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Tunisie | Aïd al-Adha : Grâce présidentielle en faveur de 1187 détenus

À l’occasion de l’Aïd El-Adha, le chef de l’Etat Kaïs Saïed, a accordé une grâce présidentielle à 1187 détenus, a annoncé la présidence de la République ce mardi 26 mai 2026.

Selon un communiqué officiel, cette mesure exceptionnelle permettra la libération immédiate des prisonniers concernés et qui a notamment visé le député Ahmed Saidani, condamné à huit mois pour atteinte à autrui, via un réseau de communication.

Par ailleurs, le chef de l’État a ordonné l’octroi de la libération conditionnelle pour 187 détenus supplémentaires, précise la même source.

Y. N.

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Cour d’appel de Tunis | Le procès Daboussi renvoyé au 5 juin prochain

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a examiné le dossier sur le décès de l’ancien député Jilani Daboussi impliquant plusieurs anciens dirigeants, à l’ancien ministre de la Justice Noureddine Bhiri.

La Cour a décidé, vendredi 22 mai 2026, de rejeter l’ensemble des demandes de remise en liberté déposées par la défense et a ordonné le report du procès au 5 juin prochain.

Pour rappel, le tribunal de première instance de Tunis avait rendu son verdict initial dans cette affaire, condamnant Noureddine Bhiri et Mondher Ounissi (dirigeants Ennahdha) à une peine de quatre ans de prison chacun.

Un ancien procureur général à la retraite ainsi qu’une ancienne médecin de la prison civile de Mornaguia ont écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis.

L’examen de l’affaire se poursuivra donc lors de la prochaine audience fixée au début du mois de juin.

Y. N.

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Aïd Al Adha | Rituel inaccessible et fracture du collectif

Cette année, pour de nombreuses familles tunisiennes, le sacrifice de l’Aïd ne sera pas empêché par un manque de foi, mais par un prix. Pourtant, ce qui vacille dépasse largement la question du pouvoir d’achat. C’est une continuité psychique et symbolique qui se fragilise, un sentiment d’appartenance qui se fissure, un «nous souverain» qui cherche une nouvelle manière de tenir debout.

Manel Albouchi *

Nous aimons nous croire libres, émancipés des dogmes et maîtres de nos trajectoires. Pourtant, il suffit parfois d’un geste absent pour comprendre à quel point nous sommes organisés par ce que nous répétons sans y penser. L’express dans un café bien précis. La cigarette de la pause. Le verre entre amis après une journée trop pleine.

Nous avons appris à lire la société à travers des tableurs : inflation, courbes de croissance, pouvoir d’achat… Mais les transformations les plus profondes ne passent pas par les statistiques. Elles se nichent dans les gestes. Ceux qui persistent sans avoir besoin d’être validés ou expliqués. Ceux qui organisent silencieusement le sentiment d’appartenir à un même monde.

Nous simplifions en parlant d’«habitudes». C’est une erreur de vocabulaire. Ces mouvements ne sont pas des automatismes routiniers ; ce sont des points d’ancrage psychique. Des architectures invisibles qui empêchent le chaos du monde de traverser notre esprit sans forme.

Le rituel comme un temps de partage

Le rituel ne sert pas à faire ; il sert à contenir. Loin d’être un héritage dépassé ou une simple fioriture folklorique, il constitue une technologie collective ancestrale. Sa fonction première est de fabriquer du temps partagé. Il synchronise des trajectoires. Il transforme des individus dispersés en un seul corps temporairement aligné.

Émile Durkheim parlait d’effervescence collective : un moment où l’individu cesse d’être seul parce qu’un geste commun le traverse. Le rite et la fête ne sont pas des divertissements, ils sont le ciment qui empêche la société de se dissoudre dans l’individualisme et l’anomie – ce vide existentiel né de l’isolement.

Les repas de famille, les célébrations des saisons et les rites de passage transforment la survie en existence. Ils ne décorent pas la vie sociale. Ils la rendent supportable en nous rappelant que nous appartenons à un tout qui nous dépasse et nous protège.

Les métronomes de la mémoire

En Tunisie, certains de ces gestes font encore tenir le monde. La voix de Fairouz le matin, s’élevant des balcons et des taxis comme un rituel national non déclaré. La brika croustillante à la rupture du jeûne, qui annonce bien plus qu’un mois sacré : un rythme synchrone partagé par des millions de corps à la même seconde. Les vêtements neufs de l’Aïd qui colorent les rues. Et puis, vient l’Aïd El-Kebir, escorté par cette chanson familière, El Kabch Ydour, ancrée dans une mémoire collective que l’on n’analyse jamais tant elle semble aller de soi.

Jusqu’au moment où elle ne va plus de soi.

Cette année, pour de nombreuses familles, le sacrifice de l’Aïd ne sera pas empêché par un manque de foi ou un désintérêt pour le sacré. Il sera empêché par un prix. Mais lorsque le rituel devient financièrement inaccessible, ce n’est pas seulement une tradition qui vacille. C’est une forme de cohérence psychique et collective qui se fissure.

Le basculement kafkaïen

Pour Victor Turner, le rituel donne naissance à la communitas : ce lien social pur, direct et égalitaire qui émerge spontanément dans l’espace-temps du sacré. La communitas s’oppose à l’ordre rigide, hiérarchique et inégalitaire de la vie quotidienne. Durant le rite, les statuts sociaux s’effacent. Riches et pauvres partagent la même nudité symbolique devant le sacrifice.

Faute de rituels collectifs capables d’absorber et de métaboliser le chaos, la communitas s’effondre. Elle laisse place à son envers proprement kafkaïen. La structure sociale, privée de sa soupape égalitaire, se rigidifie en une bureaucratie froide et impersonnelle. L’incertitude du monde, n’étant plus filtrée par le paravent sacré, attaque alors directement la chair et l’esprit.

On nous a dit, pour nous rassurer : «Le sacrifice n’est pas une obligation». Religieusement cela est vrai. Mais l’inconscient, lui, ne parle pas en termes d’obligations. Il parle en termes de continuité. Un rituel ne transmet pas seulement un dogme ; il transmet une ligne de vie entre les générations, un pont entre la mémoire et le présent, une couture entre l’intime et le collectif.

Sa fragilisation ne produit pas un simple manque matériel ; elle crée une rupture identitaire. Cette blessure se traduit rarement par des discours politiques articulés. Elle s’exprime par une somatisation diffuse, une épidémie silencieuse : une irritabilité, des corps tendus, des insomnies et des pensées qui tournent à vide. C’est la manifestation de l’épuisement psychologique d’un individu condamné à porter sur ses épaules la responsabilité entière de son existence. Derrière chaque rituel, il y avait un amortisseur. Aujourd’hui le paravent est brisé.

La reconfiguration du cerveau prédictif

Donald Winnicott l’avait pressenti : certains objets et certains gestes jouent une fonction transitionnelle entre notre monde interne et le monde externe. Ils nous permettent de supporter la dureté du réel sans nous effondrer. À sa suite, John Bowlby a démontré combien l’être humain dépend de bases de sécurité stables pour réguler son anxiété face à l’inconnu. Or, cette sécurité n’est pas seulement relationnelle. Elle est somatique. Gestuelle. Répétitive. Incarnée. Quand le rituel disparaît, le psychisme ne se tait pas : il s’agite en hypervigilance.

Les neurosciences modernes valident cela. Les travaux de Wolfram Schultz montrent que le cerveau humain est un organe prédictif. Pour stabiliser l’organisme et abaisser la charge mentale du cortex préfrontal, il a besoin de repères immuables. Les routines permettent au corps de savoir exactement à quoi s’attendre, réduisant le stress. Lorsqu’elles s’éteignent, ce n’est pas une simple habitude qui cesse, c’est tout notre système de régulation interne qui entre en panique d’adaptation. Le Trouble Anxiété Généralisée, le TOC de compensation, les états dépressifs liés à l’anomie ne sont souvent que la traduction de cette perte de prédictibilité sacrée.

Dire que certaines familles ne peuvent plus acheter le mouton relève d’une lecture purement économique. Le rituel n’est pas un bien de consommation ; c’est une matrice. Il organise la transmission, la mémoire et l’anticipation. Dans le foyer, il scande le temps ; dans le collectif, il stabilise l’appartenance. La véritable fragilité sociale ne vient donc pas uniquement de l’appauvrissement matériel, elle naît du désalignement symbolique. Quand les formes sacrées du vivre-ensemble deviennent le privilège des uns et le deuil des autres, la société ne s’effondre pas brutalement : elle se recompose. Silencieusement. Et cette recomposition modifie profondément ce que signifie encore partager un même pays.

Sauvons la substance

Pour ceux qui, cette année, resteront en marge du sacrifice – non par choix, mais par contrainte, il importe de se rappeler ceci : ce que l’on cherche à préserver à travers le rite n’est pas la rigidité de la forme, mais ce que la forme rendait possible.

L’enjeu n’est plus la reproduction exacte du geste, mais la sauvegarde de sa substance : un repas partagé autrement, sous une autre configuration, une mémoire transmise par le mot plutôt que par l’acte.

Parfois, face à la violence de l’époque, c’est la seule manière de préserver. Car un rituel n’a jamais été un simple acte technique ; il a toujours été une manière de dire, sans un mot : nous sommes encore reliés.

