La Tunisie a reçu, durant le mois de mai, un don d’équipements et de matériels de la part de la Chine destiné à l’aménagement et à la valorisation du site archéologique de Ben Arous, en prévision de son ouverture au public à la fin du mois de juillet prochain.
L’annonce a été faite mardi 26 mai 2026 par Nizar Ben Slimane, chercheur à Institut national du patrimoine (INP), cité par Mosaïque FM, ajoutant que ce don s’inscrit dans le cadre de la coopération scientifique et technique entre l’INP et le Centre national de recherche archéologique de Chine. Il marque la phase finale du projet bilatéral lancé après la signature d’un accord de coopération entre les deux institutions à la fin du mois de juin 2023.
Selon Ben Slimane, les équipements fournis permettront d’aménager le parcours de visite à l’intérieur du site et d’installer des panneaux d’orientation et d’information retraçant l’histoire et les différentes composantes archéologiques du lieu. Cette dernière phase a également été précédée par des travaux de restauration visant à protéger les structures mises au jour.
Auparavant, une équipe mixte de chercheurs tunisiens et chinois avait mené des prospections géophysiques, des fouilles stratigraphiques ainsi que des études sur les objets archéologiques découverts afin de déterminer avec précision les différentes périodes d’occupation du site.
Le site archéologique de Ben Arous a été découvert de manière fortuite en 2019, lors des travaux de construction du Complexe culturel et sportif pour la jeunesse, lui aussi financé par la Chine. Il s’étend sur une superficie de 9 000 mètres carrés.
Une impressionnante mosaïque représentant un olivier, l’une des œuvres phares du pavillon tunisien à l’Expo 2025 Osaka-Kansai, a été installée au Musée préfectoral d’art d’Oita, au Japon, en présence de l’ambassadeur de Tunisie à Tokyo, Ahmed Chafra.
Cette installation s’inscrit dans le cadre de la visite de travail de l’ambassadeur dans la préfecture japonaise et des célébrations du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et le Japon.
L’ambassade de Tunisie à Tokyo l’a annoncé dans un communiqué publié sur ses canaux officiels.
L’œuvre restera exposée au musée d’Oita jusqu’au 31 mai, avant d’être transférée définitivement à l’Université Ritsumeikan Asie-Pacifique.
Une superficie d’environ 40 mètres carrés
La mosaïque tunisienne couvre une superficie d’environ 40 mètres carrés et a été réalisée par des artisans de la ville côtière d’El Jem, qui abrite le plus grand amphithéâtre romain d’Afrique. Elle représente le patrimoine historique de la Tunisie et rend hommage à l’olivier, symbole universel de paix.
Sa réalisation a nécessité trois mois de travail continu et plus de 600 000 carreaux de pierre multicolores, sélectionnés et assemblés sous la direction de l’artiste tunisien Taïeb Zayoud, originaire de Djerba.
Un olivier vieux de 2500 ans
La mosaïque s’inspire de l’olivier d’Echraf, un arbre bicentenaire considéré comme l’un des symboles naturels et historiques les plus importants de Tunisie, dont les origines remontent à l’époque phénicienne.
Cet arbre, considéré comme le plus vieux du continent, se trouve dans le village du même nom, Echraf, situé dans le gouvernorat de Nabeul, dans la région d’El Haouaria, à l’extrémité nord du cap Bon. L’Institut tunisien de l’olivier estime son âge à environ 2 500 ans, dépassant ainsi officiellement celui de l’olivier d’Akkarit, dans le sud du pays, âgé d’environ 900 ans.
La Tunisie abrite l’une des collections de mosaïques romaines et byzantines les plus importantes, les plus vastes et les plus spectaculaires au monde. Cette extraordinaire prouesse artistique est due à l’incroyable richesse de la province d’Afrique proconsulaire (le grenier de Rome), où l’élite locale aimait décorer ses villas et ses bains publics de mosaïques d’un raffinement rare.
Aujourd’hui, le monde de la mosaïque tunisienne et la coopération archéologique connaissent une période de grande effervescence, alliant protection institutionnelle, grandes expositions internationales et synergies trans-méditerranéennes.
La production de mosaïques en Tunisie représente actuellement une combinaison unique de préservation du patrimoine archéologique et d’artisanat d’art, un secteur dynamique qui emploie des centaines de maîtres mosaïstes et de jeunes apprentis, et exporte des œuvres dans le monde entier.
La production contemporaine se divise principalement en deux axes : la reproduction commerciale et la réinterprétation artistique, et les grands projets de restauration scientifique.
La cérémonie de présentation de l’œuvre au Japon a réuni les autorités locales japonaises, des représentants du ministère japonais des Affaires étrangères, le consul honoraire de Tunisie à Osaka et le président de l’Association d’amitié Kyushu-Tunisie.
Dans son discours, l’ambassadeur Chafra a exprimé l’espoir que «cette initiative contribuera à renforcer les échanges culturels et humains entre la Tunisie et le Japon et à consolider les liens d’amitié entre les deux pays».
La 8e édition du Festival international des musiciens et créateurs en situation de handicap « Handy music festival » a une nouvelle fois prouvé que l’art et la créativité ne connaissent aucune barrière.
Organisé avec passion par l’association Ibsar et soutenu avec ferveur par la Coopération suisse en Tunisie, cet événement phare a fait vibrer plusieurs régions de la Tunisie au rythme de l’inclusion et du partage.
Cette année, le festival a déployé ses ailes à travers trois gouvernorats : De Tunis à Jendouba, en passant par Nabeul, le public a eu rendez-vous avec une programmation riche et éclectique. Au-delà des performances artistiques, ce sont de véritables activités de sensibilisation qui ont été menées, rappelant l’importance cruciale de l’accès à la culture pour tous.
Samedi 23 mai 2026, à la Cité de la Culture, quelque chose de précieux s’est joué. Au-delà d’une cérémonie, au-delà d’un palmarès, au-delà même de la littérature, la 30ᵉ édition du Prix Comar d’Or a laissé apparaître une scène plus profonde : celle d’une société qui se raconte à travers ce qu’elle écrit. Car un peuple qui écrit est un peuple qui refuse de disparaître dans le bruit du présent. Un peuple qui écrit nomme. Et un peuple qui nomme commence déjà, peut-être, à se comprendre.Vidéo de la soirée.
Manel Albouchi
Depuis trois décennies, le Prix Comar d’Or accompagne cette fidélité silencieuse entre la Tunisie et ses écrivains. Dans son allocution d’ouverture, Slaheddine Ladjimi, président du Conseil d’administration des Assurances Comar, a rappelé la vocation de cette manifestation devenue incontournable : reconnaître le talent, encourager la création, offrir aux romanciers tunisiens un espace de visibilité et de consécration. Ce qui était ambition est devenu tradition, et ce qui était tradition est devenu référence.
Cette année, 92 romans ont été retenus, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Ils n’étaient que treize lors de la première édition en 1997. Cette progression ne dit pas seulement une croissance quantitative. Elle dit un déplacement culturel profond : davantage de Tunisiens écrivent, et cela transforme silencieusement notre rapport au monde et à nous-mêmes.
Comar d’or du roman tunisien de langue arabe Fathi El Balti… … et de langue française Hichem Ben Azzouz.
