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Tunisiens, les plus gros mangeurs de pâtes, après les Italiens

Selon les dernières données de l’International Pasta Organisation (IPO), chaque Tunisien consomme en moyenne 17 kilogrammes de pâtes par an. La Tunisie occupe la deuxième place mondiale pour la consommation de pâtes par habitant, derrière l’Italie.

D’après les derniers chiffres de l’International Pasta Organisation (IPO), relayés par le quotidien La Presse, chaque Tunisien consomme en moyenne 17 kilogrammes de pâtes par an, contre 23,3 kilogrammes pour l’Italien. Dans ce classement mondial, la Tunisie devance le Venezuela (13,4 kg par habitant), la Grèce (12,2 kg) et l’Allemagne (10,1 kg).

Cette donnée confirme une position déjà soulignée par l’IPO les années précédentes, témoignant du rôle central des pâtes dans les habitudes alimentaires de notre pays.

À l’échelle mondiale, la production de pâtes a atteint environ 17,6 millions de tonnes, soit près du double des quelque neuf millions de tonnes produites en 2005.

Au cours de la même période, le nombre de pays où la consommation dépasse un kilogramme par habitant et par an a également augmenté, passant de 30 à 52.

Le chiffre concernant la Tunisie ne se limite pas à la consommation intérieure. Selon l’Observatory of Economic Complexity (OEC), la Tunisie a exporté pour environ 52,4 millions de dollars de pâtes en 2024, se classant ainsi au 39e rang mondial des pays exportateurs de ce produit.

La consommation moyenne de 17 kilogrammes par an équivaut, sur le plan purement arithmétique, à environ 1,42 kilogramme par mois et 46,6 grammes par jour et par habitant.

Il s’agit naturellement d’une moyenne statistique ; cela ne signifie pas que chaque Tunisien consomme quotidiennement la même quantité.

I. B.

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Football – U21 | La Tunisie bat le Maroc 1-0

L’équipe nationale tunisienne de football des moins de 21 ans a remporté une victoire précieuse (1-0) face à son homologue marocaine, aujourd’hui, lundi 24 oût 2026, lors de la deuxième journée de la phase de groupes des Jeux méditerranéens qui se déroulent à Taranto en Italie. L’unique but de la rencontre a été inscrit par Mohamed Rayan Rhimi à la 48e minute, offrant ainsi à la Tunisie trois points cruciaux dans la course à la qualification.

Grâce à ce succès, la sélection tunisienne porte son total à 4 points et prend provisoirement la tête du groupe, dans l’attente du match opposant ce soir la Turquie à la Macédoine du Nord (coup d’envoi à 20h00) pour le compte de la même journée.

La Tunisie devra désormais attendre le résultat de cette confrontation pour connaître sa position exacte au classement du groupe avant la dernière journée.

Quant à l’équipe du Maroc, son compteur est resté bloqué à un seul point.

La sélection tunisienne avait entamé son parcours dans ces Jeux par un match nul (0-0) face à la Macédoine du Nord, samedi dernier, en ratant un nombre incalculable d’occasions en première temps.

Les hommes de l’entraîneur Anis Boujelbene clôtureront leur série de matchs du premier tour en affrontant la Turquie mercredi prochain.

Il convient de noter que les deux premières équipes se qualifieront pour les demi-finales.

I. B.

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Tunisie | Le Courant Populaire pointe l’échec de l’Etat face à l’émigration

Le Courant Populaire (Attayar Chaâbi) a réaffirmé que la question de l’émigration irrégulière n’est pas qu’un simple problème de sécurité, mais qu’il s’agit d’un problème fondamentalement économique et social découlant de l’incapacité de l’État à mettre en place un modèle de développement productif et équitable, capable d’assurer la prospérité du peuple et d’offrir aux jeunes des perspectives d’avenir.

Dans un communiqué, diffusé le 23 août sur sa page Facebook, le parti a appelé les institutions étatiques à apporter leur soutien aux familles des victimes du naufrage de migrants irréguliers disparus au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, au cours de la semaine écoulée, soulignant que la noyade de plusieurs citoyens tunisiens s’apparente au «cri de douleur déchirant» d’un peuple dont les espoirs et les rêves ont été brisés, et qui se retrouve partagé entre l’émigration légale, qui draine les talents et le capital intellectuel du pays, et l’émigration irrégulière, qui cause des tragédies et des blessures profondes à la société dans son ensemble.

Mettre un terme à cette souffrance exige le lancement d’un projet national global, capable de faire cesser les épreuves des Tunisiens et de garantir des services publics de qualité dans les domaines de l’éducation, de la santé et des transports, tout en assurant une gouvernance moderne et l’approvisionnement en eau et en électricité, a souligné le Courant populaire, ajoutant que l’absence d’investissements et d’opportunités d’emploi aggraverait l’hémorragie migratoire sous toutes ses formes et augmenterait le chômage et la pauvreté.

I. B.

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Parti des Travailleurs | Solidarité avec les familles des victimes «barques de la mort»

Le Parti des Travailleurs estime que la persistance des incidents liés à l’immigration irrégulière et les tragédies qui en découlent reflètent le désespoir et l’absence de perspectives auxquels sont confrontés les jeunes, sur fond de politiques de marginalisation, de chômage et de pauvreté.

Dans un communiqué publié ce lundi 24 août 2026, le parti de gauche dirigé par Hamma Hammami a présenté ses condoléances aux familles des victimes du naufrage d’une embarcation de migrants en situation irrégulière au large de Zarzis — un drame ayant entraîné la mort de plusieurs personnes, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus.

Le Parti des Travailleurs a également exprimé son soutien aux revendications des manifestants à Ben Guerdane, dont les enfants ont été victimes du naufrage, appelant à remédier à la précarité économique et sociale dont souffre la région, d’autant plus qu’une part importante de l’activité économique locale dépend du commerce transfrontalier via le poste-frontière de Ras Jedir.

Le parti a dénoncé ce qu’il considère comme le recours des autorités à une approche purement sécuritaire pour gérer les protestations, en l’absence d’une vision globale de développement pour remédier à la situation de la région. Il a également appelé les autorités régionales et centrales à assumer leurs responsabilités en luttant contre les réseaux de trafic d’êtres humains qui exploitent la vulnérabilité des migrants et les poussent à emprunter les «barques de la mort».

Le PT a salué les manifestations de solidarité entre les habitants de Zarzis et de Ben Guerdane, y voyant le reflet d’un esprit de solidarité populaire et de la capacité des Tunisiens à faire face aux crises.

Enfin, le PT a réitéré son rejet des accords migratoires conclus avec l’Union européenne, en juillet 2023, estimant qu’ils transforment la Tunisie en gardien des frontières sud de l’Europe, alors même que la migration irrégulière continue de faire des victimes en Méditerranée.

