur les marchés européens, nord-américains et ceux des pays du Golfe.