Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Monastir | Nouveau sauvetage d’une tortue baptisée « Israa »

Grâce à la vigilance de deux pêcheurs locaux et à l’intervention rapide de l’association Notre Grand Bleu, une tortue marine a été sauvée ce vendredi 8 mai 2026.

C’est une nouvelle victoire pour la biodiversité marine tunisienne, enregistrée au large de Monastir. La zone a été le théâtre d’un élan de solidarité après le sauvetage d’une tortue de l’espèce Caouanne (Caretta caretta), baptisée « Israa », qui avait été retrouvée prise au piège dans des filets de pêche.

Le sauvetage a été rendu possible grâce à la réactivité des marins-pêcheurs Tarek Jaaid et Mohamed Gueddach, indique l’association Notre Grand Bleu qui, dans un communiqué, a salué « le civisme et l’engagement de nos amis pêcheurs qui sont les premiers gardiens de notre mer ».

Une fois sur place, l’équipe de l’association a pris en charge la tortue avant de la transférer au centre de soins des tortues marines de l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM). Elle y recevra les soins nécessaires pour se remettre de ses blessures avant de retrouver, dès que possible, les eaux de la Méditerranée.

Y. N.

L’article Monastir | Nouveau sauvetage d’une tortue baptisée « Israa » est apparu en premier sur Kapitalis.

Condamné à un an de prison, Zied El Heni ne fera pas appel

Le journaliste Zied El Heni a fait savoir qu’il refuse d’interjeter appel de la sentence prononcée à son encontre. Cette décision n’est pas un aveu de culpabilité, mais un « acte de résistance », affirme-t-il.

Dans un message diffusé par ses proches via sa page Facebook, Zied El Heni réaffirme son attachement au décret-loi n°115 et dénonce une instrumentalisation politique de l’appareil judiciaire. Il considère la procédure dont il fait l’objet comme « illégitime » et qualifie sa détention depuis le 24 avril 2026 de « d’arbitraire ».

« Je suis prêt à être jugé pour les faits qui m’ont été reprochés, mais exclusivement dans le cadre du décret-loi n°115 de l’année 2011 relatif à la liberté de la presse. En dehors de ce cadre, je me considère comme un détenu politique », a-t-il déclaré.

Selon le journaliste, le décret-loi n°115 représente un « rempart essentiel pour la liberté d’expression et de la presse » qu’il s’engage à défendre fermement.

Y. N.

L’article Condamné à un an de prison, Zied El Heni ne fera pas appel est apparu en premier sur Kapitalis.

Kasserine | Le scénario du « braquage » cachait un meurtre commis par l’épouse

Après plusieurs jours d’enquête, les unités de sécurité de Kasserine ont élucidé le meurtre d’un quinquagénaire, poignardé par sa propre épouse.

L’affaire a débuté quand un homme a été admis à l’hôpital de Kasserine, puis transféré à Sousse en raison de la gravité de son état. Avant de succomber à ses blessures, il avait affirmé aux enquêteurs avoir été victime d’un braquage à l’arme blanche.

Cependant, les investigations menées par les unités de la Sûreté nationale de Kasserine ont rapidement mis en lumière des incohérences dans cette version des faits, indique Mosaïque FM en citant une source sécuritaire, ce vendredi 8 mai 2026.

Placée face aux preuves de l’enquête, l’épouse de la victime, une trentenaire, a fini par passer aux aveux. Elle a reconnu avoir poignardé son mari lors d’une violente dispute avant d’inventer une histoire de braquage. Ce dernier a, par ailleurs, essayé de la protéger en corroborant la thèse du braquage lors de son audition à l’hôpital avant son décès.

L’enquête a également conduit à l’interpellation du beau-frère de la victime, soupçonné d’avoir tenté de dissimuler le crime pour protéger sa sœur.

Y. N.

L’article Kasserine | Le scénario du « braquage » cachait un meurtre commis par l’épouse est apparu en premier sur Kapitalis.

Médias | Lancement du réseau « Hounna » pour les journalistes maghrébines à Tunis

Le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) en Tunisie a eu le plaisir de participer au lancement officiel du réseau Hounna هنّdes journalistes maghrébines.

Cet événement, organisé, le 7 mai 2026, en partenariat avec l’organisation « Journalistes pour les droits humains », s’est tenu à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, sous le thème : « L’accès des femmes aux postes de décision dans le domaine médiatique ».

Cette session de dialogue a permis d’ouvrir une réflexion sur la présence des femmes dans les postes de décision au sein des médias, les défis auxquels elles sont confrontées, ainsi que les parcours et expériences ayant contribué à lever les obstacles et à renforcer la représentation féminine au sein des institutions médiatiques.

Le Bureau de HCDH en Tunisie salue cette initiative, qui vise à renforcer le rôle des femmes journalistes et à promouvoir leur participation en faveur de l’égalité, de la justice et de la dignité des femmes travaillant dans le secteur des médias.

Communiqué

L’article Médias | Lancement du réseau « Hounna » pour les journalistes maghrébines à Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.

Fête de l’agriculture | Accès gratuit à Dar El Hout et dans les réserves naturelles

À l’occasion de la Fête nationale de l’agriculture, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé une semaine de gratuité pour plusieurs sites emblématiques du patrimoine naturel tunisien.

Le ministère a précisé l’ouverture gratuite au public de Dar El Hout à Salammbô, ainsi que de l’ensemble des réserves naturelles sous sa tutelle, en ajoutant que cette mesure exceptionnelle s’étalera sur une semaine complète, du lundi 11 mai au dimanche 17 mai 2026.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des festivités entourant la Fête nationale de l’agriculture, placée cette année sous le slogan : « La sécurité alimentaire est une décision, non un choix ».

Selon le communiqué, l’objectif est de permettre aux familles, aux élèves et aux étudiants d’accéder librement à ces espaces scientifiques, culturels et environnementaux afin de renforcer le lien entre les citoyens et leurs ressources naturelles.

Le département de l’Agriculture affirme aussi qu’il souhaite transformer cette ouverture en une véritable opération de sensibilisation qui permettra de faire connaître le riche patrimoine maritime et environnemental national, de contribuer à la valorisation des richesses naturelles du pays t d’offrir un accès direct aux espaces dédiés à la biodiversité et aux ressources marines.

