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Sonia Dahmani à nouveau condamnée à deux ans de prison

Une peine de deux ans de prison a été prononcée par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis à l’encontre de l’avocate et chroniqueuse politique Sonia Dahmani, rapporte Mosaïque.

Cette condamnation a été prononcée dans le cadre d’une affaire intentée contre Me Dahmani par la Direction générale des prisons et de la rééducation, relevant du ministère de la Justice, à la suite de déclarations médiatiques qu’elle avait tenues sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires en Tunisie.

Sonia Dahmani, 61 ans, avait été arrêtée le 11 mai 2024 alors qu’elle était en direct avec la chaîne France 24 depuis le siège de l’Ordre national des avocats à Tunis où elle s’était réfugiée avec des collègues.

Poursuivie dans pas moins de cinq affaires, toutes pour des déclarations médiatiques (sur la politique et le discours du président Kaïs Saïed, le racisme contre les migrants subsahariens en Tunisie ou encore les conditions carcérales dans le pays), elle a été libérée, le 27 novembre 2025, sous le régime de la liberté conditionnelle.

Ses avocats et ses proches parlent d’«acharnement judiciaire».

I. B.

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Quand Tunisie Telecom se laisse pirater…  

Suite à une cyberattaque survenue le week-end dernier, les clients de Tunisie Telecom ont reçu une notification via l’application de l’opérateur dénonçant la situation politique et économique du pays. Des hackers ont réussi un grand coup dans un secteur censé être, de par sa vocation, très protégé ce qui suscite des interrogations sur la sécurité des données nationales d’une façon générale.

Le message, relayé sur les réseaux sociaux et par la presse, était intitulé «Un cri pour la Tunisie : la liberté n’est pas un crime» et condamnait un «net recul des libertés» et une «crise économique suffocante». «Des promesses et des slogans, mais pour quel résultat ?», interrogeait-on.

Après le piratage, de nombreux Tunisiens, surpris, ont immédiatement partagé des captures d’écran du message sur Facebook. L’opérateur de télécommunications s’est empressé de publier un communiqué mentionnant uniquement des travaux de maintenance sur l’une de ses applications.

Mais il a ensuite reconnu la cyberattaque dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche.

«Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a été la cible d’une cyberattaque aujourd’hui, qui a été immédiatement détectée et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service», a écrit l’opérateur. Et d’ajouter : «Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients n’est pas liée aux activités de l’entreprise ni aux objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients».

Cependant, le mal est fait et les hackers ont frappé un grand coup, alors que l’opinion publique s’attend à ce que des têtes tombent après cette méprise, car si le fleuron national des technologies de la communication se laisse ainsi prendre, quelle assurance pourrait-on avoir concernant la sécurité des données nationales dans les autres secteurs ?

I. B.

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La Tunisie classée 8e pays africain utilisant l’IA générative  

La Tunisie arrive à la 8e place des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026, selon un rapport intitulé «Global AI Diffusion – Q1 2026 Trends and Insights» publié le 1er mai 2026 par le géant technologique américain Microsoft.

Le rapport révèle que l’Afrique du Sud, la Namibie, la Libye et le Gabon occupent les 4 premières places africaines ex aequo en matière d’usage des outils d’intelligence artificielle (IA) générative tels que ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot au premier trimestre 202.

Le rapport mesure la diffusion de l’IA dans le monde en s’appuyant sur la proportion de personnes âgées de 15 à 64 ans ayant utilisé une solution d’IA générative (GenAI) entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 à partir de données télémétriques agrégées et anonymisées de Microsoft.

Ces données sont ensuite ajustées pour tenir compte des différences en matière de parts de marché des systèmes d’exploitation et des appareils connectés, du taux de pénétration d’Internet et de la population nationale.

En Afrique du Sud, 23,1% de la population s’est servie de l’IA générative au 1er premier trimestre de l’année en cours. Le pays arc-en-ciel est suivi de la Namibie, 2e avec un taux d’utilisation de 15,1%, de la Libye et du Gabon, 3e (15%), de l’Egypte et le Botswana,5e (14,8%), du Sénégal, 7e (13,9%) et de la Tunisie, 8e (13,5%). L’Algérie se classe 9e (13,2%) et le Maroc 12e (11,7%).

Il convient aussi de préciser que, selon ce même rapport, les Emirats arabes unis sont le leader mondial de l’adoption de la GenAI avec 70,1% de leur population utilisant cette technologie, talonnés par Singapour 2e (63,4%), la Norvège 3e (48,6%), l’Irlande 4e (48,4%) et la France 5e (47,8%).

Voici, par ailleurs, leclassement des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026 tel que publié par le journal économique panafricain Ecofin.

1-Afrique du Sud (23,1% de la population)

2-Namibie (15,1%)

3-Libye (15%)

  -Gabon (15%)

5-Egypte (14,8%)

  -Botswana (14,8%)

7-Sénégal (13,9%)

8- Tunisie (13,5%)

9-Algérie (13,2%)

10-Zambie (13,1 %)

    -Côte d’Ivoire, (13,1 %)

12-Maroc (11,7%)

13-Gambie (11,4%)

14-Angola (10,9%)

    -Madagascar (10,9%)

    -Malawi (10,9%)

    -Mozambique (10,9%)

18-Bénin (10,1%)

    -Burkina Faso (10,1%)

    -Ghana (10,1%)

    -Guinée (10,1%)

    -Guinée-Bissau (10,1%)

    -Liberia (10,1%)

    -Mali (10,1%)

    -Mauritanie (10,1%)

    -Niger (10,1%)

    -Nigeria (10,1%)

    -Sierra Leone (10,1%)

    -Togo (10,1%)

30-Lesotho (9,8%)

31-Kenya (8,7%)

    -Cameroun (8,7%)

    -Centrafrique (8,7%)

    -Tchad (8,7%)

    -Congo (8,7%)

    -RD Congo (8,7%)

37-Zimbabwe (8,5%)

38-Burundi (7,6%)

    -Erythrée (7,6%)

    -Ethiopie (7,6%)

    -Somalie (7,6%)

    -Soudan du Sud (7,6%)

    -Soudan (7,6%)

    -Tanzanie (7,6%)

    -Ouganda (7,6%)

46-Rwanda (7,2%)

I. B.

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Meriem Dhouib : «‘Il Corriere di Tunisi’ m’a donné accès à la langue italienne»

Dans son témoignage sur le rôle du Corriere di Tunisi, journal italien paraissant à Tunis, dans son parcours universitaire et personnel, Meriem Dhouib, professeure titulaire de littérature italienne à l’Université de Manouba et l’une des plus grandes spécialistes tunisiennes de la philologie et de l’histoire de la langue italienne, a déclaré à l’agence Nova : «Le Corriere di Tunisi m’a donné accès à une langue qui prenait forme sous mes yeux et, plus que toute grammaire, m’a fait sentir que cette langue était vivante, qu’elle me parlait profondément.»

Se souvenant du rituel hebdomadaire qui la menait, lorsqu’elle était encore étudiante, du siège de la Société Dante Alighieri, avenue de la Liberté, à la bibliothèque d’El Menzah 1, munie d’un exemplaire du journal Italien de Tunis et d’un dictionnaire italien-arabe usé, Mme Dhouib a affirmé : «La littérature, aussi extraordinaire soit-elle, tend à figer la langue dans un état cristallisé : la langue d’un auteur, d’une époque, d’une intention stylistique précise. Un journal, en revanche, est par nature provisoire, ouvert et en constante évolution. Chaque numéro est une réponse au présent. Et cette apparente fragilité devient une ressource : ceux qui lisent un article de presse sont exposés à la langue telle qu’elle est aujourd’hui, et non telle qu’elle était hier». Elle a ajouté, pour mieux souligner l’importance du journalisme en langue italienne pour les étudiants tunisiens : «Le journalisme offre une langue en perpétuelle évolution : une langue vivante, qui s’adapte aux enjeux actuels, accueille de nouveaux mots et réagit aux événements du monde.»

