Lese-Ansicht

CNCI | Retour sur la double présence tunisienne à la 83e Mostra de Venise

Le cinéma tunisien s’illustre à la 83e édition de la Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica de Venise, à travers deux participations qui témoignent de la diversité et du rayonnement de la création cinématographique tunisienne.

Dans le cadre de la Settimana Internazionale della Critica, le film tunisien The H@llow Man, réalisé par Kamel Laaridhi, est sélectionné en compétition. Le film sera présenté le 9 septembre 2026 à la Sala Perla, à l’occasion de sa première mondiale.

La Tunisie est également représentée au sein du Jury international de la compétition Venezia 83, avec la réalisatrice et scénariste tunisienne Kaouther Ben Hania, membre du jury présidé par la réalisatrice et actrice américaine Maggie Gyllenhaal.

Cette double présence confirme le rayonnement du cinéma tunisien et sa place grandissante dans le paysage cinématographique international.

Centre National du Cinéma et de l’Image

L’article CNCI | Retour sur la double présence tunisienne à la 83e Mostra de Venise est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

HuMENA exprime sa solidarité avec Wael Naouar

HuMENA exprime sa solidarité avec l’activiste tunisien Wael Naouar, en détention provisoire à la prison de Mornaguia depuis mars 2026 aux côtés d’autres membres de la Flottille Soumoud, dont Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi.

​Selon la Coordination nationale pour la défense des membres de la Flottille Soumoud et du droit palestinien, Wael Naouar a entamé une grève de la faim le 16 août pour réclamer sa libération, celle de ses camarades, ainsi que l’abandon de toutes les poursuites à leur encontre.

Ce 8 septembre marque le 24ᵉ jour de son action, souligne HuMENA, en rappelant qu’après une visite de l’avocat Bassem Trifi le 2 septembre, il a été rapporté que « Wael Naouar a perdu 18 kilos et souffre de vertiges, de vomissements de sang, de migraines, de chutes de glycémie et de difficultés à parler et à dormir ».

« Malgré l’urgence médicale, il n’a pas été transféré à l’hôpital et ne bénéficie que d’un suivi médical hebdomadaire », dénonce HuMENA en réclamant la libération immédiate de Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi, « sauf si les autorités prouvent sur des bases individuelles et légales que leur maintien en détention est strictement nécessaire et proportionné »

HuMENA rappelle par ailleurs que les poursuites pénales ne doivent pas servir à punir l’engagement civique paisible, tout en réclamant le respect strict des garanties d’un procès équitable et un accès immédiat à des soins médicaux adaptés.

L’article HuMENA exprime sa solidarité avec Wael Naouar est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie-Suisse | Vers une chaine de valeur textile euro-méditerranéenne résiliente

Réunis les 3 et 4 septembre à l’initiative de la FTTH et d’EURATEX, 150 acteurs du secteur ont participé à la Conférence Euro-Méditerranéenne du Textile et de l’Habillement, ouverte par l’ambassadeur suisse Josef Renggli.

L’objectif de cette rencontre est de consolider l’intégration entre les deux rives de la Méditerranée et booster la compétitivité à l’export grâce aux transitions écologique et numérique, précise l’ambassade Suisse dans un communiqué publié ce mardi 8 septembre 2026.

Via SECO Coopération et développement économiques et en partenariat avec la coopération Suédoise (SIDA) et la coopération espagnole (ACEID), la Suisse appuie le secteur textile régional à travers le programme GTEX-MENATEX, actif en Tunisie, au Maroc, en Égypte, en Jordanie et au Sri Lanka, indique encore la même source
.

Et de rappeler : «Avec environ 160’000 emplois directs et près de 20% des exportations, le secteur du textile est le 1er employeur industriel en Tunisie »

L’article Tunisie-Suisse | Vers une chaine de valeur textile euro-méditerranéenne résiliente est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

La justice décide de prolonger la garde à vue de Me Mrabet

La garde à vue de l’avocat Ghazi Mrabet, arrêté jeudi dernier, vient d’être prolongée de cinq jours supplémentaires, ce mardi 8 septembre 2026.

Cette décision a été prise par le Parquet près le Tribunal de première instance de Tunis qui a chargé les agents de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants de la Garde nationale de Laouina de poursuivre les investigations dans le cadre de l’enquête menée pour trafic de stupéfiants et blanchiment d’argent.

Pour rappel, Me Mrabet a été interpellé lors d’une descente policière au domicile de l’un de ses clients, condamné par contumace à 40 ans de prison. Une quantité de drogue a également été saisie sur place.

Contestant tout lien avec le réseau de stupéfiants, le collectif de défense soutient que Me Ghazi Mrabet se trouvait sur place uniquement dans le cadre de ses fonctions d’avocat.

Y. N.

L’article La justice décide de prolonger la garde à vue de Me Mrabet est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Mandat de dépôt contre Mohamed Yousfi | Le SNJT tire la sonnette d’alarme

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement condamné l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre du journaliste Mohamed Youssefi, dénonçant des vices de procédure flagrants ainsi qu’un mépris total de son état de santé alarmant.

Dans un communiqué publié ce mardi 8 septembre 2026, le Syndicat tire la sonnette d’alarme sur les conditions de cette décision judiciaire en afformant que selon le comité de défense, le mandat de dépôt a été émis de manière irrégulière : « l’interrogatoire n’a pas été finalisé, les plaidoiries des avocats n’ont pas été entendues, et l’acte a été posé en l’absence de l’inculpé alors même que ses conseils ont refusé de signer le procès-verbal ».

Le SNJT pointe également une urgence médicale occultée en rappelant que Mohamed Yousfi a été victime de violentes douleurs dans les locaux du Pôle judiciaire économique et financier et a dû être à nouveau examiné sur place par un médecin de la Protection civile, sachant qu’il a été opéré de l’appendicite lors de sa garde à vue.

Malgré ce tableau clinique préoccupant, l’audience n’a pas été interrompue pour lui permettre de recevoir les soins requis, déplore le SNJT qui fait porter l’entière responsabilité de toute séquelle physique ou légale aux autorités, tout en rappelant que la détention provisoire ne doit en aucun cas s’apparenter à une peine anticipée ou servir d’instrument d’intimidation contre la presse.

Y. N.

L’article Mandat de dépôt contre Mohamed Yousfi | Le SNJT tire la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’État coûte cher pour les Tunisiens

Dans sa forme, sa structure, son organisation et son niveau d’efficacité actuels, l’État tunisien représente un coût exorbitant que la collectivité nationale ne peut supporter – surtout au regard de ce qu’elle en retire et de la médiocrité des services publics (éducation, santé, transports). (Photo : Palais du gouvernement à La Kasbah, Tunis).

Faouzi Ben Abderrahman *

Premièrement : quels prélèvements l’État opère-t-il sur les individus dans l’économie formelle ?

Pour chaque tranche de 100 dinars de coût salarial (salaire brut majoré de la cotisation patronale), l’État prélève aujourd’hui directement — via la sécurité sociale et l’impôt sur le revenu — un montant compris approximativement entre 22,9 dinars (au salaire minimum), 27,4 dinars (au salaire moyen de 1 000 dinars bruts) et 39,2 dinars (pour un salaire brut de 3 500 dinars).

À cela s’ajoute un prélèvement indirect lors de la consommation, via la taxe sur la valeur ajoutée (avec un taux implicite avoisinant les 11 %) et les taxes sur les carburants, portant le total à une fourchette allant de 33 à 47 dinars, selon les tranches de revenus susmentionnées.

La quasi-totalité de l’écart provient de l’impôt sur le revenu — le seul élément progressif —, tandis que les autres prélèvements demeurent relativement constants en proportion du revenu, quelle que soit l’augmentation de ce dernier.

Deuxièmement : quels prélèvements l’État opère-t-il sur les bénéfices et les charges des entreprises ?

Pour chaque tranche de 100 dinars de bénéfice imposable, l’État perçoit 25 dinars auprès d’une entreprise ordinaire, 35 dinars auprès d’une entreprise du secteur de la grande distribution ou d’une société d’investissement, et 44 dinars auprès d’une entreprise opérant dans un secteur réglementé (banques, assurances, télécommunications). Ces chiffres sont arrondis par souci de simplification ; des données détaillées par sous-secteur existent par ailleurs.

À cela s’ajoute un impôt minimum sur le chiffre d’affaires (0,2 % du chiffre d’affaires local, avec un minimum de 300 dinars), exigible même en l’absence de bénéfice — voire même en l’absence de tout chiffre d’affaires.

S’y ajoute un prélèvement parallèle et indépendant du résultat financier : pour chaque tranche de 100 dinars de salaire versée, l’entreprise doit payer 17,07 dinars supplémentaires au titre de la contribution sociale patronale, une charge due même en cas de perte.

Troisièmement : quel est le retour pour la collectivité nationale ?
Dans le budget de l’État pour l’année 2026, pour chaque tranche de 100 dinars de dépenses publiques, environ 57 dinars sont consacrés au fonctionnement de l’appareil d’État lui-même : 40 dinars pour les salaires de la fonction publique, 4,6 dinars pour les frais de gestion courante et 12,6 dinars pour le service de la dette (intérêts uniquement). Le solde — soit environ 42 dinars — revient à la collectivité nationale sous forme d’interventions et de transferts sociaux (32 dinars) et d’investissements publics (10 dinars).

