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Israël lance un raid aérien sur Téhéran

En lançant ce samedi 28 février 2026, une «frappe préventive» contre l’Iran, Israël a voulu montrer son impatience face aux tergiversations du président américain et, ce faisant, entraîner Donald Trump dans cette guerre qu’il cherche à déclencher depuis quelques années pour neutraliser le dernier Etat de la région encore capable de résister à se plans d’expansion.

Suite à cette «frappe préventive» et redoutant une riposte iranienne par des missiles de longue portée, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré «un état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays», indique un communiqué de son ministère.

Dans le même temps, deux panaches d’une épaisse fumée ont été observés dans deux quartiers différents de Téhéran par des journalistes de l’AFP après un vrombissement, dont l’origine n’est pas claire dans l’immédiat et qu’un lien direct avec l’annonce israélienne ne soit établi.

L’agence de presse Isna indique qu’un des panaches se dégage des alentours du quartier Pasteur, où se trouvent notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei et la présidence, situées dans le centre de Téhéran. «Le type d’explosions suggère qu’il s’agit d’une attaque de missiles», a indiqué l’agence de presse Fars sans plus de précisions dans l’immédiat.

En Israël, à Jérusalem, des sirènes d’alerte ont retenti, une «alerte extrêmement grave» selon les autorités israéliennes.

Les deux pays ont annoncé avoir fermé leur espace aérien.

Les États-Unis ont lancé «des opérations de combat majeures» contre l’Iran, dans une opération conjointe avec Israël, a annoncé peu de temps après Donald Trump, qui semble avoir plutôt pris le train en marche.

I. B. (avec agences)

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La France tient-elle aussi son Mohamed Bouazizi ?

Lyon, ex-capitale des Gaules. Le temps d’un week-end, l’ancienne Lugdunum est redevenue le centre d’attention du pays actuellement dirigé par le président de la république Emmanuel Macron. En hommage au jeune étudiant Quentin Deranque, mort suite à son lynchage en localité lyonnaise sur fond d’intolérance politique, le week-end bleu blanc rouge a été placé sous le signe d’un deuil national pas forcément synonyme de recueillement ni de remise en question.

Jean-Guillaume Lozato  

Pour commencer, le narratif de l’agression fatale nécessite une mise au point cartographique. Le lieu de l’action est Lyon, deuxième métropole de France. Une aire urbaine étendue sur laquelle se concentre aussi bien des acteurs de l’industrie pétrochimique que des membres de l’activité textile, ou encore des grands groupes liés à l’ingénierie nucléaire. Avec une vie universitaire agitée ces dernières années, à en juger par le harcèlement menaçant s’étant exercé sur le géographe Fabrice Balanche (Université Lyon 2). Car l’on doit composer de nos jours avec des assemblages de plus en plus clivés au niveau territorial et idéologiques, en cette «France des inégalités sociales» pour reprendre la description d’un autre géographe, Christophe Guilluy, auteur de ‘‘La France périphérique’’.

Un déferlement de sauvagerie

En marge de la venue de la militante LFI et eurodéputée Rima Hassan, figure très controversée du paysage politique français, prévue à l’antenne lyonnaise de Science Po, des affrontements se sont produits entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite jeunes pour la plupart.

Dans un déferlement de sauvagerie, s’est dégagée une scène à la violence inouïe. Celle du tabassage en groupe d’un jeune homme franco-péruvien nommé Quentin Deranque. Une vraie exécution au regard de la nature des coups administrés qui ont conduit jusqu’au décès de cet étudiant. Un acte odieux indigne d’une grande démocratie occidentale, réputée berceau des Droits de l’Homme.  Une patrie de la Liberté confrontée à une schizophrénie politique incarnée par des personnalités contradictoires : citons, entre autres, l’ancien chef des skinheads du groupe Batskin prénommé Serge et nommé… Ayoub, patronyme aussi bien judaïsant qu’islamisant ; dans le même esprit caméléon, nous retrouvons Jean Messiha, né en Égypte et devenu citoyen français tardivement. Sans compter les idiots utiles venus la gauche donneuse de leçons de tolérance ou du front écologiste : Rima Hassan ou la députée Sabrina Sebaihi affirmant devant les médias français que «L’Algérie est une démocratie»

Deux électrodes aux extrémités

En amont, on ne peut évidemment pas euphémiser sur la propension à créer le désordre de la bipolarité FN/LFI (Front national/La France Insoumise). Deux partis posés comme deux électrodes aux extrémités de la ligne politique française. Le temps du très classique positionnement des bornes gauche/droite ou droite/gauche selon les circonstances des quelques épisodes de cohabitation est révolu. Car de la borne fixe servant de balise le tableau de bord est passé à l’électrode qui court-circuite les pensées. L’agora balbutie entre la dialectique et le manichéisme, que ce soit dans les débats ou dans les urnes. Avec une touche de politiquement correct dans les propos, qui de temps à autre jette la confusion plus qu’elle n’aplanit les choses.

Le FN, lui, suit sa cure de dédiabolisation entreprise depuis environ dix ans, avec pour résultat une image plus lisse et l’élargissement de son électorat.

En aval comme en arrière-plan, l’autre cheval de Troie est incarné par le «mélenchonisme», par référence à Jean-Luc Melonchon, le tonitruant leader du LFI,qui s’agite et agite. S’agite en vociférant, en vitupérant. Agite la substance inflammable qu’est la crise sociale en y ajoutant des notions d’antisémitisme à peine larvé et de solidarité contre l’islamophobie censées contrer de pseudo-injustices par les partis plus traditionnellement majoritaires.

Habib Bourguiba avait affirmé qu’il préférait le coca-cola à la vodka, pendant la guerre froide. Les membres dirigeants de LFI devraient s’en inspirer pour réaliser que la majorité des électeurs français ne désirent vivre ni sous l’Union Soviétique ni sous la Charia, et ce quelles que soient leurs origines ou croyances religieuses.