Rappelons que le Corriere di Tunisi, fondé par Elia Finzi, un Italien dont la famille est installée en Tunisie depuis le 19e siècle, vient de célébrer son 70e anniversaire. Le seul quotidien de langue italienne publié dans le monde arabe est actuellement dirigé par Silvia Finzi, qui poursuit ainsi l’œuvre de sa famille.

I. B.

  

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Prix Lina Ben Mhenni | Clôture des candidatures fixée au 30 septembre

La délégation de l’Union européenne en Tunisie a annoncé la poursuite des dépôts de candidatures pour la 6e édition du Prix Lina Ben Mhenni pour la liberté d’expression.

Le prix est ouvert aux professionnels des médias ainsi qu’aux créateurs de contenus indépendants. Pour être éligibles, les œuvres soumises doivent avoir été produites et publiées entre l’année 2025 et l’année 2026.

Le comité d’organisation appelle les intéressés ayant réalisé une œuvre écrite, sonore ou audiovisuelle entre 2025 et 2026 à participez à ce concours et à faire rayonner leur travail et leur talent.

Les lauréats seront annoncés et récompensés le 10 décembre 2026, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme.

Y. N.

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Modèle de tourisme durable entre la Sicile et Mahdia

Promouvoir un tourisme durable, inclusif et intégré entre les deux rives de la Méditerranée, afin de valoriser les territoires souvent marginalisés par les grands flux touristiques internationaux : telle est la mission du projet euro-méditerranéen DestInMed, financé par le programme Interreg Next Italie-Tunisie, qui réunit les organismes de gestion de destination (OGD) de Sicile occidentale et de Mahdia, ainsi que des institutions, des universités et des opérateurs touristiques italiens et tunisiens.

La première réunion opérationnelle s’est tenue le 13 mai 2026 à Mahdia, en Tunisie, marquant le lancement de la phase de mise en œuvre du projet.

L’OGD de Sicile occidentale, chef de file de l’initiative, était représentée par sa présidente, Rosalia D’Ali, et par la membre Rossella Cosentino, en présence de partenaires internationaux. Parmi les participants figurent l’Université de Messine, le groupe Kepos, le ministère du Tourisme, le Conseil régional du tourisme de Mahdia, AVSI Tunisie et BusinessMed, ainsi que l’Office de Tourisme de Mahdia.

DestInMed, expliquent ses promoteurs, vise à construire un nouveau modèle touristique fondé sur la durabilité environnementale, économique et sociale. L’objectif est de valoriser les zones côtières et intérieures moins exposées aux migrations de masse, tout en renforçant la coopération transfrontalière entre l’Italie et la Tunisie.

Le projet prévoit le développement du tourisme de nature et sportif, la création d’itinéraires culturels, gastronomiques et œnologiques, la promotion des destinations hors saison et l’intégration de l’offre touristique sur les plateformes numériques. Le soutien à l’entrepreneuriat local par le biais de formations et d’un accompagnement technique est également essentiel.

Prévue pour une durée de 30 mois, cette initiative vise à produire des résultats concrets : 10 nouveaux itinéraires de tourisme durable, la formation de 30 experts euro-méditerranéens, un soutien à 20 entrepreneurs du secteur et le renforcement des réseaux de coopération entre les territoires.

Une attention particulière sera portée à la formation professionnelle avec la création de l’équipe Destination GSTC-Med et le lancement du master «Expert en gestion de destination GSTC», conformément aux critères du Conseil mondial du tourisme durable (GSTC).

Le programme prévoit également l’adoption de stratégies de marque territoriale et de marketing intégré, ainsi que le lancement du processus de certification internationale pour les destinations participantes.

Pour Rosalia D’Alì, le projet représente «un résultat concret d’un travail entamé il y a environ deux ans avec des partenaires italiens et tunisiens», soulignant que la participation au programme Interreg constitue «une opportunité et une responsabilité de transformer les objectifs en actions réelles et durables».

DMO Mahdia, directrice du projet, partage cet avis. Sana Hafsa, qui a qualifié cette collaboration de «signe important de dialogue en Méditerranée», a souligné la volonté de «construire un modèle touristique capable de valoriser les identités locales et de générer du développement pour les communautés».

I. B. (avec Agenzia Nova).

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Le message de Sergio Mattarella au ‘‘Corriere di Tunisi’’  

«Un partenariat solide entre l’Italie et la Tunisie, fondé sur des siècles d’histoire commune», a écrit le président italien, Sergio Mattarella, dans un message publié par le ‘‘Corriere di Tunisi’’, actuellement dirigé par Silvia Finzi, à l’occasion du 70e anniversaire de ce quotidien tunisien historique de langue italienne.

Les relations entre l’Italie et la Tunisie constituent aujourd’hui «le fondement d’un partenariat solide», nourri par «des siècles d’histoire commune dans le bassin méditerranéen», a écrit Mattarella dans ce message adressé aux lecteurs du journal, ajoutant que «la communauté italienne en Tunisie et les nombreux citoyens tunisiens italophiles reconnaissent dans le Corriere di Tunisi un espace privilégié de dialogue et de rencontre», qui exprime «les liens culturels et une tradition de relations» entre les deux pays.

Mattarella souligne également que ces relations «puisent leurs racines dans des siècles d’histoire commune dans le bassin méditerranéen», qualifiant le Corriere di Tunisi – seul quotidien de langue italienne en Afrique du Nord – de patrimoine qu’il «a su préserver, interpréter et enrichir avec persévérance et dévouement au fil du temps», contribuant «significativement au renforcement de l’amitié entre les peuples italien et tunisien».

Le président italien rappelle ensuite la concomitance du 70e anniversaire du journal, de celui de la République tunisienne et de l’établissement des relations diplomatiques entre Rome et Tunis, insistant sur «la valeur d’un parcours commun» au cours duquel la publication «s’est imposée comme une voix faisant autorité pour les liens humains et culturels qui unissent nos pays». «Ces liens constituent le fondement d’un partenariat solide, cimenté par l’appartenance à une culture commune, nourrie par une tradition d’échanges fructueux entre nos peuples», écrit Mattarella.

En conclusion de son message, le chef de l’État a adressé ses «vœux les plus chaleureux» à la direction, à la rédaction et aux lecteurs du journal, exprimant l’espoir que le Corriere di Tunisi continuerait à jouer son rôle de «pont» entre l’Italie et la Tunisie «avec un élan renouvelé».

I. B. (avec Agenzia Nova).

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Omar Sharif | Une nuit orientale à Marseille

Jeudi 21 mai 2026 à 21h30, le Mucem de Marseille accueillera, sur le Fort Saint-Jean, une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. Présentée dans le cadre du festival ‘Oh les beaux jours !’, la soirée intitulée ‘‘Omar Sharif, ma grand-mère et moi” ne sera jouée qu’une seule fois.

Au centre de cette proposition, la figure d’Omar Sharif agit comme un fil conducteur reliant récits intimes, imaginaires familiaux et mémoire culturelle du monde arabe et méditerranéen.

Star née en Égypte, icône du cinéma international, il devient ici un point de passage entre histoires personnelles et héritages partagés.