Toutefois, une partie de ce «retour» reste théorique et n’est pas intégralement réalisée, les dépenses de fonctionnement dépassant généralement les montants prévus.

En d’autres termes : sur chaque tranche de 100 dinars perçue par l’État, seule une quarantaine de dinars (environ 42) revient réellement à la collectivité nationale — une partie de ce montant étant purement théorique et ne parvenant pas intégralement à destination —, tandis que l’État conserve le reste (environ 57 dinars) pour assurer le fonctionnement de son appareil et honorer les intérêts de sa dette.

À tout cela s’ajoute une quatrième dimension qui n’apparaît dans aucun des chiffres susmentionnés : les engagements hors bilan. Le volume des dettes garanties par l’État au profit des entreprises publiques a atteint environ 20 milliards de dinars en 2022. Il s’agit de montants qui ne sont comptabilisés comme dépenses que lorsque l’entreprise concernée fait défaut de paiement ; la garantie se transforme alors en une dette effective pesant sur la collectivité nationale.

À titre d’exemple, si la moitié de ces entreprises venaient à faire défaut, cela engendrerait un coût supplémentaire exceptionnel de 16 milliards de dinars.

Ces chiffres démontrent que l’État tunisien — dans sa forme, sa structure, son organisation et son niveau d’efficacité actuels — représente un coût exorbitant que la collectivité nationale ne peut supporter, surtout au regard des retours qu’elle en tire et de la médiocrité des services publics (éducation, santé, transports).

Et le plus important dans tout cela ?

Un État financé par les contributions de toutes ces catégories — du salarié au salaire minimum jusqu’aux grandes entreprises — ne saurait légitimement passer du statut de serviteur impartial de la collectivité à celui d’instrument de répression aux mains de ses dirigeants.

L’État protecteur est le garant des droits ainsi que des libertés individuelles et collectives de tous les citoyens ; il ne peut en aucun cas devenir un instrument d’intimidation aux mains du pouvoir en place contre ceux qui le contestent.* Ancien ministre.

Traduit de l’arabe.

* Ancien ministre.

L’article L’État coûte cher pour les Tunisiens est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | Décès de l’homme d’affaires Lazhar Sta

C’est sa fille Amina Sta, qui a annoncé son décès dans un post laconique sur les réseaux sociaux. L’homme d’affaires Lazhar Sta, ancien associé de Belhassen Trabelsi, le beau-frère de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, dans l’entreprise Carthage Cement, est décédé ce mardi 8 septembre 2026.

On ne connaît pas les circonstances de ce décès, mais on sait que le prisonnier, qui souffrait de plus plusieurs pathologies chroniques, était très malade ces derniers temps et qu’il a été récemment hospitalisé en urgence à la suite de la détérioration de son état de santé. 

Les autorités pénitentiaires, comme à leur habitude, sont restées silencieuses sur les circonstances de cette nouvelle mort d’un prisonnier. La fille du défunt, quant à elle, leur fait porter la responsabilité de la détérioration de la santé de son père et le accuse de négligence et de manque de soins, en menaçant de porter plainte devant des instances internationales.

Le 30 juin dernier, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près du tribunal de première instance de Tunis l’avait condamné, ainsi que son ancien associé Belhassen Trabelsi, en fuite depuis le 14 janvier 2011, à six ans de prison ferme. Accusés de corruption, d’appropriation illicite de biens appartenant à l’Etat et de détournement de fonds publics, les deux ex-associés dans Carthage Cement avaient aussi été condamnés à verser de lourdes amendes.  

I. B.

L’article Tunisie | Décès de l’homme d’affaires Lazhar Sta est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Ooredoo Tunisie inaugure le projet Water for All à Kairouan

Ooredoo Tunisie vient d’inaugurer, dans le cadre de son programme de responsabilité sociétale Tounes T3ich, son projet Water for All à Kairouan, marquant une nouvelle étape concrète dans son engagement en faveur des communautés locales et d’un impact social durable à travers la Tunisie.

Développé en réponse à un besoin réel identifié au sein de la communauté locale, ce projet, mis en œuvre en partenariat avec l’Association Carthage Horizon, permet à 250 familles de bénéficier d’un accès amélioré et durable à l’eau, à travers une solution concrète contribuant directement à l’amélioration de leurs conditions de vie quotidiennes.

Le projet a notamment porté sur la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures hydrauliques au niveau de la station de pompage n°2 – Hendi El Zitouna, afin de faciliter l’accès à l’eau pour les habitants de la zone et d’apporter une solution durable adaptée aux besoins locaux.

La cérémonie d’inauguration a réuni, le 7 septembre 2026, des représentants d’Ooredoo Tunisie et de l’Association Carthage Horizon, ainsi que des acteurs locaux et des habitants de la région, afin de célébrer l’aboutissement de ce projet et les efforts collectifs ayant permis sa concrétisation.

À cette occasion, Eyas Assaf, Directeur Général d’Ooredoo Tunisie, a déclaré: «À travers Tounes T3ich, nous nous engageons à soutenir des initiatives qui répondent à des besoins réels et qui génèrent un impact positif et durable au profit des communautés locales à travers la Tunisie. L’accès à l’eau est un besoin essentiel, et nous sommes particulièrement fiers que le projet “Water for All” contribue aujourd’hui à améliorer concrètement le quotidien de 250 familles à Kairouan. Cette réalisation illustre toute la valeur de notre collaboration avec l’Association Carthage Horizon et les acteurs locaux pour transformer nos engagements en résultats concrets au bénéfice de la communauté. »

Le projet Water for All reflète pleinement l’approche portée par Tounes T3ich : être à l’écoute des besoins des communautés locales, travailler aux côtés de partenaires engagés et mettre en œuvre des projets concrets capables de générer un impact positif et durable sur le terrain.

À travers Tounes T3ich, Ooredoo Tunisie poursuit le développement et le soutien d’initiatives autour de ses principaux axes de responsabilité sociétale, notamment la santé, l’éducation, l’environnement et le bien-être social, avec des projets conçus pour répondre aux besoins spécifiques des différentes communautés à travers le pays.

La réussite du projet Water for All à Kairouan vient ainsi renforcer l’engagement d’Ooredoo Tunisie en faveur d’actions responsables et durables, tout en soulignant l’importance de la collaboration avec la société civile et les acteurs locaux pour créer un impact positif, concret et durable au profit des communautés à travers la Tunisie.

Vidéo de l’action.

L’article Ooredoo Tunisie inaugure le projet Water for All à Kairouan est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’autre visage de l’emploi précaire en Tunisie

On parle souvent de précarité de l’emploi lorsqu’un salarié enchaîne les contrats courts, les missions temporaires ou les périodes d’incertitude. Mais il existe une autre forme de précarité, plus difficile à identifier : celle qui naît lorsque la réalité du travail et le cadre juridique dans lequel il est exercé ne coïncident plus clairement.

Aziz Chouchi *

Qui est réellement l’employeur ? Qui organise le travail ? Qui donne les consignes ? Qui décide des missions ? Qui assume les conséquences lorsque la relation de travail se dégrade ?

Ces questions peuvent sembler théoriques. Elles deviennent très concrètes lorsqu’un salarié doit, pour comprendre sa propre situation professionnelle, déterminer quelle institution est réellement responsable de quoi. C’est précisément ce qui m’est arrivé.

Depuis plusieurs années, j’interviens dans un établissement scolaire français à Tunis. Après plusieurs périodes d’activité au sein de cet établissement entre 2019 et 2025, j’ai été recruté, à partir de septembre 2025, en CDI par une association de droit local, l’Association des parents d’élèves des établissements scolaires français en Tunisie (Apeesft).

Sur le papier, la situation pouvait paraître simple : un contrat de travail, un employeur identifié, un salarié.

Dans la réalité quotidienne, plus de vingt surveillants et animateurs exerçaient leurs fonctions au sein de l’Établissement régional de Tunis (ERT), établissement en gestion directe de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (Aefe), tout en étant contractuellement employés par l’association.

Ce dispositif mérite une question simple : où se situe exactement la frontière entre l’employeur contractuel et l’établissement dans lequel le travail est effectivement organisé et exécuté ?

Je ne prétends pas, dans cette tribune, apporter à moi seul la qualification juridique définitive de cette organisation. C’est précisément le rôle des autorités compétentes de l’examiner. Mais lorsqu’une telle question se pose, elle ne devrait pas être évacuée comme un simple problème administratif. Car derrière les termes de «rattachement», de «mise à disposition», de «prestation», de «gestion» ou d’«organisation du service», il y a une réalité humaine : celle de travailleurs qui doivent savoir à qui ils répondent, quelles sont leurs missions et quels sont leurs droits.

Quand le contrat et le travail ne racontent pas la même histoire

Le problème de l’emploi précaire ne réside pas uniquement dans la durée d’un contrat. Il peut aussi résider dans l’incertitude qui entoure le cadre réel dans lequel ce contrat est exécuté.

Un salarié peut avoir un contrat parfaitement écrit et pourtant se retrouver confronté à des questions fondamentales : qui peut modifier son organisation ? Qui peut lui demander de changer de mission ? Qui peut lui demander de quitter son poste ? Qui peut apprécier son travail ? Qui peut décider de son avenir professionnel ?

Lorsque plusieurs acteurs interviennent, la responsabilité peut devenir difficile à lire pour le salarié. Et lorsque la responsabilité devient difficile à lire, l’exercice des droits peut lui aussi devenir plus difficile.