Y. N.

L’article Fête de l’agriculture | Accès gratuit à Dar El Hout et dans les réserves naturelles est apparu en premier sur Kapitalis.

Gabès | Campagne pilote de dépistage de l’alcoolémie au volant

Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de sécurité routière, une opération de sensibilisation et de contrôle technique a été menée hier à Gabès.

Le président de la branche régionale Sud de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR), en collaboration avec les unités de la Garde nationale de Gabès, a supervisé cette campagne sur le terrain.

Cette intervention a permis l’expérimentation de nouveaux éthylomètres (appareils de mesure du taux d’alcool dans l’air expiré) afin de sensibiliser les conducteurs aux dangers de la conduite sous l’empire d’un état alcoolique. En parallèle, l’opération visait à tester l’efficacité et la rapidité de déploiement de ces nouveaux équipements par les forces de l’ordre.

Selon les responsables présents, l’usage de ces technologies de pointe permet une meilleure application de la loi et, à terme, une réduction significative des accidents graves liés à la consommation d’alcool, ajoute l’ONSR.

Y. N.

L’article Gabès | Campagne pilote de dépistage de l’alcoolémie au volant est apparu en premier sur Kapitalis.

Ridha Charfeddine condamné à 2 ans de prison

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu hier, jeudi 7 mai 2026, un jugement condamnant l’ancien député (2014-2021) et homme d’affaires Ridha Charfeddine à deux ans de prison, rapporte Diwan FM.

Ce jugement fait suite à des poursuites pour délits bancaires et financiers, dans lesquelles l’ancien président de l’Etoile sportive du Sahal (ESS) était accusé d’avoir enfreint la législation régissant la réglementation financière et bancaire.

Il avait été condamné en appel, le 27 novembre 2025, à deux ans de prison dans le cadre de l’affaire du «complot contre la sûreté de l’État» après une condamnation à seize ans prononcée en première instance.

Pharmacien de formation, Ridha Charfeddine a fondé en 1989, le laboratoire pharmaceutique Unimed, basé à Kalaa Kebira. Sa carrière politique, démarrée au lendemain de la révolution de 2011 s’est terminée en queue de poisson après des passages par deux partis au pouvoir : Nidaa Tounes (2014-2019) et Qalb Tounes (2019-2020).

I. B.

L’article Ridha Charfeddine condamné à 2 ans de prison est apparu en premier sur Kapitalis.

Les compléments alimentaires doivent être mieux contrôlés en Tunisie

La production et la consommation de compléments alimentaires ont connu une croissance rapide, notamment depuis la pandémie de Covid-19. Cette croissance n’a pas été suivie d’une évolution législative en Tunisie. Contrairement à la fabrication et à la distribution des produits pharmaceutiques, qui sont soumises à des lois et des contrôles stricts à toutes les étapes de la production et de la commercialisation, la Tunisie ne dispose actuellement d’aucune loi encadrant les compléments alimentaires, malgré leur lien direct avec la santé publique.

C’est ce qu’a déclaré le président du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunis (Spot), lors de son audition par la Commission de la santé, des femmes, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées, jeudi 7 mai 2026, à propos du projet de loi sur l’industrie des compléments alimentaires.

Le Spot soutient l’adoption d’une loi garantissant la qualité de ces produits et les soumettant à des contrôles rigoureux avant et après leur mise sur le marché. Ceci permettrait d’assurer la traçabilité des produits, de l’acquisition des matières premières à la consommation finale, et de procéder à un rappel immédiat en cas de besoin, a expliqué le président du Spot, ajoutant que le risque lié à une consommation excessive de compléments alimentaires varie selon la nature du complément, sa composition, sa concentration, la probabilité d’interactions entre ses composants et des médicaments ou autres substances, ainsi que son adéquation à l’état de santé de chaque consommateur.

Il est donc nécessaire de classer les compléments selon leur niveau de risque et d’appliquer à chaque type de complément des règles spécifiques concernant les conditions de fabrication, les circuits de distribution, le type de contrôle et l’autorité administrative et sanitaire compétente.

Dans ce contexte, les pharmaciens privés ont expliqué que les compléments alimentaires à haut risque, tels que ceux contenant des substances issues de plantes médicinales ou ceux ayant un effet physiologique avéré ou un risque d’interaction médicamenteuse, doivent être soumis à un système rigoureux similaire à celui appliqué aux médicaments. Leur fabrication doit respecter les meilleures pratiques et être réalisée dans des laboratoires scientifiques sous le contrôle des structures compétentes du ministère de la Santé, notamment l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé, et sous la supervision d’un pharmacien chargé de garantir la conformité scientifique et sanitaire du produit, de vérifier l’innocuité de sa composition, de respecter les dosages et de mettre en place les dispositifs de traçabilité et de surveillance nécessaires pour assurer la qualité du produit et la sécurité du consommateur.

Le président du Spot a également souligné que ce type de complément alimentaire doit faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché renouvelable tous les trois ans, en tenant compte du respect de la législation par les entreprises de fabrication et de distribution, et en limitant sa commercialisation aux circuits de distribution contrôlés et réglementés, tels que les pharmacies et les établissements de santé agréés. Quant aux  compléments alimentaires présentant un risque limité, ils peuvent être vendus dans les commerces de détail ou les pharmacies.

Qu’ils soient destinés à la consommation humaine ou vétérinaire, les compléments alimentaires doivent être soumis à la même réglementation, étant donné que la santé humaine est liée à la santé animale et à l’intégrité de la chaîne alimentaire, ont-ils aussi souligné, en insistant pour que ce principe doit être pris en compte dans toutes les dispositions du projet de loi.

Au cours de la discussion, plusieurs participants ont constaté que le marché des compléments alimentaires en Tunisie est plongé dans un véritable chaos. Des substances ayant des effets directs sur la santé humaine et animale sont désormais vendues partout, y compris en ligne et sur les réseaux sociaux, sans aucun contrôle. La contrefaçon et la contrebande généralisées de ces produits aggravent les dangers et nécessitent une intervention législative décisive et urgente.

D’autres se sont interrogés sur les raisons du prix élevé des compléments alimentaires en Tunisie par rapport à des produits similaires dans d’autres pays. Et plaidé pour un renforcement des campagnes de sensibilisation aux risques de l’automédication et à la consommation dangereuse de compléments alimentaires, notamment ceux utilisés par les athlètes.

