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Sortir de la pauvreté | L’angle mort moral de l’économie mondiale

Lorsque l’ordre économique mondial se dérègle — sous l’effet des tensions géopolitiques, des chocs énergétiques, de la rareté des financements, du ralentissement de la croissance et du retour des disciplines budgétaires imposées — qui paiera le prix du grand désordre ? On sait qu’à chaque vacillement des équilibres financiers, ce sont les corps les plus exposés, les salaires les plus faibles, les subventions les plus vitales, les familles les plus vulnérables qui absorbent le choc.

Yahya Ould Amar *

Quand les États revoient leurs priorités et que l’ajustement devient nécessaire, il faut se rappeler ce que l’économie moderne a toujours exclu de ses équations : les pauvres. Leur dignité est cette frontière morale qui interdit de traiter l’humain comme une variable d’équilibre, de sacrifier les vies au nom des comptes, et de transformer toute souffrance en simple ligne de coût.

En effet, la «pauvreté» n’existe pas dans la vingtaine d’équations fondamentales de la théorie économique. On y trouve l’utilité, le bien-être, le revenu, la préférence, le surplus du consommateur … On y mesure tout, la propension à consommer, l’élasticité de la demande, la production, l’investissement, la consommation, la balance des paiements, la croissance, le taux d’intérêt… Mais nulle part, dans les manuels économiques enseignés qui forment les dirigeants d’entreprises, les banquiers et les gouvernants, n’apparaît le mot «pauvreté». Comme si l’absence de mesure valait absence d’existence.

C’est pourtant ce mot-là que portent, cinquante pour cent de la population mondiale qui vivant avec moins de cinq dollars et demi par jour et par personne – ceux que l’on appelle pauvres. Ils demandent que la pauvreté ne soit pas une humiliation quotidienne, qu’on cesse de les traiter comme des coûts budgétaires ou des lignes de bilan. Ils veulent être reconnus comme des vies humaines, des visages, des sujets.

Entre ce que l’économie sait compter et ce que les pauvres demandent de sauver, il y a un abîme, celui de l’angle mort moral de l’économie moderne.

Le pauvre comme variable d’ajustement

Dans le langage économique, le pauvre n’apparaît jamais en tant que tel, il se dissous dans des agrégats. Il est le «ménage à bas revenu», le «secteur informel», parfois la «population vulnérable». Ces mots ont une vertu apparente — la neutralité — et un vice profond, ils effacent le visage.

Car derrière l’abstraction se joue une inversion morale. Lorsqu’une économie est en difficulté, le modèle cherche la variable la plus «flexible», celle qui peut absorber le choc au moindre coût pour l’équilibre d’ensemble. Or cette variable, presque toujours, c’est le pauvre, son salaire, sa subvention, sa retraite, son accès au soin et à l’eau potable, son éducation, sa sécurité.

Le riche dispose de capital mobile, d’avocats, de frontières fiscales ; le pauvre n’a que sa subsistance, et c’est elle qu’on ajuste. L’ajustement «par le bas» est la conséquence logique d’un système qui mesure l’efficience globale et reste aveugle à la dignité particulière.

La pauvreté est d’abord une confiscation du temps. Le riche peut attendre, différer ses choix, investir, se tromper, recommencer. Le pauvre, lui, vit dans l’urgence. Il ne choisit pas entre plusieurs avenirs ; il tente d’empêcher l’effondrement du présent. C’est pourquoi l’économie se trompe lorsqu’elle parle de «préférences» là où il n’y a que la contrainte pour la moitié de l’humanité. Le pauvre ne préfère pas ; il est simplement privé du temps long qui rend ces choix possibles.

L’aberration des plans d’ajustement

Pendant des décennies, sous le nom rassurant de «programme d’ajustement», «programme d’urgence» ou autres dénominations équivalentes, on a appliqué à des dizaines de pays — singulièrement en Afrique et en Amérique latine — une même ordonnance, dévaluer, couper les dépenses publiques, supprimer les subventions sur le pain et le carburant, privatiser, comprimer les salaires, ouvrir les frontières … Le diagnostic était comptable ; le remède le fut aussi. Et le résultat, mesuré dans la seule langue du modèle — déficit, inflation, balance des paiements — pouvait parfois sembler bon.

Mais que disait ce résultat des milliers, parfois des millions de vies qui sont précipitées dans l’extrême pauvreté, l’insécurité alimentaire ou le dénuement total.

L’aberration fut de croire que l’on pouvait assainir des finances publiques en laissant hors de l’équation le vrai coût humain de cet assainissement — et que l’on ait appelé «rigueur» ce qui était, pour des millions de gens, une cruauté administrée.

On rétorquera que ces plans furent nécessaires, que des États endettés risquent de ne pas rembourser leurs créanciers. C’est exact, il y avait de vrais déséquilibres, de vraies gabegies, de vrais privilèges à défaire.

