L’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) a levé le voile sur les causes de la récente intoxication alimentaire qui a secoué la région de Meknassy à Sidi Bouzid coûant la vie à deux hommes.
Les résultats des analyses de laboratoire pointent directement du doigt un empoisonnement végétal, indique le communiqué de l’Instance, en ajoutant qye les analyses microbiologiques et physico-chimiques effectuées sur des échantillons d’aliments consommés ont révélé la présence d’une substance hautement toxique appelée « anabasine ».
La concentration maximale a été détectée dans l’échantillon de Osban et des traces ont également été trouvées dans le bouillon et le couscous, ce qui s’explique par la transmission de la toxine durant la cuisson.
Les données scientifiques et de laboratoire indiquent que la source de cette substance est l’introduction accidentelle de feuilles d’une plante sauvage toxique, scientifiquement nommée Nicotiana glauca, parmi les légumes-feuilles utilisés dans la préparation du plat, et qui ont été confondues avec les blettes ou les épinards
L’INSSPA affirme que le e danger majeur de cette plante réside dans sa ressemblance trompeuse avec les blettes et les épinards, en particulier lorsqu’ils sont cueillis directement dans la nature ou achetés auprès de sources inconnues.
La même source rappelle que l’anabasine est un alcaloïde extrêmement dangereux. Elle provoque des symptômes aigus et rapides qui peuvent survenir peu après l’ingestion :
Vomissements et vertiges
Faiblesse générale et troubles neurologiques
Difficultés respiratoires
Troubles du rythme cardiaque pouvant, dans les cas les plus graves, entraîner la mort.
Face à la gravité de la situation, l’Instance lance un appel pressant à la vigilance de tous les citoyens et recommande vivement de bannir l’utilisation de plantes ou d’herbes sauvages inconnues dans la préparation des repas, de s’approvisionner exclusivement en légumes-feuilles auprès de circuits de distribution organisés et de confiance et de vérifier scrupuleusement la forme, l’aspect et l’origine des légumes avant toute utilisation culinaire.
À l’approche de l’Aïd El-Adha, qui sera célébré mercredi prochain, l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) a intensifié ses opérations d’inspection dans les marchés, les points de vente de bétail et les boucheries à travers tout le pays
Ces opérations menées en coordination avec ses antennes régionales et les autorités locales, visent à garantir la sécurité du cheptel et protéger la santé des consommateurs tunisiens, ayant permis la saisie de plus de 1,2 tonne de produits d’origine animale, annonce un communiqué de l’INSSPA.
Les brigades de contrôle sanitaire ont ainsi procédé à la destruction de plus de 1.205 kg de viande rouge et de produits d’origine animale impropres à la consommation ou d’origine inconnue, et ce, dans différentes régions du pays.
Parallèlement aux sanctions, des équipes de terrain composées de vétérinaires et d’inspecteurs de l’hygiène ont sillonné les points de vente réglementés. Des dépliants ont été distribués aux éleveurs, commerçants et citoyens pour rappeler les règles d’or :
Comment choisir un sacrifice sain.
Les conditions optimales de transport et d’hébergement des animaux.
Les règles d’hygiène lors de l’abattage et les méthodes de conservation de la viande.
Pour accompagner les citoyens durant les jours de l’Aïd, l’INSSPA innove et met à disposition une équipe de vétérinaires pour répondre aux questions et inspecter les sacrifices. Une assistance à distance via l’application WhatsApp est même disponible pour vérifier la conformité des bêtes et des carcasses (80.10.69.77).
Transformer une partie du Sahara algérien en un nouveau pôle agricole capable, à long terme, non seulement de réduire la dépendance du pays aux importations de blé, mais aussi d’exporter des céréales vers la Tunisie et le Maroc : tel est le défi que s’est lancé l’Algérie avec le projet d’envergure développé dans la région désertique de Timimoun par le groupe BF Spa, premier groupe agroalimentaire italien,via sa filiale BF International.
Latif Belhedi
Il va sans dire que l’Algérie et son partenaire italien sont en train de puiser l’eau nécessaire à l’irrigation des champs de céréales dans l’aquifère du Sahara (ou Système aquifère du Sahara septentrional – SASS), l’immense réserve d’eau souterraine partagée entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie.
S’étendant sur plus d’un million de km2 , ce système dont l’exploitation est censée être gérée collégialement entre les trois pays concernés, renferme des volumes considérables d’eau fossile et donc non renouvelable. Il va donc sans dire qu’en y pompant sans compter pour une l’irrigation massive d’énormes superficies de céréales, on risque de l’épuiser rapidement et d’en priver les générations futures. Nos «amis et voisins» algériens et italiens ont-ils consulté la Libye et la Tunisie avant de se lancer dans un projet aussi délirant ? Qu’on nous permette d’en douter…
36 000 hectares à exploiter
Pour venir au projet, il s’agit de l’une des initiatives agricoles sahariennes les plus ambitieuses actuellement en cours en Afrique du Nord. Ce plan s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Algérie pour renforcer sa sécurité alimentaire suite aux chocs subis ces dernières années sur les marchés agricoles internationaux, de la guerre en Ukraine aux tensions affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Giovanni Mazzotti, chef de projet agricole chez BF International, a présenté la portée et les objectifs de l’initiative dans les médias algériens.
