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Selmi réaffirme le rôle de l’UGTT dans la défense des travailleurs

Dans un discours prononcé le 1er mai 2026, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a affirmé que cette date coïncidait avec le début d’un nouveau mandat, qui a débuté à la suite du 26e Congrès de la centrale syndicale, tenu fin mars à Monastir. Il a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.

Latif Belhedi

M. Selmi a remercié les délégués du Congrès pour la confiance qu’ils lui ont témoignée, estimant que l’élection d’une nouvelle direction renforce la tradition de rotation au sein de l’UGTT et redonne espoir en l’avenir de l’action syndicale dans le pays.

Tout en exprimant l’espoir que la Fête des travailleurs de cette année marque le début d’une nouvelle ère, caractérisée par la solidarité et la réconciliation entre les différentes composantes de l’UGTT, ainsi qu’entre les différentes générations de membres, les structures organisationnelles et les militants de base, M. Selmi a appelé à dépasser les différends passés et à tourner la page des rivalités étriquées et des exclusions.

Cette réconciliation, recommandée par le dernier congrès, devait être globale et inclusive, englobant tous ceux qui adhèrent aux principes et aux valeurs fondamentales du syndicat, a indiqué le SG de l’UGTT, tout en soulignant son engagement à mettre en œuvre au plus vite cette réconciliation.

Le syndicat n’a jamais cherché à conquérir le pouvoir, qui demeure du ressort des partis et des acteurs politiques, a assuré M. Selmi, en réponse à aux critiques souvent lancées par les adversaires de l’organisation, lui reprochant de trop s’immiscer dans les affaires politiques du pays. Il a cependant souligné le rôle de l’UGTT en tant que partenaire social, tel que garanti par la Constitution et la loi, et rejeté les tentatives visant à restreindre ce rôle ou à empêcher l’organisation de défendre les intérêts des travailleurs.

M. Selmi a également insisté sur le fait que le syndicat continuera d’exprimer son point de vue sur les différentes politiques ayant un impact économique et social, d’une manière qui serve les intérêts de ses membres en particulier et réponde aux aspirations du grand public en général.

Concernant la volonté de renouer le dialogue rompu avec les autorités, M. Selmi a nié que les appels en ce sens soient liés à une tentative de rétablir le système de retenue sur les salaires des travailleurs pour payer les cotisations syndicales, en vigueur depuis des décennies et auquel l’Etat a récemment mis en fin, tout en exhortant les instances de l’organisation à compter davantage sur leurs propres ressources pour gérer leurs affaires, grâce notamment à la collecte des cotisations et au développement des ressources.

Le SG de l’UGTT a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.

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Souveraineté énergétique | Epargne citoyenne pour une Tunisie souveraine

Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que l’approvisionnement extérieur de la Tunisie, qui doit importer plus de la moitié de ses besoins énergétiques, commence à prendre l’allure d’une hypothèque sur sa souveraineté nationale, il est temps pour les Tunisiens de briser les chaînes de leur asservissement en faisant preuve de patriotisme financier. (Photo : Centrale solaire photovoltaïque de Metbasta, Kairouan).

Elyes Kasri *

La Tunisie traverse une heure de vérité. Son indépendance, acquise au prix de sacrifices historiques, fait face aujourd’hui à une menace silencieuse mais implacable : la dépendance énergétique avec ses facettes économique, politique et diplomatique.

Les récents accords avec des investisseurs étrangers soulignent douloureusement l’incapacité de la Tunisie de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer sa souveraineté énergétique et la pleine exploitation de son soleil sans avoir à dépendre d’investisseurs étrangers selon des modalités sujettes à polémique, à tort ou à raison.

Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que notre approvisionnement extérieur commence à prendre à prendre l’allure d’une hypothèque sur la souveraineté nationale, la Tunisie ne peut plus se permettre d’être la spectatrice passive de son asservissement.

Il est temps de briser les chaînes en mobilisant la ressource la plus précieuse de notre pays : le patriotisme financier des Tunisiens.

L’hypothèque de la dépendance

Aujourd’hui, l’électricité qui éclaire nos foyers et fait tourner nos usines dépend en grande partie d’un gaz que nous ne maîtrisons pas.

Cette vulnérabilité n’est pas seulement un fardeau budgétaire ou un gouffre pour nos réserves de devises ; elle est une érosion de notre dignité, notre souveraineté et notre droit de choisir notre gouvernance et nos partenaires.

Il faut avoir le courage de nommer la réalité : notre dépendance massive nous place dans un tête-à-tête asymétrique et inconfortable avec nos fournisseurs.

L’énergie tend à devenir un levier de «domestication» politique. Dépendre du gaz d’autrui, c’est accepter que notre souveraineté s’arrête là où commence le robinet du voisin.

Un acte de libération nationale

Face à l’essoufflement du financement public et du coût prohibitif des crédits bancaires, il serait judicieux d’envisager la création du Plan d’épargne pour la souveraineté énergétique (Pese).

Contrairement aux outils classiques de placement, le Pese n’est pas une spéculation, c’est une construction. Il propose de transformer l’épargne des citoyens résidents, des entreprises et de notre diaspora (TRE) en un bouclier contre la dépendance.

L’idée est simple : substituer le gaz importé par le soleil tunisien. Chaque dinar investi dans le Pese est un millimètre de liberté regagné. Chaque panneau solaire installé sur notre sol est un maillon brisé de la chaîne de notre subordination.

Transformer l’épargne en bouclier

Le Pese répond à l’épuisement des capacités de financement de l’État et des entreprises :

– Défense du Dinar : en produisant notre énergie, nous cessons de brûler nos réserves de devises. Le Pese est une machine à stabiliser notre monnaie.

– Énergie contre inflation : contrairement au Pea (Plan d’épargne actions), tourné vers la spéculation boursière, le Pese investit dans le réel. Il offre un rendement indexé sur l’efficacité énergétique, protégeant l’épargnant contre la hausse inéluctable du coût de la vie.