Une nécessité humaine de mise en récit
Ce qui frappe d’abord, c’est l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs. Près de la moitié des œuvres présentées sont des premiers romans. Des médecins, des ingénieurs, des professionnels venus d’autres horizons prennent aujourd’hui la plume. Comme si l’écriture redevenait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une nécessité humaine de mise en récit. Écrire pour comprendre. Écrire pour transmettre. Écrire pour donner forme à ce qui, sans cela, resterait diffus, non symbolisé, parfois même psychiquement encombrant.
Longtemps, les romans tunisiens ont porté les traces immédiates de nos fractures : la révolution, la précarité, les désillusions, les impasses sociales. Cette année, un autre mouvement apparaît : un retour vers l’histoire. Comme si, face à l’incertitude du présent, la littérature cherchait à descendre dans les couches profondes de la mémoire collective. Le roman devient alors plus qu’un espace d’imaginaire : il devient un lieu où passé et avenir tentent de se relier, parfois de se réconcilier.
Cette dynamique traverse les œuvres de langue française primées. ‘‘Tunis Arkana’’ de Sofiene Ben M’Rad, lauréat du Prix Découverte en langue française, propose une plongée dans la régence de Tunis au XIXᵉ siècle, entre intrigues politiques, passions et secret d’un manuscrit enfoui à La Manouba. ‘‘Une reine sans royaume’’ de Hella Feki, Prix du Jury, suit le parcours intime d’une reine malgache exilée entre Alger, Tunis et Paris, dans une écriture empreinte de déplacement intérieur et de fragilité élégante. Quant au Comar d’Or, il a été attribué à ‘‘Sangoma le guérisseur’’ de Hichem Ben Aouz, un récit initiatique traversant les paysages de Cap Angela à Cap Agulhas, mais surtout la fracture d’un jeune médecin tunisien confronté à un système qui s’éloigne de l’essentiel : le corps, la mémoire, l’humain.
Prix spécial du Jury du roman tunisien de langue arabe Mosbah Bettaieb… … et de langue française Hella Feki.
Du côté de la littérature arabe, les distinctions confirment une sensibilité similaire. ‘‘Al Majda’’ (الماجدة) de Najoua Mkaddem explore avec finesse les tensions intérieures d’une femme prise entre amour, blessure et possibilité de départ. ‘‘Saief Assaouane’’ (سيف الصوان) de Mosbah Bettaieb reconstruit la mémoire locale et interroge l’expérience coloniale dans une langue traversée de poésie. Enfin,‘‘Dam Sayiî’’ (دم سيء) de Fathi El Balti plonge dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine, où violence, identité et désordre intérieur s’entrelacent.
Un élément s’impose cette année avec une netteté particulière : la présence du psychologique. Comme si la littérature tunisienne, après avoir longtemps raconté les événements, commençait à explorer ce qu’ils produisent à l’intérieur des sujets. Les blessures, les contradictions, les héritages invisibles. Ce déplacement est essentiel : il marque le passage d’une littérature du fait à une littérature de l’effet. Non plus seulement ce qui arrive, mais ce que cela fait à l’intérieur de celui qui vit.
Se comprendre mieux, individuellement et collectivement
Autre signe fort : plus d’un tiers des romanciers en compétition sont des femmes. Longtemps, le roman fut un espace majoritairement masculin. Écrire exige du temps, du retrait, un espace intérieur souvent contraint par les charges sociales, familiales et symboliques. Leur présence croissante signale un élargissement de la parole et une redistribution silencieuse de la légitimité à raconter. Ce n’est pas seulement un indicateur culturel, c’est une transformation du paysage psychique collectif : qui a le droit de dire le monde ?
Il faut également saluer le travail discret mais essentiel des membres des jurys, qui ont dû cette année, entre obligations professionnelles et familiales, donner d’eux-mêmes pour venir à bout d’une sélection particulièrement riche et exigeante. Leur engagement silencieux est au cœur de la crédibilité du prix, car il garantit la rigueur du choix et la continuité de cette aventure littéraire. Le jury de la langue française était présidé par Ridha Kefi, tandis que celui de la langue arabe était dirigé par Mohamed El Kadhi. Deux responsabilités assumées dans un temps fragmenté, mais avec une constance qui donne au Comar d’Or sa profondeur institutionnelle.
Prix Découverte du roman tunisien de langue arabe Najoua Mkaddem… … et de langue française Sofiane Ben M’Rad.
Il faut également saluer le rôle des maisons d’édition tunisiennes, souvent invisibles mais décisives. Entre l’écrivain et le lecteur, elles assurent la médiation essentielle qui permet au texte d’exister socialement. Soutenir les éditeurs, c’est soutenir la possibilité même de la littérature comme bien commun. Peut-être serait-il temps d’imaginer un Prix de l’éditeur, en reconnaissance de ce travail de fond sans lequel aucune œuvre ne pourrait rencontrer son public. Certaines maisons comme Hkeyet montrent déjà combien cet espace peut devenir une véritable exigence intellectuelle et esthétique.
La soirée a également été portée par l’Orchestre symphonique de Carthage, sous la direction de Hafedh Makni. La musique n’était pas un simple accompagnement : elle fonctionnait comme un autre langage du lien, rappelant que les sociétés se racontent aussi par le rythme, la vibration, l’émotion partagée.
Dans un monde traversé par les accélérations et les fractures, la culture est souvent perçue comme un supplément. Elle est en réalité ce qui permet à une société de continuer à se penser, à se symboliser, à se relier. Elle transforme l’expérience brute en récit partageable.
Hier soir, au Comar d’Or, ce n’était pas seulement la littérature tunisienne qui était célébrée. C’était une capacité collective à transformer l’expérience en langage. Et peut-être, à travers ce langage, à commencer à se comprendre un peu mieux — individuellement et collectivement.
Dans son témoignage sur le rôle du Corriere di Tunisi, journal italien paraissant à Tunis, dans son parcours universitaire et personnel, Meriem Dhouib, professeure titulaire de littérature italienne à l’Université de Manouba et l’une des plus grandes spécialistes tunisiennes de la philologie et de l’histoire de la langue italienne, a déclaré à l’agence Nova : «Le Corriere di Tunisi m’a donné accès à une langue qui prenait forme sous mes yeux et, plus que toute grammaire, m’a fait sentir que cette langue était vivante, qu’elle me parlait profondément.»
Se souvenant du rituel hebdomadaire qui la menait, lorsqu’elle était encore étudiante, du siège de la Société Dante Alighieri, avenue de la Liberté, à la bibliothèque d’El Menzah 1, munie d’un exemplaire du journal Italien de Tunis et d’un dictionnaire italien-arabe usé, Mme Dhouib a affirmé : «La littérature, aussi extraordinaire soit-elle, tend à figer la langue dans un état cristallisé : la langue d’un auteur, d’une époque, d’une intention stylistique précise. Un journal, en revanche, est par nature provisoire, ouvert et en constante évolution. Chaque numéro est une réponse au présent. Et cette apparente fragilité devient une ressource : ceux qui lisent un article de presse sont exposés à la langue telle qu’elle est aujourd’hui, et non telle qu’elle était hier». Elle a ajouté, pour mieux souligner l’importance du journalisme en langue italienne pour les étudiants tunisiens : «Le journalisme offre une langue en perpétuelle évolution : une langue vivante, qui s’adapte aux enjeux actuels, accueille de nouveaux mots et réagit aux événements du monde.»
