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Tunisie | Le CRLDHT dénonce une «dérive inquiétante»

Dans un communiqué publié samedi 25 avril 2026, le Centre pour e respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) parle d’une «dérive inquiétante et assumée» qui «se confirme jour après jour, marquée par la multiplication des poursuites judiciaires, la répression des voix critiques et la dégradation alarmante des conditions de détention de figures politiques, médiatiques et de la société civile.»

L’Ong tunisienne basée à Paris parle d’un «climat de répression croissante contre journalistes, opposants et société civile» et passeen revue les derniers faits enregistrés la semaine écoulée en lien avec les droits humains en Tunisie, notamment la suspension de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) pour un mois, les «pressions accrues sur les associations», notamment le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) et Al-Khat, éditrice du webzine Inkyfada; le journaliste Zied Heni placé en détention «pour une opinion critique sur les réseaux sociaux»; Jawhar Ben Mbarek au 28e jour de grève de la faim en prison; l’état de santé préoccupant de Chaïma Issa, également en prison; l’ex-bâtonnier Chawki Tabib incarcéré et Sihem Ben Sedrine, l’ex-président de l’Instance Vérité et dignité (IVD) menacée de détention.  

Ces cas ne sont pas isolés et s’inscrivent dans «une offensive plus large contre la liberté de la presse et les médias indépendants», souligne encore le CRLDHT, qui évoque, également, «la situation des détenus politiques atteint un niveau alarmant», notamment ceux condamnés dans l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’État», dont certains à des peines allant jusqu’à 66 ans de prison.

L’Ong appelle les autorités tunisiennes à«libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques et d’opinion en Tunisie, ainsi que toutes les personnes détenues pour l’exercice pacifique de leurs droits et libertés fondamentales.»

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Washington | Trump échappe à une nouvelle tentative d’assassinat

Pour la première fois, samedi 25 avril 2026, Donald Trump assistait en tant que président au dîner de gala annuel organisé par l’association des journalistes accrédités à la Maison Blanche (WHCA), lorsque des tirs ont été entendus dans les couloirs de l’hôtel Hilton de Washington, où se déroulait l’événement, et des agents en uniforme ont investi la tribune pour évacuer le président.

Les personnes assises à la tribune ont également été évacuées, dont son épouse, Melania, le vice-président, J. D. Vance et la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

L’assaillant, aux motivations encore inconnues, a été neutralisé avant de parvenir à la salle de réception. Il s’appelle Cole Allen, un homme de 31 ans qui aurait suivi des études d’ingénieur, habitant à Torrance, dans la banlieue de Los Angeles, dans une maison à deux étages, décrite comme «modeste» par le New York Times.

Trump décrit un «loup solitaire», ajoutant : «Personne ne m’avait dit que c’était une profession si dangereuse».

Trump évacué en catastrophe.

L’homme a ouvert le feu à l’extérieur de la salle de réception, au niveau des portiques de sécurité près du hall, tentant de forcer le passage. Les agents du Secret Service l’ont maîtrisé et interpellé. Trump lui-même a diffusé la photo de l’assaillant sur Truth Social, torse nu et menotté dans le dos, allongé sur la moquette de l’hôtel.

Selon Trump, les services de sécurité ont fait «un bien meilleur travail qu’à Butler», où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat en 2024 lors d’un meeting de campagne dans l’État de Pennsylvanie.

I. B.

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Salah El Gharbi publie ‘‘L’Etau’’, son 6e roman

Salah El Gharbi, romancier et essayiste, vient de publier chez Contraste éditions, à Tunis (mars 2026, 184 pages), ‘‘L’Étau’’, son septième roman, où il plonge le lecteur dans l’univers inquiétant de Bassam, un vieil écrivain pourchassé et persécuté par une force occulte cherchant, fébrilement, à le museler.

Dans cette atmosphère tendue, minée par une menace permanente, l’impitoyable «Machine», au pouvoir tentaculaire, est donnée à voir, elle-aussi, en désarroi, prise au piège de son propre dessein.

‘‘L’Étau’’, c’est aussi, l’histoire de Najla, cette jeune femme qui se débat, ardemment et désespérément, à la recherche d’une existence, à la fois paisible et exaltée.

Ainsi, à travers un jeu subtil, le récit met en scène les deux personnages principaux du roman, et nous retrace le parcours de ces deux destinées frustrées, éprouvées par la vie, en quête de sérénité et d’équilibre dans un monde brutal et incertain.

Les deux premiers romans de l’auteur, ‘‘Perditions’’ a reçu le Prix Comar du Premier roman en 2004 et ‘‘Et quand mes nuits se souviennent’’ le Prix spécial du jury Comar 2007.

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Le poème du dimanche | ‘‘A Douz… Souvenir d’un temps lointain’’ de Noureddine Bettaïeb

Né en 1967 à Douz, dans le sud tunisien, Noureddine Bettaïeb est poète, essayiste, documentariste, animateur culturel. Après des études en sociologie, il rejoint le journalisme.