Récupération idéologique tous azimuts

Si dans un premier temps, la consternation a saisi la plupart des esprits, l’indécence a transparu sur les réseaux sociaux immédiatement après les premiers hommages au défunt. Sur les réseaux sociaux, le lynchage a continué sous sa forme médiatique ; Bruno Gaccio, candidat LFI à Paris, a été l’auteur d’une saillie à la vulgarité impardonnable : «Ses parents ont appris qu’il était mort et qu’il était un gros connard néo-nazi». Quentin militant identitaire, militant nationaliste… Qu’importe la désignation, l’image qui prévaut est celle du martyr pleuré par ses proches. Inévitablement, une récupération idéologique s’est orchestrée. Quelles seront les conséquences à venir ?

Dans l’immédiat, les circonvolutions abondent, à défaut des vrais dialogues. Un climat propice à entretenir les braises d’une vive contestation envers la légitimité du parti LFI, qui pourrait faire l’objet d’un appel à la dissolution. Ce qui pourrait donner des envies de guerre civile aux mauvais perdants.

N’oublions pas que les attentats sporadiques avaient secoué l’Italie de 1969 à 1980, au cours de la période dite des années de plomb où extrémistes de droite et de gauche se livraient bataille.

Les Gilets jaunes étant un lointain souvenir, place à présent aux drapeaux rouges et aux chemises brunes. Avec d’une part Jean-Luc Mélenchon l’activeur suivi de ses activistes. Avec d’autre part, à l’autre bout de l’extrémisme décomplexé, le Front national et Reconquête. Au milieu du ring, un punching-ball monté de toutes pièces avec les Républicains et les Centristes. Cette superposition disgracieuse est coordonnée au chaos qui a régné dans la localité lyonnaise, dans cette France où la notion de vivre-ensemble s’apparente à une expression fourre-tout. Plus qu’à un mot-valise, nous sommes confrontés à une formule devenue un mot-poubelle par la faute des Insoumis. Des irresponsables guidés par Mélenchon l’incendiaire, sur lequel la pyromanie pourrait se retourner. Qu’il pense à l’exemple du moine rigoriste Savonarole qui punissait par le bûcher et qui termina ses jours condamné par cette même punition. Et dont l’influence néfaste a fait commettre l’irréparable aux jeunes interpellés pour l’assassinat de Quentin, pourtant majoritairement français(e)s de souche et fils de supposées bonnes familles bien bourgeoises pour quelques-uns. Deux d’entre eux étant carrément inscrits à la France Insoumise.

Quentin était pourtant facilement rattachable à l’idée de cette «créolisation» défendue et encouragée par le grand chef des Insoumis, puisque d’origine française paternelle et péruvienne maternelle. Ce qui nous indique qu’à partir d’ici, la rhétorique insoumise s’est engagée dans une impasse. Et qu’après l’échec de l’Homo Sovieticus dans l’ex-URSS, l’Homo Franco-Islamicus espéré selon les desiderata électoralistes de Mélenchon ne verra pas le jour.

Il est troublant de s’apercevoir que ce désordre se soit passé en pleine période de polémiques, d’appels au cordon sanitaire envers LFI prononcés par Jordan Bardella et de l’affaire Epstein  pour laquelle l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a été entendu.

Plus localement, les élections municipales lyonnaises imminentes se profilent comme plus passionnantes et plus clivantes que celles qui animeront l’establishment parisien plus feutré. Car la vie parisienne est plus marquée par la boboïsation. Tandis que l’agglomération lyonnaise demeure marquée par un esprit davantage ouvrier porté si besoin sur l’insurrection (la révolte des Canuts avant la Révolution Française), et à la connotation de plus en plus liée à l’immigration. Le roman ‘‘Le Gône du Chaaba’’, écrit par le franco-algérien Azzouz Begag, en représente un intéressant témoignage, à l’instar du ‘‘Requiem des innocents’’ du franco-italien Louis Calaferte).

L’antichambre des joutes présidentielles est en train de se mettre en place. Cette fois-ci, ce ne sera pas le score du FN qui attisera en premier les curiosités, mais bien l’issue qui risque d’être fatale pour le parti de Mélenchon. Ce dernier a toujours joué sur la confrontation extrême, et s’est entouré de personnalité polémiques. Un déclin est prévisible, et l’électorat franco-musulman si courtisé par Mélenchon et ses collaborateurs risque de se détourner à un moment ou à un autre lorsqu’il comprendra la supercherie d’un leader politicard qui plusieurs années auparavant critiquait sévèrement le port du voile islamique, tout comme le faisait la socialiste Ségolène Royal partie récemment en quête de reconnaissance en Algérie.

Alors, à condition que la lassitude ne paralyse pas les jugements, la France pourra redevenir cet espace de cohabitation et de relative tolérance entre communautés. «Les Français se sont fait la guerre entre eux, en fait. C’est nouveau ça», lance un étudiant franco-marocain sous couvert d’anonymat. Poursuivant, comme pour se justifier : «Les violences cette fois on ne peut pas dire que c’est nous les Maghrébins de banlieue. Et puis Mélenchon et ses amis ils sont hors sujet sur pas mal de trucs». Cette prise de conscience gagnera-t-elle le reste des électeurs arabo-musulmans dont LFI a exploité la naïveté, ce qui peut s’interpréter comme un manque de respect ?

Contrairement à Bouazizi, Deranque ne s’est pas suicidé. Et il n’est pas mort par immolation. C’est son décès qui représente un foyer dont l’incandescence requiert la faculté d’embraser à un moment donné son territoire natal. Oui, la France a trouvé son Bouazizi, Et elle brandit son portrait. Comme il avait été fait pour le vendeur ambulant de fruits et légumes de Sidi Bouzid.

