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D’une pénurie, l’autre | L’esprit en bouteille, ou la peur soluble dans l’eau

Cette dernière semaine a fourni l’occasion au descendant superficiellement arabisé du punico-berbère délesté de son latin et résidant dans ce merveilleux pays qu’est la Tunisie l’occasion d’étaler toute l’ampleur de son immense impatience face à la soif dont il s’est cru la cible avec la crise de la distribution de l’eau minérale.

Dr Mounir Hanablia *

On a vu des gens à l’aube transborder (avec inquiétude) d’un véhicule à l’autre de précieux chargements, comme des trafiquants de drogues. Queues devant les grossistes, nervosité exacerbée frisant l’agressivité, camions pris d’assaut (selon le Facebook) , voitures stationnées gênant la circulation normale, policiers surveillant la distribution de la désormais précieuse denrée enrobée de plastique, exposée à la canicule à un moment ou à un autre de son périple, au lieu de remplir d’autres missions plus conformes à leurs qualifications, émeutes supposées être de la soif relayées par le facebook, et dont comme d’habitude il est difficile de déterminer le quand, le comment et le où.

Ce n’est pas la première fois que la société de Mark Zuckerberg fournit si on peut dire de l’eau au moulin de ses détracteurs. On avait déjà évoqué son rôle dans le déclenchement de la Révolution du Jasmin. Récemment elle a été condamnée à payer 17 milliards de dollars en dommages et intérêts pour avoir induit des addictions chez les adolescents en Amérique, autant dire une broutille par rapport à ce que la société était prête à débourser (1,4 trillions $) ou ce que les parties lésées réclamaient (600 milliards $). Quant à son implication par des appels au meurtre dans l’assassinat d’un éthiopien altermondialiste, il est douteux que la célèbre société Meta consente un jour à se soumettre à la subpoena des juges d’Addis Abeba.

Un consumériste dangereux et déraisonnable

Mais à la décharge du milliardaire américain, c’est depuis les émeutes du pain de 1984, bien avant les réseaux sociaux, que le Tunisien est apparu comme un consumériste dangereux et déraisonnable. Dangereux parce qu’il n’hésite pas à risquer sa propre vie ou celles des autres dès lors qu’il estime la satisfaction d’un besoin primaire menacée. Déraisonnable parce que s’il risque sa vie pour l’eau (minérale) et le pain alors qu’il n’a jamais connu la famine ou la soif qui tuent massivement, il n’est jamais descendu dans la rue pour s’opposer aux hausses bien plus importantes grevant son pouvoir d’achat, ou bien pour manifester contre tout l’arsenal législatif et judiciaire l’empêchant dans ce cas précis d’exprimer son mécontentement afin d’en obtenir la révision.

Le citoyen a fait place nette face au consommateur, mais un consommateur finalement conciliant parce que primaire, dont les revendications sont facilement satisfaites.

Ainsi le retour des packs d’eau minérale sur les étals fait-il oublier au citadin celui bien plus préoccupant de la sécheresse qui n’est vécu qu’à l’échelon local, celui des régions et des campagnes.

Cela dit, on a eu depuis la canicule des pannes (graves) du réseau électrique, induisant des dégâts matériels importants chez les particuliers, en plus de la souffrance physique indéniable infligée aux personnes les plus vulnérables.

On a également des coupures d’eau qui dans certaines régions tournent au rationnement pur et simple, l’eau disponible ne pouvant plus couvrir les besoins des habitants. Cela devrait constituer l’une des principales préoccupations de l’État.

Depuis les années 90, de nombreuses études situent le Maghreb sinistré dans la zone appelée à connaître une pénurie durable de l’eau potable. Pourtant aucun gouvernement, à commencer par celui de Ben Ali auquel on continue de se référer comme un âge d’or, n’a jamais pris les mesures nécessaires pour faire face à ce problème. Il n’y a pas eu d’investissement dans le dessalement de l’eau de mer, pas de créations notables de centrales photovoltaïques dans un pays qui ne manque ni de côtes ni de soleil. Le résultat en est que nous avons atteint une nouvelle côte, celle de l’alerte.

Pourtant, dire que ce que nous avons vécu n’est pas étrange serait une contre-vérité. En Tunisie, les quartiers populaires s’estiment victimes de la soif dès lors que les magasins d’eau minérale n’y sont pas approvisionnés, et il ne viendrait à l’idée de personne de simplement consommer l’eau du robinet, au moins momentanément, après l’avoir fait bouillir pour y adjoindre une goutte de javel.

A l’inverse, dans certains quartiers huppés, il n’est pas rare en pleine canicule de voir l’eau du lavage des voitures ou de l’arrosage ruisseler le long des pentes. Prétendre que ces consommateurs-là paient leur eau plus chère, ne résout pas le problème, qui est d’assurer une répartition raisonnable de cette précieuse denrée entre tous les habitants, et non pas de taxer le vice.

Une population facilement manipulable

Mais l’impression diffuse, c’est qu’il y a effectivement un complot, ou plus précisément une répétition générale. Comment expliquer autrement cette grève inopinée des distributeurs d’hydrocarbures immédiatement répercutée par une radio privée et qui a provoqué la panique et la pénurie dans les stations service ? Mais de quel complot s’agirait-il, alimenté par les propos d’un opposant de salon s’obstinant depuis l’étranger à se présenter sur fond de drapeau national, comme le sauveur de la patrie et surfant sur la vague de la pénurie, ou d’un ancien ambassadeur, pour qui l’ennemi, c’est le pays voisin qu’il conviendrait de tenir par la jugulaire ? Ce serait plutôt celui tendant à habituer une population facilement manipulable aux véritables privations de toutes sortes qui l’attendent, et dont la pénurie factice d’eau minérale, désormais disponible dans les grandes surfaces, ne serait que la répétition générale de celle qui se dessine déjà et qui frapperait les denrées alimentaires et les produits de première nécessité.

On habituerait ainsi la population à une économie de guerre désormais inévitable avec la fermeture du détroit d’Ormuz. On l’habituerait ainsi à la soif, à petites gorgées. Or, depuis des décennies, le peuple tunisien n’a survécu qu’à la peur, celle du dictateur, puis du gendarme, du terroriste, et enfin de l’Africain et du grand remplacement. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Un peuple peut vaincre ses phobies et accepter les privations de toutes sortes pour peu qu’il sache où on veut le mener.

Ainsi les Iraniens ont-ils accepté 50 ans d’embargo parce qu’au bout se profilait le contrôle sur le détroit, et par voie de conséquence, sur l’économie mondiale.

De même la population tunisienne, qui s’est comportée comme cette poussière d’individus selon l’expression de Bourguiba, pour peu qu’on daigne le lui expliquer, accepterait probablement des décennies de faim et de soif si au bout du compte apparaissait un projet de production permanente d’eau douce et d’énergie à bas prix à partir de la mer et du soleil, qui garantirait la survie du pays. Au lieu de voir des gouvernements se succéder depuis des décennies et procéder au coup par coup par tâtonnements avec un pire toujours à venir.    

* Médecin de libre pratique.

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Tunisie | Déplacer la capitale pour sortir de la crise économique ?

Il est possible de transformer la réalité de l’économie tunisienne si le pays s’engage dans la réalisation de grands projets et sollicite les institutions financières internationales pour obtenir des financements à des conditions avantageuses, a déclaré Noureddine Horchani, professeur de sciences politiques, qui ne semble pas prendre en considération la notation souveraine actuelle de notre pays qui ne la rend pas éligible à ce genre de financement. (Photo: Palais du Gouvernement à la Kasbah, Tunis).

M. Horchani, cité par Mosaïque FM, estime que les institutions financières internationales ne refuseraient pas de financer la Tunisie si elle présentait des projets rentables, tout en insistant sur la nécessité de définir avec précision le montant des financements requis.

Les grands projets sont à même de stimuler l’économie et le développement, ainsi que de générer une croissance à deux chiffres, a-t-il souligné, ajoutant que la réalité économique actuelle repose sur des solutions de fortune à des problèmes structurels, et cela ne sauraient transformer l’économie et la sortir de la crise.

M. Horchani, qui ne manque pas d’imagination, a également estimé que «le projet de déplacer la capitale et d’en construire une nouvelle, en dehors des centres urbains du Grand Tunis, figure parmi les projets ambitieux capables de relancer l’économie et de générer une croissance à deux chiffres».

Certains trouveraient délirante une telle proposition dont l’efficience ne saurait être vérifiée qu’après sa mise en œuvre.  Mais mettre en route un tel projet, au coût astronomique, au moment où l’Etat traîne de lourds déficits financiers et que la majorité des entreprises publiques sont carrément en pré-faillite, serait, à notre humble avis, un suicide économique et financier.  

Quand on fait des propositions dont l’impact financier est très lourd, il faut être réaliste et raisonnable, et ne pas tirer des plans sur la comète. N’est-ce pas M. Horchani ?

I. B.

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La rédaction de Kapitalis en deuil | Décès de Amina Mkada  

La rédaction de Kapitalis est endeuillée depuis qu’elle a appris ce matin, dimanche 30 août 2026, le décès de l’un de ses anciens membres : Amina Mkada, qui a rendu l’âme après un long et courageux combat contre la maladie.

Ancienne joueuse de l’ES Radès, de Zitouna Sport et de l’équipe nationale de basket, qui a longtemps travaillé à l’Agence de promotion de l’investissement (API) qu’elle a aussi représentée à Madrid en Espagne, Amina Mkada a travaillé pendant quelque temps à Kapitalis comme journaliste économique, avant que la maladie ne réduise ses moyens physiques.

En cette douloureuse circonstance, nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à tous ceux et celles qui l’ont côtoyée et aimée pour sa grandeur d’âme, sa générosité et sa simplicité.

Qu’elle repose en paix. Nos plus douces pensées l’accompagnent dans sa dernière demeure.

Ridha Kefi

Quelques uns de ses articles :

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Médecine | Les complications du diabète de type 2 diffèrent selon le sexe  

Une récente étude britannique a révélé que les femmes atteintes de diabète de type 2 sont plus exposées aux problèmes de santé mentale après le diagnostic, tandis que les hommes présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires et de complications rénales. Les chercheurs de Queen Mary University de Londres ont souligné que ces résultats mettent en évidence la nécessité de stratégies préventives et thérapeutiques tenant compte des différences entre les sexes. Ces conclusions ont été publiées dans la revue Plos Medicine.

Le diabète de type 2 est un trouble métabolique caractérisé par une glycémie élevée, résultant d’une résistance de l’organisme à l’insuline ou d’une production insuffisante de cette hormone. À l’échelle mondiale, cette maladie touche environ 536,6 millions de personnes âgées de 20 à 79 ans, soit près de 10,5 % de la population de cette tranche d’âge ; selon l’étude, ce chiffre devrait atteindre 700 millions d’ici 2045.

La maladie est associée à diverses complications, notamment les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale terminale et des troubles de la santé mentale tels que la dépression et l’anxiété.

Bien que les médecins soient conscients des différences entre hommes et femmes quant à la survenue de ces affections, les études antérieures n’ont pas suffisamment élucidé la manière dont les parcours de santé diffèrent après le diagnostic du diabète en fonction du sexe et de l’âge.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de quelque 29 000 hommes et femmes au Royaume-Uni, chez qui un diabète de type 2 a été diagnostiqué entre 2010 et 2020. Les hommes représentaient 62 % des participants, avec un âge moyen au moment du diagnostic d’environ 54 ans, tandis que les femmes étaient, en moyenne, plus âgées.

Les résultats ont révélé que l’évolution des complications après le diagnostic de diabète diffère selon le sexe et l’âge. Au cours des années suivant le diagnostic, 39 % des participants ont connu au moins un événement de santé majeur, mais le moment et la nature de ces événements variaient nettement entre les sexes. Les femmes étaient plus exposées aux problèmes de santé mentale, ces troubles touchant 8,1 % d’entre elles, contre 5,3 % des hommes. Elles présentaient également des taux plus élevés pour certaines trajectoires de santé ayant abouti au décès.