Le scandale n’est pas qu’il ait fallu corriger ; c’est l’ordre des priorités — l’équilibre budgétaire d’abord, le corps humain ensuite, s’il en reste — et la certitude tranquille des décideurs que la douleur d’autrui était un paramètre, non une limite.

Libéralisme : la promesse et le glissement

Soyons justes avec le libéralisme, à sa source, le libéralisme est une philosophie de la dignité, il affirme que l’individu a le droit de contracter, de posséder, d’entreprendre, de n’être pas soumis à l’arbitraire.

Le glissement s’est produit lorsqu’on a fait du moyen une fin. La liberté économique est devenue la valeur suprême devant laquelle la dignité doit s’incliner. On est passé du «marché pour les hommes» au «hommes pour le marché». Et dans sa version contemporaine, le libéralisme économique a enfanté une étrange créature, un individu réduit à son capital humain, sommé d’être «entrepreneur de lui-même», responsable de tout — de son chômage comme de sa maladie. Le pauvre n’est alors plus une victime d’un ordre injuste ; il devient le gestionnaire défaillant de sa propre vie. C’est la forme la plus subtile du mépris, faire porter à l’écrasé la responsabilité de son écrasement.

Capitalisme : ce qu’il produit et ce qu’il ne voit pas

Le capitalisme est sans doute la machine la plus efficace que l’humanité ait jamais construite pour produire de la richesse. Il a sorti des centaines de millions d’êtres humains de la misère absolue. Le capitalisme optimise une chose, le rendement du capital. Tout ce qui sert ce rendement, il le voit, le compte. Tout ce qui ne le sert pas — la dignité de celui qui ne «rapporte» rien — il le traite, au mieux, comme une externalité ; au pire, comme un obstacle.

De là vient un paradoxe, celui qu’un système peut accumuler des richesses inouïes tout en appauvrissant moralement ceux qu’il enrichit, et matériellement ceux qu’il ignore. Le pauvre du capitalisme contemporain est celui qui est de trop — l’«inemployable», le «non-rentable», celui dont l’existence ne trouve aucune case dans la comptabilité du profit.

L’enseignement économique ou la fabrique de l’aveuglement

Comment des esprits brillants, en viennent-ils à administrer la douleur sans la voir ? On n’enseigne pas seulement des modèles ; on enseigne un «regard». Pendant des années, on apprend au futur décideur que l’agent économique est rationnel et égoïste, que tout a un prix, que l’éthique relève de la sphère privée et n’a rien à faire dans l’analyse économique. On lui apprend, surtout, à raisonner «toutes choses égales par ailleurs» — formule innocente en apparence, et qui consiste à mettre méthodiquement entre parenthèses tout ce qui dérange le modèle, à commencer par la dignité des pauvres.

Une étude célèbre a montré que l’enseignement prolongée de l’économie rend plus enclin à des comportements intéressés et moins coopératif. Un certain enseignement économique peut, lorsqu’il se coupe de la philosophie morale, former des intelligences techniquement brillantes mais affectivement désarmées devant la souffrance sociale.

On ne sort pas indemne d’avoir appris pendant des années que la générosité est «irrationnelle» et la dignité «non quantifiable». Le diplômé en économie ne devient pas méchant ou cynique, il devient aveugle. Et un aveugle bienveillant qui tient les leviers d’une économie peut faire plus de dégâts qu’un cynique lucide. Voilà pourquoi réformer l’économie n’est pas d’abord une affaire de modèles, mais de formation du regard, on ne fera pas une économie de progrès avec des esprits dressés à ne pas voir la dignité humaine.

Réinscrire la dignité dans l’équation

Que faire ? Certes, les bons sentiments n’ont jamais nourri personne — mais exiger que l’économie élargisse son regard à la mesure de son pouvoir.

D’abord, faire de la dignité une contrainte, non une variable d’ajustement.

Ensuite, rendre compte de l’invisible. Mesurer ce que coûte vraiment un ajustement sur le plan social. Ce qui se compte finit toujours par compter. Tant que la souffrance des pauvres restera hors-bilan, elle restera la première variable que l’on sacrifie.

Enfin, rendre la parole à ceux que l’on chiffre. La dignité est aussi le droit d’être un sujet de sa propre histoire, et non l’objet des plans d’autrui. Aucun programme conçu sans les pauvres, sur les pauvres, n’a jamais respecté leur dignité — quelles qu’aient été ses bonnes intentions. Le paternalisme expert est encore une forme de mépris ; il décide du bien d’autrui sans lui demander son avis.

On objectera que la dignité ne se met pas en équation. Une science qui ne sait mesurer que ce qui rapporte finira par ne servir que ceux à qui cela rapporte.

La pauvreté est une confiscation de l’avenir

Lutter contre la pauvreté au XXIᵉ siècle suppose de la comprendre comme une privation de capacité productive et de pouvoir d’agir. Le pauvre est celui qui ne peut pas produire, négocier, anticiper, se prémunir contre le risque. Or les pays en développement ont souvent réduit la misère sans construire les structures qui rendent la prospérité irréversible. La pauvreté y est devenue une oscillation permanente au bord du gouffre où la moindre sécheresse, maladie ou dévaluation reprécipite des millions de personnes dans l’insécurité vitale.

