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Sofiane Bouhdiba | Vers une sociologie des crashs aériens

Le sociologue Sofiane Bouhdiba, professeur de Démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, auteur de nombreuses études sur la population et la mortalité, vient de publier un ouvrage sur un sujet assez original et inattendu ‘‘La mort vient du ciel. La mortalité des accidents aériens’’.

Aujourd’hui, l’avion est considéré comme l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde, grâce aux avancées technologiques, aux protocoles de sécurité très stricts et aux réglementations rigoureuses imposées par les autorités aéronautiques de l’ensemble des pays, sous l’égide d’organisations internationales telles que l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).

Statistiquement, un voyageur devrait attendre 6 500 années pour finir par être victime d’un accident d’avion commercial. Pourtant, les crashs aériens frappent l’opinion publique, non pas tant par leur fréquence, qui est négligeable, mais par le fait que les pertes humaines sont massives et sont à chaque fois surmédiatisées, éclipsant des évènements bien plus tragiques, tels que des famines, des guerres, des épidémies…

C’est à la suite d’un grave incident aérien, au cours duquel son vol pour l’Afrique du Sud a évité un crash de justesse, que l’auteur a décidé de rédiger ce livre. Il nous rappelle que paradoxalement, la mort de quelques dizaines de passagers émeut davantage que le génocide de dizaines de milliers d’innocents. C’est peut-être aussi parce que nous avons tous pris l’avion au moins une fois dans notre vie, et nous avons donc bien plus de facilité à nous identifier avec la victime d’un crash, qu’avec un paysan mort de faim à l’autre bout de la terre.

Par ailleurs, chaque catastrophe aérienne soulève irrémédiablement des questions, sur la fiabilité des appareils d’abord. L’auteur démontre dans son ouvrage qu’il est toujours dangereux de monter trop haut, la tour de Babel nous le rappelle constamment. Le crash d’un avion est finalement le prix payé pour avoir défié la pesanteur, ce qui nous ramène à la tragédie d’Icare. Chaque passager, chaque hôtesse de l’air, chaque pilote, ne sont finalement que des Icare, des Dédale potentiels.

Les compétences des équipages, la maintenance technique, la qualité de l’infrastructure aéroportuaire, soulèvent également des questions souvent sans réponses, et qui débouchent systématiquement sur la recherche d’un coupable : le pilote, la compagnie aérienne, la tour de contrôle, le flamant rose qui a eu la malchance de survoler le tarmac au mauvais moment.

De fait, les causes des crashs aériens sont nombreuses : facteurs humains, techniques, environnementaux, organisationnels, parfois géopolitiques. Pour y faire face, les réponses sont de plus en plus complexes, faisant massivement appel aux nouvelles technologies, et tentent de s’adapter à un environnement de plus en plus imprévisible.

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Non à la normalisation de la culture du viol et du racisme en Tunisie !

Un groupe d’associations de défenseur.se.s des droits de l’homme et d’activistes de la société civile ont diffusé, le 13 avril 2026, à Tunis, la déclaration suivante où ils/elles dénoncent ce qu’ils considèrent comme une «normalisation de la culture du viol et du racisme» en Tunisie.

Suite aux déclarations choquantes faites aujourd’hui par un membre de la Chambre des représentants, qui justifiaient le crime de viol et les propos racistes et insultants, les féministes, à titre individuel et associatif, expriment leur ferme condamnation de cette rhétorique dangereuse, qui représente un déclin inacceptable de l’utilisation de l’espace public et institutionnel et révèle le danger de normaliser les discours de haine au sein des institutions.

Les propos tenus au Parlement ne sauraient être considérés comme une simple opinion ; il s’agit d’un acte répréhensible au regard de la loi n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi que de la loi relative à la lutte contre la discrimination raciale, car il incite à la violence contre les femmes et les groupes vulnérables à la discrimination.

De plus, ce discours constitue un discours de haine fondé sur le genre et la race, et il perpétue des systèmes d’exclusion et de domination.
Il constitue une dangereuse instrumentalisation de la tribune parlementaire pour justifier ou minimiser le crime de viol, perpétuer les violences faites aux femmes et reproduire des approches discriminatoires qui réduisent les femmes à leur corps.

Il diffuse également une rhétorique raciste ciblant les migrants subsahariens et légitimant les violences à leur encontre.

Ce type de discours ne saurait en aucun cas être considéré comme relevant de la liberté d’expression, ni comme une simple déviation individuelle. Il s’inscrit plutôt dans un contexte plus large de discours de haine et d’insultes récurrents envers les femmes, alimentés par la complicité des institutions étatiques.

Il constitue une violation directe des droits fondamentaux des femmes, une menace pour les fondements de l’État de droit et une contribution à l’instauration d’une culture d’impunité et à la normalisation de la violence.
Par conséquent, nous affirmons que le viol est un crime grave, injustifiable et intolérable, et que laisser de tels propos impunis ouvre la porte à la violation du corps de toutes les femmes et instrumentalise le viol à des fins de manipulation politique et sociale.

Nous exigeons également une enquête sérieuse et transparente sur ces déclarations, ainsi que la mise en place de mécanismes de responsabilisation afin de mettre un terme définitif à ces abus et d’empêcher l’instrumentalisation des institutions officielles pour diffuser des discours de haine, le racisme et les violences faites aux femmes, en particulier aux femmes migrantes.

Nous refusons que le racisme et la culture du viol deviennent des sujets de débat. Nous les considérons comme un déclin moral qu’il nous faut combattre collectivement, car ils sont les deux faces d’une même pièce : l’ignorance et la barbarie.

Enfin, nous affirmons que la dignité des femmes migrantes est la dignité des femmes tunisiennes, et nous ne resterons pas silencieuses face aux discours qui justifient la violence et alimentent la haine. Nous poursuivrons le combat pour la dignité, la justice et l’égalité.

Le texte original en arabe et les signataires.

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L’histoire cachée de nos ancêtres multiples

Il y a trois cents millénaires, la Terre n’était pas le domaine exclusif d’une seule espèce humaine. Homo sapiens cohabitait avec des cousins évolutifs dont la ressemblance avec nous aurait sans doute troublé quiconque les aurait croisés : les Néandertaliens en Europe et au Proche-Orient, les Dénisoviens en Asie centrale, et peut-être d’autres formes encore mal connues. Aujourd’hui, nous sommes seuls. Mais cette solitude est-elle le résultat d’une élimination brutale, d’une extinction progressive, ou bien sommes-nous, au contraire, le produit d’un long brassage entre ces différentes humanités ? La réponse, que la génétique moderne a profondément renouvelée, est bien plus troublante — et plus belle — que ce que l’on imaginait. L’odyssée de l’espèce humaine est faite de disparitions, survivances et métissages à travers le temps.

Zouhaïr Ben Amor *

Pendant des décennies, le modèle dominant pour expliquer notre origine fut celui de la «sortie d’Afrique» pure et simple. Homo sapiens serait apparu sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, avant d’essaimer progressivement vers le reste du monde. À son passage, il aurait supplanté toutes les autres espèces humaines — Néandertaliens, Homo erectus, et autres — sans jamais se mélanger à elles. Ces dernières auraient alors disparu, victimes de la concurrence pour les ressources, des épidémies ou des changements climatiques. Ce récit, élégant dans sa simplicité, a longtemps fait autorité.