Les chercheurs ont observé que les femmes recouraient davantage aux services de santé et obtenaient un plus grand nombre d’ordonnances pour des traitements au long cours, ce qui pourrait expliquer en partie les taux de diagnostic plus élevés pour certaines affections. Par ailleurs, les femmes plus jeunes présentaient des complications liées à la santé mentale plus précocement et à des taux supérieurs aux prévisions, ce qui plaide en faveur de l’intégration d’un dépistage psychologique régulier dans le suivi habituel des patients diabétiques.

En revanche, les hommes étaient plus exposés aux maladies cardiovasculaires, qui touchaient 8,4 % d’entre eux contre 5,3 % des femmes. Ils affichaient également des taux plus élevés d’insuffisance rénale terminale et d’hypertension artérielle, cette dernière affectant 21,1 % des hommes contre 20,2 % des femmes.

Selon les chercheurs, ces résultats soulignent la nécessité d’intensifier la surveillance de la santé cardiaque et rénale chez les hommes atteints de diabète, en particulier durant les premières années suivant le diagnostic, tout en renforçant l’observance du traitement et le suivi médical.

Malgré ces différences, l’hypertension artérielle s’est révélée être la complication la plus fréquente après le diagnostic de diabète de type 2, tous âges et sexes confondus.

Il est également apparu que les hommes et les femmes présentant à la fois un diabète et un trouble de la santé mentale étaient davantage exposés à un risque de décès prématuré par rapport aux personnes ayant suivi d’autres parcours de santé.

Les chercheurs ont conclu que la prise en charge du diabète de type 2 gagnerait à adopter une approche plus personnalisée, tenant compte du sexe, de l’âge et de l’état de santé du patient, plutôt que de recourir à une stratégie uniforme pour la prévention et la gestion des complications.

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Cinéma Jet met le cap sur Zaghouan et Jendouba

La seconde édition de l’événement culturel Cinéma Jet 2026 se tiendra du 3 au 13 septembre à Zaghouan et du 30 septembre au 11 octobre à Jendouba en septembre 2026 : une nouvelle occasion pour amener le cinéma à la rencontre des territoires, des générations et des imaginaires.  

Après une première édition qui a fait voyager le cinéma au-delà des salles traditionnelles, la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, et les Etats membres de l’UE, réitèrent, pour cette deuxième édition, son partenariat avec Cinématdour, une initiative qui porte dans son ADN la décentralisation culturelle et la conviction que le cinéma doit aller à la rencontre de tous les publics, partout en Tunisie.

Plus qu’un festival itinérant, Cinéma Jet entend ainsi poursuivre une même ambition : faire du cinéma un trait d’union entre les régions, les générations et les publics, et inscrire la culture au plus près de la vie des territoires.

Placée sous le signe de l’inclusion le festival poursuivra sa route cette année à Zaghouan, dans le centre de la Tunisie, avant de mettre le cap sur Jendouba, dans le nord-ouest.

À Zaghouan, Cinéma Jet investira différents lieux du gouvernorat et proposera bien plus qu’une programmation cinématographique : projections, ateliers artistiques, rencontres, masterclasses, créations collectives et expériences immersives composeront un parcours conçu pour aller à la rencontre des publics et faire de chacun un spectateur, mais aussi un acteur de la création.

Le cinéma comme point de départ

Le cinéma reste au cœur de Cinéma Jet, mais devient le point de départ d’un parcours artistique plus large. Films tunisiens et européens, courts et longs métrages, rencontres avec des professionnels et propositions artistiques permettront au public de découvrir des regards et des imaginaires venus d’ici et d’ailleurs.

La programmation européenne réunira notamment l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Belgique et la Suisse, faisant du festival un espace de dialogue entre les cultures et les sociétés européennes et tunisiennes.

Cette ouverture se prolongera à travers une série d’ateliers : théâtre avec Chedli Arfaoui, autour de l’expression et de la sensibilisation aux conduites à risque chez les jeunes ; danse avec Oumayma Bahri, pour transformer le patrimoine de Zaghouan en mouvement ; illustration avec Sonia Ben Salem, où les enfants réinventeront les affiches et les univers des films et photographie avec Rabii Ben Brahim – The Dreamer, pour découvrir Zaghouan à travers le regard de ses habitants.

Les jeunes pourront également apprendre à faire leur propre film avec un smartphone, de l’écriture au montage, avant de présenter leurs créations au public.

De nouvelles façons de vivre le cinéma

Cinéma Jet ouvrira également une fenêtre sur les nouvelles formes de narration avec un VR Corner, organisé en partenariat avec l’Institut français de Tunisie.

Autre expérience originale : CinéDJ, proposé par le Goethe-Institut Tunis, où deux courts-métrages seront accompagnés en direct de performances musicales originales. Une rencontre immersive entre cinéma et musique électronique, où l’image et le son se répondent pour transformer la projection en une expérience sensorielle.

Parmi les temps forts de cette édition figure l’avant-première tunisienne de ‘‘Les Baronnes’’ de Nabil Ben Yadir, co-écrit avec sa mère Mokhtaria Badaoui. Le film raconte l’histoire de quatre femmes de Molenbeek qui décident de reprendre leur destin en main. Une histoire d’émancipation, de solidarité et de transmission qui résonne pleinement avec le thème de l’inclusion porté par cette édition.

La projection sera précédée d’une masterclass avec Nabil Ben Yadir, organisée avec la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA).

Autre rendez-vous majeur : The Wave, organisé par EU MedBridge, en collaboration avec la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, le 10 septembre à Zaghouan. Artistes, acteurs culturels, centres culturels européens et projets soutenus par l’UE, notamment Maghroumin et Creative Europe, se retrouveront autour d’une programmation mêlant création artistique, rencontres et échanges sur le rôle de la culture dans le dialogue et la cohésion sociale.

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Pénurie d’électricité en Tunisie | Une centrale flottante n’est pas la solution

Pendant que la Steg publie, chaque jour, ses calendriers de délestage tournant, une idée – en espérant que ce ne soit déjà une décision – se prépare loin du débat public : la location d’une centrale électrique flottante, un navire-usine amarré au large et raccordé au réseau national. Présentée comme une bouée de sauvetage pour passer l’été, cette option est en réalité l’une des plus coûteuses du marché mondial de l’électricité. Et, dans le cas tunisien, elle cumule trois défauts qui devraient suffire à l’écarter : elle n’est pas justifiée techniquement ; elle arrivera trop tard ; et elle est négociée dans des conditions qui n’offrent aucune garantie de transparence. (Photo : Centrale électrique flottante de l’entreprise turque Karadeniz Powership Gökhan Bey).

Latif Belhedi

Le déficit tunisien n’est pas d’abord un déficit de mégawatts installés. Il est le produit de trois facteurs cumulés : le vieillissement du parc thermique et la dégradation de sa disponibilité, la fragilité du réseau de transport aux heures de pointe estivale, et surtout le blocage quasi total, depuis 2019, des projets de production nouvelle. Les appels d’offres renouvelables ont été retardés, renégociés, parfois abandonnés. Les projets de cycles combinés attendent leurs financements et leurs autorisations. Le résultat était prévisible : chaque été, la pointe se rapproche un peu plus de la limite du système.

Louer un bateau ne corrige aucun de ces trois facteurs. Un navire-usine n’améliore pas la disponibilité du parc existant. Il ne renforce pas une seule ligne de transport. Il ne remplace pas un mégawatt de production nouvelle : il le loue, à un tarif de location, pour une durée déterminée, après quoi il repart. Autrement dit, on transforme une dépense d’investissement, qui aurait laissé un actif au pays, en dépense d’exploitation qui ne laisse rien. La réponse ne traite donc pas le problème ; elle le reporte momentanément.

Un mauvais timing et une location au prix exorbitant

L’argument avancé pour justifier le gré à gré est celui de l’urgence : il faudrait sécuriser la pointe. Encore faudrait-il que le calendrier tienne.

Entre la signature d’un contrat, la mobilisation du navire, son transit, l’aménagement du poste d’amarrage, le raccordement au réseau haute tension, l’approvisionnement en combustible et les essais de mise en service, les délais réels se comptent en mois, et non en semaines. L’expérience gabonaise récente l’illustre : les seuls travaux de raccordement de l’unité de 150 MW ont connu des reports successifs pour des contraintes techniques. Appliqué au cas tunisien, cela signifie une mise en service utile après le passage de la pointe estivale, c’est-à-dire au moment précis où le besoin invoqué pour justifier la dépense aura disparu.

On paierait donc au prix fort une capacité qui arriverait à contretemps, et qu’il faudrait ensuite continuer à rémunérer pendant toute la durée du contrat, y compris en hiver, y compris quand elle ne sert à rien.

Le modèle économique de la centrale flottante repose sur une redevance de capacité, due que le navire produise ou non, à laquelle s’ajoute le combustible, facturé séparément. Les estimations qui circulent pour la Tunisie situent la seule redevance de location autour d’un milliard de dinars par an, hors combustible.

Rapportée au mégawatt installé, cette dépense annuelle est du même ordre de grandeur que le coût d’investissement d’une capacité neuve, avec une différence essentielle : au terme du contrat, l’État n’est propriétaire de rien. Le même montant orienté vers un cycle combiné, vers un programme solaire assorti de stockage, ou simplement vers la remise à niveau du réseau de transport, produirait un actif durable, une baisse structurelle du coût moyen de production, et une moindre exposition à la facture d’hydrocarbures importés.

Il faut aussi rappeler qui paie. Une charge de cette nature ne disparaît pas dans les comptes de la Steg : elle se traduit tôt ou tard par une subvention budgétaire supplémentaire, une dette fournisseur, ou une hausse tarifaire. Dans le contexte actuel des finances publiques, aucun de ces trois canaux n’est indolore.

Une procédure qui interroge et un précédent international à examiner

C’est sur le volet procédural que le dossier devient le plus difficile à défendre.

Il s’agirait d’un marché probablement de gré à gré, sans appel à la concurrence, soumis ensuite au conseil d’administration pour approbation. Ce séquencement n’est pas neutre : il fait porter la responsabilité juridique de la décision aux administrateurs, alors que l’impulsion initiale est venue d’ailleurs.

Or, selon les informations disponibles, le premier contact autour de ce dossier n’est pas passé par un canal technique, ni par une consultation de marché, les experts consultés par la Steg auraient exprimé un avis défavorable, pour les deux raisons exposées plus haut, le coût et le calendrier. Si cet avis a bien été rendu et qu’il a été écarté, la question centrale n’est plus technique. Elle devient une question de gouvernance : qui a décidé de passer outre, sur quelle base, et avec quelle traçabilité écrite ?

La Tunisie ne serait pas le premier pays à emprunter cette voie. Le Liban, l’Irak, le Ghana, la Gambie, la Sierra Leone, le Mozambique, la Guinée-Bissau, le Soudan, le Gabon et Cuba y ont eu recours. Le point commun de ces expériences n’est pas rassurant : la solution flottante y a été adoptée en situation de crise, elle a soulagé temporairement, et elle n’a réglé aucune des causes structurelles du déficit.

Plusieurs de ces contrats ont par ailleurs donné lieu à des controverses publiques, à des recours ou à des procédures d’enquête sur les conditions d’attribution, notamment en Afrique du Sud, au Gabon et au Liban. En Gambie, le contrat n’a pas été renouvelé en 2025, faute d’accord sur les conditions financières et techniques. Ces précédents ne préjugent en rien du dossier tunisien, mais ils commandent, au minimum, un niveau d’exigence procédurale supérieur à la moyenne.

Ce que la transparence exige

Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut de l’électricité cet été. Il porte sur le fait de savoir si l’on veut continuer à financer des rustines coûteuses, ou reconstruire enfin un système de production.

