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L’Algérie ambitionne d’exporter du blé vers la Tunisie et le Maroc

Transformer une partie du Sahara algérien en un nouveau pôle agricole capable, à long terme, non seulement de réduire la dépendance du pays aux importations de blé, mais aussi d’exporter des céréales vers la Tunisie et le Maroc : tel est le défi que s’est lancé l’Algérie avec le projet d’envergure développé dans la région désertique de Timimoun par le groupe BF Spa, premier groupe agroalimentaire italien, via sa filiale BF International.

Latif Belhedi

Il va sans dire que l’Algérie et son partenaire italien sont en train de puiser l’eau nécessaire à l’irrigation des champs de céréales dans l’aquifère du Sahara (ou Système aquifère du Sahara septentrional – SASS), l’immense réserve d’eau souterraine partagée entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie.

S’étendant sur plus d’un million de km2 , ce système dont l’exploitation est censée être gérée collégialement entre les trois pays concernés, renferme des volumes considérables d’eau fossile et donc non renouvelable. Il va donc sans dire qu’en y pompant sans compter pour une l’irrigation massive d’énormes superficies de céréales, on risque de l’épuiser rapidement et d’en priver les générations futures. Nos «amis et voisins» algériens et italiens ont-ils consulté la Libye et la Tunisie avant de se lancer dans un projet aussi délirant ? Qu’on nous permette d’en douter…    

36 000 hectares à exploiter

Pour venir au projet, il s’agit de l’une des initiatives agricoles sahariennes les plus ambitieuses actuellement en cours en Afrique du Nord. Ce plan s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Algérie pour renforcer sa sécurité alimentaire suite aux chocs subis ces dernières années sur les marchés agricoles internationaux, de la guerre en Ukraine aux tensions affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Giovanni Mazzotti, chef de projet agricole chez BF International, a présenté la portée et les objectifs de l’initiative dans les médias algériens.

Selon Mazzotti, le choix de l’Algérie par le groupe italien s’explique à la fois par les liens historiques entre Rome et Alger et par deux facteurs stratégiques : le déficit structurel important de la production de blé et la disponibilité de vastes terres agricoles au Sahara.

Le projet Timimoun couvre environ 36 000 hectares, dont 22 000 à 24 000 hectares irrigables, une fois exclues les zones impropres à l’irrigation. Le défi réside cependant non seulement dans la culture du blé, mais aussi dans la mise en place d’un écosystème productif complet dans une zone désertique dépourvue d’infrastructures de base.

Tout créer à partir de zéro

Mazzotti explique que le projet a été lancé entre fin septembre et début octobre, une période déjà considérée comme légèrement postérieure au calendrier agricole idéal. Cela a contraint le groupe italien à accélérer rapidement toutes les opérations nécessaires : forage de puits, installation de systèmes d’irrigation, aménagement de chemins agricoles et organisation des entreprises intervenant sur le terrain. «En quelques mois seulement, nous avons dû tout créer de zéro», explique le responsable italien. Le groupe a installé avec succès 40 systèmes d’irrigation pivotants importés d’Italie, capables chacun de couvrir environ 40 hectares, pour une surface cultivée initiale d’environ 1 600 hectares. Une partie des semis a eu lieu pendant la période agronomique optimale, entre mi-octobre et mi-novembre, tandis qu’environ 60 % des cultures ont été semées plus tard que prévu en raison du temps nécessaire à la mise en place des infrastructures.

Néanmoins, le premier cycle de production a permis de recueillir des données cruciales sur le comportement agronomique du Sahara : qualité de l’eau, caractéristiques du sol et adaptation des variétés céréalières au milieu désertique. Selon Mazzotti, travailler des terres vierges prend inévitablement du temps : «Plus la terre est cultivée et travaillée, plus sa capacité à répondre aux besoins de production s’améliore.» D’après le groupe italien, il faudra entre 24 et 36 mois pour stabiliser pleinement les performances agricoles de la zone.

L’objectif opérationnel est de mener à bien le programme en trois à quatre ans, en atteignant un rendement moyen d’environ 60 quintaux par hectare, un niveau considéré comme très compétitif dans le contexte saharien.

Si ces résultats sont atteints, ils pourraient avoir un impact significatif sur le marché intérieur algérien. L’Algérie demeure l’un des principaux importateurs de blé au monde et s’efforce depuis des années de réduire sa dépendance aux approvisionnements étrangers, considérés comme stratégiquement sensibles d’un point de vue politique et social.

Un transfert de technologie

«Aujourd’hui, notre projet est entièrement axé sur le marché intérieur, mais à l’avenir, l’Algérie pourrait même devenir exportatrice de blé vers des pays voisins comme la Tunisie et le Maroc», a déclaré M. Mazzotti. Un aspect essentiel du projet réside dans le transfert de technologie italienne vers l’Algérie. BF a introduit des semences développées par SIS (Società italiana sementi), une entreprise du groupe spécialisée dans la production de blé dur et de blé tendre. Parmi les variétés déjà disponibles sur le marché algérien figure «Ciccio», qui, selon M. Mazzotti, est aujourd’hui l’une des variétés les plus productives du pays.