La plupart des compléments alimentaires en Tunisie sont commercialisés sans notice d’information médicale détaillée, privant ainsi les consommateurs d’informations essentielles, a fait remarquer un présent.

En réponse aux observations et aux questions des députés, les représentants syndicaux ont fait valoir que certains produits classés comme compléments alimentaires sont en réalité des médicaments à faible concentration. Cette pratique, courante chez certains fabricants, tire parti de l’écart entre le prix de certains médicaments et leur coût de production, et explique en partie le prix élevé des compléments alimentaires.

Ils ont également exprimé leur satisfaction quant à l’initiative législative proposée, suggérant des améliorations par l’ajout de plusieurs propositions, notamment l’élargissement de son champ d’application afin d’y inclure à la fois les compléments alimentaires et vétérinaires, et l’établissement d’un système de classification des compléments alimentaires en fonction de leur niveau de risque. Ce système stipulerait que tout complément alimentaire contenant des effets physiologiques, des plantes médicinales ou des doses concentrées de vitamines ou de minéraux ne pourrait être fabriqué, formulé ou conditionné que dans des laboratoires agréés par le ministère de la Santé, sous la supervision technique d’un pharmacien et conformément aux bonnes pratiques de fabrication. De plus, leur commercialisation devrait être soumise à la même réglementation que celle applicable à la commercialisation des produits pharmaceutiques.

I ls ont également demandé la création d’un registre national des compléments alimentaires, recensant tous les produits et toutes les informations s’y rapportant, telles que leur composition, leur niveau de risque, leurs conditions de distribution et les mises en garde. De plus, ils ont stipulé que chaque étiquette de complément alimentaire devait comporter des informations précises et claires détaillant ses ingrédients, sa posologie, sa durée d’utilisation et les mises en garde nécessaires, tout en interdisant tout étiquetage ou publicité suggérant des propriétés thérapeutiques ou préventives.

I. B.

L’article Les compléments alimentaires doivent être mieux contrôlés en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Vers une révision de la loi anti-stupéfiant

La toxicomanie est classée comme une maladie selon les approches médicales modernes et les accords internationaux pertinents, et les peines de prison à elles seules ne constituent pas une solution efficace pour réduire le phénomène, en particulier pour les consommateurs et les toxicomanes qui souhaitent être soignés.

C’est ce qu’ont souligné des représentants du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot), lors de leur audition par la Commission de la législation générale, jeudi 7 mai 2026. La session était consacrée à la discussion du projet de loi visant à modifier la loi n° 52 de 1992 du 18 mai 1992 relative à la lutte contre les infractions liées aux stupéfiants.

Les représentants du secteur pharmaceutique ont appelé à une nouvelle réduction des peines d’emprisonnement pour les consommateurs et une aggravation des sanctions pour les dealers en bandes organisées.

Le cadre juridique actuel ne protège pas les pharmaciens

Les pharmaciens ont également abordé le développement rapide des drogues de synthèse et la difficulté de détecter certaines d’entre elles par les tests traditionnels, tout en mettant en garde contre l’usage illicite de certaines drogues aux propriétés addictives et en plaidant pour un contrôle plus strict de leur distribution ainsi que pour la mise à jour des listes de stupéfiants et de substances toxiques afin de suivre l’évolution des modes de consommation.

Examinant le cadre juridique actuel, les présents ont souligné la nécessité de modifier la loi n° 54 de 1969 relative à la réglementation des substances toxiques, compte tenu de son inadéquation avec l’évolution du phénomène et des problèmes pratiques qu’elle engendre, d’autant qu’elle ne fait pas bénéficier les pharmaciens d’une protection juridique adéquate dans l’exercice de leur métier.

Les représentants du Cnop et du Spot ont, également, appelé à renforcer le système de prise en charge des addictions, à soutenir les centres spécialisés, à accroître leurs capacités et à impliquer les organisations de la société civile, tout en intégrant les dimensions psychologiques et sociales au processus de traitement.

Ils ont souligné le champ d’action limité des centres existants, spécialisés dans le traitement de la dépendance aux drogues de synthèse, excluant les drogues dures, et ont insisté sur les limites actuelles du système de santé face à l’ampleur et à la complexité croissantes du phénomène.

Tout en plaidant pour le renforcement des programmes de prévention au sein des établissements scolaires, les pharmaciens ont insisté sur la nécessité de distinguer consommateurs et trafiquants, d’adopter une approche progressive et de réévaluer l’efficacité des peines d’emprisonnement pour les consommateurs.

La réforme législative devrait reposer selon eux sur un diagnostic réaliste et précis du phénomène et s’appuyer sur des expériences comparatives ayant fait leurs preuves dans d’autres pays.

Les pharmaciens pour un contrôle plus strict de la délivrance des ordonnances

Les représentants des ordres professionnels de pharmaciens ont formulé plusieurs observations concernant différents aspects du projet de loi, insistant sur la nécessité de les revoir, notamment le dépistage obligatoire, qu’ils jugent attentatoire à la vie privée et qui empêche de détecter la consommation de certains types de drogues. Ils ont suggéré de prévoir la possibilité de recourir volontairement à un traitement à plusieurs reprises, compte tenu du faible taux de guérison de la toxicomanie.

Concernant la prolifération de certains stupéfiants, les présents ont confirmé que certains sont d’origine inconnue, tandis que d’autres sont délivrés sur présentation d’un certificat médical, expliquant que certaines personnes ont recours à la fraude en se procurant ces médicaments dans différentes pharmacies grâce à de multiples ordonnances obtenues auprès de médecins privés et d’hôpitaux publics. Pour faire face à ces abus, il convient de numériser la délivrance des médicaments dans les pharmacies publiques et privées, ont insisté les pharmaciens, en appelant à un contrôle plus strict des ventes de médicaments via les réseaux sociaux et en mettant en garde contre la diffusion de drogues dangereuses par ces canaux.

