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«Biat O’Vert» | La Biat s’engage davantage dans la finance durable

La Biat lance «Biat O’Vert», une nouvelle offre dédiée au financement de la consommation et des projets responsables et à impact environnemental positif. Cette nouvelle offre s’inscrit pleinement dans la démarche de développement durable de la banque et consolide son engagement en faveur de la transition énergétique.

Dans un contexte où la transition écologique constitue un enjeu majeur, la demande en solutions de financement responsables continue de progresser de manière soutenue en Tunisie, portée par une volonté croissante de réduire l’empreinte carbone, par le développement des énergies renouvelables et par l’adoption de modes de consommation plus respectueux de l’environnement.

Face à ces enjeux, la Biat met à la disposition de ses clients, particuliers, professionnels et entreprises, sa nouvelle offre «Biat O’Vert» destinée à accompagner la réalisation de leurs projets à valeur environnementale.

Cette initiative traduit la volonté de la banque de proposer des solutions concrètes en réponse aux nouveaux besoins du marché.

Des conditions de financement avantageuses

Dédiée au financement d’un large éventail de projets, «Biat O’Vert» repose sur des conditions de financement avantageuses et adaptées aux spécificités de chacun d’entre eux, permettant ainsi de faciliter l’accès à des investissements durables.

Pour les particuliers et les professionnels, «Biat O’Vert» se décline en deux variantes :
«Biat O’Vert Rénov» facilite la réalisation de travaux liés à la réduction de la consommation d’énergie des logements et à l’amélioration de la gestion de l’eau, la modernisation d’équipements à fort impact environnemental et l’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables, tandis que ««Biat O’Vert Auto» favorise l’adoption de solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement à travers l’acquisition de véhicules hybrides ou électriques.

Cette offre accompagne également les entreprises dans leurs projets de transformation durable, de modernisation énergétique et de réduction de leur impact environnemental grâce à la variante «Biat O’Vert Entreprises».

Avec «Biat O’Vert», la Biat franchit une nouvelle étape en transformant ses financements en leviers de durabilité et en apportant des réponses adaptées aux attentes du marché.

A travers cette initiative, elle renforce son positionnement de banque citoyenne, innovante et confirme son engagement à soutenir la transition énergétique et à promouvoir les projets écoresponsables pour un avenir plus durable.

Acteur de référence en Tunisie

Banque universelle, acteur de référence en Tunisie, la Biat constitue aujourd’hui un groupe bancaire solide avec ses filiales dans les domaines de l’assurance, de la gestion d’actifs, du capital-investissement, de l’intermédiation boursière et du conseil.

Implantée sur tout le territoire, la Biat compte aujourd’hui 206 agences à travers toute la Tunisie. Près de 2500 collaborateurs travaillent au service de tous ses clients : particuliers, professionnels, PME, grandes entreprises et institutionnels.

Très attentive à sa responsabilité sociétale, la Biat a traduit son positionnement citoyen par de nombreux engagements. La création de la Fondation BIAT pour la jeunesse tunisienne, au printemps 2014, en est emblématique et ancre cet engagement de façon pérenne.

Communiqué.

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La Villa Baizeau fait revivre l’héritage de Le Corbusier à Carthage

La Villa Baizeau à Carthage, unique création africaine de Le Corbusier, retrouve une place centrale sur la scène culturelle tunisienne à l’occasion des célébrations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse. Un programme allie art contemporain, réflexion architecturale et valorisation du patrimoine moderne.

L’ambassade de Suisse a présenté cette initiative comme l’ouverture d’une année commémorative dédiée aux personnalités suisses ayant marqué durablement la Tunisie.

L’événement phare de ce programme sera l’exposition «Ma maison est un Le Corbusier (Villa Baizeau)» de l’artiste italien Cristian Chironi, qui se tiendra du 3 avril au 17 juin 2026 au Centre d’art contemporain La Boîte à Tunis.

Ce projet s’inscrit dans une démarche initiée par Chironi en 2015, fondée sur l’idée d’«habiter» de manière critique l’architecture de Le Corbusier afin d’interroger son héritage culturel et urbain contemporain.

Mémoire, paysage et modernisme

Au cœur du projet se trouve la Fiat 127 Special «Caméléon», utilisée lors de la performance itinérante «Carthage Drive» les 24 et 25 mars, comme extension mobile de l’exposition. Plus qu’un simple accessoire, la voiture devient un dispositif narratif et performatif grâce auquel l’artiste met en mouvement mémoire, paysage et modernisme, transformant le trajet urbain en une expérience esthétique et critique.

Cette initiative est organisée en collaboration avec la Fondation Le Corbusier, l’Association tunisienne pour la recherche en architecture et l’École nationale supérieure d’architecture et d’urbanisme (Enau) de Tunis, avec le soutien de l’Institut culturel italien en Tunisie, de l’ambassade d’Italie en Tunisie et de la Coopération suisse en Tunisie.

Le projet sera accompagné d’une publication des Éditions Lenz et d’une conférence le 2 avril à l’Enau, dans le cadre de la Journée du design italien, avec la participation, entre autres, de Brigitte Bouvier de la Fondation Le Corbusier, de Tarek Baccouche, directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP), et de l’architecte Chacha Atallah.
Cette initiative culturelle ne se limite pas à une simple exposition ; elle vise à relancer le débat autour d’un édifice singulier dans l’histoire de l’architecture tunisienne et du XXe siècle. Construite entre 1928 et 1930 sur la colline Sainte-Monique, dominant la mer à Carthage, la villa fut commandée par l’entrepreneur Lucien Baizeau et conçue par Le Corbusier sans que l’architecte ne se rende jamais sur place, travaillant à distance à partir de photographies, de plans et de correspondance. La Fondation Le Corbusier la considère comme le seul projet architectural qu’il ait conçu en Afrique.

L’architecture corbuséenne adaptée au climat méditerranéen

Sur le plan formel, la Villa Baizeau est perçue comme une étape majeure dans le développement du langage corbuséen adapté au climat méditerranéen. L’édifice intègre les principes de la Maison Dom-Ino et les «cinq points» de l’architecture moderne : un plan ouvert, des façades détachées de la structure, de vastes terrasses en surplomb pour se protéger du soleil et des vents chauds, et un système de ventilation naturelle assurant la circulation de l’air du rez-de-chaussée jusqu’au toit.

Le thème même de la protection solaire, déjà encouragé par le client, est interprété par les spécialistes comme l’un des prémices du développement ultérieur du brise-soleil dans l’œuvre de Le Corbusier.

L’histoire de la villa est cependant aussi celle d’un retrait progressif du regard public. Après l’indépendance de la Tunisie, le bâtiment fut nationalisé en 1961 et intégré au périmètre du palais présidentiel de Carthage. Selon la Fondation Le Corbusier, il abrite aujourd’hui les archives de l’Agence générale de renseignement tunisienne et est de fait inaccessible. Ces dernières années, cette inaccessibilité même a contribué à en faire un objet quasi mythique pour les architectes, les chercheurs et les acteurs culturels, alimentant des initiatives d’exposition et des projets de réinterprétation artistique, comme celui actuellement mené à Tunis.

Dans le contexte tunisien, la redécouverte de la Villa Baizeau s’inscrit également dans un processus plus large de reconnaissance du patrimoine moderniste. Un article publié par Archibat et signé par un architecte de l’INP rappelle que le dossier de protection juridique du bien a été validé par la Commission nationale du patrimoine en juillet 2023 et qu’un décret du ministère des Affaires culturelles relatif à la protection des monuments historiques et archéologiques a été publié au Journal officiel tunisien le 26 janvier 2024. Il s’agit d’une étape importante, car elle témoigne d’une attention croissante portée à un patrimoine architectural longtemps resté marginalisé par rapport au patrimoine archéologique et monumental plus connu du pays.

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La Tunisie teste un film anti-évaporation sur les barrages

La Tunisie, qui souffre d’un stress hydrique structurel dû au réchauffement climatique, a lancé un essai pilote à Lebna (photo), dans le Cap Bon, visant à réduire l’évaporation de l’eau stockée dans les barrages, l’une des principales sources de pertes pour le système hydrique national durant l’été. La technique consiste à appliquer un film protecteur mince à la surface de l’eau afin de limiter l’évaporation.

Cette initiative a été annoncée par le secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, en marge de la signature, le 30 mars 2026, de 14 contrats de programmes de recherche au Centre de biotechnologie Borj Cédria, dans le gouvernorat de Ben Arous.