Un arbre généalogique touffu

Mais la paléontologie a toujours contenu des voix discordantes. Les fossiles eux-mêmes semblaient parfois hésiter entre les catégories : certains spécimens d’Europe de l’Est présentaient des traits à la fois sapiens et néandertaliens, que les chercheurs attribuaient tantôt à une variabilité naturelle, tantôt à un hypothétique métissage. Le débat restait ouvert, faute de preuves décisives. Wolpoff et ses collègues défendaient dès les années 1980 un modèle multirégional selon lequel Homo sapiens serait le résultat d’une évolution parallèle et interconnectée de plusieurs populations à travers le globe (Wolpoff et al., 1988). Cette thèse, minoritaire, allait pourtant trouver une confirmation partielle — et inattendue — grâce à une discipline que personne n’anticipait : la génétique des populations anciennes.

La révolution silencieuse de l’ADN ancien

En 2010, une équipe dirigée par Svante Pääbo publia dans la revue Science le séquençage du génome néandertalien — une prouesse technique rendue possible par l’analyse de fragments d’ADN extraits de fossiles vieux de plusieurs dizaines de millénaires. Le résultat fut stupéfiant : les humains non-africains portent entre 1 % et 4 % d’ADN néandertalien dans leur génome (Green et al., 2010). Ce n’était pas une anomalie statistique ni un artefact de laboratoire, mais bien la signature moléculaire d’unions fertiles entre Homo sapiens et Néandertaliens, survenues il y a environ 50 000 à 60 000 ans, probablement au Proche-Orient, lors des premières grandes migrations hors d’Afrique.

Deux ans plus tard, l’analyse d’une phalange découverte dans la grotte de Denisova, en Sibérie, révéla l’existence d’une espèce jusqu’alors totalement inconnue : les Dénisoviens. Génétiquement distincts des Néandertaliens et d’Homo sapiens, ils ont néanmoins laissé leur empreinte dans le génome des populations actuelles d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, chez qui leur contribution peut atteindre 5 % (Reich et al., 2010). Les Aborigènes australiens et les Mélanésiens sont aujourd’hui les héritiers les plus documentés de ces croisements. Ces découvertes consacrèrent Svante Pääbo, qui reçut le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2022 pour l’ensemble de ses travaux fondateurs sur la paléogénomique.

Ces métissages ne relevaient pas du simple accident biologique. Certains des gènes hérités des Néandertaliens se sont maintenus dans nos génomes parce qu’ils conféraient des avantages adaptatifs réels : une meilleure résistance à certains pathogènes, une adaptation au froid ou aux UV dans des environnements nouveaux. L’évolution a donc conservé ces apports comme autant d’outils utiles, sélectionnés parce qu’ils aidaient Homo sapiens à survivre dans des territoires jadis habités par d’autres humanités.

Une extinction en demi-teinte : ni brusque ni totale

La disparition des autres espèces humaines ne ressemble ni à un génocide ni à une catastrophe naturelle soudaine. Elle s’est jouée sur des millénaires, à travers un enchevêtrement de processus dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer le résultat final. Les Néandertaliens, qui avaient dominé l’Europe pendant plus de 200 000 ans, s’éteignirent il y a environ 40 000 ans — soit plusieurs millénaires après l’arrivée des premières vagues d’Homo sapiens sur le continent. Cette cohabitation prolongée laisse penser à une compétition progressive pour les mêmes ressources alimentaires et les mêmes territoires, plutôt qu’à une confrontation violente et délibérée.

Des refuges néandertaliens semblent avoir subsisté dans des zones marginales — Gibraltar, le sud de la péninsule ibérique — bien après la disparition de l’espèce dans le reste de l’Europe, comme si les dernières populations se repliaient vers des enclaves de survie avant de s’éteindre définitivement. Homo erectus, de son côté, aurait persisté en Asie du Sud-Est jusqu’à environ 100 000 ans avant le présent, après près de deux millions d’années d’existence — une durée qui éclipse de loin notre propre histoire. Sa disparition, là encore progressive, témoigne d’un monde humain long à changer, plutôt que prompt à basculer.

En définitive, Homo sapiensn’est ni le simple vainqueur d’une guerre des espèces, ni la synthèse harmonieuse de toutes les humanités passées. Il est le produit d’une longue lignée africaine, dotée d’une plasticité culturelle et cognitive exceptionnelle, qui a absorbé en chemin de petites mais précieuses contributions génétiques d’autres humanités aujourd’hui disparues.

Comme le souligne Stringer dans ses travaux sur la diversité des hominines africains, notre espèce elle-même est née d’un brassage interne entre plusieurs populations africaines génétiquement divergentes (Stringer, 2016). L’unité que nous projetons sur le passé ne reflète pas la réalité d’un monde humain qui fut, pendant des centaines de millénaires, peuplé d’une remarquable pluralité d’êtres.

Cette histoire nous invite à repenser notre rapport à la diversité. Car si nous sommes aujourd’hui seuls représentants du genre Homo, nous portons en nous — littéralement, dans chacune de nos cellules — les traces fantômes d’autres façons d’être humain. Nous ne sommes pas la fin d’une histoire, mais son héritier le plus récent.

* Universitaire

Bibliographie

Green, R. E., et al. (2010). A draft sequence of the Neandertal genome. Science, 328(5979), 710–722.

Reich, D., et al. (2010). Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia. Nature, 468(7327), 1053–1060.

Stringer, C. (2016). The origin and evolution of Homo sapiens. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 371(1698), 20150237.

Wolpoff, M. H., Wu, X. Z., & Thorne, A. G. (1988). Modern Homo sapiens origins: A general theory of hominid evolution involving the fossil evidence from East Asia. In The Origins of Modern Humans (pp. 411–483). Alan R. Liss.

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‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ | Hommage américain au cinéma français

Le réalisateur Richard Linklater a décroché le prix de la mise en scène lors de la 51e cérémonie des César pour son film ‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ (2025), une première pour un réalisateur américain, et son œuvre a dominé la soirée en cumulant les récompenses.

Mohamed Sadok Lejri

En tant que passionné de la Nouvelle Vague, j’ai vécu un grand moment de cinéma devant l’œuvre de Richard Linklater. Ce film est une pure merveille pour les amoureux de ce mouvement cinématographique.

J’avoue avoir commencé ce long-métrage avec une certaine méfiance, redoutant d’être déçu comme je l’avais été par le navet d’Hazanavicius (‘‘𝐿𝑒 𝑅𝑒𝑑𝑜𝑢𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒’’), mais le résultat est à l’opposé : c’est un vibrant hommage qui m’a procuré un plaisir immense.

Trouble sur le plateau

Le film retrace l’avènement de la Nouvelle Vague en s’appuyant sur l’histoire de la genèse d’‘‘A bout de souffle’’. Dans le Paris de la fin des années 1950, une génération de brillants critiques officiant aux Cahiers du Cinéma aspire à passer derrière la caméra. L’éclatant triomphe des ‘‘𝑄𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 𝐶𝑒𝑛𝑡𝑠 𝐶𝑜𝑢𝑝𝑠’’ de François Truffaut au Festival de Cannes en 1959 agit comme un catalyseur. Jean-Luc Godard parvient alors à convaincre l’excentrique producteur Georges de Beauregard de financer son projet. Il s’entoure du jeune Jean-Paul Belmondo et de Jean Seberg, nouvelle égérie d’Otto Preminger, pour réaliser ‘‘A bout de souffle’’.

Toutefois, l’approche révolutionnaire et les méthodes iconoclastes de Jean-Luc Godard sèment le trouble sur le plateau, provoquant l’exaspération de son équipe et la fureur de son producteur.

Drôle sans forcer le trait

Le soin du casting est un régal pour les initiés. Le choix d’acteurs souvent méconnus, dont la ressemblance avec les figures marquantes de cette époque est frappante, renforce cette impression de voyage dans le temps. L’on y retrouve toute la liberté et l’audace caractéristiques de la Nouvelle Vague. Mention spéciale à Guillaume Malbeck qui incarne un Jean-Luc Godard bluffant de réalisme. En effet, son élocution, ses mimiques, sa gestuelle, la précision de ses aphorismes et de ses citations rendent le film d’autant plus délectable.