A publié en arabe, divers recueils de poésie,  dont : Poèmes mélancoliques, 1993 ; Pluies d’été, 1997.(trad. en français par Hédi Khelil) ; Toi solitude …comme une herbe dans les sables, (trad. en français par Amel Safta); Prières pour le sable, 2014.

Tahar Bekri

A tes yeux

L’innocence de mon enfance

Son ciel blanc

L’odeur de ma mère

La craie de mon école

Et ma gomme

Mes chevaux verts.

A tes yeux

Les pluies d’un automne lointain

Les chansons d’amour dans les mariages au désert

Comment t’appellerais-je ?

Mon poème

Ma chanson

Etoile du matin

Hivers de souvenirs

Ou étés de soif

Et de sables

Le cœur te chantait

Le long des années

Mais la voix s’est perdue

Dans l’affliction de ce monde

Ton chanteur est maintenant seul

Ni les amis ne sont des amis

Ni les proches ne sont es proches

Ni le sable

N’est Sable

Rends à ton prince

La joie de son enfance et de sa jeunesse

Les chansons qu’il fredonnait dans les nuits de distance

Les versets du Coran

Rends-lui

La tristesse des fêtes

Les hirondelles de pluie

Portant le salut des enfants isolés

Vers la Maison de Dieu

Comment s’est-il perdu ton prince ?

Comment a-t-il été trahi par les amis

Les soldats

Et les amantes

Même les papillons de jeunesse

Ont trahi

Les poèmes

Fatima

Mohamed qui n’a pas pris de ses nouvelles

Depuis des années

La musique de la nuit

Dans les palmeraies

Sans voix

Ton prince est fatigué des souvenirs

Et des voyages

Rends à ton prince son burnous*

Et les clefs de l’univers

Prends-le entre tes mains comme un orphelin

Donne-lui à boire de l’affection de tes yeux pluvieux

Ton prince est fatigué des pérégrinations     

Et dus souvenirs

Tunis, décembre 2009

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri, « Comme une pluie qui tombe dans mon cœur » (inédit),

(Remerciements à l’auteur)

* Habit traditionnel

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Bardo | Démantèlement d’un dangereux réseau de trafic de drogues

Les agents de la brigade de recherches et d’investigation de la Garde nationale au Bardo sont parvenus à démanteler un réseau de trafic de drogue.

Suite à des investigations menés par la brigade précitée, une descente a été organisée en coordination avec le ministère public et a permis l’arrestation de rous les membres du réseau, pris par surprise.

L’opération a permis de mettre la main sur une quantité non négligeable de produits illicites, notamment de la cocaïne et du cannabis, indique une source citée par Mosaïque FM, ce samedi 25 avril 2026.

Sur instruction du ministère public, tous les suspects ont été placés en garde à vue, alors que l’enquête se poursuit.

Y. N.

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Gabès cinéma fen rend hommage à Fadhel Jaziri, figure emblématique du cinéma tunisien

Gabès Cinéma Fen rend hommage à l’artiste visionnaire et singulier Fadhel Jaziri, qui a marqué de son empreinte le théâtre et le cinéma tunisiens et qui continue d’inspirer les nouvelles générations.

Plus qu’un simple hommage, Gabès Cinéma Fen propose une immersion dans l’univers de Fadhel Jaziri. Artiste aux multiples facettes, Jaziri a marqué l’imaginaire collectif par son audace et sa capacité à fusionner tradition et modernité.

Au programme, la projection de « Fadhel Jaziri – Work in Progress » par Faten Jaziri et de la version restaurée de « La Noce », précisent les organisateurs.

Enfin, l’hommage s’étend au-delà de l’écran avec une exposition dédiée au costume authentique du film « Thalathoun », car chaque vêtement raconte une histoire.

En célébrant Fadhel Jaziri, Gabès cinéma fen rappelle que le cinéma tunisien possède des racines profondes et des bâtisseurs dont l’œuvre demeure tournée vers l’avenir, dans un paysage artistique en constante transformation.

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Nippomed | Le premier test de grossesse « Made in Tunisia » bientôt sur le marché

​Spécialisée dans la fabrication de kits de tests médicaux, Nippomed prévoit de lancer progressivement sur le marché tunisien le premier test de grossesse entièrement fabriqué en Tunisie

Le 22 avril, l’ambassadeur du Japon en Tunisie Jun Saito a effectué une visite chez Nippomed, une joint-venture créée par G-Cube, société japonaise, et Unimed, située à Sousse.

L’entreprise s’apprête à lancer sur le marché local le tout premier test de grossesse entièrement fabriqué en Tunisie : «Cette initiative illustre le transfert de technologies de pointe ainsi que le développement d’une production de haute qualité Made in Tunisia », a commenté l’ambassade.

Par ailleurs, la propreté absolue de l’endroit a inspiré confiance à l’ambassadeur du niveau de perfectionnisme, indique encore la même source, ajoutant que cette collaboration nippo-tunisienne ouvre la voie à d’autres projets technologiques d’envergure.