I. B.

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La Sonede annonce des coupures d’eau à Mahdia et Sfax

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions dans la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Sfax et de Mahdia, ce lundi 24 août 2026, entre 10 heures et 20 heures.

Dans un communiqué, la société a précisé que l’interruption de l’approvisionnement est due à une coupure d’électricité survenue dans la matinée au niveau de la station de pompage principale de Karkar, qui alimente de vastes zones dans les deux gouvernorats.

Elle a ajouté que ces coupures concernent, dans le gouvernorat de Mahdia, les habitants des délégations d’El Jem, Boumerdes, Sidi Alouane, Melloulech, Bradaa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hbira et Chorban.

Les perturbations touchent, dans le gouvernorat de Sfax, les délégations d’El Hancha et Jebeniana ainsi que la zone d’El Gharaba et le centre Kammoun (délégation de Menzel Chaker).

Par ailleurs, la coupure affecte les zones en altitude des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaier, ainsi que les secteurs d’El Aouabed, El Bokâa El Baidha et la route d’El Aïn (délégation de Sfax Sud).

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Un poème pour la route | À quoi bon ?

Notre contributeur, économiste au long parcours, qui a sillonné le globe en long et en large, et dont les articles sur la situation de l’économie tunisienne font souvent le bonheur des lecteurs de Kapitalis, se découvre, à 70 ans passés, une âme de poète. Nous partageons ci-dessous son dernier poème.   

Sadok Zerelli

À quoi bon courir après les heures,

Quand le temps nous poursuit sans se lasser ?

À quoi bon bâtir des demeures,

Que le vent un jour viendra balayer ?

À quoi bon les querelles et les rancunes,

Les ambitions, les honneurs, les vanités,

Quand nous sommes tous, poussière parmi les poussières,

Des voyageurs égarés dans l’immensité ?

Nous naissons sans avoir choisi de naître,

Nous apprenons à marcher, à parler, à aimer,

Puis nous passons notre vie à vouloir être

Quelqu’un que le temps finira par oublier.

Nous sommes de passage,

Quelques battements dans l’immensité,

Une poussière de lumière sur une page

Que l’univers refermera un jour sans pitié

Et pourtant…

Il suffit d’un ciel bleu après la pluie,

D’un camélia qui un matin fleurit,

D’un poème écrit au milieu de la nuit,

Pour qu’on aime la vie.

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Décès de Abderrahmane Tlili | Le parcours heurté d’un homme controversé   

Décédé le dimanche 23 août 2026, à l’âge de 83 ans, Abderrahmane Tlili était un commis de l’Etat, un activiste politique et un homme d’affaires assez controversé dont le parcours, en dents de scie, n’a pas été un long fleuve tranquille.    

Latif Belhedi

Fils de Ahmed Tlili, l’ancien secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui s’était illustré par son opposition à la dérive dictatoriale de Habib Bourguiba, Abderrahmane Tlili n’a pas eu de scrupules à louer ses services au même Bourguiba ainsi qu’à son successeur, non moins dictateur, Zine El Abidine Ben Ali, avec lequel il s’était, cependant, brouillé à la fin, non pour des raisons politiques, mais pour des affaires d’argent. Ce qui lui valut des démêlées judiciaires et des incarcérations pour de présumés abus commis dans la gestion de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca) qu’il avait dirigé jusqu’à sa remise à la retraite d’office en 2003.    

Commis de l’ETat, le défunt a été Pdg de l’Office national de l’huile pendant 11 ans, de la Société de transport pétrolier saharien pendant 5 ans, de la Compagnie franco-tunisienne de pétrole pendant 2 ans, de la Société italo-tunisienne de pétrole pendant 4 ans et de l’Oaca pendant 3 ans.

En politique, il a démarré sa carrière au sein du Parti socialiste destourien (PSD), au pouvoir, et de son héritier le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), fondé en 1988 par Zine El-Abidine Ben Ali, avant de fonder, en 1988, à la demande de ce dernier, l’Union démocratique unioniste (UDU) d’obédience nationaliste arabe, l’un des partis du décor démocratique qui servaient d’alibi pour le dictateur de l’époque pour réprimer les vrais partis de l’opposition et les empêcher de participer aux comédies électorales.

Pour avoir servi avec zèle Ben Ali, dont il était très proche, que ses déboires avec une justice à la solde de ce dernier ne lui ont pas valu beaucoup de soutien de la part de la société civile, qui voyait dans ces déboires des règlements de comptes au sein d’un système corrompu jusqu’à la moelle.

En juillet 2004, Abderrahmane Tlili est reconnu coupable de «délits d’abus de pouvoir, de violation des procédures légales en matière de conclusion de marchés publics et de change». Et il est condamné à 9 ans de prison ferme et à une amende de 42,7 millions de dinars; il est également condamné à une amende supplémentaire de 6,7 millions de dinars à titre de réparation du préjudice matériel subi par l’Oaca et à 100 000 dinars pour le préjudice moral occasionné. Ses défenseurs avaient cependant souligné que «ni l’instruction judiciaire, ni le tribunal, n’ont pu établir la moindre preuve matérielle tangible justifiant ces peines».

Il sera libéré le 17 janvier 2011, trois jours après la chute de Ben Ali.

Le défunt avait vécu un grand drame personnel : son épouse, le docteur Saloua Tlili, a trouvé la mort le 3 juin 2003 à la suite d’une chute du premier étage du hall de l’aéroport international de Tunis-Carthage où se trouvaient alors les bureaux de son époux. Selon des amis du couple, elle souffrait d’une dépression nerveuse et se serait suicidée. Cet épisode fit beaucoup jaser à Tunis, parmi les adversaires du défunt comme parmi ses amis.

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Tunisie | La fraternité n’est pas une politique étrangère

«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge !». Cet adage bien connu revêt tout son sens dans les relations internationales où l’ «amitié» et la «fraternité» cachent souvent, selon le rapport de force sous-jacent, une volonté de domination d’un côté et une résignation dans la soumission de l’autre. Dans le «monde arabe», comme partout ailleurs, les solidarités proclamées ne remplacent pas les intérêts. La Tunisie doit refonder sa politique étrangère sur la réciprocité, la souveraineté et les bénéfices concrets pour ses citoyens.

Ali Guidara *

La Tunisie gagnerait à se libérer d’un réflexe tenace : celui qui consiste à mythifier des relations dites «fraternelles» ou «amicales», indépendamment de leur bilan concret pour le pays.

La fraternité entre États n’est pas une catégorie stratégique. Elle ne garantit ni emplois, ni investissements durables, ni débouchés commerciaux, ni souveraineté. Elle sert trop souvent de décor rhétorique à des rapports de force bien réels et des soumissions inavouées.