Penser la lutte contre la pauvreté, c’est donc penser la résilience structurelle bien plus que l’aumône, et substituer à l’obsession du «combien donner», celle de «quelles capacités installer».

En effet, la pauvreté est une expropriation de l’avenir, l’impossibilité faite à un être humain de se projeter. Un État ne peut pas être réduit à un arbitre de coûts, évalué uniquement à sa capacité à satisfaire des créanciers. Il doit être stratège, visionnaire et notamment bâtisseur de conditions durables d’émancipation.

Ces conditions reposent d’abord sur des infrastructures matérielles, qui donnent accès à l’eau, à l’énergie, au logement, à la santé, au transport, au numérique et au financement ; ensuite sur des infrastructures juridiques, qui sécurisent la propriété privée, protègent les contrats en sécurisant les relations économiques (pas de corruption pour obtenir un droit, pas de lenteur judiciaire coupable…), formalisent les activités sans les étouffer et garantissent l’égalité devant les opportunités ; enfin sur des infrastructures éducatives, qui transforment l’école, la formation professionnelle, l’apprentissage technique et la culture numérique en moteur de mobilité sociale.

Vaincre la pauvreté, au fond, c’est rendre aux pauvres le temps long, et avec lui la dignité d’être les auteurs de leur histoire.

En définitive, la grande erreur de l’économie moderne aura été de croire qu’une société peut sauver ses équilibres en mutilant ceux qui ont déjà tout perdu. On peut réduire un déficit, rassurer des créanciers ; mais si cette victoire se paie par l’humiliation des pauvres, par l’effacement des visages derrière les agrégats macroéconomiques, alors ce n’est plus une politique économique, c’est une abdication morale.

Le XXIᵉ siècle ne pourra pas se contenter d’une économie qui ajuste plus vite les budgets qu’elle ne répare les destins, qui parle de soutenabilité financière en oubliant la soutenabilité humaine. Le premier devoir d’une pensée économique digne de ce siècle est donc de rendre aux pauvres ce qu’aucun modèle économique, ne devrait leur retirer, un visage, un temps et une place dans l’équation du monde.

* Economiste, banquier et financier.

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Confirmation de la première nidification de Nette rousse en Tunisie

Le suivi de la reproduction des oiseaux mené par l’Association «Les Amis des Oiseaux» (AAO/BirdLife en Tunisie) se poursuit, et ses équipes annoncent la confirmation tant attendue d’une couvée de Nette rousse en Tunisie.

La reproduction de cette espèce de canard était déjà supposée depuis plusieurs années, et les observations de jeunes canards capables de voler s’étaient multipliées ces dernières années, sans toutefois permettre de prouver qu’ils soient nés en Tunisie.

C’est désormais chose faite grâce à l’observation et la documentation, cette année, de canetons âgés de trois semaines en compagnie de leur mère !

L’AAO/BirdLife en Tunisie prépare la publication d’un article dans une revue scientifique consacré à cette observation et à l’évolution récente des effectifs de cette espèce en Tunisie pendant et en dehors de la période de reproduction.

Les missions de nos équipes se poursuivent et promettent d’autres découvertes passionnantes, indique encore l’association.

Communiqué

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Tunisie | Plusieurs associations s’inquiètent des poursuites visant des activistes de la société civile

Plusieurs associations ont exprimé leur vive préoccupation face aux poursuites judiciaires ciblant plusieurs activistes suite à leur participation à un mouvement de protestation survenu le 22 juillet 2022.

Dans les différents communiqués, les organsiations et associations à l’instar de de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) ou encoreAvocats Sans Frontières ont déploré des poursuites liées à l’exercice du droit d’expression et de rassemblement pacifique, estimant que cela est opéré dans un contexte général particulièrement inquiétant.

« Les poursuites s’apparentent à une amplification des pressions et des harcèlements judiciaires qui ciblent les acteurs du tissu associatif et les militants des droits humains dans le pays », a encore déploré la même source.

Réclamant l’arrêt immédiat des procédures judiciaires liées aux rassemblements pacifiques et à la liberté d’opinion, les associations appellent également au respect strict des conditions d’un procès équitable et des droits de la défense.

Enfin, la société civile appelle aussi l’État tunisien à honorer ses engagements en matière de protection des libertés fondamentales, insistant sur le fait que « la divergence d’opinions et la contestation pacifique restent les piliers de tout espace démocratique ».

Y. N.

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Tunisie | L’avocat Khaled Krichi arrêté

Khaled Krichi avocat et ancien membre de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a été arrêté, ce mercredi 3 juin 2026, en exécution d’un mandat de dépôt émis à son encontre.

Selon les premières informations, le mandat de dépôt a été émis à l’encontre de Khaled Krichi par la Chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis.

Il est poursuivi dans une affaire de corruption et de falsification liée à ses activités au sein de l’Instance Vérité et Dignité et d’avoir reçu des avantages en lien avec ses fonctions au sein de la même Instance.