Peut-être que la véritable question cette année : est-ce qu’on pourra acheter un mouton ? La vraie question est plus inconfortable, plus nue, plus contemporaine : comment un «nous souverain» peut-il rester crédible lorsque ses rituels communs deviennent socialement exclusifs ?

Une nation ne tient pas seulement par la solidité de ses institutions. Elle tient par ce qu’elle rend encore partageable du réel pour la psyché de ses enfants.

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Le ministère de la Défense réaffirme la neutralité de l’institution militaire

Dans un communiqué publié ce jeudi 21 mai 2026, le ministère de la Défense nationale a dénoncé des tentatives répétées visant à impliquer l’Armée et son commandement dans des conflits et débats politiques, ainsi que les remises en question de sa neutralité et de son indépendance.

Le ministère a rappelé que l’armée tunisienne est une institution républicaine régie par la discipline. « Ses missions fondamentales restent la défense du pays, la préservation de son indépendance et la protection de l’intégrité de son territoire, le tout dans le strict respect de la neutralité et des lois de l’État», lit-on dans le communiqué.

Enfin, la Défense souligne que l’institution « demeure fidèle à sa doctrine militaire et que ses membres poursuivront l’exécution de leurs fonctions avec dévouement, dans le respect de l’intérêt supérieur du pays».

Y. N.

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Démonstration de force des Évangéliques à Washington

Dimanche 17 mai 2026, une foule de milliers de chrétiens conservateurs dominée par les Évangéliques -noyau dur de l’électorat trumpiste- a transformé le National Mall en un lieu de culte évangélique, lors d’un événement intitulé « Rededicate 250 » organisé dans le cadre du 250e anniversaire de États-Unis et soutenu par Donald Trump. 

Imed Bahri

Le Washington Post a estimé que cet immense rassemblement religieux tenu dans le centre de Washington, D.C., avec le soutien du président américain, ravive l’un des débats les plus anciens et les plus sensibles de la vie politique américaine : l’Amérique est-elle fondamentalement une nation chrétienne ? Et où tracer la ligne de démarcation entre l’Église et l’État ?

Le WP indique que l’évènement ayant rassemblé des milliers de participants dans une ambiance a mêlé culte évangélique et meeting politique national. Au programme : hymnes religieux, prières collectives et lectures bibliques, ainsi que des discours de hauts responsables de l’administration qui ont directement lié l’identité américaine au christianisme.

Des écrans en forme de vitraux ont diffusé tour à tour des images des pères fondateurs des États-Unis et des vidéos de responsables de l’administration Trump à l’instar du secrétaire d’État à la Guerre Pete Hegseth, du secrétaire d’État Marco Rubio, du vice-président J.D. Vance et évidemment du président Trump lui-même ! Il a lu un passage des Écritures tiré du chapitre 7 du deuxième livre des Chroniques, issu de l’Ancien Testament. Cet extrait est régulièrement cité par les personnes estimant que les États-Unis sont une nation chrétienne à l’origine et qu’elle devrait revenir à cette identité.

«Si mon peuple, sur lequel porte mon nom, s’humilie, prie, cherche mon visage et se détourne de ses travers alors je l’exaucerais depuis les cieux, je lui pardonnerais son péché et je guérirais son pays», a notamment lu Trump.

Erosion de la séparation de l’Église et de l’État

Les fils des célèbres pasteurs évangéliques Billy Graham (surnommé le Pape des Évangéliques), Jerry Falwell et Pat Robertson ont également pris la parole. Parmi les personnalités les plus en vue de la culture populaire contemporaine figuraient Sadie Robertson Huff, 28 ans, podcasteuse et star de l’émission Duck Dynasty et Jonathan Roumie, vedette de la série télévisée The Chosen qui retrace la vie de Jésus.

Si les partisans de l’événement y voyaient une réaffirmation nécessaire de l’identité spirituelle américaine, ses détracteurs y voyaient un signe inquiétant de l’érosion de la séparation constitutionnelle de l’Église et de l’État.

Le recours à ce type de discours religieux en public par de hauts responsables américains était rare dans la vie politique américaine contemporaine. Cependant, la seconde administration Trump a insisté sur la nécessité de présenter le christianisme non seulement comme une foi personnelle mais aussi comme le fondement spirituel même de l’État américain.

Cet événement révèle également l’influence croissante de ce que l’on appelle le «nationalisme chrétien» au sein du mouvement conservateur américain. Cette idéologie repose sur la conviction que les États-Unis ont été fondés comme une nation chrétienne et doivent le rester politiquement et culturellement.

Un événement religieux financé par des fonds publics

Parallèlement, des manifestants rassemblés devant le site du festival brandissaient des pancartes proclamant : «L’Amérique n’est pas un pays chrétien», exprimant leur opposition à l’utilisation de fonds publics pour financer un événement religieux de cette ampleur.

Une manifestante, Karen Irwin, a déclaré : «Je ne veux pas vivre dans un pays qui me dicte comment je pratique ma religion». Elle a décrit le festival comme «l’antithèse de ce que signifie être Américain, voire chrétien»

Le débat porte sur la Constitution américaine et le principe de la séparation de l’Église et de l’État. Bien que la Constitution garantisse la liberté de religion et interdise l’établissement d’une religion d’État officielle, les Américains sont divisés depuis des siècles sur le degré de séparation entre le pouvoir politique et les institutions religieuses.

Les partisans de cet événement ont soutenu que la reconnaissance du rôle historique du christianisme n’est pas contraire à la Constitution et les organisateurs ont souligné que nombre des Pères fondateurs des États-Unis étaient croyants.

Un récit simplifié et déformé

Cependant, des historiens interrogés par le WP ont affirmé que l’événement présentait un récit simpliste et déformé de l’histoire américaine, riche de sa diversité religieuse et culturelle. L’historien Matthew Sutton a critiqué l’utilisation par Trump de symboles bibliques, arguant que cela lui conférait une image politique quasi-sainte.

Le rassemblement a également révélé des mutations au sein du christianisme américain contemporain. Le journal américain a noté que de nombreux participants confondaient la foi évangélique avec le nationalisme américain, les théories du complot voire certaines croyances spirituelles non conventionnelles.

Ce n’était pas un simple rassemblement religieux mais une manifestation politique et culturelle d’une opinion de plus en plus répandue selon laquelle le christianisme est l’essence même de l’identité américaine. Si ses partisans y voient un projet de «renaissance morale», ses détracteurs avertissent qu’il menace l’un des fondements les plus importants de l’expérience démocratique américaine : la séparation de la religion et de l’État.

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Les réseaux 5G améliorent-ils la stabilité des plateformes fintech mobiles modernes ?

Les réseaux 5G transforment les performances des plateformes fintech mobiles. Si les opérateurs déploient cette technologie à grande échelle, elle réduit drastiquement la latence et augmente la bande passante disponible. Les applications financières exigent une connexion fiable pour les transactions en temps réel. (Photo : MacBook Pro allumé).

Les analystes examinent ces avancées pour évaluer leur incidence concrète sur l’expérience utilisateur. Certains sites spécialisés dans les statistiques et services en ligne, comme le site officiel 1xBet, illustrent comment les infrastructures réseau influencent les flux de données sans remplacer une expertise technique approfondie.

Que changent précisément les réseaux 5G pour les applications fintech ?

Les réseaux 5G atteignent une latence inférieure à 1 milliseconde dans des conditions optimales. Ils supportent un nombre bien plus élevé d’appareils connectés simultanément. Si la densité d’utilisateurs augmente, la stabilité reste préservée.
Les plateformes fintech traitent ainsi des paiements et des consultations de compte avec une fluidité inédite. Elles minimisent les interruptions même dans les zones urbaines saturées. Cette évolution améliore également l’expérience des applications mobiles fortement dépendantes des données en temps réel, y compris des services comme 1xBet mobile

Les ingénieurs réseau observent une réduction significative des délais de transmission pendant les pics d’activité. Les infrastructures cloud distribuées jouent aussi un rôle majeur dans cette stabilité accrue. Plusieurs entreprises technologiques investissent désormais dans des systèmes edge computing pour rapprocher les données des utilisateurs finaux. Les spécialistes cybersécurité surveillent toutefois l’augmentation des risques liés à la multiplication des appareils connectés. Les protocoles de chiffrement avancés deviennent essentiels pour protéger les transactions numériques sensibles. Cette modernisation des réseaux transforme progressivement les usages quotidiens des services numériques mobiles.

La latence réduite renforce-t-elle la fiabilité des transactions mobiles ?

Les utilisateurs effectuent des transferts instantanés sans délai perceptible. Les systèmes de vérification biométrique ou d’authentification forte réagissent immédiatement. Si une connexion 4G montre parfois des fluctuations, la 5G maintient un débit constant.

Les développeurs exploitent cette réactivité pour concevoir des interfaces plus réactives et sécurisées. Les opérations complexes gagnent en précision et en rapidité.

Gains concrets observés dans les environnements réels:

Les tests sur le terrain démontrent une réduction significative des échecs de transaction. Les applications de trading mobile affichent des mises à jour de marché quasi instantanées. Les utilisateurs en mobilité conservent une connexion stable lors des déplacements.

Quelles limites persistent encore avec la 5G ?

La couverture reste incomplète dans certaines régions rurales ou intérieures de bâtiments. Les appareils anciens ne tirent pas pleinement parti des nouvelles fréquences. Si le déploiement progresse, des zones d’ombre subsistent temporairement.