– Survie industrielle : face aux futures taxes carbones européennes, le Pese garantit à nos entreprises une énergie propre, condition de leur survie à l’export.

Mécanismes et incitations

Pour mobiliser l’épargne des résidents, des entreprises et de la diaspora (TRE), le Pese pourrait proposer des avantages inédits :

– Le bouclier fiscal total : déduction d’impôt (IRPP/IS) allant jusqu’à 100% des sommes investies. L’État préfère voir l’impôt financer nos centrales solaires plutôt que le gouffre de la dette.

– La garantie diaspora ou bonus TRE : souscription en devises avec garantie de rapatriement au cours initial pour protéger nos concitoyens contre le risque de change.

– Le dividende énergétique : possibilité de lier l’investissement à des tarifs préférentiels sur la facture Steg personnelle.

Gouvernance et transparence

Pour garantir que chaque dinar sert exclusivement à l’autonomie énergétique :

– Conseil de gouvernance citoyen : composé d’experts indépendants, à l’abri de toute instrumentalisation bureaucratique ou politicienne, pour superviser l’allocation des fonds.

– Traçabilité numérique : une plateforme Open Data permettant de suivre en temps réel les projets financés et le «Compteur de Souveraineté» (gaz économisé).

– Sanctuarisation légale : une loi de programmation érigeant les actifs du Pese en Patrimoine national intouchable, juridiquement séparé du budget de l’État.

Le contrat de fierté

Le Pese est la réponse tunisienne aux crises du siècle. Il propose de passer d’une économie de soumission à une économie de production.

La souveraineté de la Tunisie commence là où finit sa dépendance au gaz et au bon vouloir d’autrui.

Le Pese est la réponse d’un peuple qui refuse la fatalité et le chantage énergétique.

En unissant leurs forces financières, les Tunisiens ne feront pas qu’installer des mégawatts : ils rachètent, pièce par pièce, panneau par panneau, leur droit de choisir leur destin.

Le soleil tunisien est une mine d’or à ciel ouvert. Il est temps de lui donner les moyens d’éclairer la voie de la souveraineté du progrès et de l’invulnérabilité de la Tunisie et de tous les tunisiens sans exception.

* Ancien ambassadeur.

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L’Italie et la Tunisie renforcent leur coopération navale

Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a rencontré, mercredi 29 avril 2026, au siège de son ministère à Tunis, le chef d’état-major de la Marine italienne, l’amiral Giuseppe Berutti Bergotto, chargé des missions spéciales, lors d’une réunion consacrée au renforcement de la coopération navale italo-tunisienne et à la sécurité en Méditerranée centrale, en présence de l’ambassadeur d’Italie à Tunis et du chef d’état-major de la Marine tunisienne.

Selon un communiqué du ministère de la Défense, M. Sehili a souligné la solidité des relations historiques entre les deux pays et le niveau de coordination entre leurs marines respectives, insistant notamment sur l’échange d’expertise, la formation de plongeurs, les activités sous-marines et l’hydrographie, éléments essentiels à la sécurité de la navigation.

Parmi les domaines évoqués figurent les échanges d’officiers observateurs lors des exercices navals organisés conjointement.

M. Sehili s’est félicité du bon déroulement des travaux de la Commission militaire mixte italo-tunisienne et des résultats de sa 27e session, organisée par la Tunisie en mars dernier. Il a exprimé l’espoir que la coopération puisse évoluer vers un «partenariat stratégique» fondé sur la confiance, le respect mutuel et une vision partagée de la sécurité régionale.

La réunion a également mis en lumière la contribution de l’Italie à plusieurs projets intégrés dans les zones désertiques et le sud de la Tunisie, notamment les expériences de Rjim Maatoug et d’El Mahdeth, dans le gouvernorat de Kebili, ainsi que le soutien logistique apporté à l’Institut de formation professionnelle de plongée de Zarzis.

M. Sehili a décrit la Tunisie comme un acteur clé de la sécurité et de la stabilité dans la région, citant la criminalité organisée transfrontalière, la sécurité énergétique, les opérations de recherche et de sauvetage, les migrations irrégulières et la traite des êtres humains parmi les défis communs. M. Berutti Bergotto a réaffirmé, de son côté, la volonté de Rome de poursuivre le développement de la coopération bilatérale, afin de renforcer les capacités opérationnelles des deux marines et de contribuer à la stabilité en Méditerranée.

Cette visite coïncide avec la présence, au port de La Goulette à Tunis, de la frégate Federico Martinengo, une unité FREMM de la Marine italienne. La Martinengo est le septième navire FREMM italien et le troisième en configuration polyvalente.

Selon la fiche technique officielle de la Marine italienne, elle a été lancée en 2017 et possède des capacités antiaériennes, antinavires et multirôles, avec la possibilité d’embarquer des hélicoptères Sh90, NH90 ou EH101.

I. B. (avec Ansamed).

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A Kebili | L’expérience théâtrale au Sahara

L’Italie est l’invitée d’honneur de la sixième édition du Festival international de théâtre du Sahara, qui se tient du 29 avril au 3 mai 2026 à El Golaa, dans la région de Douz Nord, dans le gouvernorat tunisien de Kebili, avec une prolongation le 5 mai à l’Opéra de Tunis.

Cet événement, organisé en partenariat avec l’Institut culturel italien de Tunis, est consacrée cette année à l’anthropologie théâtrale et vise à créer un espace de dialogue artistique au cœur du Sahara.

Parmi les protagonistes figurent Eugenio Barba, fondateur de l’Odin Teatret et figure majeure du théâtre contemporain, et Julia Varley, comédienne, metteuse en scène et écrivaine associée à cette compagnie historique. Un hommage leur sera rendu et ils animeront un atelier intensif les 2 et 3 mai à l’Espace culturel du Sahara. Le 5 mai, Barba, Varley et le professeur Jean-Marie Pradier animeront une masterclass à l’Opéra de Tunis.