Il faut le dire sans détour : derrière le vocabulaire de la fraternité arabe ou islamique, de la communauté de destin ou de l’identité partagée, certains pouvoirs de la région ont entretenu avec la Tunisie une relation ambiguë, parfois hostile. Ingérences politiques, pressions idéologiques, campagnes de dénigrement, tentatives d’influence financière ou médiatique : le pays a régulièrement été traité non comme un partenaire souverain, mais comme une anomalie qu’il fallait ramener dans le rang.

Cette hostilité s’est particulièrement manifestée chaque fois que la Tunisie a tenté d’avancer sur le terrain des libertés publiques, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la pluralité politique ou de la réforme sociale. À chaque progrès, les mêmes procès en «atteinte à l’identité arabo-musulmane» resurgissent. Mais de quelle identité parle-t-on exactement ?

Il ne s’agit pas de nier l’histoire, la langue, la culture et les références religieuses de la Tunisie. Elles font partie du pays. En revanche, il faut refuser que cette identité soit réduite à un programme politique autoritaire : une société où la femme serait éternellement mineure, où la religion servirait à légitimer l’hypocrisie sociale et le contrôle politique, où toute autonomie intellectuelle serait assimilée à une trahison. La Tunisie n’a pas à choisir entre son héritage et sa liberté. Elle n’a surtout pas à accepter que d’autres régimes définissent à sa place ce qu’elle entend devenir.

La Tunisie rangée dans le carcan du bloc autocratique

Ce même jeu de «fraternité de façade» s’est révélé avec une rare netteté lors du coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui a suscité une grande satisfaction chez certains dirigeants arabes, clairement favorables à ce retour à l’autoritarisme. Des médias proches de ces régimes en ont fait le récit d’une victoire contre les Frères musulmans, alors qu’il s’agit bel et bien d’une confiscation du pouvoir et d’un verrouillage de l’appareil de l’État.

Cette prise de position doit être retenue pour ce qu’elle est : non une preuve d’amitié ou de fraternité, mais l’expression d’une préférence pour une Tunisie étouffée, gouvernée sans institutions indépendantes et rangée dans le carcan d’un bloc autocratique – la preuve, s’il en fallait une, que penser les relations internationales en termes d’amitié et de fraternité relève, au mieux, d’une naïveté politique ; au pire, d’une dangereuse illusion.

Depuis cette rupture, la légitimité du pouvoir en Tunisie demeure profondément contestée. Les consultations électorales organisées dans un contexte de verrouillage politique, d’exclusion ou d’emprisonnement d’adversaires, de restrictions contre les candidats potentiels et d’abstention massive ne peuvent conférer une légitimité au pouvoir actuel. Un scrutin ne tire pas sa validité de sa seule tenue administrative ; il suppose la liberté de concourir, d’informer, de critiquer et de choisir.

Cette réalité engage la responsabilité des futurs gouvernements tunisiens, une fois démocratiquement élus. Ils devront examiner l’ensemble des accords, engagements et arrangements conclus sous l’autorité issue du 25 juillet 2021. Il ne s’agit pas de prôner l’irresponsabilité diplomatique ou juridique, mais de rappeler une règle simple : aucun accord ne doit être considéré comme intouchable lorsqu’il a été négocié sans contrôle institutionnel effectif et sans mandat populaire crédible.

Les engagements contraires à l’intérêt national devront être annulés lorsque le droit le permet, ou renégociés avec fermeté lorsque cela est nécessaire. La continuité de l’État n’implique pas l’acceptation passive de décisions opaques, déséquilibrées ou contraires aux intérêts durables de la nation.

La politique extérieure tunisienne doit enfin reposer sur une logique d’intérêts plutôt que sur des slogans. Les priorités sont claires : consolider les relations avec les États qui offrent de véritables débouchés aux entreprises tunisiennes, accueillent une diaspora importante, investissent dans l’économie réelle et contribuent à la formation, à la recherche, aux infrastructures et à la mobilité des citoyens. Nos relations doivent être envisagées selon cette grille : quels bénéfices concrets pour la Tunisie, sa croissance, ses travailleurs, ses étudiants et sa souveraineté ?

Rompre avec la diplomatie des faux-semblants

Les relations avec les pays arabes doivent naturellement continuer lorsqu’elles servent ces objectifs. Mais elles ne doivent plus relever d’une loyauté automatique ni d’un imaginaire de fraternité obligatoire. Une relation qui ne produit ni échanges substantiels, ni coopération technologique, ni soutien fiable en période de crise, ni respect de la souveraineté tunisienne, n’a aucune raison d’occuper une place centrale dans la diplomatie du pays.

La même lucidité doit s’appliquer aux organisations régionales telles que la Ligue arabe. Lorsqu’elles se réduisent à des sommets cérémoniels, à des déclarations sans effet et à une solidarité de régimes préoccupés par leur survie, soumis à l’influence de leurs principaux bailleurs et plus soucieux de leurs intérêts que du sort des peuples, elles deviennent une dépense politique et financière sans rendement. La Tunisie n’a pas besoin de tribunes où l’on coordonne les silences face à la répression et les postures face aux crises. Elle a besoin d’alliances utiles, transparentes et respectueuses de son autonomie.

La rupture nécessaire n’est pas une rupture avec les peuples arabes, dont les aspirations à la dignité, à la liberté et à la justice rejoignent celles des Tunisiens. C’est une rupture avec la diplomatie des illusions : celle qui confond les peuples avec les régimes, l’identité avec l’obéissance, et la fraternité proclamée avec l’intérêt national.

La Tunisie n’a pas à demander la permission d’exister comme démocratie, comme État souverain et comme société libre, moderne et pluraliste. Elle doit choisir ses partenaires sur leurs actes, non sur leurs slogans.

* Docteur en politiques publiques.

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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Football | Mohamed Salah n’est pas dépaysé en Turquie  

Ce weekend, la deuxième journée de la Süper Lig de football a proposé une belle affiche pour captiver son public. Trabzonspor a reçu Basaksehir d’Istanbul. Pour le sport. Victoire 2-1 pour l’équipe receveuse. Logiquement. Avec des moments où un jeu de qualité a été proposé par les deux clubs. Ce fut l’occasion aussi de retrouver Mohamed Salah dans un nouveau contexte. Pour lui et pour nous. L’international égyptien n’a pas pris beaucoup de temps pour s’acclimater à l’ambiance turque. Véritable renard des surfaces, il a rapidement pris ses maques pour marquer…

Jean-Guillaume Lozato *

La première mi-temps a vu se déployer un jeu assez équilibré. Les locaux ont pris le jeu à leur compte, devant des visiteurs décidés à ne pas se laisser faire. Les premiers ont ouvert le score grâce à l’opportunisme de l’international égyptien Mohamed Salah, sur une action fortement disputée au cours de laquelle il a su inscrire un but sur poteau rentrant depuis le rectangle des six mètres au milieu d’une forêt de jambes.

