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Affaire Daboussi | Ennahdha dénonce les condamnations de Bhiri et Ounissi

Le parti islamiste Ennahdha a fermement dénoncé le verdict rendu, hier, par le tribunal de première instance de Tunis dans l’affaire Jilani Daboussi.

Dans cette affaire,  Noureddine Bhiri et Mondher Ounissi qui font partis des principaux accusés, ont écopé chacun de quatre ans de prison ferme, ce que leur parti a qualifié de « verdict préétabli », tout en rappelant que les avocats se sont retirés, hier, de l’audience pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une « violation des règles du procès équitable ».

Ennahdha crie l’innocence de Noureddine Bhiri et de Mondher Ounissi en disant s’appuyer sur un rapport d’expertise ordonné par le doyen des juges d’instruction et en affirmant que ce document conclurait que la sortie d’hôpital de M. Daboussi était conforme à son état de santé et aux avis médicaux de l’époque.

Dans son communiqué, le parti a par ailleurs réitéré son appel à la libération de tous les « détenus politiques » et exhorte les organisations de défense des droits de l’homme à se mobiliser contre ce qu’elle qualifie de « dérives judiciaires ».

Y. N.

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Real Madrid – Benfica en direct streaming : Barrages Ligue des Champions 2026

Ce mercredi 25 février 2026 à 21 h00 au mythique Estadio Santiago Bernabéu à Madrid, le Real Madrid accueille le SL Benfica pour le match retour des barrages de la Ligue des champions 2025-26, avec une place en huitièmes de finale à la clé.

Après une courte victoire 1-0 du Real à l’aller à Lisbonne, ce choc européen promet d’être intense, d’autant plus que Kylian Mbappé sera absent sur blessure et que l’équipe madrilène comptera sur Vinícius Júnior, Federico Valverde ou Gonzalo García pour faire la différence. Historiquement, ces deux géants du football européen se sont affrontés à plusieurs reprises depuis les années 1960, avec des confrontations marquantes comme la finale de la Coupe d’Europe 1962 ou le fameux succès de Benfica qui avait surpris les Merengue, et des duels récents où chaque victoire s’est arrachée au prix d’une bataille tactique.

Suivez le match retour Real Madrid Benfica LDC 2026:

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Solidarité avec Saadia Mosbah | L’ATFD appelle à un rassemblement devant le tribunal

L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) mobilise la société civile pour soutenir la militante Saadia Mosbah en appelant à un rassemblement ce jeudi 26 février 2026 pour appeler à sa libération.

Dans un communiqué, l’ATFD a lancé un appel pressant à toutes les forces vives du pays, militants et citoyens, pour participer à ce mouvement de protestation et de solidarité avec Saadia Mosbah et pour dénoncer « le harcèlement des défenseurs des droits humains.».

Le rassemblement se tiendra jeudi à partir de 9h devant le Tribunal de première instance de Tunis à Bab Bnet sous le slogan « La solidarité n’est pas un crime ».

Pour l’association, la présence massive des soutiens est essentielle pour « porter la voix de la vérité » et envoyer un message clair de soutien à toutes celles et ceux qui s’engagent pour les droits et les libertés fondamentales en Tunisie», ajoute le communiqué.

« Votre présence est un soutien à la voix du droit et un message de solidarité envers toutes les militantes et défenseures des droits et libertés. »  lance encore l’ATFD.

Y. N.

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Blanchiment d’argent | Trois avocats visés par une enquête

Le Parquet du Pôle judiciaire économique et financier a ordonné, mercredi 25 février 2026, l’ouverture d’une enquête contre trois avocats pour blanchiment d’argent.

C’est ce qu’indique Mosaïque FM, citant une source et en affirmant que selon une source les avocats concernés sont Samir Dilou, Ramzi Ben Dia et Mohsen Sahbani ainsi que le cabinet qui les associe.

Ces derniers sont suspectés de « blanchiment d’argent commis par le biais d’une entente exploitant les avantages offerts par les fonctions et activités professionnelles et sociales, provenant d’évasion fiscale et d’autres délits fiscaux» et à titre conservatoire leurs comptes bancaires ont, par ailleurs, été gelés.

Y. N.

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PSG – Monaco en live streaming : match retour Ligue des Champions 2026

Ce soir à 20h00 au Parc des Princes à Paris, le Paris Saint-Germain accueille l’AS Monaco pour le match retour des barrages de la Ligue des champions 2025-26, après une première manche palpitante remportée 3-2 par le PSG à l’aller grâce notamment à un doublé de Désiré Doué et une réalisation d’Achraf Hakimi malgré un début tonitruant de Folarin Balogun pour Monaco.

Au-delà de l’enjeu immédiat de qualification pour les 8es de finale, cette rencontre s’inscrit dans une longue histoire de duels serrés entre les deux clubs : si Monaco a longtemps dominé les confrontations historiques en France, le PSG a pris l’ascendant ces dernières saisons et cherche à étendre son autorité européenne face à son rival de toujours — un face-à-face enrichi de grandes affiches et de grandes performances sur la scène continentale. Suivez ici toutes les dernières infos, analyses et tendances de ce choc 100 % français qui passionne les supporters.

Suivez en direct le match retour PSG AS Monaco LDC 2026:

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Tunisie | Une souveraineté à la croisée des chemins

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Elyes Kasri *

En 2026, la Tunisie fait face à une impasse économique et budgétaire critique. L’assèchement des financements internationaux a favorisé un «tête-à-tête» inégal avec l’Algérie, matérialisé par l’accord militaire d’octobre 2025. Cette dépendance, aux allures, selon certains commentateurs algériens et tunisiens, de protectorat, pèse sur les choix socio-politiques et la stature internationale du pays. Paradoxalement, les menaces (migratoires, contrebande, instabilité) émanent principalement d’une Algérie elle-même fragilisée (dissensions internes, revendications kabyles, isolement via la résolution 2797 de l’Onu et pressions de l’administration Trump).

En Tunisie, un courant intérieur de plus en plus puissant réclame désormais un rôle actif et la récupération pacifique des territoires et ressources spoliés, refusant l’alignement sur un régime militaire voisin en difficulté et aux valeurs socio-économiques et diplomatiques divergentes de la Tunisie.

Économie : le «Plan Marshall» et l’autonomie énergétique

Pour briser ce siège économique, la Tunisie doit opérer une bascule vers la Souveraineté des Ressources.

Union Européenne : dépasser l’Accord de 1997 : le partenariat avec l’Union Européenne doit se muer en une intégration structurelle. La Tunisie gagnerait à revendiquer un accès total aux mécanismes communautaires (Fonds de cohésion, Fonds pour une transition juste, Fonds Européen pour les affaires maritimes, la Pêche et l’aquaculture, Horizon Europe, Erasmus, Garantie de la BEI) et au marché unique (services/agriculture), transformant le pays en une extension organique de l’Espace économique européen.