Les experts recommandent des solutions hybrides pour garantir une continuité de service optimale.

Comment les plateformes fintech intègrent-elles la 5G au quotidien ?

Les concepteurs optimisent les applications pour exploiter la bande passante accrue. Ils transfèrent une partie des calculs vers le cloud tout en maintenant une exécution locale fluide. Cette architecture réduit la charge sur les terminaux mobiles.

Les institutions financières testent ces fonctionnalités pour améliorer la satisfaction client.

Les réseaux 5G favorisent-ils l’innovation dans les services financiers mobiles ?

Les développeurs lancent de nouvelles fonctionnalités comme la réalité augmentée pour la visualisation de portefeuilles. Les chatbots et assistants virtuels répondent avec une fluidité proche d’une conversation humaine. Si la bande passante le permet, les échanges de données sécurisées s’accélèrent.

Les analystes observent une hausse de l’adoption des services bancaires mobiles avancés.

Avantages principaux constatés :

  • Latence ultra-faible qui accélère les transactions et vérifications
  • Meilleure stabilité sous forte charge d’utilisateurs simultanés
  • Capacité accrue pour supporter des fonctionnalités multimédias riches
  • Réduction des interruptions réseau en environnement urbain
  • Amélioration de la sécurité grâce à des authentifications rapides
  • Possibilités étendues pour l’analyse de données en temps réel
  • Expérience utilisateur plus fluide sur l’ensemble des opérations

Les réseaux 5G améliorent sensiblement la stabilité des plateformes fintech mobiles modernes. Si les opérateurs étendent leur couverture et si les applications s’adaptent pleinement, les gains deviennent encore plus perceptibles. Les limites techniques actuelles exigent toutefois une vigilance continue.

Les institutions qui investissent dans cette infrastructure obtiennent un avantage compétitif notable. L’évolution constante des standards renforce progressivement la fiabilité globale. Les utilisateurs bénéficient d’une expérience plus rapide et plus sûre.

Les chercheurs approfondissent les corrélations entre densité réseau et performance applicative. Ils pondèrent les résultats avec les spécificités géographiques et les profils d’usage. Cette approche affine les prévisions sur le long terme. Si les déploiements s’accélèrent, les plateformes fintech atteindront un nouveau palier de maturité. Les développeurs exploitent ces capacités pour concevoir des services encore plus innovants. Les utilisateurs constatent une réduction marquée des frictions dans leurs interactions quotidiennes. Les experts anticipent une intégration plus étroite entre réseaux et services financiers. Cette synergie transforme durablement le secteur.

Les tests comparatifs montrent une supériorité claire de la 5G dans les scénarios de haute mobilité. Les plateformes maintiennent une connectivité constante même lors de transitions entre cellules. Cette robustesse renforce la confiance des utilisateurs dans les outils mobiles. Les institutions financières ajustent leurs stratégies en conséquence pour maximiser ces bénéfices. Les réseaux 5G posent ainsi les fondations d’une nouvelle ère pour les fintech.

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L’ordre énergétique mondial après la guerre d’Iran

L’expert en énergie Jason Bordoff, directeur du Center on Global Energy Policy relevant de l’Université de Columbia, a livré une analyse minutieuse des répercussions de la guerre d’Iran sur l’ordre mondial énergétique. Dans son article intitulé «Les gagnants et les perdants du nouvel ordre pétrolier mondial» paru dans le Wall Street Journal (WSJ), il indique que l’Asie a été la première et la plus durement touchée.

Imed Bahri

L’année dernière, la région dépendait du Moyen-Orient pour environ 60% de ses importations de pétrole. Les perturbations ne se sont pas limitées au pétrole brut, elles ont également touché les produits raffinés comme le diesel et le kérosène dont les prix ont plus que doublé depuis janvier. 

Dans les pays riches, la hausse des prix du pétrole se traduit généralement par une inflation plus élevée et une croissance économique plus faible. Dans les pays à faible revenu importateurs d’énergie, la crise se manifeste par de réelles pénuries d’approvisionnement :

– au Bangladesh, la climatisation était limitée à 25 degrés Celsius ;

– au Laos, la semaine scolaire est passée de cinq à trois jours ;

– le Sri Lanka a décrété le mercredi jour férié afin d’économiser l’énergie ;

– au Pakistan, les matchs de cricket, sport national, se déroulent dans des stades quasi vides, les supporters ayant été invités à les suivre depuis chez eux.

Les États-Unis : résilients… mais pas à l’abri

La production de pétrole de schiste, qui a réduit les importations américaines de pétrole du Moyen-Orient depuis le boom des années 2000, a offert une certaine protection à Washington. Cependant, le prix de l’essence a déjà grimpé à plus de 4,50 $ le gallon, contre moins de 3 $ avant la guerre, alourdissant le budget mensuel d’une famille américaine moyenne de plus de 150 $.

Toutefois, l’impact le plus significatif de cette crise ne réside peut-être pas dans la flambée immédiate des prix mais plutôt dans les bouleversements stratégiques qu’elle imposera aux politiques énergétiques mondiales.

De même que le monde a radicalement repensé ses politiques énergétiques après les chocs pétroliers des années 1970, une perturbation de cette ampleur obligera les gouvernements à revoir leurs stratégies.

Il y a vingt ans, les États-Unis importaient environ 60% du pétrole qu’ils consommaient. Aujourd’hui, ils sont le premier producteur mondial de pétrole et un important exportateur net d’énergie. La part du pétrole dans l’économie américaine diminue progressivement depuis quelques décennies.

Cette surabondance de l’offre signifie que les pénuries d’approvisionnement mettront plus de temps à atteindre le territoire américain. Si les consommateurs paient plus cher à la pompe, les dégâts économiques globaux sont moins importants car une part significative de ces sommes profitent désormais aux producteurs nationaux plutôt qu’étrangers.

Les prix du gaz naturel ont également fortement augmenté en Europe et en Asie, mais sont restés quasiment inchangés aux États-Unis, un écart de prix qui a permis aux Américains d’économiser des milliers de milliards de dollars depuis le début de la révolution du pétrole de schiste.

Cependant, dans un marché mondial interconnecté, le consommateur américain paie toujours plus cher lorsque les approvisionnements à l’étranger sont perturbés. Et les outils disponibles pour faire face à des perturbations de cette ampleur sont rares.

Face à la flambée des prix, les décideurs politiques pourraient être tentés de recourir à des solutions extrêmes, économiquement et géopolitiquement désastreuses, comme l’interdiction des exportations de pétrole américain.

À long terme, la crise actuelle offre l’occasion de trouver un terrain d’entente entre deux points de vue.

Le premier soutient que la position des États-Unis est renforcée par l’augmentation de la production de pétrole et de gaz.

Le second soutient que les États-Unis auraient été moins vulnérables aux chocs s’ils avaient réduit leur dépendance au pétrole en améliorant le rendement énergétique, en augmentant l’utilisation des véhicules électriques et en développant les transports publics et ferroviaires.

Canada et Mexique : la nécessaire diversification

En tant que grand producteur de pétrole et de gaz, le Canada semble être dans une meilleure position que la plupart des pays. Selon Goldman Sachs, il figure parmi les économies les plus susceptibles de bénéficier de la hausse des prix du pétrole.

Le Mexique, en revanche, est confronté à une situation plus difficile. Bien qu’il produise du pétrole brut, le déclin de sa production et ses capacités de raffinage limitées le rendent dépendant des importations d’essence et de diesel, principalement en provenance des États-Unis. Cela le rend vulnérable non seulement aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole mais aussi aux pénuries de produits raffinés, à la hausse des prix sur la côte du Golfe du Mexique et à une possible résurgence, aux États-Unis, des appels à la restriction des exportations de carburant.

La crise pourrait renforcer les appels, dans les deux pays, à diversifier leurs marchés et à réduire leur dépendance aux États-Unis, notamment par la construction d’oléoducs vers la côte ouest américaine pour exporter le pétrole canadien.

Au Mexique, les préoccupations sécuritaires accéléreront le développement du gaz de schiste national, tandis que le gouvernement poursuit sa politique de «souveraineté énergétique» en développant le raffinage et en investissant dans la compagnie pétrolière nationale Pemex, malgré le coût de cette approche.

Amérique du Sud et Centrale : valoriser les ressources nationales

L’Amérique du Sud est fortement dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, ce qui engendre des pressions financières et politiques en raison de la hausse des prix. Cependant, elle possède également d’importantes réserves de pétrole et de gaz, ainsi que de vastes ressources en énergies renouvelables et hydroélectriques. De plus, de nombreux projets pétroliers et gaziers futurs sont situés hors du Golfe et donc hors de portée du détroit d’Ormuz.

Cela confère à la région une importance stratégique accrue si les approvisionnements du Moyen-Orient entraînent une prime de risque plus élevée.

L’intérêt des investisseurs pour des pays comme le Brésil, le Guyana (État souverain à ne pas confondre avec la Guyane française) et l’Argentine devrait s’étendre à d’autres producteurs potentiels tels que le Suriname.

Le Venezuela, en revanche, est un facteur imprévisible. Sous sa nouvelle direction, qui cherche à attirer les investissements étrangers, ses exportations ont frôlé le million de barils par jour en mars, leur plus haut niveau depuis 2019, malgré des risques toujours élevés.