Trois exigences minimales devraient conditionner toute suite donnée à ce dossier :

– la publication du dossier technique : étude d’adéquation offre-demande, calendrier réaliste de mise en service, coût complet du kilowattheure livré, combustible inclus, et comparaison chiffrée avec les alternatives disponibles ;

la publication des avis des experts consultés, ainsi que des motifs pour lesquels ils auraient été écartés ;

– la justification juridique du recours au gré à gré, au regard de la réglementation des marchés publics, et l’identification claire de l’autorité qui assume la décision.

À défaut, les administrateurs appelés à approuver ce contrat prendraient un risque personnel considérable pour une opération dont ni l’utilité technique ni la rationalité économique n’ont été démontrées.

La Tunisie a des ressources solaires et éoliennes parmi les meilleures du bassin méditerranéen, un projet d’interconnexion avec l’Italie en cours, et un besoin urgent de capacité pilotable. Le milliard de dinars annuel envisagé pour louer un bateau financerait une part significative de cette transition. Le choix n’est pas entre l’électricité et l’obscurité. Il est entre une dépense qui s’évapore et un investissement qui reste. Entre la raison économique et l’absurdité politique.

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Le poème du dimanche | ‘‘Barbara’’ de Jacques Prévert

Né en 1900 à Neuilly, Jacques Prévert est poète, scénariste, auteur pour jeunesse, comme de dialogues pour le cinéma et le théâtre.

Lié à ses débuts au surréalisme, il évolue vers une expression populaire, familière et quotidienne en gardant une vision libertaire, pacifiste, sociale et anticléricale.

Son langage fortement marqué par les jeux de mots tourne en dérision la pesanteur et la tradition, créant une modernité accessible et largement enseignée dans les milieux scolaires.

Il est incontestablement l’une des voix les plus connues de la poésie française contemporaine, inspirant nombre de chanteurs, musiciens et autres poètes. Il décède en 1977.

Œuvres Complètes, Gallimard/ Bibliothèque La Pléiade, 1992 Tome 1 ; 1996 Tome II

Tahar Bekri

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Paroles, 1946.

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Tunisie | Les autorités ne communiquent pas le nombre de morts liées à la canicule

L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé le gouvernement à déclarer l’état d’urgence sanitaire, mettant en garde contre la pression croissante sur les services d’urgence des hôpitaux publics en raison de la hausse des températures.

Dans un communiqué publié samedi 28 août 2026, l’organisation a indiqué que les services d’urgence connaissent, selon ses estimations, une augmentation qualifiée d’«inédite» du nombre d’hospitalisations et de décès liés aux coups de chaleur et aux températures élevées.

Elle a également fait état de décès survenus parmi des détenus au sein de plusieurs services d’urgence, coïncidant avec ce qu’elle a décrit comme un état d’«épuisement extrême» du personnel médical et infirmier, sous l’effet d’une pression dépassant, selon elle, les capacités du système de santé.

L’organisation a indiqué que les services compétents du ministère de la Santé avaient, selon ses informations, recensé les données relatives aux décès et aux cas d’insolation, ainsi que celles concernant la capacité d’accueil des services de réanimation, tout en précisant que ces chiffres n’avaient pas encore été officiellement publiés.

L’OTJM a réclamé la déclaration immédiate de l’état d’urgence sanitaire, appelant à soutenir les professionnels de santé et à prendre les mesures nécessaires pour faire face aux répercussions de la vague de chaleur et en limiter les risques pour les citoyens.

Le ministère de la Santé, pour sa part, préfère ne pas communiquer sur cette question ni donner des statistiques sur le nombre des décès dans les hôpitaux publics, comme si c’était un secret d’Etat. Une position inexplicable et qu’on ne saurait justifier, au moment où, dans les hôpitaux publics, les gens pleurent leurs morts dont les annonces de décès se multiplient sur les réseaux sociaux.

Le directeur régional de la santé de Sfax, le Dr Hatem Cherif, reconnaît, néanmoins, que le service des urgences du CHU Habib Bourguiba connaît une forte pression, particulièrement en cette période marquée par une augmentation des cas d’insolation et par l’afflux de nombreux patients venus des gouvernorats voisins pour se faire soigner.

Intervenant dans Diwan FM, le Dr Cherif a expliqué que cette pression s’explique par le fait que l’hôpital dispose d’un service d’urgences de niveau 3 couvrant l’ensemble de la région, tout en soulignant l’engagement des équipes médicales à prodiguer des soins à tous les patients, quelle que soit leur zone de résidence. Il s’est cependant gardé d’avancer les chiffres de décès enregistrés par cet établissement en lien avec la canicule de ces derniers jours. C’est à croire que les responsables du secteur ont reçu des instructions strictes à ce propos.

I. B.

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Pénurie d’eau embouteillée | Mais que fait le gouvernement ?  

On n’avait jamais vu cela en Tunisie. C’est dégradant et humiliant : ces longues files d’attente devant les magasins et les supermarchés pour acheter de l’eau minérale embouteillée, ou encore cette vidéo circulant sur les réseaux sociaux et qui montre des citoyens dévalisant un camion transportant des bouteilles d’eau minérale opportunément bloquée dans un embouteillage, sans jeu de mot de mauvais goût. Si elle a prouvé quelque chose, cette pénurie en pleine canicule estivale a levé le voile, s’il en est encore besoin, sur l’incompétence crasse des gouvernants et l’arrogante indiscipline des gouvernés, souvent animés par linstinct et rarement par la raison.

Latif Belhedi

Pourtant, les unités tunisiennes de production et d’embouteillage d’eau minérale tournent à plein régime pour tenter de normaliser l’approvisionnement du marché, encore marqué par des pénuries dans de nombreux points de vente.

C’est ce que ne cesse d’affirmer la Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées (affiliée à l’Utica), selon laquelle la demande a augmenté d’environ 30 % cet été par rapport aux niveaux habituels, principalement en raison des vagues de chaleur à répétition.

À cette hausse exceptionnelle de la consommation se sont ajoutées des coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays, entraînant l’arrêt temporaire des lignes d’embouteillage pour des durées variables.

La conjonction de ces deux facteurs a également conduit à l’épuisement des stocks de sécurité constitués durant l’hiver précisément pour faire face au pic de la demande estivale.

Cherchez les responsables !

La Chambre assure que la capacité de production nationale est désormais mobilisée au maximum et qu’un suivi continu de la situation est assuré grâce à des réunions entre les producteurs, le ministère du Commerce et du Développement des exportations, ainsi que l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie.

Les quantités disponibles sont acheminées vers les différentes régions en fonction des besoins, sous la supervision des directions régionales du Commerce, nous assure-t-on.

Les producteurs rejettent par ailleurs les accusations, relayées notamment sur les réseaux sociaux, selon lesquelles une partie des bouteilles serait délibérément retenue pour alimenter la pénurie ou à des fins spéculatives. Selon la Chambre, une telle stratégie de stockage ne serait pas économiquement rentable, car la demande devrait diminuer progressivement avec la baisse des températures dans les semaines à venir, ramenant l’offre à un niveau supérieur aux besoins du marché.

Les difficultés d’approvisionnement des consommateurs perdurent depuis plusieurs semaines et se sont révélées particulièrement marquées au cours d’un été également caractérisé par des interruptions fréquentes de la distribution d’eau potable.

Le secteur compte actuellement 31 unités d’embouteillage, avec une capacité globale déclarée d’environ 520 000 bouteilles par heure. Ces derniers jours, le président Kaïs Saïed a visité des unités de production et d’embouteillage à Oueslatia, dans le gouvernorat de Kairouan, s’attardant notamment sur les difficultés liées à la distribution. Pour lui, le produit existe en quantités suffisantes, mais ce sont des spéculateurs qui provoquent les pénuries et complotent contre l’Etat.

Depuis cette visite, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire, la pénurie est devenue encore plus aiguë. C’est à se demander à quoi servent ces visites officielles qui sont rarement suivies de décisions concrètes qui aident à régler les problèmes constatés. Cela rappelle la célèbre phrase d’un ancien chef de gouvernement, Hamadi Jebali en l’occurrence, qui, en 2012, constatant les dysfonctionnements du système d’évacuation dans un quartier populaire de Tunis, s’était exclamé devant les caméras : «Mais que fait le gouvernement ?» C’est justement la question que se posent depuis toujours les Tunisiens sans y trouver de réponse.

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Drame de Ben Guerdane | Rassemblement à Paris en solidarité avec les familles des victimes

Après le drame de Ben Guerdane, des activistes tunisiens en France organisent un rassemblement de solidarité avec les familles des victimes sous le slogan «De Ben Guerdane à Paris : nos vies ont la même valeur», et ce, le dimanche 30 août à 14heures à la Fontaine des Innocents, Châtelet, Paris.

Quinze jeunes ont pris la mer à la recherche d’un avenir. Douze corps ont été retrouvés, deux jeunes sont toujours portés disparus et un seul a survécu, après deux jours et deux nuits en Méditerranée. 

Derrière ces chiffres, il y a des vies, des familles, des rêves et une jeunesse qui demande simplement le droit de vivre dignement et d’espérer. 

Cette mobilisation est une initiative citoyenne de Tunisiennes et Tunisiens résidant à l’étranger «Tunisiennes et Tunisiens contre le Racisme». Elle n’appartient à aucun parti et ne se place sous aucune bannière politique.

«Nous refusons de rester silencieux. Nous nous rassemblons pour défendre les droits humains, la dignité, l’égalité et le droit à la vie, et pour dire clairement notre refus de toutes les formes de racisme, de discrimination et de déshumanisation des personnes migrantes, quelles que soient leur origine, leur nationalité ou la couleur de leur peau», affirment les organisateurs dans un appel au rassemblement. Ils ajoutent : «Nous refusons que la Méditerranée continue d’être un cimetière. Nous refusons que la migration soit traitée uniquement à travers les frontières, les contrôles, les bateaux et les accords sécuritaires. Nous demandons des politiques qui donnent aux jeunes des perspectives : emploi, développement, dignité et voies de mobilité sûres et légales.»

«La responsabilité est partagée. La Tunisie comme l’Europe doivent assumer leurs responsabilités. La protection des frontières ne peut jamais avoir plus de valeur que la protection des vies humaines», affirment-ils encore, tout en appelant les Tunisiennes et Tunisiens de France, mais aussi toutes les citoyennes et tous les citoyens de Paris et de ses alentours qui partagent ces valeurs, les associations, les syndicats, les défenseurs des droits humains et toutes les personnes refusant le racisme et l’indifférence, à les rejoindre lors du rassemblement prévu dans la capitale française. «Parce qu’une vie tunisienne, africaine, européenne ou d’ailleurs a exactement la même valeur. Nos jeunes rêvent d’avenir : Tunisie et Europe, ne les condamnez pas à mourir. De Ben Guerdane à l’Europe, que la Méditerranée relie nos vies, qu’elle ne les engloutisse plus», concluent-ils.

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Pour une assurance des installations photovoltaïques en Tunisie

Le développement du photovoltaïque résidentiel transforme progressivement les installations solaires en véritables investissements patrimoniaux et énergétiques. Ces équipements, conçus pour fonctionner pendant plusieurs décennies, sont exposés à des risques variés : événements climatiques, incendie, surtension, défaut électrique ou de pose, dommages au bâtiment, vol, vieillissement, interruption de fonctionnement, baisse de production et dommages causés à des tiers. Une assurance volontaire dédiée pourrait constituer une nouvelle opportunité pour les compagnies d’assurance. Mais assurer efficacement une installation suppose d’abord d’en connaître objectivement le niveau de risque.

Mohamed Ferid Herelli & Taoufik Halila *

S’agissant de sécuriser un investissement énergétique grâce à une qualification indépendante du risque, l’objectif serait donc de proposer à l’assureur non seulement une police, mais un véritable outil de connaissance, de qualification et de maîtrise du risque photovoltaïque.