Quelques minutes plus tard, c’est l’international ouzbek Eldor Shomurodov qui a égalisé pour les hommes du Bosphore, sur un penalty concédé par le défenseur central nigérian Chibuike Nwaiwu. Quant à Salah, il s’est encore fait remarquer sur un tir vicieux à la demi-heure de jeu. Une belle tentative que l’on insère dans ce que l’on considère comme une très belle action de jeu. À la fois par le dosage technique dont a fait usage le tireur, et par l’efficacité du gardien turc Muhammed Sengezer qui a su faire montre de dextérité et de sens acrobatique pour détourner cette balle très dangereuse. Les gardiens aussi peuvent nous faire rêver avec des gestes techniques…

L’Egyptien donne l’avantage à son nouveau club

En seconde mi-temps, nous avons retrouvé M. Salah pour redonner l’avantage à la formation de la Mer Noire suite à une-deux exemplaire : en sollicitant l’international albanais Ernest Muci comme relais, ce dernier sachant à merveille servir de point de fixation. Inspiré, l’ancien pensionnaire de Liverpool a failli être passeur décisif à la soixantième minute de jeu.

Autrement, quelques mouvements intéressants ont été à mettre au crédit de Paul Onuachu et Noah Saviolo pour les joueurs au maillot rayé  bordeaux/bleu, et à l’avantage de Bertug Ozgur Yildirim pour les oranges. Du match se dégage une impression que tout sera possible et que les futurs adversaires verront certainement rouge au moment de se mesurer aux deux équipes de la soirée.

Visionner ce match a permis de s’immerger de nouveau dans le championnat turc. Une compétition sportive de plus en plus relevée depuis une vingtaine d’année. Cela a permis aussi de constater que les réflexes liés à l’intervention de la VAR ont été assimilés et que, malgré quelques actes d’antijeu sur le continent américain en juin et en juillet, les footballeurs concernés n’ont pas cherché à harceler l’arbitre par d’interminables palabres. Les tacles ont été propres. Et une polarisation exclusive du foot autour d’Istanbul serait une grave erreur pour les observateurs.

Si l’on fait un tour d’horizon suite à la confrontation du jour, il serait bien entendu prématuré d’en tirer des conclusions précises en vue du sacrement national de fin de saison.

Le football turc est au niveau

Cependant, une autre grille d’analyse intervient, encore motivée par le souvenir récent de la Coupe du Monde. Le football turc est au niveau. Son équipe nationale n’a pas démérité puisqu’elle a su gagner contre un des pays organisateurs. Sur le continent américain, elle aurait pu faire mieux. Le sélectionneur Vincenzo Montella le sait certainement.

Nul doute qu’attirer des stars dans son championnat du football, à l’image de Mohamed Salah capitaine d’une équipe d’Egypte qui a fait trembler l’Argentine de Messi, permettra d’élargir les horizons d’analyse tant pour les dirigeants que pour les joueurs. En pensant à la Ligue des Nations où la «Milli Takim» retrouvera très prochainement la Belgique, la France et l’Italie dans ce qu’on pourrait appeler un groupe de la mort.

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Ezzahra | L’agresseur des chauffeurs de taxi arrêté

La brigade de la police judiciaire de Hammam-Lif a arrêté un individu impliqué dans une série d’agressions (vols avec violence) à l’encontre de plusieurs chauffeurs de taxi individuel.

Selon les informations disponibles, rapportées par Mosaïque FM, le suspect hélait les taxis en prétendant vouloir se rendre dans le quartier de Borj Louzir à Ezzahra, cité balnéaire située dans la banlieue sud de Tunis, et s’asseyait systématiquement à l’arrière du véhicule. Une fois arrivé dans une zone isolée, il prenait le chauffeur par surprise en l’étranglant violemment par-derrière pour le neutraliser, avant de lui dérober son téléphone portable et des sommes d’argent et de prendre la fuite.

À la suite d’investigations, les services de sécurité ont réussi à identifier l’auteur des faits et à localiser l’endroit où il se trouvait. On lui a tendu un guet-apens et procédé à son arrestation. Le ministère public a ordonné son placement en garde à vue pour les besoins de l’enquête, afin d’engager les procédures légales à son encontre et de le déférer à la justice.

I. B.

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    Tunisie | La canicule pourrait se poursuivre toute la semaine prochaine  

    La nouvelle vague de chaleur que connaît la Tunisie depuis hier, samedi 22 août 2026, devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Les températures devraient rester élevées dans la plupart des régions, accompagnées du vent de sirocco, prévoit l’Institut national de la météorologie (INM).

    À partir de ce dimanche 23 août, et durant les journées de lundi 24 et mardi 25 août, les températures connaîtront une hausse notable, dépassant les normales saisonnières de 6 à 10 degrés.

    Les températures maximales devraient osciller entre 42 et 47 degrés dans la plupart des régions, avec la présence du sirocco, tandis qu’elles varieront entre 37 et 41 degrés dans les zones côtières et les régions montagneuses.

    Les prévisions indiquent que ce temps chaud et ces températures élevées persisteront dans la majeure partie du pays au cours des prochains jours, toujours accompagnés du sirocco, ce qui nécessite de la vigilance, en particulier durant les heures les plus chaudes de la journée.

    Espérons que cette nouvelle vague de canicule ne sera pas accompagnée, comme souvent depuis la mi-juillet dernier, de pannes d’électricité et de coupures de l’eau de robinet.

    I. B.

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    Football – Ligue 1 | Quel visage pour les ténors habituels ?

    Le match phare de la première journée de la Ligue 1 de football tunisien opposera, ce dimanche 23 août 2026, à 15h30, au stade Hammadi Agrebi de Radès, l’Espérance de Tunis à l’Étoile du Sahel, un classico qui, malgré la canicule, attirera une grande foule de supporters soucieux de découvrir le nouveau visage de leurs équipes respectives.

    Cette confrontation constitue un premier test pour les ambitions des deux formations : l’Espérance aborde la nouvelle saison avec pour objectif de reconquérir le titre national, qu’elle avait perdu il y a quelques mois face à son rival historique, le Club Africain, et de maintenir sa forte présence sur la scène continentale, notamment dans le cadre de la Ligue des champions de la CAF.

    De son côté, l’Étoile du Sahel aspire à tourner la page de la saison précédente — achevée à une septième place décevante pour ses supporters — afin de retrouver son rang parmi les ténors du championnat et de briguer à nouveau le titre.

    Par ailleurs, le Club Africain, champion en titre, entame la défense de son titre par un déplacement périlleux dans le sud-ouest pour y affronter l’Étoile de Metlaoui. L’équipe de Bab Jedid, très remaniée après le départ de plusieurs éléments clés, espère confirmer la belle forme affichée la saison dernière et poursuivre son parcours fructueux sur la scène nationale, tout en préparant son retour en Ligue des champions de la CAF, avec l’ambition de réaliser une saison à la hauteur des attentes de ses supporters.