Mais au-delà de cette présence centrale, la soirée accorde une place marquée à la Tunisie et à ses résonances historiques et contemporaines.

La figure de Habib Bourguiba traverse le spectacle comme celle d’un fondateur essentiel et controversé. Architecte de la Tunisie moderne, entre mythe national et fin de règne, il incarne une mémoire politique toujours active, interrogée à travers les récits et les écritures de la soirée.

La création met également en lumière la voix de l’écrivaine Amira Ghenim, dont les textes explorent les tensions entre mémoire intime, histoire sociale et héritages politiques dans l’espace tunisien et maghrébin.

Autour de cet axe tunisien gravitent d’autres figures majeures du monde arabe et méditerranéen : Warda Al-Jazairia, icône de la chanson engagée en Algérie ; Assia Djebar, grande voix littéraire du Maghreb ; ou encore Berlanti Abdelhamid, figure du cinéma égyptien.

Mise en scène par Amine Adjina, la soirée réunit également Marwan Chahine, Maya Ouabadi, Nassera Tamer et Abdellah Taïa, autour de textes inédits mêlant récits personnels et figures de mémoire.

Dans le décor du Fort Saint-Jean, face à la mer, cette création compose une cartographie sensible où la Méditerranée devient espace de circulation des voix, des histoires et des héritages. Une seule soirée. Le jeudi 21 mai à 21h30.

Djamal Guettala 

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Tunis | 18 influenceurs poursuivis pour exploitation sexuelle et blanchiment d’argent

Accusés dans une affaire de contenus numériques liés à l’exploitation sexuelle et à des infractions financières, 18 prévenus, dont des créateurs de contenu sur TikTok et Instagram, ont été renvoyés devant la chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis.

Une source citée ce samedi 16 mai 2026 par Mosaïque FM a précisé que ces derniers sont accusés de production et de diffusion de contenus à caractère pornographique, impliquant des mineurs et des adultes, ainsi que de contenus liés à des agressions sexuelles.

Ils sont également poursuivis pour blanchiment d’argent, ajoute la même source, sachant que ce dossier d’envergure, mêlant dérives numériques, réseaux d’exploitation et flux financiers illicites, sera examiné par la chambre criminelle.

Y. N.

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L’offense des soldats israéliens aux chrétiens au Liban

L’invasion du sud du Liban a mis en lumière de nouvelles vidéos d’attaques ou de moqueries envers les symboles chrétiens, tandis que l’armée israélienne «poursuit son enquête» sur une vidéo de 2024 que les soldats ont enregistrée le visage découvert.

Antonio Pita

Le mois dernier, un soldat israélien a photographié un autre soldat en train de détruire à la hache une statue de Jésus-Christ dans le territoire du sud du Liban occupé par l’armée israélienne. Personne n’a considéré cette image comme une preuve ; au contraire, l’un d’eux l’a partagée, se souciant davantage de son audience que des conséquences. En réalité, outre le soldat qui a brisé la statue et celui qui filmait, six autres ont été témoins de la scène sans intervenir ni la signaler à leurs supérieurs. L’image est devenue virale et a suscité une telle indignation internationale que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a publié une déclaration inhabituellement critique.

L’armée a condamné les deux responsables à un mois de prison et a annoncé prendre des mesures pour «éviter que cela ne se reproduise».

L’article s’arrêtait là, mais pas au titre. Netanyahu, s’exprimant uniquement en anglais – et non en hébreu –, a étrangement qualifié la statue de Jésus-Christ d’«icône religieuse catholique». L’armée a diffusé la photo d’une nouvelle croix livrée en remplacement «en pleine coordination avec la communauté locale, l’église et la famille propriétaire de la statue». Mais elle était nettement plus petite, de style orthodoxe grec (et non maronite, comme le village), et apparaissait appuyée contre un arbre, non installée. Trois jours plus tard, le village recevait une autre croix, plus semblable à l’originale, offerte par les Casques bleus italiens de la Finul, la mission au Sud-Liban. Elle fut accueillie par des applaudissements, au son des cloches et en présence du nonce apostolique au Liban, Paolo Borgia.

Pour tenter d’améliorer l’image d’Israël auprès de ses alliés chrétiens à travers le monde (comme les évangéliques), Netanyahu s’est fait photographier, la même semaine, entouré de soldats chrétiens, généralement des Palestiniens de nationalité israélienne qui choisissent de s’enrôler, même s’ils sont exemptés du service militaire obligatoire.

Multiplication des insultes aux chrétiens

Ce que Netanyahu ignorait alors, c’est qu’un autre soldat israélien s’était fait photographier dans la même ville, Debel, constituant ainsi une nouvelle insulte aux chrétiens. L’image, apparue la semaine dernière, montre un soldat fumant une cigarette qu’il place dans la bouche d’une statuette de la Vierge Marie.

La nouvelle image, prise quelques semaines auparavant, avait-elle aussi suscité des condamnations, notamment de la part du ministère polonais des Affaires étrangères, mais elle n’avait pas la même viralité, la même puissance et la même force symbolique que la statue de Jésus-Christ brisée ; c’est pourquoi Netanyahu et ses ministres gardent le silence cette fois-ci.

L’armée israélienne a publié un communiqué condamnant l’incident, affirmant le prendre «très au sérieux», mener une enquête et prendre des mesures disciplinaires internes à l’encontre du soldat. Cependant, interrogée par ce journal, l’armée a refusé de préciser si le soldat avait été suspendu, comme elle l’avait fait pour les deux soldats dans l’affaire précédente.

Là encore, il ne s’agit pas d’une image prise clandestinement par un Libanais, mais bien d’une vidéo enregistrée et diffusée par des soldats israéliens eux-mêmes. Depuis 2023, ces derniers ont pris l’habitude d’inonder les réseaux sociaux et les groupes Telegram de vidéos et de photos se vantant de la dévastation de Gaza, posant de manière moqueuse à côté de détenus palestiniens menottés, presque nus et les yeux bandés ; tirant sans discernement sur des habitations, pillant maisons et commerces, ou ridiculisant les sous-vêtements féminins retrouvés dans les placards des maisons vidées par le déplacement forcé de leurs habitants. L’armée israélienne a déployé des troupes de Gaza au Liban cette année, comme la brigade Golani.

Ces images, enregistrées principalement à Gaza (depuis l’invasion qui a suivi l’attaque massive du Hamas) et en Cisjordanie, ont eu moins d’impact que celles des villages chrétiens du Liban, la religion majoritaire parmi les principaux alliés d’Israël.

L’armée a dû s’expliquer le mois dernier au sujet d’une autre image de Debel – pour la troisième fois. Cette fois-ci, il n’y avait aucune offense religieuse, et l’image n’avait pas été diffusée par les soldats eux-mêmes. Il s’agissait d’un enregistrement de caméra de surveillance daté du 24 avril, montrant un bulldozer de l’armée israélienne détruisant une installation de panneaux solaires qui fournissait de l’électricité aux maisons et alimentait les puits de la communauté en eau. Interrogée à ce sujet, l’armée israélienne a déclaré que cet acte «n’est pas conforme à ses valeurs ni à la conduite attendue de ses soldats» et qu’elle avait pris, sans plus de précisions, «les mesures disciplinaires appropriées à l’encontre des réservistes impliqués». Le soldatn’a pas été arrêté.

Debel, avec Rmeish et Ein Ebel, est l’un des trois villages chrétiens (de confession chrétienne, celle des alliés d’Israël lors de son occupation du Sud-Liban entre 1982 et 2000) encore habités dans la zone désormais contrôlée par les troupes israéliennes. L’armée les laisse intacts tandis qu’elle rase progressivement les autres localités, les condamnant ainsi à un dépeuplement définitif. Ces villages ne sont pas le théâtre d’affrontements avec le Hezbollah, qui recrute ses membres parmi la population chiite.