Le projet pilote est en cours au barrage de Lebna, dans le gouvernorat de Nabeul, où des tests en laboratoire ont débuté pour évaluer l’impact du matériau sur l’eau potable et l’irrigation, avant une éventuelle extension à d’autres infrastructures.

Habaieb a expliqué que la Tunisie perd près d’un million de mètres cubes d’eau par jour par évaporation en été, un volume que les autorités comparent à la consommation cumulée du Grand Tunis, de Nabeul, du Sahel et de Sfax.

L’installation de panneaux solaires flottants figure parmi les solutions envisagées pour atténuer l’impact de la chaleur et du changement climatique sur les ressources en eau.

Ce test intervient alors que les réservoirs du pays connaissent une relative amélioration. Au 30 mars, le taux de remplissage des barrages tunisiens atteignait 58 %, un niveau qualifié de «rassurant» par les autorités et supérieur à celui de la même période l’an dernier.

Les récentes pluies en Tunisie ont également contribué à la remontée des nappes phréatiques, atteignant près de quatre mètres par endroits. Cette amélioration est cependant inégale. Dans le dernier bilan régional publié le 24 mars, Habaieb a indiqué des niveaux supérieurs à 67 % dans le Nord et à plus de 90 % au Cap Bon, tandis que les barrages du Centre restaient stables entre 12 et 13 %. Dans le même temps, le secrétaire d’État a évoqué une augmentation des réserves d’environ 500 millions de mètres cubes par rapport à l’année précédente.

La Banque africaine de développement (BAD) décrit le pays comme souffrant de pénuries d’eau chroniques, avec moins de 450 mètres cubes d’eau par habitant et par an, soit en dessous du seuil de pénurie absolue fixé à 500 mètres cubes.

Le gouvernement a reconnu la sécheresse comme une catastrophe naturelle pour la campagne agricole 2023-2024 dans 12 gouvernorats, signe que la restauration des barrages ne suffira pas à effacer les effets cumulés de plusieurs années de stress hydrique.

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Tunis | Le Festival du film palestinien au cinéma Le Rio

La Tunisie s’apprête à accueillir la première édition du Festival du film palestinien, qui se tient du 2 au 12 avril 2026 au cinéma Le Rio à Tunis, avec le réalisateur Michel Khleifi comme invité d’honneur.

Selon les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans une saison culturelle où la thématique palestinienne continue d’être présente à travers le langage cinématographique, ainsi que dans le débat public et citoyen tunisien.

L’événement vise à présenter le cinéma palestinien non seulement comme un témoignage politique, mais aussi comme une production artistique autonome, capable de raconter la mémoire, l’identité, l’exil et le quotidien.

Cette première édition est dédiée à la mémoire de Maître Ismaïl Al Junaidi, avocat palestinien originaire d’Hébron, qui avait choisi la Tunisie comme seconde patrie, soulignent les organisateurs.

La présence de Michel Khleifi confère au festival une forte dimension symbolique. Né à Nazareth en 1950, Khleifi est considéré par les sources biographiques officielles comme l’un des fondateurs du cinéma palestinien contemporain et l’une de ses voix les plus influentes. Parmi ses œuvres les plus connues figure ‘‘Noce en Galilée’’, film de 1987 primé à l’international, qui sera projeté au Rio aujourd’hui, jeudi 2 avril.

Michel Khleifi.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte tunisien déjà sensible au cinéma palestinien. Lors du Festival international du film de Carthage de 2025, la Palestine était déjà à l’honneur avec des hommages et des œuvres dédiées, signe d’une continuité culturelle qui trouve aujourd’hui une nouvelle forme dans un festival entièrement consacré à cette production.

En ce sens, le nouvel événement du Rio apparaît comme une nouvelle étape de l’engagement historique de la Tunisie envers la cause palestinienne, traduit ici dans un contexte culturel et cinématographique.

Dans le paysage culturel tunisien, la mission du festival est double : d’une part, offrir une plateforme stable aux réalisateurs, aux œuvres et aux récits palestiniens, et d’autre part, consolider la place de Tunis comme un centre névralgique du cinéma d’auteur lié aux grandes problématiques méditerranéennes et moyen-orientales.

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In Memoriam | Sadok Belaid tel que je l’ai connu

Hommage au Doyen Sadok Belaid, décédé le 7 mars 2026 à 87 ans, que j’avais eu comme professeur de droit constitutionnel en première année à Faculté de droit et des sciences politiques et économiques de Tunis (1977), de droit international public, en troisième année (1979) et de droit international en DEA (1982).

Raouf Chatty *  

A l’époque, il n’avait que 33 ans, quand il succéda à Chedly Ayari, appelé à des fonctions ministérielles, au poste de Doyen. Son nom était sur toutes les lèvres. Il avait la stature et la réputation d’un grand professeur et d’un excellent manager. Étudiants comme enseignants, maîtres de conférences, maitres -assistants et assistants lui vouaient un grand respect, car il était le premier Tunisien agrégé en droit public de l’université de la Sorbonne.

L’homme, réputé pour sa rigueur et sa fermeté, tenait la faculté en main et rien ne lui échappait. Ceux qui l’avaient côtoyé de près se félicitaient de son honnêteté intellectuelle, de son intelligence portée par un remarquable esprit de synthèse, de ses capacités de gestion et de son sens aiguë du rôle que doit jouer l’université dans la vie de la nation. 

Un grand maître.

Par sa présence, son aura, son choix vestimentaire (il était souvent en costume noir), le sérieux et la rigueur qu’il dégageait, sa science et sa pédagogie, il ne passait pas inaperçu. C’était ce qu’on appelle un grand maître.

Chaque fois qu’il entrait dans l’amphithéâtre 1, à 9 heures tapantes, toujours ponctuel, pour son cours de droit constitutionnel, il posait son porte-documents en cuir noir sur le pupitre et entamait ses conférences devant plusieurs centaines d’étudiants. Les portes de l’amphithéâtre étaient aussitôt refermées et aucun retardataire ne se hasardait à s’annoncer, sachant que celles et ceux qui avaient osé le faire furent renvoyés sèchement et illico presto, le Professeur Belaid ne tolérant aucun retard et avait horreur de voir ses conférences perturbées de quelque manière que ce soit. 

Les étudiants, pour leur part, se précipitaient pour être aux premières loges. Ils prenaient plaisir à suivre studieusement ses conférences qui étaient bien structurées, claires et concises, alliant érudition, rigueur et pédagogie. 

Le Professeur Belaid, qui maniait brillamment la langue de Molière, ce qui lui permettait de familiariser les étudiants que nous étions aux concepts de sa discipline, le droit constitutionnel. Il avait d’ailleurs beaucoup de facilité à faire comprendre les idées et les thèmes qu’il développait avec une évidente aisance. Il faut dire que cette aisance était le fruit d’un grand travail, car il préparait minutieusement ses conférences et ne laissait rien au hasard. Il était d’autant plus exigeant avec les autres qu’il l’était, d’abord, avec lui-même. Son but fondamental était que les étudiants disposent des clés indispensables pour se familiariser avec la discipline enseignée, en comprendre les tenants et aboutissants et ne pas se perdre dans les détails… Sa méthode nous aidait beaucoup dans les recherches que nous faisions et dans nos lectures des ouvrages spécialisés de grands juristes français comme Maurice et André Hauriou, Georges Burdeau, Maurice Duverger et autres Marcel Waline.

Le Professeur Belaid dispensait ses conférences comme un mathématicien soucieux de logique et de sens. 

Ironie, drôlerie et finesse d’esprit

Le sérieux qui caractérisait sa démarche n’excluait pas un humour fin. Qui ne se souvient de ses réparties sarcastiques pleines de finesse, comme de ses réactions virulentes lorsque des étudiants étrangers à la faculté envahissaient l’amphithéâtre pour faire sortir de force les étudiants et les obliger à assister aux assemblées générales qu’ils tenaient dans l’enceinte de la faculté ?

Dans de telles circonstances, le Professeur Belaid agit en démocrate en s’adressant, micro en main, à l’amphithéâtre pour inviter les étudiants voulant participer aux AG à le faire de plein gré. Comme très peu d’étudiants se laissaient intimider par les appels des organisateurs des AG et préféraient suivre le cours, le Professeur Belaid en prenait immédiatement acte, donnait l’ordre aux agitateurs de quitter immédiatement l’amphithéâtre et continuait calmement à donner sa conférence, comme si de rien n’était. 