C’est cette zone grise qui m’a conduit à interroger successivement mon employeur, la direction de l’établissement, les autorités du travail et différents interlocuteurs institutionnels.

Je ne suis pas le seul concerné. La situation que j’ai signalée concerne plus d’une vingtaine de personnes exerçant des fonctions similaires au sein de plusieurs sites de l’établissement.

Certains salariés disposent de plusieurs années d’ancienneté. Certains ont travaillé pendant une longue période dans le même environnement, auprès des mêmes élèves, avec les mêmes contraintes quotidiennes, avant que leur cadre contractuel ne change.

La question n’est donc pas seulement celle d’un salarié et de son contrat. Elle est celle de la manière dont un système d’emploi peut être organisé autour de plusieurs structures, tout en laissant au travailleur la charge de comprendre lui-même où commence et où s’arrête la responsabilité de chacune.

Une réforme pour regarder ces situations autrement

Le débat prend une dimension particulière depuis l’adoption de la loi tunisienne n° 2025-9 du 21 mai 2025 relative à la réglementation des contrats de travail et à l’interdiction de la sous-traitance de main-d’œuvre.

Le ministère tunisien des Affaires sociales présente explicitement cette réforme comme une réforme portant sur les contrats de travail et l’interdiction de la sous-traitance de main-d’œuvre. L’Organisation internationale du travail (OIT) fait elle aussi désormais référence à cette réforme dans le cadre de son suivi de la législation tunisienne.

Cette évolution législative pose une question essentielle : quels dispositifs d’emploi existants doivent désormais être réexaminés à la lumière des nouvelles règles ?

Il ne suffit pas de changer l’intitulé d’un contrat pour que la réalité économique et professionnelle change.

Il ne suffit pas non plus qu’une structure juridiquement distincte apparaisse sur un contrat pour que toutes les questions relatives à l’organisation réelle du travail disparaissent.

Encore faut-il regarder les faits : qui recrute, qui rémunère, qui organise, qui dirige, qui contrôle, qui décide des missions et dans quel cadre le travail est effectivement accompli.

C’est précisément pour cette raison que j’ai saisi les autorités compétentes.

Non pas pour demander que mon interprétation soit automatiquement retenue, mais pour demander que les faits soient vérifiés.

Le plus grand risque : banaliser les zones grises

La précarité devient particulièrement dangereuse lorsqu’elle devient invisible.

Un travailleur qui ne sait pas clairement qui est responsable de quoi hésitera davantage à contester une décision. Un salarié qui dépend quotidiennement d’un environnement institutionnel mais dont le contrat relève d’une autre structure peut se retrouver face à une question élémentaire : à qui dois-je m’adresser lorsque mes conditions de travail posent problème ? Et lorsqu’un conflit survient, chacun peut être tenté de renvoyer vers l’autre interlocuteur. L’employeur renvoie vers l’établissement. L’établissement renvoie vers l’employeur. Le salarié, lui, reste au milieu.

Cette situation ne signifie pas nécessairement qu’il existe une irrégularité. Mais elle justifie, à elle seule, un examen sérieux du dispositif. Car le droit du travail ne peut pas être réduit à la seule existence matérielle d’un contrat. Il doit aussi permettre de déterminer clairement les responsabilités qui entourent l’exécution effective du travail.

Mon parcours personnel m’a conduit à poser ces questions parce que j’ai été directement confronté à leurs conséquences. Mais je ne souhaite pas que cette tribune soit réduite à mon propre litige. Le véritable sujet est ailleurs. Il concerne tous les travailleurs qui se trouvent dans des situations où plusieurs structures interviennent dans leur emploi, où le donneur d’ordre, l’employeur, l’établissement d’accueil et l’organisateur réel du travail ne sont pas nécessairement la même entité. Il concerne également les associations, entreprises et institutions qui utilisent ces dispositifs. Et il concerne enfin l’État, qui doit être capable de répondre à une question simple : la protection offerte par le droit du travail dépend-elle encore de la réalité du travail, ou peut-elle être contournée par la manière dont les responsabilités sont juridiquement réparties ?

Cette question mérite d’autant plus d’être posée aujourd’hui que la Tunisie vient précisément de renforcer son arsenal juridique en matière de contrats de travail et d’interdiction de la sous-traitance de main-d’œuvre.

Une question de dignité, pas seulement de droit

Au fond, derrière les contrats et les organigrammes, il y a une question beaucoup plus simple. Un travailleur doit pouvoir savoir qui est son employeur, qui peut lui donner des instructions, quelles sont ses missions et quels recours sont ouverts lorsqu’il estime que ses droits ne sont pas respectés. Cette lisibilité n’est pas un luxe administratif. Elle est une condition élémentaire de la dignité au travail.

Dans mon cas, les démarches engagées auprès des différentes autorités n’ont pas pour objectif de faire condamner une institution sur la base de ma seule parole. Elles visent à obtenir une réponse documentée sur le fonctionnement concret du dispositif. C’est aussi pour cette raison que je considère que la question mérite de sortir du cadre strict de mon dossier personnel. Car si un dispositif est parfaitement conforme au droit, il doit pouvoir être expliqué clairement. Et s’il soulève des difficultés au regard du droit nouveau, il doit pouvoir être corrigé. Dans les deux cas, la transparence est préférable au silence.

La véritable modernisation du droit du travail ne consiste pas seulement à adopter de nouvelles lois. Elle consiste à faire en sorte que ces lois soient lisibles, applicables et réellement protectrices pour ceux qui travaillent.

L’emploi précaire ne disparaît pas toujours lorsqu’on change son apparence juridique. Parfois, il change simplement de visage. C’est précisément ce visage nouveau qu’il faut aujourd’hui avoir le courage de regarder.

* Ingénieur en informatique – Ordre des Ingénieurs Tunisiens.

L’article L’autre visage de l’emploi précaire en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Exposition à Gibellina | «Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée»

Une exposition collective bilingue «Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée» a été inaugurée le samedi 5 septembre 2026 au musée Santa Caterina de Gibellina Vecchia, dans la province de Trapani ; elle s’inscrit dans le programme officiel de Gibellina, Capitale italienne de l’art contemporain 2026.

Selon les organisateurs, l’exposition vise à créer un dialogue entre deux territoires séparés par moins de 150 kilomètres de mer, mais unis par une longue histoire d’échanges, d’influences réciproques et de modes de vie. Une relation qui transparaît non seulement à travers les événements historiques, mais aussi dans les paysages, les pratiques agricoles, les traditions rurales et les influences culturelles ayant traversé, durant des siècles, les deux rives de la Méditerranée.

La Sicile occidentale et le sud de la Tunisie présentent en effet des caractéristiques paysagères et agricoles en partie similaires, tandis que les traces des influences arabo-normandes témoignent de la profondeur d’une relation ayant transcendé les divisions politiques et géographiques. La gastronomie incarne également ce métissage, à l’instar du couscous au poisson de Trapani, exemple d’une tradition culinaire capable d’évoquer une appartenance méditerranéenne commune.

Le projet a vu le jour grâce à la collaboration entre l’association de Trapani I Colori della Vita et l’association tunisienne Didon & Enée, avec le concours de l’association Percorsi a Morsi, gestionnaire du musée Santa Caterina.

L’initiative vise ainsi à faire de la culture un espace de rencontre entre communautés, artistes et territoires, en réinvestissant une mémoire partagée à travers des langages contemporains.

Le vernissage a notamment réuni le maire de Gibellina, Salvatore Sutera, le consul de Tunisie à Palerme, Mohamed Ali Mahjoub, le directeur artistique de Gibellina 2026, Andrea Cusumano, et le président de l’association Percorsi a Morsi, Michele Benfari, confirmant ainsi la dimension institutionnelle et culturelle du projet.

Photos de Mouna Fkih Khouaja,

Un dialogue entre passé et présent

Le parcours de l’exposition associe des photographies historiques et des cartes postales d’époque — restaurées et sélectionnées par le maître italien Michele Fundarò et l’artiste et photographe tunisien Saber Bhari — à des clichés contemporains réalisés par seize photographes siciliens et tunisiens.

L’exposition devient alors un dialogue entre passé et présent, où images d’archives et photographie contemporaine racontent l’évolution de territoires marqués par la relation entre l’homme, la terre et la Méditerranée.

Parmi les artistes présents figurent Nino Castiglione, Ameni Chermiti, Michele Cernigliaro, Tonino Corso, Ivan De Francesco, Mouna Fkih Khouaja, Matteo Garone, Slim Gomri, Kaouther Khedija Khouini, Soumaya Larbi, Fabio Marino, Giuseppe Monteleone, Paolo Rizzo, Lorenzo Tallarita, Marilena Todaro et Skander Zarrad. Leurs œuvres mettent l’accent sur la relation entre les communautés et le territoire, le monde agricole, le pastoralisme et les transformations qui touchent les zones rurales.

C’est un point de vue qui s’éloigne des circuits touristiques classiques pour se concentrer sur les réalités quotidiennes et les identités locales. Le projet revêt ainsi une dimension qui dépasse le cadre purement artistique. La photographie devient un outil pour interroger le sens même de l’identité méditerranéenne, en montrant comment, au-delà des frontières nationales, subsistent des éléments communs dans les paysages, le travail de la terre, les traditions culinaires et la mémoire collective.