Démolition d’un couvent des Sœurs Salvatoriennes

Toujours au Sud-Liban, à Yarun, l’armée a récemment démoli un couvent des Sœurs Salvatoriennes, un ordre religieux melkite (c’est-à-dire gréco-catholique). Ces démolitions sont visibles sur des photographies diffusées par l’archidiocèse et confirmées par les autorités religieuses locales.

L’armée israélienne a démenti ces allégations, admettant seulement des dégâts involontaires et diffusant la photographie d’un bâtiment intact d’où, selon elle, le Hezbollah libanais avait tiré des roquettes par le passé. Or, d’après Adib Ajaka, responsable de la communauté chrétienne de Yarun, le bâtiment en question est un dispensaire géré par l’Ordre de Malte. Le couvent apparaît aujourd’hui en ruines sur des photographies, et une vidéo semble montrer une pelleteuse en train de le démolir au loin.

Les polémiques ne datent pas d’hier. À Yarun, un conducteur de bulldozer s’est filmé en train de détruire une statue de saint Georges. C’était en 2024, lors du précédent conflit avec le Hezbollah, durant lequel l’armée israélienne avait également envahi la région. À Deir Mimas, une autre ville chrétienne du Sud-Liban, un groupe de soldats de la Brigade Golani a mis en scène (et partagé sur les réseaux sociaux) une parodie de mariage religieux, dans le style des films hollywoodiens. Après le retrait des troupes, ce journaliste a constaté les traces de leur passage : des maisons renversées, des graffitis en hébreu sur les murs, une voiture accidentée remorquée et le monastère endommagé par les bombardements.

La vidéo du mariage, emplie de rires, est devenue virale, et l’armée a dû réagir. Elle a réaffirmé que l’incident était un acte «grave», faisant l’objet d’une enquête, et contraire aux valeurs de l’armée israélienne, dont les autorités la décrivent souvent comme «la plus morale au monde». «Les personnes impliquées feront l’objet de mesures disciplinaires», a-t-elle déclaré.

La semaine dernière, un an et demi plus tard, ce journal a interrogé le porte-parole de l’armée sur les mesures disciplinaires finalement prises. La réponse fut que l’incident «fait l’objet d’un examen et que des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre des personnes impliquées», alors même que toutes apparaissent à visage découvert sur la vidéo. Interrogée sur les raisons pour lesquelles l’incident reste sous enquête depuis 2024 et sur une éventuelle suspension des soldats, l’armée a refusé de faire d’autres commentaires.

Traduit de l’espagnol.

Source : El Pais.

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Kamal Zerara s’éteint | Le théâtre et la télévision algérienne en deuil

L’acteur Kamal Zerara, figure emblématique du théâtre et de la télévision algériens, est décédé le 13 mai 2026. Originaire de Batna, il avait marqué plusieurs générations grâce à ses rôles sur scène et à l’écran. Sa disparition laisse un vide dans le paysage artistique algérien.

Kamal Zerara s’est formé très tôt au théâtre à travers le mouvement associatif et les scènes amateurs. Il a progressivement construit une carrière régulière sur les planches et à la télévision, se distinguant par une présence simple et authentique, proche du public.

Il a participé à de nombreuses œuvres qui ont marqué le public algérien, notamment ‘‘Kafila Tassir’’, ‘‘El Ouda’’ et ‘‘Thamedourth’’. Ces productions témoignent de sa capacité à s’adapter à différents registres artistiques, allant du théâtre traditionnel à la fiction télévisée contemporaine.

Parmi ses dernières participations figure la série télévisée ‘‘Rebaa’’, diffusée durant les Ramadhan 2025 et 2026. Cette comédie dramatique, portée par plusieurs visages connus du petit écran, raconte l’histoire d’un groupe plongé dans des combines et des intérêts divergents. Kamal Zerara y fait partie de la distribution de la deuxième saison, confirmant sa présence continue dans le paysage audiovisuel algérien jusqu’à une période récente.

La série, réalisée par Walid Bouchebbah pour la première saison puis par Hadj Ali Menad pour la seconde, a rencontré un écho notable auprès du public, grâce à son mélange d’humour social et de chronique du quotidien.

Avec la disparition de Kamal Zerara, c’est une voix familière et une mémoire artistique de l’Est algérien qui s’éteignent. Son parcours témoigne d’un engagement constant pour le théâtre et la télévision, et d’une fidélité au public qui l’a suivi pendant des décennies.

Djamal Guettala

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Viol des prisonniers palestiniens en Israël | ‘‘Le Monde’’ atteint de myopie

‘‘Le Monde’’ du 13 mai 2026 consacre un article au rapport d’une mystérieuse ONG israélienne qui a soi-disant enquêté sur «les violences sexuelles et de torture du Hamas.» La page 2 du «journal de référence» sobrement intitulé «7 octobre : un rapport sur les viols du Hamas» défile le rapport de cette ONG israélienne appelée Commission civile dont on n’a jamais entendu parler. Deux noms seulement dans l’article. Pas de coordonnées. Rien de précis. On relève cependant que «le recueil des preuves s’est révélé difficile dans les kibboutz», note tout de même ‘‘Le Monde’’. Cela n’empêche pas son journaliste, Luc Bronner, de consacrer trois colonnes et un encadré au milieu de la Une à un rapport visiblement bidonné, un fake de chez fake.

Mohamed Larbi Bouguerra *

La question des viols est devenue à la mode (si l’on peut dire), après juillet 2024, quand Israël a été secoué par des émeutes encouragées par le ministre raciste Itamar Ben-Gvir ; quand des émeutiers ont envahi les bases militaires de Sde Teiman et Beit Lid pour libérer neuf soldats coupables d’un atroce viol avec un bâton d’un prisonnier palestinien tellement abîmé qu’il ne pouvait plus marcher. (Lire ‘‘Le Monde’’ du 1er août 2024 : «En Israël, Netanyahou passif après les émeutes de Sde Teiman et Beit Lid» de Lucas Minisini). Cette question a été discutée à la Knesset et les députés Likoud –le parti de Netanyahou et ceux des ministres extrémistes– ont donné leur bénédiction pleine et entière au viol des Palestiniens.

Le ‘‘New York Times’’ dit tout

A l’heure même où ‘‘Le Monde’’ publiait l’enquête israélienne, le ‘‘New York Times’’ du 11 mai 2026 –qu’on ne peut accuser d’hostilité vis-à-vis de l’Etat sioniste– publiait le texte et l’interview vidéo de victimes palestiniennes réalisés par le journaliste vedette Nicholas Kristof intitulés : «L’horreur des agressions sexuelles dans les prisons israéliennes.»

Kristof a été en Israël interroger d’anciens prisonniers palestiniens dont il donne les noms, les photos et les preuves irréfutables des viols commis par des Israéliens. Kristof est un journaliste et un commentateur politique américain, lauréat du Prix Pulitzer et un chroniqueur régulier du ‘‘New York Times’’.

Ce qui suit est une transcription du travail du journaliste dans les territoires occupés avec d’anciens prisonniers palestiniens :

«Les violences sexuelles commises par les forces israéliennes contre les Palestiniens sont très répandues, selon de nouveaux rapports et des témoignages poignants existent. Le chroniqueur d’opinion du ‘‘New York Times’’, Nicholas Kristof, détaille un schéma d’abus systémique et de ‘‘pouvoir sans limites’’ sur les Palestiniens au sein des centres de détention israéliens qui remet en question le silence moral de la communauté internationale.