Interpellant, un jour, une étudiante qui, voulant se faire remarquer, défonça la porte de l’amphithéâtre, vingt minutes après le commencement du cours, il lui intima l’ordre de quitter les lieux en prenant soin de lui faire remarquer : «Mademoiselle, la faculté a ses règles qui doivent être respectées.»

Aux étudiants qui s’inquiétaient de la grande sélection aux épreuves de première et de deuxième année, le pourcentage des admis en premier cycle (Deug) ne dépassant jamais les 25% du nombre des candidats, sessions de juin et de septembre comprises, il répondait de manière sarcastique : «Ne vous en faites pas, vous serez licenciés d’une manière ou d’une autre !». Ainsi, tout le monde savait à quoi s’en tenir et redoublait d’effort pour traverser le cap.

Quant aux sujets qu’il donnait pour les examens de fin d’année, souvent redoutés par les étudiants, ils étaient souvent axés sur des questions transversales qui faisaient appel à l’intelligence des étudiants et à leur capacité de synthèse. Il accordait une grande importance à la manière avec laquelle ses étudiants abordaient ces sujets.

Lors de la correction des épreuves, il était intraitable sur la question du plan en deux parties, tout comme sur l’esprit de synthèse, la rigueur de l’analyse et la clarté de la dissertation.

Je me rappelle, à titre d’exemples, de ces sujets que nous avions eu à traiter : «Constitutions coutumières et coutumes constitutionnelles» ou encore «Un État peut-il vivre sans Constitution ?» Celles et ceux qui obtenaient une bonne note, c’est-à-dire 16/20 dans le meilleur des cas, étaient félicités par leurs camarades qui cherchaient à connaître les secrets de leur performance. 

A ce sujet, le Professeur Belaid avait pris coutume de dire : «L’essentiel ce n’est pas de travailler, mais plutôt de savoir comment travailler. Je veux des têtes bien faites et non des têtes pleines.»

Par ailleurs, celles et ceux qui ont l’honneur de préparer des mémoires de troisième cycle ou des thèses de doctorat sous sa direction se rappellent toujours des séances harassantes et exigeantes qu’ils ont eues avec lui, travaillant au peigne fin leurs brouillons, ne laissant rien passer sans le soumettre à la loupe de la rigueur et de la méthode, exigeant de tout doctorant de grands efforts pour apporter du nouveau et s’éloigner des sentiers battus.

Chaque thèse de doctorat prenait quatre années de travail acharné pour voir le jour. Le récipiendaire pouvait légitimement se targuer d’avoir eu pour directeur de thèse le Doyen Belaid. A ce propos, feu Lazhar Bououny, futur professeur de droit, Doyen et ministre, et qui fut son assistant de droit constitutionnel en 1976/1977, me racontait les souffrances endurées lors de la préparation de sa thèse de doctorat sous la direction du Doyen Belaid, pour qui il avait un profond respect. 

Il a formation de hauts cadres de la nation

Je me rappelle toujours de la soutenance de thèse de doctorat d’État de droit public de Hafedh Ben Salah, devenu ultérieurement doyen de la Faculté de droit et ministre. Ce dernier avait travaillé sous le patronage du Doyen Belaid. Son travail était de l’avis de tous réellement un chef d’œuvre de rigueur. Cela n’avait pas empêché un membre du jury, lors de la soutenance, devant une salle archicomble, en présence de hauts magistrats, d’universitaires et de certains ministres, de lui lancer des fléchettes, pour entendre le Doyen Belaid lui rétorquer : «Maintenant que vous avez lancé vos fléchettes au candidat, je souhaite vous dire que nous les recevons avec bonheur.» Ce à quoi, le concerné, qui était assis à l’extrême droite de la table, est monté au créneau pour signifier avec tact au Doyen  Belaid : «Ni la gauche ni la droite ne soutiennent le centre», allusion faite au Professeur Belaid qui était assis, ce jour-là, au centre de la table du jury. Le prenant à la lettre, ce dernier lui rétorqua : «Le centre n’a pas besoin de soutien, du fait qu’il se tient de lui-même», au grand bonheur des présents, qui avaient apprécié ce tic-au-tac entre deux grands juristes.

En pleine année universitaire 1979, des rumeurs ont couru qui prêtaient au Professeur Belaid d’avoir refusé le poste de ministre de l’Enseignement supérieur que venait de lui proposer le Premier ministre de l’époque, Hedi Nouira. Ces rumeurs étaient fondées. Les milieux universitaires en étaient au courant. Le poste est reviendra au vice-doyen de la Faculté de droit, Abdelaziz Ben Dhia, professeur de droit civil et ami de longue date du Doyen Belaid…

Ce dernier croyait fermement au rôle de l’université dans la formation de hauts responsables de la nation, des cadres rigoureux, disciplinés, honnêtes, ayant le sens de l’honneur et du travail bien accompli et capables de jouer pleinement leurs rôles dans le développement de la Tunisie. Il avait largement contribué à doter notre pays de centaines de cadres supérieurs qui lui sont redevables de ce qu’ils sont devenus.

Le Doyen Belaid restera toujours l’exemple à suivre par toute personne imbue d’amour pour son pays. Paix à son âme. Puisse le Tout Puissant lui accorde miséricorde et l’accueillir dans son éternel paradis.

* Ancien ambassadeur.  

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Tunisiepara | La parapharmacie la moins chère en Tunisie

En Tunisie, les habitudes de consommation évoluent rapidement, notamment dans le domaine de la santé et du bien-être. Les consommateurs recherchent aujourd’hui des produits à la fois fiables, accessibles et proposés à des prix raisonnables. Dans ce contexte, Tunisiepara.com s’impose progressivement comme une solution innovante, en mettant à disposition une large gamme de produits de parapharmacie à des tarifs particulièrement compétitifs.

Grâce à un positionnement clair, Tunisiepara.com attire une clientèle variée, composée aussi bien de familles que de jeunes actifs ou de personnes soucieuses de leur santé et de leur budget. La plateforme répond ainsi à une demande croissante pour une parapharmacie en ligne accessible et économique en Tunisie.

Les meilleurs prix du marché grâce à une veille tarifaire permanente

L’un des principaux atouts de Tunisiepara repose sur sa politique de prix. Contrairement aux modèles traditionnels, la plateforme a mis en place une veille quotidienne des prix pratiqués sur le marché tunisien. Cette approche permet d’ajuster régulièrement les tarifs afin de rester compétitif.

L’objectif est d’offrir aux consommateurs tunisiens les meilleurs prix possibles, sans compromettre la qualité des produits. Lorsqu’un écart est constaté, les équipes procèdent à un ajustement rapide afin de garantir un positionnement avantageux.

Une nouvelle référence pour consommer mieux et moins cher

Grâce à cette stratégie, Tunisiepara s’impose aujourd’hui comme la parapharmacie la moins chère en Tunisie. Ce positionnement répond à une réalité économique où le pouvoir d’achat constitue un critère déterminant dans les décisions d’achat.

Cette approche permet de rendre accessibles des produits essentiels, notamment dans les domaines des soins pour bébés, des compléments alimentaires et des produits dermatologiques, tout en maintenant un niveau de qualité élevé.

Un catalogue complet : plus de 10 000 produits disponibles

Tunisiepara propose un catalogue riche de plus de 10 000 produits, couvrant l’ensemble des besoins du quotidien. On y retrouve notamment des produits pour bébé et maternité, des soins capillaires et anti-chute, des compléments alimentaires, des soins du visage et du corps, ainsi que des écrans solaires adaptés au climat tunisien et des produits d’hygiène.

Cette diversité permet aux consommateurs de trouver facilement des solutions adaptées à leurs besoins, en un seul espace, sans avoir à multiplier les points d’achat.

Une offre adaptée aux réalités locales

La sélection des produits tient compte des spécificités du marché tunisien. La demande en protection solaire, par exemple, est particulièrement élevée dans les régions du sud et sur les zones côtières, tandis que les compléments alimentaires et les soins capillaires restent très sollicités sur l’ensemble du territoire.

Qualité et contrôle : laboratoire interne pour tester les produits

Au-delà de la question des prix, Tunisiepara accorde une attention particulière à la qualité des produits proposés. La plateforme dispose d’un laboratoire interne dédié au test et au contrôle des produits avant leur mise en vente.