Le film parvient à être drôle sans forcer le trait, et nostalgique sans jamais sombrer dans le vague à l’âme.

En effet, l’œuvre de Linklater cultive une nostalgie sans tristesse et conjugue l’originalité personnelle avec les codes emblématiques du style godardien.

Ce long-métrage propose une création assez originale tout en respectant les marqueurs identitaires du cinéma de la Nouvelle Vague godardienne. Bref, c’est un voyage dans le temps qui parvient à retranscrire l’essence même de la Nouvelle Vague. C’est, sans conteste, la plus magnifique preuve d’amour cinématographique jamais dédiée à la Nouvelle Vague française.

Il est regrettable qu’un réalisateur américain né au Texas rappelle aux Français la splendeur de la Nouvelle Vague, quel dommage de constater que l’hommage le plus vibrant à la Nouvelle Vague vienne de Richard Linklater plutôt que d’un réalisateur français ! Malgré ce léger bémol, au-delà de ces quelques regrets, une seule chose compte : la beauté de cet œuvre qui est tout bonnement un cadeau inestimable pour tout passionné de la Nouvelle Vague.

Magnifique !

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Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini

‘‘Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonies et de génocides (1943/2025)’’ (Editions Nirvana, Tunis, 2026) est le titre que le Docteur Salah Bourjini, ancien ambassadeur des Nations Unies, a choisi pour l’ouvrage de mémoires où il évoque ses cinquante ans de carrière diplomatique dont environ trente ans aux Nations Unies. 

Raouf Chatty *

L’auteur ayant servi de 1981 à 2010 comme Représentant coordonnateur des Nations Unies dans un Irak en pleines guerres au Koweït post-libération, en Libye sous Kadhafi et en Algérie sous Ben Jedid, et comme directeur des Programmes pour le développement dans les pays arabes au siège du Pnud à New York, son ouvrage paraît dans  le contexte  géopolitique international très tendue, marqué par la guerre russe contre l’Ukraine, la guerre israélienne contre Gaza et la guerre américano-israélienne contre l’Iran avec leurs répercussions sur la paix et la sécurité dans le monde.  

Fort de l’expérience  qu’il avait acquis durant plusieurs années en étant aux premières loges de cette région chaude du Moyen-Orient et du Golfe, souvent instable, qui plus est à des périodes cruciales de son histoire, l’ambassadeur Bourjini nous mène dans un voyage géopolitique extrêmement mouvementé au cours duquel avait été quotidiennement sur le qui-vive et aux prises avec des situations difficiles, aussi bien dans ses contacts dans les hautes sphères aux Nations Unies à New-York qu’en accomplissant des missions dans ces pays, qui dépassaient souvent, et de loin, celles d’un ambassadeur en poste en période ordinaire.

Dans les arcanes de la politique moyen-orientale  

Sur une distance de quelques 500 pages, l’auteur en consacre environ les deux-tiers pour l’Irak, le Koweït et la Libye, décrivant avec force détails les situations dramatiques vécues dans ces pays par suite de guerres meurtrières, d’embargos économiques, de pénuries… en raison de la piètre gestion des affaires publiques par les différents gouvernements. 

A la lecture de cet ouvrage passionnant, le lecteur découvre les expériences, à la fois excitantes et frustrantes, vécues par l’auteur lors de ses immersions diplomatiques dans les méandres de la politique au Moyen-Orient, se fait une idée de ses multiples contacts avec les dirigeants de ces pays, les nombreuses contraintes auxquelles il avait fait face, parfois au risque de sa vie, en temps de guerre et sous les  bombardements, tout comme les efforts déployés par ses services pour aider ces  pays à se relever en dépit  des contextes extrêmement difficiles qu’ils ont traversés.

Le lecteur se fait également une idée de la manière dont les puissances occidentales, États-Unis en tête, traitent les gouvernements de ces pays, en bafouant souvent le droit international qu’elles appliquent à la tête du client. 

L’auteur, qui décrit de manière objective les difficultés endurées par ces pays en en identifiant les responsables, préfère souvent laisser le lecteur se faire sa propre idée sur les causes objectives des multiples drames vécues par ces pays, se gardant d’en imputer les responsabilités aux seules grandes puissances.

Il n’omet, toutefois, pas de souligner que pour ces grandes puissances, les pays du Moyen-Orient ne valent que par leurs ressources naturelles, invitant au passage ces pays à tirer un meilleur profit de leur position géopolitique pour faire entendre leurs voix dans le nouvel ordre international en cours de construction.

Du Kef à New York en passant par Tunis

Fort de son extraordinaire expérience internationale, appréciée et reconnue, l’ambassadeur Bourjini développe des réflexions pertinentes sur l’évolution de la situation politique en Tunisie au lendemain des changements survenus après le 14 janvier 2011, tenant la classe politique post-révolution, toutes tendances confondues et plus particulièrement les Islamistes, pour responsable des déboires et échecs de la Tunisie au cours des douze dernières années, notamment dans le domaine économique. 

Le diplomate consacre également plusieurs pages au drame palestinien, qualifiant de génocide les destructions massives et les souffrances inhumaines infligées par Israël aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, face à une communauté internationale sinon complice du moins passive et impuissante.    

Les analyses et appréciations de l’ambassadeur Bourjini sont à la fois pertinentes et équilibrées, frappées du sceau de l’honnêteté et de la sagesse. Elles font de son livre une référence pour celles et ceux, historiens, journalistes, diplomates, étudiants, qui veulent mieux connaître les arcanes de la politique étrangère des grandes puissances, le rôle des Nations Unies et les conditions d’avènement d’un nouvel ordre international dont personne ne pourra pour l’heure entrevoir clairement les contours.

Les mémoires de l’ambassadeur Bourjini consacrent également des chapitres à ses débuts dans sa ville natale le Kef à laquelle il est resté toujours attaché.

Né dans une Tunisie en lutte pour son indépendance dans une famille militant dans les rangs du Parti destourien, il s’était rapidement investi en politique en s’activant au sein de l’Uget. Muni d’une licence de mathématiques, il a pu rejoindre les États-Unis d’Amérique où il avait obtenu son doctorat en économie. Il a cependant préféré rejoindre la Tunisie où il avait été conseiller des ministres du Plan et de l’Economie du temps d’Ahmed Ben Salah et Chedly Ayari, puis directeur adjoint de la coopération multilatérale au ministère des Affaires étrangères entre 1975 et 1980, et professeur d’économie et planification à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis. A ce titre, il était en charge de la préparation, en coopération avec les départements ministériels concernés, des dossiers de la coopération multilatérale et avait représenté la Tunisie dans des dizaines de conférences internationales. 

Cet ouvrage relate la vie et l’œuvre d’un homme d’expérience, généreux dans l’effort et dévoué aux autres, qui a toujours servi la Tunisie et les Nations-Unies, avec discrétion et efficacité, comme tour diplomate qui se respecte, ce qui lui a valu les félicitations de nombreuses personnalités internationales, qui lui ont rendu hommage et, à travers lui, à son pays et à peuple. 

* Ancien ambassadeur.

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Impacts de la guerre d’Iran sur le secteur de l’énergie

La guerre israélo-américaine de six semaines contre la République islamique d’Iran a secoué la région la plus riche en énergie du monde. Les installations pétrolières et gazières ont été visées par les deux camps et la flambée des prix des carburants a provoqué un nouveau choc énergétique mondial.