Selon Mazzotti, le choix de l’Algérie par le groupe italien s’explique à la fois par les liens historiques entre Rome et Alger et par deux facteurs stratégiques : le déficit structurel important de la production de blé et la disponibilité de vastes terres agricoles au Sahara.
Le projet Timimoun couvre environ 36 000 hectares, dont 22 000 à 24 000 hectares irrigables, une fois exclues les zones impropres à l’irrigation. Le défi réside cependant non seulement dans la culture du blé, mais aussi dans la mise en place d’un écosystème productif complet dans une zone désertique dépourvue d’infrastructures de base.
Mazzotti explique que le projet a été lancé entre fin septembre et début octobre, une période déjà considérée comme légèrement postérieure au calendrier agricole idéal. Cela a contraint le groupe italien à accélérer rapidement toutes les opérations nécessaires : forage de puits, installation de systèmes d’irrigation, aménagement de chemins agricoles et organisation des entreprises intervenant sur le terrain. «En quelques mois seulement, nous avons dû tout créer de zéro», explique le responsable italien. Le groupe a installé avec succès 40 systèmes d’irrigation pivotants importés d’Italie, capables chacun de couvrir environ 40 hectares, pour une surface cultivée initiale d’environ 1 600 hectares. Une partie des semis a eu lieu pendant la période agronomique optimale, entre mi-octobre et mi-novembre, tandis qu’environ 60 % des cultures ont été semées plus tard que prévu en raison du temps nécessaire à la mise en place des infrastructures.
Néanmoins, le premier cycle de production a permis de recueillir des données cruciales sur le comportement agronomique du Sahara : qualité de l’eau, caractéristiques du sol et adaptation des variétés céréalières au milieu désertique. Selon Mazzotti, travailler des terres vierges prend inévitablement du temps : «Plus la terre est cultivée et travaillée, plus sa capacité à répondre aux besoins de production s’améliore.» D’après le groupe italien, il faudra entre 24 et 36 mois pour stabiliser pleinement les performances agricoles de la zone.
L’objectif opérationnel est de mener à bien le programme en trois à quatre ans, en atteignant un rendement moyen d’environ 60 quintaux par hectare, un niveau considéré comme très compétitif dans le contexte saharien.
Si ces résultats sont atteints, ils pourraient avoir un impact significatif sur le marché intérieur algérien. L’Algérie demeure l’un des principaux importateurs de blé au monde et s’efforce depuis des années de réduire sa dépendance aux approvisionnements étrangers, considérés comme stratégiquement sensibles d’un point de vue politique et social.
Un transfert de technologie
«Aujourd’hui, notre projet est entièrement axé sur le marché intérieur, mais à l’avenir, l’Algérie pourrait même devenir exportatrice de blé vers des pays voisins comme la Tunisie et le Maroc», a déclaré M. Mazzotti. Un aspect essentiel du projet réside dans le transfert de technologie italienne vers l’Algérie. BF a introduit des semences développées par SIS (Società italiana sementi), une entreprise du groupe spécialisée dans la production de blé dur et de blé tendre. Parmi les variétés déjà disponibles sur le marché algérien figure «Ciccio», qui, selon M. Mazzotti, est aujourd’hui l’une des variétés les plus productives du pays.
L’opérateur italien a souligné que de nombreuses variétés de céréales actuellement utilisées en Algérie proviennent de programmes de sélection des années 1980 et 1990, dont les rendements sont aujourd’hui clairement limités. Selon BF, l’introduction de nouvelles semences permettrait d’accroître non seulement la production de céréales, mais aussi celle de paille pour l’alimentation animale. Outre les semences, le groupe a importé des tracteurs, du matériel agricole, des moissonneuses-batteuses et des engrais italiens innovants, notamment des engrais liquides introduits pour la première fois sur le marché algérien.
M. Mazzotti a également insisté sur le fait qu’une partie de la mécanisation agricole utilisée en Algérie est technologiquement obsolète, ce qui entraîne des pertes de récolte.
Le responsable agricole de BF a enfin souligné le rôle crucial de l’eau dans le développement de l’agriculture désertique. «Sans eau, une agriculture durable au Sahara est impossible», a-t-il déclaré. Parallèlement, le climat désertique offre certains avantages agronomiques : l’absence quasi totale d’humidité réduit la propagation des maladies et des ravageurs, limitant ainsi le recours aux produits phytosanitaires chimiques. Selon M. Mazzotti, la priorité actuelle du groupe est d’optimiser l’utilisation des terres qui lui sont attribuées. Ce n’est que plus tard, et en fonction des décisions des actionnaires, que BF pourrait également développer des activités liées à l’élevage. Cependant, le directeur a précisé qu’une filière d’élevage intégrée ne pourra être mise en place qu’une fois la production de fourrage suffisante assurée.