Rupture énergétique : accélération massive du solaire et de l’hydrogène vert. L’objectif est de substituer le gaz importé par une production nationale exportable via le câble Elmed, brisant ainsi le levier de pression algérien.

Le levier G7 : négocier un «Debt-for-Sovereignty Swap» (conversion de la dette en investissements) pour financer la modernisation industrielle et les infrastructures critiques, garantissant une indépendance financière réelle.

Sécurité et diplomatie : le rééquilibrage global:

La Tunisie doit passer du statut de «zone tampon» à celui de «pôle régional de liberté et de progrès».

Désengagement de la tutelle : actualisation des clauses de l’accord militaire de 2025. La sécurité des frontières doit reposer sur une autonomie technologique (drones, surveillance IA) fournie par des partenariats avec le G7 (USA, France, Italie) et l’Asie (Japon, Corée), et non sur une délégation de souveraineté au voisin. Le souvenir de Gafsa (janvier 1980) ne doit jamais être refoulé.

Pivot vers le Golfe et l’Asie : réengagement avec l’Arabie Saoudite, les Émirats et les autres membres du CCG pour capter des IDE massifs sans conditions politiques, et positionnement comme base de production «nearshore» pour les géants asiatiques ciblant le marché européen (Japon, Corée, Inde et Malaisie…).

Diplomatie territoriale : ouverture d’un processus de négociations pacifiques et documentées pour la restauration des droits territoriaux historiques, ouvrant la voie à une réconciliation et un apaisement durables, et cimentant la cohésion nationale autour d’un projet de grandeur retrouvée, en vue d’une relance sur des bases solides et sans rancœurs ou arrière-pensées de l’édification du Grand Maghreb.

Recommandations stratégiques pour 2026 :

Institutionnaliser la «neutralité de puissance» : se distancier des blocs régionaux en déclin pour devenir la «Suisse et Singapour de la Méditerranée».

Science, technologie et économie du savoir : lancer le plan «Souveraineté technologique, numérique et énergétique»; faire de la Tunisie une «digital sandbox» attractive pour les talents mondiaux (zones franches technologiques, universités et centres de recherche mondiaux).

Plan Marshall : activer la clause de sauvegarde G7/UE; solliciter une conférence internationale pour la résilience tunisienne, liant la stabilité sécuritaire de l’Europe à la prospérité souveraine de la Tunisie.

Une coopération multidirectionnelle non exclusive et dépourvue de tout sentimentalisme ou relent idéologique avec seul fondement les intérêts réciproques et l’apport à la renaissance et la prospérité de la Tunisie.

Face à un monde en mutation profonde, des fois violente et pleine de défis, la Tunisie est en mesure de transformer les menaces qui se profilent à l’horizon en opportunités. Tel un sphynx, la Tunisie a toujours su trouver à travers sa riche histoire plurimillénaire les ressorts de la renaissance et de la gloire.

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Une vision audacieuse avec une communication internationale bien ajustée grâce à une diplomatie rénovée et motivée seront en mesure de transformer ce rêve en réalité.

* Ancien ambassadeur.

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Du Nil à l’Euphrate | Quand la Bible devient carte géopolitique

Les civilisations humaines prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété de l’Etat d’Israël, né en 1948 d’un arrangement entre puissances occidentales, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente dans le monde.

Yahya Ould Amar *

Les empires disparaissent ; les textes demeurent. Mais aucun verset d’un livre saint n’a jamais servi pour tracer une frontière reconnue par le droit des nations. Si l’on devait fonder la géopolitique contemporaine sur l’antériorité ou les promesses les plus anciennes, le monde redeviendrait instantanément ingouvernable.

Aux États-Unis, les nations amérindiennes pourraient revendiquer l’intégralité du territoire ; en Europe, les royaumes médiévaux réapparaîtraient sous forme de prétentions territoriales contemporaines ; en Méditerranée, les héritiers de Carthage, de Rome invoqueraient leurs anciens empires ; au Proche-Orient, chaque dynastie disparue redessinerait les frontières selon ses propres souvenirs, en Asie, les empires disparus revendiqueraient leurs anciennes provinces.

L’histoire humaine est une succession de conquêtes, de migrations, de métissages et de recompositions. Si chaque présence ancienne devenait un titre de propriété éternel, aucun État moderne ne survivrait.

C’est pourtant une brèche de cette nature qu’a entrouverte Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël nommé en 2025 par le président Donald Trump, lorsqu’il a affirmé dans un entretien avec Tucker Carlson que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pouvait fonder une légitimité territoriale contemporaine d’Israël sur cette partie du Moyen Orient — allant jusqu’à ajouter : «ce serait bien s’ils prenaient tout». Ce n’est pas une simple déclaration théologique. C’est un glissement conceptuel aux conséquences diplomatiques majeures. Car cet ambassadeur ne parle jamais seulement en croyant, il parle au nom de la première puissance mondiale.

Prise au sérieux, cette interprétation implique bien davantage qu’une formule symbolique. Elle suggère l’effacement de la Jordanie, du Koweït et du Liban, l’amputation de larges portions de l’Égypte — dont le Canal de Suez —, de l’Arabie saoudite incluant Médine, ainsi que de vastes territoires irakiens et syriens. Autrement dit, elle superpose un récit théologique ancien à des souverainetés contemporaines internationalement reconnues, dont certaines plongent leurs racines bien au-delà de l’époque patriarcale évoquée par la Genèse. Parler de «prendre tout» revient à envisager une refonte radicale de la carte régionale au détriment de peuples établis et d’États constitués.

Les civilisations mésopotamiennes prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente.

La Genèse n’est pas un cadastre

La Genèse est un texte fondateur des traditions abrahamiques, dont nous sommes pour la plupart les héritiers. Elle appartient au patrimoine spirituel de milliards d’êtres humains. Mais la Genèse n’est pas un cadastre. Elle n’est ni une convention frontalière ni un traité international.

Entre le Nil et l’Euphrate, bien avant qu’Abraham ne devienne figure de foi pour les monothéistes, vivaient déjà des peuples multiples — Cananéens, Amorites, Hourrites, Égyptiens, Mésopotamiens. Des cités se sont élevées, des empires ont dominé, des langues se sont croisées, des civilisations se sont succédées. Le Croissant fertile fut l’un des berceaux de l’agriculture, de l’écriture, de la ville.

L’histoire de cette région ne se résume pas à un seul récit fondateur, aussi central soit-il pour la tradition juive ; elle s’inscrit dans une continuité plurimillénaire où se sont succédé et mêlées de nombreuses civilisations.

Il serait malhonnête d’ignorer que la notion de «terre promise» occupe une place centrale dans la tradition juive et qu’elle constitue pour des millions de croyants un élément fondateur d’identité spirituelle. Mais une mémoire religieuse, aussi légitime soit-elle, ne se confond pas avec une norme juridique internationale. La foi structure des consciences ; elle ne délimite pas des souverainetés. Cela n’ôte rien à la réalité historique du lien plurimillénaire du peuple juif à cette terre, attesté par toutes les religions monothéistes et l’histoire, ni à la légitimité internationale issue du processus onusien de 1947 et de la reconnaissance de l’État d’Israël. La question n’est pas celle de l’existence d’Israël, mais celle des fondements invoqués pour redéfinir ses frontières.