Il est fort regrettable que cet événement soit survenu un an avant les élections présidentielles. Il est infiniment triste qu’une fois encore le monde de l’enseignement ait servi d’espace scénique, malgré l’avertissement suite à la mort par décapitation de l’enseignant en lycée Samuel Paty. Un passage à un cran au-dessus s’est concrétisé en raison de trois facteurs : jeunesse de la victime ; acte non isolé mais collectif ; atteinte à l’intégrité de l’enseignement supérieur du fait de l’irresponsabilité partagée de différents manifestants.

Sur ce triptyque instable repose la nation française. Et sur un équilibre fragile repose la ville de Lyon, qui pourrait se révéler comme l’équivalent hexagonal de Sidi Bouzid, du fait de points communs pas forcément évidents mais réels : une localisation au milieu d’un pays avec une certaine excentration, un foyer historique de contestation (l’axe Lyon/Saint-Etienne pourrait être comparé à l’axe Gafsa/Sidi Bouzid), un point de passage vital facile à instrumentaliser en congestionnant volontairement la circulation automobile à des fins de revendications (le tunnel de Fourvières à Lyon, le passage de l’autoroute trans-maghrébine et est-ouest dans la région de Sidi-Bouzid).

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Le Chemin de l’Autiste | Amina Fakhet chante pour la bonne cause

La diva tunisienne Amina Fakhet remonte sur scène ce 28 février au Pavillon Gammarth pour un concert caritatif exceptionnel. Organisée par l’association Le Chemin de l’Autiste, cette soirée promet d’allier l’extase musical à la solidarité.

Ce concert est 100% solidaire car l’intégralité des bénéfices sera dédiée au soutien des enfants autistes, précise l’association, en commentant :  En assistant à cette soirée magique, vous offrez bien plus qu’un moment musical… Vous offrez du soutien, de l’espoir et des sourires

Ce moment de partage unique débutera à 21h30 et les revenus serviront à l’acquisition d’un bus plus spacieux, afin de permettre aux jeunes de l’association de bénéficier de sorties éducatives,de socialisation et d’activités externes, essentielles à leur épanouissement et à leur inclusion sociale.

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Makhlouf devant la Cour d’appel le 13 mars prochain

Seifeddine Makhlouf, ancien député Al-Karama à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), devra à nouveau comparaître devant la Cour d’appel de Tunis.

C’est la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis qui a décidé de reporter le procès en vue de poursuivre l’examen du dossier , indique Diwan FM en citant une source judiciaire, ce vendredi 27 février 2026.

La même source rappelle que cette affaire fait suite à une plainte pour offense qui avait été déposée par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Sidi Bouzid.

Y. N.

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Ali Larayedh condamné à 24 ans de prison en appel

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près de la Cour d’appel de Tunis a rendu ses verdicts dans l’affaire de l’envoi de Tunisiens vers les zones de conflits.

Les verdicts ont été prononcés à l’aube de ce vendredi 27 février 2026 rapporte une source judiciaire à l’agence Tap, en précisant que l’ancien chef du gouvernement et ancien ministre de l’Intérieur nahdhaoui Ali Larayedh, condamné à 24 ans de prison, contre 34 ans en première instance.

La même source a ajouté que la Cour d’appel a aussi prononcé des peines de 22 ans à l’encontre de Fathi Beldi et d’Abdelkrim Abidi, une peine de 28 ans à l’encontre de Nourredine Gandouz alors que Lotfi Hammami et Hichem Saâdi ont été condamnés à 24 ans de prison ferme chacun.

Quant à Seifeddine Raïs, porte-parole de l’organisation terroriste Ansar Charia, il a bénéficié d’une réduction en appel avec une peine de trois ans ferme.

Y. N.

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Tribunal administratif | Slim Medini : Disparition d’un homme d’exception

C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que la famille judiciaire a appris le décès de Slim Medini, délégué de l’État au Tribunal administratif, survenu hier, dans un accident de la route causé par un chauffeur de taxi collectif sur la route X20,

Le TA a publié un communiqué pour saluer la mémoire d’un homme de loi dévoué, dont la rigueur et l’humanisme resteront gravés dans les esprits.

« Le paysage judiciaire tunisien est en deuil. La communauté des magistrats, et plus particulièrement celle du Tribunal administratif, pleure aujourd’hui la perte du juge Slim Medini, une figure respectée pour son intégrité et son dévouement au service de la justice », lit-on dans le communiqué du Tribunal administratif, qui a exprimé ses plus sincères condoléances à la famille du défunt

Slim Medini sera accompagné, demain samedi 28 février 2026, à sa dernière demeure au cimetière Zahrat Madine, dans la délégation de Amdoun au gouvernorat de Béja, ajoute encore la même source.

Y. N.

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Tunisie | Alerte au brouillard cette nuit et samedi matin

​L’Institut national de la météorologie (INM) a appelé à la vigilance sur les routes pour la nuit du vendredi 27 février et la matinée du samedi 28 février 2026.

​Selon les prévisions de l’INM, les conditions atmosphériques seront propices à l’apparition d’un brouillard localement dense qui touchera principalement le Nord du pays, les zones orientales du Centre et du Sud

​Le brouillard sera particulièrement épais dans les zones côtières et les dépressions, entraînant une chute de la visibilité horizontale à un niveau critique de moins de 200 mètres, alerte l’Institut en affirmant qu’une amélioration est attendue en milieu de matinée.

​Pour les usagers de la route la prudence est de mise et ces derniers sont notamment appelés à réduire leur vitesse, à respecter les distances de sécurité et à utiliser les feux de brouillard.

Y. N.

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Tunis | Les peines prononcées contre les frères Karoui

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a prononcé un jugement par contumace à l’encontre des frères Nabil et Ghazi Karoui.

En fuite, ces derniers ont été condamnés chacun à une peine de 14 ans de prison ferme avec exécution immédiate et ont également écopé de plusieurs amendes dont le montant total dépasse 37 millions de dinars tunisiens, selon une source citée par Mosaïque FM ce vendredi 27 février 2026.

Les frères Karoui ont été reconnus coupables dans des affaires de blanchiment d’argent, de corruption financière et d’évasion fiscale et la justice a également décidé la confiscation de leurs comptes bancaires et leurs biens, selon le jugement rendu hier soir.