Les législateurs pour une approche plus dissuasive

Lors du débat, plusieurs parlementaires ont expliqué que le maintien des peines d’emprisonnement pour les consommateurs de drogue et l’alourdissement des sanctions visent à dissuader et à réduire la propagation du phénomène au sein des établissements scolaires et des quartiers résidentiels. Ils ont souligné la gravité de la consommation de drogue chez les enfants, les jeunes et les étudiants, ainsi que la présence croissante de réseaux de trafic à proximité des établissements scolaires et des zones résidentielles, ce qui menace désormais la sécurité sociale et la stabilité familiale. Selon eux, cela exige une approche dissuasive plus rigoureuse, fondée sur des peines plus sévères pour les trafiquants et le démantèlement des réseaux criminels à l’origine de la diffusion de ces substances. Ils ont insisté sur le fait que la clémence envers les consommateurs de drogue pourrait contribuer à élargir le cercle de la dépendance et à aggraver le phénomène sur les plans social et sécuritaire.

À l’inverse, plusieurs parlementaires ont plaidé pour une approche thérapeutique axée sur la santé, considérant le consommateur comme une victime ou un patient ayant besoin de soutien et de soins plutôt que de sanction.

Des députés ont également demandé la création de centres régionaux spécialisés dans le traitement des addictions et offrant un soutien psychologique et social aux personnes dépendantes, dotés d’un personnel médical et paramédical qualifié.

Ils ont par ailleurs exhorté les organisations professionnelles de pharmaciens à soutenir les programmes de prévention et de sensibilisation au sein des établissements scolaires, des centres de jeunesse et des infrastructures sportives et culturelles.

L’importance pour les différentes institutions étatiques de jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre ce phénomène a également été soulignée, notamment par la coordination des efforts entre les secteurs de la sécurité, de la santé, de l’éducation, du social et de la culture, et par l’adoption d’une approche globale visant à réduire la consommation de drogues et à prévenir ses dangers.

À l’issue de la session, il a été rappelé que la lutte contre le phénomène de la drogue ne se limite pas à une approche purement juridique et judiciaire, mais requiert une approche globale s’inscrivant dans une vision réformiste axée sur la prévention, le traitement, la dissuasion et la sanction, en s’appuyant sur diverses approches et expériences comparatives.

I. B.

L’article Tunisie | Vers une révision de la loi anti-stupéfiant est apparu en premier sur Kapitalis.

Céréales | La Tunisie prévoit une récolte de 20 millions de quintaux

Selon Rabaa Ben Salah, responsable des Grandes cultures au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la campagne céréalière 2025-2026 est prometteuse avec une production supérieure à celle de la campagne précédente, dépassant les 20 millions de quintaux.

La superficie récoltable est estimée à environ 950 000 hectares sur une superficie cultivée totale de 991 000 hectares, a-t-elle aussi indiqué lors d’une journée d’information organisée par la Direction générale de la production agricole, consacrée à la promotion de la campagne de modernisation du matériel de récolte et de prévention des incendies dans les champs de céréales,

Ces projections reposent sur des conditions climatiques favorables, caractérisées par une bonne répartition des précipitations et l’absence de sécheresse significative. Ces conditions ont eu un impact positif sur la croissance des cultures dans diverses zones de production, malgré quelques dégâts limités qui n’ont pas affecté de manière significative les prévisions globales de la campagne, a précisé Mme Ben Salah.

La superficie ensemencée en céréales a atteint environ 971 000 hectares, soit 87 % du programme prévu. La majeure partie de cette superficie, soit environ 834 000 hectares, est concentrée dans les gouvernorats du nord, contre 137 000 hectares dans les régions du centre et du sud.

Ces surfaces sont réparties entre le blé dur (533 000 hectares), l’orge (400 000 hectares), le blé tendre (49 000 hectares) et le triticale (9 000 hectares).

La première évaluation de l’état général des cultures montre que 70 % des surfaces sont en bon état, 25 % en état moyen et 5 % en dessous de la moyenne, avec des rendements élevés enregistrés dans plusieurs régions, a encore indiqué Mme Ben Salah, ajoutant que les quelque 74 000 hectares de terres irrigables n’ont pas nécessité d’irrigation intensive, grâce à des précipitations suffisantes.

Il faut dire que le taux de remplissage des barrages a atteint environ 68 %, un niveau jugé relativement satisfaisant et favorable à la stabilité des cultures d’été à venir, a expliqué la responsable, ajoutant que certaines zones cultivées ont subi des dégâts plus ou moins importants, principalement dus à l’engorgement des sols, qui a touché certaines régions, notamment les gouvernorats de Bizerte et de Nabeul.

Ces dégâts ont été aggravés par des orages de grêle localisés dans plusieurs zones des gouvernorats de Siliana, de Kef et de Kasserine, ainsi que par des pressions climatiques liées à la sécheresse dans certaines régions, comme le gouvernorat de Kairouan.

Concernant les préparatifs de la saison des récoltes, elle a confirmé le lancement des opérations de préparation des zones entourant les exploitations céréalières, notamment le nettoyage des bords de route et des pistes agricoles, en coordination avec le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, dans le cadre des mesures de prévention des incendies.

Elle a également mentionné le lancement d’un programme de modernisation du parc de machines agricoles, portant sur environ 2 750 machines, dont un millier sont en bon état de fonctionnement, les autres nécessitant des travaux d’entretien supplémentaires pour garantir leur disponibilité.

Mme Ben Salah a indiqué que le processus de certification des centres de collecte des céréales est en cours et a exhorté tous les acteurs concernés à accélérer la modernisation de ces centres.

Elle a ajouté que des laboratoires d’analyse des céréales sont mis en place suite à des visites sur le terrain en vue de la certification.

Par ailleurs, les besoins en matières premières pour la saison ont été estimés à environ 15 000 tonnes, réparties entre 4 500 tonnes pour la paille et 10 500 tonnes pour le foin, en coordination avec le ministère de l’Industrie afin de garantir ces quantités.

Le Programme national de modification des machines agricoles et de prévention des incendies s’inscrit dans un plan de pilotage participatif élaboré depuis octobre 2025 lors d’ateliers régionaux réunissant divers acteurs du secteur. Ce travail a permis la mise en place d’un programme complet de journées d’information couvrant toutes les étapes de la production céréalière.

D’après Tap.

L’article Céréales | La Tunisie prévoit une récolte de 20 millions de quintaux est apparu en premier sur Kapitalis.