Photos de Mouna Fkih Khouaja,

Le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée a également été ponctué d’un volet gastronomique, avec les chefs Peppe Giuffrè et Taieb Bouhadra, invités à proposer un parcours à travers les saveurs de la tradition méditerranéenne. L’exposition restera ouverte au public en Italie jusqu’au 24 septembre 2026, au musée Santa Caterina de Gibellina Vecchia. À l’issue de cette étape italienne, la collection entamera une tournée en Tunisie, poursuivant ainsi le dialogue culturel entre les deux rives qui constitue le fil conducteur de l’initiative. L’exposition s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le patrimoine immatériel méditerranéen et sur la possibilité de recourir à l’art et à la culture pour renforcer les échanges entre la Tunisie et l’Italie, en s’appuyant non seulement sur les relations institutionnelles contemporaines, mais aussi sur une mémoire plus ancienne et stratifiée, préservée au sein des territoires et des communautés qui, depuis des siècles, bordent la même mer.

I. B. (avec Agenzia Nova).

L’article Exposition à Gibellina | «Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée» est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Inde | La génération Z remet en selle Rahul Gandhi

Depuis près de vingt ans, Rahul Gandhi, fils de Rajiv et petit-fils d’Indira, est dépeint comme un homme politique privilégié et inefficace voire raté, incapable aussi bien de relancer le Parti du Congrès que de concurrencer le Premier ministre Narendra Modi et de faire vaciller son pouvoir. Le dirigeant nationaliste dirige l’Inde d’une main de fer depuis mai 2014. Toutefois, la donne semble enfin changer grâce à la génération Z qui ébranle Modi et qui semble trouver en Rahul Gandhi son nouveau leader. Ce dernier assume enfin l’héritage de sa famille et tisse des liens avec de jeunes électeurs désabusés. Gandhi, va-t-il faire sa mue d’un chef de l’opposition faible à un chef de l’opposition coriace ?

Imed Bahri

Dans une tribune publiée par le Washington Post, Rana Ayyub affirme que le paysage politique indien est témoin d’une transformation remarquable de l(image du chef de l’opposition, Rahul Gandhi, après qu’il ait été moqué et dénigré pendant des années de la part des partisans du Premier ministre Narendra Modi. 

Gandhi, longtemps dépeint comme un héritier politique incapable de défier Modi, a commencé à se défaire de cette image l’année dernière, profitant notamment du mécontentement croissant des jeunes Indiens face au chômage, au coût élevé des études, aux fuites d’examens et à la diminution des perspectives d’ascension sociale.

Relier les luttes quotidiennes des jeunes

Ayyub attribue ce changement à l’émergence de la génération Z qui, selon elle, se détache de l’image stéréotypée de Gandhi et interagit avec lui d’une manière spontanée via les réseaux sociaux. Elle souligne également que Gandhi lui-même a modifié son image publique, abandonnant une image politique traditionnelle pour une tenue plus jeune, afin de se rapprocher d’une génération qui a le sentiment que l’ancienne classe politique ne comprend ni son langage ni ses problèmes.    

Le tournant décisif remonte à la Bharat Jodo Yatra (La Marche pour l’unité de l’Inde), marche que Gandhi a entreprise à travers l’Inde et qui s’est achevée début 2023 et au cours de laquelle, ses échanges avec les étudiants, les chômeurs et les travailleurs précaires lui ont permis de prendre conscience de l’ampleur de la frustration économique chez les jeunes.

Le Washington Post soutient que les récentes manifestations de la jeunesse ont offert à Gandhi une opportunité politique majeure, lui permettant de recentrer sa campagne sur les jeunes et d’aborder des problèmes tels que la fraude aux examens, le chômage et la hausse des frais universitaires.

Dans ce contexte, il a lancé la campagne «La Voix des Étudiants», étendant ainsi son action aux étudiants de centaines de villes indiennes. Il cherche également à relier les luttes quotidiennes des jeunes à un problème plus vaste à savoir la concentration des richesses, du pouvoir et des opportunités économiques entre les mains d’une minorité.

L’héritier des traditions démocratiques et laïques

Parallèlement, Gandhi a commencé à renouer avec l’héritage politique de sa famille plutôt qu’à le défendre. Il invoque l’histoire de son arrière-grand-père, Jawaharlal Nehru, Premier ministre de l’Inde, ainsi que les sacrifices de sa grand-mère, Indira Gandhi, et de son père, Rajiv Gandhi, pour se présenter comme l’héritier des traditions démocratiques, laïques et constitutionnelles, et non simplement comme l’héritier d’une dynastie politique.

Ayyub soutient que cela représente une tentative de renverser l’un des principaux arguments de Modi contre Gandhi, transformant l’histoire de sa famille, utilisée pour le dépeindre comme un politicien privilégié, en un moyen de souligner les sacrifices de sa famille pour l’Inde.

Ayyub met toutefois en garde contre les limites de cette évolution notamment dans la relation de Rahul Gandhi avec la jeunesse musulmane. S’il s’exprime ouvertement sur la discrimination envers les Dalits*, il reste moins loquace sur la persécution des musulmans. Elle estime que si Gandhi veut convaincre les jeunes musulmans que sa défense de la Constitution et de la démocratie les inclut, il doit faire preuve de clarté dans ses déclarations publiques, au lieu de limiter ses véritables positions aux réunions de son parti.

En définitive, Gandhi est largement parvenu à se défaire de l’image dénigrante que ses adversaires lui ont forgée. Cependant, se débarrasser de cette image de «politicien raté» ne signifie pas nécessairement qu’il soit désormais capable de construire une opposition forte au gouvernement de Modi. Son véritable défi réside dans sa capacité à transformer les divers problèmes auxquels sont confrontés les jeunes –du chômage aux fuites d’examens, en passant par l’impunité policière et la persécution des dissidents– en un seul enjeu politique lié à l’érosion des institutions démocratiques caractérisée par l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs et de l’État de droit par le pouvoir en place.

S’il y parvient, la génération qui a mis au jour la vulnérabilité du gouvernement Modi pourrait aussi avoir fait émerger le chef de l’opposition que Modi n’a jamais eu à affronter. 

* Les Dalits, encore appelés Intouchables, sont des groupes d’individus considérés, du point de vue du système des castes, comme hors castes et affectés à des fonctions ou métiers jugés impurs. L’Inde compte 200 millions de Dalits.

L’article Inde | La génération Z remet en selle Rahul Gandhi est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | Approbation de 309 projets solaires d’une puissance totale de 455 MW

Passé la tempête des coupures intempestives de l’électricité provoquées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) pour éviter un black-out, en raison du déséquilibre grandissant entre la production et la consommation, les autorités commencent à communiquer, non pas sur les causes de cette crise et comment est-on arrivé là, donc sur leurs propres manquements, mais sur les projets en cours ou décidés dans la foulée pour parer à cette situation. Alors, tant qu’il s’agit d’annoncer, et non de réaliser, pourquoi rechigner sur les chiffres ? Incorrigibles Tunisiens ! (Photo : Centrale solaire photovoltaïque à Metbasta, Kairouan).

C’est ainsi que le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, vient d’annoncer l’acceptation de quelque 309 demandes d’autorisation (excusez du peu !) pour des projets de production d’électricité solaire photovoltaïque dans le cadre de la sixième phase du régime d’autorisation en Tunisie, et ce à l’issue de l’évaluation des dossiers soumis avant le 30 juin 2026.

Les projets retenus représentent une capacité totale de 455 mégawatts (MW) et comprennent 187 centrales d’un mégawatt, 119 centrales de deux mégawatts et trois projets de dix mégawatts, a précisé le ministère, ajoutant que les résultats complets de la procédure sont disponibles directement sur son site institutionnel.

Le régime d’autorisation encadre la construction de projets de production d’électricité de moyenne envergure, dont la capacité est inférieure aux seuils fixés par l’article 14 du décret n° 2016-1123 : 10 MW pour le solaire, 30 MW pour l’éolien, 15 MW pour la biomasse et 5 MW pour les autres sources d’énergie renouvelable.

Ce dispositif a été mis en place pour encourager la production indépendante d’électricité à partir de sources renouvelables ; il permet aux investisseurs privés et aux opérateurs industriels de construire des centrales photovoltaïques d’une capacité comprise entre 1 et 10 MW et de vendre la totalité de leur production à la Steg.

L’octroi des 309 dernières autorisations constitue une nouvelle étape dans le renforcement des capacités de production d’énergie renouvelable de la Tunisie, alors que le pays cherche à accroître la part du solaire dans son mix énergétique et à réduire sa dépendance à l’égard de la production conventionnelle.

Cette part ne dépasse guère aujourd’hui 5 à 6%, contre un objectif «délirant» de 30-35% en 2030, alors que l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), censée promouvoir les énergies renouvelables dans le pays, vient de fêter son 40e anniversaire. Combien d’argent a-t-elle coûté aux contribuables en 40 ans et qu’a-t-elle aidé à réaliser sur la voie de la diversification des sources d’énergie ?

Une étude s’impose pour montrer l’inanité de certaines initiatives publiques qui servent à meubler la communication officielle, sans impact réel sur le quotidien des citoyens : les dernières coupures électriques et pénuries d’eau potable, de médicaments et d’eau minérale en bouteille sont là pour le prouver.

I. B.     

L’article Tunisie | Approbation de 309 projets solaires d’une puissance totale de 455 MW est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | Vers la création de 1 200 nouvelles entreprises communautaires

Le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Riadh Chaoued, a annoncé un programme visant à créer 1 200 nouvelles entreprises communautaires dans les différentes régions du pays, en affirmant que les services de son ministère commencent à constater, à travers les chiffres recueillis, l’impact positif de ces entreprises sur la création d’emplois et la dynamisation du développement local, a rapporté Mosaique FM.