Le festival, qui a été créé dans le but de réduire l’isolement culturel des régions de Nefzaoua en proposant des spectacles nationaux et internationaux, des camps de jeunes, des ateliers de formation et une exposition de produits artisanaux et transformés du Maghreb, confirme ainsi sa vocation d’atelier itinérant, capable de porter le théâtre au-delà de ses lieux de représentation traditionnels.

La présence italienne se caractérisera également par une forte dimension performative. La compagnie Oplas, Centre régional de danse d’Ombrie, participe au projet Co-CreART Boarding Pass Plus, qui comprend des ateliers de danse contemporaine, une résidence artistique et une performance liée au ‘‘Sacre du Printemps’’. Ce projet aboutira à une production finale prévue en Italie en 2027.

Les activités tunisiennes sont notamment menées par Luca Bruni, Mario Ferrari et Luana Rossetti. Outre la dimension performative, l’édition 2026 renforce le festival en tant que plateforme éducative et scientifique.

Daniela Giordano assurera la programmation des activités performatives destinées aux professionnels et aux acteurs des secteurs de l’éducation, de la culture et du social, tandis que Pradier se chargera du travail théorique et de la formation.

La documentation photographique confiée à Annalisa Gonnella permettra de transformer l’expérience théâtrale dans le désert en un souvenir visuel de l’événement.

Pour les organisateurs, le choix d’El Golaa comme lieu d’accueil renforce l’identité de l’événement : dunes, oasis et grands espaces forment un décor naturel, tandis que la communauté locale s’intègre pleinement à la programmation culturelle du festival.

L’événement est décrit comme une plateforme d’échange entre les peuples et les pratiques artistiques, avec l’Italie au cœur d’une programmation mettant en vedette des artistes de renommée internationale.

Le Festival international de théâtre du Sahara se présente ainsi non seulement comme un événement artistique, mais aussi comme une initiative de diplomatie culturelle entre l’Italie et la Tunisie.

I. B. (avec Ansamed).

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La rivalité avec Riyad au cœur du retrait d’Abou Dhabi de l’Opep

Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi 27 avril 2026 qu’ils vont se retirer de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menée par l’Arabie saoudite ainsi que l’alliance Opep+ comptant aussi la Russie et ce, à partir du 1er mai 2026. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce retrait des Émirats, membre depuis 1967 de l’organisation siégeant à Vienne et fondée en 1960, vise à affaiblir cette institution et par ricochet l’Arabie saoudite qui la domine. Un énième épisode dans la grande rivalité qui oppose Riyad et Abou Dhabi. 

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg, la détérioration croissante des relations entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite est au cœur de la décision surprise d’Abou Dhabi de se retirer de l’Opep.

La rivalité entre les deux pays s’est intensifiée au fil des années mais les répercussions de la guerre américano-israélienne contre l’Iran ont offert l’opportunité de l’annonce de mardi 28 avril 2026, selon plusieurs sources proches du dossier. L’une d’elles a comparé la situation à celle d’un «petit frère» qui ne souhaite plus être sous la coupe du «grand frère».

Outre son retrait de l’Opep, les Émirats reconsidèrent leur adhésion à deux organisations régionales où l’Arabie saoudite exerce une influence considérable.

Bien qu’aucune décision définitive n’ait été prise, Abou Dhabi pourrait geler son siège au sein de la Ligue arabe, basée au Caire, et prendre une mesure similaire vis-à-vis de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Djeddah.

Les Émirats réexaminent également l’avenir de leur participation de longue date au Conseil de coopération du Golfe (CCG), composé de six membres. Abou Dhabi a réaffirmé, mercredi 29 avril, son engagement envers le CCG malgré les propos tenus en début de semaine par Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats, le cheikh Mohammed Ben Zayed dit MBZ, selon lesquels l’organisation traverse «la période la plus fragile de son histoire»

Un responsable émirati a déclaré mercredi que les Émirats réévaluent leur rôle et leurs contributions aux organisations multilatérales mais n’envisagent pas actuellement de s’en retirer.

Aucune de ces trois organisations ne dispose d’une influence réelle significative mais un retrait soulignerait la frustration des Émirats à l’égard des autres États arabes, en particulier l’Arabie saoudite, face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de solidarité face aux défis militaires et économiques régionaux depuis le début de la guerre d’Israël contre Gaza en 2023.

Un modèle économique différent

Les Émirats ont présenté leur retrait de l’Opep comme une décision économique liée à leurs besoins futurs en matière de production. La compagnie pétrolière émiratie est capable de produire bien plus que son quota actuel ne le permet et ne souhaite plus solliciter l’autorisation de l’Arabie saoudite pour approcher sa capacité maximale, selon une source proche d’Abou Dhabi.

De plus, les perturbations de l’approvisionnement mondial résultant de la fermeture du détroit d’Ormuz laissent penser que les prix ne devraient pas baisser dans l’immédiat.

Les Émiratis estiment également que la demande de pétrole commencera à décliner plus rapidement que prévu par les Saoudiens en raison de la transition énergétique et souhaitent donc liquider rapidement leurs réserves.

Cette décision constitue néanmoins la preuve la plus claire à ce jour que les Émirats n’hésitent plus à afficher leurs ambitions ni à nouer leurs propres alliances politiques et sécuritaires, même si celles-ci entrent en conflit avec les intérêts de l’Arabie saoudite, première économie arabe, qui se considère comme le leader du monde musulman.

«Nous construisons un modèle économique différent, ce qui exige un nouvel alignement politique et une restructuration», a déclaré le Libanais Nadim Koteich, conseiller politique et médiatique auprès de plusieurs entités gouvernementales émiraties et ancien directeur général de la chaîne basée à Abou Dhabi Sky News Arabiya. Il était précédemment proche des Saoudiens et avait travaillé pour leur chaîne Al Arabiya

La décision de MBZ intervient après des années de tensions entre lui et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane dit MBS.