Cette terre n’a jamais été l’espace exclusif d’un seul peuple. Au fil des siècles, des populations juives et arabes y ont coexisté, parfois en tension, parfois en proximité. Le droit international contemporain, notamment à travers la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1947, a d’ailleurs envisagé la création de deux États — l’un juif, l’autre arabe — reconnaissant ainsi l’existence de deux légitimités nationales sur un même territoire.

Lorsqu’on se place du point de vue du croyant, l’ordre du monde et le déploiement de son histoire ne relèvent pas du hasard ni de la seule volonté humaine, mais d’une souveraineté divine. Pour celui qui croit, la création, les nations, les événements et leurs enchaînements procèdent d’un dessein qui dépasse l’homme. Pour le croyant, l’histoire s’inscrit dans une relation à Dieu et dans une promesse qui relève de la foi. Mais précisément parce que cette conviction relève de l’adhésion spirituelle, elle ne peut être transposée mécaniquement dans l’ordre juridique international. La foi engage la conscience ; le droit engage les peuples.

Du mythe au droit

Depuis 1945, la Charte des Nations unies repose sur un principe simple qui est l’interdiction de l’acquisition territoriale par la force et la reconnaissance mutuelle des États souverains. C’est précisément pour empêcher, entre autres, la résurgence des légitimations mythologiques de l’expansion territoriale que l’ordre juridique international a été construit.

Car si la théologie devient doctrine territoriale, alors l’histoire des évolutions humaines — migrations, métissages, souverainetés construites — pourrait être suspendue au profit d’une interprétation d’un récit antique.

Le Proche-Orient n’est pas une carte biblique en attente d’accomplissement. C’est un espace habité, souverain, traversé de mémoires concurrentes et d’équilibres fragiles. L’Égypte n’est pas une métaphore ; c’est l’une des plus anciennes continuités étatiques de l’histoire humaine, structurée bien avant l’émergence du prophète Abraham dans les récits bibliques. L’Irak et la Syrie sont les héritiers des premières cités mésopotamiennes, des royaumes araméens, des civilisations assyriennes et babyloniennes, toutes antérieures aux traditions abrahamiques. La Jordanie, le Liban, le Koweït, l’Arabie saoudite — dont la ville sacrée de Médine occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam — ne sont pas des espaces symboliques interchangeables, ce sont des États souverains, reconnus, porteurs d’identités historiques façonnées au fil des siècles.

Ce qui trouble, au fond, n’est pas qu’un homme de foi interprète un verset biblique. C’est que cette interprétation soit formulée par un diplomate représentant la première puissance mondiale. La diplomatie moderne repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés et sur l’équilibre fragile des puissances. Introduire dans ce langage la logique d’une promesse sacrée, c’est déplacer le débat du terrain juridique vers celui de l’absolu. Et l’absolu, en politique internationale, n’a jamais été un facteur de paix.

La théologie devient doctrine implicite

Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, validant l’idée que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pourrait fonder une légitimité territoriale contemporaine, ne relèvent pas d’une simple opinion personnelle. Elles introduisent, dans le langage diplomatique d’une superpuissance, une référence théologique comme possible source de droit politique. Or depuis 1945, l’ordre international repose sur la souveraineté des États et l’intangibilité des frontières reconnues. Substituer à ce cadre juridique une lecture littérale d’un texte sacré revient à déplacer la légitimité du consensus international vers l’absolu religieux — un terrain par nature non négociable.

Une doctrine territoriale fondée sur une promesse divine transforme le désaccord politique en affrontement existentiel. Elle discrédite la posture de médiation des États-Unis, alimente les radicalités régionales et rouvre la porte à une diplomatie identitaire où les récits sacrés concurrencent le droit international. Si chaque nation revendiquait ses frontières au nom de ses écritures, l’équilibre mondial serait rapidement submergé par des absolus rivaux. L’enjeu dépasse donc la polémique, il interroge la nature même de la diplomatie contemporaine et la capacité des grandes puissances à distinguer conviction personnelle et responsabilité stratégique.

Une onde de choc régionale

Évoquer favorablement une extension territoriale israélienne «du Nil à l’Euphrate» revient, pour des millions de citoyens arabes, à suggérer l’effacement symbolique de leurs États. En Egypte où la stabilité repose sur un équilibre délicat entre souveraineté nationale et coopération sécuritaire avec Israël, une telle rhétorique ne peut qu’alimenter les discours nationalistes et fragiliser les autorités modérées. En Iraq et en Syrie, pays marqués par les guerres et recompositions territoriales, l’idée d’une légitimation religieuse de l’expansion israélienne réactive des mémoires coloniales et des peurs existentielles. Ce n’est pas seulement une provocation théologique — c’est une négation explosive de souverainetés reconnues et d’équilibres régionaux déjà fragiles.

L’Iran, qui se présente comme défenseur de la cause palestinienne pourrait instrumentaliser ces propos pour renforcer l’idée d’un affrontement civilisationnel. Les groupes armés non étatiques y trouveraient une justification supplémentaire pour radicaliser leurs bases. Même les États signataires des accords d’Abraham, engagés dans une normalisation pragmatique avec Israël, se verraient placés sous pression intérieure, comment défendre un rapprochement stratégique si la perspective d’une expansion sacrée devient audible dans le discours diplomatique américain ?

Ironie ultime, cette rhétorique pourrait également fragiliser Israël. La sécurité à long terme d’un État ne repose pas sur l’adhésion à une vision maximaliste, mais sur la reconnaissance mutuelle et la stabilité régionale. En accréditant l’idée d’un horizon territorial illimité, on complique toute solution négociée, on éloigne les compromis nécessaires et on alimente les discours de ceux qui, de part et d’autre, refusent toute coexistence. Dans une région où chaque mot peut devenir étincelle, la diplomatie devrait apaiser les braises — non souffler dessus.

L’Amérique, puissance juridique ou puissance identitaire ?

Au-delà du Moyen-Orient, cette polémique touche au cœur même du leadership américain. Depuis 1945, les États-Unis se sont présentés comme les architectes d’un ordre international fondé sur des règles, des institutions et un droit commun. Leur puissance ne reposait pas seulement sur la force militaire, mais sur une autorité normative, celle d’un pays qui défendait la stabilité des frontières et la primauté du droit. Si un discours officiel laisse désormais place à une justification territoriale d’inspiration théologique, c’est cette crédibilité qui s’écroule. Car si l’on redessine des cartes au nom d’un récit sacré ici, pourquoi d’autres puissances n’invoqueraient-elles pas ailleurs leurs empires passés, leurs dynasties ou leurs mythes fondateurs ?

