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Sabri Lamouchi | Un nouveau Walid Regragui ?

La Tunisie a initié sa phase de préparation pré-Mondial 2026 en allant se tester au Canada, pour y affronter l’équipe nationale locale puis celle d’Haïti. Deux matchs qui se sont inscrits dans un programme de rencontres amicales toutes programmées à l’extérieur. Avec un nouveau sélectionneur qui a pu se satisfaire de deux résultats corrects pour commencer son mandat.

Jean-Guillaume Lozato *

L’ex-défenseur international Sami Trabelsi a été démis de ses fonctions de sélectionneur, remercié par la FTF à l’issue d’une Coupe d’Afrique estimée comme décevante. Cette CAN lui a été fatidique, bien que partiellement négative.

L’ex-vedette du CSS a vu lui succéder un autre ancien joueur renommé : Sabri Lamouchi, ancien milieu international français d’origine tunisienne.

Que peut-on réellement affirmer du mandat Trabelsi ? Et avec quelle approche Lamouchi et les internationaux faire connaissance : circonspection ou confiance ?

Une CAN en demie teinte

En pleine saison des oranges sanguines, les fruits de cette CAN au Maroc, autre pays gros producteurs d’oranges, ont été mi-figue mi-raisin. La récolte de résultats n’a pas correspondu aux aspirations du pays du Jasmin. Encore moins à une grande moisson.

Avec du bon : des révélations, et quelques petites confirmations en attendant leur renforcement afin qu’elles se transforment en certitudes.

Avec du mois bon : des hésitations, sur les touches ou les remises en jeu plus que dans la transmission de la balle en général.

L’adjectif «moyen» est tout à fait adapté pour décrire le bilan général tunisien. Un aperçu en accord avec des derniers mois. Depuis la Coupe du Monde au Qatar, l’équipe nationale était en train de chercher sa voie. La différence entre les prestations livrées en éliminatoires de la CAN et celles en éliminatoires de la Coupe du Monde a été l’occasion d’une reprise en main gérée en deux temps par Trabelsi. Et le problème, durant la CAN, a été que la phase de poule a été un condensé de ces deux temporalités. La Tunisie a dû se contenter d’une sorte de minimum vital. À savoir un rodage lors du premier tour, mais une disparition définitive en huitièmes de finale.

Pendant ses matchs, la sélection tunisienne a joué par épisodes. La cruelle absence d’Aïssa Laïdouni a pesé. L’éviction du coach Sami Trabelsi – patronyme qui prédestinerait au dégagisme en cette Tunisie post révolution – a ouvert la voie à un recrutement semi-délocalisé en la personne de Sabri Lamouchi.

Qui est Lamouchi ?

Pour les plus jeunes, rappelons qu’il s’agit d’un ancien international français. Presque auréolé du titre de Champion du Monde puisqu’il avait contribué à la refonte d’une équipe de France traumatisée par sa mésaventure bulgare qui lui avait coûté son droit à participer à “USA 94”. Passé par l’AJ Auxerre, l’AS Monaco, Parme, l’Inter, le Genova, l’Olympique de Marseille avant une conclusion en championnat qatari, le natif de Lyon (une agglomération qui a compté d’autres footballeurs de souche immigrée comme Fleury Di Nallo, Serge Chiesa, Raymond Domenech, Luis Fernandez, Bruno Genesio, Alain Caveglia, Alim Ben Mabrouk, Karim Benzema…) a exercé en tant que milieu relayeur. Un prototype conventionnel. Un vrai numéro 8 au sens traditionnel. Avec une bonne lecture du jeu arrière et avant. Une vision panoramique qui aide à devenir entraîneur.

Lamouchi, c’est aussi un citoyen posté entre deux rives, en sa qualité de Franco-Tunisien, à l’instar de Hatem Ben Arfa, il connaît de l’intérieur ses deux ports d’attache. Et leur football. Avec leurs codes.

Faire bon accueil

Changer sans bouleverser serait le premier mot d’ordre général. L’autre mot d’ordre, plus précis et plus personnifié, est d’accorder crédit et sérénité au nouvel arrivant. En tenant compte du fait qu’il s’agit d’une mission plus périlleuse qu’une embauche d’entraîneur de club.

Donc, pour Lamouchi, il conviendra de réformer des aspects tactiques ou relevant de la gestion des ressources humaines. En privilégiant cet ordre. Disposer d’une base de cadres comme Hannibal Mejbri, Montassar Talbi, Ellyes Skhiri, Ali Abdi et Dylan Bronn constitue un premier volet avantageux.