Imed Bahri

Dans une enquête sur le sujet, le Financial Times indique qu’alors que la situation se stabilise tant bien que mal après une trêve très fragile de deux semaines, l’ampleur des dégâts se révèle avec des répercussions à long terme pour l’économie mondiale.

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a indiqué que sa capacité de production a subi des dommages importants. Le Qatar, grand producteur de gaz naturel liquéfié, a perdu environ un cinquième de sa capacité de production et il faudra des années pour revenir à la situation d’avant la guerre. 

Certaines des plus grandes raffineries de pétrole au monde –essentielles à la transformation du pétrole brut lourd en carburants qui alimentent l’économie mondiale– ont également été touchées à plusieurs reprises, avec une capacité hors service pouvant atteindre 2,4 millions de barils par jour.

«Même si un cessez-le-feu permanent était conclu demain et que le détroit rouvrait, les marchés ne retrouveraient pas leur fonctionnement normal avant au moins six mois et dans certains cas, cela pourrait prendre beaucoup plus de temps», a déclaré Jorge León, responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad Energy.

Arabie saoudite

L’Arabie saoudite a confirmé qu’une série d’attaques avait réduit sa capacité de production d’environ 600 000 barils par jour et diminué le débit de l’oléoduc Est-Ouest d’environ 700 000 barils par jour.

Cet oléoduc, reliant Abqaiq à Yanbu sur la mer Rouge, est une voie d’exportation de pétrole essentielle en temps de guerre. Il a été touché dès le lendemain du cessez-le-feu, endommageant une station de pompage.

Des frappes sur les champs pétroliers offshore de Manifa et Khurais, au nord de Riyad, ont également réduit la production d’environ 300 000 barils par jour sur chaque site, selon une rare déclaration du ministère saoudien de l’Énergie.

Helima Croft, analyste chez RBC Capital Markets, a déclaré que la poursuite des attaques après le cessez-le-feu maintiendrait les marchés sous tension, ajoutant : «Comment concilier des dégâts matériels importants avec un contexte censé se désamorcer ? Je ne pense pas que ce soit possible»

Ces attaques ont réduit la capacité de production habituelle de l’Arabie saoudite, qui s’élève à 12 millions de barils par jour, d’au moins 5%. Ainsi, même si le détroit d’Ormuz rouvre prochainement, le royaume ne pourra pas compenser intégralement les pertes.

Cela réduira également la capacité de production mondiale de réserve, dont Riyad détenait la plus grande part, afin de pallier toute perturbation de l’approvisionnement. L’Arabie saoudite a confirmé que quatre grandes raffineries avaient été attaquées mais que la plupart restaient opérationnelles.

Le Royaume a averti que ces attaques affectaient «la sécurité d’approvisionnement des pays consommateurs», adressant ainsi un message clair à Washington.

Qatar

Le complexe industriel de Ras Laffan, exploité par Qatar Energy, a été touché par des frappes de missiles les 18 et 19 mars, après qu’Israël ait bombardé des installations pétrochimiques et le champ gazier de South Pars en Iran.

Les contre-attaques iraniennes ont marqué l’une des escalades les plus importantes du conflit, ciblant la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde en deux vagues.

L’entreprise a annoncé que les dégâts affecteraient environ 17% de ses exportations et que les réparations prendraient entre trois et cinq ans.

L’usine de conversion du gaz en liquides (GTL, Gas-to-Liquids est un procédé de synthèse chimique qui transforme le gaz naturel en produits pétroliers liquides de haute qualité), exploitée conjointement avec Shell, a également été endommagée, réduisant sa capacité pendant au moins un an.

Les analystes de Wood Mackenzie estiment que la remise en service des sections non endommagées pourrait prendre plusieurs mois.

Un analyste a déclaré : «Un cessez-le-feu pourrait permettre aux méthaniers bloqués dans le Golfe de quitter le détroit d’Ormuz, soulageant ainsi les marchés mondiaux mais il n’y aura pas de véritable changement structurel dans l’offre tant que la pleine production ne sera pas rétablie à Ras Laffan».

Émirats arabes unis

La raffinerie de Ruwais à Abou Dhabi, d’une capacité de 922 000 barils par jour, a été parmi les premières installations ciblées, par des frappes de drones provoquant des incendies.

Les opérations de l’usine de traitement de gaz d’Habshan ont également été interrompues à deux reprises pendant le conflit en raison d’incendies causés par des débris de missiles interceptés.

Deux gisements de gaz ont été touchés, entraînant des arrêts de production.

Bien que certaines exportations se soient poursuivies via le port de Fujairah, situé hors du détroit d’Ormuz, les opérations ont été perturbées à plusieurs reprises par des attaques contre le port et les installations de stockage.

Koweït

Les raffineries de Mina Al-Ahmadi et de Mina Abdullah ont subi d’importants dégâts suite à de multiples frappes mais sont restées opérationnelles.

Ces raffineries étaient d’importants fournisseurs de kérosène pour l’Europe et l’Asie et la réduction de l’approvisionnement a suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries de kérosène dans les semaines à venir.

Irak

L’Irak a été fortement touché par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison de l’absence de voies d’exportation alternatives. L’Iran a été contraint de fermer plus des trois quarts de sa production, qui a chuté à 800 000 barils par jour, contre 4,3 millions avant la guerre.

Ses installations ont également été directement visées, notamment par une attaque de drone contre le champ pétrolier de Rumaila.

Le 5 avril, un pétrolier a traversé le détroit d’Ormuz, laissant supposer un accord temporaire entre l’Irak et l’Iran autorisant les expéditions de pétrole.

Iran

Israël a ciblé des dépôts de carburant à Téhéran et d’autres installations, provoquant d’importants incendies qui ont plongé la capitale dans un épais nuage de fumée.

Des frappes sur le champ gazier de South Pars ont également mis hors service des unités de production.

L’île de Kharg, important centre d’exportation, a été ciblée à plusieurs reprises, mais ces attaques visaient des objectifs militaires, épargnant relativement les installations pétrolières.

Oman et Bahreïn

Oman a subi moins d’attaques que ses voisins, mais le port de Salalah a été perturbé après des frappes sur des installations de stockage de pétrole.

Le Bahreïn a invoqué la force majeure après la destruction de la raffinerie de Sitra et la remise en état devrait prendre plusieurs mois.

Ces dégâts considérables témoignent du fait que ce conflit n’était pas qu’une simple confrontation militaire mais un bouleversement majeur des infrastructures énergétiques mondiales dont les effets pourraient se faire sentir pendant des années.

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Hayett Assurances présente son offre ‘‘Globale Prévoyance’’


Pour Hayett Assurances, la protection ne s’improvise pas : elle se prépare. À travers le produit Globale Prévoyance, la compagnie renforce son engagement envers les familles et les entreprises tunisiennes. L’un de ses responsables nous éclaire sur la vision et les objectifs de cette offre.

«L’un des piliers de l’assurance vie, c’est la prévention. Chez Hayett Assurances, nous croyons que prévoir, c’est déjà protéger. La vie est faite d’imprévus : un accident, une maladie ou un départ prématuré peuvent tout remettre en question. Avec Globale Prévoyance, nous voulons offrir à nos clients une sécurité réelle, immédiate et adaptée à chaque situation», explique le responsable.

Conçue comme une solution complète, repose sur trois plans essentiels, répondant aux besoins des particuliers comme des entreprises. «Nous avons voulu proposer une offre modulable qui s’adapte à chaque profil», poursuit le responsable de l compagnie.

Plan Vie Entière : dédié aux familles, il protège les proches tout au long de la vie en leur garantissant le versement d’un capital en cas de décès, assurant ainsi leur stabilité financière et leur sérénité.