Cette démarche permet de garantir l’authenticité des produits, leur conformité aux normes ainsi que leur efficacité. Les contrôles sont réalisés avec l’appui de professionnels, notamment des consultants en parapharmacie et des dermatologues, afin d’assurer une sélection rigoureuse.

Des marques reconnues et accessibles

Tunisiepara travaille avec plusieurs marques internationales reconnues telles que La Roche-Posay, SVR, Uriage, Eucerin, Avène, Mustela, Bioderma ou encore Vichy.

La plateforme est également partenaire officiel et unique en Tunisie de la marque APEDERM, ce qui lui permet de proposer des produits exclusifs, difficilement accessibles ailleurs sur le marché local.

Grâce à sa politique de prix, ces marques deviennent plus accessibles à une large partie de la population tunisienne.

Expérience client simplifiée : accessibilité et accompagnement

Tunisiepara propose une expérience utilisateur fluide, avec un site accessible 24h/24 et 7j/7. Les commandes peuvent être effectuées à tout moment, avec une livraison assurée sur l’ensemble du territoire tunisien.

En parallèle, une équipe dédiée reste disponible pour accompagner les clients dans leurs choix et répondre à leurs questions via différents canaux de communication. Cet accompagnement permet d’orienter les utilisateurs vers les produits les plus adaptés à leurs besoins.

Des avantages concrets

Tunisiepara propose également plusieurs services destinés à faciliter l’expérience d’achat, notamment la livraison gratuite à partir d’un certain montant, le paiement sécurisé à la livraison, ainsi que des promotions régulières et des ventes flash tout au long de l’année. Le service client reste disponible en continu, y compris pendant les jours fériés.

Tunisiepara, un modèle qui s’inscrit dans la durée

En combinant prix compétitifs, diversité de l’offre et exigence en matière de qualité, Tunisiepara s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur de la parapharmacie en ligne en Tunisie.

Son positionnement basé sur l’accessibilité et la transparence répond aux attentes actuelles des consommateurs, tout en accompagnant l’évolution du secteur vers des solutions plus modernes et plus pratiques.

Avec une croissance continue et une stratégie centrée sur les besoins du marché, Tunisiepara confirme sa place parmi les plateformes les plus attractives pour l’achat de produits de parapharmacie en Tunisie, au meilleur prix.

Communiqué.

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Guerre d’Iran | Le scandale financier de Pete Hegseth !

Le Financial Times, en se basant trois sources, a révélé qu’un courtier travaillant pour le secrétaire américain à la Guerre Pete Hegseth a tenté de réaliser un investissement important dans une grande entreprise du secteur de la défense quelques semaines seulement avant le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.

Imed Bahri

Ces sources ont indiqué que le courtier de M. Hegseth qui travaille à Morgan Stanley avait contacté BlackRock, plus grand gestionnaire d’actifs au monde, en février, au sujet d’un investissement de plusieurs millions de dollars dans le fonds négocié en bourse (ETF) baptisé iShares Defense Industrials Active (IDEF) appartenant à la société de gestion d’actifs, peu avant le lancement des opérations militaires américaines contre Téhéran.

Les sources ont ajouté que cette demande, formulée pour le compte d’un client potentiel de premier plan avait fait l’objet d’une enquête interne chez BlackRock.

Selon BlackRock, le fonds IDEF doté de 3,2 milliards de dollars vise à «saisir les opportunités de croissance en investissant dans des entreprises susceptibles de bénéficier de l’augmentation des dépenses publiques en matière de défense et de sécurité, dans un contexte de fragmentation géopolitique et de concurrence économique»

Ses investissements les plus importants comprennent des géants de la défense tels que RTX, Lockheed Martin et Northrop Grumman dont le principal client est le Pentagone ainsi que la société d’intégration de données Palantir.

Suite à l’article du Financial Times, le porte-parole du Pentagone Sean Parnell a écrit sur la plateforme X : «Cette allégation est totalement fausse et inventée de toutes pièces. Le secrétaire Hegseth et ses représentants n’ont jamais contacté BlackRock au sujet d’un tel investissement»

BlackRock et Morgan Stanley ont refusé de commenter.

Un acteur clé de la guerre contre l’Iran

Hegseth est un acteur clé de la guerre contre l’Iran et l’un de ses plus fervents partisans au sein de l’administration Trump. Il se vante fréquemment de la puissance militaire américaine et n’hésite pas à instrumentaliser la religion chrétienne dans ce conflit. 

L’investissement évoqué par l’intermédiaire de Hegseth ne s’est finalement pas concrétisé car le fonds, lancé en mai de l’année précédente, n’était pas encore accessible aux clients de Morgan Stanley. Bien que les fonds négociés en bourse (ETF) soient conçus pour être achetés et vendus aussi facilement que des actions, leur large disponibilité fait que la plupart des grandes plateformes de courtage et de négociation n’offrent qu’une fraction des plus de 14 000 ETF actuellement existants.

On ignore si Hegseth a par la suite trouvé un autre fonds spécialisé dans la défense pour finaliser son investissement. Ces fonds sont prisés des investisseurs particuliers car ils offrent souvent des frais réduits et un traitement fiscal plus avantageux que les fonds communs de placement ainsi qu’une entrée et une sortie plus rapides.

Le fonds IDEF, coté au Nasdaq, a progressé de 28% l’an dernier mais n’a pas su tirer profit du conflit au Moyen-Orient, chutant d’environ 13% le mois dernier.

Si l’échec de la finalisation de l’accord avec BlackRock a pu éviter des pertes à court terme, la volonté de Hegseth de réaliser un tel investissement au moment même où le département de la Guerre, qu’il dirige, se préparait à une campagne militaire de grande envergure risque de susciter une vive controverse.

Un chef du Pentagone très soluble dans l’argent

Ces discussions sur les investissements dans la défense interviennent alors que les analystes de Wall Street font l’objet d’un examen minutieux concernant leurs transactions sur les marchés financiers et spéculatifs, dans un contexte de décisions imminentes de l’administration Trump.

Hegseth est un fervent défenseur de la campagne américaine contre l’Iran et le président Donald Trump le considère comme le premier, au sein de son cercle de sécurité nationale, à plaider en faveur d’une guerre.

Durant son passage à Fox News, Hegseth a perçu 4,6 millions de dollars entre 2022 et 2024 selon une déclaration qu’il a soumise lors de ses auditions de confirmation au Sénat. Il a également reçu environ 500 000 dollars d’avances pour deux livres durant cette période, en plus de droits d’auteur allant de 100 000 à 1 million de dollars chacun. Il a par ailleurs perçu près de 900 000 dollars d’honoraires pour des conférences.

Sa dernière déclaration de patrimoine, publiée en juin 2025, révèle que le secrétaire à la Guerre a vendu des actions dans 29 sociétés différentes, chaque opération étant évaluée entre 1001 et 50 000 dollars.

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Bizerte | Vers l’émergence d’un hub numérique sud-méditerranéen

L’arrivée stratégique du câble sous-marin Medusa à Bizerte ouvre des perspectives inédites pour le développement d’infrastructures numériques de pointe dans la région. C’est dans ce cadre qu’une expertise de haut niveau en ingénierie numérique a récemment exploré la viabilité de l’implantation de data centers au sein de ce gouvernorat du nord de la Tunisie. (Photo : Medusa fait de Bizerte la porte d’entrée naturelle des flux numériques entre l’Europe et l’Afrique).

Lotfi Sahli

Sollicité pour apporter un éclairage technique sur les spécificités du paysage énergétique local, cet échange a permis d’évaluer comment transformer cette connectivité internationale en un levier de croissance concret. L’objectif est clair : harmoniser les capacités de la fibre optique avec les ressources territoriales pour positionner Bizerte comme un pôle technologique majeur, prêt à accueillir les défis de l’intelligence artificielle (IA) et de l’économie de la donnée.

Mutation des forteresses numériques

Pour comprendre l’enjeu, il faut d’abord définir ce qu’est un data center moderne. Ces infrastructures, véritables poumons de l’Internet, ne sont plus de simples entrepôts de serveurs. Elles se classent désormais selon une hiérarchie de puissance et de service :

Le Petit/Edge (< 1 MW) : déployé localement (bureaux, usines) pour garantir une latence minimale.

Le Moyen (1-10 MW) : le standard pour la colocation d’entreprises.