L’autre volet, plus fragile, concerne la pérennisation ou non de certains éléments. Pour cela, le Franco-Tunisien devenu coach national aura à sa charge le devoir d’évaluation constante de jeunes comme Sebastian Tounekti et Khalil Ayari.

L’observation, l’analyse, la prise en compte des défauts comme des qualités devrait peser dès le début. En ne confondant pas vitesse et précipitation, bousculer les habitudes étant le plus souvent incompatible avec la mentalité locale si on se réfère aux allégations pleines de fougue formulées il y a quelques mois par Mejbri. Un milieu de terrain né en France, comme son sélectionneur.

Faire bon accueil au nouveau venu tout en ne portant pas de masques. C’est le mot d’ordre salutaire pour l’équipe nationale.

Trabelsi est parti. Lamouchi est arrivé. Les «Rouges» sont allés défier les Canadiens chez eux (0-0) et ont battu (1-0) les Haïtiens à l’extérieur. La Tunisie du football tient une occasion de se ressaisir. Faire aussi bien qu’en 2022 serait-il plus difficile ? Passer le premier tour est-il vraiment envisageable ?

Pour commencer à réfléchir à ces deux questions aux réponses demeurant pour l’instant dans le domaine de l’hypothétique, souvenons-nous que les Aigles de Carthage avaient eu leur équivalent de Sofyan Amrabat en équipe du Maroc, en pouvant compter sur Aïssa Laïdouni.

Pour imiter les exploits des Lions de l’Atlas, Sabri Lamouchi, qui est secondé par un autre Franco-Tunisien, qui faisait la pluie et le beau temps parmi les Aigles de Carthage, Wahbi Khazri, devra non point se muer en dompteur mais plutôt faire en sorte de devenir le nouveau Walid Regragui. Pour le moment, il essaie de faire mieux connaissance des qualités et défauts de ses joueurs, de prospecter les possibilités tactiques, de créer une synergie de groupe et d’observer ses prochains adversaires au Mondial 2026 : de gros clients comme le Japon, la Suède ou les Pays-Bas.

* Universitaire et analyste de foot.

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Mondial 2026 | La chaleur entre dans le match

Le Mondial 2026 se jouera aussi contre la température. En juin et juillet, plusieurs villes hôtes devront composer avec des après-midis lourds, une humidité parfois élevée et des organismes soumis à rude épreuve. Dans les habitudes numériques qui entourent les grands événements sportifs, une mention comme plateforme 1xbet ci peut apparaître comme un simple repère de marque, sans changer le sujet central. La vraie nouveauté sera sur le terrain : la Fifa a décidé d’imposer des pauses d’hydratation de trois minutes au milieu de chaque période, dans tous les matchs, quelles que soient les conditions météo.

Deux arrêts qui changent le rythme

La règle est simple. L’arbitre arrêtera le match à environ la 22e minute de chaque période pour permettre aux joueurs de boire, de se refroidir et de recevoir quelques consignes. La mesure ne dépendra plus d’un seuil de température précis. Elle s’appliquera partout, que le stade soit couvert ou non.

Sur le plan sportif, ce détail peut modifier la sensation d’un match. Une équipe qui presse très haut pendant vingt minutes devra accepter une coupure obligatoire. Une autre, dominée et proche de la rupture, pourra profiter de ce temps pour respirer et réorganiser son bloc. Le match ne sera pas coupé en quatre périodes officielles, mais son tempo y ressemblera parfois.

La météo ne sera pas uniforme

Le tournoi se déroulera dans seize villes aux profils très différents. Certaines enceintes pourront limiter l’exposition directe grâce à un toit ou à une meilleure gestion intérieure. D’autres dépendront davantage de l’heure du coup d’envoi, du vent, de l’humidité et de la capacité à créer de l’ombre autour des zones d’attente.

Des données citées par Associated Press indiquent que les températures au thermomètre globe mouillé, qui prennent en compte l’humidité, le vent, l’angle du soleil et d’autres facteurs, pourraient dépasser 32 °C lors d’après-midis à Dallas, Houston et Monterrey. Le même article signale que 14 villes hôtes sur 16 peuvent connaître des niveaux de chaleur extrême potentiellement dangereux pour les joueurs, les officiels ou les spectateurs.

Les effets les plus visibles peuvent se lire assez vite pendant un match :

  • moins de courses longues répétées après la première demi-heure ;
  • pressing plus court, surtout après les séquences défensives ;
  • latéraux plus prudents dans leurs montées ;
  • remplacement plus précoce des joueurs de couloir ;
  • rythme plus haché si les fautes et les arrêts se multiplient.