L’opérateur italien a souligné que de nombreuses variétés de céréales actuellement utilisées en Algérie proviennent de programmes de sélection des années 1980 et 1990, dont les rendements sont aujourd’hui clairement limités. Selon BF, l’introduction de nouvelles semences permettrait d’accroître non seulement la production de céréales, mais aussi celle de paille pour l’alimentation animale. Outre les semences, le groupe a importé des tracteurs, du matériel agricole, des moissonneuses-batteuses et des engrais italiens innovants, notamment des engrais liquides introduits pour la première fois sur le marché algérien.

M. Mazzotti a également insisté sur le fait qu’une partie de la mécanisation agricole utilisée en Algérie est technologiquement obsolète, ce qui entraîne des pertes de récolte.

Le responsable agricole de BF a enfin souligné le rôle crucial de l’eau dans le développement de l’agriculture désertique. «Sans eau, une agriculture durable au Sahara est impossible», a-t-il déclaré. Parallèlement, le climat désertique offre certains avantages agronomiques : l’absence quasi totale d’humidité réduit la propagation des maladies et des ravageurs, limitant ainsi le recours aux produits phytosanitaires chimiques. Selon M. Mazzotti, la priorité actuelle du groupe est d’optimiser l’utilisation des terres qui lui sont attribuées. Ce n’est que plus tard, et en fonction des décisions des actionnaires, que BF pourrait également développer des activités liées à l’élevage. Cependant, le directeur a précisé qu’une filière d’élevage intégrée ne pourra être mise en place qu’une fois la production de fourrage suffisante assurée.

Avec Agenzia Nova.

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Le cinéma sauve ce que le patrimoine officiel oublie

Sous la houlette de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), présidée par la talentueuse Ons Kamoun, entourée d’une jeune équipe dynamique et passionnée, le mini-festival «Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)», organisé les15 au 16mai 2026 à la Maison de la Culture Ibn Rachiq, s’est imposé comme l’une des expériences culturelles les plus stimulantes du Mois du patrimoine (18 mai-18 juin).

Abdelhamid Larguèche *

En proposant une réflexion profondément novatrice sur les mémoires invisibles, les lieux oubliés et les patrimoines fragiles, cette manifestation a réussi à déplacer le regard hors du monumental et à faire du cinéma documentaire un véritable outil critique de sauvegarde et de transmission.

Sortir le patrimoine de la pierre et des cérémonies officielles

Il arrive parfois qu’un événement culturel, par sa simple existence, révèle les limites d’un modèle devenu incapable de se renouveler. Le mini-festival «Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)» appartient incontestablement à cette catégorie rare d’initiatives qui ne se contentent pas d’accompagner une programmation institutionnelle, mais qui en déplacent profondément les cadres.

Depuis plusieurs années, le Mois du patrimoine en Tunisie semble enfermé dans une représentation largement monumentale de la mémoire : célébration des sites classés, restauration des pierres anciennes, cérémonial patrimonial convenu et discours officiels répétitifs. Or, à mesure que cette vision s’institutionnalise, elle laisse de côté une autre réalité patrimoniale, plus fragile, plus mouvante et souvent plus urgente : les gestes menacés, les lieux abandonnés, les mémoires marginalisées, les espaces populaires et les traces invisibles du vécu collectif.

Une programmation qui donne une voix aux patrimoines oubliés

C’est précisément contre cet enfermement du patrimoine dans le monumental que le festival «Cinéma-Mémoire» a construit sa proposition. Dès son intitulé, «Filmer ce qui tient (encore)»,  le projet affirmait une autre conception de la mémoire : non plus une mémoire figée dans la pierre, mais une mémoire précaire, vivante et vulnérable.

Et cette orientation n’est pas restée théorique. Elle s’est incarnée dans une programmation particulièrement forte, où plusieurs films du projet «10 Sites, 10 Docs, Ciné-Patrimoine», présentés auparavant aux Journées Cinématographiques de Carthage, ont trouvé une résonance nouvelle. Ces courts-métrages documentaires réalisés par de jeunes cinéastes tunisiens sur des sites patrimoniaux en péril ont constitué l’un des moments les plus marquants du mini-festival.

Leur présence dans cette programmation était tout sauf anecdotique. En filmant des lieux oubliés, menacés d’effondrement ou rongés par l’abandon, comme la synagogue de Nabeul ou le fort espagnol de La Goulette, ces œuvres déplaçaient radicalement la définition même du patrimoine. Elles rappelaient que la disparition ne concerne pas seulement les monuments spectaculaires, mais aussi des espaces périphériques, des mémoires silencieuses et des héritages sans protection symbolique.