Rappelons que le Corriere di Tunisi, fondé par Elia Finzi, un Italien dont la famille est installée en Tunisie depuis le 19e siècle, vient de célébrer son 70e anniversaire. Le seul quotidien de langue italienne publié dans le monde arabe est actuellement dirigé par Silvia Finzi, qui poursuit ainsi l’œuvre de sa famille.
La cérémonie de proclamation des prix littéraires Comar d’Or pour le roman tunisien en langues arabe et française s’est déroulée, hier soir, samedi 23 mai 2026, au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture de Tunis, dans une ambiance festive où littérature et musique ont meublé une soirée exceptionnelle, avec la participation, tout en douceur et élégance, de l’Orchestre symphonique de Carthage conduit par le maestro Hafedh Makni.(Photo : Hichem Ben Azzouz, Comar d’Or du roman tunisien en langue française).Vidéo de la soirée.
Latif Belhedi
Pour la direction des Assurances Comar, qui ont lancé ces prix en 1997, ce fut une occasion pour célébrer le trentième anniversaire de ces prix qui ont impulsé la production romanesque tunisienne, aidé à l’éclosion de nombreux talents littéraires et au développement de l’activité éditoriale nationale, ce dont témoigne le nombre record de romans examinés par les jurys cette année et qui ont approché la centaine contre à peine une vingtaine il y a trente ans. D’ailleurs, ce 30e anniversaire a été une occasion pour rendre hommage à tous ceux, romanciers, critiques littéraires et éditeurs, qui ont contribué à la promotion des Prix Comar d’Or et à leur succès grandissant, en Tunisie mais aussi à l’étranger.
Avant de proclamer le palmarès, les présidents des deux jurys se sont félicités de la qualité d’une bonne partie des romans qu’ils ont eu à examiner et dont beaucoup auraient mérité de figurer dans le palmarès de cette année. Sauf qu’ils ont dû trancher dans le vif pour ne garder que six titres, trois en arabe et trois en français dont les auteurs ont été invités à recevoir leurs prix sous les applaudissements du public présent.
Sofiane Ben M’r’Rad, Prix Découverte, et Hella Fékih, Prix spécial du jury.
Nous reproduisons ci-dessous le palmarès des Prix Comar d’Or 2026 en langue française tel que présenté par le jury.
LePrix Découverte a été attribué àSofiane Ben M’Rad pour son roman ‘Tunis Arkana’, paru aux éditions Sikelli.
Un roman historique au souffle épique qui raconte avec acuité la difficile accession de la Tunisie au progrès et à la modernité au cours de la première moitié du 19e siècle. Et ce à travers un récit passionnant, où se mêlent ambitions, amours et intrigues sanglantes autour d’un précieux manuscrit caché dans la bibliothèque du bey à Manouba.
Le Prix spécial du jury a été attribué àHella Feki pour son roman ‘Une reine sans royaume’, paru aux éditions JC Lattès.
Un roman qui retrace, avec tendresse et poésie, les pérégrinations amoureuses et intellectuelles d’une reine malgache exilée, entre Alger, Tunis et Paris, à une période charnière de l’histoire de la colonisation française.
Ce texte écrit dans une langue élégante bruissant d’images poétiques est aussi une réflexion sur l’exil, la liberté et la soif d’émancipation des peuples soumis à l’occupation étrangère.
Le Comar d’Or a été attribué à Hichem Ben Azouz pour son roman ‘Sangoma, le guérisseur’, paru aux éditions Hykeyet.
Un roman écrit avec une sensibilité à fleur de mots et qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin tunisien en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité.
C’est aussi un voyage initiatique à travers l’Afrique, de Cap Angela en Tunisie à Cap Agulhas en Afrique du Sud, en quête de l’Homme, de sa mémoire, de sa culture et de sa sagesse ancienne.
Né en 1924 à Paris, André du Boucher est poète, critique de littéraire et d’art, traducteur. Il décède en 2001 et laisse une œuvre inclassable et singulière.
Fuyant le régime de Vichy, il s’installe, jeune, avec ses parents en Amérique où il poursuit ses études. Revient en France en 1948 et publie textes critiques et de création. Ses premiers poèmes seront rassemblés et publiés dans son recueil, Dans la chaleur vacante, en 1961.
Avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupuis, il fonde la revue l’Ephémère. Son écriture, entre celles de Mallarmé et René Char, est une penture de la nature où l’homme est errant, vit dans l’inquiétude.
Tahar Bekri
La meule de l’autre été scintille. Comme la face de la terre
qu’on ne voit pas.
Je reprends ce chemin qui commence avant moi.
Comme un feu en place dans l’air immobile.
l’air qui tournoie au-dessus du chemin.
Tout a disparu. La chaleur déjà.
Souffle l’orage sans eau. Se perd l’haleine des glaciers.
Sans avoir enflammé la paille qui jonche le champ.
Cette maison dans l’autre orage. Comme un mur froid
au milieu de l’été.
Vers la paille. Vers le mur de plusieurs étés, comme un éclat
de paille dans l’épaisseur de l’été.
Dans la chaleur vacante suivi Ou le soleil, Poésie/Gallimard
Le Pavillon tunisien au village international Pantiero du Festival de Cannes a clôturé aujourd’hui ses activités, après plusieurs jours de rencontres professionnelles et de discussions ouvertes réunissant cinéastes, producteurs, réalisateurs et repéreurs de lieux de tournage venus des quatre coins du monde.
Le Pavillon tunisien a constitué un espace dédié à la promotion de la production cinématographique tunisienne, au soutien de la présence des professionnels tunisiens sur la scène internationale, ainsi qu’à la valorisation de la Tunisie en tant que destination privilégiée pour le tournage et la production cinématographique, grâce à la richesse de sa diversité naturelle et culturelle ainsi qu’à l’existence d’une infrastructure professionnelle développée.
Le pavillon a également représenté une opportunité d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération, de partenariats et d’échanges d’expertises, dans une dynamique de dialogue professionnel riche reflétant la vitalité du cinéma tunisien et sa place grandissante au sein de la scène cinématographique internationale.
La Tunisie était présente à travers l’image de son cinéma, les voix de ses créateurs et l’ambition de sa jeunesse.
Dans le cadre du soutien à la créativité des jeunes et de l’encouragement à la valorisation visuelle du patrimoine, le Centre National du Cinéma et de l’Image invite les cinéastes et les jeunes tunisiens à participer à la deuxième édition du concours de la Chaire Unesco intitulé « Un patrimoine à proximité », organisé à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine.
Ce concours vise à encourager les jeunes du monde arabe à documenter la présence du patrimoine vivant dans les détails du quotidien et à mettre en lumière son rôle dans le renforcement de l’identité et de la cohésion sociale, à travers les courts-métrages et la photographie
Les organisateurs annoncent des prix à gagner, un prix de 500 dollars américains pour la catégorie courts-métrages et trois autres de 300 dollars américains chacun pour la catégorie photographie.