Le ministre a ajouté que son département ministère a mis en place une plateforme électronique dédiée aux entreprises communautaires, actuellement en phase finale de développement, précisant que le rôle de ces structures ne se limite pas à la création d’emplois, mais s’étend également à la fixation des populations dans leurs régions d’origine.

Voilà pour la théorie ou pour la propagande officielle, sauf que M. Chaoued n’a pas cru devoir citer le moindre chiffre pouvant justifier les largesses accordées par les pouvoirs publics (donc par nous autres contribuables) à ces entreprises si chères au président de la république Kaïs Saïed, et ce sous diverses formes : subventions, facilités fiscales et autres, terres domaniales, biens publics, etc… Alors que beaucoup d’experts doutent sérieusement de la crédibilité de ces entreprises, de leur rentabilité et de la transparence de leur gestion.

Des chiffres, monsieur le ministre, et vérifiables s’il vous plait, afin de rassurer les Tunisiens que leur argent n’est pas en train d’être jeté par la fenêtre, alors qu’il aurait mieux servi à créer des centrales électriques, à équiper les hôpitaux publics et à améliorer un transport public dans un état déplorable !

I. B.

L’article Tunisie | Vers la création de 1 200 nouvelles entreprises communautaires est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | La colère des agents de la Steg

Les agents et cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) relevant des différentes agences du gouvernorat de Sousse ont observé un mouvement de protestation d’une heure, ce lundi matin, 7 septembre 2026, de 9h00 à 10h00. Cette action fait suite au décès de leur collègue de l’agence de Menzel Bourguiba, mort électrocuté dans l’exercice de ses fonctions.

Hichem Ouacham, secrétaire général de la section syndicale de la Steg (agence de Sousse-Ville) et membre du bureau exécutif de l’organisation syndicale, a expliqué dans une déclaration à Mosaïque que ce rassemblement visait à dénoncer la dégradation des conditions de sécurité au travail pour les agents, en particulier face au manque de moyens de protection et d’équipements nécessaires à l’activité. Certains équipements de protection — tels que les gants isolants, les chaussures de sécurité et les tenues de travail — ne sont pas disponibles en quantité suffisante, exposant ainsi les agents à des risques d’accident dans l’exercice de leurs fonctions, a souligné le responsable syndical.

Il a également évoqué le harcèlement et la campagne de dénigrement dont ont fait l’objet les agents de la Steg, ainsi que les accusations de complot et de négligence portées à leur encontre suite aux fréquentes coupures d’électricité survenues depuis la mi-juillet, en raison du déséquilibre entre la demande qui augmente et l’offre qui stagne depuis 2019, faute d’investissements suffisants dans la production d’électricité.

Pour M. Ouacham, les agents de l’entreprise publique n’ont ménagé aucun effort durant l’été, malgré des conditions climatiques difficiles, précisant que leur temps de travail a parfois dépassé les 15 heures par jour, lors que dans les cercles du pouvoir, certaines voix s’élèvent pour les accuser de provoquer délibérément des coupures d’électricité pour remonter l’opinion contre le régime.

I. B.

L’article Tunisie | La colère des agents de la Steg est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

IA | Afrique et monde arabe face au défi de l’exécution

À Yasmine Hammamet, du 7 au 10 septembre 2026, l’Afrique et le monde arabe se retrouvent autour du AI-Forward Summit 2026, organisé par l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (Aicto), sous l’égide de la Ligue des États arabes, en collaboration avec le ministère tunisien des Technologies de la Communication. Le thème retenu — «Façonner l’avenir de l’intelligence : de la vision à la valeur» — résume à lui seul le véritable enjeu de cette nouvelle étape de la révolution numérique. Car l’Afrique et le monde arabe ne souffrent pas d’un déficit d’ambition. Ils souffrent davantage d’une dette d’exécution.

Abdelwaheb Ben Moussa *

La question n’est plus seulement de savoir s’il faut investir dans l’intelligence artificielle, développer les infrastructures numériques ou élaborer des stratégies nationales. La question décisive est désormais de savoir si ces ambitions peuvent être transformées en capacités opérationnelles, mesurables et souveraines. Autrement dit : comment passer de la vision à la valeur ?

Le cadre est déjà posé

L’Union africaine a franchi une étape importante avec l’adoption de sa stratégie continentale sur l’intelligence artificielle. De leur côté, les pays arabes multiplient les stratégies nationales, les investissements dans les infrastructures numériques, les initiatives de recherche et les programmes consacrés à l’intelligence artificielle.

Le cadre stratégique existe donc. Les priorités sont identifiées : développement des compétences, recherche et innovation, disponibilité des données, infrastructures numériques, gouvernance, coopération régionale et soutien à l’écosystème privé.

Mais une difficulté structurelle demeure. L’Afrique reste confrontée à un déficit considérable en matière de puissance de calcul, de données et de compétences spécialisées. Le monde arabe dispose, pour sa part, de capacités financières, énergétiques et infrastructurelles importantes, mais reste confronté à la nécessité de transformer ces moyens en capacités technologiques et industrielles durables.

C’est précisément dans cette complémentarité que se trouve une opportunité stratégique. L’Afrique apporte ses talents, ses marchés, ses besoins et son potentiel de croissance. Le monde arabe dispose de capitaux, d’infrastructures, d’énergie et de capacités d’investissement. Entre les deux existe un espace de coopération encore largement sous-exploité.

Deux pièges menacent aujourd’hui les stratégies africaines et arabes d’IA. Le premier est celui de la dépendance technologique. Adopter rapidement des solutions disponibles sur le marché peut permettre d’obtenir des résultats visibles à court terme. Mais une dépendance excessive aux infrastructures, aux modèles, aux plateformes et aux fournisseurs extérieurs peut progressivement réduire la capacité de décision stratégique.

Le second piège est plus subtil : l’illusion d’agilité. Multiplier les pilotes, les plateformes, les démonstrateurs et les projets expérimentaux peut donner l’impression d’une transformation rapide. Mais une succession de «proof of concept» ne constitue pas une transformation structurelle.

Le véritable indicateur n’est pas le nombre de projets IA lancés. C’est le nombre de processus effectivement transformés, de délais réellement réduits, de coûts maîtrisés, de décisions améliorées et de services rendus plus efficacement aux citoyens et aux entreprises.

La Tunisie, point d’articulation

La Tunisie n’arrive pas à cette échéance les mains vides. Elle dispose d’un capital scientifique et technique important, d’un écosystème entrepreneurial dynamique et d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle couvrant la période 2026-2030. Elle dispose également d’une expérience accumulée dans la transformation numérique de l’administration. Mais sa position géographique et son histoire lui confèrent surtout une capacité particulière : celle de faire dialoguer plusieurs espaces.

La Tunisie est africaine, arabe et méditerranéenne. Et elle est également connectée à l’Europe. Cette position peut devenir un véritable avantage géoéconomique dans la construction des chaînes de valeur numériques et technologiques de demain. Mais cela suppose de dépasser la logique de simple interface.

La Tunisie doit pouvoir devenir un nœud d’exécution, capable de connecter talents, recherche, entreprises, capitaux, marchés et infrastructures.

C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de la période actuelle. Automatiser un mauvais processus ne le rend pas meilleur. Le numériser peut même parfois accélérer ses dysfonctionnements.

Avant d’introduire l’intelligence artificielle, il faut donc poser des questions beaucoup plus fondamentales : Pourquoi ce processus existe-t-il sous cette forme ? Quels sont ses points de blocage ? Quelles étapes peuvent être supprimées ? Quelles données sont réellement nécessaires ? Qui prend la décision ? Où se situent les doublons ? Quels contrôles sont utiles et lesquels ne produisent aucune valeur ?

La véritable révolution de l’IA ne commencera donc pas nécessairement par l’algorithme. Elle commencera souvent par la réingénierie organisationnelle.

Le prochain saut ne sera pas uniquement technologique. Il sera organisationnel.

La souveraineté commence par la donnée

Dans l’économie algorithmique, la donnée devient une infrastructure stratégique. Il ne suffit plus de disposer de grandes quantités de données. Il faut savoir les qualifier, les sécuriser, les classifier, les partager lorsque cela est pertinent et les protéger lorsqu’elles sont sensibles. Il faut également garantir leur traçabilité, leur qualité et leur interopérabilité. Cela suppose une véritable architecture de gouvernance de la donnée.

À l’échelle afro-arabe, cette question prend une dimension supplémentaire. Comment favoriser la coopération et les échanges de données sans compromettre la souveraineté des États ? Comment développer des standards compatibles ? Comment permettre la circulation de données nécessaires à la recherche et à l’innovation tout en protégeant les données sensibles ?

La réponse ne peut pas être uniquement nationale. Elle doit également être interopérable et coopérative.

La souveraineté des données devient ainsi le socle de la souveraineté algorithmique.

L’Afrique dispose de talents. Le monde arabe également. Mais former davantage d’ingénieurs, de data scientists ou de spécialistes de l’IA ne suffira pas. Le véritable enjeu consiste à transformer les compétences individuelles en capacités institutionnelles et industrielles.