Ces changements ne seront pas automatiques. Une équipe bien acclimatée peut mieux tenir l’intensité. Mais sur une compétition longue, avec des voyages et des horaires variables, la chaleur peut devenir un facteur aussi concret que la qualité de la pelouse.

Les entraîneurs auront un nouveau levier

Les pauses d’hydratation ne serviront pas seulement à boire. Trois minutes, dans un match de haut niveau, suffisent pour corriger une sortie de balle, demander un bloc plus bas ou changer la zone de pression. Les sélectionneurs auront donc deux mini-rendez-vous tactiques imposés, en plus de la mi-temps.

Cela peut avantager les équipes très préparées. Un staff capable de transmettre une consigne courte et claire peut corriger vite une faiblesse. À l’inverse, une équipe qui vit surtout sur l’élan et l’agressivité peut perdre une partie de son rythme après chaque arrêt.

Le corps impose ses limites

La chaleur ne touche pas seulement la vitesse. Elle peut réduire la lucidité, ralentir les réactions et rendre certains gestes plus coûteux. Une étude publiée dans Sports Medicine rappelle que l’exercice en conditions chaudes augmente les pertes en fluides et en électrolytes, tout en accentuant la charge cardiovasculaire et thermorégulatrice. Elle souligne aussi que la déshydratation peut nuire aux capacités physiques et cognitives des joueurs.

Pour une partie du public qui suit aussi les matchs sur mobile, parfois via une application de paris sécurisée l’attention se porte souvent sur les données en direct. Sur le terrain, pourtant, la question la plus concrète reste la gestion de la chaleur. Les équipes devront préparer l’hydratation dès les camps de base, et pas seulement pendant les matchs. La récupération, le sommeil, les entraînements allégés et les stratégies de refroidissement pèseront aussi dans la fraîcheur des joueurs.

Les remplaçants peuvent prendre plus de poids

Le Mondial 2026 pourrait donner encore plus d’importance aux bancs profonds. Sous forte chaleur, les remplaçants ne servent pas seulement à changer un système. Ils peuvent préserver une intensité que les titulaires n’arrivent plus à maintenir. Les ailiers, les milieux de transition et les défenseurs exposés aux courses répétées seront particulièrement concernés.

La gestion des cinq changements pourrait donc devenir plus agressive. Un sélectionneur peut choisir de faire entrer de la vitesse dès la 60e minute, avant que le match ne s’endorme. Un autre peut garder deux remplacements pour les dix dernières minutes, lorsque la fatigue ouvre plus d’espaces. La chaleur rend ces choix moins théoriques et plus visibles.

Un tournoi moins linéaire

Les pauses obligatoires ne supprimeront pas le spectacle. Elles peuvent même protéger la qualité de jeu en évitant que certains matchs ne deviennent trop lourds physiquement. Mais elles changeront la lecture des rencontres. Les temps forts seront plus segmentés, les entraîneurs auront davantage de points d’intervention et les équipes devront apprendre à relancer leur intensité après chaque coupure.

Le Mondial 2026 promet un format immense, des stades pleins et des climats très contrastés. La chaleur ne décidera pas seule du tournoi, mais elle peut influencer la manière de courir, de presser, de remplacer et de gérer les fins de match. Pour beaucoup d’équipes, la préparation ne se limitera donc pas au ballon. Elle passera aussi par l’eau, l’ombre, le timing et la capacité à rester lucide quand le rythme ralentit.

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Tunisie au Mondial 2026 | Liste des 26 joueurs retenus

En prévision de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Aigles de Carthage Sabri Lamouchi a dévoilé, ce vendredi 15 mai 2026, la liste des 26 joueurs convoqués.

Gardien:

  • Aymen Dahmène;
  • Sabri Ben Hassan;
  • Mouhib Chamekh;

Défenseurs

  • Monatassar Talbi;
  • Dylan Bronn;
  • Omar Rekik;
  • Adem Arous;
  • Raed Chikhaoui;
  • Yan Valery;
  • Moutaz Neffati;
  • Mohamed Amine Ben Hamida;
  • Ali Abdi;

Milieux:

  • Ellyes Skhiri;
  • Mohamed Hadj Mahmoud;
  • Hannibal Mejbri;
  • Rani Khedhira;
  • Anis Ben Slimane;
  • Mortadha Ben Ouannes;
  • Ismael Gharbi;

Attaquants:

  • Khalil Ayari;
  • Sébastien Tounekti;
  • Elias Achouri;
  • Firas Chaouat;
  • Hazem Mastouri;
  • Elias Saad;
  • Rayan Elloumi.

Pour rappel, les Aigles de Carthage évolueront dans le groupe F et se lanceront dans la Coupe du monde 2026 face à la Suède le 15 juin.

Y. N.

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