La date limite d’inscription est fixée au 31 mai 2026 et l’annonce des lauréats est prévue pour le 27 septembre 2026
Les détails de participation et les conditions du concours sont disponibles via le QR Code figurant sur l’affiche.
‘‘Le Serment salé du Vaillant’’ de Mouhamed Ka s’inscrit dans un parcours éditorial singulier, presque initiatique. L’ouvrage naît en 2019, lorsque l’auteur, alors âgé de 21 ans et encore lycéen en classe de terminale, achève son manuscrit avant de le soumettre à une maison d’édition. La réponse est favorable, mais les contraintes financières repoussent la publication pendant plusieurs années. Il faudra attendre 2025, soit six ans plus tard, pour voir le roman enfin publié aux éditions Artige, sous la direction d’Alioune Badara Chidid
Djamal Guettala
Cette temporalité longue donne déjà une profondeur particulière à l’œuvre : celle d’un texte mûri dans l’attente, travaillé par le temps, et porté par une volonté d’écriture qui résiste aux obstacles matériels. Le roman apparaît ainsi comme le résultat d’une obstination littéraire rare dans les parcours émergents.
L’univers du roman s’enracine dans un espace sahélien inspiré de l’histoire de l’Empire du Macina, notamment à travers des lieux comme Hamdallahi, Horé Bowal ou Dorolmaji. Ces toponymes ne fonctionnent pas comme de simples décors, mais comme des matrices symboliques où se croisent mémoire collective, héritage historique et imaginaire mythifié.
La nature y occupe une place centrale : savanes, fleuves, forêts et villages structurent un monde où l’homme évolue dans une relation constante avec un environnement vivant, presque spirituel.
Les paysages sont décrits avec une intensité lyrique qui dépasse la simple fonction descriptive pour devenir une forme de narration parallèle.
L’univers romanesque oscille ainsi entre réalisme culturel et dimension épique, inscrivant le texte dans une tradition de récit africain où le territoire est porteur de sens.
Pulloru, Samba et la fracture de la fraternité
Au cœur du récit se déploie la figure de Pulloru, personnage central marqué par une tension entre honneur, loyauté et tragédie. Il incarne une forme de vaillance traditionnelle confrontée à la brutalité du monde et aux fractures du destin. Son parcours est profondément lié à celui de son frère Samba, dont la mort constitue l’un des événements les plus déterminants du récit.
La relation fraternelle, construite sur l’enfance partagée, la solidarité et les combats communs, est brisée par une intrigue mêlant manipulation, croyances occultes et fatalité. L’élément de la bague sacrée, objet symbolique et mystique, devient le point de bascule d’un drame où la loyauté est détournée et où la confiance se transforme en instrument de destruction.
Cette trajectoire donne au roman une dimension tragique forte : les personnages ne sont pas seulement confrontés à des ennemis extérieurs, mais à des forces invisibles qui réorganisent leur destin. Le vaillant, ici, n’est pas celui qui triomphe, mais celui qui endure la perte.
Hawa entre souffrance, spiritualité et résilience
En contrepoint du récit masculin, la figure d’Hawa occupe une place centrale dans la construction émotionnelle du roman. Son parcours est marqué par une accumulation d’épreuves : perte des parents, violence du passé, maternité, désillusions et quête de sens. Elle incarne une subjectivité profondément traversée par la douleur, mais aussi par une forme de résistance intérieure.
Hawa évolue dans un univers où la maternité devient à la fois accomplissement et fardeau symbolique. Ses expériences, souvent marquées par des moments de détresse extrême, traduisent une réflexion sur la condition féminine dans un espace social et culturel où le destin individuel reste fortement lié aux structures traditionnelles et aux croyances.
L’écriture de ses passages intimes donne au roman une densité émotionnelle particulière, où la parole devient lieu de survie et de tension entre espoir et désespoir.
Ecriture ample, lyrique et tragique
Le style de Mouhamed Ka se distingue par une écriture dense, lyrique et fortement imagée. La narration s’appuie sur des phrases longues, charriant des descriptions abondantes où la nature, les émotions et les événements s’entrelacent dans une même dynamique expressive. Le paysage devient un acteur à part entière, participant à la construction du sens et des états intérieurs des personnages.
Cette écriture, à la fois poétique et narrative, confère au roman une dimension épique assumée. Elle peut parfois ralentir la progression dramatique, mais elle participe pleinement à la construction d’un univers total, où chaque détail contribue à l’amplification du récit.
‘‘Le Serment salé du Vaillant’’ s’impose ainsi comme une œuvre de tension : entre mémoire et imaginaire, entre tragédie et élévation symbolique, entre l’humain et les forces invisibles qui le traversent.
L’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) invite au cycle « Sur la route, quêtes dans le documentaire tunisien » organisé en partenariat avec la Maison de la culture Ibn Rachiq.
Les débats en présence des réalisateurs seront modérées par les critiques Mr. Kamel Ben Ouanès et Mr. Hedi Khelil.
Ce cycle est proposé par Mme. Meriem Mejri, membre de l’ATPCC et jeune chercheure travaillant sur l’esthétique du déplacement dans le documentaire tunisien, dans le cadre d’un Master de recherche en Sciences et techniques de l’audiovisuel et du cinéma à Gammarth.
« Sur la route, quêtes dans le documentaire tunisien » se tiendra les 22 et 23 mai 2026 à la Maison de la culture Ibn rashiq
Au programme :
Vendredi 22.05.2026 à 15H : 𝐋𝐨𝐨𝐤𝐢𝐧𝐠 𝐟𝐨𝐫 𝐌𝐮𝐡𝐲𝐢𝐝𝐝𝐢𝐧 de Nacer Khémir (2014), 180′ Modérateur : Mr. Kamel Ben Ouanès, en présence du réalisateur
Samedi 23.05.2026 à 16H : 𝐓𝐫𝐚𝐯𝐞𝐥𝐥𝐢𝐧𝐠 de Ons Kamoun (2017), 77′ Modérateur : Mr. Hedi Khelil, en présence de la réalisatrice
Le long-métrage « Ronda 13 », réalisé et interprété par Mohamed Ali Nahdi, a décroché le prix du Meilleur Film lors du «Cannes Prestige Summit», une manifestation internationale organisée en marge du Festival de Cannes.
Cette distinction met en lumière le travail du réalisateur et de son équipe au sein d’un rendez-vous qui rassemble chaque année de nombreux professionnels des médias, des arts et de l’industrie cinématographique, indique le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI).
Conçu comme une plateforme d’échange et de mise en réseau (networking), le « Cannes Prestige Summit » est un événement parallèle qui se tient à Cannes durant la quinzaine du festival a pour objectif de valoriser des projets artistiques et des œuvres cinématographiques venus du monde entier à travers des projections, des rencontres professionnelles, des hommages et des remises de prix.
« Cette distinction vient confirmer la présence continue des talents tunisiens dans les différents espaces cinématographiques internationaux et offre au film Ronda 13 un rayonnement supplémentaire parmi les événements organisés durant le Festival de Cannes», ajoute encore le CNCI en félicitant toute l’équipe du film et à l’ensemble des personnes ayant contribué à cette œuvre.
