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Prix Lina Ben Mhenni | Clôture des candidatures fixée au 30 septembre

La délégation de l’Union européenne en Tunisie a annoncé la poursuite des dépôts de candidatures pour la 6e édition du Prix Lina Ben Mhenni pour la liberté d’expression.

Le prix est ouvert aux professionnels des médias ainsi qu’aux créateurs de contenus indépendants. Pour être éligibles, les œuvres soumises doivent avoir été produites et publiées entre l’année 2025 et l’année 2026.

Le comité d’organisation appelle les intéressés ayant réalisé une œuvre écrite, sonore ou audiovisuelle entre 2025 et 2026 à participez à ce concours et à faire rayonner leur travail et leur talent.

Les lauréats seront annoncés et récompensés le 10 décembre 2026, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme.

Y. N.

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Réunion à Tunis | L’Italie renforce son emprise sur le dossier libyen

La Tunisie accueille aujourd’hui, mardi 12 mai 2026, une nouvelle session de négociations dans le cadre du «Groupe 4+4», qui réunit des représentants de l’est et de l’ouest de la Libye afin de discuter de questions restées en suspens pendant des années.

Majdi Karbai *

Il s’agit notamment de la restructuration de la Haute Commission électorale nationale et de la révision du cadre juridique régissant les prochaines élections. L’objectif affiché est de relancer un processus attendu de longue date, maintes fois bloqué par des vetos réciproques et de profondes divisions institutionnelles.

La réunion d’aujourd’hui intervient deux semaines après le sommet du 29 avril à Rome, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul). Cette réunion a marqué un tournant décisif, l’Onu ayant indiqué que les parties étaient parvenues à un accord préliminaire sur un mécanisme permettant de surmonter l’impasse concernant la direction de la commission électorale, l’un des principaux obstacles qui avaient bloqué l’ensemble des négociations. Le transfert sans interruption des pourparlers en Tunisie laisse entrevoir que la perspective d’un accord est désormais plus réaliste qu’auparavant.

Ce que révèle clairement cette présence diplomatique, c’est le rôle croissant de l’Italie dans le dossier libyen. Rome ne s’est pas contentée d’offrir un lieu de rencontre, mais s’est activement impliquée dans leur facilitation, en coordination avec les Nations Unies, afin de préserver un dialogue au bord de l’effondrement.

L’Italie cherche à établir un axe régional de dialogue. Ses relations avec la Libye s’étendent sur plusieurs décennies et englobent des intérêts politiques, énergétiques, sécuritaires et migratoires étroitement liés. Le géant italien de l’énergie Eni est sans doute l’un des acteurs les plus déterminants de la politique étrangère italienne en Méditerranée, tandis que les côtes libyennes demeurent l’une des principales voies de passage vers l’Europe. Par conséquent, la stabilité, ou l’instabilité, de Tripoli et de Benghazi influe directement sur l’équilibre des pouvoirs au sud de l’Union européenne.

Un axe de dialogue régional sous la férule de l’Italie

La diplomatie italienne, sous la direction de Giorgia Meloni, connaît un net renouveau, Rome cherchant à jouer le rôle de «pont entre les deux rives de la Méditerranée».

Le choix de la Tunisie pour accueillir cette série de pourparlers n’est pas anodin : la Tunisie s’est rapprochée des politiques italiennes et le dossier tunisien semble avoir progressivement basculé de la sphère d’influence française traditionnelle à la sphère italienne, notamment après le déclin de la présence française en Afrique du Nord et dans les pays historiquement considérés comme relevant de sa sphère d’influence.

En ce sens, la série de rencontres entre Rome et Tunis dépasse le simple cadre logistique ; elle esquisse les contours d’un axe de dialogue régional que l’Italie cherche à consolider, se positionnant comme un médiateur incontournable entre l’Europe, l’Afrique du Nord et la communauté internationale impliquée dans la crise libyenne.

Malgré cela, le processus de négociation demeure fragile, et les préoccupations et les divisions entre l’Est et l’Ouest persistent et ne peuvent être surmontées du jour au lendemain. Cependant, la poursuite de ce processus de négociation de manière soutenue, avec un programme clair, un calendrier précis et une approche diplomatique progressive, constitue en soi un événement politique qui mérite attention et suivi.