Y. N.

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Pour une vision audacieuse de la Tunisie de demain

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé, notamment dans le domaine économique où elle affiche aujourd’hui ses plus fortes fragilités.

Elyes Kasri *

En dépit des rêves éveillés et des incantations exaltées des idéologues incurables, la Tunisie d’aujourd’hui est, comme beaucoup d’autres pays, confrontée à des défis de modernisation et de repositionnement dans un monde en pleine mutation vers des rapports et équilibres encore flous et incertains.

Face aux choix qui s’imposent avec une grande acuité, la Tunisie semble faire preuve de frilosité et de manque de vision, avec une prédilection pour les anciens choix économiques, espérant remettre en marche des dynamiques anciennes, relevant d’une époque révolue ou d’options qui l’ont menée à sa précarité actuelle.

Un avantage géographique réduit à néant

Si la production et la distribution nécessitent une nouvelle vision loin des mythes fondateurs de la deuxième moitié du siècle dernier, le transport, grande faiblesse qui réduit à néant l’avantage géographique de la Tunisie, a grandement besoin d’une vision futuriste d’une Tunisie hub de production, de service et de savoir, loin des replâtrages des modèles et choix du passé.

Outre une politique tous azimuts du ferroviaire urbain et interurbain, avec tous les gains envisageables en mobilité, énergie, coûts de tout genre et qualité de l’environnement, la Tunisie devrait repenser le modèle des points d’entrée portuaires et aéroportuaires en hubs multimodaux de services.

Il faut se rendre à l’évidence que l’aéroport de Tunis-Carthage représente une nuisance et un handicap au développement immobilier du grand Tunis et que sa place est ailleurs, dans la périphérie de Tunis (Utique ou Jebel Ressas ou ailleurs).

Pour sa part, le choix d’Enfidha pour le grand port tunisien en eau profonde aurait été politique sous le règne de feu Ben Ali et ne pourrait être situé, selon de nombreux experts tunisiens et étrangers, qu’à Bizerte dont seul Jules Ferry avait saisi la valeur stratégique.

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé.

Pour être conséquent, il serait judicieux de faire un constat serein des limites et insuffisances des choix du passé pour éviter d’en perpétuer les retours négatifs en osant concevoir une vision audacieuse de la Tunisie de demain.

* Ancien ambassadeur.

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Natation | Rami Rahmouni a-t-il fait un mauvais choix ?

La polémique suscitée par le choix de Rami Rahmouni, grand espoir junior de la natation tunisienne, qui a opté pour l’Arabie saoudite comme nationalité sportive, n’a pas de raison d’être. Et pour cause…

Latif Belhedi

Dire que le nageur de 17 ans a privilégié son intérêt financier sur celui, sportif, de son pays natal, est inexact. Car le nageur n’a pas fait ce choix de gaieté de cœur, ou pour seulement gagner de l’argent. Il l’a fait pour se donner les moyens de ses ambitions sportives que son pays natal risquerait, malheureusement, de ne pas lui fournir suffisamment, d’autant plus qu’il se donne pour objectif d’atteindre le niveau de l’excellence sportive internationale.

Quand on connaît les difficultés qu’ont rencontrées ces dernières années les champions olympiques ou du monde tunisiens, tels les nageurs Ahmed Ayoub Hafnaoui et Ahmed Jaouadi, à financer leurs entraînements, leurs voyages et leurs participations aux tournois internationaux, on comprend les craintes de Rami Rahmouni et on ne peut que le conforter dans le choix d’une nationalité sportive autre, l’Arabie saoudite en l’occurrence, qui lui épargnera ce genre de tracasseries extra-sportives risquant de contrarier sa marche vers les podiums, et lui donnera les moyens d’aller le plus loin possible sur la voie qu’il s’était choisie : celle des titres mondiaux.

Sur un autre plan, le choix de Rami Rahmouni de concourir sous le drapeau de l’Arabie saoudite, pays qui lui en a donné la possibilité, est dicté aussi par une considération d’opportunité sportive. Car un pays n’a le droit d’aligner que deux représentants dans une finale olympique en natation. Or, explique un spécialiste de la discipline, et sauf énorme surprise, Ahmed Jaouadi et Ahmed Ayoub Hafnaoui seront très probablement les représentants de la Tunisie en finales des 800m et 1500m NL (et peut être du 400 aussi pour le second) lors des prochaines joutes olympiques, ce qui empêchera Rahmouni de concourir dans ces mêmes distances de demi-fond s’il concourait sous la bannière tunisienne. En portant les couleurs de l’Arabie Saoudite, il aurait sans doute plus se chance de se qualifier à la finale et, pourquoi pas, rivaliser ses «anciens» compatriotes.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, l’attachement de Rami Rahmouni à son pays natal, pas plus que l’amour de ses parents, personne ne l’arrachera du cœur pour tout l’argent du monde.

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Ramadan en Tunisie | Une société sous tension 

Dans de nombreuses villes du monde musulman, le Ramadan est un mois de lumière. Les rues s’illuminent, les marchés s’animent à la tombée du jour, les citoyens se réunissent dans une atmosphère de fête contenue. Le jeûne y est perçu comme une discipline spirituelle, certes exigeante, mais enveloppée d’un imaginaire collectif de joie et de partage. En Tunisie, l’expérience semble souvent différente. Explications… (Ph. L’heure de rupture du jeûne pendant Ramadan: la délivrance!)

Manel Albouchi

À mesure que le soleil décline, une autre tension apparaît : impatience dans les embouteillages, irritabilité dans les commerces, susceptibilités exacerbées dans les foyers.

Ce phénomène a un nom en arabe tunisien, la «h’chicha» (nervosité liée à la faim), souvent attribué à la fatigue ou à la faim, mérite pourtant une lecture plus profonde. Car le Ramadan tunisien agit moins comme une simple pratique religieuse que comme un révélateur psychique et social. 