Y. N.

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Météo | Des pluies attendues dans certaines régions

L’Institut national de la météorologie (INM) a annoncé des températures douces sur l’ensemble du pays pour cette nuit mais des pluies sont tout de même attendues dans certaines régions.

Dans son bulletin, l’INM précise que des nuages orageux se formeront sur les régions ouest du nord et du centre et que ces perturbations seront accompagnées de pluies locales et de chutes de grêle par endroits, alors que le ciel sera dégagé à partiellement nuageux sur le reste du pays.

Un appel à la vigilance a été lancé pour les régions du sud du pays, où le vent soufflera avec une intensité relativement forte, sachant que la mer sera agitée dans le golfe de Gabès.

Quant aux températures, les nocturnes seront comprises entre ​12°C et 17°C au nord, au centre et au sud-est et entre ​18°C et 22°C dans le reste des régions.

Y. N.

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Mosaïque FM victime d’une usurpation d’identité par IA

Mosaïque FM a mis en garde contre une vidéo frauduleuse à but d’escroquerie, circulant sur les réseaux sociaux, utilisant son logoi et l’image de son journaliste Anis Morai via l’intelligence artificielle.

La vidéo qui circule sur les réseaux reprend l’identité visuelle de la radio, montre le journaliste Anis Morai appelant à une campagne de dons pour une certaine « Zayneb » or cette séquence a été montée de toutes pièces.

Il s’agit d’un nouveau deepfake, illustrant la dangerosité croissante des outils numériques détournés à des fins malveillantes et la radio a fermement dénoncé l’usurpation de son identité « des pratiques frauduleuses et contraires à l’éthique », commente Mosaique FM.

La même source a ajouté qu’elle se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ce montage ainsi que toute personne participant à sa diffusion.

Y. N.

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Transport non régulier | La grève du 27 avril confirmée

La grève nationale du secteur du transport non régulier est bel et bien maintenue pour ce lundi 27 avril 2026. L’annonce a été reconfirmée par Moez Sellami, président de la Chambre nationale des chauffeurs de taxis individuels et vice-président de la Fédération nationale du transport.

Ce mouvement visant à dénoncer ce que les instigateurs qualifie de « dialogue de sourds», concerne l’ensemble du secteur du transport non régulier, incluant les taxis individuels, les taxis collectifs, le transport rural et les louages.

Intervenant sur différents médias, Moez Sellami a rappelé que cette décision n’est pas soudaine mais qu’elle est «l’aboutissement d’un long processus de dégradation des relations entre les syndicats et le ministère de tutelle», évoquant par ailleurs une « rupture totale » avec les autorités.

Les points de friction majeurs reposent principalement sur le non-respect des engagements suite aux accords signés et l’absence de réformes dans le secteur, a-t-il encore ajouté en lançant :  « Nous nous trouvons face à un mur. La grève est l’ultime recours pour faire entendre la voix de milliers de professionnels étranglés par la situation actuelle ».

À moins d’un revirement spectaculaire de dernière minute ou de l’ouverture d’un dialogue d’urgence par le gouvernement, la journée du 27 avril s’annonce particulièrement difficile pour les citoyens, le transport non régulier assurant une part importante de leurs déplacements quotidiens.

Y. N.

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Tunisie | Le télétravail pour lutter contre l’absentéisme

En Tunisie, les taux d’absentéisme sont plus élevés chez les jeunes que chez les travailleurs plus âgés, pour des raisons objectives, dont les conditions de travail et les bas salaires, qui contraignent les individus à cumuler plusieurs emplois, entraînant ainsi de l’absentéisme dû à la fatigue quotidienne et à la baisse de productivité dans leur activité principale.

C’est ce qu’a indiqué le professeur Lotfi Benour, spécialiste en économie du travail, dans une déclaration à Mosaique FM en marge de sa participation à un forum organisé par l’Association tunisienne des inspecteurs du travail (Atit), le jeudi 23 avril 2026 à Hammamet, sur le thème «Lutter contre l’absentéisme : stratégies juridiques, sociologiques et de gestion des ressources humaines».

L’absentéisme est un phénomène mondial, et non propre à la Tunisie, mais que ses causes et ses indicateurs varient d’un pays à l’autre, a encore souligné M. Bennour, ajoutant que l’on peur remédier à ce phénomène par trois solutions principales : le télétravail, les plateformes technologiques ou l’expérimentation de la semaine de quatre jours, une approche qui a fait ses preuves dans plusieurs pays, et dont on pourrait s’inspirer.

M. Bennour a confirmé que le taux d’absentéisme en Tunisie se situe dans la moyenne mondiale, autour de 4 à 5 % dans le secteur privé, hommes et femmes confondus, contre 6 % dans le secteur privé français. Ce taux ne reflète pas une aversion des Tunisiens pour le travail ; il témoigne au contraire d’une forte éthique professionnelle et d’une culture du travail positive.