Lorsque Israël a été attaqué le 7 octobre 2023, les autorités se sont empressées de condamner les violences sexuelles du Hamas …..

Je suis allé en Cisjordanie pour parler avec des Palestiniens qui ont été victimes d’agressions sexuelles par des soldats, des colons et des gardiens de prison israéliens. Leurs récits poignants, soutenus par des avocats, des enquêtes et des rapports internationaux, suggèrent que les violences sexuelles commises par les Israéliens contre les Palestiniens sont très répandues. Et cela soulève la question : où sont maintenant le refus et la condamnation de l’agression sexuelle ? Je ne vois aucune preuve que les dirigeants israéliens aient ordonné des viols, mais ils ont mis en place un appareil de sécurité où, selon un rapport des Nations unies de 2025, la violence sexuelle est un élément majeur dans les mauvais traitements infligés aux Palestiniens. Le Premier ministre Netanyahou a qualifié d’infondées les accusations de violences sexuelles proférées par les Israéliens. Mais mon reportage suggère que la violence sexuelle s’est considérablement aggravée sous Netanyahou ces dernières années. À quoi cela ressemble-t-il exactement ? Voici ce que j’ai trouvé. Il s’agit de Sami al-Sai, un journaliste indépendant travaillant pour des organismes de presse internationaux. ‘‘Ils [les gardiens de prison] m’ont emmené dans une cellule d’isolement, menotté, les jambes menottées et les yeux bandés. Ils m’ont mis à terre en position agenouillée, la tête baissée. Ils ont enlevé mon pantalon et mes boxers, et ont commencé à me violer avec des bâtons et des carottes d’une manière très agressive et douloureuse, ainsi qu’à harceler et toucher mes organes génitaux d’une manière très douloureuse et énergique.’’

J’ai parlé à un agriculteur qui m’a raconté comment 20 colons se sont déchaînés contre des maisons palestiniennes et ont utilisé un couteau de chasse pour couper ses vêtements. Je suis sorti de la tente. Je me tenais juste ici. Ils m’ont tiré à l’intérieur. Ils ont utilisé ces attaches rapides, m’ont attaché les mains avec plus d’une attache rapide. Ils m’ont aussi attaché les jambes. Ils m’ont frappé dans l’œil d’un poing. Ils m’ont tiré ici même et ont commencé à répandre de la saleté sur moi et de l’eau. Ils ont enlevé mon pantalon et m’ont attaché mon pénis avec une fermeture éclair. Les attaches étaient encore par terre quand je suis venu. Et voici Mohammad Matar, un responsable de l’Autorité palestinienne — qui dit qu’il était avec deux autres Palestiniens essayant de protéger un village bédouin attaqué par des colons lorsque les colons les ont saisis, dépouillés, battus. Et il dit qu’on a essayé de le violer avec un bâton. Et il a en fait des preuves de cette interaction avec les colons sous la forme d’une photo que les colons ont publiée sur les réseaux sociaux. Une femme, âgée de 23 ans au moment de sa détention, m’a raconté qu’elle était régulièrement déshabillée nue, penchée de force et pelotée sur tout le corps par des hommes et des femmes. Un journaliste a déclaré qu’il avait été retenu et violé par un chien, une affirmation soutenue par d’autres témoignages de prisonniers qui rapportent avoir subi la même chose.

Je suis consterné par ce type d’abus, en partie parce que nos impôts américains subventionnent les forces de sécurité israéliennes. Je crains que cela ne nous rende complices. Les États-Unis ont un moyen de pression, et nous pourrions l’utiliser pour insister sur la fin de l’impunité et exiger que les visites de la Croix-Rouge soient rétablies pour les détenus palestiniens. Écoutez, que vous soyez pro-israélien ou propalestinien, il y a une chose sur laquelle nous devrions être d’accord : nous sommes anti-viols….»

L’article de Kristof prouve que Netanyahou a choisi le viol des Palestiniennes et des Palestiniens.

C’est une politique décidée au plus haut de l’Etat sioniste et mise au point avec l’aval de Netanyahou et de ses ministres racistes et messianiques Ben Gvir et Smotrich ; une politique qui emporte l’accord des députés Likoud et de Force Juive qui ont osé le dire publiquement à la Knesset : oui, cent fois oui pour le viol des Palestiniens et nos soldats «coupables de viol» sont des anges à protéger. Comme ils l’ont montré à Sde Tieman

Quant au quotidien de référence français (ou ce qui en reste aujourd’hui…), il est clair que, pour lui, il y a viol et… viol. Deux poids, deux mesures. Tout comme pour les prudes puissances occidentales, les Etats Unis en tête.

* Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, Paris.

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«Je reste debout…» : Le message de Mourad Zeghidi après sa condamnation en appel

Aujourd’hui, depuis sa cellule, Mourad Zeghidi a appris la décision rendue hier : la confirmation, en appel, de la peine de trois ans et demi prononcée en première instance.

Une décision d’une extrême violence, qui signifie pour lui encore près de deux ans et deux mois de plus à passer derrière les barreaux.

Face à cette nouvelle épreuve, malgré le choc, malgré la douleur, il choisit de rester debout.

Par l’intermédiaire de son avocat, il a tenu à adresser ce message à ses filles, à sa sœur et à sa fiancée :

« Mes chéries, vous dire que je n’ai pas pris un KO en pleine gueule lorsque j’ai appris la nouvelle serait vous mentir…

Mais je reste debout. Aujourd’hui, demain et après-demain […]. Le soutien qui arrive jusqu’à ma cellule me touche beaucoup et me donne de la fierté et du courage. Je sais que je ne suis pas seul […].

Je sais une chose, c’est que si j’ai tenu jusque-là, c’est grâce à votre amour sans fin et votre persévérance, votre courage et vos attentions […]. Maintenant, le temps sera long […].

Je veux défendre mon intégrité et me battre contre ces décisions judiciaires scandaleuses […] Je vous aime fort, je pense à vous.

Embrassez les amis […] et comme disent les stoïciens, je sais que la distance entre les yeux et le ciel est la même pour l’homme libre que pour le prisonnier. ».

Communiqué

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Semaine de la gastronomie espagnole à Tunis

SaborFest Tunisia –Semaine des Saveurs Espagnoles –, rendez-vous gastronomique et culturel inédit, se tiendra du 18 au 23 mai 2026, au Mövenpick Hotel Gammarth, à Tunis. Il mettra à l’honneur la richesse et la diversité de la gastronomie espagnole à travers des expériences culinaires immersives, des rencontres professionnelles et des animations culturelles célébrant les saveurs, les traditions et l’art de vivre méditerranéen.

Au centre de cette semaine se trouve le chef Jordi Gimeno, véritable ambassadeur de la cuisine espagnole dans le monde. Fort de plus de 30 ans d’expérience et d’une passion pour les rencontres interculturelles, Jordi Gimeno a créé Gasztrip en 2012 avec une mission claire : partager la gastronomie espagnole aux quatre coins de la planète à travers des festivals culinaires authentiques et accessibles à tous.

Le concept Gasztrip repose sur une approche unique : le chef invité travaille main dans la main avec les équipes hôtelières locales dans une dynamique de formation enrichissante, permettant à l’établissement d’intégrer de nouvelles recettes, menus et techniques culinaires pour ses clients. Une fois le festival terminé, le chef repart, mais l’héritage culinaire demeure.