Y. N.

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Tunisie | ​Météo : Prévisions pour cette nuit

Le ciel s’annonce changeant pour cette nuit, selon les dernières données de l’Institut national de la météorologie (INM), qui annonce des perturbations locales à prévoir sur certaines régions du pays.

​En fin de cette journée et au début de la nuit, des cellules orageuses locales accompagnées de pluies éparses pourraient se développer sur le centre de la Tunisie, précise l’INM en ajoutant que pour le reste des régions, le temps sera marqué par un ciel partiellement voilé.

Quant au vent, il soufflera fort près des côtes et dans le Sud, où des phénomènes locaux de sable sont à prévoir, ajoute encore la même source.

Pour les températures, l’INM annonce des minimales variant entre 20°C et 24°C au nord et sur les hauteurs et entre 25°C et 30°C sur le reste du territoire.

Y. N.

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Détournement de fonds | 12 ans de prison pour un directeur d’une agence bancaire

Un directeur d’une agence bancaire et l’un de ses subordonnés ont été reconnus coupables de détournement de fonds, et ont été condamnés à 12 ans de prison, assortis d’une amende de 300.000 dinars chacun.

La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict, ce mercredi 3 juin 2026, suite à une enquête qui avait été ouverte sur plainte de la Direction générale de la banque, après un contrôle de routine rigoureux, mené par les services d’audit et d’inspection internes.

Les inspecteurs avaient alors constaté d’importantes irrégularités dans les mouvements de comptes et les vérifications approfondies avaient rapidement révélé un déficit financier flagrant dû à des détournements successifs, pour un préjudice global dépassant les 360.000 dinars, ayant été menés par le directeur de l’agence ainsi que son proche collaborateur.

Interpellés par les forces de l’ordre puis déférés devant la justice, les deux suspects ont été reconnus coupable par les magistrats de la Chambre criminelle.

Y. N.

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Bac 2026 | Tunisie : 31 détenus passent les épreuves de la session principale

Le coup d’envoi de la session principale de l’examen du baccalauréat 2026 a été donné ce matin et parmi les milliers de candidats à travers la Tunisie, 31 détenus passent les épreuves écrites cette année.

À cette occasion, Mme Henda Testouri, Directrice générale par intérim des affaires des détenus au sein du Comité général des prisons et de la rééducation (CGPR), s’est rendue à la prison civile de Belli pour superviser le bon déroulement de cette première journée.

Dans cet établissement, deux candidats passent l’examen dans la section des sciences de l’informatique, précie la CGPR, dans un communiqué ce mercredi 3 juin 2026.

Les 31 candidats de cette année sont répartis sur plusieurs unités pénitentiaires à travers tout le pays (Mornaguia, Belli, Mornag, Borj Erroumi, Jendouba, Monastir, Mahdia, Sfax, Gabès et Gafsa), couvrant un large éventail de spécialités (Mathématiques, Sciences expérimentales, Sciences techniques, Sciences de l’informatique, Économie-Gestion et Lettres).

Afin de garantir les meilleures conditions de réussite à ces candidats particuliers, le CGPR affirme avoir déployé les moyens nécessaires, en coordination avec les familles des détenus. Des espaces dédiés ont également été aménagés au sein des prisons pour leur permettre de réviser dans le calme.

Un encadrement moral et psychologique a été mis en place pour aider les candidats à aborder les examens dans des conditions normales et sereines, ajoute encore le CGPR, qui a conclu son communiqué en adressant ses vœux de réussite à ces 31 candidats, ainsi qu’à l’ensemble des élèves tunisiens.

Y. N.

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La Tunisie submergée par les flux des migrants subsahariens  

Alors que la présence massive dans plusieurs régions côtières en Tunisie **, y compris dans la capitale et ses environs, commence à susciter plus que des inquiétudes sur la sécurité et l’avenir d’un pays en crise, chaque migrant illégal rapatrié dans un pays africain subsaharien ou en instance de l’être sera très probablement un ambassadeur de la Tunisie, mais pas du genre qui servirait l’image ou l’intérêt de notre pays.

Elyes Kasri *

Il y a quelques décennies, la Tunisie envoyait ses experts pour bâtir les Etats modernes africains ou formait sur son sol de futurs cadres et dirigeants africains qui devenaient dans leur écrasante majorité des ambassadeurs de bonne volonté de la Tunisie consolidant le courant de sympathie et d’admiration pour «la Tunisie de Bourguiba», comme elle était connue au sud du Sahara.

Or depuis 2011, parmi les émotions et instincts libérés en Tunisie, l’on ne peut occulter une certaine aversion pour ne pas dire des fois une haine de l’autre que ce soit pour des causes idéologiques ou économiques et plus récemment de… couleur de peau.