M. Bennour a appuyé ses propos en citant des indicateurs d’investissements directs en Tunisie, qui ont augmenté de 30 % en 2025, créant environ 14 000 emplois. Selon lui, cela démontre que les Tunisiens sont travailleurs, c’est pourquoi ils continuent d’attirer des investissements directs étrangers au pays.

Revoir le cadre juridique du travail

De son côté, le professeur d’université Nouri Mzid, également cité par Mosaïque, a indiqué que l’absentéisme en Tunisie est élevé dans le secteur public, atteignant près de 15 %, contre une moyenne mondiale de 5 %. Ce taux est globalement plus faible dans le secteur privé, oscillant entre 6 % et 7 %.

D’après le professeur Mzid, l’absentéisme est fréquent dans les secteurs du textile et de l’industrie manufacturière, et s’accentue pendant l’été, le Ramadan et la saison des récoltes d’olives, les travailleuses préférant profiter de ces périodes pour augmenter leurs revenus.

Concernant les raisons de l’absentéisme, M. Mzid a indiqué qu’elles vont des mauvaises conditions de travail aux difficultés de transport.

M. Mzid, qui a présidé ledit forum, estime que les facteurs contribuant à ce phénomène sont multiples et interdépendants, nécessitant ainsi des solutions diverses. Et dans ce cadre, la prévention reste primordiale, plutôt que les mesures disciplinaires qui, à elles seules, ne suffisent pas.

Si le taux d’absentéisme est plus élevé dans une entreprise que dans d’autres opérant dans le même secteur, cette entreprise devrait examiner les facteurs internes tels que l’environnement de travail, l’équipe et le style de management.

En conclusion, M. Mzid a affirmé que les approches juridiques actuelles, telles que les conventions collectives, dont certaines remontent à 1973, bien qu’elles abordent et légitiment certaines problématiques liées au travail, sont insuffisantes et obsolètes, et doivent être actualisées pour refléter les exigences de nos vies modernes.

I. B.

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Al-Joumhouri dénonce «un climat de peur» en Tunisie

Le Parti républicain (Al-Joumhouri) a exprimé sa pleine solidarité avec le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui, selon lui, paie le prix de ses prises de position courageuses en faveur de la défense des droits économiques et sociaux.

Ce parti dont le chef, Issam Chebbi, est incarcéré depuis février 2023, condamné dans l’affaire dite de «complot contre l’Etat», avec des dizaines d’autres activistes de l’opposition, a également condamné, dans un communiqué sur sa page Facebook, la décision de suspendre la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) pour un mois, une mesure qu’il considère comme un dangereux précédent visant une organisation historique, véritable rempart des droits et libertés en Tunisie.

Al-Joumhouri, dont le co-fondateur, Ahmed Néjib Chebbi, est lui aussi incarcéré et condamné dans la même affaire, a affirmé que la situation actuelle n’est pas une simple application sélective de la loi, mais bien «un élément d’un projet politique visant à démanteler la société civile et à instaurer un climat de peur et de silence pour masquer les défaillances politiques, économiques et sociales qui accablent le pays», selon le termes du communiqué.

Le Parti républicain a réaffirmé son engagement envers un État civil démocratique, appelant à la libération du journaliste Zied El-Hani, mis en garde à vue il y a deux jours, à l’annulation immédiate de la décision de geler les activités de la Ligue, à la fin du «ciblage» du FTDES et d’autres organisations indépendantes, à l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires, administratives et financières contre les associations et les médias indépendants, et au respect des obligations internationales de la Tunisie en matière de droits et libertés.

 I. B.

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OIM | Bureau à Tunis axé sur le retour volontaire des migrants

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies a organisé, le 23 avril 2026, une journée portes ouvertes d’information à son siège de Tunis, pour faciliter l’accès des migrants aux services disponibles, à l’assistance médicale et aux documents de voyage, ainsi que le programme d’assistance au retour volontaire et à la réintégration (AVRR).

Lors de cette journée, les participants ont pu rencontrer les équipes de l’organisation, s’informer sur les programmes de soutien en cours et bénéficier d’entretiens individuels.

L’OIM a également fourni une assistance ciblée aux personnes ayant des besoins spécifiques, notamment par le biais de consultations médicales et d’un soutien à l’obtention de documents de voyage.

Au cœur de cette initiative se trouve le programme AVRR, qui permet aux migrants intéressés de retourner dans leur pays d’origine dans des conditions définies par l’organisation comme étant sûres, dignes et éclairées.

Le programme comprend une évaluation des besoins individuels, un soutien administratif, l’organisation des voyages et un accompagnement à la réintégration, visant à favoriser une réinsertion durable dans leurs communautés d’origine.

Les personnes intéressées ont également pu s’inscrire directement au programme lors de la journée portes ouvertes.

Selon les données publiées par l’OIM et relayées par la presse, en 2025, l’organisation a facilité le retour volontaire de 8 853 migrants vers leur pays d’origine, tandis que 1 760 bénéficiaires ont reçu un plan de réintégration personnalisé.