Traduit de l’arabe.

* Ancien député tunisien résidant en Italie.

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La Tunisie pour une révision de ses relations avec l’UE

Le partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne (UE) connaît une nouvelle phase de réflexion stratégique. Trente ans après la signature de l’Accord d’association de 1995, Tunis plaide aujourd’hui pour une révision du cadre régissant ses relations avec l’UE, afin de l’adapter aux profondes mutations économiques, géopolitiques et technologiques intervenues à l’échelle mondiale.

À l’occasion de la Journée de l’Europe organisée vendredi par la délégation de l’UE, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a réaffirmé l’attachement de la Tunisie aux principes fondant son partenariat avec l’UE. Il a qualifié cette relation d’«historique», tout en soulignant la nécessité de la faire évoluer vers davantage d’équilibre, d’équité et de respect des priorités nationales ainsi que des choix souverains des partenaires.

Le ministre a insisté sur l’importance de revoir l’Accord d’association à la lumière des transformations majeures qu’a connues le monde au cours des dernières décennies. Selon le ministère des Affaires étrangères, la relation tuniso-européenne repose sur un choix stratégique ancien et mutuellement bénéfique, consolidé par la proximité géographique et les liens historiques entre les deux rives de la Méditerranée.

Coopération en constante évolution

Dès son indépendance en 1956, la Tunisie a œuvré à développer des relations durables avec ses partenaires européens. Cette orientation s’est progressivement traduite par plusieurs étapes majeures : un premier accord commercial avec la Communauté économique européenne (CEE) en 1969, un accord de coopération élargi en 1976, puis surtout l’Accord d’association signé en juillet 1995 et entré en vigueur en 1998.

La Tunisie fut ainsi le premier pays du sud de la Méditerranée à conclure un tel accord avec l’UE. Celui-ci demeure aujourd’hui le principal cadre juridique régissant les relations tuniso-européennes et couvre l’ensemble des domaines de coopération, faisant de l’UE le premier partenaire économique et commercial de la Tunisie.

Cet accord a instauré une zone de libre-échange pour les produits industriels manufacturés, entraînant la suppression progressive des droits de douane. Les produits industriels tunisiens exportés vers l’UE bénéficient ainsi d’un accès sans droits de douane, et réciproquement.

Le démantèlement tarifaire prévu par cet accord a été appliqué progressivement entre 1996 et 2008. Les entreprises industrielles tunisiennes ont parallèlement bénéficié de programmes d’accompagnement et de mise à niveau dans le cadre du programme Meda (1995-2006), puis de l’Instrument européen de voisinage et de partenariat à partir (IEVP) de 2007.

L’Accord d’association s’inscrit également dans le cadre du processus euro-méditerranéen de Barcelone ainsi que de l’Union pour la Méditerranée (UpM), auxquels la Tunisie participe activement depuis 1995.

Plusieurs mécanismes institutionnels ont été mis en place afin d’assurer le suivi de cette coopération, notamment le Conseil d’association, le Comité d’association, ainsi que différents sous-comités et groupes de travail sectoriels.

Nécessaire révision du partenariat

Si les responsables européens mettent régulièrement en avant le statut avancé accordé à la Tunisie après la révolution de 2011 ainsi que l’importance du soutien financier européen, Tunis estime néanmoins que ce partenariat demeure incomplet malgré sa densité.

Les autorités tunisiennes considèrent désormais nécessaire de réviser l’Accord d’association afin de le rendre plus équilibré, plus équitable et davantage aligné sur les priorités nationales et les exigences du développement socio-économique du pays. Cette approche vise également à mieux prendre en compte les défis actuels, qu’ils soient sécuritaires, sociaux, culturels, financiers ou technologiques.

Trente ans après sa signature, l’accord apparaît en effet partiellement dépassé face aux transformations de l’économie mondiale. Initialement conçu pour organiser essentiellement les échanges de biens, il ne reflète plus pleinement la complexité des relations économiques contemporaines, marquées par l’essor du numérique, de l’innovation, de la transition énergétique et des exigences environnementales, mais aussi par les défis liés à la sécurité alimentaire et énergétique.

Dans ce contexte, le président de la République Kaïs Saïed, avait appelé, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, le 20 mars dernier, à une révision de l’accord de partenariat afin de le rendre «plus équilibré et plus juste».