Le Théâtre Al Hamra à Tunis a accueilli, samedi 16 mai 2026, le Démoday #3 du programme Tacir (Talents, Arts, Créativité, Inclusion, Recherche), porté par l’association Amavi. Point d’orgue de neuf mois d’incubation, cet événement a permis à une nouvelle génération d’entrepreneurs culturels de présenter des projets à la croisée de l’innovation, du patrimoine et des nouveaux usages numériques.
Durant une matinée rythmée par les présentations, onze jeunes talents, porteurs de huit projets issus de la cohorte Tunis #2, ont dévoilé des initiatives qui témoignent de la vitalité croissante des industries culturelles et créatives (ICC) en Tunisie.
Les projets présentés illustrent une tendance marquée à l’hybridation : entre numérique et artisanat, entre mémoire et innovation, entre territoire et expérience immersive.
Des concepts comme R3Act, application gamifiée visant à encourager des comportements écologiques, Keyen, expérience artistique immersive ancrée dans les territoires, ou encore Herafy’In, plateforme dédiée à la valorisation des savoir-faire artisanaux, côtoient des propositions plus narratives comme Gaddeda, centrée sur les récits du terroir, ou Hors Champ, un podcast vidéo consacré aux métiers du cinéma.
Cette diversité reflète une scène créative en pleine mutation, attentive à ses racines tout en résolument tournée vers de nouveaux formats.
Trois projets prometteurs récompensés
L’un des moments les plus attendus de la journée a été l’annonce des trois projets à fort potentiel : Büklab, Hors Champ et Gadded, chacun bénéficiant d’un cash prize de 5 000 dinars destiné à accélérer la phase d’implémentation de leurs solutions.
Trois porteurs de projets issus de la première cohorte ont partagé leurs retours d’expérience et témoigner de l’état d’avancement de leurs initiatives. Parmi eux, le projet Defender, désormais labellisé startup, a particulièrement retenu l’attention, illustrant la capacité du programme à accompagner des trajectoires entrepreneuriales au-delà de la phase d’incubation.
Les autres projets présentés n’en demeurent pas moins révélateurs d’une dynamique plus large. Qu’il s’agisse de plateformes dédiées à l’artisanat, d’expériences immersives territoriales ou d’applications à dimension écologique, l’ensemble de la cohorte témoigne d’une volonté de repenser les modes de production et de diffusion culturelles.
Cette génération de porteurs de projets se distingue par sa capacité à naviguer entre plusieurs registres : artistique, technologique et entrepreneurial. Elle incarne une évolution des pratiques culturelles en Tunisie, où la création s’accompagne de plus en plus d’une réflexion sur les usages, les publics et les modèles économiques.
À l’occasion de la Journée nationale de l’agriculture célébrée le 12 mai 2026, le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche a dévoilé un nouvel habillage de son mur extérieur sur l’avenue Alain Savary à Tunis, dans le cadre de la campagne Agridays, menée en collaboration avec l’Agence de vulgarisation et de formation agricoles (AVFA).
À travers ce nouvel habillage visuel, la campagne met en lumière une agriculture tunisienne en pleine transformation, qui se veut plus innovante, plus technologique et tournée vers les métiers d’avenir.
Fresques artistiques et panneaux visuels valorisent les nouvelles réalités des secteurs agricole et maritime : industries agroalimentaires, aquaculture, mécanique navale, agriculture intelligente, transformation des produits agricoles, innovation et entrepreneuriat.
Le parcours met également en avant les métiers qui recrutent ainsi que les compétences recherchées dans les filières agricoles, agroalimentaires et maritimes.
Une place importante est accordée à la formation professionnelle agricole et maritime à travers des visuels consacrés aux centres de formation de l’AVFA, aux parcours des apprenants et aux opportunités offertes aux jeunes dans les différentes régions du pays.
La campagne valorise aussi une nouvelle génération de jeunes qui choisissent aujourd’hui l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche comme secteurs d’avenir.
À travers plusieurs visuels et témoignages, Agridays met en avant des parcours de jeunes ayant évolué dans ces métiers grâce à la formation, à l’innovation et à l’entrepreneuriat.
Placée sous le slogan «La sécurité alimentaire est une décision et non un choix», la campagne Agridays vise à sensibiliser le public aux enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation, d’emploi et d’adaptation climatique.
En parallèle, plusieurs centres de formation professionnelle relevant de l’AVFA organisent des activités immersives en lien direct avec le monde professionnel.
À Ben Arous, des apprenants ont découvert les métiers de la transformation agroalimentaire au sein de l’entreprise Al Jazira.
À Kélibia, une table ronde a réuni entreprises du secteur maritime et jeunes en formation autour des besoins du marché de l’emploi.
À Barrouta, d’anciens apprenants devenus entrepreneurs ont partagé leurs parcours avec les jeunes du centre.
À Chott Mariem, une startup spécialisée dans l’agriculture intelligente a présenté des solutions technologiques appliquées au secteur agricole.
Cette campagne vient mettre en lumière les efforts déployés par l’AVFA pour moderniser ses centres de formation professionnelle et améliorer son offre de services en faveur des jeunes.
Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de partenariats stratégiques, notamment à travers le programme Trace et le projet Nexus Skills & Jobs for Youth, qui accompagnent l’AVFA dans sa mission de renforcer l’inclusion économique des femmes et des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche.
Jeudi 21 mai 2026 à 21h30, le Mucem de Marseille accueillera, sur le Fort Saint-Jean, une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. Présentée dans le cadre du festival ‘Oh les beaux jours !’, la soirée intitulée ‘‘Omar Sharif, ma grand-mère et moi” ne sera jouée qu’une seule fois.
Au centre de cette proposition, la figure d’Omar Sharif agit comme un fil conducteur reliant récits intimes, imaginaires familiaux et mémoire culturelle du monde arabe et méditerranéen.
Star née en Égypte, icône du cinéma international, il devient ici un point de passage entre histoires personnelles et héritages partagés.
Mais au-delà de cette présence centrale, la soirée accorde une place marquée à la Tunisie et à ses résonances historiques et contemporaines.
La figure de Habib Bourguiba traverse le spectacle comme celle d’un fondateur essentiel et controversé. Architecte de la Tunisie moderne, entre mythe national et fin de règne, il incarne une mémoire politique toujours active, interrogée à travers les récits et les écritures de la soirée.
La création met également en lumière la voix de l’écrivaine Amira Ghenim, dont les textes explorent les tensions entre mémoire intime, histoire sociale et héritages politiques dans l’espace tunisien et maghrébin.
Autour de cet axe tunisien gravitent d’autres figures majeures du monde arabe et méditerranéen : Warda Al-Jazairia, icône de la chanson engagée en Algérie ; Assia Djebar, grande voix littéraire du Maghreb ; ou encore Berlanti Abdelhamid, figure du cinéma égyptien.
Mise en scène par Amine Adjina, la soirée réunit également Marwan Chahine, Maya Ouabadi, Nassera Tamer et Abdellah Taïa, autour de textes inédits mêlant récits personnels et figures de mémoire.