Chine : une stratégie qui a fait ses preuves

Les répercussions de la crise sur la Chine sont mitigées. Importateur net massif de pétrole, la facture des importations chinoises a fortement augmenté en raison de la hausse des prix et de la perte d’accès au pétrole iranien à prix réduit. En avril, la facture des importations de pétrole brut de la Chine a progressé de 13% par rapport à l’année précédente.

Cependant, Pékin possède d’immenses réserves de pétrole. Tout en réduisant ses importations grâce à l’exploitation de ses réserves et à la diminution de l’activité de ses raffineries, la Chine a également commencé à revendre une partie de ses cargaisons de pétrole contractuelles à d’autres pays, souvent avec profit.

La crise renforcera, au lieu de fragiliser, la stratégie énergétique de la Chine.

La Chine s’efforce depuis des années de maîtriser la croissance de sa consommation de pétrole, et celui-ci représente désormais une part plus faible de son mix énergétique qu’aux États-Unis ou en Europe. Elle a également électrifié avec succès une grande partie de son parc automobile et de son réseau électrique.

Le 15e plan quinquennal chinois, publié peu après le début de la guerre, préconisait la construction d’une «puissance énergétique» grâce à la «flexibilité stratégique» et à «la  souveraineté technologique» fondées sur les énergies non fossiles.

Les perturbations des approvisionnements en pétrole et en gaz ne feront que renforcer ces ambitions.

Inde : stabilité relative dans un contexte de fragilité régionale

L’Inde est plus vulnérable que la Chine. L’Inde importe environ 90% du pétrole qu’elle consomme et, avant la guerre, près de la moitié de ces importations transitaient par le détroit d’Ormuz.

La crise a contraint New Delhi à dépendre davantage de la Russie mais sans bénéficier des conditions préférentielles obtenues après l’invasion de l’Ukraine.

Néanmoins, l’Inde dispose de capacités financières, de réserves et d’une chaîne d’approvisionnement plus diversifiées que ses voisins plus pauvres comme le Pakistan, le Bangladesh et le Sri Lanka, ce qui réduit le risque de graves pénuries.

Cependant, la flambée des prix du pétrole exacerbe l’inflation, met à rude épreuve le budget et alourdit le coût des subventions aux consommateurs.

Une solution à long terme pourrait nécessiter la diversification des sources d’énergie et l’accélération de la transition vers l’énergie solaire, les batteries, les véhicules électriques et le transport ferroviaire.

Japon : réserves épuisées et fardeaux croissants

Le Japon dépend des importations pour plus de 85% de ses besoins énergétiques et la majeure partie de son pétrole a transité par le détroit d’Ormuz en 2025.

Après les États-Unis, le Japon a été le deuxième plus important contributeur à la mobilisation d’urgence des réserves stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie, soit l’équivalent d’environ 70 jours de consommation intérieure.

La guerre a fait exploser le coût des importations et de l’électricité, alors même que les Japonais sont déjà confrontés à l’inflation.

Cette crise renforcera les arguments en faveur de la remise en service de davantage de réacteurs nucléaires, de l’accélération des projets éoliens et solaires offshore ainsi que de l’amélioration de la résilience du réseau et des capacités de stockage.

Cependant, la vulnérabilité du Japon, en tant qu’île pauvre en ressources, persistera, l’incitant à privilégier l’efficacité énergétique, l’électrification et la constitution de réserves plus importantes.

Russie : un cadeau pour Poutine

Rares sont ceux qui ont tiré un profit aussi évident de la guerre que Vladimir Poutine.

Avant la guerre, les recettes pétrolières russes avaient chuté à leur plus bas niveau depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et l’économie russe était au bord de la récession mais la guerre contre l’Iran fut une aubaine pour Poutine.

La décision américaine d’alléger les sanctions sur le pétrole russe a permis à Moscou de vendre ses cargaisons à des prix plus élevés et les recettes fiscales russes sur le pétrole ont doublé en avril. Cependant, ces gains pourraient être temporaires. Les attaques ukrainiennes, les sanctions et le manque de technologies et d’investissements ont accéléré le déclin à long terme de l’industrie pétrolière russe et les raffineries russes fonctionnent désormais à leur plus bas niveau depuis 2009.

États du Golfe : surmonter le goulot d’étranglement

La plupart des États du Golfe subissent des pertes importantes mais à des degrés divers.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont dans une meilleure situation car ils ont investi dans des oléoducs vers la mer Rouge et le golfe d’Oman, ce qui leur permet de contourner le détroit d’Ormuz pour environ la moitié de leurs exportations d’avant-guerre.

Oman, situé hors du détroit, a vu ses recettes pétrolières augmenter de 80% par rapport à l’année dernière.

À l’inverse, les exportations irakiennes se sont effondrées, tandis que les exportations de pétrole et de produits raffinés du Koweït sont quasiment à l’arrêt depuis dix semaines.

Les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar sont également interrompues et la réparation des installations endommagées pourrait prendre beaucoup de temps.

Avec des capacités de stockage saturées, les pays du Moyen-Orient ont été contraints de réduire leur production d’environ 13 millions de barils par jour. Même après la réouverture du détroit, le rétablissement de la pleine production pourrait prendre des mois, notamment en Irak et au Koweït en raison d’infrastructures vétustes.

Iran : La carte d’Ormuz

La situation de l’Iran est complexe. Le pays subit d’importantes pertes de revenus en raison de l’embargo américain sur ses exportations mais a initialement profité de la hausse des prix et de l’allègement de certaines sanctions, vendant une partie de ses cargaisons à des prix nettement supérieurs aux remises habituelles.

Comme les installations pétrolières et les infrastructures de l’île de Kharg n’ont pas été gravement endommagées, l’Iran pourrait rétablir rapidement ses exportations si le détroit d’Ormuz est rouvert.

Téhéran pourrait cependant sortir de la crise avec un nouveau levier d’influence.

Le pays a évoqué la possibilité d’imposer des «droits de transit» en échange du maintien de l’ouverture du détroit. Même si la guerre se termine sans un tel accord, l’Iran a démontré que sa capacité à fermer le détroit d’Ormuz pourrait être aussi puissante que la menace nucléaire.

Europe : accélérer la transition

L’Europe est moins dépendante du pétrole d’Ormuz que l’Asie, mais elle est confrontée à une hausse des coûts due à la concurrence pour les approvisionnements disponibles.

En ce qui concerne le kérosène, l’Europe apparaît particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance aux importations du Moyen-Orient.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie a averti en avril que l’Europe ne disposait plus que de «six semaines de réserves de kérosène», ce qui entraînerait de nouvelles hausses de prix et des annulations de vols.

Les prix de l’électricité, qui avaient explosé après la guerre en Ukraine, n’ont pas connu une augmentation aussi spectaculaire cette fois-ci, le choc gazier s’étant quelque peu atténué et les sources alternatives ayant partiellement compensé la pénurie.

Cette crise va accélérer la transition énergétique de l’Europe vers l’électrification de son économie et le développement de ses propres ressources, y compris une réévaluation du nucléaire dans certains pays.

Cependant, cela crée une nouvelle vulnérabilité : la dépendance à l’égard de la Chine pour les panneaux solaires, les batteries, les véhicules électriques et les terres rares.

Afrique : deux continents en un seul

Les pays exportateurs de pétrole et de gaz d’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale –tels que l’Algérie, la Libye, le Nigeria et l’Angola– pourraient bénéficier de la hausse des prix et de nouveaux investissements. Par contre, les importateurs plus proches du Golfe, comme l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya et la Zambie, subissent une pression considérable.

De nombreux pays, même producteurs, importent la majeure partie des carburants raffinés qu’ils consomment. La crise renforcera les appels à la construction de nouvelles raffineries et au développement des énergies renouvelables. Un projet de raffinerie géante est déjà en cours en Afrique de l’Est, et le Ghana, l’Angola et l’Ouganda pourraient suivre.

Pour les pays africains les plus pauvres, chaque projet d’énergie solaire, de batteries ou de bus électriques réduit leur vulnérabilité aux futurs chocs pétroliers.

Un monde de l’énergie plus fragmenté

Plus la guerre avec l’Iran se prolonge, plus le monde de l’énergie sera divisé selon des lignes géopolitiques et géographiques.

La Chine verra dans cette guerre la preuve que l’hégémonie américaine est devenue une source de chaos plutôt que de stabilité, tandis que la crainte des risques associés au pétrole et au gaz incitera davantage de pays à adopter des technologies propres dominées par Pékin.

Les pays riches réagiront en diversifiant leurs approvisionnements, en constituant des réserves et en accélérant le développement d’alternatives, tandis que les pays les plus pauvres seront souvent contraints de choisir l’option la moins chère plutôt que la plus sûre.

Les importateurs seront prêts à payer plus cher pour la diversification, tandis que les exportateurs investiront dans la construction de routes commerciales contournant les points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz.

Aux États-Unis, la leçon la plus importante est peut-être que même les plus grands producteurs mondiaux ne peuvent se prémunir contre les chocs d’un marché mondial interconnecté.

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Tunisie | Oussama Dhahri remis en liberté

La justice a décidé de libérer Oussama Dhahri, membre de la Coordination de l’action commune pour la Palestine en Tunisie et président de l’association El Mouvma.