Cette position a également été réaffirmée par le ministre des Affaires étrangères lors d’un échange téléphonique avec la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, consacré aux moyens de renforcer les relations de coopération entre la Tunisie et l’UE.

Pour plus de complémentarité

Selon le ministère des Affaires étrangères, la révision du partenariat avec l’UE vise avant tout à instaurer un meilleur équilibre entre les deux parties et à exploiter pleinement leur potentiel commun.

Parmi les pistes évoquées figurent notamment l’amélioration de l’accès des produits agricoles et agroalimentaires tunisiens au marché européen, la participation des PME tunisiennes aux marchés publics européens, le renforcement des investissements directs étrangers dans les secteurs à forte valeur ajoutée, ainsi que le développement de la transition énergétique et de la transformation numérique.

Le ministère souligne que l’Accord d’association de 1995 demeure une base solide, mais qu’il ne peut plus, à lui seul, répondre aux mutations profondes ayant transformé les deux rives de la Méditerranée.

Dans cette dynamique, la signature en juillet 2023 du mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique et global entre la Tunisie et l’UE a marqué une étape importante. Ce texte a réaffirmé la volonté commune de donner un nouvel élan aux relations bilatérales autour de cinq axes majeurs : la stabilité macroéconomique, l’économie et le commerce, la transition énergétique, le rapprochement entre les peuples ainsi que la migration et la mobilité.

Respect de la souveraineté et non-ingérence

Les autorités tunisiennes estiment que cette nouvelle étape doit permettre de faire évoluer le partenariat d’une simple logique de coopération vers une logique d’approfondissement et de complémentarité, fondée sur les principes de co-responsabilité, de solidarité, de respect de la souveraineté et de non-ingérence.

Jeudi dernier, l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, a déclaré que la révision des mémorandums d’entente et des accords de partenariat entre la Tunisie et l’UE «s’effectue périodiquement lorsque le besoin s’en fait sentir». Il a également indiqué qu’une délégation de Bruxelles s’était récemment rendue en Tunisie afin d’examiner avec les autorités tunisiennes plusieurs dossiers relatifs aux énergies renouvelables et aux échanges commerciaux.

Le partenariat en chiffres

Les entreprises européennes représentent aujourd’hui les principaux investisseurs étrangers en Tunisie. Elles comptent pour près de 88 % des investissements directs étrangers en nombre de projets et assurent environ 90 % des emplois générés par les IDE, soit plus de 400 000 emplois directs à travers quelque 3 400 entreprises.

La balance commerciale entre la Tunisie et l’UE demeure excédentaire pour la Tunisie depuis plusieurs années, avec un taux de couverture avoisinant 119 % en 2025.

Le stock des investissements européens en Tunisie atteignait 5,8 milliards d’euros à fin 2023, concentrés principalement dans les secteurs du textile et de l’habillement, de l’agroalimentaire ainsi que des industries électriques et électroniques.

En 2025, l’UE a absorbé près de 69,9 % des exportations tunisiennes, pour une valeur de 44 527,8 millions de dinars, contre 42 862,3 millions en 2024. Les importations tunisiennes en provenance de l’UE ont quant à elles représenté 43,7 % du total des importations du pays, atteignant 37 321,2 millions de dinars.

L’enjeu de la mobilité et des visas

Le ministère tunisien des Affaires étrangères souligne également le renforcement significatif de la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La participation de la Tunisie aux programmes européens tels que Horizon Europe, Horizon 2020 et Erasmus+ a permis aux chercheurs et aux institutions tunisiennes de mieux s’intégrer aux dynamiques internationales d’innovation.

Cette dynamique témoigne du potentiel du pays en matière de capital humain et d’innovation. Toutefois, plusieurs obstacles persistent, notamment en ce qui concerne l’octroi des visas, en raison de la lenteur et du coût des procédures administratives.

La facilitation de l’accès aux visas pour certaines catégories socioprofessionnelles apparaît désormais comme un enjeu majeur pour le développement du partenariat tuniso-européen. Les autorités tunisiennes plaident ainsi pour la mise en place de solutions durables permettant de renforcer davantage la mobilité et les échanges humains entre les deux rives de la Méditerranée.

Tap.

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