 Le mois du manque 

Le jeûne est, par définition, une expérience du manque. Manque de nourriture, d’eau, de sommeil. Mais lorsque ce manque physiologique entre en résonance avec d’autres formes de privation : économique, sociale, symbolique, il prend une dimension plus vaste. 

La Tunisie traverse depuis plusieurs années une fragilité économique persistante. Inflation, précarité, incertitude. Le Ramadan, loin d’atténuer cette réalité, la met en relief. Les dépenses alimentaires augmentent, les attentes sociales se renforcent, la pression d’offrir une table «digne» devient plus intense. 

Le manque n’est plus seulement corporel. Il devient existentiel. Et lorsque les manques se superposent, ils ne s’additionnent pas : ils se multiplient. 

L’anxiété du manque 

Ce que l’on observe alors n’est pas uniquement de l’irritabilité liée à la faim. C’est ce que l’on pourrait appeler une «anxiété du manque», la crainte diffuse de ne pas avoir assez : assez de ressources, assez de reconnaissance, assez de valeur morale. 

Cette anxiété est alimentée par plusieurs couches :  une pression économique tangible ; un regard social omniprésent ; une religiosité parfois vécue dans le registre de la crainte plutôt que de la conscience. 

Dans ce contexte, le Ramadan peut devenir un espace où s’intensifie le sentiment d’insuffisance. Ne pas être à la hauteur économiquement. Ne pas être un croyant suffisamment pieux. Ne pas correspondre aux attentes implicites. 

La peur du jugement «social ou divin» transforme l’expérience intérieure du jeûne. 

Pourquoi cette hypersensibilité ?

La psychanalyse offre une clé de lecture éclairante. Le psychiatre britannique Wilfred Bion décrivait la «fonction alpha» comme la capacité de transformer une émotion brute en pensée. Lorsque le nourrisson supporte l’absence du sein, il en crée une image mentale. Cette image constitue la première forme de pensée : une manière de tolérer le manque. Mais si l’absence devient insupportable, l’angoisse ne se transforme pas. Elle se décharge. 

À l’échelle individuelle comme collective, le Ramadan agit comme un test de cette capacité. Si le manque est symbolisé, il devient intériorité, maturation, spiritualité. S’il déborde les capacités psychiques, il se traduit par agitation, agressivité ou panique. 

L’irritabilité n’est pas le signe d’une faiblesse morale. Elle est souvent l’indice d’un espace intérieur saturé. 

Contrôle et conformisme 

Dans la société tunisienne, le Ramadan est également traversé par une forte dimension normative. Beaucoup jeûnent non seulement par conviction, mais aussi par conformité. Le regard des autres pèse lourd. La différence expose. 

Or, lorsque la pratique religieuse est motivée principalement par la peur : peur du jugement social, peur de la condamnation divine, elle génère une tension interne supplémentaire. Le contrôle devient externe, rigide, défensif. 

À l’inverse, lorsqu’il est intériorisé, le contrôle devient maturation. La même pratique peut alors produire apaisement plutôt que crispation. 

La nuance est invisible de l’extérieur. Mais psychiquement, elle est déterminante. 

Sublimation ou décharge 

Le jeûne mobilise une énergie considérable : pulsionnelle, émotionnelle, corporelle. Cette énergie peut suivre deux voies. Elle peut se décharger sous forme d’irritabilité, de conflits, de susceptibilité exacerbée. Ou elle peut être sublimée : transformée en création, en prière consciente, en solidarité, en réflexion, en production artistique ou intellectuelle. 

La sublimation n’est pas automatique. Elle suppose un minimum de sécurité intérieure. Or, dans un contexte économique et social fragilisé, cette sécurité fait parfois défaut. 

Ramadan comme révélateur 

Il serait erroné de considérer que le Ramadan crée la tension. Il la révèle. 

Dans des sociétés où le tissu social est stable et la sécurité économique relativement assurée, le mois sacré peut être porté par un imaginaire collectif festif et contenant. 

En Tunisie, le Ramadan agit comme un amplificateur. Il met en lumière les fragilités préexistantes : anxiété économique, rigidité normative, hypersensibilité au regard social. Mais il offre également une possibilité. Car la capacité à supporter le manque sans se désorganiser est au cœur de toute maturation psychique. Supporter l’absence sans se décharger immédiatement ; transformer la frustration en pensée. Et faire du vide un espace de conscience. 

Une épreuve de maturité collective 

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si les Tunisiens sont «rapides à la détente » en Ramadan. Il est de comprendre ce que cette réactivité dit d’un climat intérieur et collectif. 

Avons-nous appris, individuellement et collectivement, à tolérer le manque sans nous effondrer ? Avons-nous développé suffisamment d’espace intérieur pour symboliser plutôt que réagir ? La foi est-elle vécue comme une contrainte extérieure ou comme une construction intérieure ? 

Le Ramadan, en Tunisie, est moins un mois religieux qu’une épreuve de maturité psychique collective. 

Et peut-être est-ce précisément dans cette tension que réside son potentiel : non pas seulement comme rituel, mais comme laboratoire de transformation.

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Jeûne du Ramadan | Prudence pour les insuffisants cardiaques  

«Le Ramadan est un mois de spiritualité, mais aussi un moment qui modifie profondément nos habitudes alimentaires, hydriques et de sommeil. Chez le patient insuffisant cardiaque, ces changements peuvent être neutres… ou parfois déstabilisants», note Dr Faouzi Addad, professeur en cardiologie, qui donne dans le post Facebook reproduit ci-dessous des indications et des conseils pour les patients atteints du cœur en vue d’un jeûne sans problèmes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le jeûne entraîne une réduction des apports hydriques pendant la journée avec augmentation de la viscosité sanguine ; une concentration hormonale différente (en particulier le système rénine-angiotensine) ; une modification du rythme veille-sommeil ; et parfois des excès alimentaires le soir.