Si la situation migratoire s’impose comme un cas d’étude de faux calculs, de cynisme régional et de projection psychologique par un peuple en désarroi face à une énième menace à son avenir, le préjudice moral qu’en subira la Tunisie est incontestable tant par l’instrumentalisation par la presse occidentale pour montrer que l’Occident n’est pas le seul à adopter des termes et des comportements xénophobes et racistes, avec toutes les retombées possibles sur la diaspora tunisienne, et par une presse africaine cherchant à faire assumer à autrui les échecs de ses gouvernants.

En tout état de cause, chaque subsaharien rapatrié ou en instance de l’être sera très probablement un ambassadeur de la Tunisie mais pas du genre qui servirait, ni l’image ni les intérêts de la Tunisie.

* Ancien ambassadeur.

** En l’absence de statistiques sérieuses et crédibles, ils seraient quelques dizaines de milliers, selon certains experts. Beaucoup plus disent d’autres, qui les estiment à quelques centaines de milliers dans tout le pays, avec de fortes concentrations autour de Tunis, Sfax et Mahdia. Seuls quelques milliers sont rapatriés volontairement chaque année par les autorités avec l’aide de l’OIM. Beaucoup d’entre eux espèrent encore prendre la mer pour l’Europe, mais de plus en plus se plaisent désormais en Tunisie et projettent d’y rester quel qu’en soit le prix.

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Cour d’appel de Tunis | La demande de remise en liberté de Saadia Mosbah rejetée

La demande de remise en liberté de Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, a une fois de plus été rejetée par la justice ce mardi 2 juin 2026.

Par ailleurs, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a décidé de reporter le procès au 19 juin prochain, selon une source citée par Mosaïque FM.

Ce report s’inscrit dans le cadre de l’examen de l’affaire de blanchiment d’argent visant la présidente de l’association de défense des droits des personnes de couleur.

Pour rappel, Saadia Mosbah avait été condamnée en mars dernier, en première instance, à une peine de huit ans de prison ainsi qu’à une amende de 100.000 dinars tunisiens.

La militante, qui réfute totalement les accusations portées contre elle, a fait appel de ce premier jugement, espérant obtenir gain de cause lors de la prochaine audience.

Y. N.

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Intoxication alimentaire à Meknassy | L’INSSPA dévoile les résultats des analyses

L’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) a levé le voile sur les causes de la récente intoxication alimentaire qui a secoué la région de Meknassy à Sidi Bouzid coûant la vie à deux hommes.

Les résultats des analyses de laboratoire pointent directement du doigt un empoisonnement végétal, indique le communiqué de l’Instance, en ajoutant qye les analyses microbiologiques et physico-chimiques effectuées sur des échantillons d’aliments consommés ont révélé la présence d’une substance hautement toxique appelée « anabasine ».

​La concentration maximale a été détectée dans l’échantillon de Osban et des traces ont également été trouvées dans le bouillon et le couscous, ce qui s’explique par la transmission de la toxine durant la cuisson.

​Les données scientifiques et de laboratoire indiquent que la source de cette substance est l’introduction accidentelle de feuilles d’une plante sauvage toxique, scientifiquement nommée Nicotiana glauca, parmi les légumes-feuilles utilisés dans la préparation du plat, et qui ont été confondues avec les blettes ou les épinards

​L’INSSPA affirme que le e danger majeur de cette plante réside dans sa ressemblance trompeuse avec les blettes et les épinards, en particulier lorsqu’ils sont cueillis directement dans la nature ou achetés auprès de sources inconnues.

​La même source rappelle que l’anabasine est un alcaloïde extrêmement dangereux. Elle provoque des symptômes aigus et rapides qui peuvent survenir peu après l’ingestion :

  • ​Vomissements et vertiges
  • ​Faiblesse générale et troubles neurologiques
  • ​Difficultés respiratoires
  • ​Troubles du rythme cardiaque pouvant, dans les cas les plus graves, entraîner la mort.

​Face à la gravité de la situation, l’Instance lance un appel pressant à la vigilance de tous les citoyens et recommande vivement de bannir l’utilisation de plantes ou d’herbes sauvages inconnues dans la préparation des repas, de s’approvisionner exclusivement en légumes-feuilles auprès de circuits de distribution organisés et de confiance et de vérifier scrupuleusement la forme, l’aspect et l’origine des légumes avant toute utilisation culinaire.

Y. N.

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Tunisie | Verdicts dans l’affaire de l’appareil secret d’Ennahdha

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, ce mardi 2 juin 2026, ses verdicts dans l’affaire de « l’appareil secret » du parti islamiste Ennahdha. Les peines prononcées vont de 10 ans de réclusion à la prison à perpétuité.

Une source judiciaire a confirmé à l’agence Tap que le tribunal a reconnu les accusés « coupables de constitution et d’adhésion à une entente terroriste sur le territoire national, de mise à disposition de compétences et d’expertises au profit d’une organisation terroriste, ainsi que d’autres infractions prévues par la loi de lutte contre le terrorisme ».

Les verdicts prononcés par le tribunal vont de 10 ans de réclusion à la prison à perpétuité, visant notamment le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi.