Les installations résidentielles regroupent plusieurs composants interdépendants : modules, onduleurs, protections électriques, câblages, structures de fixation et, parfois, systèmes de stockage. Leur valeur et leur durée de vie justifient une protection adaptée contre :

– les intempéries, la foudre et les surtensions ;

– les défauts électriques, de conception ou de pose ;

– l’incendie et les dommages à la toiture ou au support ;

– le vol, le vandalisme et le vieillissement ;

– le défaut de maintenance, l’interruption ou la baisse de production ;

– les dommages pouvant être causés à des tiers.

Deux installations de puissance identique peuvent présenter des niveaux de risque très différents. L’évaluation doit notamment tenir compte de la qualité et de la traçabilité des équipements, de leur ancienneté, de la conception et de la pose, de la conformité électrique, des protections, de l’état de la toiture, des conditions climatiques, de la maintenance et des garanties disponibles.

La qualification objective du risque permet ainsi à l’assureur d’apprécier l’installation au-delà de sa seule puissance ou de sa valeur.

Une expertise indépendante préalable

Une expertise réalisée par un tiers indépendant de l’assureur, de l’installateur et du fabricant pourrait constituer un dossier technique standardisé, avec, notamment :

– une analyse documentaire (facture, valeur, caractéristiques techniques, marques et modèles, garanties, schéma, mise en service et maintenance) ;

– une analyse technique (modules, onduleurs, câblages, coffrets, protections, mise à la terre, surtensions, sectionnement, structures et toiture) ;

– une analyse des risques (électrique, incendie, climatique, infiltration, fixation, vieillissement, maintenance et traçabilité) ;

– une évaluation de la valeur (valeur déclarée, de remplacement, à neuf ou tenant compte de la vétusté, selon le contrat).

Le PV Risk Score

Pour rendre la démarche objective et industrialisable, l’expertise pourrait déboucher sur un indicateur synthétique : le PV Risk Score. Il regrouperait, notamment, les critères suivants :

– Niveau 1 – risque maîtrisé :  installation conforme et protections satisfaisantes → souscription dans les conditions normales.

– Niveau 2 – risque maîtrisable sous conditions : insuffisances identifiées → souscription possible avec recommandations ou mesures correctives.

– Niveau 3 – risque élevé : non-conformités ou facteurs d’exposition importants → mesures correctives préalables ou refus temporaire.

Les pondérations définitives devront être définies et validées avec les professionnels de l’assurance et les experts techniques concernés.

Il y a deux parcours : l’installation neuve ou existante. Pour une installation neuve (documentation → expertise → qualification → mise en conformité éventuelle → assurance); et pour une installation existante (audit → diagnostic → score de risque → mesures correctives éventuelles → assurance).

L’analyse porte alors davantage sur l’état des équipements, l’historique, la production, la maintenance, les défauts éventuels, la conformité actuelle et la vétusté.

Une assurance adaptée au niveau de risque

Sur la base du dossier technique et du niveau de risque, l’assureur pourrait proposer une couverture adaptée, comme suit :

– dommages matériels (incendie, foudre, surtension, tempête, grêle, dommages électriques, bris, vol, vandalisme et autres dommages couverts) ;

– responsabilité civile (dommages causés à des tiers du fait de l’installation) :

– perte de production (garantie éventuelle en cas d’arrêt total ou partiel consécutif à un événement garanti, avec référence de production, franchise, plafond et durée d’indemnisation définis) ;

– assistance et remise en fonctionnement (expertise après sinistre, assistance technique, intervention et accompagnement jusqu’à la reprise).

S’agissant des limites et exclusions, elles se définiraient clairement comme :

– des défauts préexistants et l’usure normale ;

– un défaut d’entretien ou non-conformités importantes non corrigées ;

– une traçabilité insuffisante des équipements ;

– des dommages relevant de la garantie constructeur ;

– des modifications non déclarées ;

– certaines pertes de rendement progressives ;

– certains défauts provenant du réseau électrique.

Les exclusions et conditions particulières devront être précisées dans la conception juridique et actuarielle de la police.

La tarification fondée sur le risque s’établirait comme suit : prime = valeur assurée × taux de base × coefficient de risque.

Le coefficient pourrait intégrer le PV Risk Score, l’âge de l’installation, la qualité des équipements, la conformité, les protections, l’environnement, la maintenance et la valeur assurée. Les paramètres définitifs devront être établis à partir des données techniques et statistiques disponibles et de l’expérience de l’assureur.

De l’assurance à la prévention

L’intérêt majeur du dispositif est d’intervenir avant le sinistre. Pour les défauts de câblage, protections insuffisantes, fixations inadaptées, faiblesses de toiture ou défauts de maintenance peuvent être identifiés et corrigés en amont, il s’agit d’identifier  →  corriger  →  prévenir  →  assurer.

Cette approche peut réduire la fréquence et la gravité des sinistres, améliorer la qualité des installations, limiter les coûts de remise en état et renforcer la satisfaction des assurés.

Pour le particulier, l’expertise permet de connaître l’état réel de son installation, d’identifier ses faiblesses, de disposer d’un dossier indépendant, de sécuriser son investissement et de faciliter le traitement d’un éventuel sinistre.

Pour l’assureur, le dispositif améliore la sélection des risques, la connaissance technique, la tarification, la prévention et l’analyse des sinistres. Le dossier initial peut servir de référence pendant la vie de l’installation.

La standardisation des expertises permettrait progressivement d’analyser les équipements impliqués dans les incidents, les causes récurrentes de sinistres, les défauts de pose, l’influence de l’âge, les performances et l’impact de la maintenance : souscription  →  prévention  →  tarification  →  gestion des sinistres.

À terme, cette base de données pourrait évoluer vers une véritable plateforme de Risk Intelligence dédiée au photovoltaïque résidentiel.

La méthodologie fiable et industrialisable se fonde sur :

– l’identification — la collecte des informations essentielles (puissance, localisation, valeur, type de pose, équipements, âge et installateur) ;

– l’expertise — l’analyse documentaire et, selon les cas, l’inspection physique ;

– la qualification — évaluation selon une grille technique standardisée.

– le PV Risk Score — calcul du niveau de risque.

– les mesures correctives — Identification des actions nécessaires.

– l’assurance — transmission du dossier technique pour décision de souscription et de tarification.

– le suivi — actualisation du dossier selon l’évolution, la maintenance ou les événements significatifs.

Le particulier déclare son installation et sollicite la couverture. L’expert indépendant réalise l’évaluation technique et établit le niveau de risque. L’assureur conserve la décision finale concernant l’acceptation, les garanties, exclusions, franchises, tarifs et conditions contractuelles. Un réseau technique peut intervenir pour les actions correctives, la maintenance ou la remise en état.

Cette organisation préserve l’indépendance de l’expertise tout en laissant à l’assureur la maîtrise de sa décision.

Avant un déploiement à grande échelle, un programme pilote sur un nombre limité d’installations représentatives permettrait de tester la grille d’expertise, le PV Risk Score, le processus de qualification, les mesures correctives, le dossier de souscription, la tarification, les garanties, le coût du dispositif et l’intérêt commercial.

Une perspective de marché particulièrement favorable

Un dernier élément mérite d’être souligné : le potentiel de développement des énergies renouvelables reste considérable. Si elles ne représentent aujourd’hui qu’une part encore limitée des besoins énergétiques, leur objectif de progression à l’horizon 2035, avec une contribution pouvant atteindre environ 35 %, devrait entraîner une accélération significative des investissements dans les installations photovoltaïques.

Cette évolution constituera une véritable attraction vers le photovoltaïque en basse et moyenne tension, notamment dans les secteurs résidentiel, tertiaire et industriel. L’augmentation du nombre d’installations entraînera mécaniquement une augmentation de la valeur des actifs photovoltaïques exposés aux différents risques et, par conséquent, un besoin croissant de qualification, de prévention, de maintenance et de couverture assurantielle.

C’est précisément dans cette perspective que le modèle proposé prend tout son sens : anticiper la montée en puissance du marché en mettant en place dès aujourd’hui un dispositif permettant de sécuriser les investissements, réduire les risques et créer de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes.

Ainsi, le développement attendu du photovoltaïque ne représente pas seulement une opportunité énergétique et environnementale ; il constitue également une opportunité économique pour tout un écosystème : particuliers, assureurs, experts, installateurs, mainteneurs, financeurs et acteurs de la filière.

Plus le parc photovoltaïque se développera, plus la connaissance et la maîtrise de son risque deviendront un enjeu économique majeur.

Conclusion 

Le photovoltaïque résidentiel constitue progressivement un véritable patrimoine énergétique pour les particuliers. Son développement crée cependant un nouvel enjeu : comment protéger durablement ces actifs tout en permettant aux assureurs de maîtriser un risque encore relativement récent et aux professionnels de la filière d’améliorer continuellement la qualité des installations ?

Le modèle proposé répond à cet enjeu en transformant l’assurance d’une logique essentiellement indemnitaire en une démarche de gestion préventive et économique du risque. L’expertise indépendante, le PV Risk Score, les mesures correctives, la tarification différenciée et le suivi dans le temps forment ainsi une chaîne de valeur cohérente : identifier → qualifier → corriger → prévenir → assurer → suivre.

Sur le plan économique, l’intérêt du dispositif réside d’abord dans sa capacité à réduire le coût global du risque. Une meilleure connaissance de l’installation permet de détecter en amont les défauts susceptibles de générer des sinistres coûteux : défauts électriques, insuffisance des protections, problèmes de fixation, risques liés à la toiture ou défauts de maintenance.

La prévention peut ainsi contribuer à diminuer la fréquence et la gravité des sinistres, à limiter les périodes d’interruption de production et à réduire les coûts de réparation et d’indemnisation.

Pour le particulier, le bénéfice dépasse donc la simple indemnisation en cas de sinistre. Il dispose d’une évaluation indépendante de son installation, d’une meilleure visibilité sur son niveau de risque, de recommandations permettant de préserver la valeur de son investissement et d’une solution de protection adaptée.

La sécurisation de l’installation contribue également à préserver sa production énergétique et, par conséquent, les économies ou revenus associés à celle-ci.

Pour l’assureur, le dispositif constitue un outil de Risk Intelligence. La qualification homogène des installations permet progressivement de mieux sélectionner les risques, d’améliorer la segmentation tarifaire, de définir des franchises et garanties plus cohérentes et de disposer de données utiles à l’analyse des sinistres.

La constitution progressive d’une base de données sur les équipements, les défauts, les causes de sinistres, l’âge des installations et les opérations de maintenance peut également améliorer la qualité de la décision assurantielle.

Pour les experts indépendants, le modèle crée un nouveau champ d’activité autour de l’audit, de la qualification technique et du suivi des installations photovoltaïques.

Pour les installateurs et entreprises de maintenance, il crée également une demande structurée en matière de mise en conformité, de maintenance préventive et de remise en état.

Le dispositif peut donc contribuer à développer une véritable économie de la qualité autour du photovoltaïque.

Pour la filière photovoltaïque dans son ensemble, l’existence d’un référentiel de qualification et d’un mécanisme d’assurance volontaire peut favoriser la professionnalisation du marché.

La traçabilité des équipements, la qualité de la pose, la conformité électrique et la maintenance deviennent des éléments ayant une valeur économique directement identifiable.

Les acteurs les plus rigoureux peuvent ainsi être mieux valorisés, tandis que les pratiques présentant un risque élevé peuvent être progressivement corrigées.

Le bénéfice est également collectif. En réduisant les défaillances, les interruptions de production et les coûts liés aux sinistres, le dispositif contribue à améliorer la fiabilité économique des investissements photovoltaïques. Il peut ainsi renforcer la confiance des particuliers, des assureurs, des financeurs et des autres acteurs économiques dans le développement du solaire résidentiel.

Cette logique de bénéfice partagé est particulièrement importante : la valeur créée par le modèle ne doit pas être captée par un seul acteur. Elle doit être répartie entre le propriétaire de l’installation, qui bénéficie d’une meilleure protection ; l’assureur, qui dispose d’un risque mieux connu et mieux maîtrisé ; l’expert, qui apporte une qualification indépendante ; les entreprises techniques, qui interviennent sur la prévention et la maintenance ; et, plus largement, la filière photovoltaïque, qui bénéficie d’une amélioration de la qualité et de la confiance du marché.