Le Grand (10-100 MW) : opéré par les grands fournisseurs de Cloud.

L’Hyperscale (> 100 MW) : des infrastructures colossales portées par les géants comme Google ou AWS, capables de gérer des flux mondiaux sur des surfaces dépassant les 50 000 m².

Au-delà de la taille, c’est la densité par baie (ou rack) qui dicte la complexité technique. Si une baie standard consomme entre 5 et 10 kW, l’explosion de l’IA et du calcul intensif (HPC) propulse les besoins vers des sommets de 40 à 60 kW, transformant chaque armoire en une source de chaleur intense qu’il faut impérativement maîtriser.

Les data center moderne, véritables poumons de l’Internet, ne sont plus de simples entrepôts de serveurs.

L’efficacité énergétique, juge de paix du PUE

Dans cette course à la puissance, la rentabilité et l’écologie se rejoignent autour d’un indicateur clé : le Power Usage Effectiveness (PUE). Il mesure le rendement énergétique en comparant l’énergie totale consommée par le centre à celle réellement utilisée par les serveurs.

PUE= Puissance totale consommée en KWH/Energie IT en KWH.

Un score de 1,0 représente la perfection théorique. Aujourd’hui, les projets les plus ambitieux visent un PUE situé entre 1,1 et 1,3. Pour y parvenir, l’innovation se porte sur le refroidissement, qui représente souvent 40 % de la facture électrique :

Free cooling : utilisation de l’air extérieur pour refroidir les circuits, réduisant la climatisation de 70 à 90 % ;

Refroidissement adiabatique : vaporisation d’eau pour abaisser la température par évaporation, une solution très économe en énergie ;

Liquid Cooling (Direct-to-Chip) : cette technologie émergente, qui sera présente dans 20 % des nouveaux centres d’ici fin 2026, utilise un liquide caloporteur circulant directement sur les processeurs. Elle est 1 000 fois plus efficace que l’air pour gérer les charges de travail liées à l’IA.

Medusa, le détonateur de la souveraineté numérique

L’atterrissement du câble sous-marin Medusa à Bizerte en novembre 2025 change radicalement la donne pour la Tunisie. Reliant la Tunisie à la France (Marseille) et à 12 autres pays, ce lien de fibre optique de 8 700 km offre une capacité vertigineuse de 24 Tbps.

En multipliant la bande passante par dix et en garantissant une latence inférieure à 10 ms, Medusa fait de Bizerte la porte d’entrée naturelle des flux numériques entre l’Europe et l’Afrique. Cette connectivité directe permet d’envisager l’hébergement local de données critiques, renforçant ainsi la souveraineté numérique tunisienne.

SoleCrypt : un phare à Bizerte

C’est précisément sur ce terreau fertile que germe le projet de SoleCrypt, en partenariat avec Schneider Electric. Annoncé en janvier 2026, ce cluster de data centers durables au sein du Parc d’activités économiques de Bizerte (PAEB) se veut exemplaire :

Puissance et échelle : une capacité totale prévue de 20 MW (phase initiale de 10 MW) en architecture Tier III.

Optimisation IA : utilisation des architectures Nvidia et du refroidissement liquide pour supporter des densités allant jusqu’à 80 kW par baie.

Énergie Verte : pour limiter son empreinte carbone, le cluster sera couplé à un projet de production solaire de 60 MW basé à Tozeur.

Sous l’impulsion d’Amir Ben-Gacem, SoleCrypt ne se contente pas de bâtir une infrastructure ; le projet crée un écosystème. La proximité immédiate (2 km) des câbles sous-marins et l’expertise locale en gestion énergétique font de ce site l’un des futurs poumons numériques de l’Afrique.

Vers un corridor numérique méditerranéen

La convergence entre la puissance de Medusa, l’innovation technique du refroidissement liquide et la maîtrise du paysage énergétique local dessine un avenir prometteur. La Tunisie ne se positionne plus seulement comme un consommateur de technologies, mais comme un hébergeur de classe mondiale, capable d’attirer les fintechs et les laboratoires d’IA les plus exigeants.

Bizerte, forte de son histoire et de sa géographie, s’impose désormais comme le pivot central de cette révolution numérique durable.

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ISO 17020 | Le contrôle technique au service de la sécurité industrielle

L’accréditation ISO 17020 s’impose aujourd’hui comme un véritable levier de transformation pour les bureaux d’inspection et de contrôle technique. Dans un environnement national industriel marqué par le vieillissement des installations et l’intensification des exigences en matière de sécurité, ces acteurs ne sont plus de simples intervenants techniques : ils deviennent des garants stratégiques de la maîtrise des risques et de la performance industrielle.

Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *

La sécurité industrielle n’est plus une option. Elle conditionne à la fois la protection des personnes, la pérennité des investissements et l’attractivité économique pour des nouveaux projets.

Dans ce contexte, les organismes d’inspection occupent une position centrale dans le dispositif de prévention. L’orientation récente des autorités tunisiennes vers un alignement sur les exigences de la norme ISO/IEC 17020 envoie un signal fort : élever le niveau d’exigence, structurer le secteur et instaurer une culture de confiance durable avec un alignement à l’échelle internationale.

Anticiper les risques et détecter les alertes

Concrètement, un organisme d’inspection performant agit à plusieurs niveaux. Il sécurise d’abord les fondamentaux en garantissant la conformité réglementaire des équipements critiques, depuis les appareils, à pression, de levage et manutention jusqu’aux installations électriques. Mais son rôle va bien au-delà. Il anticipe les risques, détecte les signaux alarmants et contribue activement à éviter les défaillances avant qu’elles ne deviennent des incidents majeurs.

Sa valeur ajoutée réside également dans sa capacité à accompagner les acteurs industriels. Par ses interventions régulières, il améliore les conceptions, optimise les processus et facilite l’intégration des évolutions technologiques.

La surveillance continue des installations en exploitation renforce cette dynamique en assurant une conformité durable, notamment dans des domaines sensibles comme le gaz, la manutention ou les systèmes thermiques Cette approche globale repose sur un socle clair : compétence, impartialité et indépendance. C’est précisément ce que garantit la norme ISO/IEC 17020, devenue le référentiel incontournable à l’échelle internationale. L’accréditation n’est plus un simple label : elle constitue une preuve tangible de fiabilité et un passeport pour la reconnaissance, tant au niveau national qu’international.

En effet, au-delà de l’ISO 17020, qui garantit l’impartialité et la compétence technique des organismes d’inspection, l’accès à des secteurs à haute valeur technologique exige des normes complémentaires, notamment l’ISO 9001 pour le management de la qualité, des normes produits spécifiques, telles que EN 9100 pour le secteur aéronautique, l’IATF 16949 pour l’automobile et des guides techniques sectoriels (ILAC P15).

Ainsi, le récent communiqué du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie (voir ci-dessous) s’inscrit-il dans une logique ambitieuse pour généraliser l’accréditation, harmoniser les pratiques et renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés à savoir les ministères, les industries, les organismes exerçants dans le domaine de l’environnement, les assurances, la protection civile ce qui permettrait de construire et bâtir un système plus cohérent, plus transparent et plus efficace.

Cette dynamique ouvre également des perspectives importantes en matière d’emploi et favorise l’émergence de nouvelles compétences.

Montée en compétences des ressources

Par ailleurs il est important de signaler que, le secteur devrait accélérer sa modernisation et ce par l’intégration des nouvelles  technologies telles que les contrôles non destructifs, la numérisation, l’intelligence artificielle, l’industrie 4.0 et en même temps redéfinir ses indicateurs d’efficacité et de performance.et ce en se basant sur  la montée en compétences des ressources humaines à travers la formation continue, la certification des personnes exerçantes dans cette activités et  la mise à jour régulière de  leurs habilitations.

Au-delà des frontières, l’alignement sur les normes internationales constitue un atout stratégique. Il permet aux organismes d’inspection de se positionner sur des marchés internationaux et de participer à des projets de grande envergure, renforçant ainsi leur compétitivité.

Les bénéfices sont concrets et mesurables. Un système de contrôle technique renforcé permet de réduire significativement les risques d’accidents majeurs, d’allonger la durée de vie des installations, d’optimiser les coûts de maintenance et d’améliorer la performance globale des infrastructures. Il joue également un rôle déterminant dans le renforcement de la confiance des investisseurs.

Aujourd’hui, il est clair que, les bureaux d’inspection et de contrôle technique occupent une place stratégique dans la chaîne de sécurité industrielle.