Iran | Babak Zanjani, le «Basij économique»

Des couloirs de la mort au monde des cryptomonnaies. Tel est le destin romanesque de l’homme d’affaires et intermédiaire iranien Babak Morteza Zanjani qui s’est imposé comme une figure de proue des efforts déployés par l’Iran pour contourner les sanctions et ce, malgré sa condamnation à mort il y a dix ans. L’intermédiaire jongle avec maestria dans le monde des cryptomonnaies et c’est ce qui lui a permis de retrouver sa liberté à tel enseigne qu’il pourrait écrire le ‘‘Dictionnaire amoureux des cryptomonnaies’’ ! 

Imed Bahri

Selon une récente enquête du Wall Street Journal (WSJ), le département du Trésor américain a imposé à Zanjani des sanctions en janvier 2026, ajoutant que deux plateformes d’échange de cryptomonnaies qui lui sont liées –Zedcex et Zedxion– ont traité plus de 94 milliards de dollars de transactions depuis 2022, y compris des transactions pour des portefeuilles liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Pour sa part, Zanjani nie ces accusations. 

Le département du Trésor a également qualifié ces plateformes d’«avoirs terroristes» et a déclaré que Zanjani s’était livré à du blanchiment d’argent et avait financé des projets du CGRI.

Le «soldat économique» du régime iranien

Zanjani s’est exprimé publiquement sur les réseaux sociaux et lors d’interviews concernant son rôle dans le contournement des sanctions occidentales par l’Iran, se décrivant lui-même comme un «soldat économique» du régime. Il a récemment déclaré sur la plateforme X : «Même une petite structure économique est plus puissante que n’importe quel navire de guerre. Il est clair aujourd’hui que développer une économie peut placer un pays au même niveau qu’une superpuissance».

Sollicité par le WSJ, Zanjani a nié avoir utilisé des plateformes de cryptomonnaies pour transférer des fonds aux Gardiens de la révolution, qualifiant l’information de fausse. 

Un homme parti de rien et devenu très riche

L’histoire de Zanjani est celle d’un homme parti de rien et devenu riche, ayant amassé une fortune en tant qu’intermédiaire avisé pour un régime iranien sous pression. Puis, il est tombé en disgrâce, avant de réapparaître l’année dernière comme si de rien n’était.

Né dans une famille ouvrière du sud de Téhéran, il a gagné ses premiers revenus en vendant des bijoux au Bazar, selon une interview accordée au journal Aseman en 2013. Il a ensuite travaillé comme chauffeur pour le gouverneur de la banque centrale et s’est lancé dans le trading de devises, gagnant jusqu’à 17 000 dollars par jour grâce aux écarts de prix entre le marché officiel et le marché parallèle.

Zanjani a ensuite fondé une société d’import-export, exportant notamment des peaux de mouton vers la Turquie. Il a déclaré avoir utilisé ses relations internationales pour conclure des contrats pétroliers d’une valeur allant jusqu’à 90 millions de dollars pour Khatam Al-Anbiya, la holding des Gardiens de la révolution. Ses compétences ont attiré l’attention du patron de la holding Rostam Ghasemi qui devint plus tard ministre du Pétrole sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

Zanjani est rapidement devenu le chef du plus important réseau de blanchiment d’argent connu de l’histoire moderne de l’Iran, injectant des milliards de dollars dont le pays avait désespérément besoin dans son système bancaire en difficulté. Avant ses 40 ans, il contrôlait un réseau d’une soixantaine de sociétés, dont des banques, des compagnies aériennes et des entreprises de cosmétiques, dont beaucoup servaient de façade pour dissimuler les flux financiers et pétroliers.

Babak Zanjani pendant son procès pour corruption à Téhéran en mars 2016.

Son travail, contourner les sanctions

En 2013, il a déclaré : «C’est mon travail: contourner les sanctions! J’ai travaillé pour le pays».

Bien qu’il n’ait jamais servi dans l’armée, il a tissé des liens étroits avec les Gardiens de la révolution, se présentant comme un «Basij économique», en référence à la milice de volontaires organiquement rattachée aux Gardiens.

Au plus fort de ses activités, il vendait du pétrole via l’île malaisienne de Labuan, un paradis fiscal, où des navires iraniens transbordaient le pétrole sur des pétroliers affrétés par des sociétés écrans battant pavillon étranger. Il a également acquis des participations majoritaires dans une banque malaisienne et créé une banque au Tadjikistan, selon le département du Trésor américain. Ces banques ont facilité le transfert de fonds vers la Turquie, où ils étaient convertis en or puis introduits clandestinement en Iran.

Dans un pays où la corruption est endémique mais où l’étalage de richesse est mal vu, Zanjani a suscité l’indignation en apparaissant dans les médias avec des montres Rolex, au volant de voitures de luxe et utilisant un jet privé, tout en profitant des sanctions qui pesaient sur les Iraniens ordinaires. L’Union européenne lui a imposé des sanctions en 2012, suivie par les États-Unis en 2013.

Pourtant, il a également suscité une certaine admiration. En 2013, les lecteurs de deux journaux iraniens l’ont classé troisième dans leur sondage «Personnalité de l’année», après le président Hassan Rouhani et son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Plus tard cette année-là, après l’élection de Rouhani sur un programme anticorruption, Zanjani a été arrêté pour avoir prétendument détourné 2,7 milliards de dollars de fonds publics. Zanjani a affirmé que les sanctions internationales empêchaient le remboursement de cet argent. En 2016, il a été condamné à mort pour «corruption sur terre», une accusation rarement utilisée dans les affaires financières.

En 2024, la justice a commué sa peine de mort en 20 ans de prison, en raison de sa coopération au recouvrement des avoirs. Cette décision est intervenue alors que l’Iran se préparait à l’éventualité d’un retour au pouvoir de Trump et du rétablissement des sanctions européennes. À peu près au même moment, la propriété de son groupe Surent a été transférée à la Compagnie nationale iranienne du pétrole, selon des documents obtenus par Kharon Securities. Il a été libéré l’année suivante.

Les plateformes de cryptomonnaie de Zanjani ont permis à l’Iran de continuer à soutenir des milices à l’étranger, facilitant des transferts de plus de 10 millions de dollars à un homme d’affaires yéménite sous sanctions américaines afin de financer un réseau de contrebande pour les Houthis, selon TRM Labs.

Parmi les sommes importantes traitées, la société a suivi près d’un milliard de dollars entre 2024 et 2025, en plus de montants plus modestes en 2023, dont environ 56% étaient liés au CGRI.