Un expert isolé ne constitue pas une capacité nationale. Une capacité apparaît lorsque l’expertise est intégrée dans des équipes, des processus, des infrastructures, des projets et des mécanismes de décision capables de produire durablement des résultats. Il faut donc passer d’une logique de formation à une logique de mobilisation du capital humain.

Les administrations, les entreprises, les universités, les startups et les centres de recherche doivent pouvoir travailler ensemble autour de problèmes concrets.

À l’échelle afro-arabe, cette approche ouvre un potentiel considérable : programmes de recherche communs, mobilité des talents, plateformes technologiques partagées, financement de startups et développement de solutions adaptées aux réalités régionales.

L’objectif n’est pas seulement de produire des experts. Il est de construire des organisations capables de les retenir, de les faire coopérer et de transformer leur expertise en valeur.

Gouverner par les résultats

C’est probablement ici que se jouera la différence entre une stratégie ambitieuse et une stratégie réellement transformatrice. Les indicateurs de demain ne devraient pas seulement mesurer le nombre de plateformes développées, de conventions signées ou de projets lancés. Ils devraient mesurer les délais administratifs effectivement réduits ; les coûts réellement économisés ; les processus réorganisés ; les services améliorés ; les données rendues interopérables ; les compétences effectivement mobilisées ; les entreprises et startups intégrées aux chaînes de valeur ; et les gains de productivité réalisés.

Il ne faut donc plus compter les projets IA. Il faut compter les processus transformés.

Cette logique suppose également une gouvernance capable d’identifier rapidement les projets en retard, de réallouer les ressources lorsque cela est nécessaire et d’arrêter ceux qui ne produisent pas les résultats attendus. L’exécution devient alors elle-même un objet de gouvernance.

C’est ici que le véritable potentiel stratégique apparaît. L’objectif ne devrait pas être simplement de créer un marché afro-arabe pour les technologies développées ailleurs. Il devrait être de construire progressivement une capacité de production technologique afro-arabe.

Cela signifie investir ensemble dans les infrastructures de calcul ; développer des capacités de recherche et de développement ; créer des mécanismes de financement adaptés ; développer des standards compatibles ; favoriser la circulation des compétences ; construire des solutions adaptées aux langues, aux administrations, aux économies et aux réalités sociales de la région ; et surtout, connecter ces capacités à des marchés réels.

La coopération ne doit donc plus seulement porter sur les déclarations, les conférences ou les accords institutionnels. Elle doit produire des systèmes opérationnels communs. C’est à cette condition que la coopération afro-arabe pourra devenir un véritable levier de puissance technologique.

La souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se construit par des infrastructures maîtrisées, des données gouvernées, des compétences mobilisées, des processus réinventés et des projets effectivement exécutés.

C’est pourquoi le débat sur l’intelligence artificielle doit désormais dépasser la fascination technologique. L’enjeu n’est pas simplement de savoir quels modèles seront les plus puissants. Il est de savoir quelles nations et quels écosystèmes seront capables de transformer ces technologies en capacités d’action ; une administration qui traite plus rapidement les demandes ; une entreprise qui améliore sa productivité ; un système de santé qui exploite mieux ses données ; une université qui transforme davantage sa recherche en innovation ; une industrie qui intègre réellement l’IA dans ses chaînes de production.

C’est à ce niveau que l’intelligence artificielle cesse d’être une promesse pour devenir une infrastructure de souveraineté.

De la vision à la valeur : le véritable test

Le AI-Forward Summit 2026 de Yasmine Hammamet constitue une nouvelle étape importante dans cette réflexion. Mais le véritable test commencera après les conférences. Il commencera lorsque les déclarations d’intention se transformeront en feuilles de route, les feuilles de route en projets, les projets en systèmes et les systèmes en résultats.

L’enjeu n’est donc pas seulement de multiplier les stratégies. Il est de construire une capacité d’exécution.

L’Afrique ne manque ni de talents, ni d’idées, ni de marchés. Le monde arabe ne manque ni de capitaux, ni d’infrastructures, ni de capacités d’investissement. La question est désormais de savoir si ces atouts peuvent être transformés en une force technologique collective.

La souveraineté IA ne sera peut-être pas celle d’un pays isolé. Elle pourra aussi être celle d’écosystèmes capables de maîtriser ensemble la donnée, le calcul, le talent et l’exécution.

De Yasmine Hammamet peut ainsi émerger une ambition qui dépasse le seul cadre d’un sommet : faire de l’espace afro-arabe non pas seulement un marché de consommation des technologies conçues ailleurs, mais un espace de production, de déploiement et de création de valeur technologique.

Les nations et les régions ne seront pas seulement départagées par leurs modèles d’intelligence artificielle, leurs infrastructures de calcul ou leurs annonces. Elles le seront par leur capacité à transformer l’intelligence en puissance, et la puissance en résultats.

C’est précisément là que commence la véritable épreuve du feu de l’exécution IA.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

L’article IA | Afrique et monde arabe face au défi de l’exécution est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Books & Kukkii veut promouvoir les littératures asiatiques en Tunisie

Lancée fin 2025, Books & Kukkii se présente comme une librairie tunisienne en ligne spécialisée dans les littératures japonaise et coréenne, ainsi que, plus largement, dans la littérature asiatique. Elle propose principalement des ouvrages japonais et coréens en anglais, avec un catalogue comprenant littérature, mangas et livres pour enfants.

«Le projet est né de notre passion pour ces cultures, mais aussi de la volonté de créer une offre spécialisée tout en faisant découvrir au public tunisien des auteurs et des univers littéraires différents», explique Yassine, son fondateur. Il ajoute : «Il s’agit également d’une expérience entrepreneuriale avec les défis propres à une petite activité de commerce culturel en ligne : approvisionnement international, constitution d’un catalogue de niche et développement d’un nouveau public.»

En participant à la Foire internationale du livre de Tunis en 2026, Books & Kukkii a pu rencontrer directement les lecteurs tunisiens. La jeune entreprise ne cherche pas à brasser large : elle cherche un public précis et va à sa rencontre.

«Parce que nous nous adressons principalement à un public anglophone — beaucoup de Tunisiens lisent uniquement en anglais de nos jours —, notre site web est en anglais, et les articles de notre blog le sont également. Ces articles s’adressent avant tout à nos lecteurs tunisiens, bien sûr. Mais si des lecteurs internationaux viennent également les découvrir, cela ne peut que nous faire plaisir», explique encore Yassine, qui compte sur l’engouement du public féru de littératures asiatiques pour développer son entreprise. Souhaitons-lui bon vent !   

I. B.

L’article Books & Kukkii veut promouvoir les littératures asiatiques en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Le marché tunisien de l’acier dans l’expectative

La consommation tunisienne d’acier fini se maintiendra à 720 000 tonnes en 2026. Il n’y a pas de potentiel de croissance de la demande d’acier en Tunisie en raison de contraintes budgétaires sévères. Le pays ne connaît pas de programmes gouvernementaux de grande envergure pour la construction de logements et d’infrastructures, contrairement à ses voisins comme l’Algérie, l’Égypte et le Maroc. On observe également un manque d’investissements étrangers. En conséquence, la consommation d’acier est restée stable, oscillant entre 670 000 et 730 000 tonnes au cours des dernières années. (Photo: Visite du président Saïed à l’usine El Fouladh en décembre 2023).

Ihor Vorontsov

Les produits longs représentent 70 à 75 % des ventes d’acier fini. Il s’agit principalement de barres d’armature et de fil machine. Les produits plats représentent environ 20 % du marché. Il s’agit pour l’essentiel de bobines laminées à chaud (HRC) destinées à la fabrication de structures métalliques et de conduites en acier pour les infrastructures d’approvisionnement en eau.

La Tunisie affiche un important déficit commercial. Toutefois, les importations ne couvrent que 40 % de la demande en acier laminé. Une part significative de ces importations est constituée de produits semi-finis destinés aux laminoirs locaux.

La Turquie occupe solidement la première place en tant que fournisseur de billettes et de barres d’acier de construction, grâce à l’accord de libre-échange qui la lie à la Tunisie. Cet accord garantit aux producteurs et négociants turcs un accès au marché en franchise de droits de douane.

L’Italie, la France et l’Espagne fournissent des produits plats, des conduites pour le secteur pétrolier et gazier ainsi que des structures métalliques finies. Des producteurs chinois et indiens tentent de les concurrencer sur ce segment.

Les exportations d’acier depuis la Tunisie restent sporadiques. Lorsque les laminoirs locaux disposent d’un excédent de barres d’armature et que les prix en Italie et en Espagne deviennent plus attractifs que les prix intérieurs, de petites quantités y sont expédiées. De faibles volumes sont également acheminés vers les pays voisins, la Libye et l’Algérie, dans le cadre du commerce transfrontalier.

Demande de produits sidérurgiques finis

La construction résidentielle représente 55 % des ventes d’acier. Environ la moitié des travaux de ce secteur concerne l’autoconstruction privée, une pratique courante en banlieue et dans les zones rurales. Ces logements sont bâtis «à l’œil», sans plan formel, en utilisant les barres d’armature les moins coûteuses.

L’autre moitié du marché est le fait de promoteurs immobiliers. Ces derniers réalisent des centres commerciaux et des immeubles de bureaux, ainsi que des complexes résidentiels de hauteur moyenne dans de grandes villes telles que Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte. Ces projets sont soumis à un contrôle technique et les promoteurs y utilisent des barres d’armature certifiées. La construction de tours est limitée par les normes parasismiques.