L’Amérique veut-elle demeurer la puissance qui arbitre et stabilise, ou glisser vers une diplomatie identitaire où la politique étrangère épouse des convictions religieuses et culturelles particulières ?

Lorsque la diplomatie devient le prolongement d’une ferveur électorale, la frontière entre mandat démocratique et mission sacrée se trouble dangereusement.

La ligne rouge entre mythe et responsabilité

Les civilisations ont besoin de récits, mais la diplomatie est un exercice de responsabilité. Lorsque la référence du «Nil à l’Euphrate» glisse du registre spirituel vers celui de la politique étrangère, elle ne réactive pas seulement une promesse ancienne ; elle ravive des peurs actuelles, durcit les positions et fragilise des équilibres déjà instables. Le Moyen-Orient n’est pas une abstraction théologique, mais un espace peuplé, structuré par des souverainetés reconnues et par une histoire longue, complexe, faite de strates successives. Il est impossible d’ignorer la dynamique réelle des sociétés humaines.

Il ne s’agit pas d’exclure la foi de la sphère publique, mais de rappeler qu’entre conviction personnelle et parole d’État existe une frontière qui ne doit jamais être franchie. La première relève de la liberté intime ; la seconde engage la stabilité internationale. Confondre les deux, même brièvement, fragilise la primauté du droit au profit d’un récit. Entre le mythe et la responsabilité, la diplomatie doit choisir la prudence, car franchir cette ligne rouge, c’est risquer de substituer l’absolu au compromis — et sans compromis, il n’y a pas d’ordre viable.

Enfin, il existe, dans toutes les grandes traditions politiques, la tentation de relire le présent à la lumière d’un passé sacralisé. Chaque époque croit parfois retrouver dans ses textes anciens la justification de ses ambitions contemporaines.

Avant le prophète Abraham, des peuples vivaient déjà sur ces terres ; après lui, d’autres sont venus, se sont mêlés, ont bâti des villes, des cultures, des États. Les identités n’y sont pas linéaires, elles sont tissées de migrations, de conquêtes, de métissages. Prétendre figer ce mouvement au nom d’une promesse originelle revient à nier la dynamique même de l’histoire humaine.

Au fond, la question posée par cette polémique est simple et immense à la fois, la diplomatie du XXIᵉ siècle sera-t-elle guidée par la complexité du réel ou par la certitude des récits religieux ?

Entre le Nil et l’Euphrate, il n’y a pas qu’une promesse biblique. Il y a des États, des peuples, et une paix fragile.

Un monde où les promesses sacrées seraient traduites littéralement en revendications territoriales ne serait pas un monde plus spirituel, mais un monde plus instable. Les nations se construisent et se préservent par la négociation et le compromis, non par la transposition directe de leurs héritages religieux dans l’ordre juridique international.

Les mots ne déplacent pas les frontières. Mais ils peuvent embraser les peuples.

* Economiste, banquier et financier.

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La Tunisie pourra-t-elle remédier à ses fragilités structurelles ?

La dernière revue de Moody’s souligne plusieurs fragilités structurelles de la Tunisie : déficit budgétaire persistant, dépendance au financement interne et accès limité aux marchés financiers internationaux. Ces alertes indiquent des contraintes réelles, mais elles ne constituent pas une impasse. Elles pourraient même indiquer des opportunités qui ne demandent qu’à être exploitées.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le Plan national de Développement 2026‑2030 identifie plusieurs axes pour répondre à ces fragilités, en proposant une stratégie de long terme visant à stimuler l’investissement et à renforcer la compétitivité. Son impact dépendra cependant de l’exécution et de la cohérence des mesures mises en œuvre.

Les évaluations de Moody’s servent de baromètre de risque souverain. Elles mettent en avant l’importance d’une vision macroéconomique cohérente, d’une capacité d’exécution tangible et d’une stabilité réglementaire pour renforcer la confiance des investisseurs.

Certaines analyses indépendantes soulignent que la crédibilité économique repose sur des résultats mesurables plutôt que sur les intentions. Leur observation enrichit la lecture stratégique en rappelant que la réussite économique dépendra de la discipline dans la mise en œuvre.

La Tunisie présente un potentiel réel pour les IDE :

– opportunités sectorielles ciblées : transition énergétique, numérique et services innovants ;

– zones à fort potentiel de développement ;

– cadre progressif pour sécuriser les investissements.

Si les mesures du Plan sont exécutées de manière cohérente et transparente, ces opportunités pourraient transformer certaines vulnérabilités en avantages compétitifs durables.

Le succès du Plan dépend de la discipline budgétaire, de la cohérence des réformes et de la transparence. Les effets sur les marchés et sur l’économie réelle ne pourront être évalués qu’à travers la mise en œuvre concrète et mesurable des actions prioritaires.

Dans un contexte où les alertes de Moody’s sont aussi précises qu’inquiétantes, la question n’est plus de savoir si la Tunisie peut agir, mais si elle saura transformer ses vulnérabilités en opportunités tangibles avant que les marchés ne fixent eux-mêmes l’agenda.

* Ingénieur en informatique, cadre de banque.  

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Textile | La Tunisie subit la recomposition du marché européen

Les dernières données d’Eurostat sur les importations européennes de vêtements pour 2024-2025 révèlent une recomposition accélérée du marché. Si les dynamiques asiatiques dominent les analyses, l’impact sur les fournisseurs africains géographiquement proches – Maroc, Tunisie, Égypte – est palpable et différencié. L’analyse de ces chiffres démontre clairement que la Tunisie subit la pression concurrentielle la plus forte. (Photo: Usine de textile à Monastir).

Habib Glenza, à Lodz, Pologne

Commençons par les constats statistiques relatifs aux trois pays africains dans le top 10 des fournisseurs de l’Union européenne (UE). L’examen des données et des parts de marché Eurostat pour les importations européennes de vêtements correspondant aux chapitres du Système Harmonisé (couvrant respectivement les articles en bonneterie ou en tricot et les vêtements tissés et accessoires non maillé) révèle que l’Égypte émerge comme le seul acteur africain affichant une dynamique nettement positive, avec une croissance remarquable de +16,9% en valeur de ses exportations textiles vers l’UE. Une performance qui lui permet de progresser dans la hiérarchie des fournisseurs, gagnant +0,10 point de pourcentage (pp) de part de marché, passant ainsi de 0,67% à 0,77%. Bien que partant d’une base modeste, cette hausse constitue un démarrage prometteur dans un marché en recomposition.

À l’inverse, le Maroc enregistre un léger recul de -0,4% en valeur de ses exportations, accompagné d’une érosion marginale mais perceptible de sa position relative, avec une perte de -0,08 pp de part de marché (de 3,11% à 3,03%). Une stagnation relative, bien que moins prononcée, qui souligne une fragilisation dans un marché en croissance.