    Rappelons qu’en match avancé, samedi, les deux autres ténors de la compétition, le Stade Tunisien et le Club Sfaxien ont fait match nul 1-1.

    Programme des matchs de ce dimanche (16h30) :

    Espérance de Tunis – Étoile du Sahel | Arbitre : Haythem Trabelsi – Arbitre VAR : Asmir Sagrkovic (Slovénie) – Chaîne : Al-Watania 1.

    CA Bizertin – Avenir de La Marsa | Arbitre : Montassar Belarbi – Arbitre VAR : Amir Ayadi.

    Étoile de Metlaoui – Club Africain | Arbitre : Amir Loussif – Arbitre VAR : Aleksandar Matkovic (Slovénie) – Chaîne : Al-Watania 2 –

    Espérance de Zarzis – Olympique de Béja | Arbitre : Amine Feguir – Arbitre VAR : Haythem Guirat.

    I. B.

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    Zarzis | Poursuite des recherches des disparus du naufrage de migrants irréguliers

    Dans un communiqué publié hier soir, samedi 22 août 2026, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à l’ouverture d’une enquête sérieuse et urgente pour faire la lumière sur les circonstances du naufrage d’une embarcation transportant 15 migrants en situation irrégulière, survenu dans la nuit du vendredi à samedi, au large de Zarzis, au sud-est de la Tunisie.

    Selon d’autres sources, l’embarcation transportait 17 personnes lorsqu’elle a fait naufrage, environ six heures après avoir quitté le port d’El Ktef. Une personne a été secourue après avoir passé près de 24 heures en mer et trois corps ont été repêchés.

    L’organisation syndicale a appelé à mobiliser tous les moyens disponibles pour poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage et à garantir une prise en charge humaine et responsable de l’incident, tout en appelant à démanteler les réseaux de passeurs et de trafic d’êtres humains impliqués dans l’organisation de ces traversées et à traduire les responsables en justice.

    La centrale a également insisté sur la nécessité pour les services de l’État d’assurer un soutien psychologique et social complet aux familles touchées et de les accompagner face aux conséquences de ce drame. Et exprimé son rejet de ce qu’elle a qualifié d’«approche sécuritaire dans la gestion du dossier de la migration irrégulière», estimant que ce phénomène relève avant tout d’enjeux sociaux, économiques et humanitaires, plutôt que d’une question de sécurité.

    Pour l’UGTT, les solutions pérennes de ce fléau de la migration clandestine résident dans la mise en place de politiques économiques et sociales garantissant le droit au travail et à une vie digne dans le pays, ainsi que l’ouverture de voies légales et sûres pour la migration et le travail à l’étranger.

    Dans ce contexte, la centrale a souligné qu’elle se coordonnait avec ses partenaires au sein des organisations syndicales internationales et régionales afin de protéger les droits des migrants, de préserver leur dignité et de lutter contre toutes les formes d’exploitation.

    Pour sa part, Mustapha Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, a confirmé l’achèvement des procédures médicales concernant trois victimes repêchées du naufrage d’une embarcation de migration irrégulière, ainsi que la remise de leurs dépouilles à leurs familles ce dimanche 23 août.

    Trois ambulances ont été mobilisées pour transporter les corps de l’hôpital vers les familles, en vue de procéder aux funérailles, a-t-il ajouté. Les corps ont été transférés à l’hôpital régional Sadok Mokaddem de Djerba pour l’accomplissement des procédures nécessaires et la vérification de l’identité des défunts.

    Il convient de noter que le ministère public avait ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour franchissement illicite des frontières maritimes ayant entraîné la mort, suite au naufrage de l’embarcation au large de Zarzis.

    Les opérations de recherche des autres personnes disparues se poursuivent avec la participation d’unités maritimes côtières et d’unités navigantes, en coordination avec la Marine nationale, parallèlement à la mobilisation d’un hélicoptère pour renforcer les efforts d’intervention et de sauvetage.

    Sur un autre plan, les familles et proches des victimes ont manifesté hier soir à Ben Guerdane et des heurts ont eu lieu entre la population et les forces de l’ordre.

    I. B.  

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    Les centres de médecine esthétique bientôt réglementés en Tunisie  

    Dans un communiqué publié samedi 22 août 2026, que nous reproduisons ci-dessous, le Syndicat tunisiens des médecins esthétiques (Sytmes) salue le ralliement de l’ensemble des consœurs, confrères et sociétés savantes à la dynamique de réforme initiée et portée par ses instances représentatives.

    La publication récente du communiqué du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) concernant l’exercice illégal de la médecine constitue une étape importante dans la protection de la santé publique et dans la défense de la médecine réglementée.

    Mais cette avancée est aussi le fruit d’un travail de fond mené depuis plusieurs années par les professionnels du secteur, et notamment par Systmes qui n’a cessé d’alerter les autorités sur les dangers liés à l’exercice clandestin de la médecine esthétique.

    À travers plusieurs réunions ministérielles, et avec l’ARP, des enquêtes de terrain et la constitution de dossiers documentés concernant des personnes exerçant illégalement la médecine, Sytmes a choisi d’agir concrètement plutôt que de rester dans la simple dénonciation.

    Ces dossiers ont été officiellement transmis aux ministères afin de porter la réalité du terrain à la connaissance des autorités, de défendre les médecins qui exercent dans le respect de la réglementation et, surtout, de protéger les patients contre des pratiques réalisées en dehors de tout cadre médical et sécuritaire

    Parallèlement, Sytmes annonce la sortie officielle imminente du cahier de charges des centres de médecine esthétique pour réglementer ce secteur.

    Ce cahier des charges, représente une avancée majeure et permettra aussi de lutter contre les pratiques illégales et remplira le vide juridique ayant mené à beaucoup d’anarchie. Il permettra de mieux encadrer les pratiques, de définir les exigences nécessaires à la sécurité des patients et de distinguer clairement les professionnels de santé formés et autorisés des structures qui exercent en dehors du cadre légal.

    Sytmes tient à rappeler que ce combat n’est pas dirigé contre une profession ou contre des individus. Il s’agit avant tout d’un combat pour la sécurité du patient, pour la qualité des soins et pour le respect de la loi.

    La médecine esthétique est une médecine à part entière. Elle nécessite une formation médicale, des compétences spécifiques, des équipements conformes, une connaissance des complications et surtout la capacité de prendre en charge un patient lorsque survient un incident.

    Aujourd’hui, la reconnaissance de cette problématique par les autorités constitue une avancée que nous saluons.

    Le Sytmes continuera à travailler avec les autorités compétentes afin que les décisions prises soient réellement appliquées sur le terrain et que l’exercice de la médecine esthétique se fasse dans un cadre sécurisé, réglementé et respectueux du patient.

    Notre objectif reste le même : protéger le patient, défendre la médecine et valoriser les professionnels qui exercent dans les règles.