La Tunisie dispose d’un programme public de logement géré par la SNIT, un organisme d’État. Toutefois, en raison de contraintes budgétaires, son impact sur le marché reste minime. Chaque année, entre 4 000 et 5 000 logements sont lancés dans le cadre de ce programme.

Le secteur des infrastructures en Tunisie est d’une envergure bien moindre que celui de l’Égypte, de l’Algérie ou du Maroc. Les principaux projets de ces dernières années ont porté sur la construction d’un nouveau pont à Bizerte et sur la modernisation des lignes ferroviaires n° 22 et n° 6. Le taux d’avancement actuel du pont principal de Bizerte est de 25 %.

L’ouvrage mesure 2,1 km de long et s’élève à 60 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Le projet représente un investissement de 250 millions d’euros, financé par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD). Les travaux sont réalisés par l’entreprise publique chinoise SRBG. Les voies d’accès sont achevées à 75 %. Elles se composent de deux tronçons autoroutiers rapides d’une longueur totale de 7,2 km. Ces travaux sont exécutés par des entreprises tunisiennes. La mise en service de l’ensemble du projet est prévue pour septembre 2027.

Le coût de la modernisation des lignes ferroviaires s’élève à 185 millions d’euros, financés par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). La ligne n° 22 est celle dont la réalisation est la plus avancée ; la construction d’une seconde voie est en cours sur le tronçon de 22 km reliant Moknine à Mahdia. Sur la ligne n° 6, les travaux se poursuivent : il s’agit de démonter la superstructure de la voie sur les tronçons vétustes et de préparer les remblais sur les nouveaux tronçons. Ces derniers doivent être mis en place pour ajuster la géométrie du tracé, dans le but d’améliorer la sécurité et d’augmenter la vitesse des trains.

Pour ces projets, les producteurs d’acier locaux ne fournissent que des structures en acier simples ; les normes techniques imposant l’utilisation de nuances d’acier de haute qualité, l’acier laminé est donc importé.

Le secteur de la fabrication de tubes est un consommateur majeur de produits plats en acier en Tunisie. La capacité de production totale s’élève à 75 000 – 90 000 tonnes par an. Ce secteur dépend entièrement des importations de bobines d’acier. Le taux d’utilisation des capacités dépend de l’accessibilité financière des bobines laminées à chaud en provenance d’Italie, de Chine et d’Inde, ainsi que du niveau actuel de l’activité dans le secteur de la construction.

L’influence des acteurs locaux

Le seul producteur intégré est l’entreprise publique El Fouladh, située à Menzel Bourguiba. Elle utilise la technologie du four à arc électrique (FAE) alimenté par de la ferraille. Sa capacité annuelle de production d’acier et de produits laminés est identique : 200 000 tonnes. Elle est spécialisée dans les barres d’armature et le fil machine.

Le secteur compte également des laminoirs :

Intermetal, située à Radès, dispose d’une capacité annuelle de 300 000 tonnes. Elle produit des barres d’armature et du fil machine à l’aide d’équipements Danieli ;

SM Tunis Acier est implantée dans la zone industrielle de Bizerte. Avec une capacité annuelle de 200 000 tonnes, elle produit de l’acier laminé à froid (CRC) et galvanisé à chaud (HDG). Il s’agit d’une coentreprise entre les sociétés italiennes Marcegaglia et Sideralba ;

SMC, située à Monastir, possède une capacité annuelle de 150 000 tonnes et produit des barres d’armature ainsi que du fil machine.

La production nationale d’acier ne couvre que 15 à 20 % des besoins des laminoirs. Ces derniers fonctionnent principalement à partir de demi-produits importés. La sous-utilisation des capacités de laminage reflète la stagnation du secteur de la construction.

La stratégie d’investissement des producteurs tunisiens pour la période 2021-2025 était ciblée :

– SM Tunis Acier a investi pour améliorer l’efficacité de ses lignes de production de CRC et de HDG. L’investissement estimé pour la période 2022-2025 se situe entre 20 et 50 millions d’euros ;

– Intermetal a procédé à une modernisation progressive de ses laminoirs. Les investissements consacrés à ces projets pour la période 2021-2025 se sont élevés à une somme comprise entre 10 et 25 millions d’euros ;

– El Fouladh a maintenu sa capacité actuelle grâce à la remise en état de ses fours à arc électrique.

Le rôle important de l’État

Les autorités sont contraintes de soutenir les activités d’El Fouladh compte tenu de son importance sociale. L’usine elle-même est structurellement déficitaire en raison de l’usure de ses équipements. Ponctuellement, le gouvernement alloue des fonds pour apurer ses dettes, acheter un volume minimal de ferraille et payer les salaires.

Les laminoirs privés bénéficient de régimes douaniers relativement souples pour l’importation de billettes, étant donné la pénurie critique de ce matériau sur le marché intérieur.

Les débouchés des acteurs locaux sont garantis par la protection du marché intérieur contre les importations et par un traitement préférentiel dans les marchés publics. Le mécanisme fonctionne comme suit :

Barrière tarifaire : le taux de droit de douane de base applicable aux importations de produits sidérurgiques laminés finis en provenance de pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange (ALE) avec la Tunisie est compris entre 15 et 20 % ;

La majeure partie des importations d’acier en Tunisie provient de Turquie et de l’Union européenne (UE) ; ces échanges bénéficient d’un taux de droit de douane nul en vertu des ALE. Toute augmentation indésirable des approvisionnements en provenance de ces sources est bloquée par des mesures non tarifaires.

Licences d’importation d’acier : ce dispositif est périodiquement mis en place par le ministère du Commerce et du Développement des exportations, en accord avec le ministère de l’Industrie, en cas de baisse de la demande intérieure. Actuellement, ce régime s’applique aux importations de produits sidérurgiques laminés finis.

Le décret gouvernemental n° 2014-1039 du 13 mars 2014 fixe les dispositions relatives à la préférence nationale dans les marchés publics. En vertu du présent document et du décret antérieur n° 99-825, les pouvoirs adjudicateurs peuvent, lors de l’évaluation des offres, appliquer une majoration de prix aux offres émanant de participants étrangers ou accorder une réduction pouvant aller jusqu’à 10 % pour les produits d’origine locale.

Pour les grands projets d’infrastructure, le dossier d’appel d’offres doit inclure des exigences relatives au recours à des sous-traitants locaux et à l’utilisation de matériaux produits dans le pays, lorsqu’ils sont disponibles.

L’impact réel de ces préférences sur le secteur sidérurgique est minime. Les principaux clients pour les projets d’infrastructure – la compagnie publique d’électricité Steg et la société nationale des eaux Sonede – souffrent de manière chronique d’un manque de ressources budgétaires et d’un endettement élevé. Les producteurs d’acier locaux hésitent à participer aux appels d’offres publics en raison des délais de paiement ; ils privilégient le secteur privé et la vente au détail, où les flux de trésorerie sont plus rapides.

Prévisions de consommation d’acier

En théorie, la Tunisie pourrait au moins doubler sa demande en produits sidérurgiques finis grâce aux investissements étrangers. À titre d’exemple, la construction du port en eau profonde d’Enfidha – conçu pour devenir le plus grand hub de Méditerranée, avec un quai de 5 km de long et une profondeur de 17 à 20 mètres au poste d’accostage – permettrait d’accueillir des porte-conteneurs géants.

Le projet a été officiellement dévoilé en 2008, mais n’a jamais vu le jour. Des tentatives de relance ont eu lieu entre 2015 et 2019. À l’époque, les investisseurs avaient été dissuadés par l’instabilité politique en Tunisie. En 2023, ils ont décliné les offres de participation à l’appel d’offres, invoquant des «conditions financières inacceptables» et un «manque de transparence législative» en Tunisie.

Pour la même raison, la mise en œuvre du plan gouvernemental visant à construire de nouveaux parcs éoliens d’une capacité totale de 1,7 GW d’ici 2030 suscite des doutes. En Tunisie, un gouffre bureaucratique, des problèmes de financement au sein de la Steg et des procédures interminables d’approbation des tarifs séparent la «signature d’un protocole d’accord devant les caméras» du «coulage du premier mètre cube de béton pour une éolienne». Par conséquent, le secteur éolien y vit dans un état de promesses perpétuelles. Les nouveaux projets restent bloqués au stade de la «recherche d’investisseurs et de l’évaluation des risques».

Les moteurs d’une demande soutenue demeurent la construction de logements privés non autorisés, le pont de Bizerte, les lignes ferroviaires n° 6 et n° 22, ainsi que le projet de renouvellement des infrastructures d’approvisionnement en eau.

Selon les estimations de la BAD, la croissance du secteur de la construction en Tunisie ralentira pour s’établir à 0,6 % en termes réels en 2026, contre 3,7 % en 2025. Cela implique que les volumes de ventes d’acier se maintiendront au niveau de l’année dernière, soit 720 000 tonnes.

Traduit de l’anglais.

Source : GMK.

L’article Le marché tunisien de l’acier dans l’expectative est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Les Prix Ibn Khaldoun 2026 décernés à Tunis

Les lauréats du «Prix Ibn Khaldoun pour la promotion des sciences humaines et sociales et de la coopération méditerranéenne et internationale dans ces domaines» seront honorés lors d’une cérémonie qui se tiendra le samedi 19 septembre 2026, à 15 heures, au Centre des arts, de la culture et des lettres – Palais Ksar-Saïd, au Bardo.