Ces deux pays, alliés clés des États-Unis et disposant de fonds souverains dépassant 1000 milliards de dollars se sont opposés politiquement sur de nombreux dossiers, de la Libye au Yémen en passant par le Soudan où ils soutiennent des camps opposés.

Riyad accuse généralement Abou Dhabi de soutenir des groupes séparatistes, tandis que les Émirats s’inquiètent du soutien apporté par l’Arabie saoudite à certains mouvements qu’ils considèrent comme islamistes.

La concurrence économique entre les deux pays s’intensifie également, l’Arabie saoudite cherchant à faire de Riyad une place financière capable de rivaliser avec Dubaï.

Des alliances opposées 

Malgré ces tensions, les Émirats et l’Arabie devraient maintenir leurs relations commerciales avec des dizaines de milliards de dollars de marchandises transitant chaque année par leur frontière commune.

Un responsable émirati a déclaré qu’une réunion d’urgence non programmée du CCG à Djeddah, tenue presque simultanément à l’annonce de l’Opep et en présence du ministre des Affaires étrangères des Émirats, constituait un pas dans la bonne direction, sans fournir davantage de précisions.

La décision d’Abou Dhabi de quitter l’Opep devrait contribuer à consolider deux alliances régionales émergentes. La première est menée par l’Arabie saoudite et comprend l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. La seconde regroupe les Émirats, Israël et l’Inde.

Du point de vue indien, le départ des Émirats de l’Opep s’apparente davantage à une rébellion politique qu’à une décision économique et pourrait fragiliser l’unité arabe, selon des responsables à New Delhi.

«Les Émirats ne souhaitent pas suivre un système dirigé par l’Arabie saoudite ou la Turquie», a déclaré Dania Zafer, directrice exécutive du Gulf International Forum à Washington qui ajoute : «Les Émirats se perçoivent comme une puissance moyenne et un contrepoids aux autres»

D’après des sources bien informées, les Émirats ont commencé à planifier sérieusement leur retrait de l’Opep vers novembre dernier mais ce sont des désaccords sur la meilleure façon de répondre aux attaques de missiles iraniens en cas de guerre contre les États-Unis et Israël qui ont finalement déclenché cette décision.

Les Émirats ont envisagé de participer à des attaques contre l’Iran et ont fait pression sur l’Onu pour obtenir son approbation afin de rouvrir de force le détroit d’Ormuz, une initiative à laquelle l’Arabie saoudite n’a pas adhéré.

À l’inverse, Riyad a soutenu activement les négociations diplomatiques et les efforts de médiation en coulisses pour résoudre le conflit.

Les relations avec Israël

Selon certaines sources, le renforcement de la coopération militaire et de renseignement entre les Émirats et Israël a exacerbé les tensions.

De nombreux États arabes perçoivent Israël comme une force expansionniste et déstabilisatrice au Moyen-Orient et le tiennent pour responsable d’avoir poussé les États-Unis à la guerre contre l’Iran.

«Il existe des divisions au sein du Golfe. Les Émirats ne bénéficient pas du soutien unanime des autres pays pour faire face à l’Iran», a déclaré Hasan Alhasan, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut international d’études stratégiques.

Les Émirats n’ont pas rejoint le conflit, actuellement soumis à un cessez-le-feu fragile, malgré les dégâts causés par les attaques iraniennes aux infrastructures énergétiques d’Abou Dhabi et à son statut de destination touristique et d’investissement privilégiée.

L’Iran a lancé davantage de missiles et de drones sur les Émirats que sur tout autre État du Golfe, alimentant ainsi la colère d’Abou Dhabi.

Lors d’une discussion ce mois-ci avec des responsables européens, MBZ a exprimé son mécontentement face à la réponse collective des pays voisins aux attaques iraniennes, selon des sources bien informées. Il a pointé du doigt les divisions au sein du CCG, le qualifiant de dysfonctionnel, selon certaines sources, ajoutant qu’il renforcerait la coopération avec les États-Unis et Israël.

Le moment opportun

Gargash, conseiller de MBZ, a déclaré que l’échec de la stratégie d’endiguement de l’Iran par le Golfe avant le début de l’offensive américano-israélienne démontrait que des organisations comme le CCG n’étaient plus adaptées à leur mission.

Il a ajouté que le Conseil, qui regroupe les Émirats, l’Arabie, Oman, le Qatar, Bahreïn et le Koweït, «se trouve au plus bas de son histoire, compte tenu de la nature de l’attaque et de la menace qu’elle représente pour tous»

La décision de quitter l’Opep témoigne de la réussite des Émirats dans la diversification de leur économie, désormais moins dépendante du pétrole. Le pays dégage des excédents budgétaires, ce qui lui permet de résister à la baisse des prix.

Le gouvernement saoudien, quant à lui, a enregistré un déficit en 2023 et devrait le rester pendant plusieurs années, à moins que la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ne fasse encore grimper les prix.

Koteich a déclaré que les motifs économiques d’une sortie de l’Opep étaient réunis et que les Émirats attendaient simplement «le bon moment politique».

La guerre en Iran et la grave perturbation des approvisionnements énergétiques mondiaux causée par la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a fait grimper les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, ont servi de catalyseur.

«Cela n’aura pas d’impact majeur sur le marché car le marché souffre déjà d’une pénurie d’approvisionnement», a déclaré le ministre de l’Énergie des Émirats Suhail Al-Mazroui lors d’une interview concernant la décision de quitter l’Opep.

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Albanese à Tunis | «Pas de neutralité face à Gaza»

La Palestine : une question de droit, mais aussi un test moral pour la conscience internationale. Tel était le thème central de la rencontre, le 29 avril 2026, avec Francesca Albanese au 40e Salon international du livre de Tunis, au parc des expositions de Kram.