L’accréditation ISO/IEC 17020 apparaît comme un levier fondamental pour garantir la qualité, l’impartialité et la reconnaissance internationale des prestations.

La vision des autorités nationales, fondée sur le renforcement du cadre réglementaire, la généralisation de l’accréditation et la modernisation des pratiques, ouvre la voie à une transformation profonde du secteur. Cette dynamique permettra non seulement de préserver les installations industrielles, mais également de positionner les organismes nationaux comme des acteurs compétitifs à l’échelle internationale.

* Conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Communiqué

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie informe les propriétaires et les agents des structures d’inspection technique qui ont obtenu un cahier des charges pour exercer une activité d’inspection dans le domaine industriel et qui souhaitent poursuivre leur activité après le 16 octobre 2026, qu’ils sont invités à contacter les services compétents du Conseil national d’accréditation (Tunac) afin d’obtenir une accréditation dans au moins deux des catégories d’inspection requises, conformément à la décision du ministre de l’Industrie, des Petites et moyennes entreprises et du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale en date du 17 avril 2020, relative à l’approbation du cahier des charges pour l’inspection technique, telle que modifiée par la décision conjointe du 26 juin 2023 et les textes mis à jour du 11 décembre 2024 (nouvel article 5).

Le ministère précise également qu’un calendrier a été établi indiquant les délais accordés aux structures de contrôle technique pour obtenir l’accréditation dans toutes les catégories de contrôle requises, avec l’obligation de fournir une confirmation écrite et de respecter le calendrier spécifié, afin que le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie puisse approuver les modalités d’exercice de l’activité de contrôle technique dans les délais impartis et éviter toute interruption des services fournis.

(Traduit de l’arabe.)

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Concert caritatif | La symphonie des légendes, voyage musical inédit à l’Opéra de Tunis

La Symphonie des légendes vous invite à un voyage musical inédit, réunissant plus de 160 artistes sur scène, entre émotion, puissance et diversité culturelle sous la direction du maestro Hafedh Makni, avec une direction chorale assurée par Mourad Gaaloul.

Au programme de cette soirée prévue le 16 avril 2026 à 20h à l’Opéra de Tunis à la Cité de la Culture : un amalgame subtil entre les grandes voix arabes, le patrimoine tunisien et les classiques internationaux, d’Oum Kalthoum à Mozart, en passant par Abdelhalim Hafez, Fayrouz, ABBA ou encore Aznavour.

Au-delà du spectacle chaque billet compte : chaque présence contribuera directement à offrir un accès à l’eau potable à 1 350 familles à Siliana.

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Sousse | Vernissage de l’exposition « Femmes pour la paix » de Titanilla Eisenhart

L’Institut français de Sousse (IFS) s’apprête à devenir le théâtre d’une rencontre artistique internationale. Le mercredi 8 avril 2026, à 20h, l’artiste autrichienne Titanilla Eisenhart dévoilera son exposition intitulée « Femmes pour la Paix », un hommage vibrant à la figure féminine et à la sérénité.

Depuis le début des années 1990, Titanilla Eisenhart dessine des femmes à la plume et à l’encre, dans une série intitulée DAMEN.

Ces œuvres, ainsi que des collages et pièces en techniques mixtes, représentent des femmes dans différentes poses et situations de vie.

L’exposition restera ouverte au public jusqu’au 17 avril, offrant aux visiteurs une occasion unique de plonger dans l’univers singulier et profondément humain de l’artiste autrichienne.

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Fin du contrôle judiciaire pour Halima Ben Ali qui reste en France

Dans un arrêt rendu ce mercredi 1er avril, la Cour d’appel de Paris s’est prononcée contre l’extradition de Halima Ben Ali vers la Tunisie, qui réclamaient la remise de la fille cadette de l’ancien président.

Visée par des poursuites pour délits financiers en Tunisie, Halima Ben Ali avait été interpellée dans un aéroport parisien à l’automne 2025. Durant la procédure, sa défense, menée par Me Samia Maktouf, avait plaidé contre son extradition, affirmant qu’un retour forcé dans son pays d’origine équivaudrait à « une condamnation à mort ».

À l’annonce du verdict, l’avocate a exprimé à l’AFP son « immense soulagement », saluant une décision « conforme au droit ».

Si la fille de l’ancien président a choisi de garder le silence, elle repart libre : la cour d’appel a ordonné la levée immédiate de son contrôle judiciaire.

Y. N.

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Tozeur | Mission archéologique tuniso-italienne pour percer les secrets du site de Koustiliya

Dans le cadre d’un projet de coopération scientifique et culturelle tuniso-italienne sur le site de Koustiliya (Tozeur), une équipe multidisciplinaire de l’Institut National du Patrimoine (INP) et de l’Université de Rome Tor Vergata est en train d’effectuer une mission de terrain.

L’objectif principal de cette mission est de poursuivre les fouilles engagées depuis 2017 sur ce site archéologique et d’entamer les études nécessaires à sa valorisation scientifique et culturelle.

Les fouilles archéologiques actuelles se concentrent sur un grand monument rectangulaire adjacent à l’église, composé de plusieurs chambres organisées autour d’un patio central. Ces investigations ont permis de mettre en évidence la présence de plusieurs phases d’occupation, s’étendant du Ve au VIIe siècle, voire au-delà.

Parallèlement, une équipe de géologues de l’Université de Carthage (Faculté des sciences de Bizerte) a entrepris l’analyse des matériaux de construction utilisés (pierre, mortier, pisé, etc.).

Un autre axe de recherche porte sur l’archéologie du bâti, avec une documentation systématique des structures de l’église. Cette approche est complétée par un relevé au scanner laser de ce monument particulièrement bien conservé.

Le matériel issu des fouilles fait également l’objet d’une étude par des céramologues, dans le but d’identifier les différentes phases chronologiques et d’établir une typochronologie d’un faciès encore peu documenté dans les recherches spécialisées.

L’étude de l’environnement est également intégrée à travers l’analyse des restes botaniques provenant des niveaux de fouille. Cette approche contribuera à la reconstitution des modes de consommation et du cadre de vie des populations locales durant l’Antiquité tardive.

Enfin, l’objectif ultime du projet est la valorisation durable du site, en intégrant l’ensemble des acteurs locaux dans une démarche participative. Ce processus repose sur la mobilisation de l’intelligence collective des parties prenantes, qu’elles soient directes ou indirectes. Dans une première phase, et avec la collaboration des chercheurs de l’ENAU, des réunions ont été organisées avec les responsables régionaux et les organisations de la société civile afin de définir une vision partagée et concertée du projet.

INP

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Port du brassard rouge à l’agence Tap | Les journalistes restent mobilisés

Le mouvement de contestation se poursuit, ce mercredi 1er avril 2026, au sein de l’agence Tunis Afrique presse (Tap), pour la deuxième journée consécutive.

Les consœurs et confrères journalistes et l’ensemble du personnel de la Tap arborent le brassard rouge, dans le cadre d’une action visant à réaffirmer des principes fondamentaux pour l’avenir du secteur médiatique.

Leurs revendications s’articulent autour de trois axes majeurs : l’indépendance du service public, la défense des libertés et le refus des ingérences.

Les journalistes, qui ont dénoncé toute forme de pression ou d’intervention directe dans la ligne éditoriale et le travail journalistique au quotidien, ont ainsi appelé à préserver l’agence de toute influence partisane ou gouvernementale pour garantir une information neutre.

Alors que le mouvement entre dans sa deuxième journée, ils ont réaffirmé leur détermination en attendant une réponse concrète à leurs préoccupations et revendications.

Y. N.

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Alerte météo | Froid persistant et fortes pluies pour cette nuit

Entre vents violents, chutes de neige et fortes précipitations, la vigilance est de mise pour cette nuit, particulièrement dans le Nord et sur les zones côtières.

Le bulletin de l’Institut National de la Météorologie (INM) confirme la poursuite d’un temps hivernal rigoureux avec des pluies éparses, prenant parfois un caractère orageux et qui seront particulièrement intenses sur les zones côtières du Nord et pourront atteindre des cumuls importants, notamment à l’extrême Nord-Ouest du pays.

Avec la baisse des températures, des chutes de neige sont même attendues sur les régions montagneuses dont l’altitude dépasse les 1000 mètres et les usagers de la route dans ces zones sont donc appelés à la prudence.