Depuis début 2026, plusieurs vols de retour volontaire ont été organisés. L’OIM présente le retour volontaire accompagné comme un outil de protection pour les personnes bloquées ou vulnérables, mais il reste un sujet de débat parmi les organisations humanitaires et les acteurs de la société civile, qui s’interrogent souvent sur les conditions matérielles dans lesquelles la décision de retour est prise.

 I. B.

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Formation et recrutement de 60 restaurateurs tunisiens en Italie

Le «Projet Tunisie», porté par Fipe-Confcommercio et Aigrim-Fipe, est officiellement lancé. Il vise à former et recruter 60 travailleurs du secteur de la restauration en Italie.

Selon un communiqué de presse de Fipe, le tournant a été une réunion institutionnelle à huis clos, organisée à Tunis le 20 avril 2026, afin de définir les modalités opérationnelles et de formation. La réunion a rassemblé la délégation italienne, le ministre tunisien de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et des représentants d’Elis, partenaire du projet.

Lors de cette réunion, les engagements mutuels pour le lancement de l’initiative ont été renouvelés et les modalités du programme de formation ont été définies.

Ce projet pilote permettra à 60 travailleurs, possédant différents niveaux d’expérience dans le secteur, de venir en Italie pour suivre une formation de 200 heures. La formation débutera fin mai par une partie linguistique, suivie d’une formation spécialisée début juin. L’arrivée des travailleurs en Italie est prévue en juin.

Cette initiative, fruit d’un investissement important des deux associations et des entreprises directement impliquées, constitue un modèle de coopération vertueux et reproductible, susceptible d’étendre l’attractivité du secteur aux pays hors Union européenne (UE).

Partenariats public-privé pour l’emploi

La rencontre avec le ministre Chaoued a eu lieu lors de la visite de la délégation italienne à Tunis pour le «Forum tunisien-européen : Formation, emploi et mobilité dans le secteur de l’hôtellerie-restauration» (20-22 avril), un événement parrainé par l’OIT et la Commission européenne.

La délégation, composée d’Aldo Cursano, vice-président adjoint de Fipe-Confcommercio, de Riccardo Orlandi, vice-président adjoint de Fipe-Confcommercio et président d’Aigrim-Fipe, et d’Andrea Chiriatti, directeur régional de Fipe-Confcommercio, a participé au forum avec un stand dédié et des présentations lors des panels officiels, notamment une présentation d’Aldo Cursano sur les partenariats public-privé pour soutenir l’emploi dans le secteur du tourisme.

«Ce projet démontre qu’il est possible de s’attaquer sérieusement et systématiquement au problème de la pénurie de personnel dans le secteur de la restauration en développant des processus réglementés, transparents et de haute qualité. La collaboration avec les institutions tunisiennes et des partenaires qualifiés nous permet d’investir dans les compétences avant même l’arrivée en Italie, garantissant ainsi des avantages tant pour les entreprises que pour les travailleurs. Si nous parvenons à consolider et à reproduire ce modèle, nous serons en mesure de nous doter d’un outil de coopération internationale stable, capable de soutenir la compétitivité de notre secteur», a commenté Aldo Cursano.

«Ce projet représente une réponse concrète et structurée à l’un des plus grands défis auxquels est confrontée notre industrie de la restauration», a déclaré Riccardo Orlandi, président d’Aigrim-Fipe. Et d’ajouter : «Il ne s’agit pas seulement de pallier la pénurie de personnel, mais aussi de construire des parcours professionnels durables et de qualité, en investissant dans la formation avant même l’arrivée des travailleurs en Italie. C’est un modèle qui met en relation l’offre et la demande de manière transparente et efficace, garantissant la protection des travailleurs et des compétences spécifiques aux entreprises.»

I. B. (avec Ansamed.)

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Banques tunisiennes | Mirage du tout-virtuel ou abandon de souveraineté ?

Alors que le Plan de développement 2026-2030 érige la transformation digitale en pilier du redressement national, une mutation silencieuse s’opère dans les architectures de nos banques : le passage au logiciel par abonnement, hébergé à distance. Si l’agilité promise par cette informatique «prête à l’emploi» est une arme de séduction massive, elle cache un impensé stratégique : la dépossession progressive de notre patrimoine informationnel financier.

Abdelwaheb Ben Moussa *

L’informatique en tant que service est souvent présentée comme l’antidote unique à l’inertie technologique. En externalisant les cœurs de métier ou l’intelligence artificielle du back-office vers des plateformes globales, la banque semble s’affranchir des lourdeurs matérielles.

Certes, l’argument de la réduction des coûts immédiats (OpEx) est séduisant face aux investissements massifs (CapEx) qu’exigerait une mise à niveau locale. Mais cette efficacité apparente ne doit pas devenir une perfusion étrangère permanente.

Pour l’auditeur, le risque n’est pas seulement financier, il est structurel. Adopter ces solutions, ce n’est pas simplement louer un outil ; c’est accepter une dépendance dont les frais de sortie et la facturation en devises pourraient, à terme, peser plus lourd que l’effort de souveraineté initiale.