La juriste italienne, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, y a présenté son nouvel ouvrage, ‘‘Quand le monde dort Récits, voix et blessures de la Palestine’’, publié en Tunisie aux éditions Cérès.

Depuis Tunis, Mme Albanese a déclaré qu’«être aux côtés de la Palestine» signifie défendre «l’humanité commune» et, dans un passage encore plus clair de son discours, qu’«il n’y a pas de neutralité face au génocide».

Dans ce livre, écrit en partie en Tunisie, où Albanese a déclaré avoir vécu à plusieurs reprises, l’auteure recueille les voix et les témoignages de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens marqués par la guerre, l’exil et la perte. C’est un récit choral où les mots deviennent des «actes de résistance».

La présence d’Albanese s’inscrit dans le cadre d’une foire qui, cette année, a accordé une large place à la Palestine, non seulement à travers le débat politique et culturel sur Gaza, mais aussi grâce au catalogue éditorial, aux traductions et à la participation d’auteurs arabes et internationaux.

Parmi les autres invités de la 40e édition figuraient également le poète et romancier palestinien Ibrahim Nasrallah, le romancier algérien Saïd Khatibi et l’écrivaine égyptienne Reem Bassiouney.

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Tunisie | Financement du développement et gestion du court terme

Le débat sur le financement de l’économie tunisienne — trop longtemps réduit à une simple question de liquidité — occulte une vérité dérangeante : la contrainte n’est pas tant la rareté des ressources que leur éviction systématique du secteur productif. 

Abdelwaheb Ben Moussa *

Alors que la Tunisie amorce son Plan de développement 2026-2030, une question brutale doit être posée : notre système financier est-il encore au service de la croissance, ou est-il devenu le simple poumon artificiel d’un budget public en déficit chronique ?

L’analyse classique déplore souvent le manque de moyens. C’est un faux-semblant. Le véritable enjeu réside dans la capture des ressources disponibles. Ces dernières années, une part massive de la liquidité bancaire a été aspirée par le financement de l’État. 

Le constat est sans appel : chaque dinar mobilisé pour éponger le déficit du Trésor est un dinar «enlevé» à l’innovation, à l’expansion des PME et aux projets industriels.

Cette réallocation passive de l’épargne nationale vers des usages non productifs constitue le premier verrou à faire sauter. On ne construit pas l’économie de demain avec des circuits financiers conçus pour financer les urgences d’hier.

Un système bancaire prisonnier de l’immédiat

Le système bancaire tunisien reste aujourd’hui enfermé dans une logique de court terme. L’essentiel des financements est orienté vers la gestion de trésorerie, les opérations commerciales courantes ou l’immobilier patrimonial. 

En revanche, le financement de long terme — celui qui prend des risques, qui accompagne la transition énergétique et la montée en gamme technologique — reste le parent pauvre. Or, sans horizon étendu, il n’y a pas de transformation structurelle possible.

Les banques publiques, en particulier, se retrouvent dans une position hybride intenable : soumises aux exigences de rentabilité du marché tout en étant mobilisées comme le bras armé, souvent passif, des politiques publiques, sans spécialisation claire.

L’urgence d’une rupture institutionnelle

L’heure n’est plus aux ajustements à la marge. Pour briser ce cycle, la Tunisie doit s’inspirer des réussites internationales. En Allemagne, la KfW joue un rôle moteur depuis 1948 dans le financement de long terme. En France, Bpifrance a su créer un guichet unique mêlant financement, garantie et accompagnement.

La création d’une Institution de financement du développement (IFD) en Tunisie n’est plus une option, c’est un impératif stratégique. Son rôle ne serait pas de se substituer aux banques commerciales, mais d’agir comme un catalyseur capable d’orienter les flux vers les priorités du Plan 2026-2030. Trois piliers doivent porter cette institution :

– une gouvernance indépendante et rigoureuse pour garantir l’efficacité des choix ;

– une capacité de mobilisation de l’épargne nationale via des produits dédiés et souverains ;

– un mécanisme de co-financement avec le secteur privé pour diluer le risque et amplifier l’impact.

Le choix de la souveraineté

Réformer le financement du développement est, au fond, un acte de souveraineté économique. Le Plan 2026-2030 ne sera qu’une liste de vœux pieux si nous ne parvenons pas à aligner nos circuits d’allocation financière sur nos ambitions nationales. 

Sortir de la dictature de l’immédiat pour transformer l’épargne des Tunisiens en un véritable moteur de croissance durable n’est plus une simple théorie d’expert : c’est désormais une question de survie pour notre tissu productif. Le temps des compromis budgétaires aux dépens de l’investissement est révolu ; il est temps de choisir entre financer les passifs du passé ou investir dans les actifs de l’avenir.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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Perpétuité pour les trois meurtriers du Français en 2022 à Djerba

Romain Pizzato, un entraîneur de ski de 42 ans, dans son département des Alpes-de-Haute-Provence, France, avait été retrouvé mort dans la piscine d’une maison de Djerba, le 17 septembre 2022. L’autopsie avait conclu à une mort par étranglement. Ses trois meurtriers tunisiens ont été définitivement condamnés à la perpétuité en appel.

«Nous nous réjouissons de cette décision. La mère de Romain a même pleuré», a déclaré Me Besma Maghrebi, l’avocate de la mère de la victime, jeudi 30 avril 2026, à l’AFP. 

«Aujourd’hui, j’ai le sentiment que mon fils n’a pas été oublié. La justice a reconnu ce qui s’est passé, et c’est essentiel pour moi», a dit Odile Pizzato, citée dans un communiqué de l’avocate, qui a dit à l’AFP avoir pris connaissance mercredi soir du verdict.

L’audience s’est tenue lundi devant la cour d’appel de Médenine, juridiction dont dépend Djerba. «La culpabilité des trois accusés a été retenue. Je suis soulagée et satisfaite que la justice ait été rigoureuse et qu’elle ait été rendue à Romain», a ajouté Me Maghrebi.