L’un des grands mérites du festival a été d’avoir compris que ces films ne relevaient pas seulement du documentaire patrimonial classique, mais d’une véritable politique du regard. Car filmer un site en ruine avant son effacement définitif n’est pas un simple geste d’archivage : c’est un acte de résistance contre l’oubli.

Les débats qui ont accompagné les projections ont donné une profondeur supplémentaire à cette expérience. Plusieurs discussions ont porté sur les obstacles rencontrés lors du tournage de ces documentaires : conflits juridiques autour des sites, lenteurs administratives, absence d’autorisations claires, situations complexes entre héritiers privés et institutions publiques. En mettant ces questions au centre de la réflexion, le festival a eu l’intelligence de montrer que le patrimoine n’est jamais un objet neutre : il est traversé par des rapports de pouvoir, des choix politiques et des mécanismes d’exclusion.

Une nouvelle génération réconcilie cinéma et mémoire

Mais la réussite du festival tient aussi à autre chose : sa capacité à réhabiliter le documentaire comme forme majeure de création contemporaine. Beaucoup de jeunes cinéastes tunisiens, comme l’a rappelé Ons Kamoun, abordaient initialement le documentaire avec distance, le considérant souvent moins prestigieux que la fiction. Or, les films projetés ont précisément démontré l’inverse : le documentaire est aujourd’hui l’un des rares espaces capables de saisir les fractures du réel, les transformations sociales et les mémoires en train de disparaître.

À travers cette manifestation, l’ATPCC confirme ainsi l’importance de son rôle dans le renouvellement du paysage cinématographique tunisien. Grâce à l’énergie de sa présidente Ons Kamoun et à l’engagement d’une équipe jeune, inventive et ouverte aux formes critiques du cinéma, l’association réussit à faire émerger de nouveaux espaces de réflexion, loin des logiques culturelles figées et des approches patrimoniales conventionnelles.

Un festival qui a fait bouger les lignes

Cette force critique traversait également «L’Atelier des monuments invisibles», autre moment essentiel du festival. En invitant de jeunes participants à documenter eux-mêmes des lieux, des gestes ou des paroles menacés, le projet dépassait la logique habituelle des festivals patrimoniaux. Il ne s’agissait plus seulement de montrer des œuvres, mais de produire collectivement des archives du présent.

Le succès public de cette édition zéro a confirmé qu’il existait une attente réelle pour des formes culturelles capables de renouveler profondément le rapport au patrimoine. Étudiants, chercheurs, cinéphiles et jeunes réalisateurs ont trouvé dans ce festival un espace rare de dialogue et de réflexion, loin du folklore patrimonial et des célébrations convenues.

Au fond, «Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)» aura accompli quelque chose d’essentiel : rappeler que le patrimoine le plus important n’est pas toujours celui qui domine les cartes postales ou les discours officiels. Il réside aussi dans les traces fragiles d’un monde qui disparaît en silence. Et face à cette disparition, le cinéma peut encore devenir un geste de sauvegarde, de transmission et de résistance.

* Historien.

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La théorie des prix appliquée au mouton de l’Aïd

Il est neuf heures du matin à Midoun-Zaâmouni, ce bourg de Djerba où la mer est bleue, les maisons sont blanches, et les inégalités sont criantes comme un bélier qu’on arrache à sa mère. Le marché des bestiaux s’est installé sur un hectare de terre rouge, entre les figuiers et les odeurs de fumier. Quand l’optimum de Pareto rencontre un bélier à cornes et à taches noires sur le front…

Moktar Lamari, Ph.D

Deux semaines avant l’Aïd El-Kébir ou Aïd Al-Adha, tout le monde est là : les éleveurs venus de Sidi Bouzid dans leurs 4×4 japonais aux roues encrassées de poussière du Sahel, les acheteurs de Djerba aux bras chargés d’enfants et aux poches plus ou moins garnies selon les cas, les courtiers surgissant de nulle part comme des génies de la lampe, et quelques économistes égarés — dont votre serviteur — qui prennent des notes en essayant de ne pas se faire piétiner par un mouton récalcitrant.

Le spectacle est grandiose. Et parfaitement illégal en termes fiscaux. Mais nous y reviendrons.

La théorie des prix, version ovine

Vilfredo Pareto, ce sociologue et économiste italo-suisse du XIXe siècle — pas du XVIIIe, soyons rigoureux même au marché aux bestiaux — a posé les bases de ce qu’on appelle l’optimum de Pareto : une situation où nul ne peut améliorer son bien-être sans détériorer celui d’un autre.

En d’autres termes, le surplus du producteur additionné au surplus du consommateur atteint son maximum, et tout le monde repart à peu près content.

En théorie. Sur le marché de Midoun-Zaâmouni, Pareto aurait sorti son carnet avec enthousiasme, avant de le ranger, perplexe. Car ici, quatre stratégies de prix coexistent simultanément, avec la fluidité d’un ballet et la brutalité d’une boucherie.