Cette approche rejoint les évolutions récentes observées dans la gestion des risques photovoltaïques. Les travaux du National Renewable Energy Laboratory (NREL) soulignent notamment l’importance de disposer de données de sinistres et d’une meilleure connaissance technique des installations pour permettre aux assureurs de développer des produits adaptés.

Les travaux récents de l’IEA PVPS mettent également en avant l’intérêt économique d’une gestion intégrée de la qualité, de la maintenance et de la performance, en soulignant que les actions préventives engagées en amont peuvent générer des bénéfices économiques supérieurs à leur coût initial.

Ainsi, la création d’une assurance volontaire dédiée au photovoltaïque résidentiel, adossée à une expertise indépendante et à une qualification objective du risque, peut être envisagée non seulement comme un nouveau produit d’assurance, mais comme un véritable modèle économique de sécurisation des actifs photovoltaïques.

Le projet pilote proposé dans le document constitue dès lors une étape essentielle. Il permettra de mesurer concrètement les coûts de l’expertise, le taux de risques détectés, les actions correctives nécessaires, l’évolution de la sinistralité, l’acceptabilité des primes et le bénéfice économique pour chaque acteur. Ces indicateurs permettront de vérifier la viabilité du modèle avant son industrialisation.

Le véritable intérêt économique du modèle est donc de faire converger les intérêts des différentes parties prenantes. Le particulier gagne en sécurité, l’assureur en maîtrise du risque, les professionnels en activité et en valorisation de la qualité, et le marché photovoltaïque en fiabilité et en crédibilité. Cette convergence constitue la principale force économique du projet et peut devenir un argument central pour son expérimentation et son déploiement.

La mise en place de cette phase d’expertise indépendante pourrait constituer une réelle opportunité de développement économique et technologique pour la Tunisie. Elle serait notamment susceptible de créer un nombre important d’emplois qualifiés pour les ingénieurs tunisiens, tout en favorisant l’acquisition et la consolidation d’un savoir-faire national spécialisé dans le domaine photovoltaïque.

À moyen et long terme, les compétences ainsi développées pourraient dépasser le seul cadre de l’expertise et du contrôle des installations pour s’étendre progressivement à la conception et à la fabrication locale des équipements nécessaires aux installations photovoltaïques. Une telle évolution contribuerait à structurer une véritable filière industrielle nationale et pourrait également ouvrir des perspectives d’exportation, aussi bien pour les équipements que pour l’expertise et le savoir-faire tunisiens, notamment vers les marchés africains et européens.

Cette dynamique pourrait ainsi permettre à la Tunisie de se positionner progressivement comme une plateforme technologique régionale dans le domaine du photovoltaïque et, plus largement, des énergies renouvelables. L’objectif serait de construire, dans ce secteur stratégique, un véritable «label tunisien» de qualité, de compétence et de fiabilité, à l’image de la reconnaissance dont bénéficie déjà le pays dans certaines filières agricoles, notamment celles de l’huile d’olive et des dattes.

Par ailleurs, la détermination du montant et des conditions d’assurance de chaque installation photovoltaïque constitue une problématique relativement complexe, compte tenu des différences techniques, géographiques, économiques et opérationnelles existant d’une installation à une autre. Cette complexité représente également une opportunité d’innovation.

Les ingénieurs tunisiens pourraient ainsi développer des modèles d’évaluation et de gestion des risques s’appuyant sur l’intelligence artificielle et l’analyse des données. Ces outils permettraient notamment d’améliorer l’évaluation technique des installations, l’estimation des risques et, à terme, la détermination de modèles assurantiels mieux adaptés aux caractéristiques propres à chaque projet.

Les compétences et solutions technologiques développées dans ce cadre pourraient ensuite être transposées à d’autres secteurs économiques et industriels nécessitant des mécanismes similaires d’expertise, d’évaluation et de gestion des risques. Le photovoltaïque pourrait ainsi devenir un terrain d’application concret favorisant le développement de nouvelles compétences tunisiennes dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’ingénierie, de l’assurance et de la gestion des risques.

Dans une démarche pragmatique visant à transformer cette proposition en dispositif opérationnel, nous préconisons la mise en place d’une coordination entre l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (Ftusa) et l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT).

Cette coordination aurait notamment pour objectif d’étudier les modalités pratiques de mise en œuvre du dispositif, de définir les conditions techniques, réglementaires, professionnelles et assurantielles nécessaires à sa réussite, et de préciser les responsabilités ainsi que les modalités d’intervention de chacune des parties concernées.

La démarche devrait rechercher un équilibre entre les intérêts de l’ensemble des acteurs de cet écosystème : les citoyens et propriétaires d’installations photovoltaïques, les entreprises et investisseurs, les ingénieurs et experts exerçant dans ce domaine, les compagnies d’assurance ainsi que les entreprises industrielles tunisiennes susceptibles de participer à la fabrication locale des équipements nécessaires.

Au-delà de la sécurisation des installations et de leur couverture assurantielle, l’ambition devrait donc être de contribuer à la structuration et à la rationalisation d’un nouveau marché stratégique national, capable de générer de l’emploi qualifié, de favoriser l’innovation, de stimuler l’industrie locale et de développer de nouvelles capacités d’exportation.

La Tunisie dispose, à cet égard, de nombreux atouts : un potentiel solaire important, des compétences d’ingénierie reconnues, une proximité avec les marchés européen et africain ainsi qu’un tissu industriel susceptible d’accompagner progressivement le développement de cette filière.

L’enjeu consiste désormais à fédérer ces atouts autour d’un cadre organisé, fiable et durable afin de faire du développement photovoltaïque non seulement un instrument de transition énergétique, mais également un véritable levier de développement technologique, industriel et économique pour la Tunisie.

* Experts-conseillers du Doyen de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT).  

Bibliographie :

1- Eti, S., Yüksel, S., Dinçer, H., Pamucar, D., Deveci, M., Antucheviciene, J., Gökalp, Y. & Meral, H. (2025). Optimizing parametric insurance for renewable energy investments: Integrating fuzzy decision-making and artificial intelligence techniques. Renewable Energy, 246, 122856. Cette étude est particulièrement intéressante pour votre projet car elle traite directement de l’assurance paramétrique appliquée aux petits investissements solaires et cherche à hiérarchiser les facteurs de risque et de coût.

2- Niakh, F., Bassière, A., Denuit, M. & Robert, C. Y. (2025). Peer-to-Peer Basis Risk Management for Renewable Production Parametric Insurance. Annals of Operations Research. L’article propose une combinaison entre assurance paramétrique et partage du risque entre acteurs pour gérer l’incertitude de production solaire.

3- Schwab, A., Walker, A. & Desai, J. Insurance in the Operation of Photovoltaic Plants. National Renewable Energy Laboratory / National Laboratory of the Rockies. Ce rapport analyse les enjeux de l’assurance des installations photovoltaïques et s’appuie notamment sur plusieurs années de données de sinistres. Il est particulièrement pertinent pour justifier votre approche « données techniques → connaissance du risque → assurance ».

4- NREL / National Laboratory of the Rockies (2024). PV Reliability and Resilience in Challenging Climates. Ce travail montre notamment l’importance des événements climatiques extrêmes et de la qualité des installations dans la performance et la fiabilité des systèmes photovoltaïques.

5- IEA PVPS Task 13 (2026). Photovoltaic Project Decisions: Quality, Performance, and Economic Value. Cette référence est particulièrement récente et utile pour votre partie économique : elle met en relation qualité technique, performance, maintenance, financement et valeur économique des installations photovoltaïques.

6- IEA PVPS. Guidelines for Operation and Maintenance of Photovoltaic Power Plants in Different Climates. La publication est utile pour justifier l’intégration de la maintenance, du climat, du suivi de performance et de la prévention dans votre modèle de qualification du risque.

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Naissance des Constitutions | Quand les peuples ont voulu écrire les règles du pouvoir

Depuis que les sociétés humaines se sont organisées en communautés politiques, une question fondamentale n’a cessé de revenir : qui détient le pouvoir et selon quelles règles doit-il être exercé ? Pendant des siècles, les royaumes et les empires ont reposé principalement sur l’autorité d’un souverain, souvent considérée comme héritée de la tradition, de la religion ou d’une prétendue légitimité naturelle. Mais progressivement, une idée nouvelle a émergé : le pouvoir ne doit plus seulement appartenir aux hommes qui gouvernent, il doit être encadré par des règles supérieures acceptées par la collectivité. C’est ainsi qu’est née l’idée moderne de Constitution. (Ph. La première constitution tunisienne moderne promulguée en 1861).

Zouhaïr Ben Amor *

Une Constitution n’est pas simplement un texte juridique parmi d’autres. Elle représente une tentative de répondre à une grande interrogation politique : comment organiser la vie commune tout en protégeant les citoyens contre l’arbitraire ? Elle définit les institutions, répartit les pouvoirs, précise les droits et les devoirs, mais elle exprime également une vision de la société et du rapport entre l’État et les individus. Son histoire est donc intimement liée à celle des luttes pour la liberté, la représentation politique et la justice.

La naissance des Constitutions n’a pas suivi un modèle unique dans tous les pays. Chaque nation a construit son système constitutionnel selon son histoire, ses conflits internes, ses traditions culturelles et son évolution sociale. Certaines Constitutions sont nées d’une révolution, d’autres d’une longue évolution progressive, tandis que certaines ont été imposées par des dirigeants cherchant à moderniser ou à consolider leur pouvoir.

Des premières limitations du pouvoir aux Constitutions modernes

L’idée de limiter l’autorité du pouvoir politique apparaît très tôt dans l’histoire. L’un des exemples souvent cités est celui de la Magna Carta signée en Angleterre en 1215. Ce document n’était pas une Constitution moderne au sens actuel, mais il représentait une première tentative de soumettre le roi à certaines règles et de reconnaître des garanties face à l’absolutisme royal. Plusieurs siècles plus tard, l’évolution politique anglaise a progressivement donné naissance à un système fondé davantage sur les institutions, les coutumes et le contrôle parlementaire que sur un texte constitutionnel unique.

L’expérience anglaise montre une première grande différence entre les traditions constitutionnelles. Certains pays ont privilégié une Constitution écrite et clairement définie, alors que d’autres ont développé un ensemble de règles issues de l’histoire, des pratiques politiques et des décisions judiciaires. Le Royaume-Uni reste aujourd’hui l’exemple emblématique d’une Constitution largement non codifiée.

À l’inverse, les États-Unis ont choisi une autre voie après leur indépendance en 1776. La Constitution américaine adoptée en 1787 est devenue l’un des modèles les plus influents du monde. Elle repose sur une séparation stricte des pouvoirs entre le président, le Congrès et la Cour suprême. Elle affirme également certains principes fondamentaux comme la limitation du pouvoir gouvernemental et la protection des libertés individuelles.

La Révolution française de 1789 a constitué une autre étape majeure dans l’histoire constitutionnelle. En renversant l’ordre monarchique traditionnel, les révolutionnaires français ont affirmé que la souveraineté appartenait à la nation et non plus uniquement au roi. Les différentes Constitutions françaises adoptées après la Révolution témoignent d’une recherche permanente d’équilibre entre autorité politique, représentation populaire et protection des droits.

Des modèles constitutionnels différents selon les histoires nationales

L’une des grandes erreurs consiste à considérer la Constitution comme un modèle universel identique qu’il suffirait de copier. En réalité, chaque Constitution est le produit d’un contexte historique particulier. Une règle qui fonctionne dans un pays peut rencontrer des difficultés dans un autre si elle ne correspond pas aux réalités sociales ou politiques locales.

Dans les démocraties occidentales, les Constitutions ont souvent été conçues pour empêcher le retour de régimes autoritaires et garantir un équilibre entre les pouvoirs. Après les grandes guerres du XXe siècle, plusieurs pays européens ont renforcé le rôle des cours constitutionnelles afin de protéger les droits fondamentaux et contrôler l’action des gouvernements.