L’information a été diffusée par ses camarades et confirmée dans l’après-midi de ce lundi 18 mai 2026 par l’avocat Sami Ben Ghazi, sachant qu’Oussama Dhahri avait été arrêté hier à l’aube.

Entendu par le procureur de l’Ariana, il a été relâché, mais la raison exacte et officielle de son arrestation n’a pour le moment été communiquée par aucune partie.

Y. N.

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Tunisie | Les autorités minimisent l’impact de la grève des avocats  

Dans un communiqué publié ce lundi 18 mai 2026, le ministère de la Justice informe les justiciables que la grève des avocats, qui protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail dan les tribunaux, «n’affectera pas le fonctionnement du système judiciaire» en Tunisie.

Selon les autorités judiciaires «tous les tribunaux de la République continueront d’exercer leurs fonctions dans des conditions normales, en tenant des audiences pour statuer sur les affaires en cours et en fournissant des services administratifs dans les greffes, afin de garantir le respect des droits des justiciables et d’éviter de porter atteinte à leurs intérêts.»

Rappelons que l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) a décrété la grève générale et le port du brassard rouge dans tous les tribunaux en Tunisie pour dénoncer la dégradation alarmante du service public de la justice et l’’absence de réaction des autorités face à leurs revendications.

La profession proteste contre le manque d’infrastructures et les dysfonctionnements dans les tribunaux qui nuisent aux justiciables. 

Parmi les principales raisons invoquées du mouvement initié par l’Onat :

– la dégradation du système judiciaire et le manque de ressources matérielles et humaines au sein des juridictions ;

– la marginalisation de la profession et notamment le silence et l’ignorance totale du ministère de la Justice face aux appels répétés au dialogue concernant la réforme du secteur ;

– les atteintes aux droits de la défense et les tensions structurelles et difficultés rencontrées par les avocats dans l’exercice de leurs fonctions et l’accès aux dossiers.

Pour marquer leur colère, le port du brassard rouge a débuté ce 18 mai, en attendant une série de grèves régionales (à commencer par le Grand Tunis, Nabeul et Zaghouan) ainsi qu’une grève générale nationale prévue pour le 18 juin.

I. B.

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Tunisie | L’art de stagner avec bonne conscience

Il paraît que les 2,6% de croissance économique en glissement annuel au second trimestre 2026 sont suffisants. Pour certains économistes et journalistes, c’est une «reprise» à célébrer. Reprise de quoi, exactement ? Du sommeil collectif ? De la sieste institutionnelle ?

Moktar Lamari, Ph.D.

A ce rythme, la Tunisie s’appauvrit de facto. Un pays qui croît à 2,6% par an quand son potentiel tourne autour de 5% ne progresse pas : il recule avec les apparences du mouvement. C’est le tapis roulant à l’envers — vous pédalez, vous transpirez, vous affichez de la bonne volonté, et la salle d’attente du développement reste pleine à craquer.

Le chiffre, d’abord, dans toute sa brutalité arithmétique. Pour qu’une économie comme celle de la Tunisie crée de l’emploi net — c’est-à-dire absorbe les quelque 100 000 nouveaux entrants annuels sur le marché du travail — il faut croître à un minimum de 4% à 4,5% de façon soutenue. En dessous de ce seuil, le chômage ne diminue pas : il se redistribue entre les catégories, se déguise en «emploi informel», s’exile vers Sfax ou Tunis, ou prend le bateau. À 2,5% de moyenne annuelle sur la dernière décennie, la Tunisie n’a pas créé de richesse : elle a organisé la pénurie. Et avec une certaine élégance administrative, il faut le reconnaître.

Cinq raisons pour lesquelles le moteur tousse

Première raison, et mère de toutes les autres : l’investissement est en soins palliatifs. La formation brute de capital fixe, qui mesure l’effort d’investissement productif, s’est effondrée depuis 2011. On est passé de près de 25% du PIB à moins de 18%. Autrement dit, la Tunisie consomme ce qu’elle ne produit pas encore, et n’équipe pas ce qu’elle prétend vouloir produire demain.

Ajoutez à cela des taux d’intérêt réels qui rendent le crédit aussi accessible que la villa de Carthage pour un instituteur de Kasserine, et la boucle est bouclée : pas d’investissement, pas de croissance, pas d’emploi. CQFD tunisien.

Deuxième raison : la productivité du travail, ce baromètre discret de la vitalité économique, est en chute libre. Un travailleur tunisien produit aujourd’hui moins de valeur ajoutée par heure qu’il y a dix ans en termes réels. Non pas parce que les Tunisiens sont paresseux — ils savent travailler quand on leur en donne les moyens — mais parce que les équipements vieillissent, les formations sont inadaptées, les technologies d’hier remplacent les technologies d’avant-hier, et l’organisation du travail dans les entreprises publiques relève parfois de l’archéologie industrielle. Sans gains de productivité, la croissance économique reste un vœu pieux, comme promettre la démocratie sans liberté de la presse.

Troisième raison : la politique monétaire et fiscale travaille en mode autopunition. La Banque centrale, pour juguler une inflation importée et alimentée par les spéculateurs qui ont colonisé les marchés du lait, du poulet, des légumes et de tout ce qui se mange, a maintenu des taux directeurs élevés. Résultat : le crédit aux entreprises est rationné, l’investissement privé s’est réfugié dans l’immobilier ou à l’étranger, et les banques, sagement, préfèrent prêter à l’État plutôt qu’aux entrepreneurs. Pourquoi risquer sur une start-up quand les bons du Trésor paient sans discuter ?

Quatrième raison : l’État a cessé d’investir pour survire à ses propres dépenses. Les transferts sociaux, les subventions généralisées, la masse salariale publique dévorante ont cannibalisé le budget d’investissement. Il ne reste presque rien pour les routes, les hôpitaux, les écoles, les systèmes d’irrigation — c’est-à-dire les infrastructures qui démultiplient la productivité privée. Un entrepreneur ne peut pas être compétitif quand ses camions s’embourbent sur des routes d’un autre siècle.

Cinquième raison, enfin : l’économie informelle a dévoré l’économie formelle comme un ver dans un fruit. Près de 40% de l’activité économique échappe à la fiscalité, à la traçabilité, à la réglementation. Cela signifie moins de recettes fiscales, moins de capacité de l’État à investir, et une concurrence déloyale systémique qui décourage précisément ceux qui jouent le jeu : les entreprises formelles, les employeurs déclarés, les contribuables honnêtes. En Tunisie, la vertu fiscale est encore trop souvent une punition.

Ce que la stagnation coûte vraiment

Le danger de cette glissade silencieuse n’est pas seulement économique. Il est démographique d’abord : la Tunisie a encore une fenêtre d’opportunité sur son «dividende démographique» — une population active relativement jeune — mais cette fenêtre se ferme. Si la croissance ne crée pas d’emplois maintenant, dans dix ans ce sera trop tard : la pyramide des âges aura basculé, les charges sociales auront explosé, et les jeunes d’aujourd’hui seront soit partis, soit amers. Le cerveau, lui, prend le bateau sans visa.

Le danger est sécuritaire ensuite : un pays qui appauvrit sa classe moyenne, qui laisse s’étendre les zones de marginalisation à Kasserine, à Gafsa, à Tataouine, joue avec le feu. La pauvreté chronique est le meilleur terreau du ressentiment, et le ressentiment est la matière première de l’instabilité. L’histoire récente de la Tunisie en est la démonstration en accéléré.

Il est enfin humain, au sens le plus concret : services de santé qui s’effondrent, hôpitaux publics sans médicaments, écoles sans manuels ni enseignants formés, pouvoir d’achat rongé mois après mois par une inflation qui frappe d’abord les ménages les plus modestes. La paupérisation n’est pas une métaphore : c’est une réalité que les chiffres de l’INS éclairent avec une brutalité que nos gouvernants semblent contempler avec la sérénité du myope devant un incendie.

Le miroir inconfortable

Et pourtant. Il serait trop commode de tout mettre sur le dos de la mal gouvernance — réelle, documentée, incontestable — et d’absoudre le reste. Car la croissance économique n’est pas un cadeau que l’État distribue : c’est le produit collectif de millions de comportements quotidiens.

Un Tunisien qui fraude le fisc prive son voisin d’un hôpital. Un entrepreneur qui déclare la moitié de ses salariés sous-finance l’école de ses propres enfants. Un fonctionnaire qui traite le bureau comme une sieste payée dégrade le service public que son fils utilisera demain. L’État ce n’est pas eux, là-haut, dans leurs ministères climatisés : l’État, c’est vous. C’est le tissu de comportements, de disciplines, de solidarités et d’honnêtetés ordinaires qui font tourner une société ou l’enfoncent dans le déclin.

La Tunisie a besoin de productivité — dans les usines, dans les champs, dans les bureaux, dans les salles de classe. Elle a besoin de civisme fiscal : payer ses impôts n’est pas une faveur faite à l’État, c’est le prix d’une civilisation. Elle a besoin d’investisseurs qui croient en elle assez pour s’y engager, et de citoyens qui croient en eux-mêmes assez pour exiger mieux — de leurs gouvernants, certes, mais aussi d’eux-mêmes.

À 2,6%, la Tunisie survit. À 5%, elle vivrait. La différence tient autant aux réformes structurelles qu’aux petites décisions quotidiennes de onze millions de personnes. Commencez par là.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.