Les accusés, trois Tunisiens, deux frères de 23 et 26 ans et une jeune femme de 28 ans, Samar, présentée comme «la fiancée» de la victime, avaient été interpellés trois jours plus tard. Ils avaient livré des versions différentes et contradictoires au cours de leurs auditions, a indiqué Me Magherbi.

L’autopsie avait conclu à une mort par étranglement. Des traces de coups et des griffures avaient aussi été relevées sur le corps de Romain Pizzato.

I. B.

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Focus sur les films de Habib Mestiri en Jordanie

La Fondation Abdul Hameed Shoman, branche exécutive de la responsabilité culturelle et sociale de l’Arab Bank, organise ‘‘Les nuits du cinéma tunisien’’ dans la capitale jordanienne, Amman, du 5 au 7 mai 2026.

Cette manifestation, qui vise à mettre en lumière la vitalité et la singularité du cinéma tunisien contemporain, a porté son choix sur le cinéaste Habib Mestiri dont les œuvres cinématographiques seront présentées comme un modèle vivant reflétant l’évolution et la richesse du cinéma tunisien. Ce sera une occasion pour le public jordanien et arabe de découvrir des expériences cinématographiques uniques, porteuses d’une empreinte de réalisation distincte et abordant des questions profondes avec un style artistique raffiné.

Le département cinéma de la Fondation Abdul Hameed Shoman, dirigé par le critique de cinéma Adnan Madanat, consacre ses activités à la conviction profonde que le cinéma est l’un des outils d’expression culturelle les plus influents. Aussi s’efforce-t-il de présenter des projections de qualité sélectionnées, accompagnées de séances de discussion et d’analyse visant à approfondir la compréhension et à stimuler un débat cinématographique constructif.

Les œuvres du réalisateur Habib Mestiri qui seront projetés à cette occasion sont ‘Wed’’ et ‘‘Weld El Akri’’. Au programme aussi une rencontre avec le réalisateur qui parlera de son expérience du cinéma documentaire et du film de fiction.

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Féminicides en Tunisie | Deux drames enregistrés en moins d’une semaine !

En moins d’une semaine, deux drames familiaux ayant entraîné la mort de deux femmes ont été enregistrés dans les gouvernorats de Tataouine et de Médenine, déplore l’association de défense des droits des femmes, Aswat Nissa.

Les autorités locales et les sources sécuritaires ont rapporté deux drames distincts survenus entre le 27 et le 29 avril 2026 : le premier a été enregistré à Tataouine, où un individu a tué sa sœur au domicile familial. Au cours de cette même agression, il a grièvement blessé sa mère, qui a été admise en soins intensifs, où son pronostic vital reste engagé.

Le second drame a eu lieu à Béni Khedache, dans le gouvernorat de Médenine, où un jeune a été interpellé suite au meurtre, hier, de sa mère.

Dans son communiqué, Aswat Nissa pointe à nouveau du doigt les lacunes dans l’application de la législation en vigueur, alors que les crimes commis dans la sphère privée semblent marquer une recrudescence.

Y. N.

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Projection du film « À voix basse » en présence de Leyla Bouzid (Bande-annonce)

L’Institut français de Tunisie (IFT) propose la projection du film « À voix basse » en présence de Leyla Bouzid et de l’équipe du film.

Le rendez-vous est donné pour ce samedi 2 mai à 19h à l’auditorium de l’IFT et les billets (Tarif : 6 DT) sont en vente à l’accueil de l’IFT et en ligne sur son site web.

—- Synopsis —-

De retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, Lilia retrouve une famille qui ignore tout de sa vie à Paris. Déterminée à percer le mystère de la mort soudaine de son oncle, Lilia se retrouve confrontée aux secrets de famille, dans une maison où cohabitent trois générations de femmes.

Bande-annonce

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Orages et fortes pluies attendus ce vendredi | Les régions concernées

L’Institut national de la météorologie (INM) a émis une alerte météo annonçant des conditions météorologiques instables pour la journée du vendredi 1er mai 2026 dans différentes zones du pays.

Selon les prévisions de l’INM, la situation météorologique deviendra favorable, dès l’après-midi du vendredi 1er mai, à l’apparition de cellules orageuses actives sur les régions de l’Ouest du pays.

La vigilance est particulièrement de mise pour les gouvernorats du Kef, de Siliana, de Kasserine, de Sidi Bouzid et de Gafsa, indique l’INM qui précise que ces orages seront accompagnés de pluies localement abondantes avec des cumuls variant entre 30 et 50 millimètres.

Lors du passage des cellules orageuses, des rafales de vent temporaires pourront dépasser les 70 km/h et les citoyens des zones concernées sont appelés à la prudence, notamment lors des déplacements, en raison des risques de ruissellement et de visibilité réduite.

Y. N.

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Suspension de la LTDH | L’Union européenne exprime sa « profonde préoccupation »

L’Union européenne exprime sa profonde préoccupation face à la suspension de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), une organisation emblématique de la société civile tunisienne, un acteur essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme en Tunisie, et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix 2015.

L’Union européenne réaffirme son engagement en faveur de son partenariat avec la Tunisie et continuera à soutenir son peuple dans les efforts pour consolider les institutions démocratiques et promouvoir les droits de l’homme.

Nous appelons les autorités tunisiennes à rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays.

L’Union européenne continuera à suivre de près la situation et à engager un dialogue avec les autorités tunisiennes pour promouvoir les droits de l’homme et l’État de droit dans le pays, conformément à l’Accord d’association UE-Tunisie et aux obligations nationales et internationales de la Tunisie.

Communiqué

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Affaire Zied El-Heni | La date du verdict annoncée

Le journaliste Zied El-Heni a comparu ce jeudi 30 avril 2026 devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis.

À l’issue de l’audience tenue ce jour, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré pour rendre son jugement le 7 mai prochain.

Cette comparution fait suite à une période de détention préventive visant Zied El-Heni depuis le 26 avril dernier, qui pour rappel est poursuivi pour des faits d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ».