1- Première stratégie : la tarification à la tête du client — ou comment votre mouton vaut soudainement 400 dinars de plus.

Abdallah, éleveur de 52 ans, visage buriné par le soleil de Sidi Bouzid, connaît son métier. Il scanne chaque acheteur qui s’approche avec la précision d’un scanner d’aéroport. La clé de voiture BMW posée ostensiblement dans la paume ? Plus 200 dinars. Le téléphone dernier cri brandi pour photographier la bête — pour montrer à qui, exactement ? — Plus 150 dinars. Les bracelets en or de la conjointe qui accompagne en tenue de fête, les enfants bien habillés qui tirent sur la djellaba du père ? Jackpot : plus 400 dinars d’un seul souffle, sans ciller.

Un couple d’expatriés s’approche. Lui en chemise à fleurs, elle en abaya brodée. Ils regardent un bélier magnifique : larges épaules, cornes recourbées comme des parenthèses de la destinée, et deux taches noires sur le front qui lui donnent un air de sage. Abdallah annonce : 2600 dinars. Les autres acheteurs reculent prudemment.

La négociation commence alors sur le détail anatomique de la bête — ses dents (indicateur d’âge), la grosseur de ses attributs reproducteurs (indicateur de vigueur génétique, paraît-il), la largeur du dos, le poids estimé.

Vingt minutes plus tard, le marché se conclut à 2500 dinars, avec deux bottes de foin offertes en guise de cadeau de bienvenue. Le couple repart heureux, la bête attachée au coffre du SUV.

Calcul rapide : 25 kg de viande nette après abattage, soit exactement 100 dinars le kilogramme. Le filet de veau au supermarché est à 35 dinars. Mais l’Aïd n’est pas une question de ratio prix/protéines — c’est une question de statut, de tradition, et de regard des voisins. Le surplus du consommateur ici est royalement négatif pour le portefeuille, mais richement positif pour l’ego. La microéconomie a ses mystères que la raison ne connaît pas.

2- Deuxième stratégie : la négociation en itérations — ou l’art du tapis appliqué à l’ovin.

Fatma, 45 ans, fonctionnaire dans l’enseignement, salaire mensuel : 900 dinars. Elle est venue seule, avec son fils adolescent et une liste de critères établie la veille avec son mari resté à la maison. Budget maximum : 1400 dinars. Elle vise un agneau de taille moyenne — pas trop petit, ce serait la honte du quartier, pas trop grand, ce serait la ruine du mois.

La négociation commence à 1950 dinars. Fatma contre-propose 1200. L’éleveur ricane — doucement, avec respect, mais il ricane. S’ensuit une série d’allers-retours, de visites d’autres lots d’agneaux dans le marché, de retours au même éleveur, de silences calculés. Au troisième round, un courtier surgit de nulle part — ces personnages mystérieux qui connaissent tout le monde et n’appartiennent à personne. Il rapproche les positions avec l’habileté d’un diplomate onusien.

La vente se conclut à 1850 dinars. Le courtier empoche 100 dinars en moins de dix minutes. Fatma repart avec son agneau. Elle a dépassé son budget de 450 dinars. Elle ne le dira pas à son mari ce soir.

C’est cela le surplus du producteur : la différence entre le prix reçu (1750 dinars nets après le courtier) et le prix minimum auquel l’éleveur était prêt à vendre. Et le surplus du consommateur : la différence entre la propension maximale à payer de Fatma et ce qu’elle a effectivement déboursé.

Les deux surplus additionnés forment, en théorie parétienne, l’optimum social. En pratique, Fatma fait ses comptes dans la voiture et se demande ce qu’elle va rogner ce mois-ci — les sorties des enfants ou la visite chez le dentiste.

3- Troisième stratégie : la vente à prix cassé en fin de journée — ou la patience comme arme économique

Il est seize heures. Le soleil de Djerba cogne encore. Les clients fortunés et pressés sont repartis depuis longtemps. Il reste sur le marché les têtes moins commerciales, les moutons au regard triste, et les acheteurs patients — ceux qui ont du temps mais peu d’argent.

Stratégie parfaitement rationnelle : attendre que l’éleveur, qui ne veut pas ramener ses bêtes à Sidi Bouzid en camion (coût, temps, stress des animaux), brade ses derniers lots.

Slim, ouvrier dans le bâtiment, 600 dinars de salaire mensuel, attend depuis 14h dans l’ombre d’un figuier. À 16h30, il négocie un agneau à 1200 dinars — soit exactement deux salaires mensuels.

Le producteur ne perd pas d’argent : il couvre son coût marginal de production et de transport. Son surplus est réduit, mais positif. Le surplus de Slim aussi, quoique acheté au prix d’une journée de patience et d’une entorse budgétaire sévère.