Masterclasses culinaires

Les 18 et 19 mai 2026, le chef Jordi Gimeno animera des masterclasses culinaires

intensives au restaurant The Breeze du Mövenpick Hotel Gammarth. Ces ateliers pratiques de 8 heures par jour réuniront des étudiants de l’ISETH de Sidi Dhrif ainsi que 5 chefs tunisiens renouvelés chaque jour, offrant ainsi à chacun une opportunité unique de visibilité et d’apprentissage.

Ces masterclasses permettront aux participants de découvrir les techniques authentiques de la cuisine espagnole – paella, tapas, plats mijotés – tout en explorant l’importance des produits locaux et de la saisonnalité. Les produits et équipements seront fournis par l’hôtel, garantissant des conditions optimales pour cette transmission de savoir-faire.

Immersion dans l’Espagne culinaire

Du 20 au 22 mai, le restaurant The Breeze proposera des dîners gastronomiques espagnols préparés par le chef Jordi Gimeno, avec la participation active des étudiants ayant suivi les masterclasses.

Ces soirées à capacité limitée (60 personnes) offriront un menu typiquement espagnol basé sur des recettes traditionnelles revisitées dans une ambiance chaleureuse de musique live, rythmée par un guitariste interprétant en acoustique les plus belles mélodies espagnoles.

La soirée de clôture du 23 mai sera marquée par un dîner de gala exclusif, organisé sur invitation, mettant en vedette les plats signatures du chef Jordi Gimeno. Cette soirée réunira les représentants de l’ambassade d’Espagne, du Mövenpick et l’ensemble des partenaires pour célébrer les échanges culturels et culinaires entre la Tunisie et l’Espagne. Une animation musicale festive, des discours officiels et des opportunités de networking entre professionnels, chefs, sponsors et médias ponctueront cette soirée mémorable.

Un pont gastronomique

À travers SaborFest Tunisia, les organisateurs ambitionnent de créer un véritable pont culturel et gastronomique entre la Tunisie et l’Espagne, en valorisant l’excellence culinaire, la créativité et l’esprit méditerranéen de partage et de convivialité.

Cet événement s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre les deux pays et confirme la position de Tunis comme carrefour des cultures et des saveurs méditerranéennes.

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Borhen Bssais & Mourad Zeghidi | Verdict de la Cour d’appel

La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire des journalistes et chroniqueurs Borhen Bssais et Mourad Zeghidi.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, la Cour a choisi de confirmer le jugement rendu initialement le 22 janvier dernier par le Tribunal de première instance de Tunis et de maintenir la peine de trois ans et six mois de prison ferme.

La même source précise que les deux journalistes sont reconnus coupables de blanchiment d’argent et d’infractions fiscales, ajoutant qu’outre la peine privative de liberté, le verdict confirmé prévoit des amendes financières et la confiscation des avoirs appartenant à Borhen Bssais et Mourad Zeghidi.

Y. N.

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Amnesty appelle à la libération du journaliste Zied El Heni

L’organisation Amnesty International qualifie la peine d’un an de prison prononcée contre le journaliste Zied El Heni d’« escalade dangereuse » contre la liberté de la presse et appelle à sa libération immédiate.

Dans un communiqué, Amnesty a fermement condamné la condamnation à un an de prison du journaliste Zied El Heni, estimant que ce verdict représente « une étape inquiétante dans le ciblage des professionnels des médias et de la liberté d’expression en Tunisie » et que l’incarcération d’un journaliste en raison de ses positions ou de ses opinions critiques constitue une violation flagrante de la liberté de la presse.

La même source pointe du doigt un « message d’intimidation à toutes les voix indépendantes et critiques du pays » et a appelé à la libération sans délai de Zied El Heni, à l’annulation du jugement prononcé à son encontre et à l’arrêt des poursuites judiciaires visant les journalistes en raison de l’exercice pacifique de leur droit à l’expression.

« Il est inadmissible d’utiliser la justice pour punir des opinions professionnelles ou des critiques pacifiques », a rappelé l’organisation dans son communiqué.

Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de tension croissante entre les acteurs des médias et le pouvoir en place, suscitant de vives inquiétudes au sein de la société civile nationale et internationale.

Y. N.

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Tunisie | Le témoignage bouleversant de la fille de Mourad Zeghidi

Alors que s’ouvre demain le procès en appel du journaliste Mourad Zeghidi, sa fille Yesmine Zeghidi livre un témoignage puissant sur le quotidien d’une famille brisée par la détention… Elle y évoque l’attente insupportable d’une justice qui, elle l’espère, choisira enfin de « mettre fin à cet enfer ».

Ci-dessous, le message poignant de Yesmine Zeghidi :

Il y a deux ans, jour pour jour, nos vies se sont arrêtées.


Il y a deux ans, jour pour jour, tu venais me chercher en voiture et je montais avec toi sans savoir que c’était la dernière fois.

Il y a deux ans, jour pour jour, tu passais dire bonjour à ma grand-mère maternelle et à ses soeurs, comme à ton habitude.
Il y a deux ans, jour pour jour, on s’asseyait dans le salon, ordinateurs et cahiers ouverts, pour que tu m’aides à terminer mon mémoire.

Il y a deux ans, jour pour jour, la police a frappé à la porte.
Il y a deux ans, jour pour jour, on nous a emmenés au commissariat.
Il y a deux ans, jour pour jour, après trois heures d’attente, j’ai eu le droit de partir.
Il y a deux ans, jour pour jour, je suis passée devant le bureau dans lequel tu étais interrogé.
Il y a deux ans, jour pour jour, je te serrais dans mes bras en te disant « à tout à l’heure ».
Il y a deux ans, jour pour jour, je te voyais libre pour la dernière fois.

Il n’y aura pas eu de « tout à l’heure ». Il y a deux ans, jour pour jour, nos vies se sont transformés en cauchemar.
Il y a deux ans jour pour jour, ce 11 mai 2024. Ce jour où tout s’est effondré. Le jour où les sorties à la plage sont devenues des allers retours à la prison. Le jour où les soirées au lablabi sont devenues des soirées passées au téléphone avec les avocats. Où les trajets vers Kelibia sont devenus des trajets vers le tribunal. Où les soirées foot sont devenues des soirées à se demander comment on allait survivre au mois suivant. Où les au revoir à la porte d’embarquement se sont transformés en au revoir à travers une vitre sale et impénétrable, une main posée de chaque côté du parloir.
Cette vie-là, on pense toujours qu’elle n’arrive qu’aux autres.

Même quand on l’a déjà vue frapper au sein de sa propre famille, on garde cette illusion qu’elle nous épargnera. Jusqu’au jour où tout nous tombe dessus. Et là, on comprend vraiment ce que vivent ceux qui traversent cela depuis des années. On découvre l’absence, le manque, la douleur, les pleurs, l’attente, القفة, l’épuisement, l’injustice, le sentiment d’impuissance, l’impression de se battre contre plus fort que soi, de ne pas voir la lumière au bout du tunnel, d’être coincé dans un cauchemar dont on n’arrive pas à se réveiller.

Screenshot

On découvre que la vie s’arrête, mais qu’elle continue malgré tout. Que le monde continue de tourner. Qu’il faut quand même être au travail à 9h du matin. Rendre ses devoirs à temps. Réviser ses partiels. Que ta remise de diplôme a lieu même si ton père n’est pas là. Que le monde se fout complètement du fait qu’à 24 ans, tu passes tes journées à te battre pour la libération de ton père, enfermé à tort entre quatre murs, tout en devant faire semblant de continuer à vivre normalement.