L’Allemagne, par exemple, après la Seconde Guerre mondiale, a adopté une Constitution appelée Loi fondamentale, pensée pour éviter les dérives qui avaient permis l’arrivée du nazisme au pouvoir. Le système allemand accorde une place importante à la protection de la dignité humaine et au contrôle constitutionnel.

Dans d’autres régions du monde, les Constitutions ont parfois accompagné les mouvements d’indépendance. De nombreux pays d’Afrique et d’Asie ont adopté des textes constitutionnels après la fin de la colonisation. Cependant, ces expériences ont été très diverses. Certaines Constitutions ont permis l’installation d’institutions démocratiques solides, tandis que d’autres ont été rapidement affaiblies par les coups d’État, les crises économiques ou la concentration du pouvoir entre les mains d’un dirigeant.

Dans le monde arabe, l’histoire constitutionnelle présente également des trajectoires différentes. Certains pays ont connu des Constitutions dès le début du XXe siècle dans une volonté de modernisation politique, alors que d’autres ont développé leurs cadres institutionnels plus tardivement. Dans plusieurs cas, les textes constitutionnels ont affirmé des principes démocratiques mais leur application réelle est restée dépendante de l’équilibre des forces politiques.

La Constitution entre idéal juridique et réalité du pouvoir

Une Constitution peut être un symbole d’espoir, mais son existence ne garantit pas automatiquement la démocratie. L’histoire montre que certains régimes ont adopté des Constitutions très modernes dans leur formulation tout en maintenant des pratiques autoritaires. Un texte peut proclamer la séparation des pouvoirs, les libertés publiques et l’État de droit, mais tout dépend de la manière dont les institutions fonctionnent réellement.

La véritable force d’une Constitution réside moins dans ses mots que dans la culture politique qui l’accompagne. Elle nécessite des institutions indépendantes, une justice capable de contrôler le pouvoir, une société civile active et des citoyens conscients de leurs droits. Sans ces éléments, la Constitution risque de devenir un simple document symbolique.

La question de la modification des Constitutions est également centrale. Certaines Constitutions sont très difficiles à réviser afin de protéger leur stabilité. D’autres permettent des changements plus fréquents pour s’adapter aux évolutions sociales. Le défi consiste à trouver un équilibre entre la nécessité de préserver les principes fondamentaux et celle de répondre aux transformations de la société.

Les débats contemporains montrent que les Constitutions continuent d’évoluer. Les nouvelles technologies, la protection de l’environnement, les questions liées aux données personnelles ou encore les nouvelles formes de participation citoyenne posent de nouveaux défis aux systèmes constitutionnels. Les sociétés ne cessent de redéfinir le rapport entre liberté individuelle, intérêt collectif et autorité publique.

La Constitution comme contrat entre les citoyens et l’État

Au-delà de son aspect juridique, la Constitution peut être considérée comme un contrat moral et politique entre les citoyens et l’État. Elle exprime une promesse : celle que le pouvoir sera exercé selon des règles connues, que les droits seront protégés et que les institutions serviront l’intérêt général.

La naissance des Constitutions représente donc une étape essentielle dans l’histoire de l’humanité politique. Elle marque le passage d’un pouvoir fondé principalement sur la personne du dirigeant vers un pouvoir organisé autour de principes et d’institutions. Mais cette évolution n’est jamais définitivement acquise. Chaque génération doit défendre et actualiser les valeurs constitutionnelles.

Une Constitution vivante n’est pas seulement un texte conservé dans les archives nationales. Elle doit être comprise, respectée et incarnée dans les pratiques quotidiennes. Elle doit permettre aux citoyens de se sentir réellement acteurs de leur destin collectif.

L’histoire des Constitutions révèle finalement une grande diversité de chemins. Certains pays ont avancé par la révolution, d’autres par la réforme progressive. Certains ont privilégié des textes rigides, d’autres des traditions institutionnelles souples. Mais derrière toutes ces différences existe une même ambition : empêcher que le pouvoir soit sans limites et rappeler que l’État existe d’abord au service de la société.

La Constitution demeure ainsi l’un des grands instruments par lesquels les peuples tentent d’organiser leur avenir. Elle n’est jamais parfaite, car elle reflète les tensions et les espoirs d’une époque. Mais elle reste une œuvre collective en construction, un miroir de la maturité politique d’une nation et un engagement permanent entre gouvernants et gouvernés.

* Universitaire.

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Attijari bank Tunisie renforce son partenariat avec la Berd

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) renforce l’accès au financement des entreprises tunisiennes en portant de 20 millions d’euros à 70 millions d’euros la facilité de partage des risques (Risk Sharing Facility, RSF) mise en place avec Attijari bank Tunisie.

La Berd met également en place une facilité de 10 millions de dollars (8,6 millions d’euros) destinée à soutenir les investissements liés aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des entreprises. Les sous-projets éligibles bénéficieront de subventions financées par le Royaume-Uni dans le cadre du High-Impact Partnership on Climate Action (HIPCA).

L’extension de cette facilité permettra à Attijari bank Tunisie d’accorder davantage de financements à des entreprises opérant dans différents secteurs de l’économie, soutenant ainsi l’investissement et le développement du secteur privé en Tunisie.

La facilité complémentaire de 10 millions de dollars soutiendra des investissements visant à améliorer la performance environnementale et sociale des entreprises. Les investissements éligibles pourront notamment concerner l’amélioration de l’efficacité énergétique, les installations d’énergies renouvelables et les technologies de réduction des déchets, ainsi que des initiatives liées à la formation des employés, aux bonnes pratiques de travail, à la gestion des risques et à l’égalité des genres.

À ce jour, la Berd et Attijari bank Tunisie ont signé 25 sous-projets dans le cadre de la facilité de partage des risques, représentant environ 400 millions de dinars tunisiens (118,0 millions d’euros) de financement.

Grâce à la facilité de partage des risques, la Berd partage les risques avec les institutions financières partenaires, contribuant ainsi à mobiliser des financements pour des investissements favorisant la croissance économique, le renforcement du secteur privé et l’amélioration de l’accès au financement.

Depuis le début de ses opérations en Tunisie, la Berd a investi plus de 3,1 milliards d’euros dans 97 projets à travers le pays, dont 66 % au bénéfice du secteur privé.

HIPCA est un partenariat multi-donateurs géré par la Berd. Les donateurs actifs sont l’Autriche, le Canada, la Finlande, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Corée du Sud, l’Espagne, la Suisse, Taiwan ICDF, le Royaume‐Uni et les États‐Unis d’Amérique.

Communiqué.

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Football | Tunisie U21 en finale des Jeux Méditerranéens

Après avoir battu, tour à tour, le Maroc (1-0), la Turquie (2-1), en phase de groupes et, aujourd’hui, vendredi 28 août 2026, en demi-finale, l’Italie, par un score sans appel (3-1), l’équipe de Tunisie U21 a gagné son billet pour la finale du tournoi de football des Jeux Méditerranéens de Tarente, en Italie.


Les trois buts de l’équipe nationale ont été inscrits par Alaeddine Derbali, Rayane Anane et Walid Dhouib.

Les protégés de Anis Boujelbene, qui n’ont pas froid aux yeux et sont désormais capables de tutoyer toutes les équipes quel que soit leur rang dans la hiérarchie mondiale, briguent désormais la médaille d’or, face à l’Algérie ou le Maroc, et méritent une participation aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles qui se tiendront du 14 au 30 juillet 2028.

Cette belle aventure mérite d’aller jusqu’au bout pour nous faire oublier les humiliations subies par l’équipe sénior à la dernière Coupe du Monde.

I. B.

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Barrage Sidi El Barrak | Un système photovoltaïque pour réduire l’évaporation de l’eau   

Un atelier de lancement d’une étude sur l’installation d’un système photovoltaïque flottant pilote au barrage de Sidi El Barrak (gouvernorat de Béja) pour y réduire l’évaporation de l’eau, une technologie déjà expérimentée dans plusieurs pays avec des résultats probants, a été officiellement lancée, le jeudi 27 août 2026, par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet de coopération technique «Tech-Eau» (Identification de technologies innovantes pour améliorer la mobilisation des ressources en eau en Tunisie face à la pénurie d’eau), qui vise à réduire l’évaporation, indique un communiqué du ministère de l’Agriculture.

Le secteur de l’eau constitue un pilier fondamental de la souveraineté et du développement économique. Or ce secteur est confronté à des pressions croissantes en raison des changements climatiques, de la hausse des températures et de la fréquence des périodes de sécheresse, ce qui fait de la préservation de chaque goutte d’eau une priorité nationale absolue.

Or, les barrages et les lacs collinaires subissent d’importantes pertes d’eau dues à l’évaporation. D’où l’importance stratégique de la technologie des centrales photovoltaïques flottantes qui permet non seulement de produire de l’énergie propre, mais aussi de couvrir la surface de l’eau pour la protéger du rayonnement solaire et du vent, contribuant ainsi de manière significative à réduire l’évaporation.

Le projet pilote devant être mis en place au barrage de Sidi El Barrak constitue une opportunité pour tester cette technologie moderne et en évaluer l’efficacité technique, environnementale et économique dans les conditions climatiques locales, en vue d’une éventuelle généralisation à d’autres ouvrages hydrauliques présentant des caractéristiques appropriées. Le but étant de bénéficier de toutes les initiatives et les solutions scientifiques et technologiques innovantes visant à lutter contre la pénurie d’eau et à renforcer la sécurité hydrique en Tunisie.

La rencontre a donné lieu à un échange de vues entre les experts et a souligné l’importance de la coordination entre les différentes parties prenantes, ainsi que la nécessité de poursuivre l’action commune pour mener à bien l’étude et évaluer la faisabilité de l’adoption de cette technique au niveau du barrage de Sidi El Barrak, afin de tirer parti de ses résultats pour le développement de projets similaires à l’avenir.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du partenariat et de la coopération entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et est mise en œuvre par le Centre méditerranéen des ressources en eau (Medrec), dans le but d’explorer les possibilités d’adopter des solutions innovantes alliant production d’énergie renouvelable et utilisation optimale des ressources en eau.

Lors de l’atelier, le projet «Tech-Eau» et le cadre général de l’étude ont été présentés, tout comme le site envisagé au niveau du barrage de Sidi El Barrak. L’état d’avancement de l’étude, les principaux axes d’intervention, la méthodologie adoptée, ainsi que les estimations économiques et les prochaines étapes de mise en œuvre du projet, ont également été exposés.

Par ailleurs, cet atelier a permis de débattre des divers défis — techniques, hydrauliques, environnementaux, énergétiques, organisationnels et économiques — que pourrait soulever la phase de déploiement du projet.
Les discussions ont souligné l’importance de continuer à explorer des solutions technologiques innovantes susceptibles de soutenir la transition énergétique dans le secteur de l’eau et d’améliorer l’efficacité de l’exploitation des ressources disponibles, contribuant ainsi à réduire les coûts énergétiques et à renforcer la durabilité des infrastructures hydrauliques.

La discussion a également insisté sur l’importance des aspects techniques et d’ingénierie liés à leur conception et à leur installation sur les barrages et les retenues d’eau, afin de garantir des niveaux optimaux d’efficacité et de sécurité.

I. B.

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Administration | Retour à la double séance à partir du mardi 1er septembre  

Après deux mois sous le régime de la séance unique estivale, synonyme de farniente et de chute de la productivité, l’horaire d’hiver sera rétabli à partir du mardi 1er septembre 2026 pour les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif. Dans l’espoir que la productivité remonte la pente ne fut-ce que légèrement.

C’est ce qu’a annoncé la Présidence du gouvernement dans un communiqué publié ce vendredi 28 août 2026, en précisant que l’horaire administratif pour les journées de lundi, mardi, mercredi et jeudi est réparti en deux séances : la première s’étend de 8h30 à 12h30, tandis que la seconde débute à 13h30 et se poursuit jusqu’à 17h30.