L’économiste dirait que l’écrémage intertemporel du marché a bien fonctionné. Slim, lui, dirait qu’il est épuisé et qu’il va emprunter 600 dinars à son frère.

4- Quatrième stratégie : les enchères au bélier de prestige — ou Veblen à Djerba
C’est le moment le plus spectaculaire. Un bélier exceptionnel — cornes larges, robe impeccable, port altier — est présenté au centre du marché. Plusieurs acheteurs tournent autour, se jaugent du regard. L’éleveur, Mustapha de Sidi Bouzid, connaît le concept de bien de Veblen sans avoir jamais ouvert un manuel d’économie : plus le prix monte, plus la demande augmente, parce que la bête est devenue signe de statut social autant qu’acte de foi.

La mise à prix est à 2200 dinars. Les enchères montent. Deux hommes s’affrontent — l’un grand commerçant djerbien, l’autre propriétaire terrien venu du continent. Le marché s’arrête, les téléphones sortent pour filmer. Le bélier part à 3100 dinars sous des applaudissements discrets et quelques you-you lancés par les femmes en retrait.

Pareto sourit dans sa tombe genevoise : le surplus du producteur vient d’exploser, et l’acheteur, lui, a payé pour le regard des autres autant que pour la chair de la bête. Ce n’est plus de la microéconomie, c’est de la sociologie de Bourdieu habillée en laine.

L’État, grand absent, grand perdant

Revenons à l’essentiel. Ce marché de Midoun-Zaâmouni génère, selon des estimations conservatrices, entre 2 et 3 millions de dinars de chiffre d’affaires quotidien. Il fonctionne depuis dix jours et fonctionnera encore deux semaines. Total : autour de 50 millions de dinars qui circulent en liquide, main à main, sans facture, sans caisse enregistreuse, sans TVA, sans déclaration à l’APII, sans impôt sur le revenu des éleveurs, sans contribution sociale. Les 4×4 japonais des éleveurs de Sidi Bouzid — propres, récents, bien entretenus — sont financés par ce chiffre d’affaires que la Direction générale des impôts ne verra jamais.

L’État tunisien est absent du marché. Pas un agent de contrôle sérieux, pas un inspecteur vétérinaire en vue, pas un collecteur de taxe. Quelques policiers en bordure, pour la forme et pour la photo. La formalisation du secteur agricole et pastoral reste le chantier que chaque gouvernement annonce en grande pompe et qu’aucun n’engage dans les faits — trop sensible électoralement, trop compliqué administrativement, trop coûteux politiquement.

Et pourtant. Cinquante millions de dinars en trois semaines, dans un seul marché, dans un seul bourg de Djerba. Multipliez par les dizaines de marchés similaires qui animent en ce moment Béja, Jendouba, Kairouan, Gafsa, Gabès, Médenine. Vous obtenez une économie parallèle de l’Aïd qui pèse plusieurs centaines de millions de dinars, intégralement soustraits à la fiscalité nationale, pendant que le gouvernement négocie chaque trimestre avec le FMI pour dégager quelques dizaines de millions de dinars d’économies budgétaires.

À deux semaines de l’Aïd El-Kébir, le mouton tunisien est à la fois symbole de foi, instrument de cohésion sociale, révélateur d’inégalités criardes — entre les Djerbiens aisés et les ouvriers à 600 dinars le mois en salaire, entre les expatriés qui paient cash 2500 dinars sans sourciller et les Slim qui attendent l’ombre d’un figuier jusqu’au soir — et terrain d’expérimentation grandeur nature de la théorie des prix dans toute sa splendeur.

Pareto était suisse : il aurait sans doute réclamé un reçu, une facture, et une déclaration fiscale en trois exemplaires. Ici, on mange le mouton sans reçu, on sacrifie la TVA au passage, et on immole l’animal au nom de Dieu en oubliant que César, lui, attend toujours sa part.

Je découvre ici, le surplus du consommateur djerbien : la fierté d’avoir ramené le plus beau mouton du quartier.

Le surplus du producteur sidi-bouzidien : une liasse de billets bien comptés et le plein d’essence pour rentrer.

L’optimum de Pareto : atteint, sur cet hectare de terre rouge entre les figuiers. Le budget de l’État tunisien : sacrifié, lui aussi, sans couteau et sans cérémonie.

* Economiste universitaire.

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L’offense des soldats israéliens aux chrétiens au Liban

L’invasion du sud du Liban a mis en lumière de nouvelles vidéos d’attaques ou de moqueries envers les symboles chrétiens, tandis que l’armée israélienne «poursuit son enquête» sur une vidéo de 2024 que les soldats ont enregistrée le visage découvert.