Plan Homme Clé : conçu pour les entreprises, il protège leur activité contre la perte d’un collaborateur indispensable, assurant la continuité de l’entreprise.

Plan Bedil : destiné au chef de famille, il permet de préserver l’équilibre du foyer et de maintenir les conditions de vie des proches en cas de disparition prématurée.

Mais l’offre ne s’arrête pas là ! Hayett Assurances y a intégré plusieurs garanties complémentaires pour renforcer la couverture.

«Nous avons voulu aller plus loin qu’une simple protection : nous avons ajouté la Garantie Accident, qui prévoit le doublement du capital en cas de décès ou d’invalidité absolue et définitive. Nous proposons également la Garantie Hospitalisation Chirurgicale, qui offre une indemnité journalière pouvant aller jusqu’à trente jours en cas de perte de revenus suite à une hospitalisation chirurgicale.»

Une garantie innovante : Cancer Protect

«Parmi les garanties les plus innovantes, il y a la Garantie Cancer Protect. Elle ne se limite pas à un soutien financier, mais reflète notre engagement à être un partenaire humain à vos côtés. Nous savons tous que l’annonce d’un cancer bouleverse profondément la vie familiale et pèse lourdement sur le budget du foyer. La Garantie Cancer Protect prévoit le versement immédiat d’un capital pour accompagner la famille, ainsi qu’un accès gratuit à un deuxième avis médical auprès de spécialistes internationaux.»

Interrogé sur le bon moment pour souscrire, le responsable souligne : «Le bon moment, c’est toujours maintenant. Chaque jour compte. Souscrire à Globale Prévoyance, c’est un acte de responsabilité envers sa famille ou son entreprise, pour avancer dans la vie en toute sérénité.»

Pour Hayett Assurances, cette approche s’inscrit dans une vision durable et humaine de la protection.

«Notre rôle est d’accompagner nos clients dans les moments difficiles, mais aussi de les aider à les anticiper.»

Pour en savoir plus ou souscrire, rendez-vous sur ce lien.   

Communiqué.

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L’âme de l’opéra | Un concert international pour célébrer l’essence de l’art

Le Théâtre de l’Opéra de Tunis, Cité de la Culture accueillera un concert d’exception conçu comme un retour à l’essence même de l’art lyrique, organisé par la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri.

Ce rendez-vous inédit pris pour jeudi 30 avril 2026, réunira sur scène Patrice Fontanarosa, légende vivante du violon, incarnant depuis plusieurs décennies l’excellence de l’école française sur la scène internationale, Hassen Doss, engagé dans la diffusion du répertoire lyrique et reconnu pour la générosité de son expression, Sabine Riva, dont la précision vocale et la sensibilité artistique servent avec justesse les grandes pages du répertoire et Stéphanie Fontanarosa, dont le jeu conjugue rigueur, finesse d’analyse et sens aigu du dialogue musical.

Réalisé en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Nationale Tunisienne, ce concert est produit avec le concours de l’Ambassade de France en Tunisie, de l’Ambassade d’Autriche en Tunisie, du Consulat de Monaco ainsi que de l’Institut français de Tunisie.

Présenté au sein de la Cité de la Culture, cet événement témoigne de l’inscription de Tunis dans un espace de circulation artistique entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique.

Sa captation par la Télévision Nationale Tunisienne contribuera à prolonger son rayonnement au-delà du temps de la représentation.

Les billets ont en vente en ligne  ,: Fidèle aux valeurs de la Fondation Hasdrubal et de ses partenaires institutionnels, cet événement sera accessible gratuitement aux étudiantes et aux étudiants, sur présentation d’un justificatif de scolarité et dans la limite des places disponibles.

Communiqué

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Un Tunisien tué en Corse | Un couple mis en examen

Dans le cadre de l’enquête menée sur le meurtre de Hamdi Ben Rhouma, commis jeudi soir en Haute-Corse, la justice a mis en examen un homme et son épouse, originaires de Solaro, lieu du crime.

Selon les médias français, le procureur de la République de Bastia, Jean-Philippe Navarre, a annoncé ce lundi 13 avril 2026 la mise en examen du couple, en précisant que les investigations révèlent que le drame ne serait pas lié au grand banditisme, mais semblerait s’inscrire « dans le contexte d’un différend d’ordre privé ».

La victime, Hamdi Ben Rhouma, un artisan maçon de 41 ans, né en Tunisie, avait fondé son entreprise à Solaro fin 2021. Il était auparavant connu des services de police pour des faits anciens de violences et de stupéfiants, ainsi que pour des délits routiers récent.

La police avaient initialement interpellé cinq personnes mais trois ont été remises en liberté sans poursuites. Les deux principaux suspects, âgés eux aussi d’une quarantaine d’années, ont été présentés au magistrat.

L’auteur du crime a été mis en examen pour assassinat et placé immédiatement en détention provisoire, ajoute la même source en indiquant que son casier judiciaire porte trace de condamnations anciennes pour trafic de stupéfiants et violences.

Sa compagne a quant à elle été mise en examen pour complicité d’assassinat. Elle a été incarcérée en attendant son passage devant le juge des libertés et de la détention.

Pour rappel Hamdi Ben Rhaouma a été tué par balles jeudi soir devant la mairie annexe de Solaro, un village de 750 habitants de plaine orientale corse.

Y. N.

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Tunis | La Cité des sciences accueille le cosmonaute russe Kirill Peskov

Dans le cadre de sa mission de promotion et de diffusion de la culture scientifique et technologique auprès du grand public, la Cité des Sciences à Tunis organise, en partenariat avec la Maison Russe en Tunisie, un événement scientifique d’envergure à l’occasion de la visite du cosmonaute-ingénieur d’essais russe Kirill Peskov, membre du corps des cosmonautes de Roscosmos.

Cette rencontre exceptionnelle qui aura lieu le samedi 18 avril 2026 à l’auditorium Ibn Khaldoun, offrira au public, aux jeunes, aux étudiants et aux passionnés de sciences, notamment les technologies de l’espace, l’opportunité unique d’échanger avec un acteur de premier plan de l’exploration spatiale contemporaine et de découvrir les enjeux actuels des missions habitées avec une intervention sur :

« La vie en orbite : enjeux humains et techniques des missions spatiales»

Un parcours d’excellence au service de l’exploration spatiale

Diplômé en ingénierie aéronautique de l’École supérieure d’aviation civile d’Oulianovsk en 2012, Kirill Peskov a entamé sa carrière en tant que copilote sur des avions long-courriers, totalisant plus de 3 000 heures de vol. Il intègre le corps des cosmonautes en 2018 et devient cosmonaute-ingénieur d’essais en 2021.Il a suivi des formations avancées au sein de plusieurs équipages de missions vers la Station spatiale internationale (ISS), notamment dans le cadre des programmes Soyouz et Crew  Dragon.

Une mission spatiale remarquable

En mars 2025, Kirill Peskov a participé à la mission Crew-10 à bord du vaisseau Crew Dragon, aux côtés d’astronautes internationaux, dont Anne McClain, Nichole Ayers et Takuya Onishi. Durant cette mission de 147 jours, l’équipage a mené avec succès des expériences scientifiques de pointe, tout en assurant la maintenance et l’exploitation de la station spatiale. Le retour sur Terre s’est effectué en août 2025, après un amerrissage dans l’océan Pacifique.

Un rendez-vous inspirant pour la jeunesse

À travers cet événement, la Cité des Sciences à Tunis réaffirme son engagement à rapprocher la science du citoyen, la visite du cosmonaute n’est pas seulement un événement scientifique, c’est un véritable levier d’inspiration autour des défis et des perspectives de l’exploration spatiale, qui peut éveiller des vocations, renforcer l’ambition et encourager toute une génération à regarder plus loin. C’est une véritable source puissante de motivation pour les carrières scientifiques et un message d’ouverture et de coopération internationale.