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Affaire Epstein | L’enquête s’élargit en France

La justice française poursuit l’élargissement de ses investigations dans le dossier tentaculaire lié au prédateur sexuel américain Jeffrey Epstein. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a indiqué ce dimanche 17 mai sur RTL qu’une «dizaine» de nouvelles victimes se sont manifestées auprès du parquet dans le cadre de l’affaire Epstein, une information également relayée par plusieurs médias. Ce nouveau signalement porte à plus d’une vingtaine le nombre de personnes recensées dans les procédures ouvertes à Paris.

Ces déclarations interviennent alors que le parquet a ouvert deux enquêtes distinctes pour des faits de traite d’êtres humains et de violences sexuelles, visant à déterminer l’existence d’éventuels relais, facilitateurs ou complices sur le territoire français dans un réseau aux ramifications internationales.

Au cœur du dossier, la justice s’attache notamment à recouper les témoignages de victimes, certaines ayant déjà été entendues dans des affaires connexes liées au monde du mannequinat et à des personnalités aujourd’hui mises en cause ou disparues. Les noms de Jean-Luc Brunel et de Gérald Marie reviennent régulièrement dans les éléments déjà connus des enquêteurs.

Selon les premiers éléments, plusieurs victimes évoquent des mécanismes similaires d’emprise et de manipulation, souvent liés à des promesses professionnelles dans l’univers de la mode. Des déplacements internationaux, des réseaux fermés et des environnements fortement hiérarchisés auraient facilité, selon les témoignages, des abus répétés sur des jeunes femmes parfois mineures au moment des faits.

Pour les enquêteurs, l’enjeu consiste désormais à reconstituer les chaînes de responsabilité et à identifier d’éventuelles complicités en France dans un système qui dépasse largement le seul cadre américain. À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée dans le volet français de l’affaire Epstein.

L’enquête, encore à un stade préliminaire, devrait se poursuivre avec de nouvelles auditions, y compris à l’étranger. Le parquet de Paris insiste sur la nécessité de vérifier et de confronter les témoignages recueillis afin de consolider un dossier particulièrement sensible et complexe.

Cette nouvelle vague de signalements confirme en tout cas que l’affaire Epstein continue de produire des répercussions judiciaires et médiatiques bien au-delà de la disparition de son principal protagoniste en 2019.

Djamal Guettala 

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Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial

À l’occasion du 70e anniversaire des indépendances du Maroc et de la Tunisie, un important colloque international intitulé «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris et Aubervilliers.

Abdelhamid Larguèche *

Cette rencontre scientifique est organisée conjointement par l’Institut d’histoire du temps présent relevant du CNRS et le Carep Paris, avec une forte implication d’historiens tunisiens aux côtés de plusieurs grandes figures françaises de l’historiographie contemporaine.  

Réunissant historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, spécialistes des mémoires coloniales et acteurs du monde culturel, cette rencontre ambitionne de renouveler les approches historiques des indépendances maghrébines et d’interroger les usages contemporains des mémoires coloniales et postcoloniales.

Repenser les indépendances maghrébines

Loin d’une lecture commémorative ou strictement nationale, le colloque propose de considérer les indépendances tunisienne, marocaine et algérienne comme des processus historiques connectés, inscrits dans des dynamiques régionales et internationales complexes.

Les organisateurs souhaitent dépasser les récits fragmentés afin d’analyser les circulations politiques, intellectuelles et militantes qui ont façonné le Maghreb contemporain.

Le colloque constitue également une réflexion critique sur l’histoire de l’empire colonial français au Maghreb entre 1931 — année de la grande Exposition coloniale internationale de Paris, moment d’apogée symbolique du discours impérial français — et les années 1970, période durant laquelle les États maghrébins indépendants entreprennent la consolidation de leurs souverainetés politiques, culturelles et mémorielles.

Cette mise en perspective permet d’interroger les continuités, les ruptures et les héritages durables du fait colonial dans les sociétés maghrébines contemporaines.

L’Algérie au cœur des débats mémoriels

Si les indépendances tunisienne et marocaine constituent le point de départ de la réflexion, l’Algérie occupera une place centrale dans les débats, notamment autour des conflits de mémoire liés à la guerre d’indépendance, aux usages politiques du passé colonial et aux tensions persistantes entre la France et le Maghreb.

Une large partie des discussions sera consacrée aux «blessures mémorielles», aux enjeux de reconnaissance historique, aux silences de l’histoire coloniale et aux difficultés de construire un récit partagé entre les deux rives de la Méditerranée.

Le colloque rappellera également que l’enjeu mémoriel est devenu aujourd’hui un enjeu profondément politique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes, des antagonismes de mémoire et des usages concurrents du passé colonial dans les débats publics, diplomatiques et identitaires.

Le colloque analysera également les différences entre les politiques mémorielles françaises et maghrébines, ainsi que la manière dont le passé colonial continue d’influencer les débats contemporains autour de l’identité, des migrations, de la citoyenneté et des relations diplomatiques.

Croiser histoire, mémoire et sciences sociales

La première journée, organisée au Campus Condorcet, sera consacrée aux processus de décolonisation, aux mobilisations politiques et sociales, ainsi qu’aux violences ayant accompagné les luttes pour l’indépendance. Les panels interrogeront les répertoires de lutte, les mouvements syndicaux, les insurrections, les répressions coloniales et les connexions transnationales entre les mouvements maghrébins.

La seconde journée, accueillie au Carep Paris, explorera plus particulièrement les mémoires croisées des colonisations et des indépendances dans l’espace franco-maghrébin.

Les débats porteront sur les politiques mémorielles en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, les usages politiques du passé colonial, les tensions diplomatiques et symboliques, ainsi que les nouvelles approches historiographiques relatives aux sociétés coloniales du Maghreb.

Participation scientifique de haut niveau

Parmi les intervenants figurent plusieurs grandes figures de la recherche contemporaine, aux côtés des co-organisteurs Benjamin Stora, Malika Rahal, Abdelhamid Larguèche et Asma Nouira, dont Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Karima Dirèche, Jamaa Baida et de nombreux chercheurs issus d’universités internationales prestigieuses telles que Yale, Princeton, Leyde, Heidelberg, Rabat, Tunis, Oran, Paris ou Lyon.

L’événement se distingue également par sa volonté de faire dialoguer recherche scientifique et production culturelle. Une exposition numérique intitulée, conçue par Abdelhamid Larguèche, prolongera les réflexions du colloque à travers une approche visuelle et documentaire des mémoires coloniales et des représentations de l’empire français au Maghreb.

Penser les mémoires pour comprendre le présent

Au-delà des débats historiographiques, cette rencontre interroge le rôle social de l’historien face aux demandes contemporaines de mémoire et de reconnaissance. Dans un contexte marqué par les crispations identitaires, les controverses mémorielles et les recompositions géopolitiques entre l’Europe et le Maghreb, le colloque entend contribuer à une meilleure compréhension des héritages coloniaux et de leurs résonances actuelles.

En croisant les regards disciplinaires et générationnels, «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines» s’annonce comme un moment scientifique majeur pour repenser l’histoire coloniale française au Maghreb, revisiter les trajectoires des indépendances et analyser les conflits de mémoire qui continuent de structurer les relations entre la France et les sociétés maghrébines contemporaines.

* Historien et co-organisateur du colloque.

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Nakba | La Tunisie réaffirme son soutien inconditionnel à la cause palestinienne

Aujourd’hui, 15 mai 2026, marque le soixante-dix-huitième anniversaire de la Nakba, une occasion où nous rappelons le parcours de lutte du fier peuple palestinien et sa résistance héroïque face à l’arrogance des forces d’occupation oppressives, afin de réaliser ses aspirations légitimes à vivre dans la liberté et la dignité au sein d’un État indépendant et souverain sur l’ensemble du territoire palestinien.

La commémoration de cet anniversaire coïncide avec la poursuite des violations par les forces d’occupation de l’accord de cessez-le-feu dans la Bande de Gaza, ainsi qu’avec le resserrement du blocus imposé à ses habitants à travers la fermeture des points de passage, l’interdiction de l’entrée de l’aide humanitaire et les restrictions à la circulation des personnes, ce qui a aggravé la catastrophe humanitaire que subissent les habitants du territoire.

Cet anniversaire coïncide également avec la persistance des autorités de l’entité occupante à promulguer des lois discriminatoires, telles que la loi sur l’exécution des prisonniers palestiniens, ainsi qu’à adopter des politiques d’annexion des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée et à les enregistrer au nom de l’État occupant, dans le but d’étendre les colonies et de créer un nouveau fait accompli visant à affirmer sa prétendue souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, en violation flagrante de toutes les lois et conventions internationales pertinentes.

À l’occasion de cette date symbolique, la Tunisie réaffirme son admiration et son profond respect pour la résistance héroïque du peuple palestinien frère, qui affronte seul l’arrogance, la tyrannie de l’entité occupante et la brutalité de son arsenal militaire, face à un silence inquiétant de la communauté internationale. Il écrit ainsi, en lettres d’or, une nouvelle épopée historique sans précédent dans l’histoire de l’humanité, à travers sa lutte continue pour récupérer ses terres usurpées et restaurer pleinement ses droits historiques légitimes.

La Tunisie rappelle également que la Palestine est un État au regard du droit international et qu’elle est reconnue par près de 150 États. Elle estime qu’il est désormais temps de lui accorder son droit légitime à une adhésion pleine et entière à l’Organisation des Nations Unies, sans davantage de tergiversations ni de retard.