Ali Larayedh a écopé de 42 ans de prison, Rached Ghannouchi a été condamné à perpétuité, assortie de 30 ans de prison et Fathi Baldi à perpétuité, assortie de 50 ans de prison tout comme Mustapha Kheder, perpétuité, assortie de 96 ans de prison.

La même source a ajouté que Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel Al-Aifi, Abdelaziz Deghsni, Kamel Bedoui et Samir Hannachi ont également été condamnés à la perpétuité, assortie de dizaines d’années de prison.

Le tribunal a également condamné Kais Bekkar à 48 ans et à Belgacem Naccache 46 ans ainsi que trois autres accusés à 18 ans de prison, quatre à 12 ans, et deux à 10 ans de prison.
Ali Ferchichi : 34 ans de prison.

Au total, 35 prévenus étaient poursuivis dans cette affaire à caractère terroriste, comptant de hauts dirigeants du parti Ennahdha, de hauts cadres de la sécurité, ainsi que Mustapha Kheder, principal suspect dans le dossier connexe de la « chambre noire » du ministère de l’Intérieur.

Pour rappel, le dossier a été ouvert au début de l’année 2022 à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et le collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, les deux figures de gauche assassinées respectivement en février et juillet 2013.

Y. N.

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INM-Météo | Les prévisions pour cette nuit

Les prévisions météorologiques pour cette nuit annoncent un ciel généralement marqué par des passages nuageux sur la plupart des régions de la Tunisie.

Dans son bulletin, l’Institut national de la météorologie (INM) précise que le vent soufflera relativement fort à proximité des côtes Est, tandis qu’il se montrera faible à modéré sur le reste du territoire.

Du côté du thermomètre, l’INM annonce des températures nocturnes variant entre 25°C et 30°C, avec des valeurs légèrement plus élevées dans le sud-ouest du pays, où les maximales de la nuit atteindront les 32°C.

Y. N.

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Sidi Bouzid | Un père et ses deux enfants périssent dans l’incendie de leur maison

Un tragique incendie s’est déclaré à l’aube ce mardi 2 juin 2026 dans la localité d’Al-Hmaidia, relevant du gouvernorat de Sidi Bouzid-Ouest faisant trois morts.

Selon le Directeur régional de la santé à Sidi Bouzid, le feu s’est déclaré aux premières heures de la matinée dans une maison de la région coûtant la vie à un homme de 42 ans ainsi qu’à ses deux enfants, âgés respectivement de 3 et 5 ans.

Un troisième enfant a survécu à la tragédie et a été pris en charge par la protection civile de Sidi Bouzid et rapidement transporté à l’hôpital régional de Sidi Bouzid, a encore ajouté la même source, sans donner plus de précisions sur l’état de santé du seul fils rescapé.

Les circonstances de drame sont encore méconnues er une enquête a été ouverte à cet effet.

Y. N.

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Tunisie | Menace sur le Goéland d’Audouin dans les îles Zembra

L’Agence pour la protection et de l’aménagement du littoral (Apal) signale des débarquements sans autorisation sur les îles Zembra et Zembretta, au large du Cap Bon, au nord-est de la Tunisie, ainsi que des attaques contre les poussins et les nids du Goéland d’Audouin, un oiseau marin rare et qui niche actuellement dans l’archipel de Zembra.

L’Apal a signalé des incidents récents de perturbation et d’agression contre les poussins et les nids de cette espèce, avertissant que de tels comportements menacent directement le succès de la saison de reproduction.

Une espèce rare et protégée

Le Goéland d’Audouin, scientifiquement connu sous le nom d’Ichthyaetus audouinii ou Larus audouinii, est une espèce marine rare et protégée qui utilise les îles de Zembra et Zembretta comme zone de nidification et de reproduction, rappelle l’Apal dans son communiqué, en exhortant les citoyens, les visiteurs et les riverains du littoral à ne toucher ou ramasser aucun oiseau sauvage, adulte ou jeune, et à ne pas s’approcher de leurs nids.

Il est également interdit de tenter de déplacer les poussins ou de prendre des photos à proximité des oiseaux : ces actions, en plus de perturber la faune sauvage, peuvent vous exposer à des agents pathogènes susceptibles d’être transportés par les oiseaux.

L’Apal a également indiqué que le mouillage et l’accostage sur les côtes du Parc national des îles Zembra et Zembretta sont interdits sans autorisation préalable des autorités compétentes.

Des écosystèmes fragiles

Cet archipel, situé dans le golfe de Tunis, à environ 15 kilomètres du port de Sidi Daoud, est reconnu par l’Unesco comme réserve de biosphère depuis 1977 et fait l’objet d’un régime d’accès réglementé afin de protéger ses écosystèmes terrestres et marins fragiles.

Le Goéland d’Audouin est une espèce emblématique de la biodiversité côtière méditerranéenne. Caractérisé, à l’âge adulte, par un bec rouge corail à l’extrémité foncée et des pattes gris-vert, il niche en colonies sur les îlots et dans les zones côtières peu perturbées.