Chez un patient stable, cela peut être bien toléré, mais chez un patient fragile, cela peut favoriser la déshydratation, l’hypotension, l’insuffisance rénale fonctionnelle et une surcharge si excès de sel à l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour le traitement, il y a quelques principes simples à suivre et des règles à respecter : les diurétiques plutôt après l’iftar ; l’hydratation répartie entre iftar et souhour ; une surveillance quotidienne du poids ; et un contrôle de la tension et du pouls.

Cependant, il convient d’arrêter le jeûne immédiatement s’il y a un essoufflement inhabituel, une prise de poids rapide (>2 kg en 48h), malaise, vertige ou fatigue extrême.

Au final l’idée qu’un patient insuffisant cardiaque ne doit jamais jeûner est fausse : si la maladie est stable et suivie médicalement, cela peut être possible, mais la décision doit être personnalisée, jamais automatique.

Le Ramadan n’est pas une épreuve pour le cœur. Il doit être vécu avec sagesse, équilibre et avis médical.

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Gabès et la nouvelle culture protestataire en Tunisie

Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? C’est pour répondre à cette question que l’auteur a réalisé une étude publiée en anglais publiée sur le site de l’Arab Reform Initiative, dont nous avons traduit les extraits ci-dessous.

Sofiane Jaballah *

Depuis l’implantation du complexe chimique en 1972,Gabès s’est imposée comme l’un des foyers emblématiques de la conflictualité écologique en Tunisie. La dégradation progressive des oasis, la pollution atmosphérique et marine, la multiplication des maladies respiratoires et des cancers ont façonné, chez une partie de la population, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié au nom d’un modèle de développement imposé d’en haut. Cette situation nourrit un vécu d’injustice environnementale et de vulnérabilité sociale, où se croisent enjeux sanitaires, économiques, territoriaux et symboliques.

Un moment de rupture

Les épisodes d’asphyxie collective de l’automne 2025, touchant notamment des élèves, s’inscrivent dans ce contexte de crise prolongée, mais prennent la forme d’un moment de rupture : un événement qui rend visible ce qui était déjà ressenti, et qui transforme un risque chronique en sujet de conflit public.

C’est dans cette séquence que la campagne Stop Pollution–Gabès se déploie, au croisement entre mobilisation citoyenne, production de contre-discours et remise en cause du modèle chimico-industriel dominant.

Ce papier analytique et critique, se propose d’interroger ce que cette campagne fait à la fois au conflit écologique local, et à la culture contestataire tunisienne. Il s’agit d’en analyser les formes d’action, les cadrages, les acteurs et les registres de politisation qu’elle met en jeu, dans un contexte national marqué par la fermeture du champ politique et la recomposition des modes de protestation.

Les questions de recherche peuvent être formulées ainsi : Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? Quels cadrages du problème, quels adversaires, quels horizons de solution construit-elle, et avec quels répertoires d’action ? Comment cette campagne redéfinit-elle les formes de politisation en Tunisie post-2011, en contestant moins un gouvernement qu’un modèle de développement, et en faisant de la revendication d’un air respirable et d’une vie sans cancer un nouveau langage du politique ?

Recomposition de la culture contestataire

La séquence ouverte à Gabès à l’automne 2025 montre que l’on ne peut plus saisir les mobilisations locales uniquement à partir des vieux schèmes de la «protestation sociale» pour l’emploi ou contre la cherté de la vie.

En transformant un épisode aigu de pollution, des asphyxies d’élèves, des fuites de gaz, une panique sanitaire, en campagne de mouvement social structurée, Stop Pollution-Gabès donne à voir une recomposition profonde de la culture contestataire tunisienne.

La campagne ne surgit ni dans le vide, ni sur le seul registre de l’émotion : elle s’inscrit dans une histoire longue d’injustice environnementale documentée par la recherche, dans des décennies de sacrifices imposés au nom de l’industrialisation, et dans un sentiment durable de relégation territoriale. C’est parce que ce «déjà-là» scientifique, sanitaire et social existe que l’événement de 2025 peut fonctionner comme bifurcation et non comme simple fait divers.

L’analyse a montré que Stop Pollution-Gabès répond aux critères d’une campagne de mouvement social au sens de Tilly et Tarrow : séquence de revendications publiques continues, cadrage cohérent du problème, désignation d’adversaires, répertoire d’action diversifié, alliances multi-sectorielles, inscription dans la durée.

Le travail de cadrage est central : diagnostic d’un modèle de développement toxique, identification de responsables (complexe chimique, choix étatiques, déni institutionnel), formulation d’un horizon alternatif fondé sur le droit à la vie, à la santé et à un environnement non mortifère. Cette opération de framing permet de passer d’une indignation localisée à une cause partagée, trans-classe et trans-générationnelle, dont les slogans, les visuels et les hashtags fixent la grammaire («Nous voulons vivre» ; «Gabès s’asphyxie» ; «Démanteler les unités »).

Loin d’être «apolitique», cette campagne repolitise autrement : non pas en se positionnant sur l’axe classique régime/opposition, mais en contestant le cœur des politiques publiques de développement.

La comparaison avec la [campagne protestataire antérieure] Manich Msameh éclaire cette spécificité. Là où Manich Msameh visait un objectif défensif et ad hoc, empêcher une loi de réconciliation perçue comme un retour des élites corrompues, Stop Pollution–Gabès porte un projet de transformation radicale du modèle socio-économique. Moins politisé en apparence (absence de partis, de mots d’ordre sur le changement de régime, revendication d’«apolitisme»), le mouvement est en réalité plus politique dans son contenu : il ne conteste pas seulement un texte de loi ou un gouvernement, mais un régime de production du social qui accepte la maladie et la mort comme externalités ordinaires de la croissance. La revendication ne porte plus sur «plus d’emplois» dans un complexe chimique premier employeur de la région, mais sur le refus d’un emploi et d’une richesse qui tuent. En ce sens, Gabès propose une bifurcation écologique de la contestation.