La Tunisie renouvelle également, en cette occasion, son soutien inconditionnel au peuple palestinien frère dans la défense de son droit inaliénable et imprescriptible, et réaffirme sa position constante de soutien aux Palestiniens dans leur droit à l’autodétermination, dans leur lutte pour la récupération intégrale de leurs droits historiques légitimes et pour l’établissement de leur État sur l’ensemble du territoire palestinien avec Al-Qods Al-Charif comme capitale

Communiqué

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France | Saad Lamjarred à nouveau condamné pour viol

Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été reconnu coupable de viol et condamné par la cour d’assises de Draguignan, ce vendredi 15 mai 2026.

Saad Lamjarred, qui comparaissait libre à ce procès, a écopé d’une peine de cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme, rencontrée à Saint-Tropez en 2018.

Selon les médias français, le chanteur marocain a également été condamné à verser 30.000 euros de dommages et intérêts et 5.000 euros de frais d’avocat à la victime.

Pour rappel, Saad Lamjarred, qui a fait face à d’autres affaires similaires, a toujours nié les faits de viol, évoquant un rapport consenti.

Il a par ailleurs déjà fait l’objet d’une condamnation à six ans de prison en 2023 par la cour d’assises de Paris pour une autre affaire de viol, un verdict dont il a fait appel et pour lequel il attend un nouveau procès.

Y. N.

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L’oléoculture tunisienne présentée à Nyons, en France  

Le Centre de Promotion des Exportations (Cepex) a pris part à une visite de travail organisée les 11 et 12 mai 2026 à Nyons, en France, dans le cadre du renforcement de la coopération tuniso-française dans le secteur de l’huile d’olive.

Cette mission, qui a réuni une délégation tunisienne composée de représentants de plusieurs ministères et structures spécialisées, a permis au Cepex de promouvoir le savoir-faire tunisien et de mettre en valeur les opportunités de partenariat et de développement des exportations de l’huile d’olive tunisienne sur le marché français.

Organisée par le Consulat de Tunisie à Grenoble, en collaboration avec le Comité de jumelage Sfax-Grenoble et l’association  Tunisie l’Olivier, la visite a donné lieu à plusieurs rencontres avec les principaux acteurs français de la filière oléicole, notamment France Olive, des producteurs, des moulins à huile ainsi que la coopérative oléicole de Nyons.

Le programme a également comporté des visites de terrain, dont une exploitation agricole modèle et un moulin à huile, offrant aux participants l’occasion de découvrir l’expérience française en matière de qualité, d’appellations d’origine, de commercialisation et de promotion des produits oléicoles.

En marge de cette mission, le Cepex a participé à une conférence sur le thème «Valorisation de l’huile d’olive et perspectives de coopération tuniso-française», aux côtés d’autres institutions tunisiennes, dont le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, le Centre Technique de l’Emballage et du Conditionnement (Packtec) et l’Institut de l’Olivier. Les intervenants tunisiens ont présenté les atouts de l’huile d’olive tunisienne, ses perspectives d’exportation ainsi que les opportunités de coopération entre les deux pays dans ce domaine.

La conférence a réuni des professionnels, des opérateurs économiques, des chercheurs et des acteurs intéressés par la filière oléicole. Les échanges ont suscité un vif intérêt auprès des professionnels français souhaitant mieux connaître les spécificités de l’huile d’olive tunisienne, produit emblématique du patrimoine national et secteur stratégique pour l’économie tunisienne.

L’événement a également été marqué par une exposition d’huiles d’olive tunisiennes ainsi qu’une séance de dégustation mettant en avant la diversité et la qualité des produits tunisiens.

À noter que le marché français constitue la cinquième destination des exportations tunisiennes d’huile d’olive, avec une part de 3,1 % des exportations totales du secteur en 2025.

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Tunis | Elyes Chaouachi visé par une nouvelle condamnation

Elyes Chaouachi, fils de l’opposant en détention Ghazi Chaouachi, a annoncé ce mercredi 13 mai 2026 avoir fait l’objet d’une nouvelle condamnation à la prison ferme en Tunisie.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Elyes Chaouachi précise qu’il a écopé de cinq ans de prison « pour outrage au président de la République », selon ses dire.

Il affirme par ailleurs que le cumul des peines prononcées à son encontre par contumace s’élèverait désormais à 80 ans et huit mois.

Elyes Chaouachi, qui réside en France, avait déjà été condamné en janvier dernier pour des faits similaires.

Y. N.

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Quadruple meurtre de Choisy-le-Roi | Vers une irresponsabilité pénale pour le suspect tunisien

L’affaire du quadruple meurtre de Choisy-le-Roi, perpétré par un Tunisien (Monji H.) l’été dernier en France, connaît un nouveau rebondissement selon les médias français.

Selon un rapport d’expertise psychiatrique rendu ce 12 mai 2026, Monji H. présentait une « abolition du discernement » au moment des faits ; un constat qui pourrait écarter tout procès devant une cour d’assises.

Le 13 août 2025, la découverte de quatre corps dans la Seine à Choisy-le-Roi avait rapidement mené à l’interpellation de Monji H., un ressortissant tunisien de 28 ans sans domicile fixe, qui a avoué le quadruple homicide dès son arrestation.

Ce dernier avait affirmé avoir agi sous l’emprise de « visions », soulevant immédiatement la question de sa santé mentale. Un rapport d’expertise psychiatrique, consulté par les journalistes du Parisien, vient confirmer ces doutes : «le suspect souffre d’un trouble schizophrénique aggravé par des addictions à l’alcool et au cannabis ».

La même source affirme que le rapport souligne des « manifestations psychotiques envahissantes ayant entraîné une perte totale de lien avec la réalité ».

En conséquence, l’expert retient l’abolition du discernement et du contrôle des actes, ce qui signifie que Monji H. ne peut être tenu pour responsable pénalement et que si les conclusions de l’expert sont suivies par les magistrats, aucun procès n’aura lieu.

L’expertise recommande désormais une hospitalisation psychiatrique sous contrainte, afin de poser un diagnostic définitif et de dispenser des soins adaptés à la pathologie lourde du suspect.

Pour rappel, ce drame a coûté la vie à quatre victimes : un Français de 48 ans, deux Algériens de 21 ans et un Tunisien de 26 ans.

Y. N.

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La Tunisie à la traîne de nombreux pays africains

La Tunisie, jadis en tête des pays africains en termes de dynamisme économique, est aujourd’hui nettement en dessous des pays les plus dynamiques du continent en matière de croissance économique et d’investissement. Des données chiffrées, collectées par l’économiste Salah Dargouth, brossent un tableau inquiétant de cette chute vertigineuse.

Latif Belhedi

Avec une croissance économique moyenne allant 1,5 et 2,5% au cours des dix dernières années, la Tunisie se trouve largement distancée par les champions du continent, à savoir l’Ethiopie et le Rwanda (~7%), l’Ouganda (~6-7%), le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie (~6 %) et le Kenya  (~5 %).

Ceci explique en partie cela : la Tunisie est également largement distancée par ces mêmes pays en termes de part de l’investissement dans le PIB : ~13-14 %, contre ~40 % pour la Tanzanie, ~25-26 % pour le Bénin, ~25 % pour le Rwanda, ~23-24 % pour la Côte d’Ivoire, ~22-24 % pour l’Ouganda, ~20-21 % pour l’Ethiopie et ~17-18 % pour le Kenya.

Autrement dit, notre pays investit aujourd’hui proportionnellement beaucoup moins que le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya l’Ouganda et surtout la Tanzanie.

«Le contraste devient encore plus frappant lorsqu’on regarde l’évolution historique», explique Salah Dargouth qui précise : «Dans les années 1990-2010, la Tunisie investissait souvent entre 23 % et 26 % du PIB. En 2010, le taux dépassait encore 26 %. En 2024, il est tombé autour de 13-14 %, soit presque la moitié des décennies 1990-2010. Or, dans la plupart des expériences internationales, un taux d’investissement inférieur à 15% du PIB est généralement insuffisant pour soutenir durablement une forte croissance. De même, les pays qui connaissent des transformations économiques rapides maintiennent souvent des taux supérieurs à 25%. Les “miracles économiques” asiatiques dont bien sûr la Chine ont souvent dépassé 30-35%.»

«Avec une croissance du PIB de 4-5% et un taux d’investissement de 20-30%, le Maroc est aussi un cas intéressant de croissance relativement soutenue et d’investissement élevé en Afrique du Nord», fait également remarquer l’ancien expert de la Banque Mondiale. Il ajoute : «Le Maroc se distingue par un taux d’investissement parmi les plus élevés d’Afrique ; de grands projets d’infrastructure (TGV, ports, autoroutes, énergie solaire, dessalement) ; une industrialisation rapide (automobile, aéronautique, phosphates) ; une forte montée des exportations industrielles ; sans oublier les préparatifs massifs pour la Coupe du Monde 2030.»

Or, enchaîne M. Darghouth : «En comparaison, la Tunisie souffre depuis plusieurs années d’une économie en dormance et d’une croissance lente; d’un faible investissement public et privé ; d’une résistance à attirer les IDE ; d’une administration étouffante et sclérosée ; d’une diabolisation du secteur privé ; et d’une instabilité réglementaire et financière.»