    Communiqué.

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    Tunisie | Les transporteurs de carburants maintiennent la pression

    La Fédération générale du pétrole s’apprête à émettre un préavis de grève dans le secteur du transport d’hydrocarbures dans les prochains jours, pour dénoncer la situation des travailleurs et exiger l’application des procès-verbaux d’accords antérieurs restés lettre morte.

    Salwan Smiri, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a expliqué, samedi 22 août 2026, dans l’émission  ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, que cette décision fait suite à l’annulation d’une réunion de négociation conjointe qui devait réunir toutes les parties prenantes ; cette réunion avait été programmée après l’intervention de la centrale syndicale pour suspendre une grève spontanée menée par les chauffeurs de camions la semaine écoulée et qui s’est traduite par une pénurie de carburants et des longues files d’attente des automobilistes dans les stations-services.

    M. Smiri a précisé que les négociations se sont limitées à des réunions parallèles : le ministère de l’Industrie et de l’Énergie, en tant qu’autorité de tutelle, a rencontré les dirigeants des entreprises de transport et de distribution d’hydrocarbures, tandis que la fédération syndicale s’est réunie avec les syndicats de base et les représentants des travailleurs pour formuler leurs revendications. Ces dernières portent essentiellement sur le respect des délais de versement des dus financiers et de délivrance des cartes de soins.

    M. Smiri a également indiqué que les discussions entre l’autorité de tutelle et les entreprises se poursuivraient demain, lundi 24 août 2026, afin d’élaborer une solution globale concernant l’ensemble des établissements. Il a enfin souligné que le secteur du transport d’hydrocarbures est détenu à 99 % par le secteur privé et a rappelé que les préavis de grève émis par le passé avaient tous abouti à des solutions à l’amiable lors des réunions, permettant de résoudre les problèmes sans en arriver à une grève effective.

    I. B.

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    La voiture électrique en Tunisie et le casse-tête des bornes de recharge

    Les usagers des voitures électriques en Tunisie font face à de grandes difficultés pour trouver des bornes de recharge en quantité suffisante et permettant une recharge rapide. Aussi le pays s’oriente-t-il vers l’extension de son réseau de recharge, parallèlement à l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire pour ce secteur. Toutefois, la généralisation des véhicules électriques soulève un défi qui dépasse la simple installation de bornes de recharge : il s’agit de la capacité du réseau électrique national à absorber des milliers de points de charge, en particulier les stations de recharge rapide.

    Adnan Haddad, expert en efficacité énergétique, a déclaré à Diwan FM que si le réseau électrique est actuellement capable de supporter la recharge des véhicules électriques, le véritable défi surgira avec le déploiement de milliers de points de charge, surtout si un grand nombre d’entre eux se concentrent dans des zones spécifiques.

    Vérifier au préalable la capacité du réseau

    M. Haddad estime que la planification du renforcement du réseau doit commencer dès maintenant, expliquant que la recharge simultanée d’une vingtaine de véhicules dans une même station pourrait entraîner une hausse considérable de la consommation ; il est donc nécessaire de vérifier au préalable la capacité du réseau local et des transformateurs à supporter de telles charges.

    Pour éviter de surcharger le réseau, l’expert préconise le recours à la technologie de recharge intelligente. Celle-ci permet de planifier et de répartir l’électricité en fonction du nombre de véhicules connectés et de la capacité disponible, rendant ainsi le processus de recharge plus compatible avec les capacités du réseau.

    Quant aux grandes stations de recharge rapide, M. Haddad estime qu’elles nécessitent des équipements électriques spécifiques ainsi que des études préalables pour déterminer la puissance énergétique requise et garantir la capacité du réseau à supporter les charges supplémentaires.

    Par ailleurs, l’expert considère que la Tunisie a l’opportunité d’intégrer les énergies renouvelables dans le système de recharge, en misant à l’avenir sur des panneaux solaires pour alimenter les stations, liant ainsi le développement de la mobilité électrique à la transition vers des sources d’énergie renouvelables.

    Il convient de noter que l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) collabore avec des investisseurs privés pour développer un réseau de bornes de recharge, tandis que des établissements publics et des municipalités ont commencé à installer des points de recharge sur leurs territoires, avait indiqué Abdelhamid Gannouni, directeur du département de l’efficacité énergétique dans le secteur des transports au sein de l’agence, dans une déclaration à l’agence Tap. Cependant, le réseau demeure encore insuffisant.

    I. B.

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    Transmed | Du mythe de la «jugulaire» à la réalité des chiffres

    En réponse à l’article intitulé «La Tunisie goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie», et afin d’apporter ma contribution sur les enjeux énergétiques et stratégiques régionaux, j’ai tenu à proposer une analyse rigoureuse et documentée. Face aux postures alarmistes et aux contresens techniques qui cherchent à altérer la perception des relations entre nos deux pays, cette contribution s’attache à déconstruire les chiffres avec méthode, tout en réaffirmant la profondeur des liens fraternels et institutionnels qui unissent l’Algérie et la Tunisie.

    Dr Abderrahmane Cherfouh *

    En instrumentalisant la peur pour se tailler un costume de sauveur, Elyes Kasri accumule les contresens techniques, les contrevérités économiques et les manipulations politiques. Une remise au point méthodique s’impose.

    1. L’illusion du corridor unique : l’Algérie, puissance multi-vectorielle

    L’affirmation selon laquelle l’Europe et l’Algérie dépendraient de manière absolue du sol tunisien pour assurer leurs flux gaziers relève d’une méconnaissance des réalités industrielles. L’Algérie n’est nullement tributaire d’un réseau terrestre unique. Grâce au gazoduc Medgaz, qui la relie directement à l’Espagne sans passer par aucun pays tiers, et à ses méga-complexes de liquéfaction de Skikda et d’Arzew, elle dispose d’un accès maritime direct aux marchés mondiaux. Sa flotte de méthaniers navigue librement en Méditerranée et vers l’Atlantique, s’affranchissant de toute contrainte de transit.

    Loin d’être une chimère ou un projet théorique, la dimension stratégique du Gazoduc Transsaharien (TSGP) est aujourd’hui une réalité opérationnelle. Les accords trilatéraux définitifs ayant été signés entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, et les travaux de chantier étant officiellement engagés sur le terrain, ce mégaprojet continental consacre définitivement l’Algérie comme le hub énergétique incontournable reliant l’Afrique subsaharienne à l’Europe.

    2. Confusion entre exportations et production globale :

    Pour bâtir sa théorie d’un rapport de force asymétrique, l’auteur opère un glissement chiffré trompeur. Il évoque un volume d’exportation de 52 milliards de mètres cubes (bcm) comme s’il s’agissait de la totalité de la ressource algérienne. C’est omettre que la production brute de l’Algérie oscille en réalité entre 100 et 135 milliards de mètres cubes par an. Plus de la moitié de cette ressource est consommée localement — alimentant 99 % de l’électricité algérienne — ou réinjectée dans les gisements pour en optimiser le rendement.