On découvre que le temps passe. Qu’en deux ans rien n’a changé et pourtant tout a changé. Que les enfants ont grandi, mais que tu ne les as pas vu grandir. Que j’ai fêté mes 23 ans, puis mes 24 ans sans toi. Qu’Inès a fêté ses 21 ans, puis ses 22 ans sans toi. Qu’Ellie marche et parle maintenant, mais que tu n’as pas pu être là pour voir ton neveu grandir. Que le PSG a enfin gagné sa première Ligue des Champions mais que tu n’as pas pu être là pour célébrer avec nous. Que j’ai eu le temps de commencer et de terminer un master, d’écrire un deuxième mémoire, d’avoir bientôt une deuxième remise de diplôme, et que pour tout cela, tu n’a pas pu être là.

On se rappelle aussi du jour où on a entendu cette première condamnation à un an ferme. Qu’on s’étaient écroulées. Qu’on n’imaginait pas ça possible. Qu’on se demandait comment on allait tenir. Et que finalement, deux ans après, on était toujours là, à se demander comment on avait tenu, et comment est-ce qu’ils pouvaient attendre de nous que l’on tienne encore deux années de plus.

Qu’en deux ans, tu as eu 52 ans, puis 53 et bientôt 54. Que toi, qui aimais tant fêter les anniversaires, tu as célébré les deux derniers dans ta cellule, loin des tiens. Toi qui ne demandait qu’à pouvoir vivre et travailler. Toi qui aimais ton travail et ton pays si profondément.

Toi qui te levais à 5h presque tous les jours pour la matinale, fatigué mais animé par cette soif d’apprendre, de débattre, de transmettre, de faire réfléchir, de participer à construire un avenir plus juste, plus digne et plus heureux pour le pays. Toi qui nous parlait avec tellement d’enthousiasme de cette Coupe du Monde qui approche. Toi qui rêvait d’y assister, de suivre le parcours de la Tunisie comme tu l’avais fait au Qatar, toi qui rêvait d’aller soutenir ton pays à l’autre bout du monde.

Il m’arrive encore de rêver que je peux simplement prendre mon téléphone et t’appeler. T’envoyer un message. Entendre ta voix autrement qu’à travers ce combiné et cette vitre qui nous séparent. Je rêve aussi de pouvoir tenir ta main devant la tombe de Mamie Leila. Elle me manque et j’aurai aimé qu’elle soit là, et en même temps je suis soulagée qu’elle n’ai pas eu à vivre l’horreur de voir son fils emprisonné à tort, privé de sa liberté et arraché à sa famille.

Ces deux années ont été longues, douloureuses, épuisantes, remplies de tristesse et de colère. Ces deux années nous ont été volées, perdues à jamais. On nous dit que nos vingts ans sont les plus belles années de nos vies. Pour nous, ça en a été les pires. Parce qu’avoir un proche en prison في تونس pour quelque chose qu’il n’a pas commis, est une épreuve que je ne souhaiterais pas même à mon pire ennemi.

En deux ans, malgré tout, quand la solitude et la douleur semblaient prendre le dessus, l’immense vague de soutien que nous avons reçus a été notre sauveuse. Toutes et tous, amis, famille, sportifs, artistes, journalistes, avocats, mais aussi simples citoyens, connus ou inconnus, par un message ou un appel, un partage ou un like, par un mot de soutien dans la rue ou dans l’avion, au supermarché ou sur les réseaux sociaux. Merci à vous, tous et toutes, qui ont porté notre voix et celle de Papa, qui ont contribué d’une quelconque manière, qui ont aidé à rendre le quotidien moins difficile. Votre soutien fait notre force et celle de Papa, et ne sera jamais oublié.

Aujourd’hui, j’ai emmené la 208ème قفة et j’espère la dernière. Demain, le 12 mai, le procès en appel aura lieu. Demain, la justice ne pourra pas nous rendre ces deux ans, mais elle peut choisir de mettre fin à cet enfer. Nous ne demandons qu’une chose : ta libération et ton retour parmi nous. Je ne demande à la justice que de faire son travail, de reconnaitre l’innocence de l’homme qu’elle sait innocent. Car pour certains, ce ne sont que des jeux de pouvoir, de la politique. Pour nous, c’est nos vies. La vie d’un homme, de ses filles, de la femme qu’il aime, d’une famille entière. Je ne demande pas grand chose, je ne demande qu’à voir mon père libre. Je ne demande qu’à respirer, enfin.

Pour toi, Papa.
Pour que le 28 mai, tu puisses enfin fêter ton anniversaire entouré des tiens, avec un gâteau, des rires et de l’amour, et non sur le sol froid d’une cellule.
Pour que le 30 mai, tu puisses regarder une finale de Ligue des Champions dans ton salon, entouré de tes amis, et célébrer comme avant.

Pour que le 15 juin, tu puisses supporter ton pays pour son premier match de Coupe du monde, libre, dans les rues de la ville que tu aimes, entouré du peuple tunisien auquel tu appartiens.

Pour que le 26 juin, tu puisses assister à ma remise de diplôme. Pour que je puisse célébrer entourée de tous ceux que j’aime, sans avoir à t’envoyer, par l’intermédiaire des avocats, une photo de moi sur le podium pendant que tu ne peux même pas applaudir ta fille.

Pour que ces deux années ne deviennent pas trois.
Nous t’attendons بابا.

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«Meraviglia» | Appui à l’entrepreneuriat vert en Tunisie

Lancement, samedi 9 mai 2026, au Centre culturel international d’Hammamet, du projet «Meraviglia» par l’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere) de Hammamet avec le soutien du programme Interreg Next Med de l’Union européenne. 

La Tunisie a fait de la transition écologique un axe stratégique de diversification économique. Elle essaie de conjuguer finance verte, innovation technologique et mesures concrètes de décarbonation. Des projets d’énergie renouvelable aux initiatives de réduction des déchets et des émissions de carbone, le pays s’engage pour un avenir plus vert. L’économie verte est pour lui une opportunité pour atteindre des objectifs de croissance économique et de développement durable tout en contribuant à la lutte contre les effets du changement climatique tout en assurant une croissance qui intègre la préservation et la valorisation du capital naturel et humain.

Le projet «Meraviglia» vise à soutenir l’entrepreneuriat vert en Tunisie et dans la région méditerranéenne, et à transformer les défis environnementaux en opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes peu ou pas qualifiés.

Les opportunités sont grandes mais les obstacles structurels aussi et principalement l’accès au financement, la formation et l’accompagnement des porteurs de projets and last but not least la bureaucratie et la lourdeur administrative. Aussi ce projet vient-il à point nommé pour appuyer les stratégies nationales de promotion de l’entrepreneuriat vert dans notre pays. De plus, il est synergique et en phase avec les différents programmes d’appui qui soutiennent les entrepreneurs tunisiens tels que le projet Greenov’i, le Green Tunisian Business Program ou encore le Startup Act.

Du chômage à l’éco-entrepreneuriat 

En Tunisie, il existe un énorme potentiel de création d’emplois verts que l’Organisation Internationale du travail (OIT) estime à 272 000 d’ici 2030. L’Aere avec le soutien du programme Interreg Next Med de l’UE les partenaires du projet Meraviglia cherchent à contribuer à relever ce défi. Le président de l’Aere, Salem Sahli, a précisé que le projet réunit 8 partenaires et couvre six pays méditerranéens : la France, l’Italie, le Liban, la Jordanie, la Turquie et la Tunisie.