La plateforme Zedxion a été enregistrée en 2021 à une adresse du centre de Londres au nom de Zanjani (utilisant son deuxième prénom Morteza) et Zedcex a été enregistrée à la même adresse en 2022. Ces dates suggèrent qu’il aurait pu travailler pour le régime depuis sa prison, bien que les flux financiers aient été limités jusqu’en 2024. Suite à l’imposition de sanctions, les autorités britanniques ont entamé une procédure de dissolution des deux sociétés.

Il faut des Zanjani pour briser le blocus

L’utilisation des cryptomonnaies par l’Iran illustre l’évolution des sanctions, selon Afshon Ostovar, spécialiste des Gardiens de la révolution. Il explique que la complexité de l’empire militaro-économique iranien permet au régime de s’adapter aux pressions extérieures. «Il est donc difficile de renverser le régime car il ne s’agit pas d’une simple personne ou d’un groupe d’officiers mais d’un réseau complexe d’individus, d’institutions, de comptes, de partenaires et de portefeuilles numériques», ajoute-t-il.

Ces derniers mois, Zanjani a refait surface, affichant ses transactions sur les réseaux sociaux, une pratique rare pour les personnalités fidèles au régime. Il a également critiqué les «systèmes parallèles» en Iran, les accusant de ne pas comprendre la situation des manifestants et a dénoncé les restrictions d’accès à Internet.

Ses activités ne se limitent pas aux cryptomonnaies. Quelques mois après sa libération, il a annoncé un contrat de 800 millions de dollars avec la compagnie ferroviaire nationale, le qualifiant de «plus important investissement du secteur privé de l’histoire des chemins de fer iraniens».

Sa nouvelle entreprise, DotOne, opère dans les secteurs des cryptomonnaies, de la logistique, des transports, de l’aviation et des télécommunications, et possède des filiales à Dubaï, notamment une société d’investissement et un service de taxis.

Malgré ses désaccords passés avec le régime, les analystes estiment que sa libération confirme son importance pour l’Iran, en particulier compte tenu des pressions économiques exercées par les États-Unis et Israël.

«Il faut des gens comme Zanjani pour briser le blocus», a déclaré le politologue italien Emanuele Ottolenghi. Il a ajouté: «Avoir quelqu’un qui possède ces compétences et cette capacité d’adaptation aux nouvelles technologies est judicieux. C’est pourquoi ils l’ont fait sortir de prison».

L’article Iran | Babak Zanjani, le «Basij économique» est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue

Il fallait oser le titre : ‘‘Rethinking Islamic Politics in Tunisia. Rethinking’’ — repenser. Comme si on avait déjà pensé correctement une première fois. C’est là, peut-être, le premier aveu implicite d’un ouvrage académique qui mérite qu’on s’y arrête sérieusement, tant il éclaire, avec une rigueur gramscienne inattendue, les ruines politiques que la Tunisie contemple aujourd’hui avec une résignation de plus en plus institutionnalisée.

Moktar Lamari *

Fabio Merone et Francesco Cavatorta, dans cet essai publié en 2025 chez I.B. Tauris, font le pari intellectuel audacieux de traiter l’islamisme et le salafisme non pas comme deux phénomènes distincts et antagonistes, mais comme les deux faces d’une même médaille : celle d’un projet contre-hégémonique cherchant à remodeler la société tunisienne de l’intérieur.

Leur outil d’analyse ? Antonio Gramsci — oui, le penseur marxiste italien — mobilisé ici pour décrypter non pas la lutte des classes à Turin, mais la da’wa à Tunis. L’histoire intellectuelle a décidément le sens du paradoxe.

La da’wa comme stratégie, pas comme foi

Le concept central du livre est limpide et dérangeant à la fois : la da’wa — l’appel à l’islam, la prédication religieuse et sociale — n’est pas une affaire de spiritualité débordant généreusement sur la politique. C’est, selon les auteurs, le mécanisme politique par excellence.

Gramsci l’aurait formulé ainsi : la politique est la réalisation en pratique d’une vision idéologique du monde. Al-Nahdha, dès ses origines dans les années 1970, l’avait compris avant tout le monde — et avant même d’avoir lu Gramsci, ce qui est d’autant plus remarquable.

Le Mouvement de tendance islamiste (MTI) qui allait devenir Ennahdha s’est construit en trois phases soigneusement décrites dans l’ouvrage : d’abord, l’élaboration d’un discours alternatif face aux défis de la modernité tunisienne des années 1970 ; ensuite, la mobilisation socioreligieuse comme levier d’organisation populaire ; enfin, la structuration en organisation politico-religieuse.

Un édifice patient, méthodique, érigé sur des décennies de prédication de quartier, de cercles d’étude, de réseaux de solidarité — pendant que Bourguiba et Ben Ali jouaient les architectes d’un modernisme imposé par décret.

Ce modèle gramscien de la guerre de position — occuper lentement la société civile avant de prendre le pouvoir politique — a fonctionné remarquablement bien… jusqu’au moment où il a trop bien fonctionné.

2011 : le triomphe qui précède la chute

La révolution de 2011 ouvre les vannes. Ennahdha sort des prisons et de l’exil, remporte les premières élections libres de l’histoire tunisienne, entre au gouvernement. Victoire totale. Et c’est précisément là que le projet commence à se fissurer de l’intérieur.

Les auteurs identifient une tension fondamentale, longtemps contenue par la répression, qui éclate au grand jour : la direction du mouvement veut la participation institutionnelle, la gestion du pouvoir, la respectabilité démocratique. La base militante, elle, veut continuer la da’wa, transformer la société, concrétiser l’idéologie. Deux légitimités, deux temporalités, deux projets — dans le même parti.

La décision de 2016 tranche le nœud gordien de la pire façon qui soit : Ennahdha se déclare parti de «démocrates musulmans», abandonne officiellement toute mobilisation socioreligieuse et se repositionne comme force de gestion libérale du pouvoir. Les auteurs qualifient ce tournant de «post-islamiste» et «post-idéologique». On pourrait aussi l’appeler, avec moins de ménagement, une capitulation idéologique habillée en maturité politique.

Ansar Al-Charia : le monstre enfanté par Ennahdha

Le parti qui voulait transformer la société devient un parti qui gère des coalitions et courtise les hommes d’affaires. Rien d’islamique là-dedans, si ce n’est le nom.