Placé initialement en garde à vue après son audition, le journaliste reste dans l’attente de la décision finale de la cour qui déterminera l’issue de cette procédure particulièrement suivie par la profession.

Y. N.

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Affaire de « l’appareil secret » d’Ennahdha | Procès reporté au 8 mai

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé, lors de son audience, de reporter l’examen de l’affaire dite de « l’appareil secret du mouvement Ennahdha ».

La Cour a fixé la prochaine audience au 8 mai prochain et a, par ailleurs, rejeté l’ensemble des demandes de remise en liberté déposées par les avocats de la défense.

Le report a été prononcé suite à la demande des avocats de la défense, qui souhaitent disposer de plus de temps pour préparer leurs dossiers.

Pour rappel, cette affaire concerne plus de trente accusés, incluant des figures politiques de premier plan et d’anciens cadres sécuritaires, à l’instar d’Ali Larayedh, ancien ministre de l’Intérieur, a comparu à distance depuis la prison civile de Mornaguia, de Rached Ghannouchi ou encore Fethi Baldi et d’autres suspects qui sont toujours en fuite.

Y. N.

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Mehdi Ben Gharbia condamné en appel à 5 ans de prison

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis, spécialisée dans les affaires de corruption financière, a confirmé le jugement initial condamnant l’homme d’affaires Mehdi Ben Gharbia à cinq ans de prison et à une amende de plus de 48 millions de dinars, dans une affaire de nature financière et bancaire, selon le dossier et les enquêtes, rapporte Mosaïque.

Placé en garde à vue le 17 octobre 2021, l’homme politique, ancien constituant et ancien député, également ancien président du Club athlétique bizertin (CAB), est accusé de fraude fiscale et blanchiment d’argent au sein de deux de ses entreprises de fret (World Freight Service et Chronofret). Ses avocats dénoncent des poursuites à caractère politique et des dépassements en matière de droits de l’homme et de délai de détention de leur client.

En janvier 2025, il est condamné à quatre ans de prison et à une amende de 50 000 dinars pour corruption financière et administrative.

En mai 2025, il est visé par un mandat de dépôt dans le cadre de l’affaire du meurtre en 2020 de Rahma Lahmar qui travaillait dans l’une de ses entreprises.

Le 2 mars 2026, il est condamné à six ans de prison pour corruption.

I. B.

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Tunisie | Rached Ghannouchi transféré de la prison à l’hôpital

Le mouvement Ennahdha a annoncé ce jeudi 30 avril, dans un communiqué, que l’état de santé de son chef, Rached Ghannouchi, s’était fortement dégradé, contraignant l’administration pénitentiaire à le transférer d’urgence à l’hôpital pour y être soigné et placé sous observation médicale pendant plusieurs jours.

L’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), gelée le 25 juillet 2021 avant d’être dissoute, âgé de 82, est condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs affaires à caractère politique.

Incarcéré en avril 2023, il est condamné, le 5 février 2025, à 22 ans de prison pour «conspiration contre la sûreté de l’État». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.

Ennahdha a réitéré sa demande de libération immédiate de M. Ghannouchi, qu’il considère comme «détenu arbitrairement», selon les termes du communiqué.

I. B.

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Amira Romani dans le ‘Top 50 Femmes en Allemagne’

Amira Romani, Senior Vice President Innovation & Technology Strategy chez Siemens Healthineers, figure parmi les lauréates des «Top 50 Femmes pour l’avenir de l’Allemagne» 2026, une distinction attribuée par Dup Unternehmerin dans la catégorie ‘Technologie et Intelligence Artificielle’.

Cette reconnaissance met en lumière son rôle majeur dans le développement et la promotion de l’innovation technologique appliquée à la santé à l’échelle internationale.

Originaire de Tunisie, Amira Romani incarne une réussite remarquable dans le domaine des technologies de pointe. Son parcours a été salué dès 2024 par Reconnectt, qui lui a décerné le prix Tunisian Woman in Tech of The Year 2023, soulignant son engagement et son impact dans l’écosystème technologique.

Une voix influente pour une innovation responsable

Au sein de Siemens Healthineers, Amira Romani pilote la stratégie globale d’innovation et supervise le développement de partenariats technologiques structurants. Elle dirige notamment le programme Shift, une initiative d’open innovation favorisant la collaboration entre entreprises, start-ups, institutions académiques et acteurs publics.

Elle contribue également à des projets d’envergure européenne, dont le consortium Access-AD, dédié à l’amélioration de l’accès aux diagnostics et aux thérapies précoces de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à des initiatives visant à optimiser la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

À travers ses actions, elle œuvre à accélérer la transformation numérique du secteur de la santé, en intégrant des solutions basées sur l’intelligence artificielle, tout en promouvant des modèles de soins plus durables et inclusifs.

«L’innovation en santé ne se limite pas aux technologies les plus récentes : elle consiste à aligner les personnes, les processus et les outils pour créer une valeur durable», déclare-t-elle.

Intervenante reconnue sur la scène internationale, Amira Romani partage régulièrement son expertise lors d’événements majeurs tels que le LSI Europe Summit. Elle y défend une vision d’une innovation centrée sur le patient, capable de répondre aux défis contemporains tels que le vieillissement des populations, la pénurie de personnel soignant et l’accès équitable aux soins.

Dirigeante internationale spécialisée en nanotechnologies et technologies médicales, à travers ses fonctions chez Siemens Healthineers, elle contribue activement à façonner l’avenir de la santé en s’appuyant sur l’innovation collaborative et les technologies de pointe.

Reconnectt et Tunisian AI Society saluent cette distinction, qui vient consacrer l’excellence des femmes tunisiennes dans les domaines des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), et tout particulièrement dans le champ de l’intelligence artificielle.

Elle souligne également leur contribution déterminante aux transformations technologiques et sociétales à l’échelle internationale, ainsi que leur rôle croissant dans la construction d’une innovation inclusive et durable.