La conclusion est sans appel : «Le contraste entre les deux pays est particulièrement visible dans les infrastructures, la dynamique industrielle et le développement technologique.» 

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Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur 

Un verdict sans détour : la chaîne qui relie le champ tunisien à la table du consommateur est grippée. Trop d’intermédiaires, trop peu de régulation, des textes juridiques dépassés et des infrastructures à bout de souffle. Trois experts ont présenté, des pistes de transformation concrètes et chiffrées. 

Latif Belhedi

Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation que traverse l’agriculture tunisienne. Le travail est là. La production aussi. Et pourtant, aux deux extrémités de la chaîne, le compte n’y est pas : celui qui cultive peine à en tirer un revenu décent, celui qui achète supporte des prix qui ne reflètent pas la réalité du coût de production. Ce paradoxe, c’est la question centrale qu’a posée Amine Ayed, président de l’IACE, en ouvrant la dixième édition du Tunisia Economic Forum mardi 12 mai 2026, au siège du think tank à Tunis. Un forum qui, depuis une décennie, s’est construit sur le postulat qu’aucune amélioration n’est possible sans l’examen lucide et collectif des défaillances propres à chaque secteur. 

Amine Ayed a tenu à replacer d’emblée le sujet dans sa juste dimension. La modernisation des filières de commercialisation agricole n’est pas une question de logistique ou d’organisation administrative. C’est un enjeu de souveraineté économique. La manière dont une économie fait circuler ce qu’elle produit détermine autant sa richesse finale que sa capacité à la générer.

Or, entre le producteur et l’acheteur final, le système tunisien laisse filer de la valeur à chaque étape : trop d’intermédiaires s’y sont incrustés, le secteur informel y a pris ses aises, la logistique y reste défaillante et les tensions spéculatives y sont récurrentes.

Une approche morcelée

Ce n’est pas un dysfonctionnement sectoriel isolé. C’est un défaut systémique qui érode l’efficacité globale de l’économie, affaiblit sa transparence et mine la confiance de ses acteurs. 

Le président de l’IACE a aussi pointé un travers méthodologique persistant. Les réponses apportées jusqu’ici à ces problèmes ont été parcellaires : les marchés de gros traités séparément des enjeux logistiques, les questions de prix dissociées de celles du commerce informel, les infrastructures pensées hors de tout cadre de gouvernance cohérent.

L’étude présentée lors de ce forum rompt avec cette approche morcelée. Elle propose une lecture d’ensemble, articulée autour de plusieurs scénarios de transformation possibles, avec pour question centrale : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ? Car la réforme, a insisté Amine Ayed, est aussi politique que technique. Elle heurte des intérêts en place, bouscule des habitudes ancrées et interroge des rapports de force territoriaux. Elle réclame non seulement des idées, mais de la cohérence dans leur mise en œuvre, une vision à long terme et la volonté effective de les exécuter. 

Trop de marchés, trop peu de contrôle 

C’est Mohamed Hédi Inoubli, à la tête de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche au ministère du Commerce, qui a pris le relais pour cartographier les pathologies du système. Son premier constat est géographique autant qu’institutionnel : la Tunisie compte sept fois plus de marchés que ses voisins algérien et marocain. Cette prolifération, loin d’être un signe de vitalité commerciale, génère une fragmentation qui rend tout contrôle efficace quasi impossible. Elle s’accompagne d’un phénomène de glissement généralisé : les opérateurs débordent de leurs périmètres réglementaires, les rôles se brouillent, et les pratiques monopolistiques ou spéculatives s’y développent en toute impunité. 

La complexité du secteur tient aussi à sa nature intrinsèque. La production agricole est, par définition, variable : d’une saison à l’autre, d’une région à l’autre, les volumes, la qualité et la disponibilité fluctuent de façon significative. Cette instabilité structurelle est aggravée par l’insuffisance chronique du financement agricole, qui empêche les producteurs de valoriser correctement leur récolte, d’atteindre les seuils de volume nécessaires et d’acheminer leur production vers les circuits formels de distribution. Le cadre juridique censé encadrer tout cela est, lui, figé dans le temps. Obsolète, il ne permet plus d’assurer un contrôle commercial opérationnel. 

Face à cette situation, M. Inoubli a présenté le décret n° 47 de 2022 comme le levier réglementaire central de la transformation à engager. Ce texte prévoit plusieurs mécanismes complémentaires. Il rend obligatoire la déclaration des activités commerciales, visant à faire reculer l’économie informelle. Il impose la mise en place de systèmes d’information agréés, permettant une traçabilité numérique de la filière et une connaissance en temps réel des stocks disponibles par l’administration. Il introduit une distinction formelle entre stockage de régulation et stockage spéculatif. Il prévoit enfin un renforcement substantiel des pouvoirs de contrôle et des sanctions applicables. 

Sur le terrain, l’approche repose sur une logique d’expérimentation avant généralisation. Un projet de marché de gros intégré est à l’étude à Béja, couvrant les légumes, les fruits et la volaille. À Sidi Bouzid, un projet pilote de plateforme numérique intégrée a déjà été testé et ses enseignements serviront de base aux futurs déploiements.

Par ailleurs, le système de facturation électronique développé par la Sotumag est d’ores et déjà opérationnel dans treize marchés municipaux. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble des marchés d’intérêt national. Une refonte de la cartographie nationale des marchés est également en préparation, avec pour finalité la suppression ou la fusion des marchés dont la viabilité n’est pas démontrée. Sur ce point, M. Inoubli a rappelé une erreur récurrente des réformes passées : les chevauchements de compétences entre ministères ont souvent constitué le principal obstacle à leur concrétisation. 

Une feuille de route en trois axes 

Ahmed Ben Kheder, consultant auteur de l’étude de l’IACE «Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles», a apporté la dimension prescriptive de la journée en détaillant une feuille de route structurée. Son diagnostic préalable confirme et précise ce qui avait été exposé.

La prolifération des intermédiaires est bien la cause première des distorsions de prix, entretenue par une évasion fiscale généralisée et des blocages juridiques tenaces. Les contrats de concession accordés aux gestionnaires de marchés sont trop courts pour déclencher un investissement privé sérieux : aucun opérateur ne s’engagera dans une rénovation coûteuse si le cadre contractuel ne lui garantit pas d’en amortir le coût.

Les communes, de leur côté, manquent cruellement d’expertise technique dans la gestion des circuits de distribution agricole. Les abattoirs se sont progressivement dégradés. Et la procédure d’attribution des concessions, fondée exclusivement sur le critère financier du mieux-disant, écarte de facto les candidats les plus compétents au profit des plus offrants. 

Cette situation n’est pas sans précédent. Entre 2002 et 2008, des chantiers de réhabilitation avaient été lancés. Ils n’ont pas produit les résultats attendus. Faute d’une vision stratégique d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés, ces interventions sont restées sans lendemain. La leçon à en tirer est claire selon le consultant : une réforme parcellaire est vouée à l’échec. Seule une approche systémique et cohérente peut produire des effets durables. 

Sa proposition s’organise autour de trois axes. Le premier concerne la professionnalisation de la gestion des marchés. Il s’agit de créer des agences spécialisées et de confier leur pilotage à des gestionnaires compétents, soit par délégation de service au secteur privé, soit par une professionnalisation effective des équipes municipales.

Le deuxième axe vise la qualité des investissements et la création de valeur autour du produit agricole. Concrètement, cela suppose de substituer au critère exclusif de la capacité financière un critère de qualité de service dans la sélection des opérateurs, d’allonger la durée des contrats de concession pour rendre l’investissement attractif, et d’élaborer un cahier des charges de référence servant de socle normatif commun à tous les appels d’offres.

Le troisième axe, de nature transversale, porte sur la gouvernance institutionnelle : clarification des attributions respectives des acteurs centraux et locaux, meilleure articulation entre les niveaux de décision et adoption d’un cadre juridique unifié. 

Pour financer l’ensemble du programme, M. Ben Kheder a recommandé la création d’un fonds national dédié, abondé par les contributions des opérateurs du secteur. Le mode de calcul retenu est significatif : les cotisations seraient assises sur les volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout mécanisme inflationniste répercuté sur le consommateur final. Ce fonds serait piloté par une unité de gestion permanente, chargée d’assurer en continu le suivi de la qualité et de la pérennité des infrastructures.

Parallèlement, le consultant a plaidé pour l’émergence de petites entreprises nouvelles aux côtés des opérateurs établis, dans une logique de stimulation concurrentielle susceptible d’élever le niveau général de service. 

La dimension infrastructurelle de la réforme passe aussi par la spécialisation des marchés de gros. Plutôt que des structures généralistes, M. Ben Kheder préconise des équipements dédiés à chaque grande filière : viandes rouges, viandes blanches et produits de la mer bénéficieraient chacun d’infrastructures adaptées à leurs contraintes sanitaires et logistiques spécifiques. Cette spécialisation renforcerait la traçabilité, améliorerait les conditions d’hygiène et élèverait le niveau de professionnalisation de l’ensemble de la chaîne. 

Les effets attendus de ces transformations se déploieraient sur deux registres. Économiquement, elles permettraient de comprimer les distorsions de prix, de réduire significativement le poids du commerce parallèle et de renforcer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes.

Socialement, elles agiraient à la fois sur la stabilité des prix à la consommation et sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de distribution. 

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