L’INM ajoute que le vent soufflera fort et que sur les hauteurs et le littoral, les rafales pourraient atteindre 90 km/h.

Quand aux températures nocturnes, elles seront basses, variant entre 2°C et 7°C sur les régions de l’Ouest, le Nord et le Centre et entre 8°C et 13°C sur le reste du pays.

Y. N.

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Tunisie | Le secteur du phosphate dans l’impasse

Depuis la révolution du 14 janvier 2011, il y a plus de 15 ans, aucun gouvernement n’a réussi à résoudre le problème que pose la production, la transformation et l’exportation du phosphate en Tunisie. Au point que le secteur se trouve aujourd’hui dans l’impasse, incapable non seulement d’évoluer et d’augmenter ses recettes, mais même de payer les salaires de ses innombrables employés.

Atef Hannachi *

Cette ressource, qui générait d’importantes recettes en devises, contribuait jadis aux équilibres financiers et macroéconomique de la Tunisie. Mais, aujourd’hui, le secteur s’est tellement dégradé sur tous les plans que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) a du mal à trouver des fonds pour payer les salaires de ses employés dont le nombre a explosé au cours des 15 dernières années, avec des emplois fictifs et/ou de complaisance, visant à acheter la paix sociale dans le bassin minier de Gafsa. La CPG, estimons-nous, est quasi cessation de paiement.

La Tunisie qui était le 5e plus grand producteur de phosphate avant la Révolution de 2011 a depuis perdu ce rang au profit du Brésil pour se classer désormais à la 8e place, avec une part de 2,27% de la production mondiale.

Au Maroc, en revanche, notre concurrent direct sur les plans régional et international, ce secteur n’a jamais été florissant. Et pour cause, au cours des 20 dernières années, ce pays a beaucoup investi dans la modernisation des procédés d’extraction et de transformation du phosphate pour en maximiser la valeur ajoutée et augmenter ainsi les recettes de son exportation, au lieu de l’exporter en vrac et d’en tirer de maigres recettes.

Un objectif impossible à atteindre

Dernièrement le gouvernement tunisien a annoncé son ambition d’atteindre, à la fin de cette année, une production de 7 millions de tonnes, pour tenter de rattraper la production de 2010, qui était de 8 millions de tonnes. Nous estimons, pour notre part, que cet objectif ambitieux, eu égard la vétusté des équipements et les problèmes de gouvernance du secteur, est impossible à atteindre par la CPG.

Le principal problème qui handicape l’entreprise et l’empêche d’évoluer et de rattraper son retard par rapport à ses concurrents, anciens et nouveaux, c’est la masse salariale importante qui alourdit ses dépenses, grève son budget et réduit considérablement ses marges, malgré la hausse continue des cours du produit sur le marché international.

Le nombre des salariés de la CPG est, en effet, passé de 902 en 2010 (pour une production de 8 millions de tonnes) à 3006 en 2024 (pour une production divisée par deux).

Ces dépenses faramineuses et, surtout, improductives, ont empêché l’entreprise d’envisager l’investissement nécessaire à la modernisation de ses équipements, rattrapés par la vétusté, l’augmentation de sa production et l’accroissement de son chiffre d’affaires.

Le budget de la compagnie étant consommé par la rémunération du personnel, aucun nouvel investissement digne de ce nom et susceptible de soutenir sa croissance n’a été effectué depuis très longtemps.

Pour un schéma de partenariat public-privé

En plus de cela, étant une entreprise publique, la CPG est soumise à des contrôles tâtillons et parfois inutiles et des autorisations administratives qui la mettent dans des situations de blocage fonctionnel peu propices à l’agilité commerciale dont elle a besoin pour négocier avec ses clients à l’échelle internationale. Elle se trouve d’ailleurs parfois dans l’incapacité de faire face à ses engagements envers ses clients et ses fournisseurs, qui plus est, dans un marché international qui ne supporte plus les lourdeurs et les rigidités.

L’Etat étant lui-même dans l’incapacité d’investir pour restructurer et moderniser la compagnie, la seule solution, à notre avis, réside dans l’adoption d’un schéma de partenariat public-privé (PPP), donc dans l’ouverture du capital aux privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

* Expert comptable.

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Liberté de la presse en Tunisie | Ghassen Ben Khelifa choisit l’exil  

Le journaliste et militant Ghassen Ben Khelifa a annoncé, dans un poste sur sa page Facebook, avoir été condamné, le 27 mars 2026, à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis et avoir quitté la Tunisie suite à cette condamnation, du reste dénoncée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui dénonce une «condamnation politique».

«Ce jugement n’est pas un acte judiciaire isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large : le recours aux lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et cibler systématiquement les voix critiques», a noté le SNJT dans un communiqué.

Cette condamnation concerne une affaire d’utilisation présumée de réseaux et de systèmes informatiques pour produire et diffuser de fausses informations préjudiciables à la sécurité publique, dans un dossier faisant également référence au décret législatif n° 54 jugé restrictif de la liberté d’expression dans le pays par la plupart des organisations de la société civile, eu égard le nombre importants de journalistes et d’activistes politiques condamnés à la prison sur sa base.

Ben Khelifa, directeur du site d’information Inhiyez, a contesté la sentence, la qualifiant d’injuste et affirmant que l’affaire avait été montée de toutes pièces.

Dans la même déclaration, le journaliste nie tout lien avec la page Facebook au cœur de l’enquête et affirme que le principal accusé a reconnu en être le seul administrateur.

Le militant lui-même cite des accusations allant de l’association terroriste à l’incitation au terrorisme, qu’il réfute toutes, et rappelle avoir déjà été condamné à six mois de prison pour la même infraction, ce qui porterait sa peine totale à deux ans et demi.

Ben Khelifa est engagé depuis des années dans le journalisme militant et l’activisme politique et propalestinien. Sa page, Inhiyez, le présente comme un journaliste et militant de gauche, cofondateur du site et membre fondateur de la campagne tunisienne pour le boycott et l’opposition à la normalisation des relations avec Israël.

En juillet 2025, la cour d’appel de Tunis a confirmé sa peine de six mois de prison, toujours en lien avec l’accusation contestée de gestion d’une page de réseau social diffusant des contenus extrémistes ; une décision alors critiquée par les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.

Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte tunisien marqué par une pression judiciaire accrue sur les journalistes, les figures de l’opposition et les acteurs de la société civile.

Amnesty International dénonce depuis 2024 l’érosion de l’indépendance de la justice, suite à la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et à la révocation de dizaines de juges en 2022.

Le Comité pour la protection des journalistes affirme que le décret-loi 54 est devenu ces dernières années un instrument central pour réprimer la dissidence, criminaliser le travail journalistique et maintenir ouvertes de nouvelles poursuites contre les voix critiques, tandis que Reporters sans frontières continue de signaler la persécution judiciaire des médias et classe la Tunisie 129e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025.

Dans le cas de Ben Khelifa, le passage de l’activisme public à l’exil revêt une signification qui dépasse le cadre de son histoire personnelle. Son départ, présenté comme forcé pour des raisons personnelles et familiales, révèle comment une partie des militants tunisiens, notamment les plus virulents sur les questions palestiniennes, l’opposition à la normalisation et la critique politique, perçoivent désormais le risque de poursuites judiciaires comme un facteur structurel de la Tunisie actuelle.

Pour le pouvoir, les procès intentés contre certains journalistes et activistes politiques pour terrorisme, complot contre l’Etat ou atteinte à la sécurité publique entrent dans le cadre de l’application des lois.

I. B.    

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Gabès bientôt débarrassé de la pollution industrielle

Serait-ce bientôt le bout du tunnel pour les habitants du gouvernorat de Gabès aux prises depuis au moins trois décennies avec des problèmes environnementaux et sanitaires en raison des rejets toxiques des usines du Groupe chimique tunisien (GCT) ? C’est tout ce que nous souhaitons pour les braves Gabésiens qui sont fatigués de souffrir et de protester en vain.

La situation environnementale du gouvernorat de Gabès bénéficie, en fin, d’initiatives dans le cadre d’un programme global visant à réaménager le littoral, améliorer la qualité de vie dans la région et résoudre des problèmes environnementaux persistants.

Ce programme, présenté par le ministre de l’Environnement, Habib Abid, lors d’une session parlementaire, le 27 mars 2026, prévoit le réaménagement de huit plages, dont Chott Zarat, actuellement à l’étude afin d’évaluer l’impact d’un projet de port de pêche et d’une usine de dessalement.