Car dans le vide laissé par la social-islamisation progressive d’Ennahda, quelqu’un d’autre s’est engouffré. Ansar Al-Charia, mouvement salafiste radical, est l’enfant naturel non reconnu de ce désengagement.

Là où Ennahdha abandonnait la prédication pour les antichambres ministérielles, Ansar Al-Charia investissait les quartiers populaires de Tunis, de Sfax, des banlieues délaissées — avec des cercles d’étude, des sermons, une présence concrète auprès des jeunes désenchantés que ni l’État ni le grand parti islamiste ne regardaient plus.

La dynamique est cruelle dans sa logique : plus Ennahdha se modérait, plus le salafisme radicalisait le terrain laissé vacant. Les auteurs font la comparaison avec les partis socialistes européens qui, en embrassant la social-démocratie institutionnelle, ont laissé le flanc gauche aux communistes puis aux mouvements radicaux. Histoire universelle de la modération qui crée ses propres monstres.

Ansar Al-Charia s’effondre après 2013, sous la répression consécutive aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Mais son passage laisse une empreinte profonde sur la psychologie collective tunisienne : la peur, la méfiance, la demande sécuritaire — autant de conditions favorables à ce qui allait suivre.

La démocratie comme victime collatérale

Le recenseur de l’ouvrage, Rory McCarthy, professeur à Durham, formule le verdict avec une précision clinique : la transition tunisienne a depuis sombré dans l’autoritarisme populiste. Les dirigeants pragmatiques d’Ennahdha qui avaient piloté le tournant post-idéologique sont aujourd’hui en prison — avec des dissidents de tout le spectre politique.

La démocratie que le parti avait érigée en objectif terminal de son existence était, ironiquement, la première à payer le prix de ses ambiguïtés.

Car c’est là l’enseignement le plus amer du livre : le projet islamiste tunisien a échoué non pas faute d’avoir voulu la démocratie, mais faute d’avoir su la défendre avec cohérence.

En abandonnant son ancrage social au profit d’une gestion politique de façade, Ennahdha a perdu à la fois sa légitimité idéologique et sa capacité de mobilisation. Et sans mobilisation populaire, aucune démocratie ne résiste longtemps à un pouvoir exécutif déterminé.

Le paradoxe est vertigineux : un mouvement né dans la résistance contre l’autoritarisme a finalement contribué, par son retrait idéologique et ses calculs tactiques, à créer les conditions de retour de cet autoritarisme qu’il combattait depuis cinquante ans.

Gramsci avait prévenu

Dans ses Cahiers de prison, Gramsci notait que la guerre de position exige une constance idéologique sans faille. Abandonner le terrain sociétal pour les délices du pouvoir institutionnel, c’est perdre la guerre en croyant gagner la bataille.

Ennahdha a gagné les élections de 2011. Ennahdha a perdu la Tunisie.

* Economiste universitaire.

« Rethinking Islamic Politics in Tunisia: A Gramscian Analysis », Merone F. et Cavatorta F., I.B. Tauris, Londres, 2026, 224 pages.

Blog de l’auteur.

L’article Tunisie | Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue est apparu en premier sur Kapitalis.

Economie tunisienne | Aram Belhadj prévoit «un été chaud»

Dans un commentaire Facebook posté mercredi 6 mai 2026, l’économiste Aram Belhadj prévoit «un été chaud», économiquement et socialement s’entend.

«Il est naturel que les taux d’inflation augmentent en Tunisie (et dans le monde), et ils devraient encore augmenter dans les prochains mois», écrit-il. Il explique : «Ce qui caractérise l’inflation dans notre pays, c’est la convergence de tous les facteurs qui influent sur les prix : la hausse des coûts de production, la création monétaire sans création de richesse, les augmentations de salaires sans augmentation de la productivité, les achats effectués à des prix mondiaux exorbitants et, enfin, la dépréciation du dinar (surtout par rapport à l’euro).»

Compte tenu de la situation actuelle et de nombreux rapports internationaux, l’économiste estime que sa prévision antérieure d’un été particulièrement chaud, sur les plans économique et social, restent valables «tant que tous les facteurs susmentionnés persisteront », et rien n’indique, pour le moment, qu’ils pourraient changer au cours des prochaines semaines.

Messieurs, dames, attachez vos ceintures ! Crash imminent !

I. B.

L’article Economie tunisienne | Aram Belhadj prévoit «un été chaud» est apparu en premier sur Kapitalis.

Ooredoo Tunisie soutient deux prix littéraires

Ooredoo Tunisie a clôturé sa participation en tant que sponsor de la 40 édition de la Foire Internationale du Livre de Tunis, qui s’est tenue du 23 avril au 3 mai 2026, réaffirmant ainsi son engagement en faveur de la culture, de la créativité et du savoir en Tunisie.

À travers sa présence à cet événement culturel majeur, Ooredoo Tunisie a eu l’honneur de soutenir et de valoriser le talent littéraire tunisien en parrainant deux prix prestigieux, mettant en lumière l’excellence dans les domaines de l’édition et de la création littéraire.

«La culture est un levier essentiel pour inspirer les générations et construire une société plus ouverte, plus créative et tournée vers l’avenir. À travers notre engagement dans des initiatives comme la Foire Internationale du Livre de Tunis, nous affirmons notre volonté d’accompagner les talents locaux et de rapprocher davantage les Tunisiens du savoir et de la lecture», a déclaré Sunil Mishra, Chief Marketing Officer de Ooredoo Tunisie.

Ooredoo Tunisie a ainsi soutenu le Prix Abdelkader Ben Cheikh de la littérature pour enfants et jeunes adultes, d’une valeur de 10 000 dinars, qui récompense les œuvres destinées aux jeunes générations et encourage l’imaginaire, la créativité et le goût de la lecture.

L’opérateur a également parrainé le Prix Noureddine Ben Khedher du meilleur éditeur tunisien (édition 2024), également doté de 10 000 dinars, saluant le rôle essentiel des éditeurs dans l’enrichissement du paysage culturel national et le développement de l’industrie du livre en Tunisie.

À travers sa participation à la Foire Internationale du Livre de Tunis, Ooredoo Tunisie confirme son rôle de partenaire engagé dans le soutien aux initiatives culturelles contribuant à l’épanouissement intellectuel et au développement culturel, en ligne avec sa vision d’accompagner les communautés et d’enrichir le quotidien des Tunisiens au-delà de la connectivité.