Communiqué

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Indignation face au discours d’un député | « Non à la culture du viol et au racisme »

Dans un communiqué publié ce lundi 13 avril 2026, un collectif de féministes, d’associations et de figures de la société civile condamne fermement les déclarations d’un député Tarek Mehdi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ce dernier est accusé par les signataires du communiqué d’avoir tenu des propos justifiant le viol et d’avoir véhiculé un discours raciste et déshumanisant : « son intervention e relève pas de la simple opinion, mais d’une dérive grave qui souille l’espace public institutionnel. En banalisant le crime de viol et en ciblant les femmes, notamment les migrantes subsahariennes, l’élu est accusé de transformer le Parlement en une tribune pour la haine ».

Les associations rappellent que ces propos tombent sous le coup de la législation tunisienne, notamment, la Loi n°58 (2017) relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et la loi contre la discrimination raciale, qui criminalise tout propos incitant au mépris ou à la haine basée sur la race ou le genre.

La même source dénonce « une volonté de réduire les femmes à leur corps et d’instrumentaliser la question migratoire pour nourrir un climat de terreur et d’exclusion»n et d’ajouter : « La dignité des femmes migrantes est indissociable de celle des Tunisiennes »

Les signataires exigent ainsi l’ouverture d’une enquête immédiate et transparente sur les déclarations du député, l’activation des mécanismes de reddition de comptes pour mettre fin à l’impunité parlementaire en cas de discours de haine et à la protection absolue de toutes les femmes, sans distinction de nationalité ou de couleur de peau.

Le communiqué est porté par les organisations, dont l’ATFD, Beity, Aswat Nissa, et le Front de l’Égalité, soutenues par une cinquantaine de personnalités engagées de la scène médiatique, juridique et académique.

Y. N.

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Le SNJT dénonce la condamnation de Sonia Dahmani en appel

La Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire visant l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani et l’a condamnée à une peine de 18 mois de prison ferme.  Verdict fermement dénoncé par le Syndicat national des journalistes.

Dans un communiqué publié ce lundi 13 avril 2026, le SNJT a rappelé que cette condamnation a été prononcée suite à des commentaires médiatiques portant sur la question de la discrimination et du racisme en Tunisie, tenus sur la chaîne Carthage+ et intervient après une série de poursuites visant la chroniqueuse pour des motifs similaires.

Comme pour les dossiers précédents, la justice s’est appuyée sur l’article 24 du décret-loi n°54 de l’année 2022, relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication et pour le SNJT, ce texte est devenu, depuis sa promulgation, un outil récurrent pour poursuivre les opinions divergentes.

Le syndicat réitère d’ailleurs son appel au gel de ce décret, alors qu’un projet de révision est actuellement à l’étude au sein de la Commission de législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Dans son communiqué, le Syndicat exprime sa solidarité totale avec Sonia Dahmani et dénonce fermement ce verdict, tout en exprimant son inquiétude du retour en détention de l’avocate, dont l’état de santé physique et psychologique est jugé fragile depuis sa sortie de prison il y a seulement quelques mois.

La même source estime pat ailleurs que multiplier les procès pour des déclarations de même nature (critique de la gestion migratoire et des discours discriminatoires) constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et appelle officiellement à l’arrêt de l’exécution de cette peine, qualifiant la situation de « harcèlement judiciaire visant à intimider le secteur médiatique» .

Y. N.

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Météo-Tunisie | Pluies et orages annoncés pour cette nuit

L’Institut national de la météorologie (INM) prévoit des précipitations dans plusieurs régions du pays pour la nuit de ce lundi 13 au mardi 14 avril 2026.

​La nuit sera marquée par un ciel souvent très nuageux et des pluies éparses, parfois accompagnées d’orages temporaires, toucheront d’abord le nord et le Centre, avant de s’étendre localement vers le Sud en fin de nuit.

​La vigilance est de mise ajoute l’INM en affirmant que le vent soufflera fort près des côtes et localement dans le Sud et que les rafales peuvent dépasser temporairement les 60 km/h lors du passage des nuages orageux.

​Les températures varieront entre 12 et 16°C au nord et au centre et entre 17 et 22°C dans le sud avec un 10°C attendu sur les hauteurs, indique encore l’Institut de la météorologie.

Y. N.

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Tunisie | Six mois de prison pour Rached Khiari

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’ex-député à l’Assemblée des représentants du peuple Rached Khiari à six mois de prison pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux, suite à une plainte déposée à son encontre par un ancien élu, rapporte Mosaique FM.

Rappelons que l’ancien député de la coalition Al-Karama a été condamné à huit mois de prison en première instance dans le cadre de cette affaire. 

Ce dernier, qui faisait l’objet de plusieurs condamnations, avait été arrêté en août 2022 après 5 mois de cavale, avant d’être libéré en septembre de la même année, puis arrêté de nouveau pour être condamné en février 2025 un an de prison ferme pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux. Remis en liberté en novembre 2025, après avoir purgé sa peine, il ne semble pas au bout de ses déboires judiciaires.

I. B.  

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Tunisie | 18 mois de prison pour Sonia Dahmani en appel

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani à 18 mois de prison, rapporte Mosaique FM. Elle était poursuivie pour des déclarations médiatiques condamnant le racisme contre les migrants subsahariens en Tunisie.

Sonia Dahmani, qui était poursuivie dans cette affaire conformément à l’article 54 de 2022, avait interjeté appel après avoir été condamnée à deux ans de prison en première instance.

Arrêtée en mai 2024, avant d’obtenir la libération conditionnelle n novembre 2025, elle a comparu en état de liberté.  

I. B.

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Ligue des champions | L’espérance rate son entrée face à Sundowns  

En s’inclinant à domicile face à Mamelodi Sundowns (0-1), en demi-finale aller de la Ligue des champions d’Afrique, disputée hier soir, dimanche 12 avril 2026, au stade de Radès, l’Espérance sportive de Tunis a sérieusement hypothéqué ses chances d’accéder à la finale, même si les Sang et Or ont souvent mieux joué à l’extérieur qu’à domicile et qu’ils ont déjà battu leur adversaire chez lui.

Pourtant, en première période, les coéquipiers du Mohamed Amine Ben Hamida ont laissé entrevoir de bonnes intentions en dominant leurs adversaires sud-africains et en se créant pas moins de quatre occasions non concrétisées, dont un bolide de Danho sur la transversale.

Par contre, les visiteurs ont fait preuve de réalisme en marquant sur leur unique occasion de la rencontre, en début de seconde mi-temps, grâce à Brayan Léon Muniz qui a conclu de la tête une belle triangulation sud-africaine.

Les hommes de Patrice Beaumelle ont tenté de réagir mais ils ont manqué de précision pour prendre à défaut la défense de Sundowns et même le carton rouge reçu par Grant Kekana, pour jeu dangereux (84e) n’a pas aidé les Espérantistes à trouver le chemin de filets. Le but encaissé contre le sens du jeu semble avoi complètement perturbé les schémas de l’équipe qui s’est vu refuser un but validé par l’arbitre mais refusé suite à l’intervention du VAR.

Dans 6 jours à Pretoria, l’Espérance doit se surpasser pour venir à bout d’une équipe sud-africaine qui, contrairement à ses habitudes, a montré hier soir qu’elle était capable de verrouiller le chemin du gardien Williams. Ce sera dur mais pas impossible, étant donné le style de jeu espérantiste plus à l’aise à l’extérieur, comme elle l’avait déjà montré contre le même adversaire.