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La BYD-isation en marche | Volkswagen et Nissan deviennent chinois

La BYD-isation est un nouveau concept pour redéfinir ce que signifie être compétitif dans un secteur donné : le produit chinois ne se contente pas de prendre des parts de marché, il devient la nouvelle référence.

Un article de Nikkei Asia publié le 24 avril, avec comme titre “De Volkswagen à Nissan, les fabricants automobile misent sur la fabrication à bas coût et les technologies embarquées chinoises pour exporter” nous en offre la preuve par l’exemple, grandeur nature. Les constructeurs étrangers ne se contentent plus de perdre des parts de marché en Chine : ils adoptent les méthodes chinoises pour survivre, et commencent à les exporter.

Voici comment les huit mécanismes identifiés pour caractériser la BYD-isation s’incarnent, désormais, dans les usines et les stratégies de Volkswagen, Nissan, Honda ou Hyundai.

A noter que cela ne se limite certainement pas à ces marques, Renault par exemple, menant déjà une expérimentation similaire.

1. Intégration verticale par procuration

Volkswagen ne produit pas ses puces, mais il a pris 5 % de l’entreprise chinoise Xpeng et fondé une coentreprise avec Horizon Robotics. Même chose pour Nissan avec Dongfeng pour l’architecture électrique et Momenta pour la conduite autonome. L’intégration verticale est devenue une condition d’accès à la technologie chinoise. Les étrangers ne la maîtrisent pas de l’intérieur, mais ils l’achètent et la verrouillent contractuellement. C’est une intégration verticale externalisée, un oxymore qui résume leur dépendance nouvelle.

2. Effet de ciseau subi, puis retourné

Les marques historiques sont prises entre la pression sur les prix et la montée en gamme technologique chinoise. Volkswagen le dit crûment : ses marges en Chine passeront de deux chiffres à 4-6 %, et son objectif de vente à 3,2 millions d’unités est en baisse de 20 % par rapport au précédent. La réponse consiste à utiliser les coûts chinois pour fabriquer des voitures que l’on vendra ailleurs. Le ciseau qui les écrasait devient, espèrent-ils, l’outil de leur reconquête mondiale.

3. Accélération des cycles de développement

Volkswagen annonce avoir réduit de 30 % le cycle de développement de ses véhicules électriques en Chine. Le standard implicite est désormais de douze à dix-huit mois, contre cinq à sept ans auparavant. Nissan développe en parallèle dix modèles électriques et hybrides sur le sol chinois. Ce rythme n’est plus une prouesse chinoise : il est devenu la cadence minimale pour rester dans la course.

4. Diffusion et standardisation de l’écosystème chinois

Les modèles produits en Chine ne restent pas en Chine. Volkswagen veut exporter vers l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud. Nissan expédie déjà son pick-up hybride Frontier Pro vers l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est. Honda introduit au Japon une voiture électrique fabriquée en Chine. Résultat : les standards chinois (batteries, puces, logiciels) voyagent sous pavillon allemand ou japonais, contournant les barrières politiques.

5. Substitution technologique discrète

Le recours aux puces d’Horizon Robotics, aux systèmes de conduite autonome de Momenta, à l’assistant vocal de Huawei (sur la Nissan Teana) signe une substitution des fournisseurs occidentaux traditionnels. Les semi-conducteurs et les logiciels critiques deviennent chinois, sans que le client final ne le voie nécessairement.

6. Le marché chinois comme laboratoire et tremplin

La formule «in China, for global» («fabriqué en Chine, pensé pour le monde») est la traduction explicite de ce mécanisme. Le marché intérieur chinois sert de banc d’essai géant pour des technologies qui, une fois éprouvées, sont exportées. Volkswagen reconnaît que «l’expérience de la vitesse d’innovation en Chine» peut être transposée à d’autres régions. C’est le marché tremplin par excellence.

7. Coordination implicite avec les priorités publiques chinoises

L’article de Nikkei ne le dit pas, mais il est évident que ces coopérations s’inscrivent dans la stratégie nationale chinoise d’autonomie technologique. Les coentreprises avec Dongfeng (public) et l’accès au marché chinois restent conditionnés à des transferts de technologie et à l’intégration de l’écosystème local. La coordination se fait sans planification explicite, par alignement d’intérêts.

8. Proposition de systèmes complets, à la chinoise

Les véhicules présentés au salon de Pékin ne sont pas des produits isolés, mais des systèmes intégrant matériel, logiciel, connectivité smartphone (Huawei), conduite autonome et services cloud. Le package complet, conçu en Chine, sera exporté tel quel. La BYD-isation ne désigne plus seulement BYD : elle décrit le nouveau mode de production automobile mondial.

Conclusion provisoire : la défaite comme stratégie

Les constructeurs étrangers ne se battent plus contre la BYD-isation. Ils l’adoptent faute d’alternative, et deviennent ainsi les vecteurs de son expansion planétaire. C’est une défaite stratégique transformée en plan de survie. Mais à force d’épouser les méthodes de l’adversaire, ne risque-t-on pas de devenir soi-même l’adversaire ?

Pendant ce temps, en France, Le Monde titrait «Les constructeurs automobiles chinois convoitent les usines européennes pour percer sur le Vieux Continent». L’article d’Éric Béziat, bien informé, détaille la valse des visites chinoises chez Stellantis, Volkswagen, Nissan. Mais il s’arrête à la surface industrielle : droits de douane, surcapacités, volumes d’export. Pas un mot sur l’écosystème logiciel, l’IA embarquée, la pile CANN, HarmonyOS… Or ces usines européennes qui tournent à 55 % de leurs capacités ne vont pas seulement assembler des tôles et des batteries. Elles vont devenir des points d’ancrage de l’empire chinois du software. C’est cela, la BYD-isation, et elle avance pendant que les grands médias regardent ailleurs.

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