Antonio Pita

Le mois dernier, un soldat israélien a photographié un autre soldat en train de détruire à la hache une statue de Jésus-Christ dans le territoire du sud du Liban occupé par l’armée israélienne. Personne n’a considéré cette image comme une preuve ; au contraire, l’un d’eux l’a partagée, se souciant davantage de son audience que des conséquences. En réalité, outre le soldat qui a brisé la statue et celui qui filmait, six autres ont été témoins de la scène sans intervenir ni la signaler à leurs supérieurs. L’image est devenue virale et a suscité une telle indignation internationale que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a publié une déclaration inhabituellement critique.

L’armée a condamné les deux responsables à un mois de prison et a annoncé prendre des mesures pour «éviter que cela ne se reproduise».

L’article s’arrêtait là, mais pas au titre. Netanyahu, s’exprimant uniquement en anglais – et non en hébreu –, a étrangement qualifié la statue de Jésus-Christ d’«icône religieuse catholique». L’armée a diffusé la photo d’une nouvelle croix livrée en remplacement «en pleine coordination avec la communauté locale, l’église et la famille propriétaire de la statue». Mais elle était nettement plus petite, de style orthodoxe grec (et non maronite, comme le village), et apparaissait appuyée contre un arbre, non installée. Trois jours plus tard, le village recevait une autre croix, plus semblable à l’originale, offerte par les Casques bleus italiens de la Finul, la mission au Sud-Liban. Elle fut accueillie par des applaudissements, au son des cloches et en présence du nonce apostolique au Liban, Paolo Borgia.

Pour tenter d’améliorer l’image d’Israël auprès de ses alliés chrétiens à travers le monde (comme les évangéliques), Netanyahu s’est fait photographier, la même semaine, entouré de soldats chrétiens, généralement des Palestiniens de nationalité israélienne qui choisissent de s’enrôler, même s’ils sont exemptés du service militaire obligatoire.

Multiplication des insultes aux chrétiens

Ce que Netanyahu ignorait alors, c’est qu’un autre soldat israélien s’était fait photographier dans la même ville, Debel, constituant ainsi une nouvelle insulte aux chrétiens. L’image, apparue la semaine dernière, montre un soldat fumant une cigarette qu’il place dans la bouche d’une statuette de la Vierge Marie.

La nouvelle image, prise quelques semaines auparavant, avait-elle aussi suscité des condamnations, notamment de la part du ministère polonais des Affaires étrangères, mais elle n’avait pas la même viralité, la même puissance et la même force symbolique que la statue de Jésus-Christ brisée ; c’est pourquoi Netanyahu et ses ministres gardent le silence cette fois-ci.

L’armée israélienne a publié un communiqué condamnant l’incident, affirmant le prendre «très au sérieux», mener une enquête et prendre des mesures disciplinaires internes à l’encontre du soldat. Cependant, interrogée par ce journal, l’armée a refusé de préciser si le soldat avait été suspendu, comme elle l’avait fait pour les deux soldats dans l’affaire précédente.

Là encore, il ne s’agit pas d’une image prise clandestinement par un Libanais, mais bien d’une vidéo enregistrée et diffusée par des soldats israéliens eux-mêmes. Depuis 2023, ces derniers ont pris l’habitude d’inonder les réseaux sociaux et les groupes Telegram de vidéos et de photos se vantant de la dévastation de Gaza, posant de manière moqueuse à côté de détenus palestiniens menottés, presque nus et les yeux bandés ; tirant sans discernement sur des habitations, pillant maisons et commerces, ou ridiculisant les sous-vêtements féminins retrouvés dans les placards des maisons vidées par le déplacement forcé de leurs habitants. L’armée israélienne a déployé des troupes de Gaza au Liban cette année, comme la brigade Golani.

Ces images, enregistrées principalement à Gaza (depuis l’invasion qui a suivi l’attaque massive du Hamas) et en Cisjordanie, ont eu moins d’impact que celles des villages chrétiens du Liban, la religion majoritaire parmi les principaux alliés d’Israël.

L’armée a dû s’expliquer le mois dernier au sujet d’une autre image de Debel – pour la troisième fois. Cette fois-ci, il n’y avait aucune offense religieuse, et l’image n’avait pas été diffusée par les soldats eux-mêmes. Il s’agissait d’un enregistrement de caméra de surveillance daté du 24 avril, montrant un bulldozer de l’armée israélienne détruisant une installation de panneaux solaires qui fournissait de l’électricité aux maisons et alimentait les puits de la communauté en eau. Interrogée à ce sujet, l’armée israélienne a déclaré que cet acte «n’est pas conforme à ses valeurs ni à la conduite attendue de ses soldats» et qu’elle avait pris, sans plus de précisions, «les mesures disciplinaires appropriées à l’encontre des réservistes impliqués». Le soldatn’a pas été arrêté.