La Tunisie est le pays qui subit le plus fort recul (-3,6%) parmi les fournisseurs nord-africains de l’UE, entre 2024 et 2025. Ses exportations chutent significativement de -3,6% en valeur, entraînant une perte de -0,14 pp de part de marché, la faisant passer de 2,50% à 2,36%. Une érosion, sur une période aussi courte, qui signale une pression concurrentielle accrue sur ses segments traditionnels.

Redistribution des positions concurrentielles

Les chiffres sont clairs. Sur la seule année 2024-2025, la Tunisie affiche la plus forte contraction en valeur absolue (-3,6%) et la plus importante perte relative de parts de marché (-0,14 pp) parmi les trois pays d’Afrique du Nord. Le Maroc, malgré un recul très limité en valeur (-0,4%), voit aussi sa position se fragiliser dans un marché qui croît globalement, mais profite davantage aux géants asiatiques et à l’Égypte. Parlons, justement, de l’Égypte : bien que partant de très loin, ce pays est le seul du trio à tirer véritablement son épingle du jeu sur cette période, affichant une dynamique positive robuste.

Redouane Lachgar, professionnel marocain associé au secteur textile et habillement, insiste : «Nous ne sommes plus dans une simple fluctuation annuelle. Nous observons une redistribution graduelle des positions concurrentielles». Une redistribution qui profite massivement à l’Asie du Sud et du Sud-Est : Bangladesh (+5,9%, +0,78 pp), Inde (+7,9%, +0,27 pp), Pakistan (+9,7%, +0,30 pp), Cambodge (+14,5%, +0,54 pp). Même la Chine, géant incontesté mais sous pression, parvient à une légère croissance (+1,2%) malgré une petite perte de part de marché (-0,27 pp).

Une phase de réalignement stratégique

Le facteur structurant majeur identifié est l’impact des accords commerciaux récents. L’accord de libre-échange UE-Inde, récemment finalisé, prévoit explicitement une réduction progressive des droits de douane sur le textile et l’habillement.

En parallèle, les États-Unis ont renforcé leurs cadres avec l’Inde et le Bangladesh, incluant des allègements tarifaires textiles. Des dispositifs qui améliorent la compétitivité-prix de ces pays sur le marché européen, accélérant un basculement structurel déjà amorcé par leurs coûts de production et leurs capacités industrielles.

Disons que la redistribution des positions concurrentielles n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle et accélérée par la géopolitique commerciale. Le commerce textile mondial entre dans une phase de réalignement stratégique.

La Tunisie, avec le recul le plus marqué en valeur et en parts parmi ses pairs africains directs sur 2024-2025, en est le premier impacté. Le Maroc, bien que plus résistant, voit sa position stagnante devenir relativement plus fragile face au bond en avant de l’Égypte et surtout des géants asiatiques boostés par les accords des exportations avec l’UE.

Cette analyse sur la régression des exportations nord-africaines de vêtements vers l’UE suscite plusieurs interrogations sur l’écroulement de l’industrie tunisienne du textile, jadis secteur clé de l’économie tunisienne, pourvoyeur de main d’œuvre et de devises.

Opérateurs et responsables aux abonnés absents

Que font les opérateurs privés du secteur qui voient ainsi leurs positions continuellement grignotées ? Où sont les responsables gouvernementaux pour promouvoir l’exportation de nos vêtements ? Le Cepex, le ministère de l’Industrie, la Fédération tunisienne de textile-habillement… Que font tous ces hauts responsables qui dépensent l’argent du contribuable dans des soi-disant voyages de promotion pas toujours utiles ou rentables ? Pourquoi n’écoutent-ils pas un citoyen tunisien résidant à l’étranger, qui connait très bien le marché de son pays de résidence, la Pologne en l’occurrence, pays de 37 millions d’habitants et qui abrite un mégacentre de textile, l’un des plus grands au monde, visité par 4000 clients, locaux et étrangers, par jour ?

Voilà un autre secteur qui va mal, tout comme ceux du tourisme, de l’huile, des dattes et des produits de la mer. Mais que fait-on pour les sauver d’une débandade qui ne fait que commencer ? 

UE – Importations de vêtements 2024 -2025 : 

Pays d’Afrique du Nord (+ Turquie)

Égypte : +16,9 %

Maroc : -0,4 %     

Tunisie: -3,6 %           

Turquie : -10,8 %

Pays asiatiques :

Cambodge : +14,5 %

Pakistan : +9,7 %

Inde : +8,0 %

Bangladesh : +6,0 %

Chine : +1,2 %

Source : Eurostat.

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L’Arabie saoudite investit dans la reconstruction de la Syrie

Après avoir œuvré à introduire le nouveau président syrien Ahmed Al-Charaa au sein de la communauté internationale, à organiser sa première rencontre avec le président américain Donald Trump à Riyad en mai 2025, à peser pour que les sanctions internationales imposées à la Syrie soient levées, voilà que l’Arabie saoudite investit une somme conséquente dans l’économie syrienne qui en a cruellement besoin. Riyad entend être un acteur de premier plan dans le processus de reconstruction du pays du Levant détruit par quinze ans de guerre civile. 

Imed Bahri

Alaa Shahine Salha, chercheur au Saudi Research & Media Group et chroniqueur économique pour Asharq Business (partenaire de Bloomberg au Moyen-Orient) s’est penché sur le sujet dans le média américain Semafor. Il considère que l’annonce par l’Arabie saoudite d’un investissement de 5,3 milliards de dollars via certaines de ses entreprises les plus importantes dans les secteurs des télécommunications, de l’aviation et des infrastructures hydrauliques en Syrie ne suffira probablement pas à elle seule à changer la donne dans un pays ravagé par la guerre. Il estime que le montant en lui-même n’est pas l’essentiel. 

Ce qui importe davantage c’est que cette annonce s’inscrit dans un plan plus vaste visant à mener à bien l’un des projets de reconstruction nationale les plus complexes au monde depuis l’invasion américaine de l’Irak il y a plus de vingt ans.

Endiguer le trafic de drogue

L’intérêt de l’Arabie saoudite à soutenir la nouvelle administration de Damas est facile à comprendre. La destitution de Bachar Al-Assad a anéanti un pilier essentiel de l’influence régionale iranienne. Le Royaume ainsi que d’autres pays se sont empressés de combler ce vide. L’une des priorités saoudiennes était également d’endiguer le trafic de drogue illicite que le régime d’Assad, véritable narco-État, produisait et faisait transiter dans le Golfe. L’Onu affirme que ce trafic a été fortement perturbé et un responsable syrien déclare qu’il est «pratiquement à l’arrêt».

Cependant, l’ampleur de la tâche est trop importante pour que les États du Golfe puissent l’assumer seuls, ce qui explique l’empressement de Riyad, dès le départ, à impliquer les puissances mondiales et les institutions financières internationales.