    Surtout, s’agissant du TransMed : la redevance de transit en nature (5,25 %) perçue par Tunis couvre entre 60 % et 66 % de la consommation nationale tunisienne de gaz naturel. Parler de «serrer la jugulaire» ou menacer ce flux ne provoquerait pas la ruine d’Alger, mais la coupure immédiate du réseau électrique tunisien. L’interdépendance énergétique n’est pas une arme d’oppression : elle est le socle d’une sécurité partagée.

    3. Un arbitrage industriel classique, non une «guerre psychologique»

    Qualifier les études relatives au gazoduc sous-marin Galsi (vers la Sardaigne) d’«agression» ou de «guerre psychologique» destinée à faire capituler la Tunisie relève d’une rhétorique victimaire. Dans le secteur des hydrocarbures, la recherche de routes alternatives constitue la norme de gestion des risques pour un État qui investit 60 milliards de dollars afin de porter sa production à 200 milliards de m³. La faisabilité des conduites en eaux profondes est éprouvée — comme le prouve le Medgaz —, et attribuer des intentions machiavéliques à des études de planification industrielle traduit une déconnexion inquiétante avec la réalité des marchés.

    4. Une menace pour la signature diplomatique de la Tunisie

    Inviter les négociateurs tunisiens à exiger unilatéralement une hausse de la redevance (à 8 ou 10 %) en facturant la «protection militaire» des conduites terrestres repose sur une confusion juridique grave. La sécurisation des infrastructures sur son territoire relève de la souveraineté et de la sécurité nationale de la Tunisie, non d’un service marchand facturable à un tiers. Prôner la remise en cause des traités sous le ton de la sommation entacherait la signature de l’État tunisien auprès de ses partenaires internationaux et européens — à commencer par l’Italie —, pour qui la sécurité juridique des contrats est non négociable.

    5. Démasquer les entrepreneurs de la discorde

    Derrière l’usage d’un vocabulaire d’une rare violence («tenir par la jugulaire»«capitulation») se cache la véritable intention : saborder les relations fraternelles et historiques entre deux pays frères. Les entrepreneurs de la discorde, en rupture d’influence, tentent de sacrifier l’intérêt supérieur des deux peuples.

    En cherchant à substituer au principe sacré du «Khawa-Khawa» (fraternité) la logique destructrice d’une «Adawa-Adawa» (animosité), ils offensent l’Histoire et la dignité de la diplomatie.

    Les relations entre l’Algérie et la Tunisie ne se jouent pas dans une arène où l’un doit être lésé pour que l’autre triomphe. Elles reposent sur une solidarité organique, éprouvée par les épreuves de l’Histoire, un respect strict des souverainetés et une communauté de destin qu’aucun messianisme de circonstance ne saura altérer.

    * Médecin, Canada.

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    Greffe de cheveux | La question que la Tunisie n’a pas encore posée

    La Tunisie s’installe sur un marché du tourisme capillaire estimé à un milliard de dollars par an pour la seule Turquie. Elle en importe aussi le vide réglementaire : nul ne sait, aujourd’hui, qui est habilité à tenir l’instrument. Trois mesures simples permettraient d’y répondre avant qu’un scandale ne s’en charge.

    Dr Khalil El Cadhi *

    Il y a une question simple que personne ne pose à un patient qui rentre d’une greffe de cheveux : qui tenait l’instrument ?

    Elle paraît absurde. Pour une appendicectomie, personne ne se la poserait — on sait que c’est un chirurgien. Pour la restauration capillaire, la réponse est devenue incertaine, et cette incertitude est en train de devenir un problème de santé publique. Y compris chez nous.

    Un marché d’un milliard de dollars, et presque aucune donnée

    Une étude publiée en 2025 dans Aesthetic Plastic Surgery par une équipe de la Mayo Clinic estime que la seule Turquie génère environ un milliard de dollars par an sur le tourisme capillaire, Istanbul en étant l’épicentre. Les auteurs décrivent un secteur porté par des prix très inférieurs, des forfaits tout compris, et un marketing numérique agressif qui minimise les risques. Ils décrivent aussi trois choses moins souvent citées : le rôle croissant de techniciens non supervisés, des pratiques de substitution où le patient ne rencontre pas le praticien qu’on lui a promis, et ce qu’ils appellent un «trou noir de données» — l’absence quasi totale de standardisation, de contrôle et de déclaration des complications. Personne ne compte. Les seuls chiffres qui remontent sont ceux des systèmes de santé d’origine, qui prennent en charge les patients au retour.

    La Tunisie s’installe sur ce marché. Elle en a les moyens : un corps médical formé, des prix compétitifs, une proximité avec l’Europe. Elle en importe aussi, mécaniquement, les zones grises.

    Ce que la greffe est réellement

    Il faut redire ce que recouvre le mot. Une greffe par extraction folliculaire — la technique dite FUE, aujourd’hui majoritaire — consiste à prélever un à un plusieurs milliers de follicules sur une zone donneuse, puis à les réimplanter dans des incisions de moins d’un millimètre, selon un angle, une profondeur et une densité qui déterminent le résultat pour le restant de la vie du patient.

    Ce n’est pas un soin esthétique. C’est un acte chirurgical, avec anesthésie locale, saignement, risque infectieux et risque nécrotique.

    Un chapitre de référence publié en 2023 dans Facial Plastic Surgery par Kenneth Williams et Shady El-Maghraby le formule sans détour : le prélèvement en FUE exige une longue courbe d’apprentissage, une endurance physique et une coordination œil-main supérieure à la moyenne. Les auteurs constatent que les taux de complications sont supérieurs à la moyenne dans deux situations — lorsque le médecin lui-même est insuffisamment formé, et lorsque l’acte est délégué de façon irrégulière à des personnes non habilitées et non formées.

    C’est exactement la seconde situation qui s’est industrialisée.

    Le prix d’une chaîne de montage

    En 2024, un chirurgien plasticien d’Istanbul, Fatih Ceran, a publié dans Aesthetic Plastic Surgery la plus grande série de complications documentée à ce jour sur ce point précis : dix-huit patients ayant développé une nécrose de la zone receveuse après greffe.

    Les chiffres méritent d’être lus lentement. Âge moyen : 36 ans. Tous avaient été opérés en une seule séance, avec en moyenne 3 899 unités folliculaires implantées. Les facteurs de risque relevés étaient banals et connus : tabagisme chez deux tiers d’entre eux, hypertension, diabète. Tous ont nécessité une prise en charge chirurgicale par débridement. Et surtout : cicatrices et échec de greffe chez la totalité des patients.