Un projet de transformation radicale

Le rôle de certains acteurs collectifs et individuels, comme l’UGTT régionale et des figures civiques, apparaît décisif dans cette transformation. La centrale syndicale confère au mouvement un surcroît de légitimité, de capacité d’organisation et de puissance numérique, en certifiant que la cause écologique relève aussi de la justice sociale et du monde du travail. De son côté, un ingénieur-activiste comme Ammar incarne la montée en puissance d’un leadership expert qui articule contre-expertise scientifique, indignation morale et répertoires numériques, reliant l’échelle locale à des registres transnationaux de justice environnementale. Ensemble, ces ressources prolongent le conflit au-delà du moment de crise, le traduisent en campagne d’un mouvement social et lui donnent une épaisseur stratégique qui dépasse largement la seule réaction à l’événement.

Enfin, la trajectoire de la relation entre Stop Pollution-Gabès et la présidence de la République montre comment un conflit socio-écologique peut reconfigurer les lignes de la légitimité politique.

En ouvrant la «boîte de Pandore» par un second discours qui criminalise implicitement la mobilisation, le président rompt symboliquement avec une partie de la population de Gabès qui voyait encore en lui un possible allié. Celui qui se disait porteur de la volonté populaire devient, pour beaucoup, l’incarnation d’un État qui persiste à asphyxier une région au nom de la rentabilité industrielle.

La politisation se déplace alors : du modèle de développement vers la figure présidentielle elle-même, sans que le mouvement ne bascule pour autant dans une opposition partisane classique. C’est là l’un des apports majeurs de ce cas : montrer comment, dans la Tunisie post-2011, la conflictualité écologique devient un nouveau langage du politique, capable de déplacer les frontières entre gouvernants et gouvernés, entre «peuple» et «élites», entre centre et périphérie.

Cet article invite à considérer Gabès non comme une «exception écologique», mais comme un laboratoire socio-politique. Il suggère que les futurs conflits centraux ne porteront peut-être plus d’abord sur le partage du pouvoir institutionnel ou sur la seule question de l’emploi, mais sur la possibilité matérielle de vivre, de respirer et de rester sur place. Autrement dit, la lutte de Gabès ne réclame pas seulement la fermeture d’unités polluantes : elle met en scène, au présent, une bataille pour définir ce que «vivre dignement» signifie dans une Tunisie traversée par la crise climatique, les inégalités territoriales et l’épuisement des modèles de développement hérités.

Au-delà de l’analyse rétrospective, la séquence ouverte par Stop Pollution–Gabès invite à une projection prudente mais sociologiquement fondée. Par sa structuration horizontale, son inscription territoriale profonde et la nature même de ses revendications, la campagne semble porteuse d’un horizon stratégique difficilement neutralisable par les instruments classiques du pouvoir.

Revendiquer le droit de respirer, de vivre sans maladie et sans mort prématurée, ne renvoie ni à une idéologie ni à une doctrine religieuse, il s’agit d’une exigence vitale, transversale, qui excède les clivages politiques ordinaires et échappe aux dispositifs habituels de délégitimation.

Forte de plus d’une décennie d’expérience militante, de savoirs accumulés, de mémoire des promesses non tenues et de pratiques de mobilisation éprouvées, Stop Pollution–Gabès ne se contente plus de réagir aux crises ; elle anticipe, documente, organise et inscrit le conflit dans la durée.

Face à un système politique qui multiplie les tactiques de court terme sans proposer de stratégie crédible de sortie du modèle extractiviste, la campagne dessine progressivement un futur possible : celui d’une ville affranchie du complexe chimique, non comme utopie abstraite, mais comme trajectoire construite par la praxis collective. En ce sens, Gabès avance, lentement, «conflictuellement», mais résolument, vers la reconfiguration de son destin urbain, écologique et social, faisant de la justice environnementale non plus une revendication marginale, mais un principe organisateur du devenir politique local.**

* Sociologue, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC-Tunis).

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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Veillées ramadanesques | Spectacle Al Hadhra à l’IFT à Sousse

Dans le cadre de ses « Veillées ramadanesques », l’Institut français de Tunisie (IFT) à Sousse transforme sa grande cour pour une soirée riche en spiritualité et en art ce samedi.

Au programme : Al Hadhra, le spectacle de la troupe des « Ouled Bouraoui » pour une immersion totale dans le rituel collectif issu de la tradition soufie, mêlant chants, rythmes et spiritualité. tunisien.

Plus qu’un simple concert, la Hadhra est un voyage sensoriel où se mêlent chants liturgiques et invocations poétiques, rythmes percutants des instruments traditionnels et spiritualité.

Le rendez-vous est fixé pour ce samedi 28 février 2026 à 21h, et l’entrée est libre (les places sont limitées, il est donc conseillé d’arriver tôt).

Y. N.

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Migration & retour volontaire | « Rentrer chez soi, repartir à zéro » (OIM)

Il y a quatre ans, Youssouf quittait la Guinée avec l’espoir de construire un avenir meilleur en Europe. Bien que son voyage ne se soit pas déroulé comme prévu, son retour au pays aujourd’hui ne marque pas la fin de son histoire.

De même, Dossou, originaire de la Côte d’Ivoire, s’était lancée dans un parcours pour s’assurer un avenir meilleur. Après mûre réflexion, elle a choisi de rentrer chez elle avec son fils.

Le 25 février 2026, tous trois figuraient parmi les 309 migrants guinéens et ivoiriens qui sont rentrés en toute sécurité dans leur pays d’origine grâce à deux vols charters organisés dans le cadre du programme d’Aide au Retour Volontaire et à la Réintégration (AVRR) de l’OIM Tunisie.

« Après mûre réflexion, j’ai décidé de retourner dans mon pays. L’OIM m’a apporté un accompagnement complet, à mon fils et à moi en nous fournissant des soins médicaux et des conseils psychologiques, mais aussi en organisant notre retour en toute sécurité et une aide à la réintégration. Avec le soutien de l’OIM, j’ai aujourd’hui hâte d’ouvrir un salon de beauté et de recommencer une nouvelle vie. Cette assistance m’a donné la confiance et le courage de prendre un nouveau départ.», confie Dossou.