«Meraviglia s’attache à identifier 6 défis environnementaux urgents dans le gouvernorat de Nabeul et à les transformer en projets économiques à fort potentiel de création d’emplois, afin de répondre aux défis économiques, écologiques et sociaux, car les groupes vulnérables et les personnes peu qualifiées rencontrent d’importantes difficultés d’accès au marché du travail», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Ces jeunes, chômeurs ou diplômés, femmes ou hommes, futurs entrepreneurs verts sont porteurs d’initiatives originales et innovantes. Mais celles-ci restent peu connues et ne bénéficient pas souvent de formation et d’un accompagnement leur permettant ainsi de se développer rapidement.»

L’Aere cherche à apporter un appui à ce secteur prometteur-créateur de richesses et d’emploi en agissant sur le cadre réglementaire, en valorisant le travail réalisé par les entrepreneurs verts et en les incitant à adopter ce nouveau mode de croissance économique verte.

Un modèle de croissance durable et créative

SI l’objectif premier de l’entrepreneuriat vert est d’avoir un impact positif sur l’environnement, il est aussi important de souligner que la créativité est au cœur même de ce modèle économique. En effet, la «créativité verte» promeut une croissance durable et créative. «S’étalant sur trois ans (2025-2028), ce projet se concentrera principalement sur la formation des groupes vulnérables dans les régions ciblées, tout en renforçant leurs compétences entrepreneuriales afin de les intégrer au cycle économique et de relever les défis environnementaux», a précisé l’expert en entrepreneuriat Karim Rejeb, tout en soulignant que l’entrepreneuriat vert représente un atout pour accompagner la Tunisie vers la transition écologique. «Ce projet se distingue par sa prise en compte des spécificités locales, puisqu’il ne se limitera pas à la ville d’Hammamet mais couvrira l’ensemble du gouvernorat de Nabeul afin de parvenir à une prise en compte des enjeux environnementaux, économiques et sociaux de ce territoire», a-t-il dit.

Dr. Sahli a insisté sur l’importance de privilégier le soutien à l’entrepreneuriat vert pour stimuler le développement, intégrer tous les groupes sociaux au cycle économique et relever les défis environnementaux actuels tout en créant un modèle innovant de Tiers-Lieux dédiés aux compétences environnementales, une Académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert, des parcours de formation transnationaux combinant e-learning, mentorat et mises en situation pratiques et des  résidences d’éco-entrepreneurs favorisant l’apprentissage interculturel.

Des défis et des opportunités 

Les parties prenantes des organisations de la société civile, les associations, les universitaires et les médias présents à cette journée ont mis l’accent sur l’innovation et le développement de l’entrepreneuriat vert à l’échelle régionale, en mettant en lumière les leviers d’adaptation des curricula de formation et les compétences clés pour répondre aux besoins réels des micro-entreprises vertes. Pour certains, l’économie verte représente une opportunité de réaliser une croissance économique et un développement durable, tout en contribuant à la lutte contre le chômage. Il est essentiel que l’économie verte soit intégrée dans les stratégies visant à garantir une croissance respectueuse et valorisante du capital naturel et humain. Des jeunes entrepreneurs ont souligné que certains projets restent souvent dans l’ombre et manquent de l’accompagnement nécessaire pour les propulser vers une croissance rapide et durable. Ils ont appelé à un bon accompagnement du projet pour assurer sa pérennité surtout que les obstacles financiers et réglementaires freinent considérablement la croissance des projets, limitant ainsi leur contribution à la construction d’un écosystème d’entrepreneuriat vert. 

Pour que l’économie verte atteigne son plein potentiel, il est crucial de surmonter les défis financiers, institutionnels et de coordination.  Il est vrai, comme l’a souligné Chiheb Ben Fradj de l’Aere que les jeunes entrepreneurs ont besoin d’un soutien accru pour franchir ces obstacles. Une meilleure coordination entre les acteurs publics et privés, ainsi qu’un soutien financier et réglementaire renforcé, sont essentiels pour favoriser une croissance durable et efficace des projets. La question est donc d’identifier ce qui bloque dans le lancement des projets verts et de les transformer en opportunités ou du moins d’en extraire des leviers susceptibles de permettre à l’entrepreneuriat ver en Tunisie de prendre son envol.

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Energie | La Tunisie peut être un acteur du Gazoduc Transsaharien

Alors que le premier trimestre 2026 marque une accélération décisive pour le Gazoduc Transsaharien (TSGP), les discussions se focalisent légitimement sur le triangle Nigeria-Niger-Algérie. Ce mégaprojet de plus de 4000 km est en passe de redessiner la carte énergétique euro-africaine. Pourtant, une lecture purement géographique de cette infrastructure omet un actif stratégique majeur : la Tunisie.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Loin d’être une simple observatrice du transit des molécules, Tunis a une opportunité historique de s’imposer comme l’interface de stabilité et le garant institutionnel de ce corridor. Dans la géopolitique moderne de l’énergie, la fiabilité normative et la maîtrise numérique vaudront autant, sinon plus, que la possession de la ressource brute.

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas de se positionner en opposition à d’autres initiatives continentales, mais de valoriser la maturité de ses réseaux existants en Méditerranée centrale. Dans un marché mondial fragmenté, la valeur ajoutée tunisienne réside dans sa capacité à offrir un cadre de «de-risking» institutionnel.

En tant que partenaire historique des échanges énergétiques transfrontaliers, la Tunisie peut agir comme un laboratoire de conformité normative.

Dans un projet de cette envergure, la prévisibilité du cadre réglementaire et l’alignement sur les standards internationaux (ESG) sont des actifs précieux que Tunis peut monnayer en expertise de régulation.

Le pari du Software Corridor

Cependant, la véritable révolution est technologique. Un gazoduc en 2026 n’est plus un simple alignement de tubes d’acier ; c’est un actif numérique complexe, vulnérable et gourmand en données. C’est ici que la Tunisie, forte de son écosystème d’ingénierie et de services informatiques, doit revendiquer sa part de souveraineté. Nous devons projeter le pays comme une plateforme de services technologiques à haute valeur ajoutée, abritant un pôle régional de maintenance prédictive IA et de cybersécurité pour le corridor.

À cet égard, le secteur bancaire tunisien a un rôle crucial à jouer. Pour financer et garantir ces infrastructures technologiques complexes, nous avons besoin de nouveaux instruments de financement structuré qui accompagnent ces projets de Software Corridor. C’est en alignant nos capacités de financement sur nos ambitions technologiques que nous transformerons cette infrastructure en un moteur de croissance locale.

En développant des solutions de surveillance IoT (Internet des Objets) permettant le monitoring en temps réel des émissions de méthane — une exigence stricte des régulations carbone européennes —, la Tunisie peut ancrer ce projet dans la modernité industrielle.

De la molécule au co-développement industriel

Cet investissement n’est pas un pari sur le passé. Le TSGP est conçu pour être «H2-ready». En s’impliquant aujourd’hui dans la gouvernance de ce corridor, la Tunisie sécurisera son droit de tirage sur les futurs réseaux d’hydrogène vert à l’horizon 2030-2035, comme le prévoit le projet SoutH2 Corridor.

La question n’est plus l’utilité géographique, mais notre agilité à transformer un flux de molécules en un hub de services certifiés.

Le corridor transsaharien doit enfin servir de colonne vertébrale à une intégration économique locale, via des zones industrielles transfrontalières où l’expertise tunisienne en matière de partenariats public-privé (PPP) pourra s’exprimer.

L’inertie est le seul véritable risque. En misant sur sa stabilité institutionnelle et son savoir-faire technologique, la Tunisie peut devenir l’aiguilleur discret mais vital de ce grand axe transcontinental, le cerveau d’une Afrique qui se connecte enfin à elle-même.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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