    Une nécrose du cuir chevelu ne se rattrape pas. Le tissu cicatriciel ne porte plus de cheveux, et il consomme définitivement une zone receveuse que le patient n’a qu’une fois.

    Une autre étude turque, publiée la même année dans le Journal of Craniofacial Surgery, rappelle que l’ischémie du lit receveur est liée aux lésions tissulaires causées par les instruments et au nombre de greffons par centimètre carré. Autrement dit : la densité et la vitesse ne sont pas des arguments commerciaux neutres. Ce sont des variables cliniques.

    Le consensus des sociétés savantes

    La position des sociétés professionnelles est constante. Dans une revue publiée en 2022 dans Der Hautarzt, Andreas Finner écrit que les risques médicaux d’une pratique «à la chaîne» de cette chirurgie par du personnel non habilité et non médecin — telle que rapportée aussi bien dans des cliniques nationales que dans le tourisme médical — ne doivent pas être sous-estimés.

    L’International Society of Hair Restoration Surgery, qui regroupe plus de 1 100 praticiens dans 70 pays, mène depuis plusieurs années une campagne de sensibilisation sur la chirurgie capillaire illicite. Sa position tient en une phrase : l’acte est médical, et il relève d’un médecin.

    Ce que je vois en consultation

    Je reçois régulièrement des patients qui viennent pour une reprise. Ce ne sont pas des cas rares ni des exceptions statistiques : c’est devenu une part identifiable de mon activité, et je ne suis pas le seul praticien de la région dans ce cas.

    Ce qui frappe dans ces consultations n’est pas la technique employée. C’est que beaucoup de ces patients sont incapables de me dire qui les a opérés. Ils ont vu un commercial avant l’intervention, parfois un médecin quelques minutes le jour même, et des opérateurs dont ils ignorent la qualification pendant les six à huit heures qu’a duré la séance. Ils n’ont pas de compte rendu opératoire. Ils ne savent pas combien de greffons ont été prélevés, ni sur quelle surface.

    Un patient qui ne peut pas nommer son opérateur ne peut ni se plaindre, ni être suivi, ni être réparé correctement.

    Trois choses que la Tunisie pourrait décider

    Rien de ce qui précède n’appelle une interdiction. La restauration capillaire est une chirurgie utile, aux résultats durables, et la Tunisie a les compétences pour la pratiquer au meilleur niveau. Ce qui manque n’est pas la compétence, c’est le cadre.

    Trois mesures, aucune coûteuse.

    Qualifier l’acte. Dire explicitement que le prélèvement et l’implantation folliculaires sont des actes médicaux, et qu’ils engagent la responsabilité d’un médecin inscrit à l’Ordre. Cela ne prive personne d’un métier : le rôle d’assistance existe, il est légitime, il est encadré ailleurs. Il faut simplement dire où passe la ligne.

    Rendre l’opérateur identifiable. Un compte rendu opératoire remis au patient, nommant le médecin responsable, la technique, le nombre de greffons et la surface traitée. C’est le minimum exigé pour n’importe quel autre acte chirurgical. Il n’y a aucune raison que celui-ci fasse exception.

    Compter. Le «trou noir de données» décrit par l’équipe de la Mayo Clinic n’est pas une fatalité. Un recueil des complications, même simple, même déclaratif, permettrait de savoir ce que produit réellement ce marché — et donnerait aux praticiens sérieux de ce pays l’argument qui leur manque aujourd’hui.

    La Tunisie a construit sa réputation médicale sur la qualité, pas sur le volume. Le tourisme capillaire est en train de tester cette réputation. Il vaudrait mieux poser la question maintenant, pendant qu’on peut encore y répondre par une règle, plutôt que dans quelques années par un scandale.

    * Chirurgien de la restauration capillaire, Djerba, Full Member de l’International Society of Hair Restoration Surgery.

    Site web de l’auteur.

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    Le poème du dimanche | ‘‘Le bruit du galop’’ de Hervé Carn

    Né en 1949 à Fumay (Ardennes) de parents bretons, Hervé Carn vit à Plancoët (Côtes-d’Armor, Bretagne). Il est poète, essayiste et enseignant.

    Docteur en littérature française, professeur agrégé de lettres modernes. Auteur de neuf romans, il a publié une dizaine de livres de poésie, Le Bruit du galop, Folle Avoine, 2019, des essais, Bernard Noël, « Poètes d’Aujourd’hui », Seghers, 1986 ; Au pays d’Aimé Césaire, Diabase, 2004. Ami de Georges Perros, il a codirigé le numéro de la revue Europe qui lui a été consacré ainsi qu’un Eloge, Georges Perros, La vie est partout, La Part Commune, 2023, récompensé en 2024 par le Prix Yves Cosson de l’Académie de Bretagne et des Pays de Loire.

    Tahar Bekri

    Celle qui te suivait

    Si proche de tes pas

    Avait enfin trouvé en toi

    Le baume qui endort

    Dans ce pays qui t’aime

    Malgré tes gestes durs

    Il est toujours en toi

    Cette trace fine nette

    Que fit son regard

    Déposé sur la nuque

    Dans l’attention appliquée

    D’un soleil réduit au trait

    Qui te fend et te fonde

    En une manière nouvelle

    De prendre congé du temps

    Au plus près des embellies

    De son ombre habitée

    *

    Mais le bleu que tu tiens

    Entre tes doigts d’ombre

    Sort du plus lointain

    Pays de ton âme

    De tes sens de ton énergie

    Que dure est la fin

    D’une vivante carapace

    Qu’enserre en tremblant

    Le souffle du vent chaud

    Gagné par la fièvre

    Ou les rauques cavalcades

    Des cils ombragés des pores

    Enneigés par la moisissure

    Des pluies et des pleurs

    Déposés sur les doigts

    Par la fleur effeuillée

    Des lèvres entrouvertes

    *

    La coulée de lave

    Souille tes lèvres

    Ramène du plus profond

    Tes émois tes désirs

    On mange le temps dis-tu

    Ou on le ronge

    Mais ton corps avance

    Quand même sous l’élan

    Du premier pas

    Comme ta langue

    Est emportée par le mot

    Qui vint se caler

    De ta bouche à la remorque

    De ton souffle de ton cri

    Poussé par le geste brutal

    D’une chute dans la nuit

    De la perte et du chagrin

    *

    Souvent en nage

    Vers le songe qui menace

    Ton corps saigne dis-tu

    Ton corps gît dans la glace

    Des draps mouillés

    Tu renonces à vivre

    Tu laisses aller tes membres

    Qui cognent contre le mur

    Dans un dernier ahan

    Dans un dernier élan

    Que tu aimerais léger

    Pareil dans les nuées

    Au vide sans image

    Aucune sinon une trace

    Ephémère et vive

    Blessante et claire

    Pour donner à la terre

    Des frissons de regret

    Ed/ Folle Avoine, 2019. (Remerciements à l’auteur)

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