Sécurité informatique vs sûreté nationale

On objectera souvent que les géants mondiaux du secteur offrent une protection cybernétique supérieure à nos infrastructures locales. C’est un fait technique, mais c’est un leurre stratégique. Il ne faut pas confondre la sécurité du contenant — la résistance aux attaques — et la sûreté du contenu — la propriété juridique des accès.

Un coffre-fort impénétrable reste une vulnérabilité si les clés sont détenues par une autorité soumise à des lois extraterritoriales.

Comment le régulateur tunisien peut-il garantir l’étanchéité absolue du secret bancaire si nos données critiques reposent sur des infrastructures dont nous n’avons pas la maîtrise ultime ? La modernité ne peut se bâtir sur l’aliénation de nos données les plus sensibles.

Pour une troisième voie tunisienne

L’alternative n’est pas le repli sur un archaïsme sécuritaire, mais l’émergence d’une souveraineté partagée. Le parlement et les autorités de régulation doivent aujourd’hui dépasser le stade de la simple surveillance pour devenir des architectes du marché.

Le salut réside dans un modèle hybride : exploiter la puissance du virtuel pour l’innovation de façade, tout en imposant la localisation des données vitales sur un sol national ou régional. Encourager l’émergence d’une offre technologique «Made in Tunisia» est le seul moyen de concilier la rapidité d’exécution réclamée par le marché et l’exigence de sécurité réclamée par l’État.

Un choix de civilisation économique

La digitalisation ne doit pas être le faux-nez d’une nouvelle forme de colonisation numérique. Si la technologie est un levier d’inclusion financière, elle doit servir l’économie tunisienne sans lui ôter son autonomie de décision. En 2026, la maturité de notre secteur bancaire se mesurera à sa capacité à innover sans se livrer « clés en main » aux puissances technologiques extérieures.

L’agilité est une vertu, mais elle devient un vice dès lors qu’elle nous prive de notre liberté d’agir.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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Tunisie | Des agri-entrepreneurs pour un investissement responsable

La mise en œuvre du programme Agri-accélérateur 360° en Tunisie franchit une étape opérationnelle avec le renforcement des capacités des comités chargés de la sélection des bénéficiaires. Cette phase vise à garantir un processus d’évaluation structuré, transparent et aligné avec les standards internationaux en matière d’investissement responsable.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), a organisé, du 20 au 24 avril 2026, à Tunis, une session de formation au profit des membres des six comités régionaux de sélection du programme Agri-accélérateur 360°.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet conjoint avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), soutenu par le Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la jeunesse et l’emploi en Tunisie. Elle vise à assurer une évaluation rigoureuse et équitable des candidatures des jeunes agri-entrepreneurs.

Le programme est déployé dans six gouvernorats (Siliana, Bizerte, Médenine, Nabeul, Sfax et Zaghouan) et cible quatre filières agricoles à fort potentiel par région.

L’appel à candidatures, lancé du 2 février au 31 mars, a permis de mobiliser un nombre important de jeunes entrepreneurs agricoles. Les dossiers sont actuellement en cours de vérification au regard des critères d’éligibilité.

Dans une première phase, 360 candidats doivent être présélectionnés (60 par gouvernorat) pour bénéficier d’un accompagnement d’orientation structuré, composé de sept sessions. À l’issue de cette étape, une évaluation complémentaire permettra d’identifier 240 jeunes (40 par gouvernorat) qui accéderont à un dispositif d’accompagnement renforcé, incluant un appui entrepreneurial, technique et en équipements.

Dans ce contexte, la formation organisée par la FAO visait à doter les membres des comités de sélection des compétences nécessaires pour conduire une évaluation rigoureuse, harmonisée et fondée sur des critères objectifs.

Les travaux ont porté notamment sur l’utilisation des outils d’évaluation, dont la grille de notation, ainsi que sur l’intégration des Principes du Comité de la sécurité alimentaire mondiale pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires (Principes CSA-IRA).

Cet atelier a constitué une étape clé pour assurer que les profils retenus correspondent aux objectifs du programme et contribuent au développement d’entreprises agricoles viables, génératrices d’emplois et respectueuses de l’environnement.

La formation a contribué à garantir la transparence et la qualité du processus de sélection, en veillant à ce que les candidatures soient évaluées selon des critères harmonisés et alignés avec les principes de l’investissement responsable.

Ce dispositif de sélection permet d’identifier des projets portés par des jeunes entrepreneurs engagés dans le développement de leurs activités, en cohérence avec les priorités du secteur agricole.

À l’issue de cette phase, les comités de sélection engageront l’évaluation des candidatures présélectionnées. Les résultats permettront d’identifier les bénéficiaires de l’accompagnement renforcé, dont le déploiement est prévu dans les prochains mois, conformément aux modalités du programme Agri-accélérateur 360°.

Communiqué.

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Créer un assistant IA 100% souverain avec une architecture RAG

Pour une souveraineté totale, et afin qu’aucune donnée ne quitte votre infrastructure, imaginez, en une phrase, un assistant IA intelligent, qui ne dépend ni d’OpenAI, ni du cloud américain, et qui respecte totalement la confidentialité de vos données. C’est ce que permet une architecture RAG sur un cluster de calcul local (chez vous ou dans votre entreprise).