Les besoins de reconstruction de la Syrie sont colossaux, quel que soit le critère retenu. Selon l’estimation prudente de la Banque mondiale, ils s’élèvent à 216 milliards de dollars. Ce montant est comparable aux dépenses engagées pour la reconstruction de l’Irak après la chute de Saddam Hussein et dépasse même, au regard des normes actuelles, le plan Marshall américain pour la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.

Trouver des précédents inspirants dans la région environnante n’offre guère de raisons d’être optimiste. Les États-Unis n’ont pas réussi à reconstruire l’Afghanistan après leur invasion suite aux attentats du 11 septembre. Ils ont également aggravé la situation en Irak, laissant le pays sombrer dans des années de violence brutale, de mauvaise gestion et de corruption. La reconstruction du Liban après la guerre civile (1975-1990) a été alimentée par une vague d’emprunts effrénée qui a finalement abouti à une impasse dans un pays miné par une corruption endémique, un climat politique délétère et des conflits récurrents avec Israël.

Les piliers de la reconstruction

Des discussions avec des responsables syriens et saoudiens, ainsi qu’avec des organisations internationales impliquées dans le dossier ou étroitement liées à celui-ci, ont permis de dresser un tableau réaliste des défis à relever : un contexte politique instable, des infrastructures massivement détruites et un état catastrophique des institutions syriennes. Ceci explique peut-être la prudence des acteurs de la reconstruction de la Syrie.

Cette approche repose sur quatre piliers essentiels :

– La sécurité avant tout : le rétablissement de la sécurité et de la stabilité politique est une condition préalable à toute autre initiative.

– La levée des sanctions pour stimuler la croissance : la levée des sanctions internationales l’an dernier a été obtenue en grande partie grâce aux pressions saoudiennes et devrait entraîner une croissance économique à deux chiffres en 2026, à mesure que la Syrie renoue avec le reste du monde.

– L’État doit fonctionner : le renforcement des capacités des principales institutions économiques syriennes, notamment le ministère des Finances et la Banque centrale, est désormais une priorité pour le Fonds monétaire international.

– Évaluer les dégâts, puis mobiliser les financements : une cartographie précise des besoins de reconstruction est essentielle pour mobiliser l’aide internationale.

Tel est le plan. Rien n’est garanti, car la stratégie comporte de multiples risques susceptibles de compromettre le redressement à chaque étape.

Par exemple, si le gouvernement du président Ahmed Al-Charaa est parvenu à réduire le niveau global de violence, des flambées de violence communautaire ont persisté. Les pays du Golfe, et le reste du monde, préfèrent traiter avec un homme fort capable d’imposer les réformes nécessaires par la force, contrairement à la situation au Liban voisin, par exemple. Cependant, force est de constater qu’Al-Charaa ne contrôle pas encore totalement le territoire syrien.

Les bilans mitigés des «hommes forts»

De plus, les bilans des «hommes forts» en matière de gestion économique ne sont guère glorieux. Alaa Shahine Salha estime que sous la présidence d’Abdelfattah Al-Sissi, ancien chef militaire, les performances économiques de l’Égypte ont été mitigées et ont contraint le pays à solliciter deux importants plans de sauvetage auprès du FMI.

À cela s’ajoutent les risques liés à l’économie politique. Des experts comme Yezid Sayigh du Carnegie Middle East Center ont averti que des accords d’investissement sans plan de relance transparent pourraient reproduire le capitalisme de connivence qui prévalait sous Assad.

Néanmoins, des sources saoudiennes et des responsables internationaux semblent plus optimistes concernant l’évolution de la situation. Riyad met davantage l’accent sur la reconstruction des institutions étatiques et insiste pour que les financements de grande envergure soient étroitement surveillés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

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Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv

L’ambassadeur des Etats-Unis ne représente pas Israël : il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmérKKKe en devenir.

Gideon Levy

«La Genèse 15 dit que c’est Abram – avant Abraham, c’est Abram – qui reçoit de Dieu la nouvelle que ses descendants hériteront de la terre. Et vous me direz, en tant que théologien, si je me trompe, ça va de l’Euphrate au Nil, je pense. Et ça inclurait pratiquement tout le Moyen-Orient. Ce serait le Levant. Donc Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban. Ça inclurait également une grande partie de l’Arabie saoudite et de l’Irak. … Je veux dire, je ne suis pas sûr que ça irait aussi loin. … ça inclurait beaucoup d’endroits qui sont aujourd’hui des pays. (…) Mais cette zone particulière dont nous parlons maintenant – Israël est une terre que Dieu a donnée par l’intermédiaire d’Abraham à un peuple qu’il a choisi. C’était un peuple, un lieu et un but. (…) Israël a-t-il droit à cette terre ? (…) Ce serait bien s’ils prenaient tout ça ».

Du fleuve au fleuve

Le lieu : le terminal diplomatique de l’aéroport Ben-Gourion. Le moment : au milieu de la semaine dernière. L’occasion : ce n’est pas ce que vous pourriez croire. Non, ce n’était pas une conversation entre des personnes échappées d’une unité fermée de quelque asile psychiatrique.

Il s’agissait d’une conversation entre Tucker Carlsonet l’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Huckabee, dans le cadre de son programme d’entretiens.

Le terme «Grand Israël» est devenu trop restrictif, modeste et anachronique. Ce n’est plus de la mer au désert. Maintenant c’est du fleuve (l’Euphrate) au fleuve (le Nil). Tout ça est à nous.

Ça ne sort pas de la bouche des déjantés du Mont du Temple, ni des foldingues qui parlent de retourner à Gaza, mais de la bouche de l’ambassadeur états-unien en Israël, une personne nommée personnellement par le président Donald Trump, qui connaissait très bien les opinions lunatiques de l’ambassadeur.

La promesse de Dieu à Abraham

Il visite ce pays depuis 53 ans, a déclaré Huckabee-l’ami-d’Israël, principalement les colonies que son pays n’a jamais reconnues. Il estime que tout le Moyen-Orient appartient aux Juifs. Ciao ciao, Mohammed ben Salmane ; bye bye, Abdel Fattah Al-Sissi, allez vous chercher d’autres pays. Celui-ci est à nous, celui-là aussi, et celui-là aussi. La base juridique est solide et bien établie : c’était la promesse de Dieu à Abraham. Ainsi parla l’éminent ambassadeur en Israël.

À la liste interminable des ambassadeurs et envoyés états-uniens au Moyen-Orient qui étaient juifs et sionistes, y compris les actuels, Steve Witkoff et Jared Kushner, s’ajoute désormais un impérialiste chrétien, qui agit non seulement au nom d’Israël, mais aussi au nom du messianisme juif.

Ce n’est pas pour rien que Carlson a dit : «Cet homme ne représente pas mon pays ; il représente Israël.» Ce n’est ni l’un ni l’autre, Carlson. Cet homme ne représente pas Israël ; il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmériKKKe en devenir, dont le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment loué «l’héritage chrétien» de l’Occident quand il était à Munich.