Parmi les autres plages concernées figurent Lamaya, qui accueillera une nouvelle zone de loisirs ; Aichoun, qui sera équipée d’un éclairage solaire ; et Kettana, qui comprendra également une zone de loisirs. Chott Métouia sera aménagée avec des campings pour répondre à la forte demande touristique, tandis que le front de mer de la ville sera valorisé par la création d’une plage de 400 mètres et la mise en place de mesures de protection contre l’érosion du sable.

Le ministre a expliqué que les retards dans le lancement de certains projets étaient dus à des complexités administratives qui ont persisté pendant près de sept mois aux niveaux régional et municipal, mais a confirmé que le financement avait été inscrit au budget 2026.

Il a également annoncé l’approbation par l’Italie du financement du projet de réaménagement de la plage de Gabès, soutenant ainsi les efforts nationaux en matière d’environnement.

Concernant le coke de pétrole, un combustible fossile utilisé par le complexe chimique de Gabès et responsable de la pollution des plages du gouvernorat, M. Abid a indiqué que le problème remontait à 2009, date à laquelle les subventions sur les carburants pour les cimenteries ont été supprimées, entraînant des importations de plus de 700 000 tonnes par an via les ports de Gabès et de Bizerte. Il a souligné que la réduction de l’impact environnemental exigeait des solutions alternatives, notamment la conversion des déchets en combustibles de substitution. Dans ce contexte, l’utilisation d’environ 2,8 millions de tonnes de déchets est proposée, s’appuyant sur des expériences réussies telles que le réemploi de vêtements usagés et d’autres matériaux.

Le ministre a souligné la nécessité de revoir le cadre juridique afin de permettre aux usines d’utiliser ces matériaux tout en respectant des réglementations environnementales strictes et de remédier au taux d’humidité élevé des déchets, qui peut atteindre 60 %, grâce à des technologies de séchage appropriées.

Abid a souligné que plus de 60 projets pour Gabès sont inscrits dans le plan de développement 2026-2030, qui s’inscrit dans un programme national regroupant plus de 900 projets pour un coût total d’environ 7 milliards de dinars. Il a précisé que leur réalisation dépend de la disponibilité des financements.

Concernant l’érosion côtière, il a expliqué qu’il s’agit d’un phénomène naturel dans le sud tunisien, mais que l’activité humaine peut l’aggraver.

Une initiative de nettoyage des plages a été récemment lancée en collaboration avec les institutions touristiques, ainsi qu’une étude conjointe avec l’Italie pour s’attaquer au problème.

D’importantes interventions sur le terrain ont également été menées, notamment l’enlèvement de plus de 10 000 mètres cubes de déchets de construction, le nettoyage de la zone de Chatt Essalem et la mise en place d’un système de surveillance continue de la qualité de l’air, assorti de poursuites judiciaires contre les contrevenants.

La coopération internationale est également en cours, avec notamment un projet avec le Japon pour le traitement et la réutilisation des eaux usées industrielles, afin de réduire la pression sur les ressources en eau, ainsi que la mise en œuvre du programme de dépollution du complexe chimique, a indiqué le ministre. Cette approche reflète une stratégie holistique visant à concilier développement économique et protection de l’environnement, dans le but d’améliorer la durabilité des ressources naturelles dans le Gouvernorat de Gabès, a-t-il conclu.

I. B.

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Clôture du programme Amen-Tech au Kef

Mardi 31 mars 2026, dans la ville du Kef, Onu Femmes Tunisie a organisé un événement marquant la clôture du programme «Amen-Tech : Un espace numérique sûr pour elle», financé par le Royaume-Uni. L’événement a réuni des jeunes leaders, des représentant.e.s institutionnels, des actrices et acteurs de la société civile et des expert.e.s, autour d’un engagement commun : faire de l’espace numérique un environnement plus sûr et inclusif pour les femmes et les filles. (Photos: Ali Mghirbi).

Lancé en avril 2025 Amen-Tech s’est distingué par une approche innovante plaçant les jeunes, en particulier les hommes et les garçons, au cœur du changement. En combinant sensibilisation, renforcement des capacités, innovation et plaidoyer, le programme a contribué à faire émerger une dynamique collective en faveur d’un usage responsable et respectueux du numérique.

En un an, le programme a contribué à la remise en question des normes sociales en mobilisant activement les jeunes via des initiatives favorisant la masculinité positive et l’engagement citoyen pour l’égalité, notamment pour prévenir et combattre les violences facilitées par la technologie faites aux femmes et aux filles.

Prévention des violences facilitées par la technologie

Dans ce cadre, les campagnes digitales menées en partenariat avec les Scouts et le Fedef (Front pour l’égalité et pour les droits des femmes), et en collaboration avec le Media Binetna, et des influenceur·euse·s engagé·e·s ont connu un fort impact, générant plus de 2 millions d’engagements.

Cette dynamique a également été marquée par l’organisation de la course solidaire symbolique «5KM Run for Digital Safety» (Tunis en Orange) sur l’Avenue Habib Bourguiba, lors de la campagne des 16 jours d’activisme. Cet événement a permis de transformer l’engagement en ligne en une mobilisation citoyenne dans l’espace public, sensibilisant ainsi aux enjeux de la sécurité numérique et des violences facilitées par la technologie.

Le programme a également renforcé les compétences de jeunes à travers tout le pays et d’acteurs clés en matière de citoyenneté numérique et de prévention des violences facilitées par la technologie , avec des améliorations notables en termes de connaissances, de compréhension des risques et de capacité à agir face aux situations de violences.

Réduire les inégalités dans l’espace numérique

Sur le plan institutionnel, Amen-Tech a facilité le dialogue entre les parties prenantes au sujet, contribuant à entamer des réflexions pour faire progresser l’intégration des violences facilitées par la technologie dans la législation et politiques publiques. Cette dynamique s’est notamment traduite par la mobilisation d’acteurs clés autour d’une feuille de route stratégique post-2026 visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans l’espace numérique ainsi qu’une campagne de plaidoyer sur la Convention Africaine sur l’élimination des violences faites aux femmes.

Par ailleurs, le programme a permis le développement d’une plateforme digitale sécurisée et multilingue offrant des services de signalement et un accompagnement juridique et psychologique aux survivantes, dans le respect des principes de confidentialité et de consentement.

Enfin, l’engagement des jeunes et des créateurs de contenu a joué un rôle déterminant dans l’amplification des messages clés, contribuant à promouvoir une culture numérique plus sûre, inclusive et responsable.

Mobilisation collective pour un changement durable

L’aboutissement du programme a été marqué par la tenue du Forum régional de la Jeunesse au Kef, les 29 et 30 mars 2026. Organisé en partenariat avec le Festival Mosaïque, ce forum a servi d’incubateur de réflexion pour 60 jeunes engagés contre les violences facilitées par la technologie.

Après deux journées de co-création intensive, l’événement a culminé lors d’une cérémonie de clôture. Les participant.e.s y ont porté la voix de leur génération en présentant des recommandations issues de leurs travaux en ateliers. Ces policy briefs témoignent de leur capacité à transformer les défis technologiques en leviers de changement social.

Le choix du Kef reflète une volonté de territorialiser les politiques de jeunesse et de promouvoir l’inclusion des régions de l’intérieur, où les défis socio-économiques et les inégalités territoriales restent particulièrement marqués.

La cheffe de mission adjointe britannique, Elizabeth Green, a déclaré : «Le programme AmenTech reflète l’engagement du Royaume‑Uni à soutenir les efforts visant à mettre fin à la violence envers les femmes. Aujourd’hui, nous célébrons notre partenariat avec Onu Femmes, les Scouts de Tunisie et les acteurs de la société civile, qui a permis de mobiliser les jeunes dans les régions et d’influencer les normes sociales en place grâce à un impact significatif. Nous sommes fiers d’accompagner cette initiative porteuse de changement. Le Royaume‑Uni restera un partenaire engagé œuvrant pour cette cause essentielle.»

«La violence en ligne est une violence réelle, avec des conséquences tangibles sur la participation des femmes et des filles à la vie publique», a souligné l’équipe du projet. Et d’ajouter : «À travers Amen-Tetch, nous avons démontré que l’engagement des jeunes peut être un levier puissant pour faire du numérique un espace d’égalité, de sécurité et d’opportunités.»

Communiqué.


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