Heni Bouhamed *

Les briques techniques expliquées simplement

Comment ça marche (étape par étape) :

Ingestion : Vous chargez vos documents (PDF, bases de données, logs) dans le cluster.

Indexation : Solr les organise pour qu’ils soient cherchables rapidement (texte + sens).

Question utilisateur : Vous posez une question à l’assistant.

Recherche : Le système va chercher les passages pertinents dans Solr.

Génération : Le LLM local rédige une réponse précise en s’appuyant uniquement sur ces passages.

Résultat : une réponse juste, traçable, et sans risque de fuite de données.

Des exemples concrets prouvant que c’est important :

Santé : les dossiers patients ne quittent jamais l’hôpital.

Banque / Finance : les données sensibles restent dans le data center de l’entreprise.

Administration publique : souveraineté nationale garantie.

Start-up / PME : pas de dépendance aux géants du cloud, coût maîtrisé.

Cette architecture permet de :

– traiter descentaines de téraoctets de données brutes ;

– répondre à des millions de requêtes (ex: Black Friday) ;

– résister à des pannes machines (redondance) ;

– fonctionner sans connexion Internet possible.

En résumé,vous installez un “mini Google + ChatGPT” chez vous, totalement privé, capable de comprendre vos propres documents et d’y répondre intelligemment – sans jamais envoyer vos données ailleurs.

Cela s’adresse aux ingénieurs data, DSI d’entreprises sensibles ; toute organisation publique ou privée qui veut reprendre le contrôle de ses données.

* Senior Lecturer at Sfax University, Tunisia.

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Ibn Rochd et Al-Ghazali dans la Tunisie contemporaine

À l’occasion de la commémoration mondiale du 9ème centenaire de la naissance d’Ibn Rochd (Averroès), la projection-débat  du film ‘‘Le Destin’’, de Youssef Chahine à l’École de cinéma de Gammarth, et le colloque consacré au philosophe à la Foire internationale du livre de Tunis ce  dimanche 26 avril 2026 constituent les moments phare de cette commémoration.

Abdelhamid Larguèche *

L’exil d’Averroès porté à l’écran depuis près de 30 ans par Chahine marque la fin d’un monde, mais aussi le début d’un autre. En quittant Cordoue, la pensée perd son ancrage immédiat mais gagne en extension. Chahine rejoint ici une vérité historique : marginalisé dans le monde musulman, Ibn Rochd devient une référence majeure dans l’Europe médiévale, influençant notamment Thomas d’Aquin.

Le film propose ainsi une réflexion profonde sur la temporalité des idées. La défaite est immédiate, la victoire différée. La raison ne triomphe pas dans l’instant, mais elle survit dans la durée.

‘‘Le Destin’’ n’est pas un simple film historique ni un biopic philosophique. C’est un manifeste cinématographique en faveur de la liberté intellectuelle. En articulant critique du pouvoir, analyse de l’extrémisme et célébration de la transmission, Chahine propose une œuvre d’une actualité persistante.

Sa thèse, d’une simplicité redoutable, traverse le film : toute société est confrontée, tôt ou tard, à un choix décisif :  protéger ses penseurs ou les livrer au feu.

Le reste, comme le suggère la dernière image du film, n’est qu’une question de temps : les idées, elles, ont des ailes.

Ce film nous a inspiré cette réflexion consacrée au débat éternel et insoluble entre Averroès et Al-Ghazali, débat qui continue à hanter nos esprits au présent.

Une tension qui ne passe pas 

Il est des conflits que l’histoire ne résout pas. Celui qui oppose la raison philosophique à la transcendance religieuse est de ceux-là. Depuis des siècles, on tente de le dépasser : en conciliant, en hiérarchisant, en subordonnant. Mais rien n’y fait. La tension demeure.

C’est dans la confrontation entre Averroès et Al-Ghazali que cette tension apparaît dans sa forme la plus nette. Non comme un simple désaccord, mais comme une véritable «aporie» : une contradiction que la pensée ne parvient pas à dépasser sans se contredire elle-même.

Toute la difficulté tient dans une prétention : celle de la raison à être universelle et autonome. La raison démonstrative — héritée d’Aristote — veut établir des vérités valables pour tous, indépendamment des croyances.

Mais cette prétention est fragile. Car la raison ne pense jamais hors sol. Elle dépend des sens, du langage, de l’histoire et des contextes culturels.

Elle veut être fondement, mais elle est elle-même située. Elle veut être juge, mais elle est aussi partie prenante.

C’est cette contradiction qu’Al-Ghazali met en lumière avec une radicalité troublante.

Al-Ghazali : la limite de la causalité

Prenons un exemple concret : la causalité. Pour la philosophie aristotélicienne, reprise par Averroès, le monde est structuré par des causes nécessaires. Le feu brûle le coton, non par hasard, mais parce qu’il existe un lien réel entre les deux.