I. B.  

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Alexandrie | Suicide en direct de la mannequin Basant Suleiman

Les services de sécurité d’Alexandrie, au nord de l’Egypte, enquêtent sur les circonstances du suicide du mannequin Basant Suleiman, survenu dimanche 12 avril 2026, à l’aube, dans le quartier de Smouha.

Selon les médias égyptiens, évoquant les premiers éléments de l’enquête, la jeune femme a chuté du balcon d’un appartement situé au 13e, en diffusant la vidéo de son suicide en direct sur sa page de réseau social.

Dans les minutes précédant l’incident, Basant Suleiman semblait profondément bouleversée. Elle évoquait une forte pression psychologique et de lourdes difficultés financières, ainsi que des conflits familiaux avec son ex-mari, et exprimait son angoisse quant à l’avenir de ses deux filles, dont la garde lui avait été retirée. Elle a également adressé un message poignant, lorsqu’elle s’est jetée du balcon en lançant: «Prenez soin de mes enfants.»

Cet incident a provoqué un choc, et pas seulement dans le milieu artistique. La détresse exprimée par la défunte les minutes ayant suivi son saut dans le vide ont donné un grand retentissement à cette tragédie relayée en direct sur les réseaux sociaux.

I. B.

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Au cœur des camps de la mort de Hemedti Dagalo

Alors que les yeux du monde entier sont rivés depuis fin février sur le Moyen-Orient et la guerre qui a opposé l’Iran aux États-Unis et à Israël, le génocide et les crimes de guerre que perpètrent les Forces de soutien rapide (FSR) de Hemedti Dagalo se poursuivent. Les personnes enlevées sont séquestrées dans des conteneurs maritimes métalliques, dans chaque conteneur s’entassent de 60 à 70 personnes sans ventilation ni installations sanitaires et 10 à 15 y meurent asphyxiés chaque jour. 

Imed Bahri

Un survivant des centres de détention des Forces de soutien rapide au Darfour n’aurait jamais imaginé que sa libération dépendrait de la capacité de sa famille à réunir une somme d’argent dans une course contre la mort, a indiqué Al-Quds Al-Arabi, en rapportant le récit de ce dernier, racontant, sous couvert d’anonymat, les moments de sa détention après la prise d’El Fasher en octobre dernier.

L’ancien détenu a expliqué au journal arabophone londonien que lui et un autre jeune homme avaient été emmenés et contraints de contacter leurs familles, non pas pour s’enquérir de leur bien-être, mais pour exiger une rançon immédiate sous peine d’exécution. «Ils nous battaient sans cesse en répétant: L’argent ou la mort», a-t-il raconté, en expliquant avoir survécu grâce à la somme demandée, réunie par sa famille, tandis que l’autre jeune homme qui l’accompagnait a été tué sans aucune hésitation. Il ajoute : «J’ai eu de la chance mais beaucoup d’autres ont payé et n’ont pas survécu. Tout dépend de l’humeur des gardes»

Un système de détention complexe en marge de la loi

Ce témoignage ouvre la porte à une réalité plus vaste où les récits d’anciens détenus se mêlent aux témoignages de militants des droits humains pour révéler un système de détention complexe, opérant en marge de la loi et faisant de la vie de milliers de civils au Darfour les otages de la violence et de l’extorsion. Un militant des droits humains, qui documente les exactions dans la région, affirme que le nombre de centres de détention est un nombre important et que certains sont totalement secrets, ce qui rend difficile l’obtention de chiffres précis.

Toutefois, un tableau général se dessine. À El Fasher, capitale du Darfour-Nord, on compte trois prisons principales, tandis qu’à Nyala, la prison de Degres se distingue comme un centre de détention majeur, avec d’autres sites dans les villes de Zalingei, au Darfour-Centre, et d’El Geneina, au Darfour-Ouest. Au niveau local, il signale l’existence de plus de 46 centres de détention de moindre importance, sans aucune documentation claire.

Au sein de ce réseau, les chiffres sont significatifs. À El Fasher seulement, on estime à plus de 6 000 le nombre de personnes disparues, sans aucune information sur leur sort : vivantes, mortes ou détenues. À Nyala, des estimations non officielles font état d’environ 7 000 détenus à la prison de Degres. Mais derrière ces chiffres se cachent des détails encore plus effroyables, notamment dans ce que les survivants appellent des «conteneurs de la mort». Ce sont des conteneurs maritimes métalliques utilisés pour les séquestrer et dans chaque conteneur, de 60 à 70 personnes y sont enfermées sans ventilation ni installations sanitaires.

Un survivant a décrit ces moments : «Nous suffoquions. Il n’y avait presque pas d’air, peu d’eau et presque pas de douches. Dans ces conditions, la mort était devenue quotidienne»

«Parfois, nous perdions 10 à 15 personnes par jour», a déclaré un autre témoin, ajoutant que «les détenus étaient forcés d’enterrer leurs codétenus, parfois dans des fosses communes voisines. Certains mouraient lentement à l’intérieur du conteneur, frappant à la porte jusqu’à ce que le silence se fasse».

L’asphyxie n’était pas la seule cause de décès. Les maladies se propageaient rapidement en raison du manque de soins médicaux. Le choléra, le paludisme et la malnutrition figuraient parmi les principales causes de mortalité.

Selon les estimations, plus de 60 personnes sont décédées du choléra dans les prisons d’El Fasher et 126 dans la prison de Dagris, à Nyala, des chiffres qui risquent de s’alourdir. Les maladies de peau et les ulcères sont également très répandus, évoluant en plaies profondes et entraînant de graves complications de santé.

D’après des témoignages concordants, la torture est une pratique courante dont sont victimes tous les détenus.

Une «économie parallèle» basée sur les rançons

«Il n’y a pas un seul détenu qui n’ait pas été torturé», affirme un militant des droits humains, expliquant que les méthodes employées incluent les passages à tabac, la privation de nourriture, le refus de soins médicaux et l’isolement dans des conditions suffocantes. Dans de nombreux cas, la torture est utilisée pour extorquer des aveux ou pour punir des détenus sur la base de soupçons non fondés.

De plus, les prisons sont devenues une sorte d’«économie parallèle» basée sur les rançons. Les sommes exigées varient de millions à milliards de livres soudanaises et sont souvent fixées arbitrairement. Mais même le paiement de la rançon ne garantit pas la survie car des témoignages indiquent que des détenus ont été tués après avoir reçu l’argent.

Lors de l’assaut contre El Fasher, des militants ont documenté des arrestations massives de civils en fuite. Les hommes étaient séparés des femmes et emmenés dans des zones reculées où commençaient des négociations de rançon. On estime à 255 le nombre de personnes détenues au nord-est d’El Fasher durant ces opérations. Parmi elles, au moins 33 civils ont été tués, tandis que d’autres ont subi des extorsions ou ont été exécutés, même après avoir versé des rançons.

Des témoignages indiquent que certaines de ces opérations étaient fondées sur des critères ethniques ou sur des accusations de soutien à l’armée ou à des groupes armés. Certains groupes ont été parmi les plus ciblés, faisant face à des accusations vagues et à une absence totale de procédure régulière.

Dans ce sombre tableau, une tragédie particulière se déroule pour les femmes détenues dans la prison de Korea à Nyala. Des témoignages corroborent de récents rapports sur les droits humains indiquant qu’au moins 643 femmes y sont détenues dans des conditions qualifiées d’inhumaines.