Dans le décor du Fort Saint-Jean, face à la mer, cette création compose une cartographie sensible où la Méditerranée devient espace de circulation des voix, des histoires et des héritages. Une seule soirée. Le jeudi 21 mai à 21h30.
L’Institut français de Tunisie (IFT) propose la projection du film « Le 13e Round » en présence du réalisateur Mohamed-Ali Nahdi.
Le rendez-vous est donné pour ce jeudi 21 mai 2026 à 18h à l’auditorium de l’IFT et les billets (Tarif : 6 DT) sont en vente à l’accueil de l’Institut et sur son site
—- Résumé —-
Ancien champion de boxe, Kamel a abandonné sa carrière pour Samia et partage une vie heureuse avec leur fils Sabri. Lorsque Sabri se fracture le bras, des examens révèlent une tumeur maligne, bouleversant profondément l’équilibre familial.
L’événement culturel et humanitaireBeirut Animation Nights se tiendra le jeudi 21 mai 2026 à partir de 18h30 au CinéMadart à Carthage. A cette occasion, seront projetés7 courts métrages d’animation d’auteur-trices issu-e-s du monde arabe (Liban, Jordanie, Maroc et Syrie). L’intégralité de la recette de la projection et des dons seront reversée à la Croix-Rouge libanaise afin de soutenir les efforts de secours d’urgence en faveur des victimes de l’agression sioniste contre ce pays frère et ami.
En raison de l’agression militaire israélienne en cours contre le Liban, qui a fait plus de 1 450 morts — dont 126 enfants — et déplacé plus de 1,2 million de personnes, soit près de 22 % de l’ensemble de la population libanaise, Beirut Animation Nights poursuit sa mission de promotion internationale des voix de l’animation libanaise tout en affirmant sa solidarité avec les populations les plus durement touchées.
Des familles entières ont été contraintes de fuir sans aucun refuge. Des écoles ont été transformées en centres d’hébergement, et plus de 40 % des élèves au Liban ont été déplacés.
Face à cette situation, la culture demeure l’un des outils les plus puissants de résilience et de dignité.
Le Programme de tournée internationale de Beirut Animation Nights propose une sélection itinérante de courts métrages d’animation provenant du Liban et d’autres pays du monde, issus des éditions actuelles et passées du festival.
Il s’agit d’une manière de soutenir les familles déplacées du sud du Liban — en maintenant vivante la créativité libanaise sur la scène internationale tout en apportant une aide concrète à celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Programme d’animation arabe (67 min)
Une sélection curatée d’œuvres d’animation d’auteur provenant du monde arabe : Liban, Jordanie, Maroc et Syrie. Ce programme explore les thèmes de la censure, de la mémoire, de l’exil, de l’amour et de la résistance. Des récits intimes et personnels aux voyages allégoriques d’envergure, il met en lumière la richesse et la profondeur de la scène contemporaine de l’animation arabe.
Il s’agit de ‘‘Downfall’’ de Rona Fayyad (3min, Liban) ; ‘‘Shadows’’ de Rand Beiruty (14 min, Jordanie) ; ‘‘Crowman’’ de Yohan Abdelnour (7min, Liban) ; ‘‘Samt’’ de Chadi Aoun (15min, Liban) ; ‘‘Shadow of the butterflies’’ de Sofia el Khyari (9 min, Maroc) ; ‘‘As i was a tree’’ de Jalal Maghout (17 min, Syrie) ; et ‘‘The weight of it all’’ de Melinda Mouzannar (1:55 min, Liban).
Billets disponibles au CinéMadart et en ligne sur ce lien.
La Tunisie participe, les 18 et 19 mai 2026, à la 14ème session du Comité subsidiaire de la réunion des Etats parties à la Convention de l’Unesco de 1970, relative aux mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.
A cette occasion, l’Ambassadeur délégué permanent de la Tunisie auprès de l’UNESCO, M. Dhia Khaled, a souligné l’importance des synergies développées entre les différentes Conventions pertinentes de l’Unesco dans la consolidation des efforts de la communauté internationale en matière de protection des biens culturels sous toutes leurs formes.
Dhia KHALED a également rappelé que la Tunisie s’est associée récemment aux travaux de la réunion de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique consacrée aux techniques nucléaires appliquées à la préservation du patrimoine culturel, témoignant de l’engagement actif de notre pays dans les efforts scientifiques multilatéraux visant à instaurer des outils d’authentification rigoureux au service de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels.
Il a par ailleurs mis l’accent sur l’importance des outils innovants mis en place par l’UNESCO, tels que le Musée virtuel des biens culturels volés, la base de données CultNatLaws et la boîte à outils consacrée à la lutte contre le trafic illicite en ligne.
Enfin, il a appelé à une restitution à leurs pays d’origine du patrimoine culturel et archéologique, illicitement déplacé, et ce dans un acte de réconciliation mémorielle et de justice patrimoniale.
La Journée internationale des musées (JIM) 2026, célébrée ce 18 mai, a pour thème «Les musées unissent un monde divisé». Dans les territoires palestiniens occupés, les musées, vivant dans la précarité quand ils ne sont pas carrément menacés dans leur existence, sont d’abord soucieux de pourvoir à leur salut. Loin d’être en mesure d’accomplir convenablement leur mission ordinaire, ils sont encore moins capables de répondre pleinement à l’appel lancé, cette année-ci, par le Conseil international des musées (Icom) qui fête son 80e anniversaire.(Photo : Israël continue de détruire le patrimoine archéologique et historique de la Palestine).
Houcine Jaïdi *
Face aux destructions et aux restrictions générées par la machine de guerre israélienne relayée par la colonisation sauvage, et compte tenu du désengagement quasi général de la communauté internationale face à la question palestinienne, la préservation et la médiatisation des collections muséales de la Palestine pourraient être assurées, efficacement, par un musée virtuel du patrimoine palestinien.
Palestine : des collections précieuses sous menace continue
Jusqu’au déclenchement de la dernière guerre de Gaza, la Palestine comptait une trentaine de musées situés, pour l’essentiel, en Cisjordanie. Créés, dans leur grande majorité, depuis l’installation de l’Autorité palestinienne à Ramallah, il y a près de 30 ans, ils reflètent la solidité du lien entre le dynamisme culturel et la lutte pour l’indépendance.
Rapportée à l’exiguïté des territoires palestiniens, la densité des musées est remarquable. Les établissements muséaux se distinguent aussi par la grande variété de leurs collections et des parties qui les ont initiés et développés.
Le fait que la majorité des musées soit constituée d’établissements consacrés entièrement ou en grande partie aux arts et aux traditions populaires s’explique d’abord par le souci de préserver le patrimoine immatériel chargé de mémoire encore vive et de le transmettre aux jeunes d’aujourd’hui et de demain. On retrouve, dans cette démarche, un grand attachement à faire connaître le passé plus ou moins lointain avec tout ce qui l’a meublé comme savoir-faire, arts et mode de vie.
En filigrane, il y a l’attachement à la terre spoliée ou menacée d’annexion. Cet objectif fait naturellement place aux pièces archéologiques qui, comme les sites et les monuments, apportent la preuve matérielle de l’ancrage géographique et de la contribution au développent de la civilisation universelle. Mais le volet archéologique du patrimoine palestinien est soumis à des entraves et à des restrictions qui expliquent le fait qu’il soit relativement peu représenté dans les musées.