Debel, avec Rmeish et Ein Ebel, est l’un des trois villages chrétiens (de confession chrétienne, celle des alliés d’Israël lors de son occupation du Sud-Liban entre 1982 et 2000) encore habités dans la zone désormais contrôlée par les troupes israéliennes. L’armée les laisse intacts tandis qu’elle rase progressivement les autres localités, les condamnant ainsi à un dépeuplement définitif. Ces villages ne sont pas le théâtre d’affrontements avec le Hezbollah, qui recrute ses membres parmi la population chiite.

Démolition d’un couvent des Sœurs Salvatoriennes

Toujours au Sud-Liban, à Yarun, l’armée a récemment démoli un couvent des Sœurs Salvatoriennes, un ordre religieux melkite (c’est-à-dire gréco-catholique). Ces démolitions sont visibles sur des photographies diffusées par l’archidiocèse et confirmées par les autorités religieuses locales.

L’armée israélienne a démenti ces allégations, admettant seulement des dégâts involontaires et diffusant la photographie d’un bâtiment intact d’où, selon elle, le Hezbollah libanais avait tiré des roquettes par le passé. Or, d’après Adib Ajaka, responsable de la communauté chrétienne de Yarun, le bâtiment en question est un dispensaire géré par l’Ordre de Malte. Le couvent apparaît aujourd’hui en ruines sur des photographies, et une vidéo semble montrer une pelleteuse en train de le démolir au loin.

Les polémiques ne datent pas d’hier. À Yarun, un conducteur de bulldozer s’est filmé en train de détruire une statue de saint Georges. C’était en 2024, lors du précédent conflit avec le Hezbollah, durant lequel l’armée israélienne avait également envahi la région. À Deir Mimas, une autre ville chrétienne du Sud-Liban, un groupe de soldats de la Brigade Golani a mis en scène (et partagé sur les réseaux sociaux) une parodie de mariage religieux, dans le style des films hollywoodiens. Après le retrait des troupes, ce journaliste a constaté les traces de leur passage : des maisons renversées, des graffitis en hébreu sur les murs, une voiture accidentée remorquée et le monastère endommagé par les bombardements.

La vidéo du mariage, emplie de rires, est devenue virale, et l’armée a dû réagir. Elle a réaffirmé que l’incident était un acte «grave», faisant l’objet d’une enquête, et contraire aux valeurs de l’armée israélienne, dont les autorités la décrivent souvent comme «la plus morale au monde». «Les personnes impliquées feront l’objet de mesures disciplinaires», a-t-elle déclaré.

La semaine dernière, un an et demi plus tard, ce journal a interrogé le porte-parole de l’armée sur les mesures disciplinaires finalement prises. La réponse fut que l’incident «fait l’objet d’un examen et que des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre des personnes impliquées», alors même que toutes apparaissent à visage découvert sur la vidéo. Interrogée sur les raisons pour lesquelles l’incident reste sous enquête depuis 2024 et sur une éventuelle suspension des soldats, l’armée a refusé de faire d’autres commentaires.

Traduit de l’espagnol.

Source : El Pais.

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Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé

Ibn Khaldoun (1332-1406) n’a jamais évoqué l’Algérie comme entité politique au sens moderne du terme dans ses écrits. Il a plutôt parlé de l’Ifriqiya, région géographique et souveraine dont Tunis, sous la dynastie hafside, était la capitale et le cœur battant. Et il était convaincu que la stabilité de toute la région dépendait de celle de l’Ifriqiya… (Image : Statue d’Ibn Khaldoun au centre de Tunis).

Sami Jallouli *

L’implication d’une station de radio privée tunisienne dans la diffusion d’une distorsion flagrante de l’histoire et de l’identité tunisiennes, et dans l’attribution par l’un de ses intervenants d’Ibn Khaldoun à un pays autre que le leur, est extrêmement dangereuse…

Ibn Khaldoun était un savant tunisien. Né, élevé et instruit en Tunisie, il a évolué au sein de son contexte géographique, culturel, social et politique.

A propos d’un vol culturel et historique

L’affirmation selon laquelle l’Algérie aurait exercé une influence fondamentale sur ses écrits et, notamment, sa ‘‘Muqaddimah’’ relève non seulement d’une erreur historique, mais constitue une projection délibérée visant à attribuer le patrimoine intellectuel d’une nation à une autre. On pourrait le faire parfois par simple courtoisie, mais cela ne saurait devenir un fait d’histoire.

La spécialisation professionnelle de l’intervenant, qu’il soit vétérinaire ou historien, m’importe peu. Ce qui compte pour moi, c’est la rigueur intellectuelle et la neutralité éthique.

Les faits historiques ne sauraient être soumis aux caprices personnels. Le royaume de Numidie relevait historiquement de la sphère d’influence, tant territoriale que souveraine, de l’empire carthaginois. Saint Augustin, bien que né à Souk Ahras, a passé ses années de formation intellectuelle à Carthage, sachant que ces régions sont restées sous influence tunisienne pendant des siècles.