Toute cette affaire aurait pu servir de diversion comique en marge d’événements plus importants si elle n’avait pas été centrée sur un homme choisi pour ce rôle d’ambassadeur non pas malgré ses opinions, mais précisément à cause d’elles. Meir Kahane n’aurait pas osé s’exprimer de la même manière ; Itamar Ben-Gvir se contente de beaucoup moins.

Ce type est le porte-parole de la puissance qui est en train de façonner actuellement le caractère du Moyen-Orient, peut-être pour des générations. C’est le porte-parole d’un État qui s’apprête à lancer une guerre contre l’Iran parce qu’Israël l’y exhorte, du moins selon Carlson. Ce sont là les derniers amis d’Israël dans le monde et telle est leur vision.

Peut-on ne pas devenir antisémite ?

Existe-t-il de plus grands accélérateurs de l’antisémitisme ou de plus grands instigateurs de positions anti-israéliennes que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout ça à cause d’une promesse biblique pipeau faite il y a 3 000 ans ?

Israël est le pays natal des Juifs, a déclaré Huckabee. Et qu’en est-il de sa maison en Arkansas ? À qui appartient-elle ? Pas à la tribu des Quapaw ? Ou bien Huckabee et ses semblables ont-ils une règle morale pour le monde entier et une autre pour le peuple élu ? Compte tenu de tout ça, est-il possible de ne pas devenir antisémite ?

Et enfin, que penseront les Arabes du pouvoir que représente Huckabee ? C’est la concrétisation de toutes leurs craintes primitives à l’égard du sionisme. Imaginez les Etats-Unis envoyant en Israël un ambassadeur djihadiste, qui croit en l’établissement d’un califat islamiste dans tout le Moyen-Orient. C’est là, juste à l’envers, leur ambassadeur en Israël, et il est considéré comme légitime. C’est tout sauf drôle.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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Data centers | La part mondiale de l’Afrique bloquée à 0,6%

L’Afrique est en voie de tripler sa capacité de data centers d’ici la fin de la décennie, mais le continent ne représentera toujours que 0,6 % de l’infrastructure informatique mondiale, selon le rapport publié ce mardi 24 février 2026 par l’Africa Data Centres Association (Adca) et Rising Advisory.

La charge informatique active en Afrique s’élève à 360 mégawatts (MW), avec 238 MW en cours de construction et 656 MW supplémentaires prévus. Si tous les projets aboutissent, la capacité totale atteindrait environ 1,2 gigawatt. Malgré cette expansion, la part de l’Afrique dans la capacité mondiale devrait rester globalement inchangée alors que l’investissement s’accélère aux États-Unis, en Europe et en Asie.

En dehors de l’Afrique du Sud, les niveaux d’occupation moyens restent proches d’un tiers de la capacité disponible, reflétant des infrastructures construites en anticipation de la demande future des fournisseurs de cloud hyperscale et de l’intelligence artificielle.

Le rapport souligne que l’approvisionnement en énergie, plutôt que la connectivité par fibre optique, est devenu la principale contrainte au développement de nouveaux sites. Les déficits énergétiques et les pertes de transmission atteignant jusqu’à 25 % dans certains centres urbains poussent les opérateurs vers des accords d’achat d’énergie à long terme, des micro-réseaux et la colocalisation avec des infrastructures d’énergie renouvelable.

Plus de 40 pays africains ont désormais adopté des lois sur la protection des données, et 15 ont formalisé des stratégies nationales en matière d’IA, reflétant un virage vers la souveraineté numérique et l’hébergement local des données.

L’Afrique représente environ 20 % de la population mondiale, mais héberge moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données.

«Il ne s’agit pas d’un simple rattrapage technologique, c’est une course contre la montre pour éviter que l’Afrique ne soit durablement exclue de la nouvelle économie mondiale de l’intelligence artificielle», a déclaré Faith Waithaka, présidente de l’Adca.

Le rapport complet, Data Centres in Africa 2026, est disponible publiquement.

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Layali Ramadan | Atelier de séances de bibliothérapie

Dans le cadre de Layali Ramadan et de la Journée mondiale des femmes, la médiathèque de l’IFT propose trois séances de bibliothérapie autour du récit Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (éditions du Sous-Sol, 2025).

À travers une écriture intime, l’autrice interroge l’identité, la mémoire familiale et les transmissions silencieuses. Entre récit personnel et enquête, le texte ouvre un espace de réflexion et de résonance.

Conçu et animé par Farah Sayem, coordinatrice du réseau des médiathèques de l’IFT, l’atelier mêlera lecture partagée, écriture créative et échanges, dans un cadre bienveillant attentif aux émotions suscitées par le texte.

Inscription gratuite et obligatoire : farah.sayem@institutfrancais-tunisie.com (Un mail de confirmation sera envoyé avant la première séance.)

Atelier proposé dans le cadre du projet Library Of Emotions (LOE), lancé par l’IFT et cofinancé par l’Union Européenne.

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Dr Noura Barbouche tire sa révérence

Le Conseil régional de l’ordre des médecins du Nord-Ouest a annoncé avec tristesse le décès de Dr Noura Barbouche, survenu hier, lundi 23 février 2026.

Dans une note diffusée ce mardi 24 février, l’Instance régionale a tenu à saluer la mémoire de leur consœur : Ce communiqué exprime la douleur de toute une profession face à la perte d’une figure dévouée au service de la santé dans la région du Nord-Ouest en général et au Kef en particulier.

L’Ordre régional a ainsi présenté ses condoléances à la famille et aux proches de Dr Barbouche ainsi qu’à l’ensemble de ses confrères et consœurs qui ont partagé son parcours professionnel.

Ces derniers ont par ailleurs publié des messages poignants sur les réseaux sociaux, témoignant de l’estime dont elle jouissait auprès de ses pairs et de ses patients.

Y. N.

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Soirée ramadanesque astronomique à la Cité des sciences de Tunis

A l’occasion de l’alignement des planètes, la Cité des sciences à Tunis (CST) organise, le vendredi 27 février 2026, une soirée ramadanesque astronomique.

Sous le thème « Alignement des planètes » la soirée débutera à partir de 20h30 avec un riche programme :

  • Une conférence : « Opposition, Conjonction et Alignement des planètes »
  • Une présentation fascinante des différentes configurations et positions particulières des planètes, lors de leur révolution autour du Soleil ;
  • Observation astronomique : À travers les télescopes installés sur le site, les participants pourront observer la Lune, et la planète géante Jupiter avec ses satellites, pour une expérience céleste inoubliable.

Une soirée alliant science, découverte et émerveillement, offrant une opportunité d’admirer un spectacle époustouflant d’une grande beauté astronomique, formé par les quatre planètes les plus notables et la Lune !

Y. N.

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Saadia Mosbah | L’élan de solidarité s’intensifie avant l’audience du 26 février

Différentes associations de la société civile apportent leur soutien à Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, et appellent à sa libération, deux jours avant son audience prévue ce mardi 26 février 2026.