Aux musées dédiés aux arts et traditions populaires ainsi qu’à l’archéologie s’ajoutent les musées dédiés à des personnalités nationales, à des communautés particulières, aux sciences ou à l’histoire naturelle.
Si plusieurs musées sont sous la tutelle du ministère palestinien du Tourisme et des Antiquités, un bon nombre d’établissements sont gérés par d’autres parties : municipalités, universités, associations, particuliers, fondations, groupes ethniques, ordres religieux…
Cette diversité en matière de gestion, génératrice d’une grande créativité, n’a pas d’équivalent dans le monde arabe où domine la centralisation étatique avec une autorité déléguée à un organisme exclusif qui gère le patrimoine culturel en ne tolérant aucun partage des prérogatives.
Le grand dynamisme palestinien en matière de musée s’explique autant par le pragmatisme des parties prenantes animées par une grande émulation que par l’épaisseur historique des territoires occupés qui ont appartenu, jusqu’au début du XXe siècle, à la Palestine historique d’avant le mandat britannique.
Cette terre, pétrie d’histoire, a été, depuis la haute Antiquité, au carrefour des grandes voies de communication terrestres et maritimes et a été marquée par l’accumulation des réalisations matérielles, des communautés, des spiritualités et des mémoires.
Certains musées palestiniens sont particulièrement remarquables à un titre ou à un autre, comme le laissent voir leur dénomination : le Musée des prisonniers, le Musée des sciences et le Musée des mathématiques hébergés tous les trois par l’Université Al-Qods ; le Musée arménien à Jérusalem-Est ; le Musée Al-Badd de Bethléhem, dédié à l’huile d’olive ; le Musée de Yasser Arafat et le Musée Mahmoud Darwich à Ramallah ; le Musée russe à Ariha et le Musée archéologique de Gaza, créé par un particulier (Jawdat Al-Khoudhary) qui l’a installé dans le hall d’un hôtel lui appartenant.
Les fragilités des musées palestiniens sont, pour l’essentiel, dues directement ou indirectement à la colonisation. Un fait majeur remonte à plus d’un demi-siècle.
Au lendemain de la Guerre des Six Jours et de l’annexion de la Cisjordanie, Israël a fait main basse sur le Musée archéologique de Palestine (appelé aussi Musée Rockefeller) situé à Jérusalem-Est. L’établissement inauguré en 1938, sous le mandat britannique, a été géré par la Jordanie à partir de 1948. Depuis son accaparement par l’État hébreu, en 1967, il a été rattaché au Musée israélien, fondé en 1965, à Jérusalem-Ouest, avec tous les attributs d’un musée «national».
Tout récemment, la Bande de Gaza, qui a été le théâtre d’un génocide, a vu ses quatre musées complètement détruits, pour la plupart, au tout début de la guerre commencée en octobre 2023. Ainsi, il ne reste plus rien du Musée archéologique de Gaza, du Musée culturel d’Al-Qarara, du Musée du Palais du Pacha et du Musée de Rafah.
Ce nettoyage culturel a aussi affecté des sites archéologiques majeurs dont le port antique d’Anthédon qui a été anéanti et le site du monastère de saint Hilarion, endommagé puis sauvé de justesse par son inscription précipitée sur la Liste patrimoine mondial, en juillet 2024.
Au cours du demi-siècle qui sépare la confiscation du Musée archéologique de Palestine de la pulvérisation des musées de la Bande de Gaza, les établissements muséaux palestiniens ont souffert, à maintes reprises, des brimades, des restrictions et des isolements décidés par les autorités israéliennes. Depuis plusieurs décennies, l’accès au Musée de l’Université de Bir Zeit a pâti des nombreux raids effectués par l’armée israélienne contre l’établissement universitaire. Le matériel offert par le Japon pour la mise en valeur du site du Palais de Hichem à Ariha a été longtemps bloqué par les autorités israéliennes.
Musée archéologique de Jérusalem ou Musée Rockfeller / Musée d’art islamique à Al-Qods / Musée de l’Université d’Al-Khalil en Cisjordanie.
Cette difficulté d’accès au matériel et les entraves administratives ainsi que les menaces des colons empêchent les Palestiniens de Cisjordanie de pratiquer des fouilles qui pourraient alimenter les collections de leurs musées. Pire que tout, les velléités d’annexion de la Cisjordanie, exprimées par plus d’un parti israélien, fait sérieusement craindre, pour les musées de ce territoire, un sort comparable à celui des établissements de Gaza.
L’attachement des Palestiniens à leur patrimoine ne doit pas faire oublier tout ce qu’ils endurent, quotidiennement, comme perte de temps et vexations à l’occasion de leurs déplacements d’une localité à une autre. A cela s’ajoute l’impossibilité de la circulation entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza depuis que cette dernière a été soumise au blocus israélien, en 2007.
Ces entraves, qui réduisent l’accessibilité aux musées pour les Palestiniens des territoires occupés (notamment dans les zones de Cisjordanie qui sont sous contrôle israélien exclusif) et ceux de la diaspora, concernent aussi les touristes étrangers dont beaucoup s’intéressent particulièrement aux monuments et aux musées en rapport avec l’histoire des religions. En Cisjordanie, le tourisme religieux, très important pour l’économie locale, a toujours pâti de la recrudescence des offensives israéliennes contre les différentes villes et villages palestiniens.
Dans la Bande de Gaza, les collectionneurs privés de pièces archéologiques ont certes sauvé des biens patrimoniaux en les conservant. Mais cela ne fait pas oublier qu’il s’agit souvent de découvertes fortuites et parfois de fouilles clandestines qui ne fournissent aucune contextualisation pour les trouvailles. Celles-ci sont, alors, au mieux des objets d’art et ne peuvent jamais prétendre au statut de document qui illustre une séquence historique.
Malgré toutes les bonnes intentions, il y a aussi à craindre les sorties clandestines d’objets archéologiques. L’exemple tout récent des objets égyptiens, retrouvés au Metropolitan Museum of Art de New York et au Musée du Louvre-Abou-Dhabi, montre que les réseaux de trafiquants sont d’autant plus redoutables qu’ils peuvent offrir des fortunes à leurs fournisseurs et bénéficier de couvertures officielles en très haut lieu.
Musée du patrimoine palestinien à Jérusalem Est/ Musée Dura.
Un musée virtuel scientifique, accessible au grand public
Un musée en ligne aurait le mérite de consigner et diffuser la documentation relative à des collections difficilement accessibles pour les Palestiniens d’abord et pour tous ceux qui, de par le monde, veulent connaître un patrimoine piégé par la colonisation et exposé aux pires malheurs y compris la destruction complète comme cela vient d’arriver dans la Bande de Gaza.
En 2022, l’Unesco a lancé l’idée du Musée virtuel Unesco des biens culturels volés. Ce projet, qui a été inauguré en septembre 2025, était, en fait, adossé à plusieurs initiatives, nées après l’invasion de l’Irak en 2003 et renforcées, depuis 2011, suite au chaos qui s’est installé en Libye et en Syrie.