L’article Ooredoo Tunisie soutient deux prix littéraires est apparu en premier sur Kapitalis.

Les changements démographiques en Tunisie | Enjeux sociétaux

À la lumière des résultats du recensement 2024, le Comité national d’éthique médicale (CNEM) organise une journée scientifique consacrée aux mutations démographiques en Tunisie.

L’objectif : croiser les données statistiques et la réflexion éthique pour éclairer les futurs arbitrages politiques en matière de santé, de solidarité intergénérationnelle et de procréation médicalement assistée.

Le dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2024 constitue une source essentielle pour analyser les mutations démographiques en Tunisie et leurs implications sur les politiques publiques, en particulier dans le domaine de la santé.

Les tendances observées, telles que le vieillissement de la population, la baisse de la fécondité ou les transformations de la nuptialité, mettent en lumière des défis structurels nécessitant une redéfinition des priorités.

Ces évolutions soulèvent également des enjeux éthiques majeurs relatifs à la prise en charge des personnes âgées, à la solidarité intergénérationnelle et à l’encadrement de la procréation médicalement assistée (PMA).

Quel contenu précis conviendrait-il d’allouer à la notion de solidarité intergénérationnelle dans une société vieillissante ?
Quelles devraient être les implications de la baisse de la fécondité et du recul de l’âge au mariage sur l’encadrement de la PMA ?
Quels arbitrages politiques faut-il faire afin de respecter des principes éthiques fondamentaux tels que la justice ou l’autonomie ?

La journée scientifique organisée par le CNEM s’attellera à apporter des éléments de réponses, fondés sur l’analyse des données du recensement à travers une perspective éthique.

Communiqué

L’article Les changements démographiques en Tunisie | Enjeux sociétaux est apparu en premier sur Kapitalis.

Tourisme | La CTN au cœur du salon TTM 2026 pour promouvoir la destination Tunisie

La Compagnie tunisienne de navigation (CTN) participe au salon Tunisian Travel Market « TTM 2026 » en tant que partenaire officiel.

À travers sa présence à ce grand rendez-vous organisé par la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages et de tourisme FTAV à la Cité de la Culture de Tunis, les 7, 8 et 9 mai 2026, la CTN réaffirme son engagement constant en faveur du transport des passagers et sa contribution à la promotion de la destination Tunisie.

La Compagnie tunisienne poursuit également son rôle dans le renforcement des liens entre les deux rives de la Méditerranée, au service de la communauté tunisienne résidant à l’étranger et en soutien au tourisme tunisien.

La CTN appelle à viiter son stand pour découvrir ses différents services, ses offres, ses dernières actualités et échanger directement avec ses équipes présentes au salon.

L’article Tourisme | La CTN au cœur du salon TTM 2026 pour promouvoir la destination Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Zied El Heni condamné à un an de prison | Le SNJT dénonce un «acharnement judiciaire»

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement condamné le verdict prononcée par le Tribunal de première instance de Tunis à l’encontre de Zied El Heni, condamné à un an de prison ferme.

Le SNJT «souligne avec amertume que le verdict repose sur l’article 86 du Code des télécommunications, un texte répressif hérité de l’ancien régime, souvent qualifié de loi de Ben Ali », lit-on dans le communiqué dénonçant l’usage de ce code au détriment du décret 115.

La même source dénonce ainsi une dérive juridique grave, une instrumentalisation de la justice contre les voix critiques et une tentative flagrante de criminaliser la liberté d’opinion.

​« C’est une forme manifeste de harcèlement judiciaire », ajoute encore le syndicat, en rappelant que c’est la deuxième fois en moins de trois ans que le journaliste fait face à des peines privatives de liberté pour ses prises de position.

Le syndicat appelle, par ailleurs, à l’arrêt immédiat des poursuites contre les journalistes pour leurs opinions ou leurs travaux, ai respect des garanties constitutionnelles liées à la liberté d’expression, à l’application exclusive du Décret 115 comme seul cadre légal pour les affaires de presse et d’édition.

Enfin, le SNJT réitère sa solidarité totale avec Zied El Heni et sa famille, rappelant que la liberté de la presse est le dernier rempart pour le droit d’accès à l’information en Tunisie.

Y. N.

L’article Zied El Heni condamné à un an de prison | Le SNJT dénonce un «acharnement judiciaire» est apparu en premier sur Kapitalis.

Évasion de la prison de la Mornaguia | Le procès en appel reporté

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d »appel de Tunis a décidé de reporter l’examen de l’affaire de l’évasion de terroristes de la prison civile de Mornaguia.

Selon une source judiciaire citée, ce jeudi 7 mai 2026 par l’agence Tap, ce report est une réponse à la demande de la défense et l’examen de l’affaire est désormais attendu pour le 4 juin prochain.

Par ailleurs, la Cour d’appel a examiné les demandes de mise en liberté déposées par les avocats des prévenus et les a finalement, toutes, rejetées.

Tous les accusés dans cette affaire demeurent donc en détention en attendant la prochaine audience, sachant que ces derniers ont été condamnés en appels à des peines allant de 3 à 38 ans de prison ferme.

Y. N.

L’article Évasion de la prison de la Mornaguia | Le procès en appel reporté est apparu en premier sur Kapitalis.

Pluies annoncées pour cette nuit en Tunisie | Les zones concernées

Dans son bulletin du 7 mai 2026, l’Institut national de la météorologie (INM) annonce des pluies et des orages dans certaines régions du pays pour cette nuit.

Des cellules orageuses locales sont ainsi attendues sur les hauteurs de l’Ouest et s’accompagneront de pluies parfois intenses dans le Nord-Ouest, avec des chutes de grêle par endroits, indique l’INM.

Ces perturbations s’étendront progressivement au cours de la nuit vers certaines zones de l’Est, touchant le nord et le centre du pays, ajoute encore la même source. Cette dernière annonce des vents forts près des côtes et dans le Sud, avec des rafales pouvant dépasser les 70 km/h sous les orages.

Quant aux températures, l’INM annonce des minimales nocturnes variant entre 15°C et 21°C au nord et au centre, et entre 22°C et 28°C dans le sud du pays.

Y. N.

L’article Pluies annoncées pour cette nuit en Tunisie | Les zones concernées est apparu en premier sur Kapitalis.

❌