Si les autorités mettent en avant des accusations d’ordre financier, les collectifs de défense et les soutiens de Saadia Mosbah dénoncent une absence de preuves publiques tangibles, estimant que l’instruction a été menée exclusivement à charge et qu’aucun élément solide n’est venu étayer les soupçons initiaux durant les mois d’enquête.

Les associations qui soutiennent la présidente de Mnemty engagée dans lutte antiraciste, pointent aussi du doigt ce qu’ils ont qualifié d’instrumentalisation de la justice en vue d’intimider les acteurs de la société civile et isoler ceux qui militent pour les droits des minorités .

Des appels à la solidarité et la libération de Saadia Mosbah se poursuivent et s’intensifient, réclamant également l’abandon des charges à son encontre et « espérant ainsi un signal fort pour l’indépendance de la justice et le respect des libertés fondamentales en Tunisie».

Y. N.

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Tunisie | Verdicts dans l’affaire Jilani Daboussi

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a prononcé son verdict dans l’affaire du décès de l’ancien député Jilani Daboussi.

C’est ce qu’affirme une source proche du dossier, citée dans la soirée de ce mardi 24 février 2026, par Mosaïque FM, en préciant que les  interrogatoires des accusés et les plaidoiries ont duré des heures ce jour.

A l’issue de cette audience, l’ancien ministre de la justice nahdhaoui, Noureddine Bhiri, a été condamné à quatre ans de prison,  Mondher Lounissi a écopé d’une peine identique.

Une peine de deux ans de prison avec sursis a été prononcée à l’encontre d’un ancien procureur général retraité et d’un médecin ayant exercé à la prison civile de la Mornaguia, ajoute la même source.

Y. N.

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Seifeddine Makhlouf reste en détention

L’ancien député de la coalition radicale Al-Karma, Seifeddine Makhlouf, devra rester en détention après la décision prise par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.

Celle-ci a en effet décidé, ce mardi 24 février 2026, de rejeter la demande de libération de Makhlouf, tout en reportant l’examen de l’affaire le visant au mois prochain.

Pour rappel Seifeddine Makhlouf a fait l’objet d’une condamnation à cinq ans de prison ferme, prononcée par contumace pour des accusations liées au complot contre la sûreté de l’État.

Y. N.

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Iran | Le régime peut-il résister à une attaque israélo-américaine ?

Alors que les paris vont bon train sur la probabilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, sur l’ampleur de l’opération et sur son timing, il y a un sujet qui passe inaperçu qui est le conflit actuel en Iran entre les conservateurs et les réformateurs dans la gestion de la crise et la possibilité que la guerre puisse faire tomber le régime. C‘est le sujet d’un article du Times, qui est revenu sur ce différend opposant les deux camps.

Imed Bahri

Le journal britannique indique qu’alors que le guide suprême Ali Khamenei se cache, les conservateurs reconnaissent que les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants à leur pays mais ils pensent également pouvoir leur résister. 

«À Washington comme à Téhéran, on a l’impression qu’un conflit pourrait faciliter la diplomatie car il rendrait l’autre partie plus rationnelle lors des négociations», explique Ali Vaez, responsable du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, avant d’ajouter : «Je trouve cela complètement absurde. Bien sûr, l’Iran serait vaincu [dans une guerre prolongée], mais certains conservateurs à Téhéran croient que le seul moyen de mettre fin à ce cycle d’agressions américaines et israéliennes est de verser le sang».

Ce point de vue n’est pas partagé par tous les dirigeants iraniens, notamment par le camp relativement pragmatique des réformateurs représentés par le président Massoud Pezeshkian. Leur priorité est d’obtenir un allègement des sanctions américaines afin de sauver l’économie iranienne chancelante et de contenir le mécontentement généralisé qui a suivi la répression violente du soulèvement populaire.

Sauvetage ou capitulation

Sanam Vakil, directrice du projet Moyen-Orient à Chatham House, déclare : «Le camp réformateur considère cet accord comme le seul moyen de sauver le régime et de consolider son influence. Les conservateurs, quant à eux, estiment que l’accord proposé équivaut à une capitulation totale. Face à l’absence de levée substantielle des sanctions de la part des États-Unis, ils y voient un prélude à des pressions accrues et à un changement de régime». Elle ajoute : «Leurs calculs reposent donc sur un pari risqué, voire une guerre, pour améliorer les termes de l’accord final. À mon avis, c’est extrêmement dangereux, et il est incompréhensible qu’ils pensent pouvoir tenir tête aux États-Unis».

Les deux camps ont une longue tradition d’erreurs d’appréciation dans les conflits. Cette situation a enlisé les États-Unis dans des conflits interminables au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et a entraîné l’Iran dans une série de guerres menées par Israël, au cours desquelles les milices supplétives de Téhéran dans la région ont été décimées et nombre de leurs généraux les plus gradés tués.

Toute guerre contre les États-Unis serait probablement bien plus destructrice que la campagne aérienne menée par Israël l’an dernier qui a gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes et décapité son commandement militaire. L’Iran a tiré les leçons de ce conflit, en créant un nouveau conseil de défense habilité à prendre des décisions à un moment où Khamenei –qui pourrait figurer en tête d’une liste noire américaine– pourrait se cacher.

La carte du détroit d’Ormuz

Depuis des années, l’Iran renforce ses forces navales dans le but de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, et d’attaquer les navires de guerre américains avec des missiles, des vedettes suicides, des drones kamikazes (munitions rodeuses) et des sous-marins.

«Toutes les capacités développées par l’Iran visent à cibler les forces navales et les bases américaines dans la région ce qui représente un danger réel», a déclaré Vaez avant d’ajouter : «Les États-Unis en sont conscients. Si une attaque était facile à lancer, elle aurait été menée depuis des semaines».

Vaez a ajouté que les dirigeants iraniens estiment que, si les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants, ils sont mieux armés pour y résister. «Si un seul navire de guerre américain était touché par des milliers de missiles, de missiles antinavires, de drones sous-marins et de vedettes rapides, ce serait un désastre pour le président Trump. Voilà la différence», a-t-il souligné.

Toutefois, même un seul tir pour les Iraniens –bien qu’il en faille plusieurs pour endommager un navire de guerre– pourrait déclencher une offensive militaire d’une ampleur bien plus grande contre eux.

«Ils n’ont pas vraiment d’issue», estime, de son côté, Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. «Supposons qu’ils survivent à une guerre et que le régime ne s’effondre pas. Que se passera-t-il ensuite ?», s’interroge-t-il. 

L’Iran ciblerait probablement les bases américaines dans toute la région mais les États arabes, craignant d’être pris entre deux feux, ont quasiment renoncé à tenter d’endiguer le conflit.

«Nous avons baissé les bras. Les Iraniens sont irrationnels et Trump est totalement imprévisible», a déclaré une source bien informée du Golfe, sous couvert d’anonymat.

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