Le communiqué précise aussi que les horaires de travail du vendredi débutent à 8 heures du matin et se prolongent jusqu’à 13 heures pour la séance du matin, tandis que la séance de l’après-midi reprend à 14h30 pour se poursuivre jusqu’à 17h30.

I. B.

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Gaza | Mohammed Dahlan tire les ficelles depuis Abou Dhabi

Il a initié et financé le nouveau gouvernement d’Ali Chaath qui administre Gaza, conseille la Maison-Blanche et fournit une partie des aides fournies aux personnes déplacées. Les dirigeants du Hamas coopèrent avec lui mais ils n’oublient pas que son objectif ultime est de les destituer. Lui, c’est le très décrié Mohammed Dahlan, ancien chef des Forces de sécurité préventive (liées à l’OLP) dans la bande de Gaza et exilé à Abou Dhabi depuis bientôt deux décennies. Un homme de l’ombre, très soluble dans l’argent et dont les liens avec les Israéliens sont un secret de polichinelle.

Imed Bahri

Jacky Hugi a consacré une enquête au rôle actuel de Dahlan intitulée «Entre Kushner et le Hamas: comment Mohammed Dahlan reconstruit son pouvoir à Gaza?», publiée dans le journal israélien Maariv.  

«Voici Mohammed Dahlan de retour sur le devant de la scène, comme s’il était sorti de nulle part. Ce vétéran de la politique palestinienne est devenu l’une des figures les plus influentes des initiatives internationales concernant la bande de Gaza», cest par ces mots que Jacky Hugi a commencé son enquête. Ce n’est pas l’Autorité palestinienne, mais Dahlan lui-même, exclu du Fatah, qui a été présent dans tous les événements importants concernant Gaza au cours de l’année écoulée : de l’aide alimentaire à l’accord de cessez-le-feu et au projet de reconstruction mené par la Maison-Blanche, a-t-il écrit.

La plupart de ses actions se déroulent discrètement et ne font donc pas la une des journaux mais une chose est sûre, lorsqu’il veut se faire un nom, il sait parfaitement comment s’y prendre.

Dahlan a conseillé les Américains tout au long de cette période, depuis le début de la guerre jusqu’à aujourd’hui. Ses conseils ont notamment porté sur la manière de communiquer avec le Hamas. Il a également mis en place un réseau de fidèles et d’agents dans toute la bande de Gaza, ce qui lui permet de sonder l’opinion publique sur l’ensemble du territoire.

Il y a environ cinq ans, il a fondé le parti Courant démocratique national, dont les représentants sont très actifs dans la bande de Gaza et ont été impliqués dans des échanges avec les services de renseignement égyptiens concernant un cessez-le-feu.

Depuis sa résidence à Abou Dhabi, Dahlan a mis en place un système d’aide alimentaire et matérielle aux populations déplacées, financé par ses propres fonds et par le gouvernement des Émirats arabes unis.

L’économie de Gaza est quasiment paralysée, avec un taux de chômage dépassant les 80%. De ce fait, les besoins fondamentaux de la population dépendent actuellement en grande partie des dons.

Parmi les entités et les pays qui soutiennent l’acheminement de nourriture et de produits de première nécessité à la population de Gaza figurent le Qatar, la Jordanie, les Nations Unies, des associations turques et même certains pays de l’UE. Cependant, Dahlan et les Émirats les ont tous surpassés et certainement pas pour des raisons liées uniquement à la charité.

Ensemble, Dahlan et les fonds gouvernementaux d’Abou Dhabi ont investi plus d’un milliard de dollars dans la bande de Gaza depuis le début du conflit. Et ce n’est sans doute pas par simple philanthropie.

Liens avec les Israéliens

Aujourd’hui, grâce à ses relations et à ses activités dans la bande de Gaza, Dahlan est considéré par beaucoup comme la figure politique la plus influente parmi les différentes factions qui gèrent actuellement la situation.

Il bénéficie d’une ligne de communication directe avec Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump. Il entretient également des liens étroits avec le président égyptien Abdel Fattah Sissi depuis des années, en plus de ses contacts avec les services de renseignement égyptiens.

Dahlan n’a pas non plus rompu ses relations avec les dirigeants israéliens. Selon l’enquête de Maariv, presque tous les hauts responsables israéliens qui se sont rendus à Abou Dhabi au cours de la dernière décennie l’ont rencontré secrètement.

Cette semaine, Dahlan a envoyé ses hommes au Caire pour rencontrer des dirigeants du Hamas et d’autres factions palestiniennes. Le sujet de discussion portait sur la coordination des positions pour les mois à venir, jusqu’à la proclamation des résultats des élections israéliennes.

Chacun s’accorde à dire que le plan en quinze points proposé par les Américains a peu de chances d’être mis en œuvre rapidement en raison de l’opposition israélienne.

De nombreux points nécessitent une coordination entre les différentes parties. La bande de Gaza est actuellement une zone d’intense activité politique, militaire et internationale.

Les premiers soldats marocains sont arrivés dans la bande ces derniers jours et ont commencé à prendre position. Le projet de reconstruction est également en cours et, cette semaine, grâce aux pressions exercées par Jared Kushner lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahu, Israël a autorisé pour la première fois l’entrée de bulldozers pour déblayer les décombres.

Au Caire, le gouvernement technocratique palestinien d’Ali Chaath attend le feu vert pour entrer dans la bande. Israël continue d’empêcher son entrée en raison du refus du Hamas de rendre les armes.

Parallèlement, Israël et le Hamas continuent d’échanger des tirs, l’armée israélienne attaquant et tuant presque quotidiennement des chefs de la branche armée du Hamas

Dimanche dernier a marqué une nouvelle étape politique importante. Jared Kushner a rencontré Khalil al-Hayya, chef du bureau politique du Hamas.

Depuis le début du conflit, des responsables américains ont rencontré des dirigeants du Hamas mais une rencontre de cette ampleur est sans précédent. Le plus haut responsable du Hamas face à face avec le plus haut envoyé du président américain!

Tout cela se déroule alors que les États-Unis considèrent le Hamas, dans son intégralité, comme une organisation terroriste en vertu de leur législation.

Une fortune amassée grâce aux conseils en sécurité

Mohammed Dahlan, âgé de 64 ans, est né et a grandi à Khan Younis. Il a bâti sa fortune considérable en fournissant des services de conseil en sécurité aux gouvernements, se spécialisant dans la protection des personnes et des infrastructures étatiques.

Il a acquis son expérience dans sa jeunesse auprès des Soviétiques, lorsqu’il était officier au sein du Fatah. Durant la Première Intifada, il fut expulsé vers la Jordanie, puis s’installa en Tunisie où il rejoignit la direction palestinienne.

Après les accords d’Oslo, il retourna dans la bande de Gaza et devint un proche collaborateur de Yasser Arafat. Ce dernier le nomma à la tête du Service de sécurité préventive de la bande de Gaza et il devint par la suite ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne.

Les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique, ainsi que leurs branches armées, figuraient parmi ses principales cibles sécuritaires. Il entreprit alors une répression féroce contre eux, œuvrant à déjouer les attaques contre les Israéliens.

Cependant, un profond désaccord éclata rapidement entre Dahlan et Arafat, Dahlan jugeant le style administratif d’Arafat obsolète et la promotion de personnes non qualifiées à des postes clés.

Lorsque la bande de Gaza tomba aux mains du Hamas en 2007, Dahlan se trouvait à Ramallah et n’occupait aucune fonction officielle. Il demeura néanmoins l’artisan de la doctrine de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza.

L’affrontement avec Abou Mazen

Dahlan s’installa en Jordanie puis à Abou Dhabi où il commença à se constituer une base populaire en soutenant les Palestiniens indépendamment de l’Autorité palestinienne. Il se distingua notamment par le financement de colis alimentaires pour les personnes démunies dans les camps de réfugiés. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, considéra cela comme une activité subversive contre son autorité et tenta de l’arrêter. Au plus fort de leur conflit, il exclut Dahlan du Fatah.

Aujourd’hui, en l’absence d’un leader palestinien charismatique, Dahlan représente pour les Américains et les Israéliens un interlocuteur de premier plan. Il est à leurs yeux relativement jeune, modéré, laïc et très éloigné de l’appareil pléthorique de l’Autorité palestinienne. Politiquement, il est perçu comme modéré, pragmatique et indépendant mais aussi comme un homme politique avisé et difficile à gérer.

Le partenariat actuel entre Dahlan et le Hamas pourrait être trompeur. À ce stade, le Hamas avait désespérément besoin de lui pour défendre sa position face aux Américains. Et c’est précisément ce qui s’est produit. Dahlan a été l’un des principaux facteurs ayant conduit la Maison-Blanche à privilégier la reconstruction de Gaza plutôt que de poursuivre ses efforts pour éliminer le Hamas. Cependant, pour le mouvement, Dahlan demeure un adversaire politique. Nul ne peut prédire l’évolution de la situation et il pourrait redevenir un ennemi du Hamas. Les dirigeants du mouvement se souviennent encore très bien des dures années 1990, lorsque Dahlan agissait comme le shérif de Gaza, les traquant sans relâche.

Une force de police de deux mille membres

Outre ses autres responsabilités, Dahlan a obtenu avec succès le financement nécessaire à la création de la nouvelle force de police palestinienne. Dans sa phase initiale, cette force devrait compter deux mille officiers en uniforme, tous originaires de la bande de Gaza, déjà recrutés, certains ayant reçu une formation en Égypte et en Jordanie. Cette force est destinée à remplacer la police du Hamas. Sa mission principale sera le maintien de l’ordre public mais elle sera également chargée de récupérer les armes du Hamas et de protéger les membres du mouvement contre les représailles.

Si le Hamas ainsi que les milices armées par Israël pour combattre le Hamas étaient désarmés, cette force de police deviendrait la seule force de sécurité restante dans la bande de Gaza. Cependant, cette force serait loyale à celui qui la paie, à savoir Mohammed Dahlan.

Le rapport indique que le Hamas est pleinement conscient des implications de ce plan, Dahlan est en train de bâtir sa propre force privée sur les ruines de l’appareil dirigeant du mouvement.

Tant qu’il continuera à faire avancer le projet de reconstruction et à envoyer des centaines de millions de dollars d’équipements et de vivres, il bénéficiera du soutien du Hamas mais le moment décisif surviendra lorsqu’il commencera à «recouvrer sa dette» et à étendre son influence sur la bande de Gaza par le biais de la police. À ce moment-là, le Hamas tentera probablement de l’entraver. Jacky Hugi conclut par une affirmation frappante : «Tant qu’ils sont en vie !», ce qui sous-entend que l’élimination physique des membres du Hamas même s’ils ont accepté le plan international et le nouveau gouvernement technocratique n’est pas définitivement exclue par les ennemis du mouvement. 

Ce qui est certain pour le moment c’est que Mohammed Dahlan a réussi deux choses, redevenir un protagoniste de premier plan à Gaza ce qui était impensable il y a encore quelques années et en même temps, il a pris sa revanche sur l’OLP et Abou Mazen qui sont complètement exclus du dossier de Gaza.

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La Tunisie face aux intempéries socio-économiques

Le monde traverse de grandes intempéries socio-économiques. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une transition vers un nouvel ordre mondial s’opère. Un processus irréversible qui semble hélas dominé par la guerre, l’injustice et le chaos s’est mis en place. Bien que tous les pays soient affectés à des degrés divers, les Tunisiens sont légitimement en droit de chercher les moyens d’intégrer cette mutation avec le minimum de désagréments. Pour y parvenir, il convient de faire un état des lieux sans complaisance.