Les lauréats 2026 de ce prix décerné par le Programme Med 21, fondé et présidé par l’écrivain et poète Mohmed Aziza, sont pour la rive sud, le philosophe Bensalem Himmich, ancien ministre de la culture du Maroc ; pour la rive nord, Abraham Udovitch, professeur émérite à l’Université de Princeton (Etats-Unis) ; pour le monde arabe, Fatma Sayegh professeur à l’Université Al Aïn Abu Dhabi aux des Emirats arabes unis ; pour le pays d’accueil, le romancier tunisien Hassanin Ben Ammou ; et à titre posthume, l’historien tunisien Hassan Hosni Abdelwahab.

Le comité di recteur du prix est composé d’Abdelhamid Larguèche (président), Latifa Lakhdar et Faouzi Mahdoudh.

L’article Les Prix Ibn Khaldoun 2026 décernés à Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Ce que la double réservation dit de l’économie tunisienne

Tout le monde a déjà vécu la scène. Une voiture réservée qui n’est pas disponible à l’heure dite. Une caution qu’on peine à récupérer, faute d’accord sur l’état du véhicule au départ. Une facture qui diffère du prix annoncé, sans explication vérifiable. On y voit un problème de sérieux individuel, une affaire de commerçant peu scrupuleux. C’est en réalité le symptôme visible d’un phénomène économique bien plus large : une part importante du tissu de petites entreprises tunisiennes fonctionne sans mémoire exploitable de sa propre activité.

Samuel Abid *

Dans une entreprise de location ou de services, l’information nécessaire existe pourtant. Qui a réservé, quand, à quel prix. Dans quel état le bien a été remis, puis rendu. Quelle somme a été déposée. Mais elle vit sur un registre manuscrit, dans un classeur de contrats imprimés, ou simplement dans la mémoire du gérant.

Tant que rien ne cloche, cela tient. Le système cède exactement au moment où le client a besoin d’une réponse précise, et c’est lui qui en supporte les conséquences : du temps perdu, une contestation à mener seul, et l’impossibilité d’établir quoi que ce soit. Face à un désaccord sans document commun, l’usager renonce le plus souvent. Non parce qu’il a tort, mais parce que la démarche lui coûte plus que l’enjeu.

Le coût pour l’entreprise ne se voit pas davantage

Du côté du dirigeant, ce désordre n’apparaît jamais comme une dépense. Il se dissout en heures passées chaque semaine à reconstituer une information qui aurait dû être immédiatement disponible, en litiges qu’une photo horodatée aurait clos, en suppléments jamais facturés faute d’avoir été constatés à temps.

Rien de cela n’entre dans une comptabilité. Vue de l’extérieur, l’entreprise paraît seulement un peu désorganisée, un état que beaucoup de dirigeants considèrent comme normal plutôt que comme une charge. C’est précisément pour cette raison que le problème n’est jamais traité : il ronge la marge sans jamais se présenter comme une ligne à arbitrer.

C’est le point que l’on manque en s’arrêtant à l’anecdote du client mécontent. Une entreprise incapable de documenter son activité est aussi incapable de la démontrer.

Elle ne connaît pas le coût réel de chacun de ses véhicules, ni ses taux d’immobilisation, ni ses recettes effectives par actif. Elle arbitre donc entre acheter, louer ou renouveler à l’intuition. Et surtout, elle ne peut présenter aucun de ces éléments à un banquier ou à un investisseur.

Le retard numérique cesse alors d’être une question de confort de gestion pour devenir un plafond de verre. Ces entreprises ne sont pas nécessairement moins performantes que d’autres : elles sont hors d’état de le prouver. Dans une économie où l’accès au financement conditionne la croissance des petites structures, c’est un handicap de compétitivité que peu de dirigeants identifient comme tel, et que les dispositifs d’appui, largement centrés sur l’administration en ligne et le paiement, ne traitent pas.

Un chantier étroit, pas une révolution

Ce qui fonctionne n’est pas la transformation numérique au sens large. Les projets ambitieux, lancés puis abandonnés faute de temps, sont d’ailleurs une bonne part de la raison pour laquelle le statu quo s’installe.

Ce qui fonctionne, c’est d’identifier le processus qui produit le plus de litiges ou consomme le plus de temps, presque toujours le calendrier de réservation et l’état des lieux du bien, et de le régler entièrement avant de toucher au reste. Le test est immédiat : si le changement ne fait pas gagner du temps ou n’évite pas une dispute dès la première semaine, ce n’était pas le bon point de départ.

La double réservation n’est donc pas un incident isolé. C’est ce que l’usager perçoit d’un déficit d’information qui coûte à l’entreprise sa capacité d’investir, et à l’économie une part de la croissance de ses petites structures.

* Fondateur de Lexio, plateforme de gestion de flotte et de location de véhicules pour PME.

L’article Ce que la double réservation dit de l’économie tunisienne est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Etude | Le sommeil profond ralentit la progression de l’Alzheimer

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Neurology, a mis en évidence un lien entre certains types d’activité électrique survenant durant le sommeil profond, un neuropeptide appelé orexine et la progression de la maladie d’Alzheimer.

Selon le site Science Alert, les chercheurs ont recruté 60 patients âgés de 60 ans et plus, récemment diagnostiqués avec une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer, et qui ne prenaient aucun médicament connu pour affecter l’activité des ondes cérébrales.

Les participants ont été surveillés tout au long de la nuit à l’aide d’appareils spécialisés dans l’étude du sommeil. Le lendemain matin, les chercheurs ont prélevé un échantillon de liquide céphalorachidien chez chaque participant ; ce liquide incolore entoure le cerveau et la moelle épinière et assure le transport de molécules vers et depuis le système nerveux. Une fois l’étude terminée, les chercheurs ont suivi les participants pendant trois ans afin d’observer l’évolution de leurs symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Les taux d’orexine

Dans les échantillons de liquide céphalorachidien, les chercheurs se sont concentrés sur la mesure des taux d’un messager chimique appelé orexine, qui joue un rôle essentiel dans la régulation du sommeil et de l’éveil.

Ainsi, par exemple, une carence en orexine dans le cerveau chez les personnes atteintes de narcolepsie de type 1 contribue à une somnolence excessive et à des épisodes soudains de faiblesse musculaire, connus sous le nom de perte de tonus musculaire.

Les scientifiques se demandent si l’orexine joue un rôle direct dans la maladie d’Alzheimer, d’autant plus qu’il existe déjà des médicaments ciblant ce neurotransmetteur.

De précédentes études de moindre envergure ont suggéré l’existence possible d’une anomalie des taux d’orexine chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Par ailleurs, des chercheurs ont émis l’hypothèse que les médicaments agissant sur l’orexine pourraient aider indirectement le cerveau à éliminer les protéines bêta-amyloïde et Tau — dont l’accumulation cérébrale est associée à la maladie d’Alzheimer —, en particulier chez les personnes souffrant de troubles du sommeil ; cette hypothèse s’appuie sur des expériences menées sur des animaux et des études observationnelles chez l’homme.

Apathie et dépression

Si cette hypothèse venait à être confirmée, ces médicaments pourraient contribuer à ralentir la progression de la maladie. Toutefois, la nature exacte du lien entre l’orexine et la maladie d’Alzheimer n’est pas encore totalement élucidée.

Les chercheurs ont indiqué qu’une élévation des taux d’orexine pourrait être associée à l’apparition de symptômes neuropsychiatriques chez les patients atteints de démence, notamment l’apathie, la dépression et l’anxiété.

Toutefois, peu d’études ont examiné le lien entre l’activité de l’orexine et le déclin cognitif ou la sévérité des symptômes neuropsychiatriques chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Afin d’obtenir des résultats plus précis, les chercheurs ont analysé les taux d’orexine dans des échantillons biologiques et les ont comparés aux données d’une étude du sommeil, laquelle a permis d’observer les fuseaux du sommeil et les oscillations lentes chez les participants durant la phase de sommeil sans mouvements oculaires rapides (NREM).

Dans un cerveau sain, ces deux signaux électriques reflètent une activité importante qui contribue à la consolidation des souvenirs et au maintien de la stabilité des réseaux neuronaux corticaux.

Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer souffrent souvent de troubles du sommeil ; leurs fuseaux du sommeil et leurs oscillations lentes ont tendance à refléter ce dysfonctionnement.

Les résultats ont montré qu’une élévation des taux d’orexine dans le liquide céphalorachidien était associée à une aggravation de la maladie au cours des trois années suivantes.

En revanche, le lien entre l’augmentation de l’orexine et la progression de la maladie était plus faible chez les participants présentant une activité relativement plus intense au niveau des fuseaux du sommeil et des oscillations lentes, ce qui suggère un effet protecteur potentiel de ces types d’activité cérébrale durant le sommeil profond.

Un simple point de départ

Il est également apparu que les signaux caractéristiques du sommeil sans mouvements oculaires rapides (sommeil NREM) étaient plus marqués chez les personnes présentant des taux d’orexine plus faibles dans le liquide céphalorachidien : les fuseaux du sommeil y étaient plus denses et les oscillations lentes avaient une durée plus longue.

Les chercheurs ont également observé que la concentration d’orexine était nettement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Bien que ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre le lien entre le sommeil et la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont souligné qu’ils ne constituent qu’un point de départ pour de futures études susceptibles d’aider à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à freiner la progression de la maladie.

L’article Etude | Le sommeil profond ralentit la progression de l’Alzheimer est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