Ironie de l’Histoire, les Tunisiens, fondateurs du Caire et d’Al-Azhar, et qui ont posé les fondements de l’université Al-Qarawiyyin de Fès, n’ont pas organisé des séminaires pompeux pour tirer profit de ces réalisations pour pour s’approprier l’histoire d’autrui.

L’histoire instrumentalisée à des fins de propagande

Nul ne s’oppose à l’ouverture culturelle, mais la raison nous dicte de rejeter la falsification de l’histoire et sa transformation en outil de propagande pour se forger une légitimité illusoire au détriment de l’identité d’autrui. L’histoire est une science qui s’appuie sur les documents, non sur de simples récits fabriqués.

La Tunisie est fortement présente même à travers les symboles partagés. La grande combattante pour la liberté algérienne, Jamila Bouhired, dont j’ai eu l’honneur de parler lors d’un événement organisé par la Faculté de droit de Sousse, alors que j’étais étudiant, n’était pas considérée comme tunisienne, bien qu’elle fût de mère tunisienne originaire de Sfax. L’État tunisien l’a décorée de l’Ordre de la République en reconnaissance de son engagement. Nombre de figures de la révolution algérienne ont été accueillies par la Tunisie ou y sont nées, pourtant personne ne les a revendiqués comme tunisiens ni ne les a rattachés à la Tunisie. Nous mentionnons ces faits uniquement pour réfuter les fausses allégations.

Si l’on suivait cette logique, on dirait que les orientalistes qui ont écrit sur la Tunisie étaient tunisiens, on attribuerait le peintre suisse Paul Klee à la Tunisie parce qu’il y aurait découvert la lumière et les couleurs, selon ses dires, et on prétendrait que Farid Al-Atrash était tunisien parce qu’il avait chanté la Tunisie dans son fameux tube «Bissat Errih» !

De même, personne n’a osé qualifier de suisse le romancier libyen Ibrahim Al-Koni, qui a écrit ses chefs-d’œuvre dans la tranquillité de la Suisse et y a remporté de nombreux prix, car la résidence est certes un lieu d’inspiration, mais elle ne confère pas l’identité…

L’histoire est un ensemble de faits prouvés

L’appartenance, l’origine et le cœur sont une chose, et le simple fait de voyager en est une autre… L’histoire n’est pas un désir, mais un ensemble de faits prouvés et consignés…
Il convient de noter que la présence de personnalités officielles ou militaires, même retraitées, à des programmes médiatiques doit s’accompagner d’une grande précision et d’une prudence verbale exemplaire, afin d’éviter toute instrumentalisation politique de bonnes intentions…

L’Algérie est un beau pays, et je ne crois pas qu’elle ait besoin de construire son histoire aux dépens de ses voisins. Elle possède déjà suffisamment d’atouts pour bâtir une histoire et une identité locales fortes…

* Conseiller juridique et blogueur.

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Sonede | Travaux et coupures d’eau annoncés à Djerba

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations dans la distribution d’eau potable à partir de minuit, dans la nuit du 11 au 12 mai 2026.

Des travaux de maintenance majeurs seront menés sur la station de dessalement de Mezraya, en prévision de la saison estivale, et entraîneront des coupures ainsi que des perturbations dans plusieurs zones de l’île.

Les perturbations sont attendues à partir de la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai 2026, touchant la délégation de Midoun (intégralité de la zone), la zone touristique, les secteurs de Ghizen, Mezraya, Sedghiane, Fatou et la route de Midoun dans la délégation de Houmt Souk.

Le reste des localités de l’île de Djerba connaîtra, quant à lui, une baisse de la pression de l’eau, indique encore la Sonede en affirmant que ses équipes travailleront en continu (24h/24) pour achever les réparations dans les meilleurs délais.

La reprise progressive de la distribution normale est attendue pour le mercredi 13 mai 2026 à partir de 20h, ajoute la même source en appelant les habitants des zones mentionnées à prendre leurs dispositions et à constituer les réserves d’eau nécessaires avant le début des travaux.

Y. N.

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Kasserine | Peine de mort contre le meurtrier du petit Haroun

La chambre criminelle près le tribunal de première instance de Kasserine a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre du petit Haroun, alors âgé de 4 ans.

L’avocate Latifa Nadari a précisé, dans une déclaration à Mosaïque FM ce samedi 9 mai 2026, que le meurtrier, un proche de la victime, a été condamné à la peine capitale.

Pour rappel, ce crime perpétré à la cité Ezzouhour de Kasserine était d’une rare violence et avait profondément ému l’opinion publique.

L’enquête avait rapidement conduit à l’arrestation d’un membre de la famille de l’enfant. Ce dernier a été reconnu aujourd’hui coupable de cet acte atroce, le tribunal ayant conclu qu’il était pleinement responsable de ses actes.

Ce verdict vient clore un dossier judiciaire suivi de très près par la population locale et les défenseurs des droits de l’enfant.

Y. N.

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