Med-Dahmani Fathallah *

La Tunisie fait face à une crise structurelle profonde, née de l’interconnexion de trois cercles vicieux :

– le piège de la rente administrative et économique : la Tunisie souffre d’une économie duale. D’un côté s’impose un secteur privé corporatiste, protégé par des barrières à l’entrée et une bureaucratie asphyxiante ; de l’autre subsiste un secteur informel massif qui absorbe une jeunesse marginalisée. L’État-providence historique, jadis vecteur de mobilité sociale par l’éducation, est devenu budgétairement insoutenable ;

– l’épuisement du contrat social post-indépendance : la promesse d’ascension sociale par le diplôme est rompue, générant un chômage structurel massif chez les jeunes diplômés (de 25 % à 38 % selon les catégories). Il en résulte une fuite dramatique des cerveaux et une érosion de la confiance envers l’ensemble des institutions (partis, syndicats, justice, corporations, associations) ;

– le choc géopolitique et environnemental mondial : dépendante des importations d’énergie et de céréales, la Tunisie subit de plein fouet la fragmentation du commerce international, le resserrement financier mondial et la crise climatique (les sécheresses récurrentes frappant de plein fouet l’agriculture). À cela s’ajoutent des pressions extérieures étouffantes visant à forcer le pays à s’aligner sur l’une ou l’autre des puissances rivales.

Que peuvent faire les Tunisiens pour traverser la tempête ?

Face à l’inflation, à l’effondrement du pouvoir d’achat et à l’incertitude du quotidien, des tentations collectives surgissent fréquemment : le repli, la colère stérile et la confrontation. Pourtant, la sociologie des crises nous enseigne qu’aucun pays ne s’est jamais redressé par le chaos. Toute refondation durable exige deux préalables absolus : la sagesse collective et la non-violence méthodique, fondements de la résilience.

La violence, qu’elle soit physique, verbale ou institutionnelle détruit le capital social, effraie l’investissement et dégrade le tissu communautaire. Les révolutions sociales dépourvues de projet économique rationnel mènent invariablement à des récessions plus sévères. La sagesse consiste à reconnaître que les solutions miracles venues d’ailleurs ou dictées par des slogans partisans conduisent inévitablement à d’amers échecs.

Pour surmonter ces intempéries, l’effort doit devenir horizontal : il s’agit de mobiliser le pouvoir d’agir des citoyens à travers des actions concrètes, pacifiques et structurantes.

Nous avons identifié quatre leviers citoyens pour l’action :

– basculer de la culture de la rente vers celle de l’initiative : pendant des décennies, le modèle tunisien a habitué le citoyen à tout attendre de l’État. Aujourd’hui, l’État n’en a plus les moyens financiers ;

– s’orienter vers le micro-entrepreneuriat et les coopératives : plutôt que de viser l’emploi public, la jeunesse doit s’organiser en coopératives agiles, ciblant les secteurs d’avenir : agriculture durable, économie circulaire, traitement de l’eau et le numérique en intégrant l’IA comme technologie incontournable ;

– mettre le cap sur la simplification citoyenne : les communautés locales peuvent instaurer des réseaux d’entraide pour contourner les lourdeurs administratives, notamment en mutualisant l’outillage agricole ou en organisant des circuits courts entre producteurs et consommateurs ;

– réinventer le lien communautaire et la solidarité locale : la force historique de la Tunisie réside dans la solidité de son tissu familial et social. Face à la crise, ce réseau doit se structurer de manière novatrice :

– s’orienter vers les tontines d’investissement et la micro-épargne : structurer des fonds de solidarité de quartier afin de financer des micro-projets locaux, sans dépendre de taux bancaires prohibitifs ;

– miser sur l’économie du partage : généraliser l’entraide pour la garde d’enfants, le covoiturage et le soutien scolaire gratuit, garantissant ainsi le niveau éducatif des enfants issus de milieux défavorisés ;

– réorienter la diaspora vers l’investissement d’impact : la communauté tunisienne à l’étranger transfère chaque année des devises essentielles à la subsistance des familles. Toutefois, cet appui ne doit plus se limiter à la simple consommation et s’orienter vers des investissements rentables. La diaspora peut structurer des fonds d’investissement à impact social pour soutenir directement les startups et PME dans les régions de l’intérieur (investisseurs citoyens et «business angels») ;

– transférer les compétences : organiser des programmes de mentorat à distance pour former les jeunes aux compétences les plus recherchées sur le marché international.

Exercer une citoyenneté responsable et éclairée

Bien naviguer à travers les intempéries sociales exige une transformation des comportements individuels au quotidien.

Consommation locale et raisonnée : privilégier les produits nationaux pour limiter la fuite des devises et soutenir l’agriculture comme l’artisanat locaux.

Sobriété énergétique et gestion de l’eau : face aux défis climatiques, l’adoption de gestes civiques rigoureux pour la préservation des ressources constitue un acte de patriotisme économique direct.

Il convient de souligner que plusieurs de ces recommandations font déjà l’objet d’initiatives sur le terrain. Il importe de les soutenir et de les auditer régulièrement afin d’en assurer la pérennité.

Le rôle de l’État à l’avenir

L’État doit demeurer le socle indéfectible de cet édifice. Son rôle consiste à moderniser les infrastructures et, surtout, à abroger les lois obsolètes tout en promulguant un cadre légal incitatif pour stimuler l’effort citoyen.

En soi, la tempête actuelle n’est ni une fatalité, ni une sentence de souffrances infinies. Elle constitue le signal brutal qu’un modèle épuisé doit céder la place à une société de responsabilité.

En plaçant la retenue, le travail collaboratif et la non-violence au cœur de leur démarche, les Tunisiens ont l’opportunité de prouver que la véritable souveraineté d’un peuple ne réside pas dans la rhétorique politique, mais dans sa capacité à se prendre en charge avec dignité et solidarité.

* Universitaire.

Note de l’auteur : En tant qu’universitaire retraité, mon analyse est affranchie de toute posture partisane ou idéologique. Mon unique objectif est d’examiner rigoureusement les dynamiques de la crise tunisienne afin de proposer un cadre citoyen et pragmatique.

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Tunisie | Le Conseil des bâtonniers appelle à libérer Me Chawki Tabib

L’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a publié, jeudi 27 août 2026, ce communiqué que nous traduisons ci-dessous de l’arabe émanant du Conseil des anciens bâtonniers et relatif à la situation du bâtonnier Chawki Tabib, placé en détention le 14 avril 2026, après s’être présenté devant le juge d’instruction près le pôle judiciaire économique et financier à Tunis.

À l’invitation du bâtonnier Boubaker Bethabet, le Conseil des anciens bâtonniers a délibéré, ce jour du 27 août 2026, sur la situation du bâtonnier Chawki Tabib. Ce dernier a entamé une grève de la faim pour protester contre les restrictions auxquelles il est soumis en détention, marquées par le refus de satisfaire aux droits les plus élémentaires garantis aux personnes détenues par la constitution et la loi. À cette occasion, le Conseil :

– réaffirme sa position de soutien au bâtonnier Chawki Tabib, adoptée dès le moment de son arrestation ;

– réitère l’exigence que soient garanties les conditions d’un procès équitable et que le bâtonnier Chawki Tabib soit remis en liberté afin de pouvoir assurer sa propre défense devant une justice indépendante.

– soutient les revendications du bâtonnier Chawki Tabib en tant que personne détenue ; des demandes restées sans réponse sous des prétextes fallacieux et bureaucratiques, ce qui s’apparente à une restriction des droits ainsi qu’à des manœuvres dilatoires injustifiées ;

– exige le respect des droits de la défense, la levée des restrictions imposées et la garantie du droit du bâtonnier Chawki Tabib à recevoir des soins médicaux, d’autant plus que les médecins de l’administration pénitentiaire ont donné leur feu vert à cet égard ;

– saluent le soutien apporté aux avocats par les organisations régionales et internationales, ainsi que la solidarité manifestée par leurs confrères et consœurs envers lui et les instances représentatives ;

– soutiennent également toutes les actions entreprises par le Conseil de l’Ordre national des avocats pour faire aboutir ces revendications ;

– exhortent le bâtonnier Chawki Tabib à mettre fin à sa grève de la faim, craignant pour sa santé, notamment en raison de la perte de poids rapide et des problèmes oculaires qu’il présente ;

– considèrent que ce communiqué, tout en s’adressant au bâtonnier Chawki Tabib, exprime également leur solidarité avec tous les avocats confrontés aux mêmes restrictions ; et s’adresse aussi à l’ensemble des avocats, en Tunisie et dans le monde entier, pour les appeler à poursuivre la lutte et à contribuer à la consécration des droits de la défense ainsi qu’à l’amélioration des conditions de détention.

Signataires :

Bâtonnier Abdeljalil Bouraoui

Bâtonnier Béchir Essid

Bâtonnier Abdessattar Ben Moussa

Bâtonnier Mohamed Fadhel Mahfoudh

Bâtonnier Ameur Meherzi

Bâtonnier Hatem Mziou

Bâtonnier Boubaker Bethabet.

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Dr Dhokkar alerte | «Les décès augmentent dans les hôpitaux publics en Tunisie»

«En l’absence de moyens de refroidissement et de lits de réanimation, des gens meurent dans les hôpitaux», a alerté le Dr Wajih Dhokkar, président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM), en déplorant que le ministère de la Santé, malgré la situation difficile dans les hôpitaux publics en raison de la canicule, des coupures de courant électrique, et du manque chronique d’équipements et de personnels, refuse de déclarer l’état d’urgence sanitaire.

Dr Dhokkar a souvent alerté sur les conditions impossibles dans lesquelles lui et ses collègues travaillent dans les hôpitaux publics, qui manquent de tout. Il est revenu une nouvelle fois, hier, jeudi 27 août 2026, sur ce sujet, dans une publication sur les réseaux sociaux où il a dénoncé «la négligence du ministère de la Santé, alors que le nombre de décès augmente parallèlement à la vague de chaleur.»

«C’est une injustice sans nom ! Des gens se retrouvent en réanimation et perdent la vie à cause de coups de chaleur, faute de moyens de refroidissement et de lits de réanimation adéquats. Pourtant, le ministère refuse de déclarer l’état d’urgence sanitaire», a-t-il écrit, sachant que le ministère de la Santé ne publie aucune statistique sur le nombre de morts dues à la canicule, comme on le fait dans les autres pays, continuant à botter en touche et à faire comme si de rien n’était, alors que la situation empire dans tous les établissements hospitaliers publics et même dans certaines cliniques privées.

«À présent, la direction de l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia, sur instruction du ministère de la Santé, refuse d’accepter le moindre don. On vous rétorque que nous n’avons besoin de rien et que la situation sanitaire est normale, ne nécessitant aucune intervention particulière», a-t-il ajouté.

Rappelons que les jeunes médecins opérant dans les hôpitaux publics ont lancé récemment un appel aux citoyens pour qu’ils fassent don d’équipements de refroidissement aux hôpitaux publics qui en manquent. Cela ne semble pas avoir été du goût de la tutelle qui y a vu une remise en question de la capacité des autorités publiques à faire face à la situation.

Un autre jeune médecin, Dr Baha Eddine Rabei, a abondé dans le même sens dans un poste Facebook que nous traduisons ici : «Une journée catastrophique dans la plupart des services d’urgence du pays ! Je discutais avec Wajih [Dhokkar], qui est de garde au service des urgences de Mahdia. La situation est désastreuse aux urgences de l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia ; le nombre de décès liés à la hausse des températures est très élevé… et c’est le même constat chaque jour dans tous les hôpitaux de la République. Mes amis, assez d’obstination : décrétez l’état d’urgence sanitaire… Tenez une conférence de presse d’urgence et communiquez-nous les chiffres concernant les décès ; assez d’obstination, vraiment assez ! Ouvrez les portes des hôpitaux aux dons des citoyens ; tous les services d’urgence ont un besoin urgent de moyens de refroidissement : glace, ventilateurs, etc… Au fait, nous avons bien pris note du mécontentement des responsables face à nos propos ; sachez que toute tentative de cibler les dirigeants de l’organisation [OTJM] se heurtera à une intensification de notre lutte (nous reviendrons sur ce point une fois la vague de chaleur passée).»

I. B.

  

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