Le Centre africain d’études sur la justice et la paix a exprimé sa vive inquiétude face à cette situation, soulignant que les femmes détenues subissent des conditions de vie déplorables et font l’objet d’accusations généralisées de collaboration avec des groupes d’opposition ou d’avoir commis de crimes, sans preuves suffisantes. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où les femmes au Soudan sont touchées de manière disproportionnée par le conflit armé et subissent de multiples violences notamment des violences sexuelles, des enlèvements, des mariages forcés, des arrestations arbitraires, des procès inéquitables et des conditions de détention inhumaines.

Selon des informations documentées, la prison de Korea a rouvert ses portes en tant que centre de détention en avril 2024 après avoir été évacuée suite à l’escalade du conflit. La prison détient actuellement au moins 643 femmes, dont 200 arrêtées à Nyala, Zalingei et El Geneina, 247 transférées d’El Fasher et 196 poursuivies pour des infractions pénales, parmi lesquelles neuf femmes enceintes.

Des témoignages décrivent des conditions de vie extrêmement difficiles à l’intérieur de la prison où les repas sont limités à un par jour. L’eau est acheminée de l’extérieur dans des conditions loin de respecter les normes sanitaires minimales.

Selon certains rapports, des détenus ont été contraints de travailler au domicile de membres des Forces de soutien rapide (FSR), effectuant des tâches ménagères et de blanchisserie non rémunérés, et ne recevant parfois de la nourriture que pendant ces heures. Ce phénomène illustre un recours au travail forcé lié à la détention.

Violences sexuelles dans certains centres de détention

Le Centre africain d’études sur la justice et la paix a cité des cas individuels illustrant la nature de ces violations, notamment l’arrestation de deux femmes travaillant dans une pharmacie à Nyala en février 2026. Le propriétaire de la pharmacie a refusé de vendre des médicaments aux membres des FSR, un acte considéré comme une «collaboration avec des groupes d’opposition». Dans un autre cas, une femme a été détenue pour faire pression sur son mari, soldat des Forces armées soudanaises, et on lui a demandé de payer une rançon pour sa libération.

Malgré les graves allégations de violences sexuelles dans certains centres de détention, la documentation de ces violations reste limitée en raison de la crainte des victimes d’être stigmatisées ou de leur présence continue dans des zones dangereuses. Les groupes les plus vulnérables ne sont pas épargnés. 21 enfants, âgés de 14 à 17 ans, ont été arrêtés à El Fasher. Détenus avec des adultes, ils ont subi les mêmes formes de torture. Des militants et des bénévoles humanitaires ont également été arrêtés, notamment des personnes travaillant dans les cuisines collectives pendant le siège d’El Fasher, qui a duré près de 18 mois.

Certaines de ces personnes ont été libérées par la suite mais seulement après le versement d’importantes rançons, tandis que le sort des autres demeure inconnu et l’on craint que certaines aient été tuées. Aux abords de certains centres de détention, en particulier près de l’hôpital d’El Fasher, des charniers ont été signalés, témoignant de l’ampleur des pertes humaines. Le conflit se poursuivant et le manque de transparence persistant, ces chiffres restent sujets à des hypothèses encore plus tragiques. Malgré les appels des défenseurs des droits de l’homme et les supplications des familles, des témoignages continuent d’émerger de ces «conteneurs de la mort» où les espoirs de survie s’amenuisent et où l’odeur de mort imprègne l’air.

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Inflation, risque souverain et système bancaire en Tunisie

Une économie sous tension… mais pas sans ressorts : analyse de l’inflation en Tunisie, du risque souverain et du rôle des banques dans la stabilité économique et le financement de l’État.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Ces derniers mois, plusieurs signaux ont mis l’économie tunisienne sous les projecteurs : inflation persistante, contraintes budgétaires de l’État et notations prudentes attribuées à certaines banques tunisiennes.

Pris isolément, chacun de ces éléments peut sembler inquiétant. Pourtant, ils ne sont pas indépendants : ils s’inscrivent dans un même système macro-financier où la politique monétaire, la situation budgétaire et la solidité du secteur bancaire évoluent en interdépendance.

Comprendre ces interactions est essentiel pour interpréter correctement les tensions économiques actuelles et éviter les conclusions simplistes.

L’inflation persiste

Contrairement à certaines prévisions d’un ralentissement rapide, l’inflation en Tunisie ne baisse pas et tend même à s’accentuer récemment. Selon l’Indice des prix à la consommation publié par l’INS, le taux d’inflation annuel a augmenté à 5 % en février 2026, contre 4,8 % en janvier. Cette progression est principalement due à l’accélération des prix des produits alimentaires.

La Banque centrale de Tunisie (BCT) continue d’agir pour contenir les pressions sur les prix, mais ses efforts se heurtent à des facteurs externes et structurels. La hausse des prix de l’énergie et des importations, notamment alimentaires, alimente encore le ressenti inflationniste des ménages.

Autrement dit, la désinflation n’est pas encore observable, et le système économique doit composer avec une inflation persistante dans certains secteurs.

Entre risque et stabilisation

Le risque souverain joue un rôle central dans l’évaluation des banques tunisiennes. Les notations internationales tiennent compte de l’environnement macroéconomique autant que de la gestion interne des institutions financières. Une banque bien gérée peut apparaître prudente dans ces évaluations simplement parce qu’elle opère dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires.

Distinguer risque souverain et fragilité opérationnelle permet d’interpréter correctement les notations et de ne pas confondre perception macroéconomique et performance institutionnelle.

La forte exposition des banques à la dette publique est souvent considérée comme un facteur de vulnérabilité. En réalité, cette relation remplit également une fonction stabilisatrice. Les obligations d’État constituent des actifs sûrs et liquides, et les banques financent l’État lorsque l’accès aux marchés internationaux est limité.

Une diversification progressive des portefeuilles bancaires reste toutefois souhaitable pour réduire la concentration sur la dette publique et stimuler le financement de l’économie productive.

Inflation, banques et dette

L’économie tunisienne fonctionne selon un équilibre où plusieurs dimensions financières interagissent. L’inflation persistante pèse sur les finances publiques et sur le pouvoir d’achat, influençant la perception du risque souverain et les conditions de financement de l’État et du système bancaire. Les banques deviennent alors un canal de transmission de ces tensions vers le financement de l’économie.

Ces interactions montrent que les défis actuels ne sont pas isolés mais font partie d’un équilibre macrofinancier global.

Renforcer la résilience du système économique

Plusieurs leviers peuvent renforcer la stabilité économique à long terme. La diversification des actifs bancaires et le financement accru du secteur privé, notamment des PME, permettraient de réduire la dépendance à la dette publique. Le développement des marchés financiers domestiques offrirait de nouveaux instruments pour partager les risques.

La transparence des politiques économiques et le renforcement des cadres de gouvernance peuvent également améliorer la confiance des investisseurs et atténuer la perception du risque souverain.

Lecture de l’infographie :

  • Inflation : prix, énergie, importations – influence la politique monétaire et les finances publiques ;
  • Risque souverain : dette publique, finances publiques – conditionne la perception des marchés et notations ;
  • Système bancaire : crédit, liquidité, financement de l’État – transmet les tensions vers l’économie ;
  • Centre : Financement de l’économie – investissements, PME, croissance.

Comprendre les équilibres

Les débats sur l’inflation persistante, le risque souverain et la solidité des banques traduisent des préoccupations légitimes. Mais leur interprétation nécessite une vision globale des interactions économiques. La BCT, les banques et les finances publiques ne fonctionnent pas isolément : elles forment un système interdépendant où chaque élément influence la stabilité globale.

L’enjeu pour la Tunisie n’est pas seulement de gérer les tensions à court terme, mais de consolider les fondations macro-financières pour soutenir une croissance durable et renforcer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux. **

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.

** Mention: un outil d’intelligence artificielle est utilisé pour affiner le style, la fluidité et la structure.

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