Selon BirdLife International, l’espèce est classée comme vulnérable à l’échelle mondiale, suite au déclin constaté ces dernières années dans certaines des principales colonies de reproduction méditerranéennes.

Le Centre régional d’activités pour les aires spécialement protégées de la Méditerranée (RAC/SPA) inclut le Goéland d’Audouin parmi les oiseaux d’eau présents en Tunisie et considérés comme menacés ou en danger d’extinction au titre du Protocole sur la biodiversité de la Convention de Barcelone.

«La protection de la biodiversité est une responsabilité partagée», a souligné l’Apal, appelant au respect des réglementations régissant les aires protégées afin de préserver l’un des patrimoines naturels les plus importants de Tunisie.

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Tunisie | Changement de direction à la CPG et au GCT

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a annoncé, ce lundi 1er juin 2026, de nouvelles nominations et des fins de fonctions au sein de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe Chimique Tunisien (GCT).

Par le biais du décret n°79 de l’année 2026, publié dans le Journal officiel de la République tunisienne (Jort) ce 1er juin 2026, Omar Bouzouada a été officiellement nommé Président-Directeur Général (PDG) de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) ainsi que du Groupe Chimique Tunisien (GCT).

Ce remaniement s’accompagne du départ des anciens dirigeants Abdelkader Amidi et El Hédi Youssef, jusqu’alors DG de la Compagnie des phosphates de Gafsa et DG du Groupe Chimique Tunisien.

Note de la rédaction : Ce changement de gouvernance intervient à un moment stratégique pour le secteur des phosphates, où les défis de relance de la production et d’optimisation des exportations restent au cœur des priorités économiques du pays.

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Tabarka 2026 | Arrivée du premier vol touristique en provenance de Pologne

L’aéroport international de Tabarka-Aïn Draham a accueilli, ce lundi matin 1er juin 2026, son premier vol touristique direct en provenance de Pologne, avec à son bord 190 touristes.

Cette liaison, organisée par une compagnie aérienne étrangère pour le compte d’un tour-opérateur international, constitue une première pour la ville de Tabarka, comme l’a souligné le commissaire régional au tourisme de Tabarka-Aïn Draham.

Ce flux de vols saisonniers devra se poursuivre à l’aéroport de Tabarka-Aïn Draham jusqu’à la première semaine d’octobre 2026, indique la même source, en précisant que le programme prévoit un rythme régulier de deux vols hebdomadaires : le premier en provenance de Pologne et le second depuis la République tchèque.

Le coup d’envoi de la saison touristique est ainsi officiellement donné à Jendouba et le programme promet une belle dynamique pour l’économie et l’hôtellerie du Nord-Ouest tunisien, souligne encore la même source.

Y. N.

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Manouba | Destruction de 5 hectares de tomates irriguées aux eaux usées

Cinq hectares de cultures de tomates, saisis en flagrant délit d’irrigation illégale avec des eaux usées, ont été détruits à Tebourba dans le gouvernorat de la Manouba.

Les forces de l’ordre et les services régionaux ont procédé à l’exécution d’un arrêté portant sur la destruction par la force publique de ces cinq hectares de plantations situés dans la zone de Chouigui, relevant de la délégation de Tebourba. Cette intervention fait suite à une opération de contrôle survenue le mois dernier.

Selon l’agence Tap, le propriétaire du domaine agricole avait été pris en flagrant délit alors qu’il irriguait ses cultures de tomates en utilisant des eaux d’assainissement non traitées (eaux d’égout), ce qui représentait un risque sanitaire immédiat pour les consommateurs.

À la suite de ce constat, le gouvernorat a dépêché sur les lieux une commission régionale mixte. Celle-ci était composée de représentants de la Commissariat régional au développement agricole (CRDA), de la direction régionale de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) et de l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE).

Le rapport d’inspection de la commission a confirmé la contamination des cultures et la violation flagrante des lois environnementales et sanitaires en vigueur, ajoute la même source. Sur la base de ces conclusions, le gouverneur de Manouba a émis un arrêté officiel de destruction des récoltes, mettant ainsi fin à une menace sérieuse pour la santé publique.

Y. N.

Ph. Tap

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Pluies annoncées pour cette nuit | Les régions concernées

L’Institut national de la météorologie (INM) annonce des perturbations locales pour la fin de la soirée de ce lundi 1er juinn 2026 et le début de cett nuit.

Des cellules orageuses locales accompagnées de pluies et de chutes de grêle par endroits sont attendues sur le Centre et localement sur le Sud du pays, précise l’INM.

La même source annonce un vent soufflant de secteur Est et qui sera assez fort dans le Sud et faible à modéré sur le reste du pays et une mer globalement peu agitée, devenant localement agitée sur les côtes nord.

Pour les températures, l’INM annonce des minimales comprises entre 18°C et 23°C dans le nord, sur les hauteurs et près des côtes et entre 24°C et 29°C dans le reste des régions.