Conformément aux procédures de l’OIM, les bénéficiaires reçoivent une assistance personnalisée avant, pendant et après leur retour, notamment une assistance médicale et psychosociale, des moyens de subsistance durables et une prise en charge individuelle.

À leur arrivée, ils bénéficieront d’une prise en charge post-arrivée et d’un soutien à la réintégration, comprenant des services d’accueil structurés, une assistance directe pour répondre à leurs besoins immédiats et l’élaboration de plans de réintégration personnalisés. L’objectif n’est pas seulement de garantir un retour sécurisé, mais aussi de les aider à reconstruire leur vie dans la dignité et la confiance.

« Grâce à l’aide à la réintégration de l’OIM, je vais lancer un projet agricole dans mon village en utilisant des technologies modernes. L’OIM ne m’a pas seulement aidé à rentrer chez moi, elle m’a également donné l’espoir de construire un avenir durable dans mon pays. C’est un véritable nouveau départ », témoigne Youssouf.

Le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) de l’OIM Tunisie bénéficie du soutien de l’Union européenne et des gouvernements d’Autriche, de la République tchèque, d’’Italie, de France, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni.

Communiqué

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Elmed | La Tunisie et ses partenaires européens intensifient les préparatifs à Bruxelles

À l’occasion d’un workshop dédié aux réseaux électriques et aux énergies renouvelables, les responsables tunisiens du secteur de l’énergie ont rencontré leurs homologues belges et européens à Bruxelles

Ce déplacement, soutenu par l’ambassade de Tunisie en Belgique, marque une étape clé dans l’acquisition du savoir-faire technique nécessaire à la gestion future du projet Elmed.

A cette occasion, Sahbi Khalfallah, Ambassadeur de Tunisie à Bruxelles, a reçu une délégation du ministère tunisien de l’Industrie, de l’Energie et des Mines et de responsables à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).

Pour rappel, le projet Elmed est une infrastructure monumentale décrite comme un «pont énergétique» entre l’Italie (station de Partanna en Sicile) et la Tunisie ( Mlaabi dans le Cap Bon), qui reliera les grands systèmes électriques de l’Europe et de l’Afrique du Nord.

Sur une longueur totale d’environ 220 kilomètres (dont environ 200 km en câble sous-marin) avec une capacité de 600 MWh ce «pont énergétique» sera construit dans le plein respect de l’environnement et vise « à assurer une plus grande sécurité, durabilité et résilience dans l’approvisionnement en énergie, ainsi que le développement des échanges d’électricité produite à partir de sources renouvelables ».

Y. N.

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Gabès | Verdict dans l’affaire des unités polluantes

Le tribunal de première instance de Gabès a rendu son verdict dans l’affaire de la demande de la suspension des activités des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT).

Ce jeudi 26 février 2026, la justice a rejeté cette demande d’arrêt pour absence de preuve du préjudice, déplore le collectif Stop Pollution, via un bref post publié sur sa page Facebook.

Ce rejet survient après plusieurs reports de cette affaire portée devant la justice par l’ordre régional des avocats tunisiens et un engagement régional sans relaĉhe et un appui à l’échelle national depuis avril 2025.

Malgré cette nouvelle déception et les cinquante ans de pressions écologiques et sanitaires, la résilience des populations locales à Gabès ne faiblit pas et le combat pour la justice environnementale se poursuit.

Y. N.

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Tunisie | Saadia Mosbah reste en détention

La Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé, jeudi 26 février 2026, de rejeter la demande de libération de Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty.

Elle devra donc rester en détention, en attendant sa prochaine audience au 12 mars prochain, dans le cadre de l’affaire liée à la gestion financière de l’association qu’elle préside.

Pour rappel Saadia Mosbah a été arrêtée et placée en détention en mai 2024 pour blanchiment d’argent, accusation qu’elle rejette totalement tout en criant son innocence. Elle bénéficie par ailleurs d’un soutien au sein de la société civile et des appels ont été lancés pour la faire libérer.

Y. N.

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Quand l’ambassadeur américain en Israël se lâche grave

Dans une interview avec le célèbre éditorialiste et commentateur américain de droite Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, exprime des idées fort peu diplomatiques voire explosives où, citant le verset (15) de la Genèse dans la Bible, a cru pouvoir affirmer que tout le Moyen-Orient (Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Irak), mais aussi des parties de l’Egypte et l’Arabie saoudite, devrait appartenir aux Juifs.

Mohamed Larbi Bouguerra *

Ces déclarations ont scandalisé le journaliste israélien Gideon Levy qui s’est interrogé dans une chronique parue dans ‘‘Haaretz’’ du 22 février 2026 : «Existe-t-il des accélérateurs d’antisémitisme ou des pourvoyeurs de positions anti-israéliennes plus grands que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout cela à cause d’une promesse biblique délirante faite il y a 3 000 ans ?»

Il est clair que Huckabee n’a jamais lu ‘‘Le traité sur la tolérance’’ de Voltaire qui écrivait en 1763 : «Les mahométans sont des usurpateurs depuis plus de mille ans (du bien des juifs). Si les juifs raisonnaient ainsi aujourd’hui, il est clair qu’il n’y aurait d’autre réponse à leur faire que de les mettre aux galères. Ce sont à peu près les seuls cas où l’intolérance paraît raisonnable.» (Edition Folio, p. 107) 

Ce monsieur Huckabee a été un pasteur chrétien baptiste puis est devenu gouverneur de l’Arkansas puis deux fois candidat à la présidentielle.

En tant que baptiste, il attend la venue du Messie en Terre Sainte. C’est alors, dit la Bible dans l’Apocalypse, qu’il convertira tous les juifs. S’ils refusent, il les passera au fil de l’épée.

Comprenne qui pourra !

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS (Université Paris VI).

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