Dans ces trois pays arabes, la chute des régimes ou les attaques auxquelles ils ont eu à faire face, ont été accompagnées de pillages plus ou moins systématiques des musées et des sites archéologiques. L’effort de l’Unesco, qui continue en se diversifiant, a déjà donné de bons résultats.
Les acquis et l’espoir générés par l’initiative de l’Unesco font de cet organisation la partie toute désignée pour lancer un musée virtuel dédié au patrimoine muséal palestinien qui vit sous menace depuis la création de l’État d’Israël. Pour un tel projet, l’ Unesco dispose déjà d’une assise solide constituée récemment par le travail d’une l’équipe de chercheuses et chercheurs appartenant à plusieurs disciplines, qui a lancé, récemment un site web intitulé ‘‘Gaza Histoire, inventaire d’un patrimoine bombardé’’. Ce site a pour objectif l’inventaire des sites patrimoniaux endommagés ou détruits pendant l’offensive israélienne contre Gaza, entamée il y a plus de deux ans et demi. Consignée dans un blog hébergé par Open Edition, le portail français de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, la documentation des pertes subies par le patrimoine dans la Bande de Gaza est déjà importante.
Un musée virtuel est une œuvre scientifique et technique de haut niveau. L’ICOM pourrait piloter l’œuvre, sous l’égide de l’Unesco, en la faisant superviser par un Conseil scientifique international qui réunirait aux côtés des experts palestiniens, des spécialistes volontaires du monde entier.
Le grand élan de solidarité suscité dans le monde universitaire des cinq continents, depuis plus de deux ans, par la destruction des biens culturels de la Bande de Gaza devrait garantir le succès du projet.
Pour l’architecture du site qui hébergerait le musée, les promoteurs pourraient s’inspirer des banques de données similaires qui, tout en étant à contenu scientifique, sont conçues de manière à être attrayantes pour les non-spécialistes.
L’un des meilleurs exemples de cette orientation est la banque de données «achemenet» dont le site Web a été lancé en 2000 par Pierre Briant, alors Professeur au Collège de France. La réalisation est dédiée à la civilisation de l’empire perse achéménide (vers 550-330 av. J.-C.) qui a rayonné sur une très vaste zone du Moyen-Orient, englobant la Palestine. Conçue pour favoriser la recherche dans une démarche interdisciplinaire, la banque de données offre une centaine de milliers d’images en 3 D de pièces archéologiques conservées dans une multitude de pays, de très nombreux textes rédigés en différentes langues et une riche documentation sur les sites archéologiques qui ont révélé des traces de la civilisation achéménide. A ces données s’ajoutent une bibliothèque et une revue numériques.
Musée du Vieil Al-Khalil /Musée russe de Ariha.
Depuis une décennie, l’Institut du Monde Arabe (IMA) s’est distingué par l’attention qu’il a portée au patrimoine culturel palestinien. A l’initiative de l’universitaire, écrivain et diplomate palestinien, Elias Sanbar (ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO, de 2006 à 2021), l’IMA abrite, depuis 2016, la collection du futur Musée national d’art moderne et contemporain de la Palestine, constituée à partir de dons d’artistes.
Dans la seconde moitié de l’année 2023, l’établissement parisien a organisé un cycle de manifestations, intitulé «Ce que la Palestine apporte au monde». Centré sur trois grandes expositions d’artistes palestiniens modernes et contemporains auxquels ont été associés d’autres artistes du monde arabe et d’ailleurs, le cycle a accueilli diverses rencontres littéraires, cinématographiques et scientifiques.
Alors que la guerre faisait encore rage dans la Bande de Gaza, l’IMA a organisé, à partir du 3 avril 2025, une exposition intitulée ‘‘Trésors sauvés de Gaza – 5000 ans d’histoire’’. L’exposition, qui a duré jusqu’au 7 décembre dernier, a été organisée en collaboration avec le Musée d’art et d’archéologie de Genève et le ministère du Tourisme et des Antiquités de la Palestine. Elle a donné à voir 130 pièces datant de l’Âge du bronze à l’époque ottomane et qui provenaient soit des fouilles franco-palestiniennes entreprise à Gaza depuis une trentaine d’années, soit de la très riche collection privée ayant appartenu à l’entrepreneur en BTP Jawdat Al-Khoudhary.
Les objets exposés dernièrement à l’IMA avaient été prêtés par l’Autorité palestinienne au Musée de Genève pour une exposition, organisée en 2007. Depuis, ils sont restés, bloqués dans la ville helvétique suite au blocage imposé par Israël à la Bande de Gaza, en juin 2007.
Cette mésaventure s’est révélée salutaire pour les objets provenant de Gaza car le reste de la collection du Musée de Jawdat Al-Khoudary a été complètement détruit par les bombardements israéliens en décembre2023.
Nul doute qu’avec tout ce qu’il a montré, au cours de la dernière décennie, comme savoir-faire et détermination à faire connaître l’actualité et le passé palestiniens, l’IMA serait un partenaire de choix pour un musée virtuel du patrimoine palestinien. Outre son savoir-faire propre, l’établissement saurait, le moment venu, mobiliser son vaste réseau en Europe et ailleurs.
Dédié dans un premier temps, aux biens culturels matériels et immatériels regroupés dans les musées palestiniens actuels ainsi que ceux qui ont été accaparés ou détruits, le musée virtuel palestinien pourrait par la suite se développer dans plusieurs directions : faire connaître les sites et monuments classés sur la Liste du patrimoine mondial ou sur la Liste indicative de l’Unesco, documenter les sites archéologiques, constituer des collections dédiées à la production artistique, créer une bibliothèque numérique … Ce grand portail du patrimoine culturel palestinien, qui gagnerait à être multilingue, ne serait pas un simple conservatoire ; il offrirait aussi une matière précieuse pour la recherche.
Le financement du musée virtuel ne devrait pas poser de problème majeur si un appel solennel est lancé par l’Unesco. De nombreux pays devraient s’y intéresser comme cela a déjà été attesté surtout depuis une quinzaine d’années. Rappelons, l’exemple de la Suède qui a signé, en 2012, l’année qui a suivi celle de l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, un partenariat avec l’organisation internationale, en vue de financer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine palestinien. A ce jour, le pays nordique a financé 75 actions pour un montant avoisinant les 20 millions de dollars américains.
Musée Mahmoud Darwish.
Un musée virtuel dédié au patrimoine palestinien serait, de par ses objectifs multiples, un acte fort contre le nettoyage cultuel déjà entamé par Israël. Ne cherchant ni à victimiser ni à héroïser les Palestiniens, il serait, pour le monde entier, une grande galerie qui expose les différentes composantes du patrimoine culturel des territoires occupés. Ses documents en tous genres montreraient la vraie histoire d’un pays colonisé qui a à lutter sans relâche pour la sauvegarde d’un patrimoine particulièrement fragilisé et la transmission d’une mémoire sapée par l’occultation systématique. Sa réalisation honorerait l’Unesco et ceux qui s’y associeraient car il s’agirait, au final, d’un acte de justice qui, à sa manière, pourrait aider les Palestiniens à asseoir l’État souverain auquel ils ont droit d’abord pour des raisons historiques dont le patrimoine culturel est un reflet éloquent.