Y. N.

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Physalie | Un organisme marin dangereux apparaît sur les côtes tunisiennes

La physalie (Physalia physalis) compte parmi les organismes marins les plus dangereux pour l’homme. Ses tentacules peuvent s’étendre jusqu’à 10 mètres en moyenne, et exceptionnellement jusqu’à 30 à 50 mètres sous l’eau. De plus en plus présent en Afrique du Nord, et notamment en Tunisie, cet organisme marin urticant suscite une inquiétude croissante en Méditerranée.

L’Association tunisienne pour la science participative (TunSea) a recensé trois nouvelles observations de physalie au large des côtes tunisiennes au cours des trois derniers jours de mai, sans qu’aucun incident ni blessure n’ait été signalé.

La physalie est l’un des organismes marins les plus facilement reconnaissables, mais aussi l’un des plus dangereux pour l’homme. Souvent confondue à tort avec une méduse, il s’agit en réalité d’un siphonophore, un «superorganisme» composé d’une colonie d’individus spécialisés et interdépendants.

Observé à Tabarka, Borj Cedria et Soliman

D’après un communiqué de TunSea, le premier incident concerne la découverte d’un spécimen en mer le 29 mai, au large de la côte nord de Tabarka. Le deuxième cas a été enregistré le 30 mai sur la plage de Borj Cedria, où un spécimen mort a été trouvé. La troisième observation remonte au 31 mai, avec le signalement d’un spécimen en mer près de Soliman, aux portes de Tunis.

L’association souligne que ces signalements ont été rendus possibles grâce à la collaboration spontanée des citoyens.

La physalie est composée de quatre types de zoïdes, chacun ayant une fonction spécifique. Le pneumatophore, visible en surface, est une poche d’air translucide bleue, violette ou rose pouvant atteindre 10 à 30 centimètres et servant de voile naturelle, lui permettant de se déplacer grâce au vent et aux courants. Les dactylozoïdes, responsables de la capture des proies et de la défense, sont l’élément le plus dangereux : ils peuvent s’étendre jusqu’à 10 mètres en moyenne, et même, exceptionnellement, jusqu’à 30 à 50 mètres sous l’eau. La structure est complétée par les gastrozoïdes, chargés de la digestion des proies, et les gonozoïdes, dédiés à la reproduction de la colonie.

L’habitat naturel de la physalie se situe dans les eaux tropicales et subtropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique. Cependant, ces dernières années, sa présence a été de plus en plus fréquemment signalée en mer Méditerranée, notamment le long des côtes espagnoles, sardes, siciliennes et dans le détroit de Sicile, jusqu’aux eaux nord-africaines. Ce phénomène est lié aux changements des courants marins et au réchauffement progressif des eaux.

Dans son communiqué, l’association a précisé que la présence de la physalie sur les côtes tunisiennes durant cette période est un phénomène naturel et temporaire, susceptible de se prolonger pendant plusieurs jours en fonction des conditions de mer, des courants et des vents.

Les autorités scientifiques tunisiennes ont donc appelé le public à la prudence, lui recommandant d’éviter de toucher ces organismes marins non identifiés, de se contenter de les photographier à distance et de signaler leur présence en précisant le lieu et la date.

L’association avait auparavant mis en garde contre les dangers que peut représenter la physalie pour les nageurs et les touristes en raison des brûlures et des douleurs cutanées causées par ses tentacules urticants, qui peuvent dans certains cas provoquer des réactions graves.

Ses tentacules sont recouverts de millions de nématocystes, des cellules urticantes capables de libérer des toxines extrêmement puissantes. Le contact avec l’homme provoque une douleur immédiate et intense, souvent décrite comme une brûlure ou un coup de fouet, accompagnée de lésions cutanées linéaires. Dans les cas les plus graves, notamment chez les personnes sensibles ou en cas d’exposition prolongée, les toxines peuvent entraîner des réactions systémiques telles qu’un choc anaphylactique, des difficultés respiratoires et des arythmies cardiaques, potentiellement mortelles.

Les cellules urticantes restent actives même après la mort de l’animal ou après plusieurs jours d’échouage, rendant tout contact direct dangereux.

Recommandations en cas de piqûre

En cas de piqûre, un traitement immédiat est essentiel, car certaines pratiques courantes peuvent aggraver la réaction toxique.

Les experts recommandent de rincer la zone touchée à l’eau de mer pour éliminer tout résidu de tentacule, en évitant l’eau douce qui peut provoquer une libération supplémentaire de toxines en rompant les cellules urticantes. Les fragments doivent être retirés à l’aide d’instruments rigides, tels qu’une carte en plastique ou une pince à épiler, sans frotter la peau. L’application de chaleur (eau à environ 40-45 degrés Celsius ou compresses chaudes pendant environ 20 minutes) est recommandée pour atténuer les effets de la toxine.

Évitez l’utilisation de vinaigre ou d’ammoniaque, qui peuvent être inefficaces, voire contre-productifs, en cas d’infection à Physalia physalis.

Enfin, une consultation médicale immédiate est recommandée en cas de symptômes généraux tels que vertiges, nausées ou difficultés respiratoires.

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