Al-Ghazali conteste cette évidence. Pour lui, ce que nous appelons «cause» n’est qu’une «habitude de perception». Nous voyons le feu brûler le coton, mais rien ne prouve que le feu est la cause du brûlement. Dieu pourrait très bien produire l’effet sans la cause.

Autrement dit : il n’y a pas de nécessité dans le monde, seulement une régularité voulue par Dieu.

Cette critique est redoutable. Elle introduit un doute radical : si la causalité n’est pas nécessaire, alors toute science devient fragile.

La réponse d’Averroès : sauver l’intelligibilité du monde

Averroès ne peut accepter cette conclusion. Car sans causalité, il n’y a plus de science, plus de connaissance possible.

Sa réponse est nette : nier les causes, c’est nier la rationalité du monde. Et nier la rationalité du monde, c’est rendre impossible toute pensée.

Pour lui, Dieu n’est pas un arbitre capricieux qui suspend les lois à chaque instant. Il est au contraire le garant de l’ordre du monde. Les causes sont réelles, et leur régularité est ce qui rend la connaissance possible.

Derrière ce désaccord, il y a deux visions incompatibles :

– un monde dépendant à chaque instant de la volonté divine (Al-Ghazali) ;

– un monde intelligible par lui-même, structuré par des lois (Averroès).

L’éternité du monde : un second point de rupture

Un autre exemple éclaire cette opposition : la question de l’éternité du monde.

Dans la tradition religieuse, le monde a un commencement : il est créé par Dieu à un moment donné.

Mais pour Aristote, suivi par Averroès, le monde est éternel. Il n’a pas de début dans le temps. Il existe nécessairement.

Al-Ghazali y voit une hérésie majeure. Car si le monde est éternel, alors Dieu n’est plus créateur au sens fort.

Averroès répond en distinguant deux registres :

– la vérité philosophique, qui démontre l’éternité du monde,

– la vérité religieuse, qui parle de création dans un langage accessible.

Mais cette solution crée une tension supplémentaire : peut-on accepter deux vérités sans les faire entrer en conflit ?

Une solution élitiste et fragile

Pour sortir de l’impasse, Averroès propose une hiérarchie des publics :

– les philosophes accèdent à la vérité démonstrative ;

– la majorité reçoit des images adaptées à sa compréhension.

La religion devient alors une pédagogie du vrai.

Mais cette solution est fragile. Elle suppose une séparation durable entre savoir et croyance, entre élite et masse. Elle pose aussi une question politique : qui décide de ce que chacun doit croire ?

Une tension toujours actuelle : le cas tunisien

Ce débat n’appartient pas au passé. Il traverse encore nos, et notamment la Tunisie contemporaine.

Depuis la révolution de 2011, une question revient avec insistance : «Quelle place pour la religion dans l’espace public ?». Faut-il un espace public neutre, fondé sur la raison et le droit ? ou un espace traversé par les références religieuses, comme expression d’une identité collective ?

Derrière ces positions, on retrouve, sous d’autres formes, le conflit entre Averroès et Al-Ghazali : ceux qui défendent l’autonomie du politique et du rationnel, et ceux qui affirment la primauté du référent religieux.

La question de la causalité devient aujourd’hui celle de la science et de son autorité.

La question de l’éternité du monde devient celle du rapport entre savoir scientifique et vérité religieuse.

La question de la hiérarchie des publics devient celle de l’éducation, de la liberté de conscience et du rôle de l’État.

Raison et foi : une aporie vivante

Il est tentant de vouloir trancher. De choisir un camp. D’imposer une synthèse. Mais peut-être faut-il reconnaître que cette tension est irréductible.

La raison est notre seul outil pour penser le monde. Mais elle est limitée, située, exposée au doute.

La foi répond à des attentes que la raison ne peut ni dissoudre ni remplacer.

Vouloir éliminer l’une au profit de l’autre, c’est mutiler notre expérience du réel.

Averroès et Al-Ghazali ne nous offrent pas une solution. Ils nous obligent à penser dans l’inconfort. Et dans une société comme la nôtre, cet inconfort n’est pas un échec. C’est peut-être la condition même de la liberté.

* Historien et écrivain.

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Vols et braquages | Deux récidivistes arrêtés à Gafsa

Les unités de sécurité de la région de Gafsa ont intensifié leurs efforts de lutte contre la criminalité, menant à l’arrestation de plusieurs individus impliqués dans diverses affaires de droit commun.

Les agents de la brigade de la police judiciaire de Métlaoui ont réussi, ce vendredi 24 avril 2026, à interpeller deux individus activement recherchés.

Selon une source sécuritaire citée par le correspondant d’IFM, ces deux suspects sont des récidivistes, spécialisés dans les vols qualifiés et de braquages violentes.

Après consultation du ministère public de Gafsa, les deux individus ont été placés en détention, sachant que quatre autres suspects ont été interpellés par la même brigade lors d’une série de contrôle et ont été placés en garde à vue.

Y. N.

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